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lundi 30 mai 2016

Les chiffres de la Ligue 1

Salut à tous,

Désolé du retard mais je vais pouvoir m'atteler au bilan de cette saison de Ligue 1 palpitante... à peu près à tous les niveaux. Et qui, comme souvent, s'est conclue lors de la dernière journée, voire les dernières minutes, notamment pour le sauvetage in extremis de Toulouse et la qualification de Lille en Ligue Europa, aux dépends de Stéphanois finalement punis de leur manque d'ambition dans le jeu. Ils devront donc cravacher très tôt cet été pour rejoindre les poules européennes...

Paris explose les chiffres

D'abord, honneur au champion, désormais détenteur d'une bonne dizaine de records, rien que sur cette saison : le nombre de points (96), à domicile comme à l'extérieur (48), de victoires (30), notamment à l'extérieur (15), de buts encaissés (19), dont à l'extérieur (7), du plus grand écart avec le deuxième (31), de la plus grande différence de buts (+83), dont à l'extérieur encore (+36), la plus longue invincibilité (36), le champion le plus précoce (à 8
journées de la fin), la plus large victoire à l'extérieur de l'histoire (0-9 à Troyes)... le PSG qui échoue à 16 buts du record du nombre de buts détenus par son prédécesseur parisien dans l'élite, le Racing, en 59-60 (118 contre 102). C'est d'ailleurs la dernière fois qu'un club avait atteint la barre des 100 buts... C'est la quatrième marque de l'Histoire en France, derrière donc le Racing, mais aussi Reims la même année (109), et Lille en 1949 (102 mais en 34 matches)...

Le PSG, leader depuis la deuxième journée, signe donc son 6e titre de champion, le 4e d'affilée, ce qui le place à la 6e place derrière l'ASSE (10), Marseille (9), Nantes (8), Monaco et Lyon (7), et à égalité avec Reims et Bordeaux. Il compte dans ses rangs le meilleur buteur (Ibrahimovic, 38 buts), mais aussi les deux meilleurs passeurs dans le jeu (Di Maria, 16, et Ibra, 13). Il a mené au score durant 1659 minutes, soit plus de 43 minutes par matches, et n'a été mené que durant 151 minutes, soit pas tout à fait 4 par matches... il n'a d'ailleurs été mené d'entrée que 5 fois cette saison, pour 2 défaites et un nul. A titre indicatif, l'an passé il avait concédé le 1er but à 9 reprises (5 succès, 2 défaites) et avait été mené 9 minutes par rencontres. Des chiffres déjà énormes, et multipliés par deux cette saison...

Le symbole le plus cruel sans doute pour cette Ligue 1 étant que Paris termine avec le double de points que son meilleur ennemi, Marseille, 13e avec 48 points... là encore, c'est évidemment inédit.

Trente-et-un points derrière, Lyon finit in extremis deuxième, à égalité avec Monaco qui a pourtant occupé cette place quasiment toute la deuxième partie de saison, et qui comptait 10 points d'avance sur l'OL au soir de la 27e journée... un échec pour les Monégasques, même si ces derniers auraient terminé deuxièmes avec la victoire à 2 points. Ce qui aurait suffit au PSG, puisqu'avec ce barème il aurait réuni 66 points ! Lyon qui conserve donc sa 2e place mais avec 65 points seulement, soit 10 de moins que l'année dernière (!), le plus faible total depuis Marseille en 2006/07 (64), ce qui explique aussi l'écart avec le champion parisien. Monaco, encore troisième, fait aussi moins bien que l'an passé (65 contre 71), soit le plus mauvais total pour un troisième depuis... Lyon, en 2010/11 (64). Cela démontre un championnat extrêmement ramassé entre le 2e et le 19e (28 points), contrairement à l'an passé (45 points) ou l'année d'avant (51). D'ailleurs, depuis 10 ans, cet écart était en moyenne de 39,6 points avant cette saison...

Le PSG n'est pas le seul à avoir signé des records cette saison. Troyes, bon dernier et donc relégué, est le premier club à atteindre la trêve sans le moindre succès, et obtient le plus petit nombre de victoires de l'histoire (3), à égalité avec Reims 79, Lens 89, Nîmes 93 et Arles-Avignon 2011, sans parler de la pire défaite à domicile... les Aubois seront accompagnés par le Gazelec, au parcours plus qu'honorable compte tenu des moyens des Corses (37 points), et de Reims, qui retourne en Ligue 2 quatre ans après l'avoir quittée, et qui n'a pourtant été relégable que durant 4 journées, dont les 3 dernières... la faute aux Toulousains, qui ont figuré dans la zone rouge de la 12e à la... 37e journée, grâce à l'arrivée de Pascal Dupraz, avec qui ils ont pris 18 points lors des 10 dernières journées, soit presque la moitié de leur total final (40). Le jour de l'arrivée du technicien savoyard, le TFC comptait 10 points de retard sur les Rémois, et 6 sur le Gazelec, alors 18e. Une remontada tout simplement historique.

Niveaux buts inscrits, on a plutôt eu droit à une bonne année... pour la Ligue 1. Avec 2,53 buts par match, grâce surtout à une très bonne phase retour (2,69, contre seulement 2,36 à la trêve), on fait un peu mieux que l'an passé (2,49, soit 13 buts de plus), moins bien qu'en 2013 (2,54) mais il s'agit du 2e meilleur score depuis les 2,57 de la saison 1999/00, sachant que depuis 20 ans la moyenne est de 2,36... mais c'est aussi dans la tendance des quatre dernières saisons, qui tournaient à 2,5. Une saison avec seulement 34 0-0 (8,9 %), comme l'an passé, et 95 matches à 4 buts ou plus (25 %), contre 91 il y a un an, 8 journées à 30 buts ou plus (7 en 2014/15) et 5 sous les 20 buts (contre 4 l'année dernière), satisfaisante donc... mais qui reste nettement en deçà des championnats voisins, comme toujours. La Serie A nous devance de peu (2,58, soit 19 buts de plus), mais la Premier League (2,7), la Liga (2,74) et bien sûr la Bundesliga (2,83), en revanche, font nettement mieux.

L'Empereur Zlatan

Qui est le meilleur buteur déjà ? Difficile d'échapper au grand suédois cette saison, lui qui a signé une saison digne d'une autre époque. Le recordman de buts pour le PSG (156 buts en 4 ans, contre 109 en 5 saisons pour Pauleta) a battu le record parisien sur un exercice, détenu par Carlos Bianchi depuis 38 ans (37). Surtout, il ne lui a fallu que 31 matches, et 2552 minutes, pour inscrire ses 38 buts, soit un toutes les 67 minutes ! A noter que le recordman sur une saison, Josip Skoblar, auteur de 44 buts en 36 matches en 1970/71, tournait à un but toutes les 74 minutes... Aucun joueur n'avait atteint les 30 buts en Ligue 1 depuis... lui-même, pour sa première saison, en 2012/13 (30), et avant lui depuis Papin, en 1989/90 (30), qui était lui-même le premier depuis Bianchi à réaliser cette performance. Ce n'est donc que la 4e fois que ça arrive depuis 40 ans !

Meilleur buteur à domicile (22), à l'extérieur (16, devant Cavani, 10), meilleur ouvreur de scores (10, devant Germain, 9), dans le dernier 1/4 d'heure (9, devant Lacazette, 7), il a inscrit 27 buts du droit, 6 du gauche (seuls 4 joueurs font mieux que lui), 4 de la tête et... un de la poitrine, contre Nantes lors de la dernière journée (4-0). Tout cela lui permet donc de mettre son poursuivant, et prédécesseur au palmarès, Lacazette, à 17 unités (21), ce dernier ayant signé une très grosse phase retour (15, contre 23 pour le Suédois). Là encore, un tel écart est historique, le précédent record étant pour Papin en 1990 (+12). Il paraît que c'est parce que la Ligue 1 est facile, mais il est le seul à y parvenir donc il n'y a peut-être pas que ça...

L'année des révélations

Derrière le Parisien et le Lyonnais, Cavani signe son meilleur score dans sa carrière parisienne (19). En trois saisons contrastées, où l'Uruguayen a enchaîné les périodes euphoriques avec d'autres beaucoup plus compliquées, et souvent montré une faiblesse technique assez inquiétante, il n'a certes jamais retrouvé son efficacité napolitaine (104 buts en 3 saisons toutes compétitions confondues) mais avec 81 buts, tout de même, il est devenu le 6e buteur parisien de l'Histoire. Il devance un trio à 17 buts composé de deux joueurs plutôt attendus à ce niveau, Ben Yedder, qui signe donc sa 4e saison consécutive à 14 buts minimum et qui en a profité pour devenir le meilleur buteur toulousain de l'Histoire (63 buts), et Batshuayi, déjà auteur de 9 buts l'an passé en jouant remplaçant derrière Gignac, et qui a confirmé cette saison en doublant son score. Ils accompagnent un 3e larron plus inattendu, Ben Arfa, qui lui n'avait jamais dépassé les 6 buts en championnat depuis le début de sa carrière, sans parler du fait qu'il ne jouait pas vraiment attaquant. Belle performance du meneur niçois, qui aurait peut-être pu l'emmener à l'Euro...

Derrière ces 6 joueurs, on a pu voir émerger plusieurs joueurs qu'on n'avait encore jamais vu à pareille fête : Germain (Nice, 14), Moukandjo (Lorient, 13), Delort (Caen, 12) et bien sûr le phénomène Dembelé (Rennes, 12). Sur les 25 dernières années, on n'avait pas vu un jeune débuter aussi fort en Ligue 1 depuis Trezeguet en 1997/98 (18)... si d'autres joueurs ont amélioré leurs stats habituelles (Braithwaite, 11, Rodelin et Di Maria, 10, Lucas et Grosicki, 9...) d'autres sont restés dans leurs standards habituels (Waris, 11, Diabaté, 10, Roux, 9, Briand, 7) quand d'autres se sont révélés également (Boufal, 11, Ndoye, 9, Cornet et Ghezzal, 8). Enfin, si certains ont déçu (Rolan et Sio, 7, Sala, 6, Benzia, 5, Sigthorsson, 3), d'autres, en peu de temps, ont montré de réelles qualités en vue de la prochaine saison (Eder, 6, Beric, 3).

Les tireurs de penalties en souffrance

A noter que les milieux brillent toujours autant (37,32 %) et ont quasiment marqué autant du gauche que du droit (45 contre 43 %). Le nombre de buts d'internationaux français chute, malgré les performances de Lacazette et Ben Arfa (7,9 % contre 9,6 l'an passé). Mais Gignac et Payet sont partis et Fekir a été blessé... le nombre de buts sur coup-francs était déjà faible, il baisse encore (2,9 % contre 3,19), avec quatre joueurs seulement à 2 unités (S.Diallo, Larbi, Salibur et Lemar). Le spécialiste cette saison du penalty se nomme Fabinho (6), qui n'a raté aucune de ses tentatives. On tournait à 79 % de réussite l'an passé dans cet exercice, 73,3 l'année d'avant, cette saison on fait pire (70,9 %), même si les chiffres se sont amélioré après un début de saison cataclysmique (13 sur 26 lors des 9 premières journées). Cinq équipes (contre 7 l'an passé) ont réussi tous leurs tirs (Lorient, Nice, Lille, Troyes et Bastia) mais quatre obtiennent tout juste la moyenne et une n'y parvient pas (Rennes, 42,8 %). Monaco et Paris ont tourné à 75 %, il s'agit par ailleurs des deux équipes qui en ont obtenu le plus, avec Toulouse, qui en a raté la moitié. Bordeaux et Bastia n'en ont obtenu que deux. A noter que Ben Yedder en a raté 3 sur 5 (!), ce qui aurait pu couter cher à son club...

Félicitations également à Claudio Beauvue, dont le passage à Lyon ne fera pas date mais qui aura réussi à marquer 3 de ses 5 buts contre ses anciens clubs, 2  fois contre Troyes, son club formateur, et un contre Guingamp. Cela reste malgré tout un exercice rare (3 %, 2,97 l'an passé), même si Reims a réussi à encaisser 4 buts de ses anciens pensionnaires, Monaco et Nantes, 3. Chez les buteurs venus du banc, le Rennais Grosicki a fait la loi (6 sur 9 buts), devant 6 joueurs à 3 buts (Benrahma, Batshuayi, Camara, Lucas, Siebatcheu et Roux). C'est Rennes qui a eu le banc le plus efficace (10) devant ceux de Lyon et Paris (9), puis ceux de Reims et Sainté (8). Celui de Nantes, en revanche, a sommeillé (1), derrière ceux de Caen, Guingamp, Lille et Troyes (2).

Comme toujours, les gauchers sont nettement moins ambidextres que les droitiers. Il faut ainsi chercher les 4 buts de Ben Arfa pour trouver le premier gaucher au classement des buts du pied droit, à la 27e place, tandis que des droitiers, quant à eux, côtoient les meilleurs gauchers en tête de leur classement (Ben Yedder, 9, Ibrahimovic, 6, Batshuayi, 5, avec Ben Arfa, 13, Di Maria, 10, Ghezzal, 7...). De la tête, l'Angevin Ndoye domine les débats (5) devant 7 joueurs à 4 (Ibrahimovic, Diabaté, Rodelin, Camara, Germain, Cavani et Moukandjo). A la moyenne de buts par minute, derrière le monstre Ibra, Cavani n'est pas en reste (1 but toutes les 121 minutes), devant Lacazette (141), Diabaté, qui aurait sûrement eu une meilleure carrière sans toutes ses blessures (144), Waris (150) et Dembelé (161). A noter que Delort, porté aux nues dans les médias avec ses 12 buts, fait un peu moins bien que Lucas, pourtant raillé pour son inefficacité (261,5 contre 258,7)...

En vrac

Enfin, chez les passeurs dans le jeu, derrière les deux leaders parisiens, notons la présence du Monégasque Dirar, qui n'a pourtant pas crevé l'écran cette saison (9). Il devance Batshuayi, beaucoup plus collectif qu'on ne le décrit (8), Briand et Boudebouz, (7) et 8 joueurs à 6 passes, dont Matuidi, les Niçois Séri et Germain, ou le Nantais Thomasson. Ce dernier représente l'équipe qui a le plus marqué sur une passe dans le jeu (83,3 %), devant Guingamp (71,7) et le PSG (69,3), qui lui a cumulé 70 passes dans le jeu, soit plus que le nombre total de buts des 19 autres équipes... la moyenne générale se situant à 61,3 %. Les mauvais élèves dans ce classement se nomment Angers, spécialiste des coups de pied arrêtés (42,5), Reims (48,8) et l'ASSE (51,3). Monaco, de son côté, fait à peine mieux (53,7).

Lyon remporte pour sa part le classement dans le dernier quart d'heure, avec 10 points récupérés. Il avait fini deuxième avec 9 points de plus l'an passé, derrière Reims (10). Cette année, l'OL devance Rennes (+7) et Reims encore (+6), tandis que Toulouse parvient à se maintenir malgré 13 points égarés en fin de matches. Monaco en a perdu 7 et Lille 5. C'est Lyon qui a le plus marqué à partir de la 76e minute (25 sur 67 !) devant le PSG (20), qui lui n'en a encaissé que 4 mais qui a tout de même perdu 2 points. Le Gazelec n'a marqué que 4 fois en fin de match, tandis que Troyes et le TFC ont encaissé 17 buts. L'ESTAC qui n'a mené que durant 265 minutes, soit 7 par matches, et a été mené durant plus de 40 minutes par rencontre...

Le nombre de buts étrangers reste le même (53,18 % contre 53,8 l'an passé), hors csc. Derrière la toute puissante Afrique, qui augmente encore ses chiffres (243 contre 209), L'Europe, qui devançait déjà l'Amérique du Sud de peu ses trois dernières saisons (138/130 l'an passé, 137/118 en 2014 et 102/99 en 2013), a cette fois considérablement augmenté son avance (143/102). Il s'agit de son meilleur chiffre depuis les 144 de 2004, qu'elle doit aux 39 buts de la Suède de qui-vous-savez, ainsi qu'aux 29 buts du Portugal de Bernardo Silva (7) et Eder (6), notamment. En face, le Brésil, qui avait du céder sa sempiternelle première place l'an passé à son voisin argentin (39 contre 38), juste devant l'Uruguay (33), a cette fois réussi à dompter un Sénégal qui lui a longtemps fait la nique (44 contre 39). L'Argentine a vu son capital fondre de 10 unités (29), l'Uruguay de 7 (26).

Parmi les 5 "grands" championnats, si on compte les csc, la Ligue 1 possède le plus faible ratio de buts étrangers (51 %), avec l'Espagne, derrière l'Italie (54), l'Allemagne (59) et l'Angleterre (66 !). C'était à peu près les mêmes chiffres l'an passé (52 contre 55 pour l'Espagne, 56 pour l'Italie, 57 pour l'Allemagne et 65 pour l'Angleterre). Mais la répartition par continent est toute autre : il n'y a qu'en France ou l'Afrique domine les débats. L'Europe est très nettement en tête chez nos voisins anglais et Allemands, certes devant l'Afrique, elle est en tête de peu en Italie, devant l'Amérique du Sud, et dominée par cette dernière en Espagne. Dans tous ces pays, les joueurs français sont d'ailleurs très bien représentés (1ers en Espagne et en Angleterre, 2es en Italie, 3es en Allemagne !). Si on additionne les buts étrangers de ces 5 ligues, la France est deuxième (215) derrière l'Argentine (249) et devant le Brésil (213). Même si l'Espagne, 4e avec 209 buts, est un exemple inverse, comment s'étonner ensuite de la faiblesse de la Ligue 1 ?

Allez, je vous laisse digérer tout ça ! A plus tard !

mardi 22 décembre 2015

Bilan de la Ligue 1 à la trêve

Salut à tous !

Comme tous les ans, nous nous retrouvons pour un bilan de demi saison de la Ligue 1. Et dieu sait que cette année, il y a des choses à dire, et pas des banales.

Paris seul au monde

D'abord, ce fameux record, que Laurent Blanc essaie de banaliser tout en s'en étant servi pour motiver ses joueurs lors du dernier match de l'année à Caen, remporté (0-3). 51 points pris après 19 journées, ça interpelle quelque peu. Lyon, au fait de sa gloire, en 2006-07, juste avant que sa domination ne s'étiole quelque peu, en avait remporté 50, mais il avait subit une défaite, à Rennes (1-0), en plus de ses deux nuls, avant de "s'écrouler", terminant champion mais quatrième des matches retours avec seulement 31 unités. L'OL
avait également marqué 39 fois (48 pour Paris) et encaissé 11 buts (contre 9). C'était à l'époque un record qu'on imaginait difficile à égaler, sauf par lui-même, dans un championnat aussi serré et difficile.

Neuf ans plus tard, c'est donc chose faite. 16 victoires, 3 nuls et un rythme qui permettrait au PSG d'atteindre un score de 102 points difficile à concevoir, vu que le maximum autorisé est de 114... ça sous-entend que le club parisien, lors de ces matches allers, a perdu un peu plus d'un point en moyenne tous les dix matches ! Il a également remporté près de la moitié de ses rencontres (9) par au moins trois buts d'écart, contre seulement cinq sur l'ensemble de la saison dernière ! Des chiffres effarants, surtout quand on mesure l'écart qui sépare les Parisiens du reste de la meute... Il y a un an, Lyon était deuxième derrière... Marseille, avec 39 points, et devant le PSG, crédité de 38 points. Il y a deux ans, Monaco talonnait le PSG avec 41 points. Cette saison, l'ASM, avec 32 points, est le plus mauvais deuxième à la trêve depuis... le Paris-SG, dauphin du futur champion lillois fin 2010, avec 31 points, à égalité avec Rennes et Lyon. En revanche, un tel écart après 19 journées (19 points), c'est du jamais vu, il efface des tablettes les 15 points d'avance de Lyon sur Lens fin 2006, encore. En revanche, il échoue à un but de la meilleure différence de buts à la trêve, propriété d'un autre club parisien, le Racing, en 1959-60 (+40). Un goal average qui se répercute sur celui des autres : aucune autre équipe ne dépasse +9 (Nice), alors que trois équipes, les trois relégables, dépassent les -10 et une atteint -25 (Troyes), Caen est quatrième avec -1 et les Verts sixièmes avec 0, et seulement 7 équipes ont un bilan de buts positif, contre 10 avec un bilan négatif. N'en jetez plus !

Pour Troyes, la relégation parait inévitable : seule équipe de l'histoire à atteindre la trêve sans victoire, l'ESTAC compte 13 points de retard sur le maintien. Personne n'a pu rattraper un tel retard en Ligue 1. Avec 10 buts marqués, les Aubois, également pire défense de Ligue 1 (35), échouent à une longueur du record à mi championnat qui est de 9 (Lille en 1993 et Metz en 2010)...

Évidemment, cette domination sans partage offre au PSG une pléthore de premières places dans divers classements : meilleure attaque (48), à domicile (27) comme à l'extérieur (21), meilleure défense (9), à l'extérieur (3 en 11 matches !) mais pas à domicile (6), puisque Angers (4) et Lille (5) le devancent. Le PSG, malgré seulement 8 rencontres disputées au Parc des Princes, est la meilleure équipe chez elle (22 points), devant Saint-Étienne (20 points en 10 matches) et Bastia et Bordeaux (18/10). Il l'est encore plus à l'extérieur, avec 29 points en 11 matches, devant Monaco (19/10), Rennes (17/10) et Nice et Angers (16/10 et 9). Lors des matches retours, le PSG recevra donc 11 fois sur 19...

Zlatan toujours là

Autre secteur ou Paris domine, ce sont les classements individuels. Avec 15 buts, Zlatan Ibrahimovic, après l'intermède Lacazette la saison passée qui l'avait longtemps vu blessé, a repris la main sur le classement des buteurs, nettement devant le duo Moukandjo (Lorient)-Batshuayi (Marseille), auteurs de 11 réalisations. Son compère Cavani est quatrième avec 10 buts, ce qui lui garantit déjà une huitième saison d'affilée avec au moins 10 buts au compteur en championnat. Avec ce total, le Suédois (34 ans) égale son score à la trêve en 2013-14, qui l'avait finalement vu marquer 26 fois, mais reste derrière la performance de sa première saison (18, 30 au final). Cependant, rapporté à son temps de jeu, il signe pour l'instant sa meilleure saison, puisqu'il réussit à marquer toutes les 75 minutes en moyenne, contre environ 100 (99, puis 106 et 105) lors de ses trois premières années parisiennes ! De son côté, il s'agit de sa 10e saison d'affilée avec au moins... 14 buts inscrits en championnat. Par ailleurs, il confirme que malgré sa taille (1m95), il se sert avant tout de ses pieds, et surtout du droit : ce dernier a frappé 14 fois sur 15, dont 5 penalties et un seul en dehors de la surface, pour un but de la tête, et aucun du gauche. Seulement deux d'entre eux ont servi à ouvrir le score, trois ont été inscrits dans le dernier quart d'heure, et six ont été marqués à l'extérieur, meilleur total.

Derrière ce quatuor, la concurrence tire la langue. Les premiers poursuivants, les deux niçois Germain et Ben Arfa, sont à trois longueurs (7), devant six joueurs, les révélations Delort (Caen), Larbi (Gazelec), et Ninga (Montpellier), les habitués Lacazette, en net retrait par rapport à l'an passé, et Braithwaite (Toulouse), le Danois n'étant plus qu'à une longueur de son record toulousain (7) et à trois de son total en carrière, et enfin la "surprise" Di Maria (PSG), qui a déjà égalé son record de buts en une saison, signé deux fois avec le Real Madrid, en 2011 et 2013... l'Argentin, meilleur passeur du championnat dans le jeu (7, devant Ibrahimovic, 6, et Dirar, 5) est d'ordinaire plus doué pour servir que pour recevoir.

Les buts des -21 ont légèrement baissé (14 % contre 15,8 l'an passé) mais restent toujours largement devant ceux des plus de 31 (9,6), pourtant emmenés par le meilleur buteur du championnat. Mais derrière Ibra, quatre joueurs comptent seulement trois buts, Danic (Bastia), Plasil (Bordeaux), Féret (Caen) et Camara (Montpellier)... seuls 17 joueurs de plus 31 ans ont marqué en Ligue 1, contre 37 de moins de 21 ! Ces derniers sont menés par le Lillois Benzia (4), et 7 joueurs à 3 buts, dont Crivelli, N'Koudou, Siebatcheu... attention aux petits nouveaux Romain (Bastia), Ounas (Bordeaux), Koziello (Nice) ou Dembelé (Rennes), tous buteurs deux fois, et qui promettent beaucoup. On en reparle dans quelques années...

Autre signe de la baisse de niveau et d'expérience de la Ligue 1, le nombre de buts de joueurs ayant joué en Bleu au moins une fois (7,5 %, contre 9,6 l'an passé). Heureusement que Ben Arfa, Cabella ou Diarra sont revenus en Ligue 1 pour gonfler ce chiffre... toujours aussi peu de coup-francs inscrits (13, soit 2,9 %...), un chiffre également en baisse (3,2 en 2014-15). Celui des "revanchards", ces joueurs qui marquent contre leurs anciens clubs, est lui légèrement en hausse (3,2 contre 2,97). La palme à Beauvue (OL) et Sio (Rennes), qui l'ont fait deux fois, et à Bastia, Monaco, Nantes et Reims, qui ont subit également deux fois les foudres d'anciens de leurs ouailles... Côté remplaçants, le meilleur d'entre eux est le Rennais Grosicki (4) devant l'éternel Souleymane Camara, qui côtoie Lucas (PSG) et Siebatcheu (Reims), qui comptent trois buts. C'est le PSG qui compte là encore le meilleur banc (8) devant Reims et Rennes (5). Trois équipes n'ont pas encore vu leurs remplaçants marquer, Angers, Guingamp et Nantes, 3 des 6 plus mauvaises attaques de Ligue 1. Enfin, le meilleur "gaucher" est Di Maria (6) devant Alessandrini (Marseille) et Ben Arfa, 5, et Fekir et... Cavani, 4. Côté buts de la tête, c'est logiquement l'angevin Ndoye qui mène (4), en compagnie de Moukandjo, devant un spécialiste, Privat (Guingamp, 19 buts de la tête sur 31 en Ligue 1) et Germain, qui fait honneur à son père Bruno, illustre buteur à répétition de la tête il y a une vingtaine d'années...

L'Europe confirme son renouveau

Si le nombre de buts étrangers a légèrement baissé (49,77 % contre 53,8 l'an passé), les rapports de force demeurent les mêmes, du moins à propos des continents. Derrière la surpuissante Afrique, toujours intouchable (106 sur 217 buts étrangers), l'Europe confirme son léger redressement, aperçu l'an passé et reste devant l'Amérique du Sud (64 contre 45), avec même un écart plus grand, puisque la saison dernière elle n'avait devancé cette dernière que de 8 petites unités (138 contre 130)... la renaissance de Zlatan, plus les buts belges, portugais, danois ou polonais ont permit cette avance, tandis que la baisse de régime du Brésil, en tête, certes, mais à égalité avec le Cameroun (18), et de l'Argentine (14) ont confirmé que les footballeurs sud-américains sont de moins en moins nombreux en Ligue 1. Neuf des 14 buts argentins ont été marqués par des Parisiens, ainsi que 10 des 12 buts uruguayens... seuls les Brésiliens sont un peu plus répartis (5 buts du PSG sur 18).

Chez les passeurs, derrière Di Maria, Ibra et Dirar, on trouve quelques belles surprises avec le jeune bordelais Crivelli, accompagné du soit-disant individualiste Batshuayi et du Niçois Séri (4). Au classement combiné buts+passes, Ibrahimovic est évidemment en tête (15+6), devant le buteur marseillais (11+4), Moukandjo (11+2) et Di Maria (6+7) et enfin Cavani (10+2). Au pourcentage par équipe, c'est Nantes, plus mauvaise attaque (14) du championnat derrière Troyes (10) qui mène, avec 84,6 % de buts marqués sur passe décisive dans le jeu, devant ses voisins de l'ouest Rennes (79,2) et Guingamp (76,5). Lyon (56,5) et Paris (56,2) sont très loin, mais devant Troyes (40), le dernier, qui suit Angers (47), spécialiste des coups de pied arrêtés.

Dans un championnat où on ne gagne plus que 38,9 % de ses matches à domicile (47,6 l'an passé), contre 29,4 % de succès à l'extérieur, où une seule équipe n'a pas encore perdu chez elle, vous savez qui, et où la moitié des équipes n'ont pas gagné plus de trois fois dans leur stade, il n'est pas étonnant de constater l'importance des buts inscrits à l'extérieur (44,10 % !). Une moyenne de buts assez nettement en baisse par rapport à l'an passé (2,36 contre 2,49). On a ainsi déjà eu droit à cinq journées sous les 20 buts, dont les deux premières, la dernière, ainsi que la 16e, qui est descendu à 13 unités (!), contre seulement deux cas à la même époque il y a un an, et seulement quatre sur toute la saison ! Encore une fois, ce ne sont pas vraiment les 0-0 qui font la différence, puisque la hausse de ces derniers est très relative (9,47 % contre 8,94 l'an passé). Ni même les 1-0, en légère baisse cette saison (20 % contre 21,3). Mais les 2-1 étaient nettement plus nombreux (15,5 % contre 13,7), tout comme les 3-1 (7,1 contre 4,21), par exemple. D'une manière générale, la Ligue 1, qui aime à se compter, sans raison valable, dans les "cinq grands championnats", reste à la traîne de ses voisins dans ce domaine : on tourne à 2,54 en Italie, 2,56 en Espagne, 2,66 en Angleterre, et 2,82 en Allemagne. Ça fait rêver, mais on a l'habitude.

Divers chiffres...

Enfin, notons que le PSG a ouvert le score 15 fois, l'emportant à 14 reprises dans ce contexte, seul Caen, qui l'a emporté lors de ses 9 ouvertures du score, faisant mieux. La deuxième équipe ayant le plus ouvert le score est... Toulouse, qui a pourtant réussi l'exploit de ne s'imposer que deux fois... seul Troyes, qui a marqué deux fois le premier sans l'emporter, fait pire. Paris a concédé trois fois le premier but, avec deux succès et un nul au final. Huit équipes ne se sont jamais imposées après l'ouverture du score adverse, dont les Verts, Lyon ou Marseille. Logique, dans un championnat où on ne l'emporte que dans 10,5 % des cas après avoir pris le premier but... en revanche quand on ouvre le score on l'emporte dans plus de 65 % des cas ! Par ailleurs, Lyon est la meilleure équipe du dernier quart d'heure avec 5 points récupérés, devant Caen et Guingamp (3), quand Toulouse ferme la marche avec 11 points égarés, qui lui permettraient de fréquenter la 7e place s'ils étaient toujours là... malgré deux points perdus en fin de match (contre Bordeaux, 2-2), c'est Paris qui a malgré tout marqué le plus dans le dernier quart d'heure (12), devant Lyon (9) et Lorient et Bordeaux (8). Le LOSC, lui, n'a jamais craqué en fin de match (0 but) mais n'a marqué que 3 fois... seuls le Gazelec et Toulouse font pire (1).

Lors de cette première partie de saison, le leader incontesté a mené durant 892 minutes, soit presque 47 minutes par matches. Personne ne fait évidemment mieux, y compris Nice, son dauphin dans ce domaine (33,8), tandis que Troyes ferme la marche avec 63 minutes en tête... le PSG qui n'a été mené que durant 49 minutes, contre 232 à Angers et 280 à Monaco. A noter les "performances" de Marseille, 14e de ce classement avec 467 minutes (24,6) et surtout Lyon, 18e avec 520 minutes (27,4), soit presque un tiers du temps ! Seuls le Gazelec (525) et Troyes (728) font pire...

Revenons enfin sur une stat qui a défrayé la chronique cette saison : les penalties ratés. Après cette 19e journée où les 2 penalties tirés ont été stoppés, on tourne à 62,5 % de réussite. Un chiffre rachitique, à comparer aux deux précédentes saisons, l'an passé (79 %) et 2014 (73,3), qui n'étaient déjà pas fameuses. Si cinq équipes ont réussi toutes leurs tentatives (mais une seule en a tiré plus d'un, Lorient, 5), trois les ont toutes ratés, Bordeaux (1), Guingamp (2) et surtout Rennes (4 !). Les Bretons qui n'avaient déjà pas brillé l'an passé (1 sur 3) ni même il y a deux ans (2 sur 4)... au bout d'un moment, ce n'est plus un hasard.

Je vous laisse digérer tout ça ! A plus tard !

lundi 1 juin 2015

Le bilan chiffré de la Ligue 1

Salut à tous,

Allez, alors que la saison vient de se terminer avant un interminable tunnel de deux mois, avant de remettre tous les compteurs à zéro, il est temps d'effectuer un bilan détaillé et chiffré de la Ligue 1 2014-15.

Paris en approche au palmarès

Le PSG remporte donc son cinquième titre de champion de France, son troisième d'affilée. Le club parisien est certes encore en retard sur les meilleurs - Saint-Étienne, 10 titres, Marseille, 9, Nantes, 8... - mais son histoire est évidemment beaucoup plus récentes que celle de ses glorieux prédécesseurs. Depuis 1974, date de sa montée au sein de l'élite - qu'il n'a plus quitté depuis, personne n'est plus ancien en Ligue 1 - le Paris-SG n'est pourtant devancé, en terme de titres de champion, que par Lyon et son septennat victorieux, lors de la dernière décennie. Dans le même temps, Nantes, Monaco, Bordeaux et Marseille font aussi
bien que les Parisiens, qui n'ont donc pas à rougir de leur jeune mais déjà très fourni palmarès, par ailleurs riche de 9 Coupes de France - le recordman marseillais en est à 10 - et 5 Coupes de la Ligue, record de la compétition... personne ne fait aussi bien depuis 41 ans.

Avec 83 points et autant de buts inscrits, le PSG fait un peu moins bien que l'an passé, lors duquel il avait battu le record de points pris, que ce soit à 3 points ou rapporté à deux, sachant que seuls les Verts de 1970, qui évoluaient dans un championnat à 18 clubs, les devançaient à la moyenne de points (1,65 points contre 1,63). Il avait également battu le record du nombre de victoires (27, 24 cette saison), même s'il avait été battu par trois équipes au pourcentage de succès (71 %). Enfin, les 84 buts inscrits étaient le meilleur chiffre depuis Marseille, en 1971 (94), et personne n'avait signé une meilleure différence de buts (+ 61) depuis Reims 1960 (+ 63). Bref, des chiffres assez difficiles à battre, même si 89 points est un score régulièrement dépassé en Liga, par exemple, ou cette saison le Barça (94) et le Real (92) font mieux... Mais le PSG, avec ses 83 points, comme lors de son premier titre de la décennie, reste au-dessus de la moyenne des dix derniers champions de Ligue 1 (81,1).

Son titre, le PSG l'a construit en 2015, où il a pris 45 points, soit six de mieux que Monaco (8 buts encaissés seulement en 2015), 9 de plus que Lyon et 17 de plus que Marseille, qui était pourtant champion d'automne (41) avec 2 points d'avance sur Lyon et 3 sur Paris. Le PSG a notamment beaucoup plus marqué après la trêve (51) qu'avant (32 !), gagné plus de matches (14 contre 10) mais aussi encaissé plus de buts (23 contre 13)... à son rythme des matches retours sur toute la saison (2,37 contre 2 lors des matches allers), le club entraîné par Laurent Blanc aurait été le premier à atteindre les 90 points en Ligue 1.

Une défense gruyère

Le PSG qui a pourtant perdu autant de matches que la saison dernière (3), il faut donc chercher vers les matches nuls pour expliquer le nombre de points en baisse. Trois matches nuls en plus, six points en moins, ça colle. Mais pourquoi plus de nuls, sachant que le PSG en a réalisé plus (11) que la moyenne générale, qui est d'ailleurs exceptionnellement basse cette saison (8,8, 10,8 l'an passé) ? Le chiffre qui fait tâche pour le champion c'est cette défense (36 buts encaissé, quatrième bilan, à 10 unités de Monaco) qui lui a couté, notamment en première partie de saison, de perdre de nombreux points après avoir ouvert le score (73 % de succès, 83,3 l'an passé, Marseille est à 86,3 et la moyenne générale à 72,5). Paris est, avec Monaco, l'équipe qui a le plus ouvert le score (26) mais pas celle qui l'a le plus emporté dans ce cas (Monaco, 20, contre 19 pour Paris). Le PSG, qui a encaissé 13 buts de
plus que l'an passé, a réalisé 13 "clean sheet" cette saison, contre 19 l'an passé ! C'est pourtant dans ce secteur que le club parisien avait le plus recruté l'été dernier, et pas pour des clopinettes...

Dans les attaques, Marseille suit le PSG à 7 unités (76), devant Lyon (72) et les surprenants Caennais (54), qui devancent Monaco et les Verts (51). Nantes, plus mauvaise attaque du championnat, égale le pire score de son histoire (29) qui datait de 2006/07, date de sa première descente en Ligue 2... les deux promus relégués, Lens et Metz, font mieux que les Canaris (32 et 31). Niveau défenses, Saint-Étienne suit Monaco à 4 longueurs (30), devant son voisin Lyonnais (33), le PSG (36) et Montpellier (39), Marseille et ses 42 buts, comme Rennes, et Lille, pointant à la 7e place. En revanche, la pire défense, Reims (66), ne descend pas, ce qui est très rare, pas plus que la 19e, Toulouse (64). Les trois de devant, en revanche, Metz et Lens (61) et l'ETG (62), eux, n'y coupent pas.

Malgré tout, le PSG est demeuré la seule équipe invaincue à domicile, une première depuis Bordeaux en 2008/09, et avec 49 points sur ses terres, réalise le meilleur bilan d'une équipe chez elle depuis Montpellier en 2011/12 (50). Il devance Lyon (45) et le trio ASSE, Marseille et Bordeaux (41). C'est Lens et ses 19 points qui ferment la marche à "domicile", puisqu'ils ont l'excuse d'avoir évolué toute la saison à Amiens. Les Parisiens sont cependant battus à l'extérieur par Monaco (38 pts contre 34), l'ASM ayant pris plus de points en déplacement qu'en recevant (33), seule équipe dans ce cas. Lyon est troisième (30), devant Marseille et les Verts (28). A l'extérieur, le bonnet d'âne est pour Metz (8 points, seulement 5 buts marqués).

Deuxième du championnat, Lyon peut mesurer son exceptionnelle performance par un chiffre : 31. C'est le nombre de buts marqués par ses joueurs de moins de 21 ans cette saison (Fekir, Njie, Tolisso...). Seul Monaco (Martial, Silva, Carrasco...) a suivit la cadence (27), Lille suivant loin derrière (18) devant Marseille (14). Le PSG, meilleur club des plus de 31 ans (23), n'en est qu'à 6 chez les jeunes, dont 4 pour Rabiot et 2 pour Marquinhos.

L'avènement de Lacazette

Chez les buteurs justement, on a assisté à un putch d'Alexandre Lacazette, qui glane là son premier titre avec ses 27 buts, dont 24 du droit. A 24 ans - il les a fêté après la clôture du championnat, le 28 mai -, le premier Lyonnais à être sacré meilleur buteur depuis Karim Benzema en 2008 est aussi le plus jeune depuis André-Pierre Gignac, sacré à 23 ans avec Toulouse en 2009. Après les deux saisons de domination d'Ibrahimovic, il s'agit du premier français à l'emporter depuis Olivier Giroud, co meilleur buteur avec Montpellier en 2012 avec le Parisien Nenê (21 buts). Meilleur buteur à l'extérieur (13), Lacazette, qui bat le record d'un attaquant lyonnais, établit en 1969 par André Guy (25), est enfin le premier buteur "formé au club" depuis Benzema, toujours en 2008, preuve de l'immense qualité de la
formation lyonnaise depuis un moment.

Le buteur rhodanien, qui a évidemment établit son record personnel après ses 15 buts de l'an passé, devance le Marseillais Gignac (21) qui, en neuf saisons au sein de l'élite, ne parvient à atteindre la vingtaine que pour la deuxième fois, après son titre toulousain de 2009, mais qui dépasse la douzaine pour la troisième fois d'affilée avec son club de cœur. Il faut noter que si on retirait les penalties du total des joueurs - il en a mis deux, contre 8 pour Lacazette et Ibrahimovic - il serait à égalité avec le Lyonnais. Le Suédois du PSG qui doit donc céder son double titre, avant tout en raison de ses absences, pour blessure ou autre : il compte 9 matches et 937 minutes de jeu de moins que son jeune adversaire, avec qui il partage d'ailleurs la même moyenne de buts par minutes (un but toutes les 105 minutes). Chez les buteurs à au moins 1000 minutes jouées, personne ne fait mieux, le Stéphanois Gradel (129) devançant ensuite Diabaté (Bordeaux, 134,4), Cavani (146,1) et Gignac (147).

Les révélations Gradel, Beauvue et Batshuayi

A noter la belle perf des surprenants Gradel, meilleur buteur en 2015 (13), et Beauvue (Guingamp), 17 buts chacun, ainsi que Rolan (Bordeaux, 15). Duhamel, qui a d'abord joué pour Caen (6 buts) puis Evian (4) s'est donc montré plus efficace face au but que pour son choix de carrière, ce qui est pas mal pour une première saison dans l'élite, à 30 ans. Il faut également saluer le fameux quintuplé du Niçois Carlos Eduardo sur la pelouse de Guingamp, fin octobre (2-7). Ce jour là, le joueur prêté par Porto a inscrit la moitié de son total final...

Gignac et Gradel qui remportent le titre de meilleurs "ouvreurs de score", avec 9 unités chacun, devant Lacazette (8) et Beauvue (7). Lucas est le premier Parisien (6), devant Cavani et Ibra (5). A noter que Lens et Metz ont ouvert 6 fois le score chacun... de son côté, Jordan Ayew est le meilleur "revanchard" de la saison, avec ses 3 buts marqués contre son ancien club, Marseille. Suivant Mandanne, Gignac, Bodmer et Rabiot, pour son doublé contre Toulouse, à qui il avait été prêté il y a deux ans... le TFC qui a concentré le plus de buts d'anciens joueurs (5), devant Marseille et Rennes (3). Lyon et le PSG sont à 1, ainsi que Monaco ou l'ASSE.

Le Marseillais Batshuayi, lui, est le meilleur remplaçant de la saison (6 buts sur 9 sorti du banc) devant Moukandjo (Reims, 4). Ces deux clubs remportent logiquement la mise (14 et 12) devant Caen et Monaco (9). Le PSG n'a eut que 5 buts venus du banc, et Lyon, 4. Mauvaise note à Guingamp (1)... le meilleur gaucher est Fekir (10), devant Silva (Monaco) et Mounier (Montpellier, 8), et le meilleur buteur de la tête est Gignac (7), qui devance le
spécialiste Beauvue (6) et le meilleur défenseur buteur de Ligue 1 (6 buts), le Rémois Mandi (5). Enfin, en 2015, Gradel, auteur de 13 de ses 17 buts après les fêtes, et une CAN dont il fut vainqueur avec la Côte D'Ivoire (!), devance le trio Beauvue, Cavani et Ibrahimovic, 11 buts chacun. Suivent Rolan et Lacazette (10), qui a donc faiblit après la trêve.

Les Argentins en tête

Déjà vainqueur en 2013 après plus d'une décennie de domination brésilienne, l'Argentine, grâce à une grosse dernière journée (4 buts), s'adjuge un nouveau titre de pays le plus représenté au classement des buteurs de Ligue 1, elle qui est déjà le pays le plus prolifique dans l'histoire du championnat de France (2331 buts), devant le Brésil, 1506). Ce dernier est également le deuxième cette saison, à une petite unité des Gauchos (39 contre 38). Le troisième est l'Uruguay (33), mais pourtant l'Amérique du Sud n'est, comme l'an passé, que troisième avec 130 buts, derrière l'implacable Afrique (209) et l'Europe, qui confirme son renouveau (138). Les étrangers qui ont un peu moins marqué cette saison (53,8 contre 55,5 en 2013-14). A noter cette année les premiers but en Ligue 1 du Mozambique (Mexer, 4), ainsi que du Bélarus (Krivets) et Madagascar (Nomenjanahary, 1).

Avec ses 5 passes décisives dans le jeu, Lacazette est le joueur le plus décisif cette saison (27+5) devant Ibrahimovic (19+6) et Gignac (21+2). Les meilleurs passeurs qui succèdent à Zlatan (14 l'an passé) sont son coéquipier Pastore et le Marseillais Payet (11 chacun). Ils devancent Hamouma (ASSE, 8) et Njie (Lyon) et Pléa (Nice, 7). Étrangement, c'est Toulouse qui signe le meilleur pourcentage de buts marqués sur une passe décisive dans le jeu (69 %) devant Lyon (68,1) et Bordeaux (67,4). Paris est à 61,2 et Marseille 18e, à 50,7, sachant que Nantes, bon dernier, est à 38,5 et que la moyenne générale est de 58,2. Nantes n'a signé que 10 passes décisives, dont 2 pour Gakpé et Bammou...

En bref

Pour finir, on l'a déjà évoqué tout à l'heure, en Ligue 1 quand vous ouvrez le score, vous avez 72,5 % de chances de l'emporter, et 81,15 % de chances de ne pas perdre, puisque seulement 11,85 % des équipes ayant concédé l'ouverture du score ont réussi à l'emporter. Dans ce domaine, le champion l'a fait 5 fois (sur 9), Lyon 3 fois sur 11 et Bordeaux 4 fois sur 16. Huit équipes ne l'ont fait qu'une seule fois, dont Evian (22 buts encaissés d'entrée), Toulouse (23) et Lens (24), tandis que Monaco est la seule équipe à n'avoir jamais gagné dans ces conditions (8) ! Les Verts et Metz, eux, n'ont jamais perdu après avoir ouvert le score, mais les premiers nommés, qui l'ont fait 23 fois, ont plus de mérites que les Lorrains (6)... le PSG s'est fait surprendre une fois, à Bastia (4-2), en 26 ouvertures de score. A noter que Nice a perdu 5 fois (sur 14) dans ces conditions, record de la saison.

Par ailleurs, Reims est élue meilleure équipe dans le dernier quart d'heure, avec 10 points de récupérés, devant Lyon (9) et Caen (7). Marseille et Monaco en ont glané 2, et le PSG perdu 2, sachant que la palme revient à Montpellier et Lorient (-6). Au nombre de buts, c'est Lyon (22) qui l'emporte, devant Caen et Marseille (17), sachant que Nantes et Lille n'en ont mis que 5, tandis que ces mêmes Nantais et Saint-Étienne n'en ont encaissé que 5, contre 17 pour Metz. C'est également Lacazette le meilleur dans le dernier quart d'heure (10) devant Beauvue (7).

Le PSG qui, grâce à une fin de saison où il a souvent ouvert le score rapidement tout en le conservant, est l'équipe qui a le plus longtemps mené au score, avec près de 43 minutes par matches, devant Marseille (32,3) et Monaco (31,08). Les Parisiens qui n'ont été mené que durant 9 minutes par matches, contre 10,9 pour Monaco encore, et 13,2 pour l'ASSE.

Allez, derniers chiffres : comme d'habitude, les 1-0 ont été le score le plus fréquent (21,3 %), en nette augmentation (18,1 l'an passé). Ils devancent les 2-1 (15,5) et les 2-0 (13,7). L'an passé, ces deux derniers scores avaient été à égalité (15,5), juste derrière les 1-0. Le 0-0, lui, a légèrement progressé (8,9 contre 8,2). Mais les scores à 5 buts ou plus (12,9) ont largement augmenté (8,9 l'an passé). Ce qui explique d'ailleurs la légère hausse du nombre de buts (2,49 contre 2,45), sachant que cette saison on a atteint ou dépassé 7 fois les 30 buts - dont six fois en 2015 - contre 3 en 2013-14. Mais on reste éternellement à la traîne de la Premier League (2,57), de la Liga (2,66), de la Serie A (2,69) et bien sûr de la Bundesliga, pourtant en nette régression (2,75). Il y a des traditions auxquelles on ne touche pas.

Je vous laisse, à plus tard !

mercredi 3 septembre 2014

Ou va la Ligue 1 ?

Salut à tous,

Maintenant que la Coupe du Monde est loin derrière nous, et que la nouvelle saison est entamée, j'aimerais vous donner mon point de vue sur le football français actuel.

Je trouve que concrètement, le bon parcours des Bleus au Brésil cache particulièrement bien une forêt qu'on aura vu plus luxuriante. Je reviendrais plus tard sur l'équipe nationale, qui ne m'a pas encore prouvé qu'elle avait réellement réintégré le gotha des meilleures nations européennes. A ce titre, le nouveau France-Espagne qui se profile - le quatrième en 27 mois, quel est l'intérêt ? - nous donnera de bonnes clés pour mesurer réellement son niveau actuel. Mais pour le reste, c'est extrêmement inquiétant.

Des Danois pour remplacer les stars

Étrangement, ce que je vais vous dire devrait nous inciter à l'optimisme, puisque depuis l'arrêt Bosman, les Bleus ont toujours eu leurs meilleurs résultats quand la représentation de la Ligue 1 dans ses rangs était faible. Mais aujourd'hui, c'est carrément le désert. Hormis les deux Parisiens Cabaye et Matuidi, et à un degré moindre le Lyonnais Lacazette, tous les autres évoluent à l'étranger. Pourquoi ? Parce qu'ils sont tous partis. Cette saison, en quatre journées, seulement trois internationaux français ont marqué : Gignac et Payet (Marseille) et Lacazette. Ces trois là ont marqué 8,4 % du total des buts en Ligue 1, contre 10,4 l'an passé, 10,3 l'année d'avant, 13,4 en 2011-12 et 14,5 en 2010-11. Vous me direz, c'est aussi parce que les internationaux du PSG n'ont pas encore vraiment repris après le Mondial, soit. Mais Benzema a déjà marqué avec le Real, tout comme Giroud à Arsenal. La réalité, c'est que des internationaux français en Ligue 1, il y en a quasiment plus, ou alors des anciens.

Un autre phénomène peut inquiéter, c'est la qualité des joueurs étrangers qui arrivent en Ligue 1. A une époque, le Brésil remportait presque sans forcer le classement des buteurs par pays, et avec une grosse marge. Ça n'a déjà pas été le cas l'an dernier, avec la victoire des Ivoiriens. Et cette année, combien de buts brésiliens en Ligue 1, sur un total de 98 ? Un seul, signé du Parisien Lucas. Est-ce que la Ligue 1 n'a plus les moyens de recruter des Brésiliens, qui d'ordinaire apportent toujours quelque chose ? Ou est-ce le signe de la baisse général du niveau du football brésilien, constaté avec fracas cet été au Mondial ? Je pencherais plutôt
pour la première solution. Certes, ils ont été remplacés par des Uruguayens, en plus des Argentins qui ont toujours été là. Mais la Ligue 1, sans le sou et sans solution pour compenser les sempiternels départs, s'est tournée vers des ligues assez peu affriolantes.

Premier pays au classement actuel, sans surprise, la Suède de Ibrahimovic, mais aussi de Toivonen. Deuxième pays européen, derrière les voisins du Rio de la Plata ? Le Danemark de Wass, Braithwaite et Kjaer. Aujourd'hui, la Ligue 1 recrute un peu plus européen, ce qui n'est pas plus mal, parce que là encore le football français de clubs a connu ses meilleurs résultats dans les années 90 alors que les buteurs européens étaient majoritaires. Mais il s'agissait d'Italiens (Simone, ravanelli...) ou d'Allemands (Klinsmann, Völler...). Viser les championnats scandinaves, c'est un aveu de faiblesse terrible, avec tout le respect que je dois à mes ancêtres vikings. Quels sont les autres pays européens représentés au classement des buteurs ? Turquie (Erding), Bulgarie (Berbatov)... Il y a bien des Italiens à Paris et Monaco, mais ils ne sont pas vraiment dédiés au marquage de buts. Pas d'Espagnols, pas d'Allemands (pourquoi Paris n'a pas mis les 50 millions de David Luiz sur un phénomène tel que Marco Reus ou Tony Kroos ?), pas d'Anglais, peu de Portugais...

Un niveau élevé d'amateurisme

Et que dire de la Ligue de Football ? Comment peut-elle accepter qu'un club gangréné par les dettes tel que le RC Lens intègre la Ligue 1, sur la seule promesse qu'elle va peut-être recevoir les 4 millions d'euros que son propriétaire azéri, ce qui n'a évidemment pas été le cas, alors qu'elle refuse l'accès à la Ligue 2 à Luzenac, qui a trouvé un stade aux normes, ou sur le point de l'être - ça reste l'enceinte du meilleur club de rugby français de l'histoire, habitué aux visites fortement alcoolisées de supporters britanniques toute l'année... -, et alors que l'AC Ajaccio, il y a une petite dizaine d'années, avait intégré la Ligue 1 avec un stade pas aux normes du tout, ce qui lui coûtait 25 % de son budget en amendes ? Qu'est-ce qui a changé ? Il faut avoir la carte pour rentrer ? Les bonnes chaussures ? La Ligue se couvre de ridicule et de honte avec cette affaire, passe pour un médiocre club de riches exclusifs. Pourquoi n'avoir pas laissé sa chance à Luzenac, et repêché Châteauroux avant même d'avoir les conclusions du CNOSF ? Sur ce coup, je me demande qui est le plus amateur des deux...

Et que dire du cas de Lens, encore, et de Caen, qui n'évoluent pas dans leur stade ? Dans quel pays cela arrive-t-il ? Pourquoi le Racing doit-il jouer son maintien cette saison dans un stade deux fois plus petit et situé à 70 kilomètres (122 par la route) pour cause de travaux à Bollaert, alors que Saint-Étienne, Marseille ou Toulouse, eux, n'ont eu aucun problème pour évoluer dans leurs propres enceintes durant les travaux de leurs stades ? Les grues ne sont pas munies de roues à Lens ? Les gravats sont stockés sur la pelouse ? Et Caen, qui doit évoluer en ce début de saison au Mans, située à 137 kilomètres (!) de Michel d'Ornano, pour cause de... Mondial équestre organisé dans la cité normande ? Non mais où a-t-on déjà vu ça ? Il n'y avait aucun autre endroit pour organiser cet évènement ? Je ne sais pas moi, un hippodrome par exemple ? N'importe quoi, sauf le seul stade professionnel manifestement disponible pour permettre à un des autres clubs promus de pouvoir jouer son maintien dans de bonnes conditions ! Et si un jour la Mairie de Marseille veut organiser le Mondial de pétanque au Vélodrome, ça se passe comment ? Sérieusement, comment peut-on tolérer un tel niveau d'amateurisme dans un des soit-disant cinq grands championnats d'Europe ?

Dans le top sept

Justement, parlons-en. Tout cela explique sans problème la sévère chute que notre football de club subit actuellement sur le plan européen. Il va être vite temps d'arrêter de compter la Ligue 1 dans la liste des "cinq grands championnats". Le cinquième grand championnat, c'est l'Italie, et le quatrième, c'est le Portugal. Et nous, on est sixième ? Ah non, la Russie vient de nous passer devant. Si on n'effectue pas une meilleure saison que les Russes, on perdra notre troisième place en C1, et un seul de nos représentants sera directement qualifié pour les phases de poule. Et vous savez quoi ? C'est complètement mérité. Si le classement FIFA est une escroquerie, le coefficient UEFA, lui, est clair et objectif : le nombre de points pris par un pays divisé par le nombre de clubs alignés. Limpide, et implacable.

Hormis le PSG, qui évolue sur une autre planète, aucun club français ne s'est qualifié pour les huitièmes de finale de la C1 depuis 2012, où Marseille et Lyon avaient quitté la compétition à ce niveau précisément, éliminés par l'Inter et... l'APOEL Nicosie, prochain adversaire du PSG en poules cette année. Depuis, combien de points ont pris Montpellier et Lille, l'année suivante, et Marseille, l'an passé ? Deux, trois et zéro, et une victoire acquise en 18 matches. Et après, on voudrait encore avoir trois représentants en C1 ? Mais sur quel argument sportif objectif ? On n'a clairement plus les moyens d'avoir un troisième club, qui de toutes façons, depuis deux saisons, ne passe plus les barrages, un autre signe que la marche est devenue clairement trop élevée pour les clubs français. Mais même le deuxième strapontin est franchement sujet à caution. Certes, Marseille avait eu un groupe ardu, mais quand même, zéro point ? Sérieusement ? Arsenal, Naples, Dortmund, c'est difficile, mais ce n'était pas non plus le Real, la Juve et le Bayern ! Il y avait de quoi prendre une poignée de points quand même, pour un des meilleurs clubs français, non ? C'était Marseille là, pas Valenciennes !

Les terreurs roumaines ou danoises

Le problème c'est qu'aujourd'hui, on l'a vu ces deux dernières années en Ligue Europa, on peut trembler contre la moitié des pays du continent. Les Verts affrontent l'an passé en barrages Esbjerg, qui venait de vendre son meilleur buteur Braithwaite au TFC ? Éliminé. Dans le même temps, Nice affronte l'Apollon Limassol, autre terreur du championnat chypriote ? Éliminé aussi. Bordeaux se retrouve dans sa poule avec le Maccabi Tel Aviv et l'Apoel Nicosie, encore eux. Bilan contre ces deux équipes, en plus des deux défaites contre Francfort, futur 13e de Bundesliga ? Un succès, trois défaites. Cette année, retour des Verts en barrages de la C3, on leur propose le bizut  et repêché Karabukspor, septième du dernier championnat turc. Bilan ? Une qualification arrachée aux forceps, aux tirs aux buts après une défaite à l'aller (1-0), et des démonstrations de joie quelque peu... indécentes,
compte-tenu de la performance très relative des hommes de Galtier face à un adversaire de cinquième zone. Et ce n'était qu'une qualif pour les poules ! Quant à l'élimination de Lyon, face aux terribles roumains d'Astra Giurgiu... comment dire... sans commentaires.

Voilà où en est le football de clubs en France, à trembler face aux Roumains, aux Danois, aux Chypriotes... et si le PSG se plantait cette année, et ne se qualifiait pas ? Ça peut arriver à tout le monde, c'est bien le cas de City depuis des années... qui va prendre la relève ? Si encore ces "accidents" restaient des accidents, c'est-à-dire rares, isolés... mais c'est devenu la règle depuis deux ans. La saison passée, les clubs français ont cumulé 14 succès européens, contre... 21 défaites. Avec 0,8 points par matches (à la victoire à deux points), c'est le pire bilan de la Ligue 1 depuis 1988-89. Dans les années 2010, on tournait à 0,97 points par matches, contre 1,13 dans les années 2000, pourtant pas vraiment un bon cru, et 1,24 dans les années 90, la meilleure décennie pour les Français, juste derrière les années 50, où il n'y avait que la C1 (1,25). Cette année, alors qu'on n'a disputé que des matches de barrage, on en est déjà à deux succès pour quatre défaites, et on s'apprête à envoyer Guingamp affronter la Fiorentina, Minsk et Salonique. Vous la sentez la catastrophe arriver ou pas ?

La Ligue 1 en Ligue 2

Dans ces conditions de décrépitude extrême, où des clubs comme Lyon sont contraints de faire jouer des joueurs qui ont à peine le niveau présumé de la Ligue 1 (Tolisso, Koné, Ghezzal...), où seul Marseille semble ne pas s'être vraiment affaibli malgré la perte d'un international en titre, Valbuena, comment s'étonner de notre chute sur le plan européen ? Valbuena, tient, comme ceux qui partent au Portugal (Aboubakar), par exemple... des destinations qui n'en étaient pas auparavant. Mais ces championnats sont devant nous à présent, et il va être temps d'arrêter de se pincer le nez quand il s'agit de parler de championnats performants sur le plan européen. Regardez l'effectif du Dinamo Moscou, et vous rigolerez moins. Que des internationaux russes (Zhirkov, Denisov, Kokorin, buteur au Mondial...), Kevin Kuranyi, un Brésilien, un international équatorien (Noboa) et maintenant un Français, sans parler de l'excellent ailier hongrois Dzsudzsak. Je peux vous dire que si ça ne fait pas autant rêver qu'un bon club espagnol ou Anglais, ça reste mieux que Marseille, aujourd'hui, désolé. C'est plus riche ? Mais Marseille et Rennes n'ont pas des milliardaires à leurs têtes depuis dix ans ?

Tout cela expliquant aisément le faible nombre de joueurs de Ligue 1 évoluant en Bleu aujourd'hui, et je dirais heureusement pour les Bleus. Mais là encore, l'honnête parcours de notre équipe au Brésil ne nous garantit pas pour autant un avenir proche radieux. D'abord, il va falloir se priver des rares joueurs de haut niveau qui ont pris leur retraite cet été. Si Nasri n'a, il est vrai, jamais vraiment pesé en Bleu, ce n'est pas le cas de Franck Ribéry, homme de base de la qualification pour ce Mondial, meilleur buteur ET passeur des Bleus en 2012 et 2013, et qui, je trouve, a manqué aux Bleus au Brésil. Il faut vraiment être de mauvaise foi pour considérer que Griezmann (0 but, 0 passe) a remplacé efficacement le Bavarois à ce poste de milieu gauche, quand ce n'était pas Benzema qui l'occupait. Le nouveau joueur de l'Atletico représente un des plus sérieux joueur d'avenir, mais en dehors de buts contre la Jamaïque et le Paraguay en amical, il n'a pas encore fait assez pour être considéré comme indispensable... enfin selon moi. Si en défense on a ce qu'il faut pour voir venir, je trouve qu'offensivement, malgré la démonstration contre la Suisse, on est un peu juste, notamment au niveau du nombre. Nos solutions de rechanges à Valbuena et Griezmann ? Lacazette, Rémy, Payet... pas vraiment des pointures mondiales à leur poste. Du moins, pas encore, pour le premier, qui sait. Ce que je veux dire, c'est qu'on est encore loin des tous meilleurs, je trouve. On en est pas loin, mais pas encore. Reste que c'est la seule satisfaction française actuelle, donc...

Reste à espérer de bons résultats en C1 de Paris et d'un Monaco qui n'a plus rien à voir avec la machine de l'an passé après les départs de Rodriguez et Falcao, et de Lille, Sainté et Guingamp en C3. On croise les doigts... et on en reparle en fin de saison. Ou nettement avant...

A plus tard !

lundi 12 mars 2012

La poursuite continue

Salut à tous,

Place à la huitième édition de notre bilan hebdomadaire de la Ligue 1. A onze journées de la fin, des écarts très importants se créent, tandis que d'autres zones sont, comme souvent, particulièrement serrées, et donc sans doute sujettes à un suspense qui ne devrait cesser que lorsque la 38e journée aura expiré.

Ainsi, Paris et Montpellier ne se quittent plus en tête du championnat, à des années lumières, désormais, du reste de la troupe. Avec leur large succès contre Caen (3-0), qui conforte leur statut de meilleure équipe à domicile puisqu'ils n'ont perdu que cinq points à la Mosson, les Héraultais comptent ainsi plus de points d'avance sur le LOSC, troisième (10), que ce dernier, leader l'an passé à la même époque, sur le cinquième d'alors, le PSG (7) ! De plus, les deux leaders sont les meilleurs au nombre de points (58 et 57) depuis Lyon, en 2006/2007 (61 points), qui comptait treize points d'avance sur... Lens. Une autre époque.

De son côté, le PSG, vainqueur à Dijon (1-2), qui n'avait plus été relégable depuis début novembre, a profité de la défaite de Lille à Lyon sur le même score pour s'emparer de la première place à l'extérieur. Seul Rennes compte autant de succès à l'extérieur que les Parisiens (7), seul Montpellier a marqué autant (22) et personne n'a perdu aussi peu hors de ses bases (1).

Chez les buteurs, Olivier Giroud a mis un terme à une période sans but longue d'un mois avec Montpellier, en inscrivant son premier penalty, le troisième seulement pour Montpellier, puisque Belhanda avait transformé les deux premiers. Quant à Souleymane Camara, il a inscrit son cinquième but sur six en temps que remplaçant, le meilleur total de la saison, tandis que Aït-Fana, qui avait ouvert le score, a marqué son premier but depuis avril... 2010.

Six des douze meilleurs buteurs du championnat ont profité d'une journée un peu plus riche en but que d'habitude en 2012 (26) pour marquer. Oliech augmente le total de la meilleure saison de sa carrière (9), puisqu'il n'avait jamais dépassé le chiffre de 4 depuis son arrivée en France, en janvier 2006, tout comme Aubameyang (11), et évidemment Giroud, pour sa deuxième saison au sein de l'élite (17), quand Gouffran est à un but de son record en Ligue 1 (10 avec Caen, en 2007/2008). Les buteurs africains, d'ordinaire dominateurs, ont cassé la baraque ce week-end : ils ont signé 9 des 13 buts étrangers du week-end. Ils ont ainsi marqué 163 buts, soit plus de 24 % du total. Les Sud-Américains suivent avec... 76 buts. A noter qu'aucun brésilien n'a scoré ce week-end, une rareté. 

Les étrangers ont donc marqué 50 % des buts du week-end, tout comme les joueurs à l'extérieur. Gameiro et Aubameyang ont ainsi marqué leurs huitièmes buts en déplacement (sur 11 et 9 buts), rejoignant en tête de la spécialité Giroud. Ces trois joueurs comptent... quatre buts d'avance sur leurs poursuivants, notamment Oliech, Gouffran, Hazard, Gomis ou... Debuchy.

L'attaquant belge du LOSC, avec 11 buts, qui compte désormais deux nouveaux dauphins chez les moins de 21 ans, Lacazette et Aboubakar (4 buts chacun). Six équipes n'ont encore vu aucun de leurs jeunes marquer le moindre but cette saison, notamment le PSG, Bordeaux ou Montpellier, pourtant réputé pour sa formation ! Comme quoi les jeunes montpelliérains possèdent quand même une petite expérience de la Ligue 1.

Après leur bonne performance de la dernière journée (7 buts), les défenseurs ont encore brillé (5), avec les premiers buts de Paulle (Dijon) et Tiéné (PSG), mais aussi les troisièmes buts des défenseurs d'Evian Mongongu et Cambon, et le quatrième de Chedjou (Lille), qui est seulement devancé par son coéquipier Debuchy et Monzon (Nice, 5). Mais, des six défenseurs buteurs, un seul l'a emporté ce week-end, à savoir Tiéné.

On peut noter également la neuvième passe décisive dans le jeu de Jérémy Ménez, le leader de la spécialité devant Bastos et Giroud (7). Difficile à imaginer, de la part d'un joueur dont on reproche le jeu personnel et sa propension à ne pas donner ses ballons... pareil pour la soit-disant carence du PSG à ne pas briller dans le jeu : personne n'a adressé autant de passes décisives (32) que le club parisien, pas même Lyon et Montpellier (25), malgré le statut de meilleure attaque des Héraultais. Le PSG qui est le club qui a le plus marqué sur passe décisive dans le jeu (65,31 %) devant les Verts (63,64) et Nancy (62,5). Saint-Étienne qui est plus que jamais l'équipe la plus habile dans le dernier quart d'heure, avec neuf points récupérés, après les deux à Valenciennes ce week-end. Le PSG (+6) est l'équipe qui y marque le plus (17) et Evian le moins (3), quand Marseille et Brest sont les plus hermétiques durant la fin des matches (5), même si les Olympiens y ont perdu leur dernier match, à Ajaccio (1-0).

Voici à présent mon équipe type.



A plus tard !