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jeudi 23 juin 2016

Place aux huitièmes !

Salut à tous,

Voilà le premier tour s'est terminé hier soir, en nous donnant enfin quelques émotions, du moins dans le groupe F, avec notamment la qualification surprise de l'Islande et le match fou - et riche en but, enfin ! - entre la Hongrie et le Portugal. Avant le début des huitièmes de finale, samedi, on va faire un petit bilan de ces 36 premiers matches. Il n'en reste plus que 15, déjà...

Un désert de buts

D'abord, revenons rapidement sur ce qui, selon moi, caractérise vraiment cette 15e édition de l'Euro : le nombre absolument lamentable de buts. On en est à 69 buts en 36, soit 1,92 par rencontre, un but toutes les 46 minutes environ. Moins d'un but par mi-temps ! Vous allez me dire que c'est ma marotte et que ça reste un détail, mais pas du tout : parmi les 14 anciennes éditions, seuls les Euros 1968 (1,4), 1980 (1,93) - les deux se déroulant en Italie, étrangement - et 1996 (2,06) s'étaient approchés de nos chiffres actuels (1,92). Mais le premier ne comportait que 4 matches, le deuxième, 14, et le troisième, 31, des diviseurs moins représentatifs. Là, on est déjà à 36 matches, et hormis hier à Lyon, donc, on n'a pas eu droit à un seul match échevelé entre deux équipes offensives, qui osent mettre un peu de côté l'obsession du bloc équipe et de la défense à outrance. Ça a sûrement choqué les adeptes d'Aimé Jacquet et de Mourinho, c'est peut-être logique que ce genre d'évènements se raréfient à l'approche des sommets, mais ça fait du bien quand même. Parce que le foot, ça reste les buts et non l'absence de buts, désolé. Personne ne va au stade en rêvant d'un duel tactique entre deux équipes bien en place.

Lors de ces troisièmes matches de poule, on a ainsi une nouvelle fois touché le fond, avec 22 buts (1,83), comme lors de la première journée. Hier soir, pour la conclusion du trépidant groupe E (10 buts en 6 matches, seul le groupe C, celui de l'Allemagne, fait pire, avec 7 buts), on a failli avoir droit à deux 0-0 pour conclure. Les 0-0 qui sont finalement assez nombreux (4, soit 11,1 %) mais qui sont devancés par les 1-1 (5), les 2-1 et les 2-0 (6) et surtout les 1-0, évidemment (10, soit 27,8 %). 69 % de matches à deux buts ou moins... on s'est régalé, avouez le. Résultat, la moitié des équipes engagées ont marqué moins de 3 buts, trois d'entre elles - toutes éliminées, dieu merci - n'ont marqué qu'une fois, et l'Ukraine, elle, n'y est jamais parvenu. Qualifiée de justesse lors des barrages, elle restera l'anonyme de cet Euro.

Les buts qui ont du mal à survenir avant la 30e minute (15,9 %), plutôt lors des quarts d'heure avant et après la pause (39,1 %) et évidemment en fin de match (28,9 %). Il vaut donc mieux être patient dans cet Euro...

Les Britanniques en force

Ils étaient déjà nombreux - 4, sur 5 au total - et les pays des iles Britanniques, dont certains étaient pourtant peu habitués à ce genre d'évènements, ont justifié leur présence en masse en se qualifiant toutes pour les huitièmes de finale. Au point que deux d'entre elles, qui disputent pourtant leur premier Euro, à savoir l'Irlande du Nord et le Pays de Galles, s'affronteront samedi au Parc des Princes pour une place en quart de finale ! Les Nord-Irlandais qui se qualifient d'extrême justesse, puisque ce sont les seuls des 16 qualifiés à passer ce tour avec 2 défaites au compteur... et les seuls, avec le Portugal, à n'avoir récolté que 3 points lors de ce premier tour. Merci au merveilleux et si lumineux système des 4 meilleurs 3es... vivement le prochain Euro.

Si ce passage à 24 équipes a permis, logiquement, d'ouvrir la porte à de nombreuses nouvelles nations, qui se sont d'ailleurs toutes bien comportées, si ce n'est au niveau du jeu, puisqu'elles ont quasiment toutes passé leur temps dans les 16 mètres à défendre en attente d'un contre, au moins au niveau des résultats, 3 des 4 bizuts ayant passé le cut (Irlande du Nord, Pays de Galles et Islande, seule l'Albanie restant à quai), il aura surtout permis aux grosses équipes d'éviter une élimination précoce. Le passage à six poules leur a évité de s'affronter prématurément, déjà, et la qualification de 16 équipes sur 24 leur a évité de trop suer pour passer au tour suivant, notamment le Portugal, troisième de sa poule derrière les terribles Hongrois et Islandais (!) et sans gagner le moindre match... du coup, tous les gros sont là.

Je dirais même plus : hormis ces mêmes lusitaniens, qui sont récompensés de leur "splendide" parcours en se retrouvant dans la partie de tableau la plus favorable, et de loin, avec pour seuls écueils leur prochain adversaire croate - la meilleure équipe de ce premier tour, selon moi, ce qui ne lui garantie rien - peut-être les Gallois de Bale en quart et éventuellement la Belgique, en demi-finale, tous les gros se retrouvent du m^me côté. La France, l'Espagne et l'Italie, qui elles se sont qualifiées avant même leur troisième match, se retrouve coincées ensemble dans le même tableau, en compagnie de l'Allemagne et de l'Angleterre... le charme des tableaux pré établis. On aura donc un finaliste surprise, face à un survivant, probablement un très gros mais qui aura du batailler pour arriver au Stade de France.

Le Real Madrid bien représenté, pas la Ligue 1

On l'a vu, on a peu de buts mais on a quand même des buteurs en forme, avec déjà deux joueurs à 3 buts - Bale et Morata - suivis de 7 joueurs à 2 buts - Lukaku, Perisic, Payet, Dzsudzsak, Ronaldo, Nani et Stancu. Par clubs, le champion d'Europe, dont la victoire en C1, aidée par un parcours clément et une victoire heureuse aux tirs aux buts, justifie pourtant pleinement son rang, puisque ses pensionnaires ont déjà inscrit 7 buts, sachant qu'il manque Benzema dans le lot. Suivent trois équipes à 3 buts, l'Inter Milan et... deux équipes turques, le Fenerbahce et Bursaspor, 11e de son championnat ! Le premier profite des deux buts du Portugais Nani, et l'autre de ceux du Hongrois Dzsudzsak et de celui du Tchèque Necid. La Toto Super Lig qui se comporte particulièrement bien, puisqu'elle se classe 4e des championnats les plus représentés, avec 9 buts, soit plus que l'Allemagne (6) et derrière l'Angleterre (17), l'Espagne (12) et l'Italie (10) !

Et le championnat de France me direz vous ? Rien, nada. Malgré 22 représentants - dont 5 gardiens -, soit le 8e contingent du lot, aucun d'entre eux n'a réussi à marquer. Ibrahimovic et Sigthorsson, malgré un temps de jeu conséquent, sont resté muets, tandis que Grosicki, Eder et surtout Batshuayi ont très peu joué... le seul joueur de Ligue 1 ayant brillé, finalement, c'est Subasic, le gardien croate, qui a stoppé le penalty de Ramos contre l'Espagne... malgré tout tout n'est pas perdu, ils sont encore 18 qualifiés pour les 8es, dont 5 gardiens, encore. A noter que dans le même temps, les championnats russes (3), suisses (2), écossais, hongrois, néerlandais, tchèques, suédois, et même chinois et qataris sont représentés dans le classement... il serait temps de rapidement réparer cette anomalie. Si c'en est bien une...

Bonne nouvelle, on a également deux passeurs à 2 unités, Hazard (Belgique) et Ramsey (Galles). L'Euro est pauvre en buts, mais le taux de buts sur passes décisives dans le jeu est très élevé (71,6 %), ce qui est un gage de qualité de jeu. Si on cumule buts et passes, Bale et Morata sont rejoints en tête des joueurs les plus décisifs par Payet, Perisic, Ronaldo (2+1) et Ramsey (1+2). Par équipe, la Croatie, l'Espagne (5+4) et le Pays de Galles (6+3) sont les équipes qui se comportent le mieux, devant la Belgique, la France et le Portugal (4+4).

Voilà, espérons que les matches à éliminations directes se montreront plus ébouriffants, mais ce n'est pas la tendance des derniers grands tournois (2,2 buts en 2014, 2,14 à l'Euro 2012...). En tous cas sur le papier ils sont alléchants. A plus tard !

lundi 6 juin 2016

A l'heure de l'Euro

Salut à tous,

A quatre jours du début de l'Euro, et si on se lançait dans un petit briefing de ce qui nous attends en ce mois de juin lumineux et apaisé ?

Le nivellement par le bas

Tout d'abord, on peut constater que grâce à Michel Platini, qui a permit à quasiment un pays européen sur deux de se qualifier sur l'Euro (24 sur 54...), on va pouvoir savourer quelques belles affiches qui ne nous auraient, d'ordinaire, pas vraiment mobilisé pour les regarder à la base : Albanie-Roumanie, Slovaquie-Pays de Galles, Irlande du Nord-Pologne, Islande-Hongrie... des "affiches" entre troisièmes couteaux européens qui vont certes pouvoir prendre un peu d'expérience, mais dont la présence me fait sérieusement douter du niveau général de cet Euro. Le championnat d'Europe qu'on prétend souvent de meilleur niveau que la Coupe du Monde, à tort à mon avis, ben là c'est sûr, ça va vraiment être moins bien.

Ce genre d'affiches, d'ailleurs, vont plus souvent se répéter que ce qu'on pourrait appeler des "chocs" : à part Belgique-Italie dans le groupe E, je n'en vois aucun. Et encore, l'émergence de la Belgique est très récente, puisqu'elle n'avait plus participé à l'Euro depuis
qu'elle l'avait organisé avec les Pays-bas en 2000... en revanche, je me rappelle qu'on s'était un peu plus régalé en termes de gros matches au premier tour en 2012 : Allemagne, Portugal et Pays-Bas dans le groupe B, Espagne-Italie dans le C, Angleterre-France dans le D... ça avait une autre tronche. Merci Platoche, et bonne retraite.

Le pire, c'est que ce vaste élargissement va certes permettre à 4 pays de disputer leur 1er Euro (Galles, Irlande du Nord, Albanie et Islande), et même pour les deux derniers leur tout premier  tournoi, mais ça n'a même pas garanti à la compétition de pouvoir compter sur tous ses habitués, dont des anciens vainqueurs, les Pays-bas, le Danemark ou la Grèce, mais aussi la Serbie, l’Écosse, seule équipe des iles britanniques à ne pas avoir passé le cut... Bref, le résultat de cette réforme a certes grandement aidé Platini à se faire élire et réélire à la tête de l'UEFA grâce aux votes des petites pays, mais pas vraiment à nous promettre un mois de football de haute volée.

Et je ne vous parle pas de la conséquence directe de cet agrandissement de 16 à 24 : les 4 meilleurs troisièmes se qualifieront - ce qui permettra à des équipes ayant perdu deux fois de se qualifier avec un seul succès... - et seront versés en huitièmes selon une méthode complètement incompréhensible, quand avant les deux premiers se qualifiaient, point. Attention aux migraines, prévoyez de l'aspirine.

En même temps on risque fort de voire des buts, ce qui reste l'essentiel en football. Mais le nombre de buts ne mesure pas le niveau d'une compétition : le championnat européen le plus riche en buts est le Luxembourg (3,32), devant Malte (3,19).

La France faussement à l'abri

Commençons par le groupe A, celui de la France, et qui ne nous fait tellement pas rêver qu'il nous donne l'impression d'une formalité. Roumanie, Albanie, Suisse... ça ressemble à un groupe de qualifications - c'est le cas de toutes les poules - mais non, c'est bien une poule d'Euro. Il sera donc apparemment facile de battre à Saint-Denis la Roumanie, qui n'a encaissé que 2 buts en 10 matches éliminatoires, soit le meilleur chiffre tous groupes confondus. Alors certes, face aux terribles attaquants de l'Irlande du Nord, vainqueur du groupe, de la Hongrie, de la Finlande, des Iles Féroé et de la Grèce, bonne dernière (!), c'est une performance à relativiser, surtout qu'en trois matches préparatoires elle en a déjà encaissé 6 en 3 rencontres, dont 4 contre l'Ukraine (3-4). Mais vu qu' elle en marqué 9 dans le même temps... au final, cette équipe, menée par le jeune milieu offensif du Steaua Stanciu (23 ans, 5 sélections, 4 buts) ou l'ancien Nantais Keserü ne paie pas de mine mais les hommes de Deschamps auraient torts de se croire à l'abri.

Même chose pour l'Albanie, totalement bizut à ce niveau, et qui ne compte pour ainsi dire aucun joueur véritablement marquant. Son capitaine Lorik Cana, bientôt 33 ans, pourrait être celui là mais il sort d'une saison compliquée à Nantes. Attention tout de même à Armando Sadiku, auteur de 12 buts avec le FC Zürich et Vaduz en championnat de Suisse... plus sérieusement, les Bleus faisaient moins les malins il y a un an, lorsqu'ils concédaient une défaite assez honteuse à Elbasan (1-0), la seule de leur Histoire face à cet adversaire, qui les avait déjà tenu en échec à l'aller, en novembre 2014 à Rennes (1-1)... une chose est sure, il faudra faire mieux.

Enfin, notre plus sérieux adversaire, à priori, se nomme la Suisse. Un adversaire que nous avions certes éparpillé façon puzzle au dernier Mondial (5-2), un évènement qui se répète souvent puisque depuis juin 2004 et un premier duel déjà en notre faveur (3-1), les deux équipes se sont affrontées deux fois en Coupe du Monde (2006 et 2014) ainsi que lors des éliminatoires pour le Mondial allemand. Hormis ces deux succès déjà évoqués, les Helvètes nous ont souvent tenu en échec, deux fois lors de ces fameux éliminatoires, mais aussi en Allemagne, en 2006 (0-0). Alors certes, la Suisse ne nous a plus battu depuis un match amical en 1992 (2-1) mais elle s'est aisément qualifiée pour cet Euro, deuxième derrière une Angleterre impériale mais avec une nette avance sur la Slovénie et avec 24 buts inscrits en 10 matches, seuls les Polonais (33) et les Anglais (31) ont fait mieux. Alors attention à cette jeune équipe, emmenée par quelques talents comme Dzemaili, Xhaka, Shaqiri, Mehmedi ou Embolo...

Je ne dis pas que dans un système où vous avez deux chances sur 3 de vous qualifier la France est en danger, mais ne pas finir premier de cette poule pourrait lui poser des problèmes ensuite...

Les Gallois défient l'Angleterre

Le groupe B n'est certes pas d'un chic fo, mais paraît être un des plus relevés. L'Angleterre, meilleure équipe des éliminatoires avec un 10 sur 10 et 31 buts marqués pour seulement 3 encaissés, font figures de favoris. Alors oui, comme souvent depuis l'arrêt Bosman, rares sont ses éléments étant titulaires dans les meilleurs clubs du pays (Hart à City, Cahill à Cheslea, Carrick et Rooney à Manchester, Wilshere à Arsenal...), mais plutôt chez des "seconds couteaux" (Alli et Kane à Tottenham, Clyne, Lallana, Milner, Sturridge et Barkley à Liverpool, Vardy et Drinkwater à Leicester...). Mais sur le papier le talent est là, et le duel, samedi à Marseille avec la Russie, deuxième dans son groupe derrière l'Autriche mais devant la Suède) s'annonce être le seul écueil sur leur route pour les huitièmes. Les deux équipes qui ne se sont affrontées que deux fois, lors des éliminatoires de l'Euro 2008, avec à la clé une victoire chacun... mais les Russes peuvent compter sur une grosse génération qui brille souvent en Ligue des Champions, notamment Shatov et le buteur Dzyuba (27 ans, 1m94, 88 kilos), auteur de 30 buts cette saisons dont 6 en C1 et 7 en sélection. Un poète.

Derrière ce beau monde, deux outsiders à ne pas négliger. La Slovaquie n'est désormais plus le parent pauvre de l'ancienne Tchécoslovaquie, elle a prouvé, avec son 8e de finale lors du Mondial 2010, ainsi que lors des éliminatoires, où elle n'a terminé qu'à 5 points du leader espagnol et devant l'Ukraine, qu'elle était désormais plus que compétitive, au moins autant que les Tchèques. Son milieu offensif, Valdimir Weiss, a ainsi terminé deuxième passeur des éliminatoires, avec 6 unités. Peu de grands noms, si ce n'est Skrtel (Liverpool) mais un groupe solide. Enfin, que dire du Pays de Galles ? Qualifié directement derrière la Belgique et devant la Bosnie, il est une des grandes surprises du plateau. Hormis Gareth Bale, aucun joueur de renom, si ce n'est Ramsey (Arsenal) et Williams (Swansea)... composée de beaucoup de joueurs évoluant dans les divisions inférieures en Angleterre, l'équipe de Chris Coleman jouera son gros match - et pourquoi pas sa qualification - contre le grand ennemi anglais, le 16 à Lens. Le Pays de Galles n'a plus battu son voisin depuis 1984, et a concédé contre celui-ci 66 défaites pour 14 succès en 101 matches...

L'Allemagne grande favorite

Au sein du groupe C, derrière l'Allemagne championne du monde, qu'on imagine mal trébucher, on retrouve les deux co organisateurs du dernier Euro, la Pologne et l'Ukraine. Là encore, chez ces deux équipes, rien de génial mais du solide. Mais elles ne sont pas dénuées de talent : Lewandowski sera certes moins bien entouré qu'au Bayern, mais tous les espoirs de son pays reposeront sur lui qui a marqué 44 fois cette saison, dont 9 en C1, et qui a terminé en tête des buteurs lors des éliminatoires avec 13 buts en 10 matches ! La question est, est-ce que Grosicki, Wszolek ou Milik vont réussir à le mettre dans de bonnes conditions... chez les Ukrainiens, c'est un peu l'inverse. Particulièrement bien outillés sur les côtés, avec le duo Yarmolenko-Konoplyanka pour marquer mais aussi pour servir, les hommes de Fomenko le sont beaucoup moins en pointe, avec aucun joueur de calibre international. Troisième de son groupe de qualification derrière l'Espagne et la Slovaquie, elle a du s'arracher pour sortir la Slovénie lors des barrages (2-0, 1-1).

Pour l'Allemagne en revanche, même si l'absence de Marco Reus, comme au Brésil, posera un problème, le talent est partout. En défense (Neuer, Hummels, Boateng...), au milieu (Götze, Kroos, Özil...) et bien sûr en attaque, avec Müller ou Gomez. Alors oui, la Mannschaft n'a pas brillé depuis son sacre brésilien : qualification pas si aisée malgré la première place devant la Pologne, déjà, avec 2 défaites à la clé, en Pologne (2-0) et en Irlande (1-0), qui l'avait tenue en échec à l'aller (1-1) mais aussi une récente face à la Slovaquie, en amical (1-3). Pour se qualifier ça devrait le faire, ensuite...

Dernier membre du quatuor, l'Irlande du Nord risque fort de compter les points et d'arbitrer tout ça. Elle qui joue son premier Euro et qui n'avait plus disputé de grand tournoi depuis sa troisième et dernière Coupe du Monde, en 1986, l'Ulster ne compte, on peut le dire, sur aucun joueur connu dans son effectif, si ce n'est Jonny Evans (WBA) ou Steven Davis (Southampton). Une équipe évidemment riche en joueurs évoluant en Angleterre, dans différentes divisions, ou en Écosse, pour le buteur Josh Magennis (10 buts avec Kilmarnock). Alors oui, cette formation a terminé devant la Roumanie et la Hongrie en éliminatoires... mais c'est une des plus grosses cotes du tournoi. Et une garantie de belle ambiance dans les stades.

L'Espagne tient à son double titre

Comme l'Allemagne, la Roja, double tenante du titre, semble à l'abri de toute mésaventure dans le groupe D. Alors c'est vrai que la Croatie, la Turquie et la République Tchèque ne manquent pas de talent. Mais les premiers ne l'ont battue qu'une fois en 5 confrontations, la première, en 1994, même chose pour les Turcs dont l'unique succès face à l'Espagne remonte à 1954, quand les Tchèques, leur premier adversaire le 13 à Toulouse, n'ont encore jamais réussi cet exploit, en 4 duels... les hommes de Del Bosque qui restent certes sur un très gros échec au Brésil, mais qui n'ont pas tremblé en qualifications, avec 9 succès et un nul, et 3 buts encaissés, et comptent dans leurs rangs des éléments expérimentés (Casillas, Piqué, Ramos, Busquets, Fabregas, Iniesta, Silva...) mais aussi une nouvelle génération enthousiasmante, à l'image d'Isco, Koke, Morata ou Nolito, qui ont mis dehors le mythique Fernando Torres, buteur lors des deux dernières finales de l'Euro. Le seul point faible de cette équipe semble son gardien, si Casillas est conservé comme titulaire après sa saison médiocre avec Porto.

Les trois autres membres de ce groupe C semblent en revanche assez proches. La Croatie parait malgré tout au dessous, si l'on observe son effectif classieux : Subasic, Kovacic, Modric, Rakitic, Perisic, Kalinic, Mandzukic... de quoi pratiquer un football très chic. Seule la défense paraît en dessous chez cette équipe qui s'est qualifiée de justesse, derrière l'Italie et avec un petit point d'avance sur la Norvège. Les Turcs et les Tchèques, eux, se connaissent très bien, puisqu'ils figuraient dans le même groupe. Les seconds l'avaient emporté, devant l'Islande, tandis que la Turquie s'était qualifiée en tant que meilleur troisième grâce à un but in extremis de Selcuk Inan contre l'Islande (1-0). Lors de leurs deux confrontations, les deux équipes s'étaient toutes deux imposées à l'extérieur (1-2 en Turquie, 0-2 en République Tchèque un an plus tard). Les retrouvailles, le 21 à Lens, devraient être intéressantes. Les Slaves qui pourront compter sur un effectif expérimenté, voire vieillissant (Kadlec, Hubnik, Sivok, Plasil, Rosicky, Lafata...), malgré quelques belles promesses, notamment Krejci (23 ans), le passeur du Sparta Prague. Chez les Turcs, qui se sont privés de Erding, le plus grand talent se nomme Calhanoglu, le tireur de coup-francs de Leverkusen. Il faudra aussi surveiller l'ancien buteur de Galatasaray, désormais exilé en Chine, Burak Yilmaz, et aussi plusieurs joueurs de grande valeur comme Can (Liverpool).

Le duel belgo-italien

Si les derniers matches - peut-être - disputés par Zlatan Ibrahimovic sur le seul français, avec sa sélection de Suède, seront très certainement scrutés à la loupe, le sel du groupe E sera également dans le duel entre deux nations majeures du football européen, la Belgique et l'Italie. Certes, la Belgique, quart de finaliste du dernier mondial, ne s'était plus qualifiée sur le terrain pour un Euro depuis 1984, organisé en France également, et l'Italie est privée de plusieurs joueurs d'importance, notamment Verratti ou Montolivo, mais il s'agira tout de même d'un duel entre le 1er et le 7e pays européen au classement FIFA, qui restent sur deux victoires chacune lors de leurs quatre derniers affrontements. Finaliste de la dernière édition, l'Italie, qui reste également sur un échec au 1er tour au Brésil, est diminuée, et devra jouer un grand tournoi sans Pirlo pour la première fois depuis le Mondial 2002, mais c'est généralement dans cette position de relative faiblesse, quand on ne l'attend pas, qu'elle est la plus efficace. Et si elle manque encore d'un buteur implacable comme elle en a eu souvent dans sa riche histoire, la Squadra Azzura n'est pas pour autant démunie : El Shaarawy, Immobile, Pellé ou Zaza savent marquer des buts. Et Chiellini, Barzagli et Bonucci, devant Buffon (38 ans), savent particulièrement bien défendre.

Et que dire de la Belgique, riche d'une génération comme elle en a peut-être jamais connue ? Finaliste en 1980 en Italie contre la RFA (1-2), elle semble peut-être un peu lourde derrière, avec Alderweireld ou Vertonghen, et en l'absence de son capitaine, Kompany, mais son milieu et son attaque sont peut-être sans équivalents sur le plateau. Benteke, Lukaku ou Batshuayi, ce n'est pas mal pour choisir une pointe, qui se régalera peut-être des accélérations et des offrandes de Ferreira Carrasco, Hazard, Mertens, De Bruyne... sans parler de la présence physique de Fellaini et Witsel à la récupération et dans les deux surfaces ! Bref, si elle n'a pas brillé lors de ses matches amicaux, elle n'a pas tremblé dans son groupe de qualifications, qu'elle a remporté devant les Gallois et les Bosniens sans coups férir. Elle fait aujourd'hui partie des vrais favoris d'un tournoi qui se déroule à ses portes.

Ces deux équipes devront cependant se défaire de deux équipes piégeuses, et c'est peut-être ce qui fait de ce groupe le plus relevé, peut-être. La Suède d'Ibra bien sûr, le grand Zlatan semble seul dans cette équipe, qualifiée péniblement lors des barrages face au voisin danois (2-1, 2-2), après avoir terminé derrière l'Autriche et la Russie, mais c'est relativement trompeur : Guidetti, Larsson, Kujovic ou Ekdal sont moins connus que le désormais ex Parisien, mais il ne manquent pas de ballon. Quant aux Irlandais, troisièmes de leur groupe derrière l'Allemagne et la Pologne et devant l’Écosse, et également passés par les barrages contre la Bosnie (1-1, 2-0), elle ne compte elle aussi qu'une seule star, le vieillissant Robbie Keane (35 ans), toujours redoutable avec les Los Angeles Galaxy. Mais le latéral droit Coleman ou les ailiers McClean et McGeady seront à surveiller.

Le Portugal devra gérer l'Autriche-Hongrie

Encore une équipe dont le porte étendard semble éclipser le reste de son équipe. Le Portugal sans Ronaldo serait-il à cet Euro ? Et si oui, en serait-il un des favoris ? Très peu probable. Si Pepe, Moutinho ou Quaresma ne sont pas des inconnus, cette équipe, assez jeune, semble aussi en retrait sur le plan des individualités que prometteuse. Qualifiée devant l'Albanie, le Danemark et la Serbie, avec 7 succès et une défaite, la sélection lusitanienne s'est inclinée deux fois lors de ses duels avec la France (2-1, 1-0), et n'a marqué que 11 fois en 8 matches, dont 5 pour le buteur madrilène. Si ce dernier, comme souvent lors des grands tournois, ne brille pas et ne porte pas son équipe, elle aura du mal à exister. Même si l'opposition dans ce groupe F semble peu encline à lui barrer la route.

Que ce soit l'Autriche, la Hongrie ou l'Islande, aucune de ces 3 nations n'a jamais passé un 1er tour lors d'un Euro avec poules. Ce sera donc une première pour une ou deux de ces équipes... les deux premières, au passé commun riche et mouvementé, se sont très souvent affrontées, avec un net avantage pour les seconds, grâce à leur génération fabuleuse des années 50 (66 succès contre 40). Et l'Autriche n'a plus battu sa voisine depuis 1996, en trois matches. Elles ne se sont d'ailleurs plus rencontrées depuis 2006... la Mannschaft, aisément qualifiée devant la Russie et la Suède, qui peut compter sur de bonnes sélections de jeunes depuis plusieurs années, et quelques joueurs remarquables comme Alaba, Fuchs, champion d'Angleterre avec Leicester, Harnik, Arnautovic ou Janko. La Hongrie semble plus en retrait niveau individualités, elle qu'on n'a plus vu lors d'un Euro depuis 1972 et lors d'un Mondial depuis 30 ans. Dominée par l'Irlande du Nord et la Roumanie dans son groupe, elle a d'ailleurs du écarter la Norvège en la battant deux fois (1-0, 2-1) pour rejoindre la France. On a beau chercher dans son effectif, difficile de trouver un joueur notable pour porter son équipe plus haut, mais qui sait ?

Ce n'est cependant pas le cas de l'Islande, quatrième larron de ce groupe et évidemment bizut dans un grand tournoi. Dotée de la meilleure génération de son Histoire depuis plusieurs années maintenant, elle peut compter sur plusieurs joueurs évoluant notamment en Angleterre (Sigurdsson), en Suisse (Bjarnason), en France (Sigthorsson), en Allemagne (Finnbogason)... et pas forcément pour cirer le banc. Deuxième de son groupe derrière la République Tchèque et devant la Turquie et les Pays-bas, excusez du peu, la formation scandinave a notamment battu deux fois les Bataves (2-0, 1-0), troisièmes du dernier Mondial. Si on cherche une surprise possible dans cet Euro, mettons une petite pièce sur ces Islandais qui n'auront rien à perdre et tout à gagner.

Voilà, sur ce à plus tard !

lundi 26 novembre 2012

Les buts étrangers en Europe


Salut à tous,

Comme vous le savez, j'apprécie particulièrement de découper le football en tranches grâce aux chiffres, le seul moyen totalement objectif, a priori, pour décortiquer quelque chose, et notamment un sport. Un chiffre n'a pas de club préféré, pas d'a priori, pas de fatigue oculaire, pas d'"impression visuelle"... le chiffre ne dit pas tout, mais il ne peut pas se tromper. C'est mathématique. Seul celui qui les manipule peut le faire.

Ce soir, je voudrais revenir sur la saison dernière, à travers un prisme qui, selon moi, en dis beaucoup sur le niveau, la culture et le visage de chacun des cinq grands championnats : le nombre et la nature des buts marqués par les étrangers dans leur compétition respective. Vous allez voir, c'est extrêmement parlant.

L'Afrique reine en France, ignorée en Italie

Parlons d'abord de la Ligue 1, qui se démarque par rapport à celui de ses voisins sur un point sur lequel je reviens souvent ici : l'importance des buts africains qui le caractérise, phénomène qui est complètement absent dans les quatre autres championnats. L'Afrique est
devancée par l'Europe en Allemagne et en Angleterre, et par l'Amérique du Sud et l'Europe dans les pays latins, l'Espagne et l'Italie. L'Amérique du Sud, deuxième en France, est troisième dans les pays anglo-saxons cités plus haut, et première chez les latins. Ceci présenté, on assiste déjà à la singularité de la Ligue 1 : l'an passé, il y avait 11 pays africains dans les 15 pays les plus représentés dans son classement des buteurs, contre 3 sur 17 en Allemagne, 4 sur 15 en Angleterre et en Espagne, et un seul dans les 23 premiers en Italie. En revanche, s'il n'y avait qu'un seul européen dans les 12 premiers en Ligue 1, il y en avait 11 sur 17 en Allemagne et 13 sur 20 en Angleterre. Il y avait également deux sud-américains dans les 20 premiers en France, 2 sur 19 en Allemagne, 1 sur 18 en Angleterre, contre 7 sur 12 en Espagne et 5 sur 7 en Italie !

Un petit crochet sur le taux de buts étrangers dans ces 5 pays : la France fermait la marche avec 47,8 %, derrière les deux latins, l'Espagne (50,6) et l'Italie (51,5), quand l'Allemagne (58,6) et l'Angleterre (64,9) voient une nette majorité de buteurs étrangers briller sur leurs pelouses. Difficile d'expliquer ce phénomène, une meilleure santé financière peut-être, mais c'est comme ça. En tous cas là encore, on note une fracture entre les meilleurs championnats du nord et ceux du sud, la France, malgré son originalité et ses racines latines, semblant plutôt emprunter le chemin de ceux du nord pour l'instant.

L'Argentine, évidemment

Si on additionne les buts étrangers de ces cinq grands championnats, l'Argentine l'emporte très largement : 363 buts, contre 199 pour le Brésil, son dauphin, qui devance les Pays-Bas (112) et... la France (103). Cette dernière réussit donc l'exploit d'être extrêmement bien classée alors qu'elle n'est logiquement pas représentée dans son propre championnat, comme l'Espagne, 11e avec 59 buts, l'Allemagne, 34e avec 23 buts, l'Italie, 38e avec 22 buts, et l'Angleterre, 70e avec... 4 buts, tous inscrits par le Lillois Joe Cole en Ligue 1 ! La France qui est 14e en Allemagne (13 buts), 7e en Angleterre (38), 4e en Espagne (38 également) et 9e en Italie (14). Dans le même temps, les Argentins sont 2e en France (45), comme cette saison d'ailleurs, seulement 45e en Allemagne avec 1 petit but, 2e en Angleterre (47) et largement première dans les deux championnats latins, avec 122 en Espagne (Messi oblige...) et... 148 en Italie ! La filiation entre l'Italie et l'Argentine, qui parle déjà dans les patronymes argentins, est très forte depuis un petit moment. Tout comme avec l'Uruguay.

Dans ce classement général, on notera que le Sénégal fait mieux contre le Portugal de
Ronaldo (90 contre 89 buts), les Lions étant très présents en France (28) mais aussi en Angleterre (33), alors que le Portugal ne brille quasiment qu'en Espagne (69). On note aussi les contre-performances de pays habituellement habitués à être pillés par les grands championnats, la Serbie (35), la République Tchèque (26), la Roumanie (21), la Bulgarie (16) ou la Russie qui, avec 10 petits buts, est coincée entre le Kenya (11) et la Slovénie (9). En revanche, belles performances de pays moins attendus comme l'Autriche, très présente en Allemagne évidemment (36 sur 41), le Japon, également brillante outre Rhin (24 sur 30), le Mexique (29) ou Israel (24), nouvelles cibles des recruteurs européens.

L'Allemagne européenne, l'Italie argentine

Allons par pays à présent. On a vu la Ligue 1, passons à l'Allemagne. Quatre pays européens monopolisent les quatre premières places (Pays-Bas, 51, Pologne, 38, Autriche, 36, Croatie, 35). Soit un recrutement très local, a priori. Les Européens avaient d'ailleurs marqué 330 des 513 buts européens, soit plus de 64 %, le plus gros taux des cinq championnats, devant l'Angleterre (62). La Bundesliga qui n'hésite pas à s'ouvrir pourtant au football asiatique, avec le Japon, 7e pays le plus représenté (24), la Corée du Sud (18e avec 10 buts) et l'Iran (3 buts). Si le Brésil est en difficulté à la 8e place (il est 21e en Angleterre, mais premier en France, 3e en Espagne et en Italie), l'Argentine, je l'ai dit, est quasi inexistante (1 but). En revanche, le Pérou de Pizarro, lui, est très bien placé (5e avec 28 buts), une autre tradition allemande.

Du côté anglais, là aussi les Européens sont très présents, mais doivent quand même laisser la 2e place à l'Argentine (47, comme les Pays-Bas) et au Nigeria, 5e (41). La surprise provient du vainqueur en Angleterre : l'Irlande (52 buts), qui est totalement absente des quatre autres championnats ! C'est d'ailleurs une autre caractéristique du football anglais, qui ne date d'ailleurs pas d'hier et qui a bien résisté à la folle mondialisation qui a frappé l'Angleterre, comme ses voisins : les quatre autres sujets du Royaume y marquent leurs seuls buts, à l'image de l'Irlande, donc, mais aussi l’Écosse (4e avec 46 buts), le Pays de Galles (5e avec 41) et l'Irlande du Nord (5). Ces quatre pays n'ont marqué qu'en Angleterre, un cas quasi unique, avec les 16 buts de l'Islande, également en Angleterre, ou les 22 buts gabonais et les 18 Burkinabé en Ligue 1 A noter également que les Italiens y signent leur meilleur total (13 sur 22), tout comme les Espagnols (35 sur 59) et même la France (38 sur 103, comme en Espagne). Signe que la Premier League est peut-être au-dessus des autres, c'est la seule où les ressortissants des quatre autres grands championnats y brillent, hormis l'Allemagne (3).

Passons à l'Espagne. Logiquement, les chiffres stratosphérique de Messi (50) et Ronaldo (46), uniques en Europe, influent sur le classement des pays, dominés par l'Argentine (122) et le Portugal (69). La France de Benzema y signe son meilleur classement (4e avec 38 buts), derrière le Brésil (55). Parmi les 5 pays sud-américains présents dans les 7 premiers, notons l'étonnante 6e place du Venezuela, qui marque autant que la Colombie de Falcao (26) ! Les Mexicains y sont également très présents (17 buts). Enfin, la Liga est le championnat où le moins de pays étrangers sont représentés : 30 l'an dernier, contre 38 en France, 39 en Angleterre, 52 en Allemagne et 53 en Angleterre. Les 531 buts étrangers marqués en Liga sont donc concentrés chez les trois premiers (246, soit 46,3 %, contre 31 en Ligue 1, 24,4 en Allemagne, 21 en Angleterre et... 49 en Italie).

La Serie A qui ressemble donc pas mal à la Liga, avec cependant une plus grande importance des buts argentins, on l'a vu (148), qui domine nettement son dauphin et voisin, l'Uruguay (50), et le Brésil (47). Un trio sud-américain, donc, qui ne laissait que 30 buts au quatrième, la Suède d'Ibrahimovic, qui brillait au Milan AC l'an dernier (28 buts). Le Chili (25 buts, 5e) et la Colombie (18 buts, 7e) complètent le quintet des 5 sud-américains dans les 7 premiers, comme en Espagne. Bon classement également du Monténégro (22 buts, 6e). Le niveau très très faible des buts africains choque un peu (19 buts, dont 11 pour le Ghana. On sait que les supporters racistes y ont une grande influence, notamment à la Lazio, ceci explique peut-être cela.

Voilà, j'espère vous avoir un peu éclairé ! Dites moi ce que vous en pensez !

A plus tard !

mercredi 17 octobre 2012

Les Bleus ne l'ont pas volé !

Salut à tous !

Alors, ça fait du bien hein ? Je ne vais pas m'enflammer façon Pascal Praud sur iTélé, qui affirmait ce soir que c'est le premier bon match des Bleus depuis 2006 (on se demande comment on a pu disputer trois tournois depuis, et ce qu'étaient dans ce cas les victoires en Ukraine, en Bosnie, Allemagne ou en Angleterre ces dernières années, sinon des matches références, déjà, le plus souvent sans lendemain), mais c'est le genre de match qui donnent le sourire. Parce qu'ils montrent une chose : quand les joueurs le veulent, qu'ils croient en eux, qu'ils lâchent les chevaux, ils peuvent rivaliser avec les meilleurs, au moins ponctuellement. Sur la durée, c'est encore douteux. Rien ne vaut la régularité. Et un match, même un bon, ne reste qu'un match. Mais c'est un bon début.

Des débuts difficiles

Après une demi heure de jeu, difficile d'imaginer pourtant que les titres et les commentaires d'après-match allaient être aussi dithyrambiques. Baladée comme une vulgaire CFA face à une Ligue 1, la France n'a tout simplement pas vu le ballon durant le premier tiers du match, encaissant un premier but logique, quoiqu'un peut idiot. On peut regretter le manque de marquage de Sakho, mais le jeu appelle la faute, ça va très très vite et le défenseur est masqué sur cette action. Surtout, il a par ailleurs sorti une série d'interventions
remarquables qui ont montré qu'actuellement, peu de défenseurs centraux français sont à son niveau actuellement. Il faudra juste se montrer plus attentif...

En attendant, la France souffrait, comme prévu. La sortie sur blessure de Silva n'a pas changé grand chose, son remplaçant, Cazorla, causant énormément de problèmes à Debuchy dans son couloir, Ménez jouant trop haut. Le problème Jordi Alba est insoluble : quand vous mettez deux joueurs bas face à lui, comme à l'Euro, il passe, et quand vous lui mettez un joueur dans le dos pour le forcer à défendre, il s'en fiche...

Devant, chaque (rare) récupération était quasi immédiatement suivie d'une
perte de balle par précipitation, mais aussi grâce au très gros pressing haut des Espagnols, leur grande force, au-delà de la technique individuelle et collective. Ce but de Ramos a fait quand même penser à l'Espagne-France de l'Euro. Surtout quand, avant la mi-temps, Koscielny, dépassé par Pedro, concédait un penalty, comme à l'Euro. Mais si Xabi Alonso avait marqué, cette fois Lloris a sorti un grand arrêt devant un Fabregas hors sujet, même si son penalty n'est pas mal tiré. Mais Lloris est immense. Immense !

Entre temps, les Bleus avaient montré qu'ils pouvaient profiter de la relative faiblesse de la défense espagnole, privée de Piqué et Puyol dans l'axe, en inscrivant un but valable, par Ménez, mais refusé pour un hors-jeu inexistant. Sur ce cas précis, la vidéo aurait fait merveille... A la mi-temps, l'Espagne menait malgré tout 8 tirs à 1, mais la sensation que la France pouvait croire en ses chances était réelle.

Un deuxième acte exceptionnel

La reprise a été difficile, les Espagnols souhaitant faire courir un maximum les Français, et ils l'ont fait. La défense bleue a souffert, mais a tenu le choc. Et eut alors lieu un autre tournant du match, après le penalty arrêté par Lloris : la sortie de Arbeloa, à la place du très local Juanfran (50e). Le joueur de l'Atletico, contrairement à son prédécesseur du Real, est un véritable latéral, nettement plus porté vers l'avant. Il n'a pas vraiment mieux attaqué mais il était positionné plus haut, ce qui a profité à Ribéry, déjà très accrocheur avant la pause, mais qui ne parvenait pas forcément à se débarrasser d'Arbeloa, un vrai défenseur. Plus libre, Ribéry a pu alors démontrer tout son talent, et ça a participé à changer le match. Et c'est Juanfran qui perd le ballon sur l'égalisation, en tentant un grand pont inconscient sur Evra au milieu du terrain...

Il y eut également la sortie de Gonalons, trop juste pour ce niveau, et l'entrée en jeu de Valbuena, la France passant alors en 4-2-3-1. Un vrai choix tactique, offensif, le Marseillais se jetant allègrement dans les pieds de Xavi et Xabi Alonso pour les gêner dans leurs relances, et conservant intelligemment le ballon. Matuidi a également sorti une deuxième mi-temps exceptionnelle, et ça va être compliqué de le sortir de l'équipe après une telle performance. Bref, après ce quart d'heure difficile, la France est tout simplement devenue la maîtresse du ballon durant la dernière demi-heure, rien que ça. Le monde à l'envers ! Rarement on avait vu l'Espagne à ce point gênée et contrée, qui plus est sur sa pelouse. On avait vu la Croatie ou l'Italie y parvenir à l'Euro. La France s'ajoute désormais à cette liste.

Usée, l'Espagne ?

Il faut ajouter tout de même une chose : l'Espagne, qui possède plus de trentenaires que nous (seul Evra était dans ce cas dans nos rangs, contre Casillas, Xabi Alonso et Xavi), avait
disputé un match au Bélarus il y a quatre jours, avec son équipe type, à 3000 kilomètres de là, tandis que la France faisait tourner son équipe type à domicile, contre le Japon. Même avec la défaite à encaisser, ça reste quand même un exercice nettement plus reposant que pour les Espagnols. Ça ressemble à un détail, mais si les Bleus ont fourni une grande dernière demi-heure, c'est aussi parce que la Roja a semblé manquer de souffle, de carburant. Elle  voulu gérer, et aurait du le faire. Quand on voit qu'une équipe de cette expérience a réussi à prendre un but à la dernière minute des arrêts de jeu suite à un contre consécutif à un corner... c'est à peine croyable ! On n'a pas le souvenir d'un tel but concédé par la défense des Bleus de 98... on craignait d'ailleurs plutôt un but encaissé en contre par notre gardien dans ce match, pas l'inverse.

Enfin, que dire de Giroud, si souvent critiqué sur ce blog ? Qu'il a montré qu'il avait de réelles qualités de buteur, quand il est en confiance. Mais selon moi, ce rôle de remplaçant est idéal pour lui. Son manque de vitesse aurait posé des problèmes dans ce match. Mais quand la France a dominé, sa taille et sa présence a servi, on l'a vu.

Maintenant, quelques remarques :

- La France reste la bête noire de l'Espagne en match de compétition officielle (5 succès, 2 nuls, 1 défaite) ; 

- Avec 54 sélections, Benzema rejoint Papin. En revanche, au niveau des buts, le rapport est de 1 à 2 (15 contre 30)... le Madrilène, très volontaire mais une nouvelle fois plus passeur que buteur ce soir, n'a plus marqué depuis 9 matches en Bleu, la plus longue disette de sa carrière.

- Cinq joueurs ayant participé à ce match (Sissoko, Gonalons, Koscielny, Matuidi et Sakho) comptaient moins de 10 sélections, et cinq autres (Debuchy, Giroud, Valbuena, Cabaye et Ménez) moins de 20, avant ce match. Une sacrée perf, quand même !

- Si Giroud a inscrit son deuxième but en 12 sélections, Franck Ribéry, lui, a adressé sa 5e passe décisive de l'année en Bleu (comme Benzema), ce qui porte son total à 13. Seuls, Henry (23), Kopa et Wiltord (20), Platini (19) et Zidane (18) ont fait mieux, et Djorkaeff, Pires et Tigana ont fait aussi bien.

Voilà, je vous laisse savourer ! A plus tard !

mardi 16 octobre 2012

Mater le Matador

Salut à tous !

Le grand rendez-vous s'approche... ce soir, on saura si on a ne serait-ce qu'une petite chance d'accrocher la première place de cette poule, ou si on devra se contenter, comme c'est fort probable, d'une place en barrages, au mieux. Après tout, les barrages n'ont rien de honteux, surtout quand vous avez la meilleure équipe du monde dans votre poule, sachant qu'une équipe comme le Portugal, par exemple, s'est fait une spécialité de cet exercice (participation en 2009 et 2011) particulièrement stressant, mais qui ne fournit pas pour autant des "sous-qualifiés". On a juste été traumatisé de la seule expérience française dans ce domaine, en 2009 pour la Coupe du Monde, et par les conséquences de la main de Thierry Henry contre l'Irlande (0-1, 1-1 a.p.)...

Un choc pas décisif

Au fond, je crois que les Bleus devraient prendre ce match sous cet angle : pas de pression. Ce qu'il faudrait éviter, c'est une défaite trop importante, mais perdre en Espagne, face à une équipe qui gagne tous ses matches de qualification depuis quatre ans, n'a absolument rien d'infamant. Ce que l’Équipe de France doit surtout penser à assurer, c'est la deuxième place, sachant qu'il y a un autre moyen d'éviter les barrages, c'est d'être le meilleur deuxième, 
comme la Suède l'année dernière. Pour l'instant, elle est dans les temps, puisqu'elle a battu ses deux premiers adversaires (Finlande, Bélarus). Si elle gagne tous ses autres matches, même en perdant deux fois contre l'Espagne, elle aura de bonnes chances d'accrocher ce strapontin. Je ne dis pas qu'elle doit lâcher ses matches contre la Roja, autant essayer d'accrocher des points qui feraient office de bonus au décompte final, autant que ce soit possible. Simplement, il faudra se dire, en cas d'"échec", que tout cela n'est pas bien grave, puisque l'essentiel est ailleurs : faire le plein contre la Géorgie, la Finlande et le Bélarus. Du moment qu'on ne perd pas par plus de deux buts d'écart, ce qui déclencherait une énième tempête médiatique contre cette équipe que ses suiveurs persistent à étrangement juger par rapport à des standards qui ne sont plus les siens, à savoir ceux d'il y a dix ans. Quand la France était à la place de l'Espagne, en tête du classement FIFA.

Essayons à présent de trouver des points d'optimisme dans ce match qui paraît tellement injouable pour cette équipe qui, en plus de manquer cruellement d'expérience et de certitudes, doit en plus gérer plusieurs blessures qui seraient contraignantes même face à des équipes moins redoutables que l'Espagne (Mavuba, Diaby et Yanga-Mbiwa, suspendu). Le milieu de terrain, notamment, ressemble à un champs de ruines. Non pas que Matuidi, Capoue ou Gonalons manquent de qualité individuelle, mais ils sont en revanche, au moins pour les deux premiers, très en retard sur le plan de l'expérience internationale (14 sélections et 23 matches de Ligue des Champions à eux trois, dont 21 pour le Lyonnais et 0 pour le Toulousain). Du coup, Cabaye, qui devrait être présent, ferait presque figure de vieux briscard avec ses 18 sélections et ses 10 matches de C1... face au point fort de la meilleure équipe du monde, répétons le, tout cela est vraiment très inquiétant. Inutile de rappeler le pedigree et le palmarès du quatuor Busquets-Xabi Alonso-Xavi-Iniesta, sans parler de Fabregas...

La France, bête noire de l'Espagne

Des motifs d'espoir, donc. Autant vous dire tout de suite qu'ils sont peu nombreux. Jamais l'Espagne n'a perdu dans le second stade madrilène, Vicente Calderon, antre de l'Atletico. A domicile, la Roja n'a perdu que deux fois en 12 réceptions de la France, la dernière fois il y a 21 ans presque jour pour jour, lors des éliminatoires de l'Euro 1992, grâce notamment à un c
iseau de légende de Luis Fernandez (1-2). Depuis, la France a disputé deux matches amicaux en Espagne, avec deux défaites à la clé, même durant sa meilleure période, en mars 2001 (2-1), mais aussi en février 2008 (1-0). Au total, toutes compétitions et lieux confondus, la Roja mène légèrement (14 succès à 11, 6 nuls). Bon ok, ce ne sont toujours pas des motifs d'espoir...

Je viens de parler de matches amicaux. En revanche, en matches officiels, la balance est TRÈS nettement à l'avantage des Bleus, qui mènent 5 succès à... un. Oui oui, vous avez bien
lu, la défaite française en quart de finale du dernier Euro (2-0) était la première de l'Histoire de la France contre l'Espagne en match de compétition ! A nombre de match équivalent ou supérieur, elle fait moins bien contre nous que l’Écosse, la Bulgarie, le Danemark, l'Irlande, Israël, la Norvège ou même l'Autriche... En plus des deux seuls matches de qualification qui les ont opposés jusque là, et évoqué plus haut, il y a également eu 4 matches en Championnat d'Europe (deux succès, un nul et donc une défaite) et un lors du Mondial 2006 (1 victoire, 3-1). Ça n'assure rien aux Bleus, mais ça leur confère tout de même un statut de bête noire, même si la défaite en Ukraine ternit un peu le bilan...

J'ai d'ailleurs parlé d'un bilan global négatif des Bleus contre son voisin ibérique, mais il est en notre faveur depuis la guerre (10 succès, 6 nuls, 8 défaites). Et encore, on a perdu nos deux derniers duels contre l'Espagne...

L'Espagne peut perdre aussi

La Roja est invaincue depuis 15 matches, mais elle peut perdre des matches, y compris dans des matches pas forcément à enjeu, mais qu'il aurait quand même fallu gagner pour la Roja : en Angleterre, en amical en novembre dernier (1-0) ; en Italie, toujours en amical, en août 2011 (2-1) ; deux autres matches amicaux en 2010, et pas qu'un peu, au Portugal (4-0) et en Argentine (4-1) ou contre la Suisse, au premier tour du Mondial 2010 (0-1). En dehors de cette dernière rencontre, ce fut toujours contre des grandes nations de football, et en amical. Mais ça fait tout de même 5 défaites en deux ans et demi, soit une tous les six mois en moyenne. Et ça fait presque un an que l'Espagne n'a plus perdu... pourquoi pas maintenant ?

Enfin, hormis contre une Italie réduite trop vite à dix, en finale de l'Euro (4-0) ou contre des adversaires de seconde zone (Bélarus, 4-0, Arabie Saoudite, 5-0, Irlande, 4-0, Corée du Sud, 4-1, Venezuela, 5-0), l'Espagne gagne rarement par plus de deux buts d'écart, au moins en 2012. Elle a aussi souffert en Géorgie (0-1), à Porto Rico (1-2), contre l'Italie au premier tour de l'Euro (1-1), contre contre la Croatie (1-0) et le Portugal (0-0, 4-2 tab), la Serbie (2-0) et même la Chine (1-0). De quoi donner des idées, quand même.

Rappelons que la France a perdu bêtement à l'Euro contre l'Espagne, grâce aux bons offices de Laurent Blanc qui a fait n'importe quoi tactiquement, en isolant ses deux pépites offensives, Benzema et Ribéry, avec un Debuchy milieu droit, entre autres, et sur deux buts de Xabi Alonso, après un bon début de match de sa part. Autant dire qu'avec un peu plus d'intelligence tactique et de rigueur au marquage, il y avait la place au moins d'accrocher le nul. Avec un bloc bien regroupé, qui ne laisse pas d'espaces, et avec un peu d'habileté devant, même si c'est un de nos points faibles, on peut espérer les embêter. Je le répète, la France n'a rien à perdre dans ce match.

On en reparle plus tard, après ce match !

mercredi 4 juillet 2012

Les tableaux de l'Euro

Salut à tous,

Petit retour sur cet Euro qui vient de se terminer. Je vais pour cela m'appuyer sur ma marotte habituelle, les stats, pour illustrer ce que fut ce tournoi qui pour moi a marqué un tournant sur le plan tactique : plus besoin d'attaquant pour gagner. Même plus besoin de la possession. L'Espagne a possédé le ballon mais moins qu'à l'accoutumée (59 %, et 46 en demi-finales contre le Portugal) et a joué la majeure partie du temps sans pointe. Ça n'engendre pas forcément moins de buts, mais ça n'en apporte pas plus - surtout, ça joue sur la qualité du spectacle. Hormis la finale, face à une Italie joueuse, les matches de l'Espagne ont un peu trop souvent ressemblé à du Handball, mais sans l'obligation de tenter une frappe au bout de 30 secondes. Une longue possession stérile, qui empêche l'adversaire d'être dangereux et le spectateur de rester éveillé.

Les numéros restent traditionnels

Au niveau des buts, on a raté à une unité près les scores des deux précédents Euros : 76 buts, contre 77 les deux fois auparavant. Soit 2,45, contre 2,48, une régularité qui fait presque peur, surtout que la moyenne des Euros depuis 1960 se situe à... 2,46. Mais il y a eu deux périodes bien distinctes dans ce tournoi : les deux premiers matches de chaque groupes, soit 16 rencontres, qui tournaient à 2,88 ; puis les troisièmes matches et les matches éliminatoires, soit 15 rencontres, où là on a tourné à pile 2 buts par match. Comme prévu, l'enjeu a tué le jeu lorsqu'il s'est élevé. Lorsque toutes les chances sont égales, on aime tenter sa chance, jouer, attaquer ; mais quand il s'agit d'assurer un point ou son but, les portes se ferment. Un grand classique. On a d'ailleurs marqué 9 de ces 30 buts lors du dernier quart d'heure, contre 7 sur les 46 buts précédents.

Un premier petit tableau, ensuite. Il s'agit du nombre de matches, de buts et de passes décisives dans le jeu par numéros. Oui oui, c'est intéressant !




On constate de suite que la tradition du numéro 9, malgré la disparition quasi annoncée des attaquants de pointe, a la vie dure : ils ont marqué 11 buts, devant les numéros 7, 11 et 14 (8 buts). Bon score également des 17 (7), qui ne signifie pas grand chose, à part que Mandzukic et Dzagoev, deux des meilleurs buteurs de l'Euro, ont le même numéro. Par match, le 10, apparu 49 fois, a longtemps mené au score mais c'est finalement le 7 qui l'a emporté sur le fil (51), devant le 10 et le 11 (49), puis le 6 (48) et enfin le 1, le 8 et le 9 (47). Bref, des numéros extrêmement traditionnels. En revanche, le 12 (13 fois) est désormais plus souvent porté par les deuxièmes gardiens que le 16 (39). Chez les passeurs, la victoire du 10 (6) devant le 7 et le 11 (5) ressemble quasiment à un poncif tellement elle est symbolique.

La Premier League plane

Autre tableau, celui des buts par clubs...



Évidemment, la toute puissante Premier League s'illustre. Et ce sans l'aide de ses internationaux anglais, qui n'ont marqué que 5 buts. Si la sélection italienne a brillé, ce n'est pas grâce à ses ressortissants : son buteur, Balotelli, évolue en... Angleterre. Même chose pour les 3 buts français, dont 2 viennent d'outre-Manche (Cabaye et Nasri), ou... l'Espagne, puisque Torres (3 buts), Silva (2) et Mata (1) jouent également en Angleterre. Heureusement que Fabregas est revenu en Espagne il y a un an... On notera également le bon score de la Bundesliga, qui a plus marqué que la Liga. Le Real l'emporte, mais d'une courte tête, grâce à Ronaldo (3) et Özil (1) mais aussi Xabi Alonso (2), Khedira et Pepe, des joueurs moins attendus... au contraire de Benzema (0). Si le Barça a été quelconque, confirmant que sans Messi, il est moins représentant offensivement, City, lui, a confirmé que son titre de champion d'Angleterre n'était pas usurpé. Mais sur les 7 buts de City, un seul vient d'un Anglais, Lescott. Enfin, la Ligue 1, comme il y a 4 ans, a été plus que quelconque : absente, ou presque.

Les passeurs à présent !



Une affaire de spécialistes, on dirait. Il ne manque personne, que des stars de la passe décisive, que des milieux offensifs aussi, hormis Benzema... quoique. Certains buts sont regardés en boucle sur internet, mais je pense que certaines passes décisives pourraient l'être aussi, notamment celle de Plasil contre la Russie (1-2) ou celles de Schweinsteiger contre les Pays-Bas (2-1), sans parler de celles de Xavi en finale. En fait si, il en manque un, des meilleurs passeurs d'Europe : Ronaldo...

Passons maintenant aux statistiques sur les tirs qui sont très parlantes je trouve.



Vous ne rêvez pas : la France est particulièrement bien classée, hormis sur l'efficacité, ce qui est problématique. Mais contrairement à ce que tous les commentaires catastrophés des commentateurs et des médias pourraient nous faire croire, les Bleus ont eu le ballon, puisque seules l'Allemagne et l'Espagne les devancent dans ce domaine, excusez du peu, et ils en ont profité pour beaucoup frapper, beaucoup cadrer, et même s'ils ont peut-être abusé de frappes lointaines, au vu de ces chiffres ont peut leur reprocher une chose : de n'avoir pas réussi à convertir toutes ces frappes. Parce que lorsqu'il leur fallait 63 tirs dont 37 cadrés pour marquer 3 petits buts, il en a fallu 28 et 14 à la Grèce pour en inscrire 5 ! Des chiffres sidérants. Le Danemark s'est également signalé par la précision mais aussi l'efficacité de ses tirs, dommage qu'il n'ait pas frappé plus ! L'Italie, elle, comme je l'avais dit, a beaucoup frappé, pour un résultat finalement très moyen (5,56 % de réussite contre 9,25 au total). Elle l'a payé en finale, avant que les circonstances de jeu ne fausse la fin du match. Mais jusqu'à l'heure de jeu, elle rivalisait avec l'Espagne au nombre de tirs et sur la possession. Mais pas au score...

Dominer n'est pas gagner... sauf pour l'Espagne

Enfin, derniers tableaux, qui confirment ce que je viens de dire...



Évidemment, l'Espagne a survolé les débats au nombre de passes, réussies surtout. Tenter beaucoup de passes, c'est bien, mais en réussir 4 sur 5, c'est gigantesque. Il faut dire qu'elle ne tente que des passes ayant beaucoup de chance de passer, et pas des centres, par exemple, puisqu'elle est dernière aux nombres de centres. Pourquoi aurait-elle centré d'ailleurs, puisqu'elle n'avait pas d'avant-centre ? L'Allemagne, en revanche, savait qu'elle en avait un, et a beaucoup tenté de le trouver dans les airs, avec un certain succès d'ailleurs. La France, elle, confirme qu'elle ne ratait pas toutes ses passes, contrairement à ce que les hurlements de Larqué contre la Suède laissaient supposer : devancer dans ce domaine presque tout le monde, et notamment les Pays-Bas, l'Allemagne, la Russie ou l'Italie, sans parler du score étonnamment mauvais du Portugal, c'est la meilleure des réponses. On dira que c'étaient beaucoup de passes latérales, certes... un peu comme l'Espagne, quoi.

A noter que les hors-jeu montrent que l'Espagne, qui en a signé le plus, a beaucoup plus joué en contre que d'habitude. Elle se situe devant - ou derrière - des équipes qui ont souvent subi, comme l'Irlande, la Grèce ou le Danemark. A noter que 5 des 6 équipes les plus sanctionnées en hors-jeu n'ont pas franchi le premier tour, et le premier demi-finaliste, le Portugal, est 8e. Il ne valait vraiment pas trop dominer dans cet Euro, décidément. Mieux vaut laisser venir...

Voilà sur ce je vous laisse, à plus tard !

lundi 2 juillet 2012

Une finale tronquée

Salut à tous,

La gueule de bois doit être partagée ce matin, de chaque côté du Golfe du Lion. En Espagne, la fête a du être terrible, et le réveil, difficile : mettre 4 buts d'écart à un adversaire en finale, ça n'avait jamais été fait ; et rentrer dans l'Histoire pour longtemps, ça n'arrive pas souvent. En Italie en revanche, c'est surtout l'ampleur très exagéré de la défaite qui a du faire le plus mal. Avec le fait de n'avoir pas pu défendre ses chances jusqu'au bout, à cause d'une règle qui, comme d'autres, à l'image de ce qu'il se fait dans le rugby, mériterait d'être quelque peu dépoussiérée.

L'Espagne définitivement mythique

Le bonheur espagnol est parfaitement légitime. Remporter trois tournois consécutifs, conserver son Euro, ne prendre aucun but en 990 minutes durant les matches éliminatoires, c'est carrément dément. Surtout lorsque l'on sait à quel point cette Roja a parfois ennuyé durant cet Euro, et même été bousculée, par l'Italie et la Croatie, en phase de poule, puis par le Portugal en demi-finales. Jusque là, seules l'Irlande et la France avaient laissé le futur double tenant développer tranquillement son jeu, sans qu'elle ne déploie jamais le jeu flamboyant qu'elle a montré hier soir... du moins pendant une heure.

L'Espagne fait mieux que les deux équipes qui avaient réussi un doublé en deux ans, la RFA entre 72 et 76, qui avait échoué cette année là en finale de l'Euro, et la France entre 98 et 2000, qui s'était complètement ramassée en 2002. Trois grands tournois, avec dans ses rangs la bagatelle de 9 joueurs (Casillas, Ramos, Arbeloa, Iniesta, Xabi Alonso, Xavi, Fabregas, Silva et Torres) qui ont participé à ces trois conquêtes. Et Puyol et Villa étaient blessés... de quoi faire une équipe entière ! Ça signifie une génération exceptionnelle, ça veut aussi dire que la relève ne sera pas jugée comme toutes les relèves. Le remplacement, dans les prochaines années, des trentenaires tels que Casillas, Xavi ou Xabi Alonso, ne sera pas aisé. On le sait bien, en France, comme ailleurs : les mythes ne se succèdent pas entre eux.

Des débats équilibrés

Pourtant, même si dans le jeu elle semblait supérieure, la Roja n'a pas dominé du tout la première heure de la finale, contrairement à ce que le tableau d'affichage annonçait alors. Elle avait deux buts d'avance mais n'avait ni la possession (52 % pour l'Italie) ni le nombre de tirs (12 à 11) en sa faveur. La Squadra avait même raté quelques grosses occasions très nettes, notamment le pauvre Di Natale, rentré à la pause à la place de Cassano, et qui se créait deux opportunités énormes, une tête juste au-dessus sur un coup-franc puis un duel avec Casillas, dans lequel il envoyait directement le ballon sur le portier espagnol, qui n'en demandait pas tant. Ce dernier a par ailleurs sorti un très grand match, ce qui montre, contrairement à ce que certaines blagues circulant sur le net tendraient à faire croire, que la Roja, après avoir gagné l'Euro sans attaquant, pourra gagner le prochain sans gardien. Elle a souffert sur les attaques placées italiennes, et surtout sur les coups de pied arrêté. Et malgré les critiques répétées et consternantes des commentateurs de TF1, Mario Balotelli a fait ce qu'il a pu, il a pesé, mais n'était pas toujours été bien soutenu.

Mais, malgré le côté équilibré des débats, l'Espagne menait déjà largement à la pause, grâce à deux buts sublimes, enfin. Deux buts qui nous ont rappelé que, quand cette équipe essayait de faire autre chose que faire tourner le ballon et attendre que l'adversaire se fatigue, elle pouvait sortir des actions collectives magiques, qu'elle seule est capable de fournir au niveau international. Le but de Silva, sur un centre de près de Fabregas, et celui de Jordi Alba, parfaitement lancé par un Xavi retrouvé, ont illuminé une première mi-temps équilibrée, on l'a dit, mais aussi plaisante à regarder et très rythmée. La suite...

La finale volée

Après un quart d'heure où Di Natale aura définitivement mangé la feuille, il y eut la blessure du Parisien Thiago Motta, entré 5 minutes plutôt, et qui allait laisser ses coéquipiers à 10 pendant une demi heure, une première dans l'histoire des grandes finales. A 10 contre 11 Espagnols en pleine confiance, pendant un tiers de match, que pouvaient espérer les Italiens, aussi courageux soient-ils ? Ils ont retardé l'échéance pendant 20 minutes, avant de logiquement craquer durant les 10 dernières. On est content pour Torres, qui termine co meilleur buteur en n'ayant joué que durant l'équivalent de deux matches (189 minutes), et Mata, qui a profité de ses seules (!) 5 minutes de jeu durant cet Euro pour marquer, mais pas sûr qu'ils auraient si aisément trompé Buffon en fin de match si les deux équipes avaient terminé à 11. Que ce serait-il passé si l'Italie avait eu l'autorisation d'effectuer un autre changement ? Pas sûr qu'elle eut pu inverser la tendance, même si elle en avait les moyens, puisqu'elle continuait de se créer des occasions avant cela. Mais on aurait eu droit à une dernière demi-heure beaucoup plus rythmée et équilibrée, sans nul doute. Bref, si le vainqueur n'a sans doute pas changé à cause de cette circonstance, les spectateurs que nous sommes, qui nous régalions de voir les deux meilleures équipes européennes, les derniers champions du monde, s'affronter, peuvent se sentir spoliés. Cette finale a été faussée, et son résultat avantageusement grossi, sans doute. Il n'y avait pas 4 buts entre les deux équipes, hier soir.

En rugby, ce sport traditionnel, enraciné dans les cultures des terroirs britanniques, du sud de la France ou de l'hémisphère sud, si ancré dans les villages, les régions, qui ne succombe que partiellement au business que le professionnalisme colporte partout où il va, on peut consulter la vidéo lorsqu'une décision arbitrale pose problème. On peut aussi remplacer un joueur quand il est blessé, même quand les remplacements ont tous été effectués. Bref, le rugby nous donne encore une fois une leçon de modernisme. De cette manière, les matches ne sont jamais faussés par des coups du sort. Cesare Prandelli a du changer son latéral gauche après 20 minutes, déjà sur blessure. Il a donné du peps à son attaque à la pause, en faisant rentrer Di Natale, deuxième changement. Peut-être celui de Montolivo par Motta, avant l'heure de jeu, était prématuré, après coup. Comment le savoir ? Si on se dit qu'on prends un risque en changeant trop vite ses joueurs, on fait comme Laurent Blanc, on fait des changements à la 85e minute, quand c'est trop tard. Prandelli, lui, est un tacticien hors pair, et ses changements, notamment celui de Di Natale, ont bien failli porter ses fruits. Et la blessure de Motta n'est pas une erreur de sa part, juste un coup du sort. Il a essayé d'équilibrer son milieu pour avoir une meilleure maîtrise et en contrant mieux l'Espagne. Mais il n'y a plus eu de match, ensuite.

Cruel pour l'Italie

Rendant hommage à ces joueurs espagnols, dont plus de la moitié des titulaires ont remporté trois tournois majeurs, ce que personne en Europe n'avait jamais fait. Nous serons tous très vieux, voire morts, le jour où tous ces records seront battus. Une équipe qui gagne quatre trophées d'affilée ? Difficile à imaginer. Et ils nous ont régalé hier. Mais je ne peux m'empêcher d'être triste pour ces Italiens qui, après des décennies à encaisser des critiques sur le jeu et leur calcul, ont essayé - et réussi - de jouer, on fourni du jeu, et se sont rendus sympathiques aux yeux du monde entier, et même des Français, mais qui ont payé trop cher cette révolution stylistique et tactique. Beaucoup, dans la botte, feront remarquer que, peut-être, s'ils avaient plus calculé, moins laissé d'espace en attaquant, ils auraient plus gêné cette Roja qui, comme toutes les équipes qui aiment avoir le ballon, n'attendent qu'une chose, que leur adversaire prenne des risques. Mais les Italiens ne doivent pas abandonner cette idée. Ils ont et ont toujours eu les joueurs pour mieux jouer qu'ils ne le faisaient avant, et voir enfin cette équipe se libérer et offrir autre chose que de la sueur et du bloc équipe, c'est vraiment réjouissant. Et en plus ça marche, souvent. On ne rencontre pas tous les jours l'Espagne, et on ne finit pas toujours à 10 contre elle.

Allez, on se revoit plus tard pour un bilan détaillé de cet Euro !

dimanche 1 juillet 2012

Un duel de Champions

Salut à tous,

Nous y voilà... 30 matches, 72 buts, deux prolongations et autant de tirs aux buts, peu de surprises, hormis les trois défaites des Pays-Bas et la place de l'Italie en finale... et nous voilà au matin de la finale de l'Euro, la 14e du genre. Avec, au programme, un choc 100 % latin, le troisième en quatre Euros (après France-Italie en 2000 et Portugal-Grèce en 2004). C'est aussi un affrontement entre les deux derniers champions du monde, excusez du peu ! Le tenant espagnol est évidemment le grand favori de ce match, mais certains aspects pourraient bien arrondir les angles de cette certitude. Passons en revue les armes, les forces et les faiblesses de chaque équipe.

Une Roja solide, mais peu percutante

Honneur au tenant. Sa force, c'est d'abord son expérience. Personne ne peut se prévaloir d'un tel palmarès. Iker Casillas est le gardien qui a disputé le plus de matches en tournoi (28). A lui seul, Xavi rend jaloux tout le reste du plateau européen, avec ses 6 championnats, ses 3 Ligues de Champions, ses deux Coupes du Monde des Clubs, et bien sûr son Euro et son Mondial... La Roja qui n'a pas pris de but en match éliminatoire d'un grand tournoi depuis la Coupe du Monde... 2006, et le huitième de finale perdu contre la France (1-3). Depuis le but de Zidane dans les arrêts de jeu à Hanovre, l'Espagne vient de signer 900 minutes sans prendre de but. Dans le même temps, elle en a marqué 10, soit exactement un toutes les 90 minutes... le minimum du minimum syndical.

Et puis bien sûr, elle a son jeu, implacable. Elle n'a plus perdu la possession du ballon depuis la finale de l'Euro 2008, contre l'Allemagne (1-0). Andrea Pirlo, un des maîtres de la passe, serait sixième au nombre de passes s'il était Espagnol durant cet Euro, derrière notamment Busquets ou Ramos ! La Roja fait tourner le ballon, fait courir son adversaire pendant des palanquées de minutes, quitte à ennuyer même ses propres supporters, et aucune équipe passée à cette moulinette ne peut tenir très longtemps. Le Portugal y est parvenu mais a failli craquer en prolongation. Une défense solide, un milieu infernal... reste l'attaque.

C'est une des failles majeures de l'Espagne. Durant les tournois précédents, elle pouvait compter sur David Villa, voire Fernando Torres, pour rendre concret au tableau d'affichage l'énorme domination ibérique. Avec la blessure de l'ancien valencian, meilleur buteur des deux derniers grands tournois avec 4 puis 5 buts, et la méforme de Torres, malgré de gros progrès dernièrement, l'Espagne est comme une œuvre inachevée. Torres a signé un doublé, mais c'était "que" contre l'Irlande, contre qui la Roja a inscrit la moitié de ses buts dans ce tournoi (4 sur 8). Fabregas a marqué deux fois, lui aussi contre l'Irlande mais aussi, avant cela, contre l'Italie, un but égalisateur qui s'est avéré essentiel dans la qualification. Iniesta manquant de réussite (11 tirs cadrés, 0 but, record historique du tournoi) et Silva se contentant des passes décisives, l'Espagne a du se reposer sur un doublé improbable de Xabi Alonso contre les Bleus (2-0) et sur les tirs aux buts contre le Portugal. le dernier attaquant espagnol à avoir marqué lors d'un match éliminatoire se nomme Villa, en quart de finale du dernier Mondial, contre le Paraguay (1-0). Depuis, Puyol, Iniesta et Xabi Alonso (2) lui ont succédé, en 4 matches.

Et puis, y a cette fatigue, cette lassitude, presque. Contre la France, qui n'a malheureusement jamais cherché à la bousculer, contrairement au Portugal, elle a semblé absente, comme peu concernée. Elle a géré les timides petites flèches tricolores, et s'en est sortie au métier contre des Portugais beaucoup plus incisifs. La sortie de Xavi à la 87e minute, alors que tout restait à faire, a interloqué. Il faut dire que ce soir, le milieu de 32 ans disputera son 65e match de la saison, soit son exacte moyenne depuis six ans. Son compère Busquets, lui, le devancera de deux unités. Les Madrilènes Casillas (69), Sergio Ramos (67) et Xabi Alonso (68) font autant, voire pire. Les autres se situent entre 50 et 60 matches chacun, ce qui fait, pour tous, plus d'un match par semaine en moyenne. Normal pour des internationaux, titulaires dans des clubs qui auront brillé dans toutes les compétitions. Mais il est logique que, pour certains trentenaires n'ayant jamais pu ou voulu souffler ces dernières années, la route commence à sembler longue.

Et enfin y a l'Histoire, implacable. Se qualifier pour trois finales consécutives de grande compétition, en en gagnant 2, a déjà été fait une fois, par la RFA entre 1972 et 1976. Conserver son titre européen et gagner trois tournois consécutivement, en revanche, ça n'a jamais été fait. L’Espagne est favorite, mais la RFA aussi l'était avant d'être piégée aux tirs aux buts par la Tchécoslovaquie de Panenka, il y a 36 ans. Toutes les séries ont une fin, et les records sont faits pour être battus. Mais quand même, quel exploit ce serait !

Mais l'Italie semble avoir les clés pour contrer cette machine de guerre implacable.

La Squadra l'a déjà fait

D'abord, c'est la seule à avoir marqué un but à cette Roja, lors du premier match (1-1). Un contre assassin façon italienne, conclu par Di Natale, qui ne reflèta pas vraiment le style de cette Squadra qui n'avait pas fait que défendre contre le tenant des titres. Elle l'avait bousculé, et lui avait infligé autant de tirs cadrés en un match (6) que les trois autres adversaires des Espagnols par la suite. Défensivement, elle n'avait cédé que sur un éclair de génie de Silva, trouvant d'une passe laser un mini espace dans le mur italien pour trouver un Fabregas terriblement habile (1-1).

Avant d'analyser son jeu, disons également que l'Italie, certes éliminée aux tirs aux buts par la Roja à l'Euro 2008, n'a jamais perdu contre cette dernière en tournoi majeur, en 7 confrontations (3 succès, 4 nuls). Sous la magistrature Prandelli, elle reste également sur deux matches sans défaites (1 succès en amical, 2-1, et le nul lors du groupe C). Elle est également la seule équipe à n'avoir jamais été menée durant la compétition.

Dans le jeu, certains disent qu'elle est la preuve qu'on peut gagner avec deux pointes, sous-entendant par là que la France aurait pu le faire en faisant jouer Giroud, la grande marotte française de ce mois de juin. Regardez les matches italiens, et revenez m'affirmer que Cassano joue en pointe. La plupart du temps il joue en soutien de Balotelli, et le plus souvent sur le côté gauche, ou De Rossi, le milieu gauche du trident du milieu italien, qui peut dépanner en défense centrale, aura toutes les peines du monde à se muer en ailier gauche. C'est de cette aile, notamment, que l'attaquant du Milan aura servi celui de City contre l'Allemagne (2-1), ne marquant qu'un seul but, sur corner contre l'Irlande (2-0). En 5 matches, il n'a frappé que 13 fois au but, cadrant 7 fois. Balotelli en est à 24, pour 14 cadrés ! Ce dernier est LA pointe de l'Italie, qu'il n'est d'ailleurs pas toujours à City. Cassano, lui, n'en a jamais été une. Il n'a marqué que 13 buts en 18 mois, en 54 matches. De bonnes stats, mais pas les stats d'un buteur.

Ce duo offensif est extrêmement intéressant, car très complémentaire. Il associe deux joueurs très techniques, un qui balaie tout le flan offensif, on l'a vu, et l'autre très puissant, rapide, qui ne doute de rien, et qui pèse terriblement sur les défenses centrales. Balotelli a passé son Euro à gâcher des occasions (seul Ronaldo et le Russe Kerzhakov ont plus frappé à côté que lui), sauf contre l'Allemagne, où il a moins frappé mais beaucoup mieux. L'attaquant formé à l'Inter est le premier italien a marquer plus de deux buts lors d'un Euro. Guère embêtée par Benzema ou Hugo Almeida, à peine plus par Ronaldo, la défense espagnole devra gérer ce phénomène, qui est capable de flamber comme personne ou complètement disparaître, c'est selon. En tous cas il avait particulièrement raté son premier match contre l'Espagne, pas dans le jeu, où il avait toujours été dangereux, ce qui lui garantie, à mon avis, sa place de titulaire, mais dans l'efficacité.

Évidemment, il y a Pirlo, sans qui la Squadra ne serait pas là, tout simplement. Un des seuls champions du monde 2006 présent (avec Buffon, Barzagli, Chiellini et De Rossi) a porté cette équipe comme peu de joueurs l'ont fait. A 33 ans, il a été impeccable défensivement, et génial dans le jeu. Il fait toujours le bon choix, ajuste parfaitement ses passes, dirige le jeu comme personne. Il a d'ors et déjà assuré sa place dans le onze type du tournoi, et sans doute dans les 5 premiers du prochain Ballon d'Or. Surtout en cas de victoire... La défense, elle, a concédé trois buts, notamment contre la Croatie, mais aussi contre l'Espagne et l'Allemagne, sur penalty, excusez du peu. D'une manière générale, Barzagli a prouvé qu'il était un des tous meilleurs défenseurs du monde, tout comme le méconnu Bonucci. Et que dire de Buffon... au-delà du grand gardien qu'il est depuis plus d'une décennie, il est peut-être le meilleur capitaine du tournoi, un meneur d'homme exceptionnel. Un de ceux qui ont manqué, par exemple, aux Pays-Bas, à l'Allemagne, et bien sûr à la France, on ne peut plus logiquement.

Une tactique incertaine, un banc peu fourni

Les défauts maintenant. Dans tous ses matches, l'Italie a gâché, et s'est compliqué la vie. Même face aux meilleurs, l'Espagne et l'Allemagne, elle a raté des occasions qui auraient pu lui assurer des succès plus larges, ou des succès tout court. Son match contre la Croatie en est l'exemple parfait (1-1). Après deux matches de poule et avec 2 points, elle était à deux doigts d'être éliminée à cause de ce manque d'efficacité. Preuve, s'il en est, qu'elle n'a plus rien à voir avec l'image d'Epinal qui la poursuivra encore longtemps, celle d'une équipe froide, calculatrice, et qui n'a pas besoin de beaucoup d'occasions pour s'imposer. C'est tout l'inverse, même, et face à des Espagnols qui concèdent vraiment très peu de tirs en temps normal, il faudra être efficace, enfin. Balotelli est l'inverse absolu de Rossi ou Inzaghi. Très présent, mais pas forcément efficace.

Lors de son match contre l'Espagne, elle avait aussi gêné le tenant grâce à une défense à 5, qui avait noyé le jeu de la Roja, tout en lui permettant d'être performante offensivement grâce à un milieu fourni et des couloirs bien animés. Mais depuis le match contre la Croatie, Prandelli a abandonné cette tactique destinée surtout à rassurer une équipe fragilisée par les affaires de corruption et des matches amicaux catastrophiques, De Rossi est revenu au milieu, ce qui lui a offert un visage encore plus séduisant. Alors, que va décider l'ancien coach de la Fiorentina ? Va-t-il utiliser le système qui avait mis en échec l'Espagne ? Ou continuer de s'appuyer sur celui qui lui a réussi depuis, quitte à moins gêner la Roja ? Pas facile, le job de sélectionneur...

En tous cas ce match sera très différent du premier. Pourtant, dans les 3 autres cas où deux équipes se retrouvent en finale après s'être affronté durant le premier tour, seul le double affrontement entre les Pays-Bas et l'URSS, en 1988, différa selon que les deux équipes s'affrontaient en phase de poule (1-0 pour les Soviétiques) ou en finale (2-0 pour les Oranges). En revanche, entre Allemands et Tchèques, en 1996, il y eut le même résultat (2-0 puis 2-1 a.p.), mais pas vraiment selon le même scenario, puisque l'Allemagne fut menée jusqu'au dernier quart d'heure... En revanche ce fut quasiment identique entre Grecs et Portugais, en 2004 (2-1 puis 1-0). La série va-t-elle se poursuivre ? A noter que dans ces cas là, il n'y eut pas de nul... jusqu'à cette année. Aucune des deux équipes n'a donc pris l'ascendant !

Dernier point faible italien, son banc. Derrière le 11 qui s'est dessiné dernièrement, seul Diamanti, habituel remplaçant, a à peu près donné satisfaction. Le Parisien Motta a perdu sa place de titulaire, tout comme le latéral droit napolitain Maggio, au profit même d'un gaucher (Balzaretti) ! Di Natale a bien remplacé Balotelli lors du premier match, avec un but à la clé, mais n'a plus brillé depuis, gâchant même une grosse occasion contre l'Allemagne. Bref, pas sûr que si l'Italie était menée pour la première fois du tournoi, elle ait les moyens de retourner la tendance, vu qu'on ne l'a pas encore vue dans cette situation.

Voilà, j'espère vous avoir donné un maximum de clés ! Bon match, on en reparlera cette semaine !