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lundi 27 juin 2016

En route pour le quart !

Salut à tous !

Après un intermède suite au  match de la Suisse, que votre serviteur n'avait pas pu voir en entier et donc pas pu noter, revenons sur la performance des Bleus, hier après-midi face à des Irlandais accrocheurs mais limités, comme attendu. Des Verts qui avaient bénéficié de trois jours de récupération de moins, ce qui s'est senti à partir de l'heure de jeu. Les Bleus, étouffés et en manque de rythme (une semaine de repos, c'est pas un peu trop ?) on mis une mi temps et un changement tactique pour prendre la mesure d'Irlandais plus Italiens que Britanniques dans leur façon de gérer le temps... une victoire au final méritée, mais qui démontre que la France, dont tous les adversaires dans sa poule sont déjà rentrés chez eux, et qui n'a toujours pas rencontré un gros morceau, ne semble avoir de marge sur personne. Mais semble aussi posséder des joueurs capables également de battre n'importe qui.

Lloris (6) : Encore un match difficile à noter pour le gardien des Spurs, qui n'a pas été inactif, n'a rien pu faire sur le penalty de Brady, sur lequel il a été pris à contrepied - au passage, de nombreux penaltys sont manqués dans cet Euro, hormis contre nous... - mais qui a vécu la seconde mi-temps de loin. Étonnant de voir combien il est si mal protégé par une défense en grande difficulté, et combien il a si peu d'arrêts à effectuer finalement...

Sagna (6) : On pouvait avoir des craintes sachant qu'il n'a jamais brillé en Bleu et qu'il n'était sensé être que le remplaçant de Debuchy. Mais force est de constater que pour l'instant, Sagna réussit un Euro honnête. Lui ne fait pas d'erreur, il a plutôt bien tenu son couloir, et apporte son écot offensif, à l'image de son centre décisif pour Griezmann (58e), qui a soulagé tout le monde. Sa 5e passe décisive en Bleu, sa 2e de l'année, le troisième bilan pour un latéral droit français derrière Sagnol (12) et Thuram (7), et autant que Amoros, qui comptent tous plus de sélections que lui. Pas si mal pour quelqu'un qui n'apporte rien offensivement...

Rami (3) : Un des deux gros problèmes de la France en défense. Déjà peu rassurant depuis le début de la compétition, il a probablement sorti son plus mauvais match de la compétition. Le rappelé de la dernière heure est d'abord à l'origine de la faute de Pogba sur Long dans la surface, qui provoquera le penalty irlandais (2e), puis à l'origine du carton qui privera Kanté du quart de finale (27e). En deuxième mi-temps, ses lacunes tactiques ont encore failli coûter très cher à la son équipe, même si c'est une de ses relances qui provoque le deuxième but. Lui même suspendu pour le prochain match, sa place sera mis en balance si son remplaçant, probablement Mangala, réussit une bonne performance...

Koscielny (5) : Pas simple de devoir à la fois se coltiner des attaquants aussi accrocheurs que Long et Murphy, mais aussi de devoir couvrir et rattraper les erreurs de son partenaire dans l'axe... parfois bousculé, le Gunner a tenu bon et fait le job. Mais sa relance limitée rapporte peu à son équipe, qui peine à repartir de ses bases arrières.

Evra (4) : Aussi indispensable par son état d'esprit et son expérience qu'inquiétant par ses déficiences défensives et son inutilité offensive. Problème, pour être un leader écouté, il faut a priori être irréprochable sur le terrain, ce que le joueur de la Juve n'est clairement pas. Dommage que Deschamps n'ait pas profité du match de la Suisse pour essayer Digne... trop tard maintenant, il va falloir faire avec lui.

Kanté (5) : Son match le plus difficile de l'Euro. Peu aidé par ses partenaires qui n'évoluaient pas forcément à leur meilleure place, il a gratté beaucoup de ballons, comme à son habitude, mais a eu du mal à les bonifier dans la première relance, face au bloc irlandais. Suspendu pour le quart de finale, il manquera malgré tout clairement. Qui le remplacera, Cabaye poste pour poste ou Coman dans un 4-2-3-1 ? Voilà qui va occuper les médias pendant une semaine... et Deschamps aussi. Coman (7) qui a beaucoup apporté face à des adversaires certes fatigués, mais qu'il a su éreinter par ses dribbles et sa vitesse, sans pour autant se montrer décisif. L'ailier du Bayern a clairement dépassé Martial dans l'esprit du sélectionneur au poste de premier remplaçant offensif. Remplacé par Sissoko à la 93e.

Matuidi (6,5) : Étrangement placé côté droit, un poste inédit pour lui, pour faire place à Pogba, droitier qui apparemment ne peut pas évoluer à droite du milieu, le Parisien a logiquement eu du mal à se situer et n'a jamais pu se mettre dans le sens du jeu. Replacé à gauche après les citrons, il a pu beaucoup plus apporter, dans le pressing et la verticalité, à l'image de cette frappe à la 55e, qui a su secouer le cocotier. Toujours indispensable malgré les errements tactiques de Deschamps, qui lui demande à peu près tout et son contraire depuis le 10 juin.

Pogba (5) : Placé à son poste favori, axial gauche, comme à la Juve, il ne pouvait pas plus mal débuter son match avec cette faute idiote sur un Long pourtant pas forcément dangereux. Cette erreur de débutant plombe un match par ailleurs pas si raté que ça, loin de là. Sans doute désireux de se rattraper, il s'est montré très actif, puissant, il a créé des différences au milieu, mais n'a pas réussi à être décisif. Je veux bien qu'on ne l'aime pas, mais il faut aussi qu'on me dise qui montre autant de qualités au milieu dans ce groupe. Il lui manque juste de devenir décisif, comme Griezmann.

Griezmann (8) : Ce dernier ne réalise pas dans le jeu un Euro meilleur que Pogba, mais lui se montre décisif, et c'est ce qu'on retiendra au final. Baladé côté droit en première période, il s'était montré un peu plus actif que lors de ses premiers matches, sans réussir à briller. Replacé dans l'axe, face à une défense moins attentive, il a su faire la différence, bien servi par Sagna et Giroud. Ça fait longtemps qu'on n'a pas pu compter sur un joueur aussi décisif dans les grands matches, alors savourons, et prions pour que ça dure une ou deux semaines de plus.

Payet (5,5) : Il va pouvoir laisser la place de sauveur de la nation, qu'il occupait depuis quelques semaines, à l'attaquant de l'Atletico. Ca doit faire un moment qu'il n'avait pas traversé deux matches consécutifs sans être décisif, même s'il décale bien Sagna sur l'égalisation. Le Hammer s'est une nouvelle fois beaucoup montré mais il n'a pas toujours réussi à impulser le bon tempo à son équipe et à trouver ses attaquants dans de bonnes conditions. Ses adversaires le surveillent de plus en plus, ce qui est logique.

Giroud (5,5) : Comme d'habitude isolé dans cette équipe qui éprouve tant de difficulté dans le jeu, il a parfois manqué de promptitude et d'anticipation sur certaines situations, notamment en première mi-temps. Il n'a cette fois ci raté aucune occasion, vu qu'il n'en a pas eu à négocier. Malgré tout, son bilan est rehaussé par cette splendide remise de la tête en déséquilibre pour Griezmann sur le second but (61e), mais aussi par cette passe qui lance Griezmann, ce qui provoquera l'expulsion de Duffy (66e). Quand ils se trouvent, ce qui n'est pas aussi fréquent que ça, ces deux là peuvent faire mal. Remplacé à la 73e par Gignac (5), qui aurait pu profiter des largesses de la défense irlandaise en fin de match mais qui a tout mis à côté ou sur le poteau. Dommage.

Voilà, sur ce à plus tard !

jeudi 16 juin 2016

Et à la fin, Payet marque (2)

Salut à tous,

Deuxième match et deuxième victoire quasi miraculeuse pour les Bleus, qui ont encore du attendre les derniers instants pour l'emporter. Ils ont certes réussi là où, face à des oppositions du même style, ultra défensives, à la limite de la caricature, le Portugal ou l'Angleterre, par exemple, avaient échoué. Mais ils ne pourront pas toujours compter sur une erreur de marquage de l'adversaire en fin de match.

Deschamps, écoutant une nouvelle fois un peu trop les médias, avait étrangement changé un système qu'il était pourtant sensé avoir travaillé durant deux années de matches amicaux, et même avant, au bout de seulement un match moyen de son équipe, et ça a failli lui coûter cher. Comme quoi, le sélectionneur, déjà obligé d'improviser en défense suite aux nombreuses défections, semble y avoir pris goût. Son retour au 4-3-3, dès la mi temps, lui a sauvé la mise, mais il serait judicieux que face à des oppositions plus relevées, dès dimanche contre la Suisse par exemple, il limite un peu plus ses petits essais... la compétition, ça ne sert pas à ça.

Deuxième séance de notes de votre serviteur :

Lloris (5,5) : Le gardien des Spurs auraient pu prendre une semaine de vacances supplémentaire, tant il n'a rien eu à faire, ou presque, durant les deux premiers matches des Bleus. Aucun arrêt à effectuer hier soir pour l'ancien Niçois, sauvé par son poteau en début
de seconde mi-temps malgré tout. Son tournoi n'a pas encore commencé malgré une défense qui le protège moyennement, espérons qu'il garde le rythme pour la suite.

Sagna (5) : Guère secoué dans son couloir, ou Lenjani l'a laissé tranquille, le Citizen n'en a pas vraiment profité pour apporter le surnombre et aider Coman à se débarrasser de ses deux cerbères habituels. Pour lui aussi, on attend de voir - avec un peu de crainte, je l'avoue - que l'opposition se corse pour avoir un avis plus tranché.

Rami (5,5) : Encore un match où certaines de ses interventions et surtout ses relances folkloriques n'ont pas rassuré les suiveurs des Bleus pour la suite de la compétition. La menace de Sadiku était pourtant relative... au final il sauve son match - et sa note - grâce à ce centre venu d'ailleurs qui offre le but de la victoire à Griezmann, suite à un corner (1-0, 90e). Un centre comme jamais, peut-être, Sagna n'en a fait en 59 sélections...

Koscielny (5) : Peu embêté par Sadiku, l'ancien Merlu a fait le job, sans en faire trop, ou même plus. On peut lui reprocher de ne pas avoir su apporter le surnombre quand le milieu français piétinait en première période... et la relance reste son talon d'Achille.

Evra (4) : Contrairement à son collègue de l'aile droite, lui n'a pas attendu de croiser des clients dans son couloir pour sérieusement inquiéter son monde. Auteur d'une grosse faute sur Lila juste avant la pause, avec un pied à auteur du visage qui aurait pu lui valoir un rouge mais qui ne lui couta même pas un jaune (!), le Turinois a souffert, et toutes les occasions albanaises sont venues de son côté. Du mieux en deuxième, quand la menace adverse se fut éteinte, mais il partait de tellement loin...

Kanté (6) : Dans le 4-2-3-1 expérimental - et foiré - de Deschamps, il eut du mal à avoir son rendement habituel, mais gratta son écot de ballons, même s'il parut parfois isolé. Replacé en sentinelle après l'entrée de Pogba, le champion d'Angleterre fut encore plus actif, et se présenta même plusieurs fois aux avant postes pour tenter sa chance, en vain. Comme c'est parti, il va falloir du courage à ses concurrents pour lui prendre sa place. Quels concurrents, d'ailleurs ?

Matuidi (5) : Le Parisien parut encore plus perturbé par le changement tactique de son sélectionneur. Depuis combien d'années Matuidi avait-il évolué à deux en milieu défensif ? Déjà brimé tactiquement contre la Roumanie, il fut privé de ses percées habituelles pour rester bien sagement en place afin de protéger sa défense. Lorsque le milieu repassa à trois, on le vit tout de suite beaucoup plus actif, et failli offrir un but à Coman en déviant un ballon dans le surface. Imprécis, parfois brouillon, il demeure malgré tout indispensable par son état d'esprit et sa propension au dépassement de fonction. Tant qu'on le brime pas trop... le faire souffler face à la Suisse ne serait par contre pas une idée désastreuse.

Coman (5) : Le plus jeune des deux ailiers titularisé par Deschamps s'en est sorti un peu mieux que son compère de l'aile gauche, mais malgré toute sa vitesse, sa technique, ses roulettes et son talent, il ne peut pas faire de miracles. Régulièrement opposé à deux adversaires et guère aidé par Sagna, il fit quelques différences et failli même marquer juste après la pause, mais face à ce genre d'oppositions, son profil est pour moi inutile, tant il ne peut prendre de la vitesse. Son remplaçant, Griezmann (68), trouva lui la faille en fin de match (90e), après avoir été très discret encore une fois. Mais lui aussi, il demeure indispensable par son efficacité et sa dangerosité.

Payet (7,5) : Moins flamboyant que face à la Roumanie, parfois empêtré dans l'axe sur-bondé de l'Albanie, le meneur de jeu des Bleus était sensé avoir plus de choix avec ces trois attaquants qui l'entouraient avant la pause, mais ça ne s'est pas vu. Paradoxalement, c'est avec la sortie de l'un d'entre eux qu'on l'a vu plus libéré. En faux ailier, il a pu plus apporter grâce au soutien de Pogba et Matuidi. Au-dessus techniquement, il ne s'est pas montré décisif, si ce n'est son but anecdotique de la 96e minute. Mais lui aussi aura du mal à perdre sa place d'ici à la fin du tournoi...

Martial (4,5) : Les commentaires sont sévères avec le Mancunien depuis hier. Lui qui n'évoluait pas à son poste de prédilection, rappelons le, il faisait face au latéral droit titulaire de Naples, Hysaj, auteur d'un match énorme défensivement, soutenu qui plus est par Lila, latéral droit du PAS Giannina, en Grèce, et n'a guère été aidé par Evra sur le plan offensif. Il n'a donc jamais pu faire de différences, même si son entente avec Payet me parut intéressante par séquences. Remplacé dès la pause par Pogba (5), qu'on vit beaucoup, voulant manifestement se montrer, mais qui alterna le bon et le moins bon. Son jeu long reste un régal, mais il ne fait pas toujours les bons choix. A mon avis il se met trop de pression, ce qui le fait déjouer... Deschamps doit le conforter et l'inciter à jouer plus simple. On a vu malgré tout que l'Equipe de France joue mieux avec lui que sans, et qu'on n'a pas d'alternative véritable sur le banc, même si Cabaye et Schneiderlin n'ont toujours pas joué...

Giroud (4,5) : Comme face à la Roumanie, son jeu de tête avait manifestement besoin d'un petit réglage. Sauf que cette fois, il n'a pas pu faire faute sur le gardien pour marquer un but heureux et sauver son match, par ailleurs honorable sur le plan de la combativité. Mais il fut très difficilement trouvé par ses partenaires, et quand ce fut le cas, il mit tout à côté ou sur le poteau. Il n'aura pas toujours 5 occasions par matches pour marquer un but.

Voilà, à plus tard !

samedi 11 juin 2016

Et à la fin, Payet marque

Salut à tous !

Au lendemain de cette victoire des Bleus enfantée largement dans la douleur - logique pour une entrée en matière, pour une équipe relativement jeune - je vais me lancer à mon tour dans l'exercice si peu objectif de la notation des joueurs. Souhaitez moi bonne chance et soyez indulgents, merci...

Lloris (7) : Ou l'art de réussir à noter un gardien lorsqu'il n'a (quasiment) rien eu à faire. Hormis cet arrêt réflexe étonnant à bout portant face à son futur bourreau sur penalty, Stancu, dès la 4e minute - mais est-ce lui qui a sorti un grand arrêt ou est-ce l'attaquant de Gençlerbirligi qui s'est manqué ? - et ce penalty où il ne peut rien, le capitaine des Bleus n'a eu qu'à gérer quelques dégagements. Cet arrêt, qui a permit aux Français de ne pas partir d'entrée avec un lourd handicap, lui garanti malgré tout une bonne note.

Sagna (5,5) :
D'accord, ce n'est pas Dani Alves, même si on l'a parfois vu franchir la ligne médiane, au point de presque offrir un but à Griezmann en première mi-temps. Mais, même si les Roumains ont moins attaqué de son côté que de celui d'Evra, il a relativement bien
bouclé son couloir, et c'est, je crois, pourquoi Deschamps lui fait confiance. A voir maintenant face à une adversité plus relevée...

Rami (4,5) : Avec lui, on sait qu'il peut toujours se passer quelque chose, et ce n'est pas un compliment lorsqu'on parle d'un stoppeur. Malgré son expérience parmi de bons clubs des meilleurs championnats du monde (Valence, Milan, Séville...), malgré la Ligue Europa remportée cette saison, le Sévillan transpire la fébrilité et le potentiel comique de ses relances est indéniable. Du pur Rami, qui n'a pas fait d'erreur notable face à Florin Andone, le meilleur buteur de la... 2e division espagnole, mais qui, à mon avis, risque fort d'exploser en vol dès que le niveau s’élèvera. Comme en 2012.

Koscielny (5,5) : Le désormais patron défensif des Bleus, puisqu'Evra n'y parvient pas, a fait le job dans l'axe, coincé entre les lacunes tactiques de Rami et les courants d'air pris par son latéral gauche. Problème, comme lui non plus n'excelle pas dans l'art de la relance, même s'il ne se prend pas pour un autre et prends moins risque que son collègue, le ballon a eu du mal à repartir proprement. C'est là aussi que Varane manque cruellement...

Evra (3) : Le football nous réserve parfois des mystères insondables. Comment ce joueur, à 35 ans, a-t-il pu récemment prolonger avec un des meilleurs clubs du monde, la Juventus ? Comment a-t-il pu aligner plus de 10 ans dans les meilleurs clubs du monde depuis son arrivée à Manchester, en janvier 2006, avec de telles lacunes dans les duels, et un apport offensif aussi faible ? Quel est le point fort de ce joueur, hormis ses supposées qualités de leader de vestiaire ? Comme aucun autre latéral gauche n'a-t-il jamais pu le supplanter en sélection, avec un tel passif sportif et extra sportif ? En tous cas hier, Popa et Sapuranu se sont bien amusés dans son couloir, et il a concédé un penalty qui aurait pu avoir, déjà, de graves conséquences. Deschamps ne peut pas se satisfaire d'une telle performance qui déséquilibre à ce point son bloc...

Kanté (6,5) : Ce garçon, qui signait hier sa 5e sélection seulement, découvre le haut niveau depuis un an et devrait disputer son premier match de Coupe d'Europe au printemps prochain, avec Leicester ou un autre club. Un véritable rêve, qui s'est perpétué hier, avec une performance solide à un poste qu'il ne découvre pourtant que depuis deux matches. La sentinelle des Bleus a certes eu du mal, parfois, à se défaire du pressing constant des Roumains, mal épaulé par ses partenaires du milieu, mais que de ballons grattés ! Une valeur sûre, déjà.

Pogba (4,5) : Deschamps a manifestement demandé à ses deux pistons de plus défendre et donc moins attaquer pour mieux protéger sa défense si affaiblie par les absences, et ça s'est senti. Comme son partenaire parisien, il a semblé évoluer avec le frein à main. Il a parfois fallu le chercher sur le terrain pour savoir s'il était encore là, même si son jeu long, pour renverser le jeu, a souvent fait merveille et aéré un peu les débats. Dommage qu'on n'ait pas pu le voir plus sur le plan offensif, mais Zidane aussi avait été mauvais jusqu'en finale en 98...

Matuidi (5) : Même constat que son collègue turinois. Toujours aussi accrocheur, il s'est moins porté vers l'avant qu'à l'ordinaire, même s'il aurait pu marquer dès les premières minutes. Ce qui a sans doute privé ses attaquants, si isolés, de son soutien habituel. Son déchet technique lui a aussi, parfois fait perdre quelques ballons, mais il demeure indispensable dans l'état d'esprit, et on sait qu'il peut marquer à tout moment...

Griezmann (4) : Une nouvelle victime de la plaie actuelle des grands tournois, le syndrome "saison longue en Ligue des Champions". Comment peut-on espérer briller en juin quand on vient de signer 54 matches de haute lutte, entre le championnat d'Espagne et la C1, et qu'on n'a pas pu suivre la même préparation que ses partenaires à cause de la finale tardive de la Ligue des Champions ? Cette dernière vampirise les énergies des meilleurs joueurs de la planète, les performances moyennes de Messi et Ronaldo depuis 10 ans dans les grands tournois en est la meilleure preuve. Malgré sa performance fantomatique, le Madrilène aurait pu marquer deux fois avant la pause, avec un peu plus de réussite, et sûrement obtenir un 7 ou un 8. Comme quoi...

Payet (9) : Voilà un joueur qui n'a pas été embêté par les matches européens cette saison - 38 au total avec West Ham -, et ça se voit. Le seul à se dépêtrer avec une aisance folle du pressing constant des Roumains tout au long du match, à offrir des solutions à ses partenaires, à jouer verticalement. Quelle technique, quelle vista ! Où était ce Payet (29 ans) durant les 10 premières années de sa carrière ? Après ce but offert à Giroud (58e) et ce but splendide du gauche (89), l'ancien Marseillais se présente désormais comme une possible révélation de cet Euro. Dommage qu'il n'ait pas tenté plus souvent sa chance avant cet exploit, alors qu'il en a eu, selon moi, plusieurs fois l'opportunité. Il devient un habitué des buts tardifs et décisifs. Pourvu que ça dure !

Giroud (7) : Sans ce but, offert par Payet et aussi pas mal par le gardien roumain, nettement fautif sur sa sortie qui n'en était pas vraiment une, il aurait selon moi manqué son match. Peu trouvé dans le jeu, il a manqué deux têtes en première mi-temps qui auraient pu soulager son équipe plus tôt dans le match. Son abnégation est indéniable, il empile les buts depuis le printemps avec les Bleus, et son intérim de Benzema est pour l'instant parfaitement réussi, mais il ne pourra pas continuer à briller dans cet Euro sans un peu plus de soutien offensif, puisqu'il ne pourra jamais marquer tout seul. Espérons que la réussite ne le quitte pas !

Voilà, vivement la suite à présent ! A plus tard !

samedi 5 juillet 2014

Pas encore prêts, les Bleus

Salut à tous,

Au terme de l'aventure française dans cette excellente Coupe du Monde, revenons un peu sur le parcours de cette Équipe de France toujours en reconstruction, et qui a fait mieux que réussir son objectif, à savoir parvenir en quart de finale, puisqu'elle a également séduit par instant la planète football. Et ça, même en 98 ou en 2006, on n'y était pas parvenu, seulement en 84 et en 2000.

Trop forte, l'Allemagne

Ce match face à une Allemagne tellement plus sûre de ses forces, tellement plus expérimentée - les joueurs allemands comptaient en moyenne au coup d'envoi 47,2 matches de Ligue des Champions et 64,4 sélections, contre 29,8 matches de LdC et 33,4 sélections pour les Bleus - et plus forte techniquement, plus habituée aussi - elle n'a plus ratée une demi-finale d'un grand tournoi depuis l'Euro 2004... - était, au fond, joué d'avance. Certes, on pourra reprocher à notre équipe de ne pas avoir su bousculer cette équipe, de ne pas avoir pu ou su emballer ce match avec notre jeunesse. Mais face à une Allemagne qui a frappé presque deux fois moins au but que nous, que pouvions nous lui opposer ? Oui, notre meilleur atout offensif, en l'absence de Franck Ribéry, a échoué devant le but, mais Karim Benzema a tout de même eu l'occasion ultime d'égaliser, sans réussite. Combien de tirs la Mannschaft a-t-elle cadré ? Six fois, contre 9 pour nous. On a eu la même possession (50 %), autant de passes réussies (376 à 378), plus de centres (24 à 14), plus de corners (5 à 3)... plus de ballons perdus aussi (86 à 79). mais autant de déchet dans les passes (74 % à 73). Alors, où peut-on dire qu'on a échoué, dans quel domaine ? L'efficacité. L'Allemagne a-t-elle fait un grand match ? Loin de là. Où pouvait-on lire que les Allemands avaient changé, qu'ils étaient moins froids et calculateurs qu'avant, au point d'étirer un palmarès vierge depuis 1996 ? Partout. Ça s'est joué sur un coup de pied arrêté, un duel gagné, une tête bien placée, point. L'expérience.

On pourra sortir toutes les raisons que l'on veut, que Benzema a perdu sa baguette magique, qu'on n'a pas sur percuter - et là, Ribéry a clairement manqué, au moins sur ce match - que notre charnière centrale a fait son âge cette fois - 22,5 ans de moyenne - que nos latéraux n'ont pas réussi à apporter leur écot habituel, que Matuidi a fait son nombre de matches cette saison - 66 matches, 4864 minutes - etc. Mais la réalité, c'est qu'il s'agit d'une équipe qui se construit encore, et qui évolue dans cette configuration - plutôt satisfaisante, à mon avis - depuis à peine six mois, et le retour contre l'Ukraine (3-0). Il y a deux ans, après l'élimination face à l'Espagne lors de l'Euro 2012, je parlais déjà, ici, d'une équipe en chantier, et de joueurs sur lesquels le successeur de Laurent Blanc, à qui je collais un costard justifié, allait pouvoir s'appuyer pour préparer la Coupe du Monde : Lloris, Debuchy, Cabaye, M'Vila, Koscielny, Clichy, Ribéry, Benzema, mais aussi Matuidi et Ménez, Martin, Valbuena, Giroud, Yanga Mbiwa... à quelques exceptions près, je n'étais pas loin quand même.

Un gros potentiel

Même chose cette année, en vue de l'Euro 2016, sur notre sol. Normalement, hormis peut-être Evra et éventuellement Valbuena, qui ira sur ses 32 ans, sans parler de Ribéry, toute l'équipe présente au Maracana hier devrait être sur le pont dans deux ans. Même chose pour les remplaçants, Ruffier, Koscielny, Mangala, Digne, Cabella, éventuellement Schneiderlin et même, qui sait, mon ami Giroud. Sissoko aussi, vu que Deschamps semble fan... Sans parler des absents, Grenier, Lacazette, Kondogbia... bref, il y a du potentiel dans cette équipe, et quand elle aura accumulé une quinzaine de sélections supplémentaire et autant de matches de Ligue des Champions, la plus relevée des compétitions au monde, elle pourra peut-être espérer concurrencer des équipes comme l'Allemagne. Une équipe ne se décrète pas dans des éditos laudateurs dans l’Équipe, ni dans des sondages aux questions dirigées. Elle se construit avec le temps, avec patience, après des échecs souvent douloureux. On avait une belle équipe, comme la Colombie, mais pas une grande équipe. Le haut niveau, ça demande plus que ça.

Un parcours pas si limpide

Comment a-t-on pu réussir à faire croire aux Français que leur jeune équipe pouvait décrocher le Graal cette année ? Parce que si le bilan des Bleus au Brésil est plus qu'honorable, surtout que personne ne se balade dans cette compétition, qui ne semble promise à personne à l'avance, il n'a pas non plus été d'une perfection absolue. Premier match contre le Honduras ? Une première mi-temps que tout le monde a oublié mais qui fut aussi insipide que celle contre le Nigeria, par exemple. Un match qui se débloqua sur un penalty - assorti d'un rouge - concédé par Wilson Palacios, qui avait bien failli faire expulser Paul Pogba quelques minutes plus tôt, et qui sera sa victime sur la faute dans la surface. A 1-0 et à 11 contre 10, les Français allaient corser l'addition sur un csc du gardien hondurien suite à un raté face au but de Benzema, puis sur un ballon mal repoussé par la défense qui échouait sur le même Benzema, qui concluait superbement. Un bon résultat, mais peut-être trompeur par rapport au contenu...

Le deuxième match des Bleus face à la Suisse fut celui qui emballa véritablement la machine médiatique, et pour cause : cette fois il s'agissait en face d'un des cadors actuels du football européen, qui allait démontrer face à l'Argentine en huitièmes qu'elle n'était pas cette passoire qui avait pris l'eau à Salvador contre les Bleus (5-2). Ce score était une véritable performance des Bleus, et leur match le plus abouti de la compétition, et de loin. Après, on peut aussi analyser les causes de cet effondrement, après 20 premières minutes qui annonçaient le même genre de match qui avaient opposé les deux sélections ces dernières années : fermé, tactique, et en général vierge de buts. La sortie de Von Bergen, suite à un duel et à un coup de tatane de Giroud dans la figure, a sans doute désorganisé les Helvètes, qui ont finalement encaissé un très joli but de la tête du même Giroud, qui aurait pourtant pu être expulsé juste avant. La suite ? les Suisses sont obligés de se découvrir, et c'est là que notre jeu rapide et notre bon pressing allait faire merveille. Un gros match de notre part, malgré tout.

Le Nigeria n'a pas eu de chance

Le troisième je l'ai vu de mes yeux vu, à Rio de Janeiro, au Maracana. Un rêve absolu, et un 0-0 qui, vu des tribunes, ne fut pas si triste qu'on l'a dit en France. Les Bleus, où la moitié de l'équipe avait été changée, encore une fois face à un adversaire réduit à dix, se sont créés de grosses occasions, notamment en deuxième mi-temps, mais ont manqué de précision. Un peu comme face à l'Allemagne, en somme... ce 0-0 aurait pu être un 2-0, et la presse aurait pu continuer de faire croire à la nation qu'un titre était possible... ce qu'elle a fait d'ailleurs. Le Nigeria, malgré le bon résultat (2-0), fut peut-être le match le plus difficile du tournoi pour les Bleus. Ils ont clairement perdu la première mi-temps face à des Africains rapides, puissants surtout, mais inefficaces, voire malchanceux, et peut-être même désavantagés par l'arbitrage sur plusieurs situations. En deuxième mi-temps Enyeama signait sa seule erreur du Mondial, permettant à Pogba de marquer contre le cours du jeu. Le csc de Yobo était anecdotique. Face à la sélection de Keshi, nous n'avions rien maîtrisé, et c'était finalement nous qui nous en sortions au métier, à l'expérience. Chacun son tour.

La France a donc certes signé un bon parcours, mais est loin d'avoir maîtrisé son sujet comme les commentaires dithyrambiques des médias semblaient le faire croire. D'ailleurs, l'analyse de ces derniers n'a jamais vraiment été technique ou tactique, mais... comportementale. Une fois de plus, la presse, dans son infinie nullité footballistique, s'est presque exclusivement focalisée sur le côté sympa des joueurs, leur présumée union sacrée, sur leur amitié, etc. Si les Bleus ont signé un bon Mondial c'était parce qu'ils étaient sympas et gentils, alors pourquoi ressortir les côtés négatifs, forcément anecdotiques ? Apparemment, il suffisait que les Bleus s'entendent bien et chouchoutent les médias et leurs supporters pour qu'ils puissent gagner la Coupe du Monde. Pourquoi n'avoir pas envoyé les Prêtres ou les petits chanteurs à la croix de bois dans ce cas ? Jamais les médias n'ont réussi à canaliser leur enthousiasme pour cette équipe de gentils elfes sympathiques, et ont fait croire l'impossible aux gens. Catastrophique ou absolument génial : voilà les deux mamelles de l'analyse des matches de l’Équipe de France depuis des décennies et l'explosion du nombre de médias. Pas de milieu, pas d'analyse pondérée, pas de relativisme : il faut du tranché, il faut un angle coco, de la polémique. Le refus du robinet d'eau tiède coûte énormément à la qualité de nos médias actuels.

Nous attends à présent deux ans de "matches amicaux", même si on fait tout de même partie d'un groupe de qualif... une énième lubie platinienne. Vivement l'Euro ! Et vivement la prochaine Coupe du Monde !

A plus tard !


jeudi 21 novembre 2013

La défaite des experts

Salut à tous,

Alors, on l'a fait ou pas ? Elle n'est pas là la qualification ? Félicitations à tous les croquemorts de l'Equipe de France, tous les Cassandres qui s'efforcent, depuis 36 heures, de retomber sur leurs pattes, en affirmant le plus sérieusement du monde que ce qu'ils ont dit tout le WE, et depuis plus de trois ans même, à propos de ces Bleus, était vérifié, qu'ils l'assumaient, mais qu'ils étaient heureux quand même. Que cette victoire pleine de volonté et de courage leur donnait raison, que c'était dans la tête des joueurs que ça se passait. Pendant plus de trois ans, ils ont poussé le peuple à détester leur équipe nationale, et aujourd'hui ils osent se présenter en amoureux de cette dernière ? Mais ils n'ont pas le droit de l'ouvrir. Ils devraient utiliser leur droit de silence, pour se faire oublier. Mais depuis mardi soir, on n'a jamais autant vu Pascal Praud à la télé. Comme quoi, que ce que vous disiez soit exact ou non, l'important c'est de dire quelque chose et de l'assumer, n'est-ce pas ? Admettre qu'on a eu tort, c'est quasiment signer son arrêt de mort médiatique. Et Praud aime trop passer à la télé pour ça.

Certains Français aiment leur équipe

Laissons ces tristes personnes dans leurs tours d'ivoire, voulez-vous. On a une qualification à savourer, une communion à faire fructifier. Dire que l’Équipe de France s'est réconciliée avec son public serait erroné : certes, les 80 000 spectateurs du Stade de France, dont votre serviteur, n'étaient pas là pour cracher leur haine, au contraire, ils étaient venus pour jouer
le rôle que tout spectateur de foot devrait avoir, celui de soutien, de 12e homme. Ils voulaient aller au Mondial, ils voulaient aussi montrer qu'ils ne faisaient pas partie des 80 % des gens qui souhaitaient - je dis bien souhaitaient - que la France n'aille pas au Brésil, qu'elle ne le méritait pas. Imaginez-vous un supporter de l'Angleterre souhaiter que son pays échoue ? En France, c'est possible. Non, ceux qui étaient là - et qui avaient acheté leur billet avant la match aller, il faut le reconnaître, et qui souhaitaient peut-être aussi que l'argent investi ne serve pas à rien - ont démontré qu'il restait encore des gens, en France, qui savent se comporter en supporter quand leur équipe en a besoin. C'est ça, un supporter. Ce n'est pas un consommateur, un opportuniste, qui lui tourne le dos dès que les vents deviennent contraires. Ce ne sont pas des Footix.
Ne soyons pas naïfs : à la première défaite, par exemple en mars contre les Pays-Bas, seul match amical programmé pour l'instant, les mêmes discours reviendront : la victoire contre l'Ukraine était chanceuse, cette équipe ne mérite pas d'aller au Brésil, on va être ridicule - si on tombe sur trois équipes du niveau des Pays-Bas, sûrement, mais ce ne sera pas le cas - et surtout, surtout, c'est la faute de Knysna. Dans 20 ans, on continuera de parler de Knysna sans savoir vraiment ce que ce terme étrange veut dire, mais ça fait vendre du papier, donc autant l'utiliser jusqu'à l'usure. Entretenir ce mythe, c'est garder sous le coude un argument comme quoi chaque défaite, chaque match moyen, est du à l'attitude des joueurs, leur manque d'envie, d'amour du maillot. Des arguments aux relents poujadistes et démagogiques,voire xénophobes, malgré le fait que la France ait été sauvée par des joueurs comme Sakho, Benzema, Pogba...

Sakho ce héros

Mais peu importe, au fond. Cette équipe a prouvé qu'elle avait de la qualité, même si rien n'est réglé. Une chose est sûre selon moi : il faudrait être aveugle pour penser qu'elle n'a pas trouvé une assise, un axe défensif extrêmement solide et performant, et je ne parle pas seulement de la charnière. Cette dernière est celle que j'ai trouvé la meilleure depuis très longtemps. Comment peut-on encore penser qu'un Koscielny vaut un Varane ? Ce dernier, qui n'était pas au top physiquement, a pourtant une nouvelle fois rendu une copie d'une très grande qualité, propre et sans la moindre erreur. Varane a-t-il seulement été mauvais une fois en Bleu ? Et combien de fois a-t-il été en difficulté au Real Madrid ? Avant ses blessures, il avait mis sur le banc des phénomènes comme Carvalho ou Pepe, excusez du peu. Et à gauche, comment a-t-on pu croire à la renaissance d'Abidal ? Pour qu'il y ait renaissance, il aurait fallu qu'il y ait naissance, mais le Monégasque n'a jamais été une référence au poste de défenseur central, notamment en Bleu. Alors à 34 ans, après deux ans d'absence pour maladie... ce qui rendait son retour en Bleu sympathique le dessert plus aujourd'hui qu'autre chose. Les belles histoires trouvent souvent leurs limites quand le niveau s'élève sérieusement.

A son poste, difficile de trouver mieux en France que Mamadou Sakho, je suis désolé. Et dire qu'il n'était plus apparu en Bleu depuis juin dernier, hormis sa mi-temps en octobre conte l'Australie... son statut de remplaçant au PSG - situation à la fois regrettable, au vu de son image de titi parisien formé au club, et logique, vue la concurrence - mais aussi, durant les premières semaines, à Liverpool, ont bien failli lui couter cher. Lui qui était titulaire indiscutable pour Deschamps avant cet été compliqué ne pouvait que reprendre sa place. L'avenir, c'est lui, on le savait depuis des années, durant lesquelles on avait tâtonné dans son secteur, même si Blanc avait tenté d'installer pendant deux ans la charnière Rami-Mexès. Mais quel défenseur, en France, rassemble autant de qualité de combattant, de puissance, de force ? Ce n'est pas un monstre technique, soit, même s'il ne me semble pas l'avoir vu rater une relance mardi soir, même les plus compliquées. Mais Desailly en était-il un ? Le grand Marcel aussi ne prenait pas de risque dans la relance, puisqu'il avait Blanc à ses côtés qui s'en chargeait. Mais c'était un monstre défensif qui ne laissait respirer aucun adversaire. Et Desailly s'est révélé plus tard au haut niveau que Sakho. Hormis le pied fort, ils ont beaucoup de points communs, selon moi.

Un trident redoutable

Il est également facile de bien défendre quand vous avez devant vous trois joueurs complémentaires, qui allient puissance défensive, pour deux d'entre eux, et potentiel offensif redoutable, pour les trois. L'abattage hallucinant de Matuidi, la puissance et la vista de Pogba, la technique et la science tactique de Cabaye forment presque le joueur parfait à eux trois. Comment a-t-on pu passer à côté de ce triumvirat ? Les autres joueurs de ce secteur reverront-ils un jour le ciel se découvrir pour eux, si ce n'est sur blessure ou suspension ?
Rappelons que ces trois là étaient suspendus pour le match en Géorgie... étrangement, Sissoko et Guilavogui n'avaient pas apporté la même stabilité, le même sens de la perforation. Ils y seraient peut-être parvenus s'ils avaient évolué avec un troisième joueur dans leur secteur, ce qui leur aurait permit de jouer plus haut et d'apporter des solutions offensives. Le 4-3-3 avait rarement marché avant mardi soir, mais désormais il apparaît comme le système idéal. Tout dépend aussi des joueurs qui l'animent...

C'est drôle parce que vendredi, avant le match, tous les "experts" étaient satisfaits de l'équipe alignée par Deschamps, avec Nasri devant Pogba et Matuidi, c'était pour eux un bon choix, puisque Valbuena était hors de forme, et surtout ça démontrait que Deschamps voulait attaquer, ne pas se contenter de défendre. Par la suite, la défaite venue, on a entendu les mêmes experts affirmer que Deschamps s'était planté dans les grandes largeurs, que cette défaite était la sienne... le jour où on verra un journaliste se dédire, là on pourra parler de véritable démocratie médiatique. La Presse n'a pas de contre-pouvoir pour la forcer à savoir se remettre en question quand elle s'est plantée, comme elle l'exige à propos des gens qu'elle ne cesse de juger, c'est le problème.

Benzema est enfin Benzema

Pour moi, le problème du milieu droit reste posé. J'ai vu toutes les notes positives que Valbuena a reçu, et elles ne sont pas imméritées. Mais elles auront quand même étonné beaucoup de spectateurs présents au stade, et qui ont râlé quand ils ont vu Valbuena continuellement se recentrer, dézonner, et ainsi ne pas offrir de solution à Debuchy, sur le plan offensif mais aussi défensif, puisque ce dernier a souvent du gérer Konoplyanka tout seul, ce qui lui a valu un carton et une sortie prématurée, pour éviter son expulsion. Sur ce match là, ça a marché, mais pas sûr que ça marchera à chaque fois, permettez moi d'en douter. Valbuena n'a pas réglé le problème du milieu droit parce qu'il n'a pas joué milieu droit. En revanche, quel excellent tireur de coups de pied arrêtés ! Il faut toujours un bon tireur dans une équipe, et avec lui et Ribéry, on est pas mal. Manque juste un gaucher... comme d'habitude.

Devant, Benzema a prouvé qu'il avait retrouvé la confiance qui le rend, selon moi, supérieur à un Olivier Giroud qui semble limité techniquement pour le haut niveau, selon moi, mais qui demeure une bonne solution de rechange en cours de match. Tant que Benzema, qui a des automatismes avec Ribéry, marque et se montre décisif, on ne peut pas le mettre sur le banc, même si ça ne fera pas plaisir aux amateurs de joueurs qui font joli - et Français de souche. De toutes façons, l’Équipe de France a besoin d'avoir des cadres qui assurent le job. Ribéry, qui est moins passé dans son couloir que d'habitude mais qui a fait expulser deux Ukrainiens, et a provoqué deux buts mardi soir, le fait régulièrement depuis deux ans. Si Benzema le fait aussi, on peut voir venir.

A plus tard !

mardi 19 novembre 2013

Battre l'Ukraine, mode d'emploi

Salut à tous,

Après ce match aller qui a mal tourné pour des Bleus pourtant plus présents dans le combat et l'envie que les médias veulent bien nous faire croire, mais qui ont craqué sur deux erreurs de défense et quelques détails, quelles sont leurs chances aujourd'hui, à quelques heures d'un match retour qui décidera de beaucoup de choses, que ce soit sportivement ou médiatiquement ? Si l'on s'en tient aux statistiques, aucunes : jamais une équipe menée de deux buts dans un barrage européen n'a réussi à remonter cet écart. Ça tombe bien, avant le traquenard de Kiev, jamais l'Ukraine n'avait battu la France... comme quoi, les trucs arrivent, parfois.

Des défenseurs qui doivent défendre

Quelles sont les solutions qui se présentent à elles, qui ne possède toujours pas de certitudes à une demi douzaine de postes ni sur le plan tactique ? La clé de tout, ce ne sera pas l'envie - qui était déjà là vendredi, et qui sera là ce soir, sinon on ne comprends plus rien - mais l'efficacité, et pas seulement dans les deux surfaces de réparation, même si c'est là que la France a failli vendredi, notamment dans la sienne. On savait que la charnière Koscielny-Abidal ne présentait pas toutes les garanties, on en a eu confirmation : le Gunner, qui n'est pas un défenseur né, a toujours du mal dès que le haut niveau se présente, et n'en est pas à son premier penalty provoqué, tandis qu'Abidal n'était déjà pas ce qui se faisait de mieux dans l'axe avant ses deux ans d'absence pour maladie, alors maintenant... sans parler de son âge. Même chose pour Debuchy, qui présente les lacunes classiques de l'ancien milieu
reconverti latéral, même si ça date maintenant : formidable centreur, il peine dans les duels, comme Evra. C'est le syndrome Van der Wiel, qui brille plus depuis que Paris a le ballon et qu'il peut quasiment évoluer ailier, tandis que Motta et les défenseurs font le boulot dans son dos. Debuchy et Evra n'ont pas cette chance, ils ont beaucoup plus de boulot défensif, surtout à l'extérieur, et ça se voit.

Si Sakho remplace Abidal et Varane, Koscielny, on peut penser que la France y gagnera dans le combat, au moins, même si on peut avoir des doutes sur le physique du Madrilène. On ne pourra pas suspecter Sakho de rechigner à la tâche défensive, il est en pleine forme avec Liverpool, et ça pourrait permettre à Evra de monter plus sereinement, et ainsi offrir plus de soutien à Ribéry, qui en a manqué à Kiev, puisque Evra devait s'occuper de Yarmolenko. Une chose est sûre, Deschamps va devoir se faire violence et prendre des risques, mais pas trop, sachant que les Ukrainiens n'attendront qu'une seule chose, comme à l'aller après l'ouverture du score : des espaces en contre, et on a vu qu'ils savaient y faire. Pas besoin de marquer très vite, du moment qu'on marque : si on en mets deux dans le premier quart d'heure, les Ukrainiens auront tout le temps pour mettre le but qui nous obligera à en mettre deux de plus... ce qu'il faut, c'est ne pas confondre audace avec témérité. Ne pas se jeter comme des dingues, à la fois tactiquement - ce qui offrirait des contres, donc - mais aussi dans l'engagement : il ne faudrait pas qu'on se retrouve prématurément à dix parce qu'un de nos joueurs aurait confondu le ballon avec la cheville d'un adversaire. Ne pas écouter la démagogie de Dugarry, qui souhaite voir des Bleus se jeter à la gorge des Ukrainiens : c'est une pratique interdite dans à peu près tous les sports, même de combat.

Un milieu qui se projette

Au milieu, la France n'a pas failli à Kiev, même si elle a semblé bousculée par l'engagement parfois excessif des hommes de Fomenko. On a compris pourquoi ces derniers prenaient tant de cartons... en cela, on nous a changé l'Ukraine romantique de Blokhine ou Shevchenko... Peut-être faudrait-il aligner trois milieux axiaux, comme le PSG, sans véritable meneur, avec Cabaye à la place de Nasri devant Pogba et Matuidi, de façon à ce que ces trois là puissent se projeter un peu plus, comme ils le font en club. A seulement deux défensifs, Pogba et Matuidi ne peuvent se permettre de prendre trop de risques sans que l'autre ne se retrouve isolé. Avec un joueur supplémentaire, Pogba et Matuidi, qui jouent relayeurs en club, ainsi que Cabaye, pourraient porter le surnombre dans la surface, ou au moins à ses abords, par la qualité de leurs frappes de balle. Après tout, c'est ce que font tous les milieux modernes : ils défendent, ils relancent, et ils marquent aussi, ils se projettent dans la surface. Comment voulez vous qu'un avant-centre, aussi doué soit-il, puisse s'en sortir seul dans une surface si personne vient le soutenir en phase offensive ?

Enfin, l'attaque. Ribéry a été parfaitement pris par deux, voire trois joueurs, vendredi. Il doit faire mieux, par exemple en se recentrant ou en permutant avec son partenaire évoluant à droite, mais il doit aussi avoir plus de soutien, de la part d'Evra, de Matuidi, de l'éventuel meneur, que sais-je. Le mouvement offensif ne doit pas être brouillon, mais il ne doit pas non plus être figé. A Paris, Cavani est ailier droit pour la forme, il ne cesse de revenir dans l'axe, tandis que Zlatan recule pour distribuer. A Barcelone, Messi joue-t-il vraiment
attaquant de pointe ? Bien sûr que non, il doit faire face au jeu pour briller, donc il part de loin, tandis que ses deux ailiers, Pedro, Sanchez ou Neymar, offrent des solutions dans l'axe ou étirent la défense en restant sur le côté. Ce qu'il faut, c'est semer la panique dans la lourde défense ukrainienne. Centrer ? Inutile, ils sont immenses et de toutes façons on ne sait pas centrer, malgré Debuchy. Il faut jouer au sol, redoubler de passes, écarter cette défense pour ensuite repasser par l'axe. Et être efficace devant le but.

Rater un Mondial, ça arrive

Ce qui pose problème, sur le plan mental, c'est que les Ukrainiens sont invaincus depuis 12 matches, et prennent très peu de buts. Hormis leurs deux ailiers ils manquent de génie, mais Zozulia, devant, a démontré qu'il ne fallait pas dénigrer sa vivacité. Et Edmar n'est pas un Brésilien de naissance par hasard. Bref, qualifier, comme l'Equipe ce matin, d'"humiliation" cette défaite de l'aller est définitivement la preuve que peu de gens s'y connaissent vraiment en football dans ce pays, y compris dans les rangs de ceux qui pensent tout savoir, à savoir les journalistes. Perdre contre la Chine, comme en 2010 avant le Mondial (0-1), oui c'est une humiliation, en Ukraine sur un coup de dé, non. Il s'agit des barrages, épreuve où normalement toutes les équipes se tiennent et ont brillé dans leurs qualifications, sinon elles ne seraient pas là. L'Ukraine qui a fourni à peu près tous ses grands joueurs à l'URSS, et qui possède des clubs qui, eux, gagnent des Coupes d'Europe. Croire que la France est suffisamment un pays de football pour regarder tous les autres de haut, hormis les très grands, c'est oublier les longues périodes de disette qui ont fait le lien entre les générations Kopa, Platini et Zidane.

Il faudra avoir la chance qu'on n'a pas eu vendredi, mais ça implique qu'on en ait pas et qu'on se fasse sortir. Rater une Coupe du Monde, c'est terrible, certains joueurs de l’Équipe de France n'ont même jamais vécu ça. Mais ça fait partie du jeu, de l'Histoire des Bleus, ça arrive. Et, même si je sais que je parle dans le vide, ça ne servira à rien de dresser un procès à ces joueurs qui n'auront eu qu'un tort : d'être tombé dans le groupe de l'Espagne, et de ne pas être une génération immense. Rien à voir avec les casques sur les oreilles, le manque de sourire, les coupes de cheveux moches ou leurs origines ethniques ou sociales. Ils ne sont pas mieux payés, plus méchants ou pédants ou détestables que ceux de 98, simplement ils gagnaient, eux. C'est le seul critère sur lequel ils doivent être jugés, tout en se disant que la défaite fait partie du jeu.

Allez je vous laisse, et allez les Bleus !

vendredi 12 juillet 2013

La relève est-elle là ?

Salut à tous,

Demain soir, l’Équipe de France des moins de 20 ans disputera la première finale mondiale de son histoire. Deux ans après la demi-finale de la génération précédente dans la même compétition, et un an après une autre demi-finale lors de l'Euro des moins de 19 ans pour la présente génération, et malgré les résultats moyens des Espoirs - composés logiquement en grande partie des demi-finalistes mondiaux d'il y a deux ans - la France renaît un peu au niveau des résultats de jeunes, et c'est évidemment une excellente nouvelle.

Que sont-ils devenus ?

Le creux générationnel que subit actuellement la "grande" Équipe de France dure depuis 2008, sachant que les précédents qui avaient succédé aux générations Kopa et Platini avaient respectivement duré 15 et 7 ans. On est donc encore loin de se retrouver avec une sélection qui domine le monde, ou au moins fait partie des tous meilleurs. L'important, c'est qu'on arrête de mettre ces mauvais résultats sur le compte du comportement des joueurs, de leur propension ou non à chanter la Marseillaise, ou pire de leurs origines origines ethniques
et/ou sociales, ce que la montée actuelle des idées xénophobes dans notre pays contribue à faire fructifier. Si on est moins bon, c'est que depuis l'Euro gagné en 1996 par les moins de 19 ans menés par Henry et Trézéguet, ainsi que la finale de l'Euro Espoirs en 2002, les résultats de la France en jeunes ne sont pas inexistants, mais très espacés, voire rares. Et donc, lorsqu'ils sont présents, ils ne parviennent pas suffisamment à nourrir les A en futurs grands joueurs.

Lorsqu'une sélection jeune brille, on a tendance à se dire que c'est toute une équipe sur laquelle le sélectionneur des A pourra s'appuyer pour remplir ses objectifs. Sauf qu'après coup, lorsqu'on regarde ce que sont devenus ces jeunes, ils ne sont en général qu'une minorité à être devenus internationaux, et certains d'entre eux, parfois, n'ont même pas réussi leur carrière pro. Regardez la génération 2002, finaliste donc de l'Euro Espoirs contre les Tchèques, sous la direction de Raymond Domenech : elle comptait dans ces rangs des joueurs comme Berson, Di Tommaso, Vercoutre, Chapuis ou Mathis qui sont loin d'avoir tutoyé les sommets durant leur carrière. D'ailleurs cette génération a fourni certes pas mal d'internationaux A, mais aucun qui pourra dire qu'il en fut un des piliers victorieux (Landreau, Réveillère, Boumsong, Mexès, Bréchet, Escudé, Pedretti, Meriem, Govou et Luyindula) et seulement un finaliste du Mondial 2006 (Govou), Boumsong ne quittant pas le banc en Allemagne.

2004, 2005... pétards mouillés

La clé, ce n'est pas briller de temps en temps en jeunes, c'est de briller tout le temps, comme l'Espagne, l'Allemagne, les Pays-Bas ou le Portugal, qui sont présents systématiquement lors des phases finales des compétitions de jeunes, des moins de 17 aux Espoirs, et qui peuvent donc continuellement compter sur des couches de bons joueurs qui se succèdent sans faillir. Un comble pour notre pays, réputé pour sa formation. Nous, sur quelle bonne génération pouvons nous nous appuyer ?

On a beaucoup parlé de la génération 1987, vainqueur de l'Euro 2004 des moins de 17 ans contre l'Espagne (Piqué, Fabregas...), excusez du peu, avec dans ses rangs des futurs cracks comme Ménez, Ben Arfa, Nasri et Benzema, mais aussi des joueurs qui n'ont pas percé comme El Mourabet, Thicot, Yahiaoui ou Akakpo, tous titulaires en finale... les premiers nommés sont aujourd'hui internationaux, mais seul Benzema, et à un degré moindre Nasri et Ménez, ont fait leur trou en Bleu. Et pour l'instant, ils n'ont pas réussi à emmener les Bleus au sommet. Une grande génération, mais seulement quatre internationaux au final : voici le lot de toute sélection de jeunes, promise à un écrémage sévère au feu du professionnalisme.

La France a également remporté la Coupe du Monde des moins de 17 ans en 2005, soit des joueurs qui aujourd'hui s’apprêtent à fêter leurs trente ans l'année prochaine. Qui portait cette belle équipe ? Son meilleur joueur se nommait Florent Sinama-Pongolle, meilleur joueur et buteur (9 !) de la compétition, aujourd'hui attaquant de Rostov, en Russie, et qui n'a jamais confirmé son pourtant indéniable talent, accrochant une seule sélection, en 2008. Son cousin Anthony Le Tallec, son pendant idéal en attaque, n'a pas vraiment fait mieux. Pour le reste, combien d'internationaux dans ce groupe ? Et bien... aucun, à part Sinama Pongolle, donc. Regardez donc le groupe dirigé à l'époque par Jean-François Jodar :


18 Michaël Fabre Drapeau : Italie Bologne FC 15.07.1984 0 0 0 0 0
1 Florent Chaigneau Drapeau : France Stade rennais 21.03.1984 6 0 0 0 0
Défenseurs
2 Kévin Debris Drapeau : France Le Havre AC 10.05.1984 4 0 0 0 0
3 Jérémy Berthod Drapeau : France Olympique lyonnais 24.04.1984 5 1 1 0 0
4 Julio Colombo Drapeau : France Montpellier HSC 22.02.1984 6 0 1 0 0
5 Jacques Faty Drapeau : France Stade rennais 25.02.1984 6 0 0 0 0
13 Stephen Drouin Drapeau : France FC Nantes 27.01.1984 5 1 1 0 0
Milieux de terrain
6 Gaël Maïa Drapeau : France Girondins de Bordeaux 02.04.1984 3 0 0 0 0
8 Hassan Yebda Drapeau : France AJ Auxerre 14.05.1984 5 0 1 0 0
10 Mourad Meghni Drapeau : Italie Bologne FC 16.04.1984 5 1 1 0 0
12 Emerse Faé Drapeau : France FC Nantes 24.01.1984 6 0 0 0 0
14 Laurent Mohellebi Drapeau : France AS Monaco 05.01.1984 4 0 0 0 0
15 Kévin Jacmot Drapeau : France Olympique lyonnais 22.03.1984 5 0 0 0 0
16 Samuel Piètre Drapeau : France US Créteil-Lusitanos 10.02.1984 6 3 0 0 0
Attaquants
7 Anthony Le Tallec Drapeau : France Le Havre AC 03.10.1984 6 3 0 0 0
9 Florent Sinama-Pongolle Drapeau : France Le Havre AC 20.10.1984 6 9 1 0 0
11 Chaouki Ben Saada Drapeau : France SC Bastia 01.07.1984 2 0 0 0 0
17 Luigi Glombard Drapeau : France FC Nantes 21.08.1984 3 0 0 0 0

Quelle déception, quel gâchis ! A quoi bon remporter des Coupes du Monde en jeune pour qu'au final aucun des gamins ne réussisse vraiment ? Non seulement aucun de ces joueurs n'est devenu réellement international, mais aucun ne peut vraiment dire qu'il a réussi sa carrière professionnelle, hormis, peut-être, Berthod, Faty, Yebda, Meghni, Ben Saada et les deux cousins... en grattant bien alors. Aucun n'a vraiment joué dans un grand club. Que d'espoirs portions nous pourtant à l'époque ! Je me souviens avoir veillé une nuit pour suivre la finale. En pleine époque Zidane, on se disait qu'avec cette équipe, l'avenir était assuré. Que pouvait-il nous arriver ? Et pourtant... un vrai pétard mouillé.

2011, 2013, la relève ?

En 2006, la France atteint les demi-finales du championnat d'Europe Espoirs, contre les Pays-Bas de Huntelaar (2-3). La dernière phase finale en date des Bleuets... Dans ses rangs, encore Sinama-Pongolle, Berthod et Le Tallec, mais aussi de futurs internationaux comme Mandanda, Sagna, Faubert, Gourcuff, Mavuba, Toulalan, Briand, Clerc, L.Diarra... et d'autres "ratés" comme J.Gavanon, Badiane ou Bergougnoux. Ce fut la première "couche" qui a construit l’Équipe de France actuelle.

Et puis bien sûr, il y a donc cette Coupe du Monde des moins de 20 ans 2011, dont les Bleuets atteignirent les demi-finales et Lacazette la tête des buteurs avec 5 buts. Il est évidemment un peu tôt pour analyser le parcours des joueurs qui composaient ce groupe, qui comptait alors dans ses rangs des joueurs comme Grenier, G.Fofana, Griezmann, Kolodziejczak, Kakuta, Bakambu... une belle génération, qui a déjà fournit deux jeunes internationaux aux Bleus (Grenier et Lacazette, lors de la dernière tournée en Amérique du Sud) et qui risque d'en fournir d'autres, comme Griezmann ou Fofana, par exemple. Kakuta, désigné meilleur joueur de cette sélection, semble déjà grillé, encore un gâchis...

Et l'actuelle, qui défiera demain l'Uruguay en Turquie ? Elle a indéniablement du talent, sachant qu'elle a quand même du se passer d'un phénomène comme Varane, blessé. Mais elle n'a battu aucun gros lors de ce tournoi, perdant en poule contre l'Espagne (1-2), battant deux fois le Ghana, mais en concédant aussi un nul contre les États-Unis (1-1) et dominant la Turquie chez elle (4-1) et l'Ouzbékistan (4-0), certes sur des scores importants. Dans ce groupe, qui compte déjà deux internationaux en la personne de Varane et Pogba, on pense tout de suite à Thauvin, exceptionnel en demi-finales contre le Ghana, et qui possède à la fois des qualités de dribble exceptionnelles et une belle frappe, mais aussi à Areola, s'il parvient enfin à jouer, à Paris ou ailleurs, à Digne évidemment, qui ne devrait pas tarder à jouer en A, à Kondogbia aussi. Pour des joueurs comme Umtiti ou Veretout, voire Bahebeck, il faudra encore attendre un peu.

Ces deux récentes générations pourraient être le socle d'une future Équipe de France enfin convaincante. Mais il faudra continuer à avoir des résultats en jeunes pour la voir enfin retrouver les sommets. Pas avant l'Euro 2016, a priori...

Je vous laisse !