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jeudi 22 mai 2014

Vingt sur vingt

Bonjour chers lecteurs !

Revenons sur cette saison de Ligue 1 qui vient de se terminer, en le faisant club par club, en descendant le classement final.

1er : Paris-SG : le désormais double champion de France a battu tous les records : plus grand nombre de points de l'Histoire, à trois ou à deux points (89 et 62), de victoires (27), plus grand pourcentage de succès depuis 1970 (71,1), meilleure attaque depuis 1971 (84), meilleur goal-average depuis 1960 (+63)... bref, une performance d'une autre époque, dans un championnat habitué à des débats plus âpres, plus serrés, y compris pour ses champions, qui s'y baladent rarement. Implacable à domicile (9 points de perdus, 51 buts pour, 7 contre), le PSG compte également dans ses rangs le premier joueur ayant signé deux fois au moins 25 buts depuis un autre Parisien, Carlos Bianchi (en 77 et 78, 37 et 37). Reste à savoir à présent si les méfaits du fair-play financier, d'une part, et de l'émergence d'un Monaco désormais européen, de l'autre, ne va pas faire vaciller son trône.

2e : Monaco : Si le PSG ne compte que neuf points d'avance sur son dauphin, c'est parce que ce dernier, promu, est le meilleur deuxième de l'Histoire. Avec son parcours et sa cadence, l'ASM aurait fait au moins aussi bien que 58 % des champions de France, et que 10 des 12 derniers ! Avec 80 points, elle fait moins que le PSG de l'an passé (83) et Montpellier en 2012 (82) mais mieux que Lille 2011 (76), Marseille 2010 (78), Lyon 2008 (78) et aussi bien que Bordeaux 2009... pas mal pour une équipe qui comptait parmi ses titulaires réguliers plusieurs joueurs qui évoluaient en Ligue 2 l'an passé (Subasic, Raggi, Kurzawa, Obbadi,
Rivière, Germain, sans parler de Ferreira Carrasco et Ocampos). Meilleure équipe du dernier quart d'heure, Monaco n'a jamais perdu après avoir ouvert le score, et peut donc être fier de son retour en Ligue 1. Dommage que Ranieri ne profite pas de cette réussite...

3e : Lille : Après les années Garcia, qui avait mis fin notamment aux années Halilhodzic et son football minimaliste mais efficace, en proposant du jeu, une attaque de qualité et un style séduisant, on a assisté, avec Girard, au retour du jeu réaliste et froid, avec toujours le même résultat en Ligue 1 : le succès. Qui attendait le LOSC cette saison, ce dernier ayant notamment perdu son meilleur joueur l'été dernier (Payet) après avoir raté l'Europe ? Et pourtant, Lille est là, qualifié pour le tour préliminaire de Ligue des Champions, et ce en signant la... 9e attaque (46 buts) et, logiquement, la 2e défense (26). S'appuyant sur une défense très performante, où Enyeama et la charnière Basa-Kjaer ont particulièrement brillé, un milieu accrocheur et une attaque où Kalou (16 buts, 5 passes) a tout fait, ou presque, et où Roux (9 buts, 5 passes) a patiné mais où Origi (5 buts) s'est révélé, Lille signe le troisième meilleure total de son histoire (71 points) et s'invite pour la 6e fois en C1 depuis 2001.

4e : Saint-Étienne : les Verts progressent d'années en années, lentement mais sûrement. 17e en 2010, 10e en 2011, 7e en 2012, 5e l'an passé... cette fois, l'exploit était tout prêt, puisqu'ils échouent à deux petits points (et une meilleure différence de buts) de Lille. Offrant souvent un spectacle de qualité, avec en défense un Bayal de retour au haut niveau et un Perrin impérial, mais aussi l'apport depuis janvier de l'excellent Trémoulinas, la saison énorme au milieu de Lemoine et la bonne saison en attaque de Erding, qui prouve à quel point il peut être un bon buteur quand il est en confiance (1 but toutes les 167 minutes, mieux que Gignac, Gomis, Aboubakar, Ben Yedder, Lacazette, Kalou...), l'ASSE signe la 3e attaque (56) et la 4e défense (34) et le 3e bilan retour (36 pts). Prochaine étape, le podium ?

5e : Lyon : Non qualifié pour la C1 pour la 2e fois en trois saisons, l'OL, qui signe son plus petit total de points (61) depuis 2000, voit pourtant les médias considérer que sa saison est réussie. Il est vrai que Lyon a encore du vendre des joueurs importants (Bastos, Lisandro, Lovren, Réveillère...), ne recrutant finalement qu'un joueur majeur, Bédimo, deuxième passeur du championnat (9), et s'appuyant encore plus qu'à l'accoutumée sur les jeunes. Avec des réussites diverses : Ferri ou Tolisso ont plutôt brillé, mais on a moins vu Fekir ou Benzia... si Lyon a pu s'appuyer sur un duo d'attaque très performant (Lacazette 15, Gomis, 14), il n'a pu que brièvement compter sur un Gourcuff qui a pu pourtant montrer, quand il jouait, qu'il restait un joueur d'exception. Au final l'OL se garantie un été à disputer des tours préliminaires improbables en C3. Bon courage !

6e : Marseille : Premier non-européen pour un petit point, pour la première fois depuis 2007, Marseille était pourtant le seul club du haut de tableau, en dehors bien sûr du duo de tête, à s'être renforcé, notamment sur le plan offensif (Thauvin, Payet, Khalifa...). Dauphin du PSG l'an passé, il est pourtant celui termine dernier du six majeur... paradoxe de la Ligue 1, où les investissements couteux ne garantissent pas toujours le succès. Marseille, comme Paris il y a une quinzaine d'années avec la génération Luccin, Dalmat ou Anelka, a misé sur de jeunes loups talentueux mais inexpérimenté (Thauvin, Imbula, Mendy), et l'a payé très cher, à tous les niveaux. Évidemment, changer d'entraîneur n'a rien changé. Six fois défait dans un Vélodrome terriblement hostile, Marseille s'est montré plus consistant à l'extérieur (4 défaites, 6 succès), en plus de l'excellente saison de Gignac (16 buts). Comme quoi, il y avait le potentiel. L'année prochaine, sans Coupe d'Europe, peut être morose comme elle peut être celle de la renaissance.

7e : Bordeaux : Étrange saison de Bordeaux, qui a semblé accabler ses supporters par la pauvreté de son jeu mais qui n'a cessé de naviguer non loin de l'Europe. Septième, c'est d'ailleurs la place que le club girondin semble s'être octroyé, puisqu'il y a terminé l'an passé et en 2011. Pourtant, Bordeaux ne peux pas avoir honte de ses chiffres, lui qui est loin de rouler sur l'or : 6e attaque (49), il a pu compter sur un excellent Diabaté (12 buts, un toutes les 140 minutes), sur un Jussiê renaissant (9 buts !) et un Sertic influent au milieu. On est très loin du Bordeaux 2009, c'est souvent ennuyeux et très inconstant, mais avec cet effectif moyen les Girondins ne sont pas loin des places d'honneur. Une des surprises en 2015 ? Possible.

8e : Lorient : Figurant dans le haut du tableau malgré un bilan négatif (13 succès, 15 défaites), Lorient a pourtant réussi une nouvelle saison miracle, se maintenant sans aucun problème au sein d'une élite où il fait toujours figure d'anomalie financière et structurelle, même si c'est désormais un visage familier de Ligue 1 (10 saisons depuis 1998). Huitième, comme l'an passé, Lorient a encore joué son rôle de révélateur de buteur. Après avoir révélé Gameiro et réveillé Aliadière, moins présent cette saison (8 buts), Gourcuff, pour sa dernière saison, a littéralement transcendé Aboubakar (16), qui n'avait jamais dépassé les 6 buts avec Valenciennes... Notons la révélation Guerreiro, en latéral gauche offensif, le réveil de Coutadeur et la confirmation Jouffre. Espérons que le prochain entraîneur soit aussi inspiré que son illustre prédécesseur...

9e : Toulouse : Éternel résident du ventre mou (8e en 2011 et 2012, 10e l'an passé), malgré un potentiel qu'on devine intéressant, le TFC, seule équipe avec Ajaccio a évoluer à trois derrière - voire à cinq - a tenté de jouer plus que d'habitude, sans que ça change quoique ce soit, si ce n'est qu'il a encaissé plus de buts que d'habitude (14e défense avec 53 buts) et s'est montré médiocre à domicile (17e bilan avec 24 points). C'est d'ailleurs la seule équipe à avoir pris plus de points à l'extérieur (25). Pourtant, Ben Yedder a encore amélioré son score de buts (16), bien aidé par Braithwaite, parfait adjoint en attaque (7 buts, 7 passes), et Aurier a confirmé qu'il était probablement déjà un des meilleurs latéraux d'Europe, et pas seulement grâce à ses stats offensives (6 buts, 6 passes). Mais si, niveau recrues, Spajic a convaincu en défense, c'est moins le cas de Trejo, voire d'Aguilar et Chantôme. Il va falloir encore attendre avant de voir le TFC s'incruster en Europe.

10e : Bastia : c'est peut-être l'équipe dont on a le moins entendu parler cette saison. Pourtant il y a figurait trois internationaux français (Landreau, Squillaci, Cissé) et d'autres joueurs de qualité (Romaric, Krasic...). Le premier s'est imposé, notamment en défense, le second s'est vite éteint après de bons débuts. Le Sporting a été fidèle à lui-même : 5e à domicile et 17e à l'extérieur, avec une attaque finalement moyenne (42) et une défense gruyère (58). Mais Bastia n'a jamais été en danger, et a pu compter sur les buts de Bruno (8) et Raspentino (5), plutôt que sur ceux de Cissé (3) ou les passes d'un Boudebouz moyen. Le successeur de Hantz trouvera un club bien ancré en Ligue 1.

11e : Reims : Longtemps aux portes de l'Europe, le Stade a plongé en 2014. 8e à deux points du 4e à la trêve, l'ex promu termine 11e à 21 points de l'ASSE... en raison d'une phase retour désastreuse (17e bilan avec 19 points, 5 succès pour 10 défaites). Meilleur buteur du club l'an passé (9), Courtet n'a pas marqué une fois. Dommage, parce que cette saison rémoise s'annonçait séduisante, avec un Krychowiak encore convainquant et un Oniangue qui a parfaitement dépassé sa fonction de milieu défensif (10 buts). La perte d'Hubert Fournier, en partance pour son club formateur, Lyon, sera difficile à encaisser. Il faudra que Reims se montre plus régulier à l'avenir.

12e : Rennes : Paradoxale saison pour les Bretons, qui font aussi bien que l'an passé (46 points), qui ont atteint la finale de la Coupe de France, un an après celle de la Coupe de la Ligue, et qui signent le 8e parcours des matches retours grâce à un mercato hivernal réussi (Toivonen, Ntep) mais qui ont semblé nager toute la saison dans la crise. Il faut dire que le maintien n'a été assuré que quelques journées avant la fin, qu'on attendait plus sur le plan du jeu de la part du meilleur entraîneur de la Liga 2012-13, Philippe Montanier, et que la nouvelle défaite contre Guingamp au Stade de France a fait très mal. Pourtant l'effectif rennais est séduisant, et si Montanier parvient à appliquer ses idées, et si Ntep confirme son talent, Rennes peut signer une grande saison l'an prochain.

13e : Nantes : Comme Reims, le FCN semblait parti pour naviguer dans les eaux du haut du tableau avant de fléchir sérieusement après la trêve (15e). Un parcours typique pour un promu, mais qui a quand même permit aux Canaris, dotés pourtant d'un effectif peu renforcé l'été dernier, et qui ne le sera pas cet été à cause des sanctions suite à l'affaire Bangoura, de se maintenir sans trembler. Seul Vizcarrondo s'est ajouté, avec bonheur, en défense centrale, bien aidé par un excellent Djilobodji. En attaque, Gakpe a signé une grosse fin de saison et termine deuxième buteur du club (8 buts) derrière un Djordjevic qu'on n'a pas vu après la trêve (10 buts, 2 en 2014) et qui quitte le club fâché. Entre l'affaire du match contre Bastia perdu sur tapis vert et l'interdiction de recrutement, Nantes n'a pas vécu un retour apaisé. Mais réussi quand même.

14e : Evian-T-G : Le succès final à Sochaux (0-3) a non seulement sauvé le club savoyard de la relégation, il lui a aussi permit de signer in extremis son meilleur classement depuis début novembre... 17e sans interruption entre mi janvier et fin mars et jusqu'à l'avant-dernière journée, l'ETG, 16e l'an passé, a encore une fois énormément souffert pour garantir son maintien, avec succès. Il est pourtant le seul club à avoir battu le PSG (2-0) et Monaco (1-0) au Parc des Sports d'Annecy... ce qui l'a sans doute sauvé. La grande saison
de Wass (9 buts) et de Bérigaud (10) y a également contribué, ces deux joueurs étant partant cet été... A noter que Evian, lui aussi, a réussi sa phase retour (10e, mieux que Bordeaux...), pas seulement Sochaux...

15e : Montpellier : Le titre de 2012 semble si loin. Il reste pourtant quelques champions dans l'effectif héraultais (Jourdren, Hilton, Stambouli, Cabella, Camara, Montano...) mais ça s'est rarement vu cette saison. Seul Cabella s'est montré plus fort que jamais (14 buts), s'approchant ainsi sérieusement des Bleus. Mais les 18 nuls signés sont rédhibitoires dans un championnat à la victoire à trois points. Quand Jean Fernandez a été viré, le club était 17e. Courbis, son successeur, a certes sauvé le club mais n'a pas vraiment transcendé cette équipe parfois sans réaction et inquiétante défensivement (53 buts), même si elle termine 9e des matches retours. Les départs de Cabella et Stambouli ne seront également pas simples à combler.

16e : Guingamp : Le vainqueur de la Coupe de France est également le troisième promu à se maintenir, une rareté. Cinquième en novembre, le club breton a lui aussi plongé après la trêve, et termine même relégable sur les matches retours (18e). 19e attaque (34) mais 6e défense (42), l'En Avant n'a pas forcément fait le spectacle cette saison, mais en avait-il les moyens ? Surtout sur une pelouse indigne du monde professionnel. Sa défense, notamment sa charnière Kerbrat-Sorbon, a fait le boulot, tout comme Sankharé et Mathis au milieu. En attaque, Yatabaré, après une première expérience médiocre à Boulogne, s'est enfin imposé en Ligue 1 (11 buts), bien aidé par un Beauvue aérien (5 buts dont 4 de la tête). Comme pour tout promu, la deuxième saison s'annonce difficile, surtout si Gourvennec s'en va...

17e : Nice : C'est peu dire qu'on n'attendait pas les Aiglons aussi bas, après leur 4e place de l'an passé et la livraison de leur nouveau stade. Sauvés de deux petits points, Nice, pire attaque de Ligue 1 (30, 7 de moins qu'Ajaccio !) a vu la baudruche Cvitanich se dégonfler complètement (8 buts, 1 en 2014) et les jeunes Bosetti (5) et Maupay (2) ont eu du mal à le suppléer. Malgré les bonnes saisons en défense d'Ospina, Bodmer et Kolodziejczak, l'animation offensive a été désastreuse, elle qui avait tant séduit la saison dernière. Mais Eysseric, Bauthéac et consort ont vraiment déçu. Puel, qui a fait jouer ses deux fils cette saison (Grégoire et Paulin) a vraiment du travail.

18e : Sochaux : Premier relégué, et peut-être le plus cruel. Le FCSM, 66 saisons de Ligue 1 au compteur, ne comptait que 11 points à la trêve. Il en compte 40 cinq mois plus tard, mais cette phase retour phénoménale (7e, 8 succès, 6 défaites) n'a pas suffit. Les recrues hivernales, Sunzu, Marange ou Ayew, ont apporté mais la montagne était vraiment trop haute. Pourtant, Sochaux avait les moyens de le faire face à Evian, après avoir tenu en échec le PSG (1-1) et s'être imposé à Reims (0-1) et Rennes (1-2) pour s'offrir cette finale inespérée. Mais les Savoyards ont été plus forts mentalement. Tant d'efforts vains... difficile à encaisser. On espère maintenant voir Sochaux remonter très vite.

19e : Valenciennes : Le club nordiste a également cru que l'expérience d'Ariel Jacobs, arrivé cet hiver, et les buts de Waris (9) allaient lui permettre de créer l'exploit et de se maintenir. Mais les sept défaites consécutives qui ont conclu cette saison ont scellé le sort du VAFC, de retour en Ligue 2 après huit saisons consécutives dans l'élite... un match a fait très mal, face à Ajaccio (2-3), alors que les Nordistes menaient 2-1 à quelques minutes de la fin et qu'ils s'apprêtaient à sortir de la zone rouge. Ils ne s'en sont jamais remis. 18e attaque (37), mais surtout 19e défense (65), VA a montré trop de faiblesses cette saison, entre inexpérience et insuffisances techniques. Hormis Waris, seuls le milieu Doumbia et le défenseur Masuaku ont montré quelques qualités. Espérons que Valenciennes se remette vite de cette saison ratée.

20e : AC Ajaccio : Il fallait bien que ça arrive. Maintenu sur le fil tous les ans, le club corse a cette fois bel et bien plongé. Pire dernier de la décennie à la trêve (9 points), l'ACA, débarrassé cet hiver de son entraîneur, Ravanelli, et de quelques poids morts peu concernés, notamment Mutu, a fait un peu mieux en 2014 (14), mais pas beaucoup mieux. Malgré les 8 buts du jeune Junior Tallo, prêté par Rome, l'ACA signe la pire défense du championnat (72 !), malgré ses cinq défenseurs régulièrement alignés. Qui se souvient encore du match nul obtenu au Parc des Princes (1-1) lors de la deuxième journée, grâce à un but stratosphérique de Pedretti ? Christian Bracconi a fait ce qu'il a pu mais Ajaccio prépare déjà la saison prochaine depuis six mois. En Ligue 2.

Je vous laisse, à plus tard !

mercredi 10 octobre 2012

La Ligue 1 tient bon !

Salut à tous,

Nouveau petit bilan de la Ligue 1, après huit journées, soit un peu plus d'un cinquième du championnat, déjà. Un championnat toujours aussi passionnant, et qui n'est toujours pas écrasé par le PSG, malgré les multiples craintes exprimées dans tous les médias sportifs depuis trois mois, voire plus. La Ligue 1 tient bon, comme à son habitude. Le football, tellement aléatoire et incertain, est le sport qui se prête le moins à la véracité des prévisions et autre prédictions de toutes sortes, et ça se vérifie encore une fois, même si, là aussi, il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions dans ce sens.

OM-PSG, un vrai sommet

Marseille a tenu le choc à domicile face à son dauphin, ce qui est tout de même assez paradoxal pour un leader, mais compréhensible au vu des mercatos respectifs des deux clubs, et de leur puissance financière. Le PSG a été bousculé, comme toujours à Marseille, ce qu'a eu bien du mal à comprendre et admettre Christophe Dugarry, qui a craché sa haine du club de la capitale comme rarement durant sa carrière de consultant. Si certains avaient des doutes sur ses goûts footballistiques, ils sont désormais fixés. Même ceux qui aiment le moins
le club parisien auront du mal à affirmer que Dugarry est, disons... pro parisien, après une performance pareille. Ce qu'il n'est pas sensé être non plus, d'ailleurs.

Peu importe, au fond. Le PSG a donc été bousculé, mais a ramené finalement un point qui le maintient à la fois à distance raisonnable de Marseille, et avec une petite avance sur ses poursuivants, qui ont tous été tenu en échec (Lyon, Bordeaux, Lorient, Toulouse...). Du coup, Reims, prochain adversaire des Parisiens, grimpe à la cinquième place, ce qui annonce un duel des plus sympathiques. En attendant, on peut aussi dire, avec raison, qu'en raison de la stagnation de leurs adversaires directs, Marseille comme Paris ont raté une belle occasion de faire le trou.

Beaucoup de buts, beaucoup d'invaincus

Ce week-end on a eu droit à une très belle journée, riche de 33 buts, meilleur total de la saison, ce qui porte la moyenne à 2,59, soit la même que lors de la phase aller de la dernière saison à peu près. Espérons que cette fois les attaquants tiennent la distance et ne baissent pas de pieds lors de la phase retour, comme l'an dernier (2,4 au final).

On compte encore trois équipes invaincues après 8 journées (PSG, Lorient et Bordeaux, qui ont accumulé 14 nuls à eux trois, dont lors de leurs trois confrontations), un évènement rarissime. L'an dernier, il n'y en avait aucun, sept équipes comptant 1 défaite, dont les trois leaders (PSG, Lyon et Toulouse), Montpellier, futur champion, en comptant déjà deux. L'année d'avant, ils étaient deux (Lille, futur champion, et Rennes) à être invaincus, ce qui était déjà très rare. La dernière fois que l'on comptait 3 clubs sans défaite, c'était en 2001-02 (les deux leaders, Auxerre et Lille, et le PSG). Les trois clubs allaient respectivement terminer aux 3e, 5e et 4e place, à bonne distance de Lyon, qui signait son premier titre et qui comptait deux défaites à la 8e journée... comme quoi, c'est symbolique mais assez peu significatif finalement, et certainement pas décisif.

On compte également 8 équipes encore invaincues à domicile (dont Ajaccio, 14e) et deux qui n'ont pas encore gagné chez elles (Montpellier et Troyes), tandis que 5 équipes n'ont pas encore gagné à l'extérieur (Nice, Reims, Nancy, Troyes et Brest) et 4 équipes invaincues hors de leurs bases, Lyon s'ajoutant aux trois équipes évoquées plus haut.

Chez les attaques, trois équipes mènent le bal, le PSG, Lorient et Saint-Étienne (14) devant Valenciennes et Lyon (13). Les Verts, Reims et Lyon mènent à domicile (9) tandis que le PSG domine à l'extérieur (8). De son côté, Nancy n'a encore marqué que deux buts, dont un à domicile. A l'extérieur, Sochaux n'a également marqué qu'une seule fois. Chez les défenses, le PSG est encore en tête malgré son week-end mouvementé en Provence (5 buts) devant Bordeaux, Reims et Saint-Étienne, encore (6). La meilleure défense à domicile est corse (Ajaccio, 0) et la plus mauvaise l'est aussi (Bastia, 10) ! Valenciennes n'a cédé qu'une fois chez lui, et le PSG, deux. A l'extérieur, six équipes ne comptent que 3 buts encaissés, tandis que Troyes a déjà craqué 12 fois. Au total, Bastia est la plus mauvaise défense (20) devant Troyes (18) et Nancy (14).

Le phénomène Zlatan

Vous l'avez sans doute lu, vu ou entendu, Zlatan Ibrahimovic mène la danse en tête des buteurs (9 buts), avec 4 doublés à la clé, et ce en 7 matches, soit un but toutes les 70 minutes. A noter qu'il n'en compte aucun de la tête, malgré sa taille, alors que l'attaquant toulousain Wissam Ben Yedder, son étonnant poursuivant au classement, haut d'1m70, en compte 3 sur 6 (meilleur total avec Maoulida, qui lui en est à 3 sur 3...). Même quand il marque sur corner, c'est du pied... Comme quoi, ce n'est pas forcément la taille qui compte. Le club parisien, malgré l'avantage de la taille de son avant-centre, joue très peu dans les airs mais principalement au sol. On n'a pas trop l'habitude, en France, d'avoir des attaquants grands ET bons avec leurs pieds... mais ça arrive plus souvent qu'on ne le pense. Un autre grand attaquant parisien, Guillaume Hoarau (1m91), n'a marqué que 9 de ses 37 buts en Ligue 1 de la tête. Même chose pour Giroud l'an passé (1m92, 1 seul sur 21). En fait, c'est juste un poncif. On oublie aussi trop souvent l'impayable nullité des centres aériens en Ligue 1, une véritable plaie, que l'on constate jusqu'en Équipe de France, où on ne marque JAMAIS de la tête... sauf à Toulouse et Bastia, apparemment. On a marqué 45 buts de la tête en Ligue 1, dont 11 pour les défenseurs et... un d'un gardien.

Ibrahimovic qui a également marqué 6 de ses 9 buts à l'extérieur (2 à Lille, 2 à Bastia et 2 à Marseille). Il devance l'Evianais Khelifa, auteur d'un triplé étonnant à Montpellier (2-3). Il a également marqué le 10e coup-franc cette saison, déjà. Étonnant chiffre, puisqu'on en avait compté seulement 28 l'année dernière, soit 0,73 par journée, contre 1,25 cette saison, et surtout que ça en fait autant que de penalties (96 l'année dernière, soit plus 3,4 fois plus). Il y aura très certainement plus de penalties que de coup-francs en fin de saison, mais en attendant on peut savourer cette augmentation, même temporelle, de la réussite dans cette exercice, autre secteur où la Ligue 1 est d'ordinaire complètement nulle, comme les centres. A noter que, comme toujours, les tireurs de coup-francs sont souvent gauchers (6 sur 10) et ceux sur penalties, droitiers (9 sur 10).

La dernière fois, je vous avait parlé des buts européens qui se comportaient bien, et qui avaient même une petite avance sur les Sud-Américains. Mais depuis, les derniers se sont réveillés, et ont repris l'avantage, très loin derrière l'Afrique, évidemment (47). En deux journées, les Brésiliens ont marqué 5 fois, tous ce week-end d'ailleurs, les Argentins, trois
fois, sans parler des buts du Chilien Estrada et du Colombien Sanchez. Dans le même temps, les Européens ne marquaient "que" 4 fois, également tous ce week-end. Les Gauchos ont ainsi bénéficié du réveil des Niçois Cvitanich (2) et Civelli (1), tandis que ce week-end, les Brésiliens Brandao et Marcos Dos Santos (2 buts chacun) ont assuré la première place du Brésil (14), devant leur grand rival argentin (9, à égalité avec la Suède d'Ibrahimovic). Ca fait donc désormais quatre buts d'avance pour les Sud-Américains, mais les Européens tiennent malgré tout bien le choc. Et si Ibrahimovic (9), Erding et Ben Basat (3 chacun) continuent de briller, ils peuvent continuer d'espérer...

Les vieux ont la vie dure !

Dans la guerre des âges, l'avantage est toujours nettement en faveur des plus de 31 ans, qui marquent trois fois plus (22) que les moins de 21 ans (7), ce qui semble logique mais ne l'est pas vraiment, en fait. L'an passé, par exemple, les jeunes, porté par Eden Hazard (20 buts), avaient plus marqué (79) que les vieux (72), et ce n'était pas vraiment une rareté. Le vieillissement des buteurs de Ligue 1 est évident sur ce début de saison, ce qui peut inquiéter pour le renouvellement prochain du championnat. Surtout quand on voit l'identité des jeunes buteurs, hormis Jordan Ayew (2 buts) (Sidibé, Lille, Eysseric, Nice, Ahamada et Regattin, Toulouse, Bahebeck, Troyes). De bons jeunes, mais qui ne semblent pas vraiment promis à un avenir de niveau international, à vue de nez. Chez les vieux, même chose, d'ailleurs, avec de bons joueurs de championnat, mais seulement trois anciens internationaux français (Meriem, 2, Rothen et Giuly, 1), derrière Maoulida et Barbosa (3 buts).

On peut également noter le très faible nombre de buts de joueurs contre leurs anciennes équipes, qui ne sont que trois (Gourcuff à Rennes, lors de la première journée, Modeste contre Nice lors de la 7e et Erding contre Sochaux ce week-end). Les remplaçants, en revanche, se débrouillent bien, avec 24 buts dont 3 pour le Rémois Courtet, et deux pour Maoulida et Bastos. Bastia, Reims, Saint-Etienne et Toulouse ont les meilleurs bancs (3 buts chacun). Le PSG et Marseille, eux, n'en comptent aucun, étonnant pour les Parisiens qui possèdent pourtant un banc de grand standing, quelque soit le onze de départ...

Voilà, avant de terminer, notons que le meilleur passeur du championnat est Sagbo (Evian, 4), devant Nene, Cohade et Danic (3), que Nancy n'a encore enregistré aucune passe décisive dans le jeu, contre 11 pour le PSG et Saint-Étienne, que Marseille est toujours le meilleur dans le dernier quart d'heure (+6) devant Bastia et Brest (+5) et surtout Montpellier, qui a encore perdu un point ce week-end contre Evian et qui est bon dernier (-5), que Bordeaux a été menée pour la première fois de la saison ce week-end à Brest, et que c'est Valenciennes qui a été le plus longtemps en tête depuis le début de la saison (338 minutes, devant le PSG, 302), contre seulement 9 minutes pour Nancy, 28 pour Troyes et 27 pour Bastia, qui a pourtant gagné trois matches, et enfin que Reims n'a été mené que durant 13 minutes, contre 31 pour Bordeaux, 393 pour Bastia et 376 pour Nancy.

Voilà ! A plus tard !

dimanche 30 septembre 2012

Champion de France, mode d'emploi

Salut à tous !

Désolé de m'immiscer en plein milieu de cette trépidante septième journée de Ligue 1, qui s'achève ce soir avec les matches de Bordeaux, Marseille et Lyon qui devraient nous permettre d'y voir plus clair à propos du podium à une semaine du Clasico, penchons nous un peu sur ces étranges entités, rares mais qui passent très régulièrement une fois par an, les Champions de France.

Aucun Champion à plus de 10 titres

On en compte 75 pour l'instant depuis 1932 (je compte le titre retiré à Marseille en 1993 pour plus de commodités), avec l'intermède de la Guerre (1939-1945), répartis en 19 clubs, de Saint-Étienne (10) à l'Olympique Lillois, Auxerre, Roubaix-Tourcoing, Lens, le Racing, Strasbourg et le dernier en date, Montpellier (1), soit une moyenne de moins de 4 par équipe (3,94). Pour info, la moyenne en Bundesliga est de 4,08 (en seulement 39 saisons !), de 4,91 en Angleterre (23 champions différents !), de 6,75 en Italie et de... 9 en Espagne ! Il faut dire que le Real et le Barça ont remporté 53 des 81 titres espagnols, et que seulement sept autres équipes ont osé leur piquer leur jouet, la dernière fois en 2004 (Valence)... Bref, une nouvelle
preuve de la difficulté de nos grands clubs d'affirmer sur de très longues périodes leurs dominations, dans un espèce de relais permanent, qui participe au suspense mais nuit aussi à leur compétitivité en Europe.

Ce qui m'intéresse, c'est ce qui différencie un bon champion d'un champion moyen, ou d'un champion médiocre, par défaut en quelque sorte. On peut toujours gloser sur la qualité mythique du jeu nantais, de la solidité plus froide des Verts des années 70, etc... mais le moyen le plus objectif, selon moi, ce sont les chiffres.

Six victoires sur dix

Pour cela, il faut une nouvelle fois comparer les époques, qui sont très différentes, et découper tout cela en décennies. En moyenne, un champion de France remporte environ 60 % de ses matches, chiffres qui atteignait quasiment les 64 % dans les années 30, mais pas forcément parce qu'il y était marqué énormément de buts (2,5 pour les champions d'avant-guerre), puisqu'on tombait à 59,48 dans les années 50, où les champions étaient également très efficace, malgré une baisse significative (2,23). Surtout, encore aujourd'hui, ce chiffre de 60 % ne bouge pas, puisque c'est la moyenne des deux premiers champions de notre décennie actuelle, ainsi que la précédente, alors que les buts sont nettement moins nombreux, y compris pour les champions (1,74 dans les années 2000, 1,79 pour Lille et Montpellier).

La révolution, qui eut lieu dans les années 60, décennie funèbre qui vit la disparition des cinq attaquants et l'apparition du libéro et du Catenaccio, concerne les matches nuls et les défaites. De 1932 à 1957, et hormis à de rares occasions (Sochaux 1938, Marseille 1948, Bordeaux 1950, Lille 1954), le champion comptait presque toujours plus de défaites que de nuls. Ainsi, le premier d'entre eux, l'Olympique Lillois, ancêtre du LOSC avant sa fusion avec Fives, n'en avait signé aucun en 18 matches ! D'une manière générale, les champions des années 30 ne comptaient que 15,46 % de nuls contre 20,6 % de défaites. Pour ceux des 40's, les chiffres se rapprochèrent (19 contre 20,1) ainsi que dans les années 50 (19,5 contre 21), mais toujours avec un avantage pour les défaites. Un phénomène aisément explicable, dont j'ai, je crois, déjà parlé ici : plus y a de buts, et moins y a de matches nuls, forcément, même si la victoire à trois points n'a absolument rien changé à long terme dans ce domaine.

Il faut attendre les années 60, et ses premières véritables mesures tactiques en faveur d'un football moins romantique, plus fermé, pour voir, comme par hasard, le rapport s'inverser. Même si la chute des buts pour le champion est relative (de 2,23 à 2,13), elle l'est nettement pour le reste du championnat, qui passe de 3.3 buts par matches dans les années 50 à 2,96
lors de la décennie suivante. Ça parait peu comme ça, mais c'est quand même la première décennie ou l'on passe sous la barre des trois buts par match, et ce lors de 4 saisons... Bref, dans le même temps, le rapport s'inverse : dans les années 60, les nuls concerneront 20,3 %, contre 18,13 pour les défaites. Et cet écart deviendra un gouffre dans les années 70 (23,7 contre 16), les années 80 (26,84 % contre 14,2), et ainsi de suite (24,73/15,7 dans les années 90, 22,6 contre 16,7 dans les années 2000, 26,3 contre 13,16 dans les années 2010).

Des Champions moins offensifs, mais moins solides aussi

Au niveau des buts, un champion marque en moyenne 2 buts par match, et en encaisse un. Des chiffres quasi ronds qui sont cependant variables suivant les époques, là encore. On l'a vu, les champions des années 30 et 40 carburaient au super (2,52 puis 2,42), ainsi que ceux des années 50 (2,23) et même 60 (2,13). Même si on reste au-dessus de la barre des 2 buts, la chute de la moyenne est cependant régulière et nette. La bascule se situe dans les années 1970 (1,98) et surtout les années 80 (1,75), que l'on peut véritablement considérer comme la décennie dans laquelle se révèle vraiment le football moderne. Ainsi, on peut considérer que les tactiques employées aujourd'hui n'ont que très peu évolué depuis 30 ans, alors que beaucoup d'équipes évoluaient encore à 4 attaquants dans les années 70, une aberration aujourd'hui.

Les années 90 verront la chute se briser, mais très légèrement (1,78) avant une nouvelle rechute dans les années 2000 (1,75). Depuis deux saisons dans la présente décennie, on assiste à une légère amélioration (1,79), mais rien de révolutionnaire... Sauf si le futur champion marque deux buts par matches, ce qui n'est plus arrivé depuis Monaco en 2000, et avant cela depuis Nantes en 1983 (!), on passera cette saison sous la barre des deux buts par match pour les champions depuis 1932. Triste, mais inévitable !

Au niveau des buts encaissés, la chute est forcément réelle, là aussi. La moyenne historique est de 1,006 (!) mais elle était de 1,32 dans les années 30 (2 par match pour Sète en 1934, une moyenne de relégable aujourd'hui !), de 1,31 dans les années 40, 1,18 dans les années 50 et de 1,093 dans les années 60. Sochaux 1938 est le premier champion à prendre moins d'un but par match (0,87), puis vint Lille 1954 (0,65, personne n'a fait mieux jusqu'au PSG 1994, 0,58 !) avant les cinq derniers champions des années 60. Dans les années 70, on tourne à 0,99 buts encaissés, puis 0,79 dans les années 80, 0,83 dans les années 90, 0,86 dans les années 2000 et 0,92 pour Lille et Montpellier. Une légère remontée appréciable... il n'empêche que le dernier champion à compter plus d'un but encaissé par match date de
2003 (Lyon) et avant lui Nantes (2001). Ça fera donc bientôt dix ans que ce n'est plus arrivé, mais on avait fait mieux entre Strasbourg 1979 et Bordeaux 1999 (21 saisons d'affilée !).

Saint-Étienne, le plus fort

Bref, revenons à notre question initiale, qui a initié ce post : qu'est-ce qu'un bon champion ? Sur une saison à 20 clubs et donc 38 matches, ça donne une moyenne générale de 23 victoires, 8 nuls et 7 nuls environ, 76 buts pour et 38 contre. Les plus proches de ce rapport (60/23/17) ces dernières années ont été Marseille 2010 (60,5/23,7/15,8) et... Bordeaux 84 (60,5/21/18,4). Le principe d'une moyenne est d'être une synthèse, pas une généralité, ni une majorité.

Pour les records, le champion ayant le plus gagné de matches est le premier d'entre eux, Lille (77,8 %). On n'est d'ailleurs passé au-dessus des 70 % que quatre fois, avec donc Lille 1933, Sochaux 1935 (73,3) et les Verts 35 ans plus tard (70,6 en 1969, 73,53 en 1970). Depuis, les plus gros chiffres atteints sont pour Nantes 1980 (68,4) et, récemment, de 64,7 % pour Bordeaux 1999 et 65,8 pour Lyon 2006 et Montpellier, l'année dernière. A l'inverse, les pires chiffres sont à chercher dans notre époque moderne, puisque, même si le plus bas chiffre date de 1976 (Saint-Étienne, 47,4 !), on est passé sous les 60 % à 14 reprises depuis 1986, soit plus d'une fois sur deux. Ainsi, le LOSC 2011 plafonne à 55,3 %, le Lyon 2003 à 50, Nantes 1995 à 55,3, et Monaco 1988 et Marseille 1989 à 52,6.

Chez les matches nuls, si récemment Lille 2011, Lyon 2005 et Bordeaux 1987 ont fait fort (34,2 %), , ils ne font pas mieux que Saint-Étienne 1976 (39,5) et surtout Nantes 1995 (42,1), qui, il faut le dire, n'avait perdu qu'une seule fois, autre record. En revanche, et hormis le LOSC en 1954 (38,24), de 1932 à 1964 (32,35, Nantes 1965), personne ne dépassera les 27 %, le record le plus bas, on l'a vu, étant pour l'Olympique Lillois lors de la première saison de l'Histoire (0 %). Suivent quatre équipes à 11,7 % (Reims 1949, 1953 et 1958, Nice 1952), puis Roubaix-Tourcoing 1947, Monaco 1961 et Nantes 1980 (13,16) et quatre équipes à 13,33, toutes avant guerre (Sochaux 1935, le Racing 1936, Marseille 1937 et Sète 1939). Ces dernières années, les chiffres les plus faibles sont pour Montpellier, l'année dernière, et Lyon 2004 et 2008 (18,4), devancés par Lyon 2002 et Bordeaux 1999 (17,65). A la jointure des années 1990 et 2000, Auxerre 1996 (15,79), Lens 1998 (14,71) et Monaco 2000 et Nantes 2001 (14,71) firent également très fort.

Chez les défaites, seulement trois équipes ont atteint les dix : Nice 1951 et Reims 1962 (11),
et Auxerre 1996 (10). Le Gym qui faisait encore plus fort que Reims, sacré en 38 journée (28,95 %), puisqu'il totalisait 32,35 % de défaites en 34 journées. Pour Auxerre, ça signifiait également 26,32 de défaites, un rapport énorme de plus d'une défaite toutes les quatre journées, contre une sur six en moyenne... L'AJA qui postule donc pour le titre de plus mauvais champion de l'Histoire. Pour trancher cette question, le mieux c'est quand même la moyenne de points non ? Promis après j'arrête...

Avec la victoire à deux points, la moyenne moyenne d'un champion de France est de 1,43 points par matches. Et ce, avec une pointe haute à 1,45 dans les années 1980 (1,44 dans les années 2000, 1,47 dans les années 2010), et une basse à 1,38 dans les années 50, décennie où le pourcentage de victoires passe sous les 60 % pour la première fois (ce sera également le cas dans les années 80 et 90) et le taux de défaites à 21, un record. Ces dernières années, Montpellier, Lyon 2007 et 2005 (1,5), Lyon 2006 (1,55) ont atteint ou dépassé les 1,5, et ce pour la première fois depuis Nantes 1995 (1,53) et le PSG 1994 (1,55). Mais le record absolu se nomme Saint-Étienne, version 1970 (1,64), juste après une autre année exceptionnelle des Verts (1,56). Durant deux saisons, l'ASSE ne perd que 8 matches, en gagne 49 (sur 68 !), inscrit 158 buts (2,32) et n'en encaisse que 56 (0,82). Durant la saison 1969-70, les Verts gagnent 25 matches sur 34, n'en perdent que 3, inscrivent 88 buts (2,59) et en encaisse 30. Allez, on le tient notre meilleur champion, même si les résultats des clubs français en Coupe d'Europe étaient des plus médiocres... si l'on compare avec une période où les clubs français brillaient, alors Nantes et le PSG, au milieu des années 90, remportent la mise, sachant que Marseille, durant sa grande période européenne, de 1989 à 1993, n'a jamais dépassé les 1,45 points par matches...

Le plus mauvais ? Il y a des cas, c'est sûr... le pire chiffre est pour Nice en 1951 (1,21), avec ses 18 succès en 34 matches, ses 5 nuls et ses 11 défaites ! Ajoutez-y ses 73 buts pour et surtout ses 46 buts encaissés... seulement huit équipes ont signé moins de 1,3 points par matches, dont sept sur huit avant 1966, une avant la guerre (Marseille 1937), trois dans les années 50 (Nice 1951 et 1956, Reims 1955), trois dans les années 60 (Reims 1962, Saint-Étienne 1964 et Nantes 1965) et enfin... Lyon, en 2003 (1,29) !

Bon j'ai dis que je m'arrêtais mais... allez, encore une stat intéressante, le classement par équipes ! Si on regarde les clubs qui ont gagné au moins deux titres, celle qui recueille la meilleure moyenne de points est Sochaux, lors de ses deux titres d'avant-guerre (1,53), devant le PSG, deux titres également, mais nettement plus récents (1,51). Suivent Nantes (8 titres, 1,473), Bordeaux (6 titres, 1,468), Saint-Étienne (10 titres, 1,45), Lyon (7 titres, 1,44), Marseille (10 titres, 1,42), Monaco (7 titres, 1,405), Reims (6 titres, 1,396), le LOSC (3 titres, 1,39), Sète (2 titres, 1,36) et enfin Nice (2 titres, 1,33). Les "anciens" champions, hormis Sochaux, sont donc à la peine à la moyenne de points, à une époque où les joueurs restaient souvent toute leur carrière dans leur club, où les transferts étaient donc rares et donc, les effectifs plus équilibrés, les meilleurs joueurs n'allant pas systématiquement dans les meilleurs clubs, comme aujourd'hui.

Voilà, merci de m'avoir lu jusqu'au bout ! A plus tard !

vendredi 28 septembre 2012

Verts contre Champagne

Salut à tous,

Après l'intermède très productive de la Coupe de la Ligue (36 buts en 10 matches !), avalanche qui s'explique avant tout par le nombre de "remplaçants" alignés, animés par le fait qu'ils doivent profiter de cette occasion pour se montrer, mais aussi forcément moins bons que les titulaires, notamment dans le secteur défensif, retour au championnat ce week-end. Avec un duel qui sent bon l'ORTF : Saint-Étienne-Reims.

Le dernier match en Ligue 1 entre les deux équipes date de 1979, donc un peu après la disparition de l'ORTF (1974), et les deux clubs n'ont finalement pas été au top vraiment en même temps. Les Champenois ont remporté leurs six titres de champions de 1949 à 1962, les Verts prenant presque immédiatement le relais (10 titres de 1957 à 1981). Leur véritable duel eu donc lieu à la jonction entre les années 50 et 60, juste avant l'avènement d'un troisième club qui allait changer la donne et, finalement, remplacer Reims comme adversaire des Verts : le FC Nantes, promu en 1963. Puis vint Marseille au début des 70's...

Historiquement, l'ASSE domine les débats, toutes compétitions confondues : 28 succès, 19 nuls et 20 défaites. En Ligue 1, le rapport est le même : 24 victoires, 16 nuls et 17 défaites. Les deux derniers duels entre les deux équipes eurent lieu en D2, il y a dix ans : victoire de Reims (1-0) après un nul dans la Loire (0-0). Mais le Stade allait terminer dernier de Ligue 2, et les Verts, neuvièmes, une saison 2002-2003 dominée par Toulouse, le Mans et Metz. En Ligue 1, le dernier match (vieux de 33 ans, donc) était remporté par les Verts en Champagne (1-0) sur un but de Bernard Lacombe, après une autre victoire de l'ASSE, à Geoffroy-Guichard (2-0) sur des buts de Santini et Rocheteau. Les Verts terminaient troisième, derrière des improbables Strasbourgeois et le FC Nantes, Reims encore une fois dernier. Un Stade qui a finalement connu autant de saisons dans l'élite qu'en Ligue 2 (30), avec la présente... L'ASSE en compte quatre fois moins (60 contre 15).

Par ailleurs, les deux équipes ne se sont affrontées qu'une seule fois en finale de Coupe de France, et c'était en... 1977. Alors au top (5e) et peuplés d'internationaux, les Verts l'avaient courtement emporté (2-1) sur des rémois moins brillants (11e)...

A noter que les Verts sont invaincus à domicile contre Reims depuis 15 matches, soit depuis 1959, pile durant la période de frottement entre leurs palmarès définie un peu plus haut. Entre 1956 et l'avènement de Saint-Étienne, et la "chute" de Reims, en 1962, le bilan est le suivant : 4 succès de

chaque côté et 4 nuls. Un bilan terriblement équilibré, donc. Durant cette période de six années, Reims terminera en moyenne 2,17ème, avec trois titres à la clé, et Sainté... 8e, et un seul titre. Après celui de 1957, l'ASSE allait en effet terminer 7e, 6e, 12e, 5e et... 17e, l'année du dernier titre rémois ! Du coup, les Verts ont du mérite de présenter un bilan équilibré face à une équipe qui a terminé cinq fois sur six devant eux...

Dans le duel entre anciens (Reims) et nouveaux (Saint-Étienne) le duel était donc équilibré, mais l'expérience primait au classement. Guidés par Kopa et Fontaine, auteur de 9 buts en 7 matches contre les Verts avec Reims, les Rémois n'ont véritablement chuté qu'avec le départ de ce dernier, en 1962 sur blessure. Après une deuxième place en 1963 (derrière le Monaco d'Hidalgo), le Stade terminait 17e en 1964, remontait en 1966 pour redescendre une nouvelle fois un an plus tard (19e), pour trois nouvelles années en Ligue 2. Imaginez le choc pour les supporters rémois, qui voyaient leur équipe gagner un titre sur deux depuis une douzaine d'années, et qui la voyait soudain s'effondrer, devenant une équipe médiocre après avoir tutoyé le Real Madrid deux fois en finale de la Coupe des Champions ! Et imaginez aujourd'hui le retentissement médiatique si ça arrivait à une de nos grosses équipes d'aujourd'hui... les supporters ravageraient le centre d'entraînement, les médias tourneraient en boucle sur le sujet... je n'ai pas fait de revue de presse, mais ça a du être un peu plus calme pour Reims... Après tout, c'était le sport.

Pour les Verts en revanche, la chute rémoise a complètement changé la donne. Dix-septième en 1962, Saint-Étienne remontait en 1963... pour remporter immédiatement le titre 1964, le deuxième de son Histoire ! Après deux saisons moyennes (7e et 5e), coïncidant avec l'arrivée de Nantes, l'ASSE renouait avec les sommets en remportant les quatre titres entre 1966 et 1970. Marseille remportera les deux suivants, puis à nouveau Nantes en 1973, avant que les Verts ne mettent à nouveau la main sur le titre entre 1973 et 1976. La suite sera moins glorieuses, avec des classements d'honneur (5e, 7e puis deux fois 3e) avant le dernier titre, en 1981. Un an plus tard, l'affaire de la caisse noire explosait, et l'ASSE disparaissait des radars pour le titre avec pour meilleure performance une 4e place en 1988 (avec un Patrice Garande à 17 buts) ou une 5e place, vingt ans plus tard, en 2008.

Si les deux équipes ont marqué l'Histoire du football français, leurs grandes périodes, voisines, diffèrent quand même un peu trop pour considérer qu'ils s'agit d'une affiche mythique. Pour preuve, la difficulté de trouver des photos anciennes avec les deux équipes dessus ! PSG-OM, Nantes-Saint-Etienne, Reims-Racing... là d'accord. Reims, c'est l'ORTF, mais surtout le noir et blanc, la raie sur le côté, les noms fleurant bon la Pologne et le Maghreb, et des duels autrement plus âpres avec Nice, Nîmes ou le Racing de Paris. Saint-Étienne, c'est l'apparition de la couleur, les rouflaquettes, les cheveux longs, les maillots trop petits, et des duels avec Marseille et Nantes hauts en couleur. C'est aussi et surtout l'avènement des transferts, après que Raymond Kopa et ses collègues aient obtenu le contrat à temps. A l'époque ça ressemblait à une lutte contre l'esclavage, les joueurs n'ayant que rarement l'occasion de connaître plus d'un club dans leur carrière... comme quoi, il n'y a pas qu'aujourd'hui que les joueurs font grève... Bref, les transferts des Stéphanois Bereta, Bosquier ou Keita à Marseille, déjà, avaient fait grand bruit à l'époque. Enfin, grand bruit... il n'y avait pas 150 émissions de talk comme aujourd'hui pour répéter indéfiniment les mêmes âneries... époque bénie !

Comme je l'ai déjà dit ici, le football français marche par phase, ce sont rarement les mêmes équipes qui dominent en même temps, contrairement à chez nos voisins, où des clubs centenaires monopolisent les titres depuis des lustres. On peut se réjouir de ce renouvellement perpétuel, mais avouez que si Reims et Saint-Étienne avaient pu être au top en même temps, ça nous aurait quand même offert beaucoup de duels appétissants non ? Et surtout, que c'était difficile et injuste de voir ces deux clubs végéter à l'étage inférieur, voire plus bas pour Reims, durant des années. Et comme c'est sympathique de revoir aujourd'hui ces deux équipes s'affronter, même pour une place dans le ventre mou. En tous cas ça fait plaisir à nos parents... ou nos grand-parents.

A plus tard !

lundi 24 septembre 2012

Premier bilan de Ligue 1

Salut à tous !

Six journées de championnat sont passés, soit près d'un sixième du championnat déjà, et je crois qu'il est temps d'effectuer un premier bilan de ce début de saison.

Premier constat : les gros bras "historiques" (Marseille, Lyon, Paris, Bordeaux... et même Saint-Étienne et Reims...) sont là, ceux plus récents (Lille, Montpellier, Rennes...) le sont moins. Toulouse est à sa sempiternelle 7e place, entre la zone Europe et le ventre mou, tandis que Lorient, Brest, Valenciennes, Nice ou Ajaccio, malgré ses deux points de malus et qui évoluerait autrement au niveau de VA, réalisent des débuts de saison qui font mentir les pronostics. Pour Nancy et Troyes en revanche, ça sent déjà le roussi. Mais on en est qu'au
début, rappelons nous que l'année dernière, à la même époque, Lyon était leader et Ajaccio déjà bien décroché en queue de classement, en compagnie notamment de... Marseille !

Dans le détail, après une première journée qui avait pourtant vu 7 équipes sur 10 s'incliner à domicile, il reste encore 9 équipes invaincues sur leurs pelouses, dont Lyon et Marseille, qui ont gagné tous leurs matches chez eux (3), mais aussi Brest ou Ajaccio. En revanche, trois équipes n'ont pas gagné à domicile : Troyes, qu'on attendait un peu, mais aussi Lille et Montpellier, candidats au premier quart du classement au moins. Le LOSC, notamment, semble avoir de grosses difficultés à assumer son nouveau - et magnifique - stade.

A l'extérieur, il ne reste que 7 équipes sans succès, dont Rennes ou Nice. Les gros, eux, ont tous gagné au moins une fois en déplacement, voire 2 pour le PSG et 3 (sur 3) pour Marseille, qui a en plus encaissé aucun but à l'extérieur (3 buts pour). Sept équipes sont invaincues à l'extérieur, ce qui est beaucoup, notamment toutes les équipes de tête, hormis Reims. Un adage personnel - et constaté depuis des années d'observation - dit que pour jouer le maintien, il faut être bon chez soi, et pour jouer le haut du tableau, il faut être bon à l'extérieur, ce qui se confirme encore une fois.

Lorient et Lyon comptent la meilleure attaque (12 chacun), le club breton se montrant aussi performant offensivement chez lui qu'à l'extérieur (6+6). Le PSG, qui a lui plus marqué hors de ses bases qu'au Parc (4+6), et Saint-Étienne, également équilibré dans ses chiffres (5+5), suivent à deux longueurs (10), devant Marseille (9) et le trio Lille-Nice-Reims (8). De son côté, Nancy (2 buts) est déjà décroché par Ajaccio (5) et Troyes et Evian (6). Marseille, de son côté, possède la meilleure défense (1) devant le PSG, qui a pris les deux tiers de ses buts (3) contre Lorient, lors de la première journée (2-2). Suivent quatre équipes à 5 buts, Bordeaux, Lyon, Reims et Valenciennes. Toulouse (7) et Brest (11), habituellement à l'aise défensivement, ont du mal à confirmer, le club breton côtoyant dans le bas du tableau des défenses son voisin rennais (11), Troyes (13) et surtout Bastia, qui vient d'encaisser 13 buts
en 4 matches (16 au total). Bastia est par ailleurs l'équipe qui a été le plus longtemps menée cette saison (370 minutes sur 540, soit plus de 68% du temps, près de 62 minutes par matches !).

Chez les buteurs, Zlatan Ibrahimovic a déjà fait le vide derrière lui. Je ne sais pas combien de temps il va marcher sur l'eau, on en saura plus quand il aura affronté les défenses Lyonnaises et surtout marseillaises, après avoir tout de même mis deux buts venus d'ailleurs à Lille (1-2). On peut prévoir que les autres équipes s'organiseront pour le mettre en échec, mais dans ce cas là il faudra aussi contrer Verratti, Ménez, Pastore, Nene, meilleur passeur du championnat (3) en seulement trois titularisations... Bordeaux y était parvenu, Bastia moins. Il faudra bien défendre, mais avec de bons défenseurs si possible. Derrière le Suédois, qui marque toutes les 64 minutes, monopolise 70 % du total parisien et a déjà marqué 4 fois en deux matches à l'extérieur, suivent à trois longueurs Alain Traoré (Lorient), Aubameyang (ASSE) et Ben Yedder (TFC). Le premier réitère son début de saison canon de l'an passé avec Auxerre, grâce notamment à une qualité de frappe que, peut-être, seul le Lyonnais Bastos égale, et grâce à deux coup-francs, une rareté en Ligue 1 (5 seulement cette saison). Le second confirme sa très bonne saison dernière (16 buts), tandis que le troisième étonne vraiment. Comme quoi, on peut sortir du futsal, sans formation professionnelle, ne pas forcément évoluer à son poste (en pointe plutôt qu'en soutien d'une pointe), et se montrer super efficace.

Derrière suivent à trois buts des habitués comme Gomis, Lisandro Lopez, Bastos, Pitroipa ou Gignac, oui oui, mais aussi Barbosa, qui reste sur sa lancée de la saison dernière malgré ses 36 ans, ou l'étonnant milieu défensif de Sochaux, Thierry Doubaï, passé par la Suisse et la réserve de l'Udinese...

Dans le comptage par pays, on assiste à une mini révolution : on en est qu'à la sixième journée, mais pour l'instant, notamment grâce aux chiffres d'Ibra, l'Europe domine légèrement l'Amérique du Sud (17 à 15), très loin derrière l'Afrique, qui compte autant de buts que ses deux poursuivants (32). En plus des sept buts suédois, on compte deux buts israéliens (Ben Basat, Brest), deux polonais, turcs et serbes, plus un but croate et un danois. Dans le même temps, le Brésil mène la danse (9) mais timidement, juste devant la Suède et le Burkina Faso de Traoré (7), et l'Argentine et la Côte d'Ivoire (6). Pas d'autres pays sud-américains pour dépasser l'Europe... pour l'instant. Mais les Gauchos ont suffisamment de ressources (Herrera, Cvitanich, Civelli, Monzon... en plus de Pastore ou Lisandro) pour inverser à nouveau la tendance. Il n'empêche que l'augmentation des buts européens indique en général une chose en Ligue 1 : la hausse de son niveau. On verra bien dans les prochaines semaines si cette tendance se confirme.

Autre tendance : le "vieillissement" des buteurs. Ainsi, le total des buts des moins de 21 ans est rachitique (5, 3,4 % du total), surtout comparé au total des plus de 31 ans (16, 11 %), portés par des papys comme Barbosa (3), Maoulida et Meriem (2), ou Giuly et Nivet (1), parmi les plus âgés. Chez les jeunes, seuls deux attaquants sur 5 ont marqué (J.Ayew et Bahebeck), un défenseur (Sidibé, Lille), un milieu (Eysseric, Nice) et... un gardien (Ahamada,
Toulouse) ! Il s'agit d'ailleurs du deuxième but seulement d'un gardien, hors penalties, après celui de Grégory Wimbée en 1996, avec Nancy contre lens (1-1). Le premier de la tête...

Si on additionne les buts et les passes, le PSG est, contrairement à ce que les commentaires du genre "ce n'est pas une équipe, mais une somme d'individualités", refrain déjà entendu l'année dernière, à tort, l'équipe qui marque le plus dans le jeu et sur passe décisive. Neuf de ses dix buts l'ont été de cette manière, et le club parisien compte dans ses rangs le meilleur passeur (Nene, 3), et deux autres à deux passes (Ménez et Verratti). Ce week-end à Bastia, les quatre buts parisiens l'ont été de cette manière, et c'était déjà le cas l'année dernière (48 passes décisives sur 74 buts, 65 %, meilleur total et taux de Ligue 1, notamment devant Montpellier, 50,7 %). Mais je suis bien conscient que ce genre de poncifs auront la vie dure encore longtemps. C'est bien connu, y a que les petits qui jouent collectif !

Marseille, leader impressionnant de la Ligue 1, l'est également dans le dernier quart d'heure (+6 points, 5 buts sur 9 au total, zéro encaissé). L'OM devance Brest (+5) et Bastia (+3). Lyon et le PSG sont à +1, Bordeaux à 0, Lille à -2 et Montpellier, dernier avec -4. L'année dernière, le champion de France était leader avec +11... dur dur le changement de saison. Six joueurs ont déjà marqué 2 fois dans le dernier quart d'heure, Maoulida (Bastia), Baysse (Brest), Traoré (Lorient), Lisandro, Ibrahimovic et Gignac.

Enfin, notons que Marseille et Bordeaux sont les seules équipes à n'avoir jamais été menée. Les débuts de saison sont souvent propices à ce genre de statistiques impressionnantes, mais après six journées, c'est quand même une sacrée performance, preuve d'un maîtrise énorme de leurs matches, même si Bordeaux  a déjà signé 4 nuls sur 6. Nancy, de son côté, a mené seulement 9 minutes, contre 233 à Lyon, le leader. Le PSG, quatrième, paie toujours son match contre Lorient (-85 minutes), le seul où il a été mené. Depuis, il a mené au score durant 216 minutes.

Voilà, n'hésitez pas à réagir ! A plus tard !

samedi 31 mars 2012

La Ligue 2, un hall de gare

Salut à tous,

Descendons d'un cran, histoire de jeter un œil à l'étage inférieur, en Ligue 2, histoire de voir un peu ce qui s'y passe. Étrange championnat que cette compétition qui aujourd'hui est plus un hall de gare qu'autre chose : les clubs y passent dans un sens, puis dans l'autre. Ainsi, Grenoble, après être monté en Ligue 1 en 2008 à la surprise générale, est redescendu en 2010 avant d'enchaîner une deuxième descente l'été dernier. Même chose pour Strasbourg, descendu en Ligue 2 en 2009, puis en National en 2010 avant d'être d'être rétrogradé en CFA 2, ou de Istres, qui a connu un délicat passage éclair en Ligue 1 en 2004/2005, puis dans la foulée deux saisons en National de 2007 à 2009 avant de remonter... et de jouer la montée cette année !

Aujourd'hui, aucune des trois équipes reléguées, Lens (11e), Arles-Avignon (13e) et Monaco (14e) n'est en position de monter. Elles seraient même plutôt menacées par la relégation, elles aussi... De leurs côtés, Le Mans et Boulogne, qui sont toutes deux descendu en Ligue 2 en 2010, sont relégables aujourd'hui. Bref, l'époque où la logique faisait des clubs relégués les grands favoris pour la remontée est révolue. Ainsi, depuis 10 ans, seuls Caen (2010), Lens (2009), Nantes (2008), Strasbourg et Metz (2007), Le Mans (2005) et Metz encore (2003) sont remontés immédiatement après leur descente, soit un taux de remontée de 23 %, moins d'une chance sur quatre. Un chiffre encore élevé, mais qui devrait baisser cette année a priori.

Dans le même temps, des équipes passent par la Ligue 2 dans le sens inverse, c'est-à-dire du National à la Ligue 1 en moins de deux ou trois saisons, à l'image de ce que va très probablement faire Bastia, pourtant promu cette année. Evian-T-G l'a fait l'an dernier, Arles-Avignon l'année d'avant, Boulogne également en 2009 ou Valenciennes en 2006. Alors qu'à une époque, on avait l'impression de voir toujours les mêmes équipes en Ligue 2, avec des remontées ainsi que des redescentes plus fréquentes, aujourd'hui elle change de visage quasi tous les ans. La Ligue 1, d'ailleurs, en est également bouleversées : au hasard, en 2004/2005, Nancy (1er), Dijon (4e), Montpellier (8e), Brest (9e) et Lorient (14e) évoluaient en Ligue 2, quand Monaco (3e), Lens (7e), Strasbourg (11e), Metz (16e), Nantes (17e), Bastia (19e) et Istres (20e), soit plus du tiers du championnat, les narguaient d'une division !

Passons à cette saison avec, on l'a donc vu, des relégués à la peine, même si Monaco est actuellement en train de profiter de son recrutement luxueux de cet hiver pour redresser la barre, et sans doute assurer un maintien qui était loin d'être acquis il y a deux mois. Croyez-moi si vous voulez, mais Kagelmacher, Wolf et surtout Nabil Dirar (auteur de 4 buts en Europe League avec Bruges cette année !), Nacer Barazite (qui lui en avait marqué 11 avec l'Austria Vienne !) et Ibrahima Touré (déjà 6 buts en 9 matches), sans parler de Hansson, Giuly ou Vahirua, n'ont rien à faire en Ligue 2. Ainsi, Monaco est deuxième des matches retours, derrière Bastia... à ce rythme, on devrait revoir l'ASM en 2013.

Par ailleurs, on a droit aux prototypes habituels ces dernières années en matière d'équipes candidates à la montée. Un promu ambitieux (Bastia, 13 points d'avance sur Troyes, qui joue lundi à Nantes), un glorieux ancien (Reims, un peu comme Valenciennes ou Saint-Étienne il y a quelques années), un habitué malheureux du haut de tableau de la Ligue 2 (Sedan), un favori logique (Nantes) et quelques équipes qu'on n'aurait jamais pensé pouvoir se mêler à cette lutte, à commencer par Clermont (3e), mais aussi Troyes (4e), Tours (6e), Châteauroux (7e) et même Istres (8e). Trois d'entre eux ont déjà connu la Ligue 1, mais ça commence à dater, et la prescription est de mise. Istres et Troyes, qui sont dans ce cas, sont entre temps passés en National, par exemple...

Bastia domine donc les débats, grâce à une force impressionnante à domicile, Furiani demeurant toujours aussi intimidant, mais aussi un recrutement très intelligent. Pour un promu, débaucher gratuitement Maoulida et Rothen, c'était vraiment bien joué. Les Corses possèdent la meilleure attaque (50 buts) et la meilleure défense (25e), celle-ci ne comportant pourtant pas des clients connus à l'étage supérieur. Mais en Ligue 2, Moizini, Sans ou Harek, c'est costaud. Et au milieu, Rothen, bien épaulé par Cahuzac ou Choplin, se régale pour lancer ses flèches, Maoulida, Khazri et Diallo, déjà signé par Rennes pour l'année prochaine. Les deux autres promus se comportent diversement : si Guingamp est bien au chaud à la 10e place, Amiens, dernier avec 10 points de retard sur Angers, 17e, est déjà condamné, ou presque. L'année dernière en National, sept et quatre points séparaient ces trois équipes... sauf qu'Amiens était devant Guingamp. Aujourd'hui, les écarts sont de 21 et 14 !

Reims, et son meilleur buteur Kamel Ghilas (13 buts), et Clermont suivent, mais ils sont tous les deux à la peine en 2012 (8e et 13e des matches retours avec 16 et 11 points en 11 matches) et ne comptent plus qu'une poignée de points d'avance sur Troyes, qui sera sur le podium en cas de victoire à la Beaujoire, lundi, et sur Sedan, Tours, etc. On n'est pas à l'abri d'une arrivée au finish, comme l'an dernier avec la promotion d'Ajaccio (64 points) et surtout Dijon (62), qui avait in extremis grillé Le Mans pour... 4 buts ! Des totaux de points extrêmement faibles, qui montraient à quel point la lutte avait terrible. De toutes façons on aura une surprise : à moins que Nantes et Monaco, qui compte quand même 11 points de retard sur le podium à 8 journées de la fin, et à un degré moindre Sedan, qui vise tous les ans la montée, grillent Reims et Clermont, on aura forcément un ou deux clubs inattendus en Ligue 1 l'année prochaine. Vous me direz, elle a l'habitude : des clubs historiques comme Nantes, Lens, Monaco ou Strasbourg manquent à l'appel, ce qui profitent à des clubs étonnants comme Dijon, Evian, Ajaccio... voire même Lorient, qui ne connaissait pas la Ligue 1 il y a une douzaine d'années.

Et la Ligue 2 n'est pas au bout de ses surprises, puisqu'elle pourrait bien voir des monuments du football français comme Sochaux, Auxerre ou Nice fréquenter ses rangs l'année prochaine. Le mouvement perpétuel entre les deux divisions n'a pas fini de chambouler les statuts du football français...

A plus tard !