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vendredi 1 février 2013

Le mercato change tout

Salut à tous,

Nous sommes le 1er février, il est donc temps de faire un bilan de ce mercato d'hiver qui, pour ma part, me semble de plus en plus discutable de par sa faculté à bouleverser des effectifs en pleine saison. Au départ, ce n'était qu'un moyen pour les clubs de faire quelques ajustements, prendre un ou deux joueurs pour faire face à un déséquilibre quelconque, et non pas pour s'acheter un nouvel effectif. Le problème, c'est que les mêmes médias qui critiquent ce mercato d'hiver pour ces bonnes raisons, sont en général les mêmes qui, tous les hivers, se plaignent parce que le mercato est mort et qu'il ne s'y passe rien... faut bien parler de quelque chose n'est-ce pas, quitte à se contredire. En tous cas cette année, difficile de dire la même chose.

La Ligue 1 a changé de visage

La France a vécu une nouvelle vague de départs, principalement vers l'Angleterre mais aussi, et c'est nouveau, vers la Russie, avec M'Vila. la Ligue 1, qui donnait la moitié de ses joueurs en Équipe de France depuis plusieurs années, va de nouveau se retrouver isolée, et déplumée. Nous pouvons décemment craindre le pire pour les prochaines saisons européennes, même si ses résultats n'étaient déjà pas extraordinaires.

A moins de faire comme dans les pays sud-américains ou latino-américains, à savoir compter deux champions par an, celui des matches allers et celui des matches retours, conférant ainsi aux demi-saisons de véritables statuts autonomes et justifiant des mouvements de joueurs importants puisque n'influant en rien sur la compétition en elle-même, il paraît aujourd'hui très regrettable de constater que certaines équipes n'auront tout simplement plus la même tête que lors des matches allers. Malgré le cirque engendré par l'arrivée de David Beckham à Paris hier - j'y reviendrais - , le club parisien a été un des plus sages, même s'il a beaucoup dégraissé : l'Anglais et Lucas ont rejoint la capitale, que pas moins de sept joueurs (!) ont quitté dans le même temps (Rabiot, Bodmer, Nenê, Luyindula, Sissoko, Lugano, Hoarau). Malgré la consistance de son effectif, on peut s'étonner de cette vague de départs qui pourrait l'handicaper au moment d'aborder les trois compétitions dans lesquelles le PSG est toujours engagé.

Paradoxalement, il faut aller ailleurs pour constater les changements les plus importants. Quasiment comparée au Barça, figurant parmi les candidats à l'Europe grâce à la qualité de son jeu et de ses attaquants, Valenciennes, sur le papier mais aussi, déjà, sur le terrain à la vue de ses derniers résultats - une victoire, trois nuls, dont une élimination en Coupe de France à Istres (3-3, 3-4 tab), et quatre défaites - n'est plus que l'ombre de ce qu'elle était il y a quelques semaines, infligeant notamment notamment une déculottée à Marseille (4-1). En plus de la blessure longue durée de son meilleur passeur, Gael Danic, cet hiver a vu quitter le Hainaut un défenseur majeur, Carlos Gil (Corinthians), et son meneur de jeu et buteur, Foued Kadir (Marseille). Les arrivées de Rose (Laval), Melikson (Wisla Cracovie) et Sankharé (Dijon) n'ont pour l'instant pas compensé ces départs essentiels. L'équipe humiliée récemment à Nice (5-0) et battue de façon heureuse par un Lyon très nettement supérieur (0-2) peut inquiéter, elle qui ne compte "que" dix points d'avance sur la zone de relégation. A ce rythme, on en reparle dans deux ou trois mois. En tous cas, on peut déjà dire que le mercato d'hiver a nettement influé sur les performances de cette équipe.

D'autres équipes ont beaucoup perdu cet hiver. Si Ajaccio, qui n'a perdu que Medjani (Monaco) tout en récupérant Zubar (Wolverhampton), Chalmé (Bordeaux) et Oliech (Auxerre), semble encore une fois avoir réussi son mercato, tout comme son voisin bastiais (Marque et Moizini, partis libres, contre Landreau, Faty et Beauvue), Bordeaux a vu partir Gouffran et Jussiê, deux de ses meilleurs éléments offensifs, contre l'arrivée du jeune uruguayen Rolan (19 ans) et le retour de Faubert... Diabaté, à son retour de la CAN, et Saivet vont se sentir un peu seuls en attaque du côté des Girondins.

Et que dire du mercato brestois ? Bien partie pour obtenir son maintien jusque là, l'équipe bretonne s'est vue délestée d'éléments essentiels comme Lorenzi (Mons) et surtout son buteur Ben Basat (9 buts) à Toulouse ! Et qui pour le remplacer ? Deux défenseurs, Kurzawa (Monaco, p.) et Lejeune (Villarreal, p.) et un milieu offensif prêté par Everton, Magaye Gueye. Pas de quoi être rassuré. Evian, lui, a encore recruté du clinquant avec deux joueurs provenant du Dynamo Kiev, Betao et Ninkovic. Si ces deux là évoluent à leurs niveaux présumés, c'est tout bon pour les Savoyards, mais ça ne semble pas encore en prendre le chemin. Pour Lille en revanche, ça sent le dégraissage avant inventaire, le club se situant déjà loin des places européennes, en plus d'être en vente : les départs de Landreau et Debuchy n'ont pas été compensé. Même chose pour Lyon, qui lui a résisté à la tentation de vendre ses meilleurs buteurs, Gomis et Lisandro, mais qui a quand même perdu Monzon et surtout Bastos, deux départs là encore non compensés. Les jeunes c'est bien, encore faut-il qu'ils aient le niveau, surtout quand vous êtes encore en course en Ligue Europa !

Montpellier, lui, n'a perdu qu'un joueur, mais non des moindres (Yanga Mbiwa). Nancy, lui, n'avait plus rien à perdre, et a déjà quasiment réglé son mercato... d'été prochain, en se "débarrassant" de six joueurs (Zenke, Haidara, Helder, Andre Luiz, Mollo et l'aller retour de Ouaddou), ramassant quelques millions par ci par là, contre la seule arrivée de Jebbour, prêté par Rennes. Paradoxalement, cette saignée semble avoir libéré cette équipe, qui ne perd plus et est revenue dans la course au maintien...

L'ogre de cet hiver a finalement été marseillais, comme aux plus belles heures du club olympien, même si le recrutement phocéen semble plus quantitatif que qualitatif, au vu du pedigree des joueurs recrutés (Samba, Sougou, Romao, Kadir). De bons joueurs, pas encore de grands joueurs. Mais l'effectif marseillais avait besoin d'être complété, et il peut désormais aborder sereinement les deux compétitions qu'il lui reste (Championnat et Coupe de France). D'autres clubs semblent s'être renforcés, comme Rennes, qui a certes perdu gros avec M'Vila, mais qui a nettement compensé au milieu avec les arrivées de l'inconnu Konradsen mais surtout d'Alou Diarra (West Ham), en plus d'Ilunga. Des joueurs expérimentés, qui manquaient un peu à l'effectif breton. Reims, lui, a investi dans l'avenir, avec Placide (Le Havre) et De Préville (Istres), ce dernier arrivant pour enfin faire marquer des buts à cette équipe. Pas simple ! Saint-Etienne a également réussi son mercato, avec les arrivées en prêts de Mollo et Bodmer, en plus du... fils de Michael Laudrup, Andreas (Nordsjaelland), tout comme Toulouse, renforcé par les arrivées de Ben Basat, Rabiot et Hermach, contre les départs de Sissoko et Rivière.

On le voit, qu'elles étaient modifiées en bien ou en mal, une grande majorité de ces équipes ont complètement changé de visage. En plus de Valenciennes, on peut imaginer que Toulouse ou Saint-Étienne grimpent au classement, au détriment de Montpellier par exemple. Il est encore trop tôt pour définitivement juger le mercato de chacun, mais une chose est sure : il jouera un rôle, indéniablement.

Beckham, produit d'appel

Beckham, à présent. J'ai beaucoup suivi les chaînes infos et sportive hier, tandis que l'arrivée du "Spice Boy" à Paris se profilait de plus en plus nettement. Il a beaucoup été dit de choses, plus ou moins vraies. Pascal Praud, entre autres, a insisté sur le fait que Beckham ne faisait pas partie des tous meilleurs joueurs de tous les temps, n'ayant pas gagné de Coupe du Monde ou de Ballon d'Or, et n'atteignant pas le niveau de joueurs comme Zidane ou Ronaldo, ses anciens coéquipiers au Real qui n'ont pourtant pas eu à se plaindre de son travail derrière eux en Espagne. Je ne me rappelle pas qu'il ait dit la même chose lorsque Ibrahimovic est arrivé, alors que le Suédois n'a pas non plus gagné de Mondial ou de Ballon d'Or, pas plus que de Ligue des Champions d'ailleurs... Le problème n'est pas la valeur intrinsèque d'un joueur qui restera quand même dans l'Histoire, et pas seulement pour le phénomène de mode qu'il a engendré, mais aussi par sa qualité de passe, sa vision de jeu, son professionnalisme aussi. Ainsi que son palmarès, n'en déplaise à Praud.

Le fait qu'il ne touche pas de salaire au PSG, un cas unique au monde, surtout dans un club qui vise autre chose que le maintien, comme l'Atalanta qui avait fait signer Christian Vieri pour 1000 euros, plus des primes, est compensé par le fait que de toutes façons, Beckham ne sera jamais dans le besoin, grâce à des contrats publicitaires colossaux. Le geste est noble, mais sa portée est relative, à part bien sûr pour les enfants qui bénéficieront de sa générosité. Ça prouve surtout qu'il n'est sans doute pas là pour révolutionner le jeu parisien, s'imposer comme le patron de son milieu de terrain, et d'aligner les buts ou les passes décisives. A bientôt 38 ans, après cinq années passées en MLS, un championnat du niveau de la deuxième division française, à quelques exceptions près, et deux mois sans jouer, Beckham ne nous fera pas croire qu'il possède encore la forme qui lui permettait de compenser une vitesse moyenne par une combativité et une activité à toutes épreuves, à Manchester comme à Madrid.

Il s'agit bien sûr d'un coup marketing, un investissement à court terme pour récupérer un maximum de cash en vente de maillots pour un club parisien qui cherche à se mettre en adéquation avec le fair-play financier exigé par Michel Platini. Les Qataris ont également là trouvé un moyen idéal de se refaire une image après le scandale révélé cette semaine par France Football à propos de l'achat présumé du Mondial 2022, scandale dans lequel le nom du président de l'UEFA a d'ailleurs été prononcé. Amélioration d'image, mais aussi diversion médiatique...

Le problème, c'est que ça se voit beaucoup. Jusque là, le PSG avait recruté certes du clinquant, mais aussi du sportif, solide et efficace. Si les recrutements de Lugano et Sissoko n'ont pas porté leurs fruits, on ne pouvait décemment pas les considérer comme étant uniquement des têtes de gondole. Ils n'étaient pas assez connus pour cela, et possédaient encore un crédit sportif important, notamment l'Uruguayen, capitaine de la sélection uruguayenne et leader de vestiaire hors-norme. Pour Maxwell et Ibrahimovic, tout justes trentenaires, il s'agissait également de joueurs majeurs, en pleine force de l'âge et provenant de clubs prestigieux. Quant à Van der Wiel, Sirigu, Lavezzi ou Verratti, il s'agissait là de véritables investissement sur la durée, susceptibles de rapporter de l'argent en cas de revente. Non, j'ai beau chercher, c'est bien la première fois que les nouveaux propriétaires parisiens se font prendre la main dans le sac du clinquant dénué de logique sportive. La vérité c'est que sur le terrain, même s'il ne possédait pas de tireur de coup-francs de cette qualité, le PSG n'avait pas besoin de Beckham. Pas à cet âge - le plus élevé de Ligue 1 - en tous cas.

Voilà, je vous laisse, à plus tard !

mercredi 1 février 2012

Le jour le plus long

Salut !

Voilà, ça y est, on en parle plus, c'est réglé : le mercato est terminé. Plus le droit de recruter, même des chômeurs, qui en ont malheureusement pour cinq mois supplémentaires de galère. L'équipe de l'UNFP aura une nouvelle fois une grosse allure l'été prochain, au moment de jouer des matches amicaux, puisqu'elle pourra encore s'appuyer sur environ 20 % de la profession...

Pour le reste, contrairement à l'adage bien connu, on ne s'est pas ennuyé durant ce mercato hivernal. J'ai compté 44 mouvements rien qu'en Ligue 1, soit un et demi par jour, et plus de deux par clubs. Soit à peu près le même rythme que le mercato estival... qui dure quatre mois, d'où l'impression que ça bouge plus.

Je ne voudrais pas faire doublon avec le post que j'ai déjà laissé sur le sujet du mercato hivernal qui, s'il ne me paraît indispensable, n'est pas dénué d'intérêt. En tous cas, il n'est pas aussi insipide qu'on veut bien le faire croire, même si on peut considérer qu'il fausse la suite de la compétition, et que le départ de Nolan Roux à Lille, par exemple, a modifié en plein le déroulement de la dernière journée de championnat, entre des Brestois démunis en attaque et des Lillois redevenus miraculeusement efficaces...

Le dernier jour du mercato est toujours fascinant, en tous cas instructif : après un mois de tractations, de dénis, d'annonces, de certitudes battues en brèches, de la prudence revendiquée à l'ambition déçue, on a l'impression que les clubs cèdent soudain à la panique, à l'urgence de la situation, après avoir longtemps attendu. Malgré tout, avec six arrivées hier, ils ont été plus sages que l'an passés (neuf, dont trois à Saint-Etienne et deux à Monaco, pour des échecs retentissants, hormis Aubameyang).

Par clubs, on constate qu'hier, alors qu'il semblait déjà bien fourni en attaque avec Ilan, qui n'avait pas démérité en première partie de saison (4 buts), et Eduardo, et un système à une pointe, le promu ajaccien a rajouté une nouvelle arme à son attaque, l'ancien Monégasque et Stéphanois David Gigliotti. Choix étonnant pour le moins que de récupérer un joueur en échec sportif total depuis plus de quatre années, et son départ de Troyes à l'ASSE, après une saison honnête en Ligue 1 (9 buts, à 21 ans). Depuis, Gigliotti a marqué 13 fois, dont 7 en 41 matches de Ligue 2, et aucune en... 4 matches avec Arles-Avignon, avant-dernier à l'étage d'en-dessous. La définition même du pari improbable, mais qu'attendait-on de l'arrivée d'Eduardo avant qu'il ne claque deux fois en deux matches de championnat ?

A Auxerre, après l'arrivée de Kapo, qui ressemble également beaucoup à une solution par défaut (26 matches joués en deux ans et demi, deux buts), et dans l'ambiance charmante que les "anciens", Bourgoin, Hamel et Roux, ont su instaurer dans un club qui restait pourtant sur une participation miraculeuse à la Ligue des Champions, on a recruté en catastrophe le Rennais Mandjeck, sans doute pour compenser l'absence à long terme de Coulibaly, même si le Camerounais est plutôt un milieu défensif, à la base. Mais ce genre de transferts hasardeux est assez courant à cette époque de l'année... Que penser en effet de l'arrivée d'Issam Jemaa à Brest ? L'attaquant tunisien, fin technicien, est pourtant un des pires attaquants de Ligue 1 devant le but de ces cinq dernières années (20 buts en 116 matches, dont 58 titularisations, un but toutes les 279 minutes...), mais les entraîneurs de Ligue 1 persiste à vouloir s'appuyer sur ses services... il est vrai que son bilan en sélection est d'une toute autre teneur : 26 buts en 60 matches ! Qui sait, à l'image de Dennis Oliech, lui aussi convaincant avec le Kenya, il finira peut-être par se révéler un jour ou l'autre... en même temps, Nolan Roux ne marquait pas beaucoup plus en Bretagne...

A Lorient, l'arrivée de Wesley Lautoa (Sedan) est dans la droite ligne des habituels paris de Christian Gourcuff en matière de joueurs de Ligue 2, voire de plus bas, même si, cette année, sur 14 arrivées au total (!), seulement quatre joueurs sont concernés (Chaigneau, du Poiré sur Vie, Douniama, de Guingamp, Touré du PSG B, et Lautoa), contre six de l'étranger. Ce qui explique peut-être le fait qu'on ne reconnaît pas vraiment l'habituel jeu des Merlus, qui ressemble plus aujourd'hui à un conglomérat d'individualités peu complémentaires. Toujours est-il que le profil du nouveau venu est un énième exemple de la qualité du foot amateur en France : né et formé à Epernay, en CFA, il a ensuite passé deux ans à Compiègne, au même niveau (2008-2010) avant de s'imposer à Sedan, en Ligue 2, sans transition aucune. Il fait donc encore mieux que Ribéry ou Valbuena, qui eux avaient tout de même fréquenté des centres de formation avant de se relancer en National. Dans ce domaine, il épouse plutôt la trajectoire (ainsi que le profil, voire le physique) d'Adil Rami, qui était jardinier à Fréjus tout en jouant dans l'équipe locale avant d'arriver à Lille... Corgnet (Dijon) et Faubert sont dans le même cas.

La star de ce 31 janvier, c'est évidemment Thiago Motta, qui a quitté l'Inter Milan pour le PSG, le club parisien poussant le snobisme à repousser de 24 heures la présentation à la presse de sa nouvelle tête de gondole histoire de ne pas être noyé dans les autres transferts... cette fois, contrairement à Maxwell et Alex, qui l'ont précédé durant ce mois de janvier, il ne s'agit pas vraiment d'un remplaçant en quête de temps de jeu. Après n'avoir pas réussi à s'imposer à Barcelone et à l'Athlético Madrid, le Brésilien deviendra Italien (et même international azzuro, ce qui en fait deux à Paris, avec Sirigu) en passant une saison au Genoa, puis deux et demi à l'Inter Milan, où il était pleinement titulaire. Pour preuve, son prix (10 millions d'euros), assez élevé pour un milieu défensif, même s'il est comparable à celui de Matuidi (8 millions), jeune international français... Reste que si le PSG a renforcé son axe défensif, il n'a pas trouvé sa fameuse pointure en attaque. Il va donc devoir faire avec ces deux avant-centres internationaux, dont le deuxième meilleur buteur du championnat, Gameiro, sans parler de Nene (9 buts aussi) et Ménez (6 passes décisives)... Dure, dure, la vie de grand club hein !

Enfin, dernière arrivée tardive en France, celle de Jonathan Brison (Nancy) à Saint-Étienne. Le cas typique du bon joueur de Ligue 1, formé dans un club pour lequel il a disputé 276 matches en 10 ans, un bon petit gaucher polyvalent qui ne devrait pas faire de mal aux Verts, qui galèrent depuis le départ de Dabo pour trouver un bon latéral gauche, même si Ghoulam est un élément d'avenir. Qui ne devrait donc pas faire de vieux os dans le Forez... c'était aussi une façon d'assurer le coup pour la saison prochaine.

En revanche, personne n'est arrivé à Lyon et Marseille, ce qui n'a pas du arriver depuis des lustres... alors de deux choses l'une : soit c'est reculer pour mieux sauter, soit c'est la fin d'une époque. On en saura plus dans quelques mois, à la jointure des deux saisons.

Du coup, les 20 équipes sont dans leurs configurations finales, elles ne changeront plus jusqu'en mai. Un nouveau championnat commence... mais pas sûr que ce dernier jour ait véritablement bouleversé les forces en présence.

A plus tard !

samedi 21 janvier 2012

Deux tiers de Mercato

Salut à tous,

Cette année, et contrairement aux exercices précédents, on ne pourra pas dire que le mercato d'hiver ne sert à rien, qu'il ne s'y passe rien, à part le 31 janvier entre 23h45 et minuit, que c'est surtout fait pour raccommoder des effectifs qui n'auraient pas été bien évalués par des entraîneurs distraits, ou, dans le cas du PSG par exemple, par le précédent. Non, cette année, le mercato a une certaine tenue, et il reste encore 10 jours avant sa fin, de quoi bien s'amuser, du moins si les enveloppes de recrutement des clubs déjà actifs n'ont pas été définitivement vidées de leurs contenus.


En même temps, même les années précédentes il y avait déjà beaucoup de mouvement, peut-être pas forcément en France, mais sur toute la planète, et notamment en Europe, ça circulait bon train. Et ce n'étaient pas seulement des sous-fifres qui changeaient d'atmosphères : par exemple, l'hiver dernier, Chelsea recrutait David Luiz (Benfica) et Fernando Torres (Liverpool), certes pour des résultats divers mais surtout pour 82 millions d'Euros à eux deux. On est loin du prêt d'un jeune à casque avec option d'achat au Havre.


En France, comme principales têtes d'affiche changeant d'écuries, on avait eu droit au Brésilien André à Bordeaux, pour un résultat proche de l'accident industriel ; des prêts de Bellion (Bordeaux) à Nice, Sunu (Arsenal) à Lorient, Alonso et Aubameyang (Monaco) à Sainté ; aux arrivées de Boukari (Lens) à Rennes pour 4 millions, Utaka (Portsmouth) à Montpellier, de Feindouno, Moukandjo, Maazou, Welcome, M.Diarra et G.Lacombe à Monaco, pour le résultat probant que l'on sait, et de Verhoek (Den Bosch) à Rennes, et du départ de Makoun (Lyon) à Aston Villa pour 6 millions, de Bergessio et N'Daw (Sainté) à Catane et à Saragosse, de Sverkos (Sochaux) à Panionios et de Sessegnon (PSG) à Sunderland pour 7 millions. Et oui, c'était y a seulement un an, on a l'impression que c'était un peu plus vieux que ça... Bilan de tout cela ? 80 % d'échecs, environ. Seules les opérations Aubameyang, Boukari et Utaka, côté arrivées, peuvent être considérées comme à peu près probantes. C'est maigre, c'est tout sauf clinquant, mais ça prouve que ça avait quand même un peu bougé, sachant que j'en ai laissé quand même plein de côté...

Cette année, rien qu'en France encore une fois, et sans l'impulsion du PSG, qui semble se désintéresser, à tort ou à raison, au marché national, mais non sans celle de Lille, on a déjà eu de quoi se mettre sous la dent. Le Champion de France qui va se voir délesté de son buteur attitré, Moussa Sow, qui devrait vite signer pour Fenerbahce et son challenge sportif ébouriffant. Que Mamadou Niang et ses 30 ans aient été tentés par les charmes du Bosphore, soit, à la rigueur. Mais que Sow, 26 ans et à peine sacré meilleur buteur de Ligue 1, n'ai pas été capable de se dégoter ne serait-ce qu'un bon petit club anglais pour progresser, et s'en aille en Turquie défier Orduspor et Mersin Idman Yurdu, va falloir me faire un mémo parce que j'ai échappé un truc.


Bref, toujours est-il que voilà nos Dogues un peu plus riches que prévu à cette époque de l'année, et qui du coup s'en vont récupérer un des solides espoirs du football français au poste d'avant-centre, à savoir Nolan Roux (Brest). Personnellement, j'ai toujours un petit problème avec cette lubie qu'on les observateurs français de surclasser des attaquants et peu élégants et qui marquent des buts spectaculaires, plutôt qu'à l'aune de leur rendement devant le but. On ne voit ça qu'en France, à l'étranger on a souvent l'étrange habitude de considérer qu'un attaquant est "bon" quand il marque beaucoup, point barre. Non parce que Nolan Roux, en Ligue 1, c'est 10 buts en 46 matches. C'est pas médiocre, il est jeune, mais on a vu mieux, même en Ligue 1. Si si, je vous assure qu'on a vu mieux. Alors, peut-être va-t-il exploser au sein d'un collectif mieux huilé et plus offensif que celui de Brest, mais je reste perplexe quand même. Après tout, les médias officiels ont bien essayé de nous faire croire que Marouane Chamakh était un grand buteur (alors que son record sur une saison est de 13 buts, sachant qu'il jouait en général beaucoup plus que ses collègues), alors pourquoi pas Roux ? En même temps, je ne m'étais pas trompé sur Chamakh...


Notons également le recrutement lillois du jeune Costaricien John Jairo Ruiz, qui vient compléter une collection d'avant-centres (Jelen, De Melo, Roux, Ruiz, Gianni, Rodelin...) assez étonnante pour une équipe n'évoluant jamais avec plus d'une seule pointe... Mais les deux premiers sont des abonnés de la rubrique infirmerie, et les autres sont des jeunes.

Ajaccio semble également avoir eu la main lourde en recrutant Eduardo (Lens), qui est pourtant loin d'être une pointure. Mais son but d'entrée contre Auxerre (2-1), dans une équipe actuellement en pleine confiance, a dors et déjà apporté des points précieux au promu, qui pourrait en glaner d'autres. Le transfert de Ludovic Obraniak à Bordeaux ne peut pas non plus être considéré comme étant anecdotique. Titulaire bis à Lille, où ses coups de pied arrêtés faisaient souvent mal, il va sans nul doute apporter beaucoup techniquement aux Girondins qui en avaient terriblement besoin. Par contre, j'ai toujours autant de mal avec les ailiers contrariés, qui ralentissent le jeu en se replaçant constamment sur leur pied préféré, au lieu de déborder et percuter. Et comme il n'a pas vraiment la vitesse de Messi pour repiquer dans l'axe et dribbler tout le monde... Le seul intérêt, c'est pour frapper de cet angle, et ça il sait le faire.

Bordeaux qui a également recruté un latéral droit brésilien, Mariano, déjà auteur d'une passe décisive pour son premier match, contre Valenciennes (2-1). Avec Eduardo, voilà déjà deux Brésiliens à l'heure en plein hiver, ça c'est pas banal... espérons pour Francis Gillot, mon Droopy préféré, qu'il ne s'agisse pas d'un énième André... le club aquitain qui s'est également "débarrassé" d'Anthony Modeste, qui n'avait pourtant pas démérité durant sa première saison (10 buts), et qui tournait encore cette saison à un but toutes les 158 minutes, une moyenne de meilleur buteur. Mais bon, les gens doivent le trouver moins joli à regarder que Nolan Roux. Pas grave, il va avoir de quoi faire à Blackburn.

Étonnamment, le club le plus actif de ce mercato pourrait bien être Dijon, qui n'est pourtant ni en crise, ni pillé ni racheté par une famille du Golfe. Auteur d'un très bon début de saison, compte tenu de ses moyens et de l'extrême pessimisme général à propos de son maintien en début de saison, le promu et son entraîneur, Patrice Carteron, semblent manifestement éprouver le besoin urgent d'améliorer leur effectif. Ce dernier semblant certes un peu juste en défense, où la charnière, malgré l'apport d'Abdoulaye Meïté, n'a pas particulièrement brillé, notamment en l'absence de ce dernier, les arrivées du défenseur central Zia Diabaté (Dinamo Bucarest), du gardien international ivoirien (malgré son nom ghanéen) Daniel Yeboah (ASEC Abdijan) pourraient - peut-être - lui apporter, mais pas autant que celle du (vrai) Ghanéen Bennard Kumordzi, milieu défensif venu de Panionios. Celui-là, je met une petite pièce dessus, c'est un tout bon. Et devant, Koro Koné, venu de Slovaquie, Hakeem Achour (Ivry) et surtout Gaël Kakuta sont arrivés. A chaque fois, une perle au milieu d'interrogations, espérons que ça ne déstabilisera pas un effectif qui avait l'air de pas trop mal s'en sortir...

A noter également le recrutement de Kahlenberg à Evian, où les nouveaux sont rarement banals, on l'aura remarqué, et des prêts, cette fois prévisibles, de Puygrenier, Bayal et Mollo à Nancy. Des paris, pour une équipe qui avait vraiment un gros problème d'effectif, vu qu'il était complètement pourri. Aleksic (Sainté), Doubaï et Banana (Sochaux), Camara et Djuric (Valenciennes), et bien sûr Anin, qui est bel est bien arrivé à Nice, seront parmi les curiosités de cette deuxième partie de saison, mais peut-être pas autant que Maxwell (PSG), qui a plutôt bien débuté contre Toulouse en championnat (3-1). Les fois où le Barça vend un joueur à un club français, même un remplaçant, sont assez rares pour être soulignées. Mais même ce dernier ne sera pas autant scruté que la grande star que les Qataris souhaitent faire venir à Paris cet hiver. Si elle vient... Pour l'instant, je suis très mesuré.

Savourons ces derniers jours et ne goûtons pas notre plaisir, même si l'argument comme quoi le mercato fausserait le championnat est des plus recevables. Même si, au final, je n'ai pas souvenir de recrutement qui ai réellement permit à une équipe de gagner le titre par exemple. Si vous me parlez de Brandao, vous allez m'entendre.

Allez, à plus tard !