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mercredi 3 septembre 2014

Ou va la Ligue 1 ?

Salut à tous,

Maintenant que la Coupe du Monde est loin derrière nous, et que la nouvelle saison est entamée, j'aimerais vous donner mon point de vue sur le football français actuel.

Je trouve que concrètement, le bon parcours des Bleus au Brésil cache particulièrement bien une forêt qu'on aura vu plus luxuriante. Je reviendrais plus tard sur l'équipe nationale, qui ne m'a pas encore prouvé qu'elle avait réellement réintégré le gotha des meilleures nations européennes. A ce titre, le nouveau France-Espagne qui se profile - le quatrième en 27 mois, quel est l'intérêt ? - nous donnera de bonnes clés pour mesurer réellement son niveau actuel. Mais pour le reste, c'est extrêmement inquiétant.

Des Danois pour remplacer les stars

Étrangement, ce que je vais vous dire devrait nous inciter à l'optimisme, puisque depuis l'arrêt Bosman, les Bleus ont toujours eu leurs meilleurs résultats quand la représentation de la Ligue 1 dans ses rangs était faible. Mais aujourd'hui, c'est carrément le désert. Hormis les deux Parisiens Cabaye et Matuidi, et à un degré moindre le Lyonnais Lacazette, tous les autres évoluent à l'étranger. Pourquoi ? Parce qu'ils sont tous partis. Cette saison, en quatre journées, seulement trois internationaux français ont marqué : Gignac et Payet (Marseille) et Lacazette. Ces trois là ont marqué 8,4 % du total des buts en Ligue 1, contre 10,4 l'an passé, 10,3 l'année d'avant, 13,4 en 2011-12 et 14,5 en 2010-11. Vous me direz, c'est aussi parce que les internationaux du PSG n'ont pas encore vraiment repris après le Mondial, soit. Mais Benzema a déjà marqué avec le Real, tout comme Giroud à Arsenal. La réalité, c'est que des internationaux français en Ligue 1, il y en a quasiment plus, ou alors des anciens.

Un autre phénomène peut inquiéter, c'est la qualité des joueurs étrangers qui arrivent en Ligue 1. A une époque, le Brésil remportait presque sans forcer le classement des buteurs par pays, et avec une grosse marge. Ça n'a déjà pas été le cas l'an dernier, avec la victoire des Ivoiriens. Et cette année, combien de buts brésiliens en Ligue 1, sur un total de 98 ? Un seul, signé du Parisien Lucas. Est-ce que la Ligue 1 n'a plus les moyens de recruter des Brésiliens, qui d'ordinaire apportent toujours quelque chose ? Ou est-ce le signe de la baisse général du niveau du football brésilien, constaté avec fracas cet été au Mondial ? Je pencherais plutôt
pour la première solution. Certes, ils ont été remplacés par des Uruguayens, en plus des Argentins qui ont toujours été là. Mais la Ligue 1, sans le sou et sans solution pour compenser les sempiternels départs, s'est tournée vers des ligues assez peu affriolantes.

Premier pays au classement actuel, sans surprise, la Suède de Ibrahimovic, mais aussi de Toivonen. Deuxième pays européen, derrière les voisins du Rio de la Plata ? Le Danemark de Wass, Braithwaite et Kjaer. Aujourd'hui, la Ligue 1 recrute un peu plus européen, ce qui n'est pas plus mal, parce que là encore le football français de clubs a connu ses meilleurs résultats dans les années 90 alors que les buteurs européens étaient majoritaires. Mais il s'agissait d'Italiens (Simone, ravanelli...) ou d'Allemands (Klinsmann, Völler...). Viser les championnats scandinaves, c'est un aveu de faiblesse terrible, avec tout le respect que je dois à mes ancêtres vikings. Quels sont les autres pays européens représentés au classement des buteurs ? Turquie (Erding), Bulgarie (Berbatov)... Il y a bien des Italiens à Paris et Monaco, mais ils ne sont pas vraiment dédiés au marquage de buts. Pas d'Espagnols, pas d'Allemands (pourquoi Paris n'a pas mis les 50 millions de David Luiz sur un phénomène tel que Marco Reus ou Tony Kroos ?), pas d'Anglais, peu de Portugais...

Un niveau élevé d'amateurisme

Et que dire de la Ligue de Football ? Comment peut-elle accepter qu'un club gangréné par les dettes tel que le RC Lens intègre la Ligue 1, sur la seule promesse qu'elle va peut-être recevoir les 4 millions d'euros que son propriétaire azéri, ce qui n'a évidemment pas été le cas, alors qu'elle refuse l'accès à la Ligue 2 à Luzenac, qui a trouvé un stade aux normes, ou sur le point de l'être - ça reste l'enceinte du meilleur club de rugby français de l'histoire, habitué aux visites fortement alcoolisées de supporters britanniques toute l'année... -, et alors que l'AC Ajaccio, il y a une petite dizaine d'années, avait intégré la Ligue 1 avec un stade pas aux normes du tout, ce qui lui coûtait 25 % de son budget en amendes ? Qu'est-ce qui a changé ? Il faut avoir la carte pour rentrer ? Les bonnes chaussures ? La Ligue se couvre de ridicule et de honte avec cette affaire, passe pour un médiocre club de riches exclusifs. Pourquoi n'avoir pas laissé sa chance à Luzenac, et repêché Châteauroux avant même d'avoir les conclusions du CNOSF ? Sur ce coup, je me demande qui est le plus amateur des deux...

Et que dire du cas de Lens, encore, et de Caen, qui n'évoluent pas dans leur stade ? Dans quel pays cela arrive-t-il ? Pourquoi le Racing doit-il jouer son maintien cette saison dans un stade deux fois plus petit et situé à 70 kilomètres (122 par la route) pour cause de travaux à Bollaert, alors que Saint-Étienne, Marseille ou Toulouse, eux, n'ont eu aucun problème pour évoluer dans leurs propres enceintes durant les travaux de leurs stades ? Les grues ne sont pas munies de roues à Lens ? Les gravats sont stockés sur la pelouse ? Et Caen, qui doit évoluer en ce début de saison au Mans, située à 137 kilomètres (!) de Michel d'Ornano, pour cause de... Mondial équestre organisé dans la cité normande ? Non mais où a-t-on déjà vu ça ? Il n'y avait aucun autre endroit pour organiser cet évènement ? Je ne sais pas moi, un hippodrome par exemple ? N'importe quoi, sauf le seul stade professionnel manifestement disponible pour permettre à un des autres clubs promus de pouvoir jouer son maintien dans de bonnes conditions ! Et si un jour la Mairie de Marseille veut organiser le Mondial de pétanque au Vélodrome, ça se passe comment ? Sérieusement, comment peut-on tolérer un tel niveau d'amateurisme dans un des soit-disant cinq grands championnats d'Europe ?

Dans le top sept

Justement, parlons-en. Tout cela explique sans problème la sévère chute que notre football de club subit actuellement sur le plan européen. Il va être vite temps d'arrêter de compter la Ligue 1 dans la liste des "cinq grands championnats". Le cinquième grand championnat, c'est l'Italie, et le quatrième, c'est le Portugal. Et nous, on est sixième ? Ah non, la Russie vient de nous passer devant. Si on n'effectue pas une meilleure saison que les Russes, on perdra notre troisième place en C1, et un seul de nos représentants sera directement qualifié pour les phases de poule. Et vous savez quoi ? C'est complètement mérité. Si le classement FIFA est une escroquerie, le coefficient UEFA, lui, est clair et objectif : le nombre de points pris par un pays divisé par le nombre de clubs alignés. Limpide, et implacable.

Hormis le PSG, qui évolue sur une autre planète, aucun club français ne s'est qualifié pour les huitièmes de finale de la C1 depuis 2012, où Marseille et Lyon avaient quitté la compétition à ce niveau précisément, éliminés par l'Inter et... l'APOEL Nicosie, prochain adversaire du PSG en poules cette année. Depuis, combien de points ont pris Montpellier et Lille, l'année suivante, et Marseille, l'an passé ? Deux, trois et zéro, et une victoire acquise en 18 matches. Et après, on voudrait encore avoir trois représentants en C1 ? Mais sur quel argument sportif objectif ? On n'a clairement plus les moyens d'avoir un troisième club, qui de toutes façons, depuis deux saisons, ne passe plus les barrages, un autre signe que la marche est devenue clairement trop élevée pour les clubs français. Mais même le deuxième strapontin est franchement sujet à caution. Certes, Marseille avait eu un groupe ardu, mais quand même, zéro point ? Sérieusement ? Arsenal, Naples, Dortmund, c'est difficile, mais ce n'était pas non plus le Real, la Juve et le Bayern ! Il y avait de quoi prendre une poignée de points quand même, pour un des meilleurs clubs français, non ? C'était Marseille là, pas Valenciennes !

Les terreurs roumaines ou danoises

Le problème c'est qu'aujourd'hui, on l'a vu ces deux dernières années en Ligue Europa, on peut trembler contre la moitié des pays du continent. Les Verts affrontent l'an passé en barrages Esbjerg, qui venait de vendre son meilleur buteur Braithwaite au TFC ? Éliminé. Dans le même temps, Nice affronte l'Apollon Limassol, autre terreur du championnat chypriote ? Éliminé aussi. Bordeaux se retrouve dans sa poule avec le Maccabi Tel Aviv et l'Apoel Nicosie, encore eux. Bilan contre ces deux équipes, en plus des deux défaites contre Francfort, futur 13e de Bundesliga ? Un succès, trois défaites. Cette année, retour des Verts en barrages de la C3, on leur propose le bizut  et repêché Karabukspor, septième du dernier championnat turc. Bilan ? Une qualification arrachée aux forceps, aux tirs aux buts après une défaite à l'aller (1-0), et des démonstrations de joie quelque peu... indécentes,
compte-tenu de la performance très relative des hommes de Galtier face à un adversaire de cinquième zone. Et ce n'était qu'une qualif pour les poules ! Quant à l'élimination de Lyon, face aux terribles roumains d'Astra Giurgiu... comment dire... sans commentaires.

Voilà où en est le football de clubs en France, à trembler face aux Roumains, aux Danois, aux Chypriotes... et si le PSG se plantait cette année, et ne se qualifiait pas ? Ça peut arriver à tout le monde, c'est bien le cas de City depuis des années... qui va prendre la relève ? Si encore ces "accidents" restaient des accidents, c'est-à-dire rares, isolés... mais c'est devenu la règle depuis deux ans. La saison passée, les clubs français ont cumulé 14 succès européens, contre... 21 défaites. Avec 0,8 points par matches (à la victoire à deux points), c'est le pire bilan de la Ligue 1 depuis 1988-89. Dans les années 2010, on tournait à 0,97 points par matches, contre 1,13 dans les années 2000, pourtant pas vraiment un bon cru, et 1,24 dans les années 90, la meilleure décennie pour les Français, juste derrière les années 50, où il n'y avait que la C1 (1,25). Cette année, alors qu'on n'a disputé que des matches de barrage, on en est déjà à deux succès pour quatre défaites, et on s'apprête à envoyer Guingamp affronter la Fiorentina, Minsk et Salonique. Vous la sentez la catastrophe arriver ou pas ?

La Ligue 1 en Ligue 2

Dans ces conditions de décrépitude extrême, où des clubs comme Lyon sont contraints de faire jouer des joueurs qui ont à peine le niveau présumé de la Ligue 1 (Tolisso, Koné, Ghezzal...), où seul Marseille semble ne pas s'être vraiment affaibli malgré la perte d'un international en titre, Valbuena, comment s'étonner de notre chute sur le plan européen ? Valbuena, tient, comme ceux qui partent au Portugal (Aboubakar), par exemple... des destinations qui n'en étaient pas auparavant. Mais ces championnats sont devant nous à présent, et il va être temps d'arrêter de se pincer le nez quand il s'agit de parler de championnats performants sur le plan européen. Regardez l'effectif du Dinamo Moscou, et vous rigolerez moins. Que des internationaux russes (Zhirkov, Denisov, Kokorin, buteur au Mondial...), Kevin Kuranyi, un Brésilien, un international équatorien (Noboa) et maintenant un Français, sans parler de l'excellent ailier hongrois Dzsudzsak. Je peux vous dire que si ça ne fait pas autant rêver qu'un bon club espagnol ou Anglais, ça reste mieux que Marseille, aujourd'hui, désolé. C'est plus riche ? Mais Marseille et Rennes n'ont pas des milliardaires à leurs têtes depuis dix ans ?

Tout cela expliquant aisément le faible nombre de joueurs de Ligue 1 évoluant en Bleu aujourd'hui, et je dirais heureusement pour les Bleus. Mais là encore, l'honnête parcours de notre équipe au Brésil ne nous garantit pas pour autant un avenir proche radieux. D'abord, il va falloir se priver des rares joueurs de haut niveau qui ont pris leur retraite cet été. Si Nasri n'a, il est vrai, jamais vraiment pesé en Bleu, ce n'est pas le cas de Franck Ribéry, homme de base de la qualification pour ce Mondial, meilleur buteur ET passeur des Bleus en 2012 et 2013, et qui, je trouve, a manqué aux Bleus au Brésil. Il faut vraiment être de mauvaise foi pour considérer que Griezmann (0 but, 0 passe) a remplacé efficacement le Bavarois à ce poste de milieu gauche, quand ce n'était pas Benzema qui l'occupait. Le nouveau joueur de l'Atletico représente un des plus sérieux joueur d'avenir, mais en dehors de buts contre la Jamaïque et le Paraguay en amical, il n'a pas encore fait assez pour être considéré comme indispensable... enfin selon moi. Si en défense on a ce qu'il faut pour voir venir, je trouve qu'offensivement, malgré la démonstration contre la Suisse, on est un peu juste, notamment au niveau du nombre. Nos solutions de rechanges à Valbuena et Griezmann ? Lacazette, Rémy, Payet... pas vraiment des pointures mondiales à leur poste. Du moins, pas encore, pour le premier, qui sait. Ce que je veux dire, c'est qu'on est encore loin des tous meilleurs, je trouve. On en est pas loin, mais pas encore. Reste que c'est la seule satisfaction française actuelle, donc...

Reste à espérer de bons résultats en C1 de Paris et d'un Monaco qui n'a plus rien à voir avec la machine de l'an passé après les départs de Rodriguez et Falcao, et de Lille, Sainté et Guingamp en C3. On croise les doigts... et on en reparle en fin de saison. Ou nettement avant...

A plus tard !

vendredi 21 septembre 2012

Semaine contrastée

Bonjour à tous,

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on vient de vivre une semaine européenne pour le moins instructive, bien qu'assez traditionnelle finalement. Quoique.

Historiquement, les clubs français prennent plus de "points" en Europa League qu'en Ligue des Champions. Pas énormément plus, mais si en général ils ont un bilan légèrement positif en fin de saison - ce qui n'est pas toujours le cas, comme l'année dernière (16 victoires, 16 défaites) ou l'année d'avant (17 victoires, 18 défaites), ce n'est pas grâce à nos résultats en C1. Ainsi, l'année dernière, Marseille, Lyon et Lille avaient accumulé 9 succès et 10 défaites en C1, contre 7 succès et 6 défaites en C3. Même chose l'année d'avant : 9 succès et 12 défaites en C1, 8 succès et 6 défaites en C3. Et cette année, c'est pour l'instant flagrant : 2 victoires, 3 défaites en C1, 4 succès à 0 en C3 (tour préliminaire inclus). Ce ne sont pas des différences énormes, mais bien réelles, et récurrentes depuis plusieurs années. Un écart qui s'explique évidemment par la différence de niveau entre les deux compétitions, mais aussi par le manque de véritables clubs leaders en Ligue 1, véritablement dominateurs en championnat et compétitifs face aux meilleurs clubs européens. Ce n'est pas nouveau, la Ligue 1 est un championnat homogène, où le suspense est souvent présent et les écarts rares. La seule fois qu'un club français a semblé capable de rivaliser avec les meilleurs ces dernières années, c'est quand Lyon écrasait le championnat... mais il était tout seul.

Malgré tout, nombreuses étaient les critiques - justifiées - adressées aux clubs français engagés en C3, pour leur manque d'investissement et d'intérêt dans une compétition certes fatigante, mais pour laquelle ils s'étaient battus l'année précédente. Paradoxalement, ce sont les clubs qui auraient préféré se qualifier en C1 plutôt qu'en C3 l'année passée, notamment Lyon et Marseille mais aussi, à un degré moindre, Bordeaux, qui ont semblé montrer un appétit supérieur pour les joutes sous-médiatisées et pourtant souvent féroces de l'Europa League. On aurait pu craindre que ces clubs, calibrés jusqu'à encore aujourd'hui, malgré leurs difficultés financières et l'affaiblissement présumé de leurs effectifs, pour la Ligue des Champions, de par leur histoire dans la compétition notamment, ne jouent pas le jeu, peu motivés par une compétition qui rapporte tellement moins que la C1, et qui est si peu valorisante sur le plan médiatique. Si Bordeaux avait mis 4-0 à Bruges en C1 - affiche crédible a priori - plutôt qu'en C3, ça aurait eu un tout autre retentissement. Équivalent, peut-être, à celui du large succès du PSG contre Kiev (4-1). Mais non, non seulement ils ont joué le jeu, alignant leurs équipes types ou presque, contrairement à leurs prédécesseurs qui préféraient donner du temps de jeu à leurs remplaçants face à des clubs portugais ou russes qui n'en demandaient pas tant, mais en plus ils ont fait le boulot, signant de très bons résultats.

Du coup, au lieu de légèrement rattraper les résultats français en C1, comme souvent, nos résultats en C3 les compensent carrément beaucoup. Sur cette semaine, on passe d'un bilan très moyen, voire mauvais en C1, à un bilan honorable de 3 succès, 1 nul et 2 défaites sur la semaine. Pas la panacée, mais c'est mieux que rien.

En fait, c'est plutôt la C1 qui gâche la C3. Que Montpellier s'incline face à Arsenal, c'était prévisible, même si on peut considérer que le Champion de France, au vu de sa prestation et de son nombre d'occasions nettes, méritait largement mieux que cette défaite (1-2). On savait cette défense londonienne prenable, même si elle est pour l'instant solide en championnat (1 but en 4 matches). Jenkinson et Gibbs sont jeunes et peu connus, et les joueurs qui composent sa charnière (Mertesacker, Koscielny, Djourou, Vermaelen...) sont de bons joueurs européens, mais loin d'être des cadors. Les petits gabarits montpelliérains en ont profité, notamment l'excellent Cabella, qui rappelle vraiment beaucoup Valbuena, en moins truqueur... mais ça n'a pas suffit, par manque d'expérience et de lucidité. Un constat classique à ce niveau pour un bizut, mais cruel quand même.

Que Paris batte Kiev, c'était attendu, même si ce n'était pas du tout cuit face à une équipe qui, sur le papier, est plutôt séduisante. Paradoxalement, alors qu'on l'attends plutôt sur son potentiel offensif exceptionnel, et malgré l'importance de l'écart au tableau d'affichage, c'est bel et bien par la qualité de son bloc défensif que le club parisien a fait la différence, et ce dans les deux surfaces. Défensivement, le PSG a étouffé son adversaire, livrant le pauvre Ideye Brown à lui-même, et ne concédant quasiment aucune occasion, si ce n'est sur ce but un peu casquette comme seul le PSG semble capable d'en prendre, encore. La charnière Alex-Thiago Silva a été aussi solide que prévu, bien protégée il est vrai par le gros travail des trois milieux défensifs, Chantôme, Matuidi et l'exceptionnel Verratti, dont on n'a pas fini d'entendre parler. On pouvait s'étonner du montant du transfert élevé pour un jeune joueur inconnu n'ayant jamais évolué en Serie A (11 millions). On pouvait aussi s'étonner de voir qu'il avait été présélectionné pour l'Euro avec l'Italie ! Mais quand on le voit jouer, on comprends tout, et notamment pourquoi son ancien club, Pescara, est monté au printemps dernier, et pourquoi il est en grande difficulté cette saison en Serie A...

Mais si le PSG a fait la différence, c'est aussi grâce à ses défenseurs, en plus de l'excellent match de Pastore et Ménez, qui n'ont pourtant été décisif qu'un minimum (le penalty pour Ménez, le dernier but pour l'Argentin). Les deux stoppeurs brésiliens ont marqué sur coup de pied arrêtés, et du pied, pas de la tête, et Jallet a été exceptionnel dans son couloir. La concurrence avec Van der Wiel va être féroce. Mais selon moi, il n'y a pas photo. Le latéral néerlandais a pour lui son transfert (6 millions), son salaire et sa carrière internationale (1 finale de Coupe du Monde). Mais il reste aussi sur un Euro d'une indigente faiblesse. J'ai du mal à l'imaginer passer devant un Jallet qui marche sur l'eau, et qui est surtout le capitaine du club ! En revanche, pour Sakho, pourtant très bon depuis la reprise... il va lui falloir se battre pour écarter un des deux Brésiliens ! Son avantage ? Son âge, par rapport à Alex notamment (22 contre 30).

Bref, ces deux résultats étaient plutôt attendus. Mais celui de Lille, en revanche... on marche sur la tête. Certes, les clubs français ont l'habitude, depuis 10-15 ans, d'avoir des résultats moyens en C1. Mais je n'ai pas le souvenir d'une équipe française humiliée de la sorte sur sa pelouse face au club présumé le plus faible de sa poule (1-3). Le LOSC avait déjà manqué le coche l'an passé, en ne parvenant pas à battre Trabzonspor au Stadium Nord, ce qui lui aurait permit de se qualifier pour les huitièmes (0-0). Comme quoi, le changement de stade n'a pas changé grand chose, je dirais même au contraire, vu le bilan du club dans sa nouvelle enceinte si ardemment réclamée (1 succès, 1 nul, 2 défaites). Avec la perte de Hazard et malgré l'arrivée de Kalou, le LOSC a beaucoup perdu en percussion offensive, mais ce n'est pas de la faute du trio offensif lillois si les Lillois prennent des buts aussi idiots en ce moment, comme à Troyes en championnat (1-1), et contre Borisov, si ? Des cadres comme Debuchy ou même Mavuba, pourtant excellent en sélection, marchent à côté de leurs pompes en ce moment. En tous cas, en un match, Lille a perdu une grande partie de ses chances de se qualifier. Comment les imaginer prendre au moins 4 points contre Valence et le Bayern, et gagner à Borisov, dans leur état de forme actuel et vu leur historique dans la compétition ? Perdre contre le "petit" dans une poule resserrée, c'est presque toujours rédhibitoire.  Le LOSC va même devoir se surpasser pour accrocher la troisième place, qui lui semblait assurée. C'est vraiment du gâchis...

Heureusement, donc, les anciens habitués de la petite musique du mardi et mercredi ont respecté leurs statuts en Ligue Europa. Bordeaux n'a pas tremblé face à une équipe brugeoise que j'attendais quand même à un autre niveau, notamment sur le plan de la gnac (4-0). J'ai regardé le match, et je n'ai pas vu une seule occasion belge ! Bordeaux était bon, mais pas à ce point. Tant mieux pour les Girondins, qui peuvent réaliser de belles choses dans une poule à leur portée (Newcastle, Maritimo). Même chose pour Lyon, qui a eu du mal à concrétiser sa domination avant de faire la différence d'un coup, puis de trembler en fin de match contre le Sparta Prague (2-1). Si les Israeliens du Kiryat Shmona ne semblent pas très dangereux, ils ont quand même ramené un nul de Bilbao (1-1), ce que le PSG n'avait pas su faire l'an passer... Lyon est favori de ce groupe, mais attention à la chute de tension. La minceur de son effectif, notamment, me fait un peu peur.

Enfin, Marseille a eu très peur à Fenerbahce (2-2). Dominateur mais mené de deux buts, l'OM a su une nouvelle fois faire parler son excellent état d'esprit actuel pour s'en sortir. André Ayew est dénigré, mais c'est encore celui qui sauve perpétuellement son club, notamment en Coupe d'Europe, comme avec son doublé contre Eskisehispor en tour préliminaire (3-0), contre l'Inter (1-0) ou Dortmund deux fois l'année dernière. C'est selon moi un des derniers joueurs de niveau international du club phocéen, avec Mandanda, Valbuena, Rémy et N'Koulou, et son départ, très probable en fin de saison, fera du mal aux Phocéens. En tous cas, Marseille peut voir venir dans sa poule (Moenchengladbach, Limassol).

Voilà, espérons que la prochaine fois, les résultats français seront tous bons ! A plus tard !

vendredi 6 avril 2012

Résultats à crédit

Salut à tous,

Ce qui s'est passé hier, mais aussi cette semaine et ce qui va peut-être se passer à la fin du mois, pourrait être historique. Pas besoin de vérifier, à mon avis, pour affirmer que quatre clubs d'un même pays squattant les deux finales européennes, c'est du jamais vu. Sur une compétition, oui, mais sur deux, non.

En effet, Barcelone et le Real n'iront certes pas en pantoufle pour aller affronter Chelsea et le Bayern, mais ça reste quand même dans leurs cordes, et ça nous promet un super Clasico, un vrai de vrai celui-là, avec les grandes oreilles au bout. Et en Ligue Europa, il suffira que Bilbao sorte le Sporting Lisbonne pour que les Basques rejoignent en finale le vainqueur du duel Atletico Madrid-Valence. Même si ce duel ibérique paraît équilibré, ce serait dommage que l'Athletic, qui a éliminé en chemin le PSG, Manchester United et Schalke, n'aille pas au bout de son rêve. Surtout avec une génération pareille (Muniain, Susaeta, Llorente, Ander, Javi Martinez...). Étrange que cette équipe ne soit que 11e en Liga...

Étrange, mais surtout très parlant sur le niveau de la Liga cette saison. Cinq clubs sur huit en demi-finales européennes, il fallait le faire. Malaga, qui est richissime cette année suite à l'arrivée des Qataris à sa tête, est certes quatrième, mais à... 25 points du deuxième, Barcelone. L'an dernier, trois clubs portugais figuraient en demi-finales de la Ligue Europa, et deux en finale, mais sans le Sporting. Cela montre également la vigueur du football lusitanien, qui vient, dois-je le rappeler, de passer devant le nôtre au classement UEFA, nous coûtant ainsi un tour préliminaire supplémentaire en Ligue des Champions. Deux bons tiers de la Superliga survivraient à peine dans notre Ligue 2, mais le tiers supérieur jouerait le titre en Ligue 1, sans problème. C'est ce qui s'appelle un championnat vertical, à opposer au nôtre, nettement plus horizontal.

Mais ces deux footballs sont aussi en crise. Une bonne moitié des clubs espagnols seraient relégués en deuxième division, voire seraient liquidés administrativement, s'ils évoluaient en France. Même chose pour le football portugais, qui vit une autre crise, plus inattendue : ils ont construit de très beaux stades pour l'Euro 2004, mais malgré les résultats de leurs clubs, ils sont très loin de les remplir. Lors de la dernière journée, Academica, qui recevait le quatrième du championnat, le Maritimo Funchal - qui devance d'un point le Sporting - a rempli son stade à... 12 % (3501 spectateurs). Même le choc Benfica-Braga, qui décidait de la place de leader, n'a rempli le légendaire Stadio da Luz qu'à 76 % (49078). Nacional Madeira contre Rio Ave ? 30 %. Gil Vicente contre Setubal ? 31 %. Guimaraes contre Paços Ferreira ? 33 %. Porto contre Olhanense ? 63 %. Seul Leiria, face au Sporting, a fait quasiment le plein (95 %). Résultat, ces stades vides sont des gouffres financiers pour des clubs déjà affaiblis par la crise qui frappe le pays, comme son voisin.

C'est d'ailleurs le paradoxe de voir ces footballs si fringants au niveau européens, provenir de pays qui font partie des plus touchés, pour l'instant, par la crise actuelle. Pourtant, la Grèce, elle, voit son football payer fortement l'effondrement de son économie, puisque de nombreux clubs sont en cessation de paiement, et sont exclus des championnats. Si l'Espagne et le Portugal ne sont pas encore au niveau grec, cela pourrait le devenir. Les clubs de ces pays, et notamment les Espagnols, vivent très largement au-dessus de leurs moyens, dépensent sans compter l'argent qu'ils n'ont pas, même quand ils n'ont pas l’État (!) pour éponger les dettes (comme pour le Real) ou un investisseur du proche-orient (Malaga), et payent les joueurs quand ils le peuvent. Forcément, ça ne durera pas. Si le fair-play financier instauré par Platini ne fonctionne pas, la logique économique finira logiquement par les rattraper. En début de saison les joueurs avaient déjà refusé de jouer la première journée en Espagne, comme en Italie, pour cause de salaires non payés... ils vont faire quoi l'année prochaine ? Faire des défilés ? Voter à gauche ?

C'est pour ça que dire que ces championnats sont florissants et supérieurs aux autres parce qu'ils ont les résultats que l'ont sait en Coupe d'Europe. Oui, ponctuellement, personne ne leurs résistent actuellement. Rappelons que le Sporting a sorti Manchester City, symbole des nouveaux riches européens actuels (1-0, 3-2), qui lui ne craint pas grand chose tant que son Emir éponge derrière, un peu comme pour le PSG et son Cheikh. Mais tout cela repose sur du sable, et tout pourrait s'effondrer dans les prochaines années. Et pas que en Espagne ou au Portugal, également en Italie ou en Angleterre. Au profit de qui ? Peut-être de la France, plus sûrement de l'Allemagne, qui est très solide financièrement et structurellement. Et qui aime le foot, elle.

A plus tard !

mercredi 4 avril 2012

Sur une pente glissante

Salut à tous,

Voilà... c'est fini. Hormis pour Karim Benzema, Franck Ribéry, Lassana Diarra et Florent Malouda, encore concernés par les derniers tours de la Ligue des Champions, le football français en a terminé avec cette saison 2011/2012 de Coupes d'Europe. Et cette année encore, il y a beaucoup à en dire.

Premier constat, tout d'abord : en 2013, le troisième de Ligue 1 devra se fader un tour supplémentaire, fin juillet début août, pour accéder au barrage de la Ligue des Champions, puis aux poules de cette dernière. Vivement les déplacements en Slovénie ou en Norvège, avant même le début de la Ligue 1... et c'est le Portugal qui, le plus logiquement du monde, récupère cette cinquième place. Ce dernier profite non seulement des excellents résultats du FC Porto, tenant certes déchu de la Ligue Europa, mais aussi de Benfica, du Sporting et de Braga, ces dernières saisons.

Il y a une différence notable entre le football professionnel portugais et le nôtre : ils ont des clubs leaders très forts, et ils ne traitent pas à la légère l'Europa League. Tout l'inverse du football français, donc. Nos "tops clubs" ont plutôt failli en Ligue des Champions, et les autres, engagés en C3, n'ont pas passé la phase de poule, une première depuis l'instauration de cette dernière, en 2004. Aucun club en 1/16es de finale, ça n'était jamais arrivé depuis la fusion avec la Coupe des Coupes, en 1999.

Alors certes, Marseille a atteint les quarts de finale de la Ligue des Champions. Mais, même si le club phocéen n'a pas eu la tâche facile, puisqu'il a du affronter Arsenal, Dortmund, l'Olympiakos, puis l'Inter et le Bayern, son parcours est typique de celui que doit emprunter un club français pour aller loin, aujourd'hui : chaotique. Avec quatre succès, un nul pour cinq défaites, l'OM fait un peu moins bien que Lyon, vainqueur 4 fois pour 3 défaites et 3 nuls, et finalement presque pareil que Lille (1 v., 3 n., 2 d.), dernier de sa poule. A quoi tient une qualification en poule ? Dans son groupe, Marseille a pris 10 points, en s'inclinant deux fois à domicile (au total trois, en cinq matches au Vélodrome). Dans le groupe A, Manchester City a été éliminé avec le même total, tandis qu'avec dix points également, l'Inter terminait premier. En Ligue Europa, le PSG était également éliminé avec dix points, pour un but en trop encaissé à Salzburg (2-0).

L'indice UEFA est finalement le fruit d'un calcul assez simple, voire simpliste, mais très parlant : on additionne les points pris par les clubs d'un pays sur une saison, et on divise par le nombre de clubs. On prend ensuite les cinq derniers chiffres, on les additionne, et ça donne l'indice UEFA. Ça veut dire que ça ne sert à rien d'avoir un ou deux bons clubs, si les autres ne prennent aucun point, puisque c'est une moyenne. Ainsi, se qualifier pour un tour supplémentaire en gagnant puis en perdant, comme l'a fait Marseille contre l'Inter (1-0, 1-2) est admirable, mais a autant de valeur mathématique que de se faire éliminer de la même manière, comme l'a fait Lyon contre Nicosie (1-0, 0-1, 3-4 tab). Et vu que les Phocéens ont pris aucun point contre le Bayern au tour suivant, le résultat est exactement le même que s'ils avaient été éliminés par l'Inter sur des scores inversés. C'est une opération blanche.

C'est un peu le problème des clubs français, ils ne maîtrisent que rarement leurs qualifications. Sur les cinq dernières années, tout tour et toute coupe confondues, les clubs français se sont qualifiés 29 fois lors d'un affrontement aller-retour. Ils n'ont remporté les deux matches du duel que 12 fois (41,38 %), et une seule fois après la phase de poule de la Ligue des Champions, grâce à Bordeaux, contre l'Olympiakos en 2009/2010 (1-0, 2-1), sur trois qualifications seulement. Le reste, c'était le plus souvent durant les tours préliminaires, et/ou en Ligue Europa.

Comment Lyon n'a pas pu gagner ses deux matches contre Nicosie ? Et le PSG, en poule contre le Slovan Bratislava  (0-0, 1-0) ? Et Rennes, pas un contre le Celtic Glasgow (1-1, 1-3) ? Le club breton qui a remporté 4 matches contre 3 défaites en Ligue Europa, mais uniquement lors des deux tours de barrage qui l'ont opposé au Metallurg Rustavi (2-5, 2-0) puis l'Etoile Rouge de Belgrade (2-1, 4-0). Peu importe au fond, ce sont des points, mais ça symbolise la limite de compétence des clubs français moyens en Coupe d'Europe. Surtout quand ils alignent des réservistes à ce niveau... d'autres gros clubs étrangers font la même chose, mais quand City fait tourner, ça n'a pas vraiment le même impact sur ses performances que pour Rennes... City n'est plus en course, certes, mais depuis moins longtemps, et a eu le temps de rapporter un peu plus de points à son pays.

D'une manière générale, les clubs français ne flambent pas en ce début de décennie, avec 1,01 points par match (avec la victoire à deux points). Dans les années 2000, durant lesquelles on se plaignait déjà de la baisse de niveau des clubs français, ces derniers tournaient tout de même à 1,13, et à 1,24 dans les années 90, la meilleure décennie de leur histoire (si on excepte la saison 1959-60, 1,25), marquée par deux victoires en Coupes d'Europe, juste avant l'avènement de l'arrêt Bosman, en 1996. On fait même moins bien que durant les années 80 (1,09) et à peine mieux que dans les années 70 (0,97) et 60 (0,91). Voilà à peu près où se situent les résultats des clubs français en Coupe d'Europe : trente ans en arrière. Ce qui ne veut pas dire uniquement que la Ligue 1 a le même niveau qu'en 1980, mais aussi qu'aujourd'hui, les clubs français ne jouent pas ces matches de la même manière : ils calculent plus, et font plus tourner, ce qui nuit à leurs performances, du moins en C3. En 1980, un match européen était toujours un évènement pour un club français, quelqu'il soit. Aujourd'hui, c'est une plaie. C'est fatiguant. Difficile de les aborder de façon conquérante avec un état d'esprit pareil.

Par ailleurs, en Ligue des Champions, les clubs français ont terminé avec un bilan positif qu'une seule fois depuis cinq ans, en 2009/2010 (1,29), avec la demi-finale de Lyon. Sur ces cinq dernières années, la France est toujours cinquième au nombre de points pris (107) mais présente un bilan légèrement négatif (43 succès à 44, pour 21 nuls, 139 buts à 136), sans les tours préliminaires. Dans le même temps, le Portugal, qui a joué 35 matches de moins que nous dans la compétition, se débrouille un peu mieux (32 succès, 12 nuls, 29 défaites), malgré une différence de buts bizarrement désastreuse (86 contre 102). Mais on l'a dit, ce sont les points, et uniquement les points, qui comptent...

Bref, autre indice que le football français n'est pas au mieux de sa forme cette saison, c'est le nombre de buts marqués par les joueurs français, tous clubs confondus. Si Benzema, qui n'en a pas encore fini, a brillé (7 buts) tout comme Bafé Gomis (6, dont 4 à Zagreb, 7-1), ils sont bien les seuls. Le suivant s'appelle Djibrill Cissé (3 buts avec la Lazio), ce dernier devançant dix joueurs à deux buts, dont les Parisiens Ménez et Bodmer, le Lyonnais Briand, le Rennais Feret, le Marseillais Rémy, ainsi que Ribéry (Bayern), Boumsong (Panathinaikos), Modesto (Olympiakos), Rami (Valence) et... Stéphane Da Cruz (UN Käerjeng, Luxembourg, ex Sochaux). Derrière ce beau monde, avec un but, Gameiro et Hoarau (PSG), Kembo (Rennes), Lacazette (Lyon) ou Valbuena (Marseille) n'ont pas vraiment brillé. D'ailleurs, avec 52 buts et avant les derniers tours européens, la France a très peu marqué, comparé aux 68 buts de la saison passée, les 79 de l'année précédente ou les 81 auparavant. Il faut remonter à la saison 2007/08 pour constater un total comparable (54). A moins que Benzema ne marque 15 buts durant les derniers matches du Real dans la compétition...

Voilà le tableau, qui n'est pas brillant. Que faire pour changer ça ? Il y a deux ou trois ans, on se réjouissait que ce soit toujours les mêmes (Bordeaux, Marseille et Lyon) qui se qualifiaient pour la Ligue des Champions, parce que c'était le meilleur moyen pour eux d'amasser des pépettes, et donc de devenir de plus en plus performants, ce qui allait forcément tirer le football français vers le haut. Oui parce qu'en France, on ne mesure la compétitivité d'un club que sur le plan financier, malgré des exemples contraires qui foisonnent dans notre football, notamment cette saison avec le PSG qui ne maîtrise plus son sujet en Ligue 1...

On a vu le résultat : aucun des trois n'est à l'heure actuelle en position de se qualifier pour la prochaine C1, même si Lyon n'est pas loin. Comme quoi, les raisons qui font que dans les autres pays, ce soit toujours les mêmes clubs qui se succèdent à eux-mêmes tiennent à d'autres choses que l'argent, comme la ferveur populaire, le merchandising, la taille et la qualité des stades ou la culture de la gagne, qui n'a pas fait long feu après la période dorée de la fin des années 90 et du début des années 2000, en France. Il y a aussi des finances pas du tout maîtrisées chez la plupart de nos voisins européens, hormis l'Allemagne : si le fair-play financier cher à Michel Platini produit des effets, le football français pourrait mécaniquement en profiter, même de façon légère. Sinon... je crois qu'il va falloir se montrer patient, très patient.


A plus tard !