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jeudi 14 avril 2016

Le Barça et Paris au purgatoire

Salut à tous !

C'est un blogueur à la fois navré par la performance et l'élimination du PSG et pas peu fier d'avoir eu tout bon à ses pronostiques sur ces quarts de finale qui entame ce post.

Des quarts très serrés
Alors certes, il ne fallait pas être grand clerc pour prédire les qualifications du Bayern, face à Benfica, et surtout du Real face à Wolfsburg, même si elles ont été beaucoup plus ardues que prévues. Mais celle de l'Atletico, elle n'était pas forcément évidente, surtout face au Barça. L'Histoire ne se répète pas toujours, mais là elle a bien bégayé, et à deux niveaux : les hommes incroyablement vaillants de Diego Simeone ont réédité leur performance d'il y a deux ans, lorsqu'ils avaient déjà sorti le Barça au même stade de la compétition, et à peu près de la même manière (1-1, 1-0) ; et la malédiction du tenant du titre en C1 a encore frappé, comme c'est le cas depuis le doublé des Milanais d'Arigo Sacchi, en 1989. A cette époque, avant l'arrêt Bosman, les grands joueurs étaient beaucoup mieux répartis et, paradoxalement, il y avait souvent un club dominant, souvent dirigés par des entraîneurs de haut niveau, comme Sacchi ou, avant lui, Trappatoni avec la Juve, qui avaient beaucoup plus d'impact sur la performance de leur équipe, puisque les équipes étaient moins fortes. Il y avait aussi une densité moins importante de très gros clubs en C1 puisqu'il n'y avait qu'un représentant par pays, et non 4 Anglais, 4 Espagnols, 4 Allemands, 3 Italiens... il n'était pas rare de retrouver des clubs néerlandais, belges ou provenant de l'est de l'Europe dans les derniers tours. Du coup, conserver son titre était beaucoup moins ardu.

Désormais, les meilleurs clubs du monde sont tous extrêmement proches les uns des autres, se sont plus des sélections mondiales des plus grands joueurs actuels que des clubs à l'ancienne, et les matches se jouent donc sur des détails infimes, ce qui augmente très nettement la part de la réussite dans les résultats finaux. Le Barça est indiscutablement la meilleure équipe du monde, mais sur deux matches, face à des Matelassiers survoltés, il a sauté. Pour un but, un oubli sur Torres à l'aller. Un détail. Les quarts de finale d'avant l'arrêt Bosman étaient beaucoup moins équilibrés, aucun des quatre qualifiés n'a gagné ses deux matches, aucun ne semble au dessus du lot. Le Real passe sur un mur mal placé de Wolfsburg sur le coup-franc de Ronaldo. Paris a payé la blessure de Verratti dans les grandes largeurs. Des détails.

La Verratti dépendance
Oui, selon moi ça a tenu à ça, cette élimination qui fait hurler les médias comme si un enfant avait disparu. La blessure de Verratti, comme je l'avais dis lors de mon dernier post, a considérablement handicapé le PSG au Parc des Princes, puisqu'il devait faire le jeu et qu'il ne le fait jamais aussi bien qu'avec son génie italien. Sans lui, il perd 40 % de son pouvoir créatif, notamment dans l'avant-dernière passe, et Motta, son architecte tactique des dernières saisons, se retrouve livré à lui-même et à sa baisse physique du à son âge. Et il devait aussi faire le jeu au retour puisqu'il était éliminé au coup d'envoi, ce qui n'aurait pas été le cas s'il l'avait emporté à l'aller, comme contre Chelsea. Et comme Blanc, en recrutant Stambouli pour faire le nombre, s'est planté dans son plan B, il a été contraint d'improviser après la suspension de Matuidi. Trop affaibli au milieu, lui qui n'a jamais brillé par son génie tactique, notamment en cours de match, il nous a pondu un compo cataclysmique avec cette désormais fameuse défense à 5, qui a laissé l'initiative au milieu à City, et qui a encore plus isolé les deux attaquants. Un dispositif totalement inédit en quart de finale de C1, face à un adversaire malgré tout redoutable ? Une erreur de débutant, tout simplement, une erreur de jugement majeure, due à la panique. Le PSG jouait sa saison sur ce match, on le voit bien aux réactions délirantes des médias, malgré tous les records battus en championnat, Blanc le savait, et il a craqué sous la pression. Comme il l'avait fait à l'Euro 2012, lorsqu'il s'était s'agit d'affronter la grande Espagne en quart de finale, là aussi, et qu'il avait aligné Mathieu Debuchy au poste de milieu droit, devant Anthony Réveillère, pour contrer notamment les montées de Jordi Alba. Peine perdue, le futur latéral barcelonais avait offert le premier but à Xabi Alonso, auteur d'un doublé, suite à un débordement d'école dans son couloir, et la France, démunie offensivement, n'avait pas existé (0-2). On reproche souvent à Blanc de ne jamais rien tenter tactiquement, de trop tarder dans ses changements, mais c'est peut-être mieux ainsi : quand il improvise, c'est encore pire. Et je ne parle pas de la non titularisation de Lucas au profit d'un Cavani une nouvelle fois hors-sujet, alors que le Brésilien avait été si convaincant contre Chelsea... Là encore, incompréhensible.

Alors oui il y a une Verratti dépendance, mais n'y a-t-il pas une Messi dépendance au barça ? Et Ronaldo au Real ? Et Griezmann à l'Atletico ? Enlevez son meilleur joueur à chaque équipe, et vous verrez la différence.

Paris trop diminué
Analyser cette élimination n'est donc pas une tâche facile parce que si City a eu des absences, avec Sterling et Kompany, Paris, notamment au match retour, n'a pas pu jouer avec ce qui a constitué son point fort pendant quatre ans, à savoir son milieu de terrain. Je serais le premier à hurler avec les loups si le PSG avait été éliminé avec sur le terrain son trio majeur, Verratti-Motta-Matuidi. En deuxième mi-temps, il évoluait avec Rabiot, Marquinhos et Di Maria au milieu... pas de mauvais joueurs, évidemment, mais qui n'avaient jamais joué ensemble dans ce secteur. Comment peut-on donc affirmer que le PSG a disputé sa qualification en pleine possession de ses moyens ? L'an passé déjà, il avait déjà du affronter le Barça au Camp Nou avec Rabiot et Cabaye au milieu... le club parisien avait pourtant tout fait cette année pour être débarrassé du championnat et arriver aux quarts de finale frais et dispo, et surtout au complet. Sans succès. Pastore aurait pu également aider s'il avait pu jouer plus régulièrement ces dernières semaines... difficile de ne pas affirmer que les attaquants parisiens, ainsi que Di Maria, n'auraient pas profité d'un milieu d'une meilleure qualité pour plus briller.

Reste ces quatre quarts de finale d'affilée, performance inégalée par un club français, et qui place le PSG à la 6e place européenne sur la décennie actuelle au nombre de points pris, devant Arsenal, l'Atletico, la Juve... et loin devant City. Les perfs sur une saison après une série d'échecs c'est bien, la régularité sur quatre ans, c'est pas mal non plus, je crois.

L'Atletico favori ?
Quant à City, face à une adversité aussi faible, il n'a pas eu à forcer son talent, en marquant sur son seul tir cadré au retour. Dominé dans la possession et les occasions sur les deux matches, uniquement porté par un De Bruyne qui va peut-être enfin être reconnu à sa juste valeur, le club mancunien arrive presque par hasard en demi-finales. Ça ressemble fortement à la chance d'un futur vainqueur, un peu comme Chelsea il y a 4 ans. Malgré tout, s'il y a un club qui m'a impressionné lors de ces quarts, c'est l'Atletico. Le futur vainqueur se dévoile souvent en quarts de finale, je mettrais donc bien une pièce sur les partenaires d'Antoine Griezmann, enfin brillant face au Barça. Surtout face à ce City là, un Bayern aussi faible derrière et un Real aussi inconstant, capable de perdre à Wolfsburg après avoir gagné le Clasico...

Pour le tirage, on peut rêver d'une chose qui entraînera une autre : City rencontrerait le Bayern (ce qui obligerait Guardiola à éliminer son futur club...) et donc l'Atletico, le Real, pour un derby madrilène brûlant. Une chance sur trois, c'est pas mal.

Les Français toujours moyens
Pour finir, et comme souvent à cette période de l'année malheureusement, je vais revenir sur le bilan des clubs français en Coupe d'Europe cette saison. Pour la première fois depuis 2013, le bilan est légèrement positif (18 victoires, 17 défaites en 51 matches). Pas de quoi faire des bonds de cabri, mais c'est tout de même mieux que l'an dernier (14 v., 16 d. en 44 m.) et surtout qu'en 2014 (14 v., 21 d. en 40 m.). Reste que sur la décennie actuelle, le bilan est toujours mauvais (99 v., 105 d. en 277 m.). Cette saison, trois clubs sur six terminent avec un bilan positif (je ne compte pas les tours préliminaires avant barrages de C1 et C3) : Paris (6 v., 2 n., 2 d.), et les deux qualifiés pour les 16es en C3, Saint-Étienne (4 v., 4 n., 2 d.) et Marseille (4 v., 1 n., 3 d.). Monaco (2 v., 3 n., 3 d.) et surtout Lyon (1 v., 1 n., 4 d.) et Bordeaux (1 v., 4 n., 3 d.) plombent largement le bilan. Sur la décennie, à la victoire à 2 points of course, c'est le PSG qui est en tête à la moyenne de points (1,33). La nouveauté, c'est que pour la première fois de l'Histoire, le club parisien passe en tête au bilan général depuis le début des Coupes d'Europe, avec 240 points pris en 189 matches, devant Lyon (239 pts en 205 m.), Bordeaux (217/184), Marseille (208/190) et Monaco (178/163). Pas mal pour un club créé en 1970 et qui n'a commencé à fréquenter l'Europe qu'en 1982... à la moyenne de points, il n'est devancé que par Reims (1,29 contre 1,27), devant... Bastia (1,23), Bordeaux (1,18) et Strasbourg (1,17). Lyon suit avec 1,16, Marseille et Monaco sont 10e et 11e avec 1,09.

Chez les pays adverses, à noter la performance des Italiens sur les années 2010 : en 20 matches contre des clubs français, ils en ont gagné 14 et perdu seulement 1 ! Les Anglais, en 8 matches cette saison, ne se sont pas baladés contre nos clubs (3 victoires, 2 défaites), et les Espagnols non plus d'ailleurs (4 v., 2 n., 2 d.) même si au final ils l'emportent. Le plus inquiétant restent nos "performances" contre les Belges (2 n., 2 d.) et les Suisses (1 v., 1 n., 2 d.)... mais aussi les Russes (2 n., 2 d.) et les Portugais (1 v., 1 d.), nos adversaires directs au classement UEFA. Dommage là aussi que Paris ne soit pas allé plus loin, la précieuse 5e place s'éloigne encore une fois. Mais les points UEFA ne devraient pas reposer sur leurs uniques épaules, normalement... la force des Portugais, c'est de pouvoir compter sur trois, voire quatre clubs compétitifs sur le plan européen. La Ligue 1 est loin d'être dans ce cas.

A plus tard !

mardi 5 avril 2016

Quatre quarts

Salut à tous !

Nous y voici enfin, dans les derniers tours de Ligue des Champions. Après sept longs mois de compétition, de matches de poule parfois obscurs (vous vous souvenez du Astana-Galatasaray du 30 septembre dernier vous ? Moi non plus. Et après ça rigole sur la Ligue Europa...), plus des huitièmes plutôt déséquilibrés dans leur ensemble, et qui ont montré que la fracture entre les tous meilleurs clubs d'Europe et leurs poursuivants immédiats n'était pas près de se réduire, nous voici enfin dans les tours où sont réellement sensés s'affronter les meilleurs. Objectivement, hormis l'habituelle surprise, qui se nomme cette saison Wolfsburg, assez habile pour se faufiler dans un groupe homogène (PSV, Man U et CSKA) puis pour écarter en huitièmes un encore plus petit que lui, et de loin (la Gantoise), qui n'a pas sa place dans ce top huit européen ? Et surtout, qui manque-t-il à l'appel ? Arsenal, qui a eu la malchance de tomber sur le Barça en huitièmes, peut-être, ou la Juve, finaliste de la dernière édition écarté de justesse (2-2, 2-4 a.p.) par un Bayern chanceux au tour précédent. Surtout, le tirage très homogène de ces quarts de finale nous prive certes d'affiches véritablement tapageuses, hormis le duel des meilleurs ennemis du Real entre le Barça et l'Atletico, mais nous garantie presque à coup sûr des demi-finales de folie qui devraient opposer les trois présumés meilleurs clubs du monde, le Barça, le Real et le Bayern, au vainqueur de l'affiche entre les deux nouveaux riches du football européen, PSG-City. Sauf surprise, bien entendu, et elles ne sont pas rares à ce niveau de la compétition. Et si on se lançait dans quelques pronostiques ?

Commençons par les matches de ce soir...

FC Barcelone-Atletico Madrid
Pour le coup, l'examen du bilan entre les deux formations espagnoles n'est pas très intéressant, puisqu'il est gigantesque, et noyé dans l'Histoire. Les deux clubs s'affrontent quasiment sans discontinuer depuis mars 1929, et évidemment le Barça domine les débats, mais pas tant que ça : certes il s'est le plus imposé, mais s'est aussi beaucoup incliné (88

victoires, 61 défaites) et l'Atletico est devant sur sa pelouse (44 succès, 32 défaites). Malgré tout, les Catalans restent sur six victoires d'affilée et n'ont plus perdu contre les Matelassiers depuis 7 matches et... les quarts de finale de la C1 2014, marquée par une élimination des hommes de Tata Martino sur un but de Koke, après un nul (1-1) au Camp Nou à l'aller. Deux ans tout pile donc, qui pourraient donc donner à réfléchir au successeur du technicien argentin et actuel sélectionneur de l'Albiceleste. Surtout que, comme il y a deux ans, l'Atletico reçoit au retour. Le Barça reste sur trois victoires consécutives à Madrid mais attention tout de même...

Les hommes de Luis Enrique qui vont également devoir digérer un Clasico raté dans les grandes largeurs, alors que leur tendait les bras un succès presque aisé, à 11 contre 10, tandis que leur hôte de ce soir a récemment fait mordre la poussière aux hommes de Zidane (0-1), grâce à leur homme providentiel sur le plan offensif, Antoine Griezmann, 26 buts cette saison toutes compétitions confondues dont 24 avec son club, et 8 lors de ses 9 derniers matches. Seul bémol, il n'a plus marqué contre le Barça, qui le convoitait avant qu'il ne parte pour Madrid, depuis février 2014, et n'a marqué que 3 fois en 16 rencontres contre le géant catalan. Côté Barça, la MSN a semblé grippée ce week-end contre un Real survolté, mais totalise tout de même, toutes compétitions confondues, 107 buts, dont 43 pour Suarez et 37 pour Messi, sans parler de leurs 50 passes décisives... le meilleur trio offensif de l'Histoire, sans doute, mais qui ne peut exister complètement si le jeu du Barça est contré au milieu, on l'a vu ce week-end. Hors, le milieu de l'Atletico, constitué exclusivement de joueurs axiaux la plupart du temps (A.Fernandez, Gabi, Koke, Saul Niguez) est quasiment impassable cette saison. Aucun club n'a remporté la C1 deux fois de suite depuis le Milan AC, en 1989, soit avant la création de la Ligue des Champions. Et si cela se vérifiait encore cette semaine ? Mon avis : l'Atletico passe à 55 %.

Bayern Munich-Benfica Lisbonne

Sur le plan pur de l'Histoire du football, cette affiche fait rêver. Cinq Ligues des Champions, dont deux durant le présent siècle (2001, 2013), font face à deux trophées, qui ont malgré tout accumulé une épaisse couche de poussière (1961, 1962). Mais les Allemands totalisent 433 matches européens, dont 307 en C1, contre 392 et 226 pour les Portugais. Malgré cet impressionnant choc de pedigrees, le Bayern est largement favori de cette opposition. Même ses graves problèmes défensifs, dus à une avalanche de blessures en charnière centrale (Boateng, Badstuber, Benatia...) et qui ont bien failli lui couter la qualification contre la Juventus au tour précédent, pourraient bien ne pas peser dans la balance. Les bricolages de Guardiola dans l'axe (Kimmich, Alaba, Martinez...) devraient suffire face à une attaque lisboète certes en verve, Jonas comptant 32 buts cette saison toutes compétitions confondues, et son compère grec Mitroglou, 20. Mais ces deux derniers n'ont planté que deux buts chacun dans la compétition, contre le Galatasaray puis le Zenit pour le premier, contre Astana puis l'Atletico, tout de même, pour le second. Malgré leur forme actuelle (8 succès d'affilée toutes compétitions confondues, 52 buts inscrits en 18 matches en 2016), les leaders du championnat portugais vont avoir du mal à concurrencer un Bayern certes moins flamboyant depuis quelques semaines mais qui n'a perdu que trois fois cette saison, dont une seule fois en 2016, et qui a déjà marqué 102 buts en 41 matches ... même si la défense du Benfica se montre solide cette saison (32 buts en 41 matches, 9 en 8 matches en C1).

Malgré leur longue carrière respective dans les compétitions européennes, il s'agit d'une affiche assez rare : il s'agira seulement du 7e match entre les deux clubs, le dernier datant de décembre 1995, en Coupe UEFA. Au final, le Bayern n'a jamais perdu contre Benfica (4 succès, 2 nuls, 16 buts pour, 4 contre). Difficile d'imaginer que la première victoire portugaise se produise cette année. Mon avis : le Bayern passe à 70 %.

Paris-SG-Manchester City

Le match le plus symbolique de notre époque, qui n'aurait pas pu arriver il y a 15-20 ans, entre deux clubs qui subissaient les brimades de clubs plus malins et souvent plus équipés qu'eux sur le plan local et n'existait plus sur le plan européen avant que de gros investisseurs venus du Golfe Persique, les Emirats d'abord à City, en 2008, puis le Qatar au PSG, trois ans plus tard, ne changent la donne. Depuis, le deuxième club de Manchester est devenu le premier, avec deux titres de champion, deux places de vice champion, une Cup et deux League Cups, ainsi que 5 participations consécutives en C1, tandis que le PSG vient de remporter avec deux mois d'avance son quatrième titre d'affilée, lui qui n'en comptait que deux jusque là, détient jusqu'à présent tous les trophées nationaux, et n'a raté aucun des quatre derniers quarts de finale de C1, ce qu'aucun club français n'avait jamais réussit à faire. Deux projets différents dans la mesure ou les Qataris, qui n'ont changé que deux fois d'entraîneur en presque cinq ans, jouent plus sur la stabilité quand l'effectif anglais est souvent bouleversé, mais des résultats relativement similaires, même si City ne figure que pour la première fois à ce stade de la compétition.

Les deux clubs ne se sont affrontés qu'une fois, juste après l'arrivée des Emiratis dans le nord de l'Angleterre, durant la phase de poule de la Ligue Europa, et les Parisiens, futurs quarts de finaliste de l'épreuve contre Kiev (0-0, 0-3), après avoir éliminé Wolfsburg puis Braga, avaient ramené un bon nul de Manchester (0-0). City était encore loin de posséder un onze terrifiant (Ben Haïm, Ireland, Sturridge, Elano, Jô...) mais le PSG non plus (Bourillon, Sakho, Makelele, Pancrate, Rothen, Luyindula, Kezman, Giuly...). Aujourd'hui, le PSG est présenté comme le favori par les médias, mais l'absence de Pastore et surtout Verratti, et la méforme tenace de Motta, ainsi que les résultats en dents de scie depuis l'officialisation du titre, brouillent la vision qu'on pourrait avoir de la forme parisienne actuelle. Verratti avait véritablement porté le PSG contre Chelsea au Parc des Princes, et il manquera demain soir, et très sûrement mardi prochain... Rabiot avait donné le change au retour, mais c'était moins un match ou le PSG devait posséder le ballon et trouver des espaces dans des blocs renforcés, là ou Verratti est un des tous meilleurs au monde désormais. Son absence ne pourra pas ne pas être préjudiciable, et le club parisien devra trouver d'autres solutions, même si le bloc défensif mancunien n'est pas réputé infranchissable (53 buts en 48 matches, 9 en 8 matches en C1).

Surtout en l'absence de leur gardien, Joe Hart, et leur défenseur et capitaine, Vincent Kompany. Mais Otamendi n'est pas un perdreau de l'année, et dans ce genre de matches sa grinta sera précieuse aux côtés de Mangala. Au milieu, Yaya Touré manquera mais là encore, Pellegrini a des solutions avec Navas qui est redoutable en contre par sa vitesse, un Silva qui se recentre et un De Bruyne sous-côté. Enfin, que dire d'Agüero ? David Luiz, en grande difficulté depuis deux semaines, va passer un nouveau vrai test face à un cador européen à son poste, après son échec de l'an passé face à Neymar et Suarez. Je continue à dire qu'il n'est pas un vrai défenseur, et que lorsque le niveau s'élève vraiment, il a de vrai lacunes dans le duel et sur le plan tactique. Espérons qu'il me donnera tort face au meilleur buteur mancunien (22 buts en 34 matches). Mon avis : j'arrive pas à me décider. Tirs aux buts ?

Wolfsburg-Real Madrid

Que dire de ce match digne de la phase de poule ? Que le Real Madrid a rarement la main froide quand il s'agit des tirages au sort, après la Roma au tour précédent. Comment imaginer que le Real se plante dans ce duel ? Une preuve du déséquilibre entre le huitième de Bundesliga et le 3e de Liga, récent vainqueur du Clasico : il s'agit de la première confrontation entre les deux formations. Wolfsburg qui ne gagne plus depuis trois rencontres et la qualification contre la Gantoise, dont une défaite terrible à Leverkusen ce week-end (3-0), une autre à Hoffenheim, probable futur relégué (1-0), et un nul à domicile contre Darmstadt (1-1), face à un Real qui reste sur six succès consécutifs et 48 buts marqués en 16 matches en 2016... un Real dont le duo Benzema-Ronaldo, qui a offert le Clasico aux socios madrilènes, a marqué 67 buts et distribué 15 passes décisives, dont 12 pour le Portugais, par ailleurs meilleur buteur de la compétition cette saison (13 buts en 8 matches), comme en 2015 (10 buts, comme Messi et Neymar), 2014 (17 buts !), 2013 (12) et 2008 (8) et meilleur buteur de l'Histoire de la C1 (91 buts en 127 matches)...

Wolfsburg, qui vit une saison compliquée sur le plan national, ne compte aucun joueur à plus de 9 buts toutes compétitions confondues, mais 4 à au moins 8 buts, Draxler et Schürrle (8) et Dost et Kruse (9), ce dernier se chargeant souvent de la dernière passe (9). Mais la formation de Dieter Hecking, en bonne équipe allemande, prend vite l'eau derrière (50 buts en 39 matches, 8 en 8 rencontres en C1) et ça pourrait faire mal face à la BBC. Si Wolfsburg devait ne pas perdre ses deux matches, ce serait une des grosses surprises de ce tour. Mon avis : le Real passe à 85 %.

Vous n'êtes pas d'accord ? Vous voulez me mettre la misère dans les commentaires ? Allez-y, faites vous plaisir, ils sont là pour ça ! On en reparle dans une semaine !

mercredi 17 décembre 2014

Chapeau Titi !

Salut à tous,

Cette fin d'année 2014 est l'occasion de rendre hommage à un des cinq meilleurs joueurs français de tous les temps, j'ai nommé Thierry Henry, qui vient de prendre sa retraite, à 37 ans.

J'y vais un peu fort ? On a eu quatre joueurs sacré Ballons d'Or, et sa régularité au classement de ce dernier, à une époque où il n'avait pas encore été racheté et faussé par la FIFA, et donc qu'il avait encore un peu de valeur (quatrième en 2000, 2004 et 2005, sixième en 2002, deuxième en 2003, troisième en 2006, neuf fois classé au final...) lui confère quasiment un Ballon d'Or d'honneur, comme pour un joueur comme Maldini. Toujours classé, jamais vainqueur : il a toujours fait partie des meilleurs, mais n'a jamais été le meilleur sur une saison. Ça s'appelle la régularité au plus haut niveau, et c'est le plus dur à glaner en sport, comme ailleurs. Ceux qui l'ont devancé se nomment Figo, Zidane, Ronaldo (le vrai), Shevchenko, Ronaldinho... Le gros regret, c'est 2003 : être seulement devancé par Nedved, largement en plus (190 points contre 128)... onze ans après, ça fait mal. 2006 aussi : si la France avait gagné sa séance de tirs aux buts en finale du Mondial, Cannavaro et Buffon l'auraient-ils devancé ? La gloire ne tient à rien.

Confirmer les espoirs

Difficile d'imaginer que le gamin hirsute qui allait briller dès ses débuts avec Monaco, il y a un peu plus de 20 ans (premier match - et titularisation -  fin aout 1994 contre Nice grâce à Arsène Wenger, premier but contre Lens fin avril 1995, 8 matches et 3 buts pour sa première saison pro...) allait confirmer les attentes mises en lui à un moment où la France cherchait de nouveaux talents pour se remettre du cauchemar bulgare, et alors que Papin et Cantona étaient sur le point de passer le relais. Combien de mômes ultra talentueux ne se sont jamais remis de débuts en fanfare, de la surmédiatisation qui s'en est à chaque fois suivi, et qui n'ont jamais confirmé, gâchant des talents trop précoces ? Je pourrais vous en citer des dizaines. Lui n'a pas eu non plus en chemin linéaire. Mais ses rares échecs ont été vite oubliés et compensés par des retours encore plus impressionnants.

Lorsqu'il quitte Monaco six mois après la conquête du Mondial 98 pour la Juve, il semble monter dans une fusée qui doit l'emmener au sommet. Son seul échec en club (3 buts en 16 matches de Série A), où ses entraîneurs se nomment pourtant Marcello Lippi puis Carlo Ancelotti, qui le remplace en février, excusez du peu, qui l'oblige à répondre à l'appel de son mentor, Arsène Wenger, qui l'attire à Arsenal. Vous connaissez la suite.

Une pluie de records

En huit années à Londres, il devient le meilleur buteur de l'histoire du club (228 buts, soit 28,5 par saison...), quatre fois meilleur buteur du championnat, troisième meilleur buteur de Premier League depuis 1992... Collectivement, il ne remporte "que" deux titres (2002 et 2004), deux Community Shields, trois FA Cups et dispute la finale de la Ligue des Champions en 2006. Tournoi qu'il remportera trois ans plus tard avec Barcelone, contre Manchester United (2-0), et dont il est le meilleur buteur français de l'Histoire (51 buts).

Enfin à New York, il va s'éclater, moins marquer (35 buts en trois saisons quand même) mais toujours beaucoup passer (26 passes), lui qui n'aura jamais su se défaire de ses oripeaux d'ailier qui ont marqué son début de carrière. D'ailleurs, dans mon esprit, il a toujours plus été un "ailier fort", comme on les appelle au Basket, qu'un véritable avant-centre. Même recentré, il a toujours préféré, comme Zidane, évoluer légèrement à gauche, d'où il pouvait rentrer et armer ses fameuses frappes enroulées. Son jeu de tête était médiocre, et il ne marquait presque jamais des buts de renard dans la surface. C'était sa qualité, mais aussi son défaut : il n'avait pas le flair d'un renard des surfaces, comme souvent les joueurs de côté.

Il est également, vous le savez, le meilleur buteur des Bleus (51 buts), lui qui a été cinq fois leur meilleur scoreur annuel (2002, 2003 et de 2006 à 2008). Avec 123 sélections, seul Lilian Thuram (142) compte plus de capes que lui, et il a remporté un Euro et un Mondial, palmarès très rare en France. Bref, il figurerait certainement dans l'équipe type historique des Bleus, tout comme dans celle des années 2000 au niveau mondial.

Un cadre, pas un leader

Évidemment, les gens lui reprochaient ce qu'ils pouvaient lui reprocher, à savoir pas grand chose. Son manque de sourire après ses buts, la belle affaire, son boulard, maladie pourtant très répandue chez les sportifs (ou les artistes...) de haut niveau, et sa main contre l'Irlande en 2009, en barrages pour la Coupe du Monde 2010. Un geste qui avait permis aux Bleus d'aller en Afrique du Sud, ce qui était finalement tout sauf un cadeau. Bref un mauvais geste réflexe, qui aura presque plus marqué sa carrière, du moins en France, que tous les beaux gestes proférés en 917 matches officiels (411 buts)... Il pourra rétorquer, avec raison, qu'il a fait ça pour la France... pour son but de la main au Mexique, en 1986 contre l'Angleterre, quart de finale du Mondial s'il vous plait, Maradona est adulé en Argentine.

Et il y a eu ce Mondial 2010. A 32 ans, il a terminé la saison sur la gente avec Barcelone, qu'il va quitter pour Ney York avant même la fin de la compétition. Domenech ne veut pas l'emmener en Afrique du Sud, il insiste en lui disant qu'il s’assoirait volontiers sur le banc. Qui peut refuser un tel joker offensif ? Il n'entra en jeu que deux fois sur trois, n'influant en rien sur les matches contre l'Uruguay (0-0) et l'Afrique du Sud (1-2). Et il ne descendra pas du bus, mais qui l'a fait ? La Coupe du Monde de trop, lui qui en a gagné une et a marqué 6 fois en 17 matches dans la compétition. D'ailleurs, s'il a souvent été présent dans les grands tournois (28 matches, 6 participations), il y a moins brillé qu'en club (12 buts tout de même).

Mais il a toujours su se vendre, y compris auprès des médias qui l'ont toujours préféré à son ex partenaire en Espoirs et à Monaco, David Trezeguet. Pourtant, ce dernier a de nettement meilleurs stats que lui en sélection : 1 buts toutes les 121 minutes (contre 177 pour Henry) et 0,48 buts par match (0,41 pour Henry). Alors oui, Henry était plus complet, et il a aligné 24 passes décisives en Bleu (5 pour Trezegol). Mais Henry n'a marqué qu'un but après un quart de final dans un gros tournoi, celui en demi-finales de l'Euro 2000 contre le Portugal (2-1 a.p.). Le but vainqueur en finale, lui, fut l’œuvre de Trezeguet, et pas dégueu en plus si je me souviens bien... Pourtant, le meilleur buteur étranger de l'Histoire de la Juventus n'a été que 59 % du temps titulaire en Bleu, contre 86 % pour Henry...

Évidemment, ces deux joueurs auraient pu évoluer ensemble, dans un 4-4-2 en losange par exemple, même si ce système est relativement rare au haut niveau. Ils étaient complices sur le terrain lorsqu'ils ont gagné la Ligue 1 en 1997, l'année où ils remportent le tournoi de Toulon avec les Espoirs, après avoir gagné l'Euro des moins de 19 ans un an plus tôt contre l'Espagne... Mais il voulait être le seul en attaque, et comme souvent avec les grands buteurs, il ne supportait pas la concurrence. Demandez à Messi ou Ibra... En même temps difficile de rêver mieux comme joker offensif que Trezeguet...

Aujourd'hui les Bleus ne sont pas en manque de bon buteur international, avec Benzema, qui peut encore le rattraper s'il se presse un peu (25 buts)... mais le Madrilène ne joue pas non plus avec Zidane (qui a adressé à Henry non pas une mais deux passes décisives), Pirès, Djorkaeff... Henry est aussi tombé exactement à la bonne période, contrairement à Papin ou Cantona par exemple, qui ont fait le lien entre les générations Platini et Zidane. Ça ne fait pas tout, mais ça compte aussi, la chance, pour réussir au très haut niveau. Lui n'aura pas réussi à faire la transition avec une nouvelle grande génération, il n'aura pas su être un grand leader en Bleu comme d'autres avant lui, on l'a vu en 2008 et 2010. Mais il fut le buteur des années Zidane, et ça il fallait déjà le faire.

A plus tard !

vendredi 12 décembre 2014

Des poules fructueuses

Salut à tous,

Il est temps pour nous de faire un petit bilan de cette première phase de Ligue des Champions qui s'est achevée cette semaine.

Toujours les mêmes

D'abord, notons la bonne première phase des clubs français, qui réalisent un deux sur deux. La Ligue 1 n'avait plus eu deux représentants en huitièmes depuis 2011-12, à une époque pas si lointaine où c'était presque une formalité. Sauf que depuis, seul le PSG avait réussi à se qualifier, tandis que Montpellier et Lille, en 2012-13, puis Marseille, la saison passée, ne passaient pas le cut. En tous cas, grâce à cette bonne performance, le football français possède sur la décennie actuelle un meilleur taux de qualification (61,5 %) que sur toute son histoire en Ligue des Champions, depuis 1991 (58,8). Une paille, oui, mais une petite bonne nouvelle ne fait pas de mal de temps en temps. Mais nous restons quand même très loin depuis 2010 de l'Allemagne (88,2), l'Espagne (79), l'Italie (76,9) et l'Angleterre (75)... comme d'habitude, on est cinquième.

Les Allemands qui n'ont plus vu un de leur club éliminé en poules depuis trois ans... comme l'an passé ils signent un très impressionnant 4 sur 4, sachant qu'ils avaient également fait un 3 sur 3 en 2012-13, et que cette saison, hormis la France, aucun pays à plus d'un club n'a réalisé un sans faute. L'Espagne (Athletic Bilbao out) et l'Angleterre (Liverpool) ont fait 3 sur 4, et l'Italie (AS Rome) a fait un sur deux. Sans parler du Portugal, qui nous devance au classement UEFA depuis peu, et qui n'a qu'un qualifié sur trois (Porto, les deux clubs lisboètes restant à quai) et de la Russie, qui nous menace directement au même classement, et qui a fini avec deux éliminés sur deux (Zenith et CSKA Moscou). Deux autres bonnes nouvelles pour nos clubs... Chez les 11 pays représentés par un seul club, seuls l'Ukraine (Shakhtor) et la Suisse (FC Bâle) ont connu la réussite. C'est notamment le 4e échec sur 4 pour le Bélarus, le 6e sur 7 pour la Suède, le 22e sur 30 pour la Grèce, le 25e sur 34 pour les Pays-Bas, qui n'ont plus qualifié de clubs pour les huitièmes depuis 2006-07 (!), le 19e sur 25 pour la Turquie et le 19e sur... 20 pour la Belgique ! La nouvelle version de la C1 est décidément létale au possible pour les non représentants du fameux club des cinq "grands" championnats... Historiquement, seuls six pays tournent à plus de 50 % de réussite, les cinq cités plus haut plus la Pologne (1 sur 2, dans les années 90...)... Le Portugal tourne ainsi à 42,5 %, mais seulement 25 dans les années 2010...

Par club, Arsenal et le Real ont signé leur 12e qualification sur 12 depuis la mise en place de l'actuelle formule, en 2003, le Bayern et le Barça en sont eux à 11 sur 11, et le... Bayer Leverkusen à 4 sur 4 et Monaco à 3 sur 3. Chelsea en est désormais à 11 sur 12, tandis que le PSG, lui en est à 3 sur 4. Depuis l'instauration des poules en 1991, seul le Real (et une dizaine de clubs à une ou deux participations) a réalisé un 100 % (19 sur 19), le Bayern suivant avec 94,4 %, Chelsea à 92,3, Arsenal à 88,2 et le Barça à 85. Quand on parle d'une compétition d'habitués, on est dans le vrai.

Regardons par rapport à la saison passée. Onze clubs sur 16 (68,7 %) ont renouvelé leur ticket, dont les trois espagnols, les quatre allemands (!) et les trois Anglais, en plus du PSG ! On retrouve donc non seulement les mêmes pays en huitièmes, mais également les mêmes clubs... seul l'ambitieux club parisien parvient donc pour l'instant à se faire une petite place parmi ce qu'ont doit bien finir par appeler des sociétaires... sept clubs, soit près de la moitié, ont sont à leur troisième qualification d'affilée (Real, Bayern, Arsenal, Barcelone, PSG, Schalke et Dortmund) et quatre en sont à quatre (les quatre premiers nommés). Le taux de nouveauté en est donc réduit à sa portion congrue, et ce n'est pas fini.

Messi et Ronaldo seuls au monde

Pour l'instant la moyenne de buts est quasi la même que la saison passée (2,91 contre 2,9) mais elle baissera sûrement un peu avec les matches couperets, une tendance quasi immuable dans les grandes compétitions. Tout cela restant nettement au-dessus de la moyenne depuis 1991 (2,67), sachant qu'il faut remonter à 2009-10 pour trouver une moyenne annuelle inférieure (2,56). Les trois grands pays actuels (Allemagne, Espagne et Angleterre) tournent d'ailleurs à respectivement 1,91, 2,08 et 1,191 buts par matches cette saison, la France nettement moins (14 buts en 12 matches, merci Monaco)...

Chez les buteurs, on a assisté à l'inévitable dépassement de l'historique Raul, et ses 71 buts datant pour les derniers de 2010-11, par le duo Messi-Ronaldo, dont on savait qu'il porterait le futur record à des niveaux stratosphériques. L'Argentin (27 ans) a encore un peu de temps devant lui pour améliorer son score de 75 buts (pourquoi pas les 100 ?) tandis que son compère portugais, qui fêtera ses 30 ans dans moins de deux mois, en aura peut-être un peu moins. Mais les deux hommes, qui carburent à respectivement 9,1 et 8,6 buts sur les huit dernières saisons, ne sont à mon avis pas près de voir un jour leur score être menacé. Par Neymar peut-être ? Je ne vois pas d'autre jeune joueur actuel capable de dépasser les 80 buts en carrière dans la compétition. Mais il va devoir accélérer la cadence assez vite.

Cette saison, Messi a repris la main devant Ronaldo (8 buts contre 5), ce dernier ayant signé des chiffres hallucinants sur les deux dernières saisons (12 et surtout 17 buts l'an passé) quand l'Argentin gérait tant bien que mal son avance (deux fois huit buts). Tout cela faisant évidemment rêver les joueurs français, dont le meilleur représentant se nomme pour la quatrième année consécutive Benzema (5 buts), lui qui est le deuxième buteur tricolore de l'histoire de la compétition (41 buts) derrière Henry (50), qui est donc loin d'être à l'abri. Record pour un Français en C1 ? Trezeguet avec la Juve, en 2001-02 (8 buts). Encore un score que Benzema peut battre cette année, surtout avec ce Real Madrid... Toujours est-il que les joueurs français marquent encore très peu en C1 (5,5 % du total cette année, contre 7,7 depuis 1991). C'est un peu mieux que l'an passé (4,3) mais on ne passe plus les 6 % depuis trois ans, alors que ça n'était plus arrivé depuis 1999-00... sur les 14 buts marqués par les deux clubs français, un seul a été marqué par un français, Matuidi contre le Barça (3-2).

Mais les deux phénomènes du foot mondial sont pour l'instant devancés cette saison par Luiz Adriano, le buteur brésilien du Shakhtor qui a signé 8 de ses 9 buts lors de la double confrontation de son club contre le malheureux Bate Borisov... dont un historique quintuplé à l'aller (0-7), le deuxième seulement depuis 1991 après celui de Messi contre Leverkusen en mars 2012 (7-1). Une anomalie qui ne devrait pas perdurer... attention aux autres joueurs à cinq buts (Agüero, Cavani, Mandzukic, J.Martinez). Du beau monde. A noter les deux buts des anciens, Drogba et Ibrahimovic, qui en sont à 44 et 42 buts dans la compétition, tandis que Thomas Müller, déjà 24 buts (3 cette année) en C1 à 25 ans, est déjà bien placé.

Voilà, attendons maintenant de voir ce qui attends nos deux représentants en huitièmes... notons que Paris, qui signe un meilleur parcours (13 points) que Monaco (11) termine pourtant deuxième derrière un Barça qui a du s'employer sérieusement pour devancer les Parisiens, tandis que les Monégasques, qui n'étaient pas tête de série, profitent de l'absence d'un vrai gros dans son groupe et deux hold-up contre Leverkusen pour terminer premiers... les aléas des tirages au sort. Ca s'annonce vraiment très difficile désormais pour les double champions de France, qui vont forcément devoir sortir un exploit pour atteindre les quarts de finale pour la troisième fois consécutive...

A plus tard !

lundi 6 octobre 2014

Le PSG hors-sujet

Salut à tous,

Ça ne vous a pas échappé, si vous lisez ce post c'est que le foot vous intéresse, la Ligue 1 en particulier, donc vous avez remarqué qu'après neuf journées, soit quasiment un quart du championnat, le PSG n'est non seulement pas leader du championnat, comme prévu - mais il ne l'était pas non plus à la 18e journée de la saison 2012-13, qu'il allait pourtant remporter - mais il en est même très loin : sept points de retard, c'est un véritable gouffre, accentué artificiellement certes par la victoire à trois points - sans ce bonus idiot, l'écart serait de trois points - mais bien réel. En fait, le club parisien, pourtant troisième et invaincu, a autant de points de retard sur Marseille que d'avance sur les deux promus, Caen et Lens, 17e et 18e du championnat. Ca vous donne une idée du retard à rattraper... il va lui falloir récupérer un point à Marseille tous les quatre matches à peu près. Pas simple, vis à vis d'Olympiens qui jouent excellemment bien, qui ont de la réussite, à l'image de leur succès in extremis obtenu à Caen ce week-end (1-2), et qui, surtout, ne jouent pas de Coupe d'Europe.

Alors, qu'est-ce qui cloche chez le joujou de QSI ? Le retour tardif des Mondialistes est une excuse qui se tient, quand on sait combien les années qui suivent un grand tournoi sont compliquées à gérer pour les gros clubs en général. Thiago Silva et Lavezzi, qui étaient au Brésil, sont blessés, tandis queCabaye et Matuidi sont manifestement sur les rotules, malgré le match héroïque de ce dernier face au Barça. Les blessés : ça c'est une excuse, puisqu'elle concerne également Ibrahimovic et désormais Marquinhos, peut-être le meilleur Parisien depuis le début de la semaine. On a vu contre Monaco que Camara pouvait être une bonne roue de secours occasionnelle, mais pas pour faire de la route, et surtout pas quand le niveau de cette dernière devient difficile. Faire sans Thiago Silva et Ibrahimovic, c'est comme si tu privais le Real de Ramos et Ronaldo, ou le Barça de Mascherano et Messi. Sans les patrons défensifs et offensifs, sans des meneurs d'homme de cette trempe, ton équipe en prend forcément un coup, c'est évident.

Bien sûr, en Ligue 1 ça ne devrait pas se voir. Essayons de voir par les chiffres ce qui cloche cette saison au PSG.

Extinction des feux à l'heure de jeu

D'abord, un comble, une aberration : le PSG est la seule équipe de Ligue 1 avec Lille et Bastia à ne pas avoir marqué de but dans le dernier quart d'heure ! Rennes, Caen et Evian en ont déjà marqué 5, mais le PSG, aucun. Un quart d'heure où le PSG a déjà perdu quatre points, personne n'a fait pire, seul Montpellier faisant autant. Logique, d'ailleurs, puisque le club parisien n'a encore vu aucun de ses remplaçants marquer cette saison ! Seuls les Verts sont dans le même cas... quand on voit les joueurs présents régulièrement sur le banc, ça pose question. Le PSG, qui a autant ouvert le score que Marseille cette saison - sept fois, meilleur total de Ligue 1 - et qui n'a concédé le premier but qu'une seule fois, à Toulouse (1-1), ne l'a pourtant remporté que trois fois, soit 42,8 % du total. Dans ce domaine, là encore, seul Bastia fait pire (33,3 %).

L'an passé, les remplaçants du PSG avaient marqué 7 buts en sortant du banc, deuxième total de Ligue 1 derrière... l'ASSE (8). Paris avait récupéré 6 points dans le dernier quart d'heure, seul Monaco (10) avait fait mieux. Mais personne n'avait marqué autant que lui (21) ni si peu encaissé de buts (3, déjà 2 cette saison !). D'ailleurs, deux des trois meilleurs buteurs de Ligue 1 durant les 15 derniers minutes étaient Cavani et Ibrahimovic (6)... Le PSG avait ouvert le score 30 fois (sur 38), l'emportant 25 fois, soit 83,3 % des cas, cinquième chiffre de Ligue 1. Bref, on voit où se situe le problème : une attaque qui ne sait plus enfoncer le clou en fin de match, comme elle savait le faire depuis deux ans, et une défense qui est certes la troisième de Ligue 1 (6 buts) mais qui ne parvient pas à demeurer hermétique pour compenser les manques de l'attaque.

Le problème Cavani

Cette dernière pose vraiment question. Ibrahimovic a été phénoménal quand il a été là, sauf contre Lyon. Lucas a déjà ouvert trois fois le score - pour deux succès - et confirme ses progrès. Cavani aussi a marqué trois fois, mais pour lui c'est faible, surtout qu'il a quand même beaucoup joué là où il pense, ainsi que les médias, être le meilleur. L'Uruguayen, qui a tout de même marqué 29 fois depuis son arrivée, dont 25 l'an passé, est exaspérant de nullité dès qu'il rejoint l'axe. Il est à l'évidence tout sauf une pointe, il n'arrive pas à se démarquer, est mal placé sur les centres... alors que dès qu'il joue en faux ailier avec le grand suédois, il est tout de suite plus efficace, à défaut d'être consistant dans le jeu. Je me demande encore comment les médias peuvent sérieusement affirmer qu'il joue ailier dans cette équipe. Il joue autant ailier que Neymar à Barcelone, qui lui marque but sur but. Quand Ibrahimovic est sur le terrain, il ne cesse de dézonner et de revenir en retrait, exactement comme Messi à Barcelone, ce qui permet aux "ailiers" - en fait, deux buteurs - de venir plonger dans la surface pour profiter des espaces créés par l'absence de la star dans la surface. Vous trouvez que Cavani joue souvent ailier vous ? Regardez ses matches, et vous verrez. De toutes façons, les ailiers n'existent plus depuis belle lurette et la retraite de Pascal Vahirua...

Obnubilés par la C1

Le match exceptionnel sorti contre Barcelone pose donc la question : est-ce que le PSG n'est-il définitivement pas lancé dans un seul objectif, pourtant tellement aléatoire, la Ligue des Champions ? En recrutant moult joueurs qui, en temps ordinaire, n'auraient jamais imaginer un jour aller jouer à Guingamp ou Evian, pour qui la Ligue 1 n'aurait normalement jamais du être une option de carrière, le PSG ne s'est-il pas, à force de dominer le championnat et d'échouer à une cheveu deux fois aux portes du dernier carré de C1, coupé de sa base, en quelques sortes, de la Ligue 1 en d'autre termes ? Ce phénomène qui frappe d'ordinaire les clubs de Ligue 1 vise à vis des coupes nationales, frapperait-il un PSG dont les principaux joueurs ne rêvent que d'une chose depuis qu'ils se sont imposés dans d'immenses clubs étrangers, avant de rejoindre les bords de Seine, à savoir soulever la Coupe aux grandes oreilles ? Est-ce qu'il n'est pas impossible désormais pour eux de s'investir autant pour un match à Evian ou Rennes que pour affronter Barcelone ?

Vous me direz qu'ils n'avaient pas été fabuleux à Amsterdam, où le scenario avait été le même qu'en Ligue 1, à savoir une ouverture du score parisienne suivie d'une deuxième mi-temps difficile physiquement et une égalisation. C'est le danger qui va guetter le PSG lors de ses deux matches contre Nicosie, qui ont tout de matches terriblement piégeux : sous-estimer l'adversaire, comme il le fait en Ligue 1. Les deux éliminations au nombre de buts marqués à l'extérieur, contre Barcelone en 2013 puis Chelsea l'an dernier, ont été vécu, à juste titre, de façon tellement cruelle par ce groupe qu'il ne pense qu'a une chose : retourner en quarts et effacer ces échecs. Au risque d'oublier que pour parvenir à ce stade, il faut déjà se qualifier, et si possible en terminant premier de sa poule. Et aussi d'oublier qu'il faut déjà se qualifier pour la C1, en ne négligeant pas le championnat...

Je vous laisse, et n'hésitez pas à commenter !


lundi 17 mars 2014

Ibra-Messi, le duel

Bonjour à tous,

Ce matin, si l'on consulte le classement des buteurs mondiaux sur l'année civile, que nous offre l'excellent site Footballdatabase, on constate que les deux co leaders se nomment Lionel Messi et... Zlatan Ibrahimovic, avec 17 buts chacun, en deux mois et demi de compétition. Soit 1,7 but par semaine en moyenne ! Ils devancent l'Espagnol du Red Bull Salzburg, Jonathan Soriano (16) et un certain Cristiano Ronaldo, qui n'en est qu'"à" 14 buts. Mais il reste au Portugais un match en Ligue des Champions contre Schalke, cette semaine, pour refaire son retard, contrairement aux deux autres, déjà qualifiés. A moins qu'il ne soit ménagé, vu la ballade du match aller (6-1)... mais à l'instar de Messi et Ibrahimovic, il est rarement fatigué.

Deux gabarits opposés

En tous cas il est intéressant, je trouve, de comparer les deux hommes, tellement efficaces depuis le début de l'année, et de la saison aussi. Les différences, tout d'abord. Elles sont nombreuses, elles sautent même aux yeux au premier abord : 26 centimètres et 28 kilos les séparent. Une différence énorme, qui ne peut qu'influer sur le style de jeu et le profil technique de ces deux joueurs. Même si le Suédois n'en manque pas, l'Argentin est plus vif, plus rapide, son débit de dribble et de touches de balle est infiniment plus important. Bien sûr, pour son gabarit, qui lui offrirait une place de choix sur le flanc d'une mêlée ou sur les ailes d'une équipe de rugby, Ibrahimovic est extrêmement technique, souple, voir vif, et ne peut être qualifié de "pataud", comme souvent le sont les avant-centres dépassant les 1m90 comme Hoarau, Diabaté, Crouch, Adebayor, voire Giroud. Ces attaquants souvent très efficaces sont parfois dénigrés pour leurs manques techniques et de vitesse, dans un football de plus en plus attaché aux concept de blocs bas et de jeu de contre-attaque. Aujourd'hui, et notamment en Ligue 1, on préfère les attaquants moins efficaces mais rapides que les vrais buteurs trop statiques. Le résultat ? Il suffit de voir le taux extrêmement bas de buts par match en France...

Mais Ibrahimovic n'est pas concerné par ces critiques. Il pourrait parfaitement s'intégrer à une équipe évoluant bas, utilisant la vitesse pour contre-attaquer, parce que sa couverture de balle, sa puissance, sa technique et sa qualité de passe exceptionnelle en font un pivot hors-pair. Donnez lui un ballon en contre-attaque, et il vous sert vos ailiers comme personne, ceux-ci pouvant ainsi créer de grosses différences. Rappellons qu'Ibrahimovic est - de loin - le meilleur passeur de Ligue 1, avec 13 passes (et non 11 comme les incompétents de la Ligue lui ont accordé, puisque pour eux une passe déviée n'est pas une passe... imaginons s'ils appliquaient cette méthodes aux buts, et la flambée de csc qui s'en suivrait...). Et c'est ce qui le rapproche de Messi.

Tout le monde connaît ce dernier. Un extra-terrestre, un génie du football comme on n'en a pas connu cinq dans l'Histoire du football. Être comparé à Maradona ou à Pelé, ça vous pose un personnage, et ce sans avoir encore brillé dans une Coupe du Monde... imaginez qu'il flambe au Brésil et porte l'Argentine dans le dernier carré, et a fortiori à la victoire finale, et le doute ne sera plus permis. Aux clichés habituels du meneur de jeu-attaquant argentin classique, à savoir petit, vif et bon passeur, s'ajoutent des qualité de vitesse, de dribble, de frappe de balle, de coup d’œil, très au-dessus de la moyenne des plus grands joueurs actuels. A état de forme égale, il est largement au-dessus de Ronaldo, qui a profité des blessures de l'Argentin l'an passé pour lui chiper son Ballon d'Or. Mais la forme semble lui revenir, et bonne chance aux prochains qui devront le stopper. Pourquoi Paris avait fait illusion face au Barça l'an passé, signant deux nuls inespérés ? Parce que l'Argentin n'avait joué qu'une mi-temps et demi, sortant sur blessure à la mi-temps du match aller, et rentrant en cours de jeu du match retour. Pour quel bilan personnel ? Un but à Paris et une action décisive au retour, provoquant le but qualificatif de Pedro alors que le PSG menait au score. Le club parisien réalisait un grand match, mais n'était pas de taille à résister à Messi. Personne ne l'est. Si ce dernier avait joué les deux matches en entier, pas sur que les hommes d'Ancelotti seraient restés invaincus...

Un profil tactique proche

Alors, quels sont ces points communs qui les rapproche tant, malgré la première impression contraire ? D'abord, les stats : ce sont deux attaquants qui marquent énormément, et qui passent aussi énormément. 40 buts et 14 passes décisives en 40 matches pour le Suédois avec le PSG ; 31 buts et 12 passes en 33 matches pour l'Argentin. Des chiffres étrangement similaires, qui sont presque les standards d'aujourd'hui pour qui veut postuler pour le titre de meilleur joueur du monde, puisque Ronaldo s'en approche également, et pourtant qui ne se sont plus vus depuis les années 50-60, quand les grands joueurs se nommaient Pelé, Puskas... des buteurs-passeurs hors-pairs. Il y en a eu énormément depuis, mais aucun avec des cadences aussi énormes dans les deux domaines. Müller, Romario, Van Basten, Ronaldo ? Des buteurs, uniquement. Baggio, Platini, Cruyff ? Des joueurs immenses, mais avec des stats moindres. On ne peut que se réjouir d'assister aux règnes de joueurs aussi exceptionnels dans leurs régularités depuis des années, avec des chiffres qu'on ne pensait plus voir avec l'avènement d'un jeu de plus en plus défensif et bloqué. Mais ces joueurs savent tout faire, et peuvent débloquer n'importe quelle situation, même face à des équipes regroupées, ce qui est la norme depuis 20 ans.

C'est tactiquement, je crois, que leurs profils se rapprochent le plus, et expliquent en partie leurs chiffres sidérants. Il s'agit de deux faux avant-centres, qui sont positionnés ainsi sur les fiches de match dans les médias parce qu'il faut bien mettre quelqu'un en pointe, mais qui passent leur temps à reculer pour toucher le ballon, et déclencher souvent une action décisive au bout de laquelle ils seront parfois eux-même à la conclusion - comme hier soir sur le deuxième but parisien contre Saint-Étienne - ou un autre joueur. Evidemment, ce ne sera pas de la même manière : le Suédois s'illustrera par une passe décisive ou une accélération sur quelques mètres, alors que l'Argentin utilisera sa vitesse et sa science du dribble pour déstabiliser la défense. Mais qui profite de ce travail, à part eux-mêmes dans la moitié des cas ? Le Barça et le PSG se ressemblent notamment sur ça, leurs ailiers sont de faux ailiers et souvent de vrais buteurs, surtout côté catalan, où Sanchez et Pedro sont très efficaces devant le but, comme Cavani côté parisien. Quand l'avant-centre recule - car on voit rarement Messi attendre le ballon dans la surface, un peu plus Ibrahimovic - les ailiers plongent soit sur le côté pour recevoir sa passe, soit dans l'axe pour compenser l'absence de la pointe et recevoir l'offrande, pour marquer. On le sait, les ailiers à l'ancienne tendent à disparaitre vu la difficulté de s'exprimer face aux doubles rideaux instaurés dans les couloirs aujourd'hui - c'est d'ailleurs pour ça que les avant-centres aiment reculer pour toucher le ballon, vu l'embouteillage dans l'axe. Même un Lucas, à la base, est plutôt axial, et n'hésite jamais à se présenter dans la surface pour tenter sa chance, mais lui manque d'efficacité devant le but. Dommage, parce qu'avec ses 13 passes décisives en 23 titularisations toutes compétitions confondues, il est loin d'effectuer une mauvaise saison.

C'est ce qui les différencie de Ronaldo, qui lui, tactiquement, est plutôt à placer parmi les "ailiers-forts", comme on dit au Basket, c'est-à-dire des ailiers qui perforent et qui marquent, au lieu de déborder et centrer. Paradoxalement, alors qu'il devrait être plus passeur que buteur, vue sa position excentrée sur le terrain, il marque plus cette saison (39 buts en 36 matches avec le Real) qu'il ne passe (13 passes), comparé à ses deux concurrents dont les chiffres sont plus équilibrés. Les clichés sur le Portugais qui ne donne pas sa balle et préfère marquer ont encore de beaux jours devant eux. Il n'en reste pas moins que lui aussi est un phénomène, et que son duel égo-sportif avec Messi restera dans les annales, aux côtés de ceux entre Senna et Prost ou entre Federer et Nadal. Et ça nous manquera, si, comme on peut le craindre, on peine à retrouver des joueurs aussi forts quand ils auront raccroché les crampons. Parce qu'ils ont mis la barre très, très haut.

A plus tard !

mercredi 19 février 2014

Chouette, du foot !

Salut à tous,

Hier a repris, enfin, ce que nous attendions depuis trois longs mois, à admirer d'un œil incrédule les tentatives désespérées et maladroites par les joueurs de Ligue 1 de domptage de pelouses qui n'en ont que le nom, à l'érosion d'une moyenne de buts déjà pas très aérienne, et à la confirmation que n'existe plus pour les "techniciens" français d'un seul leitmotiv, un virus inoculé par Aimé Jacquet et son 4-3-2-1 de 98, à savoir le fameux "bloc-équipe". Celui qui nous a certes permis, et j'ai été le premier à le fêter sur les Champs-Elysées, de devenir champion du monde. Mais aussi de nous endormir devant France-Paraguay et France-Italie, et de nous garantir 15 ans de purges entre équipes de contre en Ligue 1. La France qui est le seul pays européen à ne pas avoir été contaminé par le grand Barça sur le plan du jeu. C'est bien dommage.

En C1, ça joue

Bref, voici notre première injection de véritable football en 2014. Des pelouses a priori impeccables, des joueurs de foot habiles, intelligents, du jeu, des prises de risques, des buts, de très beaux buts quand même... hier soir, le PSG et le Barça ont marqué six buts. A l'extérieur. Et pas sur la pelouse de l'ASPTT Chamoux-les-eaux, chez le deuxième du championnat d'Allemagne et Manchester City, qu'on annonçait quasiment favori de cette confrontation avec des Catalans qui avaient été persécutés par le Bayern au printemps 2013 (0-4, 0-3). Un Bayern que City a vaincu sur sa pelouse, à l'automne dernier (2-3). Sur ces six buts, deux penalties. Les autres, des merveilles de démonstration collectives. Pas des buts de la tête sur corner, pas des contre-attaques, non, des attaques placées, des débordement de latéraux, des centres en retrait... et même sur le penalty parisien, l'action qui amène la faute de l'inénarrable Emir Spahic est superbe. Combien de fois voit-on ce genre d'actions en Ligue 1 ? Et même dans les autres championnats ? Avant ces huitièmes de finale, la moyenne de buts en C1 cette saison montait à 2,89 par matches. L'an passé, elle était à 2,94, et à 2,84 en 2010-11. Hormis la Liga (2-88) et surtout l'Allemagne (3,19 !), les grands championnats sont loin de ces chiffres. Quand les grands clubs s'affrontent en C1, ils font du jeu, et hormis quand Mourinho est dans le coup, il est rare qu'ils affrontent des équipes recroquevillées sur elles-même, parfois à cinq derrière, comme on en rencontre souvent en Ligue 1. Le Barça et le Real aussi affrontent souvent ce genre d'équipes à un ou deux attaquants, les Italiens aussi. Dimanche, José Anigo, l'entraîneur de Marseille hein, pas de Valenciennes, a décidé d'instaurer un 5-3-1-1 pour contrer la terrible équipe de Saint-Étienne... on a vu le résultat. Pas de quoi inciter les chaines de télé de réinjecter 600 millions dans un tel spectacle.

Milan pas favori

Que dire de ces huitièmes de finale ? Que si l'Allemagne a placé quatre clubs, une performance exceptionnelle, elle en a déjà très certainement perdu un hier soir, et qu'on voit mal Schalke créer la surprise face au Real, malgré sa bonne forme actuelle. Dortmund, lui, est favori face au Zenit, qui me parait pourtant capable de créer la surprise. Ce soir, deux affiches me semblent assez déséquilibrées, mais sur le papier seulement. Certes, Milan, qui en est à recruter des joueurs chez le dernier du championnat d'Angleterre, avec Taarabt (Fulham), est tombé à un niveau extrêmement préoccupant, si ce n'est le talent exceptionnel de Mario Balotelli, qui semble presque tenir à lui seul le Milan dans ses bras, avec les éclairs de génie de Kaka. Mais attention à la culture européenne du club lombard, qui a peu d'équivalent. On a vu hier soir avec Barcelone que l'expérience, collective notamment, de ce genre de confrontations peut faire basculer une rencontre. Mais du collectif, Milan n'en montre pas beaucoup en ce moment.

Et l'Atletico Madrid, qui patine un peu en ce moment, est un très gros morceaux pour les hommes de Clarence Seedorf. Trop gros ? Peut-être, même si un suiveur du foot lambda aurait du mal à identifier les trois quarts de son équipe-type, qui ne compte que très peu de joueurs reconnus mondialement. Courtois, Godin, Arda Turan, Costa, Villa... oui ça nous dit vaguement quelque chose... mais l'Atletico est un monstre collectif, une bête à 11 têtes qui ne lâche rien, et qui compte sur les coups de génie de Diego Costa, et l'abattage au milieu des méconnus Raul Garcia et Koke, ce qui lui permet également de concurrencer à la régulière le Real et le Barça en championnat. Mi-février, ces trois clubs sont à égalité de point (60). Une sacrée performance.

Le défi d'Arsenal

L'autre duel oppose Arsenal et le Bayern. L'an passé, les Allemands étaient venu se balader à l'Emirates (1-3) avant de sérieusement se relâcher au retour, au point de craindre pour leur qualification (0-2). Si le Bayern semble encore avoir progressé cette saison, ce qui paraissait impossible après son triomphe absolu de l'année dernière, Arsenal semble également mieux armé. Giroud, certes dans la tourmente en ce moment, marque plus que l'année dernière, Özil, certes critiqué ces dernières semaines, est un joueur de classe mondiale qui a haussé le niveau de cette équipe sur le plan technique, et Ramsey et Wilshere ont pris une autre dimension, tout comme Oxlade-Chamberlain. Quant à Podolski, c'est un joker d'une qualité très largement sous-estimée. Seule le défense inquiète toujours autant, ce qui parait problématique quand on affronte le Bayern, même privé de Ribéry. Munich reste favori, mais encore une fois il ne devra pas sous-estimer les Gunners, qui paraissent capables de battre n'importe qui.

La suite ? Si Manchester United est inquiété par l'Olympiakos, c'est qu'il a vraiment beaucoup perdu en six mois. Même chose pour Chelsea face à Galatasaray, il n'y a pas match. Bref, les huitièmes de finale semblent déjà se dessiner, même si des surprises, il y en aura forcément, c'est la loi du genre et du système de coupe. Paris et Barcelone y seront probablement évidemment, tout comme Chelsea, United et le Real. L'Atletico, le Bayern et Dortmund sont également en position de force sur le papier. Du gros, du très gros. En quart, le PSG verra encore un très grand club venir à Paris. That is football !

A plus tard !

vendredi 12 avril 2013

Paris sans complexes

Salut à tous,

Deux jours après cette désormais mémorable soirée catalane, la déception demeure, même si la fierté doit toujours habiter les supporters parisiens. Sur ce même blog il y a une semaine, je disais que le pire pour le PSG serait de prendre une fessée au Camp Nou, et de voir sa courbe de résultats se briser par la suite. Est-ce que la cruauté du résultat de mercredi ne serait pas susceptible de faire la même chose, et d'affecter encore plus le moral et la motivation des Parisiens ? On en saura plus ce week-end, après le déplacement du PSG chez la lanterne rouge troyenne, mais en attendant on peut déjà l'affirmer : beaucoup de supporters auraient presque préféré un 3-0. Au moins, les regrets ne seraient pas là.

Une mission impossible

Qui aurait pu imaginer un tel match du PSG, même ce PSG là, à Barcelone ? Dans l’Équipe de mercredi, avant le choc, Luis Fernandez, qui avait pourtant fait douter le Barça à son tour en 1995 en attaquant et bousculant le grand club catalan sur ses propres terres, lui conseillait certes de faire pareil, mais en changeant son système et en blindant son milieu. Et ça, c'est ce que tous les "spécialistes" conseillaient à Ancelotti, qui, du haut de son mini palmarès (quatre Ligues des Champions, dont deux comme joueur et donc deux comme entraîneur), en avait sûrement bien besoin. Déjà que j'avais une excellente opinion sur lui, mais elle ne s'est pas
détériorée depuis dix jours, au contraire. Il n'a pas cédé aux avis alarmistes, et aux appels à la défense absolu, au blindage du milieu. Il a joué la gagne avec son 4-4-2, et ses quatre joueurs offensifs. Après tout, combien d'équipes sont venues à Barcelone avec l'objectif de rester à dix derrières et son reparties avec une valise ? Il a ainsi prouvé que personne, en France, ne pourrait jamais lui donner la leçon sur le plan tactique. Et il a montré une envie de gagner très au-dessus de la moyenne générale. Cette dernière a été si communicative au sein de son groupe de joueur qu'elle a failli payer.

Il faut être réaliste : même avec les investissements pantagruéliques effectués depuis 20 mois, et même avec un Messi intermittent et une charnière centrale catalane en mousse usagée, sortir le Barça sur ces deux matches aurait été un exploit gigantesque, et surtout au match retour, avec ces deux buts encaissés à l'aller qui obligeaient littéralement le PSG à s'imposer au Camp Nou, ce que personne n'a réussi dans un match à enjeu en C1 depuis les calendes grecques, à savoir six ans, et une visite de Liverpool en février 2007, déjà en quart de finale (1-2). Valdes, Puyol, Xavi, Messi, Ronaldinho et Iniesta, qui était rentré en jeu, étaient sur la pelouse, tout comme... Thiago Motta. Depuis, ils n'avaient subit que deux défaites, à chaque fois en phase de poule, et avec un enjeu limité, voire nul. Voilà ce que devait réussir le club parisien : un truc impossible.

Valdès et Messi ont fait la différence

Pourtant, c'est peu dire qu'il est passé près, vraiment tout près. Entre les occasions de Lavezzi et Lucas en première mi-temps, le but de Pastore en seconde mais aussi l'occasion de ce dernier quelques minutes avant l'égalisation de Pedro, le PSG, sur l'ensemble du match, aurait mérité de remporter cette rencontre. Qu'est-ce qui a sauvé le Barça ? Un très bon Valdès en première période, l'entrée de Messi et l'utilisation à plein d'une expérience européenne hors du commun après le but catalan. Pour le reste, quel arrêt Sirigu a-t-il du sortir dans ce match, à part une frappe d'Iniesta trop cadrée sur lui ? Comme à l'aller, le portier italien a été étonnamment désœuvré, nettement moins, en tous cas, que son vis-à-vis catalan. Mais les deux ont quand même pris le même nombre de buts. Sirigu est extrêmement talentueux, mais il reste jeune, et il n'a pas été décisif sur ces deux matches, coûtant même un penalty au Parc des Princes. Il faut également dire que les attaquants barcelonais ont nettement mieux négocié leurs -rares - occasions que leurs homologues parisiens, trop brouillons devant le but. En tous cas, les Parisiens n'ont plus vu le ballon lors des vingt dernières minutes, alors qu'ils avaient l'obligation de marquer un autre but. Sans doute aurait-il fallut le mettre avant que Pedro n'égalise.

L'entrée de Messi, je l'ai dis, à a été déterminante. Combien de fois ai-je lu ou entendu ses
détracteurs - en général des fans de Ronaldo, comme si on ne pouvait pas aimer les deux, un peu comme le duel entre les Stones et les Beatles, il y a 50 ans - dire que si Messi était aussi fort, il le devait uniquement au talent de ses passeurs préférés, Xavi et Iniesta ? Et bien sur ces deux matches, et notamment mercredi, il a prouvé que c'était exactement l'inverse. Par exemple Iniesta, ce joueur immense, fabuleux, a été absolument quelconque les trois fois que je l'ai vu jouer sans Messi devant lui : les deux fois contre Paris, et la fois avec l'Espagne contre la France. Je l'ai vu presque neutre, sans idées, accumulant les passes latérales et ne tentant aucunes de ses accélérations balles au pied qui en font un joueur exceptionnel, qui aurait mérité le Ballon d'Or ces dernières années. Dès que Messi est rentré, on l'a vu tenter des dribbles et faire des misères à la défense parisienne. Même chose pour Xavi, que l'on a rarement vu réussir une de ses transversales dont il a le secret quasi exclusif. Oui, il n'y avait pas d'espaces pour le faire, mais il n'y avait pas Messi non plus.

L'Argentin n'est pas seulement un buteur unique au monde, comme on n'en a plus vu depuis des décennies. Il est aussi un joueur qui, à l'instar de Ronaldo, pèse psychologiquement sur les défenses dès qu'il est présent sur une pelouse. Il hypnotise ses adversaires par sa seule présence, les oblige à se diriger vers lui pour empêcher de nuire. Résultat ? Des espaces pour les autres, qui ne manquent pourtant pas de talent. Sur l'action du but, en plus d'éliminer Verratti et Motta sur un seul dribble, il crée un espace pour Villa et surtout Pedro, qui a tout le temps d'ajuster Sirigu. C'était le deuxième tir cadré du Barça, qui n'en avait cadré aucun avant l'entrée de Messi sur le terrain.

C'est tout ce qu'il a fait sur ce match, comme au match aller où il n'avait rien fait d'autre que de marquer et frapper juste au-dessus avant de sortir. C'est la différence entre lui et les autres, hormis Ronaldo : il ne fait rien pour rien, il ne gâche pas. Et lorsqu'il est là, Barcelone est transformé. Non seulement il offre plus de solutions de passes en attaque que Villa ou Sanchez, non seulement il arrive à se faufiler là où personne ne passe, mais en plus il crée des espaces pour les autres, rien qu'en étant là. En dix minutes, le PSG était mort.

Victoire au milieu

Si l'Argentin ne s'était pas blessé à l'aller, et si le Barça avait aussi pu compter sur une charnière potable - en même temps, n'avoir sous la main que Piqué, Puyol et Mascherano pour la composer, quand on a 12 000 solutions en attaque, c'est aussi la responsabilité de la direction sportive catalane... - il n'y aurait pas eu autant de suspense. Sans doute aurait-il même été absent dès la fin du match aller. Reste que la force du Barça, en plus de Messi, réside dans la qualité de sa possession de balle, de son pressing haut et intenable, sa capacité à étouffer n'importe quel adversaire, ou presque. Mais mercredi, Paris a quasiment pu jouer à sa guise, et pas seulement en contre. Il a pu combiner au milieu, et on a quand même eu la sérieuse impression que Verratti et Motta - qui aura presque fait oublier l'absence de Matuidi, malgré une absence d'un mois - avaient pris le dessus sur Xavi, Iniesta et surtout Busquets, qui a raté son match. Et ça, franchement, ce n'était pas gagné d'avance, c'était même la clé de tout ! Que la défense catalane pourrait souffrir face aux attaquants parisiens, c'était attendu, vu que c'est ce qui était arrivé à l'aller. Mais qu'ils n'aient pas été privés de ballons au retour, ça l'était moins. C'est surtout en cela que la performance parisienne a été magnifique : elle a fait douter le Barça au milieu, son point fort, tout en ne reniant pas ses principes, et en conservant un 4-4-2 audacieux, alors que certains conseillaient à Ancelotti d'aligner Thiago Silva au milieu...

Et on peut alors s'étonner que le PSG ne possède que 7 points d'avance en championnat, avec une qualité individuelle et collective pareille. A chaque fois que le club parisien a joué aussi bien en championnat - si si, ça lui est quand même arrivé - il a écrasé ses adversaires : à Bastia, à Toulouse, à Valenciennes, tous battus 4-0 à domicile, mais aussi Brest (0-3). Mais ces matches commencent à dater. Maintenant qu'il n'a plus que le championnat et la Coupe de France à jouer, on pourrait vite constater une sorte de baisse de la motivation des stars parisiennes qui, soyons réalistes, sont surtout là pour jouer la C1. Le fait que le PSG ait réussi à perdre à Sochaux (3-2) ou à Reims (1-0) montre qu'il est vraiment double, et qu'il devrait sérieusement se méfier de son déplacement troyen ce week-end. Mais une contre performance dans l'Aube gâcherait vraiment beaucoup la belle impression qu'il a laissé contre Barcelone.

A plus tard !

mercredi 3 avril 2013

Paris au niveau

Salut à tous,

Quel match ! L'affiche était belle, mais semblait déséquilibrée sur le papier, forcément. Elle ne pouvait aboutir à un grand match que si les débats, et surtout le score, étaient équilibrés, et le suspense présent jusqu'au bout. De ce point de vue, on a été servi au-delà de nos espérances. Même si ces dernières, notamment les plus folles, envisageaient plutôt une victoire. Mais qui, sérieusement, et à part le perfectionniste Carlo Ancelotti, peut cracher sur un tel score après avoir promis au club parisien les pires tourments, notamment la fameuse branlée attendue par ses (nombreux) détracteurs ?

Comme à Valence... ou presque

C'est tout à l'honneur du technicien italien, qui prouve par là son amour de la victoire, et sa compétitivité extrême, née d'un palmarès de joueur et d'entraîneur auprès duquel peu de ses collègues peuvent se comparer, de se pincer le nez après un match nul à quatre buts qui grève évidemment dans les grandes largeurs les chances parisiennes de voir les demi-finales cette saison. Mais compte-tenu des chances de se qualifier que le PSG semblait posséder,
quand on entendait ou lisait les très nombreux pronostics dans les médias, on peut se dire qu'être encore vivant à la mi-temps de ce double duel, ça ressemble presque à une victoire.

Il faut quand même rappeler que le Barça actuel est le fruit d'une tradition de jeu et de formation qui date de trois décennies, au moins, renforcée par l'expérience et le palmarès, que ce soit en club comme en sélection, de la majorité de ses joueurs, dont les Espagnols, évidemment. Dans le même temps, le PSG actuel est la résultante d'un travail des Qatariens, qui ne cachent pas que le FC Barcelone est leur modèle numéro un, vieux de vingt mois. Réussir à rivaliser, au moins au score et parfois dans le jeu, avec un tel modèle, ce n'est pas rien. Que l'on aime ou pas le club parisien, il faut lui reconnaître d'avoir réussi ce que Chelsea et surtout Manchester City, ses prédécesseurs dans le bal des clubs gonflés par des tonnes d'argent tombés du ciel, n'ont pas réussi à faire aussi rapidement. Pour le club mancunien, ce n'est d'ailleurs toujours pas le cas.

Pour en revenir au match en lui-même, le PSG a réussi le même début de match qu'à Valence, en février dernier (1-2), avec une différence notable, due autant à sa maladresse qu'à la qualité supérieure de l'adversaire, et notamment au poste de gardien : l'efficacité. Le club parisien avait parfaitement profité de la qualité de son bloc défensif, de sa relance, et de la vitesse de ses flèches, notamment Lucas et Lavezzi, et Pastore à la finition, pour déboucher à la pause avec un avantage de deux buts largement mérité. Cette fois, après trente minutes d'une grande qualité, avec les mêmes contres, les mêmes acteurs hormis Pastore, uniquement présent défensivement hier, mais sans le même résultat, les Parisiens retournaient aux vestiaires avec un but de retard, pas scandaleux puisque dans la foulée Messi manquait d'un rien le doublé - une action sur laquelle l'Argentin se blessait à la cuisse - mais cruel, vu le poteau de Lavezzi et les occasions de Pastore et surtout Ibrahimovic, par deux fois.

La défense parisienne au niveau

Défensivement, Dani Alves a fait très mal. Évoluant comme toujours quasiment comme un ailier - un peu comme son collègue Jallet, de l'autre côté - il a donné beaucoup de travail à Maxwell, qui s'en est d'ailleurs plutôt bien sorti. Mais le Brésilien du PSG a longtemps semblé isolé dans son couloir pour défendre, sans doute parce que Pastore, malgré sa bonne volonté, n'est pas un défenseur pur, et parce qu'il a beaucoup défendu dans l'axe, laissant trop d'espaces dans son couloir à Alves. De l'autre côté, Jordi Alba, enquiquiné à la fois par un Lucas détonnant avant la pause, et par Jallet durant tout le match, n'a quasiment jamais eu l'occasion d'attaquer. Pas plus qu'un Iniesta étonnamment discret, pour les mêmes raisons. Quant à Sanchez, sauvé par l'obtention du penalty, et surtout Villa, qu'on n'a tout simplement pas vu, ils ont traversé ce match avec la certitude que Fabregas et Pedro
risquaient fort de jouer le match retour, avec une efficacité et un danger pour la défense parisienne nettement supérieure.

Mais la défense parisienne a été tenue à bout de bras par un Thiago Silva stratosphérique. A propos de lui, on peut vraiment dire que si Barcelone avait réussi à le chiper au PSG l'été dernier, le score aurait été tout autre hier soir. Mais est-ce que le club parisien aurait atteint les quarts de finale sans son capitaine ? Toujours est-il qu'hier aucun Catalan n'a réussi à passer dans sa zone, ni les autres d'ailleurs dès que l'international brésilien venait les nettoyer. Alex a également bien défendu, mais la présence de Silva à ses côtés l'a bien aidé, tout comme les latéraux parisiens. Si Silva avait joué à la place de Piqué, Mascherano, voire Bartra en fin de match, le Barça aurait-il encaissé ces deux buts un peu casquette ? Sans doute pas, tellement la charnière catalane est coupable sur ces deux actions...

On notera également l'immense match de Matuidi, quasiment seul dans l'axe pour défendre en raison des défaillances de Beckham, j'y reviendrais, et encore capable de s'arracher après 93 minutes de combat face au meilleur milieu du monde pour marquer un but. Ce garçon n'a pas fini, je crois, de nous étonner, et est un des meilleurs nouvelles récentes pour le football français, avec l'émergence de Varane au plus haut niveau.

Ancelotti a joué le jeu

La principale satisfaction, pour moi, c'est de voir qu'Ancelotti, malgré les nombreux doutes qui accompagnaient cette décision, a conservé son 4-4-2 et ses quatre joueurs offensifs, alors que tant de ses confrères et autres journalistes lui prédisaient de gros désagréments s'il ne densifiait pas son milieu et ne jouait pas la défense à outrance, comme il est coutume de le faire contre le Barça et l'Espagne, comme on l'a vu avec les Bleus de Deschamps, qui ont sans doute payé leur manque d'ambition tactique (0-1). Alors oui, même si pour cela il faut avoir les armes offensives et la solidité défensive pour le faire, il est possible de bousculer le Barça, et ne pas construire un mur autour de son but pour cela. Il faut pour cela bien défendre, et non pas que défendre, et bousculer sa défense, qui est son (gros) point faible, du gardien aux latéraux, si offensifs et enclins à laisser des espaces dans leurs dos. Paris, un peu comme le Real Madrid de Mourinho en début d'année, a décidé de jouer d'égal à égal contre Barcelone, en ne se recroquevillant pas sur son but, terrorisé par la qualité offensive du club catalan. Et ça lui a réussi, hier. Pas sûr que ça suffise pour passer ce tour, mais de toutes façons il faudra gagner là-bas pour y arriver, et/ou marquer au moins deux buts... donc il faudra prendre des risques.

Verratti, le détonateur

La surprise, évidemment, provenait de la titularisation très risquée de Beckham au milieu, à la place de Verratti. Ancelotti a dis après coup qu'il voulait profiter de la qualité de passe de l'Anglais. On se doute que ce n'était pas pour son jeu de tête... On rajouterait que c'était aussi pour l'expérience due à ses 105 matches de C1, par rapport aux sept du jeune italien, qui pourrait être son fils (20 ans). Déjà, titulariser Beckham à Saint-Étienne, où il avait fait le boulot durant 90 minutes dans un contexte pourtant difficile, ressemblait à une gageure, après cinq années passées aux États-Unis et de nombreuses semaines d'inactivité. Mais Barcelone, personne ne fait mieux au milieu de terrain, et le Spice Boys a logiquement souffert. Quand il a eu le temps de relancer, quasiment assis sur sa défense, il a apporté sa touche technique, avec de plus en plus de déchet cependant au fil du match et de la fatigue s'accumulant. Sur coup de pied arrêté, il a également apporté le danger. Mais son impact défensif a été quasi nul, il fut très souvent en retard, récoltant logiquement un carton qui annonçait sa sortie proche (70e). Ça faisait alors 20 minutes que le PSG ne touchait plus le ballon, incapable au milieu d'attraper le cuir, avec quasiment un homme en moins. L'entrée de Verratti allait tout changer.

Dès son entrée en jeu, le jeune italien allait faire admirer sa qualité de passe longue, qui manquait au PSG depuis la 40e minute et l'éteinte de Beckham, idéale pour lancer Ibrahimovic, Ménez ou Gameiro, également entrés en jeu, mais aussi les latéraux, qui allaient parfaitement apporter le surnombre sur les côtés, notamment sur les deux buts, un pour chacun : Maxwell obtenant le coup-franc débouchant au but de Zlatan, nettement hors-jeu pour le coup, Jallet ouvrant parfaitement pour le tête de ce dernier, qui offrira l'égalisation à Matuidi. Est-ce que la titularisation de Verratti aurait changé le cours de la première mi-temps ? Pas sûr, puisque le PSG a été bon avant la pause, sans lui. Mais il n'aurait sans doute pas fait moins bien que Beckham, d'entrée.

Un retour à double tranchant

Les deux clubs vont donc se retrouver dans pile une semaine, au Camp Nou, dans des configurations tactiques sans doute similaires mais avec des compositions différentes. Matuidi sera suspendu côté parisien, il pourrait être remplacé par Thiago Motta, qui risque cependant de manquer de temps de jeu... pas sûr non plus qu'Ancelotti retente l'expérience Beckham. Mais depuis les départs cet hiver de Rabiot et surtout Sissoko, il manque de solutions dans ce secteur. Un milieu Verrati-Motta me semble pas mal, à moins que la hargne de Chantôme lui offre une titularisation surprise... Côté catalan, il manquera peut-être Messi - une sacrée bonne nouvelle pour Paris, on l'a vu hier avec des Barcelonais en grande difficulté pour trouver des espaces sans ses appels -  et de façon certaine
Mascherano, qui s'ajoute à celle de Puyol. Busquets descendra donc certainement en défense pour épauler un Piqué une nouvelle fois en difficulté hier, ce qui modifiera donc également le milieu, avec peut-être l'entrée dans le onze de Song. Devant, on devrait plus sûrement voir Pedro que Villa, qui a raté ses deux récents matches en France, avec l'Espagne et le Barça. Mais n'oublions pas que ce fut son but au retour contre Milan qui qualifia le Barça (4-0)...

Justement, le FC Barcelone sera moins dans l'urgence que lors du tour précédent, où il devait rattraper deux buts. Là, il sera qualifié au coup d'envoi, et pourra se contenter de ne pas prendre de buts, ce qui n'est pas dans les habitudes de la maison. C'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour Paris. La bonne, c'est que du coup ils ne subiront peut-être pas la même furia qu'avait subit le Milan, qui avait encaissé un but de Messi après seulement 5 minutes de jeu. La mauvaise, c'est que du coup Barcelone sera quand même plus prudent - Niang avait bien failli profiter des espaces créés par la défense catalane au retour, trouvant le poteau juste avant le deuxième but de Messi - et n'offrira donc pas les largesses dont auraient pu raffoler Lucas, Lavezzi ou Ménez. Il va donc falloir provoquer une équipe qui ne se jettera pas à l'attaque, sauf si elle veut vite tuer le suspense, ce qui n'est pas impossible. Mais ça paraît moins facile à faire sans Messi...

L'exemple lyonnais
L'objectif, au-delà de la qualification, qui semble quand même compliquée à obtenir, ce sera de ne pas prendre une raclée. Qui se souvient du bon match nul obtenu par Lyon en huitième de finale aller de la C1, en février 2009 (1-1) ? On se souvient surtout du match retour, lors duquel L'OL, malgré deux buts inscrits, avait sombré défensivement, encaissant même un doublé de Henry (5-2)... une fessée que Lyon avait payé par la suite, ne gagnant que deux de ses sept matches suivant et terminant à la troisième place du championnat... Il faudra donc que le score, quitte à ce que ça tourne mal, reste "convenable" pour le club parisien. Parce que si une élimination resterait honorable car attendue et normale, une fessée le soumettrait une nouvelle fois aux lazzis et aux quolibets de la France du foot et de ses médias, si facilement enclins à le moquer au premier accroc.

On a hâte d'y être en tous cas ! A plus tard !