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mardi 10 juin 2014

Brésil, nous voilà !

Salut à tous !

Alors, J-3 hein ! Dans trois jours, nous tous, passionnés de football, sacrifieront sans vraiment de regrets une bonne partie de notre vie sociale - voire, pour certains, dont votre serviteur, une partie de leurs économies - pour suivre le plus grand spectacle qui puisse nous être donné de suivre : une Coupe du Monde. Quoi de plus mythique ? Mieux que les JOs, mieux que le Tour de France, Roland Garros... une Coupe du Monde. L'impression de vivre l'Histoire, la voir s'écrire sur nos télés, sous nos yeux. Les images sépias, vintages, plus ou moins de qualité, des Schiaffino, Fontaine, Pelé, Cruyff, Maradona, des images qu'il fallait, à l'époque, parfois attendre plusieurs heures avant de les voir, voire tout simplement avoir pu s'offrir le luxe d'un téléviseur... vont désormais se dérouler en direct live, sous nos yeux fatigués par le - relatif - décalage horaire, en qualité numérique, avec je ne sais combien de dizaines de caméras par match, dans des stades hélas de moins en moins personnalisés, de plus en plus identiques, ordinaires, et des stars, encore et toujours, qu'on espèrera au top de leurs formes. Ça, c'est à J-3.

Des surprises mais pas trop

Évidemment, il y aura des surprises, il y aura des déceptions, des défaillances plus ou moins graves, quelques fulgurances et autres exploits qui parviendront à s'extirper des toiles tissées par des techniciens toujours plus adeptes du bloc équipe et de la suppression des espaces superflus - heureusement, la rareté des matches internationaux par rapport à celui des clubs, marqué par la quotidienneté des entraînements et donc de l'importance des automatismes défensifs, pourra, qui sait, offrir un peu plus d'espaces incongrus que
d'ordinaire, et donc plus de débordements, de dribbles, d'exploits individuels ou collectifs. Bref, le football, honni par des croque-morts comme Mourinho mais que les amateurs de football aiment.

On espère que les stars seront présentes, tout en espérant que des outsiders parviendront à bouleverser les pronostics. Pas trop quand même : c'est bien gentil les surprises, mais les Coupes du Monde qui ont le moins marqué les esprits sont celles qui ont, en général, produit des derniers carrés, disons... originaux. Rappelons nous de la Turquie et de la Corée, en 2002, ou du Chili, de la Yougoslavie et de la Tchécoslovaquie en 1962... désolé de le dire, mais les plus grands matches de l'Histoire de la Coupe du Monde, ce furent ceux qui opposèrent vraiment les meilleurs pays du moment entre elles : Brésil-Hongrie 1954, Angleterre-Allemagne 1966, Allemagne-Italie 1970, France-Brésil 1986, etc. La plus belle Coupe du Monde de l'Histoire ? 1970. Avec qui en demi ? Brésil, Italie, Allemagne, Uruguay. Que rêver de mieux ? Une surprise, ok, que des surprises, ça signifie surtout que les meilleurs joueurs du monde auront raté leur tournoi. Et ça, personne ne le souhaite, hormis leurs adversaires bien entendu...

Ronaldo et Messi, au rapport

Malheureusement, depuis l'avènement de la Ligue des Champions et surtout, depuis 15 ans, sa propension à épuiser ses participants par un nombre effarant de matches, les meilleurs joueurs du monde sont rarement au rendez-vous des grands tournois internationaux. Ronaldo a 29 ans cette année, et la seule fois qu'il a un peu brillé un été d'année paire, c'était à l'Euro 2012, et encore, avec un score, 3 buts en 5 matches, presque quelconque pour un buteur de sa trempe, auteur de 29 buts lors de ses deux dernières saisons de C1 ! Au total, le Portugais, qui évolue tout de même au sein d'une des meilleures sélections d'Europe, aura marqué 6 fois en 14 matches de championnat d'Europe, et 2 fois en 10 match de Coupe du Monde, soit 8 buts en 24 matches. Une misère.

Et Messi, que beaucoup, à raison sans doute, considèrent comme au moins l'égal d'un Maradona ? Un but en 8 matches de Coupe du Monde, dont aucun en 5 matches en 2010, au sortir d'une saison à 47 buts avec le Barça... pourtant, est-ce qu'on peut sérieusement discuter leurs statuts de meilleurs joueurs du monde ? Messi-Ronaldo, c'est Nadal-Federer - ou plus sûrement Nadal-Djokovic -, c'est Senna-Prost, c'est... deux numéros un, qui ont eu la malchance de tomber l'un sur l'autre au même moment. Rappelez-vous de l'époque où il fallait activer nos méninges pour trouver un Ballon d'Or passable, et le donner à Owen, Nedved, sans parler de Cannavaro... pourtant il y avait Zidane. Mais là, les deux ont tellement fait le trou avec la concurrence qu'on ne peut que les imaginer se régaler cet été au Brésil, voire se disputer le trophée en finale. Quel pied ce serait !

Et pourtant... il y a de bonnes chances qu'ils ne soient pas dans les mêmes dispositions. Ronaldo est en petite forme, n'a pas encore joué de match de préparation, et Messi, s'il a encore beaucoup marqué cette saison (41 buts en 46 matches avec le Barça, quand même), il a souffert de plusieurs blessures. Cela lui permettra-t-il d'être frais au Brésil ? Rien n'est moins sûr. La règle d'un grand tournoi, désormais, c'est souvent de révéler des joueurs méconnus, qui ont moins joué que les autres, qui n'étaient pas attendus et qui signeront des gros contrats par la suite. Euro 2012 : Iniesta meilleur joueur, soit. Iniesta, c'est l'anti héros parfait, le serviteur idéal, le joueur anti individualiste au possible. Le prototype du joueur d'équipe.

La Coupe du Monde 2010 ? Forlan, d'un Uruguay pourtant "seulement" quatrième. Preuve que si l'Espagne gagne tant depuis six ans, c'est parce que son collectif parfaitement huilé lui permet de pouvoir se passer d'un joueur essentiel, indispensable. Qui gagnerait un Ballon d'Or, par exemple. Performances de Messi et Ronaldo en Afrique du Sud ? Zéro et un but, contre la Corée du Nord (7-0 score final). Euro 2008 ? Xavi. Effectivement, il jouait beaucoup, mais encore une fois... pas un joueur qu'on voit forcément tout le temps. Il prend le ballon, il le donne. Très intelligemment, toujours proprement. Mais ce n'est pas une star. Pas de Ballon d'Or pour le Catalan... Jamais le Ballon d'Or en titre ne brille au grand tournoi qui suit son trophée. La dernière fois, je veux dire vraiment ? Baggio, Ballon d'Or 1993 et meilleur buteur du Mondial américain qui a suivi. Soit lorsque la Ligue des Champions a été créée, en gros. Il y a vingt ans.

Le Brésil vengera-t-il 1950 ?

Alors, que peut-on espérer de ce Mondial ? Quand on aime le football, on a envie que le Brésil soit beau, soit efficace, nous régale. Chez lui, il ne peut rêver meilleur contexte, même si la pression, folle là-bas, sera terrible à gérer. Au moins, en Afrique du Sud ou au Japon, elle était lointaine... Il y a un an, ceux qui ont regardé la Coupe des Confédérations ont pu constater que le Brésil avait une excellente équipe. Un gardien médiocre, soit, comme souvent d'ailleurs, mais une charnière solide, des latéraux toujours aussi dingues, un milieu extrêmement créatif, des ailiers fantastiques et un avant-centre qui s'appelle Fred. Qui fait sourire en France, mais pas au Brésil. Certes, il symbolise l'étrange pauvreté actuelle en
avant-centres de haut niveau de ce pays qui en a généré tant de merveilleux. C'est surtout quand on voit qui sera le remplaçant de Fred : Jô, ancien de City, est un grand échalas qu'on devine gaucher, et qui est d'une faiblesse folle. Six buts en championnat avec l'Atlético Mineiro en 2013... Sa force ? Il marque en Copa Libertadores. La belle affaire.

Mais Fred, c'est l'avant-centre idéal pour faire briller Hulk et surtout Neymar. Un gros travailleur, un excellent remiseur, et également un bon buteur (42 buts en 2011 et 2012 en championnat avec Fluminense, 9 buts en sélection l'année dernière). Ne rigolez pas trop vite sur Fred, c'est n'est pas Guivarc'h, ni Francis Perrin, son sosie officiel : il pourrait être une des surprises de ce tournoi.

Une France si jeune...

Et les Bleus ? Privés de Ribéry et sans doute d'un Toulalan au milieu - on oublie trop souvent à quel point ce garçon pourrait encore plus nous faire du bien au milieu s'il acceptait de revenir en sélection - , leur jeunesse peut faire peur. De l'insouciance ? Oui c'est vrai, ça pourrait être charmant sur certains matches, sur certaines séquences. Un Griezmann a montré sur ses quatre apparitions combien il pouvait apporter devant le but, par ses inspirations et sa qualité technique au-dessus de la moyenne. Mais les équipes qui vont loin dans une Coupe du Monde sont celles qui ont de l'expérience à revendre. Or nous, nous la comptons sur les doigts d'une main. Nous avons une belle jeunesse, mais pas encore une équipe qui aurait les épaules pour viser mieux que les quarts de finale, ce qui serait déjà très beau, même si ça ne nous est jamais arrivé, puisque lorsque la France est sorti d'une poule mondiale, elle a toujours atteint au moins le dernier carré...

On nous bassine avec ses nouvelles valeurs, son nouveau comportement... que de balivernes. C'est parce qu'elle serait nouvellement bien élevée que cette génération gagnerait ? D'abord, calmons nous un peu : pour l'instant, Deschamps prends moins de points par match depuis sa prise de fonction que Domenech. Et pas qu'un peu (1,23 contre 1,34). Et encore moins que Blanc (1,44). Alors certes, depuis la belle réaction au Belarus (2-4), elle n'a perdu qu'une fois, en Ukraine, marque des buts et en prends peu. J'espère de tout cœur qu'elle ira le plus loin possible, ce n'est pas négociable. Mais croire que ces joueurs gagnent parce qu'ils se comporteraient mieux - ça reste à prouver, rappelons qu'on disait la même chose avant l'Euro 2012 - , parce qu'ils n'ont soit-disant plus de casques sur les oreilles et parce qu'ils
chantent un peu plus la Marseillaise... ça prouve surtout à quel point les médias français sont ignares en football. Certaines nations, dont l'Espagne, n'ont pas de paroles à leur hymne, et dans toutes les équipes du monde les joueurs portent des casques sur les oreilles pour se concentrer. Même ceux qui gagnent, si si. Et tous touchent des primes. Tous. La France est sympathique parce qu'elle gagne en ce moment, point. Pas parce qu'ils ont l'air gentils et motivés. Seuls les résultats comptent, tout le reste c'est de la littérature de bas-étage.

On a perdu notre meilleur joueur, meilleur buteur et passeur depuis deux ans, et il est difficile d'imaginer que nous soyons meilleurs sans lui, même si on a des jeunes prometteurs. Mais toutes les générations doivent passer par des échecs. Celle de Deschamps a du vivre France-Bulgarie, celle de Platini avait eu l'Argentine en 78 et celle de Kopa, la Suisse en 54. Imaginer que parce que Griezmann est prometteur, Ribéry est remplacé, c'était penser qu'Oasis pouvait remplacer les Beatles sur la foi d'un premier bon album et des coupes de cheveux prometteuses. On a vu le résultat. Dénigrer le 8-0 contre la Jamaïque est aussi idiot que le glorifier. La Jamaïque n'a pas l'habitude de prendre des roustes, même contre les gros, et notamment la Suisse récemment (0-1). Certes elle a été mauvaise hier, mais si elle a pris autant de buts, c'est aussi parce que la France s'est montré persévérante, sérieuse et offensive. Elle aurait pu s'arrêter à 3-0... elle a continué. Ça prouve un état d'esprit SPORTIF très encourageant. Mais l'opposition au Mondial, y compris celle du Honduras, sera d'un autre calibre. Et là, sous les yeux du monde entier, il faudra gérer la pression et jouer simple, efficace. Ne pas se rater. Sinon, elle redeviendra impopulaire, c'est évident.

A très vite !

mardi 14 janvier 2014

Salut les frustrés

Salut à tous,

Je ne vais pas redire ce que j'ai déjà dit il y a un an à la même époque, ici, mais une nouvelle fois le vote du Ballon d'Or a débouché sur un véritable scandale. Ribéry aurait du avoir le Ballon d'Or les mains dans les poches, limite en s'arrêtant de jouer en juin dernier : son palmarès - et celui de ses coéquipiers - aurait du lui suffire. Avant la récupération du trophée par la FIFA, maison des combines à gogo depuis des décennies, avant le recul du critère de la performance collective au profit de celui de la performance individuelle, avant l'ajout du vote des joueurs et des sélectionneurs, tout le monde avait sa chance. Il ne s'agissait pas d'élire le meilleur joueur du monde - même si ça tombait souvent sur lui, logiquement - mais le meilleur joueur sur l'année civile, celui qui avait à la fois le plus gagné de trophées avec ses équipes et le plus brillé individuellement. Un combo parfait qui symbolise ce qu'est et doit être le foot, peut-être plus que les autres sports co, où le collectif est encore plus important : un amalgame de talents individuels.

Ballon d'Or virtuel

A une époque, on est même allé un peu à l'excès dans ce domaine, en élisant forcément le meilleur joueur du vainqueur de la Coupe du Monde ou de l'Euro disputé dans l'année. Cannavaro, par exemple. Mais en même temps, ça signifiait pouvoir récompenser des défenseurs et un gardien, Yachine, ce qui est arrivé très rarement. Maintenant c'est fini, ça n'arrivera plus, c'est une certitude. La Ballon d'Or est devenu un succédané du défunt Soulier d'Or, un concours de buts, une sorte de cirque où celui qui réussira le meilleur numéro emportera la mise. J'ajoute la dimension 2.0 du phénomène : hier, certains experts évoquaient le nombre d'amis sur Facebook des trois candidats pour expliquer pourquoi Ribéry a fini troisième. Aujourd'hui c'est plus un concours de popularité, une élection Tweeter, qu'un véritable scrutin technique. A ce jeu là, Ribéry, moins glamour que Ronaldo en slip, moins médiatisé en tant que joueur d'un championnat moins suivi - à tort - que la Liga, ne pouvait pas gagner. Et ça va durer encore quelques années, le temps que Ronaldo passe les trente ans - l'an prochain - et que Messi confirme que son éclosion très précoce et les traitements qu'il a subit pour sortir du nanisme lors de son adolescence lui coûtera prématurément sa santé. Mais Ribéry a déjà 30 ans, lui. Et ceux qui affirment qu'il n'a qu'à gagner la Coupe du Monde pour les devancer en 2014 se trompent : on a la preuve désormais que gagner tous les trophées ne garantie rien. Et demandez aux Espagnols, jamais récompensés ces dernières années, si gagner des Mondiaux ou des Euros apportent automatiquement le Ballon d'Or...

L’Équipe type des déçus

Bref, Ribéry rejoint la grande famille des frustrés du Ballon d'Or, qui sont forcément nombreux. Des joueurs comme Henry, Beckham ou Raul, voire Maldini, des joueurs immenses, sans parler de ceux dont la non appartenance à l'Europe a privé d'élection, comme Maradona et Pelé, n'ont jamais pu inscrire leurs noms à un palmarès qui n'aurait pas dépareillé pour autant, vu le relatif anonymat de certains vainqueurs (Sivori, Belanov, Simonsen...). J'ai voulu donc constituer une équipe de ceux qui n'ont jamais eu le Ballon d'Or. Autant vous dire qu'au niveau gardiens et défenseurs, il y aura le choix. Pour les attaquants, en revanche... mais il y en a, on l'a vu.

Au poste de gardien, qui derrière le seul lauréat, Lev Yachine, unanimement reconnu comme le meilleur gardien de tous les temps même si personne, aujourd'hui, l'a vraiment vu jouer ? Pas évident, tellement il est difficile de juger les gardiens, et tant le niveau semble homogène. je veux dire, on peut compter les buts, les passes décisives, mais les arrêts, contrairement au hand, on ne les compte pas. Et pour cause, autant au hand les arrêts sont toujours difficiles et décisifs, autant c'est moins le cas au foot, ou tu peux aller du tir écrasé au duel en un-contre-un. On peut citer Buffon, pour son palmarès et sa durée, Dino Zoff aussi. Je dirais Buffon, quand même. Les défenseurs à présent.

Au poste de latéral droit, personne n'a jamais été sacré, ni à gauche d'ailleurs, seul cas de l'histoire, avec les milieux défensifs (si on excepte les Allemands Matthaus ou Sammer, qui jouaient plus haut ou plus bas à ce moment là). Latéral, c'est le poste que aucun jeune joueur ne veut occuper, jusqu'à ce qu'un entraîneur décide de les y placer parce qu'il en faut bien un. C'est toujours soit des défenseurs centraux déplacés (Thuram, Stam...) ou des ailiers reculés (Lizarazu). Du coup, les candidats sont rares. A droite, je vais voter Cafu, l'immense latéral droit brésilien qui a quand même disputé trois finales mondiales consécutives (94,
98, 2002) et remporté deux fois la Coupe du Monde, et joué jusqu'à 38 ans. A gauche, qui d'autre que Roberto Carlos ? Encore un Brésilien vous me direz. Oui, et ce n'est pas fini. Je vous rappelle que depuis l'internationalisation du Ballon d'Or, en 95, et avant l'OPA du duo Messi-Ronaldo qui commence à gonfler tout le monde, en 2008, les Brésiliens avaient remporté 5 trophées sur 13, performance que seul les Allemands des années 70 ont égalé (5 Ballons d'or entre 1970 et 1981). Ce n'est pas moi qui ait inventé le fait que le Brésil est le plus grand fournisseur en grands joueurs de l'Histoire du foot. Et puis Roberto Carlos a été dauphin de son compatriote Ronaldo en 2002.

Dans l'axe, je mettrais évidemment Maldini, puisque je l'ai pas mis à gauche, que sa présence dans cette équipe était obligatoire, et qu'il fut un immense central aussi. Qui avec lui ? Thuram ? Oui j'y ai pensé, mais il a vraiment brillé au niveau international au poste de latéral droit. Après, les meilleurs ont été sacrés, notamment Beckenbauer, l'inventeur du défenseur moderne. Qui alors ? Allez, je vais dire un autre Italien, Franco Baresi, presqu'oublié aujourd'hui mais qui fut dauphin de son compère Van Basten en 1989, et dont le palmarès avec Milan dépasse l'entendement.

Les milieux à présent. Je vais faire un 4-3-3, comme ça y en aura pour tout le monde, des défensifs, des offensifs... Tâche très très difficile. Aussi incroyable que ça puisse paraître, Deschamps n'a jamais été sur un podium. Pourtant, quel palmarès... allez, je le mets en 6. Ensuite, je dirais Xavi, qui aurait du avoir au moins le Ballon d'Or l'an passé pour son Euro parfait. Impossible de ne pas le mettre. Enfin, pour le troisième... allez, je vais tenter Beckham. Il est décrié pour son image publique qui a troublé son image sportive, mais il a été un joueur immense. Et les milieux offensifs jamais titrés ne sont pas nombreux. Schuster, Lampard ? Soyons sérieux. J'ai pensé à Giresse mais le fait qu'il n'ait jamais quitté la France me pose un problème. Allons-y pour Beckham. Pas mal comme milieu quand même non ?

En attaque, ça va être rapide. Étant entendu que Pelé et Maradona sont indiscutables, je mettrais Henry en troisième. Deuxième en 2003, troisième en 2006, mais aussi quatrième en 2001 et 2004, et même neuvième en 2002, sale année pour la France... c'est un des joueurs les plus réguliers de l'Histoire du trophée, si ce n'est le plus régulier. Difficile de dire quelle année il aurait pu l'emporter mais, comme Maldini, il a toujours été dans le coup pour le podium, sans jamais réussir à devenir incontournable pour l'avoir.

Voilà, n'hésitez pas à donner votre avis sur mon équipe ! Vous ne serez forcément pas d'accord avec, alors j'attends vos idées !

A plus tard.

jeudi 21 novembre 2013

La défaite des experts

Salut à tous,

Alors, on l'a fait ou pas ? Elle n'est pas là la qualification ? Félicitations à tous les croquemorts de l'Equipe de France, tous les Cassandres qui s'efforcent, depuis 36 heures, de retomber sur leurs pattes, en affirmant le plus sérieusement du monde que ce qu'ils ont dit tout le WE, et depuis plus de trois ans même, à propos de ces Bleus, était vérifié, qu'ils l'assumaient, mais qu'ils étaient heureux quand même. Que cette victoire pleine de volonté et de courage leur donnait raison, que c'était dans la tête des joueurs que ça se passait. Pendant plus de trois ans, ils ont poussé le peuple à détester leur équipe nationale, et aujourd'hui ils osent se présenter en amoureux de cette dernière ? Mais ils n'ont pas le droit de l'ouvrir. Ils devraient utiliser leur droit de silence, pour se faire oublier. Mais depuis mardi soir, on n'a jamais autant vu Pascal Praud à la télé. Comme quoi, que ce que vous disiez soit exact ou non, l'important c'est de dire quelque chose et de l'assumer, n'est-ce pas ? Admettre qu'on a eu tort, c'est quasiment signer son arrêt de mort médiatique. Et Praud aime trop passer à la télé pour ça.

Certains Français aiment leur équipe

Laissons ces tristes personnes dans leurs tours d'ivoire, voulez-vous. On a une qualification à savourer, une communion à faire fructifier. Dire que l’Équipe de France s'est réconciliée avec son public serait erroné : certes, les 80 000 spectateurs du Stade de France, dont votre serviteur, n'étaient pas là pour cracher leur haine, au contraire, ils étaient venus pour jouer
le rôle que tout spectateur de foot devrait avoir, celui de soutien, de 12e homme. Ils voulaient aller au Mondial, ils voulaient aussi montrer qu'ils ne faisaient pas partie des 80 % des gens qui souhaitaient - je dis bien souhaitaient - que la France n'aille pas au Brésil, qu'elle ne le méritait pas. Imaginez-vous un supporter de l'Angleterre souhaiter que son pays échoue ? En France, c'est possible. Non, ceux qui étaient là - et qui avaient acheté leur billet avant la match aller, il faut le reconnaître, et qui souhaitaient peut-être aussi que l'argent investi ne serve pas à rien - ont démontré qu'il restait encore des gens, en France, qui savent se comporter en supporter quand leur équipe en a besoin. C'est ça, un supporter. Ce n'est pas un consommateur, un opportuniste, qui lui tourne le dos dès que les vents deviennent contraires. Ce ne sont pas des Footix.
Ne soyons pas naïfs : à la première défaite, par exemple en mars contre les Pays-Bas, seul match amical programmé pour l'instant, les mêmes discours reviendront : la victoire contre l'Ukraine était chanceuse, cette équipe ne mérite pas d'aller au Brésil, on va être ridicule - si on tombe sur trois équipes du niveau des Pays-Bas, sûrement, mais ce ne sera pas le cas - et surtout, surtout, c'est la faute de Knysna. Dans 20 ans, on continuera de parler de Knysna sans savoir vraiment ce que ce terme étrange veut dire, mais ça fait vendre du papier, donc autant l'utiliser jusqu'à l'usure. Entretenir ce mythe, c'est garder sous le coude un argument comme quoi chaque défaite, chaque match moyen, est du à l'attitude des joueurs, leur manque d'envie, d'amour du maillot. Des arguments aux relents poujadistes et démagogiques,voire xénophobes, malgré le fait que la France ait été sauvée par des joueurs comme Sakho, Benzema, Pogba...

Sakho ce héros

Mais peu importe, au fond. Cette équipe a prouvé qu'elle avait de la qualité, même si rien n'est réglé. Une chose est sûre selon moi : il faudrait être aveugle pour penser qu'elle n'a pas trouvé une assise, un axe défensif extrêmement solide et performant, et je ne parle pas seulement de la charnière. Cette dernière est celle que j'ai trouvé la meilleure depuis très longtemps. Comment peut-on encore penser qu'un Koscielny vaut un Varane ? Ce dernier, qui n'était pas au top physiquement, a pourtant une nouvelle fois rendu une copie d'une très grande qualité, propre et sans la moindre erreur. Varane a-t-il seulement été mauvais une fois en Bleu ? Et combien de fois a-t-il été en difficulté au Real Madrid ? Avant ses blessures, il avait mis sur le banc des phénomènes comme Carvalho ou Pepe, excusez du peu. Et à gauche, comment a-t-on pu croire à la renaissance d'Abidal ? Pour qu'il y ait renaissance, il aurait fallu qu'il y ait naissance, mais le Monégasque n'a jamais été une référence au poste de défenseur central, notamment en Bleu. Alors à 34 ans, après deux ans d'absence pour maladie... ce qui rendait son retour en Bleu sympathique le dessert plus aujourd'hui qu'autre chose. Les belles histoires trouvent souvent leurs limites quand le niveau s'élève sérieusement.

A son poste, difficile de trouver mieux en France que Mamadou Sakho, je suis désolé. Et dire qu'il n'était plus apparu en Bleu depuis juin dernier, hormis sa mi-temps en octobre conte l'Australie... son statut de remplaçant au PSG - situation à la fois regrettable, au vu de son image de titi parisien formé au club, et logique, vue la concurrence - mais aussi, durant les premières semaines, à Liverpool, ont bien failli lui couter cher. Lui qui était titulaire indiscutable pour Deschamps avant cet été compliqué ne pouvait que reprendre sa place. L'avenir, c'est lui, on le savait depuis des années, durant lesquelles on avait tâtonné dans son secteur, même si Blanc avait tenté d'installer pendant deux ans la charnière Rami-Mexès. Mais quel défenseur, en France, rassemble autant de qualité de combattant, de puissance, de force ? Ce n'est pas un monstre technique, soit, même s'il ne me semble pas l'avoir vu rater une relance mardi soir, même les plus compliquées. Mais Desailly en était-il un ? Le grand Marcel aussi ne prenait pas de risque dans la relance, puisqu'il avait Blanc à ses côtés qui s'en chargeait. Mais c'était un monstre défensif qui ne laissait respirer aucun adversaire. Et Desailly s'est révélé plus tard au haut niveau que Sakho. Hormis le pied fort, ils ont beaucoup de points communs, selon moi.

Un trident redoutable

Il est également facile de bien défendre quand vous avez devant vous trois joueurs complémentaires, qui allient puissance défensive, pour deux d'entre eux, et potentiel offensif redoutable, pour les trois. L'abattage hallucinant de Matuidi, la puissance et la vista de Pogba, la technique et la science tactique de Cabaye forment presque le joueur parfait à eux trois. Comment a-t-on pu passer à côté de ce triumvirat ? Les autres joueurs de ce secteur reverront-ils un jour le ciel se découvrir pour eux, si ce n'est sur blessure ou suspension ?
Rappelons que ces trois là étaient suspendus pour le match en Géorgie... étrangement, Sissoko et Guilavogui n'avaient pas apporté la même stabilité, le même sens de la perforation. Ils y seraient peut-être parvenus s'ils avaient évolué avec un troisième joueur dans leur secteur, ce qui leur aurait permit de jouer plus haut et d'apporter des solutions offensives. Le 4-3-3 avait rarement marché avant mardi soir, mais désormais il apparaît comme le système idéal. Tout dépend aussi des joueurs qui l'animent...

C'est drôle parce que vendredi, avant le match, tous les "experts" étaient satisfaits de l'équipe alignée par Deschamps, avec Nasri devant Pogba et Matuidi, c'était pour eux un bon choix, puisque Valbuena était hors de forme, et surtout ça démontrait que Deschamps voulait attaquer, ne pas se contenter de défendre. Par la suite, la défaite venue, on a entendu les mêmes experts affirmer que Deschamps s'était planté dans les grandes largeurs, que cette défaite était la sienne... le jour où on verra un journaliste se dédire, là on pourra parler de véritable démocratie médiatique. La Presse n'a pas de contre-pouvoir pour la forcer à savoir se remettre en question quand elle s'est plantée, comme elle l'exige à propos des gens qu'elle ne cesse de juger, c'est le problème.

Benzema est enfin Benzema

Pour moi, le problème du milieu droit reste posé. J'ai vu toutes les notes positives que Valbuena a reçu, et elles ne sont pas imméritées. Mais elles auront quand même étonné beaucoup de spectateurs présents au stade, et qui ont râlé quand ils ont vu Valbuena continuellement se recentrer, dézonner, et ainsi ne pas offrir de solution à Debuchy, sur le plan offensif mais aussi défensif, puisque ce dernier a souvent du gérer Konoplyanka tout seul, ce qui lui a valu un carton et une sortie prématurée, pour éviter son expulsion. Sur ce match là, ça a marché, mais pas sûr que ça marchera à chaque fois, permettez moi d'en douter. Valbuena n'a pas réglé le problème du milieu droit parce qu'il n'a pas joué milieu droit. En revanche, quel excellent tireur de coups de pied arrêtés ! Il faut toujours un bon tireur dans une équipe, et avec lui et Ribéry, on est pas mal. Manque juste un gaucher... comme d'habitude.

Devant, Benzema a prouvé qu'il avait retrouvé la confiance qui le rend, selon moi, supérieur à un Olivier Giroud qui semble limité techniquement pour le haut niveau, selon moi, mais qui demeure une bonne solution de rechange en cours de match. Tant que Benzema, qui a des automatismes avec Ribéry, marque et se montre décisif, on ne peut pas le mettre sur le banc, même si ça ne fera pas plaisir aux amateurs de joueurs qui font joli - et Français de souche. De toutes façons, l’Équipe de France a besoin d'avoir des cadres qui assurent le job. Ribéry, qui est moins passé dans son couloir que d'habitude mais qui a fait expulser deux Ukrainiens, et a provoqué deux buts mardi soir, le fait régulièrement depuis deux ans. Si Benzema le fait aussi, on peut voir venir.

A plus tard !

mardi 19 novembre 2013

Battre l'Ukraine, mode d'emploi

Salut à tous,

Après ce match aller qui a mal tourné pour des Bleus pourtant plus présents dans le combat et l'envie que les médias veulent bien nous faire croire, mais qui ont craqué sur deux erreurs de défense et quelques détails, quelles sont leurs chances aujourd'hui, à quelques heures d'un match retour qui décidera de beaucoup de choses, que ce soit sportivement ou médiatiquement ? Si l'on s'en tient aux statistiques, aucunes : jamais une équipe menée de deux buts dans un barrage européen n'a réussi à remonter cet écart. Ça tombe bien, avant le traquenard de Kiev, jamais l'Ukraine n'avait battu la France... comme quoi, les trucs arrivent, parfois.

Des défenseurs qui doivent défendre

Quelles sont les solutions qui se présentent à elles, qui ne possède toujours pas de certitudes à une demi douzaine de postes ni sur le plan tactique ? La clé de tout, ce ne sera pas l'envie - qui était déjà là vendredi, et qui sera là ce soir, sinon on ne comprends plus rien - mais l'efficacité, et pas seulement dans les deux surfaces de réparation, même si c'est là que la France a failli vendredi, notamment dans la sienne. On savait que la charnière Koscielny-Abidal ne présentait pas toutes les garanties, on en a eu confirmation : le Gunner, qui n'est pas un défenseur né, a toujours du mal dès que le haut niveau se présente, et n'en est pas à son premier penalty provoqué, tandis qu'Abidal n'était déjà pas ce qui se faisait de mieux dans l'axe avant ses deux ans d'absence pour maladie, alors maintenant... sans parler de son âge. Même chose pour Debuchy, qui présente les lacunes classiques de l'ancien milieu
reconverti latéral, même si ça date maintenant : formidable centreur, il peine dans les duels, comme Evra. C'est le syndrome Van der Wiel, qui brille plus depuis que Paris a le ballon et qu'il peut quasiment évoluer ailier, tandis que Motta et les défenseurs font le boulot dans son dos. Debuchy et Evra n'ont pas cette chance, ils ont beaucoup plus de boulot défensif, surtout à l'extérieur, et ça se voit.

Si Sakho remplace Abidal et Varane, Koscielny, on peut penser que la France y gagnera dans le combat, au moins, même si on peut avoir des doutes sur le physique du Madrilène. On ne pourra pas suspecter Sakho de rechigner à la tâche défensive, il est en pleine forme avec Liverpool, et ça pourrait permettre à Evra de monter plus sereinement, et ainsi offrir plus de soutien à Ribéry, qui en a manqué à Kiev, puisque Evra devait s'occuper de Yarmolenko. Une chose est sûre, Deschamps va devoir se faire violence et prendre des risques, mais pas trop, sachant que les Ukrainiens n'attendront qu'une seule chose, comme à l'aller après l'ouverture du score : des espaces en contre, et on a vu qu'ils savaient y faire. Pas besoin de marquer très vite, du moment qu'on marque : si on en mets deux dans le premier quart d'heure, les Ukrainiens auront tout le temps pour mettre le but qui nous obligera à en mettre deux de plus... ce qu'il faut, c'est ne pas confondre audace avec témérité. Ne pas se jeter comme des dingues, à la fois tactiquement - ce qui offrirait des contres, donc - mais aussi dans l'engagement : il ne faudrait pas qu'on se retrouve prématurément à dix parce qu'un de nos joueurs aurait confondu le ballon avec la cheville d'un adversaire. Ne pas écouter la démagogie de Dugarry, qui souhaite voir des Bleus se jeter à la gorge des Ukrainiens : c'est une pratique interdite dans à peu près tous les sports, même de combat.

Un milieu qui se projette

Au milieu, la France n'a pas failli à Kiev, même si elle a semblé bousculée par l'engagement parfois excessif des hommes de Fomenko. On a compris pourquoi ces derniers prenaient tant de cartons... en cela, on nous a changé l'Ukraine romantique de Blokhine ou Shevchenko... Peut-être faudrait-il aligner trois milieux axiaux, comme le PSG, sans véritable meneur, avec Cabaye à la place de Nasri devant Pogba et Matuidi, de façon à ce que ces trois là puissent se projeter un peu plus, comme ils le font en club. A seulement deux défensifs, Pogba et Matuidi ne peuvent se permettre de prendre trop de risques sans que l'autre ne se retrouve isolé. Avec un joueur supplémentaire, Pogba et Matuidi, qui jouent relayeurs en club, ainsi que Cabaye, pourraient porter le surnombre dans la surface, ou au moins à ses abords, par la qualité de leurs frappes de balle. Après tout, c'est ce que font tous les milieux modernes : ils défendent, ils relancent, et ils marquent aussi, ils se projettent dans la surface. Comment voulez vous qu'un avant-centre, aussi doué soit-il, puisse s'en sortir seul dans une surface si personne vient le soutenir en phase offensive ?

Enfin, l'attaque. Ribéry a été parfaitement pris par deux, voire trois joueurs, vendredi. Il doit faire mieux, par exemple en se recentrant ou en permutant avec son partenaire évoluant à droite, mais il doit aussi avoir plus de soutien, de la part d'Evra, de Matuidi, de l'éventuel meneur, que sais-je. Le mouvement offensif ne doit pas être brouillon, mais il ne doit pas non plus être figé. A Paris, Cavani est ailier droit pour la forme, il ne cesse de revenir dans l'axe, tandis que Zlatan recule pour distribuer. A Barcelone, Messi joue-t-il vraiment
attaquant de pointe ? Bien sûr que non, il doit faire face au jeu pour briller, donc il part de loin, tandis que ses deux ailiers, Pedro, Sanchez ou Neymar, offrent des solutions dans l'axe ou étirent la défense en restant sur le côté. Ce qu'il faut, c'est semer la panique dans la lourde défense ukrainienne. Centrer ? Inutile, ils sont immenses et de toutes façons on ne sait pas centrer, malgré Debuchy. Il faut jouer au sol, redoubler de passes, écarter cette défense pour ensuite repasser par l'axe. Et être efficace devant le but.

Rater un Mondial, ça arrive

Ce qui pose problème, sur le plan mental, c'est que les Ukrainiens sont invaincus depuis 12 matches, et prennent très peu de buts. Hormis leurs deux ailiers ils manquent de génie, mais Zozulia, devant, a démontré qu'il ne fallait pas dénigrer sa vivacité. Et Edmar n'est pas un Brésilien de naissance par hasard. Bref, qualifier, comme l'Equipe ce matin, d'"humiliation" cette défaite de l'aller est définitivement la preuve que peu de gens s'y connaissent vraiment en football dans ce pays, y compris dans les rangs de ceux qui pensent tout savoir, à savoir les journalistes. Perdre contre la Chine, comme en 2010 avant le Mondial (0-1), oui c'est une humiliation, en Ukraine sur un coup de dé, non. Il s'agit des barrages, épreuve où normalement toutes les équipes se tiennent et ont brillé dans leurs qualifications, sinon elles ne seraient pas là. L'Ukraine qui a fourni à peu près tous ses grands joueurs à l'URSS, et qui possède des clubs qui, eux, gagnent des Coupes d'Europe. Croire que la France est suffisamment un pays de football pour regarder tous les autres de haut, hormis les très grands, c'est oublier les longues périodes de disette qui ont fait le lien entre les générations Kopa, Platini et Zidane.

Il faudra avoir la chance qu'on n'a pas eu vendredi, mais ça implique qu'on en ait pas et qu'on se fasse sortir. Rater une Coupe du Monde, c'est terrible, certains joueurs de l’Équipe de France n'ont même jamais vécu ça. Mais ça fait partie du jeu, de l'Histoire des Bleus, ça arrive. Et, même si je sais que je parle dans le vide, ça ne servira à rien de dresser un procès à ces joueurs qui n'auront eu qu'un tort : d'être tombé dans le groupe de l'Espagne, et de ne pas être une génération immense. Rien à voir avec les casques sur les oreilles, le manque de sourire, les coupes de cheveux moches ou leurs origines ethniques ou sociales. Ils ne sont pas mieux payés, plus méchants ou pédants ou détestables que ceux de 98, simplement ils gagnaient, eux. C'est le seul critère sur lequel ils doivent être jugés, tout en se disant que la défaite fait partie du jeu.

Allez je vous laisse, et allez les Bleus !

mercredi 16 octobre 2013

Sus aux barrages !

Salut à tous,

Après ces deux très bons matches de l’Équipe de France face à deux équipes qui sont certes loin du gratin mondial, mais qui ne sont pas non plus si nulles que ça, il est temps de faire un petit état des lieux avant les barrages qui s'annoncent dans un mois. Et qui font déjà frissonner l'épiderme des quelques supporters que comptent encore cette équipe dans ce pays à la relation si étrange avec le "supportariat".

Des qualifs réussies

D'abord, un constat : avec 17 points sur 24 possibles, la France a réalisé, quoi qu'on en dise, un excellent parcours, surtout quand on sait qu'elle a du se coltiner la meilleure équipe du monde sur les six dernières années, l'Espagne, contre qui elle a même réussi à gratter un point, et sur qui elle ne compte, à la fin du bal, que trois petits points de retard. Soit une victoire, celle obtenue sans briller par la Roja au Stade de France, en début d'année (0-1). Les deux équipes ont donc pris le même nombre de points contre les trois autres adversaires de la poule, à savoir 16 sur 18. Comme parcours chaotique, j'ai déjà vu pire. Dès le tirage au sort, on savait que le destin probable de ces Bleus était de terminer barragiste. C'est ce qui est arrivé, mais le fait qu'elle aurait encore pu coiffer sa grande rivale lors du dernier match, comme c'était le cas hier soir, prouve qu'elle n'a pas raté du tout sa phase qualificative, loin de là.

Elle s'est ratée sur un seul match, celui en Géorgie (0-0). Si elle l'avait emporté, elle aurait échoué à un point de l'Espagne, ce qui ne change pas grand chose, mais quand on se
remémore le dernier France-Espagne, qui aurait tout aussi bien pu se terminer en match nul, on peut se dire que la première place de cette poule ne s'est vraiment pas jouée à grand chose. Et que, au passage, l'Espagne est loin d'avoir maîtrisée son sujet, avec un match nul contre la Finlande, à Gijon (1-1), des victoires compliquées contre le Bélarus (2-1), la Géorgie (0-1, 2-0) et la Finlande (0-2) et les matches accrochés contre la France (1-1, 0-1), qui termine d'ailleurs avec une meilleure attaque (15 contre 14). Comparés aux parcours des Pays-Bas (34 buts) ou de l'Allemagne (36), ça fait pâle figure. Mais on sait depuis longtemps que le talent de l'Espagne, contrairement aux idées reçues, repose autant sur un beau collectif que sur des qualités de pressing et de défense au-dessus de la moyenne, il suffit de regarder ses derniers tournois, où elle s'est souvent contentée de 1-0 minimalistes mais efficaces pour passer les obstacles.

Ribéry se charge de tout

Revenons à la France. Le paradoxe ultime, sachant qu'elle possède logiquement moins de chance de gagner ses barrages que de les perdre, vu son statut de non tête de série, serait qu'elle soit éliminée tout en possédant en son sein le futur Ballon d'Or. Mais l'aura-t-il si la France échoue ? Malgré tout, que serait cette équipe sans Franck Ribéry ? On aurait aussi pu se poser la question durant les années Platini, mais c'est vrai qu'en ce moment on a presque du mal à imaginer la France marquer un but sans un coup de pouce de l'ailier du Bayern. Contre l'Australie (6-0), il marque une fois, donne trois buts et se trouve à l'origine d'un autre, soit cinq sur six. Hier soir, sur trois buts, il ouvre le score d'une façon sublime et donne le troisième but à Benzema. Ce fut également le cas au Bélarus, le mois dernier (2-4), où il marqua deux fois. Lors des deux dernières années civiles, il a signé 10 (deux fois cinq) de ses 18 passes décisives dans le jeu en Bleu, soit le même total que Zidane... qui compte 30 capes de plus (108 contre 78). Dans le même temps, la France a marqué 38 buts, sur lesquels il a été directement impliqué un fois sur deux (9+10)... Il a marqué cinq fois cette année, aucun Bleu n'avait marqué autant depuis Thierry Henry, en 2007...

Seize buts, 18 passes en 78 sélections, pas mal pour le footballeur le plus moqué en France, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le sport : les affaires de prostitutions, certes, mais aussi son visage et ses difficultés en Français. Un racisme anti moche mais aussi de classe, qui ne valorise pas notre pays, déjà à la peine en ce moment au niveau des valeurs d'humanisme. Ce qui est drôle, vu que son énorme popularité, en 2006, valait autant pour ses qualités balle au pied que pour sa fraîcheur, ses blagues potaches, et un constat : c'est un petit gars du peuple. On le célébrait pour ça, on le moque aujourd'hui pour ça. En tous cas, un chose est sûre : on n'ira pas au Brésil sans un grand Ribéry.

La défense tangue

Étrange année 2013, durant laquelle les Bleus ont battu leur record en terme de minutes sans marquer consécutivement (525, soit près de six matches) et qui viennent de marquer 13 buts en trois matches... difficile d'évaluer ses forces et ses faiblesses, hormis l'évidence Ribéry. Elle est inconstante, c'est un fait. Combien de joueurs sont indiscutables dans cette équipe ? Lloris, Matuidi, Ribéry, c'est à peu près tout. Evra, de par son expérience et le
manque de concurrence, l'est en partie, tout comme Debuchy, l'expérience en moins. Les deux latéraux qui ont écarté les faibles prétendants à leur postes sans vraiment le faire exprès, même si le joueur de Newcastle affiche toujours une belle qualité de centre. Mais ce sont d'anciens ailiers qui sont toujours aussi moyens sur le plan défensif. Face aux faibles ailiers australiens ou finlandais, ça passe (et encore, hier on a concédé beaucoup d'occasions venant des côtés) mais dès que le niveau s'élèvera... on pourra trembler. Vous me direz, le Brésil a remporté cinq Coupes du Monde avec des latéraux qui défendent mal, mais c'est le Brésil, il peut se le permettre, pas nous.

Dans l'axe, on a vu hier qu'Abidal, malgré toute la sympathie que son parcours fait naître dans nos petits cœurs, mais aussi son immense expérience, n'était pas vraiment une bonne solution. Heureusement que Koscielny a rattrapé plusieurs coups... le Monégasque a plusieurs fois été battu dans son dos, ce qui est sensé ne pas lui arriver vu sa pointe de vitesse. Mais à 34 ans et après quasiment deux ans sans jouer, celle-ci semble appartenir au passé. Heureusement, on a Varane et Sakho en réserve. Peut-être faudrait-il que Deschamps soit enfin convaincu que l'ancien Parisien est devenu meilleur qu'Abidal. Et que Koscielny, aussi intelligent soit-il, ne vaut pas un demi Varane. La sélection naturelle finira par faire le travail.

Le milieu, point fort des Bleus

Au milieu, on semblait parti pour un duo Pogba-Matuidi mais Cabaye est revenu battre les cartes. Avec un constat : quand le Magpie est là, la qualité de passes des Bleus s'en ressent. Étant entendu que Deschamps semble avoir définitivement adopté le 4-2-3-1 que la majorité des équipes dans le monde appliquent, il va falloir qu'il tranche. Matuidi, par son abatage et son travail au milieu, mais aussi son jeu vers l'avant (ce fut moins le cas hier) semble indiscutable. Pogba, de part son statut à la Juve et son âge, ce qui implique une marge de progression énorme, également. Disons que Cabaye semble être une solution un poil plus offensive, quand la France aura besoin de moins défendre et mieux jouer. Contre l'Australie, par exemple, ce fut parfait. Quand ce sera l'Allemagne en face, c'est moins sûr. En tous cas, c'est le secteur le plus performant, mais ce n'est pas nouveau, c'est plutôt une constante chez l’Équipe de France, qui a gagné une Coupe du Monde grâce à lui.

Avant d'arriver aux attaquants de pointe, voyons ceux chargés de les fournir en ballon. Ribéry semble avoir phagocyté la fonction avec talent, et pour cause : personne d'autre ne parvient à équilibrer le jeu de l'autre côté. Les autres passeurs cette année, à part lui qui en a signé cinq ? Valbuena (2), Nasri et Sissoko (1). Ménez provisoirement (?) out, Payet pour l'instant trop juste, il reste la solution Rémy, qui est pour moi la meilleure (avec Ménez, à son niveau optimal). Le Magpie (encore) présente le double avantage de savoir briller dans le couloir droit mais aussi devant le but, on le voit en Angleterre. On l'a moins vu contre l'Australie, où il a mangé plusieurs belles opportunités. Mais il fut le meilleur buteur des Bleus en 2011, avec trois buts, et avec 4 buts en 20 sélections (9 titularisations), il n'est pas ridicule. Un profil à la Thierry Henry, mais côté droit.

Pour le reste, Valbuena et Nasri ne sont pas convaincants sur un côté, même si ça n'empêche pas les Bleus de gagner. Nasri est potentiellement supérieur, Valbuena est plus combatif mais n'a toujours rien prouvé en club au niveau international, malgré quelques éclairs. Le problème ne se pose donc pas seulement pour le poste d'ailier droit : si un des deux s'était vraiment imposé derrière l'attaquant, on ne se demanderait pas qui ira jouer à droite. Et je ne parle pas des solutions Gourcuff, Grenier ou Martin... la France n'a jamais eu de grande génération sans grand numéro 10. Donc on est encore loin de la queue du Mickey.

Benzema ou Giroud ?

Les buteurs, enfin... Le sujet à la mode. Souvenez vous, il y a deux mois et demi, le problème majeur des Bleus, c'était l'avant-centre. Benzema n'avait plus marqué depuis un an, mais Giroud ne marquait pas non plus. On en venait presque à se demander si Gomis n'était pas la meilleure solution. En France, on a toujours pas compris qu'un buteur ne marquait pas, ou rarement, sans un collectif huilé autour de lui. Malgré la filiation revendiquée par lui-même, Benzema n'est pas Ronaldo, qui faisait des différences énormes tout seul, du moins avant ses blessures de milieu de carrière. Et Giroud, malgré son altruisme et sa combativité, reste un avant-centre à la Hoarau, pas très rapide, grand, costaud, bon de la tête, devant et derrière, mais dont le rendement dépend énormément du nombre de ballons exploitables arrivant dans la surface. Il ne sera jamais un grand technicien, lui qui a été
rejeté par Grenoble à 21 ans, et qui ne s'est révélé en Ligue 1 qu'à 24, alors que Benzema marquait déjà des buts dans l'élite à 19 ans. Des parcours opposés, tout comme leurs profils techniques. Cependant, si Benzema a une meilleure cadence de buts par sélections (0,27 contre 0,21) il est battu au comptage par minutes (1 but toutes les 224 minutes contre 1 toutes les 207 pour Giroud). Bref, sur ce plan là, ça reste serré.

Aujourd'hui, je suis partagé. Giroud est plus efficace en club que Benzema, dont je me demande encore comment il peut être titulaire dans une équipe comme le Real, qui a toujours brillé grâce à des buteurs immenses, les meilleurs à leurs postes. Heureusement que Ronaldo fait le job... aujourd'hui, ils sont un demi douzaine à être de meilleurs avant-centres que lui, sur lesquels le Real lorgne d'ailleurs avidement (Falcao, Rooney, Van Persie, Cavani, Ibrahimovic...). Mais Benzema est tout de même le meilleur buteur en Bleu en activité (17 buts), et le deuxième meilleur buteur français de l'histoire de la Ligue des Champions (33 buts) derrière Henry (50) et devant Trezeguet (29). Giroud est le 33e avec 3 buts en un peu plus d'une saison à ce niveau... reste que sur la forme actuelle, il semble devant. Mais à 27 ans, s'il était le grand buteur que la France attend depuis la retraite d'Henry, ça se saurait, sincèrement. J'espère me tromper.

En tous cas, en deux mois on est passé d'un choix par défaut à un choix cornélien : qui choisir ? Benzema a mis deux buts beaucoup plus difficiles à mettre qu'il n'y parait : en une touche, au premier poteau, sur des centres tendus. Couper au premier poteau : un truc qu'il ne faisait jamais, et qu'il aurait du faire avant au lieu de se comporter comme un avant-centre français ordinaire, à savoir attendre bêtement au deuxième ou aux six mètres qu'un ballon lui arrive dessus. Giroud, lui, a marqué deux jolis buts contre l'Australie, même si le deuxième me semble plus être une volée ratée qu'un véritable piqué volontaire. Mais bon, comme les médias sont fans, ils ont chaussé leurs lunettes déviantes qui leur avait permit d'affirmer que la volée de Zidane, en 2002, n'était pas également une volée ratée. C'est pas grave, c'est beau quand même.

Au final, frottons nous les mains de posséder un des deux meilleurs ailiers du monde dans nos rangs, et des buteurs enfin efficace. Avec une défense un poil plus solide et un milieu toujours talentueux, et maintenant des avant-centres efficaces, elle peut aborder ces barrages avec confiance, même si le tirage peut changer la donne. Éliminer le Portugal de Ronaldo, ça aurait de la gueule... ce serait dommage aussi un peu. Le mieux, ce serait la Grèce, on perdrait pas grand chose. Ouhlàlà je suis vilain !

Vivement les barrages, l'attente va être longue.

A plus tard !

jeudi 20 juin 2013

Fin de la progression

Salut à tous,

Il y a 10 ans, la France remportait, sur ses terres, la quatrième Coupe des Confédérations de l'Histoire, sa deuxième consécutive, en battant un Cameroun affligé après la mort tragique, en demi-finales, de son milieu défensif Marc-Vivien Foé (1-0). But de Henry, meilleur buteur de la Compétition avec quatre buts. Une époque glorieuse, dont la France a rarement semblé aussi éloignée dans son histoire.

Presque une défaite tous les deux matches

Tandis qu'actuellement l'Espagne et l'Italie, finalistes du dernier Euro et qu'elle toisait de haut il y a une décennie, disputent à sa place la septième édition de l'épreuve gadget - mais révélatrice quand même - de la FIFA, au Brésil, la France est en train de compter ses rares victoires récentes. Sur cette saison 2012-13, le calcul est rapide et cruel : en 11 rencontres, la France a gagné quatre matches, et voici les noms de ses "victimes" : si la présence de l'Italie - sur ses terres, en plus - est plus qu'honorable, celles de la Finlande, du Bélarus et de la Géorgie sont moins... impressionnantes. Surtout que les deux derniers cités ont été battus au Stade de France, sur des scores pas forcément ébouriffants (3-1 à chaque fois) et sans jamais parvenir à marquer le moindre but avant la 45e minute. Des succès à chaque fois convaincants, certes, mais pas non plus marqués du sceau de la classe.

Dans le même temps, la France a perdu cinq fois, ce qui indique donc un bilan général négatif, vous l'aurez compris. Défaites contre le Japon en amical, en octobre (0-1) puis quatre autres en cette année 2013 qui s'annonce d'ors et déjà catastrophique sur le plan des résultats, qualification pour le prochain Mondial ou pas : Allemagne (1-2) et Espagne (0-1) au Stade de France, puis en Uruguay (1-0) et au Brésil (3-0) lors de la récente tournée sud-américaine.

Loin des meilleurs

Là encore, le très reluisant pedigree des vainqueurs - tous champions du monde, voire multi pour trois d'entre eux, même si ça date sérieusement pour la Céleste - de la France depuis février dernier relativise quelque peu ce bilan rachitique. Mais ces dernières années la France, on l'a vu, s'était imposée en Italie, mais aussi en Allemagne (1-2), avait battu deux fois l'Angleterre (1-2 et 1-0), ou le Brésil (1-0), et avait tenu tête à la Roja en Espagne à l'automne dernier (1-1). Pourtant, on parlait là aussi d'équipe en construction, et là aussi on pouvait craindre des défaites cinglantes face à ces équipes qui nous étaient logiquement supérieures, mais à chaque fois on avait fourni des prestations solides, qui avaient démontré que même si on ne disposait plus d'une des meilleures équipes du monde, on possédait encore suffisamment de bons joueurs pour rivaliser ponctuellement avec les meilleurs. Ce n'est manifestement plus trop le cas.

Et alors qu'on pensait que la France, avec ce quart de finale obtenu lors du dernier Euro, première phase de poule réussie depuis 2006, avait enfin entamé la face ascendante du creux générationnel qui la frappe depuis une demi douzaine d'années maintenant, la voilà qui rechute dans des profondeurs très inquiétantes, qui semble voir sa progression récente sérieusement entamée. Oui c'était de gros pays, mais après ces quatre défaites en cinq matches, après ces trois matches consécutifs sans marquer, ces trois défaites d'affilée, une première depuis trois ans - une série inédite sous Domenech, je dis ça comme ça - qui imagine sérieusement la France terminer devant l'Espagne dans son groupe qualificatif ?

Et, dans la mesure où son classement FIFA très faible - 18e, 13e Européen - lui garantit presque à coup sûr une non protection lors des barrages, qui peut l'imaginer battre un des gros morceaux qui se présentera devant elle ? Au vu des actuels deuxièmes, elle serait accompagnée par la Bulgarie, l'Autriche, la Hongrie et l'Albanie pour défier la Croatie - 3e Européen ! - , la Russie, la Grèce ou... l'Angleterre, voire le Portugal si ce dernier est devancé par la Russie, qui compte deux points et deux matches de moins à jouer. Je ne vous cache pas qu'il faudrait un sacré coup de chance - en d'autres termes, la Grèce - pour espérer passer. Sinon, ça s'annonce très très tendu. Pour être tout à fait honnête avec vous, je ne crois plus trop à cette qualification. Il fallait bien que ça arrive, 20 ans après son dernier échec, pour la World Cup 1994 aux États-Unis. Cette défaite contre l'Espagne - évitable, au vu du contenu - fait vraiment très mal.

Toujours pas d'équipe type...

Didier Deschamps, comme Laurent Blanc avant lui, dispose d'un crédit quasi illimité auprès des médias, malgré ces résultats très mauvais, que n'aura jamais eu le pauvre Raymond Domenech, qui a eu le tort de ne pas faire partie de la génération 98. Cette dernière, après lui avoir donné la leçon et réclamé par de lourds sous-entendus de passer au pouvoir afin de démontrer à quel point eux ont raison et les autres tort, se retrouvent face à la réalité des choses : avant c'était la faute de Domenech et maintenant c'est la faute des joueurs ? Non, c'était trop facile. La réalité c'est que, lui comme eux, ne peuvent pas faire de miracles avec une génération de joueurs moyens-bons, sans véritable charisme, qui ne parviennent toujours pas à se comporter comme les patrons dont l’Équipe de France a tant besoin.

Les patrons ne se décrètent pas, et ne se trouvent pas sous le sabot d'un cheval. Il se forge avec l'expérience et le nombre de sélections, un problème pour cette jeune équipe. Elle pourrait compter sur ses anciens en termes de cape, Ribéry (73), Benzema (58) ou Lloris, son capitaine (47) mais ils ont du mal à vraiment endosser ce rôle, et je n'ai jamais été convaincu par le fait de nommer les gardiens capitaines, eux qui sont si loin du jeu. Nasri (35) et Sagna (34) ? Pas vraiment indiscutables en Bleu, même s'ils le sont plus que Gourcuff (31) Mexès (29) ou Rami (26). Cabaye (23) ? Oui, ce serait logique, mais c'est loin d'être le cas. Il a même été moins appelé que Matuidi cette année, et voit la concurrence de Pogba le menacer... Les patrons se trouvent souvent en défense centrale, on y avait presque cru quand Blanc avait fait confiance pendant deux ans à la charnière Rami-Mexès, qui, à défaut de toujours rassurer, avait au moins apporté un peu de stabilité, et donc de sérénité. Depuis ces deux là ont quasi disparu, et ceux qui jouent désormais - Koscielny, Sakho et Varane - sont encore en cours d'apprentissage du niveau international. Et surtout, aucun d'entre eux ne s'est encore imposé. Pas de patron donc dans ce secteur non plus...

Au fond, il faut juste essayer de compter les joueurs de très haut niveau que compte la France. Son gardien ? Oui, peut-être. Pas sûr... En défense, Varane s'en approche mais c'est encore tôt. Au milieu il y a Matuidi, et Pogba, peut-être. Comme Varane, c'est encore tôt. Cabaye ? Terminer 16e de Premier League semble rédhibitoire. En attaque ? Oui pour Ribéry, pas encore pour Valbuena, qui n'a rien démontré en club au plus haut niveau, mais pas pour Benzema. Il n'est plus vraiment titulaire au Real, où il marque moyennement, et est inexistant en Bleu. Le statut c'est bien, les passes décisives aussi. Mais faire moins bien en terme de moyenne de buts par sélection que Steve Marlet ou Patrice Loko... c'est vraiment problématique. La comparaison avec les meilleurs buteurs du monde actuel est très cruelle pour Benzema, qui a du talent mais le cache complètement en Bleu. En tous cas, deux joueurs vraiment avérés au très haut niveau, ça fait très peu. Trop peu !

Un bilan catastrophique

A l'heure actuelle, à la moyenne de points (rapportée à deux par match, comme d'habitude, pour plus de vérité), Didier Deschamps possède le 13e bilan d'un sélectionneur depuis 1964 avec 0,91, devançant Henri Guérin (0,82), Louis Dugauguez (0,78) et Just Fontaine (0), qui ont tous connu la pire décennie des Bleus, les années 60, et loin derrière des sélectionneurs décriés par les médias comme Santini (1,71), Lemerre (1,49) et Domenech (1,34), le sixième de l'histoire. Laurent Blanc est lui quatrième (1,44), preuve que sous son égide, les résultats n'étaient pas fabuleux mais en progrès, au moins. Depuis, le rechute est pire que la chute elle-même, après 2006. En tous cas, pour l'instant, les deux anciens patrons de France 98 font nettement moins bien à eux deux (1,29) que leur si estimé collègue.

Ce qui inquiète dans le bilan de Deschamps depuis un an, en plus du grand nombre de défaites après 11 matches - il a déjà plus perdu que Blanc avec 16 matches de moins - c'est le nombre de buts faméliques inscrits, 11, soit un par match. On passera sur le cas de Benzema qui, ça l'a été assez dit, bénéficie surtout de l'absence de concurrent véritable à son poste, maintenant que les gens se sont enfin rendu compte de la faiblesse de Giroud au niveau international, et des autres candidats au poste (Gomis, Gignac...). Elle a signé cinq matches sur 11 sans marquer, dont les trois derniers, et seulement trois matches à au moins deux buts. Avec une pointe ou deux, un meneur axial ou deux excentrés, deux ou trois milieux défensifs, le problème reste le même : la France se crée pas franchement beaucoup d'occasions, et n'est pas efficace sur ces dernières. Elle marque quasiment que dans le jeu - 9 sur 11 - démontrant à la fois qu'elle a quand même de la qualité avec Ribéry et Valbuena, mais aussi sa traditionnelle mais toujours dramatique aptitude à mal tirer les coups de pied arrêtés, une des armes majeures aujourd'hui dans le foot. Aucun défenseur n'a marqué cette saison en Bleu, et seulement trois fois par des attaquants de pointe. le meilleur buteur - et non passeur, ce dernier est Ribéry (4) - se nomme Valbuena (3).

Les jeunes nous sauveront-ils ?

L'avenir, ce sont ces jeunes, Varane et Pogba, qui doivent l'incarner. Ces deux là sont évidemment trop jeunes pour être considérés comme des cadres, et il est encore tôt pour affirmer qu'ils sauveront la France... combien de jeunes ont été cramés par cette pression ces dernières années ? En tous cas ceux qui ont été alignés ce printemps en Amérique du Sud, notamment Grenier ou Lacazette, ne sont pas vraiment du même acabit. La France aura toujours de la réserve, mais pas forcément de quoi la maintenir dans les dix meilleurs mondiaux. Sur sa dernière tournée, on en était même très loin. Espérons que les Bleus qui s’apprêtent à disputer le Mondial des moins de 20 ans cet été nous apportent enfin un peu d'espoir ! Les Espoirs qui n'ont plus fréquenté la phase finale de l'Euro depuis 2006, et plus connu de finale depuis 2002, avec Landreau, Réveillère, Escudé, Boumsong, Govou, Luyindula, Meriem, Mexès, Pedretti... tous internationaux, aucun d'entre eux n'a vraiment percé en Bleu. Comment voulez vous construire une équipe A de qualité avec de si mauvais résultats en jeunes ?

A plus tard !

mardi 20 novembre 2012

La France clôt sa saison


Salut à tous,

Revenons un peu sur ce match de la France en Italie, et d'une manière générale sur cette nouvelle année internationale pour les Bleus.

Les Bleus à l'Italienne

D'abord ce match, donc. Au milieu d'une série de trois matches face à trois demi-finalistes du dernier Euro, dont les deux finalistes (Espagne, Italie et Allemagne en février prochain), la France a bien négocié un match qui s'annonçait compliqué, même si l'historique des rencontres amicales entre les deux pays disait l'inverse. S'ils ont perdu leurs deux dernières confrontations officielles contre la Squadra, les Bleus n'ont en effet plus perdu un match amical contre son voisin depuis 50 ans, soit six rencontres (3 succès, 3 nuls), dont quatre jouées de l'autre côté des Alpes.

Et cette tradition s'est confirmée dans ce match à Parme, qui, malgré l'enjeu d'un derby, le 37e du nom, restait un match amical. Et ce, d'une seule et fondamentale façon : la deuxième mi-temps, marquée par douze changements, dont 10 entre la 50e et la 73e minute. Comment voulez-vous sérieusement juger une partie, aussi prestigieuse soit-elle, quand plus de la moitié des équipes de départ ne terminent pas la rencontre, voire même ne dispute pas le dernier quart d'heure ? En plus de découper en rondelles une mi-temps - un changement toutes les 4 minutes - le jeu n'est évidemment plus le même. La France a commencé avec une attaque Sissoko-Valbuena-Ribéry-Giroud, elle a terminé avec Ménez-Gourcuff-Trémoulinas-Gomis...

Ces considérations évoquées, passons à ce match qui confirme le regain de confiance, sinon véritablement technique, des Bleus. Là encore, ce n'est pas nouveau : depuis plus de deux ans, la France n'a perdu contre quasiment aucune des grosses écuries qu'elle a affronté, à savoir l'Angleterre (1-2), le Brésil (1-0), l'Allemagne (1-2)... et même l'Espagne le mois dernier (1-1), même si cette dernière lui avait donné la leçon à l'Euro (2-0). Rien de nouveau, parce qu'on se rend compte que lorsqu'il s'agit de subir, de laisser le ballon, de faire parler son bloc, la France est au niveau. Le problème se situerait plutôt pour les matches où elle doit faire le jeu. Elle avait montré des progrès contre le Bélarus (3-1), mais sa défaite contre le Japon (0-1) après son nul contre l'Uruguay (0-0) confirment que lorsque c'est à elle de se faire une place dans un bloc fermé, ça se complique sérieusement. D'ailleurs, la France de Deschamps marque très peu pour l'instant (7 buts en 6 matches).

Les deux matches contre l'Espagne puis l'Italie se ressemblent un peu, même si la notion d'"amicalité" pour le second change beaucoup de choses, on l'a dit. A chaque fois, on ne donnait pas cher de la peau des Bleus, et la pression était donc relative, même si la confiance était meilleure la semaine dernière en raison du très bon résultat de Madrid. A chaque fois, on a plus ou moins souffert en première mi-temps, tout en livrant un gros match physique et tactique, gênant ces deux redoutables adversaires dans l'élaboration du jeu, y parvenant à chaque fois plus en deuxième mi-temps qu'en première. La grosse satisfaction, ce sont les deux matches de mammouth de Matuidi au milieu. Son pressing, sa science de l'interception en font un des grands architectes de ces deux matches réussis. Quitte actuellement à tirer la langue avec le PSG...

Et à chaque fois, on s'est montré efficace sur les quelques occasions qu'on s'est procuré, plutôt à Parme qu'à Madrid d'ailleurs. A ce titre, l'entrée en jeu de Gomis est assez symbolique, et surtout son but, fruit de son profil, assez rare finalement en France, de chasseur des surfaces que Benzema ne sera jamais, et Giroud pas trop non plus, par manque de vivacité. Le Lyonnais est un combattant, qui ne cesse d'user la défense par ses appels, son jeu dos au but et son activité, et qui est toujours présent sur les ballons qui trainent, parce qu'il les sent, tous simplement. C'est ce qui fait que Gomis, malgré un statut pas toujours définit à Lyon, n'a jamais marqué moins de 10 buts par saison depuis 2006 en Ligue 1 ! Une qualité dénigrée en France, mais souvent très utile pour gagner ce genre de matches âpres, où les occasions sont rares. Un talent... tout italien, et que ne possède pourtant pas non plus le nouveau fer de lance italien, Balotelli. Joli symbole, quand même, de gagner de cette manière sur le sol italien.

Valbuena aussi, bien sûr, a marqué des points. Moi qui ait toujours été circonspect face à un joueur certes spectaculaire et très actif, mais qui n'a jamais possédé des statistiques susceptibles de m'impressionner, j'ai évolué. Si on enlève ses passes décisives sur coup de pieds arrêtés, il demeure un bon passeur, sans être une machine à passe. Et son nombre de buts (1 cette saison en Ligue 1, jamais plus de 5 par saison auparavant) n'a jamais défrayé la chronique. Bref un attaquant plus joli à voir que véritablement efficace, et qui plus est énervant par son aptitude à plonger au moindre coup de vent. Mais depuis deux ou trois saisons, il est devenu plus efficace, et sa place en équipe de France est logique, surtout qu'il y marque finalement souvent (3 buts en 18 sélections, un toutes les 300 minutes contre un toutes les 458 minutes au total).

En l'absence de Nasri, sa place dans un 4-2-3-1 est parfaitement légitime, surtout avec Ménez à droite et Ribéry à gauche. Après, il est toujours difficile d'écarter Benzema de la pointe, malgré son inefficacité chronique en Bleu... Au milieu, on peut imaginer que Cabaye et Matuidi, avec éventuellement un Diaby comme alternative, ont pris de l'avance pour composer la future ossature de l'équipe, qui en a cruellement besoin.

Revenons à présent sur cette année en Bleu...

La France dans la moyenne

Comme en 2010, avec le passage de relais entre Raymond Domenech et Laurent Blanc, 2012 est une année double, avec les six premiers mois, marqués par des matches amicaux, l'Euro et le remplacement de Blanc par Didier Deschamps, puis les six suivants, avec le début réussi des éliminatoires pour la Coupe du Monde 2014, et quelques matches amicaux diversement réussis.

Au total, l’Équipe de France a signé une bonne saison (1,92 points par match, 8 succès, 3 nuls et 3 défaites), dans la lignée des dix années précédentes (1,99)., mais moins bien qu'en 2011 (2,08). Mais l'Euro, et ses deux défaites en quatre matches, pèse lourd dans la balance. Malgré cela, le bilan de Laurent Blanc est meilleur que celui de son successeur : 5 succès, 1 nul et 2 défaites, soit 2 points par matches ; et 3 victoires, 2 nuls et 1 défaite pour Deschamps (1,33). Le nul contre l'Uruguay (0-0) et la défaite contre le Japon (0-1) font des dégâts. Didier Deschamps qui a également du mal à faire marquer son équipe : 7 buts en 6 matches, dont 3 contre le Bélarus (3-1), soit 1,17 par match, le deuxième pire chiffre de l'histoire pour un sélectionneur français. Avec 0,66 buts encaissés par matches, il fait aussi un peu moins bien que Blanc (0,63), lui-même devancé par Santini (0,46) et Jacquet (0,51).
 
Une attaque toujours en berne

Au total, la France a marqué 21 buts, soit 1,5 buts par match, la même moyenne que sur les dix saisons précédentes (21,4 buts par an, 1,59 par match), et un meilleur chiffre qu'en 2011 (1,31). Mais la France n'a plus marqué plus de 1,5 buts par matches depuis 2006 (1,76) et plus de 2 depuis 2003 (2,86). Cette dernière année est aussi la dernière qui a vu un joueur dépasser les 8 buts sur une saison (Henry, 11). Depuis, seul... Henry en a marqué plus de 5, en 2006 (8). Et depuis 2008, personne n'a fait mieux que 4 (Henry puis Gignac, 4, Benzema puis Rémy l'an dernier, 3). Cette saison, le meilleur buteur français se nomme Franck Ribéry, auteur de 4 buts contre l'Islande (3-2), la Serbie (2-0), l'Estonie (4-0) et le Bélarus (3-1). Il s'agit de sa meilleure saison dans ce domaine, après n'avoir marqué aucun but en 2010 et 2011, lui qui compte désormais 11 buts en sélection.
 
Il devance en 2012 Benzema, Malouda, Ménez et Giroud (2). Le Madrilène, qui n'a inscrit qu'un doublé contre l'Estonie (4-0), n'a marqué que quatre fois en deux ans, et 7 fois en trois. Avec 15 buts, il se situe au 17e rang des meilleurs buteurs en Bleu, à égalité notamment avec Revelli ou Rocheteau. Mais avec le même nombre de sélections que Papin (54), il compte exactement moitié moins de buts (15 contre 30). En revanche, il est co meilleur passeur des Bleus (5 passes), à égalité avec... Ribéry, et devant Giroud (3). Avec 16 passes décisives dans le jeu, la France signe son meilleur chiffre depuis 2006 (17).
 
Par ailleurs, la France a encaissé 12 buts, contre 5 en 2011, un classique lors des années paires depuis 2008 (16, puis 13 en 2010), en raison de grands tournois ratés. Mais, depuis 2008, elle tourne à 0,8 buts encaissés par match, contre 0,60 entre 1993 et 2007. Il faut dire que le manque de certitudes en défense, notamment dans l'axe, ne doit pas beaucoup aider. Ainsi, le duo inamovible de Laurent Blanc, Rami-Mexès, a complètement disparu après l'Euro, au profit notamment de Sakho (5 sélections sur 6), Yanga-Mbiwa puis Koscielny (3 et 4). En attendant Varane...

Franck Ribéry, en plus d'être le meilleur buteur et passeur des Bleus, est aussi le seul à avoir joué les 14 matches de l’Équipe de France en 2012 (12 titularisations, 6 matches complets). Il devance Lloris (13), Benzema et Ménez (12), Debuchy et Giroud (11), et Cabaye (10). Huit joueurs n'ont connu qu'une cape, Abidal, Briand, Diaby, Mandanda, Saha, Amalfitano, Chantôme et Trémoulinas, ces trois derniers découvrant le maillot bleu cette année, avec Capoue (4), Jallet et Yanga-Mbiwa (3). Le plus ancien Bleu sélectionné en 2012 se nomme Mexès, qui a débuté en 2002. Mais 18 des 38 joueurs appelés ne l'avaient jamais été avant 2010, et seulement 15 seulement comptent au moins 20 sélections : c'est ce qui s'appelle une équipe en construction, encore.

Le PSG et la Premier League, les patrons

Pour la première fois depuis 1996, le PSG est le club le plus représenté cette saison en Bleu. Le club parisien compte 27 capes, contre 24 à Lyon, 17 à Marseille, 15 à Lille et Newcastle. Le PSG est le sixième club le plus représenté de l'histoire des Bleus (433), toujours dominée par Marseille (707). A noter que si Lloris n'avait pas quitté Lyon cet été, l'OL aurait une nouvelle fois dominé tout le monde, comme c'était le cas depuis 2005 sans discontinuer. Bordeaux (Trémoulinas) et Barcelone (Abidal) ne comptent qu'un sélectionné, le plus mauvais chiffre des deux clubs depuis 2007 et 2003. A noter les très bons scores de Lille (15), son record depuis 1952 (18), Montpellier (10, son deuxième meilleur chiffre après 1990, 11) ou de Newcastle, qui n'avait jamais été aussi représenté (15).

Les années passant, le taux de présence des joueurs de Ligue 1 augmente, lentement mais sûrement. Depuis les 10,1 % de 2002, un record, il n'a quasiment jamais cessé d'augmenter. Il est passé à 35 % en 2004, 44 en 2008, 50,5 en 2010, 51,6 en 2011 et 53,1 cette saison. Il s'agit de son meilleur chiffre depuis 1996 (30 %), soit le début de l'arrêt Bosman. Depuis le début de la décennie, la Ligue 1 est légèrement majoritaire (48,2 %). Le pays étranger ayant le plus souffert de cette invention de tendance est sans doute l'Italie qui, sans les 7 sélections de Philippe Mexès, n'aurait au aucun sélectionné en Bleu cette saison. Cela fait six ans que le Calcio n'a plus compté plus de 10 sélectionnés français dans ses rangs. En revanche, la Premier League est toujours aussi puissante (58). Ce n'est pas par hasard si, depuis l'arrêt Bosman, deux des trois clubs les plus représentés en Bleu sont Arsenal (406) et Chelsea (294), qui entourent Lyon (360). La Liga, elle, vivote avec 21 sélectionnés, devant la Bundesliga (14), uniquement représentée par Ribéry (Bayern).

Je vous laisse !

mercredi 17 octobre 2012

Les Bleus ne l'ont pas volé !

Salut à tous !

Alors, ça fait du bien hein ? Je ne vais pas m'enflammer façon Pascal Praud sur iTélé, qui affirmait ce soir que c'est le premier bon match des Bleus depuis 2006 (on se demande comment on a pu disputer trois tournois depuis, et ce qu'étaient dans ce cas les victoires en Ukraine, en Bosnie, Allemagne ou en Angleterre ces dernières années, sinon des matches références, déjà, le plus souvent sans lendemain), mais c'est le genre de match qui donnent le sourire. Parce qu'ils montrent une chose : quand les joueurs le veulent, qu'ils croient en eux, qu'ils lâchent les chevaux, ils peuvent rivaliser avec les meilleurs, au moins ponctuellement. Sur la durée, c'est encore douteux. Rien ne vaut la régularité. Et un match, même un bon, ne reste qu'un match. Mais c'est un bon début.

Des débuts difficiles

Après une demi heure de jeu, difficile d'imaginer pourtant que les titres et les commentaires d'après-match allaient être aussi dithyrambiques. Baladée comme une vulgaire CFA face à une Ligue 1, la France n'a tout simplement pas vu le ballon durant le premier tiers du match, encaissant un premier but logique, quoiqu'un peut idiot. On peut regretter le manque de marquage de Sakho, mais le jeu appelle la faute, ça va très très vite et le défenseur est masqué sur cette action. Surtout, il a par ailleurs sorti une série d'interventions
remarquables qui ont montré qu'actuellement, peu de défenseurs centraux français sont à son niveau actuellement. Il faudra juste se montrer plus attentif...

En attendant, la France souffrait, comme prévu. La sortie sur blessure de Silva n'a pas changé grand chose, son remplaçant, Cazorla, causant énormément de problèmes à Debuchy dans son couloir, Ménez jouant trop haut. Le problème Jordi Alba est insoluble : quand vous mettez deux joueurs bas face à lui, comme à l'Euro, il passe, et quand vous lui mettez un joueur dans le dos pour le forcer à défendre, il s'en fiche...

Devant, chaque (rare) récupération était quasi immédiatement suivie d'une
perte de balle par précipitation, mais aussi grâce au très gros pressing haut des Espagnols, leur grande force, au-delà de la technique individuelle et collective. Ce but de Ramos a fait quand même penser à l'Espagne-France de l'Euro. Surtout quand, avant la mi-temps, Koscielny, dépassé par Pedro, concédait un penalty, comme à l'Euro. Mais si Xabi Alonso avait marqué, cette fois Lloris a sorti un grand arrêt devant un Fabregas hors sujet, même si son penalty n'est pas mal tiré. Mais Lloris est immense. Immense !

Entre temps, les Bleus avaient montré qu'ils pouvaient profiter de la relative faiblesse de la défense espagnole, privée de Piqué et Puyol dans l'axe, en inscrivant un but valable, par Ménez, mais refusé pour un hors-jeu inexistant. Sur ce cas précis, la vidéo aurait fait merveille... A la mi-temps, l'Espagne menait malgré tout 8 tirs à 1, mais la sensation que la France pouvait croire en ses chances était réelle.

Un deuxième acte exceptionnel

La reprise a été difficile, les Espagnols souhaitant faire courir un maximum les Français, et ils l'ont fait. La défense bleue a souffert, mais a tenu le choc. Et eut alors lieu un autre tournant du match, après le penalty arrêté par Lloris : la sortie de Arbeloa, à la place du très local Juanfran (50e). Le joueur de l'Atletico, contrairement à son prédécesseur du Real, est un véritable latéral, nettement plus porté vers l'avant. Il n'a pas vraiment mieux attaqué mais il était positionné plus haut, ce qui a profité à Ribéry, déjà très accrocheur avant la pause, mais qui ne parvenait pas forcément à se débarrasser d'Arbeloa, un vrai défenseur. Plus libre, Ribéry a pu alors démontrer tout son talent, et ça a participé à changer le match. Et c'est Juanfran qui perd le ballon sur l'égalisation, en tentant un grand pont inconscient sur Evra au milieu du terrain...

Il y eut également la sortie de Gonalons, trop juste pour ce niveau, et l'entrée en jeu de Valbuena, la France passant alors en 4-2-3-1. Un vrai choix tactique, offensif, le Marseillais se jetant allègrement dans les pieds de Xavi et Xabi Alonso pour les gêner dans leurs relances, et conservant intelligemment le ballon. Matuidi a également sorti une deuxième mi-temps exceptionnelle, et ça va être compliqué de le sortir de l'équipe après une telle performance. Bref, après ce quart d'heure difficile, la France est tout simplement devenue la maîtresse du ballon durant la dernière demi-heure, rien que ça. Le monde à l'envers ! Rarement on avait vu l'Espagne à ce point gênée et contrée, qui plus est sur sa pelouse. On avait vu la Croatie ou l'Italie y parvenir à l'Euro. La France s'ajoute désormais à cette liste.

Usée, l'Espagne ?

Il faut ajouter tout de même une chose : l'Espagne, qui possède plus de trentenaires que nous (seul Evra était dans ce cas dans nos rangs, contre Casillas, Xabi Alonso et Xavi), avait
disputé un match au Bélarus il y a quatre jours, avec son équipe type, à 3000 kilomètres de là, tandis que la France faisait tourner son équipe type à domicile, contre le Japon. Même avec la défaite à encaisser, ça reste quand même un exercice nettement plus reposant que pour les Espagnols. Ça ressemble à un détail, mais si les Bleus ont fourni une grande dernière demi-heure, c'est aussi parce que la Roja a semblé manquer de souffle, de carburant. Elle  voulu gérer, et aurait du le faire. Quand on voit qu'une équipe de cette expérience a réussi à prendre un but à la dernière minute des arrêts de jeu suite à un contre consécutif à un corner... c'est à peine croyable ! On n'a pas le souvenir d'un tel but concédé par la défense des Bleus de 98... on craignait d'ailleurs plutôt un but encaissé en contre par notre gardien dans ce match, pas l'inverse.

Enfin, que dire de Giroud, si souvent critiqué sur ce blog ? Qu'il a montré qu'il avait de réelles qualités de buteur, quand il est en confiance. Mais selon moi, ce rôle de remplaçant est idéal pour lui. Son manque de vitesse aurait posé des problèmes dans ce match. Mais quand la France a dominé, sa taille et sa présence a servi, on l'a vu.

Maintenant, quelques remarques :

- La France reste la bête noire de l'Espagne en match de compétition officielle (5 succès, 2 nuls, 1 défaite) ; 

- Avec 54 sélections, Benzema rejoint Papin. En revanche, au niveau des buts, le rapport est de 1 à 2 (15 contre 30)... le Madrilène, très volontaire mais une nouvelle fois plus passeur que buteur ce soir, n'a plus marqué depuis 9 matches en Bleu, la plus longue disette de sa carrière.

- Cinq joueurs ayant participé à ce match (Sissoko, Gonalons, Koscielny, Matuidi et Sakho) comptaient moins de 10 sélections, et cinq autres (Debuchy, Giroud, Valbuena, Cabaye et Ménez) moins de 20, avant ce match. Une sacrée perf, quand même !

- Si Giroud a inscrit son deuxième but en 12 sélections, Franck Ribéry, lui, a adressé sa 5e passe décisive de l'année en Bleu (comme Benzema), ce qui porte son total à 13. Seuls, Henry (23), Kopa et Wiltord (20), Platini (19) et Zidane (18) ont fait mieux, et Djorkaeff, Pires et Tigana ont fait aussi bien.

Voilà, je vous laisse savourer ! A plus tard !