mardi 10 juin 2014

Brésil, nous voilà !

Salut à tous !

Alors, J-3 hein ! Dans trois jours, nous tous, passionnés de football, sacrifieront sans vraiment de regrets une bonne partie de notre vie sociale - voire, pour certains, dont votre serviteur, une partie de leurs économies - pour suivre le plus grand spectacle qui puisse nous être donné de suivre : une Coupe du Monde. Quoi de plus mythique ? Mieux que les JOs, mieux que le Tour de France, Roland Garros... une Coupe du Monde. L'impression de vivre l'Histoire, la voir s'écrire sur nos télés, sous nos yeux. Les images sépias, vintages, plus ou moins de qualité, des Schiaffino, Fontaine, Pelé, Cruyff, Maradona, des images qu'il fallait, à l'époque, parfois attendre plusieurs heures avant de les voir, voire tout simplement avoir pu s'offrir le luxe d'un téléviseur... vont désormais se dérouler en direct live, sous nos yeux fatigués par le - relatif - décalage horaire, en qualité numérique, avec je ne sais combien de dizaines de caméras par match, dans des stades hélas de moins en moins personnalisés, de plus en plus identiques, ordinaires, et des stars, encore et toujours, qu'on espèrera au top de leurs formes. Ça, c'est à J-3.

Des surprises mais pas trop

Évidemment, il y aura des surprises, il y aura des déceptions, des défaillances plus ou moins graves, quelques fulgurances et autres exploits qui parviendront à s'extirper des toiles tissées par des techniciens toujours plus adeptes du bloc équipe et de la suppression des espaces superflus - heureusement, la rareté des matches internationaux par rapport à celui des clubs, marqué par la quotidienneté des entraînements et donc de l'importance des automatismes défensifs, pourra, qui sait, offrir un peu plus d'espaces incongrus que
d'ordinaire, et donc plus de débordements, de dribbles, d'exploits individuels ou collectifs. Bref, le football, honni par des croque-morts comme Mourinho mais que les amateurs de football aiment.

On espère que les stars seront présentes, tout en espérant que des outsiders parviendront à bouleverser les pronostics. Pas trop quand même : c'est bien gentil les surprises, mais les Coupes du Monde qui ont le moins marqué les esprits sont celles qui ont, en général, produit des derniers carrés, disons... originaux. Rappelons nous de la Turquie et de la Corée, en 2002, ou du Chili, de la Yougoslavie et de la Tchécoslovaquie en 1962... désolé de le dire, mais les plus grands matches de l'Histoire de la Coupe du Monde, ce furent ceux qui opposèrent vraiment les meilleurs pays du moment entre elles : Brésil-Hongrie 1954, Angleterre-Allemagne 1966, Allemagne-Italie 1970, France-Brésil 1986, etc. La plus belle Coupe du Monde de l'Histoire ? 1970. Avec qui en demi ? Brésil, Italie, Allemagne, Uruguay. Que rêver de mieux ? Une surprise, ok, que des surprises, ça signifie surtout que les meilleurs joueurs du monde auront raté leur tournoi. Et ça, personne ne le souhaite, hormis leurs adversaires bien entendu...

Ronaldo et Messi, au rapport

Malheureusement, depuis l'avènement de la Ligue des Champions et surtout, depuis 15 ans, sa propension à épuiser ses participants par un nombre effarant de matches, les meilleurs joueurs du monde sont rarement au rendez-vous des grands tournois internationaux. Ronaldo a 29 ans cette année, et la seule fois qu'il a un peu brillé un été d'année paire, c'était à l'Euro 2012, et encore, avec un score, 3 buts en 5 matches, presque quelconque pour un buteur de sa trempe, auteur de 29 buts lors de ses deux dernières saisons de C1 ! Au total, le Portugais, qui évolue tout de même au sein d'une des meilleures sélections d'Europe, aura marqué 6 fois en 14 matches de championnat d'Europe, et 2 fois en 10 match de Coupe du Monde, soit 8 buts en 24 matches. Une misère.

Et Messi, que beaucoup, à raison sans doute, considèrent comme au moins l'égal d'un Maradona ? Un but en 8 matches de Coupe du Monde, dont aucun en 5 matches en 2010, au sortir d'une saison à 47 buts avec le Barça... pourtant, est-ce qu'on peut sérieusement discuter leurs statuts de meilleurs joueurs du monde ? Messi-Ronaldo, c'est Nadal-Federer - ou plus sûrement Nadal-Djokovic -, c'est Senna-Prost, c'est... deux numéros un, qui ont eu la malchance de tomber l'un sur l'autre au même moment. Rappelez-vous de l'époque où il fallait activer nos méninges pour trouver un Ballon d'Or passable, et le donner à Owen, Nedved, sans parler de Cannavaro... pourtant il y avait Zidane. Mais là, les deux ont tellement fait le trou avec la concurrence qu'on ne peut que les imaginer se régaler cet été au Brésil, voire se disputer le trophée en finale. Quel pied ce serait !

Et pourtant... il y a de bonnes chances qu'ils ne soient pas dans les mêmes dispositions. Ronaldo est en petite forme, n'a pas encore joué de match de préparation, et Messi, s'il a encore beaucoup marqué cette saison (41 buts en 46 matches avec le Barça, quand même), il a souffert de plusieurs blessures. Cela lui permettra-t-il d'être frais au Brésil ? Rien n'est moins sûr. La règle d'un grand tournoi, désormais, c'est souvent de révéler des joueurs méconnus, qui ont moins joué que les autres, qui n'étaient pas attendus et qui signeront des gros contrats par la suite. Euro 2012 : Iniesta meilleur joueur, soit. Iniesta, c'est l'anti héros parfait, le serviteur idéal, le joueur anti individualiste au possible. Le prototype du joueur d'équipe.

La Coupe du Monde 2010 ? Forlan, d'un Uruguay pourtant "seulement" quatrième. Preuve que si l'Espagne gagne tant depuis six ans, c'est parce que son collectif parfaitement huilé lui permet de pouvoir se passer d'un joueur essentiel, indispensable. Qui gagnerait un Ballon d'Or, par exemple. Performances de Messi et Ronaldo en Afrique du Sud ? Zéro et un but, contre la Corée du Nord (7-0 score final). Euro 2008 ? Xavi. Effectivement, il jouait beaucoup, mais encore une fois... pas un joueur qu'on voit forcément tout le temps. Il prend le ballon, il le donne. Très intelligemment, toujours proprement. Mais ce n'est pas une star. Pas de Ballon d'Or pour le Catalan... Jamais le Ballon d'Or en titre ne brille au grand tournoi qui suit son trophée. La dernière fois, je veux dire vraiment ? Baggio, Ballon d'Or 1993 et meilleur buteur du Mondial américain qui a suivi. Soit lorsque la Ligue des Champions a été créée, en gros. Il y a vingt ans.

Le Brésil vengera-t-il 1950 ?

Alors, que peut-on espérer de ce Mondial ? Quand on aime le football, on a envie que le Brésil soit beau, soit efficace, nous régale. Chez lui, il ne peut rêver meilleur contexte, même si la pression, folle là-bas, sera terrible à gérer. Au moins, en Afrique du Sud ou au Japon, elle était lointaine... Il y a un an, ceux qui ont regardé la Coupe des Confédérations ont pu constater que le Brésil avait une excellente équipe. Un gardien médiocre, soit, comme souvent d'ailleurs, mais une charnière solide, des latéraux toujours aussi dingues, un milieu extrêmement créatif, des ailiers fantastiques et un avant-centre qui s'appelle Fred. Qui fait sourire en France, mais pas au Brésil. Certes, il symbolise l'étrange pauvreté actuelle en
avant-centres de haut niveau de ce pays qui en a généré tant de merveilleux. C'est surtout quand on voit qui sera le remplaçant de Fred : Jô, ancien de City, est un grand échalas qu'on devine gaucher, et qui est d'une faiblesse folle. Six buts en championnat avec l'Atlético Mineiro en 2013... Sa force ? Il marque en Copa Libertadores. La belle affaire.

Mais Fred, c'est l'avant-centre idéal pour faire briller Hulk et surtout Neymar. Un gros travailleur, un excellent remiseur, et également un bon buteur (42 buts en 2011 et 2012 en championnat avec Fluminense, 9 buts en sélection l'année dernière). Ne rigolez pas trop vite sur Fred, c'est n'est pas Guivarc'h, ni Francis Perrin, son sosie officiel : il pourrait être une des surprises de ce tournoi.

Une France si jeune...

Et les Bleus ? Privés de Ribéry et sans doute d'un Toulalan au milieu - on oublie trop souvent à quel point ce garçon pourrait encore plus nous faire du bien au milieu s'il acceptait de revenir en sélection - , leur jeunesse peut faire peur. De l'insouciance ? Oui c'est vrai, ça pourrait être charmant sur certains matches, sur certaines séquences. Un Griezmann a montré sur ses quatre apparitions combien il pouvait apporter devant le but, par ses inspirations et sa qualité technique au-dessus de la moyenne. Mais les équipes qui vont loin dans une Coupe du Monde sont celles qui ont de l'expérience à revendre. Or nous, nous la comptons sur les doigts d'une main. Nous avons une belle jeunesse, mais pas encore une équipe qui aurait les épaules pour viser mieux que les quarts de finale, ce qui serait déjà très beau, même si ça ne nous est jamais arrivé, puisque lorsque la France est sorti d'une poule mondiale, elle a toujours atteint au moins le dernier carré...

On nous bassine avec ses nouvelles valeurs, son nouveau comportement... que de balivernes. C'est parce qu'elle serait nouvellement bien élevée que cette génération gagnerait ? D'abord, calmons nous un peu : pour l'instant, Deschamps prends moins de points par match depuis sa prise de fonction que Domenech. Et pas qu'un peu (1,23 contre 1,34). Et encore moins que Blanc (1,44). Alors certes, depuis la belle réaction au Belarus (2-4), elle n'a perdu qu'une fois, en Ukraine, marque des buts et en prends peu. J'espère de tout cœur qu'elle ira le plus loin possible, ce n'est pas négociable. Mais croire que ces joueurs gagnent parce qu'ils se comporteraient mieux - ça reste à prouver, rappelons qu'on disait la même chose avant l'Euro 2012 - , parce qu'ils n'ont soit-disant plus de casques sur les oreilles et parce qu'ils
chantent un peu plus la Marseillaise... ça prouve surtout à quel point les médias français sont ignares en football. Certaines nations, dont l'Espagne, n'ont pas de paroles à leur hymne, et dans toutes les équipes du monde les joueurs portent des casques sur les oreilles pour se concentrer. Même ceux qui gagnent, si si. Et tous touchent des primes. Tous. La France est sympathique parce qu'elle gagne en ce moment, point. Pas parce qu'ils ont l'air gentils et motivés. Seuls les résultats comptent, tout le reste c'est de la littérature de bas-étage.

On a perdu notre meilleur joueur, meilleur buteur et passeur depuis deux ans, et il est difficile d'imaginer que nous soyons meilleurs sans lui, même si on a des jeunes prometteurs. Mais toutes les générations doivent passer par des échecs. Celle de Deschamps a du vivre France-Bulgarie, celle de Platini avait eu l'Argentine en 78 et celle de Kopa, la Suisse en 54. Imaginer que parce que Griezmann est prometteur, Ribéry est remplacé, c'était penser qu'Oasis pouvait remplacer les Beatles sur la foi d'un premier bon album et des coupes de cheveux prometteuses. On a vu le résultat. Dénigrer le 8-0 contre la Jamaïque est aussi idiot que le glorifier. La Jamaïque n'a pas l'habitude de prendre des roustes, même contre les gros, et notamment la Suisse récemment (0-1). Certes elle a été mauvaise hier, mais si elle a pris autant de buts, c'est aussi parce que la France s'est montré persévérante, sérieuse et offensive. Elle aurait pu s'arrêter à 3-0... elle a continué. Ça prouve un état d'esprit SPORTIF très encourageant. Mais l'opposition au Mondial, y compris celle du Honduras, sera d'un autre calibre. Et là, sous les yeux du monde entier, il faudra gérer la pression et jouer simple, efficace. Ne pas se rater. Sinon, elle redeviendra impopulaire, c'est évident.

A très vite !

jeudi 22 mai 2014

Vingt sur vingt

Bonjour chers lecteurs !

Revenons sur cette saison de Ligue 1 qui vient de se terminer, en le faisant club par club, en descendant le classement final.

1er : Paris-SG : le désormais double champion de France a battu tous les records : plus grand nombre de points de l'Histoire, à trois ou à deux points (89 et 62), de victoires (27), plus grand pourcentage de succès depuis 1970 (71,1), meilleure attaque depuis 1971 (84), meilleur goal-average depuis 1960 (+63)... bref, une performance d'une autre époque, dans un championnat habitué à des débats plus âpres, plus serrés, y compris pour ses champions, qui s'y baladent rarement. Implacable à domicile (9 points de perdus, 51 buts pour, 7 contre), le PSG compte également dans ses rangs le premier joueur ayant signé deux fois au moins 25 buts depuis un autre Parisien, Carlos Bianchi (en 77 et 78, 37 et 37). Reste à savoir à présent si les méfaits du fair-play financier, d'une part, et de l'émergence d'un Monaco désormais européen, de l'autre, ne va pas faire vaciller son trône.

2e : Monaco : Si le PSG ne compte que neuf points d'avance sur son dauphin, c'est parce que ce dernier, promu, est le meilleur deuxième de l'Histoire. Avec son parcours et sa cadence, l'ASM aurait fait au moins aussi bien que 58 % des champions de France, et que 10 des 12 derniers ! Avec 80 points, elle fait moins que le PSG de l'an passé (83) et Montpellier en 2012 (82) mais mieux que Lille 2011 (76), Marseille 2010 (78), Lyon 2008 (78) et aussi bien que Bordeaux 2009... pas mal pour une équipe qui comptait parmi ses titulaires réguliers plusieurs joueurs qui évoluaient en Ligue 2 l'an passé (Subasic, Raggi, Kurzawa, Obbadi,
Rivière, Germain, sans parler de Ferreira Carrasco et Ocampos). Meilleure équipe du dernier quart d'heure, Monaco n'a jamais perdu après avoir ouvert le score, et peut donc être fier de son retour en Ligue 1. Dommage que Ranieri ne profite pas de cette réussite...

3e : Lille : Après les années Garcia, qui avait mis fin notamment aux années Halilhodzic et son football minimaliste mais efficace, en proposant du jeu, une attaque de qualité et un style séduisant, on a assisté, avec Girard, au retour du jeu réaliste et froid, avec toujours le même résultat en Ligue 1 : le succès. Qui attendait le LOSC cette saison, ce dernier ayant notamment perdu son meilleur joueur l'été dernier (Payet) après avoir raté l'Europe ? Et pourtant, Lille est là, qualifié pour le tour préliminaire de Ligue des Champions, et ce en signant la... 9e attaque (46 buts) et, logiquement, la 2e défense (26). S'appuyant sur une défense très performante, où Enyeama et la charnière Basa-Kjaer ont particulièrement brillé, un milieu accrocheur et une attaque où Kalou (16 buts, 5 passes) a tout fait, ou presque, et où Roux (9 buts, 5 passes) a patiné mais où Origi (5 buts) s'est révélé, Lille signe le troisième meilleure total de son histoire (71 points) et s'invite pour la 6e fois en C1 depuis 2001.

4e : Saint-Étienne : les Verts progressent d'années en années, lentement mais sûrement. 17e en 2010, 10e en 2011, 7e en 2012, 5e l'an passé... cette fois, l'exploit était tout prêt, puisqu'ils échouent à deux petits points (et une meilleure différence de buts) de Lille. Offrant souvent un spectacle de qualité, avec en défense un Bayal de retour au haut niveau et un Perrin impérial, mais aussi l'apport depuis janvier de l'excellent Trémoulinas, la saison énorme au milieu de Lemoine et la bonne saison en attaque de Erding, qui prouve à quel point il peut être un bon buteur quand il est en confiance (1 but toutes les 167 minutes, mieux que Gignac, Gomis, Aboubakar, Ben Yedder, Lacazette, Kalou...), l'ASSE signe la 3e attaque (56) et la 4e défense (34) et le 3e bilan retour (36 pts). Prochaine étape, le podium ?

5e : Lyon : Non qualifié pour la C1 pour la 2e fois en trois saisons, l'OL, qui signe son plus petit total de points (61) depuis 2000, voit pourtant les médias considérer que sa saison est réussie. Il est vrai que Lyon a encore du vendre des joueurs importants (Bastos, Lisandro, Lovren, Réveillère...), ne recrutant finalement qu'un joueur majeur, Bédimo, deuxième passeur du championnat (9), et s'appuyant encore plus qu'à l'accoutumée sur les jeunes. Avec des réussites diverses : Ferri ou Tolisso ont plutôt brillé, mais on a moins vu Fekir ou Benzia... si Lyon a pu s'appuyer sur un duo d'attaque très performant (Lacazette 15, Gomis, 14), il n'a pu que brièvement compter sur un Gourcuff qui a pu pourtant montrer, quand il jouait, qu'il restait un joueur d'exception. Au final l'OL se garantie un été à disputer des tours préliminaires improbables en C3. Bon courage !

6e : Marseille : Premier non-européen pour un petit point, pour la première fois depuis 2007, Marseille était pourtant le seul club du haut de tableau, en dehors bien sûr du duo de tête, à s'être renforcé, notamment sur le plan offensif (Thauvin, Payet, Khalifa...). Dauphin du PSG l'an passé, il est pourtant celui termine dernier du six majeur... paradoxe de la Ligue 1, où les investissements couteux ne garantissent pas toujours le succès. Marseille, comme Paris il y a une quinzaine d'années avec la génération Luccin, Dalmat ou Anelka, a misé sur de jeunes loups talentueux mais inexpérimenté (Thauvin, Imbula, Mendy), et l'a payé très cher, à tous les niveaux. Évidemment, changer d'entraîneur n'a rien changé. Six fois défait dans un Vélodrome terriblement hostile, Marseille s'est montré plus consistant à l'extérieur (4 défaites, 6 succès), en plus de l'excellente saison de Gignac (16 buts). Comme quoi, il y avait le potentiel. L'année prochaine, sans Coupe d'Europe, peut être morose comme elle peut être celle de la renaissance.

7e : Bordeaux : Étrange saison de Bordeaux, qui a semblé accabler ses supporters par la pauvreté de son jeu mais qui n'a cessé de naviguer non loin de l'Europe. Septième, c'est d'ailleurs la place que le club girondin semble s'être octroyé, puisqu'il y a terminé l'an passé et en 2011. Pourtant, Bordeaux ne peux pas avoir honte de ses chiffres, lui qui est loin de rouler sur l'or : 6e attaque (49), il a pu compter sur un excellent Diabaté (12 buts, un toutes les 140 minutes), sur un Jussiê renaissant (9 buts !) et un Sertic influent au milieu. On est très loin du Bordeaux 2009, c'est souvent ennuyeux et très inconstant, mais avec cet effectif moyen les Girondins ne sont pas loin des places d'honneur. Une des surprises en 2015 ? Possible.

8e : Lorient : Figurant dans le haut du tableau malgré un bilan négatif (13 succès, 15 défaites), Lorient a pourtant réussi une nouvelle saison miracle, se maintenant sans aucun problème au sein d'une élite où il fait toujours figure d'anomalie financière et structurelle, même si c'est désormais un visage familier de Ligue 1 (10 saisons depuis 1998). Huitième, comme l'an passé, Lorient a encore joué son rôle de révélateur de buteur. Après avoir révélé Gameiro et réveillé Aliadière, moins présent cette saison (8 buts), Gourcuff, pour sa dernière saison, a littéralement transcendé Aboubakar (16), qui n'avait jamais dépassé les 6 buts avec Valenciennes... Notons la révélation Guerreiro, en latéral gauche offensif, le réveil de Coutadeur et la confirmation Jouffre. Espérons que le prochain entraîneur soit aussi inspiré que son illustre prédécesseur...

9e : Toulouse : Éternel résident du ventre mou (8e en 2011 et 2012, 10e l'an passé), malgré un potentiel qu'on devine intéressant, le TFC, seule équipe avec Ajaccio a évoluer à trois derrière - voire à cinq - a tenté de jouer plus que d'habitude, sans que ça change quoique ce soit, si ce n'est qu'il a encaissé plus de buts que d'habitude (14e défense avec 53 buts) et s'est montré médiocre à domicile (17e bilan avec 24 points). C'est d'ailleurs la seule équipe à avoir pris plus de points à l'extérieur (25). Pourtant, Ben Yedder a encore amélioré son score de buts (16), bien aidé par Braithwaite, parfait adjoint en attaque (7 buts, 7 passes), et Aurier a confirmé qu'il était probablement déjà un des meilleurs latéraux d'Europe, et pas seulement grâce à ses stats offensives (6 buts, 6 passes). Mais si, niveau recrues, Spajic a convaincu en défense, c'est moins le cas de Trejo, voire d'Aguilar et Chantôme. Il va falloir encore attendre avant de voir le TFC s'incruster en Europe.

10e : Bastia : c'est peut-être l'équipe dont on a le moins entendu parler cette saison. Pourtant il y a figurait trois internationaux français (Landreau, Squillaci, Cissé) et d'autres joueurs de qualité (Romaric, Krasic...). Le premier s'est imposé, notamment en défense, le second s'est vite éteint après de bons débuts. Le Sporting a été fidèle à lui-même : 5e à domicile et 17e à l'extérieur, avec une attaque finalement moyenne (42) et une défense gruyère (58). Mais Bastia n'a jamais été en danger, et a pu compter sur les buts de Bruno (8) et Raspentino (5), plutôt que sur ceux de Cissé (3) ou les passes d'un Boudebouz moyen. Le successeur de Hantz trouvera un club bien ancré en Ligue 1.

11e : Reims : Longtemps aux portes de l'Europe, le Stade a plongé en 2014. 8e à deux points du 4e à la trêve, l'ex promu termine 11e à 21 points de l'ASSE... en raison d'une phase retour désastreuse (17e bilan avec 19 points, 5 succès pour 10 défaites). Meilleur buteur du club l'an passé (9), Courtet n'a pas marqué une fois. Dommage, parce que cette saison rémoise s'annonçait séduisante, avec un Krychowiak encore convainquant et un Oniangue qui a parfaitement dépassé sa fonction de milieu défensif (10 buts). La perte d'Hubert Fournier, en partance pour son club formateur, Lyon, sera difficile à encaisser. Il faudra que Reims se montre plus régulier à l'avenir.

12e : Rennes : Paradoxale saison pour les Bretons, qui font aussi bien que l'an passé (46 points), qui ont atteint la finale de la Coupe de France, un an après celle de la Coupe de la Ligue, et qui signent le 8e parcours des matches retours grâce à un mercato hivernal réussi (Toivonen, Ntep) mais qui ont semblé nager toute la saison dans la crise. Il faut dire que le maintien n'a été assuré que quelques journées avant la fin, qu'on attendait plus sur le plan du jeu de la part du meilleur entraîneur de la Liga 2012-13, Philippe Montanier, et que la nouvelle défaite contre Guingamp au Stade de France a fait très mal. Pourtant l'effectif rennais est séduisant, et si Montanier parvient à appliquer ses idées, et si Ntep confirme son talent, Rennes peut signer une grande saison l'an prochain.

13e : Nantes : Comme Reims, le FCN semblait parti pour naviguer dans les eaux du haut du tableau avant de fléchir sérieusement après la trêve (15e). Un parcours typique pour un promu, mais qui a quand même permit aux Canaris, dotés pourtant d'un effectif peu renforcé l'été dernier, et qui ne le sera pas cet été à cause des sanctions suite à l'affaire Bangoura, de se maintenir sans trembler. Seul Vizcarrondo s'est ajouté, avec bonheur, en défense centrale, bien aidé par un excellent Djilobodji. En attaque, Gakpe a signé une grosse fin de saison et termine deuxième buteur du club (8 buts) derrière un Djordjevic qu'on n'a pas vu après la trêve (10 buts, 2 en 2014) et qui quitte le club fâché. Entre l'affaire du match contre Bastia perdu sur tapis vert et l'interdiction de recrutement, Nantes n'a pas vécu un retour apaisé. Mais réussi quand même.

14e : Evian-T-G : Le succès final à Sochaux (0-3) a non seulement sauvé le club savoyard de la relégation, il lui a aussi permit de signer in extremis son meilleur classement depuis début novembre... 17e sans interruption entre mi janvier et fin mars et jusqu'à l'avant-dernière journée, l'ETG, 16e l'an passé, a encore une fois énormément souffert pour garantir son maintien, avec succès. Il est pourtant le seul club à avoir battu le PSG (2-0) et Monaco (1-0) au Parc des Sports d'Annecy... ce qui l'a sans doute sauvé. La grande saison
de Wass (9 buts) et de Bérigaud (10) y a également contribué, ces deux joueurs étant partant cet été... A noter que Evian, lui aussi, a réussi sa phase retour (10e, mieux que Bordeaux...), pas seulement Sochaux...

15e : Montpellier : Le titre de 2012 semble si loin. Il reste pourtant quelques champions dans l'effectif héraultais (Jourdren, Hilton, Stambouli, Cabella, Camara, Montano...) mais ça s'est rarement vu cette saison. Seul Cabella s'est montré plus fort que jamais (14 buts), s'approchant ainsi sérieusement des Bleus. Mais les 18 nuls signés sont rédhibitoires dans un championnat à la victoire à trois points. Quand Jean Fernandez a été viré, le club était 17e. Courbis, son successeur, a certes sauvé le club mais n'a pas vraiment transcendé cette équipe parfois sans réaction et inquiétante défensivement (53 buts), même si elle termine 9e des matches retours. Les départs de Cabella et Stambouli ne seront également pas simples à combler.

16e : Guingamp : Le vainqueur de la Coupe de France est également le troisième promu à se maintenir, une rareté. Cinquième en novembre, le club breton a lui aussi plongé après la trêve, et termine même relégable sur les matches retours (18e). 19e attaque (34) mais 6e défense (42), l'En Avant n'a pas forcément fait le spectacle cette saison, mais en avait-il les moyens ? Surtout sur une pelouse indigne du monde professionnel. Sa défense, notamment sa charnière Kerbrat-Sorbon, a fait le boulot, tout comme Sankharé et Mathis au milieu. En attaque, Yatabaré, après une première expérience médiocre à Boulogne, s'est enfin imposé en Ligue 1 (11 buts), bien aidé par un Beauvue aérien (5 buts dont 4 de la tête). Comme pour tout promu, la deuxième saison s'annonce difficile, surtout si Gourvennec s'en va...

17e : Nice : C'est peu dire qu'on n'attendait pas les Aiglons aussi bas, après leur 4e place de l'an passé et la livraison de leur nouveau stade. Sauvés de deux petits points, Nice, pire attaque de Ligue 1 (30, 7 de moins qu'Ajaccio !) a vu la baudruche Cvitanich se dégonfler complètement (8 buts, 1 en 2014) et les jeunes Bosetti (5) et Maupay (2) ont eu du mal à le suppléer. Malgré les bonnes saisons en défense d'Ospina, Bodmer et Kolodziejczak, l'animation offensive a été désastreuse, elle qui avait tant séduit la saison dernière. Mais Eysseric, Bauthéac et consort ont vraiment déçu. Puel, qui a fait jouer ses deux fils cette saison (Grégoire et Paulin) a vraiment du travail.

18e : Sochaux : Premier relégué, et peut-être le plus cruel. Le FCSM, 66 saisons de Ligue 1 au compteur, ne comptait que 11 points à la trêve. Il en compte 40 cinq mois plus tard, mais cette phase retour phénoménale (7e, 8 succès, 6 défaites) n'a pas suffit. Les recrues hivernales, Sunzu, Marange ou Ayew, ont apporté mais la montagne était vraiment trop haute. Pourtant, Sochaux avait les moyens de le faire face à Evian, après avoir tenu en échec le PSG (1-1) et s'être imposé à Reims (0-1) et Rennes (1-2) pour s'offrir cette finale inespérée. Mais les Savoyards ont été plus forts mentalement. Tant d'efforts vains... difficile à encaisser. On espère maintenant voir Sochaux remonter très vite.

19e : Valenciennes : Le club nordiste a également cru que l'expérience d'Ariel Jacobs, arrivé cet hiver, et les buts de Waris (9) allaient lui permettre de créer l'exploit et de se maintenir. Mais les sept défaites consécutives qui ont conclu cette saison ont scellé le sort du VAFC, de retour en Ligue 2 après huit saisons consécutives dans l'élite... un match a fait très mal, face à Ajaccio (2-3), alors que les Nordistes menaient 2-1 à quelques minutes de la fin et qu'ils s'apprêtaient à sortir de la zone rouge. Ils ne s'en sont jamais remis. 18e attaque (37), mais surtout 19e défense (65), VA a montré trop de faiblesses cette saison, entre inexpérience et insuffisances techniques. Hormis Waris, seuls le milieu Doumbia et le défenseur Masuaku ont montré quelques qualités. Espérons que Valenciennes se remette vite de cette saison ratée.

20e : AC Ajaccio : Il fallait bien que ça arrive. Maintenu sur le fil tous les ans, le club corse a cette fois bel et bien plongé. Pire dernier de la décennie à la trêve (9 points), l'ACA, débarrassé cet hiver de son entraîneur, Ravanelli, et de quelques poids morts peu concernés, notamment Mutu, a fait un peu mieux en 2014 (14), mais pas beaucoup mieux. Malgré les 8 buts du jeune Junior Tallo, prêté par Rome, l'ACA signe la pire défense du championnat (72 !), malgré ses cinq défenseurs régulièrement alignés. Qui se souvient encore du match nul obtenu au Parc des Princes (1-1) lors de la deuxième journée, grâce à un but stratosphérique de Pedretti ? Christian Bracconi a fait ce qu'il a pu mais Ajaccio prépare déjà la saison prochaine depuis six mois. En Ligue 2.

Je vous laisse, à plus tard !

vendredi 16 mai 2014

Une liste sans relief

Salut à tous,

Si vous le voulez bien, analysons un peu cette 19e liste éditée par un sélectionneur (ou un comité de sélection, avant les années 70), depuis 1954. Vingt-trois noms, 22 jusqu'à l'Euro 2000, 20 pour l'Euro à cette époque... je crois que le chiffre 23 restera, il est parfait, chaque poste est doublé, et celui des gardiens, triplé. On ne sait jamais.

Une liste gentillette

Justement, commençons par les gardiens, et sur ce point là, espérons qu'Hugo Lloris ne connaisse aucun pépin d'ici le mois de juillet. Parce que si la France doit s'appuyer sur un Mandanda cataclysmique cette saison, et qui aurait du depuis un moment être devancé par le Stéphanois Ruffier, incroyablement relégué en "réserve", voire un Landreau qui est plus là en tant que médiateur de vestiaire que comme véritable alternative à ce poste pourtant capital de gardien, on peut déjà faire une croix sur une performance des Bleus durant ce Mondial.

C'est le reproche que je ferais à cette liste un peu trop consensuelle à mon goût : on a le sentiment que le critère sportif est plus considéré comme un arbitre de dernier recours, une variable d'ajustement, que comme une véritable condition pour y figurer. Je m'explique : préférer prendre Landreau parce qu'il est un parfait relais de Deschamps dans le vestiaire, presque son double, plutôt qu'un Ruffier qui rassurerait pourtant beaucoup de monde, y compris sa défense, de part le fait qu'il est extrêmement fiable, contrairement aux deux remplaçants de Lloris, qui sont connus pour leurs boulettes quasi mensuelles. Le Stéphanois est un monstre de compétition, et ne fait jamais d'erreur, tout simplement. Même Lloris, qui reste un phénomène, ne peut se targuer de ne jamais craquer à l'occasion. Mais Ruffier n'a pas la carte. Il jouerait à Marseille, la cause serait entendue. L'effet de loupe accompagnant perpétuellement le club phocéen a encore frappé.

Et pas que pour Mandanda, pour Valbuena aussi. En temps normal, dans une liste normale, que ferait un milieu offensif auteur de 3 buts et 6 passes décisives en championnat, dont quatre dans le jeu, dans la liste d'un grand pays de football ? C'est le problème : on n'est pas un grand pays de football. Un bon pays de football, oui, mais pas un grand, sinon Valbuena ne serait même pas dans la liste des réservistes. Certes, le contenu de ses matches en sélection a été bon récemment, sans être extraordinaire (cinq buts en quatre ans, dont trois depuis un an et demi, cinq passes décisives cette saison). Mais en Ligue des Champions, il n'a pas existé, ni dans ses stats (0 action décisive) ni dans le contenu. Et le fait qu'aucun bon club européen ne se soit jamais intéressé à son profil, même depuis qu'il est international, depuis 2010, est forcément parlant. Si la France est championne du monde, ou même demi-finaliste, avec un meneur de jeu aussi peu côté et aussi terne, ce sera forcément parce que les grandes nations auront déçu. Sinon, ce serait une anomalie.

L'anomalie Nasri

Pourtant, on a des solutions. Pas autant que l'Allemagne ou l'Argentine, mais offensivement on a des joueurs. Sans même parler de Cabella, pourtant extrêmement performant (14 buts, 5 passes avec Montpellier) mais dont l'inexpérience internationale est rédhibitoire à ce niveau, ce qui est d'ailleurs le cas de Griezmann, qui lui est sélectionné, on avait Nasri, vous le voyiez arriver. Nasri dont on pourrait dire qu'il est l'exact opposé de Valbuena, dans le sens où il est performant en club (7 buts, 8 passes), mais qu'il est indigent en sélection. C'est vrai, il l'a souvent été, un peu trop pour un joueur de ce niveau. Mais lui est consistant en Ligue des Champions (1 but, 4 passes) et surtout, dire qu'il n'a jamais été intéressant en Bleu est faux. Rappelons que c'est lui qui qualifie les Bleus pour l'Euro 2012 en inscrivant un penalty capital contre la Bosnie, puis qui égalise contre l'Angleterre durant l'Euro, d'une belle frappe de 20 mètres (1-1). C'est également lui qui donne l'avantage à la France en Biélorussie, lors d'un match capital encore une fois pour les Bleus pour la qualif du présent Mondial (2-4). Alors oui, il s'est planté en Ukraine, mais était-il le seul ?

Apparemment son comportement n'est pas bon. C'est drôle parce qu'à son époque marseillaise, les médias le présentaient comme le gendre idéal, l'exemple parfait du gamin issu de l'immigration et des quartiers difficiles mais qui a la tête sur les épaules et un mental impeccable. Suffit qu'il ait pris la place d'Henry dans le bus et hop, une réputation foutue en l'air. Étrangement, il semble payer Knysna, alors qu'il n'était pas présent en Afrique du Sud. Mais dans l'imaginaire des gens, Knysna est le symbole du problème de l'intégration dans ce pays, alors que justement les leaders de la révolte sud-africaine, hormis Evra, n'ont pas d'origines étrangères : Ribéry, Toulalan, Abidal, sans parler d'Anelka, qui était déjà parti... mais forcément Nasri devait en être, c'est un gars des cités et cette rébellion était un truc de racailles, alors allez hop, mélangeons tout... à noter que Benzema non plus n'était pas à Knysna. D'ailleurs il n'y avait aucun Maghrebin... sacré Raymond.

D'après les détracteurs de Nasri, qui sont majoritaires à la rédaction de l'Equipe, ce qui explique à quel point son éviction n'a soulevé que peu de commentaires dans leur torchon, le problème se serait plutôt déroulé à l'Euro 2012. Ce qui n'a pas empêché Deschamps de le prendre ensuite, on l'a vu, et parfois même avec bonheur. Le problème, au fond, c'est qu'il a sale caractère. Un peu comme tous les grands joueurs en fait. Ribéry aussi a un sale caractère, Platini en avait un, Cruyff était une teigne, Beckenbauer était un con... c'est souvent ça les grands joueurs, ils ont forcément un égo surdimensionné, c'est logique. Je ne dirais pas que Nasri vaut tous ces joueurs... s'il avait été plus performant en Bleu, je pense que ses problèmes de comportement (terme à la mode dès qu'il s'agit de parler de foot et que je déteste, comme si seuls, parmi les gens aisés, les footeux devaient être irréprochables sur le comportement, et pas les acteurs, les chanteurs... ) passeraient au second plan.Il n'a surtout jamais fait de cadeaux aux journalistes, et ça ces derniers n'hésitent jamais à le faire payer.

Qui à sa place ?

Mais je crois que cet argument passerait si on avait des solutions de rechange. Que va-t-on présenter au Mondial comme alternative à Nasri ? Valbuena ? Griezmann ? Rémy ? Soyons sérieux. On n'a aucun joueur de ce calibre en magasin. Si on était l'Argentine, et qu'on avait le choix entre Higuain et Tévez, l'exclusion d'un de ces deux joueurs s'expliquerait. Mais là, on n'a pas vraiment le choix. Enfin, normalement. Du coup, Deschamps choisit de se priver d'un joueur majeur de l'un des deux meilleurs championnats du monde uniquement pour faire plaisir aux donneurs de leçons morales qui sont tellement légions en France aujourd'hui. C'est plus une liste des 23, c'est une convocation aux Petits Chanteurs à la Croix de Bois. Dehors les caractères forts, bienvenus les moutons qui sauront sans problème se satisfaire d'une place de remplaçant. A noter que Prandelli, le sélectionneur italien qui a lui aussi mis les questions comportementales au-dessus de tout, prend quand même Balotelli, qui traîne pourtant une liste de conneries longue comme le bras, et qui a un état d'esprit déplorable. Mais Balotelli est un grand joueur, et Prandelli a su le gérer. Peut-être que Deschamps devrait essayer de gérer les joueurs au sale caractère, au lieu de les expurger de ses listes, au risque de faire de son équipe un groupe vraiment moyen. Et en se débarrassant ainsi opportunément de futurs problèmes relationnels, qui sont pourtant fréquents dans n'importe quel groupe de sportifs de haut-niveau.

On a une équipe type correcte, encore que je l'imagine mal mettre à mal de grandes sélections comme l'Espagne ou l'Allemagne, sans parler du Brésil. Mais le banc des remplaçants fait vraiment peur à voir. Evra est inquiétant ? Son remplaçant, Digne, l'est également au PSG. Varane et Sakho sont jeunes ? Koscielny a concédé un nombre incalculable de penalties cette saison, et Mangala a fini troisième du championnat du Portugal. Le point fort des Bleus est au milieu, avec Pogba, Matuidi et Cabaye. Qui peut-on aligner en cas de coup dur ? Mavuba, Grenier, Sissoko... sans commentaire. Enfin, on a vu qu'en attaque les solutions font peur à voir, y compris Giroud pour Benzema. Malgré de bons résultats récents, on n'a pas un réservoir de grands joueurs énorme, loin de là, surtout quand on en vire certains parce qu'ils sont pas gentils. Au final, on a une liste très moyenne, avec des joueurs sélectionnés quasiment par défaut. Grenier ? Il n'a pas mis un pied devant l'autre depuis la trêve. Sissoko est une escroquerie, surtout quand Deschamps l'aligne sur le côté... non vraiment, il faut espérer que les blessures ne s'accumuleront pas. Et qu'elles frapperont plutôt nos adversaires...

A plus tard !

lundi 17 mars 2014

Ibra-Messi, le duel

Bonjour à tous,

Ce matin, si l'on consulte le classement des buteurs mondiaux sur l'année civile, que nous offre l'excellent site Footballdatabase, on constate que les deux co leaders se nomment Lionel Messi et... Zlatan Ibrahimovic, avec 17 buts chacun, en deux mois et demi de compétition. Soit 1,7 but par semaine en moyenne ! Ils devancent l'Espagnol du Red Bull Salzburg, Jonathan Soriano (16) et un certain Cristiano Ronaldo, qui n'en est qu'"à" 14 buts. Mais il reste au Portugais un match en Ligue des Champions contre Schalke, cette semaine, pour refaire son retard, contrairement aux deux autres, déjà qualifiés. A moins qu'il ne soit ménagé, vu la ballade du match aller (6-1)... mais à l'instar de Messi et Ibrahimovic, il est rarement fatigué.

Deux gabarits opposés

En tous cas il est intéressant, je trouve, de comparer les deux hommes, tellement efficaces depuis le début de l'année, et de la saison aussi. Les différences, tout d'abord. Elles sont nombreuses, elles sautent même aux yeux au premier abord : 26 centimètres et 28 kilos les séparent. Une différence énorme, qui ne peut qu'influer sur le style de jeu et le profil technique de ces deux joueurs. Même si le Suédois n'en manque pas, l'Argentin est plus vif, plus rapide, son débit de dribble et de touches de balle est infiniment plus important. Bien sûr, pour son gabarit, qui lui offrirait une place de choix sur le flanc d'une mêlée ou sur les ailes d'une équipe de rugby, Ibrahimovic est extrêmement technique, souple, voir vif, et ne peut être qualifié de "pataud", comme souvent le sont les avant-centres dépassant les 1m90 comme Hoarau, Diabaté, Crouch, Adebayor, voire Giroud. Ces attaquants souvent très efficaces sont parfois dénigrés pour leurs manques techniques et de vitesse, dans un football de plus en plus attaché aux concept de blocs bas et de jeu de contre-attaque. Aujourd'hui, et notamment en Ligue 1, on préfère les attaquants moins efficaces mais rapides que les vrais buteurs trop statiques. Le résultat ? Il suffit de voir le taux extrêmement bas de buts par match en France...

Mais Ibrahimovic n'est pas concerné par ces critiques. Il pourrait parfaitement s'intégrer à une équipe évoluant bas, utilisant la vitesse pour contre-attaquer, parce que sa couverture de balle, sa puissance, sa technique et sa qualité de passe exceptionnelle en font un pivot hors-pair. Donnez lui un ballon en contre-attaque, et il vous sert vos ailiers comme personne, ceux-ci pouvant ainsi créer de grosses différences. Rappellons qu'Ibrahimovic est - de loin - le meilleur passeur de Ligue 1, avec 13 passes (et non 11 comme les incompétents de la Ligue lui ont accordé, puisque pour eux une passe déviée n'est pas une passe... imaginons s'ils appliquaient cette méthodes aux buts, et la flambée de csc qui s'en suivrait...). Et c'est ce qui le rapproche de Messi.

Tout le monde connaît ce dernier. Un extra-terrestre, un génie du football comme on n'en a pas connu cinq dans l'Histoire du football. Être comparé à Maradona ou à Pelé, ça vous pose un personnage, et ce sans avoir encore brillé dans une Coupe du Monde... imaginez qu'il flambe au Brésil et porte l'Argentine dans le dernier carré, et a fortiori à la victoire finale, et le doute ne sera plus permis. Aux clichés habituels du meneur de jeu-attaquant argentin classique, à savoir petit, vif et bon passeur, s'ajoutent des qualité de vitesse, de dribble, de frappe de balle, de coup d’œil, très au-dessus de la moyenne des plus grands joueurs actuels. A état de forme égale, il est largement au-dessus de Ronaldo, qui a profité des blessures de l'Argentin l'an passé pour lui chiper son Ballon d'Or. Mais la forme semble lui revenir, et bonne chance aux prochains qui devront le stopper. Pourquoi Paris avait fait illusion face au Barça l'an passé, signant deux nuls inespérés ? Parce que l'Argentin n'avait joué qu'une mi-temps et demi, sortant sur blessure à la mi-temps du match aller, et rentrant en cours de jeu du match retour. Pour quel bilan personnel ? Un but à Paris et une action décisive au retour, provoquant le but qualificatif de Pedro alors que le PSG menait au score. Le club parisien réalisait un grand match, mais n'était pas de taille à résister à Messi. Personne ne l'est. Si ce dernier avait joué les deux matches en entier, pas sur que les hommes d'Ancelotti seraient restés invaincus...

Un profil tactique proche

Alors, quels sont ces points communs qui les rapproche tant, malgré la première impression contraire ? D'abord, les stats : ce sont deux attaquants qui marquent énormément, et qui passent aussi énormément. 40 buts et 14 passes décisives en 40 matches pour le Suédois avec le PSG ; 31 buts et 12 passes en 33 matches pour l'Argentin. Des chiffres étrangement similaires, qui sont presque les standards d'aujourd'hui pour qui veut postuler pour le titre de meilleur joueur du monde, puisque Ronaldo s'en approche également, et pourtant qui ne se sont plus vus depuis les années 50-60, quand les grands joueurs se nommaient Pelé, Puskas... des buteurs-passeurs hors-pairs. Il y en a eu énormément depuis, mais aucun avec des cadences aussi énormes dans les deux domaines. Müller, Romario, Van Basten, Ronaldo ? Des buteurs, uniquement. Baggio, Platini, Cruyff ? Des joueurs immenses, mais avec des stats moindres. On ne peut que se réjouir d'assister aux règnes de joueurs aussi exceptionnels dans leurs régularités depuis des années, avec des chiffres qu'on ne pensait plus voir avec l'avènement d'un jeu de plus en plus défensif et bloqué. Mais ces joueurs savent tout faire, et peuvent débloquer n'importe quelle situation, même face à des équipes regroupées, ce qui est la norme depuis 20 ans.

C'est tactiquement, je crois, que leurs profils se rapprochent le plus, et expliquent en partie leurs chiffres sidérants. Il s'agit de deux faux avant-centres, qui sont positionnés ainsi sur les fiches de match dans les médias parce qu'il faut bien mettre quelqu'un en pointe, mais qui passent leur temps à reculer pour toucher le ballon, et déclencher souvent une action décisive au bout de laquelle ils seront parfois eux-même à la conclusion - comme hier soir sur le deuxième but parisien contre Saint-Étienne - ou un autre joueur. Evidemment, ce ne sera pas de la même manière : le Suédois s'illustrera par une passe décisive ou une accélération sur quelques mètres, alors que l'Argentin utilisera sa vitesse et sa science du dribble pour déstabiliser la défense. Mais qui profite de ce travail, à part eux-mêmes dans la moitié des cas ? Le Barça et le PSG se ressemblent notamment sur ça, leurs ailiers sont de faux ailiers et souvent de vrais buteurs, surtout côté catalan, où Sanchez et Pedro sont très efficaces devant le but, comme Cavani côté parisien. Quand l'avant-centre recule - car on voit rarement Messi attendre le ballon dans la surface, un peu plus Ibrahimovic - les ailiers plongent soit sur le côté pour recevoir sa passe, soit dans l'axe pour compenser l'absence de la pointe et recevoir l'offrande, pour marquer. On le sait, les ailiers à l'ancienne tendent à disparaitre vu la difficulté de s'exprimer face aux doubles rideaux instaurés dans les couloirs aujourd'hui - c'est d'ailleurs pour ça que les avant-centres aiment reculer pour toucher le ballon, vu l'embouteillage dans l'axe. Même un Lucas, à la base, est plutôt axial, et n'hésite jamais à se présenter dans la surface pour tenter sa chance, mais lui manque d'efficacité devant le but. Dommage, parce qu'avec ses 13 passes décisives en 23 titularisations toutes compétitions confondues, il est loin d'effectuer une mauvaise saison.

C'est ce qui les différencie de Ronaldo, qui lui, tactiquement, est plutôt à placer parmi les "ailiers-forts", comme on dit au Basket, c'est-à-dire des ailiers qui perforent et qui marquent, au lieu de déborder et centrer. Paradoxalement, alors qu'il devrait être plus passeur que buteur, vue sa position excentrée sur le terrain, il marque plus cette saison (39 buts en 36 matches avec le Real) qu'il ne passe (13 passes), comparé à ses deux concurrents dont les chiffres sont plus équilibrés. Les clichés sur le Portugais qui ne donne pas sa balle et préfère marquer ont encore de beaux jours devant eux. Il n'en reste pas moins que lui aussi est un phénomène, et que son duel égo-sportif avec Messi restera dans les annales, aux côtés de ceux entre Senna et Prost ou entre Federer et Nadal. Et ça nous manquera, si, comme on peut le craindre, on peine à retrouver des joueurs aussi forts quand ils auront raccroché les crampons. Parce qu'ils ont mis la barre très, très haut.

A plus tard !

mercredi 19 février 2014

Chouette, du foot !

Salut à tous,

Hier a repris, enfin, ce que nous attendions depuis trois longs mois, à admirer d'un œil incrédule les tentatives désespérées et maladroites par les joueurs de Ligue 1 de domptage de pelouses qui n'en ont que le nom, à l'érosion d'une moyenne de buts déjà pas très aérienne, et à la confirmation que n'existe plus pour les "techniciens" français d'un seul leitmotiv, un virus inoculé par Aimé Jacquet et son 4-3-2-1 de 98, à savoir le fameux "bloc-équipe". Celui qui nous a certes permis, et j'ai été le premier à le fêter sur les Champs-Elysées, de devenir champion du monde. Mais aussi de nous endormir devant France-Paraguay et France-Italie, et de nous garantir 15 ans de purges entre équipes de contre en Ligue 1. La France qui est le seul pays européen à ne pas avoir été contaminé par le grand Barça sur le plan du jeu. C'est bien dommage.

En C1, ça joue

Bref, voici notre première injection de véritable football en 2014. Des pelouses a priori impeccables, des joueurs de foot habiles, intelligents, du jeu, des prises de risques, des buts, de très beaux buts quand même... hier soir, le PSG et le Barça ont marqué six buts. A l'extérieur. Et pas sur la pelouse de l'ASPTT Chamoux-les-eaux, chez le deuxième du championnat d'Allemagne et Manchester City, qu'on annonçait quasiment favori de cette confrontation avec des Catalans qui avaient été persécutés par le Bayern au printemps 2013 (0-4, 0-3). Un Bayern que City a vaincu sur sa pelouse, à l'automne dernier (2-3). Sur ces six buts, deux penalties. Les autres, des merveilles de démonstration collectives. Pas des buts de la tête sur corner, pas des contre-attaques, non, des attaques placées, des débordement de latéraux, des centres en retrait... et même sur le penalty parisien, l'action qui amène la faute de l'inénarrable Emir Spahic est superbe. Combien de fois voit-on ce genre d'actions en Ligue 1 ? Et même dans les autres championnats ? Avant ces huitièmes de finale, la moyenne de buts en C1 cette saison montait à 2,89 par matches. L'an passé, elle était à 2,94, et à 2,84 en 2010-11. Hormis la Liga (2-88) et surtout l'Allemagne (3,19 !), les grands championnats sont loin de ces chiffres. Quand les grands clubs s'affrontent en C1, ils font du jeu, et hormis quand Mourinho est dans le coup, il est rare qu'ils affrontent des équipes recroquevillées sur elles-même, parfois à cinq derrière, comme on en rencontre souvent en Ligue 1. Le Barça et le Real aussi affrontent souvent ce genre d'équipes à un ou deux attaquants, les Italiens aussi. Dimanche, José Anigo, l'entraîneur de Marseille hein, pas de Valenciennes, a décidé d'instaurer un 5-3-1-1 pour contrer la terrible équipe de Saint-Étienne... on a vu le résultat. Pas de quoi inciter les chaines de télé de réinjecter 600 millions dans un tel spectacle.

Milan pas favori

Que dire de ces huitièmes de finale ? Que si l'Allemagne a placé quatre clubs, une performance exceptionnelle, elle en a déjà très certainement perdu un hier soir, et qu'on voit mal Schalke créer la surprise face au Real, malgré sa bonne forme actuelle. Dortmund, lui, est favori face au Zenit, qui me parait pourtant capable de créer la surprise. Ce soir, deux affiches me semblent assez déséquilibrées, mais sur le papier seulement. Certes, Milan, qui en est à recruter des joueurs chez le dernier du championnat d'Angleterre, avec Taarabt (Fulham), est tombé à un niveau extrêmement préoccupant, si ce n'est le talent exceptionnel de Mario Balotelli, qui semble presque tenir à lui seul le Milan dans ses bras, avec les éclairs de génie de Kaka. Mais attention à la culture européenne du club lombard, qui a peu d'équivalent. On a vu hier soir avec Barcelone que l'expérience, collective notamment, de ce genre de confrontations peut faire basculer une rencontre. Mais du collectif, Milan n'en montre pas beaucoup en ce moment.

Et l'Atletico Madrid, qui patine un peu en ce moment, est un très gros morceaux pour les hommes de Clarence Seedorf. Trop gros ? Peut-être, même si un suiveur du foot lambda aurait du mal à identifier les trois quarts de son équipe-type, qui ne compte que très peu de joueurs reconnus mondialement. Courtois, Godin, Arda Turan, Costa, Villa... oui ça nous dit vaguement quelque chose... mais l'Atletico est un monstre collectif, une bête à 11 têtes qui ne lâche rien, et qui compte sur les coups de génie de Diego Costa, et l'abattage au milieu des méconnus Raul Garcia et Koke, ce qui lui permet également de concurrencer à la régulière le Real et le Barça en championnat. Mi-février, ces trois clubs sont à égalité de point (60). Une sacrée performance.

Le défi d'Arsenal

L'autre duel oppose Arsenal et le Bayern. L'an passé, les Allemands étaient venu se balader à l'Emirates (1-3) avant de sérieusement se relâcher au retour, au point de craindre pour leur qualification (0-2). Si le Bayern semble encore avoir progressé cette saison, ce qui paraissait impossible après son triomphe absolu de l'année dernière, Arsenal semble également mieux armé. Giroud, certes dans la tourmente en ce moment, marque plus que l'année dernière, Özil, certes critiqué ces dernières semaines, est un joueur de classe mondiale qui a haussé le niveau de cette équipe sur le plan technique, et Ramsey et Wilshere ont pris une autre dimension, tout comme Oxlade-Chamberlain. Quant à Podolski, c'est un joker d'une qualité très largement sous-estimée. Seule le défense inquiète toujours autant, ce qui parait problématique quand on affronte le Bayern, même privé de Ribéry. Munich reste favori, mais encore une fois il ne devra pas sous-estimer les Gunners, qui paraissent capables de battre n'importe qui.

La suite ? Si Manchester United est inquiété par l'Olympiakos, c'est qu'il a vraiment beaucoup perdu en six mois. Même chose pour Chelsea face à Galatasaray, il n'y a pas match. Bref, les huitièmes de finale semblent déjà se dessiner, même si des surprises, il y en aura forcément, c'est la loi du genre et du système de coupe. Paris et Barcelone y seront probablement évidemment, tout comme Chelsea, United et le Real. L'Atletico, le Bayern et Dortmund sont également en position de force sur le papier. Du gros, du très gros. En quart, le PSG verra encore un très grand club venir à Paris. That is football !

A plus tard !

mercredi 15 janvier 2014

2034, odyssée du foot

"Bonsoir et bienvenue au stade Hugo Chavez de Caracas, en direct sur D8, pour suivre le match le plus attendu de l'année, la finale de la Coupe du Monde 2034, entre la France et le Qatar ! Après sept semaines de compétition, durant lesquelles 78 équipes se sont affrontées, voici enfin la rencontre qui sacrera le nouveau champion du monde ! La France qui affronte donc le tenant du titre qatari, et qui est loin de partir favori face à l'armada offensive du Golfe, constituée à 95 % de joueurs nationalisés, notamment le quintuple Ballon d'Or, Kevininho, arrière petit-fils de Pelé et meilleur buteur du championnat du Luxembourg, avec 12 buts, dont 7 penalties, après son transfert record du FC Sochaux-Peugeot, pour la bagatelle de 457 millions de Likes sur Facebook. La monnaie officielle mondiale qui vient de fêter ses 10 ans !

Notre nouveau sélectionneur, Florian Thauvin, le troisième depuis le début de la compétition, qui a succédé il y a une semaine à Stéphane Dalmat, qui avait lui-même pris la place au bout de deux matches à Florian Marange, l'a confirmé : Seif al Islam Ribéry, longtemps incertain pour ses maux de tête après sa nuit passée à Tweeter il y a trois jours, après la demi-finale victorieuse aux tirs aux buts contre le Mali de Mamadou Bagayoko Junior, sera bien présent au poste de numéro 8, c'est-à-dire à la pointe de l'attaque. Rappelons que la dernière fois qu'une équipe de haut niveau a osé prendre le risque d'aligner un attaquant, c'était lors de la finale de la Ligue des Champions 2021 entre le FC
Areva du Havre et le RC Gazprom de Vladivostok, remporté par les Normands, aux tirs aux buts, au stade Instagram de Stockholm. Il s'agissait du vieillissant Bafé Gomis, qui avait pris sa retraite peu après le match et une 13e saison consécutive à au moins 15 buts. Depuis, le système de jeu le plus fréquent est le 5-5-0, ou la 3-7-0 en phase offensive.

Avant que les hymnes ne soient exécutées - nous surveillerons d'ailleurs qui oseras braver l'interdiction de ne pas chanter la Marseillaise à moins de 110 décibels et la main sur le cœur et la lèvre tremblante, ordonnée par notre Président à vie adoré, élu il y a 3 ans par un plébiscite sur Facebook, Abdel-Kevin, vainqueur de Secret Story 24 - revenons sur l'ensemble de cette compétition qui nous a passionné, devant des stades vénézuéliens extrêmement sages, comme la charte de la FIFA-Sepp Blater l'exige depuis la suppression des supporters, en 2022, après l'explosion d'un pétard dans un bar voisin du stade accueillant la finale du Mondial en Russie. En 157 matches, il y a eu 89 buts, soit une hausse de 2 % par rapport à la dernière édition, disputée en Suisse. Sur ces 89 buts, 77 l'ont été sur coups de pied arrêtés, dont 52 sur penalties. On n'a d'ailleurs plus vu de but dans le jeu depuis l'avant dernier match de la troisième phase de poule comptant pour l'obtention de la cinquième place entre le Pays de Galles de Ryan Giggs (60 ans), joueur ayant parcouru le plus de kilomètres dans la compétition, et l'Allemagne de Jürgen Merkel-Hollande, l'immense gardien (2m10), fils des amours secrets entre les anciens chefs d'état François Hollande et Angela Merkel, qui a choisi la nationalité de sa maman et qui a déjà arrêté sept penalties dans la compétition. C'est d'ailleurs lui qui a mis ce fameux dernier but dans le jeu, sur un dégagement poussé par le vent dans le but de son vis-à-vis. Victoire 1-0 des Allemands.

Le meilleur buteur de la compétition se nomme Franck Gourcuff, notre latéral gauche adoré, fils de Yohan Gourcuff et qui l'a nommé ainsi en l'honneur de son grand ami et parrain de son fils, Franck Ribéry, né en 2010. Il a marqué trois buts, dont deux centre-tirs, contre la Norvège (1-0) et les Iles Cook (2-0), et un penalty. Quand au meilleur passeur, il s'agit du défenseur central ouzbèk d'origine brésilienne Filipininho Ouzbekano, fils de Rivaldo, qui avait fait un passage express dans ce pays il y a vingt ans, avec le résultat que l'on sait. Ses longues relances ont déjà fait mouche deux fois, belle performance en 16 matches !

Rien de moins que 87 caméras vont nous permettre de suivre ce match de la meilleure des manières, à commencer par la Go Pro fixée sur chaque gant des deux gardiens, sur quatre spectateurs choisis au hasard et sur le costume du président de la FIFA, Joey Barton, qui devra faire face à un redoutable concurrent pour sa réélection à la fin de l'année, Pascal Praud. Il y aura aussi celle fixée à l'intérieur de l'estomac de Théo Besson, notre défenseur central, régulièrement victime de remontées gastriques en cas de stress. Ce sera intéressant de voir si la toute nouvelle méthode Dukan de relaxation, à base exclusivement de peau de pommes de terre et de Princes de Lu, fera effet comme ça l'a fait pour son père actuel ministre des anciens combattants, Eric. En raison de son stress, Besson a déjà causé quatre penalties contre nous, heureusement notre gardien, Adolphe M'Bala M'Bala, en a stoppé trois. Un véritable mur.

Dans le camp des tenants du titre, nous surveillerons évidemment les tacles du stoppeur Blaise Ibrahimovic, qui a déjà mis fin à la vie de deux joueurs à la carrière de 13 d'entre eux depuis le début de la compétition. On ne peut que regretter la fragilité de certains joueurs qui n'ont toujours pas cédé à l'obligation de consommer de la créatine trois fois par jour décrétée par le secrétaire général de la FIFA-Sepp Blater, Usain Bolt. On voit les conséquences aujourd'hui de ce manque de discernement. Quant à Maxwell Al Khelaïfi, le meilleur buteur de cette formation qatari avec deux penalties, il est retenu par l'After d'investiture du nouveau pape, François V, alias l'évêque de Troyes Jean-Marie Bigard (79 ans). Longue vie à lui.

Voilà, le match commence, et les 22 joueurs commencent à faire tourner le ballon... le ballon tourne, tourne... rendez-vous dans plus de deux heures pour les tirs aux buts".

mardi 14 janvier 2014

Salut les frustrés

Salut à tous,

Je ne vais pas redire ce que j'ai déjà dit il y a un an à la même époque, ici, mais une nouvelle fois le vote du Ballon d'Or a débouché sur un véritable scandale. Ribéry aurait du avoir le Ballon d'Or les mains dans les poches, limite en s'arrêtant de jouer en juin dernier : son palmarès - et celui de ses coéquipiers - aurait du lui suffire. Avant la récupération du trophée par la FIFA, maison des combines à gogo depuis des décennies, avant le recul du critère de la performance collective au profit de celui de la performance individuelle, avant l'ajout du vote des joueurs et des sélectionneurs, tout le monde avait sa chance. Il ne s'agissait pas d'élire le meilleur joueur du monde - même si ça tombait souvent sur lui, logiquement - mais le meilleur joueur sur l'année civile, celui qui avait à la fois le plus gagné de trophées avec ses équipes et le plus brillé individuellement. Un combo parfait qui symbolise ce qu'est et doit être le foot, peut-être plus que les autres sports co, où le collectif est encore plus important : un amalgame de talents individuels.

Ballon d'Or virtuel

A une époque, on est même allé un peu à l'excès dans ce domaine, en élisant forcément le meilleur joueur du vainqueur de la Coupe du Monde ou de l'Euro disputé dans l'année. Cannavaro, par exemple. Mais en même temps, ça signifiait pouvoir récompenser des défenseurs et un gardien, Yachine, ce qui est arrivé très rarement. Maintenant c'est fini, ça n'arrivera plus, c'est une certitude. La Ballon d'Or est devenu un succédané du défunt Soulier d'Or, un concours de buts, une sorte de cirque où celui qui réussira le meilleur numéro emportera la mise. J'ajoute la dimension 2.0 du phénomène : hier, certains experts évoquaient le nombre d'amis sur Facebook des trois candidats pour expliquer pourquoi Ribéry a fini troisième. Aujourd'hui c'est plus un concours de popularité, une élection Tweeter, qu'un véritable scrutin technique. A ce jeu là, Ribéry, moins glamour que Ronaldo en slip, moins médiatisé en tant que joueur d'un championnat moins suivi - à tort - que la Liga, ne pouvait pas gagner. Et ça va durer encore quelques années, le temps que Ronaldo passe les trente ans - l'an prochain - et que Messi confirme que son éclosion très précoce et les traitements qu'il a subit pour sortir du nanisme lors de son adolescence lui coûtera prématurément sa santé. Mais Ribéry a déjà 30 ans, lui. Et ceux qui affirment qu'il n'a qu'à gagner la Coupe du Monde pour les devancer en 2014 se trompent : on a la preuve désormais que gagner tous les trophées ne garantie rien. Et demandez aux Espagnols, jamais récompensés ces dernières années, si gagner des Mondiaux ou des Euros apportent automatiquement le Ballon d'Or...

L’Équipe type des déçus

Bref, Ribéry rejoint la grande famille des frustrés du Ballon d'Or, qui sont forcément nombreux. Des joueurs comme Henry, Beckham ou Raul, voire Maldini, des joueurs immenses, sans parler de ceux dont la non appartenance à l'Europe a privé d'élection, comme Maradona et Pelé, n'ont jamais pu inscrire leurs noms à un palmarès qui n'aurait pas dépareillé pour autant, vu le relatif anonymat de certains vainqueurs (Sivori, Belanov, Simonsen...). J'ai voulu donc constituer une équipe de ceux qui n'ont jamais eu le Ballon d'Or. Autant vous dire qu'au niveau gardiens et défenseurs, il y aura le choix. Pour les attaquants, en revanche... mais il y en a, on l'a vu.

Au poste de gardien, qui derrière le seul lauréat, Lev Yachine, unanimement reconnu comme le meilleur gardien de tous les temps même si personne, aujourd'hui, l'a vraiment vu jouer ? Pas évident, tellement il est difficile de juger les gardiens, et tant le niveau semble homogène. je veux dire, on peut compter les buts, les passes décisives, mais les arrêts, contrairement au hand, on ne les compte pas. Et pour cause, autant au hand les arrêts sont toujours difficiles et décisifs, autant c'est moins le cas au foot, ou tu peux aller du tir écrasé au duel en un-contre-un. On peut citer Buffon, pour son palmarès et sa durée, Dino Zoff aussi. Je dirais Buffon, quand même. Les défenseurs à présent.

Au poste de latéral droit, personne n'a jamais été sacré, ni à gauche d'ailleurs, seul cas de l'histoire, avec les milieux défensifs (si on excepte les Allemands Matthaus ou Sammer, qui jouaient plus haut ou plus bas à ce moment là). Latéral, c'est le poste que aucun jeune joueur ne veut occuper, jusqu'à ce qu'un entraîneur décide de les y placer parce qu'il en faut bien un. C'est toujours soit des défenseurs centraux déplacés (Thuram, Stam...) ou des ailiers reculés (Lizarazu). Du coup, les candidats sont rares. A droite, je vais voter Cafu, l'immense latéral droit brésilien qui a quand même disputé trois finales mondiales consécutives (94,
98, 2002) et remporté deux fois la Coupe du Monde, et joué jusqu'à 38 ans. A gauche, qui d'autre que Roberto Carlos ? Encore un Brésilien vous me direz. Oui, et ce n'est pas fini. Je vous rappelle que depuis l'internationalisation du Ballon d'Or, en 95, et avant l'OPA du duo Messi-Ronaldo qui commence à gonfler tout le monde, en 2008, les Brésiliens avaient remporté 5 trophées sur 13, performance que seul les Allemands des années 70 ont égalé (5 Ballons d'or entre 1970 et 1981). Ce n'est pas moi qui ait inventé le fait que le Brésil est le plus grand fournisseur en grands joueurs de l'Histoire du foot. Et puis Roberto Carlos a été dauphin de son compatriote Ronaldo en 2002.

Dans l'axe, je mettrais évidemment Maldini, puisque je l'ai pas mis à gauche, que sa présence dans cette équipe était obligatoire, et qu'il fut un immense central aussi. Qui avec lui ? Thuram ? Oui j'y ai pensé, mais il a vraiment brillé au niveau international au poste de latéral droit. Après, les meilleurs ont été sacrés, notamment Beckenbauer, l'inventeur du défenseur moderne. Qui alors ? Allez, je vais dire un autre Italien, Franco Baresi, presqu'oublié aujourd'hui mais qui fut dauphin de son compère Van Basten en 1989, et dont le palmarès avec Milan dépasse l'entendement.

Les milieux à présent. Je vais faire un 4-3-3, comme ça y en aura pour tout le monde, des défensifs, des offensifs... Tâche très très difficile. Aussi incroyable que ça puisse paraître, Deschamps n'a jamais été sur un podium. Pourtant, quel palmarès... allez, je le mets en 6. Ensuite, je dirais Xavi, qui aurait du avoir au moins le Ballon d'Or l'an passé pour son Euro parfait. Impossible de ne pas le mettre. Enfin, pour le troisième... allez, je vais tenter Beckham. Il est décrié pour son image publique qui a troublé son image sportive, mais il a été un joueur immense. Et les milieux offensifs jamais titrés ne sont pas nombreux. Schuster, Lampard ? Soyons sérieux. J'ai pensé à Giresse mais le fait qu'il n'ait jamais quitté la France me pose un problème. Allons-y pour Beckham. Pas mal comme milieu quand même non ?

En attaque, ça va être rapide. Étant entendu que Pelé et Maradona sont indiscutables, je mettrais Henry en troisième. Deuxième en 2003, troisième en 2006, mais aussi quatrième en 2001 et 2004, et même neuvième en 2002, sale année pour la France... c'est un des joueurs les plus réguliers de l'Histoire du trophée, si ce n'est le plus régulier. Difficile de dire quelle année il aurait pu l'emporter mais, comme Maldini, il a toujours été dans le coup pour le podium, sans jamais réussir à devenir incontournable pour l'avoir.

Voilà, n'hésitez pas à donner votre avis sur mon équipe ! Vous ne serez forcément pas d'accord avec, alors j'attends vos idées !

A plus tard.