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vendredi 13 mai 2016

L'importance d'être constant

Salut à tous,

Ca y est, elle est tombée. Bizarrement, je n'ai pas le souvenir d'une telle attente à propos d'une liste pour un grand tournoi en France, mais ma mémoire me fait peut-être défaut. Sans doute est-ce du à l'absence de certitudes - du moins chez les observateurs, les journalistes et les 67 millions de sélectionneurs en France - dans beaucoup de secteurs, notamment en défense et en attaque. Même chez les gardiens, le nom du troisième larron différait souvent suivant qu'on était fan de Costil ou d'Areola. En fait, au vu de la liste, un des rares Français à ne pas vraiment douter sur sa liste se nommait... Didier Deschamps, qui a renouvelé son groupe déjà appelé en mars contre les Pays-Bas et la Russie, et qui lui avait donné satisfaction. Et tant pis si sa liste de réservistes fait parfois plus envie que sa vraie liste...

Chez les gardiens, la tendance est presque toujours à la stabilité. On voit rarement un sélectionneur changer ses billes au moment d'annoncer sa liste alors qu'il se tenait aux trois mêmes noms auparavant, tout simplement parce que le poste de gardien, s'il reste important, n'influence pas vraiment le jeu d'une équipe, même si les fans de Kevin Trapp pensent réellement qu'un gardien bon aux pieds y parvient, ce qui ne m'a jamais sauté aux yeux. Et surtout, il faudrait un réel cataclysme pour qu'un troisième gardien joue un match durant un tournoi... ça arrive quand même TRES rarement. Limite, on devrait arrêter d'en prendre trois pour prendre un joueur de champs supplémentaire... la preuve, en 2014
Deschamps avait pris Landreau, quasi déjà à la retraite avec Bastia, beaucoup plus pour ses aptitudes à fédérer un groupe et faire le tampon entre les deux premiers gardiens, qu'à réellement récompenser le troisième meilleur portier du pays. Alphonse Aréola, sans parler de Stéphane Ruffier, est sans doute meilleur que Benoit Costil. Mais Deschamps doit considérer que Costil est le meilleur compromis entre un bon gardien de Ligue 1 et un bon coéquipier, qui ne l'embêtera pas pour jouer.

Une défense qui boite
La défense de ce groupe, déjà poreuse en mars contre les Pays-Bas (2-3) et la Russie (4-2) me fait très peur. Entre un Varane en difficulté cette saison à Madrid, un Koscielny selon moi un peu surcoté et qui a toujours provoqué beaucoup de penalties, un Evra qui va fêter ses 35 ans dans 2 jours, et un Sagna (33 ans) titulaire à City mais un peu juste pour le haut niveau selon moi, les titulaires n'apportent aucune garanties. Mais alors derrière... déjà il manque Mamadou Sakho, indispensable leader de ce groupe et toujours solide en Bleu. Pour moi, son absence est terrible, à tous les niveaux. Malgré ses états de service en Équipe de France il n'a pas la carte dans les médias, je ne sais pas trop pourquoi, mais son absence pèse lourd, que ce soit sur le terrain ou dans le vestiaire. On se retrouve dans l'axe avec deux gauchers exclusifs, un Mangala en grande difficulté à City et un Mathieu qui revient à peine de blessure. Si Varane se blesse, il ne faudrait pas que Koscielny prenne un de ses sempiternels cartons rouges ou on se retrouvera avec deux axiaux gauches en défense... Quant à Jallet, à peine titulaire à Lyon et qui n'est pas de la première jeunesse non plus (32 ans), et Digne, dont la seule perf a été de rester titulaire à Rome, il n'y a pas de quoi sauter au plafond non plus. Pourquoi ne pas prendre Sidibé, extrêmement performant avec Lille et qui peut couvrir les deux ailes, et Umtiti, à la place d'un Mathieu convalescent ? Je ne suis pas fan du défenseur lyonnais mais au moins il ne revient pas de blessure, lui... quitte à le priver de vacances, autant le prendre dans le groupe. La logique de groupe de Deschamps, encore.

Au milieu, même chose, pas la moindre surprise. Et là encore, les réservistes semblent plus solides que certains titulaires, comme Rabiot vis à vis de Sissoko ou Cabaye. Sissoko, l'éternel couteau suisse de Deschamps et avant lui, de Blanc... mais qui sort d'une saison cataclysmique avec Newcastle, relégué en Championship... Un but et six passes au compteur. Piouf ! La logique de groupe a du bon, mais y a des limites quand même. Sérieusement, avec tous les ailiers qu'il a pris, Sissoko ne sert plus à rien pour couvrir le côté droit, puisque trois joueurs offensifs peuvent y jouer (Payet, Martial, Coman). Et dans l'axe, il y a une demi douzaine de joueurs meilleurs que lui. Ce garçon doit vraiment être un formidable camarade dans ce groupe pour pouvoir perpétuellement compter sur sa place en Équipe de France, quelque soit ses performances. Les autres joueurs, en revanche, étaient incontournables. Pogba, Diarra, Matuidi : il s'agit selon moi du seul endroit sur le terrain où Deschamps possède de solides certitudes. Surtout avec Kanté pour faire le nombre au cas où.

Une attaque sans buteurs
Et l'attaque... ça ne sert à rien de revenir sur l'absence de Benzema, dramatique selon moi. Un buteur d'une telle classe, doublé d'un passeur remarquable... ses (nombreux) détracteurs affirmeront que l'Equipe de France joue mieux sans lui, ça reste à prouver puisqu'il n'était pas là en mars, mais ils ne peuvent sérieusement pas affirmer que s'il n'y avait pas eu l'affaire avec Valbuena, personne n'aurait trouvé scandaleux que Deschamps le prenne dans sa liste... soyons sérieux. Donc il avait sa place, 100 fois à la place de Gignac et Giroud, en échec cette année à Arsenal. Mais, non content de ne pas pouvoir prendre Benzema, Deschamps se prive en plus du deuxième meilleur attaquant français du meilleur championnat du monde, la Liga : Kevin Gameiro. Pas d'automatisme avec les autres joueurs : pourquoi, Gignac en avait avant de revenir à l'automne dernier ? Pas de passé réel en Bleu ? Et Coman, il en avait ? Il compte 8 sélections et un but, elles datent mais elles existent. Sérieusement, est-ce que ses performances en Liga (16 buts) ou en Ligue Europa (9), dont il disputera la finale prochainement, ne valent pas largement plus celles de Gignac au Mexique (24 dont 13 en 2016), championnat que je connais un peu, qui n'est pas mauvais mais est très loin de valoir la Liga ? Si vous me dites oui, alors d'accord, difficile de discuter dans ces conditions.

Les autres membres de la ligne d'attaque sont difficilement discutables, notamment Griezmann ou Martial, qui représentent beaucoup plus l'avenir que Payet, dont l'épanouissement très tardif m'interroge. Ce garçon a toujours eu du mal à s'imposer dans la difficulté, à Lille, dans l'ombre de Hazard, et à Marseille, dans celle de Valbuena. A chaque fois il s'y est imposé quand le titulaire qui le génait est parti, pas avant. Il lui a fallu aller à West Ham, club très moyen où il n'est pas gêné par la concurrence, pour se révéler. Reste à voir ce que ça donnera à un niveau supérieur... et on en vient à Ben Arfa. Je suis partagé, pour les mêmes raisons que Payet, à la différence que lui possède vraiment un bagage technique très au dessus du lot, et qu'à 17 ans on lui promettait déjà presque le Ballon d'Or, dont il ne s'est finalement jamais approché. Il réalise une immense saison avec Nice, mais ça reste Nice, où sa seule concurrence se nomme... Mathieu Bodmer, où il n'a pas joué de Coupe d'Europe et où on lui a donné des responsabilités qu'il n'avait jamais connu ailleurs. Qu'aurait-il apporté à ce groupe en tant que 6e ou 7e attaquant ? 10 minutes par ci par là ? Si Benzema et Gameiro avaient été là, on n'aurait peut-être jamais évoqué son nom. Ce n'est pas son absence qui affaiblit ce groupe, même si j'aurais aussi été favorable à sa présence, à la place d'un Coman encore très jeune et qui n'a du son temps de jeu exceptionnel au Bayern qu'aux blessures de Ribéry et Robben. Coman ne jouera sans doute pas non plus beaucoup, et il avait le temps d'être rappelé. Ben Arfa, plus tellement...

La Ligue 1 au piquet
Enfin, analysons un peu cette liste. Elle compte le plus grand nombre de joueurs évoluant à l'étranger (18 sur 23, soit 78,3 %) depuis 2002 (idem), un record pour une liste française pour un grand tournoi. Inutile de dire qu'on est loin des 50 % de joueurs de Ligue 1 souhaités par Frédéric Thiriez il y a quelques années, même si on y était dans les années 2000 (52,2 d'étrangers en 2006, 56,5 en 2008, 52,2 en 2010, 47,8 en 2012). Pour le Mondial 2014 déjà, le taux d'"étrangers" augmentait sérieusement (65,2). La Premier league compte 10 joueurs, comme en 2014, son meilleur total. Historiquement, l'Angleterre est largement au dessus des autres pays avec 74 représentants, soit presque la moitié du total des clubs étrangers (48,5 %). La Serie A, deuxième, est très loin (37), et ne compte que 3 joueurs cette année, un chiffre malgré tout en progrès puisqu'elle n'en comptait qu'un en 2014 et en 2012, et aucun en 2010. La Liga, elle, reste stable avec ses trois joueurs, un dans chacun de ses géants, comme en 2014, 2010 et 2008, et 2 en 2012.

Pas moins de 19 clubs sont représentés dans cette liste, contre 16 en 2014 et 17 en 2012. On est loin de l'hégémonie marseillaise de 92 (8 phocéens et seulement 9 clubs représentés) ou des 9 clubs représentés en 2010... un éparpillement qui s'explique notamment par la présence de 5 clubs qui n'avaient jamais figuré dans une liste jusque là : trois Anglais (Crystal Palace, Leicester, West Ham) plus l'Atletico Madrid et évidemment les Tigres de Gignac, premier club non européen jamais représenté en Bleu dans leur histoire. Par ailleurs, sur ces 19 clubs, 4 seulement comptent deux joueurs : Marseille, Arsenal, la Juve et Manchester City. Dans l'histoire de ces listes, depuis 1954, Bordeaux reste en tête avec 34 joueurs, devant un trio composé de Lyon, Marseille et Monaco (30). L'ASM qui n'a désormais plus été représentée dans une liste pour un grand tournoi depuis... 2006 ! Suivent ensuite Arsenal, premier club étranger, à égalité avec le PSG, qui ne compte qu'un représentant cette année, contre trois l'an passé. Mais les départs de Digne, Coman ou Cabaye font baisser ses chiffres. A moins que Rabiot...

Cette liste pourrait en effet changer, comme en 2014 puisque trois réservistes avaient été rappelés suite à des blessures. En tous cas vivement le 10 juin !

A plus tard !

mercredi 31 octobre 2012

Dissection des buts de Ligue 1

Salut à tous,

Revenons, si vous le voulez bien, sur le championnat, qui vient d'entamer son deuxième quart, en jouant sa dixième journée, amputée de deux matches, déjà, alors qu'en général les premiers matches reportés - inévitables dans l'est en général, alors que les matches reportés en Allemagne sont extrêmement rares... - arrivent plutôt en novembre. Ça nous promet un hiver particulièrement perturbé, et un classement souvent illisible... actuellement, le haut et le bas de ce dernier sont faussés par les matches en moins de Lyon et Marseille, qui pourraient être devant Toulouse, et rejoindre Paris pour le second, et d'Evian et Sochaux, en bas. Espérons que pour l'Euro 2016, les réfections ou constructions de stade prévoiront des structures pour résister au froid... sinon autant arrêter de jouer l'hiver.

Je voulais en fait faire un focus sur les 258 buts (2,63 par match) marqués depuis le début de la saison, en 98 rencontres. Enlevons les 9 buts csc - soit près d'un par journée ! - et on arrive à 249. Divisons ces derniers en différentes tranches, pour y voir un peu plus clair.

- 122 buts du droit (49 %), 72 du gauche (29 %), 55 de la tête (22 %). A noter que chez les milieux de terrain, les gauchers sont quasi à égalité avec les droitiers (45 contre 41, et seulement 9 buts de la tête), et chez les défenseurs c'est évidemment de la tête qu'ils brillent (4 du droit, 5 du gauche, 15 de la tête !).

- 113 buts étrangers, soit 45,4 %. Sur ce total, on en compte 55 pour l'Afrique, soit près de 49 % des buts étrangers, plus d'un but sur cinq au total. Les buteurs étrangers marquent un peu plus du droit (54 %), moins du gauche (26,5 %) et autant de la tête que la moyenne (22 %). Malgré la nette domination africaine (l'Amsud et l'Europe se disputent la deuxième place avec 30 et 27 buts), les pays les plus représentés sont le Brésil (17), et l'Argentine et la Suède (10).

- 104 buts à l'extérieur, soit 41,8 %. Le meilleur dans ce domaine est Zlatan, qui a marqué 7 de ses 10 buts hors du Parc des Princes, en seulement 4 matches (sur 9 buts parisiens), devant le quatuor Eduardo (ACA), Khelifa (ETG), Belhanda (Montpellier) et Rivière (TFC), 3 buts. A l'extérieur, les buts du droit augmentent nettement (60,6 %), au détriment des buts du gauche (25 %) et surtout ceux de la tête (14,4 %). Les défenseurs ont marqué 9 des 104 buts à l'extérieur, soit 8,6 %, contre 9,6 % au total.

- 13 buts seulement des moins de 21 ans (5,2 %), dont 2 pour Thauvin (Bastia), J.Ayew (Marseille), Regattin (TFC) et Aboubakar (VA). Huit clubs seulement sont représentés dans ce classement, dont Toulouse (3), Bastia, Marseille et Valenciennes (2). Paris, Lyon, Saint-Étienne, Bordeaux ou Lorient, qui figurent dans la première partie du tableau, ne comptent aucun représentant jeune buteur. Les jeunes marquent un peu plus du droit que la moyenne (53,8 %) mais autant du gauche que de la tête (23,1 %).

- 28 buts des plus de 31 ans (11,2 %), une belle perf. Eduardo, Maoulida (Bastia), Barbosa (ETG) et Brandao (ASSE) mènent la dansent avec 3 buts. A noter qu'on compte quatre joueurs bastiais dans le classement, avec Ilan, Rothen et Marchal, qui comptent 1 but. Troyes, autre promu, a également deux joueurs classés, à deux buts chacun (Nivet et Marcos). Les "vieux" marquent peu du droit (42,9 %), un peu plus du gauche (32,1 %) et de la tête (25 %). Sans doute parce qu'ils sont souvent plus présents en défense qu'en attaque...

- Les milieux marquent beaucoup dans notre championnat (38,15 %), même s'ils restent loin des attaquants (52,2 %), contrairement à l'année dernière. Comme je l'ai dit, et en toute logique, les milieux marquent surtout des pieds, et très peu de la tête. Le meilleur est Alain Traoré (Lorient, 4 buts). Six des neuf meilleurs milieux (à 3 buts ou plus) sont gauchers (Traoré, Obraniak, Barbosa, Bastos, Bauthéac et Diego).

- Les défenseurs marquent peu cette année (9,6 %), avec trois joueurs à deux buts (Baysse, Chedjou et Pejcinovic). Douze des 21 défenseurs buteurs n'ont marqué que de la tête, et on ne compte que six véritables latéraux dans le lot.

- Les internationaux français (sélectionnés au moins une fois en Bleu) ont marqué 29 buts, soit 11,6 % du total, avec en tête Gomis et Gignac (5 buts), devant Payet et Gameiro (3). On compte autant de Parisiens que de Marseillais (3), mais aussi deux Lillois, Lyonnais et Toulousains. On y voit aussi des anciens comme Meriem (Nice, 2 buts), Rothen (Bastia, 1) ou Giuly (Lorient, 1). Les internationaux marquent beaucoup du droit (58,6 %) moins du reste (20,7 % du gauche et de la tête).

- Je l'ai déjà dit ici, on compte beaucoup de coup-francs cette saison (11, soit 4,4 %), soit presqu'autant que de penalties (13, soit 5,2 %). Alain Traoré est le seul à plus d'un coup franc marqué (2), et Belhanda à plus d'un penalty marqué (2). Je l'ai déjà dit aussi, mais les coup-francs sont toujours plus marqués du gauche (6 contre 5) et les penalties, du droit (11 contre 2). Les deux clubs à compter plus d'un penalty marqué sont Brest et Montpellier (2). Neuf clubs sur 20 n'en ont pas encore marqué, dont Marseille, Lille ou Bordeaux. En cumulant les coup-francs et les penalties, les plus habiles sont Traoré, Belhanda, ainsi qu'Ibrahimovic et Danic, qui figurent dans les deux classements.

- 7 buts de "revanchards", c'est-à-dire les joueurs qui marquent contre leurs anciens clubs, soit 2,8 %. Modeste, Obraniak, Gourcuff, Camara, Bauthéac, Erding et Danic sont les sept joueurs concernés par ce classement, et Nice est la cible la plus fréquente (2), devant Lille, Lorient, Rennes, Saint-Étienne et Sochaux. A noter que ces sept joueurs n'ont marqué qu'un but du droit, 3 du gauche et 3 de la tête.

- Chez les buteurs sortis du banc, le Rémois Courtet mène la danse (3 buts sur 4), devant Maoulida, Sunu, Bastos, Regattin et Aboubakar (2). Cinq clubs n'ont pas encore vu un de leurs remplaçants marquer, dont le PSG et Marseille. En revanche, Toulouse bénéficie à fond du coaching de Casanova (5 buts), devant Bastia, Lorient, Reims et Saint-Étienne (3).

- Enfin, chez les buteurs du droit, Ibrahimovic mène avec 7 buts (sur 10), devant Khelifa, Gomis et Aubameyang (4). Chez les gauchers, Traoré est logiquement en tête (4), devant Bastos, Courtet et... Ibrahimovic (3) qui n'a donc pas encore marqué de la tête ! Chez ces derniers, ce sont deux petits formats, Maoulida et Ben Yedder, qui mènent la danse (3) devant 7 joueurs (Saivet, Baysse, Chedjou, Gignac, Erding, Brandao et Privat (2). Sur les 44 buteurs de la tête, 13 d'entre eux sont des défenseurs, contre 10 milieux et donc 21 attaquants.

Voilà, en espérant vous avoir éclairé et pas trop assommé de chiffres ! A plus tard !

jeudi 9 février 2012

Pointes Bleues


Salut à tous,

Longtemps, on a pu considérer que le Talon d'Achille des Bleus était le poste d'avant-centre. Et ce, contrairement à ceux de gardien, pour lequel on a très rarement été démuni en excellent éléments, ou de défenseur central, une spécialité locale. Aujourd'hui, on est à la fois loin et assez proche de ce schéma classique.

C'est vrai, on possède encore une fois un duo de gardien exceptionnel, qui nous protège de certaines mésaventures arrivées lorsque nous tâtonnions entre Barthez, Coupet et Frey, il y a quelques années, par exemple. Avec Mandanda et surtout Lloris, sans parler de Carrasso, on est paré, comme aux plus grandes heures de Barthez (première époque), Bernard Lama, Joel Bats, Jean-Paul Bertrand-Demasnes ou Alex Thépot, dans les années 30 (je vous en toucherais peut-être un bout un de ces quatre).

En revanche, au niveau défenseurs centraux, on est loin de l'époque ou des joueurs comme N'Gotty, par exemple, se voyaient privés d'une honnête carrière internationale par la présence du duo Blanc-Desailly, le meilleur du monde durant les années 90, et de loin. Aujourd'hui, on s'en sort avec un stoppeur impressionnant physiquement mais un peu limité techniquement, et assez désordonné tactiquement, du fait d'une formation primaire dans ce domaine puisqu'il n'a pas fréquenté de centre de formation (Rami) et un ancien surdoué, patron de toutes les équipes de jeune dans les années 90, très vite comparé à Blanc dès ses débuts professionnels, à Auxerre, mais qui a raté dans les grandes largeurs l'essentiel de sa carrière internationale, notamment sous Domenech, avant de trouver enfin la grâce, à 28/29 ans, sous Blanc (Mexès). Une des rares véritables réussites de ce dernier, au passage. Problème, il n'a plus joué en Bleu depuis presque un an à cause de sa blessure au genou au printemps dernier, et ses remplaçants, Abidal, plutôt destiné au couloir gauche mais qui convainc quand même dans l'axe, Kaboul et Sakho se sont montrés intéressants, sans plus. On est encore loin, pour l'instant, des critères du très haut niveau (Vidic, Thiago Silva, Terry...) dans ce domaine. Mais Sakho, notamment, est jeune, et il y a Yanga-Mbiwa qui pousse derrière.

Mais je suis là pour parler des attaquants.

La spécialité française, dans ce domaine, n'est pas le buteur ordinaire, qu'on voit partout dans le monde et notamment en Italie ou en Allemagne, l’égoïste, ultra efficace mais qui peut disparaître parfois d'un match, parfois limité techniquement... mais quand tu regardes sa carrière, il a rarement marqué moins de 20 buts par saison. On a eu Fontaine, Papin, mais aussi Trezeguet, qui a plus souvent été remplaçant que titulaire en Bleu, tout en marquant 34 buts, un toutes les 121 minutes ! Celui qui l'a relégué sur le banc alors qu'ils ont été formé ensemble à Monaco, Thierry Henry, en a planté 51, soit un toutes les 177 minutes ! Regardez Benzema, notre avant-centre titulaire en Bleu : il est également titulaire au Real, où ses stats sont honnêtes pour la pointe de cet immense club qui a possédé les plus grands attaquants de la Terre. Sauf qu'au classement des buteurs, Messi et Ronaldo sont suivis par... Higuain, son remplaçant (14 buts, contre 10 pour Benzema). Toutes compétitions confondues, l'Argentin marque toutes les 92 minutes, 113 pour Benzema. Mais ce dernier est plus présent dans le jeu, plus passeur aussi. C'est classique : en France (et chez Mourinho aussi, apparemment), on préfère avoir un avant-centre un peu moins efficace, mais plus impliqué dans le jeu, plus passeur. C'est ce qui nous a permis de passer pour des loseurs pendant des décennies, privés que nous étions de Hrubesch, de Völler, de Rossi... nous, on avait Rocheteau, on avait Lacombe (buteur en club, remiseur en sélection...), on avait Stopyra... des attaquants actifs, romantiques, mais inefficaces, du moins en sélection.

Malgré tout, on a connu deux de nos trois grandes époques sans attaquant de très haut niveau : si on avait Fontaine en 58, on n'avait personne dans les années 80 (Platini se chargeait de tout, et Papin débutait à peine) et des phénomènes encore tendres dans les années 90 (Trezeguet, Henry), un buteur éteint (Guivarc'h), un avant-centre qui n'en était pas un, sauf pour Jacquet (Dugarry), et un Papin trop vieux. Comme quoi, on peut tout de même gagner de grandes compétitions sans buteur véritable, regardez l'Italie en 2006. Mais l'Espagne, qui a souvent eu un peu le même problème que nous (elle a quand même eu Raul ou Butragueno, qui n'étaient cependant pas des pointes classiques), s'est mise à gagner des titres à partir du moment où elle a possédé des avant-centres efficaces (Villa, Torres), qui concrétisaient enfin son jeu qui a toujours été limpide et technique.

Qu'est-ce qu'on a, aujourd'hui ? On a donc Benzema, enfin titulaire au Real mais qui, en 2011, n'a marqué que deux fois en Bleu, soit un but tous les quatre matches... le meilleur buteur en sélection a été Rémy (3), pas encore vraiment titulaire, mais pas loin quand même. Ce qui a motivé ce post, c'est que hormis le Madrilène, nos trois candidats au poste d'avant-centre (un devrait rester sur le carreau pour l'Euro) évoluent en France, et possède des caractéristiques complètement différentes.

Loïc Rémy, donc, ressemble beaucoup à un autre attaquant antillais, qui possède un double prénom, qui est habilité à jouer sur un côté (le gauche, pour sa part) et qui lui ressemble physiquement, Thierry Henry. Très rapide, il diffère de "Titi" sur un point, le jeu de tête, qu'il a excellent : cette saison, il a marqué 9 de ses 20 buts de la sorte, dont les six premiers ! Étonnant pour une flèche, évoluant souvent côté droit... Pour moi il serait parfait sur cette aile, en concurrence avec Jérémy Ménez (qui peu jouer à gauche), dans un système en 4-2-3-1.

Passons à Kevin Gameiro, qui réalise son meilleur début de saison (11 buts en championnat), mais qui est moins efficace depuis trois mois. Le Parisien semblait avoir plusieurs longueurs d'avance sur la concurrence, derrière Benzema, mais ses difficultés à marquer au Parc des Princes (3 buts) et en Coupe d'Europe (1 but en 232 minutes, à Differdange...) font douter de ses capacités à passer le cap du niveau international. Comme on pouvait le craindre, ses aptitudes, notamment la vitesse, sont plus adaptées à des équipes évoluant en bloc et en contre, comme l'était Lorient la saison dernière, qu'à celles ayant la possession de balle, comme Paris ou l’Équipe de France. Malgré tout, ses stats parlent pour lui (deux fois meilleur buteur français ces deux dernières saisons, 17 et 22 buts...).

Même chose pour Olivier Giroud, qui lui fait plus penser à Guillaume Hoarau, qui lui a laissé passer sa chance en Bleu, malheureusement. Le Montpelliérain est grand, puissant, efficace (15 buts), mais à l'inverse de Rémy, il marque peu de la tête (1 seul but) et pas mal du droit pour un gaucher (4). Mais, selon moi, il y a encore un doute à son propos. On disait la même chose d'Hoarau durant sa première saison, qui avait été très efficace (17 buts) : on l'avait comparé à Crouch, à Ibrahimovic... des avant-centres grands, mais pas dégueux avec leurs pieds. Puis il a été blessé, a baissé de rythme, et ne joue plus aujourd'hui à Paris. Ce qui est étonnant, c'est le crédit que l'on donne à Giroud depuis un an et demi, crédit qu'on n'a pas donné à un attaquant comme Moussa Sow, par exemple. Mais s'il semble plus fort techniquement que Hoarau, lors de ses deux bouts de sélection, Giroud a surtout montré qu'il pouvait être aussi pataud et lent que l'avait été le Parisien. A voir, donc !

Bref, on a le choix. Benzema, par son statut au Real plus que par ses stats en Bleu, 13 buts en 42 sélections, un but toutes les 183 minutes, reste intouchable. Derrière, on peut considérer que Rémy l'est aussi, et Giroud a pris de l'avance sur Gameiro, notamment par son profil de buteur/remiseur. Mais ça reste friable et inexpérimenté, puisque seul le Marseillais connaît la Ligue des Champions, et aucun des trois n'a encore évolué à l'étranger. Hors, depuis l'arrêt Bosman, plus l'Equipe de France est riche en joueurs à l'étranger, plus elle est forte, et inversement. Ça risque donc d'être un peu juste pour l'Euro, surtout qu'on ne semble pas avoir de Platini au milieu pour compenser... souhaitons que je me trompe !

A plus tard !

lundi 16 janvier 2012

Reprise, reprise !

Salut à tous,

Voici donc comme promis mon premier retour sur la Ligue 1 sur ce blog. Une 20e journée qui a plutôt conforté les leaders, du moins lorsqu'ils ne s'affrontaient pas entre eux. Là, fatalement, ça a fait de la casse, évidemment pas irréversible mais qui demande une réaction assez rapide.

Lille et Lyon, auteur d'un match dantesque cette semaine en Coupe de la Ligue (2-1), sont les perdants de cette journée. En même temps, ils n'ont pas grand chose à craindre : lors de celle d'avant, c'était Montpellier le grand perdant... c'est chacun son tour. Le problème, pour les Gones, c'est qu'il s'agit déjà de leur 7e défaite de la saison en championnat. A titre indicatif, ils en avaient perdu 8 durant toute la saison passée, 6 l'année d'avant, et 7 durant les deux saisons précédentes. A moins que les hommes de Rémy Garde parviennent à ne pas encaisser plus d'une défaite d'ici à la fin de l'exercice, ils signeront leur plus mauvais score dans ce domaine depuis les 10 défaites de la saison 1999/2000. Heureusement, l'OL conserve une place dans le haut du tableau grâce à la victoire à trois points, et à leur très faible nombre de matches nuls : 2, personne n'a fait mieux cette année. Les Lyonnais n'ont pas fini à moins de 5 nuls sur toute une saison depuis 15 ans.

De son côté, à Marseille (2-0), le LOSC a tout simplement enregistré sa première défaite à l'extérieur en championnat, sur un doublé de Loïc Rémy. L'attaquant phocéen a déjà marqué autant de buts, toutes compétitions confondues (18), que durant toute la saison dernière. Le sosie de Thierry Henry a également marqué son 6e but sur 9 de la tête, c'est le meilleur cette saison, devant un spécialiste comme Olivier Giroud, qui n'en a mis qu'un seul... l'attaquant montpelliérain qui marque surtout du gauche (9), évidemment, mais aussi du droit (4), à l'image de ce week-end, contre Lyon. L'ancien Tourangeau a aussi prouvé qu'il pouvait marquer sans Belhanda...

Au-delà de l'anecdote "Ancelotti réussi ses débuts" rabâchée en boucle dans les médias (Kombouaré aurait aussi réussi ses adieux, s'il avait pu les faire), Paris a bien démarré l'année en dominant Toulouse, qui l'accompagnait en tête du classement des défenses, ce qui ne s'est pas vraiment vu (3-1), avec un nouveau système à trois milieux défensifs, et trois joueurs offensifs, mais sans pointe. Ce qui était drôle dans les différents compte-rendus, c'est que dans certains c'était Nene le plus en pointe, puisqu'il en fallait un, et dans d'autres c'était Ménez... difficile de faire une infographie dans un journal sans avant-centre. En même temps on a appris à en faire sans ailiers et avec quatre, voire cinq défenseurs, y a un début à tout... Depuis les années 60 les systèmes de jeu n'ont jamais cessé de se ratatiner sur leur but, passant de 5 attaquants et 2, puis 3 défenseurs, avant que les chiffres ne s'inversent dans les années 60, 70 et 80, la disparition de l'attaquant unique était sans doute inévitable... Lille, porté aux nues pour son jeu offensif, avait déjà tenté l'expérience cette semaine à Lyon, avec un résultat moins concluant. 

Paris chipe par la même occasion la deuxième place des attaques au champion de France (34 contre 33), derrière Montpellier, toujours intouchable (40), et conserve la meilleure défense, mais cette fois en compagnie de Marseille (18)... les deux clubs qui sont, sur les cinq derniers matches, les plus performants (13 points sur 15), devant un trio à 10 points, composé de Saint-Etienne, Bordeaux et... Ajaccio, qui a donc pris plus de points durant les quatre dernières journées que lors des 16 précédentes...

Rennes a également bien repris en s'imposant à Caen (0-2), performance qui ne semble pas hors de portée de grand monde en ce moment... le club breton qui est le seul à suivre le rythme du PSG à l'extérieur (18 points chacun), mais avec deux matches de plus. Dijon est également bien revenu des fêtes, en disposant d'Evian (3-1). Voilà un promu qui fait plaisir : du jeu, un entraîneur qui riches d'idées novatrices mais pas sans ambition, une défense centrale apocalyptique, quelque soit sa composition, et qui promet encore de belles soirées à ses spectateurs, et des joueurs offensifs qui sont plus que des révélations : ce sont des miracles. Entre le meneur de jeu qui ne voulait pas être pro, qui évoluait y a 3 ans en cinquième division et qui ressemble étonnamment à Ben Stiller (Corgnet, 8 buts), et Brice Jovial, attaquant guadeloupéen passé anonymement par le Racing, Cannes, Charleroi, Namur, Moissy-Cramayel, Beauvais puis Le Havre (13 buts en Ligue 2 l'an passé), et également auteur de 8 buts, voilà un beau duo de caïds inattendus qui renouvellent avantageusement le cheptel offensif de la Ligue 1. Allez parier sur un truc pareil en début de saison... 

Enfin, je ne peux que m'inquiéter pour Evian T-G, qui avait réussi un très bon début de saison avec Casoni, et un recrutement plus que malin, avec quelques internationaux Danois notamment (Andersen et surtout Wass, avant Kahlenberg cet hiver)... mais qui a peut-être tout cassé en virant Casoni pour introniser Pablo Correa. J'ai vraiment de gros doute sur la pertinence de cette décision, du moins sur le plan sportif, bien sûr. J'en ai moins sur les dégâts que le technicien uruguayen, qui fait partie des plus gros fossoyeurs du beau jeu en Ligue 1, avec le Toulousain Casanova, après des années à blinder tout ce qui bouge à Nancy, pourrait faire à un collectif qui paraissait bien rôdé.

Au classement, ce qui est intéressant c'est de constater la formation d'un grupetto, derrière les deux locomotives devant (PSG, 43 points, Montpellier, 40), entre Lille, battu (36 points), et Saint-Etienne (33 points). Entre les deux, Lyon et Rennes (35) et Marseille (34). Ensuite, Toulouse est un peu lâché avec ses 31 points, mais en compte tout de même 5 d'avance sur Bordeaux, 6 sur Lorient et 7 sur Brest. Enfin, d'Evian (12e avec 22 points) à Ajaccio, dernier avec quatre unités de moins, c'est l'usine à gaz... ça risque de pas mal bouger durant les prochaines semaines.

Au classement des buteurs, Giroud a donc conforté sa première place avec ce 14e but. Son dauphin, Gameiro, qui risque de vivre une deuxième partie de saison compliquée, malgré le meilleur démarrage d'année de sa carrière (9 buts), a été rejoint par son coéquipier Nene et par Loïc Rémy. Derrière, grâce à son but - inutile - à Ajaccio (2-1), Oliech (Auxerre) en est désormais à 8 buts, soit le double de son total lors des deux dernières saisons, son record aussi jusque là... A noter aussi l'étonnante saison de Jirès Kembo (Rennes), qui en est à 8 buts en... 930 minutes. Soit un but toutes les 116 minutes, mieux que Giroud (122) ou Lisandro (132).

Pour les passeurs, je vous préviens tout de suite : je ne compte pas les passes décisives sur coup de pieds arrêtés. J'ai rien contre, mais je trouve juste intéressant de voir les joueurs plus habiles dans le jeu à donner de bons ballons, que ceux capables de tirer un bon corner ou un coup-franc, pas embêtés qu'ils sont par le rythme du match ou par des adversaires. Pour moi, ce n'est juste pas la même chose. Dommage pour Valbuena, qui n'en a fait que 3 dans le jeu, sur 10...

Donc dans le jeu, Jérémy Ménez (PSG), parait-il incapable de lâcher un ballon, a signé sa sixième passe décisive, soit le meilleur total de la Ligue 1, devant Bastos, Giroud et... Civelli (5). Forcément, le défenseur argentin de Nice les a fait sur coup de pieds arrêtés, mais ce n'était pas lui qui les tirait... 

D'une manière générale, on a marqué 25 buts, ce qui n'a donc pas affecté la moyenne de buts par matches, qui était - et est toujours - de 2,55. Quinze d'entre eux l'ont été du droit, soit 60 %, un peu plus que la moyenne (55 %), 5 du gauche et 5 de la tête. Malgré la CAN, les Africains (129 buts cette saison, devant les Sud-Américains - 57 - et les Européens - 46), ont une nouvelle fois brillé sur les terrains de Ligue 1, puisqu'ils ont marqué six fois, autant que les Sud-Américains, dont 4 pour les Brésiliens, qui ont reçu cet hiver le renfort de l'Ajaccien Eduardo, prêté par Lens, et qui a marqué dès sa première apparition contre Auxerre.

On a peu marqué à l'extérieur (8 sur 25, contre près de 41 % en temps normal), à l'image d'une journée à 8 succès à domicile contre 1. La Ligue 1 n'a également marqué aucun but sur coup-franc, ce qui n'est pas étonnant vu qu'elle pointe dans ce domaine à 3,82 %. Plus étonnante, l'absence de pénaltys, spécialités où elle brille déjà plus (presque 10 %). Grâce au but tardif de son (très) jeune défenseur Kurt Zouma, son deuxième personnel à 17 ans et 3 mois (!), Saint-Etienne est devenue la meilleure équipe dans le dernier quart d'heure avec 5 points glanés, devant Lorient et Toulouse (4). Il faut dire que l'ASSE faisait face au dernier de ce classement (-5 points)... Il n'y a eut que 5 buts en fin de match - dont deux entre Nancy et Lorient (2-2), soit 20 %, un peu moins que d'habitude, environ 23-24 %.

Pour finir, je vais tenter une petite équipe type, qui devrait revenir à chaque journées... je n'ai pas vu tous les matches, aussi vais-je me contenter de me baser sur les chiffres, les gestes décisifs. Je n'ai pas mis de gardien, j'en mettrais quand ils arrêteront des penaltys par exemple.


Voilà, j'espère avoir été assez complet et exhaustif... A plus tard !