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mardi 8 janvier 2013

Ballon troué

Salut à tous,

Ça y est, on connait donc le nom du "nouveau" Ballon d'Or, Lionel Messi. Quelle surprise ! Ah ça, du suspense comme ça, on n'en a pas eu depuis le match truqué entre l'Autriche et la RFA, en 1982. J'imagine le calvaire de Ronaldo et Iniesta, se rendant par obligations à la cérémonie avec la certitude totale d'être déçu, de repartir bredouille, après celle d'être filmé pile au moment ou Messi était nommé Ballon d'Or... en même temps, ils ont eu le temps de se préparer, c'est pas comme aux Césars... les avantages et les inconvénients de l'absence de suspense.

Platini et Cruyff ont-ils été spoliés ?

Pour ma part, je suis extrêmement déçu, pour ne pas dire plus, que France Football ait cédé "son" trophée à la FIFA, un trophée mythique qui a récompensé les meilleurs joueurs européens de l'Histoire, mais aussi quelques joueurs inattendus mais qui auront su se distinguer autant par leurs performances que par leur palmarès sur l'année (Owen, Cannavaro, Belanov, Nedved...). Ce trophée appartenait à tout le monde, suffisait de savoir
briller dans un collectif. Bon, si vous étiez un défenseur ou un gardien, vos chances se réduisaient à quasiment zéro, mais ça ne me choque qu'à moitié : le foot, ce sont les buts, pas leur annihilation. Hormis Cannavaro, un stoppeur exclusif et presque caricatural, les deux autres défenseurs récompensés, les Allemands Beckenbauer et Sammer, étaient d'ailleurs d'anciens milieux, à la relance soignée et à la participation au jeu des plus actives, voire souvent décisive.

Lionel Messi a gagné quatre Ballons d'Or d'affilée, une sacrée perf, mais je suis à peu près sûr que si les nouveaux critères et modes de scrutins avaient toujours été appliqués, d'autres auraient pu gagner ce trophée plus de trois fois, l'ancien record, jusque là détenu par Cruyff, Platini et Van Basten. Les deux premiers nommés, notamment, sont dans ce cas. Le Néerlandais s'est vu devancer, durant sa carrière (64-84), par des joueurs comme Beckenbauer, mais surtout par Blokhine, Simonsen, Keegan... de bons joueurs, mais qui ne sont rien comparés à l'immense Batave. Simplement, sur une année, ils ont fait mieux que lui, que ce soit individuellement mais surtout en équipe : ils étaient les meilleurs joueurs de la meilleure équipe de l'année, tout simplement. Le palmarès, unique critère vraiment objectif qui soit. Il n'y a rien de choquant à admettre que le football reste avant tout un sport collectif, et ces joueurs, si doués soient-ils, restaient dépendants de la qualité de leurs équipes. Pour Platini, qui en a gagné trois d'affilée (83, 84, 85), c'est un peu différent : avant, il était un bon joueur de Nancy puis Saint-Étienne, qui ne faisait plus rien sur le plan européen, et après... il était moins performant, tout simplement. On oublie souvent que le président de l'UEFA a eu une carrière très courte, surtout pour un joueur de cet acabit (72-87, de 17 à 32 ans).

Mais quid de Zidane, par exemple ? Le Français n'en a gagné qu'un seul, une misère, autant que Papin et Kopa, sur une carrière qui a duré 18 ans, dont une bonne moitié (96-06) passée dans les meilleurs clubs du monde, à tout gagner avec ces derniers, comme avec les Bleus. Comment est-ce possible ? Déjà, l'arrivée dans les joueurs éligibles des non-européens a élargi la concurrence : Maradona ou Pelé ont été privé de récompenses qui leur auraient pendu aux nez. Ainsi, durant la grande période de Zidane, les Brésiliens Ronaldo (2), Rivaldo et Ronaldinho lui en ont "piqué" quatre. Y a eu aussi le cas Figo, qui fut élu l'année (2000) ou le Marseillais le méritait peut-être le plus, lui qui avait été immense pendant l'Euro, beaucoup plus que durant la Coupe du Monde 98, durant laquelle il ne fut bon qu'en finale. Mais il avait fait un mauvais geste lors d'un match de Ligue des Champions peu avant le vote, ce qui lui avait sans doute coûté le trophée... l'effet inverse que pour Van Basten, en 1992, qui avait subtilisé le Ballon d'Or à l'ultra favori Stoichkov à la faveur d'un quadruplé contre Göteborg en Ligue des Champions, avant la remise du trophée !

Moins de critères, moins de crédibilité

C'est aussi en cela que la différence est réelle entre l'ancien mode de scrutin et l'actuel, exclusivement tourné vers la performance individuelle. Avant, les critères étaient plusieurs : performance individuelle, bien sûr, mais aussi collective, avec l'importance cruciale du palmarès, peut-être à l'excès, comme pour Cannavaro (mais qui se détachait, en 2006 ?) et l'attitude générale, entre autres. En cela, on voyait aussi l'influence des journalistes, qui élisaient exclusivement le Ballon d'Or. Ces derniers aiment les histoires, les à-côté, on le voit à leur manie depuis plusieurs saisons de plus juger les joueurs sur leurs attitudes, voire leurs looks ou leur propension ou non à sourire, que sur ce en quoi ils sont vraiment célèbres et célébrés : footballeur, et non miss France ou ministre. Que les joueurs et les sélectionneurs
soient associés au vote n'est pas une mauvaise chose, au contraire, c'est quand même eux qui font le jeu. Mais l'abandon quasi total du critère objectif du palmarès, pour un trophée qui était déjà un peu critiqué sur le fait que ressortir un joueur d'un sport collectif était un contre-sens, c'est vraiment dommage. C'est ce qui a fait perdre, à mes yeux du moins, sa véritable crédibilité à ce trophée que je vénérais, jusque là. Je regardais ce que chaque journaliste, un par pays, avait voté, faisant des statistiques géographiques, avec des différences notables d'ailleurs. Et le suspense était rarement absent, même quand d'immenses joueurs se détachaient.

Et l'Espagne alors ?

Ne vous méprenez pas, je serais fou d'affirmer que Messi n'est pas le meilleur joueur du monde, il l'est. Mais qu'Iniesta ou Sergio Ramos, champions d'Europe à nouveau cette année, n'aient pas eu le Ballon d'Or, n'aurait rien changé à ce fait. Quand on y pense, c'est quand même dur, voire scandaleux, pour l'Espagne, peut-être la meilleure équipe nationale européenne de l'Histoire du football, qui n'a pas eu un Ballon d'Or ! Elle n'en a d'ailleurs eu que trois, tous à l'époque où le Real Madrid gagnait tout (Di Stefano, 57 et 59, puis Luis Suarez, Barcelone, en 1960), et qui, déjà, n'avait pas été récompensée d'un Ballon d'Or lorsqu'elle avait gagné l'Euro en 1964, puisque son meilleur joueur, Suarez encore, avait été devancé par l’Écossais de Manchester United, Denis Law... qui n'avait pourtant gagné cette année là. Comme quoi, déjà à l'époque... L'Espagne est maudite, mais en même temps, tant qu'elle gagne des titres collectifs... c'est finalement assez symbolique de son état d'esprit profond, l'équipe avant les individualités.

C'est dommage parce que j'aurais bien voulu savoir combien de Ballons d'Or Messi aurait remporté avec l'ancien mode de scrutin, sous lequel il était si difficile d'être élu, et qui obligeait non seulement à être le meilleur, mais aussi à évoluer dans la meilleure équipe, celle qui a le plus gagné. Histoire de voir à quel niveau il se situe par rapport à Cruyff ou Platini... là il en a quatre, mais j'ai le sentiment, tenace, qu'il les a gagné trop facilement. Si n'étaient ses 91 buts en 2012, ce qui est faramineux, Messi n'a gagné que la Coupe du Roi cette année, je le répète ! J'aurais pour ma part voté pour Sergio Ramos, hallucinant d'aisance à l'Euro et champion d'Espagne avec le Real. Mais on ne m'a pas demandé mon avis, dommage !

Je vous laisse, à plus tard !

mardi 16 octobre 2012

Mater le Matador

Salut à tous !

Le grand rendez-vous s'approche... ce soir, on saura si on a ne serait-ce qu'une petite chance d'accrocher la première place de cette poule, ou si on devra se contenter, comme c'est fort probable, d'une place en barrages, au mieux. Après tout, les barrages n'ont rien de honteux, surtout quand vous avez la meilleure équipe du monde dans votre poule, sachant qu'une équipe comme le Portugal, par exemple, s'est fait une spécialité de cet exercice (participation en 2009 et 2011) particulièrement stressant, mais qui ne fournit pas pour autant des "sous-qualifiés". On a juste été traumatisé de la seule expérience française dans ce domaine, en 2009 pour la Coupe du Monde, et par les conséquences de la main de Thierry Henry contre l'Irlande (0-1, 1-1 a.p.)...

Un choc pas décisif

Au fond, je crois que les Bleus devraient prendre ce match sous cet angle : pas de pression. Ce qu'il faudrait éviter, c'est une défaite trop importante, mais perdre en Espagne, face à une équipe qui gagne tous ses matches de qualification depuis quatre ans, n'a absolument rien d'infamant. Ce que l’Équipe de France doit surtout penser à assurer, c'est la deuxième place, sachant qu'il y a un autre moyen d'éviter les barrages, c'est d'être le meilleur deuxième, 
comme la Suède l'année dernière. Pour l'instant, elle est dans les temps, puisqu'elle a battu ses deux premiers adversaires (Finlande, Bélarus). Si elle gagne tous ses autres matches, même en perdant deux fois contre l'Espagne, elle aura de bonnes chances d'accrocher ce strapontin. Je ne dis pas qu'elle doit lâcher ses matches contre la Roja, autant essayer d'accrocher des points qui feraient office de bonus au décompte final, autant que ce soit possible. Simplement, il faudra se dire, en cas d'"échec", que tout cela n'est pas bien grave, puisque l'essentiel est ailleurs : faire le plein contre la Géorgie, la Finlande et le Bélarus. Du moment qu'on ne perd pas par plus de deux buts d'écart, ce qui déclencherait une énième tempête médiatique contre cette équipe que ses suiveurs persistent à étrangement juger par rapport à des standards qui ne sont plus les siens, à savoir ceux d'il y a dix ans. Quand la France était à la place de l'Espagne, en tête du classement FIFA.

Essayons à présent de trouver des points d'optimisme dans ce match qui paraît tellement injouable pour cette équipe qui, en plus de manquer cruellement d'expérience et de certitudes, doit en plus gérer plusieurs blessures qui seraient contraignantes même face à des équipes moins redoutables que l'Espagne (Mavuba, Diaby et Yanga-Mbiwa, suspendu). Le milieu de terrain, notamment, ressemble à un champs de ruines. Non pas que Matuidi, Capoue ou Gonalons manquent de qualité individuelle, mais ils sont en revanche, au moins pour les deux premiers, très en retard sur le plan de l'expérience internationale (14 sélections et 23 matches de Ligue des Champions à eux trois, dont 21 pour le Lyonnais et 0 pour le Toulousain). Du coup, Cabaye, qui devrait être présent, ferait presque figure de vieux briscard avec ses 18 sélections et ses 10 matches de C1... face au point fort de la meilleure équipe du monde, répétons le, tout cela est vraiment très inquiétant. Inutile de rappeler le pedigree et le palmarès du quatuor Busquets-Xabi Alonso-Xavi-Iniesta, sans parler de Fabregas...

La France, bête noire de l'Espagne

Des motifs d'espoir, donc. Autant vous dire tout de suite qu'ils sont peu nombreux. Jamais l'Espagne n'a perdu dans le second stade madrilène, Vicente Calderon, antre de l'Atletico. A domicile, la Roja n'a perdu que deux fois en 12 réceptions de la France, la dernière fois il y a 21 ans presque jour pour jour, lors des éliminatoires de l'Euro 1992, grâce notamment à un c
iseau de légende de Luis Fernandez (1-2). Depuis, la France a disputé deux matches amicaux en Espagne, avec deux défaites à la clé, même durant sa meilleure période, en mars 2001 (2-1), mais aussi en février 2008 (1-0). Au total, toutes compétitions et lieux confondus, la Roja mène légèrement (14 succès à 11, 6 nuls). Bon ok, ce ne sont toujours pas des motifs d'espoir...

Je viens de parler de matches amicaux. En revanche, en matches officiels, la balance est TRÈS nettement à l'avantage des Bleus, qui mènent 5 succès à... un. Oui oui, vous avez bien
lu, la défaite française en quart de finale du dernier Euro (2-0) était la première de l'Histoire de la France contre l'Espagne en match de compétition ! A nombre de match équivalent ou supérieur, elle fait moins bien contre nous que l’Écosse, la Bulgarie, le Danemark, l'Irlande, Israël, la Norvège ou même l'Autriche... En plus des deux seuls matches de qualification qui les ont opposés jusque là, et évoqué plus haut, il y a également eu 4 matches en Championnat d'Europe (deux succès, un nul et donc une défaite) et un lors du Mondial 2006 (1 victoire, 3-1). Ça n'assure rien aux Bleus, mais ça leur confère tout de même un statut de bête noire, même si la défaite en Ukraine ternit un peu le bilan...

J'ai d'ailleurs parlé d'un bilan global négatif des Bleus contre son voisin ibérique, mais il est en notre faveur depuis la guerre (10 succès, 6 nuls, 8 défaites). Et encore, on a perdu nos deux derniers duels contre l'Espagne...

L'Espagne peut perdre aussi

La Roja est invaincue depuis 15 matches, mais elle peut perdre des matches, y compris dans des matches pas forcément à enjeu, mais qu'il aurait quand même fallu gagner pour la Roja : en Angleterre, en amical en novembre dernier (1-0) ; en Italie, toujours en amical, en août 2011 (2-1) ; deux autres matches amicaux en 2010, et pas qu'un peu, au Portugal (4-0) et en Argentine (4-1) ou contre la Suisse, au premier tour du Mondial 2010 (0-1). En dehors de cette dernière rencontre, ce fut toujours contre des grandes nations de football, et en amical. Mais ça fait tout de même 5 défaites en deux ans et demi, soit une tous les six mois en moyenne. Et ça fait presque un an que l'Espagne n'a plus perdu... pourquoi pas maintenant ?

Enfin, hormis contre une Italie réduite trop vite à dix, en finale de l'Euro (4-0) ou contre des adversaires de seconde zone (Bélarus, 4-0, Arabie Saoudite, 5-0, Irlande, 4-0, Corée du Sud, 4-1, Venezuela, 5-0), l'Espagne gagne rarement par plus de deux buts d'écart, au moins en 2012. Elle a aussi souffert en Géorgie (0-1), à Porto Rico (1-2), contre l'Italie au premier tour de l'Euro (1-1), contre contre la Croatie (1-0) et le Portugal (0-0, 4-2 tab), la Serbie (2-0) et même la Chine (1-0). De quoi donner des idées, quand même.

Rappelons que la France a perdu bêtement à l'Euro contre l'Espagne, grâce aux bons offices de Laurent Blanc qui a fait n'importe quoi tactiquement, en isolant ses deux pépites offensives, Benzema et Ribéry, avec un Debuchy milieu droit, entre autres, et sur deux buts de Xabi Alonso, après un bon début de match de sa part. Autant dire qu'avec un peu plus d'intelligence tactique et de rigueur au marquage, il y avait la place au moins d'accrocher le nul. Avec un bloc bien regroupé, qui ne laisse pas d'espaces, et avec un peu d'habileté devant, même si c'est un de nos points faibles, on peut espérer les embêter. Je le répète, la France n'a rien à perdre dans ce match.

On en reparle plus tard, après ce match !

dimanche 1 juillet 2012

Un duel de Champions

Salut à tous,

Nous y voilà... 30 matches, 72 buts, deux prolongations et autant de tirs aux buts, peu de surprises, hormis les trois défaites des Pays-Bas et la place de l'Italie en finale... et nous voilà au matin de la finale de l'Euro, la 14e du genre. Avec, au programme, un choc 100 % latin, le troisième en quatre Euros (après France-Italie en 2000 et Portugal-Grèce en 2004). C'est aussi un affrontement entre les deux derniers champions du monde, excusez du peu ! Le tenant espagnol est évidemment le grand favori de ce match, mais certains aspects pourraient bien arrondir les angles de cette certitude. Passons en revue les armes, les forces et les faiblesses de chaque équipe.

Une Roja solide, mais peu percutante

Honneur au tenant. Sa force, c'est d'abord son expérience. Personne ne peut se prévaloir d'un tel palmarès. Iker Casillas est le gardien qui a disputé le plus de matches en tournoi (28). A lui seul, Xavi rend jaloux tout le reste du plateau européen, avec ses 6 championnats, ses 3 Ligues de Champions, ses deux Coupes du Monde des Clubs, et bien sûr son Euro et son Mondial... La Roja qui n'a pas pris de but en match éliminatoire d'un grand tournoi depuis la Coupe du Monde... 2006, et le huitième de finale perdu contre la France (1-3). Depuis le but de Zidane dans les arrêts de jeu à Hanovre, l'Espagne vient de signer 900 minutes sans prendre de but. Dans le même temps, elle en a marqué 10, soit exactement un toutes les 90 minutes... le minimum du minimum syndical.

Et puis bien sûr, elle a son jeu, implacable. Elle n'a plus perdu la possession du ballon depuis la finale de l'Euro 2008, contre l'Allemagne (1-0). Andrea Pirlo, un des maîtres de la passe, serait sixième au nombre de passes s'il était Espagnol durant cet Euro, derrière notamment Busquets ou Ramos ! La Roja fait tourner le ballon, fait courir son adversaire pendant des palanquées de minutes, quitte à ennuyer même ses propres supporters, et aucune équipe passée à cette moulinette ne peut tenir très longtemps. Le Portugal y est parvenu mais a failli craquer en prolongation. Une défense solide, un milieu infernal... reste l'attaque.

C'est une des failles majeures de l'Espagne. Durant les tournois précédents, elle pouvait compter sur David Villa, voire Fernando Torres, pour rendre concret au tableau d'affichage l'énorme domination ibérique. Avec la blessure de l'ancien valencian, meilleur buteur des deux derniers grands tournois avec 4 puis 5 buts, et la méforme de Torres, malgré de gros progrès dernièrement, l'Espagne est comme une œuvre inachevée. Torres a signé un doublé, mais c'était "que" contre l'Irlande, contre qui la Roja a inscrit la moitié de ses buts dans ce tournoi (4 sur 8). Fabregas a marqué deux fois, lui aussi contre l'Irlande mais aussi, avant cela, contre l'Italie, un but égalisateur qui s'est avéré essentiel dans la qualification. Iniesta manquant de réussite (11 tirs cadrés, 0 but, record historique du tournoi) et Silva se contentant des passes décisives, l'Espagne a du se reposer sur un doublé improbable de Xabi Alonso contre les Bleus (2-0) et sur les tirs aux buts contre le Portugal. le dernier attaquant espagnol à avoir marqué lors d'un match éliminatoire se nomme Villa, en quart de finale du dernier Mondial, contre le Paraguay (1-0). Depuis, Puyol, Iniesta et Xabi Alonso (2) lui ont succédé, en 4 matches.

Et puis, y a cette fatigue, cette lassitude, presque. Contre la France, qui n'a malheureusement jamais cherché à la bousculer, contrairement au Portugal, elle a semblé absente, comme peu concernée. Elle a géré les timides petites flèches tricolores, et s'en est sortie au métier contre des Portugais beaucoup plus incisifs. La sortie de Xavi à la 87e minute, alors que tout restait à faire, a interloqué. Il faut dire que ce soir, le milieu de 32 ans disputera son 65e match de la saison, soit son exacte moyenne depuis six ans. Son compère Busquets, lui, le devancera de deux unités. Les Madrilènes Casillas (69), Sergio Ramos (67) et Xabi Alonso (68) font autant, voire pire. Les autres se situent entre 50 et 60 matches chacun, ce qui fait, pour tous, plus d'un match par semaine en moyenne. Normal pour des internationaux, titulaires dans des clubs qui auront brillé dans toutes les compétitions. Mais il est logique que, pour certains trentenaires n'ayant jamais pu ou voulu souffler ces dernières années, la route commence à sembler longue.

Et enfin y a l'Histoire, implacable. Se qualifier pour trois finales consécutives de grande compétition, en en gagnant 2, a déjà été fait une fois, par la RFA entre 1972 et 1976. Conserver son titre européen et gagner trois tournois consécutivement, en revanche, ça n'a jamais été fait. L’Espagne est favorite, mais la RFA aussi l'était avant d'être piégée aux tirs aux buts par la Tchécoslovaquie de Panenka, il y a 36 ans. Toutes les séries ont une fin, et les records sont faits pour être battus. Mais quand même, quel exploit ce serait !

Mais l'Italie semble avoir les clés pour contrer cette machine de guerre implacable.

La Squadra l'a déjà fait

D'abord, c'est la seule à avoir marqué un but à cette Roja, lors du premier match (1-1). Un contre assassin façon italienne, conclu par Di Natale, qui ne reflèta pas vraiment le style de cette Squadra qui n'avait pas fait que défendre contre le tenant des titres. Elle l'avait bousculé, et lui avait infligé autant de tirs cadrés en un match (6) que les trois autres adversaires des Espagnols par la suite. Défensivement, elle n'avait cédé que sur un éclair de génie de Silva, trouvant d'une passe laser un mini espace dans le mur italien pour trouver un Fabregas terriblement habile (1-1).

Avant d'analyser son jeu, disons également que l'Italie, certes éliminée aux tirs aux buts par la Roja à l'Euro 2008, n'a jamais perdu contre cette dernière en tournoi majeur, en 7 confrontations (3 succès, 4 nuls). Sous la magistrature Prandelli, elle reste également sur deux matches sans défaites (1 succès en amical, 2-1, et le nul lors du groupe C). Elle est également la seule équipe à n'avoir jamais été menée durant la compétition.

Dans le jeu, certains disent qu'elle est la preuve qu'on peut gagner avec deux pointes, sous-entendant par là que la France aurait pu le faire en faisant jouer Giroud, la grande marotte française de ce mois de juin. Regardez les matches italiens, et revenez m'affirmer que Cassano joue en pointe. La plupart du temps il joue en soutien de Balotelli, et le plus souvent sur le côté gauche, ou De Rossi, le milieu gauche du trident du milieu italien, qui peut dépanner en défense centrale, aura toutes les peines du monde à se muer en ailier gauche. C'est de cette aile, notamment, que l'attaquant du Milan aura servi celui de City contre l'Allemagne (2-1), ne marquant qu'un seul but, sur corner contre l'Irlande (2-0). En 5 matches, il n'a frappé que 13 fois au but, cadrant 7 fois. Balotelli en est à 24, pour 14 cadrés ! Ce dernier est LA pointe de l'Italie, qu'il n'est d'ailleurs pas toujours à City. Cassano, lui, n'en a jamais été une. Il n'a marqué que 13 buts en 18 mois, en 54 matches. De bonnes stats, mais pas les stats d'un buteur.

Ce duo offensif est extrêmement intéressant, car très complémentaire. Il associe deux joueurs très techniques, un qui balaie tout le flan offensif, on l'a vu, et l'autre très puissant, rapide, qui ne doute de rien, et qui pèse terriblement sur les défenses centrales. Balotelli a passé son Euro à gâcher des occasions (seul Ronaldo et le Russe Kerzhakov ont plus frappé à côté que lui), sauf contre l'Allemagne, où il a moins frappé mais beaucoup mieux. L'attaquant formé à l'Inter est le premier italien a marquer plus de deux buts lors d'un Euro. Guère embêtée par Benzema ou Hugo Almeida, à peine plus par Ronaldo, la défense espagnole devra gérer ce phénomène, qui est capable de flamber comme personne ou complètement disparaître, c'est selon. En tous cas il avait particulièrement raté son premier match contre l'Espagne, pas dans le jeu, où il avait toujours été dangereux, ce qui lui garantie, à mon avis, sa place de titulaire, mais dans l'efficacité.

Évidemment, il y a Pirlo, sans qui la Squadra ne serait pas là, tout simplement. Un des seuls champions du monde 2006 présent (avec Buffon, Barzagli, Chiellini et De Rossi) a porté cette équipe comme peu de joueurs l'ont fait. A 33 ans, il a été impeccable défensivement, et génial dans le jeu. Il fait toujours le bon choix, ajuste parfaitement ses passes, dirige le jeu comme personne. Il a d'ors et déjà assuré sa place dans le onze type du tournoi, et sans doute dans les 5 premiers du prochain Ballon d'Or. Surtout en cas de victoire... La défense, elle, a concédé trois buts, notamment contre la Croatie, mais aussi contre l'Espagne et l'Allemagne, sur penalty, excusez du peu. D'une manière générale, Barzagli a prouvé qu'il était un des tous meilleurs défenseurs du monde, tout comme le méconnu Bonucci. Et que dire de Buffon... au-delà du grand gardien qu'il est depuis plus d'une décennie, il est peut-être le meilleur capitaine du tournoi, un meneur d'homme exceptionnel. Un de ceux qui ont manqué, par exemple, aux Pays-Bas, à l'Allemagne, et bien sûr à la France, on ne peut plus logiquement.

Une tactique incertaine, un banc peu fourni

Les défauts maintenant. Dans tous ses matches, l'Italie a gâché, et s'est compliqué la vie. Même face aux meilleurs, l'Espagne et l'Allemagne, elle a raté des occasions qui auraient pu lui assurer des succès plus larges, ou des succès tout court. Son match contre la Croatie en est l'exemple parfait (1-1). Après deux matches de poule et avec 2 points, elle était à deux doigts d'être éliminée à cause de ce manque d'efficacité. Preuve, s'il en est, qu'elle n'a plus rien à voir avec l'image d'Epinal qui la poursuivra encore longtemps, celle d'une équipe froide, calculatrice, et qui n'a pas besoin de beaucoup d'occasions pour s'imposer. C'est tout l'inverse, même, et face à des Espagnols qui concèdent vraiment très peu de tirs en temps normal, il faudra être efficace, enfin. Balotelli est l'inverse absolu de Rossi ou Inzaghi. Très présent, mais pas forcément efficace.

Lors de son match contre l'Espagne, elle avait aussi gêné le tenant grâce à une défense à 5, qui avait noyé le jeu de la Roja, tout en lui permettant d'être performante offensivement grâce à un milieu fourni et des couloirs bien animés. Mais depuis le match contre la Croatie, Prandelli a abandonné cette tactique destinée surtout à rassurer une équipe fragilisée par les affaires de corruption et des matches amicaux catastrophiques, De Rossi est revenu au milieu, ce qui lui a offert un visage encore plus séduisant. Alors, que va décider l'ancien coach de la Fiorentina ? Va-t-il utiliser le système qui avait mis en échec l'Espagne ? Ou continuer de s'appuyer sur celui qui lui a réussi depuis, quitte à moins gêner la Roja ? Pas facile, le job de sélectionneur...

En tous cas ce match sera très différent du premier. Pourtant, dans les 3 autres cas où deux équipes se retrouvent en finale après s'être affronté durant le premier tour, seul le double affrontement entre les Pays-Bas et l'URSS, en 1988, différa selon que les deux équipes s'affrontaient en phase de poule (1-0 pour les Soviétiques) ou en finale (2-0 pour les Oranges). En revanche, entre Allemands et Tchèques, en 1996, il y eut le même résultat (2-0 puis 2-1 a.p.), mais pas vraiment selon le même scenario, puisque l'Allemagne fut menée jusqu'au dernier quart d'heure... En revanche ce fut quasiment identique entre Grecs et Portugais, en 2004 (2-1 puis 1-0). La série va-t-elle se poursuivre ? A noter que dans ces cas là, il n'y eut pas de nul... jusqu'à cette année. Aucune des deux équipes n'a donc pris l'ascendant !

Dernier point faible italien, son banc. Derrière le 11 qui s'est dessiné dernièrement, seul Diamanti, habituel remplaçant, a à peu près donné satisfaction. Le Parisien Motta a perdu sa place de titulaire, tout comme le latéral droit napolitain Maggio, au profit même d'un gaucher (Balzaretti) ! Di Natale a bien remplacé Balotelli lors du premier match, avec un but à la clé, mais n'a plus brillé depuis, gâchant même une grosse occasion contre l'Allemagne. Bref, pas sûr que si l'Italie était menée pour la première fois du tournoi, elle ait les moyens de retourner la tendance, vu qu'on ne l'a pas encore vue dans cette situation.

Voilà, j'espère vous avoir donné un maximum de clés ! Bon match, on en reparlera cette semaine !

samedi 23 juin 2012

Estoquer le Toque

Bonjour à tous,

Vous la ressentez, cette tension ? Cette attente, cette excitation, cette impression d'avoir hâte d'y être, que tout soit terminé pour enfin savoir, quitte presque à zapper le match lui-même pour simplement connaître le résultat, parce que c'est trop dur d'attendre. C'est trop cruel. Et en même temps, cette appréhension : affronter la meilleure équipe du monde, ça peut souvent très mal se passer. Si cette dernière est à son top, si elle retrouve la réussite qui lui échappe un peu dans cet Euro, ça pourrait faire très mal.

Ça va, ça vient

Il n'y a que le sport, et en particulier les sports collectifs, et notamment le foot, et surtout ces grands tournois internationaux, qui peuvent nous faire ressentir ça. Cette tension continuelle, palpable, cet enchaînement de sentiments divers et variés qui nous font prendre le Grand Huit des émotions et des impressions. Mexès avait été très satisfaisant contre l'Angleterre et l'Ukraine ? Impression disparue en un seul match, durant lequel il fut nettement moins protégé par son milieu. Nasri enfin décisif et utile collectivement ? Fini, terminé. Ben Arfa, possible hit de l'été, après des années passées à apprendre à jouer simple au lieu de tricoter inutilement ? A la poubelle. La France, possible vainqueur de l'Euro ? Soyons sérieux... Tout ça, en un seul match. Même chose lors des matches de préparation : plus bas que terre après la bouillie pourtant victorieuse et marquée d'un bon état d'esprit contre l'Islande (3-2), elle est devenue après les deux autres matches une machine de jeu emballante et qui allait enfin réconcilier cette équipe avec son public. Comme si un public devait normalement avoir besoin de se réconcilier avec son équipe nationale... cas unique dans le monde... sauf en Espagne, peut-être.

C'est la dure loi de l'analyse sportive. Aucune analyse sur le long terme, seule la dernière impression compte, elle masque tout ce qui a eu lieu avant. En particulier pour Mexès, encensé à chaque bon match en Bleu, mais ces derniers semblent disparaître à chaque fois qu'il est un peu moins bien. Dur métier.

Un seul joueur, ressuscité après le premier match contre l'Islande et son but sorti du banc, a traversé sans changer de statut ces six matches, c'est Ribéry, avec Cabaye. Lui, le changement a eu lieu au début, mais depuis il aligne les performances de haut niveau, même contre la Suède, ce qui embête prodigieusement ses nombreux détracteurs, dont l'opinion sur l'ailier du Bayern repose en grande partie sur des thèmes qui n'ont pas grand rapport avec le sport - il va aux putes, il parle très mal français, c'est une racaille, il s'est converti à l'Islam. Mais ne vous inquiétez pas, s'il se rate sur un match, ce sera pareil que pour Mexès : tout sera instantanément oublié.

Petit aparté : je me fiche complètement des problèmes extra sportifs des joueurs. Et pas seulement parce que ce blog n'est consacré qu'au foot, rien qu'au foot. Tout comme les analyses des journalistes "généralistes" sur le sport sont souvent d'une platitude et d'un niveau extrêmement faible, celles des journalistes sportifs - qui se démarquent souvent à peine de leurs collègues sur leurs analyses sportives, d'ailleurs... - sur des sujets généralistes, sur le mental des joueurs, leurs attitudes, leur argent, leurs habitudes sexuelles ou familiales, leur langage, voire leur religion, est toujours d'un niveau pathétique. Je me fiche royalement de savoir si Nasri est un petit con ou un puits d'intelligence. Cruyff, Maradona, Schuster ou Ibrahimovic et Ronaldo aujourd'hui sont ou ont manifestement été - mais pour cela il faudrait faire complètement confiance à la presse sportive de toutes sortes et toutes origines, ce qui n'est pas mon cas - des têtes de con de première, des indécrottables individualistes doublés de personnages aux relations parfois très douteuses. Mais c'étaient et ce sont des footballeurs exceptionnels, et c'est là que je m'y intéresse. Si Nasri est bon, il peut rester, s'il est nul, moins. La haine intégrale exprimée - je veut dire vomie - par Larqué contre la Suède envers le joueur de City était symbolique. Il n'a pas été plus nul que les autres, simplement il paie son image extra-sportive : il pique le siège des anciens dans le bus, il est égocentrique... la belle affaire ! Même chose pour ces histoires d'"insultes" dans les vestiaires. Y a-t-il réellement un intérêt à suivre ces âneries ? A part pour renouveler son record d'audience d'il y a deux ans, il n'y avait aucune raison pour que l’Équipe face un dossier spécial sur le sujet... le langage fleuri dans les vestiaires, c'est aussi vieux que les engueulades dans les rédactions de tous les pays. Dans ces dernières, les journalistes se démontent plus dans le dos qu'en face, c'est tout.

Répéter 1986, 2006

Revenons au football. Quelles sont nos chances ? Historiquement, la France n'est jamais aussi forte que lorsqu'elle n'a aucune chance. Ce fut le cas avant 58 - les Bleus ne gagnaient plus depuis quelques semaines, et certains se demandaient s'il ne fallait pas déclarer forfait... - avant 82 - lire l'Equipe Mag de la semaine dernière, et sa rétrospective 30 ans plus tôt - avant 98 - là, vous deviez être nés - et avant 2006. Nous n'étions pas forcément favoris avant de battre l'Italie championne du monde et le Brésil, meilleure équipe du monde à l'époque, en 1986. Nous ne l'étions pas non plus avant le finale de 1998, toujours contre le Brésil. Et nous ne l'étions pas en 2006, avant d'affronter les mêmes Brésiliens, battus à la régulière (1-0) après avoir affronté et donc éliminé l'Espagne (3-1), qui n'avait pas encore son statut d'aujourd'hui mais qui s'apprêtait à l'avoir, et qui avait gagné ses trois matches de poule en marquant 8 buts, dont 4 contre l'Ukraine, future quart de finaliste. A chaque fois que nous avions dû escalader ces montagnes, le paysage avait été somptueux au sommet.

Bien sûr, à d'autres époques moins glorieuses, la France avait chuté dans l'ascension. En 78, l'Italie et l'Argentine nous avait dominé dans notre poule. Même chose pour l'Angleterre et l'Uruguay, en 1966, ou l'Autriche, à l'époque surnommée la Wunderteam, en 1938 (1-3). On ne peut pas faire de miracles à chaque fois, c'est même le principe d'un miracle, sinon ça n'en serait plus un.

On ne peut pas savoir ce que cette équipe a vraiment dans le ventre avant qu'elle ait du jouer ces matches. La France de 1982 était devenue légendaire après avoir résisté, voire mangé les Allemands en demi-finales de 1982. Pas avant, parce que son parcours jusque là - fessée par l'Angleterre (3-1), elle avait ensuite battu le Koweit (4-1) avant de tenir en échec la Tchécoslovaquie (1-1), avant de dominer en deuxième phase de poule les "terrifiantes" équipes d'Autriche (1-0) et d'Irlande du Nord (4-1)... - n'a rien d'exceptionnel. Elle avait confirmé son statut de grand en éliminant le Brésil en 1986, au terme d'un des plus beaux matches de l'Histoire. Elle avait atteint le nirvana des équipes mythique en humiliant le Brésil, encore, en final du Mondial 1998 (3-0). Elle était redevenue une grande équipe en 2006, en éliminant l'Espagne et le Brésil au terme de matches de très haut niveau. Avant cela, elle n'était pas grand chose en général. Ribéry, Platini, Zidane ou d'autres étaient sortis métamorphosés de ces matches couperets contre des équipes qui ne s'attendaient pas à perdre, en général.

Contrer l'Espagne par le jeu, est-ce possible ?

Comment jouer contre des équipes comme celles-ci, supérieures techniquement, collectivement, et au top moralement, après six années de succès quasi consécutifs ? C'était comme affronter la France il y a 10 ans, il valait mieux numéroter tes abatis avant. Quelques soient les hommes alignés, il faudra une parfaite cohésion entre eux, et je ne parle pas seulement humainement, tactiquement aussi. Il faudra qu'ils jouent chacun l'un pour l'autre. Le meilleur exemple c'est 2006 : la France, vieillissante et sortie très difficilement de son groupe (nuls contre la Corée et la Suisse, succès contre le Togo...), affrontait une équipe espagnole parfaitement huilée et déjà présentée comme un ogre. Mais les Bleus avaient sorti un match défensif et collectif parfait, et placé deux contres assassins et victorieux. Mais l'Histoire, si elle se répète souvent, ne le fait jamais quand on s'y attends, c'est tout son charme. Ce match sera différent, forcément.

Il faudra défendre comme des chiens, mais pas forcément en défense, au milieu surtout, là où tout se fait côté espagnol. Les empêcher de jouer, mais pas seulement. Il faudra jouer aussi, parce que le football ce n'est pas Chelsea ni la Grèce. Il faudra défendre haut, bloquer les passes de Xabi Alonso et Xavi, et surtout priver Iniesta et Silva de ballons. Ces deux là, s'ils sont servis, vous êtes morts, ce n'est pas dur. Ça ressemble au supplice se Sisyphe, sauf que là ça s'arrêtera normalement après 90 minutes, voire 120.

Le grand débat actuel se situe sur la composition du milieu français, la défense et l'attaque, malgré la demande déraisonnée des gens pour Giroud - on a personne à la place de Benzema et Giroud, on fait rentrer qui si l'un des deux est fatigué ou blessé ? Et qui au plus haut niveau joue avec deux pointes, franchement ? - étant déjà connus. En défense, Koscielny est face au grand défi de sa jeune carrière. Il a le potentiel, manque l'expérience. Mais il peu s'en sortir si le milieu fait son job. En attaque, Ménez, le seul attaquant avec Ribéry à avoir donné satisfaction, devrait épauler Benzema et le Bavarois. A moins que le côté un peu perso du Parisien ne convienne pas à Blanc... mais la France aura surtout des occasions en contre, et Ménez doit pouvoir les mener.

Au milieu, Diarra a fourni un gros premier tour, mais a semblé fatigué contre la Suède. On le sait, il n'a pas le physique pour jouer aussi souvent, et un Diarra inutile est un poids mort. Surtout que son jeu de tête, face à la Roja, ne sera pas forcément très utile, vu que le ballon ne quittera pas le sol. Je suggère donc de faire plutôt jouer M'Vila. De toutes façons, pour contrer les Espagnols, il ne faut pas de grands costauds facilement contournables par la vitesse des joueurs ou du ballon, il faut des joueurs mobiles, rapides et bons relanceurs. M'Vila est de ceux là. Cabaye, lui, fera son retour et au vu de son niveau affiché en Bleu cette année, il n'est pas discutable. Quid du troisième ?

Plus personne ne veut de Nasri, et en premier lieu Laurent Blanc, ça se sent dans ses déclarations. Reste un choix cornélien : soit essayer de jouer le jeu en alignant Valbuena ou Martin, les plus espagnols des joueurs français, mais on s'expose alors à laisser plus d'espace, moins d'impact au milieu ; soit on aligne un défensif du genre Matuidi, qui manque de compétition mais qui est frais, qui est une teigne, qui ne lâche rien, qui récupère des ballons impossibles et qui, en plus, possède une relance très propre. Mais là, on perd quand même un peu en technicité et en vitesse. Mais est-ce là-dessus qu'on peut rêver faire jeu égal avec l'Espagne ?

Il ne faut pas blinder, parce que, on l'a vu hier entre l'Allemagne et la Grèce, ne faire que défendre contre de telles équipes, à partir d'un certain niveau, et malgré le contre exemple miraculeux de Chelsea, ça peut surtout se payer très cher. Bafouer le jeu, le nier, n'est pas une solution, et on le paie toujours. Le FC Barcelone a des moments sans, mais depuis 20 ans et sur la durée, il n'a pas à se plaindre de son choix de jeu, qui lui a offert les plus grands trophées. Mais aussi et surtout le cœur des amoureux du football, qui n'est pas facile à conquérir.

C'est à Blanc de décider, ça ne sert à rien de réclamer ou de râler lorsqu'on découvrira son équipe. C'est le résultat qui décidera a posteriori. Et si ça se passe mal, là les Yodas de l'analyse footballistique pourront dire "raison j'avais, il fallait faire jouer tartempion". La critique est facile, l'art est difficile... je le disais pour Domenech, je le dis pour Blanc, même s'il est infiniment plus protégé que son prédécesseur. Ça aide d'avoir tous ses amis aux postes de chroniqueurs (Dugarry, Lizarazu, Ménes...). A Knysna, la grève, c'était la faute de Domenech, certains croyant même encore aujourd'hui qu'il en faisait parti. A Kirsha, c'est que la faute des joueurs. Limpide !

Allez, je vous laisse, on reparle de tout ça demain. Quand on saura, enfin !

mardi 17 avril 2012

Les choses sérieuses commencent !

Salut à tous,

On y est, places aux demi-finales de la Ligue des Champions ! Ça rigole plus là. Avec la "disparition" de Marseille, Nicosie ou même Benfica, sauf leurs respects, on a l'impression que les choses sérieuses commencent vraiment, avec ces deux très grosses affiches.

Bien sûr, il y manque peut-être un nom comme celui du Milan AC, que j'aurais bien vu à ce niveau, voire mieux, du moins avant que le club lombard ne connaisse son coup du mou récent. On a également du mal à comprendre comment Chelsea, et non un des Manchesters, qui sont nettement devant les Londoniens en Premier League, ou ce Bayern, dominé par Dortmund en Bundesliga, peuvent être présent à ce niveau. Et pourtant, ça choque moins que si les nommés dans le paragraphe précédent étaient passé. D'ailleurs, des quatre demi-finalistes, seul le Real Madrid est leader de son championnat. En même temps, ils sont deux Espagnols, qui peuvent encore tous deux gagner la Liga...

Les deux demi-finales se ressemblent. Les deux mastodontes espagnols dominent chacune d'entre elles de leur statut de grand favori pour la victoire finale, face à des outsiders qui sont loin d'être des victimes consentantes. Le Real, à mon avis (le match se déroule en ce moment, je vais essayer de ne pas me faire influencer par son déroulement...), risque de passer une soirée compliquée sur la pelouse d'un Bayern qui n'a plus en tête que la Ligue des Champions, dont la finale se déroulera sur sa pelouse, qui a bien fait tourner ses hommes forts durant les dernières semaines, notamment ses ailiers Ribéry et Robben, au détriment peut-être du championnat d'ailleurs, et qui a l'habitude de prendre le jeu à son compte dans son stade, quelque soit l'adversaire. De plus, le Real n'a jamais gagné à Munich, y concédant 8 défaites et un nul ! Mais c'était aussi le cas de Montpellier au moment d'aller à Marseille la semaine dernière... les statistiques sont faites pour être contredites. Mais le Bayern ne devrait pas être aussi conciliant que les Olympiens.

Côté Français, on peut se féliciter que deux de nos compatriotes vont se disputer une place en finale, Benzema et Ribéry. Deux éléments de notre compartiment offensif, ce qui n'était pas gagné vu le rendement de l'attaque des Bleus depuis six ans (pas plus d'1,5 but par match en moyenne depuis 2006). Espérons que ça les galvanise pour l'Euro !

Bref, on voit quand même mal ce Real se prendre les pieds dans cette demi-finale. Mais si un des deux Espagnols devait ne pas être au rendez-vous du Clasico qui se profile lors de la finale de la compétition, ce serait quand même lui. Parce qu'il est encore plus difficile d'imaginer Chelsea sortir le Barça, dans l'autre confrontation de la semaine.

Soyons clair, Chelsea est un grand club, et il n'a rien volé. Il a gagné 6 matches sur 10 en C1, ne s'inclinant que deux fois et inscrivant 21 buts. Personne n'est venu encore s'imposer à Stamford Bridge, tout le monde y a même perdu cette saison, encaissant plus de trois buts par matches en moyenne. Reste que les adversaires des Londoniens (Leverkusen, Genk et Valence en poule, puis Naples, battu en prolongations, et Benfica) ne font pas partie des clubs que l'on voyait atteindre les demi-finales cette saison. Son parcours, sinon facile, du moins sans accrocs, nous permet de relativiser quelque peu la présence des hommes de Di Matteo à ce niveau. Dans le même temps, Barcelone, son futur adversaire, s'est coltiné deux fois Milan, le Bayern a devancé City en poules, et si le Real a également eu un parcours peinard, il devance le Barça en championnat, ce qui suffit à le placer un peu au-dessus des Londoniens dans la hiérarchie de ces demi-finales...

Surtout, Chelsea n'est plus celui qui écrasait le football anglais, et quasiment l'Europe, de sa puissance financière, lorsque son prpriétaire dépensait plus de 100 millions d'euros dans le recrutement. Qui sont les stars de l'équipe d'Abramovich aujourd'hui ? Ivanovic, David Luiz, Mata ou Sturridge sont de bons jeunes, très prometteurs, mais ne sont pas encore les terreurs qu'ont été Terry, Cole, Lampard ou Drogba, même si ces derniers ont encore de beaux restes. Seul Cech reste l'immense gardien qu'il est, et Raul Meireles est une valeur sûre, quand Torres est un échec total, même s'il semble renaître un peu en ce moment. Quant à Essien ou Kalou, jadis des cadres de l'équipe, ils jouent plus les utilités qu'autre chose. Mais ne les enterrons pas de suite, tout de même, surtout que les anciens ont une revanche à prendre sur les Catalans, après la demi-finale retour de l'édition 2009, conclue par le but miraculeux d'Iniesta à la dernière minute (1-1), et le fameux "it's a fucking disgrace" de Drogba... Barcelone ne possède pas non plus un bilan fabuleux à Chelsea : 4 défaites, 1 nul et 1 victoire...

Voilà, je vois qu'à la pause, et comme je le sentais, le Bayern bouscule le Real, mené sur un but de Ribéry... Le Real n'a pas l'habitude d'être mené, on va vite voir sa réaction ! A plus tard !