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mardi 21 février 2012

Un choc pas si déséquilibré

Salut à tous,

En attendant mon traditionnel post récapitulatif de cette 24e journée, profitons que nos esprits se soient quelque peu refroidis pour revenir sur le sommet de la Ligue 1 qui a mobilisé notre dimanche soir. On peut d'ailleurs s'inquiéter pour Canal +, d'habitude assez prompt pour trouver des noms crétins qui finissent en o à ces "chocs" qui émaillent la Ligue 1, histoire de faire écho avec le Classico (l'Atlantico, l'Olympico...) mais qui cette fois a déclaré forfait devant la difficulté de la tâche. J'imagine déjà la réunion la semaine dernière au sein du service des sports de la chaîne cryptée, le brainstorming intense mené par le spécialiste du genre, Hervé Mathoux (qui ne semble pourtant pas toujours assumer ses "trouvailles"...), et les quelques propositions pathétiques qui en ont découlé, du genre "Opposito", Laurentroberto"... bon les gars on laisse tomber. Pour cette fois.

Tant pis, même sans nom à la con, ce choc a tenu toutes ses promesses, et ce n'est pas peu dire. En effet, il ne fallait pas être grand clerc pour deviner que Montpellier, qui n'est certes pas assis sur le même tas de billet que son adversaire - on l'aura bien compris, vu comment cette information ébouriffante a été répétée 50 fois par jour dans tous les médias, histoire de délester définitivement les Héraultais du moindre début d'une queue de pression dans ce match - mais qui avait gagné tous ses matches en 2012, tout en encaissant aucun but, et qui évolue avec les mêmes joueurs et la même tactique depuis trois ou quatre ans, allait se montrer supérieure collectivement à un PSG qui a subit de nombreux bouleversements, à tous les niveaux, depuis huit mois maintenant, et notamment cet hiver. L'étonnement surjoué des commentateurs de Canal mais aussi de tous les observateurs "objectifs" de cette rencontre ne saura donc que provoquer le mien, d'étonnement. C'est plutôt l'inverse qui m'aurait interloqué, pour tout vous dire.

Pourtant, individuellement, aucune des recrues parisiennes ne déçoit vraiment pour le moment, à l'image des débuts réussis d'Alex, auteur d'un coup-franc superbe, dénigré de façon surréaliste par Christophe Dugarry et consorts, qui n'ont pas hésité à attribuer le mérite de ce but à la qualité du ballon, qui n'a donc été facétieux que sur ce tir, et non sur les centres victorieux d'Hilton et de Giroud, donc... qu'un joueur parisien ose lever le ballon dans les airs dans une action réussie, et son geste sera aussitôt taxé de "chanceux". Une des nombreuses facettes de la différence de traitement subit par le club parisien depuis que ce dernier a décidé de s'arracher de l'anonymat de la Ligue 1 en profitant des énormes moyens économiques de son nouveau propriétaire, ce qu'aucun autre club français n'aurait osé faire dans le même contexte, ça va de soit. Y a qu'à Paris qu'on ose dépenser l'argent qu'on possède, c'est bien connu ! Donnez le à Loulou Nicollin, et vous verrez que les poubelles seront beaucoup mieux ramassées dans l'Hérault, ça ne loupera pas.

C'est vrai, donc, Montpellier a dominé collectivement son adversaire, mais ne s'est pourtant pas créé plus d'occasions que son adversaire, qui a bousculé l'équipe héraultaise durant 25 bonnes minutes après la bonne entame de cette dernière, sous l'impulsion d'un duo Bédimo-Utaka assez épatant, face à un Bisevac qui n'a pas démérité mais qui était un peu esseulé dans le système sans milieu excentré de Carlo Ancelotti, et qui en a profité pour marquer par Alex. Sous l'eau depuis un petit moment, Montpellier a pourtant égalisé dans la foulée, sur une petite faute de main, selon moi, de Sirigu, par ailleurs énorme dans ce match, comme souvent. En deuxième mi-temps, les Parisiens ont souffert par manque d'automatismes, et ont souvent vu leurs ailes une nouvelle fois souvent débordées. Le "sapin de Noël" de l'entraîneur transalpin a des avantages, mais aussi des inconvénients, du moins s'il n'est pas encore bien huilé, face à des équipes dotées de bon techniciens sur les côtés, et notamment des latéraux très actifs. Ménez et Nene plus recentrés, Sissoko et Matuidi qui restent des axiaux, Maxwell, intéressant offensivement mais dont le couloir a vu naître les deux centres décisifs montpelliérains, et Bisevac ont souvent du écoper comme ils ont pu. Sur ce plan là aussi, il reste beaucoup de travail aux Parisiens pour maîtriser leur nouveau système. Ce qui n'a pas empêché l'envoyé spécial de l'Equipe d'oser affirmer que ce n'était pas mieux qu'avec Kombouaré. Ancelotti a dirigé 8 matches à Paris, Tonio, 134.

En attendant, les Parisiens se sont quand même créé de grosses occasions, comme ces deux opportunités énormes dans la surface pour Maxwell puis Pastore, qui ont frappé à côté alors qu'ils étaient dans des positions idéales. Mais, comme à Nice (0-0), ou les Parisiens s'étaient créé là aussi des occasions très importantes mais aussitôt passées à l'As par les médias, qui ont prétendu, avec succès, que le PSG avait été capable de se montrer dangereux pendant 90 minutes, là encore ces frappes qui auraient du être victorieuses n'ont semble-t-il pas été considérées dans l'analyse de ce match : selon les médias, seul Montpellier a été dangereux, et aurait du largement gagner. Ben non, désolé, Paris, avec un peu plus d'efficacité, aurait tout aussi bien pu s'imposer.

En football, il y a l'impression visuelle, influencée ou non par les commentaires du match, mais aussi par la fluidité du jeu supérieure d'une équipe par rapport à l'autre, et puis il y a la réalité. Paris, malgré des manques qui ne sont pas scandaleux compte tenu du fait qu'il s'agit d'une équipe très neuve, à la tactique toute aussi récente, a livré le même genre de match que face à Lyon, il y a quelques mois. Le sextuple champion de France avait longtemps semblé dominer les débats, collectivement notamment, avant de s'incliner sur un exploit de Pastore, puis sur un coup-franc de Nene exploité par Jallet, en toute fin de match (2-0). Mais dites moi quel club, dans le monde, est capable de créer en quelques semaines une grande équipe au jeu fluide, léché et aux automatismes confirmés ? Ça amuse les médias et les pourfendeurs - si nombreux - du PSG de relever des choses pourtant facilement explicables, mais ça ne fait pas pour autant avancer le débat.

S'ils avaient voulu un peu dévier des éléments de langage qui ont fourni toutes les analyses de ce match, on aurait pu relever, tout de même, la force de caractère d'une équipe qui a souvent été en difficulté dans ses matches par manque d'automatismes, on l'a dit, mais qui est beaucoup plus souvent revenue au score qu'elle n'en avait l'habitude depuis 15 ans. En clair, à la "grande" époque parisienne, celle où le PSG était parfois concerné par la lutte pour le maintien ou pour la 9e place, il aurait perdu ce match. Beaucoup de supporters parisiens, qui connaissent trop bien leur club, ont du zapper lorsqu'Utaka a trompé Sirigu, et ainsi rater le but d'Hoarau, sur un nouveau travail exceptionnel de Jérémy Ménez (8e passe décisive dans le jeu), qui devra toujours donner plus de buts que les autres pour que les observateurs daignent reconnaître son côté décisif. Bref, le PSG est revenu dans un contexte difficile, comme face à Bilbao (4-2), Caen (4-2), Evian (3-1)... et ce genre d'état d'esprit pourrait bien lui être utile pour la suite. A condition, bien sûr, de maîtriser un peu plus ses matches, et de moins gâcher face au but.

Paris est aussi la première équipe à marquer un but à Montpellier en 2012. Enfin, grâce notamment à la prestation des plus convaincantes d'Alex mais aussi de Sirigu, Olivier Giroud, qui a été bon par ailleurs, n'a pas marqué ce week-end, comme à l'aller d'ailleurs (0-3). La défense parisienne l'a bien surveillé, ce qui lui a d'ailleurs peut-être coûté sur les buts de Belhanda et Utaka, complètement oubliés sur ces deux centres... Bref, contrairement à ce qu'on pourrait croire si on écoute tout ce qui se dit, tout n'est pas à jeter du côté Parisien. Avec 51 points, le PSG reste un leader des plus acceptables, même si sa position, du fait de la saison exceptionnelle de Montpellier, reste des plus précaires. Si les Parisiens parviennent à conserver cette première place après leur déplacement des plus compliqué à Lyon - on voit mal l'OL s'incliner trois fois d'affilée... - tandis que Montpellier recevra Bordeaux, là sera l'exploit. A Gerland, la meilleure défense du championnat devra faire moins de cadeaux, laisser moins d'espaces sur les côtés... et se montrer plus réaliste devant. Mais Montpellier, on l'a peu dit là aussi, devra dépasser la déception d'être passé tout près d'une victoire qui lui aurait offert la première place, avec l'opportunité d'accentuer son avance lors de la journée suivante, face à des Bordelais qui marchent sur l'eau en ce moment. Bref, on a hâte d'y être !

A plus tard !

samedi 21 janvier 2012

Deux tiers de Mercato

Salut à tous,

Cette année, et contrairement aux exercices précédents, on ne pourra pas dire que le mercato d'hiver ne sert à rien, qu'il ne s'y passe rien, à part le 31 janvier entre 23h45 et minuit, que c'est surtout fait pour raccommoder des effectifs qui n'auraient pas été bien évalués par des entraîneurs distraits, ou, dans le cas du PSG par exemple, par le précédent. Non, cette année, le mercato a une certaine tenue, et il reste encore 10 jours avant sa fin, de quoi bien s'amuser, du moins si les enveloppes de recrutement des clubs déjà actifs n'ont pas été définitivement vidées de leurs contenus.


En même temps, même les années précédentes il y avait déjà beaucoup de mouvement, peut-être pas forcément en France, mais sur toute la planète, et notamment en Europe, ça circulait bon train. Et ce n'étaient pas seulement des sous-fifres qui changeaient d'atmosphères : par exemple, l'hiver dernier, Chelsea recrutait David Luiz (Benfica) et Fernando Torres (Liverpool), certes pour des résultats divers mais surtout pour 82 millions d'Euros à eux deux. On est loin du prêt d'un jeune à casque avec option d'achat au Havre.


En France, comme principales têtes d'affiche changeant d'écuries, on avait eu droit au Brésilien André à Bordeaux, pour un résultat proche de l'accident industriel ; des prêts de Bellion (Bordeaux) à Nice, Sunu (Arsenal) à Lorient, Alonso et Aubameyang (Monaco) à Sainté ; aux arrivées de Boukari (Lens) à Rennes pour 4 millions, Utaka (Portsmouth) à Montpellier, de Feindouno, Moukandjo, Maazou, Welcome, M.Diarra et G.Lacombe à Monaco, pour le résultat probant que l'on sait, et de Verhoek (Den Bosch) à Rennes, et du départ de Makoun (Lyon) à Aston Villa pour 6 millions, de Bergessio et N'Daw (Sainté) à Catane et à Saragosse, de Sverkos (Sochaux) à Panionios et de Sessegnon (PSG) à Sunderland pour 7 millions. Et oui, c'était y a seulement un an, on a l'impression que c'était un peu plus vieux que ça... Bilan de tout cela ? 80 % d'échecs, environ. Seules les opérations Aubameyang, Boukari et Utaka, côté arrivées, peuvent être considérées comme à peu près probantes. C'est maigre, c'est tout sauf clinquant, mais ça prouve que ça avait quand même un peu bougé, sachant que j'en ai laissé quand même plein de côté...

Cette année, rien qu'en France encore une fois, et sans l'impulsion du PSG, qui semble se désintéresser, à tort ou à raison, au marché national, mais non sans celle de Lille, on a déjà eu de quoi se mettre sous la dent. Le Champion de France qui va se voir délesté de son buteur attitré, Moussa Sow, qui devrait vite signer pour Fenerbahce et son challenge sportif ébouriffant. Que Mamadou Niang et ses 30 ans aient été tentés par les charmes du Bosphore, soit, à la rigueur. Mais que Sow, 26 ans et à peine sacré meilleur buteur de Ligue 1, n'ai pas été capable de se dégoter ne serait-ce qu'un bon petit club anglais pour progresser, et s'en aille en Turquie défier Orduspor et Mersin Idman Yurdu, va falloir me faire un mémo parce que j'ai échappé un truc.


Bref, toujours est-il que voilà nos Dogues un peu plus riches que prévu à cette époque de l'année, et qui du coup s'en vont récupérer un des solides espoirs du football français au poste d'avant-centre, à savoir Nolan Roux (Brest). Personnellement, j'ai toujours un petit problème avec cette lubie qu'on les observateurs français de surclasser des attaquants et peu élégants et qui marquent des buts spectaculaires, plutôt qu'à l'aune de leur rendement devant le but. On ne voit ça qu'en France, à l'étranger on a souvent l'étrange habitude de considérer qu'un attaquant est "bon" quand il marque beaucoup, point barre. Non parce que Nolan Roux, en Ligue 1, c'est 10 buts en 46 matches. C'est pas médiocre, il est jeune, mais on a vu mieux, même en Ligue 1. Si si, je vous assure qu'on a vu mieux. Alors, peut-être va-t-il exploser au sein d'un collectif mieux huilé et plus offensif que celui de Brest, mais je reste perplexe quand même. Après tout, les médias officiels ont bien essayé de nous faire croire que Marouane Chamakh était un grand buteur (alors que son record sur une saison est de 13 buts, sachant qu'il jouait en général beaucoup plus que ses collègues), alors pourquoi pas Roux ? En même temps, je ne m'étais pas trompé sur Chamakh...


Notons également le recrutement lillois du jeune Costaricien John Jairo Ruiz, qui vient compléter une collection d'avant-centres (Jelen, De Melo, Roux, Ruiz, Gianni, Rodelin...) assez étonnante pour une équipe n'évoluant jamais avec plus d'une seule pointe... Mais les deux premiers sont des abonnés de la rubrique infirmerie, et les autres sont des jeunes.

Ajaccio semble également avoir eu la main lourde en recrutant Eduardo (Lens), qui est pourtant loin d'être une pointure. Mais son but d'entrée contre Auxerre (2-1), dans une équipe actuellement en pleine confiance, a dors et déjà apporté des points précieux au promu, qui pourrait en glaner d'autres. Le transfert de Ludovic Obraniak à Bordeaux ne peut pas non plus être considéré comme étant anecdotique. Titulaire bis à Lille, où ses coups de pied arrêtés faisaient souvent mal, il va sans nul doute apporter beaucoup techniquement aux Girondins qui en avaient terriblement besoin. Par contre, j'ai toujours autant de mal avec les ailiers contrariés, qui ralentissent le jeu en se replaçant constamment sur leur pied préféré, au lieu de déborder et percuter. Et comme il n'a pas vraiment la vitesse de Messi pour repiquer dans l'axe et dribbler tout le monde... Le seul intérêt, c'est pour frapper de cet angle, et ça il sait le faire.

Bordeaux qui a également recruté un latéral droit brésilien, Mariano, déjà auteur d'une passe décisive pour son premier match, contre Valenciennes (2-1). Avec Eduardo, voilà déjà deux Brésiliens à l'heure en plein hiver, ça c'est pas banal... espérons pour Francis Gillot, mon Droopy préféré, qu'il ne s'agisse pas d'un énième André... le club aquitain qui s'est également "débarrassé" d'Anthony Modeste, qui n'avait pourtant pas démérité durant sa première saison (10 buts), et qui tournait encore cette saison à un but toutes les 158 minutes, une moyenne de meilleur buteur. Mais bon, les gens doivent le trouver moins joli à regarder que Nolan Roux. Pas grave, il va avoir de quoi faire à Blackburn.

Étonnamment, le club le plus actif de ce mercato pourrait bien être Dijon, qui n'est pourtant ni en crise, ni pillé ni racheté par une famille du Golfe. Auteur d'un très bon début de saison, compte tenu de ses moyens et de l'extrême pessimisme général à propos de son maintien en début de saison, le promu et son entraîneur, Patrice Carteron, semblent manifestement éprouver le besoin urgent d'améliorer leur effectif. Ce dernier semblant certes un peu juste en défense, où la charnière, malgré l'apport d'Abdoulaye Meïté, n'a pas particulièrement brillé, notamment en l'absence de ce dernier, les arrivées du défenseur central Zia Diabaté (Dinamo Bucarest), du gardien international ivoirien (malgré son nom ghanéen) Daniel Yeboah (ASEC Abdijan) pourraient - peut-être - lui apporter, mais pas autant que celle du (vrai) Ghanéen Bennard Kumordzi, milieu défensif venu de Panionios. Celui-là, je met une petite pièce dessus, c'est un tout bon. Et devant, Koro Koné, venu de Slovaquie, Hakeem Achour (Ivry) et surtout Gaël Kakuta sont arrivés. A chaque fois, une perle au milieu d'interrogations, espérons que ça ne déstabilisera pas un effectif qui avait l'air de pas trop mal s'en sortir...

A noter également le recrutement de Kahlenberg à Evian, où les nouveaux sont rarement banals, on l'aura remarqué, et des prêts, cette fois prévisibles, de Puygrenier, Bayal et Mollo à Nancy. Des paris, pour une équipe qui avait vraiment un gros problème d'effectif, vu qu'il était complètement pourri. Aleksic (Sainté), Doubaï et Banana (Sochaux), Camara et Djuric (Valenciennes), et bien sûr Anin, qui est bel est bien arrivé à Nice, seront parmi les curiosités de cette deuxième partie de saison, mais peut-être pas autant que Maxwell (PSG), qui a plutôt bien débuté contre Toulouse en championnat (3-1). Les fois où le Barça vend un joueur à un club français, même un remplaçant, sont assez rares pour être soulignées. Mais même ce dernier ne sera pas autant scruté que la grande star que les Qataris souhaitent faire venir à Paris cet hiver. Si elle vient... Pour l'instant, je suis très mesuré.

Savourons ces derniers jours et ne goûtons pas notre plaisir, même si l'argument comme quoi le mercato fausserait le championnat est des plus recevables. Même si, au final, je n'ai pas souvenir de recrutement qui ai réellement permit à une équipe de gagner le titre par exemple. Si vous me parlez de Brandao, vous allez m'entendre.

Allez, à plus tard !