Affichage des articles dont le libellé est Falcao. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Falcao. Afficher tous les articles

samedi 28 septembre 2013

Sept journées dissequées

Salut à tous,

Premier post de la nouvelle saison de Ligue 1, qui est déjà bien entamée maintenant. Sept journées, ça fait déjà presque 20 % des matches qui ont été joués. Les chiffres que je vais vous fournir ne seront évidemment pas les mêmes dans 5, 10 ou 20 journées, mais ils indiquent en tous cas la tendance de ce début de saison. Et comme dans tout début de saison, il y a des surprises, qui auront plus ou moins de mal à tenir la distance. Mais sept journées, déjà, c'est pas mal.

Des 0-0 à la pelle

D'abord, la moyenne de buts, particulièrement faiblarde (2,21). L'an passé, on en était à 2,54, soit presque un but en moins tous les trois matches. Ça semble négligeable, mais c'est loin d'être le cas, c'est trois buts de moins par journées. Ça signifie surtout une hausse nette des 0-0, quatrième score le plus fréquent (14,3 %), soit une place de mieux que l'an passé et presque le double d'unités (8,7 %) ! Sans les dix 0-0 qu'on a du se fader en 7 journées, soit
une journée entière, on tournerait à 2,58 buts, soit un peu plus que l'an passé... sur les cinq dernières journées, on tourne carrément à deux 0-0 par journée, puisqu'il y en a pas eu lors des deux premières. En sept journées, on a atteint une fois 29 buts et une fois 27, mais on est passé trois fois sous les 20, et pas qu'un peu lors de la troisième journée (15 !). Enfin, comparaison fatale, on tourne à 3,27 en Allemagne - où il y a eu... aucun 0-0 en 54 matches - soit plus d'un but par match par rapport à la France.

Monaco et Paris, leaders solides

Il reste encore deux équipes invaincues - Paris et Monaco - et une équipe sans succès, Sochaux (deux nuls, 5 défaites). Il reste également trois équipes invaincues à l'extérieur (les deux gros cités plus Marseille) mais aussi neuf équipes vierges de succès à l'extérieur, soit près de la moitié ! La palme à Lorient et Valenciennes, qui ont perdu leurs quatre et trois matches hors de leurs bases, en inscrivant... zéro but. La hausse des victoires à domicile (47,1 contre 44,7 l'an passé) n'est pourtant pas gigantesque, la baisses des succès à l'extérieur (22,9 contre 26,8) à peine plus prononcée.

Monaco est un leader solide puisqu'il possède la meilleure défense (3) devant Lille, le PSG, Reims et Rennes (4) et la meilleure attaque (13) devant Lyon (12). A noter que Bordeaux n'a marqué qu'une fois en quatre matches à domicile, contre cinq fois en trois matches à l'extérieur... Revenons à Monaco, qui concentre donc le plus de buts, avec le plus petit nombre de buteurs de Ligue 1, à savoir deux, Falcao (7) et son remplaçant, Rivière (6), dont il ne devait même pas soupçonner l'existence il y a trois mois... personne ne possède moins de buteur que le leader du championnat, même Sochaux et Nantes (3). A titre de comparaison, Guingamp en compte 6 (Yatabaré - 4 - plus les cinq buteurs du matches contre Sochaux, 5-1 !) tout comme les Verts, et le PSG, sept, plus gros chiffre de Ligue 1.

Étonnants Danois !

On note une nette hausse des buts étrangers cette saison (53,3 % contre 46,3). La faute aux buteurs européens, auteurs d'un bon début de saison et qui résistent à l'offensive des buteurs sud-américains, Falcao (7), Cvitanich (4) ou Cavani (3). Et ce grâce non pas aux seuls buts du Suédois Ibrahimovic, plus discret cette saison sur ce plan (2), mais à ceux des voisins danois, auteurs de cinq buts, dont trois pour l'étonnant toulousain Braithwaite. L'an passé, le Danemark avait marqué... deux buts, six l'année d'avant, aucun entre 2009 et 2011 et cinq en 2008-09, et n'est pas passé au-dessus des dix buts en Ligue 1 depuis 1995. Suivent la Belgique, Israël, le Portugal et la Serbie (3). Mais le leader toutes catégories est la Colombie de Falcao mais aussi Montano, avec 9 buts au total, devant la Côte D'Ivoire (7) et le Brésil et le Mali (6). L'Argentine, tenante du titre, est pour l'instant à la traine (5), en compagnie de l'Algérie et donc du Danemark. Par continents, l'Afrique a mis le temps mais est déjà solidement en tête (31) devant l'Europe (25) et l'Amsud (24). Le duel s'annonce serré, comme l'an passé, où l'Europe l'avait emporté de trois buts (109 à 99).

Les jeunes en forme, plus de coup-francs

Avec la crise, les clubs français sont fauchés et, à l'image par exemple de Lyon, sont contraints de s'appuyer sur les jeunes, ce qui explique les bons débuts des moins de 21 ans (8 %), même si la hausse par rapport à l'an passé est faible (7,4). Mais l'an passé les jeunes avaient débuté très timidement avant de finir fort, une tendance qui pourrait se confirmer cette saison. A noter que, contrairement à l'an passé, le PSG compte déjà deux représentants dans ce classement (Rabiot et Lucas). Il était également absent des + de 31 ans, qui ont
marqué autant que les jeunes alors que d'ordinaire ils les dominent aisément, puisque Maxwell et Ibrahimovic sont désormais qualifiés pour figurer parmi les "vieux"...

André-Pierre Gignac s'était fait une spécialité, celle d'ouvreur de score (8 buts sur 13), il remet ça cette saison, puisque ses trois buts ont à chaque fois défloré le tableau d'affichage. Il était accompagné de Cvitanich et Ibrahimovic l'an passé, cette fois il doit faire de la place à Djordjevic, qui a également toujours ouvert le score, et Cvitanich encore une fois.

Bons débuts des tireurs de coup-franc (8, soit 5,3 % contre 4,1 l'an passé), alors que les deux meilleurs de la saison écoulée, Khazri et Ibrahimovic (3) n'ont pas encore trouvé la faille dans ce domaine. Clément Grenier (Lyon) fait figure de favori logique, sachant qu'hormis Atik (Guingamp) et son coéquipier Gourcuff, aucun des autres buteurs dans ce domaine ne présente le profil d'un grand tireur de coup-franc (Saivet, Dja Djedje, Wass, Aliadière et Tiéné). Mais je peux me tromper ! Attention à Wass tout de même.

Ibrahimovic toujours passeur

Les penalties sont forcément plus nombreux, et deux joueurs ont déjà marqué deux fois dans cet exercice, Falcao et Melikson (Valenciennes). Très peu de buts de joueurs que j'appelle "revanchards", seuls Aboubakar, contre Lorient, et S.Camara, contre Nice, ayant marqué contre un de leurs anciens clubs. L'an passé ils représentaient 2,5 % du total, soit deux fois plus que cette année (1,33). Les remplaçants, eux sont en très légère baisse (10 % contre 11,5) avec déjà deux buts de Rivière, mais aussi deux buts de jeunes africains d'Ajaccio (Tallo et Camara) très prometteurs. Sept clubs ne comptent encore aucun but de remplaçant, dont Lyon ou Saint-Étienne. Ils étaient onze avant la dernière journée, riche en buts venant du banc (5).

Chez les passeurs, Ibrahimovic est une nouvelle fois en tête, puisqu'il avait fini co leader avec Valbuena l'an passé, avec 9 unités. Il en est déjà à 4 cette année (même si la Ligue a eu l'étrange idée de lui refuser celle à Nantes, légèrement déviée...) dont deux pour Cavani, avec qui il est sensé ne pas s'entendre. Le Suédois devance celui qui part grand favori de ce classement, selon moi, à savoir Moutinho (3) et 15 autres joueurs à deux passes, dont Saivet, Grenier, Gourcuff, Valbuena, Brüls (Nice), Hamouma et les latéraux Fanni, Kurzawa, Lemaître et I.Cissokho, ce qui permet de ne pas trop désespérer sur notre capacité à produire de bons latéraux en France, enfin. C'est également Paris qui compte le plus de passes décisives, à égalité avec Lyon (8), qui a marqué deux buts de plus. En revanche, Valenciennes n'en compte qu'une seule.

Valenciennes ne doit pas être menée

Trois équipes ont le plus ouvert le score cette saison, Marseille, Nantes, Sainté et Paris (5). Mais seul le PSG n'a jamais perdu en ouvrant le score, tout en concédant un nul (Monaco, 1-1), Marseille et les Verts perdant une fois et Nantes, deux. Lille et Monaco, qui ont ouvert le score quatre fois, l'ont emporté à chaque fois, tout comme Rennes (3 sur 3) et Reims (2 sur 2). A noter que Lorient, Valenciennes et... Lyon n'ont ouvert le score qu'une seule fois, avec la victoire à chaque fois à la clé. Quant à Sochaux, les deux fois où les Lionceaux ont marqué en premier, ils ont perdu à chaque fois... Si vous menez d'entrée, vous avez 71,7 % de l'emporter (69,2 l'an passé). A l'inverse, trois équipes ne comptent aucune défaite après avoir concédé l'ouverture du score, Marseille (1 sur 1) et Monaco et Paris (2 sur 2). Mais neuf équipes, elles, ont toujours perdu quand elles ont été menées en premier, dont Nantes et Rennes (1), Lille et Sainté (2), Bordeaux (3) et surtout Valenciennes (6 sur 6 !). Enfin, seules cinq équipes l'ont emporté après avoir été menées en premier, notamment Lyon, qui l'a fait deux fois sur 5. Monaco, Montpellier, Toulouse et Lorient ont également réussi cet "exploit", qui représente 10 % du total (9,2 l'an passé).

Attendez, ce n'est pas fini... Monaco est également leader dans le dernier quart d'heure, avec 4 points récupérés, devant le PSG (3), Nantes, Marseille et Rennes (2). Dans le bas du tableau, on retrouve Lyon, Bordeaux et les Verts (-1), et Ajaccio, Valenciennes et Sochaux (-2). Six équipes n'ont encore concédé aucun but tardif (Monaco, le PSG, Nantes, Rennes, Lille et Lorient), quatre n'ont pas encore marqué en fin de match (Lorient, à zéro dans les deux cas, Nice, Sainté et Sochaux). Devinez qui sont les plus efficaces dans les quinze dernières minutes ? Rivière (3) et Falcao (2)...

Paris ne maîtrise pas ses matches

Enfin (oui on arrive à la fin) Saint-Étienne est l'équipe qui a mené durant le plus de temps (296 min) devant Lille (264) et Marseille (239). En bas du tableau figurent Montpellier (88), Toulouse (54), Valenciennes (53) et Sochaux (33). Plusieurs fois menés, Monaco (206) et surtout le PSG (166) sont encore loin des meilleurs. Le club parisien qui paie son match contre Ajaccio (1-1 après avoir été mené pendant 80 mn !) et qui peine à rattraper les équipes ayant été menées le moins longtemps, avec 127 min, contre 19 pour Monaco, 33 pour Marseille ou 65 pour Rennes. Lorient, en revanche, ferme la marche (325) derrière VA (272) ou Evian (268). Si on soustrait ces chiffres là aux premiers, c'est Marseille qui compte le meilleur différentiel (+207) devant Monaco (+187) et Sainté (+161). Paris est 9e (+39) alors que Valenciennes (-219) et Lorient (-220) sont derniers.

Allez, un petit dernier : il faut à peu près 10 tirs pour marquer un but, dont quatre cadrés, des chiffres à peu près stables par rapport à l'an passé, même si les tirs cadrés faisaient plus souvent mouche (28,7 %). C'est ce qui fait la différence, puisqu'on tire au but autant que l'an passé (23,5 tirs par match contre 23,7) et on cadre autant (8,6 contre 8,9). A quoi tient une moyenne de buts... là, c'est aux gardiens pour l'instant.

Allez, je vous laisse ! Et n'hésitez pas à réagir !

mercredi 2 janvier 2013

Les buteurs de 2012

Salut à tous,

On est passé en 2013, je vous souhaite donc à tous, chers lecteurs, une très bonne année et mes meilleurs vœux !

Sur le plan de l'année civile, les comptes sont remis à zéro. Après l'intouchable Lionel Messi et ses 91 buts, record du monde (sauf erreur), d'autres joueurs se sont illustrés depuis un an. Voyons d'abord en détail le classement des buteurs sur l'année. A noter que les divisions inférieures des principaux championnats sont prises en compte, en plus des élites.

Tout d'abord, le classement général :



Derrière Vous-Savez-Qui, son principal concurrent, Cristiano Ronaldo, est logiquement à la peine : malgré une moyenne de 5 buts par mois en moyenne (!), il en a marqué plus de deux de moins que l'Argentin sur chaque mois (28 au total). En troisième position, Zlatan Ibrahimovic a finalement eu raison, d'une courte tête, de son principal adversaire Falcao (Atletico Madrid). Cavani suit à quatre longueurs, devant l'étonnant inconnu bolivien Carlos Saucedo, 33 ans, buteur prolifique au San José Ouro, lui qui n'a touché au football professionnel qu'à l'âge de 26 ans, et qui ne s'est vraiment imposé en sélection que très récemment, avec notamment un triplé contre l'Uruguay, en qualifs pour le prochain mondial, en octobre dernier (4-1).

D'autres inconnus trustent les premières places, comme le Lituanien Rimkevicius (Siaulai) ou le Coréen Lee Dong-gook, 33 ans, éphémère attaquant du Werder et de Middlesborough il y a quelques années. Avec les deux inséparables néerlandais Van Persie et Huntelaar et le co meilleur buteur de la Ligue des Champions Burak Yilmaz (Galatasaray), l'ancien raté Monégasque Dieumerci Mbokani, aujourd'hui intenable à Anderlecht, complète le tableau. Pas de Brésilien, pas d'Allemand, pas d'Italien, pas d'Espagnol... et pas de Français.

C'est une des spécificités françaises : hormis Henry, aucun Français ces dernières années n'a vraiment réussi une grande année prolifique, à part le buteur de Mons, Jérémy Perbet. Voyons un peu le classement français de cette année.



Du clinquant, mais aussi de l'inconnu complet. Il faut dire que pour ce classement on va carrément gratter en DH, pour le dernier d'entre eux, Ludovic Heidelberger, formé à Marseille jusqu'en 2001 et qui évolue actuellement à l'UGA Ardviz ! La première place de Karim Benzema est logique, malgré la difficulté à la fois de s'imposer au Real et dans un des meilleurs championnats du monde, même si quelques buts supplémentaires en sélection lui auraient peut-être permis d'intégrer le classement général, distant de 7 longueurs. La deuxième place revient logiquement à Bafé Gomis, plus constant que jamais, et auteur de 16 buts depuis août, excusez du peu. David Ledy, j'en ai déjà parlé, c'est le buteur strasbourgeois qui a connu la Ligue 2 avant de cartonner en CFA2 la saison dernière (20 buts). D'autres joueurs amateurs figurent dans ce classement, comme l'ancien réserviste messin Stéphane Boulila, Jérémy Bru et Heidelberger, sans parler de Romain Pastorelli, l'attaquant du CA Bastia, aujourd'hui en National. Les attaquants de Ligue 1 sont rares (Gomis et Gouffran), des joueurs comme Gameiro, Rémy ou Gignac n'ayant pas eu des années faciles à gérer. Enfin, notons les bons chiffres de Adamo Coulibaly, qui ne cesse de planter avec Debrecen, en Hongrie.

Suivant s'il vous plait, avec le Brésil.



On peut parler de catastrophe, pour un pays comme celui-ci, qui a fournit parmi les meilleurs attaquants de l'Histoire au football. Hormis Neymar, qui n'a pas vraiment de concurrence à son poste et qui a marqué 31 buts en seulement 43 matches cette année, on a droit à des attaquants évoluant en Arabie Saoudite, aux Emirats Arabes Unis (2), au Qatar (3 !), en Roumanie, en D2 Portugaise, en Lituanie... mais aucun dans un grand championnat européen, et seulement trois au sein de l'élite brésilienne, dont les anciens Luis Fabiano et Fred ! Inutile de dire que le Brésil va devoir cravacher dur et prier pour qu'il n'arrive rien à Neymar pour présenter une sélection correcte dans un an et demi, pour SA Coupe du Monde, qu'il n'a évidemment pas le droit de perdre...

Voyons un peu le grand rival argentin...



Là encore, ça voyage beaucoup, c'est une tradition. Mais cette fois on a des joueurs évoluant en Liga (Messi, Higuain), en Italie (Milito, Palacio), en Angleterre (Agüero), en France (Lisandro, Herrera), etc. Rien dans le Golfe, rien en Lituanie... bref, l'Argentine a beaucoup plus de ressource que son voisin brésilien. Et les Uruguayens ?



Pas mal d'inconnus, mais tant que la Celeste, qui est redevenue depuis quelques années la puissance du football qu'elle n'était plus depuis 1970, peut encore compter sur des phénomènes comme Cavani ou Suarez... heureusement que ces deux là ne sont pas vieux, parce que derrière y a plus de mercenaires de championnats de seconde zone sud-américaine qu'autre chose.

Revenons en Europe, avec les Anglais.



Les cinq divisions professionnels remplissent un espace déserté pour une fois par Lampard, entre autres. Rooney est au rendez-vous, en compagnie du buteur du Celtic Gary Hooper, mais derrière, en dehors de Jermaine Defoe, Ricky Lambert et Theo Walcott, qui commence enfin à évoluer à un très bon niveau... les meilleures équipes anglaises comptent qu'à minima sur les joueurs locaux, ce qui n'arrange pas les affaires de la sélection.

Passons aux champions d'Europe espagnols.



Si aucun ne figure parmi les tous meilleurs, on a quand même du beau monde avec Soldado, Torres, Llorente, Michu, Mata, Negredo... que de la qualité, et à au moins 21 buts. Une variété de profils de buteurs appréciable pour Vicente Del Bosque, qui peut compter sur des attaquants puissants, rapides, techniques, des joueurs de surface ou plus polyvalents... une des clés, sans doute, des succès espagnols depuis cinq ans maintenant.

Au tour des Allemands !



Derrière le toujours efficace et méconnu Stefan Kiessling (Leverkusen) figure Mario Gomez, qui aurait sans doute fait mieux sans sa longue blessure d'après l'Euro. Les jeunes loups Reus, Müller ou Meier sont déjà bien placés, et accompagnés par notamment l'éternel Miroslav Klose, meilleur buteur, rappelons le, de la Coupe du Monde... 2002. Une liste de bonne qualité, avec en plus les bons chiffres de Mesut Özil avec le Real, malgré les critiques.

Et enfin, les Italiens.



Comme pour les Brésiliens, on peut sérieusement s'inquiéter sur la qualité des buteurs italiens de bons niveaux, rien qu'en Serie A. Ils ne sont que cinq, dont l'éternel Di Natale et le nouveau El Shaarawy. Mais ensuite ? Pas grand chose. Pas de Balotelli, pourtant excellent à l'Euro. Pas de Matri, Pazzini, Giovinco, Quagliarella... des joueurs de qualité, mais aucun à 17 buts sur l'année, c'est quand même très moyen. On l'a vu contre la France, l'Italie semble avoir perdu son flair en terme de buteurs.

Voilà, on se revoit dans un an pour les prochains chiffres ! A plus tard !

vendredi 16 mars 2012

Canonniers


Salut à tous,

Avant de commencer ce post, revenons sur le précédent qui évoquait l'éventualité d'un quart de finale Marseille-Bayern, et donc la rencontre choc entre la charnière centrale marseillaise - qui sera privée de Diawara, en plus de l'absence dans les buts de Mandanda - et Mario Gomez, probablement l'avant-centre type le plus efficace en Europe actuellement. Et bien voilà, on va être fixé... ça va être un sacré test pour l'OM, dont la défense a rarement l'occasion d'affronter de tels attaquants en Ligue 1, Olivier Giroud compris.

Pourtant, il y a d'autres attaquants que Gomez qui réalisent peut-être la saison de leur vie, dans certains cas, ou qui confirment simplement un sens du but hors du commun, pour d'autres. Petite liste non exhaustive de ces chasseurs de but qui me fascinent tant...

- Lionel Messi et Cristiano Ronaldo : Passons rapidement sur ces deux phénomènes, sur qui tout a déjà été dit et répété. Il n'empêche : l'Argentin, qui a marqué 119 buts durant les deux dernières années, soit à peu près 6 buts par mois si on enlève les deux mois de trêves estivales habituels, en est déjà à 24 en 2012 ; son "second" au Ballon d'Or, Ronaldo, en est à 17, alors qu'il devance le Catalan au classement des buteurs de la Liga (32 à 30)... A 24 ans, Messi, d'ors et déjà double meilleur buteur de la Ligue des Champions (12 l'an passé et 12 cette année), a déjà dépassé les 251 buts, en 380 matches professionnels, dont pile 200 depuis le début de la saison 2008. Ronaldo, qui a 27 ans depuis peu, en est à 283 en carrière, dont 165 depuis l'été 2008. Rappelons que l'on parle là d'attaquants polyvalents, pas de buteurs exclusifs. Pourtant, aucun de ces derniers ne parvient à rivaliser avec ces deux génies du football, qui se révèlent également de merveilleux passeurs, notamment Messi (51 passes décisives depuis deux saisons)...

- Klaas-Jan Huntelaar : Certains esprits chagrins diront qu'il n'a pas toujours été efficace, notamment quand le niveau de ses clubs a augmenté. Au nombre de buts, peut-être ; à l'efficacité, certainement pas. Tout d'abord, l'attaquant néerlandais, durant sa demi-saison au Real Madrid (20 matches, 8 buts) a marqué autant de buts que Karim Benzema durant sa première saison dans la capitale espagnole, en moins de matches (27 pour le Français). Pourtant, ce dernier a eu sa chance par la suite... Surtout, durant ses huit mois au Real, l'ancien de l'Ajax marquait un but toutes les 141 minutes, une moyenne qui lui garantirait 25 buts sur une saison normale. L'année suivante à l'AC Milan, même chose : malgré un statut de remplaçant de luxe difficilement explicable (la concurrence se nommait Borriello, Pato et Inzaghi...), soit 11 titularisations en championnat, sur 25, et seulement 7 buts, il tournera à un but toutes les 149 minutes. Pour le reste, et hormis une première saison moyenne à Schalke (8 buts, un toutes les 248 minutes), il n'a jamais cessé de marquer, et de façon très régulière : entre 2004 et fin 2008, il a marqué 154 buts en 215 matches, toutes compétitions confondues, notamment 33 buts en championnat néerlandais en 2007/2008. En sélection, où il tourne à un but toutes les 94 minutes (!), il en est déjà à 31 en 50 matches, soit des chiffres à rapprocher de ceux d'un Jean-Pierre Papin par exemple. Sauf que Huntelaar n'a que 28 ans... Enfin, cette saison, il en est à 42 buts en 43 matches, toutes compétitions confondues, dont 13 en 10 rencontres de Ligue Europa, riches de deux triplés et un quadruplé...

- Yilmaz Burak : Celui-là, je vous l'accorde, fallait le voir arriver. Mais à 26 ans, il est peut-être sur les traces d'un autre très grands buteurs turcs, Hakan Sukur. Seule différence, et pas des moindres : la réussite de ce dernier en Coupe d'Europe, ce qui n'est pas le cas de Burak. Celui-ci, après avoir déjà fini deuxième meilleur buteur du championnat l'an passé (19 buts), est en passe de doubler ce chiffre déjà énorme. En 26 matches avec son club de Trabzonspor, qui faisait partie de la poule de Lille en Ligue des Champions et qui est troisième à quatre journées de la fin, il a marqué la bagatelle de 30 buts, soit un but toutes les 78 minutes... deux buts tous les matches et demi en gros. Et en 2012, il en est déjà à 15 buts ! Evidemment, il n'évolue pas dans un championnat majeur, surtout quand ce dernier permet à des clubs comme Trabzonspor ou Sivaspor de faire de temps en temps la nique aux historiques gros clubs turcs comme Galatasaray ou Fenerbahce. Mais il ne s'agit pas non plus d'un championnat mineur, et on aura probablement l'occasion, durant les prochaines saisons, de vérifier si ses stats baissent dans des championnats de meilleur niveau. Surtout que, comme je l'ai dit, il ne brille pas en Coupe d'Europe, où il n'en est qu'à un but en 25 matches !

- Edinson Cavani : L'improbable ailier droit de la Céleste, troisième du dernier Mondial 2010, équipier parfait de Suarez et Forlan, est en fait un buteur redoutable, d'au moins du même calibre que ses deux coéquipiers. Pas facile de faire en choix entre trois phénomènes comme ceux-ci... un choix qu'aimerait sans doute avoir un sélectionneur comme Laurent Blanc, mais aussi l'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie, le Brésil même ! Toujours est-il que depuis son arrivée de Palerme, après la Coupe du Monde, le Napolitain empile les buts, se révélant, avec Ibrahimovic, comme le meilleur attaquant de Serie A sans doute. Trente-trois buts la saison passée, dont 7 en Europa League et 26 en championnat, déjà 24 cette année, dont cinq en C1... Dommage que Naples n'ait pas passé l'écueil de Chelsea, il aurait été intéressant de voir jusqu'où Cavani, qu'on voit mal ne pas rejoindre un très grand club prochainement, était capable de faire grimper le grand club de Campanie...

- Zlatan Ibrahimovic : Un débat à lui tout seul. Le seul joueur au monde de qui certains sont capables d'affirmer qu'il a raté son épisode catalan alors qu'il avait marqué 21 buts avec Barcelone, toutes compétitions confondues. A titre indicatif, Thierry Henry en avait mis 19 lors de sa première saison en catalogne, et 26 l'année suivante. Pourtant, à 30 ans, le grand Suédois, techniquement exceptionnel mais tellement nonchalant et arrogant d'apparence, en est 238 buts depuis son départ de Suède pour l'Ajax, en 2001, dont 113 en 208 matches de Serie A avec la Juve, l'Inter et l'AC Milan aujourd'hui. Une seule fois il a marqué moins de 14 buts en une saison domestique en Italie, en 2005/2006 avec la Vieille Dame. Surtout, cette saison, il est le meilleur buteur du championnat (19 buts en 21 matches), marquant également 5 fois en Ligue des Champions.  Ses duels avec le Barça, en quart de finale de C1, et avec la France au premier tour de l'Euro, seront à suivre de près...

- Wayne Rooney : Quel joueur incroyable. Il y a souvent deux types d'attaquants : les besogneux, qui marquent peu mais servent l'équipe en défendant avec hargne, style Hoarau ou Chamakh ; et il y a ceux que je viens de citer, des buteurs types, ne vivant que par le but. Et il y a Wayne Rooney, qui fait les deux. Infatigable sur le terrain, il a dépassé les 200 buts en carrière cette saison, à seulement 26 ans. Malgré d'étranges trous d'air parfois, et hormis une dernière saison quelconque, vu son niveau (17 buts en 46 matches), il ne passe jamais sous la barre des 20 buts chaque saison, et a même deux fois dépassé les 30 buts, entre 2008 et 2010. Cette saison, au sein d'une équipe terriblement irrégulière, il en est déjà à 27 buts avec Manchester, dont 20 en championnat et cinq en Coupe d'Europe, dans lesquelles il a déjà marqué 33 buts, dont 27 en Ligue des Champions, sans parler de ses 28 buts internationaux. Et il n'a pas fini de courir partout...

- Robin van Persie : Un autre attaquant qui n'a pas toujours été un buteur, à l'image de son glorieux ainé à la pointe de l'attaque d'Arsenal, Thierry Henry. Ailier de formation, régulièrement blessé, malgré un pied gauche d'exception et des qualités techniques hors normes, il a longtemps navigué, chaque saison à Londres, entre 11 et 24 buts, lorsque son corps daignait le laisser en paix, en 2008/2009 et l'an passé. Mais cette saison, il marche sur l'eau. Meilleur buteur de Premier League avec 26 buts, il en est également à cinq en Ligue des Champions, et au total à 37, dont quatre en sélection. Enfin stabilisé en pointe, où il a aisément géré la concurrence de Chamakh, que seuls quelques fanatiques en France considéraient comme plausible, il devrait vite s'envoler pour d'autres cieux. Bon courage à Arsène Wenger pour remplacer son phénomène... mais on disait la même chose lors du départ d'Henry...

- Gonzalo Higuain : La performance du buteur argentin est double. D'abord, malgré des statistiques redoutables (un but toutes les 71 minutes en championnat, 101 toutes compétitions confondues) il reste le remplaçant de luxe de Karim Benzema au Real Madrid, qu'il devance pourtant au classement des buteurs de la Liga (17 à 13 !). Ensuite, pas facile d'exister en Espagne derrière les phénomènes Messi et Ronaldo, et devant des joueurs comme Llorente, Falcao ou Soldado... Pourtant, Higuain, qui n'était pas un buteur type à l'origine, reste une machine à buts sans grand équivalent en Europe, même s'il a du mal à confirmer ce fait dans les grands matches. Mais depuis son arrivée en Espagne, il a signé de grandes saisons (24 buts en 2008/2009, 29 en 2009/2010), sans parler de l'actuelle (21 buts en 39 matches, un de moins que Benzema). Vu que marquer plus que Benzema ne semblera manifestement pas suffire pour passer devant le Français, il lui reste à aller voir ailleurs si un club veut bien d'un attaquant capable de marquer 25/30 buts par saison dans un grand championnat... Il ne devrait pas trop galérer a priori.

- Falcao : L'homonyme de grand Roberto Falcao, milieu brésilien des années 80, n'a que 26 ans, et qu'à trois saisons européennes seulement, mais ses chiffres sont déjà exceptionnels. Buteur quelconque à River Plate (38 buts en trois saisons), l'attaquant colombien s'est mué en machine à but au FC Porto, où il a marqué 72 buts en deux saisons, dont 41 en championnat et 18 en Ligue Europa, en une seule saison, la dernière ! Étonnamment habile de la tête pour un joueur de son gabarit (1m80), à l'image d'un Zamorano avant lui, son talent ne s'est pas perdu en allant à l'Atletico Madrid, puisque cette saison il en est déjà 22 buts, dont 16 en championnat et six en Ligue Europa. A l'avenir, il devrait vite devenir un des tous meilleurs attaquants du monde, s'il rejoint un club plus huppé, bien sûr...

A plus tard !