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vendredi 1 février 2013

Le mercato change tout

Salut à tous,

Nous sommes le 1er février, il est donc temps de faire un bilan de ce mercato d'hiver qui, pour ma part, me semble de plus en plus discutable de par sa faculté à bouleverser des effectifs en pleine saison. Au départ, ce n'était qu'un moyen pour les clubs de faire quelques ajustements, prendre un ou deux joueurs pour faire face à un déséquilibre quelconque, et non pas pour s'acheter un nouvel effectif. Le problème, c'est que les mêmes médias qui critiquent ce mercato d'hiver pour ces bonnes raisons, sont en général les mêmes qui, tous les hivers, se plaignent parce que le mercato est mort et qu'il ne s'y passe rien... faut bien parler de quelque chose n'est-ce pas, quitte à se contredire. En tous cas cette année, difficile de dire la même chose.

La Ligue 1 a changé de visage

La France a vécu une nouvelle vague de départs, principalement vers l'Angleterre mais aussi, et c'est nouveau, vers la Russie, avec M'Vila. la Ligue 1, qui donnait la moitié de ses joueurs en Équipe de France depuis plusieurs années, va de nouveau se retrouver isolée, et déplumée. Nous pouvons décemment craindre le pire pour les prochaines saisons européennes, même si ses résultats n'étaient déjà pas extraordinaires.

A moins de faire comme dans les pays sud-américains ou latino-américains, à savoir compter deux champions par an, celui des matches allers et celui des matches retours, conférant ainsi aux demi-saisons de véritables statuts autonomes et justifiant des mouvements de joueurs importants puisque n'influant en rien sur la compétition en elle-même, il paraît aujourd'hui très regrettable de constater que certaines équipes n'auront tout simplement plus la même tête que lors des matches allers. Malgré le cirque engendré par l'arrivée de David Beckham à Paris hier - j'y reviendrais - , le club parisien a été un des plus sages, même s'il a beaucoup dégraissé : l'Anglais et Lucas ont rejoint la capitale, que pas moins de sept joueurs (!) ont quitté dans le même temps (Rabiot, Bodmer, Nenê, Luyindula, Sissoko, Lugano, Hoarau). Malgré la consistance de son effectif, on peut s'étonner de cette vague de départs qui pourrait l'handicaper au moment d'aborder les trois compétitions dans lesquelles le PSG est toujours engagé.

Paradoxalement, il faut aller ailleurs pour constater les changements les plus importants. Quasiment comparée au Barça, figurant parmi les candidats à l'Europe grâce à la qualité de son jeu et de ses attaquants, Valenciennes, sur le papier mais aussi, déjà, sur le terrain à la vue de ses derniers résultats - une victoire, trois nuls, dont une élimination en Coupe de France à Istres (3-3, 3-4 tab), et quatre défaites - n'est plus que l'ombre de ce qu'elle était il y a quelques semaines, infligeant notamment notamment une déculottée à Marseille (4-1). En plus de la blessure longue durée de son meilleur passeur, Gael Danic, cet hiver a vu quitter le Hainaut un défenseur majeur, Carlos Gil (Corinthians), et son meneur de jeu et buteur, Foued Kadir (Marseille). Les arrivées de Rose (Laval), Melikson (Wisla Cracovie) et Sankharé (Dijon) n'ont pour l'instant pas compensé ces départs essentiels. L'équipe humiliée récemment à Nice (5-0) et battue de façon heureuse par un Lyon très nettement supérieur (0-2) peut inquiéter, elle qui ne compte "que" dix points d'avance sur la zone de relégation. A ce rythme, on en reparle dans deux ou trois mois. En tous cas, on peut déjà dire que le mercato d'hiver a nettement influé sur les performances de cette équipe.

D'autres équipes ont beaucoup perdu cet hiver. Si Ajaccio, qui n'a perdu que Medjani (Monaco) tout en récupérant Zubar (Wolverhampton), Chalmé (Bordeaux) et Oliech (Auxerre), semble encore une fois avoir réussi son mercato, tout comme son voisin bastiais (Marque et Moizini, partis libres, contre Landreau, Faty et Beauvue), Bordeaux a vu partir Gouffran et Jussiê, deux de ses meilleurs éléments offensifs, contre l'arrivée du jeune uruguayen Rolan (19 ans) et le retour de Faubert... Diabaté, à son retour de la CAN, et Saivet vont se sentir un peu seuls en attaque du côté des Girondins.

Et que dire du mercato brestois ? Bien partie pour obtenir son maintien jusque là, l'équipe bretonne s'est vue délestée d'éléments essentiels comme Lorenzi (Mons) et surtout son buteur Ben Basat (9 buts) à Toulouse ! Et qui pour le remplacer ? Deux défenseurs, Kurzawa (Monaco, p.) et Lejeune (Villarreal, p.) et un milieu offensif prêté par Everton, Magaye Gueye. Pas de quoi être rassuré. Evian, lui, a encore recruté du clinquant avec deux joueurs provenant du Dynamo Kiev, Betao et Ninkovic. Si ces deux là évoluent à leurs niveaux présumés, c'est tout bon pour les Savoyards, mais ça ne semble pas encore en prendre le chemin. Pour Lille en revanche, ça sent le dégraissage avant inventaire, le club se situant déjà loin des places européennes, en plus d'être en vente : les départs de Landreau et Debuchy n'ont pas été compensé. Même chose pour Lyon, qui lui a résisté à la tentation de vendre ses meilleurs buteurs, Gomis et Lisandro, mais qui a quand même perdu Monzon et surtout Bastos, deux départs là encore non compensés. Les jeunes c'est bien, encore faut-il qu'ils aient le niveau, surtout quand vous êtes encore en course en Ligue Europa !

Montpellier, lui, n'a perdu qu'un joueur, mais non des moindres (Yanga Mbiwa). Nancy, lui, n'avait plus rien à perdre, et a déjà quasiment réglé son mercato... d'été prochain, en se "débarrassant" de six joueurs (Zenke, Haidara, Helder, Andre Luiz, Mollo et l'aller retour de Ouaddou), ramassant quelques millions par ci par là, contre la seule arrivée de Jebbour, prêté par Rennes. Paradoxalement, cette saignée semble avoir libéré cette équipe, qui ne perd plus et est revenue dans la course au maintien...

L'ogre de cet hiver a finalement été marseillais, comme aux plus belles heures du club olympien, même si le recrutement phocéen semble plus quantitatif que qualitatif, au vu du pedigree des joueurs recrutés (Samba, Sougou, Romao, Kadir). De bons joueurs, pas encore de grands joueurs. Mais l'effectif marseillais avait besoin d'être complété, et il peut désormais aborder sereinement les deux compétitions qu'il lui reste (Championnat et Coupe de France). D'autres clubs semblent s'être renforcés, comme Rennes, qui a certes perdu gros avec M'Vila, mais qui a nettement compensé au milieu avec les arrivées de l'inconnu Konradsen mais surtout d'Alou Diarra (West Ham), en plus d'Ilunga. Des joueurs expérimentés, qui manquaient un peu à l'effectif breton. Reims, lui, a investi dans l'avenir, avec Placide (Le Havre) et De Préville (Istres), ce dernier arrivant pour enfin faire marquer des buts à cette équipe. Pas simple ! Saint-Etienne a également réussi son mercato, avec les arrivées en prêts de Mollo et Bodmer, en plus du... fils de Michael Laudrup, Andreas (Nordsjaelland), tout comme Toulouse, renforcé par les arrivées de Ben Basat, Rabiot et Hermach, contre les départs de Sissoko et Rivière.

On le voit, qu'elles étaient modifiées en bien ou en mal, une grande majorité de ces équipes ont complètement changé de visage. En plus de Valenciennes, on peut imaginer que Toulouse ou Saint-Étienne grimpent au classement, au détriment de Montpellier par exemple. Il est encore trop tôt pour définitivement juger le mercato de chacun, mais une chose est sure : il jouera un rôle, indéniablement.

Beckham, produit d'appel

Beckham, à présent. J'ai beaucoup suivi les chaînes infos et sportive hier, tandis que l'arrivée du "Spice Boy" à Paris se profilait de plus en plus nettement. Il a beaucoup été dit de choses, plus ou moins vraies. Pascal Praud, entre autres, a insisté sur le fait que Beckham ne faisait pas partie des tous meilleurs joueurs de tous les temps, n'ayant pas gagné de Coupe du Monde ou de Ballon d'Or, et n'atteignant pas le niveau de joueurs comme Zidane ou Ronaldo, ses anciens coéquipiers au Real qui n'ont pourtant pas eu à se plaindre de son travail derrière eux en Espagne. Je ne me rappelle pas qu'il ait dit la même chose lorsque Ibrahimovic est arrivé, alors que le Suédois n'a pas non plus gagné de Mondial ou de Ballon d'Or, pas plus que de Ligue des Champions d'ailleurs... Le problème n'est pas la valeur intrinsèque d'un joueur qui restera quand même dans l'Histoire, et pas seulement pour le phénomène de mode qu'il a engendré, mais aussi par sa qualité de passe, sa vision de jeu, son professionnalisme aussi. Ainsi que son palmarès, n'en déplaise à Praud.

Le fait qu'il ne touche pas de salaire au PSG, un cas unique au monde, surtout dans un club qui vise autre chose que le maintien, comme l'Atalanta qui avait fait signer Christian Vieri pour 1000 euros, plus des primes, est compensé par le fait que de toutes façons, Beckham ne sera jamais dans le besoin, grâce à des contrats publicitaires colossaux. Le geste est noble, mais sa portée est relative, à part bien sûr pour les enfants qui bénéficieront de sa générosité. Ça prouve surtout qu'il n'est sans doute pas là pour révolutionner le jeu parisien, s'imposer comme le patron de son milieu de terrain, et d'aligner les buts ou les passes décisives. A bientôt 38 ans, après cinq années passées en MLS, un championnat du niveau de la deuxième division française, à quelques exceptions près, et deux mois sans jouer, Beckham ne nous fera pas croire qu'il possède encore la forme qui lui permettait de compenser une vitesse moyenne par une combativité et une activité à toutes épreuves, à Manchester comme à Madrid.

Il s'agit bien sûr d'un coup marketing, un investissement à court terme pour récupérer un maximum de cash en vente de maillots pour un club parisien qui cherche à se mettre en adéquation avec le fair-play financier exigé par Michel Platini. Les Qataris ont également là trouvé un moyen idéal de se refaire une image après le scandale révélé cette semaine par France Football à propos de l'achat présumé du Mondial 2022, scandale dans lequel le nom du président de l'UEFA a d'ailleurs été prononcé. Amélioration d'image, mais aussi diversion médiatique...

Le problème, c'est que ça se voit beaucoup. Jusque là, le PSG avait recruté certes du clinquant, mais aussi du sportif, solide et efficace. Si les recrutements de Lugano et Sissoko n'ont pas porté leurs fruits, on ne pouvait décemment pas les considérer comme étant uniquement des têtes de gondole. Ils n'étaient pas assez connus pour cela, et possédaient encore un crédit sportif important, notamment l'Uruguayen, capitaine de la sélection uruguayenne et leader de vestiaire hors-norme. Pour Maxwell et Ibrahimovic, tout justes trentenaires, il s'agissait également de joueurs majeurs, en pleine force de l'âge et provenant de clubs prestigieux. Quant à Van der Wiel, Sirigu, Lavezzi ou Verratti, il s'agissait là de véritables investissement sur la durée, susceptibles de rapporter de l'argent en cas de revente. Non, j'ai beau chercher, c'est bien la première fois que les nouveaux propriétaires parisiens se font prendre la main dans le sac du clinquant dénué de logique sportive. La vérité c'est que sur le terrain, même s'il ne possédait pas de tireur de coup-francs de cette qualité, le PSG n'avait pas besoin de Beckham. Pas à cet âge - le plus élevé de Ligue 1 - en tous cas.

Voilà, je vous laisse, à plus tard !

mercredi 12 septembre 2012

Les Bleus font le plein

Salut à tous !

Comme vous, je ne peux que me réjouir du carton plein réalisé par les Bleus dans ce début d'éliminatoires pour la Coupe du Monde qui s'annonçait pour le moins piégeux. Surtout quand vous changez de sélectionneur, et qu'il apporte avec lui de nouveaux éléments, ou qu'il en recycle d'autres. Bref, il est rare qu'une équipe modifiée d'un tiers soit immédiatement opérationnelle, et capable de faire le job face à des équipes aussi solides, à défaut d'être géniales, que la Finlande et le Belarus.

Dans un groupe où la deuxième place lui semble d'ors et déjà promise, derrière une Espagne qui paraît évoluer quasiment une division au-dessus, on l'a vu à l'Euro, la France devra faire partie, au moins, des meilleurs deuxièmes. Pour ce faire, mais aussi pour titiller le plus longtemps possible des Espagnols toujours à l'aise en éliminatoires, mais qui ne se sont pas baladés ce soir en Géorgie (0-1, sur un but tardif de Soldado), les Bleus n'ont pas le choix : ils doivent faire le plein contre les autres équipes. Si c'est le cas, quelque soient leurs résultats contre les champions du Monde et double champions d'Europe (!), ils seront au moins en barrage. Après...

Ce n'était pas facile, il a fallu (ré)intégrer des nouveaux, régénérer cette équipe tout en comptant sur quelques anciens pour assurer le relai. Deschamps l'a plutôt bien fait, malgré son idée d’absolument aligner Giroud, dont le statut de coqueluche nationale commence à prendre du plomb dans l'aile au fur et à mesure que ses manques, à l'épreuve du haut
niveau, commencent à se voir un peu trop (lenteur, manque de mobilité, maladresse). En tous cas il a rempli le début de son contrat. Après l'Espagne en octobre, les prochains matches de ce groupe auront lieu l'année prochaine, avec la réception de la Géorgie puis de l'Espagne, encore, avant deux déplacements compliqués en Géorgie et au Belarus, puis la réception finale, et peut-être décisive, de la Finlande. Il y aura aussi des matches amicaux qui n'en auront que le nom, contre le Japon et l'Allemagne, et en Italie... ou comment risquer de saper le moral d'une équipe en affrontant des équipes à risques... mais il fallait bien remplir les trous causés par un groupe à 5 équipes au lieu de 6.

En changeant de patron, cette équipe n'a pourtant pas tant changé que cela, du moins dans son impression visuelle, et ses défauts, notamment sur le plan offensif. Au vu de ces deux matches, Ribéry reste indispensable à cette équipe. Il fut le seul à vraiment percuter en Scandinavie, pas toujours avec réussite, mais c'est la loi du genre pour ce type de joueurs. Et avec un but et deux passes décisives contre le Belarus, il a prouvé qu'il était enfin devenu décisif (11 buts et 12 passes en 67 sélections). Ménez, lui, a perdu des points en voulant faire plaisir à cette France qui lui reproche son individualisme. Il a voulu jouer trop simple, trop collectif, et a finalement perdu son jeu. Si on veut un joueur qui ne percute pas et se contente de donner son ballon dès qu'il en reçoit un, il faut faire jouer un autre joueur. Il reste selon moi la meilleure solution sur un des côtés, avec Ribéry, mais il va devoir faire contre la marée de l'opinion, qui est forte en ce moment. Valbuena peut le menacer, mais aussi Loïc Rémy, si ce dernier se débarrasse enfin de ses soucis physiques.

Benzema, lui, n'a également pas changé : mal placé dans la surface, il ne sent pas les coups, n'a pas de réussite dans ses frappes et, pour tout dire, m'inquiète un peu. Dans le potentiel, il n'a pas d'équivalent, mais ses chiffres depuis deux ans sont faméliques, du moins en ce qui concerne les buts (7 en 25 sélections). En revanche, il totalise 9 passes décisives sur la même période ! Dans sa jeunesse on le comparait à un Zidane un peu plus avancé sur le terrain...  peut-être son avenir se situe-t-il en effet au poste de numéro 10, adjoint à une pointe dans un 4-2-3-1, sachant que Gourcuff ou Nasri ont échoué au poste de meneur de jeu. En tous cas, Higuain l'a mangé au Real, et cette saison s'annonce compliqué pour l'ancien Lyonnais.

Problème, passer en 4-2-3-1 avec Benzema en 10, ça signifierait soit la disparition de Mavuba, soit de Diaby. Et les deux ont montré durant ces derniers jours à quel point ils pouvaient être très précieux à l’Équipe de France... à moins que Cabaye, un peu juste
physiquement, ne disparaisse lui aussi. Sans parler de la bonne impression laissée par Etienne Capoue, auteur d'un vrai but d'attaquant contre le Belarus. Sur cette action on peut d'ailleurs constater que le milieu défensif toulousain a mieux senti le coup que l'avant-centre du Real Madrid...

Pourquoi Mavuba sortirait-il de l'équipe en 4-2-3-1 ? Parce qu'il n'est pas bon dans ce système, on l'a vu contre l'Uruguay, mais aussi à Lille. Il n'est jamais meilleur qu'en pointe basse d'un milieu à trois, derrière deux relayeurs. C'est d'ailleurs également le poste de Capoue à Toulouse, mais ce dernier est un peu plus polyvalent que son aîné, avec des aptitudes offensives supérieures. Mais les deux brillent par une très grosse qualité de passe vers l'avant, et ça, ça ne peut faire que du bien aux Bleus.

L'autre grosse satisfaction, c'est bien sûr la défense. Sur ces deux matches, les erreurs des deux quasi débutants de l'axe ont été très rares, notamment la faute de Yanga-Mbiwa sur le penalty biélorusse. Lui et Sakho, qui ne se connaissaient pas avant la semaine dernière, ont livré une performance collective et individuelle de premier plan. Bien placés, puissants, intelligents, bons relanceurs... d'accord, ce n'était pas Messi en face, loin de là, mais des débuts internationaux, surtout pour des défenseurs, c'est toujours délicat. Là, ils ont pu apprendre à se connaître, et mettre une sacrée pression sur Rami, Mexès et Koscielny, les trois titulaires habituels. Notamment pour les deux premiers, à la peine en Ukraine.

On peut également citer le très bon match de Jallet côté droit, à comparer à celui, assez mauvais, de Réveillère en Finlande. Le capitaine parisien semble désormais bien placé pour disputer la place de remplaçant de Debuchy à Bakary Sagna. A gauche, on a beaucoup vu Evra, avec toujours quelques absences défensives et un côté un peu brouillon offensivement. Mais il est là, et est présent. Mais Clichy reste mieux qu'une alternative.

Toujours en reculant sur le terrain (oui je fais comme ça moi), Hugo Lloris a livré deux matches énormes, avec des arrêts de mammouth plus un penalty stoppé, qui ont prouvé que peu de gardiens dans le monde possédaient ses talents. A part Brad Friedel, (41 ans), peut-être... Je n'ai rien contre André Vilas Boas, mais on ne peut que souhaiter qu'il ne fasse pas de vieux os, s'il place Lloris sur le banc à Tottenham. Après ce qu'il a déclaré sur les deux hommes, on le voit mal changer d'avis et mettre Lloris titulaire... on peut donc s'inquiéter, même si le manque de rythme est sans doute moins important physiquement pour un gardien. Le manque de repères, en revanche, c'est plus problématique...

Voilà pour ces impressions qui me sont forcément personnelles, n'hésitez pas à me donner votre avis !

A plus tard !

vendredi 17 août 2012

Pas si inintéressant !


Salut à tous,

Comme promis, même avec un jour de retard, revenons sur ce premier match des Bleus en 2012-2013, et celui de Didier Deschamps, qui succède à son ami Laurent Blanc dans une indifférence quasi générale. Autant, lorsque ce dernier avait succédé à Raymond Domenech, on avait eu l'impression de l'arrivée d'un messie, du sauveur qui allait relever la France après six années terribles (juste marquées par une finale de Coupe du Monde et trois qualifications pour des grands tournois, mais peu importe), autant là on a le sentiment que les gens ont compris que ce n'était pas forcément le sélectionneur qui faisait la différence. Vous mettez Aimé Jacquet à la tête de l'Equipe de France des années 60, elle sera toujours aussi nulle. Vous mettez Domenech en 1998, il aurait aussi bien pu être champion du Monde. Du coup, après l'"échec" - qui n'en est pas un puisque, rappelons le, les Bleus ont rempli leur objectif - des Bleus à l'Euro, on se dit que quelque soit le gugusse qui prendra la relève, ça ne changera pas grand chose : sans grand joueur, on ne gagne rien. On a de très bons joueurs (Ribéry, Benzema, Cabaye, Lloris, Ménez...) mais pas encore de grands joueurs. C'est comme ça, il faut s'y faire. Ça ne veut pas dire que ça ne va pas changer... C'est même certain que ça reviendra.

On a également eu la confirmation très nette de l'inutilité quasi totale de ces matches amicaux du mois d'août. Du point de vue des spectateurs et des joueurs en tous cas. Alors que ces derniers ont, dans le meilleur des cas, un match de championnat dans les pattes, voire un ou deux matches de tour préliminaire de coupe d'Europe, ce qui exclue les joueurs étrangers (ils étaient quatre seulement au Havre), quel est l'intérêt de les faire disputer un match amical, même contre une bonne sélection et dans un stade tout neuf, en plein mois d'août entre deux journées de championnat ? Bon courage aux quatre Lillois qui ont joué avant-hier et qui remettent ça dès ce soir en championnat contre Nancy. Notamment à Mathieu Debuchy, qui s'est blessé... Rudi Garcia a du être ravi devant sa télé. Carlo Ancelotti aussi, lui qui a vu son capitaine Jallet jouer 70 minutes au lieu de 45, comme prévu. Mais le PSG ne joue "que" dimanche, lui...

Surtout, ces matches de reprise sont presque à coup sûr des bouses, que la France ne gagne presque jamais en plus. En 2011 : match nul entre la France et le Chili, à Montpellier (1-1). 2010 : le fameux match amical perdu en Norvège avec les remplaçants des remplaçants (2-1). 2009 : match de qualif pour la Coupe du Monde très difficilement gagné aux Féroés (0-1). Il faut remonter à 2008 pour retrouver la trace d'un match aoutien des Bleus intéressant, avec la victoire en Suède, sur un but de Benzema et un doublé de Govou (2-3)... une autre époque, déjà. Et c'était sous Domenech. Et on peut remonter avant pour retrouver d'autres matches de ce genre, dont le seul intérêt est de... non, en fait y a vraiment pas d'intérêt.

Oh si, allez, Deschamps a du trouver de l'intérêt quand même. Déjà, de prendre le pouls de ce groupe qui va devoir relever un challenge complètement hors de portée pour lui, à savoir devancer l'Espagne dans sa poule et ainsi éviter les barrages. Ou au moins faire un excellent parcours et se qualifier directement comme meilleur deuxième, comme la Suède, cette équipe que l'on devait battre facilement à l'Euro paraît-il, l'avait fait pour aller en Ukraine. Dans les deux cas, ça paraît vraiment compliqué, surtout qu'on a déjà vu que la Biélorussie n'était pas une équipe bidon, la Géorgie non plus, ni la Finlande d'ailleurs. Et cette fois, pas d'iles Féroés pour bien s'amuser pendant que les autres gros s'écharpent entre eux. On sera au mastic à chaque match, et il faudra se montrer autrement plus percutant et efficace que mercredi.

L'Uruguay nous a montré à quel point des blocs resserrés nous posaient problème depuis des années, et ça risque fort de se répéter lors des éliminatoires. Difficile d'imaginer la Finlande ou la Biélorussie se jeter à l'attaque au Stade de France, et on a vu à l'Euro à quel point l'Espagne défendait bien et se portait vite vers l'avant. Ce qui était intéressant dans ce match, c'était de voir des joueurs qu'on pressentait depuis un moment en Bleu et qu'on a enfin pu voir à l’œuvre. Et, hormis Mavuba, un peu, aucun d'entre eux n'a déçu. Jallet a arpenté son couloir et délivré quelques bons centres, Capoue a confirmé à la fois son impact physique et sa qualité de jeu vers l'avant, et Yanga-Mbiwa a montré, avec son collègue Mamadou Sakho, qui devait également montrer beaucoup, une connivence mais surtout une qualité de placement et d'intelligence de jeu au-dessus de la moyenne. Avec Koscielny, on peut commencer à enfin espérer en une charnière intéressante, après deux années incertaines avec Rami et Mexès, même si ce dernier n'a déçu que sur la fin. Mais il aurait été aussi intéressant de les voir à l'oeuvre face à Suarez et Cavani, plutôt que face à Abreu et aux restes d'un Forlan qui faisait peine à voir, lui qui culminait sur le toit du monde il y a seulement deux ans...

Deschamps a également ressuscité deux joueurs qui paraissaient définitivement tricards en Bleu, malgré des performances souvent intéressantes en Bleu : Mavuba et Briand. Le premier, malgré un match étonnamment timide, est le meilleur milieu défensif français depuis quelques années, quand le second, raillé pour son inaptitude à marquer des buts (14 l'an dernier, quand même, plus 8 passes décisives !), il est devenu indispensable à l'OL, et son activité et son abnégation pourraient servir beaucoup à l’Équipe de France à l'avenir. J'ai également noté l'excellent match de Franck Ribéry, qui a beaucoup provoqué à gauche, souvent avec réussite. Il a mis trois ans pour se défaire de son complexe en Bleu, mais ça parait loin derrière lui, et c'est tant mieux.

Devant en revanche, c'est toujours le désert. Même si ce n'était qu'un seul match de préparation, ceux - nombreux, un peu trop même - qui réclamaient à cor et à cri l'association entre Benzema et Giroud se sont peut-être rendu compte de l'inanité de cette tactique au haut niveau. Le 4-4-2, en championnat, ça passe, contre l'Uruguay, qui maîtrise le milieu avec ses 5 joueurs, c'est une aberration. On s'est retrouvé avec deux ailiers et deux pointes privés de ballons par l'absence d'un joueur offensif central. Si vous alignez deux milieux défensifs purs dans ce système, vous coupez vos joueurs offensifs du jeu. Ce qui a provoqué cette première mi-temps à se pendre, avec une seule vraie occasion, celle de Yanga-Mbiwa sur corner. C'est un constat simple mais qui a semble-t-il échappé à beaucoup de monde, devant l'urgence, semble-t-il, de voir enfin les deux idoles du peuple alignées côte à côte...

La deuxième période, avec un Capoue qui jouait plus vers l'avant, et surtout avec l'entrée de Gomis, tellement plus mobile et disponible que ces deux prédécesseurs, et celle de Martin, ce qui a permis à l'équipe d'évoluer en 4-2-3-1, a été nettement meilleure, vous l'aurez constaté. Toujours est-il que cette année encore, le meilleur buteur des Bleus n'est pas Benzema (2) mais Ribéry (3). le Madrilène avait déjà été devancé par Rémy l'année dernière, avec les mêmes scores. L'année n'est pas terminée... mais pour l'instant Benzema a la même moyenne de buts par match que Yannick Stopyra (0,3). Vous me direz que je fais une fixette sur Benzema et Giroud, mais c'est en réaction avec le délire collectif qui accompagne ces deux joueurs et leur présumée association fabuleuse, et le statut de star du Real du premier nommé. En deux saisons sous Blanc plus un avec Deschamps, il a joué 23 matches, dont 21 comme titulaire, et a marqué 7 fois, notamment un doublé contre l'Estonie, un but en Albanie et en Bosnie et un but contre le Luxembourg. Les deux seuls buts contre des gros, contre l'Angleterre et le Brésil, l'ont été en amical. Je suis le premier à vouloir qu'un tel joueur réussisse en Bleu, mais avouez qu'il ne m'aide pas beaucoup. Quant à Giroud, j'attends de le voir s'imposer à Arsenal - sans Van Persie, ça peut le faire, même si Podolski a de grosses qualités - et de jouer quelques matches européens avant de vraiment parler de phénomène...

On en saura plus lors du match - capital, comme les 7 qui suivront - en Finlande, en septembre. Déjà on pourra compter sur Ménez, qui aura purgé la pathétique et démagogique suspension qu'il a reçu pour, tenez-vous bien, avoir mal parlé à son capitaine. Parce que d'habitude, les joueurs se parlent toujours bien sur un terrain, ils se disent s'il vous plait et emploient l'imparfait du subjonctif. Vraiment, on marche sur la tête. Les Experts du hand ont le droit de démonter un plateau de télé parce qu'ils ont tout gagné. On voit donc bien où se situe le réel enjeu : gagner ou ne pas gagner, et ne pas bien se comporter ou pas. Zidane a eu le droit de se comporter comme une brute parce que c'était une idole. Arrêtons les de les juger pour les modèles qu'ils n'auraient jamais dû être et contentons nous de le faire sur la seule chose qui compte : le jeu, les résultats.

A plus tard !

mardi 29 mai 2012

Une liste composite

Bonjour à tous,

C'est la dernière ligne droite avant l'Euro. Sauf blessure, on sait qui seront les 23 garçons qui tenteront de faire passer un premier tour à la France pour la première fois depuis 2006, et la finale mondiale obtenue par les Bleus. A noter que sur les 23 joueurs retenus à l'époque par Raymond Domenech, seuls Alou Diarra, Franck Ribéry et Florent Malouda sont toujours là. On aurait pu aussi avoir Landreau, Saha, Givet, Trezeguet, Chimbonda, Silvestre, Henry, Wiltord, Boumsong, Govou et surtout Abidal, qui jouent toujours...

Roulement des listes

Par rapport au dernier Mondial, en Afrique du Sud, il reste 10 joueurs, dont les trois gardiens (Lloris, Mandanda, Carrasso, Réveillère, Evra, Clichy, Diarra, Ribéry, Malouda, Valbuena). Soit 50 % des joueurs de champs renouvelés ! Un turn over énorme, dû notamment aux défections de Sagna, Abidal et Diaby, à la "placardisation" de Toulalan, Cissé ou Gallas, aux retraites internationales de Henry ou Anelka (qui lui était de toutes façons touché par la catégorie précédente) et à la baisse de niveau de Planus, Gourcuff, Govou, Gignac et Squillaci. Cette liste ne date que de deux ans, mais on a l'impression qu'elle en fait 5 fois plus... qui se souvient que Squillaci ou Gignac étaient à la Coupe du Monde ?

Entre 2008 et 2010, le taux de renouvellement était à peine supérieur, avec seulement 11 joueurs choisis pour les deux compétitions. C'est dire si, depuis la fin de l'ère Zidane, les sélectionneurs, Domenech et Blanc, tâtonnent, par obligation plus qu'autre chose. Forcément, quand personne ne s'impose à chaque poste à cause d'un creux générationnel classique, ça mouline pas mal. Regardez les sélections entre 1987 et 1991, ou avant, entre 1960 et 1980, et vous comprendrez.

Quinze clubs concernés, la Ligue 1 en force

Revenons à notre liste de ce matin. D'abord, elle est relativement jeune (26,74 ans), plus jeune que ses devancières. Seulement six trentenaires y prennent place, avec un "doyen" pas très vieux (Réveillère, 32), un très jeune (M'Vila, 21) et 15 joueurs âgés de 24 à 27 ans. Un groupe très homogène, donc.

Comptons ensuite par clubs : 3 Marseillais, 2 joueurs de City, Lyon, Newcastle et du PSG, et 12 joueurs provenant d'un seul club. Soit 15 équipes représentées, seulement 10 à l'étranger, 1,53 joueur par club. On ne pourra donc pas compter sur les automatismes de joueurs évoluant dans le même club, comme à la grande époque marseillaise, par exemple, même si on peut quand même évoquer la complicité entre Ben Arfa et Benzema, formés à Lyon en même temps, et bien sûr le quatuor champion d'Europe des moins de 17 ans en 2004, avec ces derniers plus Ménez et Nasri. En même temps ça ne veut pas forcément dire grand chose, vu qu'en 2010 seulement 11 clubs étaient représentés, dont Lyon, Arsenal et Bordeaux, qui comptaient 4 représentants chacun, alors que le champion de l'époque, Marseille, n'en comptait que deux. Soit moins que cette année, malgré la 10e place de l'OM en championnat... Il y avait également 11 clubs en 2008, 12 en 2006, 13 en 2004 et 2000, 15 en 2002 et 1998... comme quoi ça n'a pas une grande incidence, au final. Quand même, c'est la première fois depuis 2002 qu'aucun club n'émarge à plus de 3 représentants, et ce n'est que la troisième fois que ça arrive avec 1998 !

Quelques petits chiffres sur l'histoire des listes françaises pour les grands tournois. Il y en a eu 18 depuis la Guerre, dont 9 consécutives depuis 1996, série en cours. Surprise, le club le plus représenté est Bordeaux (34) devant Monaco (30) et Lyon (29, dont 21 à partir de 2002), ces trois là devançant Marseille (27) et le PSG (20). Puis vient le premier club étranger, Arsenal (19), juste devant Reims (18) et Chelsea (17). Saint-Étienne et Nantes, qui se sont tiré la bourre à l'époque où la France se qualifiait rarement, les années 60 et 70, suivent avec 16 et 15 joueurs, et ne devancent Auxerre que d'un cheveu (14). Mathieu Debuchy est le premier Lillois appelé depuis 1958, Mexès le premier joueur du Milan depuis 1998 et Giroud le premier Montpelliérain depuis 1996. Quant à Manchester City, Rennes et le FC Valence, il s'agit de leur première citation dans une liste française !

Sept ça suffit ?

Analysons à présent cette liste. Il est effectivement étonnant de constater qu'il y a plus de gardiens que d'attaquants véritables, mais Blanc n'a jamais caché qu'il préférait évoluer à une seule pointe, et qu'une troisième (Gomis ? Cissé ?) n'aurait pas été très utile. Ensuite, Ménez peut rendre service à ce poste, et puis surtout il est moins grave de se retrouver sans attaquant que sans gardien. Et puis les oranges ne se couperont pas toutes seules...

Le cas épineux concerne évidemment la défense. Une liste de 7 joueurs défensifs n'est pas forcément gênante en soit, si les latéraux ou certains milieux peuvent dépanner dans l'axe. Par exemple, ils n'étaient que 6 en 2000 à être spécifiquement des défenseurs, latéraux inclus. Mais Thuram, supposé latéral droit, était également un central exceptionnel, et puis Karembeu et Petit, classés au milieu, avaient aussi des références en défense, notamment le second, qui avait débuté à ce poste et terminé la finale de la Coupe du Monde 1998 dans l'axe, après l'expulsion de Desailly, ce qui ne l'avait pas empêché de marquer en contre dans les arrêts de jeu... Dans la liste actuelle, qui peut revendiquer une telle polyvalence ? Aucun des latéraux n'a la moindre expérience dans l'axe, sans parler des qualités physiques requises.

On cite Alou Diarra, qui peut dépanner dans l'axe. Ah bon ? Je ne me souviens pas l'avoir beaucoup vu évoluer à ce poste dans sa carrière... à moins qu'il s'agisse de considérer qu'un grand noir soit forcément un bon défenseur central, ce qui relève alors du racisme... après tout, Vieira ou Diaby sont également grands et noirs, avec des rôles plutôt défensifs, et personne n'auraient pensé les placer dans l'axe... Et même si c'était le cas, ça fait un peu juste. Imaginons qu'on se retrouve qualifié en quart contre l'Espagne ou l'Italie avec une charnière Koscielny-Diarra, qu'auraient-on à espérer d'un tel match ? L'inexpérience internationale associée à l'inexpérience du poste... L'absence d'Abidal est vraiment problématique, mais elle existe, et elle nous met dans l'obligation presque absolue de ne pas perdre nos titulaires dans l'axe, qui en plus sont loin de présenter les meilleures garanties. Avec les suspensions, sans parler des éventuelles blessures, ça tiendrait presque de la gageure.

Embouteillage au milieu

Du coup, avec une défense déplumée et une attaque réduite à deux unités, ça laisse donc la place à 11 milieux, rien que ça ! Oui parce que je ne mets pas les milieux offensifs chez les attaquants, je ne suis pas un sélectionneur obligé de faire croire qu'il est offensif et mettant dans la même case tous les joueurs offensifs. M'Vila, Cabaye, Diarra, Matuidi et sans doute Malouda se disputeront les deux places de milieux défensifs, et Martin, Nasri, Valbuena, Ben Arfa, Ménez et Ribéry les trois plus offensives, chargées de fournir Benzema en bons ballons. Faudra que ce dernier les mettent dedans, pas comme depuis 2 ans, mais c'est un autre sujet.

Certains considèrent qu'il faut associer Benzema et Giroud. L'association séduit, les deux joueurs semblent complémentaires sur le papier, mais aucune grande nation au monde ne joue plus avec deux attaquants, et si Blanc a pris deux pointes, ce n'est pas pour les faire jouer toutes les deux, quitte à se priver de solutions dans ce domaine. Je l'ai dit, la seule autre alternative à ces deux joueurs se nomme Ménez... S'il cède à la pression médiatique, comme il l'a fait pour Gourcuff, il lui faudra alors associer aux deux attaquants deux milieux excentrés, sans doute Ribéry et puis... qui ? Nasri évolue à gauche à City, Ménez peut évoluer des deux côtés, Valbuena est meilleur à droite, tout comme Ben Arfa. En revanche, ça condamnerait Martin à jouer les utilités, soit sur le banc soit en milieu axial, dans un système très offensif avec une seule pointe défensive. Blanc faisait ça à Bordeaux, mais c'était en Ligue 1. Et Diarra était un monstre, à l'époque.

Mais s'il reste sur son idée, il aura toujours le même dilemme sur les côtés, mais avec un joueur axial en plus à choisir. Admettons que M'Vila et Cabaye soient déjà des titulaires. Ca pourrait être Nasri ou Martin, les deux possédant des caractéristiques similaires, même si le premier a plus d'expérience et est plus offensif. En tous cas, la France évoluerais alors dans un système hybride, entre le 4-3-3 et le 4-2-3-1, qu'elle connait bien puisque Blanc l'aligne régulièrement depuis deux ans. Les journalistes, qui ont besoin de cases bien définies pour réfléchir, n'ont toujours pas réussi à l'analyser, mais c'est pourtant simple : au milieu, il y a une pointe basse (M'Vila), un joueur un peu plus offensif (Cabaye) et un encore plus offensif (Nasri ou Martin). Soit un triangle, mais renversé, en quelques sortes.

En tous cas, quand on regarde cette liste, on ne peut se dire qu'une chose : la victoire serait un miracle. les absences de Sagna, Kaboul, Abidal, Diaby et Rémy pèsent très lourd, en expérience et en qualité, sans parler de Sakho... A aucun poste, même celui d'avant-centre, on ne peut considérer qu'on possède le meilleur joueur d'Europe. Passer le premier tour serait déjà très bien... mais la France reste dans une période creuse, il va falloir attendre encore un peu avant de la revoir tutoyer les sommets. Pourquoi pas 2016 ?

A plus tard !

samedi 19 mai 2012

Qui derrière Mexès et Rami ?

Salut à tous,

La sélection très probable de Yanga Mbiwa pour l'Euro, à moins que Blanc ne choisisse de ne pas trancher entre ses joueurs offensifs en n'emmenant que 7 défenseurs en Ukraine, pose une question : sur qui pourra-ton compter dans cette zone clé du jeu, quand Philippe Mexès (30 ans), plus qu'Adil Rami (26), aura passé la main ? Suivant ce qui se passera l'Euro, par exemple s'il s'y comporte mieux que durant ses derniers matches à Milan, l'ancien Auxerrois pourrait sans doute continuer jusqu'à la Coupe du Monde au Brésil, dans deux ans, moins probablement pour l'Euro 2016. Il aura 34 ans, soit moins que Laurent Blanc à l'Euro 2000 (35) mais presque autant que Marcel Desailly au Mondial 2002, ce dernier poussant pourtant jusqu'à l'Euro 2004, qu'il avait vécu sur le banc, un peu avant ses 36 ans. Il n'y a donc pas vraiment de vérités, mais Mexès n'est pas spécialement un roc, il est même plutôt un habitué aux rubriques médicales, et il a débuté très jeune au haut niveau. Personnellement, j'ai du mal à l'imaginer à 34 ans encore titulaire en Bleu.

Adil Rami, lui, n'aura que 30 ans, et pourrait donc bien toujours être présent, surtout qu'il présente les caractéristiques inverses de son collègue : il est rarement blessé, puisqu'il tourne à plus de 30 matches de championnat par saison depuis quatre ans, même s'il a avoué une lassitude alors qu'il avait pourtant joué autant de matches l'année dernière avec Lille et les Bleus (58) que cette saison (59), et il a débuté très tard sa carrière professionnelle (en 2006-2007). S'il garde ce niveau et donc sa place en Équipe de France, qui l'accompagnera ?

Sakho déjà perdu ?

Il y a encore quelques semaines, la question ne se posait même pas. Mamadou Sakho, de part son statut de capitaine indéboulonnable du PSG à seulement 21 ans, était parti pour faire une grande carrière en Bleu. Aux yeux des journalistes, les quelques semaines récentes qui l'ont vu perdre ce statut aux yeux de Carlo Ancelotti, et au profit de joueurs comme Bisevac, Alex, voire Camara, suffisent à annuler ce brillant avenir. Évidemment, ça parait moins simpliste que ça, mais le jeune défenseur parisien va devoir faire un choix : soit il règle ce problème avec l'entraîneur italien, soit il exporte son énorme talent, selon moi, ailleurs, en l'occurrence à l'étranger, le seul endroit où on peut véritablement juger les qualités d'un défenseur central pour le très haut niveau.

Parce que c'est ça le problème, justement, c'est que de défenseurs centraux à l'étranger, on en a peu, comme on a d'ailleurs peu de défenseurs centraux de haut niveau, d'une manière générale. Regardez la carrière d'un Bruno N'Gotty, titulaire et impressionnant à Lyon, son club formateur (1987-1995) puis à Paris, où il remportera une Coupe des Coupes grâce à un des coup-francs dont il avait le secret (1995-1998) puis à Milan, où il jouera un peu moins (42 matches en 18 mois), avant un prêt à Venise (16 matches en 6 mois), puis un passage à Marseille (2000-2002), puis une fin de carrière en Angleterre. Ce joueur là, compte-tenu des canons que l'on a aujourd'hui, serait titulaire en Bleu, vu qu'on manque de certitudes à ce poste, même si Rami et Mexès sont bien en place. A l'époque, N'Gotty n'avait pourtant grappillé que six sélections entre 1994 et 1997. Pourquoi ? Parce qu'à l'époque Desailly et Blanc étaient déjà indiscutables en Équipe de France, sans parler de Thuram ou Djetou... Il y a 15 ans, la France avait la meilleure école de défenseurs du monde. Aujourd'hui, contrairement à ce que la polémique sur les quotas pourrait faire croire, on est faible de ce point de vue, et la charnière Rami-Mexès fait plus penser à un choix par défaut qu'autre chose. Dans un gros mois, on en saura plus sur sa véritable solidité à l'épreuve du très haut niveau, même si les deux joueurs sont déjà en place dans de grands clubs européens.

Kaboul et Koscielny, mieux que des remplaçants

Oui, à l'étranger on a Kaboul et Koscielny, 26 ans tous les deux, et qui seront donc peut-être candidats en 2014 et 2016. Les deux ont des profils diamétralement opposés, et seraient donc complémentaires à mon avis. Le premier, blessé pour l'Euro, est immense (1m90, 87 kgs), puissant, impressionnant de la tête et dans les duels, et ne manque même pas de vitesse et de qualité de relance, vu qu'il évolue parfois côté droit. L'autre, s'il ne manque pas de taille (1,86) est plus fin, et évolue plus dans l'anticipation et le placement. Et il marque plus que son collègue (3 buts contre 1 cette saison). Personnellement, je crois beaucoup en ces deux garçons, mais Kaboul n'est pas encore super médiatisé, vu que son club, Tottenham, ne fait pas parti du "big four" officiel, et Koscielny, lui, évolue à Arsenal, qui a encaissé 49 buts en championnat cette saison ! Il n'est pas le seul responsable, mais il n'a pas non plus encore rassuré cette défense.

Si on excepte Abidal, gravement malade et qui est plus appelé à jouer côté gauche (et qui, à bientôt 33 ans, n'est pas vraiment une solution d'avenir pour 2014 et 2016...), ce sont les seuls sélectionnables à ce poste à l'étranger. Le reste évolue donc en Ligue 1, où les seuls dangers offensifs dans l'axe se nomment Lisandro et Gomis à Lyon, Rémy à Marseille, le trident de milieux offensifs Nene-Pastore-Ménez à Paris, Giroud à Montpellier, Gouffran à Bordeaux, Aubameyang à Saint-Étienne... de bons joueurs, parfois de très bons, mais rien qui oblige à posséder un niveau Ligue des Champions chaque week-end pour s'en sortir. En revanche, évoluer en Liga ou en Premier League, et s'en sortir correctement, surtout face à Ronaldo et Messi, ça aide un peu plus. L'attaquant portugais, qui sera présent à l'Euro a priori, a marqué un seul but en deux matches contre Valence cette saison, c'est plutôt positif pour Rami, titulaire les deux fois...

La Ligue 1 riche en espoirs

En France, on a donc Mapou Yanga Mbiwa, 23 ans, dont on parle depuis un bon moment, notamment pour former la "garde noire" des Bleus dans quelques années avec Sakho... athlétique mais pas monstrueux (1m84, 77 kgs), il fait plus penser à Koscielny qu'à Kaboul, et la comparaison avec Desailly (1m83, 72 kgs) est logique. Mais il me semble plus technique, plus polyvalent que ce dernier, même s'il lui reste évidemment beaucoup à prouver.

Ensuite, derrière lui et Sakho ? Là il va falloir creuser parmi ceux qui n'ont pas encore été appelés. A moins qu'on redonne sa chance aux Bordelais Ciani (28 ans) et Planus (30 ans), ou à Jonathan Zebina (33 ans, Brest)... A noter que Zoumana Camara (33 ans), qui a piqué la place de titulaire à Sakho, à joué la Coupe des Confédérations 2001 avec les Bleus, alors qu'il évoluait à Marseille... Bref, notons le Caennais Heurtaux, 23 ans, qui n'aurait pas forcément éveillé mon attention s'il n'avait pas marqué 5 buts, dont deux contre le PSG, et surtout s'il n'avait pas déjà signé pour cet été à l'Udinese, qui disputera le tour préliminaire de la Ligue des Champions ! Il faudra donc surveiller comment le défenseur normand se comportera dans le Frioul... mais s'il s'impose, et que la charnière des Bleus a du mal à l'Euro, pourquoi pas l'appeler ? Il y a pire comme championnat pour juger un défenseur... n'empêche, le club caennais a encaissé 56 buts en championnat cette saison...

Attention à Kurt Zouma, le jeune prodige stéphanois (17 ans, 1m87, 85 kgs), à Nicolas Isimat-Mirin (20 ans, Valenciennes), surveillé par Lille pour succéder à Chedjou, et à Wesley Lautoa (24), qui est arrivé à Lorient cet hiver en provenance de Sedan, et dont le profil de gaucher puissant pourrait être intéressant s'il passe un cap. J'aime bien aussi les jeunes défenseurs sochaliens Mathieu Peybernes (21 ans) et Loïc Poujol (23), les Brestois Johan Martial (20), champion d'Europe des moins de 19 ans en 2010, et Paul Baysse (24), qui est polyvalent, et l'Auxerrois Willy Boly (21). En revanche, pour le Lillois Béria (29 ans dans 4 jours), trop polyvalent, le Toulousain Congré (27 ans), que les blessures ont rarement épargné, et le Nancéien Puygrenier (30), que j'aurais pourtant bien vu à ce niveau s'il n'avait pas perdu du temps dans des choix sportifs étranges, le train semble être passé. Mais on ne manque pas de candidats. Le problème, c'est qu'ils manquent pas mal d'expérience. On en saura un peu plus dans un ou deux ans, quand ces jeunes pousses auront migré dans des clubs ou des championnats plus exigeants. Ce serait pas mal pour l'Equipe de France, qui a besoin de relève dans ce secteur... comme dans d'autres.

A plus tard !

mercredi 16 mai 2012

Mon Equipe Type à moi

Salut à tous,

Lloris (Lyon) - Debuchy (Lille), Nkoulou (Marseille), Hilton (Montpellier), Bédimo (Montpellier) - Belhanda (Montpellier), Mavuba (Lille), Capoue (Toulouse), Hazard (Lille) - Giroud (Montpellier), Nene (PSG). Telle est l'équipe type que les joueurs de Ligue 1 ont désigné pour cette saison 2011-2012. Comme pour toutes listes - c'est la mode en ce moment - elle est un interminable sujet de discussion. Enfin, pas tant que ça en fait. Il y a plus de débats sur l'étrange sélection de Diarra et Gourcuff que sur cette équipe type. Comme tout bon fan de football, j'y apporterais quand même quelques retouches.

D'abord, une chose : je sais que c'est plus simple pour classer les votes et que cette équipe voit le jour, mais pourquoi un 4-4-2 ? Sachant qu'hormis Lorient, aucune équipe en France n'ose aligner deux véritables pointes, pour peur de... je sais pas quoi, d'ailleurs, c'est juste une tradition locale : pas trop d'attaquants, sinon danger. Imaginez, si à cause de cette prise de risque échevelée on prenait un but, il faudrait qu'on en marque un aussi ? Avec un autre attaquant ? Non mais depuis quand il faut des attaquants pour marquer des buts ? Ah bon, ok.

Bref, le 4-2-3-1 et le 4-5-1 - voire les improbables 5-4-1 ou 5-3-2, auxquels je ne m'y ferais jamais - sont beaucoup plus fréquents dans nos contrées. Un système à une seule pointe est donc beaucoup plus représentatif de ce qui se passe chaque week-end en Ligue 1. En même temps, l'attaquant associé à l'indiscutable Giroud est Nene, qui n'est pas vraiment une pointe. Mais il évolue quand même très haut avec Ancelotti, quasiment attaquant, puisqu'il n'y a plus de pointe au PSG. Ce qui ne lui empêche pas de s'être déjà assuré le titre de meilleure attaque de Ligue 1...

Pourquoi si peu de Parisiens ?

Dans mon équipe, je mettrais quand même Nene, qui a marqué autant de buts que Giroud. Mais les joueurs de Ligue 1 appelés à voter ne pouvaient pas le savoir, ça : on leur a demandé avant les dernières journées, qui ont notamment vu le Brésilien marquer 4 fois et deux passes décisives, ce qui aurait sans doute permit à Nene de s'inscrire dans la course au meilleur joueur, en compagnie de Belhanda, Hazard et Giroud. Ou à la place du premier nommé, qui est un excellent joueur mais qui n'a pas non plus des stats comparables aux trois autres (12 buts, 4 passes). Des joueurs comme Pastore (12 buts, 6 passes) ou Ménez (7 buts, 12 passes) font mieux que le nouveau chouchou des médias, avec Giroud et Hazard. Mais manifestement les bons chiffres des joueurs offensifs parisiens ne comptent pas quand ils ont coûté trop cher... étrange conception du sport, mais une conception tellement française en même temps...

A titre indicatif, l'an passé l'equipe UNFP était la suivante : S.Mandanda (Marseille) - Réveillère (Lyon), Rami (Lille), Sakho (PSG), Taiwo (Marseille) - M'Vila (Rennes) - Gervinho (Lille), Hazard (Lille), Nene (PSG) - Gameiro (Lorient), Sow (Lille). Il y avait donc deux Parisiens, le PSG ayant terminé 4e, contre 1 seul cette année... je suis désolé, mais y a un truc qui cloche.

Bref, dans mon équipe, qui sera quand même assez proche de celle formée par l'UNFP, j'y injecterais un peu plus de Parisiens. Un de plus, en fait. Ce n'est pas être trop parisien, si ? Qu'il y ait plus de Parisiens que de Marseillais et de Lyonnais, et autant que de Lillois, ce n'est pas non plus scandaleux, si ? En gros, je garderais la défense, qui ne me choque pas. A noter quand même que Hilton a été préféré à son compère de l'axe montpelliérain Yanga Mbiwa, pourtant sélectionné en Bleu. Ça veut dire que si le Brésilien avait été sélectionnable (ce qui doit être le cas d'ailleurs, vu qu'il n'a jamais joué avec la Seleçao et qu'il vit en France depuis plus de 8 ans, et en Europe depuis 11), il aurait été appelé par Laurent Blanc ? Peu probable, malgré son expérience indéniable. A la réflexion, je mettrais quand même Yanga Mbiwa à la place du Brésilien, qui est revenu à un bon niveau, mais quand même.

Ménez à la place de Capoue

Au milieu, j'enlèverais Capoue pour mettre un joueur plus offensif, dans un 4-5-1 avec une pointe défensive et deux relayeurs. Le milieu toulousain a fait une bonne saison, mais pas non plus exceptionnelle. Il est aussi passé par des phases un peu irrégulières, et sa nonchalance naturelle le dessert. Et puis la saison finalement moyenne de Toulouse, actuellement 8e, qui a une nouvelle fait fuir son public avec son jeu minimaliste à l'extrême, sa meilleure défense et sa 15 e attaque, ne joue pas non plus en sa faveur. Bref, Capoue ne m'a pas sauté aux yeux au point de le voir dans mon équipe type. Mavuba, en revanche... depuis deux saisons, il ne ferait presque une Makelele version Real. C'est-à-dire être presque le seul à abattre le boulot défensif au milieu à Lille, une équipe très offensive malgré le même système de jeu que Toulouse (!), et malgré l'aide de Balmont et Pedretti, tout en assurant une relance de qualité. Bref, Mavuba aurait mérité d'être appelé cette saison en Bleu, et bien sûr à l'Euro. Qui l'a dominé cette saison en Ligue 1 à son poste ? Matuidi a sorti une grosse saison. Mais Diarra ? M'Vila ? Sérieusement ? En tous cas pour moi il sera ma pointe défensive au milieu.

Comme annoncé, j'ajouterais un autre Parisien dans cette équipe, à la place du Toulousain, et ce serait Jérémy Ménez. Perso, j'ai toujours été un fan de ce joueur, parce que j'aime les dribbleurs, les joueurs qui prennent des risques, qui passent les lignes. Ce sont ces joueurs qui font venir les spectateurs au stade, pas les professionnels de la passe latérale qui pullulent en Ligue 1. Et il a démontré une régularité qui m'a moi même étonné. Les joueurs de ce type qui deviennent réguliers dans la performance sont les grands joueurs de leurs temps, sachant que la régularité n'est en général pas leur point fort. Il n'y a rien de plus difficile que de réussir des dribbles régulièrement. Et ses stats (voir plus haut) auraient du lui garantir une place dans cette équipe.

Voilà donc mon équipe à moi :

Lloris (Lyon) - Debuchy (Lille), Nkoulou (Marseille), Yanga Mbiwa (Montpellier), Bédimo (Montpellier) - Mavuba (Lille) - Ménez (PSG), Belhanda (Montpellier), Hazard (Lille), Nene (PSG) - Giroud (Montpellier). C'est pas mieux comme ça ? Franchement ? J'aurais pu mettre Pastore à la place de Belhanda... mais c'est ma concession à la campagne de presse qui encense actuellement l'excellent meneur marocain. Et puis il a sans doute été plus régulier, et peut-être plus influent dans le jeu que l'Argentin. On en parlera dans quelques années, les deux joueurs ayant le même age. Où en seront-ils à ce moment là ? La réponse serait assez instructive.

A plus tard !

mardi 15 mai 2012

26, v'là la liste

Salut à tous,

Voilà, on s'est rapproché encore un peu plus de la liste que tout le monde attends, de ceux qui seront choisis par le Président pour représenter la France lors des prochaines échéances du pays. Non, pas la liste des ministres dévoilée demain, mais celle que Laurent Blanc délivrera définitivement le 29 mai prochain. A trois noms près, si on excepte les éventuelles blessures (Sydney Govou se tient prêt, comme d'habitude), on l'a sous les yeux.

Voici les 26 joueurs appelés, par poste et par positionnement sur le terrain, de droite à gauche :

Lloris, Mandanda, Carrasso,

Debuchy, Réveillère, Rami, Mexès, Koscielny, Yanga-Mbiwa, Clichy, Evra,

Cabaye, Diarra, M'Vila, Matuidi, Malouda,

Ben Arfa, Valbuena, Gourcuff, Martin, Nasri, Ménez, Ribéry,

Rémy, Giroud, Benzema.

Belle équipe hein ? Sur le papier, comme ça, elle a l'air équilibrée. Onze joueurs "étrangers" pour 15 "locaux", soit une proportion de joueurs de Ligue 1 un peu supérieure à la moyenne depuis plusieurs années, mais elle devrait baisser dans deux semaines. Le plus étonnant, c'est que c'est Marseille qui compte le plus de sélectionnés dans cette liste (4) devant Lyon (3), soit deux équipes qui ont quand même très nettement moins brillé que Montpellier et le PSG, qui, avec deux représentants seulement, côtoient tout de même des équipes comme City et Newcastle, devant Lille (1 !). Comme quoi, la notion de groupe et le statut des joueurs sont prépondérants par rapport au prestations sportives des joueurs... Un joueur comme Mavuba, par exemple, peut s'estimer lésé par les choix de Blanc. Sincèrement, on peut s'inquiéter que l'actuel 10e de Ligue 1, derrière Evian-T-G, soit le socle de la sélection française pour le prochain Euro non ? Sur les 15 joueurs de Ligue 1 appelés, seuls 5 se sont qualifiés pour la prochaine C1.

Embouteillage au milieu

Bref, a priori, la défense est au complet, et ne nécessitera pas de retouche, à moins que Blanc ne prenne le risque de partir avec 7 défenseurs pour prendre un joueur offensif supplémentaire. Mais ça, c'est dans les cas où vous avez des défenseurs polyvalents, comme l'étaient Kaboul (droite et centre) et Abidal (gauche et centre), ou alors des milieux qui peuvent descendre d'un cran, comme Lassana Diarra. Mais ces trois là ne sont pas dans la liste, pour raisons diverses, et à part Matuidi, qui peut rendre service au poste de latéral gauche, tout comme Réveillère, et même si la surprise du chef Yanga Mbiwa a souvent rendu service sur les côtés en début de carrière, on a surtout affaire à des spécialistes. Il y a donc de grandes chances qu'on reste avec ces 8 là, ce qui permet de doubler les 4 postes. Et avec la déveine qui touche nos défenseurs actuellement, autant assurer le coup. Quitte à prendre un jeune nouveau, appelé à peu jouer de toutes façons, j'aurais plutôt pris un Varane, qui a moins joué mais quand il a joué, c'était parfois de la Ligue des Champions. Et affronter tous les jours à l'entraînement Ronaldo, Benzema ou Özil, ça forme vite à mon avis.

Les trois "perdants" devraient donc se situer au milieu, sachant qu'en pointe on ne frôle pas vraiment l'embouteillage, on y reviendra. Le choix - difficile, forcément - est aussi dépendant d'un critère, tactique celui-là : si Blanc joue en 4-5-1 avec une pointe défensive en deux relayeurs, pas de meneur de jeu, le choix sera donc à faire entre les offensifs centraux que sont Martin, Gourcuff et Nasri, sachant que ce dernier a une longueur d'avance par son statut en club, son club lui-même, et son passé récent en Bleu. Tout le monde l'a oublié, mais c'est lui qui qualifie la France en transformant son penalty contre la Bosnie, à un quart d'heure de la fin (1-1). Et surtout, il peut évoluer sur un côté. Les deux autres peuvent aussi évoluer plus bas que derrière l'attaquant de pointe, mais il y a embouteillage dans ce domaine.

Donc, si Blanc écarte le 4-2-3-1, et si on inclue Martin et Gourcuff, ça fait 7 candidats aux trois postes du milieu. Diarra, M'Vila et Matuidi pour la pointe défensive, et Matuidi, Cabaye, Malouda, Martin et Gourcuff pour les deux postes de relayeur. Diarra, malgré sa saison très compliquée à Marseille, a l'avantage d'être le seul à avoir un physique atypique dans cette liste, celui de costaud, bon de la tête. Chez les autres, seuls Gourcuff (1m85), Malouda (1m81) et M'Vila (1m82) dépassent les 1m75, et ces derniers ne sont pas vraiment des monstres physiques. Seule l'absence de concurrence garantit donc presque sa place à Diarra. Cabaye, lui, peut se reposer sur une saison très réussie à Newcastle, et de bonnes performances en Bleu durant ses 10 petites sélections. M'Vila, Malouda et Gourcuff, voire Martin, sont plus installés en Équipe de France, mais aucun, hormis le Rennais, ne peut se targuer d'un statut d'indiscutable. Il va falloir en virer deux ou trois dans cette liste... sauf si Blanc enlève un milieu offensif.

Rémy or not Rémy ?

Sur les ailes, les postes sont doublés. Ménez, qui peut évoluer à droite, semble le remplaçant naturel de Ribéry, voire mieux si le Munichois continue de décevoir à l'Euro. Ben Arfa, l'autre surprise de la liste, peut évoluer sur les deux ailes, mais a le plus souvent évolué à droite ou dans l'axe à Newcastle, et se retrouve en concurrence avec Valbuena et Rémy dans le couloir droit. Je ne crois pas trop à un retour du dernier nommé, blessé au moins trois semaines voire un mois - l'Euro débute dans 26 jours - ce qui libère une place. Du coup, les ailes sont au complet, et pas vraiment bondées. Même chose pour l'attaque, avec Benzema et Giroud, si on considère Rémy comme forfait quasi certain malheureusement. Malheureusement parce que pour moi le Marseillais était un indiscutable de cette équipe, à droite au moins, ne serait-ce que par son statut de meilleur buteur des Bleus en 2011 (3 buts). Toujours est-il que je trouve qu'on est un peu juste en pointe, puisqu'aucun des autres joueurs offensifs n'a de repères à ce poste tellement spécifique. Un peu Ménez, à la rigueur... mais vraiment en tirant les cheveux très fort. Un Djibrill Cissé aurait pu faire l'affaire, mais il est plus que jamais tricard, et ce pour des raisons de plus en plus obscures... à moins que Blanc ne l'appelle, lui ou un autre, en cas de forfait de Rémy, ce qui devra donc libérer une place supplémentaire au milieu...

Voilà, donc en gros je parierais sur deux départs au milieu, en plus de celui de Rémy, qui sera trop juste, au mieux, à moins d'un miracle. Si Rémy est apte, je ne vois qu'un duel entre Ben Arfa et Valbuena pour le remplacer dans l'hélicoptère du retour... ce qui serait cruel pour ces deux joueurs qui n'ont pas démérité cette saison. Pour les deux du milieu, je pense que Martin n'y sera pas, en raison du classement de son club et son manque d'expérience, même si son profil de tireur de coups de pied émérite aurait été utile... pour l'autre, ça se jouera entre Matuidi et Malouda à mon avis. Sur la forme sportive et le temps de jeu, ainsi que les progrès affiché en fin de saison, sans parler de la petite blessure ressentie ce week-end par le Londonien, j'aurais voté Matuidi, sans sourciller. Mais je crois que Blanc, déjà privé d'Abidal et Sagna, ne voudra pas se priver d'un autre de ses cadres, de son expérience surtout. Ce qui ferait un autre Parisien sur le flanc, après Gameiro, Hoarau et Sakho, sans parler de Jallet. Un seul Parisien dans le groupe (Ménez), soit moins que Marseille ou Lyon, et autant que Rennes, je crois que ce serait assez injuste compte tenu de ce que le PSG a montré cette saison, même s'il ne remportera pas le titre, tout comme Lille d'ailleurs. L'instabilité du groupe parisien, chamboulé deux fois cette année par les transferts, ne l'aura pas aidé. Ce sera surtout cruel pour Sakho et Matuidi, qui ne sont pas passés loin quand même.

Voici donc, selon moi, le liste que Blanc annoncera dans deux semaines :
Lloris, Mandanda, Carrasso,

Debuchy, Réveillère, Rami, Mexès, Koscielny, Yanga-Mbiwa, Clichy, Evra,

Cabaye, Diarra, M'Vila, Malouda,

Ben Arfa, Valbuena, Gourcuff, Nasri, Ménez, Ribéry,

Giroud, Benzema.

Voilà, sur ce je vous laisse ! A plus tard ! Et n'hésitez pas à réagir !