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lundi 27 juin 2016

En route pour le quart !

Salut à tous !

Après un intermède suite au  match de la Suisse, que votre serviteur n'avait pas pu voir en entier et donc pas pu noter, revenons sur la performance des Bleus, hier après-midi face à des Irlandais accrocheurs mais limités, comme attendu. Des Verts qui avaient bénéficié de trois jours de récupération de moins, ce qui s'est senti à partir de l'heure de jeu. Les Bleus, étouffés et en manque de rythme (une semaine de repos, c'est pas un peu trop ?) on mis une mi temps et un changement tactique pour prendre la mesure d'Irlandais plus Italiens que Britanniques dans leur façon de gérer le temps... une victoire au final méritée, mais qui démontre que la France, dont tous les adversaires dans sa poule sont déjà rentrés chez eux, et qui n'a toujours pas rencontré un gros morceau, ne semble avoir de marge sur personne. Mais semble aussi posséder des joueurs capables également de battre n'importe qui.

Lloris (6) : Encore un match difficile à noter pour le gardien des Spurs, qui n'a pas été inactif, n'a rien pu faire sur le penalty de Brady, sur lequel il a été pris à contrepied - au passage, de nombreux penaltys sont manqués dans cet Euro, hormis contre nous... - mais qui a vécu la seconde mi-temps de loin. Étonnant de voir combien il est si mal protégé par une défense en grande difficulté, et combien il a si peu d'arrêts à effectuer finalement...

Sagna (6) : On pouvait avoir des craintes sachant qu'il n'a jamais brillé en Bleu et qu'il n'était sensé être que le remplaçant de Debuchy. Mais force est de constater que pour l'instant, Sagna réussit un Euro honnête. Lui ne fait pas d'erreur, il a plutôt bien tenu son couloir, et apporte son écot offensif, à l'image de son centre décisif pour Griezmann (58e), qui a soulagé tout le monde. Sa 5e passe décisive en Bleu, sa 2e de l'année, le troisième bilan pour un latéral droit français derrière Sagnol (12) et Thuram (7), et autant que Amoros, qui comptent tous plus de sélections que lui. Pas si mal pour quelqu'un qui n'apporte rien offensivement...

Rami (3) : Un des deux gros problèmes de la France en défense. Déjà peu rassurant depuis le début de la compétition, il a probablement sorti son plus mauvais match de la compétition. Le rappelé de la dernière heure est d'abord à l'origine de la faute de Pogba sur Long dans la surface, qui provoquera le penalty irlandais (2e), puis à l'origine du carton qui privera Kanté du quart de finale (27e). En deuxième mi-temps, ses lacunes tactiques ont encore failli coûter très cher à la son équipe, même si c'est une de ses relances qui provoque le deuxième but. Lui même suspendu pour le prochain match, sa place sera mis en balance si son remplaçant, probablement Mangala, réussit une bonne performance...

Koscielny (5) : Pas simple de devoir à la fois se coltiner des attaquants aussi accrocheurs que Long et Murphy, mais aussi de devoir couvrir et rattraper les erreurs de son partenaire dans l'axe... parfois bousculé, le Gunner a tenu bon et fait le job. Mais sa relance limitée rapporte peu à son équipe, qui peine à repartir de ses bases arrières.

Evra (4) : Aussi indispensable par son état d'esprit et son expérience qu'inquiétant par ses déficiences défensives et son inutilité offensive. Problème, pour être un leader écouté, il faut a priori être irréprochable sur le terrain, ce que le joueur de la Juve n'est clairement pas. Dommage que Deschamps n'ait pas profité du match de la Suisse pour essayer Digne... trop tard maintenant, il va falloir faire avec lui.

Kanté (5) : Son match le plus difficile de l'Euro. Peu aidé par ses partenaires qui n'évoluaient pas forcément à leur meilleure place, il a gratté beaucoup de ballons, comme à son habitude, mais a eu du mal à les bonifier dans la première relance, face au bloc irlandais. Suspendu pour le quart de finale, il manquera malgré tout clairement. Qui le remplacera, Cabaye poste pour poste ou Coman dans un 4-2-3-1 ? Voilà qui va occuper les médias pendant une semaine... et Deschamps aussi. Coman (7) qui a beaucoup apporté face à des adversaires certes fatigués, mais qu'il a su éreinter par ses dribbles et sa vitesse, sans pour autant se montrer décisif. L'ailier du Bayern a clairement dépassé Martial dans l'esprit du sélectionneur au poste de premier remplaçant offensif. Remplacé par Sissoko à la 93e.

Matuidi (6,5) : Étrangement placé côté droit, un poste inédit pour lui, pour faire place à Pogba, droitier qui apparemment ne peut pas évoluer à droite du milieu, le Parisien a logiquement eu du mal à se situer et n'a jamais pu se mettre dans le sens du jeu. Replacé à gauche après les citrons, il a pu beaucoup plus apporter, dans le pressing et la verticalité, à l'image de cette frappe à la 55e, qui a su secouer le cocotier. Toujours indispensable malgré les errements tactiques de Deschamps, qui lui demande à peu près tout et son contraire depuis le 10 juin.

Pogba (5) : Placé à son poste favori, axial gauche, comme à la Juve, il ne pouvait pas plus mal débuter son match avec cette faute idiote sur un Long pourtant pas forcément dangereux. Cette erreur de débutant plombe un match par ailleurs pas si raté que ça, loin de là. Sans doute désireux de se rattraper, il s'est montré très actif, puissant, il a créé des différences au milieu, mais n'a pas réussi à être décisif. Je veux bien qu'on ne l'aime pas, mais il faut aussi qu'on me dise qui montre autant de qualités au milieu dans ce groupe. Il lui manque juste de devenir décisif, comme Griezmann.

Griezmann (8) : Ce dernier ne réalise pas dans le jeu un Euro meilleur que Pogba, mais lui se montre décisif, et c'est ce qu'on retiendra au final. Baladé côté droit en première période, il s'était montré un peu plus actif que lors de ses premiers matches, sans réussir à briller. Replacé dans l'axe, face à une défense moins attentive, il a su faire la différence, bien servi par Sagna et Giroud. Ça fait longtemps qu'on n'a pas pu compter sur un joueur aussi décisif dans les grands matches, alors savourons, et prions pour que ça dure une ou deux semaines de plus.

Payet (5,5) : Il va pouvoir laisser la place de sauveur de la nation, qu'il occupait depuis quelques semaines, à l'attaquant de l'Atletico. Ca doit faire un moment qu'il n'avait pas traversé deux matches consécutifs sans être décisif, même s'il décale bien Sagna sur l'égalisation. Le Hammer s'est une nouvelle fois beaucoup montré mais il n'a pas toujours réussi à impulser le bon tempo à son équipe et à trouver ses attaquants dans de bonnes conditions. Ses adversaires le surveillent de plus en plus, ce qui est logique.

Giroud (5,5) : Comme d'habitude isolé dans cette équipe qui éprouve tant de difficulté dans le jeu, il a parfois manqué de promptitude et d'anticipation sur certaines situations, notamment en première mi-temps. Il n'a cette fois ci raté aucune occasion, vu qu'il n'en a pas eu à négocier. Malgré tout, son bilan est rehaussé par cette splendide remise de la tête en déséquilibre pour Griezmann sur le second but (61e), mais aussi par cette passe qui lance Griezmann, ce qui provoquera l'expulsion de Duffy (66e). Quand ils se trouvent, ce qui n'est pas aussi fréquent que ça, ces deux là peuvent faire mal. Remplacé à la 73e par Gignac (5), qui aurait pu profiter des largesses de la défense irlandaise en fin de match mais qui a tout mis à côté ou sur le poteau. Dommage.

Voilà, sur ce à plus tard !

vendredi 13 mai 2016

L'importance d'être constant

Salut à tous,

Ca y est, elle est tombée. Bizarrement, je n'ai pas le souvenir d'une telle attente à propos d'une liste pour un grand tournoi en France, mais ma mémoire me fait peut-être défaut. Sans doute est-ce du à l'absence de certitudes - du moins chez les observateurs, les journalistes et les 67 millions de sélectionneurs en France - dans beaucoup de secteurs, notamment en défense et en attaque. Même chez les gardiens, le nom du troisième larron différait souvent suivant qu'on était fan de Costil ou d'Areola. En fait, au vu de la liste, un des rares Français à ne pas vraiment douter sur sa liste se nommait... Didier Deschamps, qui a renouvelé son groupe déjà appelé en mars contre les Pays-Bas et la Russie, et qui lui avait donné satisfaction. Et tant pis si sa liste de réservistes fait parfois plus envie que sa vraie liste...

Chez les gardiens, la tendance est presque toujours à la stabilité. On voit rarement un sélectionneur changer ses billes au moment d'annoncer sa liste alors qu'il se tenait aux trois mêmes noms auparavant, tout simplement parce que le poste de gardien, s'il reste important, n'influence pas vraiment le jeu d'une équipe, même si les fans de Kevin Trapp pensent réellement qu'un gardien bon aux pieds y parvient, ce qui ne m'a jamais sauté aux yeux. Et surtout, il faudrait un réel cataclysme pour qu'un troisième gardien joue un match durant un tournoi... ça arrive quand même TRES rarement. Limite, on devrait arrêter d'en prendre trois pour prendre un joueur de champs supplémentaire... la preuve, en 2014
Deschamps avait pris Landreau, quasi déjà à la retraite avec Bastia, beaucoup plus pour ses aptitudes à fédérer un groupe et faire le tampon entre les deux premiers gardiens, qu'à réellement récompenser le troisième meilleur portier du pays. Alphonse Aréola, sans parler de Stéphane Ruffier, est sans doute meilleur que Benoit Costil. Mais Deschamps doit considérer que Costil est le meilleur compromis entre un bon gardien de Ligue 1 et un bon coéquipier, qui ne l'embêtera pas pour jouer.

Une défense qui boite
La défense de ce groupe, déjà poreuse en mars contre les Pays-Bas (2-3) et la Russie (4-2) me fait très peur. Entre un Varane en difficulté cette saison à Madrid, un Koscielny selon moi un peu surcoté et qui a toujours provoqué beaucoup de penalties, un Evra qui va fêter ses 35 ans dans 2 jours, et un Sagna (33 ans) titulaire à City mais un peu juste pour le haut niveau selon moi, les titulaires n'apportent aucune garanties. Mais alors derrière... déjà il manque Mamadou Sakho, indispensable leader de ce groupe et toujours solide en Bleu. Pour moi, son absence est terrible, à tous les niveaux. Malgré ses états de service en Équipe de France il n'a pas la carte dans les médias, je ne sais pas trop pourquoi, mais son absence pèse lourd, que ce soit sur le terrain ou dans le vestiaire. On se retrouve dans l'axe avec deux gauchers exclusifs, un Mangala en grande difficulté à City et un Mathieu qui revient à peine de blessure. Si Varane se blesse, il ne faudrait pas que Koscielny prenne un de ses sempiternels cartons rouges ou on se retrouvera avec deux axiaux gauches en défense... Quant à Jallet, à peine titulaire à Lyon et qui n'est pas de la première jeunesse non plus (32 ans), et Digne, dont la seule perf a été de rester titulaire à Rome, il n'y a pas de quoi sauter au plafond non plus. Pourquoi ne pas prendre Sidibé, extrêmement performant avec Lille et qui peut couvrir les deux ailes, et Umtiti, à la place d'un Mathieu convalescent ? Je ne suis pas fan du défenseur lyonnais mais au moins il ne revient pas de blessure, lui... quitte à le priver de vacances, autant le prendre dans le groupe. La logique de groupe de Deschamps, encore.

Au milieu, même chose, pas la moindre surprise. Et là encore, les réservistes semblent plus solides que certains titulaires, comme Rabiot vis à vis de Sissoko ou Cabaye. Sissoko, l'éternel couteau suisse de Deschamps et avant lui, de Blanc... mais qui sort d'une saison cataclysmique avec Newcastle, relégué en Championship... Un but et six passes au compteur. Piouf ! La logique de groupe a du bon, mais y a des limites quand même. Sérieusement, avec tous les ailiers qu'il a pris, Sissoko ne sert plus à rien pour couvrir le côté droit, puisque trois joueurs offensifs peuvent y jouer (Payet, Martial, Coman). Et dans l'axe, il y a une demi douzaine de joueurs meilleurs que lui. Ce garçon doit vraiment être un formidable camarade dans ce groupe pour pouvoir perpétuellement compter sur sa place en Équipe de France, quelque soit ses performances. Les autres joueurs, en revanche, étaient incontournables. Pogba, Diarra, Matuidi : il s'agit selon moi du seul endroit sur le terrain où Deschamps possède de solides certitudes. Surtout avec Kanté pour faire le nombre au cas où.

Une attaque sans buteurs
Et l'attaque... ça ne sert à rien de revenir sur l'absence de Benzema, dramatique selon moi. Un buteur d'une telle classe, doublé d'un passeur remarquable... ses (nombreux) détracteurs affirmeront que l'Equipe de France joue mieux sans lui, ça reste à prouver puisqu'il n'était pas là en mars, mais ils ne peuvent sérieusement pas affirmer que s'il n'y avait pas eu l'affaire avec Valbuena, personne n'aurait trouvé scandaleux que Deschamps le prenne dans sa liste... soyons sérieux. Donc il avait sa place, 100 fois à la place de Gignac et Giroud, en échec cette année à Arsenal. Mais, non content de ne pas pouvoir prendre Benzema, Deschamps se prive en plus du deuxième meilleur attaquant français du meilleur championnat du monde, la Liga : Kevin Gameiro. Pas d'automatisme avec les autres joueurs : pourquoi, Gignac en avait avant de revenir à l'automne dernier ? Pas de passé réel en Bleu ? Et Coman, il en avait ? Il compte 8 sélections et un but, elles datent mais elles existent. Sérieusement, est-ce que ses performances en Liga (16 buts) ou en Ligue Europa (9), dont il disputera la finale prochainement, ne valent pas largement plus celles de Gignac au Mexique (24 dont 13 en 2016), championnat que je connais un peu, qui n'est pas mauvais mais est très loin de valoir la Liga ? Si vous me dites oui, alors d'accord, difficile de discuter dans ces conditions.

Les autres membres de la ligne d'attaque sont difficilement discutables, notamment Griezmann ou Martial, qui représentent beaucoup plus l'avenir que Payet, dont l'épanouissement très tardif m'interroge. Ce garçon a toujours eu du mal à s'imposer dans la difficulté, à Lille, dans l'ombre de Hazard, et à Marseille, dans celle de Valbuena. A chaque fois il s'y est imposé quand le titulaire qui le génait est parti, pas avant. Il lui a fallu aller à West Ham, club très moyen où il n'est pas gêné par la concurrence, pour se révéler. Reste à voir ce que ça donnera à un niveau supérieur... et on en vient à Ben Arfa. Je suis partagé, pour les mêmes raisons que Payet, à la différence que lui possède vraiment un bagage technique très au dessus du lot, et qu'à 17 ans on lui promettait déjà presque le Ballon d'Or, dont il ne s'est finalement jamais approché. Il réalise une immense saison avec Nice, mais ça reste Nice, où sa seule concurrence se nomme... Mathieu Bodmer, où il n'a pas joué de Coupe d'Europe et où on lui a donné des responsabilités qu'il n'avait jamais connu ailleurs. Qu'aurait-il apporté à ce groupe en tant que 6e ou 7e attaquant ? 10 minutes par ci par là ? Si Benzema et Gameiro avaient été là, on n'aurait peut-être jamais évoqué son nom. Ce n'est pas son absence qui affaiblit ce groupe, même si j'aurais aussi été favorable à sa présence, à la place d'un Coman encore très jeune et qui n'a du son temps de jeu exceptionnel au Bayern qu'aux blessures de Ribéry et Robben. Coman ne jouera sans doute pas non plus beaucoup, et il avait le temps d'être rappelé. Ben Arfa, plus tellement...

La Ligue 1 au piquet
Enfin, analysons un peu cette liste. Elle compte le plus grand nombre de joueurs évoluant à l'étranger (18 sur 23, soit 78,3 %) depuis 2002 (idem), un record pour une liste française pour un grand tournoi. Inutile de dire qu'on est loin des 50 % de joueurs de Ligue 1 souhaités par Frédéric Thiriez il y a quelques années, même si on y était dans les années 2000 (52,2 d'étrangers en 2006, 56,5 en 2008, 52,2 en 2010, 47,8 en 2012). Pour le Mondial 2014 déjà, le taux d'"étrangers" augmentait sérieusement (65,2). La Premier league compte 10 joueurs, comme en 2014, son meilleur total. Historiquement, l'Angleterre est largement au dessus des autres pays avec 74 représentants, soit presque la moitié du total des clubs étrangers (48,5 %). La Serie A, deuxième, est très loin (37), et ne compte que 3 joueurs cette année, un chiffre malgré tout en progrès puisqu'elle n'en comptait qu'un en 2014 et en 2012, et aucun en 2010. La Liga, elle, reste stable avec ses trois joueurs, un dans chacun de ses géants, comme en 2014, 2010 et 2008, et 2 en 2012.

Pas moins de 19 clubs sont représentés dans cette liste, contre 16 en 2014 et 17 en 2012. On est loin de l'hégémonie marseillaise de 92 (8 phocéens et seulement 9 clubs représentés) ou des 9 clubs représentés en 2010... un éparpillement qui s'explique notamment par la présence de 5 clubs qui n'avaient jamais figuré dans une liste jusque là : trois Anglais (Crystal Palace, Leicester, West Ham) plus l'Atletico Madrid et évidemment les Tigres de Gignac, premier club non européen jamais représenté en Bleu dans leur histoire. Par ailleurs, sur ces 19 clubs, 4 seulement comptent deux joueurs : Marseille, Arsenal, la Juve et Manchester City. Dans l'histoire de ces listes, depuis 1954, Bordeaux reste en tête avec 34 joueurs, devant un trio composé de Lyon, Marseille et Monaco (30). L'ASM qui n'a désormais plus été représentée dans une liste pour un grand tournoi depuis... 2006 ! Suivent ensuite Arsenal, premier club étranger, à égalité avec le PSG, qui ne compte qu'un représentant cette année, contre trois l'an passé. Mais les départs de Digne, Coman ou Cabaye font baisser ses chiffres. A moins que Rabiot...

Cette liste pourrait en effet changer, comme en 2014 puisque trois réservistes avaient été rappelés suite à des blessures. En tous cas vivement le 10 juin !

A plus tard !

vendredi 20 novembre 2015

Le bilan des Bleus 2015

Salut à tous !

Je sais que la mode ces derniers jours, suite aux terribles évènements de Paris de vendredi dernier, c'est de dire que les résultats de foot sont pas très importants, et c'est vrai que c'est dérisoire. Mais le dérisoire nous est souvent indispensable. Parlons un peu de foot, histoire de parler d'autre chose.

Une saison courte et mitigée

Ce mardi s'est donc terminée, dans une étrange mais réjouissante ambiance de fraternité entre deux vieux ennemis historiques que sont la France et l'Angleterre, la saison 2015 des Bleus. Leur saison la plus "courte" en terme de matches joués (10) depuis 1997 (8). C'est vrai que c'est une habitude de jouer moins de matches durant les années impaires, dépourvues de tournois estivaux auxquels notre sélection est abonnée sans discontinuer depuis le ratage de France-Bulgarie en 1993. Mais ils en ont quand même moins fait qu'en 2013 (12), 2011 (13), etc.

Une saison ramassée, donc, mais également dépourvue de matches nuls, pour la première fois depuis 2003. Sauf qu'il y a 12 ans, la bande de Thierry Henry, 11 fois buteur à l'époque, et un an seulement après le désastre asiatique, avait gagné 13 fois pour une seule défaite...
cette année, le bilan est nettement moins bon, alors que la France a signé sa meilleure série de victoires sous la magistrature Deschamps (5). Avec 6 succès pour 4 défaites, les Bleus obtiennent une moyenne très... moyenne, puisque depuis 1904 ils en sont à 1,1675 points par matches... mais sur les 25 dernières années, où là la moyenne est de 1,44, il s'agit malgré tout de sa 5e plus mauvaise moyenne. Ça confirme surtout à quel point les matches amicaux ne réussissent pas à Didier Deschamps : sur les 28 matches amicaux qu'il a dirigé, il n'a rapporté que 1,25 points, contre 1,4 sur ses 15 matches de compétitions. Vivement que la compétition commence, donc...

Didier Deschamps qui, à la moyenne de points par matches (victoire à deux points, of course), dans la galerie des sélectionneurs depuis 1964, figure toujours en milieu de tableau, à la huitième place, juste derrière Michel Hidalgo (1,307 contre 1,302) et nettement devant Gérard Houiller (1,25). Il est évidemment loin du leader sans doute éternel, Jacques Santini (1,71...), mais aussi Aimé Jacquet (1,58), son prédécesseur Laurent Blanc (1,44), et même le prédécesseur de ce dernier, le si haïs Raymond Domenech (1,34). Blanc a pourtant du travailler dans les mêmes conditions, même si lui n'a pas eu à tenter de motiver ses joueurs pour des matches amicaux, et sans l'aide d'une génération Varane-Pogba-Griezmann si prometteuse. Et Domenech, on se le rappelle même si personne ne lui donne ce crédit, a du assumer une des tâches les plus difficiles possibles, c'est-à-dire gérer la fin de la génération Thuram-Zidane, rien que ça. Mais étrangement, Deschamps passe entre les gouttes médiatiques. Espérons que le retour des matches à enjeu révèlent réellement le niveau de son équipe.

Une défense qui inquiète, Giroud prend la relève

Questions buts marqués, la France a certes fait beaucoup moins bien que l'excellente saison passée (2,27), mais, avec 1,7 buts par match, reste dans les eaux hautes de la moyenne sur les dix saisons précédentes (1,53). Elle n'a d'ailleurs terminé que deux matches sans marquer, en Albanie et en Angleterre. Question buts encaissés, en revanche, c'est la douche froide : avec 1,2 buts par matches, elle fait presque deux fois moins bien que depuis 2005 (0,69) ! L'an passé, la France n'avait encaissé que 7 buts en 15 matches (0,47)... elle n'a signé que 4 "clean sheets", et encaissé trois buts contre le Brésil et quatre contre son voisin belge... la faute notamment à des ailes défensives pas encore sécurisées, et une charnière souvent changée à cause des blessures, puisque Raphaël Varane, qui a joué les dix matches, a été associé à Koscielny (5 fois), Sakho (3) et Mangala (2). Pour l'instant, aucun ne semble indispensable.

Question buteurs, Olivier Giroud (4 buts) réussit l'exploit de terminer meilleur buteur des Bleus... malgré son statut de remplaçant de Karim Benzema, qui lui n'a pas confirmé son excellente année 2014 (7 buts), en marquant 2 buts seulement... mais en 4 matches, contre 10 pour son concurrent londonien (5 titularisations). Au final, ce dernier l'emporte légèrement au temps (1 but toutes les 118 minutes pour Giroud, 136 pour Benzema). Matuidi et Valbuena ont également marqué deux fois, Varane, Cabaye, Payet, Lacazette, Griezmann, Fekir et Gignac, une fois. Chez les passeurs, Anthony Martial, s'il n'a pas encore réussi à marquer en Bleu, réussit une entrée spectaculaire en Équipe de France puisqu'il remporte haut la main le titre de meilleur passeur grâce à ses trois offrandes, la première pour Benzema contre l'Arménie (4-0), et les deux autres pour Giroud, face au Danemark (1-2) et l'Allemagne (2-0). Et ce en seulement six sélections, dont trois titularisations...

Au nombre de matches, trois joueurs ont disputé les 10 rencontres françaises en 2015, Giroud, Griezmann et Varane, mais seul ce dernier les a débutées ET disputées dans leur intégralité. Le Gunner, pour sa part, a été 5 fois remplaçant, et le Madrilène, deux fois. Derrière, Matuidi et Sagna sont à 9 matches, Schneiderlin et Valbuena à 8, Lloris et Sissoko à 7... Deschamps a fait débuter 5 joueurs en Bleu, Martial se taillant la part du lion (6), devant Fekir (5), Coman, Ntep et Zouma (2). L'an passé, avec 5 matches de plus, il en avait fait débuter autant, Griezmann (14) en tête. Notons quand même les incroyables retours de Lassana Diarra, cinq ans après son dernier match en Bleu, de Hatem Ben Arfa, qui lui a attendu un peu plus de trois ans, et enfin d'André-Pierre Gignac, qui lui avait quasiment signé la fin de sa carrière internationale en allant signer dans le méconnu et sous-coté championnat mexicain durant l'été... faire du neuf avec du vieux, c'est de l'expérience en plus, et ça ne peut pas faire de mal à cette équipe encore en devenir, et pour qui l'Euro risque d'arriver un peu trop tôt.

Lyon, et la Premier League

Par ailleurs, la nette domination des clubs étrangers représentés en Bleu se poursuit, ce qui ne doit pas plaire à Frédéric Thiriez, qui avait pour objectif il y a quelques années de placer 50 % de joueurs de Ligue 1 en Équipe de France. Ce qui était d'ailleurs le cas au début de la décennie d'ailleurs, en 2010 (51 %), 2011 (52) et 2012 (54). Mais dès la saison suivante, les chiffres de la Ligue 1 ont nettement chuté (33 %), une tendance qui s'est confirmée depuis deux ans (30 % en 2014 et 2015). Mauvais signe pour le championnat de France, certes, mais très bon pour notre sélection qui, rappelons le, a gagné une Coupe du Monde une année ou seulement 31,3 % de ses joueurs évoluaient en France, un chiffre qui n'a cessé de baisser jusqu'à frôler les 20 % en 2001 et 2002, avant de remonter aux alentours de 50 % à la fin de la dernière décennie... tandis que ses résultats baissaient furieusement. L'expérience que nos joueurs acquièrent à l'étranger, dans des championnats de bien meilleur niveau et où la pression est toute autre, est indispensable à la qualité de notre sélection, il faut s'y faire : la Ligue 1 est en deuxième division européenne. Par pays, la Premier League est largement en tête (65), devant l'Espagne (25). Depuis l'arrêt Bosman, en 1995, 30,5 % des joueurs sélectionnés évoluaient en Angleterre, contre 39 pour la Ligue 1...

Et pourtant, c'est bien un club français qui l'emporte, Lyon (18). Le dauphin du PSG, qui lui a vu sa fréquentation en Bleu nettement baisser (10 contre 33 en 2014, meilleur total), après les départs de Cabaye et Digne, Kurzawa disparaissant des listes, et se résumer à la seule présence de Blaise Matuidi, a ainsi vu quasiment tous ses titulaires français fréquenter Clairefontaine en 2015 : Valbuena (8, dont 4 pour Lyon), Fekir et Lacazette (5), Jallet (3) et même Gonalons (1). Suivent six clubs étrangers, l’inoxydable Arsenal (16), le Real (14), Manchester United (12), juste devant son voisin citizen (11), et enfin l'Atletico et la Juve, accompagnés par le PSG, donc (10). Marseille, pour sa part, est à 9. A noter les premiers sélectionnés pour le Crystal Palace de Cabaye (5), le retour du Nice de Ben Arfa en Bleu, 5 ans après la sélection de Loïc Rémy, et les débuts étranges dans ce classement du premier club non européen de l'Histoire de l’Équipe de France, les Mexicains des Tigres UANL, représentés par Gignac.

2015 a également vu la série des Bleus contre les Anglais (4 succès deux nuls), entamée en 1999 avec le fameux doublé d'Anelka à Wembley (0-2), se terminer dans le même lieu... ou presque. Plus grave, ils ont subit leur première défaite contre l'Albanie (1-0), après 4 succès et un nul. En revanche, ils on mis fin à la série de 5 matches sans succès contre l'Espagne (1-0), après un nul et quatre défaites. Par ailleurs, ils n'ont plus perdu contre le Portugal depuis 1975, soit dix succès consécutifs...

Vivement l'Euro à présent. Souhaitons qu'il se déroule dans des conditions parfaites, sportivement et surtout sécuritairement. Et si on pouvait le gagner, ça ferait une belle cerise sur le gâteau.

A plus tard !

lundi 1 juin 2015

Le bilan chiffré de la Ligue 1

Salut à tous,

Allez, alors que la saison vient de se terminer avant un interminable tunnel de deux mois, avant de remettre tous les compteurs à zéro, il est temps d'effectuer un bilan détaillé et chiffré de la Ligue 1 2014-15.

Paris en approche au palmarès

Le PSG remporte donc son cinquième titre de champion de France, son troisième d'affilée. Le club parisien est certes encore en retard sur les meilleurs - Saint-Étienne, 10 titres, Marseille, 9, Nantes, 8... - mais son histoire est évidemment beaucoup plus récentes que celle de ses glorieux prédécesseurs. Depuis 1974, date de sa montée au sein de l'élite - qu'il n'a plus quitté depuis, personne n'est plus ancien en Ligue 1 - le Paris-SG n'est pourtant devancé, en terme de titres de champion, que par Lyon et son septennat victorieux, lors de la dernière décennie. Dans le même temps, Nantes, Monaco, Bordeaux et Marseille font aussi
bien que les Parisiens, qui n'ont donc pas à rougir de leur jeune mais déjà très fourni palmarès, par ailleurs riche de 9 Coupes de France - le recordman marseillais en est à 10 - et 5 Coupes de la Ligue, record de la compétition... personne ne fait aussi bien depuis 41 ans.

Avec 83 points et autant de buts inscrits, le PSG fait un peu moins bien que l'an passé, lors duquel il avait battu le record de points pris, que ce soit à 3 points ou rapporté à deux, sachant que seuls les Verts de 1970, qui évoluaient dans un championnat à 18 clubs, les devançaient à la moyenne de points (1,65 points contre 1,63). Il avait également battu le record du nombre de victoires (27, 24 cette saison), même s'il avait été battu par trois équipes au pourcentage de succès (71 %). Enfin, les 84 buts inscrits étaient le meilleur chiffre depuis Marseille, en 1971 (94), et personne n'avait signé une meilleure différence de buts (+ 61) depuis Reims 1960 (+ 63). Bref, des chiffres assez difficiles à battre, même si 89 points est un score régulièrement dépassé en Liga, par exemple, ou cette saison le Barça (94) et le Real (92) font mieux... Mais le PSG, avec ses 83 points, comme lors de son premier titre de la décennie, reste au-dessus de la moyenne des dix derniers champions de Ligue 1 (81,1).

Son titre, le PSG l'a construit en 2015, où il a pris 45 points, soit six de mieux que Monaco (8 buts encaissés seulement en 2015), 9 de plus que Lyon et 17 de plus que Marseille, qui était pourtant champion d'automne (41) avec 2 points d'avance sur Lyon et 3 sur Paris. Le PSG a notamment beaucoup plus marqué après la trêve (51) qu'avant (32 !), gagné plus de matches (14 contre 10) mais aussi encaissé plus de buts (23 contre 13)... à son rythme des matches retours sur toute la saison (2,37 contre 2 lors des matches allers), le club entraîné par Laurent Blanc aurait été le premier à atteindre les 90 points en Ligue 1.

Une défense gruyère

Le PSG qui a pourtant perdu autant de matches que la saison dernière (3), il faut donc chercher vers les matches nuls pour expliquer le nombre de points en baisse. Trois matches nuls en plus, six points en moins, ça colle. Mais pourquoi plus de nuls, sachant que le PSG en a réalisé plus (11) que la moyenne générale, qui est d'ailleurs exceptionnellement basse cette saison (8,8, 10,8 l'an passé) ? Le chiffre qui fait tâche pour le champion c'est cette défense (36 buts encaissé, quatrième bilan, à 10 unités de Monaco) qui lui a couté, notamment en première partie de saison, de perdre de nombreux points après avoir ouvert le score (73 % de succès, 83,3 l'an passé, Marseille est à 86,3 et la moyenne générale à 72,5). Paris est, avec Monaco, l'équipe qui a le plus ouvert le score (26) mais pas celle qui l'a le plus emporté dans ce cas (Monaco, 20, contre 19 pour Paris). Le PSG, qui a encaissé 13 buts de
plus que l'an passé, a réalisé 13 "clean sheet" cette saison, contre 19 l'an passé ! C'est pourtant dans ce secteur que le club parisien avait le plus recruté l'été dernier, et pas pour des clopinettes...

Dans les attaques, Marseille suit le PSG à 7 unités (76), devant Lyon (72) et les surprenants Caennais (54), qui devancent Monaco et les Verts (51). Nantes, plus mauvaise attaque du championnat, égale le pire score de son histoire (29) qui datait de 2006/07, date de sa première descente en Ligue 2... les deux promus relégués, Lens et Metz, font mieux que les Canaris (32 et 31). Niveau défenses, Saint-Étienne suit Monaco à 4 longueurs (30), devant son voisin Lyonnais (33), le PSG (36) et Montpellier (39), Marseille et ses 42 buts, comme Rennes, et Lille, pointant à la 7e place. En revanche, la pire défense, Reims (66), ne descend pas, ce qui est très rare, pas plus que la 19e, Toulouse (64). Les trois de devant, en revanche, Metz et Lens (61) et l'ETG (62), eux, n'y coupent pas.

Malgré tout, le PSG est demeuré la seule équipe invaincue à domicile, une première depuis Bordeaux en 2008/09, et avec 49 points sur ses terres, réalise le meilleur bilan d'une équipe chez elle depuis Montpellier en 2011/12 (50). Il devance Lyon (45) et le trio ASSE, Marseille et Bordeaux (41). C'est Lens et ses 19 points qui ferment la marche à "domicile", puisqu'ils ont l'excuse d'avoir évolué toute la saison à Amiens. Les Parisiens sont cependant battus à l'extérieur par Monaco (38 pts contre 34), l'ASM ayant pris plus de points en déplacement qu'en recevant (33), seule équipe dans ce cas. Lyon est troisième (30), devant Marseille et les Verts (28). A l'extérieur, le bonnet d'âne est pour Metz (8 points, seulement 5 buts marqués).

Deuxième du championnat, Lyon peut mesurer son exceptionnelle performance par un chiffre : 31. C'est le nombre de buts marqués par ses joueurs de moins de 21 ans cette saison (Fekir, Njie, Tolisso...). Seul Monaco (Martial, Silva, Carrasco...) a suivit la cadence (27), Lille suivant loin derrière (18) devant Marseille (14). Le PSG, meilleur club des plus de 31 ans (23), n'en est qu'à 6 chez les jeunes, dont 4 pour Rabiot et 2 pour Marquinhos.

L'avènement de Lacazette

Chez les buteurs justement, on a assisté à un putch d'Alexandre Lacazette, qui glane là son premier titre avec ses 27 buts, dont 24 du droit. A 24 ans - il les a fêté après la clôture du championnat, le 28 mai -, le premier Lyonnais à être sacré meilleur buteur depuis Karim Benzema en 2008 est aussi le plus jeune depuis André-Pierre Gignac, sacré à 23 ans avec Toulouse en 2009. Après les deux saisons de domination d'Ibrahimovic, il s'agit du premier français à l'emporter depuis Olivier Giroud, co meilleur buteur avec Montpellier en 2012 avec le Parisien Nenê (21 buts). Meilleur buteur à l'extérieur (13), Lacazette, qui bat le record d'un attaquant lyonnais, établit en 1969 par André Guy (25), est enfin le premier buteur "formé au club" depuis Benzema, toujours en 2008, preuve de l'immense qualité de la
formation lyonnaise depuis un moment.

Le buteur rhodanien, qui a évidemment établit son record personnel après ses 15 buts de l'an passé, devance le Marseillais Gignac (21) qui, en neuf saisons au sein de l'élite, ne parvient à atteindre la vingtaine que pour la deuxième fois, après son titre toulousain de 2009, mais qui dépasse la douzaine pour la troisième fois d'affilée avec son club de cœur. Il faut noter que si on retirait les penalties du total des joueurs - il en a mis deux, contre 8 pour Lacazette et Ibrahimovic - il serait à égalité avec le Lyonnais. Le Suédois du PSG qui doit donc céder son double titre, avant tout en raison de ses absences, pour blessure ou autre : il compte 9 matches et 937 minutes de jeu de moins que son jeune adversaire, avec qui il partage d'ailleurs la même moyenne de buts par minutes (un but toutes les 105 minutes). Chez les buteurs à au moins 1000 minutes jouées, personne ne fait mieux, le Stéphanois Gradel (129) devançant ensuite Diabaté (Bordeaux, 134,4), Cavani (146,1) et Gignac (147).

Les révélations Gradel, Beauvue et Batshuayi

A noter la belle perf des surprenants Gradel, meilleur buteur en 2015 (13), et Beauvue (Guingamp), 17 buts chacun, ainsi que Rolan (Bordeaux, 15). Duhamel, qui a d'abord joué pour Caen (6 buts) puis Evian (4) s'est donc montré plus efficace face au but que pour son choix de carrière, ce qui est pas mal pour une première saison dans l'élite, à 30 ans. Il faut également saluer le fameux quintuplé du Niçois Carlos Eduardo sur la pelouse de Guingamp, fin octobre (2-7). Ce jour là, le joueur prêté par Porto a inscrit la moitié de son total final...

Gignac et Gradel qui remportent le titre de meilleurs "ouvreurs de score", avec 9 unités chacun, devant Lacazette (8) et Beauvue (7). Lucas est le premier Parisien (6), devant Cavani et Ibra (5). A noter que Lens et Metz ont ouvert 6 fois le score chacun... de son côté, Jordan Ayew est le meilleur "revanchard" de la saison, avec ses 3 buts marqués contre son ancien club, Marseille. Suivant Mandanne, Gignac, Bodmer et Rabiot, pour son doublé contre Toulouse, à qui il avait été prêté il y a deux ans... le TFC qui a concentré le plus de buts d'anciens joueurs (5), devant Marseille et Rennes (3). Lyon et le PSG sont à 1, ainsi que Monaco ou l'ASSE.

Le Marseillais Batshuayi, lui, est le meilleur remplaçant de la saison (6 buts sur 9 sorti du banc) devant Moukandjo (Reims, 4). Ces deux clubs remportent logiquement la mise (14 et 12) devant Caen et Monaco (9). Le PSG n'a eut que 5 buts venus du banc, et Lyon, 4. Mauvaise note à Guingamp (1)... le meilleur gaucher est Fekir (10), devant Silva (Monaco) et Mounier (Montpellier, 8), et le meilleur buteur de la tête est Gignac (7), qui devance le
spécialiste Beauvue (6) et le meilleur défenseur buteur de Ligue 1 (6 buts), le Rémois Mandi (5). Enfin, en 2015, Gradel, auteur de 13 de ses 17 buts après les fêtes, et une CAN dont il fut vainqueur avec la Côte D'Ivoire (!), devance le trio Beauvue, Cavani et Ibrahimovic, 11 buts chacun. Suivent Rolan et Lacazette (10), qui a donc faiblit après la trêve.

Les Argentins en tête

Déjà vainqueur en 2013 après plus d'une décennie de domination brésilienne, l'Argentine, grâce à une grosse dernière journée (4 buts), s'adjuge un nouveau titre de pays le plus représenté au classement des buteurs de Ligue 1, elle qui est déjà le pays le plus prolifique dans l'histoire du championnat de France (2331 buts), devant le Brésil, 1506). Ce dernier est également le deuxième cette saison, à une petite unité des Gauchos (39 contre 38). Le troisième est l'Uruguay (33), mais pourtant l'Amérique du Sud n'est, comme l'an passé, que troisième avec 130 buts, derrière l'implacable Afrique (209) et l'Europe, qui confirme son renouveau (138). Les étrangers qui ont un peu moins marqué cette saison (53,8 contre 55,5 en 2013-14). A noter cette année les premiers but en Ligue 1 du Mozambique (Mexer, 4), ainsi que du Bélarus (Krivets) et Madagascar (Nomenjanahary, 1).

Avec ses 5 passes décisives dans le jeu, Lacazette est le joueur le plus décisif cette saison (27+5) devant Ibrahimovic (19+6) et Gignac (21+2). Les meilleurs passeurs qui succèdent à Zlatan (14 l'an passé) sont son coéquipier Pastore et le Marseillais Payet (11 chacun). Ils devancent Hamouma (ASSE, 8) et Njie (Lyon) et Pléa (Nice, 7). Étrangement, c'est Toulouse qui signe le meilleur pourcentage de buts marqués sur une passe décisive dans le jeu (69 %) devant Lyon (68,1) et Bordeaux (67,4). Paris est à 61,2 et Marseille 18e, à 50,7, sachant que Nantes, bon dernier, est à 38,5 et que la moyenne générale est de 58,2. Nantes n'a signé que 10 passes décisives, dont 2 pour Gakpé et Bammou...

En bref

Pour finir, on l'a déjà évoqué tout à l'heure, en Ligue 1 quand vous ouvrez le score, vous avez 72,5 % de chances de l'emporter, et 81,15 % de chances de ne pas perdre, puisque seulement 11,85 % des équipes ayant concédé l'ouverture du score ont réussi à l'emporter. Dans ce domaine, le champion l'a fait 5 fois (sur 9), Lyon 3 fois sur 11 et Bordeaux 4 fois sur 16. Huit équipes ne l'ont fait qu'une seule fois, dont Evian (22 buts encaissés d'entrée), Toulouse (23) et Lens (24), tandis que Monaco est la seule équipe à n'avoir jamais gagné dans ces conditions (8) ! Les Verts et Metz, eux, n'ont jamais perdu après avoir ouvert le score, mais les premiers nommés, qui l'ont fait 23 fois, ont plus de mérites que les Lorrains (6)... le PSG s'est fait surprendre une fois, à Bastia (4-2), en 26 ouvertures de score. A noter que Nice a perdu 5 fois (sur 14) dans ces conditions, record de la saison.

Par ailleurs, Reims est élue meilleure équipe dans le dernier quart d'heure, avec 10 points de récupérés, devant Lyon (9) et Caen (7). Marseille et Monaco en ont glané 2, et le PSG perdu 2, sachant que la palme revient à Montpellier et Lorient (-6). Au nombre de buts, c'est Lyon (22) qui l'emporte, devant Caen et Marseille (17), sachant que Nantes et Lille n'en ont mis que 5, tandis que ces mêmes Nantais et Saint-Étienne n'en ont encaissé que 5, contre 17 pour Metz. C'est également Lacazette le meilleur dans le dernier quart d'heure (10) devant Beauvue (7).

Le PSG qui, grâce à une fin de saison où il a souvent ouvert le score rapidement tout en le conservant, est l'équipe qui a le plus longtemps mené au score, avec près de 43 minutes par matches, devant Marseille (32,3) et Monaco (31,08). Les Parisiens qui n'ont été mené que durant 9 minutes par matches, contre 10,9 pour Monaco encore, et 13,2 pour l'ASSE.

Allez, derniers chiffres : comme d'habitude, les 1-0 ont été le score le plus fréquent (21,3 %), en nette augmentation (18,1 l'an passé). Ils devancent les 2-1 (15,5) et les 2-0 (13,7). L'an passé, ces deux derniers scores avaient été à égalité (15,5), juste derrière les 1-0. Le 0-0, lui, a légèrement progressé (8,9 contre 8,2). Mais les scores à 5 buts ou plus (12,9) ont largement augmenté (8,9 l'an passé). Ce qui explique d'ailleurs la légère hausse du nombre de buts (2,49 contre 2,45), sachant que cette saison on a atteint ou dépassé 7 fois les 30 buts - dont six fois en 2015 - contre 3 en 2013-14. Mais on reste éternellement à la traîne de la Premier League (2,57), de la Liga (2,66), de la Serie A (2,69) et bien sûr de la Bundesliga, pourtant en nette régression (2,75). Il y a des traditions auxquelles on ne touche pas.

Je vous laisse, à plus tard !

mercredi 31 octobre 2012

Dissection des buts de Ligue 1

Salut à tous,

Revenons, si vous le voulez bien, sur le championnat, qui vient d'entamer son deuxième quart, en jouant sa dixième journée, amputée de deux matches, déjà, alors qu'en général les premiers matches reportés - inévitables dans l'est en général, alors que les matches reportés en Allemagne sont extrêmement rares... - arrivent plutôt en novembre. Ça nous promet un hiver particulièrement perturbé, et un classement souvent illisible... actuellement, le haut et le bas de ce dernier sont faussés par les matches en moins de Lyon et Marseille, qui pourraient être devant Toulouse, et rejoindre Paris pour le second, et d'Evian et Sochaux, en bas. Espérons que pour l'Euro 2016, les réfections ou constructions de stade prévoiront des structures pour résister au froid... sinon autant arrêter de jouer l'hiver.

Je voulais en fait faire un focus sur les 258 buts (2,63 par match) marqués depuis le début de la saison, en 98 rencontres. Enlevons les 9 buts csc - soit près d'un par journée ! - et on arrive à 249. Divisons ces derniers en différentes tranches, pour y voir un peu plus clair.

- 122 buts du droit (49 %), 72 du gauche (29 %), 55 de la tête (22 %). A noter que chez les milieux de terrain, les gauchers sont quasi à égalité avec les droitiers (45 contre 41, et seulement 9 buts de la tête), et chez les défenseurs c'est évidemment de la tête qu'ils brillent (4 du droit, 5 du gauche, 15 de la tête !).

- 113 buts étrangers, soit 45,4 %. Sur ce total, on en compte 55 pour l'Afrique, soit près de 49 % des buts étrangers, plus d'un but sur cinq au total. Les buteurs étrangers marquent un peu plus du droit (54 %), moins du gauche (26,5 %) et autant de la tête que la moyenne (22 %). Malgré la nette domination africaine (l'Amsud et l'Europe se disputent la deuxième place avec 30 et 27 buts), les pays les plus représentés sont le Brésil (17), et l'Argentine et la Suède (10).

- 104 buts à l'extérieur, soit 41,8 %. Le meilleur dans ce domaine est Zlatan, qui a marqué 7 de ses 10 buts hors du Parc des Princes, en seulement 4 matches (sur 9 buts parisiens), devant le quatuor Eduardo (ACA), Khelifa (ETG), Belhanda (Montpellier) et Rivière (TFC), 3 buts. A l'extérieur, les buts du droit augmentent nettement (60,6 %), au détriment des buts du gauche (25 %) et surtout ceux de la tête (14,4 %). Les défenseurs ont marqué 9 des 104 buts à l'extérieur, soit 8,6 %, contre 9,6 % au total.

- 13 buts seulement des moins de 21 ans (5,2 %), dont 2 pour Thauvin (Bastia), J.Ayew (Marseille), Regattin (TFC) et Aboubakar (VA). Huit clubs seulement sont représentés dans ce classement, dont Toulouse (3), Bastia, Marseille et Valenciennes (2). Paris, Lyon, Saint-Étienne, Bordeaux ou Lorient, qui figurent dans la première partie du tableau, ne comptent aucun représentant jeune buteur. Les jeunes marquent un peu plus du droit que la moyenne (53,8 %) mais autant du gauche que de la tête (23,1 %).

- 28 buts des plus de 31 ans (11,2 %), une belle perf. Eduardo, Maoulida (Bastia), Barbosa (ETG) et Brandao (ASSE) mènent la dansent avec 3 buts. A noter qu'on compte quatre joueurs bastiais dans le classement, avec Ilan, Rothen et Marchal, qui comptent 1 but. Troyes, autre promu, a également deux joueurs classés, à deux buts chacun (Nivet et Marcos). Les "vieux" marquent peu du droit (42,9 %), un peu plus du gauche (32,1 %) et de la tête (25 %). Sans doute parce qu'ils sont souvent plus présents en défense qu'en attaque...

- Les milieux marquent beaucoup dans notre championnat (38,15 %), même s'ils restent loin des attaquants (52,2 %), contrairement à l'année dernière. Comme je l'ai dit, et en toute logique, les milieux marquent surtout des pieds, et très peu de la tête. Le meilleur est Alain Traoré (Lorient, 4 buts). Six des neuf meilleurs milieux (à 3 buts ou plus) sont gauchers (Traoré, Obraniak, Barbosa, Bastos, Bauthéac et Diego).

- Les défenseurs marquent peu cette année (9,6 %), avec trois joueurs à deux buts (Baysse, Chedjou et Pejcinovic). Douze des 21 défenseurs buteurs n'ont marqué que de la tête, et on ne compte que six véritables latéraux dans le lot.

- Les internationaux français (sélectionnés au moins une fois en Bleu) ont marqué 29 buts, soit 11,6 % du total, avec en tête Gomis et Gignac (5 buts), devant Payet et Gameiro (3). On compte autant de Parisiens que de Marseillais (3), mais aussi deux Lillois, Lyonnais et Toulousains. On y voit aussi des anciens comme Meriem (Nice, 2 buts), Rothen (Bastia, 1) ou Giuly (Lorient, 1). Les internationaux marquent beaucoup du droit (58,6 %) moins du reste (20,7 % du gauche et de la tête).

- Je l'ai déjà dit ici, on compte beaucoup de coup-francs cette saison (11, soit 4,4 %), soit presqu'autant que de penalties (13, soit 5,2 %). Alain Traoré est le seul à plus d'un coup franc marqué (2), et Belhanda à plus d'un penalty marqué (2). Je l'ai déjà dit aussi, mais les coup-francs sont toujours plus marqués du gauche (6 contre 5) et les penalties, du droit (11 contre 2). Les deux clubs à compter plus d'un penalty marqué sont Brest et Montpellier (2). Neuf clubs sur 20 n'en ont pas encore marqué, dont Marseille, Lille ou Bordeaux. En cumulant les coup-francs et les penalties, les plus habiles sont Traoré, Belhanda, ainsi qu'Ibrahimovic et Danic, qui figurent dans les deux classements.

- 7 buts de "revanchards", c'est-à-dire les joueurs qui marquent contre leurs anciens clubs, soit 2,8 %. Modeste, Obraniak, Gourcuff, Camara, Bauthéac, Erding et Danic sont les sept joueurs concernés par ce classement, et Nice est la cible la plus fréquente (2), devant Lille, Lorient, Rennes, Saint-Étienne et Sochaux. A noter que ces sept joueurs n'ont marqué qu'un but du droit, 3 du gauche et 3 de la tête.

- Chez les buteurs sortis du banc, le Rémois Courtet mène la danse (3 buts sur 4), devant Maoulida, Sunu, Bastos, Regattin et Aboubakar (2). Cinq clubs n'ont pas encore vu un de leurs remplaçants marquer, dont le PSG et Marseille. En revanche, Toulouse bénéficie à fond du coaching de Casanova (5 buts), devant Bastia, Lorient, Reims et Saint-Étienne (3).

- Enfin, chez les buteurs du droit, Ibrahimovic mène avec 7 buts (sur 10), devant Khelifa, Gomis et Aubameyang (4). Chez les gauchers, Traoré est logiquement en tête (4), devant Bastos, Courtet et... Ibrahimovic (3) qui n'a donc pas encore marqué de la tête ! Chez ces derniers, ce sont deux petits formats, Maoulida et Ben Yedder, qui mènent la danse (3) devant 7 joueurs (Saivet, Baysse, Chedjou, Gignac, Erding, Brandao et Privat (2). Sur les 44 buteurs de la tête, 13 d'entre eux sont des défenseurs, contre 10 milieux et donc 21 attaquants.

Voilà, en espérant vous avoir éclairé et pas trop assommé de chiffres ! A plus tard !

samedi 18 février 2012

Etoiles filantes

Salut à tous,

Combien de fois on s'est extasiés devant les remarquables qualités d'un joueur, et notamment d'un buteur, dont les performances sont plus aisément scrutées que celles des autres de part les chiffres de son efficacité, avant qu'on soit rapidement déçu après qu'il ait stagné pendant trop longtemps, voire régressé ? Si on ne regarde que récemment, on pourrait déjà en citer un paquet. Là encore, je vais me focaliser que sur les buteurs, mais on pourrait aussi évoquer les gardiens (Itandje), les défenseurs (Christanval, Bernard Mendy...) ou les milieux défensifs (Luccin, Piocelle...) et offensifs (Gourcuff ?). J'y reviendrais peut-être dans d'autres posts, on a tout le temps.

Respectons l'ordre chronologique, ce sera plus marrant.

- André-Pierre Gignac : Certes, il est encore tôt pour le classer définitivement dans cette catégorie. Il n'empêche, sa méforme commence à être un peu trop longue pour être tout à fait anodine. Le Gitan le plus célèbre dans le foot avec Jacques Abardonado, après s'être révélé à Lorient où il a pourtant mis du temps à se révéler, au point d'avoir été prêté en National, à Pau, en 2005/2006 (8 matches, 2 buts), il signe en 2007 à Toulouse, où il vit une première saison cauchemardesque. Confronté à la concurrence d'Elmander et baladé sur tout le front de l'attaque par son entraîneur, Elie Baup, il marque deux buts en 28 apparitions et semble déjà parti pour voir sa carrière régresser rapidement. L'année suivante, Casanova succède à Baup, conserve le 4-5-1 de son prédécesseur mais donne sa confiance à Gignac pour remplacer Elmander, parti à Bolton (!). Requinqué, le Martégal marque 24 buts, 12 par demi-saisons, et il connait même ses premières sélections. L'année suivante ne sera pas du mal acabit. Il divise ses chiffres par trois (8 buts), alors qu'il semble pourtant s'installer en Équipe de France, où il marque quatre buts en une saison, notamment un très important -et superbe - contre l'Autriche au Parc des Princes (3-1). Allons, cette saison domestique moyenne ne peut être qu'un accident pour un joueur quasiment titulaire en Bleu ! Marseille, confronté au départ de Niang à Fenerbahce, mise sur Rémy et sur lui pour conserver son titre, en 2010. On connaît la suite. Gignac marque huit buts, Rémy le double, et l'ancien Toulousain n'apparaîtra plus en Bleu. Aujourd'hui il est régulièrement blessé, en sur-poids, et va devoir creuser pour trouver le mental pour revenir à un bon niveau. Mais il n'a que 26 ans... A noter que les Parisiens Erding et Hoarau ne sont pas loin de le rejoindre dans cette catégorie.

- Pierre-Alain Frau : Il faut croire que posséder un prénom composé avec "Pierre" dedans n'est pas un bon signe de régularité. Pourtant, PAF en est à 82 buts en Ligue 1, mais en 316 matches de championnat, ce qui relativise un peu. A Sochaux, où il a été formé, il fut le complément idéal de Benoît Pedretti il y a une petite décennie, ce dernier étant la rampe de lancement et Frau la fusée. Très rapide et habile devant le but, il était l'attaquant parfait d'une équipe qui a toujours aimé évoluer en contre. Après une bonne saison en Ligue 2 (12 buts), à 19 ans, il rejoint l'étage supérieur avec son club, en 2001. Là, en compagnie de Pedretti, Isabey, Meriem, Zairi, Pagis et Santos, il fait la misère à la Ligue 1, dont le promu termine à une bonne 8e place, en inscrivant 41 buts, dont 14 pour Frau. Deux saisons plus tard, il fait plus fort, avec 17 buts et en profite pour rejoindre Lyon, alors au début de sa domination, en 2004. Malgré ses 9 petits buts, toutes compétitions confondues, il sera le troisième buteur du club rhodanien, derrière Juninho (16) et Wiltord (11), et à égalité avec... Essien. La suite sera encore plus compliquée, Frau ne parvenant jamais à s'imposer dans des équipes plus enclines à dominer qu'à jouer en contre, comme Lens (5 buts en 2005/2006), le PSG (4 buts en une saison et demie !) ou Lille, où il sera plus souvent remplaçant que titulaire, malgré un sursaut en 2009/2010 (13 buts). Parti librement à Caen pour succéder à El Arabi, il réalise, à 31 ans, une saison moyenne (4 buts). Il aura malgré tout réalisé une honnête carrière en Ligue 1, mais aussi au niveau européen (20 buts en 44 matches).

- Tulio De Melo : Étrange parcours pour le longiligne buteur brésilien de Lille. Déniché à Aalborg par Le Mans en 2005, il réalise une première saison honnête dans la Sarthe (7 buts), puis une très décevante l'année suivante (2 buts), avant de s'imposer enfin, en 2007/2008 (13 buts). Alléché, Palerme le recrute gratuitement mais le vend fin août pour 4 millions d'euros à Lille ! Jolie plus-value... dans le Nord, l'attaquant entame alors une belle carrière de titulaire au sein de l'infirmerie du LOSC. Son genou droit cède trois fois, son tibia droit deux fois et sa cuisse une fois. Total de son indisponibilité depuis près de quatre années, environ 400 jours, soit plus d'une année entière ! Difficile, dans ses conditions, de s'imposer comme titulaire sur le terrain, surtout quand vous avez Moussa Sow dans les pattes. Pourtant, quand il joue, De Melo marque : 11 en 2009/2010 (1 but toutes les 132 minutes), 7 la saison dernière et... un seul cette année, à Milan, contre l'Inter (2-1). Comment savoir quelle carrière il aurait eu s'il n'avait pas eu une santé aussi fragile ? Mystère.

- Daniel Cousin : Le dernier épisode écossais de sa carrière (les Rangers voulaient l'enrôler cet hiver mais les finances catastrophiques du club ont fait capoter le transfert) n'est qu'une goutte dans la carrière chaotique de l'attaquant gabonais. Après une carrière anonyme en Ligue 2, à Martigues (1996/1998) puis à Niort (1998/2000), il se révèle au Mans, un club où il fait décidément bon se révéler comme buteur, Drogba ne dira pas le contraire. Il marque 33 buts en 3 saisons à l'étage inférieur, dont 15 la dernière année, avant de rejoindre l'élite avec le club sarthois, où il demeurera efficace (11 buts) avant de perpétuer ses bonnes stats à Lens (22 buts entre 2004 et 2006). La suite sera moins glorieuse. Sa troisième saison dans l'Artois n'est pas à la hauteur (4 buts), et les Rangers, déjà, en profitent pour l'enrôler. En Écosse il débute bien (10 buts en 2007/2008) mais fait l'erreur de partir à Hull City l'année suivante. En Angleterre, il entame réellement son déclin (4 buts en 18 mois) avant de s'exiler en Grèce, à Larissa, où la sauce ne prendra pas (8 buts en deux saisons). Depuis, à 35 ans, il est de retour au Gabon, et reste la pointe préférée de la sélection qui compte pourtant Eric Mouloungui ou le Stéphanois Aubameyang dans le même secteur...

- Luigi Pieroni : Marquer 28 buts en 31 matches, même en Belgique, attire forcément l'oeil des recruteurs étrangers. Ce sera finalement Auxerre qui recrutera l'ultra efficace buteur de Mouscron (22 ans), en 2003. En Bourgogne, le massif attaquant débutera timidement (6 buts) avant de se montrer plus réaliste l'année suivante (13 buts). Mais il rechute en 2006 (3 buts) et se voit transféré en janvier 2007 à Nantes, où il confirmera que ses qualités de buteurs semblent resté bloquées en Belgique (1 but). Lens (2 buts), Anderlecht (3 buts), Valenciennes (2 buts), la Gantoise et le Standard (2 fois 2 buts) et Arles-Avignon cette année (3 buts en Ligue 2) tenteront bien de le relancer, en vain. Toutes compétitions confondues, l'international belge (25 sélections, 2 buts) a marqué quasiment autant de buts depuis 2006 (29) que durant sa saison miraculeuse à Mouscron...

- Matt Moussilou : Un cas typique de schizophrénie footballistique, un vrai. Formé à Lille, le futur international congolais se fraie vite une place au sein d'une attaque lilloise qui n'est pas encore tout à fait celle qui martyrise aujourd'hui les défenses de Ligue 1. Sept buts en 2003/2004, 13 l'année suivante, dont un quadruplé mémorable contre Istres (8-0), il s'écroule pourtant inexplicablement à partir de 2005, sans doute en raison de problèmes personnels (4 buts). Nice, en bon club relanceur de joueurs en difficulté, mise la bagatelle de 3,8 millions d'euros pour le débaucher. Mais la pression qu'engendre cette somme achève Moussilou, qui ne marquera aucun but sous le maillot niçois, en 22 matches ! Prêté à Saint-Étienne (11 m., 3 b.), il est ensuite emprunté par... Marseille, manifestement en désespérance d'attaquant, en août 2007. Il disputera 4 matches désespérant en Provence, avant d'être à nouveau prêté au Qatar, où il retrouvera le chemin des filets. Mais à son retour, il connaîtra la réserve niçoise durant 18 mois avant de partir à Boulogne, qui tente l'aventure de la Ligue 1. Pour un bilan une nouvelle fois catastrophique (1 but). Parti depuis à Lausanne, il retrouve quelques petites sensations (4 buts), mais un peu tardivement...

Sautons les exemples Piquionne, Benjani, Luyindula ou Kallon pour filer dans les années 90...

- Roger Boli : Le petit frère de Basile, formé également à Auxerre, où il jouera peu, avant de partir à Lille puis à Lens, où il éclatera en Ligue 2 (27 buts entre 1989 et 1991), réussira l'exploit de devenir meilleur buteur en 1993/1994 (20 buts), à égalité avec Djorkaeff et Ouédec, alors qu'il n'avait jamais dépassé les 5 buts en Ligue 1 jusque là... surtout, après une saison de confirmation moyenne (9 buts), il ne parviendra plus à retrouver son efficacité, à Lens (4 buts en 1995/96), au Havre l'année suivante (4 buts) ou en Angleterre et en Ecosse, où il tentera sa chance, en vain.

- Nicolas Ouédec : Je l'ai évoqué un peu plus haut, lui aussi a été meilleur buteur en 1993/1994. Il fut peut-être le dernier véritable buteur de bon niveau sorti de la Jonelière, si on excepte Gregory Pujol et Marama Vahirua... il fut surtout la pointe de la dernière belle équipe nantaise, encore digne du beau jeu développé durant 40 ans à l'embouchure de la Loire. Parfaitement encadré par Loko, son partenaire idéal en attaque, et Pédros, un milieu gauche génial à la trajectoire sportive et personnelle encore plus dramatique, il terrorisera les défenses l'année suivante (18 buts), et remportera le titre de champion. Ainsi, entre 1992 et 1995, il marquera 50 buts, rien qu'en D1 ! Étrangement, il ne trouvera pas mieux que l'Espanyol de Barcelone pour perpétuer une carrière qui avait subit tout de même un sérieux coup de mou en 1995/1996 (4 buts), en raison de blessures. En Espagne il est anonyme mais reste efficace (17 buts en deux saisons) avant de connaître quelques saisons terribles au PSG fin 1998 (zéro but en championnat) puis à Montpellier (5 buts en deux saisons et demi). Par la suite, il traînera ses guêtres à la Louvière, puis en Chine. Un beau talent gâché, bien comme il faut...

- Xavier Gravelaine : L'inénarrable consultant de France Télévision fut d'abord un attaquant extrêmement doué, doté d'un pied gauche remarquable, mais aussi d'une propension à changer de club plus vite que son ombre. Pas retenu à Nantes au terme de sa formation, il passera par Pau puis par la Ligue 2, où il plantera régulièrement avec Saint-Seurin puis Laval, avant que Caen ne lui donne sa chance au sein de l'élite. Après une première saison anonyme (6 buts), il éclate l'année suivante : associé à Stéphane Paille, parfait remiseur, il termine deuxième buteur en 1992/1993 avec 20 buts, derrière Boksic (23) et à égalité avec Klinsmann (Monaco). Il se révèle surtout un soir de Coupe UEFA, contre Saragosse (3-2), à une époque où les matches de cette compétition, y compris les premiers tours, étaient encore diffusés par TF1... Marseille et le PSG sont sur le coup mais c'est ce dernier qui rafle la mise. A Paris, le néo international est champion mais rate complètement sa saison (2 buts), et part parfaire sa formation à Strasbourg, où il renaît (9 buts). L'année suivante, il est transféré à Guingamp (7 buts) avant que Marseille ne le récupère en 1996. En Provence il démontre un certain talent, dans une position de neuf et demi qui lui convient parfaitement (25 buts en deux saisons). La suite sera pourtant catastrophique. Il part à Montpellier (3 buts), revient à Paris (11 matches, 0 but en 18 mois) puis tente l'aventure anglaise, à Watford (2 buts), passe par Le Havre (1 but), Monaco (zéro but) avant de terminer honnêtement sa carrière en Ligue 2, à Caen puis Istres, et enfin... Sion. Une carrière à la Gignac, en quelques sortes...

A plus tard !