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samedi 29 décembre 2012

Ligue 1 : l'Equipe-Type

Salut à tous,

La trêve en Ligue 1, c'est évidemment le moment idéal de faire des bilans et des équipes types. Voici la mienne, qui sera aussi discutable et subjective que les innombrables qui fourmillent sur internet et ailleurs, sauf sur un point : j'ai utilisé les chiffres, encore une fois. C'est donc une équipe très offensive que je vous présente aujourd'hui, et que je vous détaille dès maintenant.

Gardien : Ali Ahamada (Toulouse)
Forcément, il était difficile de le devancer cette saison, vu son but - décisif, qui plus est - à la dernière minute du match contre Rennes, lors de la sixième journée (2-2). A noter que d'habitude, les gardiens buteurs sont souvent de vieux grognards, comme Wimbée en France, ou Schmeichel en Angleterre. Il faut avoir une sacrée confiance en soi pour décider de quitter son but dans les arrêts de jeu pour aller tenter sa chance dans la surface opposée. Or, Ahamada n'a que 21 ans, et ne dispute que sa troisième saison en professionnel, sa deuxième véritablement dans la peau d'un titulaire. Donc, même s'il a semblé mal gérer cet exploit par la suite, avec quelques matches ratés, il mérite largement cette nomination.

Latéral droit : Jordan Lotiès (Nancy)
Oui oui, j'ai réussi à caser un Nancéien dans mon équipe-type, alors que l'ASNL se traîne à la dernière place du classement. Comme pour les autres joueurs de mon équipe, ce qui fait qu'il y figure, ce sont les chiffres : ses deux buts (contre VA lors de la 16e journée, puis à Lyon lors de la 17e, 1-1 à chaque fois), ses premiers en Ligue 1 et ses premiers en pro depuis mai 2009, ainsi que sa passe décisive pour Mollo à Evian (1-1, 15e j.) en font tout simplement le
troisième joueur nancéien le plus décisif cette saison, derrière Mollo et Bakar. Logique, puisque son entraîneur, Jean Fernandez, pour rassurer son équipe, accumule les joueurs défensifs en défense et au milieu, ce qui limite les choix. Dommage que ces trois actions décisives n'aient rapporté que trois points à son équipe...

Défenseur central : Rod Fanni (Marseille)
Baladé à droite ou dans l'axe, le Martégal ne voit pas pour autant sa courbe de performance baisser. Cette saison, l'ancien international, du moins si on en croit sa longue absence en sélection, depuis août 2010, en est à un but (contre Sochaux, 2-0, 2e journée) et deux passes décisives, toutes récentes, à Bastia (1-2, 17e j.) pour Valbuena, et contre Saint-Etienne lors de la dernière journée (1-0), pour André Ayew. Avec le départ d'Azpilicueta, la faible concurrence d'Abdallah et la méforme de Diawara, Fanni, 31 ans, n'est pas prêt de sortir de l'équipe type olympienne.

Défenseur central : Lamine Koné (Lorient)
Un des inconnus de cette équipe, mais pas un des plus mauvais, et probablement un des plus prometteurs. A 23 ans, le Parisien de naissance, formé à Châteauroux, qu'il a quitté pour le Morbihan en 2010, est tout simplement un des meilleurs défenseurs centraux du championnat, malgré la piteuse 15e place des Merlus chez les défenses. Surtout, son gabarit (1m89, 90 kgs) lui offre des possibilités dans les surfaces adverses, ce qui lui a permis de marquer trois buts, dont deux de la tête, meilleur total pour un défenseur cette saison (contre Nancy, 3-0, 4e j., à Bastia, 2-1, 14e j., contre Sochaux, 2-0, 17e j.) ainsi qu'une passe décisive, contre Montpellier (2-1, 2e j.), pour Alain Traoré à la 92e minute. A noter qu'il est toujours éligible pour jouer en Équipe de France... et si on arrêtait de perdre des talents ? Encore faudrait-il qu'il joue dans une équipe plus cotée...

Latéral gauche : Benoît Trémoulinas (Bordeaux)
Un classique, même si le Réunionnais a du écarter la concurrence de Maxwell (2 b, 2 p), notamment parce que le Parisien évoluait souvent au milieu lorsqu'il fut décisif. C'est moins le cas du Bordelais, même s'il évolue plus haut lorsque son équipe joue à trois axiaux. Même s'il a laissé passer du monde à un poste en Bleu pour lequel il semblait promis à un grand avenir (1 sélection), il reste une valeur sûre du championnat. Avec à la clé un but, à Lyon, et du droit s'il vous plaît (0-2, 7e j.) et trois passes décisives, comme lors des deux saisons précédentes (pour Gouffran contre Ajaccio, 2-2, 6e j., pour Diabaté à Brest, 1-1, 8e j., pour Gouffran encore, contre Marseille, 1-0, 13e j.), ce centreur de grande qualité (22 passes décisives en 5 saisons et demie de Ligue 1) pourrait faire du bien aux Bleus dans ce domaine où il ne brillent plus depuis très longtemps.

Milieu axial : Julien Féret (Rennes)
Forcément, mes axiaux vont être très offensifs, mais c'est aussi le cas de ceux d'Arsenal ou du Barça non ? Un de ceux qui figurent dans toutes les équipes-types actuelles. Féret, après plusieurs bonnes saisons, est en train d'en réaliser une très grande, à 30 ans. Il a déjà marqué autant de buts que l'année dernière (8), son record étant de 9, en Ligue 2 avec Reims, en 2006-07, tout en n'ayant distribué qu'une passe décisive, contre Valenciennes (2-0, 18e j.) pour son compère Jonathan Pitroipa, qui lui avait offert le premier but. Homme fort de l'intenable quatuor rennais (Pitroipa, Féret, Alessandrini et Erding, 27 buts et 10 passes à eux 4), le Breton peut juste regretter d'avoir été souvent oublié ces dernières années en Bleu. Trop lisse et trop discret, sans doute.

Milieu axial : Benjamin Nivet (Troyes)
L'autre relégable de la troupe, avec Lotiès, mais aussi un signe que malgré l'âge (35 ans) on peut encore porter une équipe sur ses épaules, ou presque. Un de ces joueurs méconnus, mais qui connaissent la Ligue 1 sur le bout des ongles (260 matches) et dont le football est un régal visuel. Revenu à Troyes, qu'il avait longuement fréquenté entre janvier 2002 et 2007, en Ligue 1 et en Ligue 2, après un passage de cinq ans à Caen, toujours en alternant entre les deux divisions, l'Auxerrois de formation donne l'impression de n'avoir jamais quitté l'Aube et la Bourgogne, région qu'il représente de plus en plus, lui le Chartrais de naissance. Auteur de 6 buts en 3 passes décisives, il est la seule chance, avec Thuram dans les buts, de l'ESTAC pour espérer se maintenir... Un Jérôme Leroy moins grande gueule et moins baroudeur.

Milieu offensif droit : Rémy Cabella (Montpellier)
On ne peut plus le considérer comme une révélation. Longtemps remplaçant désigné de Belhanda dans l'axe, ou de Camara ou Utaka sur les côtés, l'Ajaccien est devenu indispensable au jeu de Montpellier. Personnellement, je le suis depuis son prêt à Arles-Avignon, lors de l'année passée en Ligue 1 de cet improbable club sudiste, en 2010-11. Au
milieu des Mejia, Pavon, Basinas, Meriem et autres Charisteas, le gamin formé dans l'Hérault, qui n'avait jamais connu l'élite, mettra quelques mois seulement pour s'imposer, avant de signer au total 3 buts en 18 matches. De retour à Montpellier, il participera activement à la conquête du titre, malgré un statut encore incertain, avec 3 buts et une passe en 29 matches, dont 16 titularisations. Cette année, il confirme : 5 buts et 3 passes pour l'homme à la crête fournie et à la voiture orange. Un kéké, d'accord, mais pour l'instant difficile à moquer, et très prometteur. Un Valbuena en mieux, à mon avis.

Milieu offensif gauche : Pierre-Emerick Aubameyang (Saint-Étienne)
Je l'ai mis là parce qu'il méritait, selon moi, de figurer dans l’équipe-type, et parce qu'il s'est montré presque aussi efficace sur ce côté, où sa vitesse fait merveille, que dans l'axe. Le Stéphanois, après des années à végéter dans des prêts ratés à Lille ou Monaco, s'est révélé dans la Loire, et confirme sa très bonne saison dernière (16 buts, 6 passes décisives). Cette année, ses chiffres sont comparables, voire un peu meilleurs, à mi saison du moins (8 buts, 4 passes, quatrième bilan général). Même s'il reste sur six matches blancs, le Gabonais est désormais un candidat logique à un départ dans un plus grand club la saison prochaine. Ce sera une très grosse perte pour l'ASSE, qui a déjà toujours du mal à confirmer au classement (10e) le potentiel qu'on lui soupçonne (dans les 5-6 premiers ?).

Attaquant : Bafétimbi Gomis (Lyon)
Mon chouchou, personnellement, peut-être parce qu'il n'est pas reconnu à sa juste valeur. Le Lyonnais devance le pauvre Jérémy Aliadière (Lorient) d'une seule action décisive (14 à 13), mais sa place n'est pas usurpée. Comme je le dis souvent ici, quelque soit son statut à Saint-Etienne mais surtout à Lyon, depuis 2009, Gomis, qui semble être en plus une crème dans la vie, marque toujours. Il en est désormais à sept saisons consécutives à au moins 10 buts en championnat (11 cette année, 14 la saison dernière) et il a marqué 28 buts en 2012, deux de moins que Benzema, le meilleur Français. Il a également distribué trois passes décisives, notamment la dernière pour Lisandro Lopez, alors qu'il aurait pu marquer, seul face à Ospina (3-0 contre Nice, 19e j.). Je suis heureux de le voir à ce niveau, ainsi qu'en Bleu. Un buteur comme on en a rarement en France, à la fois efficace et collectif.

Attaquant : Zlatan Ibrahimovic (Paris-SG)
Vous vous doutez bien qu'il était difficile de se passer de lui ! Le fait qu'il soit le seul Parisien de l'équipe-type, alors que le PSG possède la meilleure attaque (36 buts) et le plus grand nombre de passes décisives cumulées (26) montre bien à quel point le Suédois écrase la concurrence, que ce soit en Ligue 1 ou dans sa propre formation. Dans le classement des actions décisives, le second parisien est Jérémy Ménez, 29e avec un but et 5 passes décisives... Ibra a ainsi marqué 18 buts, soit l'exacte moitié du total de son équipe, et 12 à l'extérieur (sur 18 !), mais n'a pas oublié ses partenaires, à qui il a offert 5 buts (pour Ménez, Maxwell, Matuidi deux fois et Lavezzi). Le troisième buteur européen en 2012 (50 buts) est parti sur de grandes bases, reste à savoir s'il tiendra longtemps ce rythme.

Voilà, ce n'est pas forcément la meilleure équipe, mais c'est celle qui s'est le plus illustrée dans ce qui demeure l'essentiel dans le foot : les buts, et l'élaboration de ces derniers. C'est aussi une équipe homogène, avec aucun club représenté par plus d'un joueur, preuve de la densité d'un championnat décidément très serré, comme toujours. Il manque quelques beaux joueurs comme Matuidi, Malbranque, Valbuena ou Danic, mais il fallait bien faire des choix... et les miens sont objectifs, puisque chiffrés !

A plus tard, et n'hésitez pas à réagir !

mardi 20 novembre 2012

La France clôt sa saison


Salut à tous,

Revenons un peu sur ce match de la France en Italie, et d'une manière générale sur cette nouvelle année internationale pour les Bleus.

Les Bleus à l'Italienne

D'abord ce match, donc. Au milieu d'une série de trois matches face à trois demi-finalistes du dernier Euro, dont les deux finalistes (Espagne, Italie et Allemagne en février prochain), la France a bien négocié un match qui s'annonçait compliqué, même si l'historique des rencontres amicales entre les deux pays disait l'inverse. S'ils ont perdu leurs deux dernières confrontations officielles contre la Squadra, les Bleus n'ont en effet plus perdu un match amical contre son voisin depuis 50 ans, soit six rencontres (3 succès, 3 nuls), dont quatre jouées de l'autre côté des Alpes.

Et cette tradition s'est confirmée dans ce match à Parme, qui, malgré l'enjeu d'un derby, le 37e du nom, restait un match amical. Et ce, d'une seule et fondamentale façon : la deuxième mi-temps, marquée par douze changements, dont 10 entre la 50e et la 73e minute. Comment voulez-vous sérieusement juger une partie, aussi prestigieuse soit-elle, quand plus de la moitié des équipes de départ ne terminent pas la rencontre, voire même ne dispute pas le dernier quart d'heure ? En plus de découper en rondelles une mi-temps - un changement toutes les 4 minutes - le jeu n'est évidemment plus le même. La France a commencé avec une attaque Sissoko-Valbuena-Ribéry-Giroud, elle a terminé avec Ménez-Gourcuff-Trémoulinas-Gomis...

Ces considérations évoquées, passons à ce match qui confirme le regain de confiance, sinon véritablement technique, des Bleus. Là encore, ce n'est pas nouveau : depuis plus de deux ans, la France n'a perdu contre quasiment aucune des grosses écuries qu'elle a affronté, à savoir l'Angleterre (1-2), le Brésil (1-0), l'Allemagne (1-2)... et même l'Espagne le mois dernier (1-1), même si cette dernière lui avait donné la leçon à l'Euro (2-0). Rien de nouveau, parce qu'on se rend compte que lorsqu'il s'agit de subir, de laisser le ballon, de faire parler son bloc, la France est au niveau. Le problème se situerait plutôt pour les matches où elle doit faire le jeu. Elle avait montré des progrès contre le Bélarus (3-1), mais sa défaite contre le Japon (0-1) après son nul contre l'Uruguay (0-0) confirment que lorsque c'est à elle de se faire une place dans un bloc fermé, ça se complique sérieusement. D'ailleurs, la France de Deschamps marque très peu pour l'instant (7 buts en 6 matches).

Les deux matches contre l'Espagne puis l'Italie se ressemblent un peu, même si la notion d'"amicalité" pour le second change beaucoup de choses, on l'a dit. A chaque fois, on ne donnait pas cher de la peau des Bleus, et la pression était donc relative, même si la confiance était meilleure la semaine dernière en raison du très bon résultat de Madrid. A chaque fois, on a plus ou moins souffert en première mi-temps, tout en livrant un gros match physique et tactique, gênant ces deux redoutables adversaires dans l'élaboration du jeu, y parvenant à chaque fois plus en deuxième mi-temps qu'en première. La grosse satisfaction, ce sont les deux matches de mammouth de Matuidi au milieu. Son pressing, sa science de l'interception en font un des grands architectes de ces deux matches réussis. Quitte actuellement à tirer la langue avec le PSG...

Et à chaque fois, on s'est montré efficace sur les quelques occasions qu'on s'est procuré, plutôt à Parme qu'à Madrid d'ailleurs. A ce titre, l'entrée en jeu de Gomis est assez symbolique, et surtout son but, fruit de son profil, assez rare finalement en France, de chasseur des surfaces que Benzema ne sera jamais, et Giroud pas trop non plus, par manque de vivacité. Le Lyonnais est un combattant, qui ne cesse d'user la défense par ses appels, son jeu dos au but et son activité, et qui est toujours présent sur les ballons qui trainent, parce qu'il les sent, tous simplement. C'est ce qui fait que Gomis, malgré un statut pas toujours définit à Lyon, n'a jamais marqué moins de 10 buts par saison depuis 2006 en Ligue 1 ! Une qualité dénigrée en France, mais souvent très utile pour gagner ce genre de matches âpres, où les occasions sont rares. Un talent... tout italien, et que ne possède pourtant pas non plus le nouveau fer de lance italien, Balotelli. Joli symbole, quand même, de gagner de cette manière sur le sol italien.

Valbuena aussi, bien sûr, a marqué des points. Moi qui ait toujours été circonspect face à un joueur certes spectaculaire et très actif, mais qui n'a jamais possédé des statistiques susceptibles de m'impressionner, j'ai évolué. Si on enlève ses passes décisives sur coup de pieds arrêtés, il demeure un bon passeur, sans être une machine à passe. Et son nombre de buts (1 cette saison en Ligue 1, jamais plus de 5 par saison auparavant) n'a jamais défrayé la chronique. Bref un attaquant plus joli à voir que véritablement efficace, et qui plus est énervant par son aptitude à plonger au moindre coup de vent. Mais depuis deux ou trois saisons, il est devenu plus efficace, et sa place en équipe de France est logique, surtout qu'il y marque finalement souvent (3 buts en 18 sélections, un toutes les 300 minutes contre un toutes les 458 minutes au total).

En l'absence de Nasri, sa place dans un 4-2-3-1 est parfaitement légitime, surtout avec Ménez à droite et Ribéry à gauche. Après, il est toujours difficile d'écarter Benzema de la pointe, malgré son inefficacité chronique en Bleu... Au milieu, on peut imaginer que Cabaye et Matuidi, avec éventuellement un Diaby comme alternative, ont pris de l'avance pour composer la future ossature de l'équipe, qui en a cruellement besoin.

Revenons à présent sur cette année en Bleu...

La France dans la moyenne

Comme en 2010, avec le passage de relais entre Raymond Domenech et Laurent Blanc, 2012 est une année double, avec les six premiers mois, marqués par des matches amicaux, l'Euro et le remplacement de Blanc par Didier Deschamps, puis les six suivants, avec le début réussi des éliminatoires pour la Coupe du Monde 2014, et quelques matches amicaux diversement réussis.

Au total, l’Équipe de France a signé une bonne saison (1,92 points par match, 8 succès, 3 nuls et 3 défaites), dans la lignée des dix années précédentes (1,99)., mais moins bien qu'en 2011 (2,08). Mais l'Euro, et ses deux défaites en quatre matches, pèse lourd dans la balance. Malgré cela, le bilan de Laurent Blanc est meilleur que celui de son successeur : 5 succès, 1 nul et 2 défaites, soit 2 points par matches ; et 3 victoires, 2 nuls et 1 défaite pour Deschamps (1,33). Le nul contre l'Uruguay (0-0) et la défaite contre le Japon (0-1) font des dégâts. Didier Deschamps qui a également du mal à faire marquer son équipe : 7 buts en 6 matches, dont 3 contre le Bélarus (3-1), soit 1,17 par match, le deuxième pire chiffre de l'histoire pour un sélectionneur français. Avec 0,66 buts encaissés par matches, il fait aussi un peu moins bien que Blanc (0,63), lui-même devancé par Santini (0,46) et Jacquet (0,51).
 
Une attaque toujours en berne

Au total, la France a marqué 21 buts, soit 1,5 buts par match, la même moyenne que sur les dix saisons précédentes (21,4 buts par an, 1,59 par match), et un meilleur chiffre qu'en 2011 (1,31). Mais la France n'a plus marqué plus de 1,5 buts par matches depuis 2006 (1,76) et plus de 2 depuis 2003 (2,86). Cette dernière année est aussi la dernière qui a vu un joueur dépasser les 8 buts sur une saison (Henry, 11). Depuis, seul... Henry en a marqué plus de 5, en 2006 (8). Et depuis 2008, personne n'a fait mieux que 4 (Henry puis Gignac, 4, Benzema puis Rémy l'an dernier, 3). Cette saison, le meilleur buteur français se nomme Franck Ribéry, auteur de 4 buts contre l'Islande (3-2), la Serbie (2-0), l'Estonie (4-0) et le Bélarus (3-1). Il s'agit de sa meilleure saison dans ce domaine, après n'avoir marqué aucun but en 2010 et 2011, lui qui compte désormais 11 buts en sélection.
 
Il devance en 2012 Benzema, Malouda, Ménez et Giroud (2). Le Madrilène, qui n'a inscrit qu'un doublé contre l'Estonie (4-0), n'a marqué que quatre fois en deux ans, et 7 fois en trois. Avec 15 buts, il se situe au 17e rang des meilleurs buteurs en Bleu, à égalité notamment avec Revelli ou Rocheteau. Mais avec le même nombre de sélections que Papin (54), il compte exactement moitié moins de buts (15 contre 30). En revanche, il est co meilleur passeur des Bleus (5 passes), à égalité avec... Ribéry, et devant Giroud (3). Avec 16 passes décisives dans le jeu, la France signe son meilleur chiffre depuis 2006 (17).
 
Par ailleurs, la France a encaissé 12 buts, contre 5 en 2011, un classique lors des années paires depuis 2008 (16, puis 13 en 2010), en raison de grands tournois ratés. Mais, depuis 2008, elle tourne à 0,8 buts encaissés par match, contre 0,60 entre 1993 et 2007. Il faut dire que le manque de certitudes en défense, notamment dans l'axe, ne doit pas beaucoup aider. Ainsi, le duo inamovible de Laurent Blanc, Rami-Mexès, a complètement disparu après l'Euro, au profit notamment de Sakho (5 sélections sur 6), Yanga-Mbiwa puis Koscielny (3 et 4). En attendant Varane...

Franck Ribéry, en plus d'être le meilleur buteur et passeur des Bleus, est aussi le seul à avoir joué les 14 matches de l’Équipe de France en 2012 (12 titularisations, 6 matches complets). Il devance Lloris (13), Benzema et Ménez (12), Debuchy et Giroud (11), et Cabaye (10). Huit joueurs n'ont connu qu'une cape, Abidal, Briand, Diaby, Mandanda, Saha, Amalfitano, Chantôme et Trémoulinas, ces trois derniers découvrant le maillot bleu cette année, avec Capoue (4), Jallet et Yanga-Mbiwa (3). Le plus ancien Bleu sélectionné en 2012 se nomme Mexès, qui a débuté en 2002. Mais 18 des 38 joueurs appelés ne l'avaient jamais été avant 2010, et seulement 15 seulement comptent au moins 20 sélections : c'est ce qui s'appelle une équipe en construction, encore.

Le PSG et la Premier League, les patrons

Pour la première fois depuis 1996, le PSG est le club le plus représenté cette saison en Bleu. Le club parisien compte 27 capes, contre 24 à Lyon, 17 à Marseille, 15 à Lille et Newcastle. Le PSG est le sixième club le plus représenté de l'histoire des Bleus (433), toujours dominée par Marseille (707). A noter que si Lloris n'avait pas quitté Lyon cet été, l'OL aurait une nouvelle fois dominé tout le monde, comme c'était le cas depuis 2005 sans discontinuer. Bordeaux (Trémoulinas) et Barcelone (Abidal) ne comptent qu'un sélectionné, le plus mauvais chiffre des deux clubs depuis 2007 et 2003. A noter les très bons scores de Lille (15), son record depuis 1952 (18), Montpellier (10, son deuxième meilleur chiffre après 1990, 11) ou de Newcastle, qui n'avait jamais été aussi représenté (15).

Les années passant, le taux de présence des joueurs de Ligue 1 augmente, lentement mais sûrement. Depuis les 10,1 % de 2002, un record, il n'a quasiment jamais cessé d'augmenter. Il est passé à 35 % en 2004, 44 en 2008, 50,5 en 2010, 51,6 en 2011 et 53,1 cette saison. Il s'agit de son meilleur chiffre depuis 1996 (30 %), soit le début de l'arrêt Bosman. Depuis le début de la décennie, la Ligue 1 est légèrement majoritaire (48,2 %). Le pays étranger ayant le plus souffert de cette invention de tendance est sans doute l'Italie qui, sans les 7 sélections de Philippe Mexès, n'aurait au aucun sélectionné en Bleu cette saison. Cela fait six ans que le Calcio n'a plus compté plus de 10 sélectionnés français dans ses rangs. En revanche, la Premier League est toujours aussi puissante (58). Ce n'est pas par hasard si, depuis l'arrêt Bosman, deux des trois clubs les plus représentés en Bleu sont Arsenal (406) et Chelsea (294), qui entourent Lyon (360). La Liga, elle, vivote avec 21 sélectionnés, devant la Bundesliga (14), uniquement représentée par Ribéry (Bayern).

Je vous laisse !

mercredi 31 octobre 2012

Dissection des buts de Ligue 1

Salut à tous,

Revenons, si vous le voulez bien, sur le championnat, qui vient d'entamer son deuxième quart, en jouant sa dixième journée, amputée de deux matches, déjà, alors qu'en général les premiers matches reportés - inévitables dans l'est en général, alors que les matches reportés en Allemagne sont extrêmement rares... - arrivent plutôt en novembre. Ça nous promet un hiver particulièrement perturbé, et un classement souvent illisible... actuellement, le haut et le bas de ce dernier sont faussés par les matches en moins de Lyon et Marseille, qui pourraient être devant Toulouse, et rejoindre Paris pour le second, et d'Evian et Sochaux, en bas. Espérons que pour l'Euro 2016, les réfections ou constructions de stade prévoiront des structures pour résister au froid... sinon autant arrêter de jouer l'hiver.

Je voulais en fait faire un focus sur les 258 buts (2,63 par match) marqués depuis le début de la saison, en 98 rencontres. Enlevons les 9 buts csc - soit près d'un par journée ! - et on arrive à 249. Divisons ces derniers en différentes tranches, pour y voir un peu plus clair.

- 122 buts du droit (49 %), 72 du gauche (29 %), 55 de la tête (22 %). A noter que chez les milieux de terrain, les gauchers sont quasi à égalité avec les droitiers (45 contre 41, et seulement 9 buts de la tête), et chez les défenseurs c'est évidemment de la tête qu'ils brillent (4 du droit, 5 du gauche, 15 de la tête !).

- 113 buts étrangers, soit 45,4 %. Sur ce total, on en compte 55 pour l'Afrique, soit près de 49 % des buts étrangers, plus d'un but sur cinq au total. Les buteurs étrangers marquent un peu plus du droit (54 %), moins du gauche (26,5 %) et autant de la tête que la moyenne (22 %). Malgré la nette domination africaine (l'Amsud et l'Europe se disputent la deuxième place avec 30 et 27 buts), les pays les plus représentés sont le Brésil (17), et l'Argentine et la Suède (10).

- 104 buts à l'extérieur, soit 41,8 %. Le meilleur dans ce domaine est Zlatan, qui a marqué 7 de ses 10 buts hors du Parc des Princes, en seulement 4 matches (sur 9 buts parisiens), devant le quatuor Eduardo (ACA), Khelifa (ETG), Belhanda (Montpellier) et Rivière (TFC), 3 buts. A l'extérieur, les buts du droit augmentent nettement (60,6 %), au détriment des buts du gauche (25 %) et surtout ceux de la tête (14,4 %). Les défenseurs ont marqué 9 des 104 buts à l'extérieur, soit 8,6 %, contre 9,6 % au total.

- 13 buts seulement des moins de 21 ans (5,2 %), dont 2 pour Thauvin (Bastia), J.Ayew (Marseille), Regattin (TFC) et Aboubakar (VA). Huit clubs seulement sont représentés dans ce classement, dont Toulouse (3), Bastia, Marseille et Valenciennes (2). Paris, Lyon, Saint-Étienne, Bordeaux ou Lorient, qui figurent dans la première partie du tableau, ne comptent aucun représentant jeune buteur. Les jeunes marquent un peu plus du droit que la moyenne (53,8 %) mais autant du gauche que de la tête (23,1 %).

- 28 buts des plus de 31 ans (11,2 %), une belle perf. Eduardo, Maoulida (Bastia), Barbosa (ETG) et Brandao (ASSE) mènent la dansent avec 3 buts. A noter qu'on compte quatre joueurs bastiais dans le classement, avec Ilan, Rothen et Marchal, qui comptent 1 but. Troyes, autre promu, a également deux joueurs classés, à deux buts chacun (Nivet et Marcos). Les "vieux" marquent peu du droit (42,9 %), un peu plus du gauche (32,1 %) et de la tête (25 %). Sans doute parce qu'ils sont souvent plus présents en défense qu'en attaque...

- Les milieux marquent beaucoup dans notre championnat (38,15 %), même s'ils restent loin des attaquants (52,2 %), contrairement à l'année dernière. Comme je l'ai dit, et en toute logique, les milieux marquent surtout des pieds, et très peu de la tête. Le meilleur est Alain Traoré (Lorient, 4 buts). Six des neuf meilleurs milieux (à 3 buts ou plus) sont gauchers (Traoré, Obraniak, Barbosa, Bastos, Bauthéac et Diego).

- Les défenseurs marquent peu cette année (9,6 %), avec trois joueurs à deux buts (Baysse, Chedjou et Pejcinovic). Douze des 21 défenseurs buteurs n'ont marqué que de la tête, et on ne compte que six véritables latéraux dans le lot.

- Les internationaux français (sélectionnés au moins une fois en Bleu) ont marqué 29 buts, soit 11,6 % du total, avec en tête Gomis et Gignac (5 buts), devant Payet et Gameiro (3). On compte autant de Parisiens que de Marseillais (3), mais aussi deux Lillois, Lyonnais et Toulousains. On y voit aussi des anciens comme Meriem (Nice, 2 buts), Rothen (Bastia, 1) ou Giuly (Lorient, 1). Les internationaux marquent beaucoup du droit (58,6 %) moins du reste (20,7 % du gauche et de la tête).

- Je l'ai déjà dit ici, on compte beaucoup de coup-francs cette saison (11, soit 4,4 %), soit presqu'autant que de penalties (13, soit 5,2 %). Alain Traoré est le seul à plus d'un coup franc marqué (2), et Belhanda à plus d'un penalty marqué (2). Je l'ai déjà dit aussi, mais les coup-francs sont toujours plus marqués du gauche (6 contre 5) et les penalties, du droit (11 contre 2). Les deux clubs à compter plus d'un penalty marqué sont Brest et Montpellier (2). Neuf clubs sur 20 n'en ont pas encore marqué, dont Marseille, Lille ou Bordeaux. En cumulant les coup-francs et les penalties, les plus habiles sont Traoré, Belhanda, ainsi qu'Ibrahimovic et Danic, qui figurent dans les deux classements.

- 7 buts de "revanchards", c'est-à-dire les joueurs qui marquent contre leurs anciens clubs, soit 2,8 %. Modeste, Obraniak, Gourcuff, Camara, Bauthéac, Erding et Danic sont les sept joueurs concernés par ce classement, et Nice est la cible la plus fréquente (2), devant Lille, Lorient, Rennes, Saint-Étienne et Sochaux. A noter que ces sept joueurs n'ont marqué qu'un but du droit, 3 du gauche et 3 de la tête.

- Chez les buteurs sortis du banc, le Rémois Courtet mène la danse (3 buts sur 4), devant Maoulida, Sunu, Bastos, Regattin et Aboubakar (2). Cinq clubs n'ont pas encore vu un de leurs remplaçants marquer, dont le PSG et Marseille. En revanche, Toulouse bénéficie à fond du coaching de Casanova (5 buts), devant Bastia, Lorient, Reims et Saint-Étienne (3).

- Enfin, chez les buteurs du droit, Ibrahimovic mène avec 7 buts (sur 10), devant Khelifa, Gomis et Aubameyang (4). Chez les gauchers, Traoré est logiquement en tête (4), devant Bastos, Courtet et... Ibrahimovic (3) qui n'a donc pas encore marqué de la tête ! Chez ces derniers, ce sont deux petits formats, Maoulida et Ben Yedder, qui mènent la danse (3) devant 7 joueurs (Saivet, Baysse, Chedjou, Gignac, Erding, Brandao et Privat (2). Sur les 44 buteurs de la tête, 13 d'entre eux sont des défenseurs, contre 10 milieux et donc 21 attaquants.

Voilà, en espérant vous avoir éclairé et pas trop assommé de chiffres ! A plus tard !

lundi 23 avril 2012

Montpellier, Paris et Lille au second tour

Salut à tous !

Allez, encore 5 journées, et c'est la quille... Pourtant, l'odeur si familières des vacances ne semble pas démotiver nos 500 acteurs de Ligue 1, qui, peut-être grâce à l'amélioration des terrains, ont retrouvé l'habileté devant le but qui les caractérisait avant la trêve. Avec 28 buts, la Ligue 1 a réalisé son deuxième meilleur score des matches retours, derrière la journée précédente (30). Sur les quatre dernières journées, on tourne à 2,7 buts par matches en Ligue 1. Dommage qu'avant ce mois "inspiré", on ait tourné à 2,32... malgré tout on est revenu à un taux plus présentable (2,5), qui pourrait s'améliorer si on maintient ce bon rythme.

Ça carbure en tête

Au classement, on notera que les 6 premiers actuels ont gagné, et que les 7 premiers ont creusé un tel écart (7 points entre Toulouse et Bordeaux, 8e) qu'on ne devrait plus les revoir. Mais même parmi ces leaders, les écarts ne sont pas minces. Cinq points entre le PSG et Lille (qui recevra les Parisiens la semaine prochaine, avec la possibilité de revenir à 2 longueurs en cas de succès...), et six entre Lille et Lyon. Du coup, le PSG, deuxième, compte 11 points d'avance sur Lyon, 4e, c'est-à-dire plus que Marseille, 10e, sur Sochaux, 19e (8 points)...

Montpellier a confirmé sa saison exceptionnelle à domicile : 15 succès, 1 nul et 1 défaite, seulement 9 buts encaissés. Seul le PSG domine les Héraultais au niveau des attaques à domicile (37 à 34), grâce à son large succès contre Sochaux (6-1). Il s'agit du premier 6-1 cette saison en Ligue 1, et c'est la deuxième fois qu'une équipe marque 6 buts dans un match, après le 6-2 de Rennes à... Sochaux, lors de la 7e journée. Avec 54 buts, les Lionceaux ne volent donc pas leur dernière place au niveau des défenses, même s'ils partagent cet "honneur" avec Dijon et Ajaccio. La dernière victoire par cinq buts d'écart du PSG remonte au 10 janvier 2010, en Coupe de France contre... Aubervilliers (5-0) ; le précédent 6-1 des Parisiens remonte au 8 janvier 2005, toujours en Coupe, à... Langueux ; et en Ligue 1, leur dernière victoire de ce type en Ligue 1 remonte à la saison précédente, le 7 février 2004 (6-1), et c'était contre... Montpellier ! Ljuboja et Pauleta avaient signé chacun un doublé... en fin de saison les Parisiens avaient terminé deuxièmes, et Montpellier, dernier. Une autre époque, comme on dit.

De son côté, Caen a pleinement confirmé son statut de plus mauvaise équipe à domicile, contre Saint-Etienne (1-4), avec cette 7e défaite en 17 matches sur sa pelouse. Seul Lorient (17) a moins marqué à domicile que Malherbe. L'ASSE, en revanche, est désormais 4e à l'extérieur avec 26 points, un de moins qu'à domicile, à deux points du PSG et Rennes, et à 4 de Lille, le leader. En revanche, les Nordistes, pourtant vainqueurs à Dijon (0-2), ont du céder leur statut de meilleure attaque au PSG (63 contre 62), devant Montpellier (60), qui reste leader des matches retours, mais avec seulement la quatrième attaque en 2012 (21), derrière Paris (32), Lille (29) et Lyon (22), et autant que Saint-Etienne et... Evian.

Evian étonne, Auxerre coule

La saison du promu est aussi étonnante que discrète médiatiquement. Si les Savoyards avaient bien débuté plutôt que bien terminé, on en aurait sûrement beaucoup plus parlé... sixièmes des matches retours, les hommes de Pablo Correa sont également sixièmes à l'extérieur (19 points), et possèdent la 5e attaque du championnat (48 buts) ! Surtout, ils sont bien installés à la 9e place, à un point de Bordeaux, 8e, et avec 4 points d'avance sur Marseille et Nancy, qui les suivent au classement. Et encore, Evian a perdu 7 points dans le dernier quart d'heure ! Avec 45 points, 12 de plus que le premier relégable, ils ont déjà assuré leur maintien, ou presque. En tous cas, posséder dans ses rangs quatre internationaux danois (Andersen, Wass, Poulsen et Kahlenberg), susceptibles de disputer le prochain Euro, ça peut aider, même si trois d'entre eux jouent dans les lignes défensives, qui ne sont pas le point fort du promu (15e défense avec 47 buts).

Dernier du classement, l'horloge tourne pour Auxerre, dernier à six points du premier non relégable. L'AJA n'a remporté que 5 matches cette saison, 1 seul lors des matches retours et aucun à l'extérieur, anomalie partagée avec Brest, lui aussi relégable. Et comme Auxerre est également 18e à domicile... la 32e saison d'affilée de l'AJA va donc probablement être la dernière de cette longue série, la deuxième en cours après celle du PSG, qui va donc reprendre le flambeau (39 saisons). Elle va surtout retrouver Nantes, Lens, Monaco ou Strasbourg dans la série des anciens champions tombés dans les étages inférieurs ces dernières années...

Hazard et Nene se rapprochent, Gomis toujours efficace

Au classement des buteurs, Giroud conserve la tête mais ne compte plus "que" quatre buts d'avance sur Hazard et Nene (16 buts), le Brésilien ayant rejoint le Belge à la deuxième place ce week-end. Le milieu offensif lillois reste sur 7 buts lors de ses 8 derniers matches, et partage également la tête des meilleurs buteurs en 2012 avec Nene, qui a dors et déjà signé la meilleure saison de sa carrière européenne, entamée à Majorque en 2003. Il signe également le meilleur total d'un Parisien depuis les 17 buts de Hoarau, en 2008/2009.

Derrière ça marque aussi, mais le retard n'est pas négligeable. Gomis, Lisandro et Aubameyang, auteur d'un doublé à Caen (1-4), comptent 13 buts chacun. Le Stéphanois, meilleur buteur à l'extérieur, à égalité avec Giroud (10), n'avait évidemment jamais atteint un pareil score, lui qui jusque là avait l'image d'un ailier rapide mais maladroit... une image datée, désormais. Pour l'Argentin, qui dispute sa 3e saison lyonnaise, il reste 4 journées pour faire mieux que ses 15, puis 17 buts des saisons précédentes. Enfin, pour Gomis, il s'agit de sa deuxième meilleure saison en carrière, derrière celle disputée en 2007/2008 avec Saint-Etienne (16 buts). Rappelons que le Lyonnais n'est plus titulaire avec Lyon... mais il marque toujours autant. Comme quoi, Rémi Garde n'est pas très différent de ces congénères de Ligue 1, qui préfèrent généralement des attaquants qui courent partout (Lacazette) que des buteurs véritables (Gomis). Une incongruité en Europe, une tradition en France. Sur une saison complète, Gomis marquerait 20 buts avec sa moyenne de buts par minutes (165). Lacazette, 11 et quelques (300). Rappelons que Gomis n'est plus passé sous la barre des dix buts en championnat depuis 7 ans maintenant, c'est le seul dans ce cas. Et s'il allait voir ailleurs en Europe si on aime les buteurs ? Je le lui souhaite, en tous cas.

Gros score des Sud-Américains ce week-end, avec 8 buts sur 28, donc 5 Brésiliens et 3 Argentins, qui ont pour une fois fait mieux que les Africains (6). En plus du but de Lisandro, le retour en forme de Pastore (10e but cette saison, quand même) et le 8e penalty de Fabian Monzon (Nice, contre Auxerre, 1-0), qui rejoint Nene et Hazard en tête de cet exercice, ont participé à ce "tango"... On notera aussi le premier but italien dans ce championnat, signé Thiago Motta (PSG), depuis celui de Fabio Grosso (Lyon) contre Lille, en octobre 2008 (2-2). De son côté, Jérémy Ménez (PSG), formé à Sochaux, a marqué le premier but d'un Parisien contre un de ses anciens clubs. Sa victime doubienne en a déjà encaissé 4, seul Auxerre et Rennes ont fait pire (5). Dure vie des clubs formateurs, qui voient ensuite leurs anciennes pousses leur prouver qu'ils ont fait du bon travail avec eux...

Lyon fort en fin de match

Voilà, sinon que dire... si on additionne les buts et les passes décisives dans le jeu, le PSG est très largement en tête (104) devant Montpellier (87) et Lille (86). Au pourcentage aussi, les Parisiens dominent (67,7 %) devant Nancy (65,6) et Sainté (60,9). Lille a plus de mal dans ce domaine (17e avec 43,3 %). Il faut dire que Eden Hazard est le meilleur buteur sur coups de pieds arrêtés (9 sur 16) et a adressé 5 de ses 13 passes décisives sur coup-franc ou corner, ce qui fait baisser la moyenne.

Belle performance de Lyon, qui a récupéré 3 points durant le dernier quart d'heure contre Lorient (3-2), une rareté cette saison. Du coup, l'OL récupère la première place (+8 points), devant Montpellier (+6). Et ce, grâce aux troisièmes buts personnels de Gomis et Lisandro dans le dernier quart d'heure. Enfin, Lille (1001) et Bordeaux (1012) deviennent les premiers clubs à dépasser les 1000 minutes passées en tête au score. Si on soustrait ce chiffre aux minutes passées à être mené, c'est Montpellier qui mène la dance (+610) devant Paris (+566) et Lille (+477). Bordeaux, 4e (+468) et Evian, encore (+403) créent la surprise.

Voilà, je vous laisse avec mon équipe type décisive !


A plus tard !

mercredi 4 avril 2012

Sur une pente glissante

Salut à tous,

Voilà... c'est fini. Hormis pour Karim Benzema, Franck Ribéry, Lassana Diarra et Florent Malouda, encore concernés par les derniers tours de la Ligue des Champions, le football français en a terminé avec cette saison 2011/2012 de Coupes d'Europe. Et cette année encore, il y a beaucoup à en dire.

Premier constat, tout d'abord : en 2013, le troisième de Ligue 1 devra se fader un tour supplémentaire, fin juillet début août, pour accéder au barrage de la Ligue des Champions, puis aux poules de cette dernière. Vivement les déplacements en Slovénie ou en Norvège, avant même le début de la Ligue 1... et c'est le Portugal qui, le plus logiquement du monde, récupère cette cinquième place. Ce dernier profite non seulement des excellents résultats du FC Porto, tenant certes déchu de la Ligue Europa, mais aussi de Benfica, du Sporting et de Braga, ces dernières saisons.

Il y a une différence notable entre le football professionnel portugais et le nôtre : ils ont des clubs leaders très forts, et ils ne traitent pas à la légère l'Europa League. Tout l'inverse du football français, donc. Nos "tops clubs" ont plutôt failli en Ligue des Champions, et les autres, engagés en C3, n'ont pas passé la phase de poule, une première depuis l'instauration de cette dernière, en 2004. Aucun club en 1/16es de finale, ça n'était jamais arrivé depuis la fusion avec la Coupe des Coupes, en 1999.

Alors certes, Marseille a atteint les quarts de finale de la Ligue des Champions. Mais, même si le club phocéen n'a pas eu la tâche facile, puisqu'il a du affronter Arsenal, Dortmund, l'Olympiakos, puis l'Inter et le Bayern, son parcours est typique de celui que doit emprunter un club français pour aller loin, aujourd'hui : chaotique. Avec quatre succès, un nul pour cinq défaites, l'OM fait un peu moins bien que Lyon, vainqueur 4 fois pour 3 défaites et 3 nuls, et finalement presque pareil que Lille (1 v., 3 n., 2 d.), dernier de sa poule. A quoi tient une qualification en poule ? Dans son groupe, Marseille a pris 10 points, en s'inclinant deux fois à domicile (au total trois, en cinq matches au Vélodrome). Dans le groupe A, Manchester City a été éliminé avec le même total, tandis qu'avec dix points également, l'Inter terminait premier. En Ligue Europa, le PSG était également éliminé avec dix points, pour un but en trop encaissé à Salzburg (2-0).

L'indice UEFA est finalement le fruit d'un calcul assez simple, voire simpliste, mais très parlant : on additionne les points pris par les clubs d'un pays sur une saison, et on divise par le nombre de clubs. On prend ensuite les cinq derniers chiffres, on les additionne, et ça donne l'indice UEFA. Ça veut dire que ça ne sert à rien d'avoir un ou deux bons clubs, si les autres ne prennent aucun point, puisque c'est une moyenne. Ainsi, se qualifier pour un tour supplémentaire en gagnant puis en perdant, comme l'a fait Marseille contre l'Inter (1-0, 1-2) est admirable, mais a autant de valeur mathématique que de se faire éliminer de la même manière, comme l'a fait Lyon contre Nicosie (1-0, 0-1, 3-4 tab). Et vu que les Phocéens ont pris aucun point contre le Bayern au tour suivant, le résultat est exactement le même que s'ils avaient été éliminés par l'Inter sur des scores inversés. C'est une opération blanche.

C'est un peu le problème des clubs français, ils ne maîtrisent que rarement leurs qualifications. Sur les cinq dernières années, tout tour et toute coupe confondues, les clubs français se sont qualifiés 29 fois lors d'un affrontement aller-retour. Ils n'ont remporté les deux matches du duel que 12 fois (41,38 %), et une seule fois après la phase de poule de la Ligue des Champions, grâce à Bordeaux, contre l'Olympiakos en 2009/2010 (1-0, 2-1), sur trois qualifications seulement. Le reste, c'était le plus souvent durant les tours préliminaires, et/ou en Ligue Europa.

Comment Lyon n'a pas pu gagner ses deux matches contre Nicosie ? Et le PSG, en poule contre le Slovan Bratislava  (0-0, 1-0) ? Et Rennes, pas un contre le Celtic Glasgow (1-1, 1-3) ? Le club breton qui a remporté 4 matches contre 3 défaites en Ligue Europa, mais uniquement lors des deux tours de barrage qui l'ont opposé au Metallurg Rustavi (2-5, 2-0) puis l'Etoile Rouge de Belgrade (2-1, 4-0). Peu importe au fond, ce sont des points, mais ça symbolise la limite de compétence des clubs français moyens en Coupe d'Europe. Surtout quand ils alignent des réservistes à ce niveau... d'autres gros clubs étrangers font la même chose, mais quand City fait tourner, ça n'a pas vraiment le même impact sur ses performances que pour Rennes... City n'est plus en course, certes, mais depuis moins longtemps, et a eu le temps de rapporter un peu plus de points à son pays.

D'une manière générale, les clubs français ne flambent pas en ce début de décennie, avec 1,01 points par match (avec la victoire à deux points). Dans les années 2000, durant lesquelles on se plaignait déjà de la baisse de niveau des clubs français, ces derniers tournaient tout de même à 1,13, et à 1,24 dans les années 90, la meilleure décennie de leur histoire (si on excepte la saison 1959-60, 1,25), marquée par deux victoires en Coupes d'Europe, juste avant l'avènement de l'arrêt Bosman, en 1996. On fait même moins bien que durant les années 80 (1,09) et à peine mieux que dans les années 70 (0,97) et 60 (0,91). Voilà à peu près où se situent les résultats des clubs français en Coupe d'Europe : trente ans en arrière. Ce qui ne veut pas dire uniquement que la Ligue 1 a le même niveau qu'en 1980, mais aussi qu'aujourd'hui, les clubs français ne jouent pas ces matches de la même manière : ils calculent plus, et font plus tourner, ce qui nuit à leurs performances, du moins en C3. En 1980, un match européen était toujours un évènement pour un club français, quelqu'il soit. Aujourd'hui, c'est une plaie. C'est fatiguant. Difficile de les aborder de façon conquérante avec un état d'esprit pareil.

Par ailleurs, en Ligue des Champions, les clubs français ont terminé avec un bilan positif qu'une seule fois depuis cinq ans, en 2009/2010 (1,29), avec la demi-finale de Lyon. Sur ces cinq dernières années, la France est toujours cinquième au nombre de points pris (107) mais présente un bilan légèrement négatif (43 succès à 44, pour 21 nuls, 139 buts à 136), sans les tours préliminaires. Dans le même temps, le Portugal, qui a joué 35 matches de moins que nous dans la compétition, se débrouille un peu mieux (32 succès, 12 nuls, 29 défaites), malgré une différence de buts bizarrement désastreuse (86 contre 102). Mais on l'a dit, ce sont les points, et uniquement les points, qui comptent...

Bref, autre indice que le football français n'est pas au mieux de sa forme cette saison, c'est le nombre de buts marqués par les joueurs français, tous clubs confondus. Si Benzema, qui n'en a pas encore fini, a brillé (7 buts) tout comme Bafé Gomis (6, dont 4 à Zagreb, 7-1), ils sont bien les seuls. Le suivant s'appelle Djibrill Cissé (3 buts avec la Lazio), ce dernier devançant dix joueurs à deux buts, dont les Parisiens Ménez et Bodmer, le Lyonnais Briand, le Rennais Feret, le Marseillais Rémy, ainsi que Ribéry (Bayern), Boumsong (Panathinaikos), Modesto (Olympiakos), Rami (Valence) et... Stéphane Da Cruz (UN Käerjeng, Luxembourg, ex Sochaux). Derrière ce beau monde, avec un but, Gameiro et Hoarau (PSG), Kembo (Rennes), Lacazette (Lyon) ou Valbuena (Marseille) n'ont pas vraiment brillé. D'ailleurs, avec 52 buts et avant les derniers tours européens, la France a très peu marqué, comparé aux 68 buts de la saison passée, les 79 de l'année précédente ou les 81 auparavant. Il faut remonter à la saison 2007/08 pour constater un total comparable (54). A moins que Benzema ne marque 15 buts durant les derniers matches du Real dans la compétition...

Voilà le tableau, qui n'est pas brillant. Que faire pour changer ça ? Il y a deux ou trois ans, on se réjouissait que ce soit toujours les mêmes (Bordeaux, Marseille et Lyon) qui se qualifiaient pour la Ligue des Champions, parce que c'était le meilleur moyen pour eux d'amasser des pépettes, et donc de devenir de plus en plus performants, ce qui allait forcément tirer le football français vers le haut. Oui parce qu'en France, on ne mesure la compétitivité d'un club que sur le plan financier, malgré des exemples contraires qui foisonnent dans notre football, notamment cette saison avec le PSG qui ne maîtrise plus son sujet en Ligue 1...

On a vu le résultat : aucun des trois n'est à l'heure actuelle en position de se qualifier pour la prochaine C1, même si Lyon n'est pas loin. Comme quoi, les raisons qui font que dans les autres pays, ce soit toujours les mêmes clubs qui se succèdent à eux-mêmes tiennent à d'autres choses que l'argent, comme la ferveur populaire, le merchandising, la taille et la qualité des stades ou la culture de la gagne, qui n'a pas fait long feu après la période dorée de la fin des années 90 et du début des années 2000, en France. Il y a aussi des finances pas du tout maîtrisées chez la plupart de nos voisins européens, hormis l'Allemagne : si le fair-play financier cher à Michel Platini produit des effets, le football français pourrait mécaniquement en profiter, même de façon légère. Sinon... je crois qu'il va falloir se montrer patient, très patient.


A plus tard !

mardi 27 mars 2012

Amateurs et demi


Salut à tous !

Je ne sais pas si vous allez me croire, mais figurez-vous qu'il n'y a pas que la Ligue 1, la Ligue des Champions et le challenge Téléfoot dans la vie. Rasseyez-vous, prenez un petit café, remettez vous de vos émotions, ça va aller. Moi, la première fois que j'ai vu ça, ça m'a fait le même effet.

En effet, sous ces strass et ces paillettes voletant à foison devant nos yeux émerveillés, existent des compétitions étranges, composées de noms de ville inconnues ou oubliées, comme Besançon, Luzenac ou Strasbourg. Ces compétitions se nomment le National (je ne vois pas ce qu'il a de plus national que la Ligue 1 et encore moins que la Coupe de France, mais passons), la CFA (oui, comme la monnaie dans certaines de nos anciennes colonies africaines), ou la CFA 2. Comme souvent au cinéma, la suite est moins bonne que l'original. Tout cela n'étant que la partie immergée d'une immense nébuleuse nommée le Football Amateur. Sans ce dernier, point de salut, pas de professionnels, pas de Canal Football Club, et donc pas de Grande Surface. A la réflexion...

Plus sérieusement, si on regarde le classement des meilleurs buteurs français en 2012, sur l'excellent site footballdatabase.eu, on constate qu'autour des cadors attendus, Benzema (12 buts), Gomis (9) et Giroud et Rémy (8), s'insèrent des noms complètement méconnus, issus de ces compétitions inférieures hiérarchiquement, mais plus propices pour que le talent de ces joueurs brille, car forcément moins relevé. Je ne vous ferais pas l'injure de vous préciser qu'il est plus aisé de marquer des buts en Liga qu'en CFA 2, même avec Higuain dans les pattes.

Ce qui est intéressant de voir, c'est le parcours de ces joueurs qui circulent sous le tapis rutilant du football professionnel, sans parfois jamais réussir à y faire son trou. Ainsi, Nicolas Belvito, 25 ans. Cet attaquant, aux faux-airs de Mickaël Madar (cheveux bruns mi longs, 1m89...), brille actuellement avec Besançon (11 buts). Formé à Bourg-Peronnas, il passe ensuite par Corte avant de continuer sa carrière dans la région lyonnaise, dont il est originaire (St-Priest, Lyon-Duchère). Il tente ensuite sa chance durant deux saisons en Ligue 2, à Dijon, où il ne parviendra pas à convaincre (9 matches, 2 titularisations, 1 but, plus deux en Coupe de France, à Hayange, battu 8-0). En janvier 2011, il rejoint Strasbourg, tombé en National l'été précédent, et qui lutte en milieu de tableau. En 10 matches, il ne marquera pas un but, ne permettant pas au Racing d'arracher in extremis la montée qui aurait peut-être pu le sauver de la CFA 2 où il nage aujourd'hui.

En attendant, Belvito part à l'ouest en aout dernier, direction Cherbourg, qui vient de monter au 3e niveau français. Si le promu se comporte honorablement en début de saison, son attaquant, pourtant régulièrement aligné en pointe, ne brille pas : aucun but avant la 8e journée, puis trois d'affilée, puis un nouveau en novembre, plus un doublé à Chauray, en Coupe de France (2-3). Mais c'est finalement mars qui le verra enfin briller à ce niveau : deux triplés à l'extérieur, à Rouen (3-3) puis au Paris FC (1-3), avant un penalty ce week-end, contre Epinal (1-0). Ce n'est sans doute pas l'attaquant du siècle, mais l'exemple même du bon joueur régional capable de briller occasionnellement à un niveau national correct, si on le met en confiance.

Tout l'inverse, en somme, de David Lédy. Lui en est carrément à 13 buts en 2012, ce qui fait de lui le meilleur attaquant français sur l'année civile. Sauf que lui n'a jamais quitté son club formateur, Strasbourg, ce qui fait finalement son bonheur. Il a débuté en pro avec le Racing en 2008-2009, en Ligue 2, se montrant moyennement efficace durant deux saisons (3 buts en 16 titularisations). Passé en National avec son club, le natif d'Altkirch, qui verra Belvito débarquer durant l'hiver, voit logiquement ses chiffres gonfler : 11 buts, c'est pas mal.

Du coup, forcément, quand le Racing descend de deux étages d'un coup l'été dernier, Lédy ne peut que se régaler : il en est à 16 buts en 17 matches, avec notamment trois triplés entre janvier et mars, plus six buts en Coupe. Là encore, il va falloir attendre avant de connaître son seuil de compétence, sachant qu'il n'a que 24 ans. Mais il peut à mon avis espérer briller à nouveau en Ligue 2 d'ici quelques années, avec Strasbourg, actuellement deuxième derrière l'équipe C d'Auxerre... ou ailleurs.

Ah tenez, voici un joueur au nom plus évocateur : Steven Papin, 24 ans, ancien attaquant de Auch ou de Saint-Malo, et très efficace de Plabennec, en CFA (16 buts). Aucun lien, a priori. Seuls quelques initiés mosellans doivent se rappeler de Stéphane Boulila, 37 ans, attaquant formé à Noisy-le-Sec, passé par les réserves de Guingamp, Nantes et Metz, avec qui il disputera deux bouts de matches de Ligue 1 en 96 et en 99, connaissant la Ligue 2 avec Le Mans (3 buts), le National avec le Racing de Paris et Angers (15 buts en 2 saisons) avant de finir sa longue carrière à Aubervilliers, avec qui il vient de marquer 27 buts en presque deux saisons, en CFA.

On devrait aussi bientôt découvrir Damien Mayenga en National, voire au-dessus. A 24 ans, il empile les buts avec Luçon, en CFA (11 buts), après ses 15 buts de l'année passée avec St-Pryvé, au même niveau. Même chose pour le jeune Julio Tavares, 23 ans, attaquant de Bourg-Peronnas (CFA), et auteur cette saison de 11 buts, plus un en Coupe à... Marseille, il y a quelques semaines (3-1). Il vient de marquer 33 buts en trois saisons de CFA, rien d'exceptionnel mais de quoi viser un peu plus haut dans quelques années.

Et enfin, il faut parler de Jérémy Perbet, 27 ans. Ça fait deux ans maintenant que le natif du Puy-en-Velay nargue les internationaux français (39 buts en 2011, déjà 9 cette année) en collectionnant les buts avec Mons, petit club belge promu cette saison. Formé à Clermont, passé par Moulins (avec qui il marquera 23 buts en National en 2005/2006), puis Strasbourg, il passe une première fois la frontière avec Charleroi (13 matches, 6 buts), avant de repasser par Angers, pour définitivement rejoindre la Belgique en 2008. Malgré la relégation, il brille avec Tubize (13 buts) avant de filer à Lokeren, où il fera banquette pendant un an et demi. En janvier 2011 il rejoint Mons, et inscrit 14 buts en autant de match de D2 Belge.

Lui et son club montent, mais son débit de buts ne faiblit pas, ou presque : Perbet, avec 22 buts en 29 matches, plus 12 buts en 10 matches de Coupe depuis 18 mois, est le meilleur buteur du championnat belge, et de loin. Son avenir ? Il rêve de Marseille, et l'OM pourrait lui offrir sa chance, comme il l'avait fait il y a 25 ans, avec un autre Français de Belgique, un peu plus jeune, certes (23 ans) et déjà international : Jean-Pierre Papin. Il ne fera pas pire que Gignac... Plus sûrement, on peut l'imaginer taquiner l'Europe avec Anderlecht, le Standard ou le FC Bruges, voire un bon club de Ligue 1, pourquoi pas ?

Après tout, Olivier Giroud, après avoir été anonymement formé à Grenoble, est passé par le National et Istres (14 buts) avant de mettre deux saisons de Ligue 2 pour intégrer la Ligue 1, à 23 ans. Un mauvais choix de carrière, une blessure, une mauvaise saison... et il intégrait durablement le football amateur et ses légions d'attaquants, souvent rejetés par le foot pro, ou émergeant du véritable foot amateur. A quoi ça tient ?

A plus tard !

lundi 19 mars 2012

A petits pas


Salut à tous,

On a eu droit à une journée classique ce week-end, avec un nombre de buts normal (23), du moins depuis le début de l'année (23,8 par journées), mais qui n'arrange pas la moyenne sur la saison (2,49). Et ce toujours sans 0-0, mais avec trois 1-0 et deux 2-0...

Paris reste invaincu depuis le 27 novembre dernier en championnat, mais avance à petits pas : depuis sept matches (3 victoires, 4 nuls), il tourne à 1,86 points par matches, ce qui est insuffisant pour assurer un titre de champion. D'ailleurs, depuis cinq journées, Toulouse (13 points) et... Evian (10) font mieux que le club parisien (9), sauf sur le nombre de buts marqués (14, contre 10 pour les savoyards). Sur l'ensemble des matches retours, le PSG demeure à un point de Montpellier, le leader (20 points à 19), qui a pourtant connu sa première défaite en 2012. A noter qu'Auxerre est la seule équipe sans victoire dans la nouvelle année, devant Lorient, qui a gagné son premier match ce week-end.

Les Bourguignons qui ont changé d'entraîneur dans la foulée, un choix pas trop idiot, du moins cette saison. En effet, si on regarde comment ça s'est passé dans les trois autres cas en Ligue 1, Pablo Correa (44 % de succès, 1,56 points par match) fait mieux que son prédécesseur à Evian, Bernard Casoni (26 %, 1,16). A Nice, René Marsiglia (29 %, 1,14) fait un petit mieux qu'Eric Roy (15 %, 0,85), mais c'était difficile de faire pire, il faut le reconnaître. Tout l'inverse de Carlo Ancelotti, qui pouvait difficilement faire mieux qu'Antoine Kombouaré, qui était leader avec 63 % de succès et 2,10 points par match. Et effectivement, le technicien italien fait moins bien, du moins sur le plan du nombre de victoires (56 %), puisque la moyenne de points, elle, est comparable (2,11). Enfin, il est encore un peu tôt pour juger l'apport d'Eric Hély à Sochaux, surtout que pour l'instant il tourne à 100 % de succès et 3 points par match sur deux rencontres. Difficile de comparer ces chiffres à ceux de Bazdarevic (15 %, 0,81)... Le technicien bosnien qui n'a jamais dépassé les 26 % de succès durant les quatre saisons où il a officié en Ligue 1, avec Istres (5 %), Grenoble (26 puis 13), et donc Sochaux.

On l'a entendu tout le week-end, Marseille n'avait plus encaissé cinq défaites depuis des lustres. Ajoutés à la défaite à Milan, en Ligue des Champions - oui oui, c'était une défaite - ça en fait six toutes compétitions confondues, un record qui date de 1979. Si Marseille s'incline à Nice, il faudra remonter à 1963 pour trouver une telle série olympienne. Ajoutons que dans le jeu, Marseille n'a plus marqué depuis le but de Brandao contre Lyon, à la 34e minute, le 5 février dernier (2-2), ce qui fait 596 minutes d'attente, soit près de dix heures.

Rennes a confirmé ses grosses difficultés à domicile, puisque le club breton demeure à 5 succès en 14 matches, soit autant désormais que son tombeur, Toulouse, à l'extérieur. De même, Valenciennes, battu à Lille (4-0), et Nice, à Sochaux (2-0) ont confirmé leurs difficultés en déplacement, puisque ces deux équipes ont le pire bilan de Ligue 1 hors de leurs bases (7 et 6 points). Elles au moins ont gagné un match, contre aucun à Auxerre, 18e à l'extérieur comme à domicile (17 points, devant Caen et Sochaux, 16). Au niveau des attaques, Paris a rejoint Montpellier en tête (52 chacun), les deux équipes devançant le champion de France lillois (50). Suivent Lyon (44) et... Evian (41), décidément à la fête. Le promu, auteur de 18 buts en déplacement, fait notamment mieux que Lille (17), Sainté ou Marseille (15). Même chose à domicile (23 buts, contre 20 aux Verts et à l'OM).

Chez les défenses, Toulouse est désormais seul en tête avec 24 buts, devant Brest (26) et Montpellier (27). Le tenant du titre, Rennes, pointe à la 9e place, avec déjà presque autant de buts encaissés (32) que l'an passé sur toute la saison (36). Les derniers, Ajaccio et Dijon, ne sont pas ridicules pour autant (48, 1,71 par match). Avec cette moyenne, ils auraient fait mieux qu'Arles-Avignon l'année dernière (1,84).

Chez les buteurs, Olivier Giroud a signé sont quatrième match consécutif sans but dans le jeu, mais conserve une confortable avance sur ses poursuivants, Nene (13), et Hazard, qui a inscrit son 12e but de la saison, son 8e à domicile, le 10e du droit (record de Ligue 1) et son quatrième dans le jeu. Son coéquipier Aurélien Chedjou a rejoint le Niçois Monzon et un autre Lillois, Debuchy, en tête des meilleurs buteurs chez les défenseurs avec cinq buts, son troisième de la tête. Enfin, le dernier buteur lillois, Tulio De Melo, a marqué son premier but en championnat, cette saison, en 238 minutes de jeu. C'est mieux que Lacazette, Oliech, Rivière ou Roux, par exemple.

Les gauchers ont sommeillé ce week-end (3 buts, contre 12 du droit et 6 de la tête), hormis les Dijonnais Sankharé et Kakuta, et le droitier d'Evian, Kahlenberg. Ce dernier est le troisième ancien Auxerrois à venir marquer à l'Abbé-Deschamps, après Jelen (Lille) et Niculae (Nancy), le cinquième au total, personne n'a fait pire que l'AJA. C'est aussi le sixième but d'un "revanchard" savoyard, un record, logique pour une équipe qui comporte de nombreux joueurs d'expérience et bourlingueurs (Barbosa, Leroy, Sorlin...).

Un autre joueur a marqué contre son ancien club, à savoir Frau (Caen), contre le PSG. Un évènement qui nourrit une légende toute légendaire, puisqu'il s'agit du deuxième but seulement encaissé cette saison par le club parisien contre un de ses anciens ressortissants, après le Savoyard Leroy, justement, qui n'a marqué QUE contre ses anciens clubs, avec son doublé contre Marseille.

Les remplaçants ont brillé ce week-end (trois but), Jallet (PSG), Diabaté (Bordeaux) et Gomis (Lyon). C'est le deuxième personnel en sortant du banc du Parisien, après celui contre Lyon (2-0), et le sixième du PSG, soit autant que Dijon et Lorient, et moins bien qu'Auxerre et Montpellier (8). Sur les matches retours, Nene (6) est toujours en tête, mais attention au retour de Hazard, qui a rejoint Aubameyang à la deuxième place (5). Kakuta et Gomis (4) ne sont pas loin non plus. A noter l'énorme performance de l'attaquant d'Evian, Kevin Bérigaud, qui a marqué son 4e but en 483 minutes, soit un but toutes les 120 minutes. Seul le Montpelliérain Tinhan (1 but en 56 minute) fait mieux, et il devance Hoarau (4 buts en 490 minutes) et Kakuta (4 buts en 522 minutes).

Chez les passeurs dans le jeu, Ménez (10) a accru son avance sur Bastos et Giroud (7), même si l’Équipe, dans sa grande mansuétude habituelle envers l'ailier parisien, n'a pas voulu lui accorder parce qu'elle était légèrement déviée par un défenseur caennais... Problème, elle a dévié en hauteur, mais pas dans sa direction, il me semble donc malhonnête de ne pas lui accorder, surtout que l'intention est évidente. Sinon on peut aussi ne pas accorder le but du derby à Gomis, dans ce cas... Avec Bastos (6+7), Ménez est le seul des onze joueurs les plus décisifs (buts+passes) à compter plus de passes décisives que de buts (4 et 10).

Lyon qui s'est rapproché des meilleures équipes du dernier quart d'heure en s'imposant chez l'équipe pourtant la plus performante dans ce secteur, Saint-Étienne (+9 points avant ce match). Les Verts restent premiers, devant le PSG, qui a récupéré un septième point à Caen, et donc Lyon (+5).

Voilà, je vous laisse avec mon équipe-type !


A plus tard !

vendredi 9 mars 2012

Lyon, le bout de la route ?

Salut à tous,

Depuis plusieurs jours, les spécialistes du foot, qui sont presque aussi nombreux que ses protagonistes, voire beaucoup plus nombreux si on compte les blogs tels que celui-ci, cherchent à savoir UNE chose primordial : est-ce la fin du grand Lyon ?

J'en ai déjà parlé sur ce blog, à plusieurs reprises même : contrairement à ses voisins européens, à part, à un degré moindre, l'Angleterre, le football français marche par cycles. Notamment sa façade professionnelle : on a certes des clubs qui ont été plus longtemps et surtout plus souvent devant les autres, tels que Marseille, Bordeaux ou Monaco, voire Nantes. Mais les autres, comme le PSG, Saint-Étienne, Reims ou Lyon, ont eu une ou deux périodes fastes, d'environ 20 ans en général, avant de reculer dans la hiérarchie, rentrer dans le rang. Les Verts, par exemple, ont strictement brillé entre 1957 et 1982, glanant durant cette période de pile 25 ans dix titres, six Coupes de France et une finale de Coupe des Champions.

A l'aune de cette tradition tout particulièrement locale, on ne pouvait que prévoir que Lyon allait baisser de rythme. Lyon a progressé de façon exponentielle dans les années 2000, puis a tapé le plafond en Ligue des Champions, notamment contre le PSV Eindhoven ou Milan, avant de régresser. A partir de l'arrivée de Jean-Michel Aulas en 1987, et après une remontée (1989) et une décennie passée à vivoter entre la deuxième (1995, dommage la Ligue des Champions était réservée à ces derniers...) et la 14e place (1993), le club rhodanien a remporté trois titres d'affilée avec les dents, remportant à chaque fois la mise de justesse, souvent lors de la dernière journée. Qui se souvient de ce match décisif contre Lens, alors leader, lors de la dernière journée de 2002, pour le premier titre, et remportée (3-1) par des Lyonnais qui rentraient ainsi dans l'histoire, tout en plongeant leur hôte dans le début des difficultés qui l'ont envoyé là où il est aujourd'hui, à savoir en Ligue 2 ? Deux saisons plus tard, l'OL comptait 10 points de retard sur Monaco et trois sur le PSG, au soir de la 20e journée. Il finira champion avec respectivement quatre et trois longueurs d'avance sur ces derniers, le premier, notamment, payant son manque de banc et son parcours en Ligue des Champions, conclu en finale contre le Porto de Mourinho (0-3)...

A partir de 2004 en revanche, les écarts vont se creuser : 12 points sur Lille en 2005, 15 sur Bordeaux en 2006, 17 sur Marseille en 2007, mais seulement 4 en 2008 sur les Girondins. Entre temps, selon moi, la cassure entre la courbe ascendante des Lyonnais et le début de la courbe descendante sur laquelle ils tentent de ne pas glisser aujourd'hui est survenue au milieu de la saison 2006/2007.

A la trêve, le Lyon de Gérard Houiller s'est baladé : 50 points de pris sur 57 possibles, soit 15 de plus que son poursuivant Lensois, et une différence de buts de +28 ! L'OL a gagné 16 matches sur 19, pour deux nuls et une défaite... à ce moment-là, on a l'impression qu'une division entière sépare Lyon, qui fait partie intégrante du top 10 européen, de ses adversaires, et on ne doute pas une seule seconde que le club de Jean-Michel Aulas a signé pour une décennie de succès sans interruption. Le PSG est 16e à 31 points, Marseille 6e à 20 points, Bordeaux 8e à 21, Lille 5e à 19. La logique serait que Lyon finisse champion, ce dont personne ne doute, en inscrivant 100 points, un record.

La suite allait pourtant démentir ce scenario idéal. Certes, Lyon finissait bien champion en mai 2007, mais avec 17 points "seulement" d'avance sur Marseille, qui a donc récupéré trois points dans l'affaire. Ce dernier n'a ramassé que 31 points lors des matches retours, soit une chute de 38 %, et n'a finit que quatrième derrière l'OM (34), Toulouse (33) et Rennes (32). Surtout, il a perdu quatre matches, n'en a gagné que huit, et subit quelques trous d'airs, notamment à Troyes (1-0), en huitièmes de finale de la Ligue des Champions contre la Roma (0-0, 0-2) ou en finale de la Coupe de la Ligue contre Bordeaux (0-1), qui lui succèdera deux ans plus tard au palmarès, interrompant son règne de la Ligue 1.

Une demi saison très moyenne, surtout comparée à celle qui l'avait précédée, mais qui n'empêchera pas les Lyonnais de remporter un dernier (?) titre la saison suivante, mais, on l'a vu, avec un tout petit écart. En moins d'une année, l'OL avait perdu l'avance considérable qu'il semblait avoir sur le reste de ses congénères de Ligue 1. Que s'est-il passé entre temps ?

Sans doute s'est-il cru arrivé trop vite durant cet hiver 2006/2007, et les deux premières défaites de l'année, dès la reprise à Toulouse (2-0) et contre Bordeaux (1-2), avant un match nul délicat contre Nice (1-1) puis la fameuse défaite à Troyes (1-0) ont fait plonger son moral de façon beaucoup plus considérable qu'imaginé. Pourtant, avec des cadors comme Abidal, Cris, Tiago, Juninho, Malouda, Wiltord, Govou, et le jeune Benzema épaulant un Fred alors efficace dans ses rangs, Lyon semblait armé pour ne pas craquer à la première mauvaise nouvelle. Mais dès l'été suivant, Wiltord, Malouda, Abidal et Tiago faisaient leurs valises, et leurs remplaçants, Cleber Anderson, Grosso, Bodmer ou Keita n'allaient pas apporter avec eux les mêmes garanties en terme de maîtrise technique et d'expérience, même si l'international italien, champion du monde un an plus tôt, n'en était pas dépourvu, loin de là. Durant l'hiver, Boumsong, Delgado ou Crosas n'allaient pas non plus transfigurer l'effectif rhodanien, désormais dirigé par Alain Perrin, qui allait pourtant remporter le seul doublé de l'histoire du club, avant d'être inexplicablement écarté. Autre énorme erreur historique, à mon avis.

Avec Puel, sans que ça ait forcément un rapport, le début de la page blanche débutait, et pour une raison simple : l'affaiblissement, visible à l’œil nu, de l'effectif des Gones, déjà bien entamé en 2006, avec le départ de Diarra, et en 2005 avec celui d'Essien. Durant l'été 2008, Piquionne, Mensah, Ederson, Makoun, Pjanic ou Lloris remplaçaient Squillaci, Coupet, Müller, Ben Arfa ou Baros. Hormis au poste de gardien, l'avantage ne saute pas aux yeux, avec le recul. En 2009, Gomis, Cissokho, Bastos, Lisandro, puis Lovren en hiver, succédaient à Grosso, Piquionne, Keita, Benzema ou Juninho. En 2010, Diakhaté, Gourcuff et Briand remplacent Govou, Bodmer, Boumsong ou Makoun... et enfin, l'été dernier, Fofana, Dabo et Koné récupèrent la place de Pjanic, Diakhaté, Toulalan et Delgado...

Surtout, sur cette saison, qui succède à une autre qui avait vu l'OL accrocher dans la douleur une place sur le podium, à la faveur du traditionnel fléchissement du PSG au mois de mai, certains joueurs remplaçants l'an passé, comme Grenier, Lacazette et surtout Briand, voire Gomis, sont devenus titulaires ou ont au moins gagné beaucoup de temps de jeu, à la faveur de départs pas vraiment remplacés pour cause de caisses vides. Quant à Gourcuff, il est un départ à lui tout seul.

Lyon possède une attaque toujours très convenable, notamment pour la Ligue 1, à l'image de son match contre le PSG, mais qui n'a pas suffit pour perforer la défense de l'APOEL Nicosie... en revanche, sa défense, condition indispensable à la réussite au plus haut niveau, est une catastrophe. Cris n'est même plus l'ombre de lui-même, Koné n'est pas au niveau malgré une bonne volonté évidente, Lovren est blessé et un peu juste pour le très haut niveau, et Mensah, 29 ans et titulaire en sélection ghanéenne, est au placard pour des raisons que seul le vestiaire pourrait expliquer, et encore... et sur les côtés, si Réveillère fait le job, c'est loin d'être le cas de Cissokho, Dabo, sans parler de Kolodzieczak... quant à Fofana, son pari sera à juger dans une ou deux saisons, pas avant.

Au final, on le voit, l'effectif lyonnais est passé d'une collection d'internationaux actifs, de haut niveau, à un patchwork de jeunes espoirs certes prometteurs, et de bons joueurs de Ligue 1, voire européens, mais, hormis Lloris et Kallström, aucun d'entre eux n'est titulaire dans une bonne sélection mondiale. En 2005/2006, ils étaient dix (Coupet, Abidal, Müller, Tiago, Juninho, Malouda, Wiltord, Carew, Fred et Govou). Et je ne parle pas de M.Diarra, Caçapa, Essien, Ben Arfa, Benzema, Nilmar... cette équipe mettrait quatre buts d'écart à celle d'aujourd'hui, et en jouant du pied gauche.

Après, rien n'obligeait Lyon de se faire éliminer par l'APOEL Nicosie, qui est sans doute meilleure que toutes les équipes chypriotes ayant jamais disputé cette compétition, mais qui reste un club qui n'est même pas leader de son championnat (!) et qui dépense dix millions d'euros par années en budget... Après avoir tenu en échec l'Ajax et ratatiné le Dinamo Zagreb, il y avait mieux à faire. Mais cette saison, on a l'impression que les joueurs ont de plus en plus conscience de leurs limites, ce qui joue sur leur mental. Dix défaites en championnat, sur 26 journées, c'est évidemment mieux qu'une évaluation de début de saison dans l’Équipe, c'est un constat implacable.

Reste que si Lisandro, Bastos ou Gomis retrouvent leur niveau vu contre Paris (4-4), l'OL a largement les moyens de finir dans les cinq premiers, de remporter la Coupe de la Ligue contre Marseille et briller en Coupe de France. Ponctuellement, ça peut toujours marcher. Sur la durée, il faudra renforcer singulièrement cet effectif, notamment en défense, la douzième de Ligue 1 cette saison...

A plus tard !

lundi 27 février 2012

Lyon-PSG, et les autres

Salut à tous !

Ce week-end on a eu droit au même genre de journée qu'il y a deux semaines, lorsqu'un match avait à lui tout seul sauvé la moyennE de buts par matches. A l'époque, Lille et Bordeaux avaient sacrifié leurs chiffres défensifs et le moral de leurs gardiens de buts pour nous offrir un superbe spectacle (4-5), en inscrivant 9 des 22 buts de la journée. Cette fois, Lyon et le PSG ont fait un tout petit peu moins bien : 8 sur 22, également (4-4).

Guillaume Hoarau, ressuscité après deux années compliquées, en a profité pour quadrupler ses statistiques décisives : d'un but, il est passé à trois plus une passe décisive. Et ce en seulement 269 minutes de jeu, soit un but toutes les 89 minutes, le deuxième meilleur ratio derrière... Kevin Bérigaud (23 ans, Evian-T-G), auteur d'un doublé contre Nancy (2-0), et qui est également passé à trois buts en l'espace de 174 minutes, soit un peu plus d'un but par heures ! Pourtant, c'est loin d'être un buteur à la base : 24 buts en deux saisons de National, six buts l'an dernier en Ligue 2... C'est le syndrome Steve Savidan, qui ne voyait pas ses stats baisser, et même augmenter, malgré le changement de division, qui a également touché Olivier Giroud ou Brice Jovial ces dernières années.

Pour en revenir au Lyon-PSG qui, lui non plus, n'a pas trouvé de nom en o ridicule (capitalo ?), on note également que Bafé Gomis a assuré sa sixième saison consécutive à au moins 10 buts en Ligue 1 (son score lors des trois dernières saisons !), et son 4e but en 6 matches contre le PSG avec Lyon (il n'avait jamais marqué contre le club de la capitale avec les Verts, en 7 tentatives !), que Lisandro Lopez, lui, a marqué pour la première fois pour le même club, ou que Bastos, en plus de marquer un but exceptionnel, a adressé sa 7e passe décisive dans le jeu et rejoint ainsi Olivier Giroud, derrière Jérémy Ménez (8), qui a effectué sa première passe décisive... sur coup de pied arrêté. Par ailleurs, un score à 8 buts ou plus n'est pas si rare cette saison, puisque c'est le cinquième, avec un 6-2, un 5-4, un 5-3 et déjà deux 4-4, le premier étant l’œuvre de Lille (déjà) et Nice, à la fin de l'année dernière... L'an passé, il y en avait eu... un, un 6-3 (Lille-Lorient) !

Sinon, Montpellier a confirmé face à Bordeaux, avec qui il partageait les meilleures stats en 2012, ses chiffres exceptionnels à domicile, puisque le nouveau leader de Ligue 1 avec désormais un point d'avance (je l'avais dit !) n'a perdu que cinq points à la Mosson, sur 39 possibles (1 nul, 1 défaite, contre Paris), que le PSG a abandonné sa première place au classement des défenses à Brest (22), Marseille et Toulouse (23), qui ont à eux trois encaissé un seul but ce week-end, celui lors du match entre les deux premiers nommés, et qu'Auxerre ont Lille ont signé leur 10e match nul cette saison, soit le deuxième pire (ou meilleur) total derrière les 14 de Brest. D'ailleurs, si on revenait à la victoire à deux points (tellement plus équilibrée et logique, qui ne sanctionnerait pas le 4-4 entre Lyon et Paris de l'équivalent d'un tiers de victoire seulement), Montpellier et le PSG seraient à égalité (mais le MHSC serait devant au goal-average). Mais à part les trois places que gagnerait Marseille (9 nuls), le classement n'en serait pas réellement chamboulé, Lille restant 3e, mais avec seulement 3 points de retard, et Auxerre ne gagnant qu'une place.

Il est également intéressant de constater qu'Ajaccio, qui carbure depuis deux mois et notamment l'arrivée d'Eduardo (4 buts) cet hiver, compte désormais autant de points que Dijon, et seulement un de retard sur Caen, Evian et surtout Lorient, que des équipes qui n'ont pour l'instant que rarement été en danger de relégation... Les Corses sont cinquièmes des matches retours (11 points), avec un point pris de moins que le PSG, leur prochain adversaire, et un de plus que Lille, trois de plus que Marseille (qui compte toujours un match en retard) ou Rennes, et six de plus que Lyon !

Deuxième match sans but pour Olivier Giroud, une mésaventure qui lui était déjà arrivé quatre fois avant cela, la dernière fois mi décembre. Mais la pointe héraultaise a tellement d'avance qu'à part quelques triplés de Nene, Gomis, Gameiro ou Aubameyang (qui en a signé un cette semaine en match en retard contre Lorient, ses premiers buts à domicile), il peut encore se permettre de se reposer jusqu'en avril a priori. On a eu droit à pas mal de buts étrangers (50 %, contre 46 en temps normal), dont 5 africains, 5 sud-américains, et un seul européen, celui du... Turc de Rennes, Mevlut Erding. Par ailleurs, quatre des six petits buts à l'extérieur ont été marqués par le PSG, qui a également vu son premier joueur de plus de 31 ans marquer un but (Ceara). Pour une fois, les milieux se sont peu signalés (6 buts), contrairement aux défenseurs (4) et aux internationaux français (4, tous lors de Lyon-PSG !). Nene, lui, a inscrit son 7e penalty, record de la Ligue 1 cette année, le seul de cette journée. Le PSG reste leader au nombre de penalties obtenus ET transformés (8) devant Caen (6). Le Brésilien est également le seul meilleur buteur des matches retours, avec 5 buts, devant Eduardo, Roux et Aubameyang (4).

Lille avait pris la tête des équipes dans le dernier quart d'heure grâce à son succès tardif à Lorient la semaine dernière (0-1), place que le LOSC a perdu ce week-end en concédant le nul in extremis à Rennes (1-1). C'est donc Saint-Étienne le leader (+7) devant le PSG, qui a gagné son 6e point en fin de rencontre. Les Valenciennois Samassa et Cohade ont inscrit leurs troisièmes buts respectifs en fin de match, sur trois et quatre buts au total...

Voilà, sur ce je vous laisse avec mon équipe type décisive habituelle. Il n'y a qu'un Lyonnais et deux Parisiens, mais je rappelle la règle : d'abord le nombre de buts, puis de passes, puis le score de l'équipe du joueur. Mounier, notamment, devance ainsi Briand pour le poste de milieu offensif.



A très vite !