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mercredi 2 janvier 2013

Les buteurs de 2012

Salut à tous,

On est passé en 2013, je vous souhaite donc à tous, chers lecteurs, une très bonne année et mes meilleurs vœux !

Sur le plan de l'année civile, les comptes sont remis à zéro. Après l'intouchable Lionel Messi et ses 91 buts, record du monde (sauf erreur), d'autres joueurs se sont illustrés depuis un an. Voyons d'abord en détail le classement des buteurs sur l'année. A noter que les divisions inférieures des principaux championnats sont prises en compte, en plus des élites.

Tout d'abord, le classement général :



Derrière Vous-Savez-Qui, son principal concurrent, Cristiano Ronaldo, est logiquement à la peine : malgré une moyenne de 5 buts par mois en moyenne (!), il en a marqué plus de deux de moins que l'Argentin sur chaque mois (28 au total). En troisième position, Zlatan Ibrahimovic a finalement eu raison, d'une courte tête, de son principal adversaire Falcao (Atletico Madrid). Cavani suit à quatre longueurs, devant l'étonnant inconnu bolivien Carlos Saucedo, 33 ans, buteur prolifique au San José Ouro, lui qui n'a touché au football professionnel qu'à l'âge de 26 ans, et qui ne s'est vraiment imposé en sélection que très récemment, avec notamment un triplé contre l'Uruguay, en qualifs pour le prochain mondial, en octobre dernier (4-1).

D'autres inconnus trustent les premières places, comme le Lituanien Rimkevicius (Siaulai) ou le Coréen Lee Dong-gook, 33 ans, éphémère attaquant du Werder et de Middlesborough il y a quelques années. Avec les deux inséparables néerlandais Van Persie et Huntelaar et le co meilleur buteur de la Ligue des Champions Burak Yilmaz (Galatasaray), l'ancien raté Monégasque Dieumerci Mbokani, aujourd'hui intenable à Anderlecht, complète le tableau. Pas de Brésilien, pas d'Allemand, pas d'Italien, pas d'Espagnol... et pas de Français.

C'est une des spécificités françaises : hormis Henry, aucun Français ces dernières années n'a vraiment réussi une grande année prolifique, à part le buteur de Mons, Jérémy Perbet. Voyons un peu le classement français de cette année.



Du clinquant, mais aussi de l'inconnu complet. Il faut dire que pour ce classement on va carrément gratter en DH, pour le dernier d'entre eux, Ludovic Heidelberger, formé à Marseille jusqu'en 2001 et qui évolue actuellement à l'UGA Ardviz ! La première place de Karim Benzema est logique, malgré la difficulté à la fois de s'imposer au Real et dans un des meilleurs championnats du monde, même si quelques buts supplémentaires en sélection lui auraient peut-être permis d'intégrer le classement général, distant de 7 longueurs. La deuxième place revient logiquement à Bafé Gomis, plus constant que jamais, et auteur de 16 buts depuis août, excusez du peu. David Ledy, j'en ai déjà parlé, c'est le buteur strasbourgeois qui a connu la Ligue 2 avant de cartonner en CFA2 la saison dernière (20 buts). D'autres joueurs amateurs figurent dans ce classement, comme l'ancien réserviste messin Stéphane Boulila, Jérémy Bru et Heidelberger, sans parler de Romain Pastorelli, l'attaquant du CA Bastia, aujourd'hui en National. Les attaquants de Ligue 1 sont rares (Gomis et Gouffran), des joueurs comme Gameiro, Rémy ou Gignac n'ayant pas eu des années faciles à gérer. Enfin, notons les bons chiffres de Adamo Coulibaly, qui ne cesse de planter avec Debrecen, en Hongrie.

Suivant s'il vous plait, avec le Brésil.



On peut parler de catastrophe, pour un pays comme celui-ci, qui a fournit parmi les meilleurs attaquants de l'Histoire au football. Hormis Neymar, qui n'a pas vraiment de concurrence à son poste et qui a marqué 31 buts en seulement 43 matches cette année, on a droit à des attaquants évoluant en Arabie Saoudite, aux Emirats Arabes Unis (2), au Qatar (3 !), en Roumanie, en D2 Portugaise, en Lituanie... mais aucun dans un grand championnat européen, et seulement trois au sein de l'élite brésilienne, dont les anciens Luis Fabiano et Fred ! Inutile de dire que le Brésil va devoir cravacher dur et prier pour qu'il n'arrive rien à Neymar pour présenter une sélection correcte dans un an et demi, pour SA Coupe du Monde, qu'il n'a évidemment pas le droit de perdre...

Voyons un peu le grand rival argentin...



Là encore, ça voyage beaucoup, c'est une tradition. Mais cette fois on a des joueurs évoluant en Liga (Messi, Higuain), en Italie (Milito, Palacio), en Angleterre (Agüero), en France (Lisandro, Herrera), etc. Rien dans le Golfe, rien en Lituanie... bref, l'Argentine a beaucoup plus de ressource que son voisin brésilien. Et les Uruguayens ?



Pas mal d'inconnus, mais tant que la Celeste, qui est redevenue depuis quelques années la puissance du football qu'elle n'était plus depuis 1970, peut encore compter sur des phénomènes comme Cavani ou Suarez... heureusement que ces deux là ne sont pas vieux, parce que derrière y a plus de mercenaires de championnats de seconde zone sud-américaine qu'autre chose.

Revenons en Europe, avec les Anglais.



Les cinq divisions professionnels remplissent un espace déserté pour une fois par Lampard, entre autres. Rooney est au rendez-vous, en compagnie du buteur du Celtic Gary Hooper, mais derrière, en dehors de Jermaine Defoe, Ricky Lambert et Theo Walcott, qui commence enfin à évoluer à un très bon niveau... les meilleures équipes anglaises comptent qu'à minima sur les joueurs locaux, ce qui n'arrange pas les affaires de la sélection.

Passons aux champions d'Europe espagnols.



Si aucun ne figure parmi les tous meilleurs, on a quand même du beau monde avec Soldado, Torres, Llorente, Michu, Mata, Negredo... que de la qualité, et à au moins 21 buts. Une variété de profils de buteurs appréciable pour Vicente Del Bosque, qui peut compter sur des attaquants puissants, rapides, techniques, des joueurs de surface ou plus polyvalents... une des clés, sans doute, des succès espagnols depuis cinq ans maintenant.

Au tour des Allemands !



Derrière le toujours efficace et méconnu Stefan Kiessling (Leverkusen) figure Mario Gomez, qui aurait sans doute fait mieux sans sa longue blessure d'après l'Euro. Les jeunes loups Reus, Müller ou Meier sont déjà bien placés, et accompagnés par notamment l'éternel Miroslav Klose, meilleur buteur, rappelons le, de la Coupe du Monde... 2002. Une liste de bonne qualité, avec en plus les bons chiffres de Mesut Özil avec le Real, malgré les critiques.

Et enfin, les Italiens.



Comme pour les Brésiliens, on peut sérieusement s'inquiéter sur la qualité des buteurs italiens de bons niveaux, rien qu'en Serie A. Ils ne sont que cinq, dont l'éternel Di Natale et le nouveau El Shaarawy. Mais ensuite ? Pas grand chose. Pas de Balotelli, pourtant excellent à l'Euro. Pas de Matri, Pazzini, Giovinco, Quagliarella... des joueurs de qualité, mais aucun à 17 buts sur l'année, c'est quand même très moyen. On l'a vu contre la France, l'Italie semble avoir perdu son flair en terme de buteurs.

Voilà, on se revoit dans un an pour les prochains chiffres ! A plus tard !

lundi 26 novembre 2012

Les buts étrangers en Europe


Salut à tous,

Comme vous le savez, j'apprécie particulièrement de découper le football en tranches grâce aux chiffres, le seul moyen totalement objectif, a priori, pour décortiquer quelque chose, et notamment un sport. Un chiffre n'a pas de club préféré, pas d'a priori, pas de fatigue oculaire, pas d'"impression visuelle"... le chiffre ne dit pas tout, mais il ne peut pas se tromper. C'est mathématique. Seul celui qui les manipule peut le faire.

Ce soir, je voudrais revenir sur la saison dernière, à travers un prisme qui, selon moi, en dis beaucoup sur le niveau, la culture et le visage de chacun des cinq grands championnats : le nombre et la nature des buts marqués par les étrangers dans leur compétition respective. Vous allez voir, c'est extrêmement parlant.

L'Afrique reine en France, ignorée en Italie

Parlons d'abord de la Ligue 1, qui se démarque par rapport à celui de ses voisins sur un point sur lequel je reviens souvent ici : l'importance des buts africains qui le caractérise, phénomène qui est complètement absent dans les quatre autres championnats. L'Afrique est
devancée par l'Europe en Allemagne et en Angleterre, et par l'Amérique du Sud et l'Europe dans les pays latins, l'Espagne et l'Italie. L'Amérique du Sud, deuxième en France, est troisième dans les pays anglo-saxons cités plus haut, et première chez les latins. Ceci présenté, on assiste déjà à la singularité de la Ligue 1 : l'an passé, il y avait 11 pays africains dans les 15 pays les plus représentés dans son classement des buteurs, contre 3 sur 17 en Allemagne, 4 sur 15 en Angleterre et en Espagne, et un seul dans les 23 premiers en Italie. En revanche, s'il n'y avait qu'un seul européen dans les 12 premiers en Ligue 1, il y en avait 11 sur 17 en Allemagne et 13 sur 20 en Angleterre. Il y avait également deux sud-américains dans les 20 premiers en France, 2 sur 19 en Allemagne, 1 sur 18 en Angleterre, contre 7 sur 12 en Espagne et 5 sur 7 en Italie !

Un petit crochet sur le taux de buts étrangers dans ces 5 pays : la France fermait la marche avec 47,8 %, derrière les deux latins, l'Espagne (50,6) et l'Italie (51,5), quand l'Allemagne (58,6) et l'Angleterre (64,9) voient une nette majorité de buteurs étrangers briller sur leurs pelouses. Difficile d'expliquer ce phénomène, une meilleure santé financière peut-être, mais c'est comme ça. En tous cas là encore, on note une fracture entre les meilleurs championnats du nord et ceux du sud, la France, malgré son originalité et ses racines latines, semblant plutôt emprunter le chemin de ceux du nord pour l'instant.

L'Argentine, évidemment

Si on additionne les buts étrangers de ces cinq grands championnats, l'Argentine l'emporte très largement : 363 buts, contre 199 pour le Brésil, son dauphin, qui devance les Pays-Bas (112) et... la France (103). Cette dernière réussit donc l'exploit d'être extrêmement bien classée alors qu'elle n'est logiquement pas représentée dans son propre championnat, comme l'Espagne, 11e avec 59 buts, l'Allemagne, 34e avec 23 buts, l'Italie, 38e avec 22 buts, et l'Angleterre, 70e avec... 4 buts, tous inscrits par le Lillois Joe Cole en Ligue 1 ! La France qui est 14e en Allemagne (13 buts), 7e en Angleterre (38), 4e en Espagne (38 également) et 9e en Italie (14). Dans le même temps, les Argentins sont 2e en France (45), comme cette saison d'ailleurs, seulement 45e en Allemagne avec 1 petit but, 2e en Angleterre (47) et largement première dans les deux championnats latins, avec 122 en Espagne (Messi oblige...) et... 148 en Italie ! La filiation entre l'Italie et l'Argentine, qui parle déjà dans les patronymes argentins, est très forte depuis un petit moment. Tout comme avec l'Uruguay.

Dans ce classement général, on notera que le Sénégal fait mieux contre le Portugal de
Ronaldo (90 contre 89 buts), les Lions étant très présents en France (28) mais aussi en Angleterre (33), alors que le Portugal ne brille quasiment qu'en Espagne (69). On note aussi les contre-performances de pays habituellement habitués à être pillés par les grands championnats, la Serbie (35), la République Tchèque (26), la Roumanie (21), la Bulgarie (16) ou la Russie qui, avec 10 petits buts, est coincée entre le Kenya (11) et la Slovénie (9). En revanche, belles performances de pays moins attendus comme l'Autriche, très présente en Allemagne évidemment (36 sur 41), le Japon, également brillante outre Rhin (24 sur 30), le Mexique (29) ou Israel (24), nouvelles cibles des recruteurs européens.

L'Allemagne européenne, l'Italie argentine

Allons par pays à présent. On a vu la Ligue 1, passons à l'Allemagne. Quatre pays européens monopolisent les quatre premières places (Pays-Bas, 51, Pologne, 38, Autriche, 36, Croatie, 35). Soit un recrutement très local, a priori. Les Européens avaient d'ailleurs marqué 330 des 513 buts européens, soit plus de 64 %, le plus gros taux des cinq championnats, devant l'Angleterre (62). La Bundesliga qui n'hésite pas à s'ouvrir pourtant au football asiatique, avec le Japon, 7e pays le plus représenté (24), la Corée du Sud (18e avec 10 buts) et l'Iran (3 buts). Si le Brésil est en difficulté à la 8e place (il est 21e en Angleterre, mais premier en France, 3e en Espagne et en Italie), l'Argentine, je l'ai dit, est quasi inexistante (1 but). En revanche, le Pérou de Pizarro, lui, est très bien placé (5e avec 28 buts), une autre tradition allemande.

Du côté anglais, là aussi les Européens sont très présents, mais doivent quand même laisser la 2e place à l'Argentine (47, comme les Pays-Bas) et au Nigeria, 5e (41). La surprise provient du vainqueur en Angleterre : l'Irlande (52 buts), qui est totalement absente des quatre autres championnats ! C'est d'ailleurs une autre caractéristique du football anglais, qui ne date d'ailleurs pas d'hier et qui a bien résisté à la folle mondialisation qui a frappé l'Angleterre, comme ses voisins : les quatre autres sujets du Royaume y marquent leurs seuls buts, à l'image de l'Irlande, donc, mais aussi l’Écosse (4e avec 46 buts), le Pays de Galles (5e avec 41) et l'Irlande du Nord (5). Ces quatre pays n'ont marqué qu'en Angleterre, un cas quasi unique, avec les 16 buts de l'Islande, également en Angleterre, ou les 22 buts gabonais et les 18 Burkinabé en Ligue 1 A noter également que les Italiens y signent leur meilleur total (13 sur 22), tout comme les Espagnols (35 sur 59) et même la France (38 sur 103, comme en Espagne). Signe que la Premier League est peut-être au-dessus des autres, c'est la seule où les ressortissants des quatre autres grands championnats y brillent, hormis l'Allemagne (3).

Passons à l'Espagne. Logiquement, les chiffres stratosphérique de Messi (50) et Ronaldo (46), uniques en Europe, influent sur le classement des pays, dominés par l'Argentine (122) et le Portugal (69). La France de Benzema y signe son meilleur classement (4e avec 38 buts), derrière le Brésil (55). Parmi les 5 pays sud-américains présents dans les 7 premiers, notons l'étonnante 6e place du Venezuela, qui marque autant que la Colombie de Falcao (26) ! Les Mexicains y sont également très présents (17 buts). Enfin, la Liga est le championnat où le moins de pays étrangers sont représentés : 30 l'an dernier, contre 38 en France, 39 en Angleterre, 52 en Allemagne et 53 en Angleterre. Les 531 buts étrangers marqués en Liga sont donc concentrés chez les trois premiers (246, soit 46,3 %, contre 31 en Ligue 1, 24,4 en Allemagne, 21 en Angleterre et... 49 en Italie).

La Serie A qui ressemble donc pas mal à la Liga, avec cependant une plus grande importance des buts argentins, on l'a vu (148), qui domine nettement son dauphin et voisin, l'Uruguay (50), et le Brésil (47). Un trio sud-américain, donc, qui ne laissait que 30 buts au quatrième, la Suède d'Ibrahimovic, qui brillait au Milan AC l'an dernier (28 buts). Le Chili (25 buts, 5e) et la Colombie (18 buts, 7e) complètent le quintet des 5 sud-américains dans les 7 premiers, comme en Espagne. Bon classement également du Monténégro (22 buts, 6e). Le niveau très très faible des buts africains choque un peu (19 buts, dont 11 pour le Ghana. On sait que les supporters racistes y ont une grande influence, notamment à la Lazio, ceci explique peut-être cela.

Voilà, j'espère vous avoir un peu éclairé ! Dites moi ce que vous en pensez !

A plus tard !

mardi 13 novembre 2012

Enfin des buts en Ligue 1 !

Salut à tous !

Depuis quelques semaines la Ligue 1 flambe, personne n'en parle parce que ça ne colle pas vraiment avec l'idée si répandue qu'on s'ennuie en regardant le championnat français, mais c'est une réalité : pour l'instant - il reste encore 26 journées et un match à jouer, quand même - beaucoup beaucoup de buts sont inscrits en Ligue 1. Bonne nouvelle ou pas, c'est une réalité.

Avalanche de buts

Après presque 12 journées, 119 matches, la moyenne de buts est de quasiment 2,7. Une moyenne qui, s'il se répercute jusqu'en fin de saison, n'aura plus été atteinte depuis 1983 (2,87), soit trente ans, tout simplement. Les records, sur les trois dernières décennies, sont de 2,58 en 1985, 2,57 en 1999 et 2,52... l'année dernière. On note d'ailleurs une légère amélioration sur les six dernières saisons, après l'effroyable 2,13 de 2006, et notamment sur les trois dernières (2,41, puis 2,34 et 2,52, donc).

Bonne nouvelle ou pas ? C'est un autre débat. On peut certes se réjouir de l'augmentation des buts en Ligue 1, et donc du spectacle, point noir depuis des lustres du championnat de France, seulement concurrencé par le Portugal dans ce domaine en Europe. Valenciennes et son attaque de feu (26 buts, 7e attaque des cinq grands championnats derrière Barcelone (36), le Bayern (32), la Juve et Manchester United (29), la Roma (28) et le Real (27)) font
beaucoup pour l'attraction du championnat. Mais si on jette un œil ailleurs, on constate que certes, la Bundesliga allie spectacle (2,91) avec efficacité en Coupes d'Europe, du moins cette saison, mais que les meilleurs championnats européens en terme de moyenne de buts sont ceux du Pays de Galles (3,74), du Luxembourg (3,5), de Malte, d'Irlande et d'Islande (3,2). Les premiers championnats de "bon" niveau dans ce classement sont ceux des Pays-Bas (3,19) et de Belgique (3,13)... Dans le même temps, la Premier League (2,82) et surtout la Liga, qui pour une fois devance la Bundesliga (2,94), brillent, alors que la Serie A est battue par la Ligue 1 (2,67). A la vue de ces chiffres, on constate en fait une augmentation générale des buts en Europe. Reste que beaucoup de buts ne signifient pas forcément une amélioration des attaquants dans un championnat ; ça peut aussi dire une baisse de niveau des défenseurs et des gardiens. Il y a déjà eu 13 buts csc en Ligue 1, soit plus d'un par journée, contre 24 l'année dernière, soit 0,63 par journée...

Une journée pas comme les autres

Sur les cinq dernières journées, notons qu'on tourne carrément à plus de 3 buts par match (148 en 49 matches), avec deux journées à 33 buts, dont celle de ce week-end, riche, on y revient, de deux csc, et une seule à moins de 27 buts (22 lors de la 9e). Analysons un peu cette journée, qui devrait être représentative au vu de son efficacité, mais qui comporte quand même quelques singularités.

- Sur les 31 buts effectivement inscrits, on note plus de buts du gauche (13) que du droit (12), contre 6 de la tête. Logique, quand 15 d'entre eux (48,4 %) ont été marqués par des milieux, contre 39,6 en temps normal, et que les milieux marquent traditionnellement beaucoup plus du gauche que leurs collègues des autres lignes.

- 14 buts étrangers ont été marqués, un chiffre logique, légèrement en-dessous de la moitié. Mais sur ces 14 buts, 9 d'entre eux l'ont été de joueurs africains. Et je ne compte pas encore dans le lot Henri Saivet, qui semble de plus en plus enclin à choisir la nationalité sénégalaise... aux Sud-Américains (3) et aux Européens (2), la portion congrue. Le Brésil continue malgré tout sa course en tête, avec 19 buts.

- Sur ces 31 buts, 20 l'ont été marqués par des joueurs évoluant à l'extérieur (64,5 %), soit beaucoup plus que d'habitude (43,8). Logique, quand on note 5 succès à l'extérieur contre 2 à
domicile... La palme à l'Ajaccien Belghazouani et au Valenciennois Kadir, pour leurs doublés à Toulouse et Bastia. Gouffran (3 sur 4) et Cvitanich (idem), buteurs à Lorient et Marseille, brillent également plus hors de leurs bases que chez eux.

- Aucun buts de joueurs de moins de 21 ans, et un seul d'un de plus de 31 (Abriel, à Marseille) : les buteurs étaient d'un âge égal, ou presque.

- Aucun but sur coup-franc direct, et un seul sur penalty, par Modeste (Bastia), son deuxième de la saison, comme Belhanda. En même temps, Valbuena et Alo'o Efoulou auraient pu tripler ce score, avec un peu plus de réussite dans leurs tentatives...

- Un seul but venu d'un remplaçant, pour Palmieri (Bastia), soit 3,2 %, contre 12 en temps normal. Il faut dire que seulement 6 buts ont été marqués dans le dernier quart d'heure (19,3 %) contre 23,4 en temps normal. Ce qui n'a pas empêché Valenciennes de renverser le score à Bastia durant les 15 dernières minutes (2-1 à 2-3).

- Enfin, Privat (Sochaux, 1m86) a marqué son premier but du pied (sur 4) ce week-end. Dans le même temps, Erding (Rennes, 1m80) a marqué son 4e but sur 6 de la tête, record de Ligue 1 pour l'instant...

Voilà, je vous laisse digérer tous ces chiffres ! A plus tard !

dimanche 20 mai 2012

C1, le bilan

Bonjour à tous,

Après cette finale et cette victoire de Chelsea que je qualifierais sobrement de miraculeuse, et moins sobrement consternante sur le plan de la morale sportive, avec tout le respect que je dois à notre maître à tous, Christian Jeanpierre, fondateur et seul et unique membre du fan club de Didier Drogba, il est temps de tirer un bilan de cette 21e édition de la Ligue des Champions.

Chelsea, lauréat par défaut

D'abord, si on fait le compte et qu'on applique la victoire à deux points, bien plus pratique pour faire des statistiques, le nouveau champion d'Europe et sixième du championnat d'Angleterre (!) ne présente que le 4e bilan de la compétition avec 18 points, derrière le Real (21), le Barça (19) et le Bayern, qui compte le même nombre de points mais avec une différence de buts supérieure (+15 contre +13). En même temps, avec de telles conceptions tactiques, difficile d'avoir un bon goal average. Pourtant, grâce à l'efficacité que l'on a pu constater contre Barcelone, en demi-finales (1-0, 2-2), et hier soir, qui lui permet de marquer des buts à chaque occasion, voire même sans occasion comme hier, Chelsea a réussit à inscrire 25 buts cette saison en C1. Là encore, c'est le 4e bilan de la compétition, derrière les deux ogres espagnols (35) et le Bayern (26). Étrangement, malgré ses deux arrières gauches et son unique attaquant, parmi les quatre demi-finalistes, Chelsea est l'équipe qui a pris le plus de buts (12), contre 9 pour le Real, 10 pour le Barça et 11 pour le Bayern.

Si on a marqué 10 buts de moins que l'an passé, la moyenne de buts reste très élevée (2,76, contre 2,84 la saison dernière). Un score qui améliore encore la moyenne de buts depuis 1991, date de l'instauration des poules en C1, qui est de 2,63. Durant les deux dernières saisons, les premières de la nouvelle décennie, on en est pile à 700 buts en pile 250 matches, soit pile 2,8 buts par matches. Parmi les six grands championnats européens, seules la Bundesliga (2,86) et la Premier League (2,81) font mieux, la Liga n'étant pas très loin (2,76), contrairement à la Serie A (2,56). Rappelons qu'en Ligue 1 on se traîne à 2,49, qui est en plus un de nos meilleurs scores depuis 30 ans...

Chez les buteurs, c'est évidemment Lionel Messi qui remporte la palme (14 buts), le record de la compétition. A bientôt 25 ans, l'Argentin en est déjà à 51 buts dans la compétition... seul Raul (71) et van Nistelrooy (56) font mieux. Il devance Mario Gomez (Bayern), 13 fois buteur, et Ronaldo (10). Le premier Français se nomme Karim Benzema (Real, 7 buts), qui signe sa meilleure saison dans la compétition, et qui en est à 26 buts en C1. Depuis 1991, seuls Henry (50) et Trezeguet (29) ont fait mieux. Il pourrait donc s'emparer de la deuxième place dès l'année prochaine...

Barcelone s'échappe, la France stagne

Sur le bilan général, le Barça, longtemps à la lutte avec Manchester United dans le classement depuis 1991, a profité de la chute du club d'Alex Ferguson pour prendre le large : le club catalan est en tête avec 250 points pris en 178 matches, 102 succès et 30 défaites seulement, le meilleur total des six premiers. Arsenal, le sixième justement, a encaissé huit défaites de plus en ayant disputé 41 matches de moins. Surtout, le FC Barcelone a inscrit 352 buts (1,98 par matches), le meilleur total, juste devant le Real (348), qui est troisième avec 233 points, 11 de moins que United. Le Bayern, extrêmement régulier et qui aurait mérité mieux cette saison que d'être humilié de la sorte sur sa pelouse, est quatrième avec 204 points, devant Milan (182), Arsenal (162) et Chelsea (148), qui est passé devant la Juventus (146). Il faut dire que cette dernière a raté les deux dernières éditions, ainsi que deux autres lorsqu'elle fut rétrogradée, à la fin de la dernière décennie. Elle aura l'occasion de recoller au peloton l'année prochaine, même si tous les clubs devant elle seront également engagés dans la compétition...

Ce qui ne sera pas le cas de Lyon, meilleur club français depuis 1991, et de loin : 10e avec 125 points, il devance des clients comme l'Inter (124), Liverpool (101), l'Ajax (93) et le double champion d'Allemagne, Dortmund (68), qui n'a plus d'excuse pour ne pas faire mieux l'année prochaine que le Bayern, qu'il domine allègrement depuis deux saisons maintenant. Il faut descendre à la 26e place pour trouver le deuxième club français, Marseille (55 points), coincé entre Rosenborg et le Spartak Moscou, qui lui-même devance... Monaco (48 points). Le PSG, qui retrouvera la Ligue des champions après huit ans d'absence, est 35e, à égalité avec Bordeaux (38 points), à deux points d'Anderlecht. Si Montpellier débutera en C1 l'année prochaine, ce ne sera pas le cas de Lille, qui devra se dépêtrer des tours préliminaires pour retrouver les poules, ou le LOSC a récolté 22 points (50e), soit autant que Nantes. Avec également Auxerre (60e, 15 points) et Lens (64e, 12 points) dans ses rangs, la Ligue 2 aura vraiment fière allure l'an prochain...

Par pays, la France est l'éternelle cinquième, et contrairement au classement UEFA, elle n'est pas encore menacée par le Portugal ou les Pays-Bas, qui jusque là avaient moins de qualifiés qu'elle. Au bilan depuis 1991, la France a récolté 375 points, et est très loin de l'Espagne (742), l'Angleterre (708), l'Italie (623), et un peu moins loin de l'Allemagne (458), mais quand même. Sur cette saison aussi, la France est cinquième, avec 22 points pris en 24 matches. C'est la deuxième fois consécutive qu'elle ramène un bilan négatif (8 succès, 10 défaites) et la quatrième fois en cinq ans, signe d'une véritable chute des performances françaises, vu que la France a toujours un bilan positif depuis 1991 (146 succès, 130 défaites). Une avance obtenue grâce à des années 90 beaucoup plus positives que la quinzaine d'années qui a suivi. Mais à ce rythme, le bilan français sera devenu négatif à la fin de la décennie. En attendant, si avec ses 1,04 points par match elle est derrière l'Espagne et l'Angleterre (1,25), l'Italie (1,16) et l'Allemagne (1,08), elle devance encore le Portugal (0,98), les Pays-Bas (0,93) ou la Russie (0,79).

Sur la saison, l'Espagne remporte la palme (46 points, devant l'Angleterre, 42), après cinq saisons consécutives dominées par cette dernière. L'Italie suit avec 29 points, devant l'Allemagne (28), autant boostée par la saison du Bayern (18 points) que lestée par celle de Leverkusen (7) et surtout Dortmund (3), battu deux fois par Marseille, qui sera battu deux fois par le Bayern, qui sera battu trois fois par... Dortmund. Allez comprendre.

Voilà, sinon que dire... sur les deux dernières saisons, le bilan est très nettement dominé par les deux géants espagnols, qui ne se quittent pas (40 points, +1 but pour le Real). Chelsea, le troisième, est loin avec 31 points, devant le Bayern (30) et Manchester United, qui paie son élimination au premier tour (28). Marseille est 7e (18 points), et Lyon 12e (16), mais les deux clubs ne seront pas là l'année prochaine. L'instabilité en tête de la Ligue 1 n'en finira jamais de désavantager ses meilleurs clubs (qui en sont les premiers responsables) dans leur lutte avec les meilleurs.

A plus tard, pour la fin de la Ligue 1 notamment !