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mercredi 10 octobre 2012

La Ligue 1 tient bon !

Salut à tous,

Nouveau petit bilan de la Ligue 1, après huit journées, soit un peu plus d'un cinquième du championnat, déjà. Un championnat toujours aussi passionnant, et qui n'est toujours pas écrasé par le PSG, malgré les multiples craintes exprimées dans tous les médias sportifs depuis trois mois, voire plus. La Ligue 1 tient bon, comme à son habitude. Le football, tellement aléatoire et incertain, est le sport qui se prête le moins à la véracité des prévisions et autre prédictions de toutes sortes, et ça se vérifie encore une fois, même si, là aussi, il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions dans ce sens.

OM-PSG, un vrai sommet

Marseille a tenu le choc à domicile face à son dauphin, ce qui est tout de même assez paradoxal pour un leader, mais compréhensible au vu des mercatos respectifs des deux clubs, et de leur puissance financière. Le PSG a été bousculé, comme toujours à Marseille, ce qu'a eu bien du mal à comprendre et admettre Christophe Dugarry, qui a craché sa haine du club de la capitale comme rarement durant sa carrière de consultant. Si certains avaient des doutes sur ses goûts footballistiques, ils sont désormais fixés. Même ceux qui aiment le moins
le club parisien auront du mal à affirmer que Dugarry est, disons... pro parisien, après une performance pareille. Ce qu'il n'est pas sensé être non plus, d'ailleurs.

Peu importe, au fond. Le PSG a donc été bousculé, mais a ramené finalement un point qui le maintient à la fois à distance raisonnable de Marseille, et avec une petite avance sur ses poursuivants, qui ont tous été tenu en échec (Lyon, Bordeaux, Lorient, Toulouse...). Du coup, Reims, prochain adversaire des Parisiens, grimpe à la cinquième place, ce qui annonce un duel des plus sympathiques. En attendant, on peut aussi dire, avec raison, qu'en raison de la stagnation de leurs adversaires directs, Marseille comme Paris ont raté une belle occasion de faire le trou.

Beaucoup de buts, beaucoup d'invaincus

Ce week-end on a eu droit à une très belle journée, riche de 33 buts, meilleur total de la saison, ce qui porte la moyenne à 2,59, soit la même que lors de la phase aller de la dernière saison à peu près. Espérons que cette fois les attaquants tiennent la distance et ne baissent pas de pieds lors de la phase retour, comme l'an dernier (2,4 au final).

On compte encore trois équipes invaincues après 8 journées (PSG, Lorient et Bordeaux, qui ont accumulé 14 nuls à eux trois, dont lors de leurs trois confrontations), un évènement rarissime. L'an dernier, il n'y en avait aucun, sept équipes comptant 1 défaite, dont les trois leaders (PSG, Lyon et Toulouse), Montpellier, futur champion, en comptant déjà deux. L'année d'avant, ils étaient deux (Lille, futur champion, et Rennes) à être invaincus, ce qui était déjà très rare. La dernière fois que l'on comptait 3 clubs sans défaite, c'était en 2001-02 (les deux leaders, Auxerre et Lille, et le PSG). Les trois clubs allaient respectivement terminer aux 3e, 5e et 4e place, à bonne distance de Lyon, qui signait son premier titre et qui comptait deux défaites à la 8e journée... comme quoi, c'est symbolique mais assez peu significatif finalement, et certainement pas décisif.

On compte également 8 équipes encore invaincues à domicile (dont Ajaccio, 14e) et deux qui n'ont pas encore gagné chez elles (Montpellier et Troyes), tandis que 5 équipes n'ont pas encore gagné à l'extérieur (Nice, Reims, Nancy, Troyes et Brest) et 4 équipes invaincues hors de leurs bases, Lyon s'ajoutant aux trois équipes évoquées plus haut.

Chez les attaques, trois équipes mènent le bal, le PSG, Lorient et Saint-Étienne (14) devant Valenciennes et Lyon (13). Les Verts, Reims et Lyon mènent à domicile (9) tandis que le PSG domine à l'extérieur (8). De son côté, Nancy n'a encore marqué que deux buts, dont un à domicile. A l'extérieur, Sochaux n'a également marqué qu'une seule fois. Chez les défenses, le PSG est encore en tête malgré son week-end mouvementé en Provence (5 buts) devant Bordeaux, Reims et Saint-Étienne, encore (6). La meilleure défense à domicile est corse (Ajaccio, 0) et la plus mauvaise l'est aussi (Bastia, 10) ! Valenciennes n'a cédé qu'une fois chez lui, et le PSG, deux. A l'extérieur, six équipes ne comptent que 3 buts encaissés, tandis que Troyes a déjà craqué 12 fois. Au total, Bastia est la plus mauvaise défense (20) devant Troyes (18) et Nancy (14).

Le phénomène Zlatan

Vous l'avez sans doute lu, vu ou entendu, Zlatan Ibrahimovic mène la danse en tête des buteurs (9 buts), avec 4 doublés à la clé, et ce en 7 matches, soit un but toutes les 70 minutes. A noter qu'il n'en compte aucun de la tête, malgré sa taille, alors que l'attaquant toulousain Wissam Ben Yedder, son étonnant poursuivant au classement, haut d'1m70, en compte 3 sur 6 (meilleur total avec Maoulida, qui lui en est à 3 sur 3...). Même quand il marque sur corner, c'est du pied... Comme quoi, ce n'est pas forcément la taille qui compte. Le club parisien, malgré l'avantage de la taille de son avant-centre, joue très peu dans les airs mais principalement au sol. On n'a pas trop l'habitude, en France, d'avoir des attaquants grands ET bons avec leurs pieds... mais ça arrive plus souvent qu'on ne le pense. Un autre grand attaquant parisien, Guillaume Hoarau (1m91), n'a marqué que 9 de ses 37 buts en Ligue 1 de la tête. Même chose pour Giroud l'an passé (1m92, 1 seul sur 21). En fait, c'est juste un poncif. On oublie aussi trop souvent l'impayable nullité des centres aériens en Ligue 1, une véritable plaie, que l'on constate jusqu'en Équipe de France, où on ne marque JAMAIS de la tête... sauf à Toulouse et Bastia, apparemment. On a marqué 45 buts de la tête en Ligue 1, dont 11 pour les défenseurs et... un d'un gardien.

Ibrahimovic qui a également marqué 6 de ses 9 buts à l'extérieur (2 à Lille, 2 à Bastia et 2 à Marseille). Il devance l'Evianais Khelifa, auteur d'un triplé étonnant à Montpellier (2-3). Il a également marqué le 10e coup-franc cette saison, déjà. Étonnant chiffre, puisqu'on en avait compté seulement 28 l'année dernière, soit 0,73 par journée, contre 1,25 cette saison, et surtout que ça en fait autant que de penalties (96 l'année dernière, soit plus 3,4 fois plus). Il y aura très certainement plus de penalties que de coup-francs en fin de saison, mais en attendant on peut savourer cette augmentation, même temporelle, de la réussite dans cette exercice, autre secteur où la Ligue 1 est d'ordinaire complètement nulle, comme les centres. A noter que, comme toujours, les tireurs de coup-francs sont souvent gauchers (6 sur 10) et ceux sur penalties, droitiers (9 sur 10).

La dernière fois, je vous avait parlé des buts européens qui se comportaient bien, et qui avaient même une petite avance sur les Sud-Américains. Mais depuis, les derniers se sont réveillés, et ont repris l'avantage, très loin derrière l'Afrique, évidemment (47). En deux journées, les Brésiliens ont marqué 5 fois, tous ce week-end d'ailleurs, les Argentins, trois
fois, sans parler des buts du Chilien Estrada et du Colombien Sanchez. Dans le même temps, les Européens ne marquaient "que" 4 fois, également tous ce week-end. Les Gauchos ont ainsi bénéficié du réveil des Niçois Cvitanich (2) et Civelli (1), tandis que ce week-end, les Brésiliens Brandao et Marcos Dos Santos (2 buts chacun) ont assuré la première place du Brésil (14), devant leur grand rival argentin (9, à égalité avec la Suède d'Ibrahimovic). Ca fait donc désormais quatre buts d'avance pour les Sud-Américains, mais les Européens tiennent malgré tout bien le choc. Et si Ibrahimovic (9), Erding et Ben Basat (3 chacun) continuent de briller, ils peuvent continuer d'espérer...

Les vieux ont la vie dure !

Dans la guerre des âges, l'avantage est toujours nettement en faveur des plus de 31 ans, qui marquent trois fois plus (22) que les moins de 21 ans (7), ce qui semble logique mais ne l'est pas vraiment, en fait. L'an passé, par exemple, les jeunes, porté par Eden Hazard (20 buts), avaient plus marqué (79) que les vieux (72), et ce n'était pas vraiment une rareté. Le vieillissement des buteurs de Ligue 1 est évident sur ce début de saison, ce qui peut inquiéter pour le renouvellement prochain du championnat. Surtout quand on voit l'identité des jeunes buteurs, hormis Jordan Ayew (2 buts) (Sidibé, Lille, Eysseric, Nice, Ahamada et Regattin, Toulouse, Bahebeck, Troyes). De bons jeunes, mais qui ne semblent pas vraiment promis à un avenir de niveau international, à vue de nez. Chez les vieux, même chose, d'ailleurs, avec de bons joueurs de championnat, mais seulement trois anciens internationaux français (Meriem, 2, Rothen et Giuly, 1), derrière Maoulida et Barbosa (3 buts).

On peut également noter le très faible nombre de buts de joueurs contre leurs anciennes équipes, qui ne sont que trois (Gourcuff à Rennes, lors de la première journée, Modeste contre Nice lors de la 7e et Erding contre Sochaux ce week-end). Les remplaçants, en revanche, se débrouillent bien, avec 24 buts dont 3 pour le Rémois Courtet, et deux pour Maoulida et Bastos. Bastia, Reims, Saint-Etienne et Toulouse ont les meilleurs bancs (3 buts chacun). Le PSG et Marseille, eux, n'en comptent aucun, étonnant pour les Parisiens qui possèdent pourtant un banc de grand standing, quelque soit le onze de départ...

Voilà, avant de terminer, notons que le meilleur passeur du championnat est Sagbo (Evian, 4), devant Nene, Cohade et Danic (3), que Nancy n'a encore enregistré aucune passe décisive dans le jeu, contre 11 pour le PSG et Saint-Étienne, que Marseille est toujours le meilleur dans le dernier quart d'heure (+6) devant Bastia et Brest (+5) et surtout Montpellier, qui a encore perdu un point ce week-end contre Evian et qui est bon dernier (-5), que Bordeaux a été menée pour la première fois de la saison ce week-end à Brest, et que c'est Valenciennes qui a été le plus longtemps en tête depuis le début de la saison (338 minutes, devant le PSG, 302), contre seulement 9 minutes pour Nancy, 28 pour Troyes et 27 pour Bastia, qui a pourtant gagné trois matches, et enfin que Reims n'a été mené que durant 13 minutes, contre 31 pour Bordeaux, 393 pour Bastia et 376 pour Nancy.

Voilà ! A plus tard !

vendredi 21 septembre 2012

Semaine contrastée

Bonjour à tous,

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on vient de vivre une semaine européenne pour le moins instructive, bien qu'assez traditionnelle finalement. Quoique.

Historiquement, les clubs français prennent plus de "points" en Europa League qu'en Ligue des Champions. Pas énormément plus, mais si en général ils ont un bilan légèrement positif en fin de saison - ce qui n'est pas toujours le cas, comme l'année dernière (16 victoires, 16 défaites) ou l'année d'avant (17 victoires, 18 défaites), ce n'est pas grâce à nos résultats en C1. Ainsi, l'année dernière, Marseille, Lyon et Lille avaient accumulé 9 succès et 10 défaites en C1, contre 7 succès et 6 défaites en C3. Même chose l'année d'avant : 9 succès et 12 défaites en C1, 8 succès et 6 défaites en C3. Et cette année, c'est pour l'instant flagrant : 2 victoires, 3 défaites en C1, 4 succès à 0 en C3 (tour préliminaire inclus). Ce ne sont pas des différences énormes, mais bien réelles, et récurrentes depuis plusieurs années. Un écart qui s'explique évidemment par la différence de niveau entre les deux compétitions, mais aussi par le manque de véritables clubs leaders en Ligue 1, véritablement dominateurs en championnat et compétitifs face aux meilleurs clubs européens. Ce n'est pas nouveau, la Ligue 1 est un championnat homogène, où le suspense est souvent présent et les écarts rares. La seule fois qu'un club français a semblé capable de rivaliser avec les meilleurs ces dernières années, c'est quand Lyon écrasait le championnat... mais il était tout seul.

Malgré tout, nombreuses étaient les critiques - justifiées - adressées aux clubs français engagés en C3, pour leur manque d'investissement et d'intérêt dans une compétition certes fatigante, mais pour laquelle ils s'étaient battus l'année précédente. Paradoxalement, ce sont les clubs qui auraient préféré se qualifier en C1 plutôt qu'en C3 l'année passée, notamment Lyon et Marseille mais aussi, à un degré moindre, Bordeaux, qui ont semblé montrer un appétit supérieur pour les joutes sous-médiatisées et pourtant souvent féroces de l'Europa League. On aurait pu craindre que ces clubs, calibrés jusqu'à encore aujourd'hui, malgré leurs difficultés financières et l'affaiblissement présumé de leurs effectifs, pour la Ligue des Champions, de par leur histoire dans la compétition notamment, ne jouent pas le jeu, peu motivés par une compétition qui rapporte tellement moins que la C1, et qui est si peu valorisante sur le plan médiatique. Si Bordeaux avait mis 4-0 à Bruges en C1 - affiche crédible a priori - plutôt qu'en C3, ça aurait eu un tout autre retentissement. Équivalent, peut-être, à celui du large succès du PSG contre Kiev (4-1). Mais non, non seulement ils ont joué le jeu, alignant leurs équipes types ou presque, contrairement à leurs prédécesseurs qui préféraient donner du temps de jeu à leurs remplaçants face à des clubs portugais ou russes qui n'en demandaient pas tant, mais en plus ils ont fait le boulot, signant de très bons résultats.

Du coup, au lieu de légèrement rattraper les résultats français en C1, comme souvent, nos résultats en C3 les compensent carrément beaucoup. Sur cette semaine, on passe d'un bilan très moyen, voire mauvais en C1, à un bilan honorable de 3 succès, 1 nul et 2 défaites sur la semaine. Pas la panacée, mais c'est mieux que rien.

En fait, c'est plutôt la C1 qui gâche la C3. Que Montpellier s'incline face à Arsenal, c'était prévisible, même si on peut considérer que le Champion de France, au vu de sa prestation et de son nombre d'occasions nettes, méritait largement mieux que cette défaite (1-2). On savait cette défense londonienne prenable, même si elle est pour l'instant solide en championnat (1 but en 4 matches). Jenkinson et Gibbs sont jeunes et peu connus, et les joueurs qui composent sa charnière (Mertesacker, Koscielny, Djourou, Vermaelen...) sont de bons joueurs européens, mais loin d'être des cadors. Les petits gabarits montpelliérains en ont profité, notamment l'excellent Cabella, qui rappelle vraiment beaucoup Valbuena, en moins truqueur... mais ça n'a pas suffit, par manque d'expérience et de lucidité. Un constat classique à ce niveau pour un bizut, mais cruel quand même.

Que Paris batte Kiev, c'était attendu, même si ce n'était pas du tout cuit face à une équipe qui, sur le papier, est plutôt séduisante. Paradoxalement, alors qu'on l'attends plutôt sur son potentiel offensif exceptionnel, et malgré l'importance de l'écart au tableau d'affichage, c'est bel et bien par la qualité de son bloc défensif que le club parisien a fait la différence, et ce dans les deux surfaces. Défensivement, le PSG a étouffé son adversaire, livrant le pauvre Ideye Brown à lui-même, et ne concédant quasiment aucune occasion, si ce n'est sur ce but un peu casquette comme seul le PSG semble capable d'en prendre, encore. La charnière Alex-Thiago Silva a été aussi solide que prévu, bien protégée il est vrai par le gros travail des trois milieux défensifs, Chantôme, Matuidi et l'exceptionnel Verratti, dont on n'a pas fini d'entendre parler. On pouvait s'étonner du montant du transfert élevé pour un jeune joueur inconnu n'ayant jamais évolué en Serie A (11 millions). On pouvait aussi s'étonner de voir qu'il avait été présélectionné pour l'Euro avec l'Italie ! Mais quand on le voit jouer, on comprends tout, et notamment pourquoi son ancien club, Pescara, est monté au printemps dernier, et pourquoi il est en grande difficulté cette saison en Serie A...

Mais si le PSG a fait la différence, c'est aussi grâce à ses défenseurs, en plus de l'excellent match de Pastore et Ménez, qui n'ont pourtant été décisif qu'un minimum (le penalty pour Ménez, le dernier but pour l'Argentin). Les deux stoppeurs brésiliens ont marqué sur coup de pied arrêtés, et du pied, pas de la tête, et Jallet a été exceptionnel dans son couloir. La concurrence avec Van der Wiel va être féroce. Mais selon moi, il n'y a pas photo. Le latéral néerlandais a pour lui son transfert (6 millions), son salaire et sa carrière internationale (1 finale de Coupe du Monde). Mais il reste aussi sur un Euro d'une indigente faiblesse. J'ai du mal à l'imaginer passer devant un Jallet qui marche sur l'eau, et qui est surtout le capitaine du club ! En revanche, pour Sakho, pourtant très bon depuis la reprise... il va lui falloir se battre pour écarter un des deux Brésiliens ! Son avantage ? Son âge, par rapport à Alex notamment (22 contre 30).

Bref, ces deux résultats étaient plutôt attendus. Mais celui de Lille, en revanche... on marche sur la tête. Certes, les clubs français ont l'habitude, depuis 10-15 ans, d'avoir des résultats moyens en C1. Mais je n'ai pas le souvenir d'une équipe française humiliée de la sorte sur sa pelouse face au club présumé le plus faible de sa poule (1-3). Le LOSC avait déjà manqué le coche l'an passé, en ne parvenant pas à battre Trabzonspor au Stadium Nord, ce qui lui aurait permit de se qualifier pour les huitièmes (0-0). Comme quoi, le changement de stade n'a pas changé grand chose, je dirais même au contraire, vu le bilan du club dans sa nouvelle enceinte si ardemment réclamée (1 succès, 1 nul, 2 défaites). Avec la perte de Hazard et malgré l'arrivée de Kalou, le LOSC a beaucoup perdu en percussion offensive, mais ce n'est pas de la faute du trio offensif lillois si les Lillois prennent des buts aussi idiots en ce moment, comme à Troyes en championnat (1-1), et contre Borisov, si ? Des cadres comme Debuchy ou même Mavuba, pourtant excellent en sélection, marchent à côté de leurs pompes en ce moment. En tous cas, en un match, Lille a perdu une grande partie de ses chances de se qualifier. Comment les imaginer prendre au moins 4 points contre Valence et le Bayern, et gagner à Borisov, dans leur état de forme actuel et vu leur historique dans la compétition ? Perdre contre le "petit" dans une poule resserrée, c'est presque toujours rédhibitoire.  Le LOSC va même devoir se surpasser pour accrocher la troisième place, qui lui semblait assurée. C'est vraiment du gâchis...

Heureusement, donc, les anciens habitués de la petite musique du mardi et mercredi ont respecté leurs statuts en Ligue Europa. Bordeaux n'a pas tremblé face à une équipe brugeoise que j'attendais quand même à un autre niveau, notamment sur le plan de la gnac (4-0). J'ai regardé le match, et je n'ai pas vu une seule occasion belge ! Bordeaux était bon, mais pas à ce point. Tant mieux pour les Girondins, qui peuvent réaliser de belles choses dans une poule à leur portée (Newcastle, Maritimo). Même chose pour Lyon, qui a eu du mal à concrétiser sa domination avant de faire la différence d'un coup, puis de trembler en fin de match contre le Sparta Prague (2-1). Si les Israeliens du Kiryat Shmona ne semblent pas très dangereux, ils ont quand même ramené un nul de Bilbao (1-1), ce que le PSG n'avait pas su faire l'an passer... Lyon est favori de ce groupe, mais attention à la chute de tension. La minceur de son effectif, notamment, me fait un peu peur.

Enfin, Marseille a eu très peur à Fenerbahce (2-2). Dominateur mais mené de deux buts, l'OM a su une nouvelle fois faire parler son excellent état d'esprit actuel pour s'en sortir. André Ayew est dénigré, mais c'est encore celui qui sauve perpétuellement son club, notamment en Coupe d'Europe, comme avec son doublé contre Eskisehispor en tour préliminaire (3-0), contre l'Inter (1-0) ou Dortmund deux fois l'année dernière. C'est selon moi un des derniers joueurs de niveau international du club phocéen, avec Mandanda, Valbuena, Rémy et N'Koulou, et son départ, très probable en fin de saison, fera du mal aux Phocéens. En tous cas, Marseille peut voir venir dans sa poule (Moenchengladbach, Limassol).

Voilà, espérons que la prochaine fois, les résultats français seront tous bons ! A plus tard !

dimanche 8 avril 2012

Le Clasico disséqué

Salut à tous,

Parlons un peu de ce Clasico qui s'annonce. Je sais, je ne suis pas vraiment le seul dans ce cas aujourd'hui et depuis plusieurs jours. Alors, plutôt que de parler de "Dramatico", des égos de certains joueurs ou des prises de bec des autres, contentons nous de nous pencher sur les antécédents de ce match.

D'abord, sur le plan sociologique et géographique, ça ressemble plutôt à Barcelone-Real qu'aux autres "Clasico" dans le monde, dans le sens où il n'y a pas d'honneur régional en jeu, ce n'est pas un derby, même de loin. C'est même justement le problème : deux villes éloignées de 1000 kilomètres, et d'un peu plus culturellement, la capitale contre une des plus grandes villes de France, un des symboles de la Province souhaitant s'émanciper le plus possible de la puissante cité parisienne, qui aurait tous les pouvoirs, paraît-il. Il n'empêche que hormis en Espagne ou en Allemagne, difficile de trouver un pays plus décentralisé que la France, même si évidemment son gouvernement et ses ministères se trouvent tous dans la capitale. Où est-ce le cas ailleurs ? Imagine-t-on un pays où les lieux de pouvoirs nationaux se situeraient ailleurs que dans la Capitale ? Il en faut bien une, de Capitale... enfin bref, passons.

Marseille nettement devant

D'une manière générale, il s'agit du 78e duel entre les deux clubs, toutes compétitions confondues, mais seulement le 66e en Ligue 1, ce qui veut dire qu'ils n'ont passé que 33 saisons ensemble. Normal, puisque le club parisien n'a que 40 ans... Il n'empêche, ce duel est presque autant un classique en Coupe de France (10 matches) qu'en Ligue 1. Je ne vous apprendrais rien si je vous disais que les Olympiens dominent les débats, avec six succès d'avance (32 à 26), un bilan encore plus avantageux en championnat (31 à 18 !). Ça veut dire qu'en Coupes, le PSG n'a perdu qu'une fois en 12 duels, pour 8 succès, ce qui confirme son statut historique d'équipe de coupes.

Dix-huit victoires, 16 nuls et 31 défaites, 72 buts à 91, c'est donc le bilan en championnat entre les deux équipes. Au Parc des Princes, le PSG domine de très peu : 13 succès à 9, 43 buts à 36. Si le club s'était imposé la saison dernière (2-1) il avait lourdement chuté l'année précédente (0-3) et l'année d'avant encore (1-3). D'ailleurs, le club phocéen n'a perdu qu'une seule fois lors de ses six dernières visites Porte d'Auteuil (3 nuls, 2 succès). Avant la victoire de novembre 2010, il fallait remonter à novembre 2004 pour retrouver un succès du PSG dans son antre (2-1). C'était alors sa quatrième d'affilée contre son meilleur ennemi, toutes compétitions confondues...

Chacun son tour

Ce duel est souvent une histoire de cycles. Ainsi, on l'a vu, les derniers duels ont surtout tourné en la faveur des Marseillais, qui n'a perdu que deux fois en 11 matches contre le PSG, tous terrains et compétitions confondues, et 3 fois en 15 matches de championnat. Il y a une petite dizaine d'années, la tendance s'était brièvement inversées, notamment lorsque Ronaldinho brillait à Paris : huit succès consécutifs entre le 26 octobre 2002 et le 10 novembre 2004, dont cinq en championnat. En revanche, lorsque le PSG avait battu Marseille le 4 mai 1999, privant du titre le club phocéen (2-1), il restait sur... neuf ans et 13 matches sans succès contre l'OM en championnat, si on excepte la demi-finale de la Coupe de France 1995 (2-0), contre des Marseillais alors en Ligue 2, et s'appuyant sur des cadors comme Didier Wacouboué, Joël Cantona ou Franco Vignola...

Ce qui est intéressant de constater, c'est l'influence qu'a eu la médiatisation "forcée", instaurée notamment par Canal Plus au début des années 90 histoire de vendre encore mieux son produit, de ce duel. Avant l'été 1990, le PSG recueillait 0,88 points par match contre Marseille (avec la victoire à deux points), contre 0,91 depuis. Sur ce plan là, c'est vrai que l'évolution est mince. Sauf qu'il faut considérer les années 70 comme les débuts du jeune PSG face à un mastodonte comme l'OM, qui, en 1972, venait de gagner deux titres de champion et faisait souvent jeu égal avec le grand Saint-Étienne. Résultat, dans les 70's, Paris n'a pris que 0,71 points par match contre ce qui n'était pas encore son grand rival.

En revanche, les années 80 ont vu l'avènement à un plus haut niveau du club parisien, champion en 1986 et vainqueur de deux Coupes de France, tandis que Marseille tentait de se relever de son passage à l'étage inférieur, entre 1980 et 1984. Résultat, de 1980 à 1990, ce sont les Parisiens qui mènent légèrement les débats (1,08 points par matches), face à un OM qui sera quand même champion deux fois, en 1989 et en 1990. Survient alors la médiatisation évoquée plus haut, la création artificielle de l'antagonisme entre deux clubs qui, jusque là, ne se calculaient pas plus que les autres. Et là, les chiffres s'inversent.

Alors que dans les années 90, Marseille connaîtra à nouveau une période en Ligue 2 (1994/1996) mais aussi deux autres titres de champion (1991, 1992, sans parler de 1993, qui lui avait été retiré suite à l'affaire VA-OM), le PSG, qui lui va être un de 10 meilleurs clubs européens de la décennie, avec une victoire en Coupe des Coupes, une finale l'année suivante ainsi que 5 demi-finales européennes consécutives, est dominé dans les duels (0,95), avec à la clé une seule saison à plus de deux points contre son adversaire, en 1998/1999 (3 points), alors que le club ne jouait que la 9e place... l'année de son deuxième titre, en 1993/1994, le PSG ne prendra qu'un point.

Alors que les résultats de Marseille ne sont pas forcément meilleurs que les siens depuis 20 ans, du moins sur le plan des titres (dans les années 2000, l'OM a pris en moyenne 3,6 points de plus que le PSG, qui en a pris 0,08 de plus durant la décennie précédente), Paris a semble-t-il récupéré un complexe d'infériorité particulièrement tenace face à un adversaire, contre qui il avait perdu ses premiers matches véritablement médiatisés, ce qui l'a manifestement marqué au fer rouge. Depuis, une victoire du PSG dans le Clasico semble presque un exploit pour ses supporters, qui vivent ces rares évènements comme des victoires européennes, ou presque. Chacun d'entre eux se souvient de chacune d'entre elles comme des victoires sur le destin, l'adversité. C'est sans doute aussi le cas pour leurs vis-à-vis sudistes, mais pour d'autres raisons que le seul enjeu sportif...

Pauleta dans son jardin

Autre particularité du Clasico : le PSG domine son adversaire sur un plan, celui du meilleur buteur depuis 1990, Pauleta (6 buts). Étonnant de voir que si les joueurs marseillais (hors csc) ont marqué 12 buts de plus que les Parisiens (55 à 43) sur cette période, leurs meilleurs buteurs se nomment Maurice, Boksic, Niang, Van Buyten et Battles, et émargent à trois buts. Ils devancent quelques joueurs inattendus, comme Boli, Cana ou Heinze (2 buts). Dans le même temps, l'Aigle des Açores domine trois joueurs à trois buts également, Leroy, Ronaldinho et Hoarau. Ce dernier fait partie des trois Parisiens actuels ayant déjà marqué lors d'un Clasico, avec Luyindula (2 buts) et Chantôme (1 but), pas spécialement des titulaires. Côté Olympiens, ils sont cinq, Ayew (2 buts), Amalfitano, Cheyrou, Rémy et Valbuena (1), qui eux jouent plus régulièrement... Ce qui sera sans doute un avantage, ce soir.

A noter également que plusieurs joueurs ont marqué contre leur ex ou futur club, comme les Parisiens Leroy, Fiorèse et Luyindula, qui ont chacun marqué 2 buts contre Marseille, ainsi que Weah, futur et éphémère joueur de l'OM en 2000/2001, et les Marseillais Maurice (3 buts contre le PSG), Cana (2), Fournier, Gravelaine et Pouget (1 but chacun). A noter que Gabriel Heinze, lui, a d'abord brillé contre Marseille (1 but) avant de rendre ses anciens supporters malades, une fois passé chez l'ennemi (2 buts)... C'est le seul dans ce cas.

Ce qui est bien avec les stats, c'est qu'elles auront très probablement évolué dans quelques heures ! A plus tard, donc ! Et n'hésitez pas à réagir !

mercredi 28 mars 2012

Marseille peut le faire

Salut à tous,

Ce soir, Marseille fait face au plus grand défi de sa saison, et ce dans les pires conditions possibles. Le club phocéen ne gagne plus depuis plus deux mois et huit matches consécutifs, toutes compétitions confondues, depuis la victoire contre l'Inter Milan, au match aller du tour précédent en fait, et doit faire avec la suspension de son gardien et capitaine, Steve Mandanda, ainsi que la blessure de son meilleur défenseur, Souleymane Diawara, et peut-être de son meilleur attaquant, Loïc Rémy. Manquerait plus que son meilleur milieu, Benoît Cheyrou, se blesse en allant promener son chien, et ce serait la totale. En tous cas, face à un Bayern très au-dessus du lot en ce moment, tout ces pépins semblent rédhibitoires pour une qualification éventuelle, sachant que même au complet, l'équipe provençale n'aurait pas été favorite face à ce qui est pourtant son double allemand. Ou du moins son modèle.

Et pourtant, selon moi, il y a des raisons d'espérer. Pour la qualification, je ne sais pas, parce qu'à domicile le Bayern est difficilement prenable, et capable de dominer n'importe qui, parfois dans des proportions sidérantes. Mais pour ce soir en tous cas, y a moyen de faire un résultat qui n'assurera pas forcément à l'OM une place en demi-finale, mais pourra peut-être le requinquer, le relancer dans sa course à l'Europe en championnat.

D'abord, Marseille est également très solide à domicile : cette saison, sont venus perdre au Vélodrome Dortmund, et pas qu'un peu (3-0), le même club qui domine le Bayern de cinq points en championnat, s'il vous plait ; le PSG (3-0), Lille (2-0) et l'Inter Milan, on l'a vu (1-0). C'est vrai, en phase de poule de la Ligue des Champions, Arsenal et l'Olympiakos étaient venus s'imposer au Vélodrome (0-1), mais quand même, ça prouve que dans les très grands matches, face à des adversaires extrêmement redoutables, Marseille est capable de s'imposer. Rappelons que durant les 15 dernières années, Chelsea est venu perdre deux fois boulevard Michelet (1-0), en février 2000 et en décembre 2010 ; Manchester United est venu y concéder un nul en février 2011 (0-0) après y avoir perdu en octobre 1999 (1-0). Alors bien sûr, là encore il y a aussi eu des échecs, comme les deux visites de Liverpool (0-4, 1-2) et celles du Milan AC en septembre 2009 (1-2) et du Real Madrid deux mois plus tard (1-3), mais l'essentiel est dit : Marseille sait gagner face aux gros. Surtout que, malgré sa grande forme actuelle et ses ambitions continentales, le Bayern n'est pas le Milan ou le Real. Ce n'était pas un bon tirage, mais ce n'était pas le pire.

Dortmund, on l'a vu, est venu perdre largement à Marseille, et le champion d'Allemagne ressemble beaucoup à son dauphin bavarois : une force offensive extrêmement impressionnante, façon teutonne, mais aussi une défense qui, si on ne peut pas la considérer comme poreuse, n'est pas impassable. Comparée à l'attaque du Bayern, constituée de deux des meilleurs ailiers du monde, Robben et Ribéry, et un des meilleurs attaquants mondiaux, Gomez, eux-mêmes assistés par des clients comme Müller, Kroos ou Schweinsteiger, s'il est remis, la défense ferait presque peine à voir. D'abord, Daniel van Buyten, qui aurait pu tout autant que Ribéry effectuer un retour triomphal dans la cité phocéenne, est blessé. Ensuite, la charnière actuelle, composée certes de deux internationaux allemands, Boateng et Badstuber, ne présente pas les meilleures garanties. On a vu lors du dernier Allemagne-France (1-2) que le second, remarquable gaucher relanceur, n'est pas forcément le meilleur défenseur du monde, notamment lorsqu'on joue vite dans son dos. Le premier nommé, lui, est régulièrement aligné sur le côté droit, a souvent des moments d'absence et des manques tactiques à ce poste, sans parler du manque d'automatismes avec son partenaire. Rappelons cependant que malgré cela le Bayern n'a pris que 6 buts lors de ses 13 derniers matches... peut-être parce qu'il possède aussi un des tous meilleurs gardiens de la planète, et le plus cher de l'Histoire aussi (25 millions d'euros), Manuel Neuer. Lui, il va falloir le battre.

Sur les côtés, si Lahm reste impressionnant sur son aile (gauche, en général, même si je le trouve meilleur à droite), il l'est surtout par sa percussion et ses qualités offensives. Même chose pour Rafinha, côté droit. Le Brésilien est une vieille connaissance du football européen... pas forcément un client au niveau du reste de ses coéquipiers. Remis en confiance par son but à Nice (1-1), Ayew peut lui faire des misères.

Surtout, le club bavarois n'est pas non plus fabuleux à l'extérieur. En Bundesliga, il est troisième à ce classement spécifique, à sept points de Dortmund et à un de Moenchengladbach. Il a déjà perdu quatre fois en déplacement, contre deux pour le leader actuel du championnat, encaissant 13 buts en autant de rencontres, contre 9 en 14 matches pour Dortmund, et 8 en 13 pour l'autre Borussia, la grosse surprise de la saison. Le Bayern s'est certes incliné à Leverkusen (2-0) et à Moenchengladbach (3-1), mais aussi, en première partie de saison, à Hanovre (2-1) et Mayence (3-2), tout au mieux des candidats à la Ligue Europa. Il s'est également incliné en Ligue des Champions à Manchester City (2-0) après avoir gagné à Villarreal, qui a perdu tous ses matches (0-2) et ramené un nul de Naples (1-1), et a surtout perdu au tour précédent à Bâle (1-0), qui n'était pourtant pas un foudre de guerre, vu la raclée que le club suisse a pris au retour (6-0). Bref, bien bloqué, le Bayern, peu sécurisé derrière, peut perdre à peu près n'importe où. Il n'est pas complètement le rouleau compresseur qu'on présente partout, même s'il y ressemble un peu ces derniers temps.

En fait, cette opposition me rappelle celle entre l'Allemagne et la France, en février dernier. Tous les observateurs, moi le premier, redoutaient une débâcle tricolore, les Bleus manquant trop, selon nous, de sûreté défensive et d'efficacité offensive pour faire douter sur sa pelouse une des meilleures équipes du monde, impressionnante lors des éliminatoires de l'Euro (10 matches, 10 victoires, +27 de différence de but) dans un groupe pas si facile (Turquie, Belgique, Autriche...). Et pourtant, les Bleus, privés de Rémy et Benzema, l'ont emporté tout à fait logiquement. Aurait-ce été la même chose lors d'un match officiel, avec un enjeu au bout ? Certes, les Allemands ont plus de mal que nous pour se mobiliser lors d'un match amical, notre grande spécialité, mais un Allemagne-France est toujours disputé.

On saura ce soir si j'avais raison d'y croire ! Le Bayern reste favori de cette confrontation, du moins celle de ce soir, mais il est prenable, c'est une certitude.

A plus tard !

lundi 26 mars 2012

Montpellier prend le relais

Salut à tous,

Au soir de la dixième journée des matches retours, un constat s'impose avant tous les autres : après une demi-saison satisfaisante, on s'ennuie à nouveau ferme dans les stades de Ligue 1. Dix-huit buts en 10 matches, on n'avait pas fait aussi mal depuis la cinquième journée, certes. Mais on a surtout pas dépassé les 26 buts une seule fois en 2012. Lors de ces matches retours, lors desquels on est passé de 2,6 à 2,47 buts par match, on tourne à 2,32, et même 2,24 lors des cinq dernières journées, avec à la clé douze 1-0, dix 1-1, dix 2-0 et seulement huit 2-1, contre... deux 0-0, aucun depuis trois journées. Un nouvelle preuve à mettre au débit de la victoire à trois points, ou plutôt du nul à un seul point...

Après, l'évènement est évidemment la passation de pouvoir entre le PSG et Montpellier. Les deux équipes comptent le même nombre de points, évidemment (60), mais aussi de buts (53, comme Lille également) mais les Héraultais ont encaissé trois buts de moins (27 contre 30), trois nuls de moins et deux défaites de plus, ce qui fait que la victoire à trois points les arrange. Ils restent également intraitables à domicile (40 points sur 45) alors que le club parisien a désormais perdu 12 points au Parc des Princes. Montpellier domine également lors des matches retours (23 à 20 points), où ils n'ont encaissé que 4 buts... dont deux à Paris (2-2). Bref, contrairement à ce que beaucoup d'observateurs affirment, en général à contrecœur d'ailleurs, le PSG est loin d'avoir titre gagné. Ce ne serait pas la première fois que le club le plus riche ne gagne pas le championnat, notamment en France...

C'est la dixième fois que Montpellier est leader cette saison, la deuxième des matches retours. Premières journées inclues, le MHSC n'a quitté les deux premières places qu'une seule fois, fin septembre (4e). D'ors et déjà, le club héraultais a égalé le troisième meilleur total de son histoire (60 points, comme en 1996), derrière 2010 (69) et 1988 (63, ramené à la victoire à 3 points). Des chiffres qui devraient être assez vite battus, a priori.

Par ailleurs ce match nul (1-1) entre le PSG et Bordeaux n'est pas un évènement en soit : quand on regarde en détail, les Girondins n'ont perdu que deux fois lors de leurs 7 dernières visites au Parc, toutes compétitions confondues, tout en l'emportant quatre fois sur la même période ! Avec Monaco, seule équipe à posséder un bilan positif Porte d'Auteuil, Marseille ou Nancy, il s'agit donc d'une véritable bête noire pour les Parisiens. Par ailleurs, Bordeaux, qui avait déjà obtenu un nul sur le même score à l'aller (1-1) devient la première équipe du championnat à être désormais assurée de finir invaincue contre le PSG en championnat cette saison. Si Nancy ne perd pas contre Paris le week-end prochain, ce sera la deuxième...

Marseille, lui, a mis fin à la pire série de son histoire (7 défaites consécutives, toutes compétitions confondues). Mais en Ligue 1, les Olympiens n'ont plus gagné depuis leur déplacement à Rennes, fin janvier (1-2), soit huit match et trois points pris. Ils en avaient signé 7 entre janvier et mars 2007 (3 points) et surtout... 14 entre mars et septembre 2005 (six points) ! Qui se souvient d'une série aussi catastrophique aujourd'hui ? Dans le même temps, Lyon, qui lui a perdu à Nicosie, a depuis gagné tous ses matches... allez comprendre.

Notons également la belle quatrième place toulousaine, à trois du podium. Cependant, si certains semblent voir du progrès dans le jeu des hommes de Casanova, ça ne se voit pas dans les stats : ils ont la meilleure défense (24), loin devant Brest et Montpellier (27) mais aussi la 13e attaque avec 31 buts, soit autant qu'Ajaccio et moins que Auxerre (33) ou Caen (32), entre autres. D'ailleurs, les meilleurs buteurs toulousains sont deux, ils s'agit d'Umut Bulut et Emmanuel Rivière, qui culminent à 4 buts, devant Capoue, Tabanou et Machado (3). Le TFC est par ailleurs dernier au nombre de passes décisives dans le jeu (10), soit autant que Jérémy Ménez à lui tout seul. Même dans le dernier quart d'heure, ce n'est pas ça : avec 6 buts pour et 6 contre, Toulouse est l'équipe dont les matches sont les moins agités dans leurs conclusions, derrière Brest (4 et 6) et Evian (4 et 7), et ce même si les Toulousains ont récupéré 4 points durant cette période. Bref, pas de quoi piquer de la clientèle au Stade Toulousain, même s'ils sont de nouveau des candidats sérieux à la lutte pour l'Europe, voire la C1.

Bref, venons-en au 18e but personnel d'Olivier Giroud, le premier dans le jeu depuis cinq matches mais aussi le 7e lors du dernier quart d'heure, le meilleur total de la saison. Malgré ce léger fléchissement constaté depuis un mois et demi, le Montpelliérain peut dormir tranquille : il y a cinq journées, il comptait exactement le même nombre de buts d'avance sur ses concurrents (5) que maintenant... depuis, Nene n'a marqué que deux fois, Gameiro une fois, tout comme Aubameyang et Rémy, tandis que Jovial a câlé, tout ce beau monde étant ayant été rejoint ou dépassé par Hazard, qui est passé de 9 à 13 buts, et Gomis, de 9 à 12. Du coup, il paraît très difficile d'imaginer qu'un autre joueur que Giroud puisse atteindre ou dépasser la barre symbolique des 20 buts cette saison, comme l'an passé (Sow 25, Gameiro 22). Il faudrait que Hazard ou Nene marquent 7 fois lors des 9 dernières journées, Gomis 8 fois, Gameiro et Aubameyang 9 fois... ça reste possible, mais ça paraît quand même peu probable. Giroud devrait donc s'imposer très largement dans cette course.

Qu'est-ce que j'ai d'autre en magasin... Rennes, par l'entremise du Valenciennois Danic sur penalty, a encaissé son 4e but de la saison contre un de ses anciens joueurs. Il s'agit du deuxième plus gros score de la saison, derrière Auxerre (5) et devant Caen, Nice et Sochaux (3). Huit équipes (Toulouse, Valenciennes, Nancy, Lorient, Brest et les trois promus) n'ont encore vu aucun de leurs anciens pensionnaires marquer contre eux. A vue de nez, et hormis le TFC, c'est donc plutôt un avantage pour les clubs les plus modestes, dont les rangs sont sans doute moins souvent renouvelés que ceux qui ont ont les moyens de garnir la rubrique des transferts, notamment en joueurs de Ligue 1.

Le Niçois Monzon, auteur de son sixième penalty de la saison, est seul en tête des buteurs défenseurs, devant les deux Lillois Chedjou et Debuchy (5). Bourillon (Lorient) et Lovren (Lyon) ont, eux, ouvert leurs compteurs but. Chez les milieux, en plus du 13e but de Hazard, qui rejoint Nene en tête grâce à son 7e but sur coup de pied arrêté, notons le but d'André Ayew (7 buts), son premier en championnat depuis le 2 décembre dernier, soit six matches sans marquer, avec à la clé aucune victoire olympienne. Avec Loïc Rémy, c'est LE joueur indispensable à cette équipe marseillaise, blessé à l'épaule ou pas.

Pour sa part, Guillaume Hoarau, après 30 mois de galères, semble être reparti comme en 40, ou plutôt comme en 2008/2009 : il a inscrit contre Bordeaux son 5e but de la saison, tous inscrits en 2012, et quatre d'entre eux lors du dernier quart d'heure. A la moyenne de buts par minute, il est premier du championnat devant tout le monde avec un but toutes les 116 minutes (133 pour Giroud, 158 pour Gomis, 171 pour Lisandro...), hormis le jeune Montpelliérain Jonathan Tinhan, qui a marqué un but lors de ses 56 minutes de jeu... Il devance même l'autre phénomène de cette saison, le Savoyard Kevin Bérigaud, qui a marqué 4 buts en 544 minutes (136). Il y a trois ans, lorsqu'il avait explosé, Hoarau marquait toutes les 162 minutes.

Bref, je vous laisse avec ma traditionnelle équipe type des décisifs !



A plus !