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lundi 27 juin 2016

En route pour le quart !

Salut à tous !

Après un intermède suite au  match de la Suisse, que votre serviteur n'avait pas pu voir en entier et donc pas pu noter, revenons sur la performance des Bleus, hier après-midi face à des Irlandais accrocheurs mais limités, comme attendu. Des Verts qui avaient bénéficié de trois jours de récupération de moins, ce qui s'est senti à partir de l'heure de jeu. Les Bleus, étouffés et en manque de rythme (une semaine de repos, c'est pas un peu trop ?) on mis une mi temps et un changement tactique pour prendre la mesure d'Irlandais plus Italiens que Britanniques dans leur façon de gérer le temps... une victoire au final méritée, mais qui démontre que la France, dont tous les adversaires dans sa poule sont déjà rentrés chez eux, et qui n'a toujours pas rencontré un gros morceau, ne semble avoir de marge sur personne. Mais semble aussi posséder des joueurs capables également de battre n'importe qui.

Lloris (6) : Encore un match difficile à noter pour le gardien des Spurs, qui n'a pas été inactif, n'a rien pu faire sur le penalty de Brady, sur lequel il a été pris à contrepied - au passage, de nombreux penaltys sont manqués dans cet Euro, hormis contre nous... - mais qui a vécu la seconde mi-temps de loin. Étonnant de voir combien il est si mal protégé par une défense en grande difficulté, et combien il a si peu d'arrêts à effectuer finalement...

Sagna (6) : On pouvait avoir des craintes sachant qu'il n'a jamais brillé en Bleu et qu'il n'était sensé être que le remplaçant de Debuchy. Mais force est de constater que pour l'instant, Sagna réussit un Euro honnête. Lui ne fait pas d'erreur, il a plutôt bien tenu son couloir, et apporte son écot offensif, à l'image de son centre décisif pour Griezmann (58e), qui a soulagé tout le monde. Sa 5e passe décisive en Bleu, sa 2e de l'année, le troisième bilan pour un latéral droit français derrière Sagnol (12) et Thuram (7), et autant que Amoros, qui comptent tous plus de sélections que lui. Pas si mal pour quelqu'un qui n'apporte rien offensivement...

Rami (3) : Un des deux gros problèmes de la France en défense. Déjà peu rassurant depuis le début de la compétition, il a probablement sorti son plus mauvais match de la compétition. Le rappelé de la dernière heure est d'abord à l'origine de la faute de Pogba sur Long dans la surface, qui provoquera le penalty irlandais (2e), puis à l'origine du carton qui privera Kanté du quart de finale (27e). En deuxième mi-temps, ses lacunes tactiques ont encore failli coûter très cher à la son équipe, même si c'est une de ses relances qui provoque le deuxième but. Lui même suspendu pour le prochain match, sa place sera mis en balance si son remplaçant, probablement Mangala, réussit une bonne performance...

Koscielny (5) : Pas simple de devoir à la fois se coltiner des attaquants aussi accrocheurs que Long et Murphy, mais aussi de devoir couvrir et rattraper les erreurs de son partenaire dans l'axe... parfois bousculé, le Gunner a tenu bon et fait le job. Mais sa relance limitée rapporte peu à son équipe, qui peine à repartir de ses bases arrières.

Evra (4) : Aussi indispensable par son état d'esprit et son expérience qu'inquiétant par ses déficiences défensives et son inutilité offensive. Problème, pour être un leader écouté, il faut a priori être irréprochable sur le terrain, ce que le joueur de la Juve n'est clairement pas. Dommage que Deschamps n'ait pas profité du match de la Suisse pour essayer Digne... trop tard maintenant, il va falloir faire avec lui.

Kanté (5) : Son match le plus difficile de l'Euro. Peu aidé par ses partenaires qui n'évoluaient pas forcément à leur meilleure place, il a gratté beaucoup de ballons, comme à son habitude, mais a eu du mal à les bonifier dans la première relance, face au bloc irlandais. Suspendu pour le quart de finale, il manquera malgré tout clairement. Qui le remplacera, Cabaye poste pour poste ou Coman dans un 4-2-3-1 ? Voilà qui va occuper les médias pendant une semaine... et Deschamps aussi. Coman (7) qui a beaucoup apporté face à des adversaires certes fatigués, mais qu'il a su éreinter par ses dribbles et sa vitesse, sans pour autant se montrer décisif. L'ailier du Bayern a clairement dépassé Martial dans l'esprit du sélectionneur au poste de premier remplaçant offensif. Remplacé par Sissoko à la 93e.

Matuidi (6,5) : Étrangement placé côté droit, un poste inédit pour lui, pour faire place à Pogba, droitier qui apparemment ne peut pas évoluer à droite du milieu, le Parisien a logiquement eu du mal à se situer et n'a jamais pu se mettre dans le sens du jeu. Replacé à gauche après les citrons, il a pu beaucoup plus apporter, dans le pressing et la verticalité, à l'image de cette frappe à la 55e, qui a su secouer le cocotier. Toujours indispensable malgré les errements tactiques de Deschamps, qui lui demande à peu près tout et son contraire depuis le 10 juin.

Pogba (5) : Placé à son poste favori, axial gauche, comme à la Juve, il ne pouvait pas plus mal débuter son match avec cette faute idiote sur un Long pourtant pas forcément dangereux. Cette erreur de débutant plombe un match par ailleurs pas si raté que ça, loin de là. Sans doute désireux de se rattraper, il s'est montré très actif, puissant, il a créé des différences au milieu, mais n'a pas réussi à être décisif. Je veux bien qu'on ne l'aime pas, mais il faut aussi qu'on me dise qui montre autant de qualités au milieu dans ce groupe. Il lui manque juste de devenir décisif, comme Griezmann.

Griezmann (8) : Ce dernier ne réalise pas dans le jeu un Euro meilleur que Pogba, mais lui se montre décisif, et c'est ce qu'on retiendra au final. Baladé côté droit en première période, il s'était montré un peu plus actif que lors de ses premiers matches, sans réussir à briller. Replacé dans l'axe, face à une défense moins attentive, il a su faire la différence, bien servi par Sagna et Giroud. Ça fait longtemps qu'on n'a pas pu compter sur un joueur aussi décisif dans les grands matches, alors savourons, et prions pour que ça dure une ou deux semaines de plus.

Payet (5,5) : Il va pouvoir laisser la place de sauveur de la nation, qu'il occupait depuis quelques semaines, à l'attaquant de l'Atletico. Ca doit faire un moment qu'il n'avait pas traversé deux matches consécutifs sans être décisif, même s'il décale bien Sagna sur l'égalisation. Le Hammer s'est une nouvelle fois beaucoup montré mais il n'a pas toujours réussi à impulser le bon tempo à son équipe et à trouver ses attaquants dans de bonnes conditions. Ses adversaires le surveillent de plus en plus, ce qui est logique.

Giroud (5,5) : Comme d'habitude isolé dans cette équipe qui éprouve tant de difficulté dans le jeu, il a parfois manqué de promptitude et d'anticipation sur certaines situations, notamment en première mi-temps. Il n'a cette fois ci raté aucune occasion, vu qu'il n'en a pas eu à négocier. Malgré tout, son bilan est rehaussé par cette splendide remise de la tête en déséquilibre pour Griezmann sur le second but (61e), mais aussi par cette passe qui lance Griezmann, ce qui provoquera l'expulsion de Duffy (66e). Quand ils se trouvent, ce qui n'est pas aussi fréquent que ça, ces deux là peuvent faire mal. Remplacé à la 73e par Gignac (5), qui aurait pu profiter des largesses de la défense irlandaise en fin de match mais qui a tout mis à côté ou sur le poteau. Dommage.

Voilà, sur ce à plus tard !

jeudi 23 juin 2016

Place aux huitièmes !

Salut à tous,

Voilà le premier tour s'est terminé hier soir, en nous donnant enfin quelques émotions, du moins dans le groupe F, avec notamment la qualification surprise de l'Islande et le match fou - et riche en but, enfin ! - entre la Hongrie et le Portugal. Avant le début des huitièmes de finale, samedi, on va faire un petit bilan de ces 36 premiers matches. Il n'en reste plus que 15, déjà...

Un désert de buts

D'abord, revenons rapidement sur ce qui, selon moi, caractérise vraiment cette 15e édition de l'Euro : le nombre absolument lamentable de buts. On en est à 69 buts en 36, soit 1,92 par rencontre, un but toutes les 46 minutes environ. Moins d'un but par mi-temps ! Vous allez me dire que c'est ma marotte et que ça reste un détail, mais pas du tout : parmi les 14 anciennes éditions, seuls les Euros 1968 (1,4), 1980 (1,93) - les deux se déroulant en Italie, étrangement - et 1996 (2,06) s'étaient approchés de nos chiffres actuels (1,92). Mais le premier ne comportait que 4 matches, le deuxième, 14, et le troisième, 31, des diviseurs moins représentatifs. Là, on est déjà à 36 matches, et hormis hier à Lyon, donc, on n'a pas eu droit à un seul match échevelé entre deux équipes offensives, qui osent mettre un peu de côté l'obsession du bloc équipe et de la défense à outrance. Ça a sûrement choqué les adeptes d'Aimé Jacquet et de Mourinho, c'est peut-être logique que ce genre d'évènements se raréfient à l'approche des sommets, mais ça fait du bien quand même. Parce que le foot, ça reste les buts et non l'absence de buts, désolé. Personne ne va au stade en rêvant d'un duel tactique entre deux équipes bien en place.

Lors de ces troisièmes matches de poule, on a ainsi une nouvelle fois touché le fond, avec 22 buts (1,83), comme lors de la première journée. Hier soir, pour la conclusion du trépidant groupe E (10 buts en 6 matches, seul le groupe C, celui de l'Allemagne, fait pire, avec 7 buts), on a failli avoir droit à deux 0-0 pour conclure. Les 0-0 qui sont finalement assez nombreux (4, soit 11,1 %) mais qui sont devancés par les 1-1 (5), les 2-1 et les 2-0 (6) et surtout les 1-0, évidemment (10, soit 27,8 %). 69 % de matches à deux buts ou moins... on s'est régalé, avouez le. Résultat, la moitié des équipes engagées ont marqué moins de 3 buts, trois d'entre elles - toutes éliminées, dieu merci - n'ont marqué qu'une fois, et l'Ukraine, elle, n'y est jamais parvenu. Qualifiée de justesse lors des barrages, elle restera l'anonyme de cet Euro.

Les buts qui ont du mal à survenir avant la 30e minute (15,9 %), plutôt lors des quarts d'heure avant et après la pause (39,1 %) et évidemment en fin de match (28,9 %). Il vaut donc mieux être patient dans cet Euro...

Les Britanniques en force

Ils étaient déjà nombreux - 4, sur 5 au total - et les pays des iles Britanniques, dont certains étaient pourtant peu habitués à ce genre d'évènements, ont justifié leur présence en masse en se qualifiant toutes pour les huitièmes de finale. Au point que deux d'entre elles, qui disputent pourtant leur premier Euro, à savoir l'Irlande du Nord et le Pays de Galles, s'affronteront samedi au Parc des Princes pour une place en quart de finale ! Les Nord-Irlandais qui se qualifient d'extrême justesse, puisque ce sont les seuls des 16 qualifiés à passer ce tour avec 2 défaites au compteur... et les seuls, avec le Portugal, à n'avoir récolté que 3 points lors de ce premier tour. Merci au merveilleux et si lumineux système des 4 meilleurs 3es... vivement le prochain Euro.

Si ce passage à 24 équipes a permis, logiquement, d'ouvrir la porte à de nombreuses nouvelles nations, qui se sont d'ailleurs toutes bien comportées, si ce n'est au niveau du jeu, puisqu'elles ont quasiment toutes passé leur temps dans les 16 mètres à défendre en attente d'un contre, au moins au niveau des résultats, 3 des 4 bizuts ayant passé le cut (Irlande du Nord, Pays de Galles et Islande, seule l'Albanie restant à quai), il aura surtout permis aux grosses équipes d'éviter une élimination précoce. Le passage à six poules leur a évité de s'affronter prématurément, déjà, et la qualification de 16 équipes sur 24 leur a évité de trop suer pour passer au tour suivant, notamment le Portugal, troisième de sa poule derrière les terribles Hongrois et Islandais (!) et sans gagner le moindre match... du coup, tous les gros sont là.

Je dirais même plus : hormis ces mêmes lusitaniens, qui sont récompensés de leur "splendide" parcours en se retrouvant dans la partie de tableau la plus favorable, et de loin, avec pour seuls écueils leur prochain adversaire croate - la meilleure équipe de ce premier tour, selon moi, ce qui ne lui garantie rien - peut-être les Gallois de Bale en quart et éventuellement la Belgique, en demi-finale, tous les gros se retrouvent du m^me côté. La France, l'Espagne et l'Italie, qui elles se sont qualifiées avant même leur troisième match, se retrouve coincées ensemble dans le même tableau, en compagnie de l'Allemagne et de l'Angleterre... le charme des tableaux pré établis. On aura donc un finaliste surprise, face à un survivant, probablement un très gros mais qui aura du batailler pour arriver au Stade de France.

Le Real Madrid bien représenté, pas la Ligue 1

On l'a vu, on a peu de buts mais on a quand même des buteurs en forme, avec déjà deux joueurs à 3 buts - Bale et Morata - suivis de 7 joueurs à 2 buts - Lukaku, Perisic, Payet, Dzsudzsak, Ronaldo, Nani et Stancu. Par clubs, le champion d'Europe, dont la victoire en C1, aidée par un parcours clément et une victoire heureuse aux tirs aux buts, justifie pourtant pleinement son rang, puisque ses pensionnaires ont déjà inscrit 7 buts, sachant qu'il manque Benzema dans le lot. Suivent trois équipes à 3 buts, l'Inter Milan et... deux équipes turques, le Fenerbahce et Bursaspor, 11e de son championnat ! Le premier profite des deux buts du Portugais Nani, et l'autre de ceux du Hongrois Dzsudzsak et de celui du Tchèque Necid. La Toto Super Lig qui se comporte particulièrement bien, puisqu'elle se classe 4e des championnats les plus représentés, avec 9 buts, soit plus que l'Allemagne (6) et derrière l'Angleterre (17), l'Espagne (12) et l'Italie (10) !

Et le championnat de France me direz vous ? Rien, nada. Malgré 22 représentants - dont 5 gardiens -, soit le 8e contingent du lot, aucun d'entre eux n'a réussi à marquer. Ibrahimovic et Sigthorsson, malgré un temps de jeu conséquent, sont resté muets, tandis que Grosicki, Eder et surtout Batshuayi ont très peu joué... le seul joueur de Ligue 1 ayant brillé, finalement, c'est Subasic, le gardien croate, qui a stoppé le penalty de Ramos contre l'Espagne... malgré tout tout n'est pas perdu, ils sont encore 18 qualifiés pour les 8es, dont 5 gardiens, encore. A noter que dans le même temps, les championnats russes (3), suisses (2), écossais, hongrois, néerlandais, tchèques, suédois, et même chinois et qataris sont représentés dans le classement... il serait temps de rapidement réparer cette anomalie. Si c'en est bien une...

Bonne nouvelle, on a également deux passeurs à 2 unités, Hazard (Belgique) et Ramsey (Galles). L'Euro est pauvre en buts, mais le taux de buts sur passes décisives dans le jeu est très élevé (71,6 %), ce qui est un gage de qualité de jeu. Si on cumule buts et passes, Bale et Morata sont rejoints en tête des joueurs les plus décisifs par Payet, Perisic, Ronaldo (2+1) et Ramsey (1+2). Par équipe, la Croatie, l'Espagne (5+4) et le Pays de Galles (6+3) sont les équipes qui se comportent le mieux, devant la Belgique, la France et le Portugal (4+4).

Voilà, espérons que les matches à éliminations directes se montreront plus ébouriffants, mais ce n'est pas la tendance des derniers grands tournois (2,2 buts en 2014, 2,14 à l'Euro 2012...). En tous cas sur le papier ils sont alléchants. A plus tard !

lundi 11 juin 2012

Enfin le Crunch !

Bonjour à tous,

A peine le temps de se rendre compte que l'Euro a commencé que déjà, le premier tour du premier tour se termine ! Douze des seize équipes en compétitions ont déjà entamé leur tournoi, avec des fortunes forcément diverses. Tout le monde ne peut pas commencer par un 1-1 à la fois rassurant et qui n'engage rien quant à vos chances de se qualifier pour les quarts de finale.

Un match fermé ?

On fera un premier bilan demain, après que toutes les équipes aient joué, mais on peut noter que l'honnête différence de buts (2,5) est trompeuse : elle repose surtout sur les deux gros scores qui ont déjà marqué ce début de tournoi, celui de la Russie contre la République Tchèque (4-1) et celui de la Croatie, hier, contre une Irlande particulièrement faible, mais aussi malchanceuse (3-1). Neuf buts sur 15 ont été marqué dans ces deux matches, ce qui veut dire qu'on ne dépasse pas les 1,5 sur les 4 autres... la Russie et la Croatie sont d'ailleurs les seules à avoir réussi à marquer plus d'un but lors de leur match. On va attendre un peu pour voir si cette tendance est lourde ou pas.

Penchons nous plutôt sur ce match qui nous intéresse tous. C'est une authentique affiche, comme on a déjà eu Espagne-Italie hier (1-1) ou Allemagne-Portugal avant-hier (1-0). Des matches fermés, mais au niveau techniques divers. Le premier fut un véritable régal pour les yeux, avec des champions d'Europe et du Monde rivalisant d'intelligence pour tenter de se frayer, parfois à la limite de la caricature, un chemin dans la défense italienne à coups de petites passes répétées parfois géniales, comme celle de Silva pour Fabregas sur le but, quitte à donner l'impression de vouloir rentrer dans le but avec le ballon, mais aussi des Italiens généreux, et n'hésitant pas à se porter vers l'avant dès la récupération du ballon, souvent avec intelligence. L'autre match, en revanche, fut beaucoup plus brouillon, malgré la qualité des joueurs présents sur le terrain. Il y avait quand même 4 joueurs du Real Madrid au coup d'envoi, 2 de chaque côté, pour un match qui ne concernait pas l'Espagne !

Les portes pourraient donc bien être fermées, ce soir à 18h à Donetsk, sauf si les défenses, qu'on pressent affaiblies par les absences, prennent l'eau. Encore faudrait-il que les deux équipes tentent de les mettre à la faute, ce qui n'est pas gagné d'avance. Blanc a déjà annoncé que la France jouerait le jeu vu lors des matches amicaux, c'est-à-dire avec des prises de risques offensives que seule l'Islande a réussit à exploiter (3-2), mais qui auraient pu être plus compliquées à gérer face à des attaquants plus habiles. Contre l'Estonie, c'est un miracle si Lloris, bien mal protégé par Rami et Mexès, n'encaisse pas de but en début de match (4-0). En revanche, on sait déjà que le onze de la Rose se contentera de sortir ses épines défensives, et d'évoluer en contre, quant elle le pourra.

La défense en question

La France est invaincue depuis 15 ans et 5 matches contre l'Angleterre, et ce but de Shearer à Montpellier lors du Tournoi de France (0-1), elle n'a plus perdu depuis l'ouverture des éliminatoires contre la Biélorussie (0-1), soit 21 matches, mais si elle offre à Welbeck ou Ashley Young les mêmes espaces qu'à Sigthorsson ou Ojamaa, ça pourrait faire mal. Sauf bien sûr si la charnière centrale tricolore se ressaisit à l'approche de la compétition, comme elle a pu le faire lors des matches amicaux de prestige qui l'ont opposé depuis deux ans à l'Angleterre, déjà (1-2), le Brésil (1-0) et l'Allemagne (1-2). Des matches amicaux qui ressemblaient beaucoup à des matches officiels. A chaque fois, la défense française s'était montrée beaucoup plus convaincante et concentrée que contre des équipes moins réputées.

Et puis n'oublions pas que, contrairement à l'attaque, qui ne s'est montrée à son avantage que durant ce mois de mai après avoir très sérieusement tâtonné depuis deux ans, la défense a toujours été pour Blanc un des rares motifs de satisfaction (0,52 buts encaissés par match, troisième score pour un sélectionneur français derrière Santini, 0,46, et Jacquet, 0,51). Lors des éliminatoires, elle n'a encaissé que 4 buts en 8 matches, et jamais plus d'un à la fois, il est vrai dans une poule pas très terrifiante non plus, mais quand même. Avoir quasiment la moyenne de buts encaissés qu'Aimé Jacquet, un maître du genre, il fallait le faire. Surtout que lui pouvait compter sur les meilleurs défenseurs de l'époque...

L'Angleterre manque de réserve

Maintenant évidemment, il s'agit d'affronter des équipes qui ont brillé lors des éliminatoires. L'Angleterre n'a pas tremblé, et la Suède, troisième attaque et meilleur deuxième de cette phase, non plus, contrairement à la France. Mais si elle a des blessés, notamment en défense mais pas que (Abidal, Sagna, Diaby, Gourcuff, Rémy...) elle semble moins affectée par cette rubrique que l'Angleterre, qui montre une nouvelle fois la limite de son réservoir de joueurs, avec les blessures de Cahill et Lampard, remplacés par Kelly et Henderson, et dont le troisième gardien, Jack Butland, 18 ans, évoluait cette saison à Cheltenham, en 4e division, après un prêt de Birmingham City ! Depuis Barthez, qui évoluait en Ligue 2 à Marseille dans les années 90, difficile d'imaginer un gardien international français évoluer en dessous de l'élite... De même, derrière Rooney, qui est un génie à ce poste malgré des contours mal dégrossis et trompeurs, et qui sera suspendu, c'est un peu le désert : Welbeck, non titulaire à Manchester United, a marqué 12 buts toutes compétitions confondues, et Andy Carroll, 9, dont 5 en Cup... seul Defoe a (encore) été efficace cette saison (16 buts) mais ne paraît pas être un titulaire aux yeux d'Hogdson... Là encore sur ce plan là, on n'a pas à se plaindre, nos deux attaquants ont marqué plus de 20 buts cette saison... ce qui n'est pas une assurance tout risque, mais bon, qu'est-ce qui est sûr en football ? Pas grand chose.

Bref, on sait que l'Angleterre, comme l'Italie, sait se sublimer à l'approche de la compétition et surtout lorsqu'elle est en difficulté. Il ne faudra donc pas la sous-estimer. Mais n'oublions pas non plus une chose : une première défaite n'est pas éliminatoire, loin de là même. L'Espagne, en 2010, mais aussi la France, battue en ouverture de son Mundial par... l'Angleterre (1-3), avant d'aller en demi-finales, peuvent en témoigner. Mais ce sera probablement un groupe serré, alors autant essayer de ne pas prendre du retard trop vite.

Allez, à plus tard !