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mardi 16 février 2016

Saving private Aurier

Salut à tous,

Ça fait plus de 25 ans maintenant que je suis le foot de façon très régulière, voire intense, par le prisme notamment des statistiques. J'ai toujours été intéressé aussi par le fait de découvrir de jeunes joueurs, en essayant de leur prédire un grand avenir qu'ils ne traduisent malheureusement pas toujours complètement. Mais il arrive, parfois, que les faits me donnent raison. Honnêtement, quand un gamin devient titulaire à 17 ans au sein d'un club de Ligue 1, la marge d'erreur se réduit sérieusement, en général.

Trois gamins prometteurs

Depuis une dizaine d'années, je suis plusieurs joueurs depuis le début de leurs carrières, et notamment trois spécifiques. Leur point commun ? Ils ont tous les trois commencé très jeune (17-18 ans, et même moins) à fréquenter le monde professionnel, sont aujourd'hui internationaux pour leur pays et ont tous les trois fréquenté le PSG, mais ça c'est un hasard total, vu que lorsque je les ai "découvert", ils évoluaient en province, et à des années lumières de pouvoir un jour évoluer dans la Capitale.

Y en a deux que j'ai découvert lors de la même saison, il y a dix ans maintenant. Mevlut Erding était un jeune attaquant franco turc de 18 ans lorsque je l'ai vu faire sa première

apparition à 5 minutes de la fin d'une improbable panouille footballistique, Ajaccio-Sochaux, en novembre 2005, lors d'un de mes premiers lives à Sport24, et inscrire son premier but lors des arrêts de jeu, celui de la victoire (0-1). J'ai suivi son évolution, pas très rapide au début, au sein du club doubiste, avant son explosion puis son transfert en 2009 au PSG, où il signera une excellente première saison (15 buts) avant que ça se gâte pour lui. Depuis, que ce soit à Rennes, à Sainté, Hanovre ou maintenant Guingamp, il semble avoir perdu la confiance qui faisait de lui un excellent buteur de Ligue 1. Sur lui j'ai eu du nez, mais comme pour beaucoup de joueurs ayant rejoint le PSG d'avant le Qatar, le passage dans la capitale, la pression médiatique, etc, l'ont plus desservi qu'autre chose. Mais il a encore le temps de bien finir, il n'a que 28 ans.

La même année, à Troyes, débutait et s'imposait aisément un des piliers actuels du club parisien, à seulement 18 ans, Blaise Matuidi. Vous le savez, Blaise est un de mes chouchous. C'est un de ces joueurs qui ne sort pas d'un centre de formation prestigieux, même si celui de Troyes n'est pas non plus si nul que ça, et qui a su emprunter un chemin sage et régulier pour arriver au sommet : grand club européen, équipe nationale... qui aurait pu imaginer ça pour lui il y a quelques années ? A l'époque, Matuidi, qui n'avait joué que trois matches la saison précédente alors que son club évoluait en Ligue 2, s'était vite imposé au milieu du terrain du promu champenois, aux côtés de grognards comme Tourenne, Nivet et autres Amzine, grâce à des qualités de gratteur de ballon tout simplement hors du commun. Celui qu'on surnommera à Saint-Etienne "la pieuvre", en raison de l'élasticité de ses jambes qui lui permettaient de récupérer des ballons là ou personne ne semblait pouvoir le faire, ne possédait pas encore les qualités de percussion offensive qu'il a acquises ensuite au PSG, sous l'égide de Carlo Ancelotti. Mais s'il a disputé 31 matches cette année là en Ligue 1, dont 30 comme titulaire, et à seulement 18 ans, c'est parce qu'il était déjà un phénomène à son poste. Mais il ne brûlera pas les étapes comme beaucoup de jeunes le font depuis l'arrêt Bosman. Il n'ira dans le Forez qu'en 2007, puis à Paris, avec un statut de jeune international (3 sélections), qu'en 2011, juste avant la prise en main des Qataris. C'est d'ailleurs ce qui fait de lui un joueur à part : il s'agit du dernier représentant de l'effectif non formé au club à n'avoir pas été recruté par le Qatar. Mais il est indéboulonnable.

Un autre l'était devenu cette saison à Paris, après n'avoir lui non plus cédé aux nombreuses sirènes qui accompagnent sa carrière depuis une demi douzaine d'années, en ayant lui aussi emprunté un chemin stable. Mais qui voit aujourd'hui sa trajectoire peut-être brisée pour une énorme connerie. Vous me voyez venir, il s'agit de Serge Aurier. Un garçon que, comme ses deux compères, je suis depuis ses tous débuts, à Lens. Lui il fait encore plus fort question précocité puisque lorsqu'il a disputé son premier match, le 22 décembre 2009 au Stade Bollaert contre le Saint-Étienne de... Blaise Matuidi, il était à deux jours de fêter ses 17 ans. Et j'étais devant le match ce jour là, encore une fois chargé que j'étais de le commenter en ligne. Et j'ai été estomaqué par ce latéral droit puissant, culotté, costaud. Il n'a disputé que 7 matches cette saison là dans le club artésien, avant de s'y imposer dès la saison suivante comme un titulaire indiscutable, aux côté d'un autre phénomène de 17 ans formé à la Gaillette, Raphaël Varane, même si la descente sera au bout. Il entame la saison suivant en Ligue 2 avant de rejoindre Toulouse lors du mercato hivernal. Là-bas, il explose.

Aurier, l'ambivalent

Voyez-vous, les latéraux de haut niveau sont une denrée rares, parce qu'il s'agit d'un poste extrêmement ambivalent. Il faut à la fois réunir des qualités défensives, mais aussi offensives très spécifiques. Il y a des latéraux qui sont avant tout bons défensivement mais qui n'apportent pas grand chose devant, et vous avez l'inverse, des latéraux redoutables devant mais friables derrière, comme les Bréisliens, souvent. Le plus dur étant de trouver le latéral qui réunit les deux. C'est la cas de l'international ivoirien, né en Côte D'Ivoire avant de rejoindre la France à 11 ans mais qui, s'il avait choisit de jouer pour la France, comme il aurait pu le faire, aurait réglé le problème de savoir si on doit jouer avec Jallet, Sagna ou Debuchy à l'Euro... puis pour la prochaine décennie sans doute...

C'est d'ailleurs pour cette alchimie technico-tactique extrêmement difficile à trouver que nombre de latéraux modernes sont soit des centraux décentrés - le plus célèbre d'entre eux étant Lilian Thuram, titulaire dans l'axe en club mais latéral en sélection - , et qui apportent donc avant tout sur le plan défensif, soit des ailiers ayant reculé à un moment de leur carrière, et qui, pour leur part, apportent plus offensivement que défensivement, logiquement. En Ligue 1 vous avez une tripotée d'exemples dans ce cas, Tabanou, Pied, Bessat... au PSG, aujourd'hui, avec l'exclusion d'Aurier, Blanc a le choix entre Marquinhos (premier profil) et Van der Wiel (deuxième profil), même si le Néerlandais n'a jamais joué au milieu, et est un véritable spécialiste du poste. Blanc n'a plus les deux en un seul joueur, et si c'est gérable en Ligue 1, ce sera plus compliqué en Ligue des Champions.

Le choix de Blanc

A Toulouse, Aurier est devenu tellement fort qu'il évoluait même dans l'axe, tout en demeurant le meilleur joueur de son équipe avec Ben Yedder, au point, lors de sa dernière saison, d'aligner six buts et autant de passes décisives, ce qui faisait de lui le meilleur défenseur de Ligue 1 et le 18e joueur décisif du championnat. C'est lors de cette saison que je l'ai vu évoluer en vrai, et de très près, lors d'un Toulouse-PSG très intense (2-4). J'étais dans une latérale, dans les premiers rangs, et durant toute une mi-temps, à seulement quelques mètres de moi, je l'ai vu littéralement dévorer Maxwell dans son couloir, excusez du peu. Il lui a tout fait. Il l'a fait souffrir comme rarement un joueur avait du faire souffrir un des meilleurs latéraux gauches de la planète. C'était il y a pile deux ans, et à l'époque, alors que Blanc hésitait entre Jallet et Van der Wiel à droite, aucun d'entre eux ne prenant vraiment le dessus sur l'autre, je ne rêvais que d'une chose : que le PSG mise sur ce joueur incroyable, qui avait le potentiel pour devenir la référence mondiale à son poste.

Et Blanc allait le faire. Malgré les doutes de sa direction, qui ne rêve que de stars confirmées et de paillettes, le Cévenol, qui avait aussi du remarquer la performance d'Aurier ce jour là, va insister pour le faire venir à Paris, malgré le fair-play financier, qui allait obliger le club parisien à chercher un prêt avec option d'achat... la première année du défenseur ivoirien n'allait pourtant pas donner raison au technicien parisien, dans un premier temps. Approximatif, timide, il va rater sa première saison parisienne, et les gens vont vite lui préférer Marquinhos, pourtant vraiment pas un spécialiste du poste, pour suppléer Van der Wiel dans le couloir droit. Mais le gain de la CAN avec son pays, il y a un an, et une préparation estivale exceptionnel durant laquelle il va tout emporter, vont régler la question.

Oui, il s'agit bien du probable meilleur latéral droit du futur, et peut-être même actuel. La façon dont il occupe son couloir, le défend comme personne, l'anime avec une telle énergie, une telle conviction... la manière avec laquelle il avait dévoré Ronaldo à l'automne dernier, une de ses nombreuses victimes désormais... Dites moi qui aujourd'hui est meilleur que lui en Europe ? Sur qui le PSG va devoir miser pour le remplacer si, comme beaucoup le réclament et le subodorent, ils se séparent d'Aurier suite à sa vidéo infamante de samedi dernier ? Dani Alves, Lahm, Lischsteiner ? Pas vraiment des perdreaux de l'année... non, il n'y a personne meilleur que lui aujourd'hui à son poste. S'il devait partir, sur le plan sportif au moins, ce serait une énorme perte. Et à mon avis on le verra dès ce soir.

Une bombe sociale

Alors oui, il n'y a pas que le terrain. Sa place dans le vestiaire est désormais fortement compromise, sans parler de la confiance manifestement perdue d'un entraîneur qui avait pourtant pris des risques pour le faire venir. S'il veut restaurer sa place à Paris, il va devoir déployer des trésors de diplomatie, d'humilité et d'intelligence dont on ne le soupçonne pas vraiment depuis que la France entière l'a vu à l’œuvre dans cette vidéo pitoyable, qui donne le hoquet à chaque fois qu'on la voit. Homophobie ordinaire, bêtise, vulgarité... je suis tombé d'un mur très haut dimanche matin, en découvrant la vidéo puis l'"affaire".

C'est une vidéo privée, en tous cas filmée dans un cadre privée, même s'il est diffusée en ligne. Sûrement que nombre de ses congénères de son âge, et pas seulement dans le foot d'ailleurs, s'expriment de cette manière quand ils sont entre eux pour parler de collègues et de gens qu'ils côtoient... qui n'a pas critiqué son patron lors d'un diner, et dans un langag parfois fleuri ? Mais pour autant, comment peut-il imaginer qu'une telle vidéo, diffusée sur un réseau social, pourrait passer inaperçue ? Lui qui est un habitué de ce genre de médias, lui qui avait été suspendu trois matches par l'UEFA l'an passé, ce qui lui avait fait manquer les matches du printemps contre Chelsea et le Barça, après avoir insulté l'arbitre de PSG-Chelsea sur un autre réseau social, comment a-t-il pu être aussi stupide ? C'est difficilement concevable.

Les dégâts sont effroyables sur le plan médiatique, et peut-être même sur le plan sportif, on en saura plus dès ce soir quant à savoir si le vestiaire parisien, aussi expérimenté soit-il, aura pu digérer en si peu de temps une telle bombe. Ce sont des professionnels, mais ce ne sont pas des robots, ce sont des hommes, et l'affaire ne pouvait pas tomber plus mal. Paris joue sa saison ce soir, tout simplement. S'il se plante contre Chelsea, il pourra toujours terminer invaincu en championnat avec 100 points et les deux coupes dans la poche, il aura raté sa saison, ce n'est pas compliqué. Et tout ça à cause d'une affaire lamentable, pathétique.

Le sauver

Malgré tout ça, le PSG doit essayer de sauver le soldat Aurier. Pas parce que c'est un actif financier, comme j'ai pu l'entendre ici ou là. Ils vont perdre 20 millions dans la revente de Lavezzi, il s'annoncent prêts à en mettre 100 sur Ronaldo, qui vient de fêter ses 31 ans, et ils seraient chafouins de perdre les 30 qu'ils aurait pu ramasser sur la revente d'Aurier ? Fair-play financier ou pas, faut pas déconner. S'ils voulaient le virer, ils le feraient. Non, il faut le sauver parce que sportivement c'est un phénomène, irremplaçable, parce que mentalement et moralement, c'est un guerrier, quelqu'un sur qui on peut compter, et parce que c'est un jeune joueur de 23 ans, qui a fait une énorme connerie mais qui doit pouvoir être sauvé, qu'on ne doit pas détruire en un claquement de doigt, sur une décision prise sur le coup de l'émotion.

Le licencier, ce serait détruire sa carrière, au moins une partie. Si c'est pour le retrouver dans quelques années dépressif dans un club russe de seconde zone, à courir le cachet aux Emirats ou en Chine, alors allons-y, virons le, mettons le en prison comme le réclame Guy Roux. On ne parle pas là d'un joueur confirmé et très expérimenté qui ferait perdre une finale de Coupe du Monde à son pays en infligeant un coup de boule là, non. On parle d'un jeune joueur qui a dérapé, mais qui peut encore être sauvé. Qui doit l'être, absolument. Et si on ne peut pas, et bien... tant pis pour lui. Mais il faut lui laisser une dernière chance. Ce n'est pas possible qu'un talent pareil soit sacrifié sur l'autel de la tendance actuelle à la réaction, la sévérité, la tolérance zéro, notamment envers les footeux, surtout quand ils viennent de banlieue et qu'ils ne possèdent pas un langage de salon parisien.

Si Paris bat Chelsea dans un tel contexte, ce sera une sacrée perf, la preuve que ce groupe possède vraiment un mental hors du commun. Parce que le sport, ce ne sont pas que des muscles qui s'affrontent, ce sont surtout des cerveaux. Et ceux du PSG ne peuvent pas ne pas être perturbés.

A plus tard.

mardi 13 novembre 2012

Enfin des buts en Ligue 1 !

Salut à tous !

Depuis quelques semaines la Ligue 1 flambe, personne n'en parle parce que ça ne colle pas vraiment avec l'idée si répandue qu'on s'ennuie en regardant le championnat français, mais c'est une réalité : pour l'instant - il reste encore 26 journées et un match à jouer, quand même - beaucoup beaucoup de buts sont inscrits en Ligue 1. Bonne nouvelle ou pas, c'est une réalité.

Avalanche de buts

Après presque 12 journées, 119 matches, la moyenne de buts est de quasiment 2,7. Une moyenne qui, s'il se répercute jusqu'en fin de saison, n'aura plus été atteinte depuis 1983 (2,87), soit trente ans, tout simplement. Les records, sur les trois dernières décennies, sont de 2,58 en 1985, 2,57 en 1999 et 2,52... l'année dernière. On note d'ailleurs une légère amélioration sur les six dernières saisons, après l'effroyable 2,13 de 2006, et notamment sur les trois dernières (2,41, puis 2,34 et 2,52, donc).

Bonne nouvelle ou pas ? C'est un autre débat. On peut certes se réjouir de l'augmentation des buts en Ligue 1, et donc du spectacle, point noir depuis des lustres du championnat de France, seulement concurrencé par le Portugal dans ce domaine en Europe. Valenciennes et son attaque de feu (26 buts, 7e attaque des cinq grands championnats derrière Barcelone (36), le Bayern (32), la Juve et Manchester United (29), la Roma (28) et le Real (27)) font
beaucoup pour l'attraction du championnat. Mais si on jette un œil ailleurs, on constate que certes, la Bundesliga allie spectacle (2,91) avec efficacité en Coupes d'Europe, du moins cette saison, mais que les meilleurs championnats européens en terme de moyenne de buts sont ceux du Pays de Galles (3,74), du Luxembourg (3,5), de Malte, d'Irlande et d'Islande (3,2). Les premiers championnats de "bon" niveau dans ce classement sont ceux des Pays-Bas (3,19) et de Belgique (3,13)... Dans le même temps, la Premier League (2,82) et surtout la Liga, qui pour une fois devance la Bundesliga (2,94), brillent, alors que la Serie A est battue par la Ligue 1 (2,67). A la vue de ces chiffres, on constate en fait une augmentation générale des buts en Europe. Reste que beaucoup de buts ne signifient pas forcément une amélioration des attaquants dans un championnat ; ça peut aussi dire une baisse de niveau des défenseurs et des gardiens. Il y a déjà eu 13 buts csc en Ligue 1, soit plus d'un par journée, contre 24 l'année dernière, soit 0,63 par journée...

Une journée pas comme les autres

Sur les cinq dernières journées, notons qu'on tourne carrément à plus de 3 buts par match (148 en 49 matches), avec deux journées à 33 buts, dont celle de ce week-end, riche, on y revient, de deux csc, et une seule à moins de 27 buts (22 lors de la 9e). Analysons un peu cette journée, qui devrait être représentative au vu de son efficacité, mais qui comporte quand même quelques singularités.

- Sur les 31 buts effectivement inscrits, on note plus de buts du gauche (13) que du droit (12), contre 6 de la tête. Logique, quand 15 d'entre eux (48,4 %) ont été marqués par des milieux, contre 39,6 en temps normal, et que les milieux marquent traditionnellement beaucoup plus du gauche que leurs collègues des autres lignes.

- 14 buts étrangers ont été marqués, un chiffre logique, légèrement en-dessous de la moitié. Mais sur ces 14 buts, 9 d'entre eux l'ont été de joueurs africains. Et je ne compte pas encore dans le lot Henri Saivet, qui semble de plus en plus enclin à choisir la nationalité sénégalaise... aux Sud-Américains (3) et aux Européens (2), la portion congrue. Le Brésil continue malgré tout sa course en tête, avec 19 buts.

- Sur ces 31 buts, 20 l'ont été marqués par des joueurs évoluant à l'extérieur (64,5 %), soit beaucoup plus que d'habitude (43,8). Logique, quand on note 5 succès à l'extérieur contre 2 à
domicile... La palme à l'Ajaccien Belghazouani et au Valenciennois Kadir, pour leurs doublés à Toulouse et Bastia. Gouffran (3 sur 4) et Cvitanich (idem), buteurs à Lorient et Marseille, brillent également plus hors de leurs bases que chez eux.

- Aucun buts de joueurs de moins de 21 ans, et un seul d'un de plus de 31 (Abriel, à Marseille) : les buteurs étaient d'un âge égal, ou presque.

- Aucun but sur coup-franc direct, et un seul sur penalty, par Modeste (Bastia), son deuxième de la saison, comme Belhanda. En même temps, Valbuena et Alo'o Efoulou auraient pu tripler ce score, avec un peu plus de réussite dans leurs tentatives...

- Un seul but venu d'un remplaçant, pour Palmieri (Bastia), soit 3,2 %, contre 12 en temps normal. Il faut dire que seulement 6 buts ont été marqués dans le dernier quart d'heure (19,3 %) contre 23,4 en temps normal. Ce qui n'a pas empêché Valenciennes de renverser le score à Bastia durant les 15 dernières minutes (2-1 à 2-3).

- Enfin, Privat (Sochaux, 1m86) a marqué son premier but du pied (sur 4) ce week-end. Dans le même temps, Erding (Rennes, 1m80) a marqué son 4e but sur 6 de la tête, record de Ligue 1 pour l'instant...

Voilà, je vous laisse digérer tous ces chiffres ! A plus tard !

lundi 9 avril 2012

Un Classique d'ennui

Salut !

Bon ça y est, ils sont allés se coucher chez Canal ? On peut parler d'autre chose ? Difficile de ne pas comprendre les amateurs de foot non concernés par le Clasico quand ce genre de couverture médiatique légèrement exagérée les énerve. Parler pendant des heures entières d'un match, et laisser à peu près une minute trente aux autres, c'est pousser un peu l'évènementiel Canal un peu loin. Surtout que, comme souvent, ce n'était pas vraiment le match de l'année. Trop physique, trop d'enjeu et pas beaucoup de jeu... c'est surtout en cela que ce match mérite son titre de Clasico au fond : on coupe rarement à ce cocktail amère.

Montpellier ne lâche rien

Malgré tout, Paris a renoué avec le succès, et reste au contact de Montpellier, qui continue son parcours exceptionnel, que personne, pas même eux, n'auraient pu prévoir. Enfin... au contact oui, sauf si Montpellier ramène quelque chose de Marseille cette semaine lors du stupide match en retard décidé par la Ligue, qui s'est d'ailleurs bizarrement tiré une balle dans le pied, puisqu'en voulant - en vain - avantager l'OM pour sa confrontation avec le Bayern, il le désavantage en vue de la finale de la Coupe de la Ligue, son autre vitrine. Oui parce que pendant que Marseille cherchera à glaner un premier succès en 11 matches face au leader du championnat, Lyon n'aura juste qu'une demi finale de Coupe de France contre le Gazélec Ajaccio à gérer, riche de ses six matches sans défaites (5 victoires), toutes compétitions confondues...

Toujours est-il que le MHSC peut creuser un écart peut-être définitif dès mercredi. Montpellier qui réussit un parcours exceptionnel à domicile, avec seulement 5 points de perdus sur sa pelouse, contre 12 pour le PSG, 10 pour Lyon et 16 pour Lille. En Europe, seuls Manchester City et Barcelone, qui n'ont perdu que deux points sur leurs pelouses, et Benfica (3), font mieux que les Héraultais. Ils sont également les meilleurs en 2012 avec 26 points en 11 matches, 3 de plus que le PSG et 5 de plus que... Nancy, qui ont joué un match supplémentaire. Lille est à 6 points, et Lyon à 8.

Lille décroche

La mauvaise affaire est évidemment lilloise. Le LOSC qui, en s'inclinant pour la troisième fois à l'extérieur cette saison, laisse le meilleur score dans ce domaine au PSG (2) mais aussi la première place au classement des équipes en déplacement au même club parisien, à la différence de buts, et se retrouve donc rejeté à 7 points des deux leaders. Tout n'est pas encore perdu, surtout que Lille doit encore recevoir le PSG à la fin du mois, mais il va falloir que le champion de France ne laisse plus de points en route. Surtout que, dans le même temps, Lyon, on l'a vu, carbure et n'est plus qu'à trois points derrière. De son côté, Brest, qui n'avait plus gagné depuis 5 matches, a remporté ses deux dernières rencontres contre Marseille et Lille, donc, ce qui n'est pas banal. Et, si Omar Daf a inscrit son premier but en pro à l'âge de 35 ans, Brest, toujours la plus mauvaise attaque de Ligue 1 (27), avait déjà marqué 3 buts en un match cette saison, c'était contre Lorient (3-1), le 29 octobre dernier...

Bordeaux, quant à lui, a réussi l'exploit de s'incliner chez la plus mauvaise équipe à domicile, Caen (1-0), qui compte désormais un point de plus que Sochaux dans ce domaine. Les Girondins qui n'ont gagné qu'une fois en 12 visites à Caen.

Maïga et Leroy brillent, Saint-Étienne s'éteint

Sur les 26 buts du week-end, un bon chiffre pour ces matches retours (2,47), on constate une grosse performance des buteurs étrangers (17, soit 65,4 %, contre 47,6 en temps normal) et notamment des Africains (12 !) et les Sud-Américains (4). Le seul but européen a été marqué par Erding (Rennes), à Evian. Les plus de 31 ans ont également brillé (4 buts), avec notamment le 6e but personnel d'Hadji (Rennes) et le 4e de Leroy (Evian), ainsi que les Bleus (Payet, Ménez et... Sinama Pongolle, et oui) et les tireurs de penalty (4 buts, dont deux pour Lisandro, tous du droit). Cette saison, moins d'un tiers des penaltys sont marqués du gauche.

L'Argentin de Lyon qui est désormais sur les talons de Giroud à la moyenne de buts par minutes (un but toutes les 143 minutes, contre 138 pour Giroud). A noter également la bonne performance de Modibo Maïga (183), qui devance Hazard (185), Nene (187), Gameiro (188) ou Rémy (191). Parmi les 10 meilleurs joueurs ayant joué au moins 1000 minutes et inscrit trois buts au moins, l'attaquant Sochalien est le seul à totaliser moins de 1300 minutes de jeu. Dommage pour Sochaux qu'il ait raté la première partie de sa saison pour cause de bouderies !

Revenons à Jérôme Leroy, qui est un véritable spécialiste des buts contre ses anciens clubs. Il faut dire qu'ils sont très nombreux (7, rien qu'en France, 4 cette saison en Ligue 1). Il a marqué ses 4 buts uniquement contre ses anciens employeurs, 1 contre le PSG, 2 contre Marseille et 1 contre Rennes, ce week-end. Seul Sochaux a échappé à ses foudres... Rennes qui est l'équipe qui a pris le plus de buts de ses anciens joueurs, comme Auxerre (5). A noter également les 3es but d'Erding et Samassa en sortant du banc, sur 5 et 4 buts au total. L'attaquant valenciennois qui a également marqué tous ses buts dans le dernier quart d'heure.

De son côté, Saint-Etienne, rejoint ce week-end par Ajaccio dans le dernier quart d'heure (1-1), vient d'y perdre 4 points en quatre journées. Leaders de ce classement au soir de la 27e journée, l'ASSE est désormais 6e, avec +4 points. Le PSG et Montpellier (+6) sont en tête, devant Rennes, qui a récupéré 2 points à ETG grâce à ses remplaçants Pitroipa et Erding (+5). Normal, puisque les Savoyards sont derniers, avec -7 points...

Voilà, sur ce je vous laisse avec mon équipe type décisive !



A plus tard !