Affichage des articles dont le libellé est Anin. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Anin. Afficher tous les articles

samedi 21 janvier 2012

Deux tiers de Mercato

Salut à tous,

Cette année, et contrairement aux exercices précédents, on ne pourra pas dire que le mercato d'hiver ne sert à rien, qu'il ne s'y passe rien, à part le 31 janvier entre 23h45 et minuit, que c'est surtout fait pour raccommoder des effectifs qui n'auraient pas été bien évalués par des entraîneurs distraits, ou, dans le cas du PSG par exemple, par le précédent. Non, cette année, le mercato a une certaine tenue, et il reste encore 10 jours avant sa fin, de quoi bien s'amuser, du moins si les enveloppes de recrutement des clubs déjà actifs n'ont pas été définitivement vidées de leurs contenus.


En même temps, même les années précédentes il y avait déjà beaucoup de mouvement, peut-être pas forcément en France, mais sur toute la planète, et notamment en Europe, ça circulait bon train. Et ce n'étaient pas seulement des sous-fifres qui changeaient d'atmosphères : par exemple, l'hiver dernier, Chelsea recrutait David Luiz (Benfica) et Fernando Torres (Liverpool), certes pour des résultats divers mais surtout pour 82 millions d'Euros à eux deux. On est loin du prêt d'un jeune à casque avec option d'achat au Havre.


En France, comme principales têtes d'affiche changeant d'écuries, on avait eu droit au Brésilien André à Bordeaux, pour un résultat proche de l'accident industriel ; des prêts de Bellion (Bordeaux) à Nice, Sunu (Arsenal) à Lorient, Alonso et Aubameyang (Monaco) à Sainté ; aux arrivées de Boukari (Lens) à Rennes pour 4 millions, Utaka (Portsmouth) à Montpellier, de Feindouno, Moukandjo, Maazou, Welcome, M.Diarra et G.Lacombe à Monaco, pour le résultat probant que l'on sait, et de Verhoek (Den Bosch) à Rennes, et du départ de Makoun (Lyon) à Aston Villa pour 6 millions, de Bergessio et N'Daw (Sainté) à Catane et à Saragosse, de Sverkos (Sochaux) à Panionios et de Sessegnon (PSG) à Sunderland pour 7 millions. Et oui, c'était y a seulement un an, on a l'impression que c'était un peu plus vieux que ça... Bilan de tout cela ? 80 % d'échecs, environ. Seules les opérations Aubameyang, Boukari et Utaka, côté arrivées, peuvent être considérées comme à peu près probantes. C'est maigre, c'est tout sauf clinquant, mais ça prouve que ça avait quand même un peu bougé, sachant que j'en ai laissé quand même plein de côté...

Cette année, rien qu'en France encore une fois, et sans l'impulsion du PSG, qui semble se désintéresser, à tort ou à raison, au marché national, mais non sans celle de Lille, on a déjà eu de quoi se mettre sous la dent. Le Champion de France qui va se voir délesté de son buteur attitré, Moussa Sow, qui devrait vite signer pour Fenerbahce et son challenge sportif ébouriffant. Que Mamadou Niang et ses 30 ans aient été tentés par les charmes du Bosphore, soit, à la rigueur. Mais que Sow, 26 ans et à peine sacré meilleur buteur de Ligue 1, n'ai pas été capable de se dégoter ne serait-ce qu'un bon petit club anglais pour progresser, et s'en aille en Turquie défier Orduspor et Mersin Idman Yurdu, va falloir me faire un mémo parce que j'ai échappé un truc.


Bref, toujours est-il que voilà nos Dogues un peu plus riches que prévu à cette époque de l'année, et qui du coup s'en vont récupérer un des solides espoirs du football français au poste d'avant-centre, à savoir Nolan Roux (Brest). Personnellement, j'ai toujours un petit problème avec cette lubie qu'on les observateurs français de surclasser des attaquants et peu élégants et qui marquent des buts spectaculaires, plutôt qu'à l'aune de leur rendement devant le but. On ne voit ça qu'en France, à l'étranger on a souvent l'étrange habitude de considérer qu'un attaquant est "bon" quand il marque beaucoup, point barre. Non parce que Nolan Roux, en Ligue 1, c'est 10 buts en 46 matches. C'est pas médiocre, il est jeune, mais on a vu mieux, même en Ligue 1. Si si, je vous assure qu'on a vu mieux. Alors, peut-être va-t-il exploser au sein d'un collectif mieux huilé et plus offensif que celui de Brest, mais je reste perplexe quand même. Après tout, les médias officiels ont bien essayé de nous faire croire que Marouane Chamakh était un grand buteur (alors que son record sur une saison est de 13 buts, sachant qu'il jouait en général beaucoup plus que ses collègues), alors pourquoi pas Roux ? En même temps, je ne m'étais pas trompé sur Chamakh...


Notons également le recrutement lillois du jeune Costaricien John Jairo Ruiz, qui vient compléter une collection d'avant-centres (Jelen, De Melo, Roux, Ruiz, Gianni, Rodelin...) assez étonnante pour une équipe n'évoluant jamais avec plus d'une seule pointe... Mais les deux premiers sont des abonnés de la rubrique infirmerie, et les autres sont des jeunes.

Ajaccio semble également avoir eu la main lourde en recrutant Eduardo (Lens), qui est pourtant loin d'être une pointure. Mais son but d'entrée contre Auxerre (2-1), dans une équipe actuellement en pleine confiance, a dors et déjà apporté des points précieux au promu, qui pourrait en glaner d'autres. Le transfert de Ludovic Obraniak à Bordeaux ne peut pas non plus être considéré comme étant anecdotique. Titulaire bis à Lille, où ses coups de pied arrêtés faisaient souvent mal, il va sans nul doute apporter beaucoup techniquement aux Girondins qui en avaient terriblement besoin. Par contre, j'ai toujours autant de mal avec les ailiers contrariés, qui ralentissent le jeu en se replaçant constamment sur leur pied préféré, au lieu de déborder et percuter. Et comme il n'a pas vraiment la vitesse de Messi pour repiquer dans l'axe et dribbler tout le monde... Le seul intérêt, c'est pour frapper de cet angle, et ça il sait le faire.

Bordeaux qui a également recruté un latéral droit brésilien, Mariano, déjà auteur d'une passe décisive pour son premier match, contre Valenciennes (2-1). Avec Eduardo, voilà déjà deux Brésiliens à l'heure en plein hiver, ça c'est pas banal... espérons pour Francis Gillot, mon Droopy préféré, qu'il ne s'agisse pas d'un énième André... le club aquitain qui s'est également "débarrassé" d'Anthony Modeste, qui n'avait pourtant pas démérité durant sa première saison (10 buts), et qui tournait encore cette saison à un but toutes les 158 minutes, une moyenne de meilleur buteur. Mais bon, les gens doivent le trouver moins joli à regarder que Nolan Roux. Pas grave, il va avoir de quoi faire à Blackburn.

Étonnamment, le club le plus actif de ce mercato pourrait bien être Dijon, qui n'est pourtant ni en crise, ni pillé ni racheté par une famille du Golfe. Auteur d'un très bon début de saison, compte tenu de ses moyens et de l'extrême pessimisme général à propos de son maintien en début de saison, le promu et son entraîneur, Patrice Carteron, semblent manifestement éprouver le besoin urgent d'améliorer leur effectif. Ce dernier semblant certes un peu juste en défense, où la charnière, malgré l'apport d'Abdoulaye Meïté, n'a pas particulièrement brillé, notamment en l'absence de ce dernier, les arrivées du défenseur central Zia Diabaté (Dinamo Bucarest), du gardien international ivoirien (malgré son nom ghanéen) Daniel Yeboah (ASEC Abdijan) pourraient - peut-être - lui apporter, mais pas autant que celle du (vrai) Ghanéen Bennard Kumordzi, milieu défensif venu de Panionios. Celui-là, je met une petite pièce dessus, c'est un tout bon. Et devant, Koro Koné, venu de Slovaquie, Hakeem Achour (Ivry) et surtout Gaël Kakuta sont arrivés. A chaque fois, une perle au milieu d'interrogations, espérons que ça ne déstabilisera pas un effectif qui avait l'air de pas trop mal s'en sortir...

A noter également le recrutement de Kahlenberg à Evian, où les nouveaux sont rarement banals, on l'aura remarqué, et des prêts, cette fois prévisibles, de Puygrenier, Bayal et Mollo à Nancy. Des paris, pour une équipe qui avait vraiment un gros problème d'effectif, vu qu'il était complètement pourri. Aleksic (Sainté), Doubaï et Banana (Sochaux), Camara et Djuric (Valenciennes), et bien sûr Anin, qui est bel est bien arrivé à Nice, seront parmi les curiosités de cette deuxième partie de saison, mais peut-être pas autant que Maxwell (PSG), qui a plutôt bien débuté contre Toulouse en championnat (3-1). Les fois où le Barça vend un joueur à un club français, même un remplaçant, sont assez rares pour être soulignées. Mais même ce dernier ne sera pas autant scruté que la grande star que les Qataris souhaitent faire venir à Paris cet hiver. Si elle vient... Pour l'instant, je suis très mesuré.

Savourons ces derniers jours et ne goûtons pas notre plaisir, même si l'argument comme quoi le mercato fausserait le championnat est des plus recevables. Même si, au final, je n'ai pas souvenir de recrutement qui ai réellement permit à une équipe de gagner le titre par exemple. Si vous me parlez de Brandao, vous allez m'entendre.

Allez, à plus tard !

mardi 17 janvier 2012

Têtes brûlées

Salut à tous,

Y a un adage, dans le foot, qui dit qu'il vaut mieux ne pas trop trahir le moule qui nous a produit, si on veut faire carrière dans ce métier. Je ne sais d'ailleurs pas pourquoi on le réserverait au football, je pense qu'il doit fonctionner un peu partout dans notre société. D'ailleurs, je pense même que c'est exactement ce qui régit notre société. Mais je dévie un peu.

Il y a des exemples de joueurs atypiques dans leur comportement, et qui s'en sont à peu près sortis, sans pour autant respecter à la lettre le guide de bonne conduite du bon footeux. Par exemple, on peut citer Éric Cantona, qui a bien failli ne pas être l'immense joueur qu'il a été en Angleterre, après avoir fait à peu près n'importe quoi en France, à Marseille ou à Bordeaux notamment, sans parler de son passage improbable à Nîmes, juste avant son départ pour Leeds. Entre ces deux derniers clubs, il avait carrément annoncé sa retraite sportive... pas besoin, ensuite, d'énoncer ses faits d'armes dans le nord de l'Angleterre. Malgré un kung fu et quelques déclarations rigolotes, il reste une idole à Manchester, où des joueurs comme Beckham, Scholes ou Ronaldo ne sont pas parvenus à le déloger dans le cœur des supporters.

Plus près de nous, il y a Vikash Dhorasoo, qui n'a jamais réussi à s'intégrer dans un effectif, notamment à Lyon où Coupet lui aurait volontiers fait une tête au carré, alors que ses qualités exceptionnelles de football auraient sans doute du lui permettre de faire beaucoup mieux. Pourquoi ? Sans doute parce qu'il n'est pas de droite, ce qui ne doit pas être fréquent dans ce milieu, parce qu'il lit des livres, et possède un recul et un humour sarcastique peu compatible avec celui, plus proche du sol, de ses congénères. Son film, tourné pendant qu'il cirait le banc lors du Mondial 2006, est le point culminant d'une carrière terminée en point d'interrogation, mais qui l'a quand même vu briller à Lyon, voire même à Milan et au PSG. Pas si mal.

Toujours dans la série "surdoués incompris", notons la présence de deux joueurs au profil assez similaire, Mickaël Pagis et Jérôme Leroy. Le premier, faux avant-centre mais véritable sosie de Brad Pitt, comme le second, milieu polyvalent formé au PSG et qui n'a jamais cessé de changer de clubs au gré de ses envies, n'ont jamais été mus par autre chose que le plaisir de jouer, le jeu, l'esprit. Nonchalants, coléreux, eux aussi auraient pu viser plus haut que le statut de bons joueurs de Ligue 1. Mais ils n'ont jamais accepté de faire les sacrifices nécessaires pour cela, à savoir écraser les autres, faire le beau avec la presse pour obtenir de bonnes notes, céder à la langue de bois, respecter un plan de carrière précis... Non, ils suivaient leur cœur, leur instinct, sur et en dehors du terrain. Au final, même s'ils n'ont pas respecté le code, ils finissent ou ont fini leurs carrières respectives avec la reconnaissance, peut-être pas celle du milieu mais sans doute du public : ils étaient des joueurs purs, des diamants bruts, et qui en plus faisaient lever les stades. Même la presse, qu'ils n'ont pourtant pas vraiment caressé dans le sens du poil, les encense aujourd'hui. Comme Cantona, qu'elle avait pourtant tenté d'écraser à chaque incartade auparavant.

Et puis, il y a des joueurs qui, une fois avoir côtoyé ce milieu si particulier, décident carrément de saborder des carrières prometteuses. Et là, le public, bien aidé par des médias narquois, ne comprend pas : ces mecs ont l'occasion de faire un des meilleurs métiers du monde, souvent rémunéré très au-delà du raisonnable, alors que la crise frappe le monde, et ils refusent de le faire malgré des aptitudes très au-dessus de la moyenne ? Des petits cons, voilà ce qu'ils sont, c'est sûr et certain. Un avis péremptoire et définitif, comme le foot peut en générer si souvent.

Ainsi, il y a quelques mois, Javi Poves, défenseur du Sporting Gijon, en Espagne, décidait d'arrêter sa carrière, à 25 ans. Raison invoquées ? Pas une rupture du troisième ligament interne croisé de la malléole gauche, non non. Je cite : "Le football pro c'est seulement argent et corruption. C'est du capitalisme, et le capitalisme c'est mort. (...) Ce que je sais, c'est que je ne veux pas vivre prostitué comme 99% des gens (...) Je ne veux pas être dans un système qui se base sur les profits qui se font sur la mort d'autres personnes en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie. A quoi ça va servir de gagner 1.000€ plutôt que 800€ ? (…) Ce qu'il faut faire c'est aller dans les banques et les brûler, couper des têtes".

Un avis comme un autre, un peu puéril et paradoxal, mais que l'on devrait quand même respecter au plus haut point, pas forcément sur le fond, mais sur la forme, l'esprit. Poves a une conscience, et il la met avant tout le reste, notamment sa réussite sociale et financière. Un geste noble, même s'il peut paraître aberrant au premier abord. Mais qui peut reprocher à un footballeur de ne pas vouloir gagner des centaines de milliers d'euros par an - ou par mois - alors qu'on leur reproche justement l'inverse à chaque heure qui passe ?

Et puis il y a Kevin Anin, 25 ans lui aussi. Un mystère, paraît-il. Un joueur surdoué, une force de la nature, un milieu à l'abattage énorme, capable à lui seul de permettre, l'an passé à Sochaux, à Marvin Martin, Ryad Boudebouz ou Modibo Maïga de jouer au foot comme ils l'aiment, c'est-à-dire en ne défendant pas trop, puisqu'il le faisait pour eux. Cette année il joue peu, et ça se sent. Au Havre, son club formateur, il jouait milieu offensif droit, vous imaginez... un destin à la Makelele en quelques sortes, mais en plus rapide. Peut-être un peu trop, même.

Manifestement, il ne veut plus rester à Sochaux. On le comprend, certes, même s'il a forcément des devoirs envers son employeur. Bouder, c'est moche, ne pas s'entraîner et disparaître, aussi. Le garçon veut partir, point barre. Un comportement énervant, puéril, qui donnerait envie de lui coller quelques mandales si le gamin ne frôlait pas les 1m90 pour 90 kilos de muscles.

Mais je me rappelle d'une interview de lui dans l’Équipe, il y a quelques temps, où il y évoquait son dégout de ce milieu, qu'il n'avait pas forcément envie d'y traîner ses guêtres trop longtemps. Que lui voulait juste jouer au football, sans se prendre la tête, et qu'il était capable de le quitter quand il le voulait. Un peu ce que disait Cantona, à une époque.

Effectivement, on sent qu'il n'est pas heureux. Malgré son talent indéniable, peut-être devrait-il arrêter sa carrière pro. Si c'est pour signer à Nice... difficile d'y voir une amélioration sportive. A-t-il encore envie de faire les efforts pour réussir dans un milieu qui ne lui plait manifestement pas ? Jusqu'où veut-il aller ? Veut-il une carrière à la Pagis ou à la Leroy ? Il en a les moyens, mais dans ce cas il doit jouer, et ne plus se cacher. S'il veut faire comme Cantona, il est sur la bonne voie, mais il n'a pas intérêt à se planter dans ses choix futurs. Car le King a certes quitté certains clubs en claquant la porte... mais il a en a ouvert d'autres, avec beaucoup plus de discernement qu'il n'en paraissait à l'époque.

A plus tard !