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vendredi 13 mai 2016

L'importance d'être constant

Salut à tous,

Ca y est, elle est tombée. Bizarrement, je n'ai pas le souvenir d'une telle attente à propos d'une liste pour un grand tournoi en France, mais ma mémoire me fait peut-être défaut. Sans doute est-ce du à l'absence de certitudes - du moins chez les observateurs, les journalistes et les 67 millions de sélectionneurs en France - dans beaucoup de secteurs, notamment en défense et en attaque. Même chez les gardiens, le nom du troisième larron différait souvent suivant qu'on était fan de Costil ou d'Areola. En fait, au vu de la liste, un des rares Français à ne pas vraiment douter sur sa liste se nommait... Didier Deschamps, qui a renouvelé son groupe déjà appelé en mars contre les Pays-Bas et la Russie, et qui lui avait donné satisfaction. Et tant pis si sa liste de réservistes fait parfois plus envie que sa vraie liste...

Chez les gardiens, la tendance est presque toujours à la stabilité. On voit rarement un sélectionneur changer ses billes au moment d'annoncer sa liste alors qu'il se tenait aux trois mêmes noms auparavant, tout simplement parce que le poste de gardien, s'il reste important, n'influence pas vraiment le jeu d'une équipe, même si les fans de Kevin Trapp pensent réellement qu'un gardien bon aux pieds y parvient, ce qui ne m'a jamais sauté aux yeux. Et surtout, il faudrait un réel cataclysme pour qu'un troisième gardien joue un match durant un tournoi... ça arrive quand même TRES rarement. Limite, on devrait arrêter d'en prendre trois pour prendre un joueur de champs supplémentaire... la preuve, en 2014
Deschamps avait pris Landreau, quasi déjà à la retraite avec Bastia, beaucoup plus pour ses aptitudes à fédérer un groupe et faire le tampon entre les deux premiers gardiens, qu'à réellement récompenser le troisième meilleur portier du pays. Alphonse Aréola, sans parler de Stéphane Ruffier, est sans doute meilleur que Benoit Costil. Mais Deschamps doit considérer que Costil est le meilleur compromis entre un bon gardien de Ligue 1 et un bon coéquipier, qui ne l'embêtera pas pour jouer.

Une défense qui boite
La défense de ce groupe, déjà poreuse en mars contre les Pays-Bas (2-3) et la Russie (4-2) me fait très peur. Entre un Varane en difficulté cette saison à Madrid, un Koscielny selon moi un peu surcoté et qui a toujours provoqué beaucoup de penalties, un Evra qui va fêter ses 35 ans dans 2 jours, et un Sagna (33 ans) titulaire à City mais un peu juste pour le haut niveau selon moi, les titulaires n'apportent aucune garanties. Mais alors derrière... déjà il manque Mamadou Sakho, indispensable leader de ce groupe et toujours solide en Bleu. Pour moi, son absence est terrible, à tous les niveaux. Malgré ses états de service en Équipe de France il n'a pas la carte dans les médias, je ne sais pas trop pourquoi, mais son absence pèse lourd, que ce soit sur le terrain ou dans le vestiaire. On se retrouve dans l'axe avec deux gauchers exclusifs, un Mangala en grande difficulté à City et un Mathieu qui revient à peine de blessure. Si Varane se blesse, il ne faudrait pas que Koscielny prenne un de ses sempiternels cartons rouges ou on se retrouvera avec deux axiaux gauches en défense... Quant à Jallet, à peine titulaire à Lyon et qui n'est pas de la première jeunesse non plus (32 ans), et Digne, dont la seule perf a été de rester titulaire à Rome, il n'y a pas de quoi sauter au plafond non plus. Pourquoi ne pas prendre Sidibé, extrêmement performant avec Lille et qui peut couvrir les deux ailes, et Umtiti, à la place d'un Mathieu convalescent ? Je ne suis pas fan du défenseur lyonnais mais au moins il ne revient pas de blessure, lui... quitte à le priver de vacances, autant le prendre dans le groupe. La logique de groupe de Deschamps, encore.

Au milieu, même chose, pas la moindre surprise. Et là encore, les réservistes semblent plus solides que certains titulaires, comme Rabiot vis à vis de Sissoko ou Cabaye. Sissoko, l'éternel couteau suisse de Deschamps et avant lui, de Blanc... mais qui sort d'une saison cataclysmique avec Newcastle, relégué en Championship... Un but et six passes au compteur. Piouf ! La logique de groupe a du bon, mais y a des limites quand même. Sérieusement, avec tous les ailiers qu'il a pris, Sissoko ne sert plus à rien pour couvrir le côté droit, puisque trois joueurs offensifs peuvent y jouer (Payet, Martial, Coman). Et dans l'axe, il y a une demi douzaine de joueurs meilleurs que lui. Ce garçon doit vraiment être un formidable camarade dans ce groupe pour pouvoir perpétuellement compter sur sa place en Équipe de France, quelque soit ses performances. Les autres joueurs, en revanche, étaient incontournables. Pogba, Diarra, Matuidi : il s'agit selon moi du seul endroit sur le terrain où Deschamps possède de solides certitudes. Surtout avec Kanté pour faire le nombre au cas où.

Une attaque sans buteurs
Et l'attaque... ça ne sert à rien de revenir sur l'absence de Benzema, dramatique selon moi. Un buteur d'une telle classe, doublé d'un passeur remarquable... ses (nombreux) détracteurs affirmeront que l'Equipe de France joue mieux sans lui, ça reste à prouver puisqu'il n'était pas là en mars, mais ils ne peuvent sérieusement pas affirmer que s'il n'y avait pas eu l'affaire avec Valbuena, personne n'aurait trouvé scandaleux que Deschamps le prenne dans sa liste... soyons sérieux. Donc il avait sa place, 100 fois à la place de Gignac et Giroud, en échec cette année à Arsenal. Mais, non content de ne pas pouvoir prendre Benzema, Deschamps se prive en plus du deuxième meilleur attaquant français du meilleur championnat du monde, la Liga : Kevin Gameiro. Pas d'automatisme avec les autres joueurs : pourquoi, Gignac en avait avant de revenir à l'automne dernier ? Pas de passé réel en Bleu ? Et Coman, il en avait ? Il compte 8 sélections et un but, elles datent mais elles existent. Sérieusement, est-ce que ses performances en Liga (16 buts) ou en Ligue Europa (9), dont il disputera la finale prochainement, ne valent pas largement plus celles de Gignac au Mexique (24 dont 13 en 2016), championnat que je connais un peu, qui n'est pas mauvais mais est très loin de valoir la Liga ? Si vous me dites oui, alors d'accord, difficile de discuter dans ces conditions.

Les autres membres de la ligne d'attaque sont difficilement discutables, notamment Griezmann ou Martial, qui représentent beaucoup plus l'avenir que Payet, dont l'épanouissement très tardif m'interroge. Ce garçon a toujours eu du mal à s'imposer dans la difficulté, à Lille, dans l'ombre de Hazard, et à Marseille, dans celle de Valbuena. A chaque fois il s'y est imposé quand le titulaire qui le génait est parti, pas avant. Il lui a fallu aller à West Ham, club très moyen où il n'est pas gêné par la concurrence, pour se révéler. Reste à voir ce que ça donnera à un niveau supérieur... et on en vient à Ben Arfa. Je suis partagé, pour les mêmes raisons que Payet, à la différence que lui possède vraiment un bagage technique très au dessus du lot, et qu'à 17 ans on lui promettait déjà presque le Ballon d'Or, dont il ne s'est finalement jamais approché. Il réalise une immense saison avec Nice, mais ça reste Nice, où sa seule concurrence se nomme... Mathieu Bodmer, où il n'a pas joué de Coupe d'Europe et où on lui a donné des responsabilités qu'il n'avait jamais connu ailleurs. Qu'aurait-il apporté à ce groupe en tant que 6e ou 7e attaquant ? 10 minutes par ci par là ? Si Benzema et Gameiro avaient été là, on n'aurait peut-être jamais évoqué son nom. Ce n'est pas son absence qui affaiblit ce groupe, même si j'aurais aussi été favorable à sa présence, à la place d'un Coman encore très jeune et qui n'a du son temps de jeu exceptionnel au Bayern qu'aux blessures de Ribéry et Robben. Coman ne jouera sans doute pas non plus beaucoup, et il avait le temps d'être rappelé. Ben Arfa, plus tellement...

La Ligue 1 au piquet
Enfin, analysons un peu cette liste. Elle compte le plus grand nombre de joueurs évoluant à l'étranger (18 sur 23, soit 78,3 %) depuis 2002 (idem), un record pour une liste française pour un grand tournoi. Inutile de dire qu'on est loin des 50 % de joueurs de Ligue 1 souhaités par Frédéric Thiriez il y a quelques années, même si on y était dans les années 2000 (52,2 d'étrangers en 2006, 56,5 en 2008, 52,2 en 2010, 47,8 en 2012). Pour le Mondial 2014 déjà, le taux d'"étrangers" augmentait sérieusement (65,2). La Premier league compte 10 joueurs, comme en 2014, son meilleur total. Historiquement, l'Angleterre est largement au dessus des autres pays avec 74 représentants, soit presque la moitié du total des clubs étrangers (48,5 %). La Serie A, deuxième, est très loin (37), et ne compte que 3 joueurs cette année, un chiffre malgré tout en progrès puisqu'elle n'en comptait qu'un en 2014 et en 2012, et aucun en 2010. La Liga, elle, reste stable avec ses trois joueurs, un dans chacun de ses géants, comme en 2014, 2010 et 2008, et 2 en 2012.

Pas moins de 19 clubs sont représentés dans cette liste, contre 16 en 2014 et 17 en 2012. On est loin de l'hégémonie marseillaise de 92 (8 phocéens et seulement 9 clubs représentés) ou des 9 clubs représentés en 2010... un éparpillement qui s'explique notamment par la présence de 5 clubs qui n'avaient jamais figuré dans une liste jusque là : trois Anglais (Crystal Palace, Leicester, West Ham) plus l'Atletico Madrid et évidemment les Tigres de Gignac, premier club non européen jamais représenté en Bleu dans leur histoire. Par ailleurs, sur ces 19 clubs, 4 seulement comptent deux joueurs : Marseille, Arsenal, la Juve et Manchester City. Dans l'histoire de ces listes, depuis 1954, Bordeaux reste en tête avec 34 joueurs, devant un trio composé de Lyon, Marseille et Monaco (30). L'ASM qui n'a désormais plus été représentée dans une liste pour un grand tournoi depuis... 2006 ! Suivent ensuite Arsenal, premier club étranger, à égalité avec le PSG, qui ne compte qu'un représentant cette année, contre trois l'an passé. Mais les départs de Digne, Coman ou Cabaye font baisser ses chiffres. A moins que Rabiot...

Cette liste pourrait en effet changer, comme en 2014 puisque trois réservistes avaient été rappelés suite à des blessures. En tous cas vivement le 10 juin !

A plus tard !

vendredi 20 novembre 2015

Le bilan des Bleus 2015

Salut à tous !

Je sais que la mode ces derniers jours, suite aux terribles évènements de Paris de vendredi dernier, c'est de dire que les résultats de foot sont pas très importants, et c'est vrai que c'est dérisoire. Mais le dérisoire nous est souvent indispensable. Parlons un peu de foot, histoire de parler d'autre chose.

Une saison courte et mitigée

Ce mardi s'est donc terminée, dans une étrange mais réjouissante ambiance de fraternité entre deux vieux ennemis historiques que sont la France et l'Angleterre, la saison 2015 des Bleus. Leur saison la plus "courte" en terme de matches joués (10) depuis 1997 (8). C'est vrai que c'est une habitude de jouer moins de matches durant les années impaires, dépourvues de tournois estivaux auxquels notre sélection est abonnée sans discontinuer depuis le ratage de France-Bulgarie en 1993. Mais ils en ont quand même moins fait qu'en 2013 (12), 2011 (13), etc.

Une saison ramassée, donc, mais également dépourvue de matches nuls, pour la première fois depuis 2003. Sauf qu'il y a 12 ans, la bande de Thierry Henry, 11 fois buteur à l'époque, et un an seulement après le désastre asiatique, avait gagné 13 fois pour une seule défaite...
cette année, le bilan est nettement moins bon, alors que la France a signé sa meilleure série de victoires sous la magistrature Deschamps (5). Avec 6 succès pour 4 défaites, les Bleus obtiennent une moyenne très... moyenne, puisque depuis 1904 ils en sont à 1,1675 points par matches... mais sur les 25 dernières années, où là la moyenne est de 1,44, il s'agit malgré tout de sa 5e plus mauvaise moyenne. Ça confirme surtout à quel point les matches amicaux ne réussissent pas à Didier Deschamps : sur les 28 matches amicaux qu'il a dirigé, il n'a rapporté que 1,25 points, contre 1,4 sur ses 15 matches de compétitions. Vivement que la compétition commence, donc...

Didier Deschamps qui, à la moyenne de points par matches (victoire à deux points, of course), dans la galerie des sélectionneurs depuis 1964, figure toujours en milieu de tableau, à la huitième place, juste derrière Michel Hidalgo (1,307 contre 1,302) et nettement devant Gérard Houiller (1,25). Il est évidemment loin du leader sans doute éternel, Jacques Santini (1,71...), mais aussi Aimé Jacquet (1,58), son prédécesseur Laurent Blanc (1,44), et même le prédécesseur de ce dernier, le si haïs Raymond Domenech (1,34). Blanc a pourtant du travailler dans les mêmes conditions, même si lui n'a pas eu à tenter de motiver ses joueurs pour des matches amicaux, et sans l'aide d'une génération Varane-Pogba-Griezmann si prometteuse. Et Domenech, on se le rappelle même si personne ne lui donne ce crédit, a du assumer une des tâches les plus difficiles possibles, c'est-à-dire gérer la fin de la génération Thuram-Zidane, rien que ça. Mais étrangement, Deschamps passe entre les gouttes médiatiques. Espérons que le retour des matches à enjeu révèlent réellement le niveau de son équipe.

Une défense qui inquiète, Giroud prend la relève

Questions buts marqués, la France a certes fait beaucoup moins bien que l'excellente saison passée (2,27), mais, avec 1,7 buts par match, reste dans les eaux hautes de la moyenne sur les dix saisons précédentes (1,53). Elle n'a d'ailleurs terminé que deux matches sans marquer, en Albanie et en Angleterre. Question buts encaissés, en revanche, c'est la douche froide : avec 1,2 buts par matches, elle fait presque deux fois moins bien que depuis 2005 (0,69) ! L'an passé, la France n'avait encaissé que 7 buts en 15 matches (0,47)... elle n'a signé que 4 "clean sheets", et encaissé trois buts contre le Brésil et quatre contre son voisin belge... la faute notamment à des ailes défensives pas encore sécurisées, et une charnière souvent changée à cause des blessures, puisque Raphaël Varane, qui a joué les dix matches, a été associé à Koscielny (5 fois), Sakho (3) et Mangala (2). Pour l'instant, aucun ne semble indispensable.

Question buteurs, Olivier Giroud (4 buts) réussit l'exploit de terminer meilleur buteur des Bleus... malgré son statut de remplaçant de Karim Benzema, qui lui n'a pas confirmé son excellente année 2014 (7 buts), en marquant 2 buts seulement... mais en 4 matches, contre 10 pour son concurrent londonien (5 titularisations). Au final, ce dernier l'emporte légèrement au temps (1 but toutes les 118 minutes pour Giroud, 136 pour Benzema). Matuidi et Valbuena ont également marqué deux fois, Varane, Cabaye, Payet, Lacazette, Griezmann, Fekir et Gignac, une fois. Chez les passeurs, Anthony Martial, s'il n'a pas encore réussi à marquer en Bleu, réussit une entrée spectaculaire en Équipe de France puisqu'il remporte haut la main le titre de meilleur passeur grâce à ses trois offrandes, la première pour Benzema contre l'Arménie (4-0), et les deux autres pour Giroud, face au Danemark (1-2) et l'Allemagne (2-0). Et ce en seulement six sélections, dont trois titularisations...

Au nombre de matches, trois joueurs ont disputé les 10 rencontres françaises en 2015, Giroud, Griezmann et Varane, mais seul ce dernier les a débutées ET disputées dans leur intégralité. Le Gunner, pour sa part, a été 5 fois remplaçant, et le Madrilène, deux fois. Derrière, Matuidi et Sagna sont à 9 matches, Schneiderlin et Valbuena à 8, Lloris et Sissoko à 7... Deschamps a fait débuter 5 joueurs en Bleu, Martial se taillant la part du lion (6), devant Fekir (5), Coman, Ntep et Zouma (2). L'an passé, avec 5 matches de plus, il en avait fait débuter autant, Griezmann (14) en tête. Notons quand même les incroyables retours de Lassana Diarra, cinq ans après son dernier match en Bleu, de Hatem Ben Arfa, qui lui a attendu un peu plus de trois ans, et enfin d'André-Pierre Gignac, qui lui avait quasiment signé la fin de sa carrière internationale en allant signer dans le méconnu et sous-coté championnat mexicain durant l'été... faire du neuf avec du vieux, c'est de l'expérience en plus, et ça ne peut pas faire de mal à cette équipe encore en devenir, et pour qui l'Euro risque d'arriver un peu trop tôt.

Lyon, et la Premier League

Par ailleurs, la nette domination des clubs étrangers représentés en Bleu se poursuit, ce qui ne doit pas plaire à Frédéric Thiriez, qui avait pour objectif il y a quelques années de placer 50 % de joueurs de Ligue 1 en Équipe de France. Ce qui était d'ailleurs le cas au début de la décennie d'ailleurs, en 2010 (51 %), 2011 (52) et 2012 (54). Mais dès la saison suivante, les chiffres de la Ligue 1 ont nettement chuté (33 %), une tendance qui s'est confirmée depuis deux ans (30 % en 2014 et 2015). Mauvais signe pour le championnat de France, certes, mais très bon pour notre sélection qui, rappelons le, a gagné une Coupe du Monde une année ou seulement 31,3 % de ses joueurs évoluaient en France, un chiffre qui n'a cessé de baisser jusqu'à frôler les 20 % en 2001 et 2002, avant de remonter aux alentours de 50 % à la fin de la dernière décennie... tandis que ses résultats baissaient furieusement. L'expérience que nos joueurs acquièrent à l'étranger, dans des championnats de bien meilleur niveau et où la pression est toute autre, est indispensable à la qualité de notre sélection, il faut s'y faire : la Ligue 1 est en deuxième division européenne. Par pays, la Premier League est largement en tête (65), devant l'Espagne (25). Depuis l'arrêt Bosman, en 1995, 30,5 % des joueurs sélectionnés évoluaient en Angleterre, contre 39 pour la Ligue 1...

Et pourtant, c'est bien un club français qui l'emporte, Lyon (18). Le dauphin du PSG, qui lui a vu sa fréquentation en Bleu nettement baisser (10 contre 33 en 2014, meilleur total), après les départs de Cabaye et Digne, Kurzawa disparaissant des listes, et se résumer à la seule présence de Blaise Matuidi, a ainsi vu quasiment tous ses titulaires français fréquenter Clairefontaine en 2015 : Valbuena (8, dont 4 pour Lyon), Fekir et Lacazette (5), Jallet (3) et même Gonalons (1). Suivent six clubs étrangers, l’inoxydable Arsenal (16), le Real (14), Manchester United (12), juste devant son voisin citizen (11), et enfin l'Atletico et la Juve, accompagnés par le PSG, donc (10). Marseille, pour sa part, est à 9. A noter les premiers sélectionnés pour le Crystal Palace de Cabaye (5), le retour du Nice de Ben Arfa en Bleu, 5 ans après la sélection de Loïc Rémy, et les débuts étranges dans ce classement du premier club non européen de l'Histoire de l’Équipe de France, les Mexicains des Tigres UANL, représentés par Gignac.

2015 a également vu la série des Bleus contre les Anglais (4 succès deux nuls), entamée en 1999 avec le fameux doublé d'Anelka à Wembley (0-2), se terminer dans le même lieu... ou presque. Plus grave, ils ont subit leur première défaite contre l'Albanie (1-0), après 4 succès et un nul. En revanche, ils on mis fin à la série de 5 matches sans succès contre l'Espagne (1-0), après un nul et quatre défaites. Par ailleurs, ils n'ont plus perdu contre le Portugal depuis 1975, soit dix succès consécutifs...

Vivement l'Euro à présent. Souhaitons qu'il se déroule dans des conditions parfaites, sportivement et surtout sécuritairement. Et si on pouvait le gagner, ça ferait une belle cerise sur le gâteau.

A plus tard !

vendredi 12 décembre 2014

Des poules fructueuses

Salut à tous,

Il est temps pour nous de faire un petit bilan de cette première phase de Ligue des Champions qui s'est achevée cette semaine.

Toujours les mêmes

D'abord, notons la bonne première phase des clubs français, qui réalisent un deux sur deux. La Ligue 1 n'avait plus eu deux représentants en huitièmes depuis 2011-12, à une époque pas si lointaine où c'était presque une formalité. Sauf que depuis, seul le PSG avait réussi à se qualifier, tandis que Montpellier et Lille, en 2012-13, puis Marseille, la saison passée, ne passaient pas le cut. En tous cas, grâce à cette bonne performance, le football français possède sur la décennie actuelle un meilleur taux de qualification (61,5 %) que sur toute son histoire en Ligue des Champions, depuis 1991 (58,8). Une paille, oui, mais une petite bonne nouvelle ne fait pas de mal de temps en temps. Mais nous restons quand même très loin depuis 2010 de l'Allemagne (88,2), l'Espagne (79), l'Italie (76,9) et l'Angleterre (75)... comme d'habitude, on est cinquième.

Les Allemands qui n'ont plus vu un de leur club éliminé en poules depuis trois ans... comme l'an passé ils signent un très impressionnant 4 sur 4, sachant qu'ils avaient également fait un 3 sur 3 en 2012-13, et que cette saison, hormis la France, aucun pays à plus d'un club n'a réalisé un sans faute. L'Espagne (Athletic Bilbao out) et l'Angleterre (Liverpool) ont fait 3 sur 4, et l'Italie (AS Rome) a fait un sur deux. Sans parler du Portugal, qui nous devance au classement UEFA depuis peu, et qui n'a qu'un qualifié sur trois (Porto, les deux clubs lisboètes restant à quai) et de la Russie, qui nous menace directement au même classement, et qui a fini avec deux éliminés sur deux (Zenith et CSKA Moscou). Deux autres bonnes nouvelles pour nos clubs... Chez les 11 pays représentés par un seul club, seuls l'Ukraine (Shakhtor) et la Suisse (FC Bâle) ont connu la réussite. C'est notamment le 4e échec sur 4 pour le Bélarus, le 6e sur 7 pour la Suède, le 22e sur 30 pour la Grèce, le 25e sur 34 pour les Pays-Bas, qui n'ont plus qualifié de clubs pour les huitièmes depuis 2006-07 (!), le 19e sur 25 pour la Turquie et le 19e sur... 20 pour la Belgique ! La nouvelle version de la C1 est décidément létale au possible pour les non représentants du fameux club des cinq "grands" championnats... Historiquement, seuls six pays tournent à plus de 50 % de réussite, les cinq cités plus haut plus la Pologne (1 sur 2, dans les années 90...)... Le Portugal tourne ainsi à 42,5 %, mais seulement 25 dans les années 2010...

Par club, Arsenal et le Real ont signé leur 12e qualification sur 12 depuis la mise en place de l'actuelle formule, en 2003, le Bayern et le Barça en sont eux à 11 sur 11, et le... Bayer Leverkusen à 4 sur 4 et Monaco à 3 sur 3. Chelsea en est désormais à 11 sur 12, tandis que le PSG, lui en est à 3 sur 4. Depuis l'instauration des poules en 1991, seul le Real (et une dizaine de clubs à une ou deux participations) a réalisé un 100 % (19 sur 19), le Bayern suivant avec 94,4 %, Chelsea à 92,3, Arsenal à 88,2 et le Barça à 85. Quand on parle d'une compétition d'habitués, on est dans le vrai.

Regardons par rapport à la saison passée. Onze clubs sur 16 (68,7 %) ont renouvelé leur ticket, dont les trois espagnols, les quatre allemands (!) et les trois Anglais, en plus du PSG ! On retrouve donc non seulement les mêmes pays en huitièmes, mais également les mêmes clubs... seul l'ambitieux club parisien parvient donc pour l'instant à se faire une petite place parmi ce qu'ont doit bien finir par appeler des sociétaires... sept clubs, soit près de la moitié, ont sont à leur troisième qualification d'affilée (Real, Bayern, Arsenal, Barcelone, PSG, Schalke et Dortmund) et quatre en sont à quatre (les quatre premiers nommés). Le taux de nouveauté en est donc réduit à sa portion congrue, et ce n'est pas fini.

Messi et Ronaldo seuls au monde

Pour l'instant la moyenne de buts est quasi la même que la saison passée (2,91 contre 2,9) mais elle baissera sûrement un peu avec les matches couperets, une tendance quasi immuable dans les grandes compétitions. Tout cela restant nettement au-dessus de la moyenne depuis 1991 (2,67), sachant qu'il faut remonter à 2009-10 pour trouver une moyenne annuelle inférieure (2,56). Les trois grands pays actuels (Allemagne, Espagne et Angleterre) tournent d'ailleurs à respectivement 1,91, 2,08 et 1,191 buts par matches cette saison, la France nettement moins (14 buts en 12 matches, merci Monaco)...

Chez les buteurs, on a assisté à l'inévitable dépassement de l'historique Raul, et ses 71 buts datant pour les derniers de 2010-11, par le duo Messi-Ronaldo, dont on savait qu'il porterait le futur record à des niveaux stratosphériques. L'Argentin (27 ans) a encore un peu de temps devant lui pour améliorer son score de 75 buts (pourquoi pas les 100 ?) tandis que son compère portugais, qui fêtera ses 30 ans dans moins de deux mois, en aura peut-être un peu moins. Mais les deux hommes, qui carburent à respectivement 9,1 et 8,6 buts sur les huit dernières saisons, ne sont à mon avis pas près de voir un jour leur score être menacé. Par Neymar peut-être ? Je ne vois pas d'autre jeune joueur actuel capable de dépasser les 80 buts en carrière dans la compétition. Mais il va devoir accélérer la cadence assez vite.

Cette saison, Messi a repris la main devant Ronaldo (8 buts contre 5), ce dernier ayant signé des chiffres hallucinants sur les deux dernières saisons (12 et surtout 17 buts l'an passé) quand l'Argentin gérait tant bien que mal son avance (deux fois huit buts). Tout cela faisant évidemment rêver les joueurs français, dont le meilleur représentant se nomme pour la quatrième année consécutive Benzema (5 buts), lui qui est le deuxième buteur tricolore de l'histoire de la compétition (41 buts) derrière Henry (50), qui est donc loin d'être à l'abri. Record pour un Français en C1 ? Trezeguet avec la Juve, en 2001-02 (8 buts). Encore un score que Benzema peut battre cette année, surtout avec ce Real Madrid... Toujours est-il que les joueurs français marquent encore très peu en C1 (5,5 % du total cette année, contre 7,7 depuis 1991). C'est un peu mieux que l'an passé (4,3) mais on ne passe plus les 6 % depuis trois ans, alors que ça n'était plus arrivé depuis 1999-00... sur les 14 buts marqués par les deux clubs français, un seul a été marqué par un français, Matuidi contre le Barça (3-2).

Mais les deux phénomènes du foot mondial sont pour l'instant devancés cette saison par Luiz Adriano, le buteur brésilien du Shakhtor qui a signé 8 de ses 9 buts lors de la double confrontation de son club contre le malheureux Bate Borisov... dont un historique quintuplé à l'aller (0-7), le deuxième seulement depuis 1991 après celui de Messi contre Leverkusen en mars 2012 (7-1). Une anomalie qui ne devrait pas perdurer... attention aux autres joueurs à cinq buts (Agüero, Cavani, Mandzukic, J.Martinez). Du beau monde. A noter les deux buts des anciens, Drogba et Ibrahimovic, qui en sont à 44 et 42 buts dans la compétition, tandis que Thomas Müller, déjà 24 buts (3 cette année) en C1 à 25 ans, est déjà bien placé.

Voilà, attendons maintenant de voir ce qui attends nos deux représentants en huitièmes... notons que Paris, qui signe un meilleur parcours (13 points) que Monaco (11) termine pourtant deuxième derrière un Barça qui a du s'employer sérieusement pour devancer les Parisiens, tandis que les Monégasques, qui n'étaient pas tête de série, profitent de l'absence d'un vrai gros dans son groupe et deux hold-up contre Leverkusen pour terminer premiers... les aléas des tirages au sort. Ca s'annonce vraiment très difficile désormais pour les double champions de France, qui vont forcément devoir sortir un exploit pour atteindre les quarts de finale pour la troisième fois consécutive...

A plus tard !

samedi 5 juillet 2014

Pas encore prêts, les Bleus

Salut à tous,

Au terme de l'aventure française dans cette excellente Coupe du Monde, revenons un peu sur le parcours de cette Équipe de France toujours en reconstruction, et qui a fait mieux que réussir son objectif, à savoir parvenir en quart de finale, puisqu'elle a également séduit par instant la planète football. Et ça, même en 98 ou en 2006, on n'y était pas parvenu, seulement en 84 et en 2000.

Trop forte, l'Allemagne

Ce match face à une Allemagne tellement plus sûre de ses forces, tellement plus expérimentée - les joueurs allemands comptaient en moyenne au coup d'envoi 47,2 matches de Ligue des Champions et 64,4 sélections, contre 29,8 matches de LdC et 33,4 sélections pour les Bleus - et plus forte techniquement, plus habituée aussi - elle n'a plus ratée une demi-finale d'un grand tournoi depuis l'Euro 2004... - était, au fond, joué d'avance. Certes, on pourra reprocher à notre équipe de ne pas avoir su bousculer cette équipe, de ne pas avoir pu ou su emballer ce match avec notre jeunesse. Mais face à une Allemagne qui a frappé presque deux fois moins au but que nous, que pouvions nous lui opposer ? Oui, notre meilleur atout offensif, en l'absence de Franck Ribéry, a échoué devant le but, mais Karim Benzema a tout de même eu l'occasion ultime d'égaliser, sans réussite. Combien de tirs la Mannschaft a-t-elle cadré ? Six fois, contre 9 pour nous. On a eu la même possession (50 %), autant de passes réussies (376 à 378), plus de centres (24 à 14), plus de corners (5 à 3)... plus de ballons perdus aussi (86 à 79). mais autant de déchet dans les passes (74 % à 73). Alors, où peut-on dire qu'on a échoué, dans quel domaine ? L'efficacité. L'Allemagne a-t-elle fait un grand match ? Loin de là. Où pouvait-on lire que les Allemands avaient changé, qu'ils étaient moins froids et calculateurs qu'avant, au point d'étirer un palmarès vierge depuis 1996 ? Partout. Ça s'est joué sur un coup de pied arrêté, un duel gagné, une tête bien placée, point. L'expérience.

On pourra sortir toutes les raisons que l'on veut, que Benzema a perdu sa baguette magique, qu'on n'a pas sur percuter - et là, Ribéry a clairement manqué, au moins sur ce match - que notre charnière centrale a fait son âge cette fois - 22,5 ans de moyenne - que nos latéraux n'ont pas réussi à apporter leur écot habituel, que Matuidi a fait son nombre de matches cette saison - 66 matches, 4864 minutes - etc. Mais la réalité, c'est qu'il s'agit d'une équipe qui se construit encore, et qui évolue dans cette configuration - plutôt satisfaisante, à mon avis - depuis à peine six mois, et le retour contre l'Ukraine (3-0). Il y a deux ans, après l'élimination face à l'Espagne lors de l'Euro 2012, je parlais déjà, ici, d'une équipe en chantier, et de joueurs sur lesquels le successeur de Laurent Blanc, à qui je collais un costard justifié, allait pouvoir s'appuyer pour préparer la Coupe du Monde : Lloris, Debuchy, Cabaye, M'Vila, Koscielny, Clichy, Ribéry, Benzema, mais aussi Matuidi et Ménez, Martin, Valbuena, Giroud, Yanga Mbiwa... à quelques exceptions près, je n'étais pas loin quand même.

Un gros potentiel

Même chose cette année, en vue de l'Euro 2016, sur notre sol. Normalement, hormis peut-être Evra et éventuellement Valbuena, qui ira sur ses 32 ans, sans parler de Ribéry, toute l'équipe présente au Maracana hier devrait être sur le pont dans deux ans. Même chose pour les remplaçants, Ruffier, Koscielny, Mangala, Digne, Cabella, éventuellement Schneiderlin et même, qui sait, mon ami Giroud. Sissoko aussi, vu que Deschamps semble fan... Sans parler des absents, Grenier, Lacazette, Kondogbia... bref, il y a du potentiel dans cette équipe, et quand elle aura accumulé une quinzaine de sélections supplémentaire et autant de matches de Ligue des Champions, la plus relevée des compétitions au monde, elle pourra peut-être espérer concurrencer des équipes comme l'Allemagne. Une équipe ne se décrète pas dans des éditos laudateurs dans l’Équipe, ni dans des sondages aux questions dirigées. Elle se construit avec le temps, avec patience, après des échecs souvent douloureux. On avait une belle équipe, comme la Colombie, mais pas une grande équipe. Le haut niveau, ça demande plus que ça.

Un parcours pas si limpide

Comment a-t-on pu réussir à faire croire aux Français que leur jeune équipe pouvait décrocher le Graal cette année ? Parce que si le bilan des Bleus au Brésil est plus qu'honorable, surtout que personne ne se balade dans cette compétition, qui ne semble promise à personne à l'avance, il n'a pas non plus été d'une perfection absolue. Premier match contre le Honduras ? Une première mi-temps que tout le monde a oublié mais qui fut aussi insipide que celle contre le Nigeria, par exemple. Un match qui se débloqua sur un penalty - assorti d'un rouge - concédé par Wilson Palacios, qui avait bien failli faire expulser Paul Pogba quelques minutes plus tôt, et qui sera sa victime sur la faute dans la surface. A 1-0 et à 11 contre 10, les Français allaient corser l'addition sur un csc du gardien hondurien suite à un raté face au but de Benzema, puis sur un ballon mal repoussé par la défense qui échouait sur le même Benzema, qui concluait superbement. Un bon résultat, mais peut-être trompeur par rapport au contenu...

Le deuxième match des Bleus face à la Suisse fut celui qui emballa véritablement la machine médiatique, et pour cause : cette fois il s'agissait en face d'un des cadors actuels du football européen, qui allait démontrer face à l'Argentine en huitièmes qu'elle n'était pas cette passoire qui avait pris l'eau à Salvador contre les Bleus (5-2). Ce score était une véritable performance des Bleus, et leur match le plus abouti de la compétition, et de loin. Après, on peut aussi analyser les causes de cet effondrement, après 20 premières minutes qui annonçaient le même genre de match qui avaient opposé les deux sélections ces dernières années : fermé, tactique, et en général vierge de buts. La sortie de Von Bergen, suite à un duel et à un coup de tatane de Giroud dans la figure, a sans doute désorganisé les Helvètes, qui ont finalement encaissé un très joli but de la tête du même Giroud, qui aurait pourtant pu être expulsé juste avant. La suite ? les Suisses sont obligés de se découvrir, et c'est là que notre jeu rapide et notre bon pressing allait faire merveille. Un gros match de notre part, malgré tout.

Le Nigeria n'a pas eu de chance

Le troisième je l'ai vu de mes yeux vu, à Rio de Janeiro, au Maracana. Un rêve absolu, et un 0-0 qui, vu des tribunes, ne fut pas si triste qu'on l'a dit en France. Les Bleus, où la moitié de l'équipe avait été changée, encore une fois face à un adversaire réduit à dix, se sont créés de grosses occasions, notamment en deuxième mi-temps, mais ont manqué de précision. Un peu comme face à l'Allemagne, en somme... ce 0-0 aurait pu être un 2-0, et la presse aurait pu continuer de faire croire à la nation qu'un titre était possible... ce qu'elle a fait d'ailleurs. Le Nigeria, malgré le bon résultat (2-0), fut peut-être le match le plus difficile du tournoi pour les Bleus. Ils ont clairement perdu la première mi-temps face à des Africains rapides, puissants surtout, mais inefficaces, voire malchanceux, et peut-être même désavantagés par l'arbitrage sur plusieurs situations. En deuxième mi-temps Enyeama signait sa seule erreur du Mondial, permettant à Pogba de marquer contre le cours du jeu. Le csc de Yobo était anecdotique. Face à la sélection de Keshi, nous n'avions rien maîtrisé, et c'était finalement nous qui nous en sortions au métier, à l'expérience. Chacun son tour.

La France a donc certes signé un bon parcours, mais est loin d'avoir maîtrisé son sujet comme les commentaires dithyrambiques des médias semblaient le faire croire. D'ailleurs, l'analyse de ces derniers n'a jamais vraiment été technique ou tactique, mais... comportementale. Une fois de plus, la presse, dans son infinie nullité footballistique, s'est presque exclusivement focalisée sur le côté sympa des joueurs, leur présumée union sacrée, sur leur amitié, etc. Si les Bleus ont signé un bon Mondial c'était parce qu'ils étaient sympas et gentils, alors pourquoi ressortir les côtés négatifs, forcément anecdotiques ? Apparemment, il suffisait que les Bleus s'entendent bien et chouchoutent les médias et leurs supporters pour qu'ils puissent gagner la Coupe du Monde. Pourquoi n'avoir pas envoyé les Prêtres ou les petits chanteurs à la croix de bois dans ce cas ? Jamais les médias n'ont réussi à canaliser leur enthousiasme pour cette équipe de gentils elfes sympathiques, et ont fait croire l'impossible aux gens. Catastrophique ou absolument génial : voilà les deux mamelles de l'analyse des matches de l’Équipe de France depuis des décennies et l'explosion du nombre de médias. Pas de milieu, pas d'analyse pondérée, pas de relativisme : il faut du tranché, il faut un angle coco, de la polémique. Le refus du robinet d'eau tiède coûte énormément à la qualité de nos médias actuels.

Nous attends à présent deux ans de "matches amicaux", même si on fait tout de même partie d'un groupe de qualif... une énième lubie platinienne. Vivement l'Euro ! Et vivement la prochaine Coupe du Monde !

A plus tard !


dimanche 5 janvier 2014

Les buteurs en 2013

Salut à tous,

Souvenez vous, il y a un an je publiais un article à propos des meilleurs buteurs en 2012. Rééditons l'expérience pour 2013, en comparant avec l'année précédente et en détaillant par pays.

Ronaldo dépasse Messi

Voici le classement 2013 :



D'abord, notons le coup de force de Ronaldo, qui a su profiter de la saison "pourrie" de son grand rival Messi, plusieurs fois blessé, pour remporter la mise, puisque par rapport à l'an passé il n'a marqué "que" six buts de plus. Messi, lui, a deux fois moins marqué (47 contre 91), mais aussi moins joué (47 matches contre 69 en 2012). Mais sa moyenne a clairement baissé, même si elle reste exceptionnelle sur une année civile (1 par match contre 1,32 l'an passé). Ronaldo (68 buts en 59 matches) le dépasse à la moyenne en 2013 (1,15). Des temps de passage qu'on n'avait plus vu depuis les années 50 ou 60, avec Pelé, Puskas ou G.Müller.

Le scoop, c'est que non seulement Messi doit laisser sa première place à son ennemi juré, mais il doit aussi laisser la deuxième à Ibrahimovic, et que si Luis Suarez (Liverpool) avait joué la Coupe d'Europe cette saison, l'Argentin aurait même pu terminer quatrième ! Le Suédois du PSG qui confirme sa très grande forme, à 32 ans, après avoir marqué 50 fois l'an passé et terminé troisième avec ce total. Et il ne marque pas qu'en Ligue 1, puisqu'il est le deuxième buteur de C1 cette saison (8 buts), et qu'il marque beaucoup avec la Suède (9 buts en 2013). L'Uruguayen, lui, est récompensé de son exceptionnelle deuxième partie d'année, digne de Messi et Ronaldo (24 buts en 23 matches). Quant au cinquième, Cavani, il confirme surtout que le PSG est entré dans une autre ère, en plaçant deux de ses joueurs dans les cinq premiers, ce qui n'a pas du arriver souvent à la Ligue 1 depuis 20 ans !

Grâce à ce classement, on a aussi des nouvelles d'Asamoah Gyan, qu'on avait perdu de vue depuis son passage à Rennes (2008/10), et qui empile les buts depuis un an et demi pour Al Ain, aux Émirats Arabes Unis (68 buts en 52 matches), tout en continuant de briller avec le Ghana (11 buts en 2013). Pour le reste, que des têtes connues, hormis Soriano, qui évolue aux Red Bulls Salzburg. Quant à Saucedo, c'est une récidive puisque le buteur bolivien de San José Oruro (34 ans), qui s'est révélé très tard, figurait à la sixième place en 2012, avec 44 buts... Yilmaz Burak montre également une belle régularité, on attends de le voir enfin dans un grand championnat pour se faire une idée de ses qualités réelles.

D'ailleurs, on notera que six joueurs sont douze ont renouvelé leur abonnement dans ce classement. Et ceux qui en sont sortis sont parfois des cadors, à l'image de Falcao, van Persie et Huntelaar... mais ils n'étaient pas très loin d'y être cette année, ils reviendront sûrement. En tous cas, comme l'an passé, il n'y a ni Brésilien, ni Anglais, ni Allemand, ni Italien... pourtant des pays qui sont historiquement riches en grands buteurs. Pas de Français non plus, mais ça c'est plus logique, les grands buteurs prolifiques ce n'est pas forcément notre culture, à quelques exceptions près. En revanche, les Espagnols, absents l'an passé, effectuent un retour en force, avec trois représentants. Le Brésil aurait pu leur en chiper un, mais Diego Costa a fait son choix...

Thauvin, c'est l'avenir

Regardons les Français, à présent.



A noter que désormais, le site sur lequel je me base, l'excellent footballdatabase.eu, compte les statistiques en matches juniors, -20 ans et Espoirs, ce qui permet à Florian Thauvin, qui a marqué trois buts lors de la Coupe du Monde des -20 ans et six buts avec les Espoirs, de rafler la mise. Il est d'ors et déjà candidat à sa succession en 2014... Il devance un joueur qui, s'il n'était pas passé avec beaucoup de difficultés du National à la Ligue 2 avec le CA Bastia (seulement 3 buts cette saison), aurait pu figurer dans le classement mondial, Romain Pastorelli, 26 buts l'an passé à l'échelon 3. On notera la profusion de buteurs des divisions inférieures, en plus de Julien Jahier, qui plante au Luxembourg, et de Aidara (Estonie)... il y a quand même des têtes connues, comme Benzema, Ribéry, Giroud ou Griezmann, troisième buteur de Liga cette saison. 24 buts pour le Madrilène, c'est quand même très moyen, lui qui avait marqué 30 fois l'an passé. On le voit en tous cas, les buteurs français sont loin des meilleurs mondiaux, puisqu'il manquait 8 buts à Thauvin pour figurer dans le classement général ! Niveau renouvellement, Gomis, deuxième l'an passé (28) disparait du classement, comme Perbet ou Gouffran. Seulement quatre joueurs présents cette saison l'étaient déjà l'an passé, c'est dire si personne n'est vraiment régulier depuis plusieurs années...

Les Anglais et les Italiens en crise, l'Argentine jubile

Passons aux Allemands à présent.



Eux aussi traversent une mini crise au niveau des buteurs, eux qui sont un peu trop dépendants de Miroslav Klose, qui n'est pas là, et de Mario Gomez, d'abord remplaçant au Bayern puis blessé avec la Fiorentina... mais qui est quand même cinquième. L'excellent Thomas Müller doit donc faire le travail, devant celui dont le PSG devra se méfier dans deux mois, Stefan Kiessling. Il y a quand même du beau monde, avec des milieux offensifs de grande qualité comme Reus, Götze ou Schürrle. Notons le faible nombre de joueurs évoluant à l'étranger... un phénomène qui explique aussi la grande qualité de ce championnat.

Les Anglais, à présent.



Là aussi, la crise est sévère. Hormis le pauvre Wayne Rooney, qui ne peut pas tout faire, et Sturridge, seuls représentants de la Premier League, qui connait les autres noms présents dans cette liste ? Neuf joueurs qui évoluent en Conférence, sans parler de ceux qui jouent en Écosse ou aux Pays-Bas... résultat symptomatique, dans un championnat où les règles au niveau des étrangers sont pourtant plus sévères qu'ailleurs pour obtenir un permis de travail, mais où un quart seulement des joueurs sont Anglais, et pas dans les meilleurs clubs ni aux postes clés. La sélection anglaise reste compétitive, mais à certains postes, notamment celui de buteur, les meilleurs ne sont jamais titulaires dans les meilleurs clubs anglais. Ou est Danny Welbeck, titulaire en sélection ? Sur le banc à ManU. Où sont les Shearer, Andy Cole, Darren Bent ? Si les Anglais n'arrivent pas à rivaliser avec les tous meilleurs en sélection, c'est qu'il doit y avoir une raison... sans grand buteur, c'est compliqué. Ils pourraient aller jouer ailleurs, comme les Espagnols ou les Sud-Américains... mais ils préfèrent toucher de très gros salaires en restant sur le banc plutôt que de quitter leur île...

Passons à tout autre chose, l'Argentine.



C'est l'exact opposé de l'Angleterre. Pourquoi les Argentins ont de grands buteurs ? Parce c'est une tradition, mais aussi parce qu'ils partent en Europe marquer des buts et progresser. Messi, Agüero, Palacio ou Higuain offrent une palette aussi vaste que variée de buteurs aux sélectionneurs argentins, qui ne sait que choisir. Notons, pour être honnêtes, qu'une majorité des joueurs présents dans cette liste n'évoluent pas en Europe. Ils sont également dispatchés en Équateur, au Chili, en Chine, dans le Golfe... aucun d'entre eux n'évoluent ou ont évolué cette année en Argentine, dont le championnat est à la fois une rampe de lancement pour les jeunes locaux et une piste d'atterrissage pour les anciens.

Même phénomène pour les Brésiliens.


La différence avec les Argentins, hormis les deux locaux, dont un en Serie B brésilienne, c'est d'abord que les buteurs brésiliens marquent un peu moins, mais surtout qu'ils évoluent dans des championnats très quelconques ! Hormis Charles, qui est monté cette année en Liga avec le Celta Vigo, absolument aucun des meilleurs buteurs brésiliens n'évoluent dans un bon championnat européen ou même sud-américain, si ce n'est le dénommé Ederson, meilleur buteur du championnat brésilien ! L'Autriche, la Chine, les Émirats, le Portugal, le Japon... ça doit faire rêver le sélectionneur brésilien. Oui, y a bien Neymar, absent de ce classement parce qu'il ne marque pas encore assez avec le Barça... mais il n'est pas avant-centre. Le buteur du Brésil à la Coupe des Confédérations se nommait Fred, et il est blessé depuis cet automne. Qui sera le titulaire au Mondial ? Diego Costa aurait été parfait, mais il a étrangement choisi l'Espagne... la course est lancée. Mais c'est LE point faible du pays qui a quand même produit Romario et Ronaldo...

L'Espagne à présent.



Aussi bon soit-il, Diego Costa a peut-être fait une boulette en se mettant le Brésil à dos, parce que son pays d'adoption peut, lui, compter sur une palanquée de grands buteurs, ce qui n'a pas forcément été le cas dans le passé, même récent. La concurrence est sévère. L'Espagne ne pouvait compter que sur Torres et Villa il y a peu ? Elle a désormais à sa disposition Negredo, Soldado, Morata (dont les stats, comme Thauvin, sont gonflées par ses chiffres en -20 ans et en Espoirs, comme Jesé), sans parler donc de Costa, en plus de Pedro ou Fabregas. Notons que si la grande majorité joue en Espagne, trois des meilleurs buteurs espagnols évoluent en Angleterre, un phénomène dont pourraient s'inspirer les buteurs anglais, qui pourraient faire le chemin inverse pour se faire remarquer et briller au plus haut niveau...

Passons à l'Italie.


Là aussi, la crise est aussi étonnante que sévère. Où sont donc passés les grands buteurs italiens, les chasseurs de buts qui marquent 35 buts par saison, les Inzaghi, Vieri, etc ? Graziano Pellé brille aux Pays-Bas, la belle affaire. Balotelli est là, heureusement, mais ce n'est pas une pointe. Les autres évoluent en Série B ou ne marquent pas suffisamment... Ironie du sort, Marco Di Vaio, un des derniers représentants de cette caste de buteurs italiens, brille aux Etats-Unis, à 37 ans... là encore, il y a une place à prendre aux côtés de Balotelli. Même Di Natale commence enfin à faire son âge.

Voilà, sur ce je vous laisse, à plus tard !

jeudi 21 novembre 2013

La défaite des experts

Salut à tous,

Alors, on l'a fait ou pas ? Elle n'est pas là la qualification ? Félicitations à tous les croquemorts de l'Equipe de France, tous les Cassandres qui s'efforcent, depuis 36 heures, de retomber sur leurs pattes, en affirmant le plus sérieusement du monde que ce qu'ils ont dit tout le WE, et depuis plus de trois ans même, à propos de ces Bleus, était vérifié, qu'ils l'assumaient, mais qu'ils étaient heureux quand même. Que cette victoire pleine de volonté et de courage leur donnait raison, que c'était dans la tête des joueurs que ça se passait. Pendant plus de trois ans, ils ont poussé le peuple à détester leur équipe nationale, et aujourd'hui ils osent se présenter en amoureux de cette dernière ? Mais ils n'ont pas le droit de l'ouvrir. Ils devraient utiliser leur droit de silence, pour se faire oublier. Mais depuis mardi soir, on n'a jamais autant vu Pascal Praud à la télé. Comme quoi, que ce que vous disiez soit exact ou non, l'important c'est de dire quelque chose et de l'assumer, n'est-ce pas ? Admettre qu'on a eu tort, c'est quasiment signer son arrêt de mort médiatique. Et Praud aime trop passer à la télé pour ça.

Certains Français aiment leur équipe

Laissons ces tristes personnes dans leurs tours d'ivoire, voulez-vous. On a une qualification à savourer, une communion à faire fructifier. Dire que l’Équipe de France s'est réconciliée avec son public serait erroné : certes, les 80 000 spectateurs du Stade de France, dont votre serviteur, n'étaient pas là pour cracher leur haine, au contraire, ils étaient venus pour jouer
le rôle que tout spectateur de foot devrait avoir, celui de soutien, de 12e homme. Ils voulaient aller au Mondial, ils voulaient aussi montrer qu'ils ne faisaient pas partie des 80 % des gens qui souhaitaient - je dis bien souhaitaient - que la France n'aille pas au Brésil, qu'elle ne le méritait pas. Imaginez-vous un supporter de l'Angleterre souhaiter que son pays échoue ? En France, c'est possible. Non, ceux qui étaient là - et qui avaient acheté leur billet avant la match aller, il faut le reconnaître, et qui souhaitaient peut-être aussi que l'argent investi ne serve pas à rien - ont démontré qu'il restait encore des gens, en France, qui savent se comporter en supporter quand leur équipe en a besoin. C'est ça, un supporter. Ce n'est pas un consommateur, un opportuniste, qui lui tourne le dos dès que les vents deviennent contraires. Ce ne sont pas des Footix.
Ne soyons pas naïfs : à la première défaite, par exemple en mars contre les Pays-Bas, seul match amical programmé pour l'instant, les mêmes discours reviendront : la victoire contre l'Ukraine était chanceuse, cette équipe ne mérite pas d'aller au Brésil, on va être ridicule - si on tombe sur trois équipes du niveau des Pays-Bas, sûrement, mais ce ne sera pas le cas - et surtout, surtout, c'est la faute de Knysna. Dans 20 ans, on continuera de parler de Knysna sans savoir vraiment ce que ce terme étrange veut dire, mais ça fait vendre du papier, donc autant l'utiliser jusqu'à l'usure. Entretenir ce mythe, c'est garder sous le coude un argument comme quoi chaque défaite, chaque match moyen, est du à l'attitude des joueurs, leur manque d'envie, d'amour du maillot. Des arguments aux relents poujadistes et démagogiques,voire xénophobes, malgré le fait que la France ait été sauvée par des joueurs comme Sakho, Benzema, Pogba...

Sakho ce héros

Mais peu importe, au fond. Cette équipe a prouvé qu'elle avait de la qualité, même si rien n'est réglé. Une chose est sûre selon moi : il faudrait être aveugle pour penser qu'elle n'a pas trouvé une assise, un axe défensif extrêmement solide et performant, et je ne parle pas seulement de la charnière. Cette dernière est celle que j'ai trouvé la meilleure depuis très longtemps. Comment peut-on encore penser qu'un Koscielny vaut un Varane ? Ce dernier, qui n'était pas au top physiquement, a pourtant une nouvelle fois rendu une copie d'une très grande qualité, propre et sans la moindre erreur. Varane a-t-il seulement été mauvais une fois en Bleu ? Et combien de fois a-t-il été en difficulté au Real Madrid ? Avant ses blessures, il avait mis sur le banc des phénomènes comme Carvalho ou Pepe, excusez du peu. Et à gauche, comment a-t-on pu croire à la renaissance d'Abidal ? Pour qu'il y ait renaissance, il aurait fallu qu'il y ait naissance, mais le Monégasque n'a jamais été une référence au poste de défenseur central, notamment en Bleu. Alors à 34 ans, après deux ans d'absence pour maladie... ce qui rendait son retour en Bleu sympathique le dessert plus aujourd'hui qu'autre chose. Les belles histoires trouvent souvent leurs limites quand le niveau s'élève sérieusement.

A son poste, difficile de trouver mieux en France que Mamadou Sakho, je suis désolé. Et dire qu'il n'était plus apparu en Bleu depuis juin dernier, hormis sa mi-temps en octobre conte l'Australie... son statut de remplaçant au PSG - situation à la fois regrettable, au vu de son image de titi parisien formé au club, et logique, vue la concurrence - mais aussi, durant les premières semaines, à Liverpool, ont bien failli lui couter cher. Lui qui était titulaire indiscutable pour Deschamps avant cet été compliqué ne pouvait que reprendre sa place. L'avenir, c'est lui, on le savait depuis des années, durant lesquelles on avait tâtonné dans son secteur, même si Blanc avait tenté d'installer pendant deux ans la charnière Rami-Mexès. Mais quel défenseur, en France, rassemble autant de qualité de combattant, de puissance, de force ? Ce n'est pas un monstre technique, soit, même s'il ne me semble pas l'avoir vu rater une relance mardi soir, même les plus compliquées. Mais Desailly en était-il un ? Le grand Marcel aussi ne prenait pas de risque dans la relance, puisqu'il avait Blanc à ses côtés qui s'en chargeait. Mais c'était un monstre défensif qui ne laissait respirer aucun adversaire. Et Desailly s'est révélé plus tard au haut niveau que Sakho. Hormis le pied fort, ils ont beaucoup de points communs, selon moi.

Un trident redoutable

Il est également facile de bien défendre quand vous avez devant vous trois joueurs complémentaires, qui allient puissance défensive, pour deux d'entre eux, et potentiel offensif redoutable, pour les trois. L'abattage hallucinant de Matuidi, la puissance et la vista de Pogba, la technique et la science tactique de Cabaye forment presque le joueur parfait à eux trois. Comment a-t-on pu passer à côté de ce triumvirat ? Les autres joueurs de ce secteur reverront-ils un jour le ciel se découvrir pour eux, si ce n'est sur blessure ou suspension ?
Rappelons que ces trois là étaient suspendus pour le match en Géorgie... étrangement, Sissoko et Guilavogui n'avaient pas apporté la même stabilité, le même sens de la perforation. Ils y seraient peut-être parvenus s'ils avaient évolué avec un troisième joueur dans leur secteur, ce qui leur aurait permit de jouer plus haut et d'apporter des solutions offensives. Le 4-3-3 avait rarement marché avant mardi soir, mais désormais il apparaît comme le système idéal. Tout dépend aussi des joueurs qui l'animent...

C'est drôle parce que vendredi, avant le match, tous les "experts" étaient satisfaits de l'équipe alignée par Deschamps, avec Nasri devant Pogba et Matuidi, c'était pour eux un bon choix, puisque Valbuena était hors de forme, et surtout ça démontrait que Deschamps voulait attaquer, ne pas se contenter de défendre. Par la suite, la défaite venue, on a entendu les mêmes experts affirmer que Deschamps s'était planté dans les grandes largeurs, que cette défaite était la sienne... le jour où on verra un journaliste se dédire, là on pourra parler de véritable démocratie médiatique. La Presse n'a pas de contre-pouvoir pour la forcer à savoir se remettre en question quand elle s'est plantée, comme elle l'exige à propos des gens qu'elle ne cesse de juger, c'est le problème.

Benzema est enfin Benzema

Pour moi, le problème du milieu droit reste posé. J'ai vu toutes les notes positives que Valbuena a reçu, et elles ne sont pas imméritées. Mais elles auront quand même étonné beaucoup de spectateurs présents au stade, et qui ont râlé quand ils ont vu Valbuena continuellement se recentrer, dézonner, et ainsi ne pas offrir de solution à Debuchy, sur le plan offensif mais aussi défensif, puisque ce dernier a souvent du gérer Konoplyanka tout seul, ce qui lui a valu un carton et une sortie prématurée, pour éviter son expulsion. Sur ce match là, ça a marché, mais pas sûr que ça marchera à chaque fois, permettez moi d'en douter. Valbuena n'a pas réglé le problème du milieu droit parce qu'il n'a pas joué milieu droit. En revanche, quel excellent tireur de coups de pied arrêtés ! Il faut toujours un bon tireur dans une équipe, et avec lui et Ribéry, on est pas mal. Manque juste un gaucher... comme d'habitude.

Devant, Benzema a prouvé qu'il avait retrouvé la confiance qui le rend, selon moi, supérieur à un Olivier Giroud qui semble limité techniquement pour le haut niveau, selon moi, mais qui demeure une bonne solution de rechange en cours de match. Tant que Benzema, qui a des automatismes avec Ribéry, marque et se montre décisif, on ne peut pas le mettre sur le banc, même si ça ne fera pas plaisir aux amateurs de joueurs qui font joli - et Français de souche. De toutes façons, l’Équipe de France a besoin d'avoir des cadres qui assurent le job. Ribéry, qui est moins passé dans son couloir que d'habitude mais qui a fait expulser deux Ukrainiens, et a provoqué deux buts mardi soir, le fait régulièrement depuis deux ans. Si Benzema le fait aussi, on peut voir venir.

A plus tard !

mercredi 16 octobre 2013

Sus aux barrages !

Salut à tous,

Après ces deux très bons matches de l’Équipe de France face à deux équipes qui sont certes loin du gratin mondial, mais qui ne sont pas non plus si nulles que ça, il est temps de faire un petit état des lieux avant les barrages qui s'annoncent dans un mois. Et qui font déjà frissonner l'épiderme des quelques supporters que comptent encore cette équipe dans ce pays à la relation si étrange avec le "supportariat".

Des qualifs réussies

D'abord, un constat : avec 17 points sur 24 possibles, la France a réalisé, quoi qu'on en dise, un excellent parcours, surtout quand on sait qu'elle a du se coltiner la meilleure équipe du monde sur les six dernières années, l'Espagne, contre qui elle a même réussi à gratter un point, et sur qui elle ne compte, à la fin du bal, que trois petits points de retard. Soit une victoire, celle obtenue sans briller par la Roja au Stade de France, en début d'année (0-1). Les deux équipes ont donc pris le même nombre de points contre les trois autres adversaires de la poule, à savoir 16 sur 18. Comme parcours chaotique, j'ai déjà vu pire. Dès le tirage au sort, on savait que le destin probable de ces Bleus était de terminer barragiste. C'est ce qui est arrivé, mais le fait qu'elle aurait encore pu coiffer sa grande rivale lors du dernier match, comme c'était le cas hier soir, prouve qu'elle n'a pas raté du tout sa phase qualificative, loin de là.

Elle s'est ratée sur un seul match, celui en Géorgie (0-0). Si elle l'avait emporté, elle aurait échoué à un point de l'Espagne, ce qui ne change pas grand chose, mais quand on se
remémore le dernier France-Espagne, qui aurait tout aussi bien pu se terminer en match nul, on peut se dire que la première place de cette poule ne s'est vraiment pas jouée à grand chose. Et que, au passage, l'Espagne est loin d'avoir maîtrisée son sujet, avec un match nul contre la Finlande, à Gijon (1-1), des victoires compliquées contre le Bélarus (2-1), la Géorgie (0-1, 2-0) et la Finlande (0-2) et les matches accrochés contre la France (1-1, 0-1), qui termine d'ailleurs avec une meilleure attaque (15 contre 14). Comparés aux parcours des Pays-Bas (34 buts) ou de l'Allemagne (36), ça fait pâle figure. Mais on sait depuis longtemps que le talent de l'Espagne, contrairement aux idées reçues, repose autant sur un beau collectif que sur des qualités de pressing et de défense au-dessus de la moyenne, il suffit de regarder ses derniers tournois, où elle s'est souvent contentée de 1-0 minimalistes mais efficaces pour passer les obstacles.

Ribéry se charge de tout

Revenons à la France. Le paradoxe ultime, sachant qu'elle possède logiquement moins de chance de gagner ses barrages que de les perdre, vu son statut de non tête de série, serait qu'elle soit éliminée tout en possédant en son sein le futur Ballon d'Or. Mais l'aura-t-il si la France échoue ? Malgré tout, que serait cette équipe sans Franck Ribéry ? On aurait aussi pu se poser la question durant les années Platini, mais c'est vrai qu'en ce moment on a presque du mal à imaginer la France marquer un but sans un coup de pouce de l'ailier du Bayern. Contre l'Australie (6-0), il marque une fois, donne trois buts et se trouve à l'origine d'un autre, soit cinq sur six. Hier soir, sur trois buts, il ouvre le score d'une façon sublime et donne le troisième but à Benzema. Ce fut également le cas au Bélarus, le mois dernier (2-4), où il marqua deux fois. Lors des deux dernières années civiles, il a signé 10 (deux fois cinq) de ses 18 passes décisives dans le jeu en Bleu, soit le même total que Zidane... qui compte 30 capes de plus (108 contre 78). Dans le même temps, la France a marqué 38 buts, sur lesquels il a été directement impliqué un fois sur deux (9+10)... Il a marqué cinq fois cette année, aucun Bleu n'avait marqué autant depuis Thierry Henry, en 2007...

Seize buts, 18 passes en 78 sélections, pas mal pour le footballeur le plus moqué en France, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le sport : les affaires de prostitutions, certes, mais aussi son visage et ses difficultés en Français. Un racisme anti moche mais aussi de classe, qui ne valorise pas notre pays, déjà à la peine en ce moment au niveau des valeurs d'humanisme. Ce qui est drôle, vu que son énorme popularité, en 2006, valait autant pour ses qualités balle au pied que pour sa fraîcheur, ses blagues potaches, et un constat : c'est un petit gars du peuple. On le célébrait pour ça, on le moque aujourd'hui pour ça. En tous cas, un chose est sûre : on n'ira pas au Brésil sans un grand Ribéry.

La défense tangue

Étrange année 2013, durant laquelle les Bleus ont battu leur record en terme de minutes sans marquer consécutivement (525, soit près de six matches) et qui viennent de marquer 13 buts en trois matches... difficile d'évaluer ses forces et ses faiblesses, hormis l'évidence Ribéry. Elle est inconstante, c'est un fait. Combien de joueurs sont indiscutables dans cette équipe ? Lloris, Matuidi, Ribéry, c'est à peu près tout. Evra, de par son expérience et le
manque de concurrence, l'est en partie, tout comme Debuchy, l'expérience en moins. Les deux latéraux qui ont écarté les faibles prétendants à leur postes sans vraiment le faire exprès, même si le joueur de Newcastle affiche toujours une belle qualité de centre. Mais ce sont d'anciens ailiers qui sont toujours aussi moyens sur le plan défensif. Face aux faibles ailiers australiens ou finlandais, ça passe (et encore, hier on a concédé beaucoup d'occasions venant des côtés) mais dès que le niveau s'élèvera... on pourra trembler. Vous me direz, le Brésil a remporté cinq Coupes du Monde avec des latéraux qui défendent mal, mais c'est le Brésil, il peut se le permettre, pas nous.

Dans l'axe, on a vu hier qu'Abidal, malgré toute la sympathie que son parcours fait naître dans nos petits cœurs, mais aussi son immense expérience, n'était pas vraiment une bonne solution. Heureusement que Koscielny a rattrapé plusieurs coups... le Monégasque a plusieurs fois été battu dans son dos, ce qui est sensé ne pas lui arriver vu sa pointe de vitesse. Mais à 34 ans et après quasiment deux ans sans jouer, celle-ci semble appartenir au passé. Heureusement, on a Varane et Sakho en réserve. Peut-être faudrait-il que Deschamps soit enfin convaincu que l'ancien Parisien est devenu meilleur qu'Abidal. Et que Koscielny, aussi intelligent soit-il, ne vaut pas un demi Varane. La sélection naturelle finira par faire le travail.

Le milieu, point fort des Bleus

Au milieu, on semblait parti pour un duo Pogba-Matuidi mais Cabaye est revenu battre les cartes. Avec un constat : quand le Magpie est là, la qualité de passes des Bleus s'en ressent. Étant entendu que Deschamps semble avoir définitivement adopté le 4-2-3-1 que la majorité des équipes dans le monde appliquent, il va falloir qu'il tranche. Matuidi, par son abatage et son travail au milieu, mais aussi son jeu vers l'avant (ce fut moins le cas hier) semble indiscutable. Pogba, de part son statut à la Juve et son âge, ce qui implique une marge de progression énorme, également. Disons que Cabaye semble être une solution un poil plus offensive, quand la France aura besoin de moins défendre et mieux jouer. Contre l'Australie, par exemple, ce fut parfait. Quand ce sera l'Allemagne en face, c'est moins sûr. En tous cas, c'est le secteur le plus performant, mais ce n'est pas nouveau, c'est plutôt une constante chez l’Équipe de France, qui a gagné une Coupe du Monde grâce à lui.

Avant d'arriver aux attaquants de pointe, voyons ceux chargés de les fournir en ballon. Ribéry semble avoir phagocyté la fonction avec talent, et pour cause : personne d'autre ne parvient à équilibrer le jeu de l'autre côté. Les autres passeurs cette année, à part lui qui en a signé cinq ? Valbuena (2), Nasri et Sissoko (1). Ménez provisoirement (?) out, Payet pour l'instant trop juste, il reste la solution Rémy, qui est pour moi la meilleure (avec Ménez, à son niveau optimal). Le Magpie (encore) présente le double avantage de savoir briller dans le couloir droit mais aussi devant le but, on le voit en Angleterre. On l'a moins vu contre l'Australie, où il a mangé plusieurs belles opportunités. Mais il fut le meilleur buteur des Bleus en 2011, avec trois buts, et avec 4 buts en 20 sélections (9 titularisations), il n'est pas ridicule. Un profil à la Thierry Henry, mais côté droit.

Pour le reste, Valbuena et Nasri ne sont pas convaincants sur un côté, même si ça n'empêche pas les Bleus de gagner. Nasri est potentiellement supérieur, Valbuena est plus combatif mais n'a toujours rien prouvé en club au niveau international, malgré quelques éclairs. Le problème ne se pose donc pas seulement pour le poste d'ailier droit : si un des deux s'était vraiment imposé derrière l'attaquant, on ne se demanderait pas qui ira jouer à droite. Et je ne parle pas des solutions Gourcuff, Grenier ou Martin... la France n'a jamais eu de grande génération sans grand numéro 10. Donc on est encore loin de la queue du Mickey.

Benzema ou Giroud ?

Les buteurs, enfin... Le sujet à la mode. Souvenez vous, il y a deux mois et demi, le problème majeur des Bleus, c'était l'avant-centre. Benzema n'avait plus marqué depuis un an, mais Giroud ne marquait pas non plus. On en venait presque à se demander si Gomis n'était pas la meilleure solution. En France, on a toujours pas compris qu'un buteur ne marquait pas, ou rarement, sans un collectif huilé autour de lui. Malgré la filiation revendiquée par lui-même, Benzema n'est pas Ronaldo, qui faisait des différences énormes tout seul, du moins avant ses blessures de milieu de carrière. Et Giroud, malgré son altruisme et sa combativité, reste un avant-centre à la Hoarau, pas très rapide, grand, costaud, bon de la tête, devant et derrière, mais dont le rendement dépend énormément du nombre de ballons exploitables arrivant dans la surface. Il ne sera jamais un grand technicien, lui qui a été
rejeté par Grenoble à 21 ans, et qui ne s'est révélé en Ligue 1 qu'à 24, alors que Benzema marquait déjà des buts dans l'élite à 19 ans. Des parcours opposés, tout comme leurs profils techniques. Cependant, si Benzema a une meilleure cadence de buts par sélections (0,27 contre 0,21) il est battu au comptage par minutes (1 but toutes les 224 minutes contre 1 toutes les 207 pour Giroud). Bref, sur ce plan là, ça reste serré.

Aujourd'hui, je suis partagé. Giroud est plus efficace en club que Benzema, dont je me demande encore comment il peut être titulaire dans une équipe comme le Real, qui a toujours brillé grâce à des buteurs immenses, les meilleurs à leurs postes. Heureusement que Ronaldo fait le job... aujourd'hui, ils sont un demi douzaine à être de meilleurs avant-centres que lui, sur lesquels le Real lorgne d'ailleurs avidement (Falcao, Rooney, Van Persie, Cavani, Ibrahimovic...). Mais Benzema est tout de même le meilleur buteur en Bleu en activité (17 buts), et le deuxième meilleur buteur français de l'histoire de la Ligue des Champions (33 buts) derrière Henry (50) et devant Trezeguet (29). Giroud est le 33e avec 3 buts en un peu plus d'une saison à ce niveau... reste que sur la forme actuelle, il semble devant. Mais à 27 ans, s'il était le grand buteur que la France attend depuis la retraite d'Henry, ça se saurait, sincèrement. J'espère me tromper.

En tous cas, en deux mois on est passé d'un choix par défaut à un choix cornélien : qui choisir ? Benzema a mis deux buts beaucoup plus difficiles à mettre qu'il n'y parait : en une touche, au premier poteau, sur des centres tendus. Couper au premier poteau : un truc qu'il ne faisait jamais, et qu'il aurait du faire avant au lieu de se comporter comme un avant-centre français ordinaire, à savoir attendre bêtement au deuxième ou aux six mètres qu'un ballon lui arrive dessus. Giroud, lui, a marqué deux jolis buts contre l'Australie, même si le deuxième me semble plus être une volée ratée qu'un véritable piqué volontaire. Mais bon, comme les médias sont fans, ils ont chaussé leurs lunettes déviantes qui leur avait permit d'affirmer que la volée de Zidane, en 2002, n'était pas également une volée ratée. C'est pas grave, c'est beau quand même.

Au final, frottons nous les mains de posséder un des deux meilleurs ailiers du monde dans nos rangs, et des buteurs enfin efficace. Avec une défense un poil plus solide et un milieu toujours talentueux, et maintenant des avant-centres efficaces, elle peut aborder ces barrages avec confiance, même si le tirage peut changer la donne. Éliminer le Portugal de Ronaldo, ça aurait de la gueule... ce serait dommage aussi un peu. Le mieux, ce serait la Grèce, on perdrait pas grand chose. Ouhlàlà je suis vilain !

Vivement les barrages, l'attente va être longue.

A plus tard !

vendredi 12 juillet 2013

La relève est-elle là ?

Salut à tous,

Demain soir, l’Équipe de France des moins de 20 ans disputera la première finale mondiale de son histoire. Deux ans après la demi-finale de la génération précédente dans la même compétition, et un an après une autre demi-finale lors de l'Euro des moins de 19 ans pour la présente génération, et malgré les résultats moyens des Espoirs - composés logiquement en grande partie des demi-finalistes mondiaux d'il y a deux ans - la France renaît un peu au niveau des résultats de jeunes, et c'est évidemment une excellente nouvelle.

Que sont-ils devenus ?

Le creux générationnel que subit actuellement la "grande" Équipe de France dure depuis 2008, sachant que les précédents qui avaient succédé aux générations Kopa et Platini avaient respectivement duré 15 et 7 ans. On est donc encore loin de se retrouver avec une sélection qui domine le monde, ou au moins fait partie des tous meilleurs. L'important, c'est qu'on arrête de mettre ces mauvais résultats sur le compte du comportement des joueurs, de leur propension ou non à chanter la Marseillaise, ou pire de leurs origines origines ethniques
et/ou sociales, ce que la montée actuelle des idées xénophobes dans notre pays contribue à faire fructifier. Si on est moins bon, c'est que depuis l'Euro gagné en 1996 par les moins de 19 ans menés par Henry et Trézéguet, ainsi que la finale de l'Euro Espoirs en 2002, les résultats de la France en jeunes ne sont pas inexistants, mais très espacés, voire rares. Et donc, lorsqu'ils sont présents, ils ne parviennent pas suffisamment à nourrir les A en futurs grands joueurs.

Lorsqu'une sélection jeune brille, on a tendance à se dire que c'est toute une équipe sur laquelle le sélectionneur des A pourra s'appuyer pour remplir ses objectifs. Sauf qu'après coup, lorsqu'on regarde ce que sont devenus ces jeunes, ils ne sont en général qu'une minorité à être devenus internationaux, et certains d'entre eux, parfois, n'ont même pas réussi leur carrière pro. Regardez la génération 2002, finaliste donc de l'Euro Espoirs contre les Tchèques, sous la direction de Raymond Domenech : elle comptait dans ces rangs des joueurs comme Berson, Di Tommaso, Vercoutre, Chapuis ou Mathis qui sont loin d'avoir tutoyé les sommets durant leur carrière. D'ailleurs cette génération a fourni certes pas mal d'internationaux A, mais aucun qui pourra dire qu'il en fut un des piliers victorieux (Landreau, Réveillère, Boumsong, Mexès, Bréchet, Escudé, Pedretti, Meriem, Govou et Luyindula) et seulement un finaliste du Mondial 2006 (Govou), Boumsong ne quittant pas le banc en Allemagne.

2004, 2005... pétards mouillés

La clé, ce n'est pas briller de temps en temps en jeunes, c'est de briller tout le temps, comme l'Espagne, l'Allemagne, les Pays-Bas ou le Portugal, qui sont présents systématiquement lors des phases finales des compétitions de jeunes, des moins de 17 aux Espoirs, et qui peuvent donc continuellement compter sur des couches de bons joueurs qui se succèdent sans faillir. Un comble pour notre pays, réputé pour sa formation. Nous, sur quelle bonne génération pouvons nous nous appuyer ?

On a beaucoup parlé de la génération 1987, vainqueur de l'Euro 2004 des moins de 17 ans contre l'Espagne (Piqué, Fabregas...), excusez du peu, avec dans ses rangs des futurs cracks comme Ménez, Ben Arfa, Nasri et Benzema, mais aussi des joueurs qui n'ont pas percé comme El Mourabet, Thicot, Yahiaoui ou Akakpo, tous titulaires en finale... les premiers nommés sont aujourd'hui internationaux, mais seul Benzema, et à un degré moindre Nasri et Ménez, ont fait leur trou en Bleu. Et pour l'instant, ils n'ont pas réussi à emmener les Bleus au sommet. Une grande génération, mais seulement quatre internationaux au final : voici le lot de toute sélection de jeunes, promise à un écrémage sévère au feu du professionnalisme.

La France a également remporté la Coupe du Monde des moins de 17 ans en 2005, soit des joueurs qui aujourd'hui s’apprêtent à fêter leurs trente ans l'année prochaine. Qui portait cette belle équipe ? Son meilleur joueur se nommait Florent Sinama-Pongolle, meilleur joueur et buteur (9 !) de la compétition, aujourd'hui attaquant de Rostov, en Russie, et qui n'a jamais confirmé son pourtant indéniable talent, accrochant une seule sélection, en 2008. Son cousin Anthony Le Tallec, son pendant idéal en attaque, n'a pas vraiment fait mieux. Pour le reste, combien d'internationaux dans ce groupe ? Et bien... aucun, à part Sinama Pongolle, donc. Regardez donc le groupe dirigé à l'époque par Jean-François Jodar :


18 Michaël Fabre Drapeau : Italie Bologne FC 15.07.1984 0 0 0 0 0
1 Florent Chaigneau Drapeau : France Stade rennais 21.03.1984 6 0 0 0 0
Défenseurs
2 Kévin Debris Drapeau : France Le Havre AC 10.05.1984 4 0 0 0 0
3 Jérémy Berthod Drapeau : France Olympique lyonnais 24.04.1984 5 1 1 0 0
4 Julio Colombo Drapeau : France Montpellier HSC 22.02.1984 6 0 1 0 0
5 Jacques Faty Drapeau : France Stade rennais 25.02.1984 6 0 0 0 0
13 Stephen Drouin Drapeau : France FC Nantes 27.01.1984 5 1 1 0 0
Milieux de terrain
6 Gaël Maïa Drapeau : France Girondins de Bordeaux 02.04.1984 3 0 0 0 0
8 Hassan Yebda Drapeau : France AJ Auxerre 14.05.1984 5 0 1 0 0
10 Mourad Meghni Drapeau : Italie Bologne FC 16.04.1984 5 1 1 0 0
12 Emerse Faé Drapeau : France FC Nantes 24.01.1984 6 0 0 0 0
14 Laurent Mohellebi Drapeau : France AS Monaco 05.01.1984 4 0 0 0 0
15 Kévin Jacmot Drapeau : France Olympique lyonnais 22.03.1984 5 0 0 0 0
16 Samuel Piètre Drapeau : France US Créteil-Lusitanos 10.02.1984 6 3 0 0 0
Attaquants
7 Anthony Le Tallec Drapeau : France Le Havre AC 03.10.1984 6 3 0 0 0
9 Florent Sinama-Pongolle Drapeau : France Le Havre AC 20.10.1984 6 9 1 0 0
11 Chaouki Ben Saada Drapeau : France SC Bastia 01.07.1984 2 0 0 0 0
17 Luigi Glombard Drapeau : France FC Nantes 21.08.1984 3 0 0 0 0

Quelle déception, quel gâchis ! A quoi bon remporter des Coupes du Monde en jeune pour qu'au final aucun des gamins ne réussisse vraiment ? Non seulement aucun de ces joueurs n'est devenu réellement international, mais aucun ne peut vraiment dire qu'il a réussi sa carrière professionnelle, hormis, peut-être, Berthod, Faty, Yebda, Meghni, Ben Saada et les deux cousins... en grattant bien alors. Aucun n'a vraiment joué dans un grand club. Que d'espoirs portions nous pourtant à l'époque ! Je me souviens avoir veillé une nuit pour suivre la finale. En pleine époque Zidane, on se disait qu'avec cette équipe, l'avenir était assuré. Que pouvait-il nous arriver ? Et pourtant... un vrai pétard mouillé.

2011, 2013, la relève ?

En 2006, la France atteint les demi-finales du championnat d'Europe Espoirs, contre les Pays-Bas de Huntelaar (2-3). La dernière phase finale en date des Bleuets... Dans ses rangs, encore Sinama-Pongolle, Berthod et Le Tallec, mais aussi de futurs internationaux comme Mandanda, Sagna, Faubert, Gourcuff, Mavuba, Toulalan, Briand, Clerc, L.Diarra... et d'autres "ratés" comme J.Gavanon, Badiane ou Bergougnoux. Ce fut la première "couche" qui a construit l’Équipe de France actuelle.

Et puis bien sûr, il y a donc cette Coupe du Monde des moins de 20 ans 2011, dont les Bleuets atteignirent les demi-finales et Lacazette la tête des buteurs avec 5 buts. Il est évidemment un peu tôt pour analyser le parcours des joueurs qui composaient ce groupe, qui comptait alors dans ses rangs des joueurs comme Grenier, G.Fofana, Griezmann, Kolodziejczak, Kakuta, Bakambu... une belle génération, qui a déjà fournit deux jeunes internationaux aux Bleus (Grenier et Lacazette, lors de la dernière tournée en Amérique du Sud) et qui risque d'en fournir d'autres, comme Griezmann ou Fofana, par exemple. Kakuta, désigné meilleur joueur de cette sélection, semble déjà grillé, encore un gâchis...

Et l'actuelle, qui défiera demain l'Uruguay en Turquie ? Elle a indéniablement du talent, sachant qu'elle a quand même du se passer d'un phénomène comme Varane, blessé. Mais elle n'a battu aucun gros lors de ce tournoi, perdant en poule contre l'Espagne (1-2), battant deux fois le Ghana, mais en concédant aussi un nul contre les États-Unis (1-1) et dominant la Turquie chez elle (4-1) et l'Ouzbékistan (4-0), certes sur des scores importants. Dans ce groupe, qui compte déjà deux internationaux en la personne de Varane et Pogba, on pense tout de suite à Thauvin, exceptionnel en demi-finales contre le Ghana, et qui possède à la fois des qualités de dribble exceptionnelles et une belle frappe, mais aussi à Areola, s'il parvient enfin à jouer, à Paris ou ailleurs, à Digne évidemment, qui ne devrait pas tarder à jouer en A, à Kondogbia aussi. Pour des joueurs comme Umtiti ou Veretout, voire Bahebeck, il faudra encore attendre un peu.

Ces deux récentes générations pourraient être le socle d'une future Équipe de France enfin convaincante. Mais il faudra continuer à avoir des résultats en jeunes pour la voir enfin retrouver les sommets. Pas avant l'Euro 2016, a priori...

Je vous laisse !