Affichage des articles dont le libellé est Abidal. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Abidal. Afficher tous les articles

jeudi 21 novembre 2013

La défaite des experts

Salut à tous,

Alors, on l'a fait ou pas ? Elle n'est pas là la qualification ? Félicitations à tous les croquemorts de l'Equipe de France, tous les Cassandres qui s'efforcent, depuis 36 heures, de retomber sur leurs pattes, en affirmant le plus sérieusement du monde que ce qu'ils ont dit tout le WE, et depuis plus de trois ans même, à propos de ces Bleus, était vérifié, qu'ils l'assumaient, mais qu'ils étaient heureux quand même. Que cette victoire pleine de volonté et de courage leur donnait raison, que c'était dans la tête des joueurs que ça se passait. Pendant plus de trois ans, ils ont poussé le peuple à détester leur équipe nationale, et aujourd'hui ils osent se présenter en amoureux de cette dernière ? Mais ils n'ont pas le droit de l'ouvrir. Ils devraient utiliser leur droit de silence, pour se faire oublier. Mais depuis mardi soir, on n'a jamais autant vu Pascal Praud à la télé. Comme quoi, que ce que vous disiez soit exact ou non, l'important c'est de dire quelque chose et de l'assumer, n'est-ce pas ? Admettre qu'on a eu tort, c'est quasiment signer son arrêt de mort médiatique. Et Praud aime trop passer à la télé pour ça.

Certains Français aiment leur équipe

Laissons ces tristes personnes dans leurs tours d'ivoire, voulez-vous. On a une qualification à savourer, une communion à faire fructifier. Dire que l’Équipe de France s'est réconciliée avec son public serait erroné : certes, les 80 000 spectateurs du Stade de France, dont votre serviteur, n'étaient pas là pour cracher leur haine, au contraire, ils étaient venus pour jouer
le rôle que tout spectateur de foot devrait avoir, celui de soutien, de 12e homme. Ils voulaient aller au Mondial, ils voulaient aussi montrer qu'ils ne faisaient pas partie des 80 % des gens qui souhaitaient - je dis bien souhaitaient - que la France n'aille pas au Brésil, qu'elle ne le méritait pas. Imaginez-vous un supporter de l'Angleterre souhaiter que son pays échoue ? En France, c'est possible. Non, ceux qui étaient là - et qui avaient acheté leur billet avant la match aller, il faut le reconnaître, et qui souhaitaient peut-être aussi que l'argent investi ne serve pas à rien - ont démontré qu'il restait encore des gens, en France, qui savent se comporter en supporter quand leur équipe en a besoin. C'est ça, un supporter. Ce n'est pas un consommateur, un opportuniste, qui lui tourne le dos dès que les vents deviennent contraires. Ce ne sont pas des Footix.
Ne soyons pas naïfs : à la première défaite, par exemple en mars contre les Pays-Bas, seul match amical programmé pour l'instant, les mêmes discours reviendront : la victoire contre l'Ukraine était chanceuse, cette équipe ne mérite pas d'aller au Brésil, on va être ridicule - si on tombe sur trois équipes du niveau des Pays-Bas, sûrement, mais ce ne sera pas le cas - et surtout, surtout, c'est la faute de Knysna. Dans 20 ans, on continuera de parler de Knysna sans savoir vraiment ce que ce terme étrange veut dire, mais ça fait vendre du papier, donc autant l'utiliser jusqu'à l'usure. Entretenir ce mythe, c'est garder sous le coude un argument comme quoi chaque défaite, chaque match moyen, est du à l'attitude des joueurs, leur manque d'envie, d'amour du maillot. Des arguments aux relents poujadistes et démagogiques,voire xénophobes, malgré le fait que la France ait été sauvée par des joueurs comme Sakho, Benzema, Pogba...

Sakho ce héros

Mais peu importe, au fond. Cette équipe a prouvé qu'elle avait de la qualité, même si rien n'est réglé. Une chose est sûre selon moi : il faudrait être aveugle pour penser qu'elle n'a pas trouvé une assise, un axe défensif extrêmement solide et performant, et je ne parle pas seulement de la charnière. Cette dernière est celle que j'ai trouvé la meilleure depuis très longtemps. Comment peut-on encore penser qu'un Koscielny vaut un Varane ? Ce dernier, qui n'était pas au top physiquement, a pourtant une nouvelle fois rendu une copie d'une très grande qualité, propre et sans la moindre erreur. Varane a-t-il seulement été mauvais une fois en Bleu ? Et combien de fois a-t-il été en difficulté au Real Madrid ? Avant ses blessures, il avait mis sur le banc des phénomènes comme Carvalho ou Pepe, excusez du peu. Et à gauche, comment a-t-on pu croire à la renaissance d'Abidal ? Pour qu'il y ait renaissance, il aurait fallu qu'il y ait naissance, mais le Monégasque n'a jamais été une référence au poste de défenseur central, notamment en Bleu. Alors à 34 ans, après deux ans d'absence pour maladie... ce qui rendait son retour en Bleu sympathique le dessert plus aujourd'hui qu'autre chose. Les belles histoires trouvent souvent leurs limites quand le niveau s'élève sérieusement.

A son poste, difficile de trouver mieux en France que Mamadou Sakho, je suis désolé. Et dire qu'il n'était plus apparu en Bleu depuis juin dernier, hormis sa mi-temps en octobre conte l'Australie... son statut de remplaçant au PSG - situation à la fois regrettable, au vu de son image de titi parisien formé au club, et logique, vue la concurrence - mais aussi, durant les premières semaines, à Liverpool, ont bien failli lui couter cher. Lui qui était titulaire indiscutable pour Deschamps avant cet été compliqué ne pouvait que reprendre sa place. L'avenir, c'est lui, on le savait depuis des années, durant lesquelles on avait tâtonné dans son secteur, même si Blanc avait tenté d'installer pendant deux ans la charnière Rami-Mexès. Mais quel défenseur, en France, rassemble autant de qualité de combattant, de puissance, de force ? Ce n'est pas un monstre technique, soit, même s'il ne me semble pas l'avoir vu rater une relance mardi soir, même les plus compliquées. Mais Desailly en était-il un ? Le grand Marcel aussi ne prenait pas de risque dans la relance, puisqu'il avait Blanc à ses côtés qui s'en chargeait. Mais c'était un monstre défensif qui ne laissait respirer aucun adversaire. Et Desailly s'est révélé plus tard au haut niveau que Sakho. Hormis le pied fort, ils ont beaucoup de points communs, selon moi.

Un trident redoutable

Il est également facile de bien défendre quand vous avez devant vous trois joueurs complémentaires, qui allient puissance défensive, pour deux d'entre eux, et potentiel offensif redoutable, pour les trois. L'abattage hallucinant de Matuidi, la puissance et la vista de Pogba, la technique et la science tactique de Cabaye forment presque le joueur parfait à eux trois. Comment a-t-on pu passer à côté de ce triumvirat ? Les autres joueurs de ce secteur reverront-ils un jour le ciel se découvrir pour eux, si ce n'est sur blessure ou suspension ?
Rappelons que ces trois là étaient suspendus pour le match en Géorgie... étrangement, Sissoko et Guilavogui n'avaient pas apporté la même stabilité, le même sens de la perforation. Ils y seraient peut-être parvenus s'ils avaient évolué avec un troisième joueur dans leur secteur, ce qui leur aurait permit de jouer plus haut et d'apporter des solutions offensives. Le 4-3-3 avait rarement marché avant mardi soir, mais désormais il apparaît comme le système idéal. Tout dépend aussi des joueurs qui l'animent...

C'est drôle parce que vendredi, avant le match, tous les "experts" étaient satisfaits de l'équipe alignée par Deschamps, avec Nasri devant Pogba et Matuidi, c'était pour eux un bon choix, puisque Valbuena était hors de forme, et surtout ça démontrait que Deschamps voulait attaquer, ne pas se contenter de défendre. Par la suite, la défaite venue, on a entendu les mêmes experts affirmer que Deschamps s'était planté dans les grandes largeurs, que cette défaite était la sienne... le jour où on verra un journaliste se dédire, là on pourra parler de véritable démocratie médiatique. La Presse n'a pas de contre-pouvoir pour la forcer à savoir se remettre en question quand elle s'est plantée, comme elle l'exige à propos des gens qu'elle ne cesse de juger, c'est le problème.

Benzema est enfin Benzema

Pour moi, le problème du milieu droit reste posé. J'ai vu toutes les notes positives que Valbuena a reçu, et elles ne sont pas imméritées. Mais elles auront quand même étonné beaucoup de spectateurs présents au stade, et qui ont râlé quand ils ont vu Valbuena continuellement se recentrer, dézonner, et ainsi ne pas offrir de solution à Debuchy, sur le plan offensif mais aussi défensif, puisque ce dernier a souvent du gérer Konoplyanka tout seul, ce qui lui a valu un carton et une sortie prématurée, pour éviter son expulsion. Sur ce match là, ça a marché, mais pas sûr que ça marchera à chaque fois, permettez moi d'en douter. Valbuena n'a pas réglé le problème du milieu droit parce qu'il n'a pas joué milieu droit. En revanche, quel excellent tireur de coups de pied arrêtés ! Il faut toujours un bon tireur dans une équipe, et avec lui et Ribéry, on est pas mal. Manque juste un gaucher... comme d'habitude.

Devant, Benzema a prouvé qu'il avait retrouvé la confiance qui le rend, selon moi, supérieur à un Olivier Giroud qui semble limité techniquement pour le haut niveau, selon moi, mais qui demeure une bonne solution de rechange en cours de match. Tant que Benzema, qui a des automatismes avec Ribéry, marque et se montre décisif, on ne peut pas le mettre sur le banc, même si ça ne fera pas plaisir aux amateurs de joueurs qui font joli - et Français de souche. De toutes façons, l’Équipe de France a besoin d'avoir des cadres qui assurent le job. Ribéry, qui est moins passé dans son couloir que d'habitude mais qui a fait expulser deux Ukrainiens, et a provoqué deux buts mardi soir, le fait régulièrement depuis deux ans. Si Benzema le fait aussi, on peut voir venir.

A plus tard !

mardi 19 novembre 2013

Battre l'Ukraine, mode d'emploi

Salut à tous,

Après ce match aller qui a mal tourné pour des Bleus pourtant plus présents dans le combat et l'envie que les médias veulent bien nous faire croire, mais qui ont craqué sur deux erreurs de défense et quelques détails, quelles sont leurs chances aujourd'hui, à quelques heures d'un match retour qui décidera de beaucoup de choses, que ce soit sportivement ou médiatiquement ? Si l'on s'en tient aux statistiques, aucunes : jamais une équipe menée de deux buts dans un barrage européen n'a réussi à remonter cet écart. Ça tombe bien, avant le traquenard de Kiev, jamais l'Ukraine n'avait battu la France... comme quoi, les trucs arrivent, parfois.

Des défenseurs qui doivent défendre

Quelles sont les solutions qui se présentent à elles, qui ne possède toujours pas de certitudes à une demi douzaine de postes ni sur le plan tactique ? La clé de tout, ce ne sera pas l'envie - qui était déjà là vendredi, et qui sera là ce soir, sinon on ne comprends plus rien - mais l'efficacité, et pas seulement dans les deux surfaces de réparation, même si c'est là que la France a failli vendredi, notamment dans la sienne. On savait que la charnière Koscielny-Abidal ne présentait pas toutes les garanties, on en a eu confirmation : le Gunner, qui n'est pas un défenseur né, a toujours du mal dès que le haut niveau se présente, et n'en est pas à son premier penalty provoqué, tandis qu'Abidal n'était déjà pas ce qui se faisait de mieux dans l'axe avant ses deux ans d'absence pour maladie, alors maintenant... sans parler de son âge. Même chose pour Debuchy, qui présente les lacunes classiques de l'ancien milieu
reconverti latéral, même si ça date maintenant : formidable centreur, il peine dans les duels, comme Evra. C'est le syndrome Van der Wiel, qui brille plus depuis que Paris a le ballon et qu'il peut quasiment évoluer ailier, tandis que Motta et les défenseurs font le boulot dans son dos. Debuchy et Evra n'ont pas cette chance, ils ont beaucoup plus de boulot défensif, surtout à l'extérieur, et ça se voit.

Si Sakho remplace Abidal et Varane, Koscielny, on peut penser que la France y gagnera dans le combat, au moins, même si on peut avoir des doutes sur le physique du Madrilène. On ne pourra pas suspecter Sakho de rechigner à la tâche défensive, il est en pleine forme avec Liverpool, et ça pourrait permettre à Evra de monter plus sereinement, et ainsi offrir plus de soutien à Ribéry, qui en a manqué à Kiev, puisque Evra devait s'occuper de Yarmolenko. Une chose est sûre, Deschamps va devoir se faire violence et prendre des risques, mais pas trop, sachant que les Ukrainiens n'attendront qu'une seule chose, comme à l'aller après l'ouverture du score : des espaces en contre, et on a vu qu'ils savaient y faire. Pas besoin de marquer très vite, du moment qu'on marque : si on en mets deux dans le premier quart d'heure, les Ukrainiens auront tout le temps pour mettre le but qui nous obligera à en mettre deux de plus... ce qu'il faut, c'est ne pas confondre audace avec témérité. Ne pas se jeter comme des dingues, à la fois tactiquement - ce qui offrirait des contres, donc - mais aussi dans l'engagement : il ne faudrait pas qu'on se retrouve prématurément à dix parce qu'un de nos joueurs aurait confondu le ballon avec la cheville d'un adversaire. Ne pas écouter la démagogie de Dugarry, qui souhaite voir des Bleus se jeter à la gorge des Ukrainiens : c'est une pratique interdite dans à peu près tous les sports, même de combat.

Un milieu qui se projette

Au milieu, la France n'a pas failli à Kiev, même si elle a semblé bousculée par l'engagement parfois excessif des hommes de Fomenko. On a compris pourquoi ces derniers prenaient tant de cartons... en cela, on nous a changé l'Ukraine romantique de Blokhine ou Shevchenko... Peut-être faudrait-il aligner trois milieux axiaux, comme le PSG, sans véritable meneur, avec Cabaye à la place de Nasri devant Pogba et Matuidi, de façon à ce que ces trois là puissent se projeter un peu plus, comme ils le font en club. A seulement deux défensifs, Pogba et Matuidi ne peuvent se permettre de prendre trop de risques sans que l'autre ne se retrouve isolé. Avec un joueur supplémentaire, Pogba et Matuidi, qui jouent relayeurs en club, ainsi que Cabaye, pourraient porter le surnombre dans la surface, ou au moins à ses abords, par la qualité de leurs frappes de balle. Après tout, c'est ce que font tous les milieux modernes : ils défendent, ils relancent, et ils marquent aussi, ils se projettent dans la surface. Comment voulez vous qu'un avant-centre, aussi doué soit-il, puisse s'en sortir seul dans une surface si personne vient le soutenir en phase offensive ?

Enfin, l'attaque. Ribéry a été parfaitement pris par deux, voire trois joueurs, vendredi. Il doit faire mieux, par exemple en se recentrant ou en permutant avec son partenaire évoluant à droite, mais il doit aussi avoir plus de soutien, de la part d'Evra, de Matuidi, de l'éventuel meneur, que sais-je. Le mouvement offensif ne doit pas être brouillon, mais il ne doit pas non plus être figé. A Paris, Cavani est ailier droit pour la forme, il ne cesse de revenir dans l'axe, tandis que Zlatan recule pour distribuer. A Barcelone, Messi joue-t-il vraiment
attaquant de pointe ? Bien sûr que non, il doit faire face au jeu pour briller, donc il part de loin, tandis que ses deux ailiers, Pedro, Sanchez ou Neymar, offrent des solutions dans l'axe ou étirent la défense en restant sur le côté. Ce qu'il faut, c'est semer la panique dans la lourde défense ukrainienne. Centrer ? Inutile, ils sont immenses et de toutes façons on ne sait pas centrer, malgré Debuchy. Il faut jouer au sol, redoubler de passes, écarter cette défense pour ensuite repasser par l'axe. Et être efficace devant le but.

Rater un Mondial, ça arrive

Ce qui pose problème, sur le plan mental, c'est que les Ukrainiens sont invaincus depuis 12 matches, et prennent très peu de buts. Hormis leurs deux ailiers ils manquent de génie, mais Zozulia, devant, a démontré qu'il ne fallait pas dénigrer sa vivacité. Et Edmar n'est pas un Brésilien de naissance par hasard. Bref, qualifier, comme l'Equipe ce matin, d'"humiliation" cette défaite de l'aller est définitivement la preuve que peu de gens s'y connaissent vraiment en football dans ce pays, y compris dans les rangs de ceux qui pensent tout savoir, à savoir les journalistes. Perdre contre la Chine, comme en 2010 avant le Mondial (0-1), oui c'est une humiliation, en Ukraine sur un coup de dé, non. Il s'agit des barrages, épreuve où normalement toutes les équipes se tiennent et ont brillé dans leurs qualifications, sinon elles ne seraient pas là. L'Ukraine qui a fourni à peu près tous ses grands joueurs à l'URSS, et qui possède des clubs qui, eux, gagnent des Coupes d'Europe. Croire que la France est suffisamment un pays de football pour regarder tous les autres de haut, hormis les très grands, c'est oublier les longues périodes de disette qui ont fait le lien entre les générations Kopa, Platini et Zidane.

Il faudra avoir la chance qu'on n'a pas eu vendredi, mais ça implique qu'on en ait pas et qu'on se fasse sortir. Rater une Coupe du Monde, c'est terrible, certains joueurs de l’Équipe de France n'ont même jamais vécu ça. Mais ça fait partie du jeu, de l'Histoire des Bleus, ça arrive. Et, même si je sais que je parle dans le vide, ça ne servira à rien de dresser un procès à ces joueurs qui n'auront eu qu'un tort : d'être tombé dans le groupe de l'Espagne, et de ne pas être une génération immense. Rien à voir avec les casques sur les oreilles, le manque de sourire, les coupes de cheveux moches ou leurs origines ethniques ou sociales. Ils ne sont pas mieux payés, plus méchants ou pédants ou détestables que ceux de 98, simplement ils gagnaient, eux. C'est le seul critère sur lequel ils doivent être jugés, tout en se disant que la défaite fait partie du jeu.

Allez je vous laisse, et allez les Bleus !

mercredi 16 octobre 2013

Sus aux barrages !

Salut à tous,

Après ces deux très bons matches de l’Équipe de France face à deux équipes qui sont certes loin du gratin mondial, mais qui ne sont pas non plus si nulles que ça, il est temps de faire un petit état des lieux avant les barrages qui s'annoncent dans un mois. Et qui font déjà frissonner l'épiderme des quelques supporters que comptent encore cette équipe dans ce pays à la relation si étrange avec le "supportariat".

Des qualifs réussies

D'abord, un constat : avec 17 points sur 24 possibles, la France a réalisé, quoi qu'on en dise, un excellent parcours, surtout quand on sait qu'elle a du se coltiner la meilleure équipe du monde sur les six dernières années, l'Espagne, contre qui elle a même réussi à gratter un point, et sur qui elle ne compte, à la fin du bal, que trois petits points de retard. Soit une victoire, celle obtenue sans briller par la Roja au Stade de France, en début d'année (0-1). Les deux équipes ont donc pris le même nombre de points contre les trois autres adversaires de la poule, à savoir 16 sur 18. Comme parcours chaotique, j'ai déjà vu pire. Dès le tirage au sort, on savait que le destin probable de ces Bleus était de terminer barragiste. C'est ce qui est arrivé, mais le fait qu'elle aurait encore pu coiffer sa grande rivale lors du dernier match, comme c'était le cas hier soir, prouve qu'elle n'a pas raté du tout sa phase qualificative, loin de là.

Elle s'est ratée sur un seul match, celui en Géorgie (0-0). Si elle l'avait emporté, elle aurait échoué à un point de l'Espagne, ce qui ne change pas grand chose, mais quand on se
remémore le dernier France-Espagne, qui aurait tout aussi bien pu se terminer en match nul, on peut se dire que la première place de cette poule ne s'est vraiment pas jouée à grand chose. Et que, au passage, l'Espagne est loin d'avoir maîtrisée son sujet, avec un match nul contre la Finlande, à Gijon (1-1), des victoires compliquées contre le Bélarus (2-1), la Géorgie (0-1, 2-0) et la Finlande (0-2) et les matches accrochés contre la France (1-1, 0-1), qui termine d'ailleurs avec une meilleure attaque (15 contre 14). Comparés aux parcours des Pays-Bas (34 buts) ou de l'Allemagne (36), ça fait pâle figure. Mais on sait depuis longtemps que le talent de l'Espagne, contrairement aux idées reçues, repose autant sur un beau collectif que sur des qualités de pressing et de défense au-dessus de la moyenne, il suffit de regarder ses derniers tournois, où elle s'est souvent contentée de 1-0 minimalistes mais efficaces pour passer les obstacles.

Ribéry se charge de tout

Revenons à la France. Le paradoxe ultime, sachant qu'elle possède logiquement moins de chance de gagner ses barrages que de les perdre, vu son statut de non tête de série, serait qu'elle soit éliminée tout en possédant en son sein le futur Ballon d'Or. Mais l'aura-t-il si la France échoue ? Malgré tout, que serait cette équipe sans Franck Ribéry ? On aurait aussi pu se poser la question durant les années Platini, mais c'est vrai qu'en ce moment on a presque du mal à imaginer la France marquer un but sans un coup de pouce de l'ailier du Bayern. Contre l'Australie (6-0), il marque une fois, donne trois buts et se trouve à l'origine d'un autre, soit cinq sur six. Hier soir, sur trois buts, il ouvre le score d'une façon sublime et donne le troisième but à Benzema. Ce fut également le cas au Bélarus, le mois dernier (2-4), où il marqua deux fois. Lors des deux dernières années civiles, il a signé 10 (deux fois cinq) de ses 18 passes décisives dans le jeu en Bleu, soit le même total que Zidane... qui compte 30 capes de plus (108 contre 78). Dans le même temps, la France a marqué 38 buts, sur lesquels il a été directement impliqué un fois sur deux (9+10)... Il a marqué cinq fois cette année, aucun Bleu n'avait marqué autant depuis Thierry Henry, en 2007...

Seize buts, 18 passes en 78 sélections, pas mal pour le footballeur le plus moqué en France, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le sport : les affaires de prostitutions, certes, mais aussi son visage et ses difficultés en Français. Un racisme anti moche mais aussi de classe, qui ne valorise pas notre pays, déjà à la peine en ce moment au niveau des valeurs d'humanisme. Ce qui est drôle, vu que son énorme popularité, en 2006, valait autant pour ses qualités balle au pied que pour sa fraîcheur, ses blagues potaches, et un constat : c'est un petit gars du peuple. On le célébrait pour ça, on le moque aujourd'hui pour ça. En tous cas, un chose est sûre : on n'ira pas au Brésil sans un grand Ribéry.

La défense tangue

Étrange année 2013, durant laquelle les Bleus ont battu leur record en terme de minutes sans marquer consécutivement (525, soit près de six matches) et qui viennent de marquer 13 buts en trois matches... difficile d'évaluer ses forces et ses faiblesses, hormis l'évidence Ribéry. Elle est inconstante, c'est un fait. Combien de joueurs sont indiscutables dans cette équipe ? Lloris, Matuidi, Ribéry, c'est à peu près tout. Evra, de par son expérience et le
manque de concurrence, l'est en partie, tout comme Debuchy, l'expérience en moins. Les deux latéraux qui ont écarté les faibles prétendants à leur postes sans vraiment le faire exprès, même si le joueur de Newcastle affiche toujours une belle qualité de centre. Mais ce sont d'anciens ailiers qui sont toujours aussi moyens sur le plan défensif. Face aux faibles ailiers australiens ou finlandais, ça passe (et encore, hier on a concédé beaucoup d'occasions venant des côtés) mais dès que le niveau s'élèvera... on pourra trembler. Vous me direz, le Brésil a remporté cinq Coupes du Monde avec des latéraux qui défendent mal, mais c'est le Brésil, il peut se le permettre, pas nous.

Dans l'axe, on a vu hier qu'Abidal, malgré toute la sympathie que son parcours fait naître dans nos petits cœurs, mais aussi son immense expérience, n'était pas vraiment une bonne solution. Heureusement que Koscielny a rattrapé plusieurs coups... le Monégasque a plusieurs fois été battu dans son dos, ce qui est sensé ne pas lui arriver vu sa pointe de vitesse. Mais à 34 ans et après quasiment deux ans sans jouer, celle-ci semble appartenir au passé. Heureusement, on a Varane et Sakho en réserve. Peut-être faudrait-il que Deschamps soit enfin convaincu que l'ancien Parisien est devenu meilleur qu'Abidal. Et que Koscielny, aussi intelligent soit-il, ne vaut pas un demi Varane. La sélection naturelle finira par faire le travail.

Le milieu, point fort des Bleus

Au milieu, on semblait parti pour un duo Pogba-Matuidi mais Cabaye est revenu battre les cartes. Avec un constat : quand le Magpie est là, la qualité de passes des Bleus s'en ressent. Étant entendu que Deschamps semble avoir définitivement adopté le 4-2-3-1 que la majorité des équipes dans le monde appliquent, il va falloir qu'il tranche. Matuidi, par son abatage et son travail au milieu, mais aussi son jeu vers l'avant (ce fut moins le cas hier) semble indiscutable. Pogba, de part son statut à la Juve et son âge, ce qui implique une marge de progression énorme, également. Disons que Cabaye semble être une solution un poil plus offensive, quand la France aura besoin de moins défendre et mieux jouer. Contre l'Australie, par exemple, ce fut parfait. Quand ce sera l'Allemagne en face, c'est moins sûr. En tous cas, c'est le secteur le plus performant, mais ce n'est pas nouveau, c'est plutôt une constante chez l’Équipe de France, qui a gagné une Coupe du Monde grâce à lui.

Avant d'arriver aux attaquants de pointe, voyons ceux chargés de les fournir en ballon. Ribéry semble avoir phagocyté la fonction avec talent, et pour cause : personne d'autre ne parvient à équilibrer le jeu de l'autre côté. Les autres passeurs cette année, à part lui qui en a signé cinq ? Valbuena (2), Nasri et Sissoko (1). Ménez provisoirement (?) out, Payet pour l'instant trop juste, il reste la solution Rémy, qui est pour moi la meilleure (avec Ménez, à son niveau optimal). Le Magpie (encore) présente le double avantage de savoir briller dans le couloir droit mais aussi devant le but, on le voit en Angleterre. On l'a moins vu contre l'Australie, où il a mangé plusieurs belles opportunités. Mais il fut le meilleur buteur des Bleus en 2011, avec trois buts, et avec 4 buts en 20 sélections (9 titularisations), il n'est pas ridicule. Un profil à la Thierry Henry, mais côté droit.

Pour le reste, Valbuena et Nasri ne sont pas convaincants sur un côté, même si ça n'empêche pas les Bleus de gagner. Nasri est potentiellement supérieur, Valbuena est plus combatif mais n'a toujours rien prouvé en club au niveau international, malgré quelques éclairs. Le problème ne se pose donc pas seulement pour le poste d'ailier droit : si un des deux s'était vraiment imposé derrière l'attaquant, on ne se demanderait pas qui ira jouer à droite. Et je ne parle pas des solutions Gourcuff, Grenier ou Martin... la France n'a jamais eu de grande génération sans grand numéro 10. Donc on est encore loin de la queue du Mickey.

Benzema ou Giroud ?

Les buteurs, enfin... Le sujet à la mode. Souvenez vous, il y a deux mois et demi, le problème majeur des Bleus, c'était l'avant-centre. Benzema n'avait plus marqué depuis un an, mais Giroud ne marquait pas non plus. On en venait presque à se demander si Gomis n'était pas la meilleure solution. En France, on a toujours pas compris qu'un buteur ne marquait pas, ou rarement, sans un collectif huilé autour de lui. Malgré la filiation revendiquée par lui-même, Benzema n'est pas Ronaldo, qui faisait des différences énormes tout seul, du moins avant ses blessures de milieu de carrière. Et Giroud, malgré son altruisme et sa combativité, reste un avant-centre à la Hoarau, pas très rapide, grand, costaud, bon de la tête, devant et derrière, mais dont le rendement dépend énormément du nombre de ballons exploitables arrivant dans la surface. Il ne sera jamais un grand technicien, lui qui a été
rejeté par Grenoble à 21 ans, et qui ne s'est révélé en Ligue 1 qu'à 24, alors que Benzema marquait déjà des buts dans l'élite à 19 ans. Des parcours opposés, tout comme leurs profils techniques. Cependant, si Benzema a une meilleure cadence de buts par sélections (0,27 contre 0,21) il est battu au comptage par minutes (1 but toutes les 224 minutes contre 1 toutes les 207 pour Giroud). Bref, sur ce plan là, ça reste serré.

Aujourd'hui, je suis partagé. Giroud est plus efficace en club que Benzema, dont je me demande encore comment il peut être titulaire dans une équipe comme le Real, qui a toujours brillé grâce à des buteurs immenses, les meilleurs à leurs postes. Heureusement que Ronaldo fait le job... aujourd'hui, ils sont un demi douzaine à être de meilleurs avant-centres que lui, sur lesquels le Real lorgne d'ailleurs avidement (Falcao, Rooney, Van Persie, Cavani, Ibrahimovic...). Mais Benzema est tout de même le meilleur buteur en Bleu en activité (17 buts), et le deuxième meilleur buteur français de l'histoire de la Ligue des Champions (33 buts) derrière Henry (50) et devant Trezeguet (29). Giroud est le 33e avec 3 buts en un peu plus d'une saison à ce niveau... reste que sur la forme actuelle, il semble devant. Mais à 27 ans, s'il était le grand buteur que la France attend depuis la retraite d'Henry, ça se saurait, sincèrement. J'espère me tromper.

En tous cas, en deux mois on est passé d'un choix par défaut à un choix cornélien : qui choisir ? Benzema a mis deux buts beaucoup plus difficiles à mettre qu'il n'y parait : en une touche, au premier poteau, sur des centres tendus. Couper au premier poteau : un truc qu'il ne faisait jamais, et qu'il aurait du faire avant au lieu de se comporter comme un avant-centre français ordinaire, à savoir attendre bêtement au deuxième ou aux six mètres qu'un ballon lui arrive dessus. Giroud, lui, a marqué deux jolis buts contre l'Australie, même si le deuxième me semble plus être une volée ratée qu'un véritable piqué volontaire. Mais bon, comme les médias sont fans, ils ont chaussé leurs lunettes déviantes qui leur avait permit d'affirmer que la volée de Zidane, en 2002, n'était pas également une volée ratée. C'est pas grave, c'est beau quand même.

Au final, frottons nous les mains de posséder un des deux meilleurs ailiers du monde dans nos rangs, et des buteurs enfin efficace. Avec une défense un poil plus solide et un milieu toujours talentueux, et maintenant des avant-centres efficaces, elle peut aborder ces barrages avec confiance, même si le tirage peut changer la donne. Éliminer le Portugal de Ronaldo, ça aurait de la gueule... ce serait dommage aussi un peu. Le mieux, ce serait la Grèce, on perdrait pas grand chose. Ouhlàlà je suis vilain !

Vivement les barrages, l'attente va être longue.

A plus tard !

mercredi 9 mai 2012

Première salve bleue

Salut à tous,

Ce soir, à 18h, Laurent Blanc lance l'Euro des Bleus. On ne saura pas forcément qui ira à l'Euro, même si la plupart des joueurs nommés ce soir, qui évolueont tous à l'étranger, sont quasi sûrs d'y être, mais on saura qui n'ira pas. Et c'est bien le principe d'une sélection : ça sélectionne, ce qui signifie la mise de côté de joueurs qui n'auront, parfois, pas plus démérité que ceux choisis, mais qui n'ont pas été retenus pour des détails qui ne sont pas connus du grand public, comme la dynamique de groupe, ou les convictions techniques du sélectionneur. une chose est sûre, des joueurs seront déçus, mais leurs supporters également, et la liste de Blanc fera débat.

Une douzaine de joueurs


Combien de joueurs seront nommés ce soir ? Une douzaine, a priori. Même Blanc, d'après son interview d'aujourd'hui dans l'Equipe, ne sait pas - ou ne veut pas le dire - s'il s'agira d'une liste définitive ou de joueurs qui postuleront, ensuite, à la liste définitive. Mais a priori, 12 joueurs, ça correspond à peu près à la moitié de la liste finale (23 joueurs), ce qui correspond surtout à la proportion de joueurs sélectionnés en Bleu depuis plusieurs annés, à savoir la moitié. Si réservistes il y a, il ne seront pas nombreux, et ils seront surtout présents si Blanc sélectionne plus de 12 joueurs, genre 14.

Par poste, il y a déjà quelques certitudes qui s'annoncent : il n'y aura pas de gardiens, puisqu'aucun d'entre eux n'évolue à l'étranger, ce qui est dommageable d'ailleurs. Même si on n'est pas pressé de voir des talents quitter la Ligue 1, il serait intéressant de voir Lloris ou Mandanda tenter de s'imposer dans un grand club européen, au plus haut niveau. Ont-ils vraiment beaucoup à envier à De Gea (Manchester) ou Courtois (Atletico), sans parler de Valdes (Barcelone) ?

Incertitude en défense, désert au milieu
Cette liste devrait donc concerner que des joueurs de champ, et notamment de défenseurs. Hormis Sakho (PSG), pas sûr d'y être, Debuchy (Lille), en passe de s'imposer comme titulaire côté droit, et Réveillère (Lyon), son suppléant, qui peut rendre service à gauche, et sachant que Blanc ne semble pas enclin à donner sa chance à Jallet (PSG) et que Sagna (Arsenal) est blessé, tous les autres défenseurs devraient être concernés par la liste d'aujourd'hui. Les deux titulaires de l'axe, déjà. Y en a un qui tire la langue (Rami), l'autre qui souffre du contrecoup physique de son retour de blessure (Mexès) mais ils seront tous deux à l'Euro, et sans doute titulaires, sauf catastrophe lors du premier match contre l'Angleterre.

Derrière ces deux là, en revanche, le flou est de mise. On attendait Sakho, mais il est au placard à Paris, de façon inexplicable, vu que la défense parisienne n'est pas vraiment meilleure sans lui... Sinon, il y a Koscielny (Arsenal), qui a un vécu très mince avec les Bleus, qui est très bon dans le placement et la relance, beaucoup moins dans l'impact physique, et qui ne fait pas vraiment partie d'une défense sereine et efficace ; et Kaboul (Tottenham), son opposé absolu, puissant et physique, même s'il ne manque pas de vitesse. Tout dépend aussi du nombre de défenseurs qu'il prendra, surtout en l'absence d'Abidal, qui couvrait le côté gauche et l'axe, un profil rare chez les Bleus, hormis Sakho. Dans l'interview, Blanc insiste sur la notion de groupe, ce qui exclu la surprise Varane (Real). Je le vois quand même prendre Sakho, et Kaboul, qui peut dépanner à droite.

A gauche, avec l'absence très problématique d'Abidal, le débat se situera entre Evra, Clichy et Mathieu, qui jouent en ce moment mais qui n'ont pas réussi à s'imposer en Bleu, même si le premier a été capitaine, on s'en souvient. Le joueur de City est très performant en ce moment mais il a rarement brillé en Bleu, et Mathieu a très peu joué, mais sa polyvalence (milieu gauche ?) peut l'aider. A mon avis les trois seront appelés, mais un des trois quittera le groupe avant le 29 mai.

Au milieu, comme Blanc le dit, personne n'émerge. M'Vila a souvent déçu en Bleu, a stagné avec Rennes, mais le sélectionneur est un fan. Alou Diarra est quelconque avec Marseille, mais son profil, unique en l'absence de Diaby, le rend pourtant indipensable. Cabaye est bon avec Newcastle, et sa qualité technique lui garantie presque une place de titulaire, malgré son manque d'expérience internationale (10 sélections, 10 matches de C1). Tout dépend également si Blanc évolue à deux ou trois au milieu, avec un ou deux meneurs... Ce soir en tout, cas, l'ancien Lillois devrait être le seul appelé, puisque Lassana Diarra (Real Madrid) est hors du coup, avec Malouda, qui ne joue gère plus avec Chelsea mais qui est un cadre et qui peut rendre service à son nouveau poste de milieu relayeur.

Ben Arfa, seule surprise offensive ?
Chez les milieux offensifs, Nasri, peut convaincant en Bleu comme à Chelsea, et Ribéry, aussi performant avec le Bayern qu'insipide avec les Bleus, seront appelés de façon certaine. La question est de savoir si Ben Arfa est appelé. L'ailier de Newcastle, longtemps blessé, a mis du temps à s'imposer dans l'équipe type d'Alan Pardew, mais ses récentes performances sont flatteuses, et son profil est rare chez les Bleus. Surtout, sa présence dans la liste de cet après-midi ne serait pas bon signe pour les Marseillais Valbuena et Amalfitano, quelconques avec Marseille. Je suis plus confiant pour Ménez, intenable avec Paris depuis le début de l'année, meilleur passeur du championnat dans le jeu (11) et très bon lors de son entrée en Allemagne. Surtout, il peut jouer des deux côtés, ce qui peut être utile... On en saura plus dans une semaine pour Gourcuff et Martin, qui sont des opposés : l'un a un passé en Bleu et rejoue enfin dans un club du haut de tableau, l'autre est performant en Bleu et joue régulièrement avec Sochaux, qui joue le maintien. Si Nasri et Ben Arfa sont là ce soir, en plus de Ménez et Valbuena, qui peut jouer dans l'axe, l'un des deux restera probablement à la maison, même s'ils peuvent être appelés à évoluer plus bas.

Enfin en attaque, peu de suspense. Benzema sera appelé ce soir et, à part Cissé, c'est le seul à évoluer à l'étranger, mais l'attaquant de QPR, efficace, comme toujours, part pourtant de loin. Le suspense, qui concerne moins Giroud et Rémy que Gomis, sachant que Gameiro ou Hoarau ne jouent plus à Paris, dépend du nombre de milieux offensifs appelés... Blanc évoluera avec une seule pointe, dond il est inutile de prendre plus de trois pointes.

Je résume donc la liste qui, selon moi, sera rendue publique ce soir : Rami, Mexès, Kaboul, Koscielny (?), Evra, Clichy, Mathieu, Cabaye, Malouda, Nasri, Ribéry, Ben Arfa, Benzema. Douze ou treize, quoi. Bref, on en reparlera.

A plus tard !

vendredi 9 mars 2012

Lyon, le bout de la route ?

Salut à tous,

Depuis plusieurs jours, les spécialistes du foot, qui sont presque aussi nombreux que ses protagonistes, voire beaucoup plus nombreux si on compte les blogs tels que celui-ci, cherchent à savoir UNE chose primordial : est-ce la fin du grand Lyon ?

J'en ai déjà parlé sur ce blog, à plusieurs reprises même : contrairement à ses voisins européens, à part, à un degré moindre, l'Angleterre, le football français marche par cycles. Notamment sa façade professionnelle : on a certes des clubs qui ont été plus longtemps et surtout plus souvent devant les autres, tels que Marseille, Bordeaux ou Monaco, voire Nantes. Mais les autres, comme le PSG, Saint-Étienne, Reims ou Lyon, ont eu une ou deux périodes fastes, d'environ 20 ans en général, avant de reculer dans la hiérarchie, rentrer dans le rang. Les Verts, par exemple, ont strictement brillé entre 1957 et 1982, glanant durant cette période de pile 25 ans dix titres, six Coupes de France et une finale de Coupe des Champions.

A l'aune de cette tradition tout particulièrement locale, on ne pouvait que prévoir que Lyon allait baisser de rythme. Lyon a progressé de façon exponentielle dans les années 2000, puis a tapé le plafond en Ligue des Champions, notamment contre le PSV Eindhoven ou Milan, avant de régresser. A partir de l'arrivée de Jean-Michel Aulas en 1987, et après une remontée (1989) et une décennie passée à vivoter entre la deuxième (1995, dommage la Ligue des Champions était réservée à ces derniers...) et la 14e place (1993), le club rhodanien a remporté trois titres d'affilée avec les dents, remportant à chaque fois la mise de justesse, souvent lors de la dernière journée. Qui se souvient de ce match décisif contre Lens, alors leader, lors de la dernière journée de 2002, pour le premier titre, et remportée (3-1) par des Lyonnais qui rentraient ainsi dans l'histoire, tout en plongeant leur hôte dans le début des difficultés qui l'ont envoyé là où il est aujourd'hui, à savoir en Ligue 2 ? Deux saisons plus tard, l'OL comptait 10 points de retard sur Monaco et trois sur le PSG, au soir de la 20e journée. Il finira champion avec respectivement quatre et trois longueurs d'avance sur ces derniers, le premier, notamment, payant son manque de banc et son parcours en Ligue des Champions, conclu en finale contre le Porto de Mourinho (0-3)...

A partir de 2004 en revanche, les écarts vont se creuser : 12 points sur Lille en 2005, 15 sur Bordeaux en 2006, 17 sur Marseille en 2007, mais seulement 4 en 2008 sur les Girondins. Entre temps, selon moi, la cassure entre la courbe ascendante des Lyonnais et le début de la courbe descendante sur laquelle ils tentent de ne pas glisser aujourd'hui est survenue au milieu de la saison 2006/2007.

A la trêve, le Lyon de Gérard Houiller s'est baladé : 50 points de pris sur 57 possibles, soit 15 de plus que son poursuivant Lensois, et une différence de buts de +28 ! L'OL a gagné 16 matches sur 19, pour deux nuls et une défaite... à ce moment-là, on a l'impression qu'une division entière sépare Lyon, qui fait partie intégrante du top 10 européen, de ses adversaires, et on ne doute pas une seule seconde que le club de Jean-Michel Aulas a signé pour une décennie de succès sans interruption. Le PSG est 16e à 31 points, Marseille 6e à 20 points, Bordeaux 8e à 21, Lille 5e à 19. La logique serait que Lyon finisse champion, ce dont personne ne doute, en inscrivant 100 points, un record.

La suite allait pourtant démentir ce scenario idéal. Certes, Lyon finissait bien champion en mai 2007, mais avec 17 points "seulement" d'avance sur Marseille, qui a donc récupéré trois points dans l'affaire. Ce dernier n'a ramassé que 31 points lors des matches retours, soit une chute de 38 %, et n'a finit que quatrième derrière l'OM (34), Toulouse (33) et Rennes (32). Surtout, il a perdu quatre matches, n'en a gagné que huit, et subit quelques trous d'airs, notamment à Troyes (1-0), en huitièmes de finale de la Ligue des Champions contre la Roma (0-0, 0-2) ou en finale de la Coupe de la Ligue contre Bordeaux (0-1), qui lui succèdera deux ans plus tard au palmarès, interrompant son règne de la Ligue 1.

Une demi saison très moyenne, surtout comparée à celle qui l'avait précédée, mais qui n'empêchera pas les Lyonnais de remporter un dernier (?) titre la saison suivante, mais, on l'a vu, avec un tout petit écart. En moins d'une année, l'OL avait perdu l'avance considérable qu'il semblait avoir sur le reste de ses congénères de Ligue 1. Que s'est-il passé entre temps ?

Sans doute s'est-il cru arrivé trop vite durant cet hiver 2006/2007, et les deux premières défaites de l'année, dès la reprise à Toulouse (2-0) et contre Bordeaux (1-2), avant un match nul délicat contre Nice (1-1) puis la fameuse défaite à Troyes (1-0) ont fait plonger son moral de façon beaucoup plus considérable qu'imaginé. Pourtant, avec des cadors comme Abidal, Cris, Tiago, Juninho, Malouda, Wiltord, Govou, et le jeune Benzema épaulant un Fred alors efficace dans ses rangs, Lyon semblait armé pour ne pas craquer à la première mauvaise nouvelle. Mais dès l'été suivant, Wiltord, Malouda, Abidal et Tiago faisaient leurs valises, et leurs remplaçants, Cleber Anderson, Grosso, Bodmer ou Keita n'allaient pas apporter avec eux les mêmes garanties en terme de maîtrise technique et d'expérience, même si l'international italien, champion du monde un an plus tôt, n'en était pas dépourvu, loin de là. Durant l'hiver, Boumsong, Delgado ou Crosas n'allaient pas non plus transfigurer l'effectif rhodanien, désormais dirigé par Alain Perrin, qui allait pourtant remporter le seul doublé de l'histoire du club, avant d'être inexplicablement écarté. Autre énorme erreur historique, à mon avis.

Avec Puel, sans que ça ait forcément un rapport, le début de la page blanche débutait, et pour une raison simple : l'affaiblissement, visible à l’œil nu, de l'effectif des Gones, déjà bien entamé en 2006, avec le départ de Diarra, et en 2005 avec celui d'Essien. Durant l'été 2008, Piquionne, Mensah, Ederson, Makoun, Pjanic ou Lloris remplaçaient Squillaci, Coupet, Müller, Ben Arfa ou Baros. Hormis au poste de gardien, l'avantage ne saute pas aux yeux, avec le recul. En 2009, Gomis, Cissokho, Bastos, Lisandro, puis Lovren en hiver, succédaient à Grosso, Piquionne, Keita, Benzema ou Juninho. En 2010, Diakhaté, Gourcuff et Briand remplacent Govou, Bodmer, Boumsong ou Makoun... et enfin, l'été dernier, Fofana, Dabo et Koné récupèrent la place de Pjanic, Diakhaté, Toulalan et Delgado...

Surtout, sur cette saison, qui succède à une autre qui avait vu l'OL accrocher dans la douleur une place sur le podium, à la faveur du traditionnel fléchissement du PSG au mois de mai, certains joueurs remplaçants l'an passé, comme Grenier, Lacazette et surtout Briand, voire Gomis, sont devenus titulaires ou ont au moins gagné beaucoup de temps de jeu, à la faveur de départs pas vraiment remplacés pour cause de caisses vides. Quant à Gourcuff, il est un départ à lui tout seul.

Lyon possède une attaque toujours très convenable, notamment pour la Ligue 1, à l'image de son match contre le PSG, mais qui n'a pas suffit pour perforer la défense de l'APOEL Nicosie... en revanche, sa défense, condition indispensable à la réussite au plus haut niveau, est une catastrophe. Cris n'est même plus l'ombre de lui-même, Koné n'est pas au niveau malgré une bonne volonté évidente, Lovren est blessé et un peu juste pour le très haut niveau, et Mensah, 29 ans et titulaire en sélection ghanéenne, est au placard pour des raisons que seul le vestiaire pourrait expliquer, et encore... et sur les côtés, si Réveillère fait le job, c'est loin d'être le cas de Cissokho, Dabo, sans parler de Kolodzieczak... quant à Fofana, son pari sera à juger dans une ou deux saisons, pas avant.

Au final, on le voit, l'effectif lyonnais est passé d'une collection d'internationaux actifs, de haut niveau, à un patchwork de jeunes espoirs certes prometteurs, et de bons joueurs de Ligue 1, voire européens, mais, hormis Lloris et Kallström, aucun d'entre eux n'est titulaire dans une bonne sélection mondiale. En 2005/2006, ils étaient dix (Coupet, Abidal, Müller, Tiago, Juninho, Malouda, Wiltord, Carew, Fred et Govou). Et je ne parle pas de M.Diarra, Caçapa, Essien, Ben Arfa, Benzema, Nilmar... cette équipe mettrait quatre buts d'écart à celle d'aujourd'hui, et en jouant du pied gauche.

Après, rien n'obligeait Lyon de se faire éliminer par l'APOEL Nicosie, qui est sans doute meilleure que toutes les équipes chypriotes ayant jamais disputé cette compétition, mais qui reste un club qui n'est même pas leader de son championnat (!) et qui dépense dix millions d'euros par années en budget... Après avoir tenu en échec l'Ajax et ratatiné le Dinamo Zagreb, il y avait mieux à faire. Mais cette saison, on a l'impression que les joueurs ont de plus en plus conscience de leurs limites, ce qui joue sur leur mental. Dix défaites en championnat, sur 26 journées, c'est évidemment mieux qu'une évaluation de début de saison dans l’Équipe, c'est un constat implacable.

Reste que si Lisandro, Bastos ou Gomis retrouvent leur niveau vu contre Paris (4-4), l'OL a largement les moyens de finir dans les cinq premiers, de remporter la Coupe de la Ligue contre Marseille et briller en Coupe de France. Ponctuellement, ça peut toujours marcher. Sur la durée, il faudra renforcer singulièrement cet effectif, notamment en défense, la douzième de Ligue 1 cette saison...

A plus tard !

jeudi 1 mars 2012

La France prend du galon

Salut à tous !

Et beh dites moi, c'était un bien bon petit match ça non ? Comme beaucoup, je me suis trompé sur le potentiel de cette équipe, mais aussi sur celui de on hôte, qui était certes privé de plusieurs cadres, dont Schweinsteiger et Lahm, qui auraient évidemment apporté un peu plus de chair et de muscle à cette équipe. Mais je vais y revenir.

Chez les Bleus aussi, il manquait du monde, à l'image de Benzema et Rémy, ses deux meilleurs buteurs. Mais on oublie trop souvent un joueur comme Diaby, que Blanc continue de considérer, à juste titre à mon avis, comme un titulaire potentiel dans une équipe qui, avec deux petits formats dans l'axe du milieu de terrain (Cabaye, M'Vila) manque parfois un peu de puissance dans ce secteur, qu'un Diarra ne parvient plus à optimiser. Si l'ancien Lillois s'est montré à la hauteur face à Khedira et consort, ça a été plus difficile pour le Rennais, décidément plus à l'aise, à mon avis,  dans un milieu à trois, et qui a perdu beaucoup de ballons face au pressing allemand, ce qui lui a coûté un remplacement prématuré. Son remplaçant, Malouda, s'est montré beaucoup plus utile dans le même rôle, et pas seulement parce qu'il a marqué un but (heureux !) : le Londonien a profité que les Allemands faiblissaient dans ce secteur pour jouer beaucoup plus vers l'avant, ce qui a aidé les Bleus à dominer de la tête et des épaules une très belle deuxième mi-temps.

Dans le détail, commençons par les (rares) déceptions, hormis l'équipement français, qui évoquait plus celui de l’Allemagne (!) qu'autre chose (durant la première minute, la France a attaqué, et j'ai cru qu'on prenait l'eau d'entrée...), mais aussi M'Vila, qui a donc peut-être perdu des points précieux, non pas dans l'optique de la liste pour l'Euro, mais pour le onze de départ. Abidal a fait parler le métier mais a vraiment souffert face à Reus, le génial ailier de Moenchengladbach, qui s'est un peu éteint après la pause. le but allemand vient également de son côté.

Évidemment, la presse ne va pas se priver d'éreinter un Franck Ribéry qui est tombé sur un grand Boateng, bien épaulé par Hummels, qui ont cependant souffert lorsque le Bavarois a laissé sa place à un Jérémy Ménez décidément beaucoup plus à l'aise lorsqu'il évolue côté gauche, et qu'il a ainsi le jeu face à lui au moment de faire la dernière passe. Si son compère marseillais Valbuena, très bon par ailleurs, avait su concrétiser un des deux caviars qu'il lui a servi, son bilan aurait été parfait... Pour en revenir à Ribéry, il a montré quelques belles choses en début de match, mais ça n'a malheureusement pas duré. On parlait de match idéal pour lui parce qu'il évolue en Allemagne. Cette idée saugrenue s'est retournée contre lui : les défenseurs allemands chargé de sa surveillance ont surtout montré qu'ils le connaissaient parfaitement, ce qui les a aidé à le maîtriser. Qui sait si, sans sa blessure, il n'aurait pas profité des espaces qui se créaient après la pause ? On ne le saura jamais, ce qui n'empêchera pas les moralistes de continuer de le juger autant pour ses prestations en demi teintes en bleu que pour ses pratiques sexuelles hors terrain, et son passif de Knysna... un regard biaisé, que seul lui, malheureusement, est en mesure de faire évoluer.

Problème pour le Boulonnais, la concurrence s'accentue de plus en plus dans son secteur. Loïc Rémy, absent hier, reste un recours plus qu'intéressant au poste d'ailier droit-buteur qu'il maîtrise parfaitement. Nasri a été plutôt convaincant hier, pour une fois, et reste un candidat sérieux pour le poste de meneur de jeu que seul Mathieu Valbuena, actuellement, pourrait lui contester, surtout si Rémy récupère sa place à droite. Côté gauche, la prestation fournie par Jérémy Ménez, meilleur passeur dans le jeu du championnat, met encore plus de pression sur Ribéry. Encore autre chose : Giroud, énorme hier, est un titulaire en puissance, ce qui pourrait laisser imaginer un système différent, en 4-4-2, soit à plat, soit en losange, un choix risqué que Blanc appréciait à Bordeaux quand l'opposition n'était pas insurmontable. Pour le haut niveau international en revanche, c'est plus risqué. Dans le 4-4-2 à plat, les places sur les côtés seraient très chères. Nasri peut jouer à gauche, en plus de Ménez et Ribéry, sachant que Malouda peut toujours rendre service. A droite, Rémy, Valbuena et également Ménez, voire Ribéry sont candidats. On va attendre avant de considérer Amalfitano comme une solution crédible. En attendant, on peut être (agréablement) étonné d'avoir un tel choix à des postes où on ne l'a pas toujours eu, justement. Pour le sélectionneur, ça va être l'heure des choix, forcément douloureux.

Dans les satisfactions, on peut évidemment dire que si Lloris a semblé être porté par son brassard, notamment en première mi-temps face à Klose, si Mexès a confirmé qu'il était bien le chef de défense qui transfigurait l'équipe, et notamment Rami, soudain beaucoup plus consistant, pour ma part j'ai été époustouflé par la performance de Mathieu Debuchy. Après un tel match de sa part, marqué par un couloir impeccablement bouclé face au pauvre Schürle, mais surtout par une passe décisive et demie, il serait pour le moins étonnant de voir Sagna ou Réveillère, qui n'ont jamais été capables d'adresser le moindre bon centre durant leur carrière internationale, lui chiper sa place dans le onze de départ. On le connaissait comme une machine à centrer du côté de Lille, mais ce n'était pas évident de le voir apporter les mêmes qualités en Bleu, même s'il ne faudrait pas, pour l'Allemagne, que Lahm laisse sa place trop longtemps à un Aogo dépassé par les évènements, et qui n'est pas vraiment un remplaçant crédible...

Et puis évidemment, j'ai déjà évoqué Giroud, et le casse-tête qu'il va proposer à Blanc. Sa puissance physique, son jeu de corps et de tête, mais aussi son efficacité - même s'il se rate bel et bien sur le but de Malouda -, ce sont les qualités qu'il recherchait avec Hoarau, qu'il possédait avec Chamakh à Bordeaux, et qu'il trouve enfin avec Giroud. Alors, un ou deux attaquants ? Benzema, par son statut plus que par son efficacité en bleu, semble intouchable devant. Donc soit il l'associe avec le Montpelliérain, soit ce dernier devient un super remplaçant, capable éventuellement de changer le cours d'un match. Cette solution me parait la plus plausible, tant j'imagine mal Blanc prendre de tels risques lorsque le niveau s'élèvera.

En face, on n'a pas reconnu cette équipe d'Allemagne qu'on annonçait redoutable, et qui s'était baladée en éliminatoires, puisqu'elle avait gagné tous ses matches... Elle l'a été pendant le premier quart d'heure, où ses feux-follets, notamment Özil et Reus, ont semé la panique au sein de la défense française, heureusement bien tenue par Mexès et Debuchy, mais aussi Lloris. Mais la Mannschaft a semblé très friable, trop jeune, inexpérimentée, et a même parfois semblé baisser les bras après le deuxième but, ce qui ne lui ressemble pas vraiment. Elle a quand même réussi à marquer un but étonnant, alors que la France maîtrisait totalement son sujet, et que Cacau, sur le service de Müller, a marqué... d'un contrôle raté devant le but vide. Elle aurait été sûrement meilleure avec Lahm à la place d'un Aogo transparent (Badstuber ne serait--il pas une meilleure solution ?), un Schweinsteiger au milieu et un Götze autrement plus intéressant que Schürle et surtout Kroos. Ce dernier me fait penser au Gourcuff d'aujourd'hui : élégant, raffiné, mais incapable de la moindre accélération, de la moindre pointe de génie malgré des débuts presque aussi prometteuses que pour l'ancien Rennais.

Bref, maintenant on va pouvoir spéculer bien comme il faut sur une liste qui ne tombera pas avant trois mois ! On peut s'étonner du manque de matches amicaux avant cette échéance, ce qui avait déjà été le cas en 2010... pas l'idéal pour faire des essais et/ou travailler les automatismes avant un tel évènement. Mais la Ligue des Champions et les championnats monopolisent un calendrier complètement boursouflé. Dommage, on en redemande, on a envie de revoir cette équipe, ce qui était moins le cas après les bouillies servies en amical contre les Etats-Unis (1-0) et la Belgique (0-0), en novembre dernier !

A très vite !