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jeudi 22 mai 2014

Vingt sur vingt

Bonjour chers lecteurs !

Revenons sur cette saison de Ligue 1 qui vient de se terminer, en le faisant club par club, en descendant le classement final.

1er : Paris-SG : le désormais double champion de France a battu tous les records : plus grand nombre de points de l'Histoire, à trois ou à deux points (89 et 62), de victoires (27), plus grand pourcentage de succès depuis 1970 (71,1), meilleure attaque depuis 1971 (84), meilleur goal-average depuis 1960 (+63)... bref, une performance d'une autre époque, dans un championnat habitué à des débats plus âpres, plus serrés, y compris pour ses champions, qui s'y baladent rarement. Implacable à domicile (9 points de perdus, 51 buts pour, 7 contre), le PSG compte également dans ses rangs le premier joueur ayant signé deux fois au moins 25 buts depuis un autre Parisien, Carlos Bianchi (en 77 et 78, 37 et 37). Reste à savoir à présent si les méfaits du fair-play financier, d'une part, et de l'émergence d'un Monaco désormais européen, de l'autre, ne va pas faire vaciller son trône.

2e : Monaco : Si le PSG ne compte que neuf points d'avance sur son dauphin, c'est parce que ce dernier, promu, est le meilleur deuxième de l'Histoire. Avec son parcours et sa cadence, l'ASM aurait fait au moins aussi bien que 58 % des champions de France, et que 10 des 12 derniers ! Avec 80 points, elle fait moins que le PSG de l'an passé (83) et Montpellier en 2012 (82) mais mieux que Lille 2011 (76), Marseille 2010 (78), Lyon 2008 (78) et aussi bien que Bordeaux 2009... pas mal pour une équipe qui comptait parmi ses titulaires réguliers plusieurs joueurs qui évoluaient en Ligue 2 l'an passé (Subasic, Raggi, Kurzawa, Obbadi,
Rivière, Germain, sans parler de Ferreira Carrasco et Ocampos). Meilleure équipe du dernier quart d'heure, Monaco n'a jamais perdu après avoir ouvert le score, et peut donc être fier de son retour en Ligue 1. Dommage que Ranieri ne profite pas de cette réussite...

3e : Lille : Après les années Garcia, qui avait mis fin notamment aux années Halilhodzic et son football minimaliste mais efficace, en proposant du jeu, une attaque de qualité et un style séduisant, on a assisté, avec Girard, au retour du jeu réaliste et froid, avec toujours le même résultat en Ligue 1 : le succès. Qui attendait le LOSC cette saison, ce dernier ayant notamment perdu son meilleur joueur l'été dernier (Payet) après avoir raté l'Europe ? Et pourtant, Lille est là, qualifié pour le tour préliminaire de Ligue des Champions, et ce en signant la... 9e attaque (46 buts) et, logiquement, la 2e défense (26). S'appuyant sur une défense très performante, où Enyeama et la charnière Basa-Kjaer ont particulièrement brillé, un milieu accrocheur et une attaque où Kalou (16 buts, 5 passes) a tout fait, ou presque, et où Roux (9 buts, 5 passes) a patiné mais où Origi (5 buts) s'est révélé, Lille signe le troisième meilleure total de son histoire (71 points) et s'invite pour la 6e fois en C1 depuis 2001.

4e : Saint-Étienne : les Verts progressent d'années en années, lentement mais sûrement. 17e en 2010, 10e en 2011, 7e en 2012, 5e l'an passé... cette fois, l'exploit était tout prêt, puisqu'ils échouent à deux petits points (et une meilleure différence de buts) de Lille. Offrant souvent un spectacle de qualité, avec en défense un Bayal de retour au haut niveau et un Perrin impérial, mais aussi l'apport depuis janvier de l'excellent Trémoulinas, la saison énorme au milieu de Lemoine et la bonne saison en attaque de Erding, qui prouve à quel point il peut être un bon buteur quand il est en confiance (1 but toutes les 167 minutes, mieux que Gignac, Gomis, Aboubakar, Ben Yedder, Lacazette, Kalou...), l'ASSE signe la 3e attaque (56) et la 4e défense (34) et le 3e bilan retour (36 pts). Prochaine étape, le podium ?

5e : Lyon : Non qualifié pour la C1 pour la 2e fois en trois saisons, l'OL, qui signe son plus petit total de points (61) depuis 2000, voit pourtant les médias considérer que sa saison est réussie. Il est vrai que Lyon a encore du vendre des joueurs importants (Bastos, Lisandro, Lovren, Réveillère...), ne recrutant finalement qu'un joueur majeur, Bédimo, deuxième passeur du championnat (9), et s'appuyant encore plus qu'à l'accoutumée sur les jeunes. Avec des réussites diverses : Ferri ou Tolisso ont plutôt brillé, mais on a moins vu Fekir ou Benzia... si Lyon a pu s'appuyer sur un duo d'attaque très performant (Lacazette 15, Gomis, 14), il n'a pu que brièvement compter sur un Gourcuff qui a pu pourtant montrer, quand il jouait, qu'il restait un joueur d'exception. Au final l'OL se garantie un été à disputer des tours préliminaires improbables en C3. Bon courage !

6e : Marseille : Premier non-européen pour un petit point, pour la première fois depuis 2007, Marseille était pourtant le seul club du haut de tableau, en dehors bien sûr du duo de tête, à s'être renforcé, notamment sur le plan offensif (Thauvin, Payet, Khalifa...). Dauphin du PSG l'an passé, il est pourtant celui termine dernier du six majeur... paradoxe de la Ligue 1, où les investissements couteux ne garantissent pas toujours le succès. Marseille, comme Paris il y a une quinzaine d'années avec la génération Luccin, Dalmat ou Anelka, a misé sur de jeunes loups talentueux mais inexpérimenté (Thauvin, Imbula, Mendy), et l'a payé très cher, à tous les niveaux. Évidemment, changer d'entraîneur n'a rien changé. Six fois défait dans un Vélodrome terriblement hostile, Marseille s'est montré plus consistant à l'extérieur (4 défaites, 6 succès), en plus de l'excellente saison de Gignac (16 buts). Comme quoi, il y avait le potentiel. L'année prochaine, sans Coupe d'Europe, peut être morose comme elle peut être celle de la renaissance.

7e : Bordeaux : Étrange saison de Bordeaux, qui a semblé accabler ses supporters par la pauvreté de son jeu mais qui n'a cessé de naviguer non loin de l'Europe. Septième, c'est d'ailleurs la place que le club girondin semble s'être octroyé, puisqu'il y a terminé l'an passé et en 2011. Pourtant, Bordeaux ne peux pas avoir honte de ses chiffres, lui qui est loin de rouler sur l'or : 6e attaque (49), il a pu compter sur un excellent Diabaté (12 buts, un toutes les 140 minutes), sur un Jussiê renaissant (9 buts !) et un Sertic influent au milieu. On est très loin du Bordeaux 2009, c'est souvent ennuyeux et très inconstant, mais avec cet effectif moyen les Girondins ne sont pas loin des places d'honneur. Une des surprises en 2015 ? Possible.

8e : Lorient : Figurant dans le haut du tableau malgré un bilan négatif (13 succès, 15 défaites), Lorient a pourtant réussi une nouvelle saison miracle, se maintenant sans aucun problème au sein d'une élite où il fait toujours figure d'anomalie financière et structurelle, même si c'est désormais un visage familier de Ligue 1 (10 saisons depuis 1998). Huitième, comme l'an passé, Lorient a encore joué son rôle de révélateur de buteur. Après avoir révélé Gameiro et réveillé Aliadière, moins présent cette saison (8 buts), Gourcuff, pour sa dernière saison, a littéralement transcendé Aboubakar (16), qui n'avait jamais dépassé les 6 buts avec Valenciennes... Notons la révélation Guerreiro, en latéral gauche offensif, le réveil de Coutadeur et la confirmation Jouffre. Espérons que le prochain entraîneur soit aussi inspiré que son illustre prédécesseur...

9e : Toulouse : Éternel résident du ventre mou (8e en 2011 et 2012, 10e l'an passé), malgré un potentiel qu'on devine intéressant, le TFC, seule équipe avec Ajaccio a évoluer à trois derrière - voire à cinq - a tenté de jouer plus que d'habitude, sans que ça change quoique ce soit, si ce n'est qu'il a encaissé plus de buts que d'habitude (14e défense avec 53 buts) et s'est montré médiocre à domicile (17e bilan avec 24 points). C'est d'ailleurs la seule équipe à avoir pris plus de points à l'extérieur (25). Pourtant, Ben Yedder a encore amélioré son score de buts (16), bien aidé par Braithwaite, parfait adjoint en attaque (7 buts, 7 passes), et Aurier a confirmé qu'il était probablement déjà un des meilleurs latéraux d'Europe, et pas seulement grâce à ses stats offensives (6 buts, 6 passes). Mais si, niveau recrues, Spajic a convaincu en défense, c'est moins le cas de Trejo, voire d'Aguilar et Chantôme. Il va falloir encore attendre avant de voir le TFC s'incruster en Europe.

10e : Bastia : c'est peut-être l'équipe dont on a le moins entendu parler cette saison. Pourtant il y a figurait trois internationaux français (Landreau, Squillaci, Cissé) et d'autres joueurs de qualité (Romaric, Krasic...). Le premier s'est imposé, notamment en défense, le second s'est vite éteint après de bons débuts. Le Sporting a été fidèle à lui-même : 5e à domicile et 17e à l'extérieur, avec une attaque finalement moyenne (42) et une défense gruyère (58). Mais Bastia n'a jamais été en danger, et a pu compter sur les buts de Bruno (8) et Raspentino (5), plutôt que sur ceux de Cissé (3) ou les passes d'un Boudebouz moyen. Le successeur de Hantz trouvera un club bien ancré en Ligue 1.

11e : Reims : Longtemps aux portes de l'Europe, le Stade a plongé en 2014. 8e à deux points du 4e à la trêve, l'ex promu termine 11e à 21 points de l'ASSE... en raison d'une phase retour désastreuse (17e bilan avec 19 points, 5 succès pour 10 défaites). Meilleur buteur du club l'an passé (9), Courtet n'a pas marqué une fois. Dommage, parce que cette saison rémoise s'annonçait séduisante, avec un Krychowiak encore convainquant et un Oniangue qui a parfaitement dépassé sa fonction de milieu défensif (10 buts). La perte d'Hubert Fournier, en partance pour son club formateur, Lyon, sera difficile à encaisser. Il faudra que Reims se montre plus régulier à l'avenir.

12e : Rennes : Paradoxale saison pour les Bretons, qui font aussi bien que l'an passé (46 points), qui ont atteint la finale de la Coupe de France, un an après celle de la Coupe de la Ligue, et qui signent le 8e parcours des matches retours grâce à un mercato hivernal réussi (Toivonen, Ntep) mais qui ont semblé nager toute la saison dans la crise. Il faut dire que le maintien n'a été assuré que quelques journées avant la fin, qu'on attendait plus sur le plan du jeu de la part du meilleur entraîneur de la Liga 2012-13, Philippe Montanier, et que la nouvelle défaite contre Guingamp au Stade de France a fait très mal. Pourtant l'effectif rennais est séduisant, et si Montanier parvient à appliquer ses idées, et si Ntep confirme son talent, Rennes peut signer une grande saison l'an prochain.

13e : Nantes : Comme Reims, le FCN semblait parti pour naviguer dans les eaux du haut du tableau avant de fléchir sérieusement après la trêve (15e). Un parcours typique pour un promu, mais qui a quand même permit aux Canaris, dotés pourtant d'un effectif peu renforcé l'été dernier, et qui ne le sera pas cet été à cause des sanctions suite à l'affaire Bangoura, de se maintenir sans trembler. Seul Vizcarrondo s'est ajouté, avec bonheur, en défense centrale, bien aidé par un excellent Djilobodji. En attaque, Gakpe a signé une grosse fin de saison et termine deuxième buteur du club (8 buts) derrière un Djordjevic qu'on n'a pas vu après la trêve (10 buts, 2 en 2014) et qui quitte le club fâché. Entre l'affaire du match contre Bastia perdu sur tapis vert et l'interdiction de recrutement, Nantes n'a pas vécu un retour apaisé. Mais réussi quand même.

14e : Evian-T-G : Le succès final à Sochaux (0-3) a non seulement sauvé le club savoyard de la relégation, il lui a aussi permit de signer in extremis son meilleur classement depuis début novembre... 17e sans interruption entre mi janvier et fin mars et jusqu'à l'avant-dernière journée, l'ETG, 16e l'an passé, a encore une fois énormément souffert pour garantir son maintien, avec succès. Il est pourtant le seul club à avoir battu le PSG (2-0) et Monaco (1-0) au Parc des Sports d'Annecy... ce qui l'a sans doute sauvé. La grande saison
de Wass (9 buts) et de Bérigaud (10) y a également contribué, ces deux joueurs étant partant cet été... A noter que Evian, lui aussi, a réussi sa phase retour (10e, mieux que Bordeaux...), pas seulement Sochaux...

15e : Montpellier : Le titre de 2012 semble si loin. Il reste pourtant quelques champions dans l'effectif héraultais (Jourdren, Hilton, Stambouli, Cabella, Camara, Montano...) mais ça s'est rarement vu cette saison. Seul Cabella s'est montré plus fort que jamais (14 buts), s'approchant ainsi sérieusement des Bleus. Mais les 18 nuls signés sont rédhibitoires dans un championnat à la victoire à trois points. Quand Jean Fernandez a été viré, le club était 17e. Courbis, son successeur, a certes sauvé le club mais n'a pas vraiment transcendé cette équipe parfois sans réaction et inquiétante défensivement (53 buts), même si elle termine 9e des matches retours. Les départs de Cabella et Stambouli ne seront également pas simples à combler.

16e : Guingamp : Le vainqueur de la Coupe de France est également le troisième promu à se maintenir, une rareté. Cinquième en novembre, le club breton a lui aussi plongé après la trêve, et termine même relégable sur les matches retours (18e). 19e attaque (34) mais 6e défense (42), l'En Avant n'a pas forcément fait le spectacle cette saison, mais en avait-il les moyens ? Surtout sur une pelouse indigne du monde professionnel. Sa défense, notamment sa charnière Kerbrat-Sorbon, a fait le boulot, tout comme Sankharé et Mathis au milieu. En attaque, Yatabaré, après une première expérience médiocre à Boulogne, s'est enfin imposé en Ligue 1 (11 buts), bien aidé par un Beauvue aérien (5 buts dont 4 de la tête). Comme pour tout promu, la deuxième saison s'annonce difficile, surtout si Gourvennec s'en va...

17e : Nice : C'est peu dire qu'on n'attendait pas les Aiglons aussi bas, après leur 4e place de l'an passé et la livraison de leur nouveau stade. Sauvés de deux petits points, Nice, pire attaque de Ligue 1 (30, 7 de moins qu'Ajaccio !) a vu la baudruche Cvitanich se dégonfler complètement (8 buts, 1 en 2014) et les jeunes Bosetti (5) et Maupay (2) ont eu du mal à le suppléer. Malgré les bonnes saisons en défense d'Ospina, Bodmer et Kolodziejczak, l'animation offensive a été désastreuse, elle qui avait tant séduit la saison dernière. Mais Eysseric, Bauthéac et consort ont vraiment déçu. Puel, qui a fait jouer ses deux fils cette saison (Grégoire et Paulin) a vraiment du travail.

18e : Sochaux : Premier relégué, et peut-être le plus cruel. Le FCSM, 66 saisons de Ligue 1 au compteur, ne comptait que 11 points à la trêve. Il en compte 40 cinq mois plus tard, mais cette phase retour phénoménale (7e, 8 succès, 6 défaites) n'a pas suffit. Les recrues hivernales, Sunzu, Marange ou Ayew, ont apporté mais la montagne était vraiment trop haute. Pourtant, Sochaux avait les moyens de le faire face à Evian, après avoir tenu en échec le PSG (1-1) et s'être imposé à Reims (0-1) et Rennes (1-2) pour s'offrir cette finale inespérée. Mais les Savoyards ont été plus forts mentalement. Tant d'efforts vains... difficile à encaisser. On espère maintenant voir Sochaux remonter très vite.

19e : Valenciennes : Le club nordiste a également cru que l'expérience d'Ariel Jacobs, arrivé cet hiver, et les buts de Waris (9) allaient lui permettre de créer l'exploit et de se maintenir. Mais les sept défaites consécutives qui ont conclu cette saison ont scellé le sort du VAFC, de retour en Ligue 2 après huit saisons consécutives dans l'élite... un match a fait très mal, face à Ajaccio (2-3), alors que les Nordistes menaient 2-1 à quelques minutes de la fin et qu'ils s'apprêtaient à sortir de la zone rouge. Ils ne s'en sont jamais remis. 18e attaque (37), mais surtout 19e défense (65), VA a montré trop de faiblesses cette saison, entre inexpérience et insuffisances techniques. Hormis Waris, seuls le milieu Doumbia et le défenseur Masuaku ont montré quelques qualités. Espérons que Valenciennes se remette vite de cette saison ratée.

20e : AC Ajaccio : Il fallait bien que ça arrive. Maintenu sur le fil tous les ans, le club corse a cette fois bel et bien plongé. Pire dernier de la décennie à la trêve (9 points), l'ACA, débarrassé cet hiver de son entraîneur, Ravanelli, et de quelques poids morts peu concernés, notamment Mutu, a fait un peu mieux en 2014 (14), mais pas beaucoup mieux. Malgré les 8 buts du jeune Junior Tallo, prêté par Rome, l'ACA signe la pire défense du championnat (72 !), malgré ses cinq défenseurs régulièrement alignés. Qui se souvient encore du match nul obtenu au Parc des Princes (1-1) lors de la deuxième journée, grâce à un but stratosphérique de Pedretti ? Christian Bracconi a fait ce qu'il a pu mais Ajaccio prépare déjà la saison prochaine depuis six mois. En Ligue 2.

Je vous laisse, à plus tard !

samedi 28 septembre 2013

Sept journées dissequées

Salut à tous,

Premier post de la nouvelle saison de Ligue 1, qui est déjà bien entamée maintenant. Sept journées, ça fait déjà presque 20 % des matches qui ont été joués. Les chiffres que je vais vous fournir ne seront évidemment pas les mêmes dans 5, 10 ou 20 journées, mais ils indiquent en tous cas la tendance de ce début de saison. Et comme dans tout début de saison, il y a des surprises, qui auront plus ou moins de mal à tenir la distance. Mais sept journées, déjà, c'est pas mal.

Des 0-0 à la pelle

D'abord, la moyenne de buts, particulièrement faiblarde (2,21). L'an passé, on en était à 2,54, soit presque un but en moins tous les trois matches. Ça semble négligeable, mais c'est loin d'être le cas, c'est trois buts de moins par journées. Ça signifie surtout une hausse nette des 0-0, quatrième score le plus fréquent (14,3 %), soit une place de mieux que l'an passé et presque le double d'unités (8,7 %) ! Sans les dix 0-0 qu'on a du se fader en 7 journées, soit
une journée entière, on tournerait à 2,58 buts, soit un peu plus que l'an passé... sur les cinq dernières journées, on tourne carrément à deux 0-0 par journée, puisqu'il y en a pas eu lors des deux premières. En sept journées, on a atteint une fois 29 buts et une fois 27, mais on est passé trois fois sous les 20, et pas qu'un peu lors de la troisième journée (15 !). Enfin, comparaison fatale, on tourne à 3,27 en Allemagne - où il y a eu... aucun 0-0 en 54 matches - soit plus d'un but par match par rapport à la France.

Monaco et Paris, leaders solides

Il reste encore deux équipes invaincues - Paris et Monaco - et une équipe sans succès, Sochaux (deux nuls, 5 défaites). Il reste également trois équipes invaincues à l'extérieur (les deux gros cités plus Marseille) mais aussi neuf équipes vierges de succès à l'extérieur, soit près de la moitié ! La palme à Lorient et Valenciennes, qui ont perdu leurs quatre et trois matches hors de leurs bases, en inscrivant... zéro but. La hausse des victoires à domicile (47,1 contre 44,7 l'an passé) n'est pourtant pas gigantesque, la baisses des succès à l'extérieur (22,9 contre 26,8) à peine plus prononcée.

Monaco est un leader solide puisqu'il possède la meilleure défense (3) devant Lille, le PSG, Reims et Rennes (4) et la meilleure attaque (13) devant Lyon (12). A noter que Bordeaux n'a marqué qu'une fois en quatre matches à domicile, contre cinq fois en trois matches à l'extérieur... Revenons à Monaco, qui concentre donc le plus de buts, avec le plus petit nombre de buteurs de Ligue 1, à savoir deux, Falcao (7) et son remplaçant, Rivière (6), dont il ne devait même pas soupçonner l'existence il y a trois mois... personne ne possède moins de buteur que le leader du championnat, même Sochaux et Nantes (3). A titre de comparaison, Guingamp en compte 6 (Yatabaré - 4 - plus les cinq buteurs du matches contre Sochaux, 5-1 !) tout comme les Verts, et le PSG, sept, plus gros chiffre de Ligue 1.

Étonnants Danois !

On note une nette hausse des buts étrangers cette saison (53,3 % contre 46,3). La faute aux buteurs européens, auteurs d'un bon début de saison et qui résistent à l'offensive des buteurs sud-américains, Falcao (7), Cvitanich (4) ou Cavani (3). Et ce grâce non pas aux seuls buts du Suédois Ibrahimovic, plus discret cette saison sur ce plan (2), mais à ceux des voisins danois, auteurs de cinq buts, dont trois pour l'étonnant toulousain Braithwaite. L'an passé, le Danemark avait marqué... deux buts, six l'année d'avant, aucun entre 2009 et 2011 et cinq en 2008-09, et n'est pas passé au-dessus des dix buts en Ligue 1 depuis 1995. Suivent la Belgique, Israël, le Portugal et la Serbie (3). Mais le leader toutes catégories est la Colombie de Falcao mais aussi Montano, avec 9 buts au total, devant la Côte D'Ivoire (7) et le Brésil et le Mali (6). L'Argentine, tenante du titre, est pour l'instant à la traine (5), en compagnie de l'Algérie et donc du Danemark. Par continents, l'Afrique a mis le temps mais est déjà solidement en tête (31) devant l'Europe (25) et l'Amsud (24). Le duel s'annonce serré, comme l'an passé, où l'Europe l'avait emporté de trois buts (109 à 99).

Les jeunes en forme, plus de coup-francs

Avec la crise, les clubs français sont fauchés et, à l'image par exemple de Lyon, sont contraints de s'appuyer sur les jeunes, ce qui explique les bons débuts des moins de 21 ans (8 %), même si la hausse par rapport à l'an passé est faible (7,4). Mais l'an passé les jeunes avaient débuté très timidement avant de finir fort, une tendance qui pourrait se confirmer cette saison. A noter que, contrairement à l'an passé, le PSG compte déjà deux représentants dans ce classement (Rabiot et Lucas). Il était également absent des + de 31 ans, qui ont
marqué autant que les jeunes alors que d'ordinaire ils les dominent aisément, puisque Maxwell et Ibrahimovic sont désormais qualifiés pour figurer parmi les "vieux"...

André-Pierre Gignac s'était fait une spécialité, celle d'ouvreur de score (8 buts sur 13), il remet ça cette saison, puisque ses trois buts ont à chaque fois défloré le tableau d'affichage. Il était accompagné de Cvitanich et Ibrahimovic l'an passé, cette fois il doit faire de la place à Djordjevic, qui a également toujours ouvert le score, et Cvitanich encore une fois.

Bons débuts des tireurs de coup-franc (8, soit 5,3 % contre 4,1 l'an passé), alors que les deux meilleurs de la saison écoulée, Khazri et Ibrahimovic (3) n'ont pas encore trouvé la faille dans ce domaine. Clément Grenier (Lyon) fait figure de favori logique, sachant qu'hormis Atik (Guingamp) et son coéquipier Gourcuff, aucun des autres buteurs dans ce domaine ne présente le profil d'un grand tireur de coup-franc (Saivet, Dja Djedje, Wass, Aliadière et Tiéné). Mais je peux me tromper ! Attention à Wass tout de même.

Ibrahimovic toujours passeur

Les penalties sont forcément plus nombreux, et deux joueurs ont déjà marqué deux fois dans cet exercice, Falcao et Melikson (Valenciennes). Très peu de buts de joueurs que j'appelle "revanchards", seuls Aboubakar, contre Lorient, et S.Camara, contre Nice, ayant marqué contre un de leurs anciens clubs. L'an passé ils représentaient 2,5 % du total, soit deux fois plus que cette année (1,33). Les remplaçants, eux sont en très légère baisse (10 % contre 11,5) avec déjà deux buts de Rivière, mais aussi deux buts de jeunes africains d'Ajaccio (Tallo et Camara) très prometteurs. Sept clubs ne comptent encore aucun but de remplaçant, dont Lyon ou Saint-Étienne. Ils étaient onze avant la dernière journée, riche en buts venant du banc (5).

Chez les passeurs, Ibrahimovic est une nouvelle fois en tête, puisqu'il avait fini co leader avec Valbuena l'an passé, avec 9 unités. Il en est déjà à 4 cette année (même si la Ligue a eu l'étrange idée de lui refuser celle à Nantes, légèrement déviée...) dont deux pour Cavani, avec qui il est sensé ne pas s'entendre. Le Suédois devance celui qui part grand favori de ce classement, selon moi, à savoir Moutinho (3) et 15 autres joueurs à deux passes, dont Saivet, Grenier, Gourcuff, Valbuena, Brüls (Nice), Hamouma et les latéraux Fanni, Kurzawa, Lemaître et I.Cissokho, ce qui permet de ne pas trop désespérer sur notre capacité à produire de bons latéraux en France, enfin. C'est également Paris qui compte le plus de passes décisives, à égalité avec Lyon (8), qui a marqué deux buts de plus. En revanche, Valenciennes n'en compte qu'une seule.

Valenciennes ne doit pas être menée

Trois équipes ont le plus ouvert le score cette saison, Marseille, Nantes, Sainté et Paris (5). Mais seul le PSG n'a jamais perdu en ouvrant le score, tout en concédant un nul (Monaco, 1-1), Marseille et les Verts perdant une fois et Nantes, deux. Lille et Monaco, qui ont ouvert le score quatre fois, l'ont emporté à chaque fois, tout comme Rennes (3 sur 3) et Reims (2 sur 2). A noter que Lorient, Valenciennes et... Lyon n'ont ouvert le score qu'une seule fois, avec la victoire à chaque fois à la clé. Quant à Sochaux, les deux fois où les Lionceaux ont marqué en premier, ils ont perdu à chaque fois... Si vous menez d'entrée, vous avez 71,7 % de l'emporter (69,2 l'an passé). A l'inverse, trois équipes ne comptent aucune défaite après avoir concédé l'ouverture du score, Marseille (1 sur 1) et Monaco et Paris (2 sur 2). Mais neuf équipes, elles, ont toujours perdu quand elles ont été menées en premier, dont Nantes et Rennes (1), Lille et Sainté (2), Bordeaux (3) et surtout Valenciennes (6 sur 6 !). Enfin, seules cinq équipes l'ont emporté après avoir été menées en premier, notamment Lyon, qui l'a fait deux fois sur 5. Monaco, Montpellier, Toulouse et Lorient ont également réussi cet "exploit", qui représente 10 % du total (9,2 l'an passé).

Attendez, ce n'est pas fini... Monaco est également leader dans le dernier quart d'heure, avec 4 points récupérés, devant le PSG (3), Nantes, Marseille et Rennes (2). Dans le bas du tableau, on retrouve Lyon, Bordeaux et les Verts (-1), et Ajaccio, Valenciennes et Sochaux (-2). Six équipes n'ont encore concédé aucun but tardif (Monaco, le PSG, Nantes, Rennes, Lille et Lorient), quatre n'ont pas encore marqué en fin de match (Lorient, à zéro dans les deux cas, Nice, Sainté et Sochaux). Devinez qui sont les plus efficaces dans les quinze dernières minutes ? Rivière (3) et Falcao (2)...

Paris ne maîtrise pas ses matches

Enfin (oui on arrive à la fin) Saint-Étienne est l'équipe qui a mené durant le plus de temps (296 min) devant Lille (264) et Marseille (239). En bas du tableau figurent Montpellier (88), Toulouse (54), Valenciennes (53) et Sochaux (33). Plusieurs fois menés, Monaco (206) et surtout le PSG (166) sont encore loin des meilleurs. Le club parisien qui paie son match contre Ajaccio (1-1 après avoir été mené pendant 80 mn !) et qui peine à rattraper les équipes ayant été menées le moins longtemps, avec 127 min, contre 19 pour Monaco, 33 pour Marseille ou 65 pour Rennes. Lorient, en revanche, ferme la marche (325) derrière VA (272) ou Evian (268). Si on soustrait ces chiffres là aux premiers, c'est Marseille qui compte le meilleur différentiel (+207) devant Monaco (+187) et Sainté (+161). Paris est 9e (+39) alors que Valenciennes (-219) et Lorient (-220) sont derniers.

Allez, un petit dernier : il faut à peu près 10 tirs pour marquer un but, dont quatre cadrés, des chiffres à peu près stables par rapport à l'an passé, même si les tirs cadrés faisaient plus souvent mouche (28,7 %). C'est ce qui fait la différence, puisqu'on tire au but autant que l'an passé (23,5 tirs par match contre 23,7) et on cadre autant (8,6 contre 8,9). A quoi tient une moyenne de buts... là, c'est aux gardiens pour l'instant.

Allez, je vous laisse ! Et n'hésitez pas à réagir !

mardi 6 août 2013

L'été, pas très meurtrier


Salut à tous,

A la fin de la semaine la Ligue 1 reprends, aussi je vous propose de faire un petit bilan des matches amicaux de nos 20 pensionnaires. La coutume consiste à dire que jusqu'ici tout va bien pour toutes les équipes, en attendant les premiers "vrais" résultats, mais même si ceux obtenus en amical comptent effectivement pour du beurre, on peut quand même considérer que certaines équipes ont nettement plus brillé que d'autres durant cette préparation. Sans que ça ne présage de quoi que ce soit, on le verra plus tard.

Lille brille, Marseille patine, Nice humilié

Voici le tableau des matches amicaux de l'été :



C'est donc Lille qui s'est le mieux comporté, et de loin, avec cinq succès en cinq matches. Deux des trois promus suivent, en compagnie de Toulouse, sachant qu'on s'attendait plus aux bons résultats de Monaco, qui n'a de promu que le statut officiel, qu'à ceux de Guingamp, invaincu durant sa préparation, comme quatre autres clubs. Lyon, par exemple, n'a pas perdu, mais a également peu gagné, tandis que Marseille a perdu deux tiers de ses matches. Le PSG a eu du mal à démarrer lors de son stage en Autriche avant de rétablir la balance, et de perdre de justesse contre le Real Madrid (1-0), qui sera ensuite tenu en échec par Lyon deux jours plus tard (2-2). La palme revient à Nice, qui n'a signé qu'un nul et quatre défaites, dont une humiliante au PAOK Salonique (6-0). Le troisième promu, Nantes, a également eu du mal à se mettre en évidence, en ne gagnant aucun match, comme Nice, donc, mais aussi Reims, qui a accumulé les nuls.

Cette tendance est d'ailleurs une habitude lors des matches amicaux estivaux, notamment cette année, puisqu'il y a eu près de 37 % de matches nuls, contre 28,4 lors de toute la saison dernière. Seules trois équipes n'ont signé aucun nul, Lille, Monaco et le PSG, alors que sept d'entre elles en ont récolté au moins trois. Sachant que la moyenne de matches disputés par équipe est de 5,3...

A noter également que la moyenne de buts durant ces matches (2,48) est à peine inférieure à celle de la dernière saison de Ligue 1 (2,54). Non, on ne s'ennuie pas toujours devant un match de préparation. Mais parfois quand même.

Les petits démarrent fort

Voyons à présent ce qui s'était passé l'année dernière.



D'abord, un constat : on avait plus joué d'amicaux que cette année, en moyenne un de plus par équipe (6,2). On avait aussi beaucoup plus marqué (2,58), ce qui présageait déjà la bonne saison qui allait suivre dans ce secteur. La moyenne de "points" pris est également identique, sachant que durant ces matches les clubs de Ligue 1 ne s'affrontent pas forcément entre eux, ils affrontent des petites équipes, des clubs étrangers... Un autre constat : Lille, déjà, avait nettement dominé son sujet, avec juste un nul comme bémol pour empêcher un nouvel été parfait. Paris et Marseille, les deux futurs premiers, n'étaient pas très loin du compte mais confirmaient quand même que les "gros" sont rarement prêts aussi tôt. Aucun des futurs cinq premiers ne figure parmi les six premiers de ce tableau... les Verts, par exemple, avaient été très moyens, tout comme Nice et Lyon. Les futurs relégués ? Ça allait bien, merci. Nancy présentait un excellent bilan, avec deux tiers de succès et une moyenne de deux buts par matches, Brest signait une copie équilibrée, seul Troyes fréquentant, déjà, le bas du tableau. Avec deux succès, quand même... D'autres futurs mal classés avaient également fait illusion durant l'été 2012, comme Sochaux, Ajaccio... quant à Evian, il confirme que les matches amicaux, ce n'est pas son truc.

Lille, le spécialiste

La preuve dans le classement cumulé des deux derniers étés :



Logiquement Lille, à chaque fois vainqueur du classement, remporte la mise. Deux des équipes présentes qu'une fois, les promus et les relégués, suivent, profitant d'un chiffre diviseur inférieur. A noter donc l'excellent comportement de Montpellier, de Sochaux et de Toulouse, ainsi qu'Ajaccio. Comme prévu, les "gros", programmés pour être en forme plus tard dans la saison, sont à la peine... la palme revenant à Lyon, qui joue peu de matches l'été mais qui n'en a quand même gagné qu'un seul en deux sessions. De son côté, Nice a encadré son excellente saison 2012/2013 de deux étés assez médiocres, et signe l'antépénultième bilan cumulé.

Logiquement, le futur classement de la Ligue 1 ne devrait pas du tout ressembler au premier tableau de cet article. Mais ces amicaux confirment qu'ils ne sont que des galops d'entraînement, où les effectifs tournent et durant lesquels certains joueurs alignés ne seront jamais revus en pro durant l'année qui suit. Mais on constate aussi la bonne forme des futures équipes en difficulté, et la mauvaise des futurs cadors, au préparation plus calibrées pour les luttes européennes et le titre, une course de longue haleine. D'où une préparation très très dure et lourde, ce qui joue forcément sur les résultats estivaux. Les adversaires, également, sont d'un autre calibre, avec le Real, Tottenham... C'est une explication, pas une excuse : le Real ou le Barça, eux, ont gagné quasiment tous leurs matches.

On en reparle plus tard ! Bonne reprise !

dimanche 30 septembre 2012

Champion de France, mode d'emploi

Salut à tous !

Désolé de m'immiscer en plein milieu de cette trépidante septième journée de Ligue 1, qui s'achève ce soir avec les matches de Bordeaux, Marseille et Lyon qui devraient nous permettre d'y voir plus clair à propos du podium à une semaine du Clasico, penchons nous un peu sur ces étranges entités, rares mais qui passent très régulièrement une fois par an, les Champions de France.

Aucun Champion à plus de 10 titres

On en compte 75 pour l'instant depuis 1932 (je compte le titre retiré à Marseille en 1993 pour plus de commodités), avec l'intermède de la Guerre (1939-1945), répartis en 19 clubs, de Saint-Étienne (10) à l'Olympique Lillois, Auxerre, Roubaix-Tourcoing, Lens, le Racing, Strasbourg et le dernier en date, Montpellier (1), soit une moyenne de moins de 4 par équipe (3,94). Pour info, la moyenne en Bundesliga est de 4,08 (en seulement 39 saisons !), de 4,91 en Angleterre (23 champions différents !), de 6,75 en Italie et de... 9 en Espagne ! Il faut dire que le Real et le Barça ont remporté 53 des 81 titres espagnols, et que seulement sept autres équipes ont osé leur piquer leur jouet, la dernière fois en 2004 (Valence)... Bref, une nouvelle
preuve de la difficulté de nos grands clubs d'affirmer sur de très longues périodes leurs dominations, dans un espèce de relais permanent, qui participe au suspense mais nuit aussi à leur compétitivité en Europe.

Ce qui m'intéresse, c'est ce qui différencie un bon champion d'un champion moyen, ou d'un champion médiocre, par défaut en quelque sorte. On peut toujours gloser sur la qualité mythique du jeu nantais, de la solidité plus froide des Verts des années 70, etc... mais le moyen le plus objectif, selon moi, ce sont les chiffres.

Six victoires sur dix

Pour cela, il faut une nouvelle fois comparer les époques, qui sont très différentes, et découper tout cela en décennies. En moyenne, un champion de France remporte environ 60 % de ses matches, chiffres qui atteignait quasiment les 64 % dans les années 30, mais pas forcément parce qu'il y était marqué énormément de buts (2,5 pour les champions d'avant-guerre), puisqu'on tombait à 59,48 dans les années 50, où les champions étaient également très efficace, malgré une baisse significative (2,23). Surtout, encore aujourd'hui, ce chiffre de 60 % ne bouge pas, puisque c'est la moyenne des deux premiers champions de notre décennie actuelle, ainsi que la précédente, alors que les buts sont nettement moins nombreux, y compris pour les champions (1,74 dans les années 2000, 1,79 pour Lille et Montpellier).

La révolution, qui eut lieu dans les années 60, décennie funèbre qui vit la disparition des cinq attaquants et l'apparition du libéro et du Catenaccio, concerne les matches nuls et les défaites. De 1932 à 1957, et hormis à de rares occasions (Sochaux 1938, Marseille 1948, Bordeaux 1950, Lille 1954), le champion comptait presque toujours plus de défaites que de nuls. Ainsi, le premier d'entre eux, l'Olympique Lillois, ancêtre du LOSC avant sa fusion avec Fives, n'en avait signé aucun en 18 matches ! D'une manière générale, les champions des années 30 ne comptaient que 15,46 % de nuls contre 20,6 % de défaites. Pour ceux des 40's, les chiffres se rapprochèrent (19 contre 20,1) ainsi que dans les années 50 (19,5 contre 21), mais toujours avec un avantage pour les défaites. Un phénomène aisément explicable, dont j'ai, je crois, déjà parlé ici : plus y a de buts, et moins y a de matches nuls, forcément, même si la victoire à trois points n'a absolument rien changé à long terme dans ce domaine.

Il faut attendre les années 60, et ses premières véritables mesures tactiques en faveur d'un football moins romantique, plus fermé, pour voir, comme par hasard, le rapport s'inverser. Même si la chute des buts pour le champion est relative (de 2,23 à 2,13), elle l'est nettement pour le reste du championnat, qui passe de 3.3 buts par matches dans les années 50 à 2,96
lors de la décennie suivante. Ça parait peu comme ça, mais c'est quand même la première décennie ou l'on passe sous la barre des trois buts par match, et ce lors de 4 saisons... Bref, dans le même temps, le rapport s'inverse : dans les années 60, les nuls concerneront 20,3 %, contre 18,13 pour les défaites. Et cet écart deviendra un gouffre dans les années 70 (23,7 contre 16), les années 80 (26,84 % contre 14,2), et ainsi de suite (24,73/15,7 dans les années 90, 22,6 contre 16,7 dans les années 2000, 26,3 contre 13,16 dans les années 2010).

Des Champions moins offensifs, mais moins solides aussi

Au niveau des buts, un champion marque en moyenne 2 buts par match, et en encaisse un. Des chiffres quasi ronds qui sont cependant variables suivant les époques, là encore. On l'a vu, les champions des années 30 et 40 carburaient au super (2,52 puis 2,42), ainsi que ceux des années 50 (2,23) et même 60 (2,13). Même si on reste au-dessus de la barre des 2 buts, la chute de la moyenne est cependant régulière et nette. La bascule se situe dans les années 1970 (1,98) et surtout les années 80 (1,75), que l'on peut véritablement considérer comme la décennie dans laquelle se révèle vraiment le football moderne. Ainsi, on peut considérer que les tactiques employées aujourd'hui n'ont que très peu évolué depuis 30 ans, alors que beaucoup d'équipes évoluaient encore à 4 attaquants dans les années 70, une aberration aujourd'hui.

Les années 90 verront la chute se briser, mais très légèrement (1,78) avant une nouvelle rechute dans les années 2000 (1,75). Depuis deux saisons dans la présente décennie, on assiste à une légère amélioration (1,79), mais rien de révolutionnaire... Sauf si le futur champion marque deux buts par matches, ce qui n'est plus arrivé depuis Monaco en 2000, et avant cela depuis Nantes en 1983 (!), on passera cette saison sous la barre des deux buts par match pour les champions depuis 1932. Triste, mais inévitable !

Au niveau des buts encaissés, la chute est forcément réelle, là aussi. La moyenne historique est de 1,006 (!) mais elle était de 1,32 dans les années 30 (2 par match pour Sète en 1934, une moyenne de relégable aujourd'hui !), de 1,31 dans les années 40, 1,18 dans les années 50 et de 1,093 dans les années 60. Sochaux 1938 est le premier champion à prendre moins d'un but par match (0,87), puis vint Lille 1954 (0,65, personne n'a fait mieux jusqu'au PSG 1994, 0,58 !) avant les cinq derniers champions des années 60. Dans les années 70, on tourne à 0,99 buts encaissés, puis 0,79 dans les années 80, 0,83 dans les années 90, 0,86 dans les années 2000 et 0,92 pour Lille et Montpellier. Une légère remontée appréciable... il n'empêche que le dernier champion à compter plus d'un but encaissé par match date de
2003 (Lyon) et avant lui Nantes (2001). Ça fera donc bientôt dix ans que ce n'est plus arrivé, mais on avait fait mieux entre Strasbourg 1979 et Bordeaux 1999 (21 saisons d'affilée !).

Saint-Étienne, le plus fort

Bref, revenons à notre question initiale, qui a initié ce post : qu'est-ce qu'un bon champion ? Sur une saison à 20 clubs et donc 38 matches, ça donne une moyenne générale de 23 victoires, 8 nuls et 7 nuls environ, 76 buts pour et 38 contre. Les plus proches de ce rapport (60/23/17) ces dernières années ont été Marseille 2010 (60,5/23,7/15,8) et... Bordeaux 84 (60,5/21/18,4). Le principe d'une moyenne est d'être une synthèse, pas une généralité, ni une majorité.

Pour les records, le champion ayant le plus gagné de matches est le premier d'entre eux, Lille (77,8 %). On n'est d'ailleurs passé au-dessus des 70 % que quatre fois, avec donc Lille 1933, Sochaux 1935 (73,3) et les Verts 35 ans plus tard (70,6 en 1969, 73,53 en 1970). Depuis, les plus gros chiffres atteints sont pour Nantes 1980 (68,4) et, récemment, de 64,7 % pour Bordeaux 1999 et 65,8 pour Lyon 2006 et Montpellier, l'année dernière. A l'inverse, les pires chiffres sont à chercher dans notre époque moderne, puisque, même si le plus bas chiffre date de 1976 (Saint-Étienne, 47,4 !), on est passé sous les 60 % à 14 reprises depuis 1986, soit plus d'une fois sur deux. Ainsi, le LOSC 2011 plafonne à 55,3 %, le Lyon 2003 à 50, Nantes 1995 à 55,3, et Monaco 1988 et Marseille 1989 à 52,6.

Chez les matches nuls, si récemment Lille 2011, Lyon 2005 et Bordeaux 1987 ont fait fort (34,2 %), , ils ne font pas mieux que Saint-Étienne 1976 (39,5) et surtout Nantes 1995 (42,1), qui, il faut le dire, n'avait perdu qu'une seule fois, autre record. En revanche, et hormis le LOSC en 1954 (38,24), de 1932 à 1964 (32,35, Nantes 1965), personne ne dépassera les 27 %, le record le plus bas, on l'a vu, étant pour l'Olympique Lillois lors de la première saison de l'Histoire (0 %). Suivent quatre équipes à 11,7 % (Reims 1949, 1953 et 1958, Nice 1952), puis Roubaix-Tourcoing 1947, Monaco 1961 et Nantes 1980 (13,16) et quatre équipes à 13,33, toutes avant guerre (Sochaux 1935, le Racing 1936, Marseille 1937 et Sète 1939). Ces dernières années, les chiffres les plus faibles sont pour Montpellier, l'année dernière, et Lyon 2004 et 2008 (18,4), devancés par Lyon 2002 et Bordeaux 1999 (17,65). A la jointure des années 1990 et 2000, Auxerre 1996 (15,79), Lens 1998 (14,71) et Monaco 2000 et Nantes 2001 (14,71) firent également très fort.

Chez les défaites, seulement trois équipes ont atteint les dix : Nice 1951 et Reims 1962 (11),
et Auxerre 1996 (10). Le Gym qui faisait encore plus fort que Reims, sacré en 38 journée (28,95 %), puisqu'il totalisait 32,35 % de défaites en 34 journées. Pour Auxerre, ça signifiait également 26,32 de défaites, un rapport énorme de plus d'une défaite toutes les quatre journées, contre une sur six en moyenne... L'AJA qui postule donc pour le titre de plus mauvais champion de l'Histoire. Pour trancher cette question, le mieux c'est quand même la moyenne de points non ? Promis après j'arrête...

Avec la victoire à deux points, la moyenne moyenne d'un champion de France est de 1,43 points par matches. Et ce, avec une pointe haute à 1,45 dans les années 1980 (1,44 dans les années 2000, 1,47 dans les années 2010), et une basse à 1,38 dans les années 50, décennie où le pourcentage de victoires passe sous les 60 % pour la première fois (ce sera également le cas dans les années 80 et 90) et le taux de défaites à 21, un record. Ces dernières années, Montpellier, Lyon 2007 et 2005 (1,5), Lyon 2006 (1,55) ont atteint ou dépassé les 1,5, et ce pour la première fois depuis Nantes 1995 (1,53) et le PSG 1994 (1,55). Mais le record absolu se nomme Saint-Étienne, version 1970 (1,64), juste après une autre année exceptionnelle des Verts (1,56). Durant deux saisons, l'ASSE ne perd que 8 matches, en gagne 49 (sur 68 !), inscrit 158 buts (2,32) et n'en encaisse que 56 (0,82). Durant la saison 1969-70, les Verts gagnent 25 matches sur 34, n'en perdent que 3, inscrivent 88 buts (2,59) et en encaisse 30. Allez, on le tient notre meilleur champion, même si les résultats des clubs français en Coupe d'Europe étaient des plus médiocres... si l'on compare avec une période où les clubs français brillaient, alors Nantes et le PSG, au milieu des années 90, remportent la mise, sachant que Marseille, durant sa grande période européenne, de 1989 à 1993, n'a jamais dépassé les 1,45 points par matches...

Le plus mauvais ? Il y a des cas, c'est sûr... le pire chiffre est pour Nice en 1951 (1,21), avec ses 18 succès en 34 matches, ses 5 nuls et ses 11 défaites ! Ajoutez-y ses 73 buts pour et surtout ses 46 buts encaissés... seulement huit équipes ont signé moins de 1,3 points par matches, dont sept sur huit avant 1966, une avant la guerre (Marseille 1937), trois dans les années 50 (Nice 1951 et 1956, Reims 1955), trois dans les années 60 (Reims 1962, Saint-Étienne 1964 et Nantes 1965) et enfin... Lyon, en 2003 (1,29) !

Bon j'ai dis que je m'arrêtais mais... allez, encore une stat intéressante, le classement par équipes ! Si on regarde les clubs qui ont gagné au moins deux titres, celle qui recueille la meilleure moyenne de points est Sochaux, lors de ses deux titres d'avant-guerre (1,53), devant le PSG, deux titres également, mais nettement plus récents (1,51). Suivent Nantes (8 titres, 1,473), Bordeaux (6 titres, 1,468), Saint-Étienne (10 titres, 1,45), Lyon (7 titres, 1,44), Marseille (10 titres, 1,42), Monaco (7 titres, 1,405), Reims (6 titres, 1,396), le LOSC (3 titres, 1,39), Sète (2 titres, 1,36) et enfin Nice (2 titres, 1,33). Les "anciens" champions, hormis Sochaux, sont donc à la peine à la moyenne de points, à une époque où les joueurs restaient souvent toute leur carrière dans leur club, où les transferts étaient donc rares et donc, les effectifs plus équilibrés, les meilleurs joueurs n'allant pas systématiquement dans les meilleurs clubs, comme aujourd'hui.

Voilà, merci de m'avoir lu jusqu'au bout ! A plus tard !

lundi 30 avril 2012

Pourquoi Montpellier ?

Et pourquoi pas, me rétorquerez-vous, et vous n'auriez pas tort non plus.

Oui, pourquoi Montpellier ? Non parce qu'il ne faut pas me raconter de blagues, cinq points à quatre journées de la fin, même si les Héraultais doivent encore aller à Rennes et recevoir Lille, c'est un écart qui n'est pas rattrapable. S'ils ont gagné à Toulouse, ils gagneront ailleurs. Pour moi, c'est plié, terminé, et ce n'est pas un mince exploit.

Alors, pourquoi Montpellier ? Essayons de sortir du simple "ils ont gagné plus que les autres, donc ils sont les plus forts", simpliste et symptomatique du journalisme d'aujourd'hui. Juger sur l'instant, analyser la surface, c'est le mieux qu'on puisse lire depuis notamment que le net domine désormais toute autre sorte de média, et les influencie en profondeur. Il faut faire court, simple, clair, et ne pas chercher à creuser ni chercher à comparer avec des précédents éventuels. Sinon, ça ennuie les gens. Dommage.

Une affaire française

Pourquoi Montpellier ? Comparons donc avec les précédents du même style. Depuis 15-20 ans, le championnat français s'est fait la spécialité de couronner des clubs improbables, et que rien n'avait préparé à un tel honneur. Difficile, aujourd'hui, d'imaginer un Hanovre, un Levante, un Parme ou un Aston Villa accrocher un titre à l'étranger, même si Wolfsburg, en 2009, fut une belle exception. Aujourd'hui, les Loups sont huitièmes, après avoir passé une bonne partie de la saison dans le bas du tableau... c'est aussi souvent le lot de ces clubs qui gagnent le titre presque par hasard, et qui n'ont pas vraiment les moyens ni la culture pour enchaîner derrière...

Donc en France, on aime ça, produire ces exceptions, ces incongruités, devant les présumés "gros". Ca colle parfaitement avec l'amour qu'on a en France depuis plus de deux siècles de faire rouler des têtes puissantes dans la sciure. On n'a pas trop aimé Hinault, Prost, Anquetil, Noah, Saint-Étienne, qui écrasaient les autres, on leur a préféré des Fignons (quoique), des Poulidors, des Alesi, des Leconte, des Nantes, ces losers magnifiques qui gagnaient de temps en temps, voire une fois ou deux, ce qui leur construisait une légende de revanchards et de battants magnifiques, du genre "vous voyez il est nul, mais il ne s'est jamais découragé, et il a été récompensé".

Qui sont ces prédécesseurs à Montpellier ? Ils furent sacrés lors de l'intermède entre la domination Marseillaise, conclue en 1993, et l'avènement de Lyon, en 2002. Durant ces 8 années, six équipes différentes furent sacrées, Nantes et Monaco remportant deux titres, mais jamais consécutivement, un peu comme maintenant, que Lyon a relâché sa domination. C'était la foire à celui qui était le moins nul, le plus opportuniste, celui qui terminait le mieux sa saison. Imaginez tout de même que la Ligue 1 a sacré en 2001 un FC Nantes qui alignait une attaque Vahirua-Moldovan, soutenue par des Da Rocha, Ziani, Carrière, Monterrubio... Dans les buts, Landreau, en défense, Armand, Gillet, Fabbri, Laspalles, au milieu, Berson ou Savinaud... tous de bons joueurs de Ligue 1, mais combien d'internationaux à plus de 10 sélections ? Cherchez pas, il y en avait un, Moldovan. Pour le reste, certains jouent encore, mais, hormis Landreau, aucun n'a réalisé la carrière qu'on attends d'un champion de France. Mais ils avaient dominé Lyon de 4 points, avant que ce dernier ne remporte ses 7 titres consécutifs. Lille était troisième, déjà, Paris 9e, Marseille 15e.

Durant cette période, rétrospectivement (parce que l'analyse en profondeur était déjà minimale à l'époque), on a l'impression que n'importe qui pouvait être champion. Et effectivement, n'importe qui l'était, ou presque. On a vu Nantes, qu'on peut cependant difficilement mettre dans la case des bizarrerie, puisqu'en 2001 les Canaris remportaient leur 8e titre de champion... mais c'était peut-être le plus mauvais champion nantais de l'histoire. En revanche, les titres d'Auxerre (96) et Lens (98) sont toujours aussi étonnant. Surtout quand on sait où ils en sont aujourd'hui, et ce qu'ils ont fait après ce titre...

Auxerre et Lens, presque normal

A l'époque, voir Auxerre remporter le titre était beaucoup moins étonnant que Montpellier aujourd'hui. Certes, c'était le premier titre de championnat de l'AJA, qui avait dominé en plus un PSG qui remportait cette année là la Coupe des Coupes, et qui alignait peut-être la meilleure équipe de son histoire (Raï, Loko, Dely Valdes, Djorkaeff en attaque). Un Auxerre qui réussissait l'exploit d'être champion en alignant dix défaites, un record absolu en Ligue 1, surtout dans un championnat à 18 clubs ! Soit une défaite tous les trois matches et demi... Dans ce domaine, les 4 poursuivants de l'AJA (le PSG, Monaco, Metz et Lens) avaient tous fait mieux, avec la palme pour Lens (7). Mais Auxerre, profitant déjà de la victoire à 3 points, n'avait fait que 6 matches nul, et gagné 22 fois...

Ce qui n'était pas étonnant dans cette affaire, c'est qu'Auxerre, en 1995/1996, était déjà une place forte du football français. Seize ans après son arrivée dans l'élite, l'AJA avait déjà remporté une Coupe de France, très récente (1994) et en gagnait une autre cette année là (1996) et elle avait surtout aligné 40 matches européens au moment du titre, au printemps 1996, dont une demi-finale de C3 en 1993. Sans parler des internationaux, confirmés eux, en tous cas qui ont aligné plus de 10 sélections, qui garnissaient son effectif (Blanc, Silvestre, West, Saïb, Lamouchi, Diomède, Guivarc'h, Laslandes...). Pas une équipe géniale, mais une équipe solide, très expérimentée et intelligente. Ce titre, après des années de construction minutieuse, était donc arrivé presque naturellement pour ce club, qui n'a cependant quasiment plus eu de génération équivalente, même si celle de Mexès, Boumsong et Cissé fut également prometteuse. Mais ce fut la dernière, et elle ne fut pas championne.

L'autre, c'est Lens, donc. Des Lensois qui, cette année là, dominaient... Metz, d'un cheveu (5 buts). Aujourd'hui, ces deux clubs illuminent le bas du tableau de Ligue 2 de leur nullité abyssale. A noter que si la victoire à 2 points avait été appliquée, c'était Metz qui était champion, les Lorrains ayant perdu 2 matches de mois que les Nordistes. Dur dur !

Comment Lens avait pu être champion cette année-là ? Comme en 1996, et cette année aussi, en profitant d'abord de l'échec des gros : Monaco, Marseille et Bordeaux 3e, 4e et 5e, mais à 9, 11 et 12 points ; le PSG 8e et Nantes, 11e. Ensuite, malgré peu d'internationaux confirmés (Smicer, Vairelles, Oruma, Drobnjak...), un effectif solide. Surtout, Lens avait un public exceptionnel et des infrastructures peut-être parmi les meilleures en France, déjà. Certes, tout cela est toujours là, alors que le Racing a du mal à assurer son maintien en Ligue 2... Mais Lens, hormis la saison précédente (13e) avait terminé 5e les deux années d'avant, et fréquentait l'Europe, à défaut d'y briller (8 matches entre 1995 et 1997). Bref, ils faisaient partie du peloton de clubs habitués du haut de tableau, alors pourquoi pas eux ? C'était la mode, à l'époque.

Montpellier, par hasard ?

Et là, pourquoi Montpellier ? Et oui, j'y reviens, parce que ça me dépasse. Lille, l'an dernier, n'était pas une surprise, même si c'était son premier titre depuis les années 40. Le LOSC a construit un projet cohérent depuis sa remontée en 2000, en améliorant ses infrastructures, en garantissant la continuité du staff, en investissant intelligemment sur de jeunes espoirs français et étrangers. Et ça payait, avant même le titre de 2011, avec 24 matches de Ligue des Champions et 42 de C3 ! Un client, quoi.

A Montpellier, rien de tout ça. Un public assez classique, chaud car méridional et jeune, mais pas plus qu'à Nice, dans un stade qui n'a rien d'exceptionnel. Deux petits matches européens disputés en 13 ans, à savoir le tour préliminaire de Ligue Europa perdu en août 2010 contre les terribles Hongrois de Gyor (0-1, 0-1, 3-4 tab). Une quatorzième place l'an dernier qui ne présageait en rien que la 5e de l'année précédente, pour la remontée du club, allait déboucher sur un tel succès cette saison. Et les internationaux ? Estrada (Chili), Belhanda (Maroc) et Utaka (Nigeria) sont les seuls à dépasser les 10 sélections pour leur pays. Et les Français ? Giroud devrait les atteindre relativement facilement, et Yanga Mbiwa, s'il confirme ce qu'on pense de lui, également. Mais pour l'instant, le premier est une promesse, le second un espoir, qui attends toujours sa première sélection.

Ceux qui tentent d'expliquer le succès de Montpellier cette année parlent de la continuité technique du club. Si René Girard n'est pourtant là que depuis 3 ans, depuis la remontée, ce qui n'est pas mal dans le football moderne mais qui n'a rien d'extraordinaire. Son centre de formation, peut-être le meilleur de France avec Rennes et Sochaux ? Ben justement, pourquoi Montpellier et pas les Bretons, qui ont des moyens plus conséquents, ou les Lionceaux, qui jouaient l'Europe en début de saison après leur belle 5e place l'année dernière ? Eux aussi construisent patiemment, changent rarement d'entraîneur, du moins quand ça gagne (Antonetti est là depuis 3 ans également), mais les deux sont encore loin d'un titre. Si on m'avait dit en début de saison qu'un de ces trois clubs allait créer une énorme surprise en remportant le titre grâce à des jeunes époustouflants et quelques grognards intelligents, je n'aurais pas parlé de Montpellier, sorry. J'aurais plus vu Rennes ou Sochaux, justement, même si le départ de Gillot pouvait faire craindre le pire pour les Lionceaux.

Alors, pourquoi Montpellier, plutôt qu'un autre ? Je ne sais pas, il n'y a pas de raisons objectives pour expliquer ça, sinon que seul le football français, décentralisé, régionaliste, ouvert à la performance de tous, est le seul à faire ça en Europe, voire dans le monde. C'est son charme, indéniable. C'est aussi sa faiblesse : le manque de régularité des gros à son sommet, et donc en Coupe d'Europe, lui coûte régulièrement des points UEFA. La période où Auxerre et Lens ont été champion est aussi celle de l'arrêt Bosman, qui a aussitôt vu le football français baisser. La grosse période lyonnaise a vu ses résultats s'améliorer, du moins en C1, puisque Lyon, grâce à son expérience et à l'argent accumulé dans la compétition, atteignait régulièrement les quarts de finale. Des résultats qui ont de nouveau chuté cette saison, maintenant que les champions de Ligue 1 différents se succèdent depuis quatre ans. Lille, cette année en Ligue des Champions ? Éliminé au premier tour, derrière l'Inter, le CSKA et Trabzonspor, malgré son expérience dans la compétition. Je ne doute pas qu'ils feront mieux l'année prochaine...

Ce titre, là encore, c'est surtout l'échec des gros. Du PSG, bien sûr, incapable de gagner à Nice, Auxerre, Nancy ou contre Bordeaux, malgré une volonté toujours renouvelée d'attaquer et de faire du jeu. Mais sa défense, pourtant renforcée cet hiver, a failli, plus que son attaque, contrairement à ce qu'on pourrait croire en lisant la presse depuis quatre mois. Mais aussi de Lyon, sans parler de Bordeaux ou Marseille... Seul Lille confirme ses performances de l'an passé. Et le LOSC semble carrément capable de passer le PSG, et même de chatouiller Montpellier. Mais les Héraultais seront champions, et ce sera mérité, nul doute à cela. Pourquoi ? Là vraiment, je sèche. Ils n'étaient pas programmés pour ça, du tout. Espérons qu'ils confirmeront, que ce ne soit pas le coup d'une année, juste comme ça, avant une 12e place l'année suivante et une descente dans les cinq ans... si c'est ça, je ne vois pas l'intérêt. La continuité, c'est ce qui manque au football français, sa versatilité, son défaut majeur, même s'il est profondément sympathique.

A plus tard !

samedi 31 mars 2012

La Ligue 2, un hall de gare

Salut à tous,

Descendons d'un cran, histoire de jeter un œil à l'étage inférieur, en Ligue 2, histoire de voir un peu ce qui s'y passe. Étrange championnat que cette compétition qui aujourd'hui est plus un hall de gare qu'autre chose : les clubs y passent dans un sens, puis dans l'autre. Ainsi, Grenoble, après être monté en Ligue 1 en 2008 à la surprise générale, est redescendu en 2010 avant d'enchaîner une deuxième descente l'été dernier. Même chose pour Strasbourg, descendu en Ligue 2 en 2009, puis en National en 2010 avant d'être d'être rétrogradé en CFA 2, ou de Istres, qui a connu un délicat passage éclair en Ligue 1 en 2004/2005, puis dans la foulée deux saisons en National de 2007 à 2009 avant de remonter... et de jouer la montée cette année !

Aujourd'hui, aucune des trois équipes reléguées, Lens (11e), Arles-Avignon (13e) et Monaco (14e) n'est en position de monter. Elles seraient même plutôt menacées par la relégation, elles aussi... De leurs côtés, Le Mans et Boulogne, qui sont toutes deux descendu en Ligue 2 en 2010, sont relégables aujourd'hui. Bref, l'époque où la logique faisait des clubs relégués les grands favoris pour la remontée est révolue. Ainsi, depuis 10 ans, seuls Caen (2010), Lens (2009), Nantes (2008), Strasbourg et Metz (2007), Le Mans (2005) et Metz encore (2003) sont remontés immédiatement après leur descente, soit un taux de remontée de 23 %, moins d'une chance sur quatre. Un chiffre encore élevé, mais qui devrait baisser cette année a priori.

Dans le même temps, des équipes passent par la Ligue 2 dans le sens inverse, c'est-à-dire du National à la Ligue 1 en moins de deux ou trois saisons, à l'image de ce que va très probablement faire Bastia, pourtant promu cette année. Evian-T-G l'a fait l'an dernier, Arles-Avignon l'année d'avant, Boulogne également en 2009 ou Valenciennes en 2006. Alors qu'à une époque, on avait l'impression de voir toujours les mêmes équipes en Ligue 2, avec des remontées ainsi que des redescentes plus fréquentes, aujourd'hui elle change de visage quasi tous les ans. La Ligue 1, d'ailleurs, en est également bouleversées : au hasard, en 2004/2005, Nancy (1er), Dijon (4e), Montpellier (8e), Brest (9e) et Lorient (14e) évoluaient en Ligue 2, quand Monaco (3e), Lens (7e), Strasbourg (11e), Metz (16e), Nantes (17e), Bastia (19e) et Istres (20e), soit plus du tiers du championnat, les narguaient d'une division !

Passons à cette saison avec, on l'a donc vu, des relégués à la peine, même si Monaco est actuellement en train de profiter de son recrutement luxueux de cet hiver pour redresser la barre, et sans doute assurer un maintien qui était loin d'être acquis il y a deux mois. Croyez-moi si vous voulez, mais Kagelmacher, Wolf et surtout Nabil Dirar (auteur de 4 buts en Europe League avec Bruges cette année !), Nacer Barazite (qui lui en avait marqué 11 avec l'Austria Vienne !) et Ibrahima Touré (déjà 6 buts en 9 matches), sans parler de Hansson, Giuly ou Vahirua, n'ont rien à faire en Ligue 2. Ainsi, Monaco est deuxième des matches retours, derrière Bastia... à ce rythme, on devrait revoir l'ASM en 2013.

Par ailleurs, on a droit aux prototypes habituels ces dernières années en matière d'équipes candidates à la montée. Un promu ambitieux (Bastia, 13 points d'avance sur Troyes, qui joue lundi à Nantes), un glorieux ancien (Reims, un peu comme Valenciennes ou Saint-Étienne il y a quelques années), un habitué malheureux du haut de tableau de la Ligue 2 (Sedan), un favori logique (Nantes) et quelques équipes qu'on n'aurait jamais pensé pouvoir se mêler à cette lutte, à commencer par Clermont (3e), mais aussi Troyes (4e), Tours (6e), Châteauroux (7e) et même Istres (8e). Trois d'entre eux ont déjà connu la Ligue 1, mais ça commence à dater, et la prescription est de mise. Istres et Troyes, qui sont dans ce cas, sont entre temps passés en National, par exemple...

Bastia domine donc les débats, grâce à une force impressionnante à domicile, Furiani demeurant toujours aussi intimidant, mais aussi un recrutement très intelligent. Pour un promu, débaucher gratuitement Maoulida et Rothen, c'était vraiment bien joué. Les Corses possèdent la meilleure attaque (50 buts) et la meilleure défense (25e), celle-ci ne comportant pourtant pas des clients connus à l'étage supérieur. Mais en Ligue 2, Moizini, Sans ou Harek, c'est costaud. Et au milieu, Rothen, bien épaulé par Cahuzac ou Choplin, se régale pour lancer ses flèches, Maoulida, Khazri et Diallo, déjà signé par Rennes pour l'année prochaine. Les deux autres promus se comportent diversement : si Guingamp est bien au chaud à la 10e place, Amiens, dernier avec 10 points de retard sur Angers, 17e, est déjà condamné, ou presque. L'année dernière en National, sept et quatre points séparaient ces trois équipes... sauf qu'Amiens était devant Guingamp. Aujourd'hui, les écarts sont de 21 et 14 !

Reims, et son meilleur buteur Kamel Ghilas (13 buts), et Clermont suivent, mais ils sont tous les deux à la peine en 2012 (8e et 13e des matches retours avec 16 et 11 points en 11 matches) et ne comptent plus qu'une poignée de points d'avance sur Troyes, qui sera sur le podium en cas de victoire à la Beaujoire, lundi, et sur Sedan, Tours, etc. On n'est pas à l'abri d'une arrivée au finish, comme l'an dernier avec la promotion d'Ajaccio (64 points) et surtout Dijon (62), qui avait in extremis grillé Le Mans pour... 4 buts ! Des totaux de points extrêmement faibles, qui montraient à quel point la lutte avait terrible. De toutes façons on aura une surprise : à moins que Nantes et Monaco, qui compte quand même 11 points de retard sur le podium à 8 journées de la fin, et à un degré moindre Sedan, qui vise tous les ans la montée, grillent Reims et Clermont, on aura forcément un ou deux clubs inattendus en Ligue 1 l'année prochaine. Vous me direz, elle a l'habitude : des clubs historiques comme Nantes, Lens, Monaco ou Strasbourg manquent à l'appel, ce qui profitent à des clubs étonnants comme Dijon, Evian, Ajaccio... voire même Lorient, qui ne connaissait pas la Ligue 1 il y a une douzaine d'années.

Et la Ligue 2 n'est pas au bout de ses surprises, puisqu'elle pourrait bien voir des monuments du football français comme Sochaux, Auxerre ou Nice fréquenter ses rangs l'année prochaine. Le mouvement perpétuel entre les deux divisions n'a pas fini de chambouler les statuts du football français...

A plus tard !