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vendredi 20 décembre 2013

Leverkusen, à surveiller

Salut à tous,

Quelques jours après le tirage au sort de la Ligue des Champions, penchons nous un peu plus sur le futur adversaire du PSG en huitièmes de finale : le Bayer Leverkusen.

Si facile que ça ?

Évidemment, du haut de leur grande connaissance du football, les experts de tous poils ont décidé qu'il s'agissait d'un tirage favorable - par rapport à City ou Arsenal, certes - et que le PSG était déjà en quarts de finale. Il est vrai que le football français a si peu souffert dans son histoire lors de ses nombreuses confrontations avec celui de son voisin qu'il est en droit de dénigrer ce dernier sans risque, et de le considérer comme négligeable...

En France, si vous n'êtes pas un club anglais, le Barça ou le Real, vous n'êtes rien. La Ligue des Champions a tellement phagocyté l'attention médiatique sur elle même que quiconque n'y brille pas régulièrement n'est que quantité négligeable. Comme pour tout le reste, dans les médias d'aujourd'hui, c'est tout ou rien. Soit vous êtes un cador, soit vous êtes nul. Il n'y a pas de bons clubs européens apparemment, juste des géniaux ou des médiocres. Et la
logique ne saurait être bousculée, surtout quand elle est soutenue par des esprits aussi brillants...

C'est comme ça que personne n'a vu venir Malaga et Dortmund l'an passé, Schalke en 2011, Lyon en 2010, Porto ou Monaco auparavant... autant de clubs de bon niveau capables, sur quelques semaines, de rivaliser avec les tous meilleurs et d'atteindre le dernier carré de la plus grande des compétitions de club au monde. Leverkusen a le profil pour les imiter.

Les "spécialistes" n'ont évidemment retenu que les deux branlées (0-5, 2-4) reçues contre Manchester pour juger l'équipe de Sami Hyypiä. Sans voir qu'en championnat, où Leverkusen est deuxième, à sept points du Bayern mais aussi avec cinq points d'avance sur Dortmund, le Bayer n'a perdu aucun match contre ces deux cadors du football européen, se payant même le luxe d'aller s'imposer récemment chez le second, qui comptait certes nombre d'absents (0-1). Mais la moyenne de points de Leverkusen peut également faire réfléchir : elle est de 2,31 par match. Celle du PSG, dans un championnat plus fermé mais sans doute plus facile, est de 2,39. L'écart n'est donc pas si énorme entre les deux formations.

Une ligne d'attaque redoutable

Penchons nous un peu plus sur le profil de cette équipe, qui semble être à la fois parfait et piégeux pour le PSG. Parfait, parce qu'il s'agit d'une équipe typique du championnat allemand, c'est-à-dire qui marque beaucoup (2 par match en championnat) mais qui encaisse aussi beaucoup de buts, puisqu'elle possède la deuxième pire défense des 16 qualifiés pour les 8es de finale (10 buts, contre 5 au PSG), à égalité avec Manchester City et devant Galatasaray (14). Mais elle possède aussi la deuxième défense d'Allemagne, derrière le Bayern, avec 15 buts en 16 matches. Mais c'est une équipe qui joue, et qui ne se retranchera pas en défense comme la plupart des adversaires des Parisiens. Il y aura donc sans doute de la place pour marquer.

Si le système à deux pointes est toujours en vogue en Allemagne, ce n'est pas le cas des cadors, que ce soit le Bayern, Dortmund, Schalke et donc Leverkusen. Le Bayer évolue en 4-3-3, avec deux ailiers extrêmement performants. Sa ligne d'attaque est peut-être son point fort, même si son milieu, qui compte dans ses rangs deux internationaux allemands, Lars Bender (surveillé de près par Manchester) et Simon Rolfes, son capitaine, très expérimenté (31 ans) et volontiers buteur (5 buts cette saison, dont trois en C1), n'est pas en reste.

En attaque, donc, le buteur se nomme Stefan Kiessling, et ce qualificatif n'est pas un vain mot. Parfois moqué pour sa silhouette dégingandée et sa grande taille (1m91), il a déjà marqué 13 fois cette saison (9 en championnat, 2 en C1 et 2 en coupe). Il fut le meilleur buteur du dernier championnat, avec 25 buts, lui qui était le dauphin de Dzeko en 2009/10, avec 21 buts. Buteur moyen lors de ses premières années dans l'élite, le joueur formé à Nuremberg a marqué 78 buts depuis 2009 rien qu'en championnat, et tourne à une moyenne de 0,56 but par match. Rarement sélectionné, compte tenu de la concurrence (Gomez, Klose...) il est pourtant un joueur complet, mais méconnu, malgré le buzz de son but fantôme accordé à Hoffenheim le 18 octobre dernier (1-2) : en plus de ses buts, il est un excellent passeur. Il compte trois "assists" cette année, 7 l'année dernière et quatre lors des deux saisons précédentes. Pas mal pour une grande tige soit-disant maladroite...

Le danger vient des côtés

S'il marque beaucoup, il n'est pas le seul dans son équipe. Sydney Sam, par exemple, son ailier gauche, a presque marqué autant que lui cette saison (11). Rapide, bon dribbleur, il est lui aussi international (5 sélections) et se montre également excellent passeur (5 en championnat). Le troisième "phénomène" de cette équipe se nomme Heung-min Son, un représentant extrêmement brillant de la colonie asiatique qui peuple les effectifs allemands, avec succès en général. Le jeune ailier (21 ans) n'a jamais joué en Asie, lui qui a été repéré très jeune par Hambourg, où il a débuté en pro, en octobre 2010. Huit matches plus tard, il était en sélection, un attaquant qu'il faudra surveiller lors de la prochaine Coupe du Monde.

Très bon l'an dernier avec Hambourg (12 buts, dont un doublé à Dortmund), il est transféré cet été pour 10 millions d'euros à Leverkusen, où, après un petit temps d'adaptation, il est sur le point de faire oublier André Schürle, parti à Cheslea. Sept fois buteur, notamment à Dortmund encore une fois (0-1), il sera un élément clé de cette confrontation. En effet, et
c'est pour ça que je parlais de piège, une des caractéristiques du PSG cette saison, c'est à la fois de maîtriser le cœur du jeu grâce à ses trois milieux de terrain, mais aussi d'évoluer avec des latéraux extrêmement offensifs, ce qui permet à ses ailiers, notamment Cavani, de pouvoir repiquer dans l'axe pour se comporter comme les véritables avant-centres du PSG, plus qu'Ibrahimovic. Il n'est ainsi pas rare de voir Van der Wiel évoluer plus haut que Verratti, même en phase défensive, histoire de récupérer le ballon le plus rapidement possible.

Hors, si le latéral néerlandais est performant offensivement, il l'est nettement moins défensivement, ce qui explique sa saison dernière assez médiocre, dans un système où le PSG évoluait souvent assez bas pour partir en contre. Si Leverkusen parvient à faire exister ses deux ailiers, et ainsi obliger Van der Wiel et Maxwell - ou Digne - à défendre, et donc à la fois s'exposer défensivement et ne pas apporter offensivement, le PSG sera en danger. J'attends sérieusement de voir Sam ou Son - ils permutent souvent - face au Néerlandais en un contre un. En tous cas il aura plus de travail qu'en Ligue 1 où, en dehors des Verts, peu d'équipes ne présente des ailiers suffisamment percutants pour l'empêcher de régner dans son couloir.

Mais si le PSG parvient à maîtriser le milieu et priver de ballon les deux ailiers du Bayer, il peut espérer faire mal à sa défense, où continue de sévir l'ancien Montpelliérain Emir Spahic, associé au Turc Omer Toprak, qui aime également marquer (deux buts en C1, notamment à Manchester), et passer ce tour. Mais imaginer que c'est gagné d'avance serait synonyme d'élimination à coup presque sûr. Attention donc !

A plus

mercredi 2 janvier 2013

Les buteurs de 2012

Salut à tous,

On est passé en 2013, je vous souhaite donc à tous, chers lecteurs, une très bonne année et mes meilleurs vœux !

Sur le plan de l'année civile, les comptes sont remis à zéro. Après l'intouchable Lionel Messi et ses 91 buts, record du monde (sauf erreur), d'autres joueurs se sont illustrés depuis un an. Voyons d'abord en détail le classement des buteurs sur l'année. A noter que les divisions inférieures des principaux championnats sont prises en compte, en plus des élites.

Tout d'abord, le classement général :



Derrière Vous-Savez-Qui, son principal concurrent, Cristiano Ronaldo, est logiquement à la peine : malgré une moyenne de 5 buts par mois en moyenne (!), il en a marqué plus de deux de moins que l'Argentin sur chaque mois (28 au total). En troisième position, Zlatan Ibrahimovic a finalement eu raison, d'une courte tête, de son principal adversaire Falcao (Atletico Madrid). Cavani suit à quatre longueurs, devant l'étonnant inconnu bolivien Carlos Saucedo, 33 ans, buteur prolifique au San José Ouro, lui qui n'a touché au football professionnel qu'à l'âge de 26 ans, et qui ne s'est vraiment imposé en sélection que très récemment, avec notamment un triplé contre l'Uruguay, en qualifs pour le prochain mondial, en octobre dernier (4-1).

D'autres inconnus trustent les premières places, comme le Lituanien Rimkevicius (Siaulai) ou le Coréen Lee Dong-gook, 33 ans, éphémère attaquant du Werder et de Middlesborough il y a quelques années. Avec les deux inséparables néerlandais Van Persie et Huntelaar et le co meilleur buteur de la Ligue des Champions Burak Yilmaz (Galatasaray), l'ancien raté Monégasque Dieumerci Mbokani, aujourd'hui intenable à Anderlecht, complète le tableau. Pas de Brésilien, pas d'Allemand, pas d'Italien, pas d'Espagnol... et pas de Français.

C'est une des spécificités françaises : hormis Henry, aucun Français ces dernières années n'a vraiment réussi une grande année prolifique, à part le buteur de Mons, Jérémy Perbet. Voyons un peu le classement français de cette année.



Du clinquant, mais aussi de l'inconnu complet. Il faut dire que pour ce classement on va carrément gratter en DH, pour le dernier d'entre eux, Ludovic Heidelberger, formé à Marseille jusqu'en 2001 et qui évolue actuellement à l'UGA Ardviz ! La première place de Karim Benzema est logique, malgré la difficulté à la fois de s'imposer au Real et dans un des meilleurs championnats du monde, même si quelques buts supplémentaires en sélection lui auraient peut-être permis d'intégrer le classement général, distant de 7 longueurs. La deuxième place revient logiquement à Bafé Gomis, plus constant que jamais, et auteur de 16 buts depuis août, excusez du peu. David Ledy, j'en ai déjà parlé, c'est le buteur strasbourgeois qui a connu la Ligue 2 avant de cartonner en CFA2 la saison dernière (20 buts). D'autres joueurs amateurs figurent dans ce classement, comme l'ancien réserviste messin Stéphane Boulila, Jérémy Bru et Heidelberger, sans parler de Romain Pastorelli, l'attaquant du CA Bastia, aujourd'hui en National. Les attaquants de Ligue 1 sont rares (Gomis et Gouffran), des joueurs comme Gameiro, Rémy ou Gignac n'ayant pas eu des années faciles à gérer. Enfin, notons les bons chiffres de Adamo Coulibaly, qui ne cesse de planter avec Debrecen, en Hongrie.

Suivant s'il vous plait, avec le Brésil.



On peut parler de catastrophe, pour un pays comme celui-ci, qui a fournit parmi les meilleurs attaquants de l'Histoire au football. Hormis Neymar, qui n'a pas vraiment de concurrence à son poste et qui a marqué 31 buts en seulement 43 matches cette année, on a droit à des attaquants évoluant en Arabie Saoudite, aux Emirats Arabes Unis (2), au Qatar (3 !), en Roumanie, en D2 Portugaise, en Lituanie... mais aucun dans un grand championnat européen, et seulement trois au sein de l'élite brésilienne, dont les anciens Luis Fabiano et Fred ! Inutile de dire que le Brésil va devoir cravacher dur et prier pour qu'il n'arrive rien à Neymar pour présenter une sélection correcte dans un an et demi, pour SA Coupe du Monde, qu'il n'a évidemment pas le droit de perdre...

Voyons un peu le grand rival argentin...



Là encore, ça voyage beaucoup, c'est une tradition. Mais cette fois on a des joueurs évoluant en Liga (Messi, Higuain), en Italie (Milito, Palacio), en Angleterre (Agüero), en France (Lisandro, Herrera), etc. Rien dans le Golfe, rien en Lituanie... bref, l'Argentine a beaucoup plus de ressource que son voisin brésilien. Et les Uruguayens ?



Pas mal d'inconnus, mais tant que la Celeste, qui est redevenue depuis quelques années la puissance du football qu'elle n'était plus depuis 1970, peut encore compter sur des phénomènes comme Cavani ou Suarez... heureusement que ces deux là ne sont pas vieux, parce que derrière y a plus de mercenaires de championnats de seconde zone sud-américaine qu'autre chose.

Revenons en Europe, avec les Anglais.



Les cinq divisions professionnels remplissent un espace déserté pour une fois par Lampard, entre autres. Rooney est au rendez-vous, en compagnie du buteur du Celtic Gary Hooper, mais derrière, en dehors de Jermaine Defoe, Ricky Lambert et Theo Walcott, qui commence enfin à évoluer à un très bon niveau... les meilleures équipes anglaises comptent qu'à minima sur les joueurs locaux, ce qui n'arrange pas les affaires de la sélection.

Passons aux champions d'Europe espagnols.



Si aucun ne figure parmi les tous meilleurs, on a quand même du beau monde avec Soldado, Torres, Llorente, Michu, Mata, Negredo... que de la qualité, et à au moins 21 buts. Une variété de profils de buteurs appréciable pour Vicente Del Bosque, qui peut compter sur des attaquants puissants, rapides, techniques, des joueurs de surface ou plus polyvalents... une des clés, sans doute, des succès espagnols depuis cinq ans maintenant.

Au tour des Allemands !



Derrière le toujours efficace et méconnu Stefan Kiessling (Leverkusen) figure Mario Gomez, qui aurait sans doute fait mieux sans sa longue blessure d'après l'Euro. Les jeunes loups Reus, Müller ou Meier sont déjà bien placés, et accompagnés par notamment l'éternel Miroslav Klose, meilleur buteur, rappelons le, de la Coupe du Monde... 2002. Une liste de bonne qualité, avec en plus les bons chiffres de Mesut Özil avec le Real, malgré les critiques.

Et enfin, les Italiens.



Comme pour les Brésiliens, on peut sérieusement s'inquiéter sur la qualité des buteurs italiens de bons niveaux, rien qu'en Serie A. Ils ne sont que cinq, dont l'éternel Di Natale et le nouveau El Shaarawy. Mais ensuite ? Pas grand chose. Pas de Balotelli, pourtant excellent à l'Euro. Pas de Matri, Pazzini, Giovinco, Quagliarella... des joueurs de qualité, mais aucun à 17 buts sur l'année, c'est quand même très moyen. On l'a vu contre la France, l'Italie semble avoir perdu son flair en terme de buteurs.

Voilà, on se revoit dans un an pour les prochains chiffres ! A plus tard !

lundi 26 novembre 2012

Les buts étrangers en Europe


Salut à tous,

Comme vous le savez, j'apprécie particulièrement de découper le football en tranches grâce aux chiffres, le seul moyen totalement objectif, a priori, pour décortiquer quelque chose, et notamment un sport. Un chiffre n'a pas de club préféré, pas d'a priori, pas de fatigue oculaire, pas d'"impression visuelle"... le chiffre ne dit pas tout, mais il ne peut pas se tromper. C'est mathématique. Seul celui qui les manipule peut le faire.

Ce soir, je voudrais revenir sur la saison dernière, à travers un prisme qui, selon moi, en dis beaucoup sur le niveau, la culture et le visage de chacun des cinq grands championnats : le nombre et la nature des buts marqués par les étrangers dans leur compétition respective. Vous allez voir, c'est extrêmement parlant.

L'Afrique reine en France, ignorée en Italie

Parlons d'abord de la Ligue 1, qui se démarque par rapport à celui de ses voisins sur un point sur lequel je reviens souvent ici : l'importance des buts africains qui le caractérise, phénomène qui est complètement absent dans les quatre autres championnats. L'Afrique est
devancée par l'Europe en Allemagne et en Angleterre, et par l'Amérique du Sud et l'Europe dans les pays latins, l'Espagne et l'Italie. L'Amérique du Sud, deuxième en France, est troisième dans les pays anglo-saxons cités plus haut, et première chez les latins. Ceci présenté, on assiste déjà à la singularité de la Ligue 1 : l'an passé, il y avait 11 pays africains dans les 15 pays les plus représentés dans son classement des buteurs, contre 3 sur 17 en Allemagne, 4 sur 15 en Angleterre et en Espagne, et un seul dans les 23 premiers en Italie. En revanche, s'il n'y avait qu'un seul européen dans les 12 premiers en Ligue 1, il y en avait 11 sur 17 en Allemagne et 13 sur 20 en Angleterre. Il y avait également deux sud-américains dans les 20 premiers en France, 2 sur 19 en Allemagne, 1 sur 18 en Angleterre, contre 7 sur 12 en Espagne et 5 sur 7 en Italie !

Un petit crochet sur le taux de buts étrangers dans ces 5 pays : la France fermait la marche avec 47,8 %, derrière les deux latins, l'Espagne (50,6) et l'Italie (51,5), quand l'Allemagne (58,6) et l'Angleterre (64,9) voient une nette majorité de buteurs étrangers briller sur leurs pelouses. Difficile d'expliquer ce phénomène, une meilleure santé financière peut-être, mais c'est comme ça. En tous cas là encore, on note une fracture entre les meilleurs championnats du nord et ceux du sud, la France, malgré son originalité et ses racines latines, semblant plutôt emprunter le chemin de ceux du nord pour l'instant.

L'Argentine, évidemment

Si on additionne les buts étrangers de ces cinq grands championnats, l'Argentine l'emporte très largement : 363 buts, contre 199 pour le Brésil, son dauphin, qui devance les Pays-Bas (112) et... la France (103). Cette dernière réussit donc l'exploit d'être extrêmement bien classée alors qu'elle n'est logiquement pas représentée dans son propre championnat, comme l'Espagne, 11e avec 59 buts, l'Allemagne, 34e avec 23 buts, l'Italie, 38e avec 22 buts, et l'Angleterre, 70e avec... 4 buts, tous inscrits par le Lillois Joe Cole en Ligue 1 ! La France qui est 14e en Allemagne (13 buts), 7e en Angleterre (38), 4e en Espagne (38 également) et 9e en Italie (14). Dans le même temps, les Argentins sont 2e en France (45), comme cette saison d'ailleurs, seulement 45e en Allemagne avec 1 petit but, 2e en Angleterre (47) et largement première dans les deux championnats latins, avec 122 en Espagne (Messi oblige...) et... 148 en Italie ! La filiation entre l'Italie et l'Argentine, qui parle déjà dans les patronymes argentins, est très forte depuis un petit moment. Tout comme avec l'Uruguay.

Dans ce classement général, on notera que le Sénégal fait mieux contre le Portugal de
Ronaldo (90 contre 89 buts), les Lions étant très présents en France (28) mais aussi en Angleterre (33), alors que le Portugal ne brille quasiment qu'en Espagne (69). On note aussi les contre-performances de pays habituellement habitués à être pillés par les grands championnats, la Serbie (35), la République Tchèque (26), la Roumanie (21), la Bulgarie (16) ou la Russie qui, avec 10 petits buts, est coincée entre le Kenya (11) et la Slovénie (9). En revanche, belles performances de pays moins attendus comme l'Autriche, très présente en Allemagne évidemment (36 sur 41), le Japon, également brillante outre Rhin (24 sur 30), le Mexique (29) ou Israel (24), nouvelles cibles des recruteurs européens.

L'Allemagne européenne, l'Italie argentine

Allons par pays à présent. On a vu la Ligue 1, passons à l'Allemagne. Quatre pays européens monopolisent les quatre premières places (Pays-Bas, 51, Pologne, 38, Autriche, 36, Croatie, 35). Soit un recrutement très local, a priori. Les Européens avaient d'ailleurs marqué 330 des 513 buts européens, soit plus de 64 %, le plus gros taux des cinq championnats, devant l'Angleterre (62). La Bundesliga qui n'hésite pas à s'ouvrir pourtant au football asiatique, avec le Japon, 7e pays le plus représenté (24), la Corée du Sud (18e avec 10 buts) et l'Iran (3 buts). Si le Brésil est en difficulté à la 8e place (il est 21e en Angleterre, mais premier en France, 3e en Espagne et en Italie), l'Argentine, je l'ai dit, est quasi inexistante (1 but). En revanche, le Pérou de Pizarro, lui, est très bien placé (5e avec 28 buts), une autre tradition allemande.

Du côté anglais, là aussi les Européens sont très présents, mais doivent quand même laisser la 2e place à l'Argentine (47, comme les Pays-Bas) et au Nigeria, 5e (41). La surprise provient du vainqueur en Angleterre : l'Irlande (52 buts), qui est totalement absente des quatre autres championnats ! C'est d'ailleurs une autre caractéristique du football anglais, qui ne date d'ailleurs pas d'hier et qui a bien résisté à la folle mondialisation qui a frappé l'Angleterre, comme ses voisins : les quatre autres sujets du Royaume y marquent leurs seuls buts, à l'image de l'Irlande, donc, mais aussi l’Écosse (4e avec 46 buts), le Pays de Galles (5e avec 41) et l'Irlande du Nord (5). Ces quatre pays n'ont marqué qu'en Angleterre, un cas quasi unique, avec les 16 buts de l'Islande, également en Angleterre, ou les 22 buts gabonais et les 18 Burkinabé en Ligue 1 A noter également que les Italiens y signent leur meilleur total (13 sur 22), tout comme les Espagnols (35 sur 59) et même la France (38 sur 103, comme en Espagne). Signe que la Premier League est peut-être au-dessus des autres, c'est la seule où les ressortissants des quatre autres grands championnats y brillent, hormis l'Allemagne (3).

Passons à l'Espagne. Logiquement, les chiffres stratosphérique de Messi (50) et Ronaldo (46), uniques en Europe, influent sur le classement des pays, dominés par l'Argentine (122) et le Portugal (69). La France de Benzema y signe son meilleur classement (4e avec 38 buts), derrière le Brésil (55). Parmi les 5 pays sud-américains présents dans les 7 premiers, notons l'étonnante 6e place du Venezuela, qui marque autant que la Colombie de Falcao (26) ! Les Mexicains y sont également très présents (17 buts). Enfin, la Liga est le championnat où le moins de pays étrangers sont représentés : 30 l'an dernier, contre 38 en France, 39 en Angleterre, 52 en Allemagne et 53 en Angleterre. Les 531 buts étrangers marqués en Liga sont donc concentrés chez les trois premiers (246, soit 46,3 %, contre 31 en Ligue 1, 24,4 en Allemagne, 21 en Angleterre et... 49 en Italie).

La Serie A qui ressemble donc pas mal à la Liga, avec cependant une plus grande importance des buts argentins, on l'a vu (148), qui domine nettement son dauphin et voisin, l'Uruguay (50), et le Brésil (47). Un trio sud-américain, donc, qui ne laissait que 30 buts au quatrième, la Suède d'Ibrahimovic, qui brillait au Milan AC l'an dernier (28 buts). Le Chili (25 buts, 5e) et la Colombie (18 buts, 7e) complètent le quintet des 5 sud-américains dans les 7 premiers, comme en Espagne. Bon classement également du Monténégro (22 buts, 6e). Le niveau très très faible des buts africains choque un peu (19 buts, dont 11 pour le Ghana. On sait que les supporters racistes y ont une grande influence, notamment à la Lazio, ceci explique peut-être cela.

Voilà, j'espère vous avoir un peu éclairé ! Dites moi ce que vous en pensez !

A plus tard !

mardi 13 novembre 2012

Enfin des buts en Ligue 1 !

Salut à tous !

Depuis quelques semaines la Ligue 1 flambe, personne n'en parle parce que ça ne colle pas vraiment avec l'idée si répandue qu'on s'ennuie en regardant le championnat français, mais c'est une réalité : pour l'instant - il reste encore 26 journées et un match à jouer, quand même - beaucoup beaucoup de buts sont inscrits en Ligue 1. Bonne nouvelle ou pas, c'est une réalité.

Avalanche de buts

Après presque 12 journées, 119 matches, la moyenne de buts est de quasiment 2,7. Une moyenne qui, s'il se répercute jusqu'en fin de saison, n'aura plus été atteinte depuis 1983 (2,87), soit trente ans, tout simplement. Les records, sur les trois dernières décennies, sont de 2,58 en 1985, 2,57 en 1999 et 2,52... l'année dernière. On note d'ailleurs une légère amélioration sur les six dernières saisons, après l'effroyable 2,13 de 2006, et notamment sur les trois dernières (2,41, puis 2,34 et 2,52, donc).

Bonne nouvelle ou pas ? C'est un autre débat. On peut certes se réjouir de l'augmentation des buts en Ligue 1, et donc du spectacle, point noir depuis des lustres du championnat de France, seulement concurrencé par le Portugal dans ce domaine en Europe. Valenciennes et son attaque de feu (26 buts, 7e attaque des cinq grands championnats derrière Barcelone (36), le Bayern (32), la Juve et Manchester United (29), la Roma (28) et le Real (27)) font
beaucoup pour l'attraction du championnat. Mais si on jette un œil ailleurs, on constate que certes, la Bundesliga allie spectacle (2,91) avec efficacité en Coupes d'Europe, du moins cette saison, mais que les meilleurs championnats européens en terme de moyenne de buts sont ceux du Pays de Galles (3,74), du Luxembourg (3,5), de Malte, d'Irlande et d'Islande (3,2). Les premiers championnats de "bon" niveau dans ce classement sont ceux des Pays-Bas (3,19) et de Belgique (3,13)... Dans le même temps, la Premier League (2,82) et surtout la Liga, qui pour une fois devance la Bundesliga (2,94), brillent, alors que la Serie A est battue par la Ligue 1 (2,67). A la vue de ces chiffres, on constate en fait une augmentation générale des buts en Europe. Reste que beaucoup de buts ne signifient pas forcément une amélioration des attaquants dans un championnat ; ça peut aussi dire une baisse de niveau des défenseurs et des gardiens. Il y a déjà eu 13 buts csc en Ligue 1, soit plus d'un par journée, contre 24 l'année dernière, soit 0,63 par journée...

Une journée pas comme les autres

Sur les cinq dernières journées, notons qu'on tourne carrément à plus de 3 buts par match (148 en 49 matches), avec deux journées à 33 buts, dont celle de ce week-end, riche, on y revient, de deux csc, et une seule à moins de 27 buts (22 lors de la 9e). Analysons un peu cette journée, qui devrait être représentative au vu de son efficacité, mais qui comporte quand même quelques singularités.

- Sur les 31 buts effectivement inscrits, on note plus de buts du gauche (13) que du droit (12), contre 6 de la tête. Logique, quand 15 d'entre eux (48,4 %) ont été marqués par des milieux, contre 39,6 en temps normal, et que les milieux marquent traditionnellement beaucoup plus du gauche que leurs collègues des autres lignes.

- 14 buts étrangers ont été marqués, un chiffre logique, légèrement en-dessous de la moitié. Mais sur ces 14 buts, 9 d'entre eux l'ont été de joueurs africains. Et je ne compte pas encore dans le lot Henri Saivet, qui semble de plus en plus enclin à choisir la nationalité sénégalaise... aux Sud-Américains (3) et aux Européens (2), la portion congrue. Le Brésil continue malgré tout sa course en tête, avec 19 buts.

- Sur ces 31 buts, 20 l'ont été marqués par des joueurs évoluant à l'extérieur (64,5 %), soit beaucoup plus que d'habitude (43,8). Logique, quand on note 5 succès à l'extérieur contre 2 à
domicile... La palme à l'Ajaccien Belghazouani et au Valenciennois Kadir, pour leurs doublés à Toulouse et Bastia. Gouffran (3 sur 4) et Cvitanich (idem), buteurs à Lorient et Marseille, brillent également plus hors de leurs bases que chez eux.

- Aucun buts de joueurs de moins de 21 ans, et un seul d'un de plus de 31 (Abriel, à Marseille) : les buteurs étaient d'un âge égal, ou presque.

- Aucun but sur coup-franc direct, et un seul sur penalty, par Modeste (Bastia), son deuxième de la saison, comme Belhanda. En même temps, Valbuena et Alo'o Efoulou auraient pu tripler ce score, avec un peu plus de réussite dans leurs tentatives...

- Un seul but venu d'un remplaçant, pour Palmieri (Bastia), soit 3,2 %, contre 12 en temps normal. Il faut dire que seulement 6 buts ont été marqués dans le dernier quart d'heure (19,3 %) contre 23,4 en temps normal. Ce qui n'a pas empêché Valenciennes de renverser le score à Bastia durant les 15 dernières minutes (2-1 à 2-3).

- Enfin, Privat (Sochaux, 1m86) a marqué son premier but du pied (sur 4) ce week-end. Dans le même temps, Erding (Rennes, 1m80) a marqué son 4e but sur 6 de la tête, record de Ligue 1 pour l'instant...

Voilà, je vous laisse digérer tous ces chiffres ! A plus tard !

dimanche 20 mai 2012

C1, le bilan

Bonjour à tous,

Après cette finale et cette victoire de Chelsea que je qualifierais sobrement de miraculeuse, et moins sobrement consternante sur le plan de la morale sportive, avec tout le respect que je dois à notre maître à tous, Christian Jeanpierre, fondateur et seul et unique membre du fan club de Didier Drogba, il est temps de tirer un bilan de cette 21e édition de la Ligue des Champions.

Chelsea, lauréat par défaut

D'abord, si on fait le compte et qu'on applique la victoire à deux points, bien plus pratique pour faire des statistiques, le nouveau champion d'Europe et sixième du championnat d'Angleterre (!) ne présente que le 4e bilan de la compétition avec 18 points, derrière le Real (21), le Barça (19) et le Bayern, qui compte le même nombre de points mais avec une différence de buts supérieure (+15 contre +13). En même temps, avec de telles conceptions tactiques, difficile d'avoir un bon goal average. Pourtant, grâce à l'efficacité que l'on a pu constater contre Barcelone, en demi-finales (1-0, 2-2), et hier soir, qui lui permet de marquer des buts à chaque occasion, voire même sans occasion comme hier, Chelsea a réussit à inscrire 25 buts cette saison en C1. Là encore, c'est le 4e bilan de la compétition, derrière les deux ogres espagnols (35) et le Bayern (26). Étrangement, malgré ses deux arrières gauches et son unique attaquant, parmi les quatre demi-finalistes, Chelsea est l'équipe qui a pris le plus de buts (12), contre 9 pour le Real, 10 pour le Barça et 11 pour le Bayern.

Si on a marqué 10 buts de moins que l'an passé, la moyenne de buts reste très élevée (2,76, contre 2,84 la saison dernière). Un score qui améliore encore la moyenne de buts depuis 1991, date de l'instauration des poules en C1, qui est de 2,63. Durant les deux dernières saisons, les premières de la nouvelle décennie, on en est pile à 700 buts en pile 250 matches, soit pile 2,8 buts par matches. Parmi les six grands championnats européens, seules la Bundesliga (2,86) et la Premier League (2,81) font mieux, la Liga n'étant pas très loin (2,76), contrairement à la Serie A (2,56). Rappelons qu'en Ligue 1 on se traîne à 2,49, qui est en plus un de nos meilleurs scores depuis 30 ans...

Chez les buteurs, c'est évidemment Lionel Messi qui remporte la palme (14 buts), le record de la compétition. A bientôt 25 ans, l'Argentin en est déjà à 51 buts dans la compétition... seul Raul (71) et van Nistelrooy (56) font mieux. Il devance Mario Gomez (Bayern), 13 fois buteur, et Ronaldo (10). Le premier Français se nomme Karim Benzema (Real, 7 buts), qui signe sa meilleure saison dans la compétition, et qui en est à 26 buts en C1. Depuis 1991, seuls Henry (50) et Trezeguet (29) ont fait mieux. Il pourrait donc s'emparer de la deuxième place dès l'année prochaine...

Barcelone s'échappe, la France stagne

Sur le bilan général, le Barça, longtemps à la lutte avec Manchester United dans le classement depuis 1991, a profité de la chute du club d'Alex Ferguson pour prendre le large : le club catalan est en tête avec 250 points pris en 178 matches, 102 succès et 30 défaites seulement, le meilleur total des six premiers. Arsenal, le sixième justement, a encaissé huit défaites de plus en ayant disputé 41 matches de moins. Surtout, le FC Barcelone a inscrit 352 buts (1,98 par matches), le meilleur total, juste devant le Real (348), qui est troisième avec 233 points, 11 de moins que United. Le Bayern, extrêmement régulier et qui aurait mérité mieux cette saison que d'être humilié de la sorte sur sa pelouse, est quatrième avec 204 points, devant Milan (182), Arsenal (162) et Chelsea (148), qui est passé devant la Juventus (146). Il faut dire que cette dernière a raté les deux dernières éditions, ainsi que deux autres lorsqu'elle fut rétrogradée, à la fin de la dernière décennie. Elle aura l'occasion de recoller au peloton l'année prochaine, même si tous les clubs devant elle seront également engagés dans la compétition...

Ce qui ne sera pas le cas de Lyon, meilleur club français depuis 1991, et de loin : 10e avec 125 points, il devance des clients comme l'Inter (124), Liverpool (101), l'Ajax (93) et le double champion d'Allemagne, Dortmund (68), qui n'a plus d'excuse pour ne pas faire mieux l'année prochaine que le Bayern, qu'il domine allègrement depuis deux saisons maintenant. Il faut descendre à la 26e place pour trouver le deuxième club français, Marseille (55 points), coincé entre Rosenborg et le Spartak Moscou, qui lui-même devance... Monaco (48 points). Le PSG, qui retrouvera la Ligue des champions après huit ans d'absence, est 35e, à égalité avec Bordeaux (38 points), à deux points d'Anderlecht. Si Montpellier débutera en C1 l'année prochaine, ce ne sera pas le cas de Lille, qui devra se dépêtrer des tours préliminaires pour retrouver les poules, ou le LOSC a récolté 22 points (50e), soit autant que Nantes. Avec également Auxerre (60e, 15 points) et Lens (64e, 12 points) dans ses rangs, la Ligue 2 aura vraiment fière allure l'an prochain...

Par pays, la France est l'éternelle cinquième, et contrairement au classement UEFA, elle n'est pas encore menacée par le Portugal ou les Pays-Bas, qui jusque là avaient moins de qualifiés qu'elle. Au bilan depuis 1991, la France a récolté 375 points, et est très loin de l'Espagne (742), l'Angleterre (708), l'Italie (623), et un peu moins loin de l'Allemagne (458), mais quand même. Sur cette saison aussi, la France est cinquième, avec 22 points pris en 24 matches. C'est la deuxième fois consécutive qu'elle ramène un bilan négatif (8 succès, 10 défaites) et la quatrième fois en cinq ans, signe d'une véritable chute des performances françaises, vu que la France a toujours un bilan positif depuis 1991 (146 succès, 130 défaites). Une avance obtenue grâce à des années 90 beaucoup plus positives que la quinzaine d'années qui a suivi. Mais à ce rythme, le bilan français sera devenu négatif à la fin de la décennie. En attendant, si avec ses 1,04 points par match elle est derrière l'Espagne et l'Angleterre (1,25), l'Italie (1,16) et l'Allemagne (1,08), elle devance encore le Portugal (0,98), les Pays-Bas (0,93) ou la Russie (0,79).

Sur la saison, l'Espagne remporte la palme (46 points, devant l'Angleterre, 42), après cinq saisons consécutives dominées par cette dernière. L'Italie suit avec 29 points, devant l'Allemagne (28), autant boostée par la saison du Bayern (18 points) que lestée par celle de Leverkusen (7) et surtout Dortmund (3), battu deux fois par Marseille, qui sera battu deux fois par le Bayern, qui sera battu trois fois par... Dortmund. Allez comprendre.

Voilà, sinon que dire... sur les deux dernières saisons, le bilan est très nettement dominé par les deux géants espagnols, qui ne se quittent pas (40 points, +1 but pour le Real). Chelsea, le troisième, est loin avec 31 points, devant le Bayern (30) et Manchester United, qui paie son élimination au premier tour (28). Marseille est 7e (18 points), et Lyon 12e (16), mais les deux clubs ne seront pas là l'année prochaine. L'instabilité en tête de la Ligue 1 n'en finira jamais de désavantager ses meilleurs clubs (qui en sont les premiers responsables) dans leur lutte avec les meilleurs.

A plus tard, pour la fin de la Ligue 1 notamment !

jeudi 19 avril 2012

Paris, Montpellier... et Lille

Salut à tous !

Même si la période tendrait plutôt à parler de la demi-finale très petitement gagnée hier par Chelsea contre Barcelone (1-0), il me faut tout de même vous fournir mon traditionnel post récapitulatif de la dernière journée de Ligue 1, terminée hier grâce aux bons offices de la Ligue, qui a découpé bien comme il faut cette 32e journée. Et cinq jours après son début, la voilà terminée.

Les buts en augmentation

D'abord un constat : pour la première fois lors de ces matches retours, on a atteint les 30 buts sur une journée. Alleluia ! Jusque là, on n'avait jamais dépassé les 26 buts, atteints trois fois. Rappelons que 26 buts, c'était exactement la moyenne des matches allers, durant lesquels on avait atteint ou dépassé cinq fois les 30 buts ! A moins d'une fin de saison canon, ça va être compliqué de faire aussi bien. Et en même temps, sur les trois dernières journées on tourne à 27 buts par matches, donc qui sait... en tous cas on est remonté à 2,49, après avoir frôlé les 2,46. Allez, encore un effort les gars !

Pour atteindre ce score "faramineux", on peut compter sur... les csc, qui ont été deux (Poulard, en faveur de Lille, et Bédimo, en faveur de Lorient), les buts européens, qui ont pour une fois été plus nombreux que les Sud-Américains (4 contre 1, dont deux Belges, le meilleur pays européen cette saison avec 16 buts), les moins de 21 ans, qui ont marqué 4 fois (dont les deux jeunes Belges de Lille, Hazard et Bruno), les tireurs de penalty (5, notamment le 7e personnel de Hazard, qui rejoint Nene en tête de la catégorie, et les troisièmes de Sagbo et Rémy), et les remplaçants, qui ont marqué 6 fois, notamment le 9e but d'un remplaçant d'Auxerre, qui mène la danse avec ce score, tandis que Lorient a marqué son 7e but dans la catégorie (Campbell) et Lille son 6e (Bruno). A noter que l'Auxerrois Le Tallec a marqué tous ses buts en sortant du banc (3).

Sur les matches retours, Hazard est toujours leader avec 8 buts, devant Giroud et Nene (7). Le Montpelliérain qui a donc atteint la barre symbolique des 20 buts, avec ce 8e but personnel dans le dernier quart d'heure, avec une bonne chance de viser les 24 ou 25 buts, la moyenne habituelle des meilleurs buteurs de Ligue 1. Mais il ne reste que six journées... Hazard (15) et Nene (14) sont toujours loin, mais ça a du mal à suivre derrière (Lisandro et Gomis, 12). A noter également que Bakaye Traoré, au matin du 24 mars dernier, était absent du classement des buteurs. En moins d'un mois, et quatre matches, il a marqué 5 fois, soit autant que sur toute la saison dernière. On peut se demander pourquoi il n'a pas prolongé à Nancy... mais on peut aussi le deviner aisément. En tous cas, les Lorrains vont pouvoir regretter de perdre ce talent gratuitement...

Un trio plutôt qu'un duo ?

Dans le détail de cette journée, à signaler le premier match nul de Caen à Marseille (1-1), après 9 défaites et 3 succès, que l'OM n'a plus gagné en Ligue 1 depuis la 21e journée, fin janvier à Rennes (1-2), que Nice, battu à Rennes (3-1), n'a plus gagné en Ille-et-Villaine depuis 1990, soit 14 matches, qu'Ajaccio a signé son 6e match sans succès en Ligue 1, que Montpellier n'a gagné qu'une fois en 9 visites à Lorient (5 défaites), et jamais en 5 matches de Ligue 1 (2 défaites), que Nancy est invaincu depuis 7 matches, que Bordeaux n'a plus gagné depuis 5 rencontres, et que Valenciennes, écrasé par Evian (0-3), n'avait plus connu une aussi large défaite depuis la visite de Lille, le 4 novembre 2006 (0-3). C'est donc sa première dans son nouveau stade.

Dans le duel entre Montpellier et le PSG, la différence se fait au nombre de matches nuls (6 et 10), et donc à la victoire à deux points, puisqu'avec cette dernière, dont je suis un fervent partisan, je le rappelle, les deux équipes seraient à égalité de points. Dans le même temps, les Héraultais ont encaissé leur 6e défaite de la saison, la 5e à l'extérieur, contre 4 pour le club parisien, qui a désormais un point d'avance sur Lille au classement des équipes à l'extérieur (28 à 27). Le LOSC qui a récupéré le statut de meilleure attaque (60) devant Montpellier (59) et Paris (57). Le quatrième se nomme Lyon, à 8 longueurs (49), devant... Evian-T-G (46). Pour les défenses, Toulouse est toujours en tête (28) devant Montpellier (31), Brest (32) et le PSG (34). Le trio de tête qui mène également la danse sur les matches retours, dans le même ordre (Montpellier, 29, PSG, 24, Lille, 23). La surprise vient de la présence de Nancy à la 5e place (22, comme Toulouse), tandis que Lyon (10e) et surtout Marseille (19e avec 10 points !) sont largués. Sur les cinq dernières journées, Marseille est dernier avec 2 points, derrière Brest (3), dans un classement dominé par Nancy (13), Lille (12) et Lyon (10). Avec 6 points et un seul succès, Paris n'est que 12e sur cette période.

Dans le dernier quart d'heure, le PSG a lâché deux points à Auxerre (1-1), et a donc laissé sa première place à son adversaire Montpelliérain (6 points récupérés), qui a marqué et encaissé un but contre Lorient en fin de match. Le club parisien est 4e avec 4 points, comme Toulouse et Saint-Étienne, avec toujours la meilleure attaque dans les 15 dernières minutes (19) mais avec la 8e défense (10 buts), soit autant que Lille et Sochaux, et plus que Brest, Marseille, Nice ou Valenciennes.

A la moyenne de buts par minutes, à noter l'excellente entrée du Lillois Gianni Bruno, qui a marqué son premier but en Ligue 1, et ce en 83 minutes de jeu. Pas facile de se faire de la place quand vous avez Sow, puis Roux, De Melo et Jelen dans les pattes... mais on devrait revoir le jeune Belge plus souvent dans les prochains mois. A noter également que Kevin Bérigaud, pour une fois titulaire, a marqué son 5e but de la saison en 684 minutes, soit un toutes les 137 minutes, mieux que Lisandro (147), Maïga (172), Gomis (175), Hazard (178) ou Rémy (179)... Rappelons que l'attaquant d'Evian, avant cette saison, n'avait jamais joué en Ligue 1, et ne compte qu'une seule saison de Ligue 2 dans les jambes (6 buts, 1 toutes les 409 minutes !)...

Le Rhin, sacrée frontière

Enfin, je continue de comparer les footballs allemands et français, et je constate une chose : il y a quasiment autant de 0-0 dans les deux championnats (6,88 % en France, 6,45 % en Allemagne). La différence ne se fait donc pas là, mais au niveau des 1-0 : ils sont en tête en France (17,81 %), devant les 1-1 (17,19) et les 2-1 (15,31). En Allemagne, ils sont devancés, certes de peu (15,05 %), par les 2-1 (15,77 %). Il y a également eu quatre 4-1 en Ligue 1, contre... 16 en Bundesliga, où on a joué 41 matches de moins. C'est ça, et aussi le nombre de matches à 4 buts ou plus (22,8 % en France, 33,33 % en Allemagne !) qui fait la différence entre un championnat fermé et ennuyeux (2,49), et un championnat ouvert et attractif (2,86).

Bref, je vous laisse avec mon équipe type décisive !



A plus tard !

jeudi 15 mars 2012

Le cas Gomez

Salut à tous,

Avant de commencer, réjouissons-nous de la qualification honnêtement miraculeuse des Marseillais à San Siro. Face à un Inter Milan qui n'est plus que l'ombre de l'équipe qui avait mis au pas l'Europe, et notamment le grand Barça il y a deux ans, Marseille a vu se confirmer la réussite qu'il avait eu au match aller, au Vélodrôme. Mandanda a sorti deux arrêts de mammouths avant la pause, avant que l'étrange alignement de la charnière milanaise offre à Brandao - et au gardien marseillais - son heure de gloire européenne, quelques années après son échec face à la barre du même but, contre le Milan AC à l'époque. Lucio rate son intervention aérienne, son compère Samuel stationne bizarrement trois mètres derrière, le temps qu'il revienne sur Brandao, ce dernier réalise le contrôle de sa vie, après que le ballon, dégagé par Mandanda, lui ai rebondit sur la clavicule avant de lui tomber dans les pieds, et marque un joli but dans sa conclusion. Une belle performance sur le papier, mais rien qui ne montre que Marseille n'est pas, avec Nicosie, l'équipe que les six autres qualifiés rêvent secrètement de tomber dessus lors du prochain tirage au sort.

Si l'OM tombe sur le Bayern Munich, il pourra certes se féliciter d'avoir évité des murs comme le Real et le Barça, sachant que Chelsea, Arsenal ou Benfica sont également prenables cette année. Mais il lui faudra gérer un problème aussi redoutable que sous-estimé de ce côté-ci du Rhin : Mario Gomez. La charnière marseillaise, qui a été surnotée dans l'Equipe alors que ses vis-à-vis, Milito et Pazzini, se sont montrés décisifs, devra se montrer encore plus solide face à un attaquant de ce calibre.

L'avant-centre du Bayern fait partie de la catégorie des attaquants facilement raillés en France : grands, costauds, patauds, lents, et qui a l'étrange idée de n'être préoccupé que par sa tâche, marquer des buts. Pour cela, il reste dans la surface, décrochant très peu, jouant parfaitement en pivot et cadrant quasi systématiquement. Problème, s'il ne marque pas, il donne l'impression de ne servir à rien, et se prend donc des mauvaises notes assez facilement. Comme avec la Mannschaft contre la France, par exemple (1-2). Heureusement pour lui, il marque beaucoup.

Je l'ai déjà dit ici, en France on préfère des attaquants plus romantiques, façon Rocheteau, qu'on voit beaucoup, qui dribble, court partout, et qui signe de bonnes saisons quand il dépasse les vingt buts. Soit le total sous lequel Mario Gomez rate ses saisons. Rocheteau, le genre d'attaquant idéal pour les équipes qui ne gagnent rien. Je n'ai rien contre l'Ange Vert, qui était un des meilleurs attaquants de la planète sans doute, mais lors de la seule compétition que l’Équipe de France version Platini a gagné, l'Euro 84, il n'était pas là. Mais ça n'aurait rien changé, vu que Platoche faisait tout cet été là. J'avais aussi cité Benzema, préféré à Higuain alors que ce dernier, compte tenu de son temps de jeu, marque beaucoup plus que l'avant-centre des Bleus, par ailleurs peu efficace avec ces derniers (5 buts depuis deux ans en sélection). Mais en France, on préfère les belles histoires, les joueurs avec des failles, inconstants, humains. Faut savoir ce qu'on veut, dans la vie.

L’Allemagne, de son côté, avant de voir son palmarès commencer à prendre la poussière à partir de 1996, a empilé les trophées dans son armoire grâce à des buteurs comme Hahn, Seeler, Müller, Völler, Hrubesch, Rummenigge, Klinsmann... des buteurs froids, efficaces, cliniques et, hormis pour ce dernier, pas très jolis à voir jouer. D'ailleurs, si l'Allemagne ne gagne plus de compétitions depuis presque 16 ans, c'est peut-être parce que ses buteurs font un peu moins partie des meilleurs de la planète.

Je ne dis pas que Gomez est celui qui remettra le palmarès allemand à jour, vu qu'il a par exemple raté sa Coupe du Monde 2010. Mais il renouvelle la tradition teutonne des buteurs ultra efficaces, auteur de buts qui donnent l'impression d'être faciles. Sauf que si les attaquants français possédaient la moitié de son sens du placement et de son flair, ils marqueraient beaucoup plus qu'ils ne le font depuis cinq ans.

Mario Gomez va avoir 27 ans cet été, aux alentours de la finale de l'Euro, et il possède déjà des stats dont rêveront peut-être durant toute sa carrière des joueurs comme Gignac, Hoarau voire Benzema, qui compte 59 buts de retard avec trois ans de moins. Surtout si les courbes de leurs efficacités respectives se confirment...

Bref, donc à bientôt 27 ans, Gomez a déjà marqué 195 buts en professionnel, 122 en Bundesliga, dont quatre saisons à 19 buts ou plus, 19 buts en 34 matches de C1, 19 en 26 de Coupe d'Allemagne et déjà 21 buts en 51 sélection (29 titularisations). En Équipe d'Allemagne, il tourne à un but toutes les 127 minutes, contre 183 pour Benzema, soit plus d'une mi-temps supplémentaire pour marquer un but pour le Madrilène.

Cette saison, Gomez en est à 11 buts en C1, soit un de moins que Messi... il en est à un but toutes les 64 minutes (60 pour l'Argentin !). Alors c'est sûr, des buts après une série de dribbles, et conclus sur un petit piqué du gauche, il n'en met pas beaucoup. En fait, il n'en met pas du tout. Par contre, au niveau présence devant le but, efficacité, placement, patience, il se pose là. Notamment mardi soir, il fut parfait sur les trois centres de Ribéry, un au centre du but, un au premier poteau, un en retrait... toujours le bon geste, le cadre est au rendez-vous et le gardien impuissant. Un quadruplé qui fait de l'Allemand d'origine espagnole le troisième joueur de l'Histoire, avec Messi et Inzaghi, à avoir réussi à marquer au moins trois buts lors de trois matches différents de Ligue des Champions. Là aussi, on touche à l'exception.

Alors oui, dans une attaque bien huilée, avec des passeurs d'exception comme le sont Robben, Ribéry, Müller voire Kroos, ça semble facile de marquer 30 buts dans une saison (il en déjà à 34 rien qu'en club cette année...). Mais c'est comme gagner une course de F1 avec la meilleure voiture, encore faut-il savoir la conduire. Gomez reçoit beaucoup de ballons, oui, mais il en gâche peu. Et savoir qu'on a en attaque un avant-centre capable de transformer le moindre ballon qui traîne dans la surface en but, ça donne pas mal confiance à une équipe. En tout cas plus qu'un attaquant qui dézone, qui court partout... sauf devant le but, là où il reste, selon moi, le plus utile. On ne demande pas à un défenseur d'attaquer si ? En tous cas pas systématiquement ! Alors pourquoi demander aux attaquants de passer leur temps à défendre, à déborder, à faire le nombre au milieu ? Sans doute parce qu'ils passent de plus en plus pour des éléments optionnels dans une équipe, les premiers à sortir en cours de match, notamment pour tenir un score. Et quand il faut le forcer, rares sont les techniciens à les empiler, en général ils se succèdent sur la pelouse.

En six décennies, on est passé de cinq à quatre attaquants, puis trois, deux, un seul, et aujourd'hui on voit apparaître les premiers systèmes sans attaquants, comme celui d'Ancelotti avec le PSG, contre Toulouse en janvier (3-1). Par contre, des systèmes à un seul défenseur, on n'est pas près d'en voir.

Bref, c'est bon de savoir que les buteurs, les vrais, ne sont pas morts, notamment dans le pays qui a produit les meilleurs de l'Histoire, Brésil excepté. Même si, on est d'accord, pas grand monde ne paierait un billet juste pour voir jouer Mario Gomez.

A plus tard !

lundi 23 janvier 2012

La Bundesliga, saine et offensive

Salut à tous,

De part mon travail, j'ai l'occasion de suivre d'un peu plus près que les autres - hormis la Ligue 1, évidemment - la Bundesliga. Un championnat d'Allemagne que j'ai vite adopté, malgré ma méconnaissance totale de la langue de Goethe. Même si, à force, j'ai appris à connaître les termes propres au football : Eigentor (contre son camp), Tor (but), Rechtsschuss (droit), Elfmeter (penalty)... Une compétition qui, surtout, est très peu suivie en France, peut-être parce qu'elle ressemble, par certains aspects, un peu trop à la Ligue 1. Voyons un peu pourquoi, en détail, et pourquoi j'apprécie ce championnat.

- D'abord, les points communs avec le championnat français : les Allemands ne réussissent pas beaucoup plus que nous en Coupe d'Europe, et ils ne nous devancent pas de beaucoup au classement UEFA, même si notre cinquième place est désormais directement menacée par les Pays-Bas, le Portugal et la Russie. Le Bayern Munich est l'arbre qui cache la forêt, et la demi-finale de Ligue des Champions de Schalke 04 l'an passé est plus à ranger à côté de la finale de Monaco en 2004, par exemple, qu'autre chose. Les autres, comme Dortmund cette année dans la compétition phare, ou Wolfsburg, auparavant, peinent franchement au niveau européen. Ensuite, le manque de têtes d'affiches. Même le Bayern ne semble plus vraiment en mesure d'attirer les tous meilleurs joueurs du monde, hormis quelques Allemands, bien entendus, à l'image des internationaux Neuer, Lahm, Schweinsteiger, Müller ou Gomez. L'excellente santé de l'équipe nationale allemande permet au grand club bavarois de faire ce que Lyon, Paris ou Marseille, aussi riches ou presque en internationaux locaux ne peuvent pas, en raison du creux générationnel subit actuellement par l'Equipe de France : s'appuyer sur les meilleurs joueurs du pays pour exister sur le plan européen. En même temps, la quasi intégralité des internationaux allemands évoluent au pays, contrairement à la France, même si cette tendance s'équilibre depuis 2006.

- L'Allemagne, qui, contrairement à nous en 1998, a parfaitement profité du Mondial organisé sur son sol en 2006, peut s'appuyer sur des infrastructures ultra modernes, notamment des stades sublimes, souvent neufs et qui feraient pâlir d'envie absolument tous les clubs français, quasiment tous les Italiens et pas mal d'Espagnols ou d'Anglais. Des enceintes conviviales, mais en même temps impressionnantes par leurs architectures fermées et leurs capacités d'accueils. La Bundesliga est aussi un championnat sain financièrement. Les pays du Golfe n'ont pas encore réussi à y percer, tout comme n'importe quel investisseur étranger, les clubs vivent de leurs revenus et rares sont ceux qui possèdent des dettes. Même le richissime Bayern dépense tous les ans l'argent qu'il gagne grâce à un stade ultra rentable, un merchandising qui devraient inspirer beaucoup de clubs français, très en retard sur ce plan, et bien sûr des résultats sportifs satisfaisants. C'est aussi en cela que le football allemand ressemble au notre, qui est certes endetté, mais très fortement en deçà des autres championnats majeurs (Angleterre, Italie, Espagne) : lorsque le fair-play financier souhaité par Platoche fonctionnera à plein - si ça arrive -, et que les clubs européens très fortement endettés seront sanctionnés, voire exploseront, ils seront ceux qui en profiteront. On a hâte de voir ça...

- Sur le plan du jeu, tout de même, et bien je ne vous surprendrais pas si je vous dis qu'on se régale de ce côté ci de la Forêt Noire. La Bundesliga est le championnat majeur le plus prolifique, et de loin, si on ne compte pas les Pays-Bas, même s'il est en baisse par rapport à ses standards habituels, avec "seulement" 2,81 buts par matches cette saison. Mais l'an passé par exemple, on a marqué en Allemagne 894 buts, soit quatre de plus qu'en France... avec 74 matches de moins ! Pourquoi une telle moisson, qui se répète année après année ? D'abord, la qualité des attaquants en Allemagne, et notamment ceux du cru. Comme en Angleterre ou en Italie, on ne chipote pas sur les attaquants quant à savoir s'ils savent défendre, s'ils sont de bons remiseurs ou s'ils sont altruistes ou pas, comme en France. Un seul critère est reconnu : l'efficacité devant le but. Et c'est ça qui a permit à l'Allemagne de remporter tant de trophées avec ses Völler, Klinsmann, Hrubesch, Gerd Müller, etc, tandis que la France se pâmait devant des attaquants romantiques mais inefficaces comme Rocheteau, Six ou Dugarry, quand de véritables buteurs comme Trezeguet ou Lacombe étaient relégués sur le banc ou mal exploités. Ensuite, il est rare qu'un attaquant qui brille en Allemagne ne réussisse pas ailleurs. Il suffit de regarder, par exemple, la réussite d'Edin Dzeko, ex Wolfsburg, à Manchester City. 

Une question d'état d'esprit, aussi. Jadis en vogue en Allemagne, la défense à cinq a complètement disparu, même chez les clubs en difficulté, ce qui n'est pas le cas en France, où Arles-Avignon, et Nancy, et même Bordeaux cette année, ont tenté l'expérience, avec plus ou moins de bonheur. Surtout, le deuxième milieu défensif a tendance à disparaître, contrairement au meneur de jeu et au deuxième attaquants, quasi immuables. Le meilleur exemple est le Werder de Thomas Schaaf, qui, malgré des saisons moins réussies que d'autres, n'a jamais dérogé à son 4-4-2 en losange, ce qui lui permet d'aligner un meneur à l'ancienne et deux pointes, et à son public de très rarement s'ennuyer. Enfin, tout le monde attaque en Allemagne, et d'ici à ce qu'on voit là-bas un 0-0 célébré par des bonds de cabri par un entraîneur façon Pablo Correa...

- Et puis , y a la culture foot en Allemagne, mais là je pourrais dire la même chose de l'Espagne, de l'Italie et de l'Angleterre par rapport à la France. Les stades sont grands, et pourtant ils sont pleins, et ils sont très bruyants. Dans ces pays, il est difficile de passer pour un beauf ou un ringard si on affirme aimer le football, pas besoin de se cacher ou de changer de sujet : c'est populaire, mais c'est tendance quand même.

Bref, vive la Bundesliga ! Même si elle me fait me coucher très tard entre chaque dimanche...

A plus tard !