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lundi 27 juin 2016

En route pour le quart !

Salut à tous !

Après un intermède suite au  match de la Suisse, que votre serviteur n'avait pas pu voir en entier et donc pas pu noter, revenons sur la performance des Bleus, hier après-midi face à des Irlandais accrocheurs mais limités, comme attendu. Des Verts qui avaient bénéficié de trois jours de récupération de moins, ce qui s'est senti à partir de l'heure de jeu. Les Bleus, étouffés et en manque de rythme (une semaine de repos, c'est pas un peu trop ?) on mis une mi temps et un changement tactique pour prendre la mesure d'Irlandais plus Italiens que Britanniques dans leur façon de gérer le temps... une victoire au final méritée, mais qui démontre que la France, dont tous les adversaires dans sa poule sont déjà rentrés chez eux, et qui n'a toujours pas rencontré un gros morceau, ne semble avoir de marge sur personne. Mais semble aussi posséder des joueurs capables également de battre n'importe qui.

Lloris (6) : Encore un match difficile à noter pour le gardien des Spurs, qui n'a pas été inactif, n'a rien pu faire sur le penalty de Brady, sur lequel il a été pris à contrepied - au passage, de nombreux penaltys sont manqués dans cet Euro, hormis contre nous... - mais qui a vécu la seconde mi-temps de loin. Étonnant de voir combien il est si mal protégé par une défense en grande difficulté, et combien il a si peu d'arrêts à effectuer finalement...

Sagna (6) : On pouvait avoir des craintes sachant qu'il n'a jamais brillé en Bleu et qu'il n'était sensé être que le remplaçant de Debuchy. Mais force est de constater que pour l'instant, Sagna réussit un Euro honnête. Lui ne fait pas d'erreur, il a plutôt bien tenu son couloir, et apporte son écot offensif, à l'image de son centre décisif pour Griezmann (58e), qui a soulagé tout le monde. Sa 5e passe décisive en Bleu, sa 2e de l'année, le troisième bilan pour un latéral droit français derrière Sagnol (12) et Thuram (7), et autant que Amoros, qui comptent tous plus de sélections que lui. Pas si mal pour quelqu'un qui n'apporte rien offensivement...

Rami (3) : Un des deux gros problèmes de la France en défense. Déjà peu rassurant depuis le début de la compétition, il a probablement sorti son plus mauvais match de la compétition. Le rappelé de la dernière heure est d'abord à l'origine de la faute de Pogba sur Long dans la surface, qui provoquera le penalty irlandais (2e), puis à l'origine du carton qui privera Kanté du quart de finale (27e). En deuxième mi-temps, ses lacunes tactiques ont encore failli coûter très cher à la son équipe, même si c'est une de ses relances qui provoque le deuxième but. Lui même suspendu pour le prochain match, sa place sera mis en balance si son remplaçant, probablement Mangala, réussit une bonne performance...

Koscielny (5) : Pas simple de devoir à la fois se coltiner des attaquants aussi accrocheurs que Long et Murphy, mais aussi de devoir couvrir et rattraper les erreurs de son partenaire dans l'axe... parfois bousculé, le Gunner a tenu bon et fait le job. Mais sa relance limitée rapporte peu à son équipe, qui peine à repartir de ses bases arrières.

Evra (4) : Aussi indispensable par son état d'esprit et son expérience qu'inquiétant par ses déficiences défensives et son inutilité offensive. Problème, pour être un leader écouté, il faut a priori être irréprochable sur le terrain, ce que le joueur de la Juve n'est clairement pas. Dommage que Deschamps n'ait pas profité du match de la Suisse pour essayer Digne... trop tard maintenant, il va falloir faire avec lui.

Kanté (5) : Son match le plus difficile de l'Euro. Peu aidé par ses partenaires qui n'évoluaient pas forcément à leur meilleure place, il a gratté beaucoup de ballons, comme à son habitude, mais a eu du mal à les bonifier dans la première relance, face au bloc irlandais. Suspendu pour le quart de finale, il manquera malgré tout clairement. Qui le remplacera, Cabaye poste pour poste ou Coman dans un 4-2-3-1 ? Voilà qui va occuper les médias pendant une semaine... et Deschamps aussi. Coman (7) qui a beaucoup apporté face à des adversaires certes fatigués, mais qu'il a su éreinter par ses dribbles et sa vitesse, sans pour autant se montrer décisif. L'ailier du Bayern a clairement dépassé Martial dans l'esprit du sélectionneur au poste de premier remplaçant offensif. Remplacé par Sissoko à la 93e.

Matuidi (6,5) : Étrangement placé côté droit, un poste inédit pour lui, pour faire place à Pogba, droitier qui apparemment ne peut pas évoluer à droite du milieu, le Parisien a logiquement eu du mal à se situer et n'a jamais pu se mettre dans le sens du jeu. Replacé à gauche après les citrons, il a pu beaucoup plus apporter, dans le pressing et la verticalité, à l'image de cette frappe à la 55e, qui a su secouer le cocotier. Toujours indispensable malgré les errements tactiques de Deschamps, qui lui demande à peu près tout et son contraire depuis le 10 juin.

Pogba (5) : Placé à son poste favori, axial gauche, comme à la Juve, il ne pouvait pas plus mal débuter son match avec cette faute idiote sur un Long pourtant pas forcément dangereux. Cette erreur de débutant plombe un match par ailleurs pas si raté que ça, loin de là. Sans doute désireux de se rattraper, il s'est montré très actif, puissant, il a créé des différences au milieu, mais n'a pas réussi à être décisif. Je veux bien qu'on ne l'aime pas, mais il faut aussi qu'on me dise qui montre autant de qualités au milieu dans ce groupe. Il lui manque juste de devenir décisif, comme Griezmann.

Griezmann (8) : Ce dernier ne réalise pas dans le jeu un Euro meilleur que Pogba, mais lui se montre décisif, et c'est ce qu'on retiendra au final. Baladé côté droit en première période, il s'était montré un peu plus actif que lors de ses premiers matches, sans réussir à briller. Replacé dans l'axe, face à une défense moins attentive, il a su faire la différence, bien servi par Sagna et Giroud. Ça fait longtemps qu'on n'a pas pu compter sur un joueur aussi décisif dans les grands matches, alors savourons, et prions pour que ça dure une ou deux semaines de plus.

Payet (5,5) : Il va pouvoir laisser la place de sauveur de la nation, qu'il occupait depuis quelques semaines, à l'attaquant de l'Atletico. Ca doit faire un moment qu'il n'avait pas traversé deux matches consécutifs sans être décisif, même s'il décale bien Sagna sur l'égalisation. Le Hammer s'est une nouvelle fois beaucoup montré mais il n'a pas toujours réussi à impulser le bon tempo à son équipe et à trouver ses attaquants dans de bonnes conditions. Ses adversaires le surveillent de plus en plus, ce qui est logique.

Giroud (5,5) : Comme d'habitude isolé dans cette équipe qui éprouve tant de difficulté dans le jeu, il a parfois manqué de promptitude et d'anticipation sur certaines situations, notamment en première mi-temps. Il n'a cette fois ci raté aucune occasion, vu qu'il n'en a pas eu à négocier. Malgré tout, son bilan est rehaussé par cette splendide remise de la tête en déséquilibre pour Griezmann sur le second but (61e), mais aussi par cette passe qui lance Griezmann, ce qui provoquera l'expulsion de Duffy (66e). Quand ils se trouvent, ce qui n'est pas aussi fréquent que ça, ces deux là peuvent faire mal. Remplacé à la 73e par Gignac (5), qui aurait pu profiter des largesses de la défense irlandaise en fin de match mais qui a tout mis à côté ou sur le poteau. Dommage.

Voilà, sur ce à plus tard !

jeudi 16 juin 2016

Et à la fin, Payet marque (2)

Salut à tous,

Deuxième match et deuxième victoire quasi miraculeuse pour les Bleus, qui ont encore du attendre les derniers instants pour l'emporter. Ils ont certes réussi là où, face à des oppositions du même style, ultra défensives, à la limite de la caricature, le Portugal ou l'Angleterre, par exemple, avaient échoué. Mais ils ne pourront pas toujours compter sur une erreur de marquage de l'adversaire en fin de match.

Deschamps, écoutant une nouvelle fois un peu trop les médias, avait étrangement changé un système qu'il était pourtant sensé avoir travaillé durant deux années de matches amicaux, et même avant, au bout de seulement un match moyen de son équipe, et ça a failli lui coûter cher. Comme quoi, le sélectionneur, déjà obligé d'improviser en défense suite aux nombreuses défections, semble y avoir pris goût. Son retour au 4-3-3, dès la mi temps, lui a sauvé la mise, mais il serait judicieux que face à des oppositions plus relevées, dès dimanche contre la Suisse par exemple, il limite un peu plus ses petits essais... la compétition, ça ne sert pas à ça.

Deuxième séance de notes de votre serviteur :

Lloris (5,5) : Le gardien des Spurs auraient pu prendre une semaine de vacances supplémentaire, tant il n'a rien eu à faire, ou presque, durant les deux premiers matches des Bleus. Aucun arrêt à effectuer hier soir pour l'ancien Niçois, sauvé par son poteau en début
de seconde mi-temps malgré tout. Son tournoi n'a pas encore commencé malgré une défense qui le protège moyennement, espérons qu'il garde le rythme pour la suite.

Sagna (5) : Guère secoué dans son couloir, ou Lenjani l'a laissé tranquille, le Citizen n'en a pas vraiment profité pour apporter le surnombre et aider Coman à se débarrasser de ses deux cerbères habituels. Pour lui aussi, on attend de voir - avec un peu de crainte, je l'avoue - que l'opposition se corse pour avoir un avis plus tranché.

Rami (5,5) : Encore un match où certaines de ses interventions et surtout ses relances folkloriques n'ont pas rassuré les suiveurs des Bleus pour la suite de la compétition. La menace de Sadiku était pourtant relative... au final il sauve son match - et sa note - grâce à ce centre venu d'ailleurs qui offre le but de la victoire à Griezmann, suite à un corner (1-0, 90e). Un centre comme jamais, peut-être, Sagna n'en a fait en 59 sélections...

Koscielny (5) : Peu embêté par Sadiku, l'ancien Merlu a fait le job, sans en faire trop, ou même plus. On peut lui reprocher de ne pas avoir su apporter le surnombre quand le milieu français piétinait en première période... et la relance reste son talon d'Achille.

Evra (4) : Contrairement à son collègue de l'aile droite, lui n'a pas attendu de croiser des clients dans son couloir pour sérieusement inquiéter son monde. Auteur d'une grosse faute sur Lila juste avant la pause, avec un pied à auteur du visage qui aurait pu lui valoir un rouge mais qui ne lui couta même pas un jaune (!), le Turinois a souffert, et toutes les occasions albanaises sont venues de son côté. Du mieux en deuxième, quand la menace adverse se fut éteinte, mais il partait de tellement loin...

Kanté (6) : Dans le 4-2-3-1 expérimental - et foiré - de Deschamps, il eut du mal à avoir son rendement habituel, mais gratta son écot de ballons, même s'il parut parfois isolé. Replacé en sentinelle après l'entrée de Pogba, le champion d'Angleterre fut encore plus actif, et se présenta même plusieurs fois aux avant postes pour tenter sa chance, en vain. Comme c'est parti, il va falloir du courage à ses concurrents pour lui prendre sa place. Quels concurrents, d'ailleurs ?

Matuidi (5) : Le Parisien parut encore plus perturbé par le changement tactique de son sélectionneur. Depuis combien d'années Matuidi avait-il évolué à deux en milieu défensif ? Déjà brimé tactiquement contre la Roumanie, il fut privé de ses percées habituelles pour rester bien sagement en place afin de protéger sa défense. Lorsque le milieu repassa à trois, on le vit tout de suite beaucoup plus actif, et failli offrir un but à Coman en déviant un ballon dans le surface. Imprécis, parfois brouillon, il demeure malgré tout indispensable par son état d'esprit et sa propension au dépassement de fonction. Tant qu'on le brime pas trop... le faire souffler face à la Suisse ne serait par contre pas une idée désastreuse.

Coman (5) : Le plus jeune des deux ailiers titularisé par Deschamps s'en est sorti un peu mieux que son compère de l'aile gauche, mais malgré toute sa vitesse, sa technique, ses roulettes et son talent, il ne peut pas faire de miracles. Régulièrement opposé à deux adversaires et guère aidé par Sagna, il fit quelques différences et failli même marquer juste après la pause, mais face à ce genre d'oppositions, son profil est pour moi inutile, tant il ne peut prendre de la vitesse. Son remplaçant, Griezmann (68), trouva lui la faille en fin de match (90e), après avoir été très discret encore une fois. Mais lui aussi, il demeure indispensable par son efficacité et sa dangerosité.

Payet (7,5) : Moins flamboyant que face à la Roumanie, parfois empêtré dans l'axe sur-bondé de l'Albanie, le meneur de jeu des Bleus était sensé avoir plus de choix avec ces trois attaquants qui l'entouraient avant la pause, mais ça ne s'est pas vu. Paradoxalement, c'est avec la sortie de l'un d'entre eux qu'on l'a vu plus libéré. En faux ailier, il a pu plus apporter grâce au soutien de Pogba et Matuidi. Au-dessus techniquement, il ne s'est pas montré décisif, si ce n'est son but anecdotique de la 96e minute. Mais lui aussi aura du mal à perdre sa place d'ici à la fin du tournoi...

Martial (4,5) : Les commentaires sont sévères avec le Mancunien depuis hier. Lui qui n'évoluait pas à son poste de prédilection, rappelons le, il faisait face au latéral droit titulaire de Naples, Hysaj, auteur d'un match énorme défensivement, soutenu qui plus est par Lila, latéral droit du PAS Giannina, en Grèce, et n'a guère été aidé par Evra sur le plan offensif. Il n'a donc jamais pu faire de différences, même si son entente avec Payet me parut intéressante par séquences. Remplacé dès la pause par Pogba (5), qu'on vit beaucoup, voulant manifestement se montrer, mais qui alterna le bon et le moins bon. Son jeu long reste un régal, mais il ne fait pas toujours les bons choix. A mon avis il se met trop de pression, ce qui le fait déjouer... Deschamps doit le conforter et l'inciter à jouer plus simple. On a vu malgré tout que l'Equipe de France joue mieux avec lui que sans, et qu'on n'a pas d'alternative véritable sur le banc, même si Cabaye et Schneiderlin n'ont toujours pas joué...

Giroud (4,5) : Comme face à la Roumanie, son jeu de tête avait manifestement besoin d'un petit réglage. Sauf que cette fois, il n'a pas pu faire faute sur le gardien pour marquer un but heureux et sauver son match, par ailleurs honorable sur le plan de la combativité. Mais il fut très difficilement trouvé par ses partenaires, et quand ce fut le cas, il mit tout à côté ou sur le poteau. Il n'aura pas toujours 5 occasions par matches pour marquer un but.

Voilà, à plus tard !

vendredi 13 mai 2016

L'importance d'être constant

Salut à tous,

Ca y est, elle est tombée. Bizarrement, je n'ai pas le souvenir d'une telle attente à propos d'une liste pour un grand tournoi en France, mais ma mémoire me fait peut-être défaut. Sans doute est-ce du à l'absence de certitudes - du moins chez les observateurs, les journalistes et les 67 millions de sélectionneurs en France - dans beaucoup de secteurs, notamment en défense et en attaque. Même chez les gardiens, le nom du troisième larron différait souvent suivant qu'on était fan de Costil ou d'Areola. En fait, au vu de la liste, un des rares Français à ne pas vraiment douter sur sa liste se nommait... Didier Deschamps, qui a renouvelé son groupe déjà appelé en mars contre les Pays-Bas et la Russie, et qui lui avait donné satisfaction. Et tant pis si sa liste de réservistes fait parfois plus envie que sa vraie liste...

Chez les gardiens, la tendance est presque toujours à la stabilité. On voit rarement un sélectionneur changer ses billes au moment d'annoncer sa liste alors qu'il se tenait aux trois mêmes noms auparavant, tout simplement parce que le poste de gardien, s'il reste important, n'influence pas vraiment le jeu d'une équipe, même si les fans de Kevin Trapp pensent réellement qu'un gardien bon aux pieds y parvient, ce qui ne m'a jamais sauté aux yeux. Et surtout, il faudrait un réel cataclysme pour qu'un troisième gardien joue un match durant un tournoi... ça arrive quand même TRES rarement. Limite, on devrait arrêter d'en prendre trois pour prendre un joueur de champs supplémentaire... la preuve, en 2014
Deschamps avait pris Landreau, quasi déjà à la retraite avec Bastia, beaucoup plus pour ses aptitudes à fédérer un groupe et faire le tampon entre les deux premiers gardiens, qu'à réellement récompenser le troisième meilleur portier du pays. Alphonse Aréola, sans parler de Stéphane Ruffier, est sans doute meilleur que Benoit Costil. Mais Deschamps doit considérer que Costil est le meilleur compromis entre un bon gardien de Ligue 1 et un bon coéquipier, qui ne l'embêtera pas pour jouer.

Une défense qui boite
La défense de ce groupe, déjà poreuse en mars contre les Pays-Bas (2-3) et la Russie (4-2) me fait très peur. Entre un Varane en difficulté cette saison à Madrid, un Koscielny selon moi un peu surcoté et qui a toujours provoqué beaucoup de penalties, un Evra qui va fêter ses 35 ans dans 2 jours, et un Sagna (33 ans) titulaire à City mais un peu juste pour le haut niveau selon moi, les titulaires n'apportent aucune garanties. Mais alors derrière... déjà il manque Mamadou Sakho, indispensable leader de ce groupe et toujours solide en Bleu. Pour moi, son absence est terrible, à tous les niveaux. Malgré ses états de service en Équipe de France il n'a pas la carte dans les médias, je ne sais pas trop pourquoi, mais son absence pèse lourd, que ce soit sur le terrain ou dans le vestiaire. On se retrouve dans l'axe avec deux gauchers exclusifs, un Mangala en grande difficulté à City et un Mathieu qui revient à peine de blessure. Si Varane se blesse, il ne faudrait pas que Koscielny prenne un de ses sempiternels cartons rouges ou on se retrouvera avec deux axiaux gauches en défense... Quant à Jallet, à peine titulaire à Lyon et qui n'est pas de la première jeunesse non plus (32 ans), et Digne, dont la seule perf a été de rester titulaire à Rome, il n'y a pas de quoi sauter au plafond non plus. Pourquoi ne pas prendre Sidibé, extrêmement performant avec Lille et qui peut couvrir les deux ailes, et Umtiti, à la place d'un Mathieu convalescent ? Je ne suis pas fan du défenseur lyonnais mais au moins il ne revient pas de blessure, lui... quitte à le priver de vacances, autant le prendre dans le groupe. La logique de groupe de Deschamps, encore.

Au milieu, même chose, pas la moindre surprise. Et là encore, les réservistes semblent plus solides que certains titulaires, comme Rabiot vis à vis de Sissoko ou Cabaye. Sissoko, l'éternel couteau suisse de Deschamps et avant lui, de Blanc... mais qui sort d'une saison cataclysmique avec Newcastle, relégué en Championship... Un but et six passes au compteur. Piouf ! La logique de groupe a du bon, mais y a des limites quand même. Sérieusement, avec tous les ailiers qu'il a pris, Sissoko ne sert plus à rien pour couvrir le côté droit, puisque trois joueurs offensifs peuvent y jouer (Payet, Martial, Coman). Et dans l'axe, il y a une demi douzaine de joueurs meilleurs que lui. Ce garçon doit vraiment être un formidable camarade dans ce groupe pour pouvoir perpétuellement compter sur sa place en Équipe de France, quelque soit ses performances. Les autres joueurs, en revanche, étaient incontournables. Pogba, Diarra, Matuidi : il s'agit selon moi du seul endroit sur le terrain où Deschamps possède de solides certitudes. Surtout avec Kanté pour faire le nombre au cas où.

Une attaque sans buteurs
Et l'attaque... ça ne sert à rien de revenir sur l'absence de Benzema, dramatique selon moi. Un buteur d'une telle classe, doublé d'un passeur remarquable... ses (nombreux) détracteurs affirmeront que l'Equipe de France joue mieux sans lui, ça reste à prouver puisqu'il n'était pas là en mars, mais ils ne peuvent sérieusement pas affirmer que s'il n'y avait pas eu l'affaire avec Valbuena, personne n'aurait trouvé scandaleux que Deschamps le prenne dans sa liste... soyons sérieux. Donc il avait sa place, 100 fois à la place de Gignac et Giroud, en échec cette année à Arsenal. Mais, non content de ne pas pouvoir prendre Benzema, Deschamps se prive en plus du deuxième meilleur attaquant français du meilleur championnat du monde, la Liga : Kevin Gameiro. Pas d'automatisme avec les autres joueurs : pourquoi, Gignac en avait avant de revenir à l'automne dernier ? Pas de passé réel en Bleu ? Et Coman, il en avait ? Il compte 8 sélections et un but, elles datent mais elles existent. Sérieusement, est-ce que ses performances en Liga (16 buts) ou en Ligue Europa (9), dont il disputera la finale prochainement, ne valent pas largement plus celles de Gignac au Mexique (24 dont 13 en 2016), championnat que je connais un peu, qui n'est pas mauvais mais est très loin de valoir la Liga ? Si vous me dites oui, alors d'accord, difficile de discuter dans ces conditions.

Les autres membres de la ligne d'attaque sont difficilement discutables, notamment Griezmann ou Martial, qui représentent beaucoup plus l'avenir que Payet, dont l'épanouissement très tardif m'interroge. Ce garçon a toujours eu du mal à s'imposer dans la difficulté, à Lille, dans l'ombre de Hazard, et à Marseille, dans celle de Valbuena. A chaque fois il s'y est imposé quand le titulaire qui le génait est parti, pas avant. Il lui a fallu aller à West Ham, club très moyen où il n'est pas gêné par la concurrence, pour se révéler. Reste à voir ce que ça donnera à un niveau supérieur... et on en vient à Ben Arfa. Je suis partagé, pour les mêmes raisons que Payet, à la différence que lui possède vraiment un bagage technique très au dessus du lot, et qu'à 17 ans on lui promettait déjà presque le Ballon d'Or, dont il ne s'est finalement jamais approché. Il réalise une immense saison avec Nice, mais ça reste Nice, où sa seule concurrence se nomme... Mathieu Bodmer, où il n'a pas joué de Coupe d'Europe et où on lui a donné des responsabilités qu'il n'avait jamais connu ailleurs. Qu'aurait-il apporté à ce groupe en tant que 6e ou 7e attaquant ? 10 minutes par ci par là ? Si Benzema et Gameiro avaient été là, on n'aurait peut-être jamais évoqué son nom. Ce n'est pas son absence qui affaiblit ce groupe, même si j'aurais aussi été favorable à sa présence, à la place d'un Coman encore très jeune et qui n'a du son temps de jeu exceptionnel au Bayern qu'aux blessures de Ribéry et Robben. Coman ne jouera sans doute pas non plus beaucoup, et il avait le temps d'être rappelé. Ben Arfa, plus tellement...

La Ligue 1 au piquet
Enfin, analysons un peu cette liste. Elle compte le plus grand nombre de joueurs évoluant à l'étranger (18 sur 23, soit 78,3 %) depuis 2002 (idem), un record pour une liste française pour un grand tournoi. Inutile de dire qu'on est loin des 50 % de joueurs de Ligue 1 souhaités par Frédéric Thiriez il y a quelques années, même si on y était dans les années 2000 (52,2 d'étrangers en 2006, 56,5 en 2008, 52,2 en 2010, 47,8 en 2012). Pour le Mondial 2014 déjà, le taux d'"étrangers" augmentait sérieusement (65,2). La Premier league compte 10 joueurs, comme en 2014, son meilleur total. Historiquement, l'Angleterre est largement au dessus des autres pays avec 74 représentants, soit presque la moitié du total des clubs étrangers (48,5 %). La Serie A, deuxième, est très loin (37), et ne compte que 3 joueurs cette année, un chiffre malgré tout en progrès puisqu'elle n'en comptait qu'un en 2014 et en 2012, et aucun en 2010. La Liga, elle, reste stable avec ses trois joueurs, un dans chacun de ses géants, comme en 2014, 2010 et 2008, et 2 en 2012.

Pas moins de 19 clubs sont représentés dans cette liste, contre 16 en 2014 et 17 en 2012. On est loin de l'hégémonie marseillaise de 92 (8 phocéens et seulement 9 clubs représentés) ou des 9 clubs représentés en 2010... un éparpillement qui s'explique notamment par la présence de 5 clubs qui n'avaient jamais figuré dans une liste jusque là : trois Anglais (Crystal Palace, Leicester, West Ham) plus l'Atletico Madrid et évidemment les Tigres de Gignac, premier club non européen jamais représenté en Bleu dans leur histoire. Par ailleurs, sur ces 19 clubs, 4 seulement comptent deux joueurs : Marseille, Arsenal, la Juve et Manchester City. Dans l'histoire de ces listes, depuis 1954, Bordeaux reste en tête avec 34 joueurs, devant un trio composé de Lyon, Marseille et Monaco (30). L'ASM qui n'a désormais plus été représentée dans une liste pour un grand tournoi depuis... 2006 ! Suivent ensuite Arsenal, premier club étranger, à égalité avec le PSG, qui ne compte qu'un représentant cette année, contre trois l'an passé. Mais les départs de Digne, Coman ou Cabaye font baisser ses chiffres. A moins que Rabiot...

Cette liste pourrait en effet changer, comme en 2014 puisque trois réservistes avaient été rappelés suite à des blessures. En tous cas vivement le 10 juin !

A plus tard !