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jeudi 14 avril 2016

Le Barça et Paris au purgatoire

Salut à tous !

C'est un blogueur à la fois navré par la performance et l'élimination du PSG et pas peu fier d'avoir eu tout bon à ses pronostiques sur ces quarts de finale qui entame ce post.

Des quarts très serrés
Alors certes, il ne fallait pas être grand clerc pour prédire les qualifications du Bayern, face à Benfica, et surtout du Real face à Wolfsburg, même si elles ont été beaucoup plus ardues que prévues. Mais celle de l'Atletico, elle n'était pas forcément évidente, surtout face au Barça. L'Histoire ne se répète pas toujours, mais là elle a bien bégayé, et à deux niveaux : les hommes incroyablement vaillants de Diego Simeone ont réédité leur performance d'il y a deux ans, lorsqu'ils avaient déjà sorti le Barça au même stade de la compétition, et à peu près de la même manière (1-1, 1-0) ; et la malédiction du tenant du titre en C1 a encore frappé, comme c'est le cas depuis le doublé des Milanais d'Arigo Sacchi, en 1989. A cette époque, avant l'arrêt Bosman, les grands joueurs étaient beaucoup mieux répartis et, paradoxalement, il y avait souvent un club dominant, souvent dirigés par des entraîneurs de haut niveau, comme Sacchi ou, avant lui, Trappatoni avec la Juve, qui avaient beaucoup plus d'impact sur la performance de leur équipe, puisque les équipes étaient moins fortes. Il y avait aussi une densité moins importante de très gros clubs en C1 puisqu'il n'y avait qu'un représentant par pays, et non 4 Anglais, 4 Espagnols, 4 Allemands, 3 Italiens... il n'était pas rare de retrouver des clubs néerlandais, belges ou provenant de l'est de l'Europe dans les derniers tours. Du coup, conserver son titre était beaucoup moins ardu.

Désormais, les meilleurs clubs du monde sont tous extrêmement proches les uns des autres, se sont plus des sélections mondiales des plus grands joueurs actuels que des clubs à l'ancienne, et les matches se jouent donc sur des détails infimes, ce qui augmente très nettement la part de la réussite dans les résultats finaux. Le Barça est indiscutablement la meilleure équipe du monde, mais sur deux matches, face à des Matelassiers survoltés, il a sauté. Pour un but, un oubli sur Torres à l'aller. Un détail. Les quarts de finale d'avant l'arrêt Bosman étaient beaucoup moins équilibrés, aucun des quatre qualifiés n'a gagné ses deux matches, aucun ne semble au dessus du lot. Le Real passe sur un mur mal placé de Wolfsburg sur le coup-franc de Ronaldo. Paris a payé la blessure de Verratti dans les grandes largeurs. Des détails.

La Verratti dépendance
Oui, selon moi ça a tenu à ça, cette élimination qui fait hurler les médias comme si un enfant avait disparu. La blessure de Verratti, comme je l'avais dis lors de mon dernier post, a considérablement handicapé le PSG au Parc des Princes, puisqu'il devait faire le jeu et qu'il ne le fait jamais aussi bien qu'avec son génie italien. Sans lui, il perd 40 % de son pouvoir créatif, notamment dans l'avant-dernière passe, et Motta, son architecte tactique des dernières saisons, se retrouve livré à lui-même et à sa baisse physique du à son âge. Et il devait aussi faire le jeu au retour puisqu'il était éliminé au coup d'envoi, ce qui n'aurait pas été le cas s'il l'avait emporté à l'aller, comme contre Chelsea. Et comme Blanc, en recrutant Stambouli pour faire le nombre, s'est planté dans son plan B, il a été contraint d'improviser après la suspension de Matuidi. Trop affaibli au milieu, lui qui n'a jamais brillé par son génie tactique, notamment en cours de match, il nous a pondu un compo cataclysmique avec cette désormais fameuse défense à 5, qui a laissé l'initiative au milieu à City, et qui a encore plus isolé les deux attaquants. Un dispositif totalement inédit en quart de finale de C1, face à un adversaire malgré tout redoutable ? Une erreur de débutant, tout simplement, une erreur de jugement majeure, due à la panique. Le PSG jouait sa saison sur ce match, on le voit bien aux réactions délirantes des médias, malgré tous les records battus en championnat, Blanc le savait, et il a craqué sous la pression. Comme il l'avait fait à l'Euro 2012, lorsqu'il s'était s'agit d'affronter la grande Espagne en quart de finale, là aussi, et qu'il avait aligné Mathieu Debuchy au poste de milieu droit, devant Anthony Réveillère, pour contrer notamment les montées de Jordi Alba. Peine perdue, le futur latéral barcelonais avait offert le premier but à Xabi Alonso, auteur d'un doublé, suite à un débordement d'école dans son couloir, et la France, démunie offensivement, n'avait pas existé (0-2). On reproche souvent à Blanc de ne jamais rien tenter tactiquement, de trop tarder dans ses changements, mais c'est peut-être mieux ainsi : quand il improvise, c'est encore pire. Et je ne parle pas de la non titularisation de Lucas au profit d'un Cavani une nouvelle fois hors-sujet, alors que le Brésilien avait été si convaincant contre Chelsea... Là encore, incompréhensible.

Alors oui il y a une Verratti dépendance, mais n'y a-t-il pas une Messi dépendance au barça ? Et Ronaldo au Real ? Et Griezmann à l'Atletico ? Enlevez son meilleur joueur à chaque équipe, et vous verrez la différence.

Paris trop diminué
Analyser cette élimination n'est donc pas une tâche facile parce que si City a eu des absences, avec Sterling et Kompany, Paris, notamment au match retour, n'a pas pu jouer avec ce qui a constitué son point fort pendant quatre ans, à savoir son milieu de terrain. Je serais le premier à hurler avec les loups si le PSG avait été éliminé avec sur le terrain son trio majeur, Verratti-Motta-Matuidi. En deuxième mi-temps, il évoluait avec Rabiot, Marquinhos et Di Maria au milieu... pas de mauvais joueurs, évidemment, mais qui n'avaient jamais joué ensemble dans ce secteur. Comment peut-on donc affirmer que le PSG a disputé sa qualification en pleine possession de ses moyens ? L'an passé déjà, il avait déjà du affronter le Barça au Camp Nou avec Rabiot et Cabaye au milieu... le club parisien avait pourtant tout fait cette année pour être débarrassé du championnat et arriver aux quarts de finale frais et dispo, et surtout au complet. Sans succès. Pastore aurait pu également aider s'il avait pu jouer plus régulièrement ces dernières semaines... difficile de ne pas affirmer que les attaquants parisiens, ainsi que Di Maria, n'auraient pas profité d'un milieu d'une meilleure qualité pour plus briller.

Reste ces quatre quarts de finale d'affilée, performance inégalée par un club français, et qui place le PSG à la 6e place européenne sur la décennie actuelle au nombre de points pris, devant Arsenal, l'Atletico, la Juve... et loin devant City. Les perfs sur une saison après une série d'échecs c'est bien, la régularité sur quatre ans, c'est pas mal non plus, je crois.

L'Atletico favori ?
Quant à City, face à une adversité aussi faible, il n'a pas eu à forcer son talent, en marquant sur son seul tir cadré au retour. Dominé dans la possession et les occasions sur les deux matches, uniquement porté par un De Bruyne qui va peut-être enfin être reconnu à sa juste valeur, le club mancunien arrive presque par hasard en demi-finales. Ça ressemble fortement à la chance d'un futur vainqueur, un peu comme Chelsea il y a 4 ans. Malgré tout, s'il y a un club qui m'a impressionné lors de ces quarts, c'est l'Atletico. Le futur vainqueur se dévoile souvent en quarts de finale, je mettrais donc bien une pièce sur les partenaires d'Antoine Griezmann, enfin brillant face au Barça. Surtout face à ce City là, un Bayern aussi faible derrière et un Real aussi inconstant, capable de perdre à Wolfsburg après avoir gagné le Clasico...

Pour le tirage, on peut rêver d'une chose qui entraînera une autre : City rencontrerait le Bayern (ce qui obligerait Guardiola à éliminer son futur club...) et donc l'Atletico, le Real, pour un derby madrilène brûlant. Une chance sur trois, c'est pas mal.

Les Français toujours moyens
Pour finir, et comme souvent à cette période de l'année malheureusement, je vais revenir sur le bilan des clubs français en Coupe d'Europe cette saison. Pour la première fois depuis 2013, le bilan est légèrement positif (18 victoires, 17 défaites en 51 matches). Pas de quoi faire des bonds de cabri, mais c'est tout de même mieux que l'an dernier (14 v., 16 d. en 44 m.) et surtout qu'en 2014 (14 v., 21 d. en 40 m.). Reste que sur la décennie actuelle, le bilan est toujours mauvais (99 v., 105 d. en 277 m.). Cette saison, trois clubs sur six terminent avec un bilan positif (je ne compte pas les tours préliminaires avant barrages de C1 et C3) : Paris (6 v., 2 n., 2 d.), et les deux qualifiés pour les 16es en C3, Saint-Étienne (4 v., 4 n., 2 d.) et Marseille (4 v., 1 n., 3 d.). Monaco (2 v., 3 n., 3 d.) et surtout Lyon (1 v., 1 n., 4 d.) et Bordeaux (1 v., 4 n., 3 d.) plombent largement le bilan. Sur la décennie, à la victoire à 2 points of course, c'est le PSG qui est en tête à la moyenne de points (1,33). La nouveauté, c'est que pour la première fois de l'Histoire, le club parisien passe en tête au bilan général depuis le début des Coupes d'Europe, avec 240 points pris en 189 matches, devant Lyon (239 pts en 205 m.), Bordeaux (217/184), Marseille (208/190) et Monaco (178/163). Pas mal pour un club créé en 1970 et qui n'a commencé à fréquenter l'Europe qu'en 1982... à la moyenne de points, il n'est devancé que par Reims (1,29 contre 1,27), devant... Bastia (1,23), Bordeaux (1,18) et Strasbourg (1,17). Lyon suit avec 1,16, Marseille et Monaco sont 10e et 11e avec 1,09.

Chez les pays adverses, à noter la performance des Italiens sur les années 2010 : en 20 matches contre des clubs français, ils en ont gagné 14 et perdu seulement 1 ! Les Anglais, en 8 matches cette saison, ne se sont pas baladés contre nos clubs (3 victoires, 2 défaites), et les Espagnols non plus d'ailleurs (4 v., 2 n., 2 d.) même si au final ils l'emportent. Le plus inquiétant restent nos "performances" contre les Belges (2 n., 2 d.) et les Suisses (1 v., 1 n., 2 d.)... mais aussi les Russes (2 n., 2 d.) et les Portugais (1 v., 1 d.), nos adversaires directs au classement UEFA. Dommage là aussi que Paris ne soit pas allé plus loin, la précieuse 5e place s'éloigne encore une fois. Mais les points UEFA ne devraient pas reposer sur leurs uniques épaules, normalement... la force des Portugais, c'est de pouvoir compter sur trois, voire quatre clubs compétitifs sur le plan européen. La Ligue 1 est loin d'être dans ce cas.

A plus tard !

mardi 5 avril 2016

Quatre quarts

Salut à tous !

Nous y voici enfin, dans les derniers tours de Ligue des Champions. Après sept longs mois de compétition, de matches de poule parfois obscurs (vous vous souvenez du Astana-Galatasaray du 30 septembre dernier vous ? Moi non plus. Et après ça rigole sur la Ligue Europa...), plus des huitièmes plutôt déséquilibrés dans leur ensemble, et qui ont montré que la fracture entre les tous meilleurs clubs d'Europe et leurs poursuivants immédiats n'était pas près de se réduire, nous voici enfin dans les tours où sont réellement sensés s'affronter les meilleurs. Objectivement, hormis l'habituelle surprise, qui se nomme cette saison Wolfsburg, assez habile pour se faufiler dans un groupe homogène (PSV, Man U et CSKA) puis pour écarter en huitièmes un encore plus petit que lui, et de loin (la Gantoise), qui n'a pas sa place dans ce top huit européen ? Et surtout, qui manque-t-il à l'appel ? Arsenal, qui a eu la malchance de tomber sur le Barça en huitièmes, peut-être, ou la Juve, finaliste de la dernière édition écarté de justesse (2-2, 2-4 a.p.) par un Bayern chanceux au tour précédent. Surtout, le tirage très homogène de ces quarts de finale nous prive certes d'affiches véritablement tapageuses, hormis le duel des meilleurs ennemis du Real entre le Barça et l'Atletico, mais nous garantie presque à coup sûr des demi-finales de folie qui devraient opposer les trois présumés meilleurs clubs du monde, le Barça, le Real et le Bayern, au vainqueur de l'affiche entre les deux nouveaux riches du football européen, PSG-City. Sauf surprise, bien entendu, et elles ne sont pas rares à ce niveau de la compétition. Et si on se lançait dans quelques pronostiques ?

Commençons par les matches de ce soir...

FC Barcelone-Atletico Madrid
Pour le coup, l'examen du bilan entre les deux formations espagnoles n'est pas très intéressant, puisqu'il est gigantesque, et noyé dans l'Histoire. Les deux clubs s'affrontent quasiment sans discontinuer depuis mars 1929, et évidemment le Barça domine les débats, mais pas tant que ça : certes il s'est le plus imposé, mais s'est aussi beaucoup incliné (88

victoires, 61 défaites) et l'Atletico est devant sur sa pelouse (44 succès, 32 défaites). Malgré tout, les Catalans restent sur six victoires d'affilée et n'ont plus perdu contre les Matelassiers depuis 7 matches et... les quarts de finale de la C1 2014, marquée par une élimination des hommes de Tata Martino sur un but de Koke, après un nul (1-1) au Camp Nou à l'aller. Deux ans tout pile donc, qui pourraient donc donner à réfléchir au successeur du technicien argentin et actuel sélectionneur de l'Albiceleste. Surtout que, comme il y a deux ans, l'Atletico reçoit au retour. Le Barça reste sur trois victoires consécutives à Madrid mais attention tout de même...

Les hommes de Luis Enrique qui vont également devoir digérer un Clasico raté dans les grandes largeurs, alors que leur tendait les bras un succès presque aisé, à 11 contre 10, tandis que leur hôte de ce soir a récemment fait mordre la poussière aux hommes de Zidane (0-1), grâce à leur homme providentiel sur le plan offensif, Antoine Griezmann, 26 buts cette saison toutes compétitions confondues dont 24 avec son club, et 8 lors de ses 9 derniers matches. Seul bémol, il n'a plus marqué contre le Barça, qui le convoitait avant qu'il ne parte pour Madrid, depuis février 2014, et n'a marqué que 3 fois en 16 rencontres contre le géant catalan. Côté Barça, la MSN a semblé grippée ce week-end contre un Real survolté, mais totalise tout de même, toutes compétitions confondues, 107 buts, dont 43 pour Suarez et 37 pour Messi, sans parler de leurs 50 passes décisives... le meilleur trio offensif de l'Histoire, sans doute, mais qui ne peut exister complètement si le jeu du Barça est contré au milieu, on l'a vu ce week-end. Hors, le milieu de l'Atletico, constitué exclusivement de joueurs axiaux la plupart du temps (A.Fernandez, Gabi, Koke, Saul Niguez) est quasiment impassable cette saison. Aucun club n'a remporté la C1 deux fois de suite depuis le Milan AC, en 1989, soit avant la création de la Ligue des Champions. Et si cela se vérifiait encore cette semaine ? Mon avis : l'Atletico passe à 55 %.

Bayern Munich-Benfica Lisbonne

Sur le plan pur de l'Histoire du football, cette affiche fait rêver. Cinq Ligues des Champions, dont deux durant le présent siècle (2001, 2013), font face à deux trophées, qui ont malgré tout accumulé une épaisse couche de poussière (1961, 1962). Mais les Allemands totalisent 433 matches européens, dont 307 en C1, contre 392 et 226 pour les Portugais. Malgré cet impressionnant choc de pedigrees, le Bayern est largement favori de cette opposition. Même ses graves problèmes défensifs, dus à une avalanche de blessures en charnière centrale (Boateng, Badstuber, Benatia...) et qui ont bien failli lui couter la qualification contre la Juventus au tour précédent, pourraient bien ne pas peser dans la balance. Les bricolages de Guardiola dans l'axe (Kimmich, Alaba, Martinez...) devraient suffire face à une attaque lisboète certes en verve, Jonas comptant 32 buts cette saison toutes compétitions confondues, et son compère grec Mitroglou, 20. Mais ces deux derniers n'ont planté que deux buts chacun dans la compétition, contre le Galatasaray puis le Zenit pour le premier, contre Astana puis l'Atletico, tout de même, pour le second. Malgré leur forme actuelle (8 succès d'affilée toutes compétitions confondues, 52 buts inscrits en 18 matches en 2016), les leaders du championnat portugais vont avoir du mal à concurrencer un Bayern certes moins flamboyant depuis quelques semaines mais qui n'a perdu que trois fois cette saison, dont une seule fois en 2016, et qui a déjà marqué 102 buts en 41 matches ... même si la défense du Benfica se montre solide cette saison (32 buts en 41 matches, 9 en 8 matches en C1).

Malgré leur longue carrière respective dans les compétitions européennes, il s'agit d'une affiche assez rare : il s'agira seulement du 7e match entre les deux clubs, le dernier datant de décembre 1995, en Coupe UEFA. Au final, le Bayern n'a jamais perdu contre Benfica (4 succès, 2 nuls, 16 buts pour, 4 contre). Difficile d'imaginer que la première victoire portugaise se produise cette année. Mon avis : le Bayern passe à 70 %.

Paris-SG-Manchester City

Le match le plus symbolique de notre époque, qui n'aurait pas pu arriver il y a 15-20 ans, entre deux clubs qui subissaient les brimades de clubs plus malins et souvent plus équipés qu'eux sur le plan local et n'existait plus sur le plan européen avant que de gros investisseurs venus du Golfe Persique, les Emirats d'abord à City, en 2008, puis le Qatar au PSG, trois ans plus tard, ne changent la donne. Depuis, le deuxième club de Manchester est devenu le premier, avec deux titres de champion, deux places de vice champion, une Cup et deux League Cups, ainsi que 5 participations consécutives en C1, tandis que le PSG vient de remporter avec deux mois d'avance son quatrième titre d'affilée, lui qui n'en comptait que deux jusque là, détient jusqu'à présent tous les trophées nationaux, et n'a raté aucun des quatre derniers quarts de finale de C1, ce qu'aucun club français n'avait jamais réussit à faire. Deux projets différents dans la mesure ou les Qataris, qui n'ont changé que deux fois d'entraîneur en presque cinq ans, jouent plus sur la stabilité quand l'effectif anglais est souvent bouleversé, mais des résultats relativement similaires, même si City ne figure que pour la première fois à ce stade de la compétition.

Les deux clubs ne se sont affrontés qu'une fois, juste après l'arrivée des Emiratis dans le nord de l'Angleterre, durant la phase de poule de la Ligue Europa, et les Parisiens, futurs quarts de finaliste de l'épreuve contre Kiev (0-0, 0-3), après avoir éliminé Wolfsburg puis Braga, avaient ramené un bon nul de Manchester (0-0). City était encore loin de posséder un onze terrifiant (Ben Haïm, Ireland, Sturridge, Elano, Jô...) mais le PSG non plus (Bourillon, Sakho, Makelele, Pancrate, Rothen, Luyindula, Kezman, Giuly...). Aujourd'hui, le PSG est présenté comme le favori par les médias, mais l'absence de Pastore et surtout Verratti, et la méforme tenace de Motta, ainsi que les résultats en dents de scie depuis l'officialisation du titre, brouillent la vision qu'on pourrait avoir de la forme parisienne actuelle. Verratti avait véritablement porté le PSG contre Chelsea au Parc des Princes, et il manquera demain soir, et très sûrement mardi prochain... Rabiot avait donné le change au retour, mais c'était moins un match ou le PSG devait posséder le ballon et trouver des espaces dans des blocs renforcés, là ou Verratti est un des tous meilleurs au monde désormais. Son absence ne pourra pas ne pas être préjudiciable, et le club parisien devra trouver d'autres solutions, même si le bloc défensif mancunien n'est pas réputé infranchissable (53 buts en 48 matches, 9 en 8 matches en C1).

Surtout en l'absence de leur gardien, Joe Hart, et leur défenseur et capitaine, Vincent Kompany. Mais Otamendi n'est pas un perdreau de l'année, et dans ce genre de matches sa grinta sera précieuse aux côtés de Mangala. Au milieu, Yaya Touré manquera mais là encore, Pellegrini a des solutions avec Navas qui est redoutable en contre par sa vitesse, un Silva qui se recentre et un De Bruyne sous-côté. Enfin, que dire d'Agüero ? David Luiz, en grande difficulté depuis deux semaines, va passer un nouveau vrai test face à un cador européen à son poste, après son échec de l'an passé face à Neymar et Suarez. Je continue à dire qu'il n'est pas un vrai défenseur, et que lorsque le niveau s'élève vraiment, il a de vrai lacunes dans le duel et sur le plan tactique. Espérons qu'il me donnera tort face au meilleur buteur mancunien (22 buts en 34 matches). Mon avis : j'arrive pas à me décider. Tirs aux buts ?

Wolfsburg-Real Madrid

Que dire de ce match digne de la phase de poule ? Que le Real Madrid a rarement la main froide quand il s'agit des tirages au sort, après la Roma au tour précédent. Comment imaginer que le Real se plante dans ce duel ? Une preuve du déséquilibre entre le huitième de Bundesliga et le 3e de Liga, récent vainqueur du Clasico : il s'agit de la première confrontation entre les deux formations. Wolfsburg qui ne gagne plus depuis trois rencontres et la qualification contre la Gantoise, dont une défaite terrible à Leverkusen ce week-end (3-0), une autre à Hoffenheim, probable futur relégué (1-0), et un nul à domicile contre Darmstadt (1-1), face à un Real qui reste sur six succès consécutifs et 48 buts marqués en 16 matches en 2016... un Real dont le duo Benzema-Ronaldo, qui a offert le Clasico aux socios madrilènes, a marqué 67 buts et distribué 15 passes décisives, dont 12 pour le Portugais, par ailleurs meilleur buteur de la compétition cette saison (13 buts en 8 matches), comme en 2015 (10 buts, comme Messi et Neymar), 2014 (17 buts !), 2013 (12) et 2008 (8) et meilleur buteur de l'Histoire de la C1 (91 buts en 127 matches)...

Wolfsburg, qui vit une saison compliquée sur le plan national, ne compte aucun joueur à plus de 9 buts toutes compétitions confondues, mais 4 à au moins 8 buts, Draxler et Schürrle (8) et Dost et Kruse (9), ce dernier se chargeant souvent de la dernière passe (9). Mais la formation de Dieter Hecking, en bonne équipe allemande, prend vite l'eau derrière (50 buts en 39 matches, 8 en 8 rencontres en C1) et ça pourrait faire mal face à la BBC. Si Wolfsburg devait ne pas perdre ses deux matches, ce serait une des grosses surprises de ce tour. Mon avis : le Real passe à 85 %.

Vous n'êtes pas d'accord ? Vous voulez me mettre la misère dans les commentaires ? Allez-y, faites vous plaisir, ils sont là pour ça ! On en reparle dans une semaine !

jeudi 12 décembre 2013

Ligue des Champions, l'écart est grand

Salut à tous,

Après la fin du premier tour de la Ligue des Champions, penchons nous, si vous le voulez bien, sur le taux de qualifications des clubs et des pays en phase de poule. C'est intéressant, vous allez voir, même si les surprises sont rares.

L'Allemagne et l'Angleterre en tête

Cette saison, le rapport est le suivant : l'Allemagne et l'Angleterre font du quatre sur quatre, l'Espagne du trois sur quatre, l'Italie du un sur trois, la France et la Russie du un sur deux, la Grèce et la Turquie du un sur un, le Portugal du zéro sur deux, tandis que les Pays-Bas, la République Tchèque, l’Écosse, la Suisse, l'Ukraine, l'Autriche, le Danemark, la Belgique et la Roumanie ont échoué à qualifier leur unique représentant. Hormis la contre performance des Italiens et des Portugais, on est assez proche de ce qui se passe depuis la création des poules, en 1991, et surtout depuis l'instauration de la formule actuelle en 2003, à savoir cinq pays qui regroupent l'essentiel des participants et des qualifiés, et les autres qui ramassent les miettes. Quand il y en a. Sur 600 participations à une poule (de premier tour) depuis 1991, les cinq meilleurs pays du continent en cumulent 296. Et sur 288 qualifications à un second tour, ils en cumulent 219, soit 76 %... Les cinq se qualifient dans 73 % des cas.

Commençons par les clubs, si vous le voulez bien. Depuis 1991, 12 ont 100 % de réussite, mais 9 d'entre eux n'ont qu'une seule participation à leur actif... le FC Séville et... Nantes, eux, font du deux sur deux. Le seul club à plus de deux se nomme le Real Madrid, qui s'est
qualifié 18 fois sur 18 ! Une performance exceptionnelle, que seul le Bayern (16/17), Chelsea (11/12) et l'Inter Milan (10/11) sont tout près d'égaler. Et l'évolution du football, avec un écart grandissant entre les petits et les grands, ne favorise pas une chute éventuelle du Real. Ainsi, depuis 2003, ils sont deux à avoir fait du 11/11 (Arsenal et le Real), trois du 10/10 (Bayern, Barcelone et Milan AC), Lyon fait du 9/9, tandis que Chelsea (10/11) et Manchester (9/11) trainent un peu, sans plus. Depuis 2003, il n'y a eu que sept clubs à 100 % avec moins de quatre participations, dont Leverkusen (3/3), Monaco et Séville (2/2) ou Malaga et Tottenham (1/1). Aujourd'hui, il vaut mieux donc posséder une solide expérience de la compétition pour espérer y briller, rien qu'au premier tour... les "one shots" sont rares. D'ailleurs, avant Malaga l'an passé et Tottenham en 2010/11, les deux autres datent de 2003/2004 (Celta Vigo et Lokomotiv Moscou)...

Chez les clubs français, hormis la "performance" nantaise, il faut descendre aux 83,33 % de Lyon et aux 80 % de Monaco, qui font mieux notamment que la Juventus (78,57) ou Liverpool (75) ! Quant au PSG (66,7 %), il fait aussi bien que Dortmund, Valence ou Schalke, et mieux que Porto (61,1). Bordeaux est à 50 %, devant Marseille (44,4), Auxerre (33,3) et Lille (20). Lens et Montpellier sont à zéro.

Une lutte à trois

Regardons par pays à présent. La lutte est rude entre l'Angleterre et l'Espagne, cette dernière était devant avant cette année. Mais, en raison de l'élimination de la Real Sociedad, elle a été dépassée au classement général par les Anglais, auteurs de leur sixième 4/4, record d'Europe, et qui sont désormais premiers avec 80,95 % de réussite, contre 80,6 aux Espagnols, qui n'ont fait "que" quatre fois le 4/4... derrière ces deux là, l'Italie n'est pas très loin mais après trois années consécutives à 100 %, a lourdement chuté cette année (1/3), elle qui était à égalité avec l'Angleterre avant cette saison, et qui n'est qu'à 77,42 désormais. Comme quoi, les choses peuvent vite changer en tête, la lutte est féroce. L'Allemagne, qui vient d'enchainer un 7/7 sur les deux dernières saison, meilleur bilan d'Europe sur cette période, suit à la quatrième place avec 69,1 % de réussite. Elle paie notamment des années 2000 moyennes (58,62 %) alors qu'elle possède le meilleur bilan de la présente décennie (84,6), devant l'Italie (81,8), l'Espagne (80) et l'Angleterre (75).

Comme très souvent dès qu'on classe les pays en Ligue des Champions, la France est cinquième, avec 54,5 % de réussite. Un taux en continuelle baisse, elle qui dominait les débats dans les années 90 (80 %) devant l'Italie (78,6), l'Allemagne et l'Espagne (76,9), l'Angleterre ne stagnant qu'à 50 % à l'époque ! Dans les années 2000, le taux était à 50 %, et à 54,55 depuis 2010. Nos chiffres se sont donc stabilisés depuis une dizaine d'années à un qualifié sur deux en moyenne, mais attention quand même, seul le PSG s'est qualifié pour les seconds tours depuis deux saisons, sur cinq qualifiés au total. A ce rythme, on va vite passer sous les 50 %... à moins que Monaco... quant à Lyon et Marseille, malgré leurs difficultés, ils doivent faire partie des locomotives du football français. Six défaites sur six en phase de poule pour le second nommé, voilà qui est vraiment inquiétant. Sur les deux dernières saisons, Lille, Montpellier et Marseille ont cumulé une victoire (à Borisov, pour le LOSC...), deux nuls et 15 défaites !

Et les autres ? Des miettes, vous dis-je. Que ne fut pas mon étonnement de voir le chiffre des Pays-Bas de l'Ajax Amsterdam et du PSV Eindhoven : 27,3 % ! Soit autant que les Tchèques, qui ont certes un diviseur nettement moindre (11 contre 33)... la Pologne réussit l'exploit de faire 50 %... en deux participations. Le Portugal, qu'on annonce souvent meilleur que nous, est en-dessous des 50 % (43,24), beaucoup plus grâce aux chiffres de Porto (61,1) que de Benfica (30 !) d'ailleurs... la Russie n'est pas si mal que ça (29,6) ainsi que la Grèce (27,6). L’Écosse et la Suisse suivent (22,22) devant l'Ukraine (20,8) et la Turquie (20). Saluons la "performance" de la Belgique (5,3 % !) et surtout de la Roumanie, qui est à zéro sur... 12 tentatives. C'est l'autre facette de cette compétition qui brille et chatoie à nos yeux : des pays qui ont offert des vainqueurs à son ancêtre la Coupe des Champions sont aujourd'hui réduits à ramasser les restes que leurs laissent les gros.

Sur ce, je vous laisse !

jeudi 25 octobre 2012

La France pas au niveau

Salut à tous !

C'était déjà la fin des matches allers en Ligue des Champions hier, et c'est donc l'occasion de pouvoir dessiner quelques tendances, après que chaque équipes se soient déjà affrontées une fois dans chaque poule.

Bilan catastrophique pour la France

D'abord, un constat : ce n'est pas cette année que la France améliorera son indice UEFA. D'habitude, le bilan français en C1 est moyen pendant les poules, puis s'effondre lors des derniers tours (8 victoires, 10 défaites l'année dernière, 8 succès, 11 défaites l'année d'avant...). Cette fois, elle ne va probablement pas attendre les huitièmes de finale pour voir ses chiffres baisser. Avec deux victoires (celle du PSG), un nul et déjà six défaites (en neuf matches !), la France est tout simplement, à la moyenne, une des pires nations de la compétition, derrière la Croatie et ses trois défaites, fournies par le Dinamo Zagreb, la Turquie (un nul, deux défaites pour Galatasaray), la Belgique (même bilan que les Turcs pour Anderlecht) ou le Danemark (idem pour Nordsjaelland). La Russie n'est également pas au mieux, mais quand même un peu mieux (deux victoires, quatre défaites). Chez les pays représentés par au moins trois clubs, comme c'est notre cas (mais pour combien de temps ?), personne ne fait pire. L'Espagne se balade, malgré la défaite du Real hier (dix victoires, deux défaites), l'Allemagne également (six succès, deux nuls et une seule défaite), tandis que l'Angleterre (6/2/4) et le Portugal (4/1/4) patinent, mais gardent quand même un bilan positif ou équilibré. Seule la France est en négatif, et très nettement.

Alors oui le niveau de la Ligue des Champions est élevé, mais il l'est pour tout le monde. Perdre contre le Bayern ou Arsenal, ça arrive à tout le monde. Mais perdre contre le BATE Borisov ou Olympiakos, et à domicile en plus... c'est vraiment très dommageable. Si Lille et Montpellier avaient gagné ces deux matches nettement à leurs portées, le bilan français serait équilibré. Ces deux équipes étaient-elles armées pour disputer cette compétition ? On pouvait quand même le penser pour le LOSC, même si le tirage au sort ne l'avait pas épargné. On savait en revanche que ce serait très dur pour Montpellier, qui a fournit trois très bons matches, peut-être les meilleurs de sa saison par ailleurs très difficile en Ligue 1, mais récolté qu'un seul point. La faute à un manque criant - et logique - d'expérience et de rigueur défensive, son point fort l'année dernière...

Lille et Montpellier ont-ils le niveau ?

Je n'ai pas le souvenir d'une année où deux des trois représentants français seraient déjà quasiment éliminés après trois journées, très franchement. Est-ce que Lyon et Marseille, habitués des dernières éditions de la Ligue des Champions et huitièmes de finaliste l'année dernière, voire même quart de finaliste pour Marseille, auraient fait mieux que Lille et Montpellier ? Rien n'est moins sûr, mais on peut quand même le penser. En dehors d'une indéniable expérience européenne et internationale, ils auraient été tous deux mieux protégés lors du tirage au sort, d'un chapeau au moins. Les deux auraient probablement figuré dans le deuxième chapeau, avec donc un statut de seconde tête de série, quand Lille était dans le troisième et le champion de France, dans le quatrième ! Forcément, ça aide, même si ça ne garantit rien.

Je ne vais pas revenir sur l'idée que le turn-over en tête de la Ligue 1 nuit à notre indice UEFA, la démonstration me semble assez concluante, au moins sur cette saison. Lille et Montpellier peuvent encore se rattraper, et peut-être accrocher, chacune, une place en Ligue Europa au printemps prochain, en terminant troisièmes de leurs poules. Mais même si Montpellier bat l'Olympiakos à Athènes, et même si Lille bat Borisov au Bélarus, il faudra encore espérer qu'ils battent des équipes comme Schalke, Arsenal, Valence ou le Bayern pour véritablement rétablir le bilan Français en C1 cette saison. Aujourd'hui, mais on le savait déjà au moment du tirage, c'est une tâche qui paraît difficile, mais à la portée de représentants de la Ligue 1, normalement. Mais, compte tenu des performances lilloises et héraultaises... ce serait un exploit (1 point sur 12 contre ces 4 clubs pour nos deux représentants).

Et le PSG dans tout ça ? Il était dans le même chapeau que Lille mais a bénéficié d'un meilleur tirage, il faut le dire. Porto et Kiev, c'est autre chose que le Bayern et Valence. Mais, malgré sa courte défaite au Portugal (Porto a réussi son meilleur démarrage depuis 1996 en C1, avec trois succès en trois matches), il a fait le job. Convaincant contre Kiev (4-1), il a assuré l'essentiel hier en Croatie (0-2), face à une équipe d'une infinie faiblesse, qui a perdu ses trois matches cette saison malgré son statut de leader de son championnat, qui en avait pris sept il y a presque un an contre Lyon, et contre qui le PSG n'aura pas d'autre choix que de l'emporter lors du match retour à Paris. Avec 9 points, et si Kiev ne bat pas Porto, ce qui est concevable, la qualification parisienne sera quasiment assurée. Une bonne nouvelle, mais qui ne rattrapera pas  le bilan français. Surtout que derrière il faudra aller à Kiev et recevoir Porto... pas simple.

L'Allemagne, futur meilleur championnat d'Europe ?

Je l'ai dit un peu plus haut, les clubs allemands sont impressionnants dans cette édition, avec un bilan quasi inverse du notre (six succès, une seule défaite, celle du Bayern à Borisov). Ce n'est qu'une tendance sur trois matches, mais que Dortmund et Schalke, des seconds couteaux du championnat allemand cette saison puisqu'ils pointent respectivement à 12 et 7 points du Bayern, aient battu à la régulière le Real Madrid et Arsenal sur sa pelouse, hier soir, démontre que la Bundesliga n'est sans doute plus ce championnat sympathique où les stades sont pleins, riches en but et en frappes lointaines, mais qui n'existe pas au niveau européen en dehors des bonnes années du Bayern, si l'on excepte la demi-finale de Schalke il y a deux saisons, la finale de Leverkusen il y a 10 ans ou la victoire de Dortmund il y a 15 ans. Un bilan européen comparable au notre, en fait... mais sans le Bayern.

Il faut quand même noter que le championnat allemand est le seul en Europe, et notamment dans les principales ligues du continent, à ne pas être endetté. Les clubs allemands sont bien gérés, sont sains, et reposent sur un triptyque simple : résultats, recettes au guichet, merchandising. On l'a vu, le premier fonctionnait moyennement, mais les deux autres carburent à plein régime, et depuis longtemps. Des stades pleins, remplis et satisfaits par un excellent spectacle, un amour du football qui permet aux ventes de maillot de foisonner... et hormis Schalke, aucun club n'appartient à un milliardaire quelconque. Les clubs allemands appartiennent à eux-mêmes, et perdurent d'eux-même. C'est ce qui me fait penser qu'en cette période de crise, qui frappe tous ses voisins, et notamment l'Espagne et l'Italie, le football allemand de clubs, au moins, est sans doute celui qui dominera l'Europe dans les années à venir.

Pourquoi pas ? Les joueurs parlent souvent de l'ambiance quand ils partent jouer en Angleterre, mais celles en Allemagne sont au moins comparable. Quel plaisir ça doit être de jouer dans le stade de Dortmund, et son mur de 25 000 places ! De plus, un à un, et hormis le Real et Barcelone, qui vivent dans une bulle malgré des dettes astronomiques, les grands clubs italiens et espagnols souffrent d'une crise terrible, et risquent fort de ne plus être compétitifs au niveau européen. L'Italie, cette saison, ne compte que deux clubs, qui n'ont gagné qu'un match cette saison et signé quatre nuls, pour une défaite. Bref, elle fait moins bien que l'Ukraine (3/1/2) et aussi bien que l’Écosse ou la Roumanie (1/1/1). La Juve s'est montrée incapable de gagner à Nordsjaelland, qui a même mené au score... le Milan AC, lui, a été logiquement battu, hier, par Malaga (1-0), autre grand malade qui réussit, certes, d'excellents débuts dans la compétition (trois victoires), mais qu'on imagine mal dominer le football européen lors des prochaines saisons, du moins tant que le club aura du mal à payer ses joueurs... Si Platini parvient à appliquer son fair-play financier, tous ces clubs vivant sur de l'argent qu'ils n'ont pas vont disparaître du plateau, laissant la place aux clubs sains... dont les Allemands, et la plupart des clubs français et Anglais.

Voilà, maintenant il reste autant de matches à jouer que durant ces matches allers, et ces tendances seront peut-être nettement bousculées, qui sait ? On en reparlera en temps voulu.

A plus tard, et n'hésitez pas à réagir !

vendredi 31 août 2012

Des tirages jouables

Salut à tous,

A présent que le tirage au sort de la Ligue des Champions a été effectué, que l'on connaît enfin les affiches qui vont rythmer nos mardi et mercredi soirs durant les trois prochains mois, regardons un peu en détail ce tableau prestigieux afin de le connaître encore plus en profondeur.

Comme d'habitude, il donne le vertige. Il ne manque pour ainsi dire personne... hormis chez les Français : Lyon et Marseille, qui semblaient programmés, il y a seulement une ou deux saisons, à être présents tous les ans en C1, de par leur régularité sportive et leur puissance financière, et à être tous les ans les représentants de la Ligue 1 en Ligue des Champions, ne
sont pas présent. Et à force d'être là, notamment l'OL, ils avaient amassé suffisamment de points UEFA pour être protégés lors des tirages au sort, et suffisamment d'expérience pour se qualifier quasiment chaque saison. Mais cette fois c'est terminé, les cartes ont été rabattues. En dehors de Lille, qui était déjà présent l'année dernière, les deux autres représentants français font presque figure de petits nouveaux sans expérience, surtout l'un des deux d'ailleurs.

En terme de points UEFA, seuls les surprenants danois de Nordsjaelland font pire que Montpellier, le champion de France, qui n'a disputé que deux matches européens depuis novembre 2000, et une double défaite contre le Deportivo La Corogne en Coupe UEFA (1-3, 0-2). Pour les autres clubs, la mauvaise affaire allait pourtant être de tomber sur ce qui était tout de même le champion de France, comme ça l'était de tomber sur Malaga ou Dortmund, les autres faux-amis du chapeau 4. C'est le charme des points UEFA des clubs par rapport à ceux des pays.

Le cas du PSG est évidemment particulier. Absent de la Ligue des Champions depuis 8 ans, durant lesquels il a disputé quatre saisons de Ligue Europa (1 quart de finale, deux huitièmes), il en a profité pour accumuler des points qui lui ont permis de conserver une certaine tenue au niveau européen, et d'éviter le dernier chapeau, contrairement à des gros morceaux comme Dortmund ou le Celtic Glasgow, par exemple. Mais son changement de statut financier et son recrutement en faisait un des principaux pièges du chapeau 3, avec l'Ajax, la Juventus (!) et Lille bien sûr, sans parler de l'Olympiakos, Anderlecht, le Spartak Moscou ou Galatasaray, les autres résidents d'un chapeau 3 finalement très relevé.

Au moment du tirage de son nom, le PSG pouvait tomber dans deux groupes : le D, l'inévitable groupe de la mort dans lequel figuraient déjà le Real Madrid et Manchester City, ce qui aurait donné aux ambitions européennes du club un très sérieux plomb dans l'aile ; et le A, avec Porto et le Dynamo Kiev, un groupe piège mais quand même moins effrayant sur le papier que le précédent. Et Steve McManaman a eu pitié du club parisien, déjà affligé d'un début de championnat compliqué, en l'envoyant dans ce groupe ou deux de ses vieilles connaissances l'attendaient. Le PSG avait en effet déjà affronté Porto lors de sa dernière expérience, terminée en phase de poule mais avec un bilan bizarrement positif face aux
Portugais (2-0, 0-0), et un but improbable de Coridon au Parc des Princes, et Kiev lors de sa fameuse campagne de 1994-95, terminée en demi-finales face au Milan AC après avoir éliminé le Barça (1-1, 2-1) et battu deux fois le club ukrainien (2-1, 1-0) dans une poule où il avait remporté tous ses matches, notamment contre le Bayern (2-0, 1-0)... une autre époque. A noter que Sylvain Armand, toujours au PSG cette saison, avait participé à la campagne de l'automne 2004...

Pour le LOSC, dernier l'an dernier d'une poule très abordable (Inter, Moscou, Trabzonspor), il ne pourra que se sublimer dans celle que l'UEFA lui a réservé, et qui n'est pas piquée des hannetons : Bayern, Valence, BATE Borisov. Bizarrement, je trouve qu'il y a la place de passer. Le Bayern semble au-dessus, mais pas Valence, comme toujours en grandes difficultés financières, et bien sûr Borisov, contre qui il faudra faire le plein pour espérer quoique ce soit. Deux succès contre les Biélorusses, qu'on sait sous-estimés mais quand même, un nul contre le Bayern, une victoire contre Valence, et ça devrait passer.

Pour Montpellier, ça aurait pu être pire, mais ça reste coton. Arsenal, Schalke et l'Olympiakos ne sont pas, ou plus, des mastodontes du football européen, a priori aucun d'entre eux ne devraient soulever la Coupe en fin de saison, mais ça reste de bons morceaux pour un club comme Montpellier, qui ne pourra que se sublimer dans de telles affiches. A noter quand même que les retrouvailles avec Olivier Giroud (Arsenal) seront particulièrement savoureuses... s'il joue, ce qui n'est pas gagné au vu de ses débuts à Londres.

Pour le reste, Milan, dépecé cet été par le PSG notamment, se retrouve dans un groupe particulièrement piégeux avec le Zénit, Anderlecht et Malaga. Moi je dis que ça sent la surprise... les Russes, notamment, me semblent très dangereux. Et si Malaga arrive à stopper la saignée financière qui le marque depuis le début de l'été, ils peuvent également surprendre. Le groupe D, on l'a dit, est très relevé. A noter que si l'argent peut faire beaucoup de choses, il ne peut pas - ou plus - intercéder dans les tirages au sort, puisque ça fait deux fois de suite que City se retrouve dans la poule la plus relevée, après Naples, Villarreal et le Bayern... le club anglais avait terminé troisième derrière les Allemands et les Italiens, avec... 10 points, ce qui dans 95 % des cas assurent une qualification... les hommes de Mancini auront plus fort à faire avec encore le Real, l'Ajax et Dortmund, qui avait raté son retour en C1 l'an passé. Privé de Kagawa, le Borussia peut quand même surprendre, grâce à son excellente qualité de jeu. Pour l'expérience, en revanche...

Dans le groupe E, Chelsea, le tenant qui semble marcher sur l'eau en ce début de saison, grâce aux bons offices d'un Eden Hazard cependant décevant l'an passé en C1 avec Lille, et la Juventus devront se méfier du Shaktar Donetsk, jamais facile à manier avec sa troupe de Brésiliens venus de nulle part. Pour Nordsjaelland, en revanche, les seuls problèmes qu'ils devraient poser seront aux commentateurs de leurs matches, mais bon, on ne sait jamais... dans le groupe G, Barcelone se retrouve dans une poule évidemment à sa portée, mais les matches contre Benfica, mais aussi le Celtic et le Spartak Moscou, ne seront pas si évidents. Je vous l'ai dit, que le plateau était relevé...

Remarquez, Manchester United n'a vraiment pas à se plaindre, avec Braga, Galatasaray et Cluj. En même temps, le club mancunien n'était pas sorti d'une poule composée de Bâle, Benfica et l'Otelul Galati... avec donc des Portugais et des Roumains, encore ! Mais un grand club ne réitère jamais les mêmes erreurs...

Dans le détail, ça donne quoi ? Quatre Anglais et autant d'Espagnols, trois Français, Allemands et Portugais, ces derniers n'ayant jamais eu autant de participants à ce stade dans leur histoire, une récompense particulièrement méritée. En revanche, la grosse surprise vient de l'Italie, qui ne place que deux clubs, Milan et la Juve, et se retrouve au niveau des Russes et des Ukrainiens, en raison de l'élimination en barrages de l'Udinese, et de la perte de son quatrième qualifié, aux dépends des Allemands. Attention ne rigolons pas trop, parce que ça pourrait aussi vite nous arriver, un cran en-dessous... à noter quand même que, comme l'an passé, les Pays-Bas ne seront représentés que par l'Ajax... Alkmaar, Twente et surtout le PSv n'auraient pourtant pas fait tâche.

Dix-sept pays sont représentés, contre 18 l'année dernière, l’Écosse et le Danemark remplaçant la Suisse, la République Tchèque et Chypre, et 18 l'année précédente. Treize pays (Allemagne, Angleterre, Croatie, Espagne, France, Grèce, Italie, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Russie, Turquie et Ukraine) n'auront raté aucun des trois derniers tirages au sort. Le renouvellement est donc relatif, et on peut parler d'une première division européenne composée d'une bonne dizaine de championnats. Les autres passent, repassent... quand ils le peuvent. A noter que l'Angleterre a toujours eu quatre qualifiés depuis la saison 2004/2005 !

Voilà, maintenant vivement le début des hostilités ! On va se régaler, comme toujours. Rappelons que depuis l'instauration des poules, en 1991, on tourne à 2,63 buts par matches, avec une moyenne à 2,8 sur les deux dernières saisons...

A plus tard !

dimanche 20 mai 2012

C1, le bilan

Bonjour à tous,

Après cette finale et cette victoire de Chelsea que je qualifierais sobrement de miraculeuse, et moins sobrement consternante sur le plan de la morale sportive, avec tout le respect que je dois à notre maître à tous, Christian Jeanpierre, fondateur et seul et unique membre du fan club de Didier Drogba, il est temps de tirer un bilan de cette 21e édition de la Ligue des Champions.

Chelsea, lauréat par défaut

D'abord, si on fait le compte et qu'on applique la victoire à deux points, bien plus pratique pour faire des statistiques, le nouveau champion d'Europe et sixième du championnat d'Angleterre (!) ne présente que le 4e bilan de la compétition avec 18 points, derrière le Real (21), le Barça (19) et le Bayern, qui compte le même nombre de points mais avec une différence de buts supérieure (+15 contre +13). En même temps, avec de telles conceptions tactiques, difficile d'avoir un bon goal average. Pourtant, grâce à l'efficacité que l'on a pu constater contre Barcelone, en demi-finales (1-0, 2-2), et hier soir, qui lui permet de marquer des buts à chaque occasion, voire même sans occasion comme hier, Chelsea a réussit à inscrire 25 buts cette saison en C1. Là encore, c'est le 4e bilan de la compétition, derrière les deux ogres espagnols (35) et le Bayern (26). Étrangement, malgré ses deux arrières gauches et son unique attaquant, parmi les quatre demi-finalistes, Chelsea est l'équipe qui a pris le plus de buts (12), contre 9 pour le Real, 10 pour le Barça et 11 pour le Bayern.

Si on a marqué 10 buts de moins que l'an passé, la moyenne de buts reste très élevée (2,76, contre 2,84 la saison dernière). Un score qui améliore encore la moyenne de buts depuis 1991, date de l'instauration des poules en C1, qui est de 2,63. Durant les deux dernières saisons, les premières de la nouvelle décennie, on en est pile à 700 buts en pile 250 matches, soit pile 2,8 buts par matches. Parmi les six grands championnats européens, seules la Bundesliga (2,86) et la Premier League (2,81) font mieux, la Liga n'étant pas très loin (2,76), contrairement à la Serie A (2,56). Rappelons qu'en Ligue 1 on se traîne à 2,49, qui est en plus un de nos meilleurs scores depuis 30 ans...

Chez les buteurs, c'est évidemment Lionel Messi qui remporte la palme (14 buts), le record de la compétition. A bientôt 25 ans, l'Argentin en est déjà à 51 buts dans la compétition... seul Raul (71) et van Nistelrooy (56) font mieux. Il devance Mario Gomez (Bayern), 13 fois buteur, et Ronaldo (10). Le premier Français se nomme Karim Benzema (Real, 7 buts), qui signe sa meilleure saison dans la compétition, et qui en est à 26 buts en C1. Depuis 1991, seuls Henry (50) et Trezeguet (29) ont fait mieux. Il pourrait donc s'emparer de la deuxième place dès l'année prochaine...

Barcelone s'échappe, la France stagne

Sur le bilan général, le Barça, longtemps à la lutte avec Manchester United dans le classement depuis 1991, a profité de la chute du club d'Alex Ferguson pour prendre le large : le club catalan est en tête avec 250 points pris en 178 matches, 102 succès et 30 défaites seulement, le meilleur total des six premiers. Arsenal, le sixième justement, a encaissé huit défaites de plus en ayant disputé 41 matches de moins. Surtout, le FC Barcelone a inscrit 352 buts (1,98 par matches), le meilleur total, juste devant le Real (348), qui est troisième avec 233 points, 11 de moins que United. Le Bayern, extrêmement régulier et qui aurait mérité mieux cette saison que d'être humilié de la sorte sur sa pelouse, est quatrième avec 204 points, devant Milan (182), Arsenal (162) et Chelsea (148), qui est passé devant la Juventus (146). Il faut dire que cette dernière a raté les deux dernières éditions, ainsi que deux autres lorsqu'elle fut rétrogradée, à la fin de la dernière décennie. Elle aura l'occasion de recoller au peloton l'année prochaine, même si tous les clubs devant elle seront également engagés dans la compétition...

Ce qui ne sera pas le cas de Lyon, meilleur club français depuis 1991, et de loin : 10e avec 125 points, il devance des clients comme l'Inter (124), Liverpool (101), l'Ajax (93) et le double champion d'Allemagne, Dortmund (68), qui n'a plus d'excuse pour ne pas faire mieux l'année prochaine que le Bayern, qu'il domine allègrement depuis deux saisons maintenant. Il faut descendre à la 26e place pour trouver le deuxième club français, Marseille (55 points), coincé entre Rosenborg et le Spartak Moscou, qui lui-même devance... Monaco (48 points). Le PSG, qui retrouvera la Ligue des champions après huit ans d'absence, est 35e, à égalité avec Bordeaux (38 points), à deux points d'Anderlecht. Si Montpellier débutera en C1 l'année prochaine, ce ne sera pas le cas de Lille, qui devra se dépêtrer des tours préliminaires pour retrouver les poules, ou le LOSC a récolté 22 points (50e), soit autant que Nantes. Avec également Auxerre (60e, 15 points) et Lens (64e, 12 points) dans ses rangs, la Ligue 2 aura vraiment fière allure l'an prochain...

Par pays, la France est l'éternelle cinquième, et contrairement au classement UEFA, elle n'est pas encore menacée par le Portugal ou les Pays-Bas, qui jusque là avaient moins de qualifiés qu'elle. Au bilan depuis 1991, la France a récolté 375 points, et est très loin de l'Espagne (742), l'Angleterre (708), l'Italie (623), et un peu moins loin de l'Allemagne (458), mais quand même. Sur cette saison aussi, la France est cinquième, avec 22 points pris en 24 matches. C'est la deuxième fois consécutive qu'elle ramène un bilan négatif (8 succès, 10 défaites) et la quatrième fois en cinq ans, signe d'une véritable chute des performances françaises, vu que la France a toujours un bilan positif depuis 1991 (146 succès, 130 défaites). Une avance obtenue grâce à des années 90 beaucoup plus positives que la quinzaine d'années qui a suivi. Mais à ce rythme, le bilan français sera devenu négatif à la fin de la décennie. En attendant, si avec ses 1,04 points par match elle est derrière l'Espagne et l'Angleterre (1,25), l'Italie (1,16) et l'Allemagne (1,08), elle devance encore le Portugal (0,98), les Pays-Bas (0,93) ou la Russie (0,79).

Sur la saison, l'Espagne remporte la palme (46 points, devant l'Angleterre, 42), après cinq saisons consécutives dominées par cette dernière. L'Italie suit avec 29 points, devant l'Allemagne (28), autant boostée par la saison du Bayern (18 points) que lestée par celle de Leverkusen (7) et surtout Dortmund (3), battu deux fois par Marseille, qui sera battu deux fois par le Bayern, qui sera battu trois fois par... Dortmund. Allez comprendre.

Voilà, sinon que dire... sur les deux dernières saisons, le bilan est très nettement dominé par les deux géants espagnols, qui ne se quittent pas (40 points, +1 but pour le Real). Chelsea, le troisième, est loin avec 31 points, devant le Bayern (30) et Manchester United, qui paie son élimination au premier tour (28). Marseille est 7e (18 points), et Lyon 12e (16), mais les deux clubs ne seront pas là l'année prochaine. L'instabilité en tête de la Ligue 1 n'en finira jamais de désavantager ses meilleurs clubs (qui en sont les premiers responsables) dans leur lutte avec les meilleurs.

A plus tard, pour la fin de la Ligue 1 notamment !

jeudi 26 avril 2012

Quand le Bayern veut quelque chose...

Salut à tous,

Vous savez quoi ? Je n'ai jamais été bon en pronostics. Au point que je me demande parfois si ma nullité dans ce domaine n'influe pas sur le résultat de certains matches. En tous cas, je me suis bien planté sur ces demi-finales. En même temps je n'en ai pas beaucoup vu qui avaient fait un autre pronostic... et comme j'avais prévu que le Bayern serait capable de bousculer le Real, je ne m'en sors pas si mal finalement...

Le Bayern a joué

Surtout, les deux confrontations se sont décidées sur absolument rien. Vous me direz, c'est souvent le cas quand le niveau est très élevé. Il n'empêche, prévoir que Messi et Ronaldo rateraient un tir au but chacun, que le Barça toucherait du bois une demi-douzaine de fois, que Chelsea marqueraient sur ses trois tirs cadrés... et que le Bayern serait à égalité avec le Real sur les deux matches, dont un de deux heures en Espagne, fallait y penser. Comme quoi, en cette fin de saison, le Bayern a clairement lâché la bride en championnat, en faisant souffler ses hommes forts, dans un seul objectif : disputer la finale de la Ligue des Champions sur sa pelouse, comme il l'avait annoncé. Compte tenu de la concurrence et de la versatilité de ce sport, on peut considérer que réaliser cet objectif, c'est vraiment très, très costaud. Comme quoi, le mental allemand, ce n'est pas qu'une légende.

J'ai savouré un plaisir immense hier : le Bayern a prouvé qu'en jouant, en ne misant pas tout sur une défense de fer et des contre-attaques, en ayant des ambitions autres que de ne sortir de sa surface de réparation qu'un seul joueur après l'autre, on peut bousculer, et même faire douter, un des deux meilleurs clubs du monde, un ogre qui avait massacré tout le monde sur sa pelouse dans la compétition. Le Bayern a montré qu'avec des moyens moindres que ceux de Chelsea, avec des joueurs offensifs pourtant au moins aussi brillants, il pouvait montrer 100 fois plus que le club londonien, qui avait biaisé le match contre Barcelone mardi soir en refusant tout jeu, jusqu'à la caricature. Pas sûr que le Bayern aurait été puni contre Barcelone, comme Chelsea avait peur de l'être. Par contre, Chelsea serait sûrement passé avec la même tactique et la même réussite contre le Real. Mais je l'ai dit, jouer de cette manière à ce niveau, face à des adversaires certes très forts mais qui n'ont pas forcément de plus gros moyens que vous, c'est vraiment mesquin.

Real, Barça, même combat

Pour les deux ogres espagnols, la chute est terrible. Sans doute ont-ils payé la tension extrême qui les accompagnait jusqu'au week-end dernier dans la quête du championnat, et de la gestion du Clasico de ce week-end. Si le Barça avait fait tourner quelques joueurs contre le Real, ce n'était pas le cas de Messi, qui exige de jouer tous les matches, comme Ronaldo d'ailleurs. On a vu qu'à un moment donné, même eux ne peuvent enchaîner indéfiniment des matches sans souffler sans le payer à un moment où à un autre. Comme quoi, ces extra-terrestres ont conservé quelques traces d'humanité en eux.

Le Real, lui, n'avait pas fait tourner au Camp Nou, et on a vu hier la différence avec un Bayern qui, on l'a vu, avait géré son effectif en championnat en faisant notamment souffler Ribéry, Robben ou Gomez, les trois buteurs des demi-finales contre Madrid. Même avant d'être battu à Dortmund, dans le match décisif pour le titre (1-0), Heynckes avait déjà commencé son turn-over, notamment avec le Français, remplaçant trois fois lors des quatre dernières journées. Pourtant, c'était l'équipe type qui s'était inclinée dans la Ruhr.

Même chose à Chelsea, qui n'a plus grand chose à jouer en championnat, hormis la qualification européenne, qui pourrait être réglée en cas de succès en finale contre le Bayern... sixième, Chelsea peut encore aller chercher Arsenal, quatrième à quatre points. D'ici à la finale, le 19 mai prochain, les Londoniens n'ont pas un calendrier forcément insurmontable : QPR, Newcastle, Liverpool deux fois - dont une en finale de la Cup - et Blackburn. Cinq matches en 29 jours, un seul contre un club européen, parfait pour faire tourner un effectif qui reste conséquent. Au Camp Nou, Essien, Torres, Bosingwa, Kalou, Malouda et Sturridge garnissaient le banc des Blues... de quoi faire baver d'envie les recruteurs du PSG...

Le Bayern favori ?

En finale, le Bayern est mon grand favori (oui, je tente quand même un pronostic, parce que c'est le jeu malgré tout). D'abord parce qu'il évoluera dans son stade, où peu d'équipes parviennent à s'en sortir en général. En Ligue des Champions, en tous cas, tout le monde s'y est incliné. Ensuite, parce que Chelsea comptera trois absents majeurs, suspendus, Terry, Ivanovic et Ramires. Soit les deux meilleurs défenseurs du club - et je ne parle pas de David Luiz, qui est blessé -, et Ramires, son meilleur joueur offensif avec Drogba, du moins sur la double confrontation avec les Catalans. Côté Bayern, il manquera également deux défenseurs, Badstuber, qui sera lui-aussi suspendu, et Van Buyten, blessé. A priori, les Allemands s'en sortent donc mieux que les Anglais. Et ils peuvent compter sur un compartiment offensif - Ribéry, Robben, Gomez, Kroos, Müller, voire Schweinsteiger - plus conséquent, et qui sert à autre chose qu'à presser les défenseurs adverses, voire de se transformer en défenseurs supplémentaires. Le jour où Robben concèdera un penalty, Neuer marquera des buts.

Et surtout, le Bayern est mon favori parce qu'il a montré autre chose que Chelsea lors de ces demi-finales, et mon petit cœur pur aime à penser que, dans la vie, les bonnes intentions sont toujours récompensées, même s'il est régulièrement déçu dans ce domaine. Même si Chelsea va sans doute rééditer sa tactique minimaliste qui lui a tant réussi contre Barcelone, je pense que le Bayern peut s'en sortir. Tout simplement parce que Chelsea ne peut pas toujours avoir une telle chance sur une période aussi longue. Et puis parce que le Bayern sera sans doute plus frais que Barcelone, puisqu'il fera sûrement tourner un maximum son effectif durant les deux dernières journées de Bundesliga, où il n'a plus rien à jouer, puisqu'il est déjà assuré de la deuxième place. Comme seul match à enjeu en un petit mois, les Bavarois n'auront que la finale de la Coupe d'Allemagne, contre Dortmund, une semaine avant le match contre Chelsea. Dans le même temps, les Anglais joueront deux matches supplémentaires, tous à enjeu. La fraîcheur pourrait donc bien jouer un rôle majeur dans cette confrontation qui aurait pourtant du, à la base, désigner le puissant club anglais comme favori.

Voilà, on verra dans moins d'un mois si je ne me couvre pas définitivement de ridicule en terme de pronostics ! A plus tard !

mercredi 25 avril 2012

Petit, tout petit Chelsea

Salut à tous,

Sur ce blog, depuis quelques mois, Dieu sait que j'essaie de garder un avis le plus objectif possible. Et c'est donc avec cet objectif difficilement réalisable mais indispensable que j'entame ce post.

Mauvais goût dans la bouche

Tous les amoureux du football doivent avoir un goût étrange dans la bouche. Même ceux, nombreux en France, qui espèrent toujours que David battent Goliath, ne peuvent que regretter que la meilleure équipe du monde ne soit pas en finale de la Ligue des Champions. On le sait, il n'y a jamais de doublé dans cette compétition tellement exigeante que même les gros clubs ne peuvent répéter deux fois le même exploit consécutivement, puisque ce n'est jamais arrivé depuis que la phase de poules est apparue, en 1991. Mais quand même, compte tenu de l'opposition faiblarde, on l'a encore vu ce soir, on espérait mieux. Tant pis, en finale il faudra se fader l'équipe la plus défensive de l'Histoire de la C1, peut-être depuis le Steaua Bucarest en 1986, qui sera en plus privée de trois titulaires majeurs, Terry, Ramires et Ivanovic. Tout ça pour ça... En même temps ça fait deux défenseurs en moins, ça fera pas de mal à cette équipe d'épiciers.

Alors certes, Barcelone tire la langue en ce moment, et notamment Messi, auteur, tout de même, d'une passe décisive encore ce soir. Rien de plus normal pour un joueur, et une équipe, qui jouent entre 60 et 70 matches par ans depuis plusieurs années, sans parler des matches internationaux. Mais quand on regardait les deux matches, il faudrait être d'une mauvaise foi maladive pour affirmer que Barcelone n'aurait pas mérité un petit peu mieux. Suffit de compter les tirs, les poteaux, la possession de balle... la définition même du hold-up. Et, jusqu'à preuve du contraire, les hold-up sont interdits, et donc répréhensibles. C'est du vol, quoi.

Ambition contre terreur

Barcelone méritait d'abord sur le plan des intentions. Une théorie circule comme quoi la seule manière de battre Barcelone, c'est de dresser les barbelés, serrer les dents et prier très fort. Ça a suffit pour la plus faible équipe de Chelsea depuis dix ans, qui fera pâle figure en finale. Soit. C'est surtout une preuve formidable que Barcelone n'a pas d'équivalent en Europe et dans le monde : même le Real Madrid ne fait pas naître une telle terreur chez ses adversaires, quels qu'ils soient, au point qu'ils se sentent obligé d'adopter les systèmes de jeu les plus primaires pour mettre en échec la plus belle équipe du monde. Quitte à faire fuir les amateurs de beau jeu, qui, je pense et je l'espère, sont encore nombreux dans notre pays.

Mais qu'on me dise que Chelsea était David face à Goliath, faites moi rire. Ou plutôt, ne me faites pas rire. Quand Quevilly affrontera Lyon, ce week-end en finale de la Coupe de France, on pardonnera sans sourciller que les semi-amateurs normands jouent derrière, en attendant des contres salvateurs. Même chose pour Nicosie contre Lyon, encore, ou le Real Madrid. C'est le jeu, c'est normal, qu'un club possédant un budget plus de 100 fois inférieur à son adversaire sacrifie à la règle du beau jeu pour atteindre un rêve inaccessible pour lui, gagner un trophée national. Si c'est le seul moyen... mais ça n'aurait pas du être celui d'un club comme Chelsea.

Que Chelsea, bien assis sur la pile de dollars douteux provenant de la fortune de Roman Abramovitch, ose utiliser les mêmes méthodes qu'un petit club amateur face à un gros club pro pour éliminer un autre club de la même sphère financière que lui, c'est très petit. C'est surtout un aveu de faiblesse terrible : oui, même avec, à vu de nez, plusieurs centaines de millions d'Euros de budget, on peut jouer comme des équipes qui n'auraient pas eu les moyens d'attirer des joueurs de ballons formidables comme Mata, Drogba, Ramires, Lampard, Kalou, Torres... et ne pas en avoir honte, en plus. Si c'était pour jouer avec 10 défenseurs, pourquoi mettre ces pianistes sur le terrain ? Vous me direz, ça a marché, même si utiliser Drogba en défenseur, ça a coûté un penalty (indiscutable) qui aurait du éliminer le club londonien, avec un peu moins de réussite.

Quand le PSG a arraché un succès difficile face à Marseille, les médias lui sont tombés dessus à bras raccourcis. M'est avis qu'ils auront beaucoup plus mansuétude pour Chelsea, demain, je ne sais pas pourquoi.

La solidarité par le béton

Chelsea a marqué sur ses trois tirs cadrés lors des deux matches, voilà la réalité. Côté Barcelone, ce serait difficile de compter les tirs, vu leur nombre. Je trouve que voir des demi-finales aussi déséquilibrées sur le terrain, entre deux équipes qui devraient pourtant être proches, puisque Chelsea investit de très grosses sommes sur le marché des transferts, tout comme son adversaire, c'est extrêmement triste. C'est aussi symptomatique d'un certain état d'esprit qu'on ne trouve finalement pas que dans les bureaux des entraîneurs de Ligue 1 : la fin justifie les moyens, quitte à bafouer le jeu de football en ne pensant qu'à défendre, détruire.

On parle d'exploit, de solidarité, de courage. Je rêve. Où est l'exploit ? Détruire est 10 fois plus aisé, en football comme en rugby, que construire, attaquer, élaborer une tactique, chercher des espaces dans des blocs regroupés. Solidarité ? Quand vous êtes tous derrière, les espaces sont minimes, la solidarité va donc de soit puisque chaque joueur n'est jamais éloigné des autres à plus de deux ou trois mètres... Courage, comme a osé affirmer le meilleur ami de Didier Drogba, Christian Jeanpierre ? Qu'est-ce qui est le plus courageux ? Aligner trois défenseurs et quatre attaquants, un cas unique à un tel niveau, ou jouer tous derrière comme un vulgaire promu sur le terrain du champion, en attendant un exploit individuel de l'unique attaquant de l'équipe ? Donner sa chance tous les ans à des jeunes talents, construire une identité de jeu qui inspire le monde du football comme rarement, privilégier le jeu, le collectif, la passe, l'offensive, à toute autre philosophie de jeu, et c'est des débutants à l'équipe pro, c'est autrement plus courageux et reluisant que le petit coup que vient de jouer Chelsea.

Et je n'ai pas parlé des autres moyens, moins légaux, employés par les Londoniens, à savoir la violence. Un rouge odieux, six jaunes, un attentat de Lampard... Une honte. je ne vois pas où je devrais me réjouir de la qualification des Blues, désolé.

L'exemple du Bayern

La semaine dernière, le Bayern Munich a battu le Real Madrid à la régulière (2-1). En jouant, en attaquant, en utilisant ses ailiers autrement que quand des seconds latéraux. Comme quoi, on peut gagner en ne crachant pas sur tous les fondamentaux du jeu, en ayant un plan de jeu équilibré, de l'ambition, de la déontologie, de la morale. Bref, tout ce qu'on est en droit d'attendre d'une demi-finale de Ligue des Champions entre deux clubs richissimes, sensés faire rêver des centaines de millions de téléspectateurs.

A demain, on devrait un peu plus se régaler. Munich est-il plus puissant, plus aisé que Chelsea ? Pas vraiment... Le Bayern se fera peut-être fesser par le Real, mais il pourra au moins regarder ses supporters, et eux-mêmes, les yeux dans les yeux. Le Bayern sait qu'il est inférieur au Real, comme Chelsea par rapport à Barcelone. Mais il respecte le jeu, la compétition, et décidera sans doute de jouer sa chance à la loyale. Un peu comme ça se faisait il y a 50-60 ans, quand les enjeux économiques n'influençaient pas encore les tableaux noirs.

A plus tard !

mardi 17 avril 2012

Les choses sérieuses commencent !

Salut à tous,

On y est, places aux demi-finales de la Ligue des Champions ! Ça rigole plus là. Avec la "disparition" de Marseille, Nicosie ou même Benfica, sauf leurs respects, on a l'impression que les choses sérieuses commencent vraiment, avec ces deux très grosses affiches.

Bien sûr, il y manque peut-être un nom comme celui du Milan AC, que j'aurais bien vu à ce niveau, voire mieux, du moins avant que le club lombard ne connaisse son coup du mou récent. On a également du mal à comprendre comment Chelsea, et non un des Manchesters, qui sont nettement devant les Londoniens en Premier League, ou ce Bayern, dominé par Dortmund en Bundesliga, peuvent être présent à ce niveau. Et pourtant, ça choque moins que si les nommés dans le paragraphe précédent étaient passé. D'ailleurs, des quatre demi-finalistes, seul le Real Madrid est leader de son championnat. En même temps, ils sont deux Espagnols, qui peuvent encore tous deux gagner la Liga...

Les deux demi-finales se ressemblent. Les deux mastodontes espagnols dominent chacune d'entre elles de leur statut de grand favori pour la victoire finale, face à des outsiders qui sont loin d'être des victimes consentantes. Le Real, à mon avis (le match se déroule en ce moment, je vais essayer de ne pas me faire influencer par son déroulement...), risque de passer une soirée compliquée sur la pelouse d'un Bayern qui n'a plus en tête que la Ligue des Champions, dont la finale se déroulera sur sa pelouse, qui a bien fait tourner ses hommes forts durant les dernières semaines, notamment ses ailiers Ribéry et Robben, au détriment peut-être du championnat d'ailleurs, et qui a l'habitude de prendre le jeu à son compte dans son stade, quelque soit l'adversaire. De plus, le Real n'a jamais gagné à Munich, y concédant 8 défaites et un nul ! Mais c'était aussi le cas de Montpellier au moment d'aller à Marseille la semaine dernière... les statistiques sont faites pour être contredites. Mais le Bayern ne devrait pas être aussi conciliant que les Olympiens.

Côté Français, on peut se féliciter que deux de nos compatriotes vont se disputer une place en finale, Benzema et Ribéry. Deux éléments de notre compartiment offensif, ce qui n'était pas gagné vu le rendement de l'attaque des Bleus depuis six ans (pas plus d'1,5 but par match en moyenne depuis 2006). Espérons que ça les galvanise pour l'Euro !

Bref, on voit quand même mal ce Real se prendre les pieds dans cette demi-finale. Mais si un des deux Espagnols devait ne pas être au rendez-vous du Clasico qui se profile lors de la finale de la compétition, ce serait quand même lui. Parce qu'il est encore plus difficile d'imaginer Chelsea sortir le Barça, dans l'autre confrontation de la semaine.

Soyons clair, Chelsea est un grand club, et il n'a rien volé. Il a gagné 6 matches sur 10 en C1, ne s'inclinant que deux fois et inscrivant 21 buts. Personne n'est venu encore s'imposer à Stamford Bridge, tout le monde y a même perdu cette saison, encaissant plus de trois buts par matches en moyenne. Reste que les adversaires des Londoniens (Leverkusen, Genk et Valence en poule, puis Naples, battu en prolongations, et Benfica) ne font pas partie des clubs que l'on voyait atteindre les demi-finales cette saison. Son parcours, sinon facile, du moins sans accrocs, nous permet de relativiser quelque peu la présence des hommes de Di Matteo à ce niveau. Dans le même temps, Barcelone, son futur adversaire, s'est coltiné deux fois Milan, le Bayern a devancé City en poules, et si le Real a également eu un parcours peinard, il devance le Barça en championnat, ce qui suffit à le placer un peu au-dessus des Londoniens dans la hiérarchie de ces demi-finales...

Surtout, Chelsea n'est plus celui qui écrasait le football anglais, et quasiment l'Europe, de sa puissance financière, lorsque son prpriétaire dépensait plus de 100 millions d'euros dans le recrutement. Qui sont les stars de l'équipe d'Abramovich aujourd'hui ? Ivanovic, David Luiz, Mata ou Sturridge sont de bons jeunes, très prometteurs, mais ne sont pas encore les terreurs qu'ont été Terry, Cole, Lampard ou Drogba, même si ces derniers ont encore de beaux restes. Seul Cech reste l'immense gardien qu'il est, et Raul Meireles est une valeur sûre, quand Torres est un échec total, même s'il semble renaître un peu en ce moment. Quant à Essien ou Kalou, jadis des cadres de l'équipe, ils jouent plus les utilités qu'autre chose. Mais ne les enterrons pas de suite, tout de même, surtout que les anciens ont une revanche à prendre sur les Catalans, après la demi-finale retour de l'édition 2009, conclue par le but miraculeux d'Iniesta à la dernière minute (1-1), et le fameux "it's a fucking disgrace" de Drogba... Barcelone ne possède pas non plus un bilan fabuleux à Chelsea : 4 défaites, 1 nul et 1 victoire...

Voilà, je vois qu'à la pause, et comme je le sentais, le Bayern bouscule le Real, mené sur un but de Ribéry... Le Real n'a pas l'habitude d'être mené, on va vite voir sa réaction ! A plus tard !

mercredi 28 mars 2012

Marseille peut le faire

Salut à tous,

Ce soir, Marseille fait face au plus grand défi de sa saison, et ce dans les pires conditions possibles. Le club phocéen ne gagne plus depuis plus deux mois et huit matches consécutifs, toutes compétitions confondues, depuis la victoire contre l'Inter Milan, au match aller du tour précédent en fait, et doit faire avec la suspension de son gardien et capitaine, Steve Mandanda, ainsi que la blessure de son meilleur défenseur, Souleymane Diawara, et peut-être de son meilleur attaquant, Loïc Rémy. Manquerait plus que son meilleur milieu, Benoît Cheyrou, se blesse en allant promener son chien, et ce serait la totale. En tous cas, face à un Bayern très au-dessus du lot en ce moment, tout ces pépins semblent rédhibitoires pour une qualification éventuelle, sachant que même au complet, l'équipe provençale n'aurait pas été favorite face à ce qui est pourtant son double allemand. Ou du moins son modèle.

Et pourtant, selon moi, il y a des raisons d'espérer. Pour la qualification, je ne sais pas, parce qu'à domicile le Bayern est difficilement prenable, et capable de dominer n'importe qui, parfois dans des proportions sidérantes. Mais pour ce soir en tous cas, y a moyen de faire un résultat qui n'assurera pas forcément à l'OM une place en demi-finale, mais pourra peut-être le requinquer, le relancer dans sa course à l'Europe en championnat.

D'abord, Marseille est également très solide à domicile : cette saison, sont venus perdre au Vélodrome Dortmund, et pas qu'un peu (3-0), le même club qui domine le Bayern de cinq points en championnat, s'il vous plait ; le PSG (3-0), Lille (2-0) et l'Inter Milan, on l'a vu (1-0). C'est vrai, en phase de poule de la Ligue des Champions, Arsenal et l'Olympiakos étaient venus s'imposer au Vélodrome (0-1), mais quand même, ça prouve que dans les très grands matches, face à des adversaires extrêmement redoutables, Marseille est capable de s'imposer. Rappelons que durant les 15 dernières années, Chelsea est venu perdre deux fois boulevard Michelet (1-0), en février 2000 et en décembre 2010 ; Manchester United est venu y concéder un nul en février 2011 (0-0) après y avoir perdu en octobre 1999 (1-0). Alors bien sûr, là encore il y a aussi eu des échecs, comme les deux visites de Liverpool (0-4, 1-2) et celles du Milan AC en septembre 2009 (1-2) et du Real Madrid deux mois plus tard (1-3), mais l'essentiel est dit : Marseille sait gagner face aux gros. Surtout que, malgré sa grande forme actuelle et ses ambitions continentales, le Bayern n'est pas le Milan ou le Real. Ce n'était pas un bon tirage, mais ce n'était pas le pire.

Dortmund, on l'a vu, est venu perdre largement à Marseille, et le champion d'Allemagne ressemble beaucoup à son dauphin bavarois : une force offensive extrêmement impressionnante, façon teutonne, mais aussi une défense qui, si on ne peut pas la considérer comme poreuse, n'est pas impassable. Comparée à l'attaque du Bayern, constituée de deux des meilleurs ailiers du monde, Robben et Ribéry, et un des meilleurs attaquants mondiaux, Gomez, eux-mêmes assistés par des clients comme Müller, Kroos ou Schweinsteiger, s'il est remis, la défense ferait presque peine à voir. D'abord, Daniel van Buyten, qui aurait pu tout autant que Ribéry effectuer un retour triomphal dans la cité phocéenne, est blessé. Ensuite, la charnière actuelle, composée certes de deux internationaux allemands, Boateng et Badstuber, ne présente pas les meilleures garanties. On a vu lors du dernier Allemagne-France (1-2) que le second, remarquable gaucher relanceur, n'est pas forcément le meilleur défenseur du monde, notamment lorsqu'on joue vite dans son dos. Le premier nommé, lui, est régulièrement aligné sur le côté droit, a souvent des moments d'absence et des manques tactiques à ce poste, sans parler du manque d'automatismes avec son partenaire. Rappelons cependant que malgré cela le Bayern n'a pris que 6 buts lors de ses 13 derniers matches... peut-être parce qu'il possède aussi un des tous meilleurs gardiens de la planète, et le plus cher de l'Histoire aussi (25 millions d'euros), Manuel Neuer. Lui, il va falloir le battre.

Sur les côtés, si Lahm reste impressionnant sur son aile (gauche, en général, même si je le trouve meilleur à droite), il l'est surtout par sa percussion et ses qualités offensives. Même chose pour Rafinha, côté droit. Le Brésilien est une vieille connaissance du football européen... pas forcément un client au niveau du reste de ses coéquipiers. Remis en confiance par son but à Nice (1-1), Ayew peut lui faire des misères.

Surtout, le club bavarois n'est pas non plus fabuleux à l'extérieur. En Bundesliga, il est troisième à ce classement spécifique, à sept points de Dortmund et à un de Moenchengladbach. Il a déjà perdu quatre fois en déplacement, contre deux pour le leader actuel du championnat, encaissant 13 buts en autant de rencontres, contre 9 en 14 matches pour Dortmund, et 8 en 13 pour l'autre Borussia, la grosse surprise de la saison. Le Bayern s'est certes incliné à Leverkusen (2-0) et à Moenchengladbach (3-1), mais aussi, en première partie de saison, à Hanovre (2-1) et Mayence (3-2), tout au mieux des candidats à la Ligue Europa. Il s'est également incliné en Ligue des Champions à Manchester City (2-0) après avoir gagné à Villarreal, qui a perdu tous ses matches (0-2) et ramené un nul de Naples (1-1), et a surtout perdu au tour précédent à Bâle (1-0), qui n'était pourtant pas un foudre de guerre, vu la raclée que le club suisse a pris au retour (6-0). Bref, bien bloqué, le Bayern, peu sécurisé derrière, peut perdre à peu près n'importe où. Il n'est pas complètement le rouleau compresseur qu'on présente partout, même s'il y ressemble un peu ces derniers temps.

En fait, cette opposition me rappelle celle entre l'Allemagne et la France, en février dernier. Tous les observateurs, moi le premier, redoutaient une débâcle tricolore, les Bleus manquant trop, selon nous, de sûreté défensive et d'efficacité offensive pour faire douter sur sa pelouse une des meilleures équipes du monde, impressionnante lors des éliminatoires de l'Euro (10 matches, 10 victoires, +27 de différence de but) dans un groupe pas si facile (Turquie, Belgique, Autriche...). Et pourtant, les Bleus, privés de Rémy et Benzema, l'ont emporté tout à fait logiquement. Aurait-ce été la même chose lors d'un match officiel, avec un enjeu au bout ? Certes, les Allemands ont plus de mal que nous pour se mobiliser lors d'un match amical, notre grande spécialité, mais un Allemagne-France est toujours disputé.

On saura ce soir si j'avais raison d'y croire ! Le Bayern reste favori de cette confrontation, du moins celle de ce soir, mais il est prenable, c'est une certitude.

A plus tard !

lundi 23 janvier 2012

La Bundesliga, saine et offensive

Salut à tous,

De part mon travail, j'ai l'occasion de suivre d'un peu plus près que les autres - hormis la Ligue 1, évidemment - la Bundesliga. Un championnat d'Allemagne que j'ai vite adopté, malgré ma méconnaissance totale de la langue de Goethe. Même si, à force, j'ai appris à connaître les termes propres au football : Eigentor (contre son camp), Tor (but), Rechtsschuss (droit), Elfmeter (penalty)... Une compétition qui, surtout, est très peu suivie en France, peut-être parce qu'elle ressemble, par certains aspects, un peu trop à la Ligue 1. Voyons un peu pourquoi, en détail, et pourquoi j'apprécie ce championnat.

- D'abord, les points communs avec le championnat français : les Allemands ne réussissent pas beaucoup plus que nous en Coupe d'Europe, et ils ne nous devancent pas de beaucoup au classement UEFA, même si notre cinquième place est désormais directement menacée par les Pays-Bas, le Portugal et la Russie. Le Bayern Munich est l'arbre qui cache la forêt, et la demi-finale de Ligue des Champions de Schalke 04 l'an passé est plus à ranger à côté de la finale de Monaco en 2004, par exemple, qu'autre chose. Les autres, comme Dortmund cette année dans la compétition phare, ou Wolfsburg, auparavant, peinent franchement au niveau européen. Ensuite, le manque de têtes d'affiches. Même le Bayern ne semble plus vraiment en mesure d'attirer les tous meilleurs joueurs du monde, hormis quelques Allemands, bien entendus, à l'image des internationaux Neuer, Lahm, Schweinsteiger, Müller ou Gomez. L'excellente santé de l'équipe nationale allemande permet au grand club bavarois de faire ce que Lyon, Paris ou Marseille, aussi riches ou presque en internationaux locaux ne peuvent pas, en raison du creux générationnel subit actuellement par l'Equipe de France : s'appuyer sur les meilleurs joueurs du pays pour exister sur le plan européen. En même temps, la quasi intégralité des internationaux allemands évoluent au pays, contrairement à la France, même si cette tendance s'équilibre depuis 2006.

- L'Allemagne, qui, contrairement à nous en 1998, a parfaitement profité du Mondial organisé sur son sol en 2006, peut s'appuyer sur des infrastructures ultra modernes, notamment des stades sublimes, souvent neufs et qui feraient pâlir d'envie absolument tous les clubs français, quasiment tous les Italiens et pas mal d'Espagnols ou d'Anglais. Des enceintes conviviales, mais en même temps impressionnantes par leurs architectures fermées et leurs capacités d'accueils. La Bundesliga est aussi un championnat sain financièrement. Les pays du Golfe n'ont pas encore réussi à y percer, tout comme n'importe quel investisseur étranger, les clubs vivent de leurs revenus et rares sont ceux qui possèdent des dettes. Même le richissime Bayern dépense tous les ans l'argent qu'il gagne grâce à un stade ultra rentable, un merchandising qui devraient inspirer beaucoup de clubs français, très en retard sur ce plan, et bien sûr des résultats sportifs satisfaisants. C'est aussi en cela que le football allemand ressemble au notre, qui est certes endetté, mais très fortement en deçà des autres championnats majeurs (Angleterre, Italie, Espagne) : lorsque le fair-play financier souhaité par Platoche fonctionnera à plein - si ça arrive -, et que les clubs européens très fortement endettés seront sanctionnés, voire exploseront, ils seront ceux qui en profiteront. On a hâte de voir ça...

- Sur le plan du jeu, tout de même, et bien je ne vous surprendrais pas si je vous dis qu'on se régale de ce côté ci de la Forêt Noire. La Bundesliga est le championnat majeur le plus prolifique, et de loin, si on ne compte pas les Pays-Bas, même s'il est en baisse par rapport à ses standards habituels, avec "seulement" 2,81 buts par matches cette saison. Mais l'an passé par exemple, on a marqué en Allemagne 894 buts, soit quatre de plus qu'en France... avec 74 matches de moins ! Pourquoi une telle moisson, qui se répète année après année ? D'abord, la qualité des attaquants en Allemagne, et notamment ceux du cru. Comme en Angleterre ou en Italie, on ne chipote pas sur les attaquants quant à savoir s'ils savent défendre, s'ils sont de bons remiseurs ou s'ils sont altruistes ou pas, comme en France. Un seul critère est reconnu : l'efficacité devant le but. Et c'est ça qui a permit à l'Allemagne de remporter tant de trophées avec ses Völler, Klinsmann, Hrubesch, Gerd Müller, etc, tandis que la France se pâmait devant des attaquants romantiques mais inefficaces comme Rocheteau, Six ou Dugarry, quand de véritables buteurs comme Trezeguet ou Lacombe étaient relégués sur le banc ou mal exploités. Ensuite, il est rare qu'un attaquant qui brille en Allemagne ne réussisse pas ailleurs. Il suffit de regarder, par exemple, la réussite d'Edin Dzeko, ex Wolfsburg, à Manchester City. 

Une question d'état d'esprit, aussi. Jadis en vogue en Allemagne, la défense à cinq a complètement disparu, même chez les clubs en difficulté, ce qui n'est pas le cas en France, où Arles-Avignon, et Nancy, et même Bordeaux cette année, ont tenté l'expérience, avec plus ou moins de bonheur. Surtout, le deuxième milieu défensif a tendance à disparaître, contrairement au meneur de jeu et au deuxième attaquants, quasi immuables. Le meilleur exemple est le Werder de Thomas Schaaf, qui, malgré des saisons moins réussies que d'autres, n'a jamais dérogé à son 4-4-2 en losange, ce qui lui permet d'aligner un meneur à l'ancienne et deux pointes, et à son public de très rarement s'ennuyer. Enfin, tout le monde attaque en Allemagne, et d'ici à ce qu'on voit là-bas un 0-0 célébré par des bonds de cabri par un entraîneur façon Pablo Correa...

- Et puis , y a la culture foot en Allemagne, mais là je pourrais dire la même chose de l'Espagne, de l'Italie et de l'Angleterre par rapport à la France. Les stades sont grands, et pourtant ils sont pleins, et ils sont très bruyants. Dans ces pays, il est difficile de passer pour un beauf ou un ringard si on affirme aimer le football, pas besoin de se cacher ou de changer de sujet : c'est populaire, mais c'est tendance quand même.

Bref, vive la Bundesliga ! Même si elle me fait me coucher très tard entre chaque dimanche...

A plus tard !