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lundi 27 juin 2016

En route pour le quart !

Salut à tous !

Après un intermède suite au  match de la Suisse, que votre serviteur n'avait pas pu voir en entier et donc pas pu noter, revenons sur la performance des Bleus, hier après-midi face à des Irlandais accrocheurs mais limités, comme attendu. Des Verts qui avaient bénéficié de trois jours de récupération de moins, ce qui s'est senti à partir de l'heure de jeu. Les Bleus, étouffés et en manque de rythme (une semaine de repos, c'est pas un peu trop ?) on mis une mi temps et un changement tactique pour prendre la mesure d'Irlandais plus Italiens que Britanniques dans leur façon de gérer le temps... une victoire au final méritée, mais qui démontre que la France, dont tous les adversaires dans sa poule sont déjà rentrés chez eux, et qui n'a toujours pas rencontré un gros morceau, ne semble avoir de marge sur personne. Mais semble aussi posséder des joueurs capables également de battre n'importe qui.

Lloris (6) : Encore un match difficile à noter pour le gardien des Spurs, qui n'a pas été inactif, n'a rien pu faire sur le penalty de Brady, sur lequel il a été pris à contrepied - au passage, de nombreux penaltys sont manqués dans cet Euro, hormis contre nous... - mais qui a vécu la seconde mi-temps de loin. Étonnant de voir combien il est si mal protégé par une défense en grande difficulté, et combien il a si peu d'arrêts à effectuer finalement...

Sagna (6) : On pouvait avoir des craintes sachant qu'il n'a jamais brillé en Bleu et qu'il n'était sensé être que le remplaçant de Debuchy. Mais force est de constater que pour l'instant, Sagna réussit un Euro honnête. Lui ne fait pas d'erreur, il a plutôt bien tenu son couloir, et apporte son écot offensif, à l'image de son centre décisif pour Griezmann (58e), qui a soulagé tout le monde. Sa 5e passe décisive en Bleu, sa 2e de l'année, le troisième bilan pour un latéral droit français derrière Sagnol (12) et Thuram (7), et autant que Amoros, qui comptent tous plus de sélections que lui. Pas si mal pour quelqu'un qui n'apporte rien offensivement...

Rami (3) : Un des deux gros problèmes de la France en défense. Déjà peu rassurant depuis le début de la compétition, il a probablement sorti son plus mauvais match de la compétition. Le rappelé de la dernière heure est d'abord à l'origine de la faute de Pogba sur Long dans la surface, qui provoquera le penalty irlandais (2e), puis à l'origine du carton qui privera Kanté du quart de finale (27e). En deuxième mi-temps, ses lacunes tactiques ont encore failli coûter très cher à la son équipe, même si c'est une de ses relances qui provoque le deuxième but. Lui même suspendu pour le prochain match, sa place sera mis en balance si son remplaçant, probablement Mangala, réussit une bonne performance...

Koscielny (5) : Pas simple de devoir à la fois se coltiner des attaquants aussi accrocheurs que Long et Murphy, mais aussi de devoir couvrir et rattraper les erreurs de son partenaire dans l'axe... parfois bousculé, le Gunner a tenu bon et fait le job. Mais sa relance limitée rapporte peu à son équipe, qui peine à repartir de ses bases arrières.

Evra (4) : Aussi indispensable par son état d'esprit et son expérience qu'inquiétant par ses déficiences défensives et son inutilité offensive. Problème, pour être un leader écouté, il faut a priori être irréprochable sur le terrain, ce que le joueur de la Juve n'est clairement pas. Dommage que Deschamps n'ait pas profité du match de la Suisse pour essayer Digne... trop tard maintenant, il va falloir faire avec lui.

Kanté (5) : Son match le plus difficile de l'Euro. Peu aidé par ses partenaires qui n'évoluaient pas forcément à leur meilleure place, il a gratté beaucoup de ballons, comme à son habitude, mais a eu du mal à les bonifier dans la première relance, face au bloc irlandais. Suspendu pour le quart de finale, il manquera malgré tout clairement. Qui le remplacera, Cabaye poste pour poste ou Coman dans un 4-2-3-1 ? Voilà qui va occuper les médias pendant une semaine... et Deschamps aussi. Coman (7) qui a beaucoup apporté face à des adversaires certes fatigués, mais qu'il a su éreinter par ses dribbles et sa vitesse, sans pour autant se montrer décisif. L'ailier du Bayern a clairement dépassé Martial dans l'esprit du sélectionneur au poste de premier remplaçant offensif. Remplacé par Sissoko à la 93e.

Matuidi (6,5) : Étrangement placé côté droit, un poste inédit pour lui, pour faire place à Pogba, droitier qui apparemment ne peut pas évoluer à droite du milieu, le Parisien a logiquement eu du mal à se situer et n'a jamais pu se mettre dans le sens du jeu. Replacé à gauche après les citrons, il a pu beaucoup plus apporter, dans le pressing et la verticalité, à l'image de cette frappe à la 55e, qui a su secouer le cocotier. Toujours indispensable malgré les errements tactiques de Deschamps, qui lui demande à peu près tout et son contraire depuis le 10 juin.

Pogba (5) : Placé à son poste favori, axial gauche, comme à la Juve, il ne pouvait pas plus mal débuter son match avec cette faute idiote sur un Long pourtant pas forcément dangereux. Cette erreur de débutant plombe un match par ailleurs pas si raté que ça, loin de là. Sans doute désireux de se rattraper, il s'est montré très actif, puissant, il a créé des différences au milieu, mais n'a pas réussi à être décisif. Je veux bien qu'on ne l'aime pas, mais il faut aussi qu'on me dise qui montre autant de qualités au milieu dans ce groupe. Il lui manque juste de devenir décisif, comme Griezmann.

Griezmann (8) : Ce dernier ne réalise pas dans le jeu un Euro meilleur que Pogba, mais lui se montre décisif, et c'est ce qu'on retiendra au final. Baladé côté droit en première période, il s'était montré un peu plus actif que lors de ses premiers matches, sans réussir à briller. Replacé dans l'axe, face à une défense moins attentive, il a su faire la différence, bien servi par Sagna et Giroud. Ça fait longtemps qu'on n'a pas pu compter sur un joueur aussi décisif dans les grands matches, alors savourons, et prions pour que ça dure une ou deux semaines de plus.

Payet (5,5) : Il va pouvoir laisser la place de sauveur de la nation, qu'il occupait depuis quelques semaines, à l'attaquant de l'Atletico. Ca doit faire un moment qu'il n'avait pas traversé deux matches consécutifs sans être décisif, même s'il décale bien Sagna sur l'égalisation. Le Hammer s'est une nouvelle fois beaucoup montré mais il n'a pas toujours réussi à impulser le bon tempo à son équipe et à trouver ses attaquants dans de bonnes conditions. Ses adversaires le surveillent de plus en plus, ce qui est logique.

Giroud (5,5) : Comme d'habitude isolé dans cette équipe qui éprouve tant de difficulté dans le jeu, il a parfois manqué de promptitude et d'anticipation sur certaines situations, notamment en première mi-temps. Il n'a cette fois ci raté aucune occasion, vu qu'il n'en a pas eu à négocier. Malgré tout, son bilan est rehaussé par cette splendide remise de la tête en déséquilibre pour Griezmann sur le second but (61e), mais aussi par cette passe qui lance Griezmann, ce qui provoquera l'expulsion de Duffy (66e). Quand ils se trouvent, ce qui n'est pas aussi fréquent que ça, ces deux là peuvent faire mal. Remplacé à la 73e par Gignac (5), qui aurait pu profiter des largesses de la défense irlandaise en fin de match mais qui a tout mis à côté ou sur le poteau. Dommage.

Voilà, sur ce à plus tard !

jeudi 16 juin 2016

Et à la fin, Payet marque (2)

Salut à tous,

Deuxième match et deuxième victoire quasi miraculeuse pour les Bleus, qui ont encore du attendre les derniers instants pour l'emporter. Ils ont certes réussi là où, face à des oppositions du même style, ultra défensives, à la limite de la caricature, le Portugal ou l'Angleterre, par exemple, avaient échoué. Mais ils ne pourront pas toujours compter sur une erreur de marquage de l'adversaire en fin de match.

Deschamps, écoutant une nouvelle fois un peu trop les médias, avait étrangement changé un système qu'il était pourtant sensé avoir travaillé durant deux années de matches amicaux, et même avant, au bout de seulement un match moyen de son équipe, et ça a failli lui coûter cher. Comme quoi, le sélectionneur, déjà obligé d'improviser en défense suite aux nombreuses défections, semble y avoir pris goût. Son retour au 4-3-3, dès la mi temps, lui a sauvé la mise, mais il serait judicieux que face à des oppositions plus relevées, dès dimanche contre la Suisse par exemple, il limite un peu plus ses petits essais... la compétition, ça ne sert pas à ça.

Deuxième séance de notes de votre serviteur :

Lloris (5,5) : Le gardien des Spurs auraient pu prendre une semaine de vacances supplémentaire, tant il n'a rien eu à faire, ou presque, durant les deux premiers matches des Bleus. Aucun arrêt à effectuer hier soir pour l'ancien Niçois, sauvé par son poteau en début
de seconde mi-temps malgré tout. Son tournoi n'a pas encore commencé malgré une défense qui le protège moyennement, espérons qu'il garde le rythme pour la suite.

Sagna (5) : Guère secoué dans son couloir, ou Lenjani l'a laissé tranquille, le Citizen n'en a pas vraiment profité pour apporter le surnombre et aider Coman à se débarrasser de ses deux cerbères habituels. Pour lui aussi, on attend de voir - avec un peu de crainte, je l'avoue - que l'opposition se corse pour avoir un avis plus tranché.

Rami (5,5) : Encore un match où certaines de ses interventions et surtout ses relances folkloriques n'ont pas rassuré les suiveurs des Bleus pour la suite de la compétition. La menace de Sadiku était pourtant relative... au final il sauve son match - et sa note - grâce à ce centre venu d'ailleurs qui offre le but de la victoire à Griezmann, suite à un corner (1-0, 90e). Un centre comme jamais, peut-être, Sagna n'en a fait en 59 sélections...

Koscielny (5) : Peu embêté par Sadiku, l'ancien Merlu a fait le job, sans en faire trop, ou même plus. On peut lui reprocher de ne pas avoir su apporter le surnombre quand le milieu français piétinait en première période... et la relance reste son talon d'Achille.

Evra (4) : Contrairement à son collègue de l'aile droite, lui n'a pas attendu de croiser des clients dans son couloir pour sérieusement inquiéter son monde. Auteur d'une grosse faute sur Lila juste avant la pause, avec un pied à auteur du visage qui aurait pu lui valoir un rouge mais qui ne lui couta même pas un jaune (!), le Turinois a souffert, et toutes les occasions albanaises sont venues de son côté. Du mieux en deuxième, quand la menace adverse se fut éteinte, mais il partait de tellement loin...

Kanté (6) : Dans le 4-2-3-1 expérimental - et foiré - de Deschamps, il eut du mal à avoir son rendement habituel, mais gratta son écot de ballons, même s'il parut parfois isolé. Replacé en sentinelle après l'entrée de Pogba, le champion d'Angleterre fut encore plus actif, et se présenta même plusieurs fois aux avant postes pour tenter sa chance, en vain. Comme c'est parti, il va falloir du courage à ses concurrents pour lui prendre sa place. Quels concurrents, d'ailleurs ?

Matuidi (5) : Le Parisien parut encore plus perturbé par le changement tactique de son sélectionneur. Depuis combien d'années Matuidi avait-il évolué à deux en milieu défensif ? Déjà brimé tactiquement contre la Roumanie, il fut privé de ses percées habituelles pour rester bien sagement en place afin de protéger sa défense. Lorsque le milieu repassa à trois, on le vit tout de suite beaucoup plus actif, et failli offrir un but à Coman en déviant un ballon dans le surface. Imprécis, parfois brouillon, il demeure malgré tout indispensable par son état d'esprit et sa propension au dépassement de fonction. Tant qu'on le brime pas trop... le faire souffler face à la Suisse ne serait par contre pas une idée désastreuse.

Coman (5) : Le plus jeune des deux ailiers titularisé par Deschamps s'en est sorti un peu mieux que son compère de l'aile gauche, mais malgré toute sa vitesse, sa technique, ses roulettes et son talent, il ne peut pas faire de miracles. Régulièrement opposé à deux adversaires et guère aidé par Sagna, il fit quelques différences et failli même marquer juste après la pause, mais face à ce genre d'oppositions, son profil est pour moi inutile, tant il ne peut prendre de la vitesse. Son remplaçant, Griezmann (68), trouva lui la faille en fin de match (90e), après avoir été très discret encore une fois. Mais lui aussi, il demeure indispensable par son efficacité et sa dangerosité.

Payet (7,5) : Moins flamboyant que face à la Roumanie, parfois empêtré dans l'axe sur-bondé de l'Albanie, le meneur de jeu des Bleus était sensé avoir plus de choix avec ces trois attaquants qui l'entouraient avant la pause, mais ça ne s'est pas vu. Paradoxalement, c'est avec la sortie de l'un d'entre eux qu'on l'a vu plus libéré. En faux ailier, il a pu plus apporter grâce au soutien de Pogba et Matuidi. Au-dessus techniquement, il ne s'est pas montré décisif, si ce n'est son but anecdotique de la 96e minute. Mais lui aussi aura du mal à perdre sa place d'ici à la fin du tournoi...

Martial (4,5) : Les commentaires sont sévères avec le Mancunien depuis hier. Lui qui n'évoluait pas à son poste de prédilection, rappelons le, il faisait face au latéral droit titulaire de Naples, Hysaj, auteur d'un match énorme défensivement, soutenu qui plus est par Lila, latéral droit du PAS Giannina, en Grèce, et n'a guère été aidé par Evra sur le plan offensif. Il n'a donc jamais pu faire de différences, même si son entente avec Payet me parut intéressante par séquences. Remplacé dès la pause par Pogba (5), qu'on vit beaucoup, voulant manifestement se montrer, mais qui alterna le bon et le moins bon. Son jeu long reste un régal, mais il ne fait pas toujours les bons choix. A mon avis il se met trop de pression, ce qui le fait déjouer... Deschamps doit le conforter et l'inciter à jouer plus simple. On a vu malgré tout que l'Equipe de France joue mieux avec lui que sans, et qu'on n'a pas d'alternative véritable sur le banc, même si Cabaye et Schneiderlin n'ont toujours pas joué...

Giroud (4,5) : Comme face à la Roumanie, son jeu de tête avait manifestement besoin d'un petit réglage. Sauf que cette fois, il n'a pas pu faire faute sur le gardien pour marquer un but heureux et sauver son match, par ailleurs honorable sur le plan de la combativité. Mais il fut très difficilement trouvé par ses partenaires, et quand ce fut le cas, il mit tout à côté ou sur le poteau. Il n'aura pas toujours 5 occasions par matches pour marquer un but.

Voilà, à plus tard !

samedi 11 juin 2016

Et à la fin, Payet marque

Salut à tous !

Au lendemain de cette victoire des Bleus enfantée largement dans la douleur - logique pour une entrée en matière, pour une équipe relativement jeune - je vais me lancer à mon tour dans l'exercice si peu objectif de la notation des joueurs. Souhaitez moi bonne chance et soyez indulgents, merci...

Lloris (7) : Ou l'art de réussir à noter un gardien lorsqu'il n'a (quasiment) rien eu à faire. Hormis cet arrêt réflexe étonnant à bout portant face à son futur bourreau sur penalty, Stancu, dès la 4e minute - mais est-ce lui qui a sorti un grand arrêt ou est-ce l'attaquant de Gençlerbirligi qui s'est manqué ? - et ce penalty où il ne peut rien, le capitaine des Bleus n'a eu qu'à gérer quelques dégagements. Cet arrêt, qui a permit aux Français de ne pas partir d'entrée avec un lourd handicap, lui garanti malgré tout une bonne note.

Sagna (5,5) :
D'accord, ce n'est pas Dani Alves, même si on l'a parfois vu franchir la ligne médiane, au point de presque offrir un but à Griezmann en première mi-temps. Mais, même si les Roumains ont moins attaqué de son côté que de celui d'Evra, il a relativement bien
bouclé son couloir, et c'est, je crois, pourquoi Deschamps lui fait confiance. A voir maintenant face à une adversité plus relevée...

Rami (4,5) : Avec lui, on sait qu'il peut toujours se passer quelque chose, et ce n'est pas un compliment lorsqu'on parle d'un stoppeur. Malgré son expérience parmi de bons clubs des meilleurs championnats du monde (Valence, Milan, Séville...), malgré la Ligue Europa remportée cette saison, le Sévillan transpire la fébrilité et le potentiel comique de ses relances est indéniable. Du pur Rami, qui n'a pas fait d'erreur notable face à Florin Andone, le meilleur buteur de la... 2e division espagnole, mais qui, à mon avis, risque fort d'exploser en vol dès que le niveau s’élèvera. Comme en 2012.

Koscielny (5,5) : Le désormais patron défensif des Bleus, puisqu'Evra n'y parvient pas, a fait le job dans l'axe, coincé entre les lacunes tactiques de Rami et les courants d'air pris par son latéral gauche. Problème, comme lui non plus n'excelle pas dans l'art de la relance, même s'il ne se prend pas pour un autre et prends moins risque que son collègue, le ballon a eu du mal à repartir proprement. C'est là aussi que Varane manque cruellement...

Evra (3) : Le football nous réserve parfois des mystères insondables. Comment ce joueur, à 35 ans, a-t-il pu récemment prolonger avec un des meilleurs clubs du monde, la Juventus ? Comment a-t-il pu aligner plus de 10 ans dans les meilleurs clubs du monde depuis son arrivée à Manchester, en janvier 2006, avec de telles lacunes dans les duels, et un apport offensif aussi faible ? Quel est le point fort de ce joueur, hormis ses supposées qualités de leader de vestiaire ? Comme aucun autre latéral gauche n'a-t-il jamais pu le supplanter en sélection, avec un tel passif sportif et extra sportif ? En tous cas hier, Popa et Sapuranu se sont bien amusés dans son couloir, et il a concédé un penalty qui aurait pu avoir, déjà, de graves conséquences. Deschamps ne peut pas se satisfaire d'une telle performance qui déséquilibre à ce point son bloc...

Kanté (6,5) : Ce garçon, qui signait hier sa 5e sélection seulement, découvre le haut niveau depuis un an et devrait disputer son premier match de Coupe d'Europe au printemps prochain, avec Leicester ou un autre club. Un véritable rêve, qui s'est perpétué hier, avec une performance solide à un poste qu'il ne découvre pourtant que depuis deux matches. La sentinelle des Bleus a certes eu du mal, parfois, à se défaire du pressing constant des Roumains, mal épaulé par ses partenaires du milieu, mais que de ballons grattés ! Une valeur sûre, déjà.

Pogba (4,5) : Deschamps a manifestement demandé à ses deux pistons de plus défendre et donc moins attaquer pour mieux protéger sa défense si affaiblie par les absences, et ça s'est senti. Comme son partenaire parisien, il a semblé évoluer avec le frein à main. Il a parfois fallu le chercher sur le terrain pour savoir s'il était encore là, même si son jeu long, pour renverser le jeu, a souvent fait merveille et aéré un peu les débats. Dommage qu'on n'ait pas pu le voir plus sur le plan offensif, mais Zidane aussi avait été mauvais jusqu'en finale en 98...

Matuidi (5) : Même constat que son collègue turinois. Toujours aussi accrocheur, il s'est moins porté vers l'avant qu'à l'ordinaire, même s'il aurait pu marquer dès les premières minutes. Ce qui a sans doute privé ses attaquants, si isolés, de son soutien habituel. Son déchet technique lui a aussi, parfois fait perdre quelques ballons, mais il demeure indispensable dans l'état d'esprit, et on sait qu'il peut marquer à tout moment...

Griezmann (4) : Une nouvelle victime de la plaie actuelle des grands tournois, le syndrome "saison longue en Ligue des Champions". Comment peut-on espérer briller en juin quand on vient de signer 54 matches de haute lutte, entre le championnat d'Espagne et la C1, et qu'on n'a pas pu suivre la même préparation que ses partenaires à cause de la finale tardive de la Ligue des Champions ? Cette dernière vampirise les énergies des meilleurs joueurs de la planète, les performances moyennes de Messi et Ronaldo depuis 10 ans dans les grands tournois en est la meilleure preuve. Malgré sa performance fantomatique, le Madrilène aurait pu marquer deux fois avant la pause, avec un peu plus de réussite, et sûrement obtenir un 7 ou un 8. Comme quoi...

Payet (9) : Voilà un joueur qui n'a pas été embêté par les matches européens cette saison - 38 au total avec West Ham -, et ça se voit. Le seul à se dépêtrer avec une aisance folle du pressing constant des Roumains tout au long du match, à offrir des solutions à ses partenaires, à jouer verticalement. Quelle technique, quelle vista ! Où était ce Payet (29 ans) durant les 10 premières années de sa carrière ? Après ce but offert à Giroud (58e) et ce but splendide du gauche (89), l'ancien Marseillais se présente désormais comme une possible révélation de cet Euro. Dommage qu'il n'ait pas tenté plus souvent sa chance avant cet exploit, alors qu'il en a eu, selon moi, plusieurs fois l'opportunité. Il devient un habitué des buts tardifs et décisifs. Pourvu que ça dure !

Giroud (7) : Sans ce but, offert par Payet et aussi pas mal par le gardien roumain, nettement fautif sur sa sortie qui n'en était pas vraiment une, il aurait selon moi manqué son match. Peu trouvé dans le jeu, il a manqué deux têtes en première mi-temps qui auraient pu soulager son équipe plus tôt dans le match. Son abnégation est indéniable, il empile les buts depuis le printemps avec les Bleus, et son intérim de Benzema est pour l'instant parfaitement réussi, mais il ne pourra pas continuer à briller dans cet Euro sans un peu plus de soutien offensif, puisqu'il ne pourra jamais marquer tout seul. Espérons que la réussite ne le quitte pas !

Voilà, vivement la suite à présent ! A plus tard !

mercredi 20 juin 2012

Bleus, Suède, dans les choux

Salut à tous,

Fin du premier tour, on a un jour de battement, de quoi parler de l’Équipe de France aujourd'hui, avant de faire un bilan de ce premier tour finalement assez contrasté, on le verra. On jettera aussi un coup d’œil sur les quarts de finale, qui réserve quelques affiches étonnantes, et d'autres plus classiques.

Sérieux coup d'arrêt

Les Bleus se sont vautrés hier, du moins sur le plan du score. L'objectif était d'assurer le nul, voire une défaite par un seul but d'écart, pour être sûr de se qualifier. Avec cette défaite 2-0, il aurait suffit que l'Ukraine inverse la tendance contre l'Angleterre pour éliminer les Bleus. Cette éventualité parait peu probable, mais les Ukrainiens ont également pas mal bousculé les Anglais, qui s'en sont bien tirés hier. En fait, ils ont juste été réalistes, contrairement aux Bleus.

Si on se fiait, hier, aux commentaires apocalyptiques du duo Balbir-Larqué, notamment de ce dernier, le premier se contentant de suivre comme il l'a toujours fait, la France a été baladée, dominée dans tous les domaines, et n'a jamais été dangereuse puisqu'elle n'a pas réussi la moindre passe. Ça, c'était la vision obligatoire de ce match, si on n'aime pas regarder les matches sans commentaires. Moi ça m'embête de me priver de l'ambiance... mais si j'avais pu (boulot oblige), j'aurais bien coupé quand même. Ces commentaires affligeants étaient tout simplement insupportables.

Oui la France a raté son match, le score est implacable. Elle n'y a pas mis l'engagement indispensable pour ce genre de rencontres, face à des Suédois qui avaient l'avantage - indéniable - de n'avoir plus rien à perdre, puisqu'ils étaient éliminés. En France, on comprends aisément qu'une équipe lâche un match quand elle est déjà éliminée, vu que c'est systématiquement le scenario qui est reconnu le plus plausible dans ces cas là. Perso, je n'y croyais pas une seconde. La mentalité Anglo Saxonne ou Scandinave est tout autre : la Suède devait sauver l'honneur, et elle a tout fait pour. Elle a réussi.

La Suède, pas qu'un pays de biscottes

Avant de détailler ce match, et mettre en pièce l'argumentaire catastrophiste qui va dominer les analyses de ce match et les prédictions à propos du prochain dans les médias durant les prochains jours, rappelons une chose : la Suède, ce n'est pas l'Estonie. Si on n'avait pas perdu contre elle depuis presque 43 ans, on ne les avait pas affronté non plus depuis 4 ans, et une victoire chez elle (2-3) sur des buts de Benzema et un doublé de Govou... Entre temps, les éliminatoires pour cet Euro étaient passés par là. Et tandis que la France remportait certes son groupe avec 6 succès, 3 nuls, 1 défaite et 15 petits buts marqués - seule la Grèce a fait pire offensivement (14) -, la Suède, elle, évita les barrages en temps que meilleure deuxième, après avoir terminé derrière les Pays-Bas, qu'elle avait d'ailleurs battu en octobre (3-2). Et avec quel bilan ? Huit succès, deux défaites - dont une aux Pays-Bas (4-1) - et... 31 buts inscrits, la troisième meilleure attaque des éliminatoires ! Bref ils ont un meilleur bilan que nous, notamment offensif, et dans une poule plus difficile (Pays-Bas, Hongrie, Finlande...). Du coup, les pronostics laudateurs à propos d'une victoire facile contre une équipe démobilisée montraient surtout une méconnaissance totale du football de la part de nos médias sportifs... mais ce n'est pas un scoop.

Ce qui est embêtant, c'est de terminer deuxième, devoir affronter l'Espagne, et surtout voire notre invincibilité s'arrêter aussi nette, aussi brutalement, en plein milieu d'un grand tournoi. On perd un jour de repos, mais on en gagne un en vue d'une éventuelle demi-finale... La confiance des Bleus, patiemment acquise durant presque deux ans, va-t-elle complètement disparaître ? Samedi, on saura.

Ce match, à présent. Oui on a été bougé dans les duels, mais les Suédois, conscients de leur infériorité technique - hormis Zlatan, S.Larsson et Kallström - nous ont laissé le ballon pour mieux nous contrer, et profiter des espaces fournis par notre défense, notamment Rami, décidément peu à l'aise dans cet Euro. Et nous nous sommes retrouvés dans la configuration que l'on déteste : devoir faire le jeu, trouver des espaces dans une défense regroupée. Chose qu'on a jamais réussi à faire depuis deux ans, malgré les efforts louables de Blanc pour y parvenir. On n'a pas les joueurs pour, c'est tout. Dans cette configuration, la vitesse de Ribéry, qui a quand même encore réussi de beaux mouvements hier, ne sert à rien, puisqu'il n'y a pas d'espaces. Celle de Benzema non plus, d'ailleurs, mais lui est hors sujet depuis deux semaines, j'y reviendrais. Les meilleurs résultats des Bleus depuis 2 ans - Angleterre, Allemagne, Brésil, Bosnie... - l'ont été quand l'adversaire avait le ballon, et nous l'opportunité de faire parler notre milieu et la vitesse de nos attaquants. Le symbole, c'est la Bosnie : on l'a battue chez elle (0-2) mais on a galéré à domicile, quand ce fut notre tour de faire le jeu (1-1).

La France a dominé

Restent les chiffres, encensés quand ça nous arrange, critiqués, relativisés quand ça nous arrange moins. Livrons les alors de façon brut de décoffrage : 57 % de domination pour la France - normal, puisque la Suède jouait en contre - 24 tirs à 12, 10 cadrés à 7. Pas mal pour une équipe qui, d'après ce qu'on entendait hier, était "baladée", "transparente", catastrophique quoi... du coup, quel exploit d'avoir réussi à tirer 24 fois, cadrer 10 fois et posséder le ballon durant 57 % du temps tout en ratant apparemment toutes nos passes... non, faut le faire, il faut le reconnaître.

Mais la Suède sans Ibrahimovic, ce n'est pas vraiment la même équipe. Hier, j'essayais de passer en revue les grands avant-centres du monde, en en cherchant un meilleur que lui, en vain. Quel dommage de le voir éliminé... Si on enlève Messi et Ronaldo, qui ne sont pas des pointes, je n'en trouvais pas, tout simplement. Il y a bien Falcao, mais on attends encore sa réussite dans un très grand club. Drogba ? 34 ans, 5 buts en Premier League cette saison... Huntelaar, Gomez ? De formidables buteurs, mais tellement moins complets que Zlatan... Benzema ? Ah, Benzema...

Benzema, échec en vue ?

Cette semaine, la France sera la seule équipe qualifiée pour les quarts avec la République Tchèque dont aucun attaquant de pointe n'aura marqué de buts. Cabaye, Ménez et Nasri sont pour l'instant nos buteurs. Mais la République Tchèque ne possède a priori pas dans ses rangs l'avant-centre titulaire du Real Madrid, plutôt celui de Galatasaray, Milan Baros (8 buts cette saison). Karim Benzema est évidemment notre meilleur attaquant, mais pour sa deuxième grande compétition après l'Euro 2008, et à 25 ans, il n'a toujours pas marqué dans un grand tournoi. En Bleu, ses statistiques (15 buts en 48 matches) sont comparables à celles de Rocheteau (1 match de plus), qui ne fut pas à proprement parler un des grands buteurs historiques des Bleus. A la moyenne, Revelli, Cantona, Trezeguet, Henry, Kopa, Djorkaeff ou Lacombe, entre autres, font mieux, voire nettement mieux, que le Madrilène. Derrière lui, Stopyra, Zidane, Wiltord, Loko, Marlet, Six, Cissé, Govou... Mais surtout, vous vous souvenez, vous, d'un but important de Benzema en Bleu ? Je veux dire, un but décisif pour une qualification, ou dans un match à enjeu ? Moi pas.

Contre l'Espagne, samedi, on ne s'en sortira pas sans un grand Benzema. Surtout, sans un Benzema qui joue en pointe, en attaque, là où on l'attends quand la France attaque, déborde, centre, cherche un appui devant. Je ne suis pas un pro Giroud, loin de là, mais j'en vient parfois à penser qu'il serait plus utile que l'attaquant du Real. Moins fort techniquement, moins expérimenté, il aurait l'avantage de rester en pointe, de nettement moins décrocher. Hier, dès son entrée en jeu, il s'est créé une occasion sur corner, qu'il a d'ailleurs raté... sa présence devant le but serait peut-être plus utile que les décrochages incessants de Benzema, qui a encore fait gonfler ses stats hier en frappant de loin. Il a signé à lui tout seul le tiers des tirs des Bleus (8), cadrant 4 fois, preuve qu'il peut être dangereux, on le sait déjà. Mais il le serait plus devant le but qu'à 30 mètres, surtout avec des passeurs de la qualité de Ribéry, Ménez ou Nasri, le grand ami de Larqué.

Le défi espagnol

Contre l'Espagne, j'ai bien peur que la seule chance des Bleus passe par une tactique à la Chelsea, qui aura réussi l'exploit en quelques matches de C1 d'adosser son nom à un style de jeu qu'elle n'a pourtant pas inventé, et qui date de 50 ans, à l'époque de l'invention du Catenaccio par Helenio Herrera, le cynique et mythique entraîneur de l'Inter. Il faudra bien défendre - sans Mexès, suspendu, avec Koscielny, on pourrait avoir peur mais certains diront que c'est un mal pour un bien, je n'en suis pas certain - notamment au milieu, où tout le jeu espagnol se fait. Il faudra contrer Xavi, Iniesta et les relances de Xabi Alonso. M'Vila a été insuffisant hier, pas assez fort à l'impact, pourquoi ne pas essayer Matuidi ? C'est un défensif pur, une teigne, qui ne lâche aucun ballon, et qui est frais, en plus. Convaincre Carlo Ancelotti de le garder titulaire à Paris n'était pas le plus mince des exploits... Avec Diarra et Cabaye, il pourrait former un duo plutôt complémentaire et efficace contre le jeu espagnol.

Et devant, il faudra être rapide, précis et efficace. Ménez fera, je l'espère, son retour, Ribéry est redevenu intouchable et Benzema a beaucoup plus un profil de contreur que Giroud. Mais s'il se plante encore, et que la France s'arrête là, son Euro aura été un échec total, et son statut de grande star internationale écornée. Si le Real recrute encore du beau monde en attaque, il pourra se faire du soucis.

A demain, pour le bilan du premier tour !

samedi 16 juin 2012

La France en deux éclairs

Bonjour à tous,

Je reviendrais dans un autre post sur la mort, très triste et surtout très brutale, de Thierry Roland. En attendant, revenons un peu sur cet Euro qui entame sa dernière ligne droite avant les quarts de finale, déjà. Et puis, comme il y a 4 jours, je reviendrais également sur le match très abouti des Bleus.

Une avalanche de buts

En quelques lignes...

- En 8 matches, et 26 buts (soit 3,25 buts par matches !) on est passé de 2,5 buts à 2,88, un record depuis 1976 ! Depuis le début de cet Euro, il n'y a pas eu de 0-0, deux 1-0 et cinq 1-1 (31,25 %), mais aussi trois 2-1 et deux 3-2. Il n'y a eu que quatre équipes qui n'ont pas réussi à marquer un but lors d'un de leurs matches : les Pays-Bas contre le Danemark (0-1), le Portugal contre l'Allemagne (0-1), l'Irlande contre l'Espagne (0-4) et l'Ukraine contre la France, hier (0-2). La moyenne risque forcément de baisser lors des matches à élimination direct, mais on a déjà pris pas mal d'avance pour battre les deux derniers Euros, qui émargeaient à 2,48. Il faudrait tourner à moins de 2 par matches sur le reste de la compétition pour qu'on n'y parvienne pas...

- On a trois meilleurs buteurs, là aussi c'est pas banal, avec Gomez, Mandzukic et Dzagoev (3 buts). On a eu droit à six doublés, autre record à ce stade de la compétition. Le nombre de buts de la tête est très important (14, soit plus de 31 %), au détriment des buts du gauche (9, soit 20 %), malgré les efforts des Français dans ce domaine hier. Même Van Persie a marqué du droit... Le club le plus représenté, grâce aux performances de Mandzukic, est étonnamment Wolfsburg (4 buts), devant le Bayern, le CSKA Moscou de Dzagoev et Manchester City (3). Arsenal, Barcelone ou Chelsea sont à deux, la Juve, Liverpool, Manchester United, Milan, le Real ou... le PSG, seul club français représenté grâce au but de Jérémy Ménez, à un. Par pays, l'Angleterre a récemment pris le large (14) devant l'Allemagne (9) et la Russie (5). L'Espagne, mal représentée pour l'instant par Barcelone et le Real (Benzema et Ronaldo à zéro but), puisque ses buteurs jouent tous en Angleterre, sauf Fabregas, suit avec 4 buts, devant l'Italie (3).

- On a également trois meilleurs passeurs, Schweinsteiger, Silva et Benzema (2). Le taux de buts sur passe dans le jeu reste de très bon niveau (60 %). Quatre équipes, l'Allemagne, la France, la République Tchèque et la Pologne, tournent à 100 % dans ce domaine.

- L'Allemagne est la seule équipe qui a remporté ses deux matches, et elle n'est pas qualifiée pour autant, ce qui montre à quel point le plateau est équilibré, hormis pour la Suède et l'Irlande, déjà éliminées avec deux défaites. Les Pays-Bas ont le même bilan mais ne sont pas éliminés, eux... six équipes comptent 4 points, et quatre, 3 points, ce qui veut dire qu'il y aura des surprises, et des déçus chez les équipes qui se croient bien placées. Comme la France, par exemple !

- Enfin, l'anomalie continue dans la répartition des buts par quarts d'heure. Le dernier d'entre eux, qui d'habitude concerne entre 22 et 25 % du total, est en berne : six buts seulement, soit 13 % seulement, le deuxième plus mauvais total devant le premier quart d'heure de la première mi-temps (5). Celui de la deuxième mi-temps est en revanche en pleine forme : 13 buts, soit 28 %, ont été marqués entre la 46e et la 60e minute, dont les deux de la France hier, ainsi que 2 des 5 buts d'Angleterre-Suède. Preuve que les équipes reviennent requinquées et motivées des vestiaires... sauf les défenseurs.

Des ailes françaises fortes

Pour la France, à présent... Elle a vraiment sorti un bon match. Si Jérémy Ménez ou Yohan Cabaye avaient connu un petit peu plus de réussite, elle aurait écrasé une équipe ukrainienne qui ne fut que deux ou trois fois dangereuse, notamment par Shevchenko, le seul à bouger devant, et habile à profiter de l'immobilisme d'Adil Rami, une nouvelle fois inquiétant hier, et pris le large à la différence de buts sur l'Angleterre. Cette dernière devra faire aussi bien contre l'Ukraine pour chiper la première place aux Bleus, si ces derniers battent la Suède. Et comme le deuxième de ce groupe risque fort de devoir affronter l'Espagne en quarts de finale... Il faudrait mieux assurer le coup, avec une victoire large par exemple.

Chez les satisfactions, on a Gaël Clichy, qui a montré qu'il était désormais un candidat sérieux à le succession de Patrck Evra. On peut dire ce qu'on veut, mais avoir en magasin les deux latéraux gauches titulaires des deux clubs de Manchester, larges leaders en Angleterre, ce n'est pas rien. Clichy convainc plus mais Evra est semble-t-il plus sûr... ne vous inquiétez pas, ne soyez pas impatients, le temps fera son œuvre...

Gros match également des milieux, à commencer par Diarra, qui a parfaitement profité de la blessure de M'Vila pour prendre une place qu'il aura du mal à céder. Puissant, bien placé et même bon relanceur, il protège bien la défense et oriente bien le jeu. On y croyait plus mais il est revenu... Cabaye, lui, confirme ses grosses qualités de combattant et de footballeur, avec ce but plein de sang-froid. Un futur patron.

Blanc a légèrement changé son système, et il m'a semble-t-il écouté - mais peu de chances qu'il lise ce blog, c'était sûrement de la télépathie -, en plaçant un joueur en soutien de Benzema. En fait, il a fait exactement ce que j'ai dit : enlever Malouda, mettre Nasri vraiment derrière l'attaquant madrilène et placer Ménez, Ben Arfa ou Valbuena côté droit, ce qui donne un 4-2-3-1 plus équilibré. Il a choisi le Parisien, et bien lui en a pris. S'il a raté une grosse occasion en première mi-temps et s'est vu refuser logiquement un but, il a surtout sorti un match énorme d'activité, avec beaucoup de dribbles réussis, des différences réalisées avec aisance, des kilomètres parcourus, et ce but plein de sang-froid comme il en a mis quelques uns cette saison avec le PSG. Revenir en France et acquérir un maximum de temps de jeu et de confiance lui a fait un bien fou : il est moins fouillis, plus efficace et toujours aussi spectaculaire. Comme il fait la gueule, même quand il marque, les gens ne l'aiment pas, mais c'était aussi le cas de Thierry Henry finalement... tant qu'il sera efficace, ça compensera un peu. Puisque les gens veulent vraiment juger les sportifs à leur propension à sourire plutôt qu'à gagner des matches ou des trophées...

Devant, Benzema, bien soutenu, a moins dézonné, même si ses deux passes décisives, dont la deuxième est remarquable quoiqu'un peu chanceuse, proviennent justement d'un dézonnage. C'était ça l'avantage de mettre un joueur de plus dans sa zone : quand il quittait cette dernière, celle-ci n'était plus vide, ce qui maintenait la pression sur la défense ukrainienne. Cabaye en a pleinement profité, tout comme Nasri, moins présent que ses compères mais utile quand même.

Et que dire de Ribéry ? Qu'attendait donc le Bavarois pour retrouver ses jambes, et redevenir cet ailier inarrêtable qu'il n'avait jamais cessé d'être outre Rhin, mais qui avait quasiment épuisé le contingent de ses rares défenseurs en Bleu ? Même moi, qui n'ai jamais cessé de le défendre quand ça allait mal pour lui, commençait à réclamer que Ménez lui succède dans son couloir ? Le fantôme qui a traversé plus de deux saisons en Bleu (aucun but, 1 passe, en 15 sélections en 2010 et 2011) était devenu un poids pour les Bleus, qui s'en est sorti sans lui. Mais depuis le début de la préparation, il est juste incroyable. Sur ces cinq matches, et hormis hier, paradoxalement, il a toujours été décisif, signant trois buts et deux passes décisives. Surtout, il a fait des différences dans son couloir que peu d'ailiers français ont du réussir dans l'histoire des Bleus. Bref, les deux latéraux ukrainiens ont dégusté.

C'est le problème de ces attaquants excentrés, qui tentent beaucoup de dribbles, qui sont critiqués quand ça rate mais qui sont adulés quand ça marche. Pour ma part, je considère que ces joueurs là sont indispensables à un collectif, parce que sur dix tentatives, si deux réussissent, ça peut faire but à chaque fois. Et même s'ils n'y arrivent pas sur un match, ça réussira peut-être sur le suivant. Il faut un collectif fort, et il faut des individualités fortes. Barcelone en est le parfait exemple : un collectif, et un génie du dribble et du but. Ménez et Ribéry resteront toujours loin de Messi, mais ils en sont quand même des cousins de jeu. Les deux sont en forme et passent plus souvent que d'habitude, pourquoi s'en priver ? Et même s'ils ne passent plus, il faut être patient avec eux, parce qu'on sait qu'ils ont le talent pour rebondir.

Voilà maintenant un seul nul suffit contre la Suède pour passer (ce qui nous qualifierait avec 5 points, alors qu'il pourrait y avoir un éliminé à 6 points dans le groupe de l'Allemagne !). Mais comme je l'ai dit, ce serait dommage d'abandonner la première place à l'Angleterre, et se fader l'Espagne en quarts de finale...

Allez, à plus tard !

vendredi 15 juin 2012

Les Bleus doivent passer une vitesse

Salut à tous,

Je sais pas si vous vous rendez-compte, mais ce soir on achève déjà les 2/3 du premier tour ! Ça passe à une vitesse... plus que quatre jours, et on connaîtra la teneur des quarts de finale alors qu'on a vraiment l'impression que cet Euro débute à peine.

En tous cas on se régale. Après deux jours à six buts ou plus, on en est désormais à 2,79 buts par matches, ce qui, si ça se confirmait, serait un record depuis 1976. Mais on le sait, les tours éliminatoires sont toujours moins riches en but, contrairement aux matches de poule, ce qui devrait raboter un peu cette bonne moyenne. Du coup, autant prendre de l'avance en attendant.

Le chantier des coups de pieds arrêtés

Passons un peu à nos Bleus, qui vont disputer leur deuxième match de poule ce soir. Après leur 1-1 contre l'Angleterre - un score qui a déjà été vu 5 fois depuis le début de l'Euro, soit plus du tiers - , les Français sont dans l'obligation de ne pas perdre, voire de s'imposer, s'ils veulent avoir leur destin en main au moment d'affronter la Suède, lors du dernier match. Oui parce qu'avec 2 points, ils auraient probablement des points de retard sur deux équipes, et ils pourraient donc être éliminés, même avec 5 points. Un succès ce soir ne serait pas décisif, mais il serait très utile, et surtout rassurant.

Par rapport au match contre les Anglais, et surtout face à des Ukrainiens qui évolueront devant leur public et avec une confiance folle - ils ont battu une Suède qui avait été autrement plus convaincante en qualifications que la France, notamment sur le plan offensif... - les Bleus vont avoir des progrès à faire, même s'ils n'ont pas fourni un mauvais premier match. D'abord, ils vont devoir une nouvelle fois s'améliorer sur les coups de pieds arrêtés, défensifs et offensifs. Mais ça fait 10 ans, voire 25, qu'on traîne cette tare, c'est pas en 3 jours qu'on l'aura réglé. Ce n'est pas seulement un problème de tireurs de qualité, on en a dans l'effectif (notamment Nasri ou Ribéry, et Valbuena et Martin chez les remplaçants), mais surtout d'état d'esprit, de sens du combat, du placement, et aussi le fait d'y croire. Mais bien défendre ou marquer sur corner, même à l’époque de Deschamps-Zidane, et même sous Platini, ça n'a jamais été notre point fort, ce n'est pas notre culture, c'est comme ça. Et si Platoche a marqué 12 coup-francs sous le maillot bleu, Zidane, étiqueté spécialiste du genre, en a mis... deux.

Une charnière bancale

Après, dans le jeu même, Rami ne m'a pas rassuré, mais ce n'est pas nouveau. Même quand Mexès était passé au travers durant les matches amicaux, je pensais qu'il serait au niveau lorsque la compétition pointerait son nez. Rami, en revanche... j'ai toujours trouvé que son absence de formation tactique est trop visible lorsque le niveau s'élève. Son physique est irréprochable, son enthousiasme et sa motivation aussi, mais il s'éparpille trop, il a des absences, et ses relances longues sont souvent peu efficaces. Bref, j'y ai jamais cru. Au final, on ne peut pas gagner une grande compétition sans une charnière de très haut niveau. Là, on en est loin.

Je n'ai à rien à dire sur les latéraux, qui ont fourni un gros matches contre les Anglais, même si il faudra peut-être qu'Evra fasse moins de fautes, face aux grands gabarits ukrainiens, ni sur le milieu, même s'il devra réussir à changer de rythme quand c'est utile, et aussi ne pas subir celui de l'adversaire. J'ai bien aimé Diarra, qui permet de bien protéger la défense, plus que M'Vila en tous cas. Même l'Espagne, connue pour la qualité de ses "petits", se repose sur un grand costaud au milieu, avec Busquets, il n'y a pas de honte à mettre un baryton au milieu des soprano pour équilibrer l'ensemble, l'enrichir. Sans déménageurs de pianos, pas de pianistes. Mais chaque sélectionneur a ses préférés, et M'Vila reviendra sans doute, espérons le pour apporter plus de vitesse au jeu de passes des Français.

Benzema au diapason de ses collègues ?

Devant, j'en ai déjà parlé, Benzema devra plus se comporter comme un numéro 9 que comme un 9 et demi. Dans cet Euro, on a déjà eu droit à six doublés, un record à cet instant de la compétition, dont 5 de la part d'attaquants. Gomez et Mandzukic ont marqué 3 fois, Bentner, Shevchenko et Torres, 2, et Di Natale, Van Persie, Ibrahimovic ou Lewandowski, les autres buteurs attendus, ont déjà ouvert leur compteur. Seul son coéquipier madrilène Ronaldo le suit dans la nullité offensive... Tous ces buts ont tous été marqués dans la surface, et souvent de près. On comprends l'envie de Benzema de toucher le ballon, d'essayer de partir de loin, mais les vrais buteurs, surtout ceux qui évoluent en 4-3-3, sont ceux qui demeurent dans la surface, qui pèsent sur la défense, et servent de point d'appuis pour leurs partenaires. Benzema qui descend aux 40 mètres pour toucher le ballon, tenter une frappe lointaine, ça ne sert à rien, sinon à gonfler artificiellement ses stats de frappes et de ballons touchés.

Je rajoute que ce 4-3-3 "à la Lyonnaise" (invention de l'OLphile Vincent Duluc, qui croit que Jean-Michel Aulas a inventé le concept, et non Guy Roux) est quasiment le seul à l’œuvre dans cet Euro, ou quasiment tout le monde joue en 4-2-3-1, hormis l'Italie et sa défense à 3, et l'Irlande et ses deux pointes, aussi utiles qu'Iker Casillas pour la Roja d'ailleurs. Je ne dis pas que Blanc doit faire comme tout le monde, être différent peut permettre de surprendre parfois, mais si les autres sélectionneurs adjoignent un soutien à  leur buteur, c'est qu'il y a sûrement une raison. Sans doute pour que ce dernier se sente moins seul... Pas sûr que Torres aurait mis un doublé, hier, sans le soutien énorme de Silva, par exemple. Avoir un soutien permettrait aussi à Benzema de revenir toucher des ballons sans que l'axe offensif soit complètement déplumé...

Nasri vraiment dans l'axe ?

Alors, qui serait ce soutien ? On pense évidemment à Nasri, qui a le profil et l'expérience, mais qui ne s'est jamais imposé à ce poste en Bleu, où il a déjà eu sa chance. Un Nasri pas en forme, c'est inutile, oui. Mais il a été bon contre l'Angleterre, et c'est finalement dans cette position axiale, qu'il recherche constamment même s'il évolue sur un côté, qu'il a marqué et brillé. Manifestement, la consigne de Blanc c'est : Nasri débute à droite mais revient vers l'intérieur, laissant le couloir à Debuchy, qui semble capable de l'animer tout seul. Ça aurait pu fonctionner si Benzema n'avait pas oublié d'occuper la pointe quand de bons centres auraient pu arriver, notamment venant de la machine à centrer lilloise...

Si on revenait à un 4-2-3-1 avec Nasri dans l'axe et Ribéry à gauche, derrière Benzema, pourquoi ne pas enlever Malouda, qui a semblé fatigué contre l'Angleterre, et mettre un Ménez, un Ben Arfa ou un Valbuena à droite ? On a un véritable excédent de talents dans ce secteur, pourquoi ne pas l'utiliser, au moins pour en faire souffler certains ? Le troisième match sera décisif, il va donc falloir que certains respirent à un moment ou à un autre. Surtout que l'éventuel quart de finale, contre l'Espagne, l'Italie ou la Croatie, arrivera vite après (4 ou 5 jours). Vu la qualité de ces trois équipes, on souhaite d'ailleurs bien du plaisir aux Bleus...

Bref, il va falloir faire mieux, comme toujours d'ailleurs, pour une équipe qui reste en reconstruction. On a déjà battu l'Ukraine en amical, chez elle, et de quelle manière (1-4). Mais on avait aussi battue l'Angleterre à Wembley (1-2), mais elle était affaiblie et ce n'était qu'un match amical. A Donetsk, déjà, on l'avait emporté sur des buts de Gameiro, Kaboul et un doublé de Martin... les deux premiers ne sont plus là, et le troisième débutera probablement sur le banc. Pas de quoi donc s'emballer à propos de ce match qui date d'un an, et face à une équipe qui a également bien évolué depuis. Bref, les compteurs sont à zéro. Espérons quand même que nous conserverons notre invincibilité face à cette équipe, qui court sur 6 matches...

Allez les Bleus, et à plus tard !

samedi 19 mai 2012

Qui derrière Mexès et Rami ?

Salut à tous,

La sélection très probable de Yanga Mbiwa pour l'Euro, à moins que Blanc ne choisisse de ne pas trancher entre ses joueurs offensifs en n'emmenant que 7 défenseurs en Ukraine, pose une question : sur qui pourra-ton compter dans cette zone clé du jeu, quand Philippe Mexès (30 ans), plus qu'Adil Rami (26), aura passé la main ? Suivant ce qui se passera l'Euro, par exemple s'il s'y comporte mieux que durant ses derniers matches à Milan, l'ancien Auxerrois pourrait sans doute continuer jusqu'à la Coupe du Monde au Brésil, dans deux ans, moins probablement pour l'Euro 2016. Il aura 34 ans, soit moins que Laurent Blanc à l'Euro 2000 (35) mais presque autant que Marcel Desailly au Mondial 2002, ce dernier poussant pourtant jusqu'à l'Euro 2004, qu'il avait vécu sur le banc, un peu avant ses 36 ans. Il n'y a donc pas vraiment de vérités, mais Mexès n'est pas spécialement un roc, il est même plutôt un habitué aux rubriques médicales, et il a débuté très jeune au haut niveau. Personnellement, j'ai du mal à l'imaginer à 34 ans encore titulaire en Bleu.

Adil Rami, lui, n'aura que 30 ans, et pourrait donc bien toujours être présent, surtout qu'il présente les caractéristiques inverses de son collègue : il est rarement blessé, puisqu'il tourne à plus de 30 matches de championnat par saison depuis quatre ans, même s'il a avoué une lassitude alors qu'il avait pourtant joué autant de matches l'année dernière avec Lille et les Bleus (58) que cette saison (59), et il a débuté très tard sa carrière professionnelle (en 2006-2007). S'il garde ce niveau et donc sa place en Équipe de France, qui l'accompagnera ?

Sakho déjà perdu ?

Il y a encore quelques semaines, la question ne se posait même pas. Mamadou Sakho, de part son statut de capitaine indéboulonnable du PSG à seulement 21 ans, était parti pour faire une grande carrière en Bleu. Aux yeux des journalistes, les quelques semaines récentes qui l'ont vu perdre ce statut aux yeux de Carlo Ancelotti, et au profit de joueurs comme Bisevac, Alex, voire Camara, suffisent à annuler ce brillant avenir. Évidemment, ça parait moins simpliste que ça, mais le jeune défenseur parisien va devoir faire un choix : soit il règle ce problème avec l'entraîneur italien, soit il exporte son énorme talent, selon moi, ailleurs, en l'occurrence à l'étranger, le seul endroit où on peut véritablement juger les qualités d'un défenseur central pour le très haut niveau.

Parce que c'est ça le problème, justement, c'est que de défenseurs centraux à l'étranger, on en a peu, comme on a d'ailleurs peu de défenseurs centraux de haut niveau, d'une manière générale. Regardez la carrière d'un Bruno N'Gotty, titulaire et impressionnant à Lyon, son club formateur (1987-1995) puis à Paris, où il remportera une Coupe des Coupes grâce à un des coup-francs dont il avait le secret (1995-1998) puis à Milan, où il jouera un peu moins (42 matches en 18 mois), avant un prêt à Venise (16 matches en 6 mois), puis un passage à Marseille (2000-2002), puis une fin de carrière en Angleterre. Ce joueur là, compte-tenu des canons que l'on a aujourd'hui, serait titulaire en Bleu, vu qu'on manque de certitudes à ce poste, même si Rami et Mexès sont bien en place. A l'époque, N'Gotty n'avait pourtant grappillé que six sélections entre 1994 et 1997. Pourquoi ? Parce qu'à l'époque Desailly et Blanc étaient déjà indiscutables en Équipe de France, sans parler de Thuram ou Djetou... Il y a 15 ans, la France avait la meilleure école de défenseurs du monde. Aujourd'hui, contrairement à ce que la polémique sur les quotas pourrait faire croire, on est faible de ce point de vue, et la charnière Rami-Mexès fait plus penser à un choix par défaut qu'autre chose. Dans un gros mois, on en saura plus sur sa véritable solidité à l'épreuve du très haut niveau, même si les deux joueurs sont déjà en place dans de grands clubs européens.

Kaboul et Koscielny, mieux que des remplaçants

Oui, à l'étranger on a Kaboul et Koscielny, 26 ans tous les deux, et qui seront donc peut-être candidats en 2014 et 2016. Les deux ont des profils diamétralement opposés, et seraient donc complémentaires à mon avis. Le premier, blessé pour l'Euro, est immense (1m90, 87 kgs), puissant, impressionnant de la tête et dans les duels, et ne manque même pas de vitesse et de qualité de relance, vu qu'il évolue parfois côté droit. L'autre, s'il ne manque pas de taille (1,86) est plus fin, et évolue plus dans l'anticipation et le placement. Et il marque plus que son collègue (3 buts contre 1 cette saison). Personnellement, je crois beaucoup en ces deux garçons, mais Kaboul n'est pas encore super médiatisé, vu que son club, Tottenham, ne fait pas parti du "big four" officiel, et Koscielny, lui, évolue à Arsenal, qui a encaissé 49 buts en championnat cette saison ! Il n'est pas le seul responsable, mais il n'a pas non plus encore rassuré cette défense.

Si on excepte Abidal, gravement malade et qui est plus appelé à jouer côté gauche (et qui, à bientôt 33 ans, n'est pas vraiment une solution d'avenir pour 2014 et 2016...), ce sont les seuls sélectionnables à ce poste à l'étranger. Le reste évolue donc en Ligue 1, où les seuls dangers offensifs dans l'axe se nomment Lisandro et Gomis à Lyon, Rémy à Marseille, le trident de milieux offensifs Nene-Pastore-Ménez à Paris, Giroud à Montpellier, Gouffran à Bordeaux, Aubameyang à Saint-Étienne... de bons joueurs, parfois de très bons, mais rien qui oblige à posséder un niveau Ligue des Champions chaque week-end pour s'en sortir. En revanche, évoluer en Liga ou en Premier League, et s'en sortir correctement, surtout face à Ronaldo et Messi, ça aide un peu plus. L'attaquant portugais, qui sera présent à l'Euro a priori, a marqué un seul but en deux matches contre Valence cette saison, c'est plutôt positif pour Rami, titulaire les deux fois...

La Ligue 1 riche en espoirs

En France, on a donc Mapou Yanga Mbiwa, 23 ans, dont on parle depuis un bon moment, notamment pour former la "garde noire" des Bleus dans quelques années avec Sakho... athlétique mais pas monstrueux (1m84, 77 kgs), il fait plus penser à Koscielny qu'à Kaboul, et la comparaison avec Desailly (1m83, 72 kgs) est logique. Mais il me semble plus technique, plus polyvalent que ce dernier, même s'il lui reste évidemment beaucoup à prouver.

Ensuite, derrière lui et Sakho ? Là il va falloir creuser parmi ceux qui n'ont pas encore été appelés. A moins qu'on redonne sa chance aux Bordelais Ciani (28 ans) et Planus (30 ans), ou à Jonathan Zebina (33 ans, Brest)... A noter que Zoumana Camara (33 ans), qui a piqué la place de titulaire à Sakho, à joué la Coupe des Confédérations 2001 avec les Bleus, alors qu'il évoluait à Marseille... Bref, notons le Caennais Heurtaux, 23 ans, qui n'aurait pas forcément éveillé mon attention s'il n'avait pas marqué 5 buts, dont deux contre le PSG, et surtout s'il n'avait pas déjà signé pour cet été à l'Udinese, qui disputera le tour préliminaire de la Ligue des Champions ! Il faudra donc surveiller comment le défenseur normand se comportera dans le Frioul... mais s'il s'impose, et que la charnière des Bleus a du mal à l'Euro, pourquoi pas l'appeler ? Il y a pire comme championnat pour juger un défenseur... n'empêche, le club caennais a encaissé 56 buts en championnat cette saison...

Attention à Kurt Zouma, le jeune prodige stéphanois (17 ans, 1m87, 85 kgs), à Nicolas Isimat-Mirin (20 ans, Valenciennes), surveillé par Lille pour succéder à Chedjou, et à Wesley Lautoa (24), qui est arrivé à Lorient cet hiver en provenance de Sedan, et dont le profil de gaucher puissant pourrait être intéressant s'il passe un cap. J'aime bien aussi les jeunes défenseurs sochaliens Mathieu Peybernes (21 ans) et Loïc Poujol (23), les Brestois Johan Martial (20), champion d'Europe des moins de 19 ans en 2010, et Paul Baysse (24), qui est polyvalent, et l'Auxerrois Willy Boly (21). En revanche, pour le Lillois Béria (29 ans dans 4 jours), trop polyvalent, le Toulousain Congré (27 ans), que les blessures ont rarement épargné, et le Nancéien Puygrenier (30), que j'aurais pourtant bien vu à ce niveau s'il n'avait pas perdu du temps dans des choix sportifs étranges, le train semble être passé. Mais on ne manque pas de candidats. Le problème, c'est qu'ils manquent pas mal d'expérience. On en saura un peu plus dans un ou deux ans, quand ces jeunes pousses auront migré dans des clubs ou des championnats plus exigeants. Ce serait pas mal pour l'Equipe de France, qui a besoin de relève dans ce secteur... comme dans d'autres.

A plus tard !

mercredi 9 mai 2012

Première salve bleue

Salut à tous,

Ce soir, à 18h, Laurent Blanc lance l'Euro des Bleus. On ne saura pas forcément qui ira à l'Euro, même si la plupart des joueurs nommés ce soir, qui évolueont tous à l'étranger, sont quasi sûrs d'y être, mais on saura qui n'ira pas. Et c'est bien le principe d'une sélection : ça sélectionne, ce qui signifie la mise de côté de joueurs qui n'auront, parfois, pas plus démérité que ceux choisis, mais qui n'ont pas été retenus pour des détails qui ne sont pas connus du grand public, comme la dynamique de groupe, ou les convictions techniques du sélectionneur. une chose est sûre, des joueurs seront déçus, mais leurs supporters également, et la liste de Blanc fera débat.

Une douzaine de joueurs


Combien de joueurs seront nommés ce soir ? Une douzaine, a priori. Même Blanc, d'après son interview d'aujourd'hui dans l'Equipe, ne sait pas - ou ne veut pas le dire - s'il s'agira d'une liste définitive ou de joueurs qui postuleront, ensuite, à la liste définitive. Mais a priori, 12 joueurs, ça correspond à peu près à la moitié de la liste finale (23 joueurs), ce qui correspond surtout à la proportion de joueurs sélectionnés en Bleu depuis plusieurs annés, à savoir la moitié. Si réservistes il y a, il ne seront pas nombreux, et ils seront surtout présents si Blanc sélectionne plus de 12 joueurs, genre 14.

Par poste, il y a déjà quelques certitudes qui s'annoncent : il n'y aura pas de gardiens, puisqu'aucun d'entre eux n'évolue à l'étranger, ce qui est dommageable d'ailleurs. Même si on n'est pas pressé de voir des talents quitter la Ligue 1, il serait intéressant de voir Lloris ou Mandanda tenter de s'imposer dans un grand club européen, au plus haut niveau. Ont-ils vraiment beaucoup à envier à De Gea (Manchester) ou Courtois (Atletico), sans parler de Valdes (Barcelone) ?

Incertitude en défense, désert au milieu
Cette liste devrait donc concerner que des joueurs de champ, et notamment de défenseurs. Hormis Sakho (PSG), pas sûr d'y être, Debuchy (Lille), en passe de s'imposer comme titulaire côté droit, et Réveillère (Lyon), son suppléant, qui peut rendre service à gauche, et sachant que Blanc ne semble pas enclin à donner sa chance à Jallet (PSG) et que Sagna (Arsenal) est blessé, tous les autres défenseurs devraient être concernés par la liste d'aujourd'hui. Les deux titulaires de l'axe, déjà. Y en a un qui tire la langue (Rami), l'autre qui souffre du contrecoup physique de son retour de blessure (Mexès) mais ils seront tous deux à l'Euro, et sans doute titulaires, sauf catastrophe lors du premier match contre l'Angleterre.

Derrière ces deux là, en revanche, le flou est de mise. On attendait Sakho, mais il est au placard à Paris, de façon inexplicable, vu que la défense parisienne n'est pas vraiment meilleure sans lui... Sinon, il y a Koscielny (Arsenal), qui a un vécu très mince avec les Bleus, qui est très bon dans le placement et la relance, beaucoup moins dans l'impact physique, et qui ne fait pas vraiment partie d'une défense sereine et efficace ; et Kaboul (Tottenham), son opposé absolu, puissant et physique, même s'il ne manque pas de vitesse. Tout dépend aussi du nombre de défenseurs qu'il prendra, surtout en l'absence d'Abidal, qui couvrait le côté gauche et l'axe, un profil rare chez les Bleus, hormis Sakho. Dans l'interview, Blanc insiste sur la notion de groupe, ce qui exclu la surprise Varane (Real). Je le vois quand même prendre Sakho, et Kaboul, qui peut dépanner à droite.

A gauche, avec l'absence très problématique d'Abidal, le débat se situera entre Evra, Clichy et Mathieu, qui jouent en ce moment mais qui n'ont pas réussi à s'imposer en Bleu, même si le premier a été capitaine, on s'en souvient. Le joueur de City est très performant en ce moment mais il a rarement brillé en Bleu, et Mathieu a très peu joué, mais sa polyvalence (milieu gauche ?) peut l'aider. A mon avis les trois seront appelés, mais un des trois quittera le groupe avant le 29 mai.

Au milieu, comme Blanc le dit, personne n'émerge. M'Vila a souvent déçu en Bleu, a stagné avec Rennes, mais le sélectionneur est un fan. Alou Diarra est quelconque avec Marseille, mais son profil, unique en l'absence de Diaby, le rend pourtant indipensable. Cabaye est bon avec Newcastle, et sa qualité technique lui garantie presque une place de titulaire, malgré son manque d'expérience internationale (10 sélections, 10 matches de C1). Tout dépend également si Blanc évolue à deux ou trois au milieu, avec un ou deux meneurs... Ce soir en tout, cas, l'ancien Lillois devrait être le seul appelé, puisque Lassana Diarra (Real Madrid) est hors du coup, avec Malouda, qui ne joue gère plus avec Chelsea mais qui est un cadre et qui peut rendre service à son nouveau poste de milieu relayeur.

Ben Arfa, seule surprise offensive ?
Chez les milieux offensifs, Nasri, peut convaincant en Bleu comme à Chelsea, et Ribéry, aussi performant avec le Bayern qu'insipide avec les Bleus, seront appelés de façon certaine. La question est de savoir si Ben Arfa est appelé. L'ailier de Newcastle, longtemps blessé, a mis du temps à s'imposer dans l'équipe type d'Alan Pardew, mais ses récentes performances sont flatteuses, et son profil est rare chez les Bleus. Surtout, sa présence dans la liste de cet après-midi ne serait pas bon signe pour les Marseillais Valbuena et Amalfitano, quelconques avec Marseille. Je suis plus confiant pour Ménez, intenable avec Paris depuis le début de l'année, meilleur passeur du championnat dans le jeu (11) et très bon lors de son entrée en Allemagne. Surtout, il peut jouer des deux côtés, ce qui peut être utile... On en saura plus dans une semaine pour Gourcuff et Martin, qui sont des opposés : l'un a un passé en Bleu et rejoue enfin dans un club du haut de tableau, l'autre est performant en Bleu et joue régulièrement avec Sochaux, qui joue le maintien. Si Nasri et Ben Arfa sont là ce soir, en plus de Ménez et Valbuena, qui peut jouer dans l'axe, l'un des deux restera probablement à la maison, même s'ils peuvent être appelés à évoluer plus bas.

Enfin en attaque, peu de suspense. Benzema sera appelé ce soir et, à part Cissé, c'est le seul à évoluer à l'étranger, mais l'attaquant de QPR, efficace, comme toujours, part pourtant de loin. Le suspense, qui concerne moins Giroud et Rémy que Gomis, sachant que Gameiro ou Hoarau ne jouent plus à Paris, dépend du nombre de milieux offensifs appelés... Blanc évoluera avec une seule pointe, dond il est inutile de prendre plus de trois pointes.

Je résume donc la liste qui, selon moi, sera rendue publique ce soir : Rami, Mexès, Kaboul, Koscielny (?), Evra, Clichy, Mathieu, Cabaye, Malouda, Nasri, Ribéry, Ben Arfa, Benzema. Douze ou treize, quoi. Bref, on en reparlera.

A plus tard !

samedi 17 mars 2012

Les jeunes et les autres

Salut à tous,

Bonne nouvelle pour les amateurs de chiffres, j'ai fait une nouvelle petite stat intéressante. Curieux de savoir sur quel genre de joueurs les différentes équipes du championnat se reposaient suivant leurs moyens et leurs ambitions, j'ai fait une petite pyramide des âges, d'abord générale, et ensuite en différenciant les joueurs appartenant aux dix premières équipes, puis à aux autres. Voici le résultat :



A première vue, il n'y pas de grandes différences. Effectivement, quelque soit le classement de chaque équipe, il semble y avoir en Ligue 1 une grande concentration de joueurs âgés de 21 à 27 ans, et notamment de 22 à 25. C'est assez jeune : cela montre que les équipes de Ligue 1 ont du mal à attirer, et surtout conserver, leurs joueurs dès qu'ils passent les 25-26 ans. C'est précisément l'âge qu'avaient Adil Rami ou Yohan Cabaye lorsqu'ils ont quitté Lille pour rejoindre l'Espagne et l'Angleterre. C'est le parcours le plus classique : formation, révélation puis confirmation en France, avant un départ pour l'étranger. Ce qui est dommage, c'est qu'il est souvent convenu que le meilleur âge d'un footballeur se situe justement entre 27 et 31 ans, période dont profitent en général les clubs étrangers. Quels joueurs appartenant à cette catégorie d'âge disposent d'un statut d'international actuel en Bleu, tout en évoluant en Ligue 1 ? Valbuena (27 ans), Alou Diarra (29), Hoarau (27) et Réveillère (31). Hormis le premier nommé, ces joueurs semblent assez loin de l'équipe-type actuellement.

Autre phénomène intéressant, qui confirme cette théorie : après un sérieux creux chez les 29-30 ans, les trentenaires "reviennent", en tous cas connaissent une hausse, sans qu'ils parviennent cependant à concurrencer leurs congénères les plus jeunes. Logique : une carrière professionnelle de footballeur durant en moyenne 7 ans, et la Ligue 1 étant avant tout un championnat formateur, il est normal que les joueurs de 20 ans et quelques soient plus nombreux que les trentenaires, qui restent cependant utiles et en nombre suffisamment important pour encadrer ces mêmes jeunes. C'est ainsi qu'on note que les joueurs de 20 ans sont un peu plus nombreux (23) que les joueurs de 30 ans (21). Mais ceux de 31 et 32 ans, eux, sont beaucoup plus nombreux, à hauteur des joueurs de 29 ans. Quant aux plus de 32 ans, après 33 ans ils deviennent quasiment des étrangetés (14 au total)...

Les différences entre les clubs du bas et du haut du tableau (à noter que ces pyramides ne seront sans doute plus tout à fait les mêmes lundi matin, le classement du ventre mou étant évidemment voué à bouger sensiblement à chaque journée, mais il s'agit de tendances, pas de vérités absolues) sont visibles sur deux points : les joueurs de 23 ans, et les trentenaires.

Avant cela, on constate à l’œil nu que les équipes du bas du tableau utilisent plus de joueurs, une impression confirmée par les chiffres : 244 contre 214, soit 1,5 joueur en plus par équipe. Vu comme ça, ça ne semble pas énorme, mais en tous cas ça montre un phénomène récurrent, c'est que quand ça va mal, on essaie beaucoup de choses, on fait tourner son équipe... Ainsi, Montpellier a utilisé 20 joueurs de champs, Lille 21, contre 27 à Brest ou Lorient, 25 à Dijon ou Nancy, 26 à Nice.

On fait aussi jouer des jeunes, pour cette raison mais aussi par manque de moyens, et ça se voit nettement sur les pyramides : les joueurs de 23 ans sont plus de deux fois plus nombreux dans le bas du tableau (28) que dans le haut, où il y a un véritable creux (13). Étrange d'ailleurs, dans la mesure où les joueurs de 22 ans, eux, sont les plus nombreux chez les cadors (24)... Les clubs cassés de 11 à 20 ont également pléthore de joueurs de 27 ans (24 à 13). Une explication possible : au moment du traditionnel départ hors de France évoqué plus haut, ceux qui n'ont peut-être pas assez de talent, où n'ont pas su le montrer, restent dans leurs clubs, ou partent dans des clubs français de niveau égal. Alors que pour les joueurs de 25-26 ans qui évoluent dans de plus gros clubs, il est plus facile, voire logique, de partir à l'étranger. Je reprends l'exemple de Rami et Cabaye : s'ils avaient évolué à Sochaux ou Brest, seraient-ils partis aussi facilement dans de grands championnats ? Vu que leur club était champion de France, la logique de leur progression les emmenait là-bas. En revanche, regardez Marvin Martin : à 24 ans, s'il était parti, il serait probablement allé dans un grand club français, Paris, Lyon ou Marseille, pas à l'étranger. Mais la prochaine étape de sa carrière, surtout si Sochaux descend, le mènera dans ces clubs... ou ailleurs, vu son statut d'international.

Enfin, le dernier phénomène concerne les "plus de 31 ans", comme j'aime à les appeler, et qui marquent un peu plus de 8% des buts en Ligue 1, soit à peine plus que les joueurs de moins de 21 ans (8%), alors qu'ils sont nettement plus nombreux (53 à 43). L'explication de ce décalage se situe peut-être dans le fait qu'ils évoluent majoritairement dans des clubs de la deuxième partie de tableau, qui marquent donc moins en moyenne. Si les 32 ans sont comparables, la différence se situe après : onze 33 ans à 2, quatre 34 ans à un dans l'autre sens mais trois 35 ans à zéro. En revanche, il y a trois 36 ans dans le haut du tableau à zéro, autant de 37 ans (1 chacun), et le seul joueur de 38 ans, Thierry Debès, évolue à Ajaccio. Mais attention, parce que le joueur de 37 appartenant au "haut du tableau" se nomme Jérôme Leroy, et est licencié à Evian-Thonon-Gaillard, 10e du classement... Il pourrait rapidement changer de pyramide.

La différence se situe donc surtout chez les joueurs de 33 ans. Pourquoi un tel écart, de un à cinq, alors qu'on constate souvent que ce sont ces mêmes joueurs qui font la loi dans les très clubs européens comme Milan, Chelsea voire Barcelone ? Parce qu'il ne s'agit pas des mêmes joueurs ! D'abord, les "gros" clubs français, hormis le PSG, n'ont pas vraiment les moyens d'avoir dans leurs rangs des grands joueurs du calibre de Lampard, Drogba, Xavi ou van Bommel. Et puis, il y a aussi un choix de ces clubs, qui sont avant tout Français : dans notre pays, et notamment pour les sportifs, passer l'âge de 31 ans équivaut à basculer dans la catégorie des décatis, des inutiles, des perdus d'avance, ce qui est loin d'être le cas en Italie ou en Angleterre. Pourquoi ? Parce que miser sur un joueur de cet âge équivaut à certainement perdre de l'argent sur une revente qui risque d'être nulle, ou très faible, alors que dans ces championnats, la notion d'économie et de budget équilibré est quasi nulle.

Dans ce domaine, seul le PSG, qui n'a plus peur de perdre de l'argent, a pris ce risque : en misant sur Lugano (31 ans, 3,5 millions d'euros), Motta (29 ans, 11,5), Alex (29 ans, 5) et Maxwell (30 ans, 3,5), il a privilégié l'expérience, au détriment de la sûreté économique. Pas sûr que le club parisien récupère beaucoup des 23,5 millions dépensés pour ces quatre joueurs lorsqu'ils partiront, à 32 ou 33 ans... s'ils restent aussi longtemps. Mais c'est comme ça aussi que ça se passe, à Milan ou ailleurs. Un exemple extrême : Pippo Inzaghi, est arrivé à Milan en 2001 pour la bagatelle de 41 millions d'euros, un de moins que Pastore. Plus de 10 ans plus tard, il repartira sûrement gratuitement de Lombardie, en retraite ou ailleurs. Lyon avait fait ça pour Anderson, acheté par Lyon 16,5 millions et parti pour zéro quatre ans plus tard. Mais personne n'avait dit à l'époque que c'était de l'argent perdu, vu tout ce que le Brésilien avait apporté au club lyonnais...

Bref, j'ai digressé. Toujours est-il qu'il s'agit d'une explication comme une autre pour expliquer l'absence de joueurs d'expérience dans les gros clubs, alors que les petits sont souvent un point de chute idéal pour des joueurs en fin de carrière, parfois de retour de l'étranger (Zebina, Brest). Chez nos fameux joueurs de 33 ans, on note aussi la présence de bons joueurs de clubs qui ont réalisé une carrière sans éclat mais très honorable, en Ligue 1 et en Ligue 2, comme Ducourtioux (Valenciennes), Maire (Ajaccio), Proment et Deroin (Caen), Audard et le Lan (Lorient), Grégorini (Nancy), et Edouard Cissé (Auxerre). Certains d'entre eux, on le voit, ont aussi un passé dans des clubs plus huppé, qui ont plus de mal à leur faire confiance après 31 ans, notamment les deux derniers nommés, qui sont passés par Marseille. En tous cas, quasiment tous ces joueurs, à la fois expérimentés mais encore assez jeunes pour être performants sur la durée, sont des titulaires indiscutables dans ces clubs pour qui une telle expérience est vitale. Le fait qu'il n'y en ait aucun à Sochaux, par exemple, est assez parlant, je trouve.

Dans le haut du tableau, qui sont les deux joueurs de 33 ans ? Dalmat, qui ne joue plus à Rennes d'un commun accord avec son club, et Souleymane Diawara (Marseille), qui lui est un cadre dans son club. C'est le seul de son âge dans un gros club français. Étonnant non ?

A plus tard, et n'hésitez pas à réagir à ce post !