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jeudi 21 novembre 2013

La défaite des experts

Salut à tous,

Alors, on l'a fait ou pas ? Elle n'est pas là la qualification ? Félicitations à tous les croquemorts de l'Equipe de France, tous les Cassandres qui s'efforcent, depuis 36 heures, de retomber sur leurs pattes, en affirmant le plus sérieusement du monde que ce qu'ils ont dit tout le WE, et depuis plus de trois ans même, à propos de ces Bleus, était vérifié, qu'ils l'assumaient, mais qu'ils étaient heureux quand même. Que cette victoire pleine de volonté et de courage leur donnait raison, que c'était dans la tête des joueurs que ça se passait. Pendant plus de trois ans, ils ont poussé le peuple à détester leur équipe nationale, et aujourd'hui ils osent se présenter en amoureux de cette dernière ? Mais ils n'ont pas le droit de l'ouvrir. Ils devraient utiliser leur droit de silence, pour se faire oublier. Mais depuis mardi soir, on n'a jamais autant vu Pascal Praud à la télé. Comme quoi, que ce que vous disiez soit exact ou non, l'important c'est de dire quelque chose et de l'assumer, n'est-ce pas ? Admettre qu'on a eu tort, c'est quasiment signer son arrêt de mort médiatique. Et Praud aime trop passer à la télé pour ça.

Certains Français aiment leur équipe

Laissons ces tristes personnes dans leurs tours d'ivoire, voulez-vous. On a une qualification à savourer, une communion à faire fructifier. Dire que l’Équipe de France s'est réconciliée avec son public serait erroné : certes, les 80 000 spectateurs du Stade de France, dont votre serviteur, n'étaient pas là pour cracher leur haine, au contraire, ils étaient venus pour jouer
le rôle que tout spectateur de foot devrait avoir, celui de soutien, de 12e homme. Ils voulaient aller au Mondial, ils voulaient aussi montrer qu'ils ne faisaient pas partie des 80 % des gens qui souhaitaient - je dis bien souhaitaient - que la France n'aille pas au Brésil, qu'elle ne le méritait pas. Imaginez-vous un supporter de l'Angleterre souhaiter que son pays échoue ? En France, c'est possible. Non, ceux qui étaient là - et qui avaient acheté leur billet avant la match aller, il faut le reconnaître, et qui souhaitaient peut-être aussi que l'argent investi ne serve pas à rien - ont démontré qu'il restait encore des gens, en France, qui savent se comporter en supporter quand leur équipe en a besoin. C'est ça, un supporter. Ce n'est pas un consommateur, un opportuniste, qui lui tourne le dos dès que les vents deviennent contraires. Ce ne sont pas des Footix.
Ne soyons pas naïfs : à la première défaite, par exemple en mars contre les Pays-Bas, seul match amical programmé pour l'instant, les mêmes discours reviendront : la victoire contre l'Ukraine était chanceuse, cette équipe ne mérite pas d'aller au Brésil, on va être ridicule - si on tombe sur trois équipes du niveau des Pays-Bas, sûrement, mais ce ne sera pas le cas - et surtout, surtout, c'est la faute de Knysna. Dans 20 ans, on continuera de parler de Knysna sans savoir vraiment ce que ce terme étrange veut dire, mais ça fait vendre du papier, donc autant l'utiliser jusqu'à l'usure. Entretenir ce mythe, c'est garder sous le coude un argument comme quoi chaque défaite, chaque match moyen, est du à l'attitude des joueurs, leur manque d'envie, d'amour du maillot. Des arguments aux relents poujadistes et démagogiques,voire xénophobes, malgré le fait que la France ait été sauvée par des joueurs comme Sakho, Benzema, Pogba...

Sakho ce héros

Mais peu importe, au fond. Cette équipe a prouvé qu'elle avait de la qualité, même si rien n'est réglé. Une chose est sûre selon moi : il faudrait être aveugle pour penser qu'elle n'a pas trouvé une assise, un axe défensif extrêmement solide et performant, et je ne parle pas seulement de la charnière. Cette dernière est celle que j'ai trouvé la meilleure depuis très longtemps. Comment peut-on encore penser qu'un Koscielny vaut un Varane ? Ce dernier, qui n'était pas au top physiquement, a pourtant une nouvelle fois rendu une copie d'une très grande qualité, propre et sans la moindre erreur. Varane a-t-il seulement été mauvais une fois en Bleu ? Et combien de fois a-t-il été en difficulté au Real Madrid ? Avant ses blessures, il avait mis sur le banc des phénomènes comme Carvalho ou Pepe, excusez du peu. Et à gauche, comment a-t-on pu croire à la renaissance d'Abidal ? Pour qu'il y ait renaissance, il aurait fallu qu'il y ait naissance, mais le Monégasque n'a jamais été une référence au poste de défenseur central, notamment en Bleu. Alors à 34 ans, après deux ans d'absence pour maladie... ce qui rendait son retour en Bleu sympathique le dessert plus aujourd'hui qu'autre chose. Les belles histoires trouvent souvent leurs limites quand le niveau s'élève sérieusement.

A son poste, difficile de trouver mieux en France que Mamadou Sakho, je suis désolé. Et dire qu'il n'était plus apparu en Bleu depuis juin dernier, hormis sa mi-temps en octobre conte l'Australie... son statut de remplaçant au PSG - situation à la fois regrettable, au vu de son image de titi parisien formé au club, et logique, vue la concurrence - mais aussi, durant les premières semaines, à Liverpool, ont bien failli lui couter cher. Lui qui était titulaire indiscutable pour Deschamps avant cet été compliqué ne pouvait que reprendre sa place. L'avenir, c'est lui, on le savait depuis des années, durant lesquelles on avait tâtonné dans son secteur, même si Blanc avait tenté d'installer pendant deux ans la charnière Rami-Mexès. Mais quel défenseur, en France, rassemble autant de qualité de combattant, de puissance, de force ? Ce n'est pas un monstre technique, soit, même s'il ne me semble pas l'avoir vu rater une relance mardi soir, même les plus compliquées. Mais Desailly en était-il un ? Le grand Marcel aussi ne prenait pas de risque dans la relance, puisqu'il avait Blanc à ses côtés qui s'en chargeait. Mais c'était un monstre défensif qui ne laissait respirer aucun adversaire. Et Desailly s'est révélé plus tard au haut niveau que Sakho. Hormis le pied fort, ils ont beaucoup de points communs, selon moi.

Un trident redoutable

Il est également facile de bien défendre quand vous avez devant vous trois joueurs complémentaires, qui allient puissance défensive, pour deux d'entre eux, et potentiel offensif redoutable, pour les trois. L'abattage hallucinant de Matuidi, la puissance et la vista de Pogba, la technique et la science tactique de Cabaye forment presque le joueur parfait à eux trois. Comment a-t-on pu passer à côté de ce triumvirat ? Les autres joueurs de ce secteur reverront-ils un jour le ciel se découvrir pour eux, si ce n'est sur blessure ou suspension ?
Rappelons que ces trois là étaient suspendus pour le match en Géorgie... étrangement, Sissoko et Guilavogui n'avaient pas apporté la même stabilité, le même sens de la perforation. Ils y seraient peut-être parvenus s'ils avaient évolué avec un troisième joueur dans leur secteur, ce qui leur aurait permit de jouer plus haut et d'apporter des solutions offensives. Le 4-3-3 avait rarement marché avant mardi soir, mais désormais il apparaît comme le système idéal. Tout dépend aussi des joueurs qui l'animent...

C'est drôle parce que vendredi, avant le match, tous les "experts" étaient satisfaits de l'équipe alignée par Deschamps, avec Nasri devant Pogba et Matuidi, c'était pour eux un bon choix, puisque Valbuena était hors de forme, et surtout ça démontrait que Deschamps voulait attaquer, ne pas se contenter de défendre. Par la suite, la défaite venue, on a entendu les mêmes experts affirmer que Deschamps s'était planté dans les grandes largeurs, que cette défaite était la sienne... le jour où on verra un journaliste se dédire, là on pourra parler de véritable démocratie médiatique. La Presse n'a pas de contre-pouvoir pour la forcer à savoir se remettre en question quand elle s'est plantée, comme elle l'exige à propos des gens qu'elle ne cesse de juger, c'est le problème.

Benzema est enfin Benzema

Pour moi, le problème du milieu droit reste posé. J'ai vu toutes les notes positives que Valbuena a reçu, et elles ne sont pas imméritées. Mais elles auront quand même étonné beaucoup de spectateurs présents au stade, et qui ont râlé quand ils ont vu Valbuena continuellement se recentrer, dézonner, et ainsi ne pas offrir de solution à Debuchy, sur le plan offensif mais aussi défensif, puisque ce dernier a souvent du gérer Konoplyanka tout seul, ce qui lui a valu un carton et une sortie prématurée, pour éviter son expulsion. Sur ce match là, ça a marché, mais pas sûr que ça marchera à chaque fois, permettez moi d'en douter. Valbuena n'a pas réglé le problème du milieu droit parce qu'il n'a pas joué milieu droit. En revanche, quel excellent tireur de coups de pied arrêtés ! Il faut toujours un bon tireur dans une équipe, et avec lui et Ribéry, on est pas mal. Manque juste un gaucher... comme d'habitude.

Devant, Benzema a prouvé qu'il avait retrouvé la confiance qui le rend, selon moi, supérieur à un Olivier Giroud qui semble limité techniquement pour le haut niveau, selon moi, mais qui demeure une bonne solution de rechange en cours de match. Tant que Benzema, qui a des automatismes avec Ribéry, marque et se montre décisif, on ne peut pas le mettre sur le banc, même si ça ne fera pas plaisir aux amateurs de joueurs qui font joli - et Français de souche. De toutes façons, l’Équipe de France a besoin d'avoir des cadres qui assurent le job. Ribéry, qui est moins passé dans son couloir que d'habitude mais qui a fait expulser deux Ukrainiens, et a provoqué deux buts mardi soir, le fait régulièrement depuis deux ans. Si Benzema le fait aussi, on peut voir venir.

A plus tard !

mercredi 16 octobre 2013

Sus aux barrages !

Salut à tous,

Après ces deux très bons matches de l’Équipe de France face à deux équipes qui sont certes loin du gratin mondial, mais qui ne sont pas non plus si nulles que ça, il est temps de faire un petit état des lieux avant les barrages qui s'annoncent dans un mois. Et qui font déjà frissonner l'épiderme des quelques supporters que comptent encore cette équipe dans ce pays à la relation si étrange avec le "supportariat".

Des qualifs réussies

D'abord, un constat : avec 17 points sur 24 possibles, la France a réalisé, quoi qu'on en dise, un excellent parcours, surtout quand on sait qu'elle a du se coltiner la meilleure équipe du monde sur les six dernières années, l'Espagne, contre qui elle a même réussi à gratter un point, et sur qui elle ne compte, à la fin du bal, que trois petits points de retard. Soit une victoire, celle obtenue sans briller par la Roja au Stade de France, en début d'année (0-1). Les deux équipes ont donc pris le même nombre de points contre les trois autres adversaires de la poule, à savoir 16 sur 18. Comme parcours chaotique, j'ai déjà vu pire. Dès le tirage au sort, on savait que le destin probable de ces Bleus était de terminer barragiste. C'est ce qui est arrivé, mais le fait qu'elle aurait encore pu coiffer sa grande rivale lors du dernier match, comme c'était le cas hier soir, prouve qu'elle n'a pas raté du tout sa phase qualificative, loin de là.

Elle s'est ratée sur un seul match, celui en Géorgie (0-0). Si elle l'avait emporté, elle aurait échoué à un point de l'Espagne, ce qui ne change pas grand chose, mais quand on se
remémore le dernier France-Espagne, qui aurait tout aussi bien pu se terminer en match nul, on peut se dire que la première place de cette poule ne s'est vraiment pas jouée à grand chose. Et que, au passage, l'Espagne est loin d'avoir maîtrisée son sujet, avec un match nul contre la Finlande, à Gijon (1-1), des victoires compliquées contre le Bélarus (2-1), la Géorgie (0-1, 2-0) et la Finlande (0-2) et les matches accrochés contre la France (1-1, 0-1), qui termine d'ailleurs avec une meilleure attaque (15 contre 14). Comparés aux parcours des Pays-Bas (34 buts) ou de l'Allemagne (36), ça fait pâle figure. Mais on sait depuis longtemps que le talent de l'Espagne, contrairement aux idées reçues, repose autant sur un beau collectif que sur des qualités de pressing et de défense au-dessus de la moyenne, il suffit de regarder ses derniers tournois, où elle s'est souvent contentée de 1-0 minimalistes mais efficaces pour passer les obstacles.

Ribéry se charge de tout

Revenons à la France. Le paradoxe ultime, sachant qu'elle possède logiquement moins de chance de gagner ses barrages que de les perdre, vu son statut de non tête de série, serait qu'elle soit éliminée tout en possédant en son sein le futur Ballon d'Or. Mais l'aura-t-il si la France échoue ? Malgré tout, que serait cette équipe sans Franck Ribéry ? On aurait aussi pu se poser la question durant les années Platini, mais c'est vrai qu'en ce moment on a presque du mal à imaginer la France marquer un but sans un coup de pouce de l'ailier du Bayern. Contre l'Australie (6-0), il marque une fois, donne trois buts et se trouve à l'origine d'un autre, soit cinq sur six. Hier soir, sur trois buts, il ouvre le score d'une façon sublime et donne le troisième but à Benzema. Ce fut également le cas au Bélarus, le mois dernier (2-4), où il marqua deux fois. Lors des deux dernières années civiles, il a signé 10 (deux fois cinq) de ses 18 passes décisives dans le jeu en Bleu, soit le même total que Zidane... qui compte 30 capes de plus (108 contre 78). Dans le même temps, la France a marqué 38 buts, sur lesquels il a été directement impliqué un fois sur deux (9+10)... Il a marqué cinq fois cette année, aucun Bleu n'avait marqué autant depuis Thierry Henry, en 2007...

Seize buts, 18 passes en 78 sélections, pas mal pour le footballeur le plus moqué en France, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le sport : les affaires de prostitutions, certes, mais aussi son visage et ses difficultés en Français. Un racisme anti moche mais aussi de classe, qui ne valorise pas notre pays, déjà à la peine en ce moment au niveau des valeurs d'humanisme. Ce qui est drôle, vu que son énorme popularité, en 2006, valait autant pour ses qualités balle au pied que pour sa fraîcheur, ses blagues potaches, et un constat : c'est un petit gars du peuple. On le célébrait pour ça, on le moque aujourd'hui pour ça. En tous cas, un chose est sûre : on n'ira pas au Brésil sans un grand Ribéry.

La défense tangue

Étrange année 2013, durant laquelle les Bleus ont battu leur record en terme de minutes sans marquer consécutivement (525, soit près de six matches) et qui viennent de marquer 13 buts en trois matches... difficile d'évaluer ses forces et ses faiblesses, hormis l'évidence Ribéry. Elle est inconstante, c'est un fait. Combien de joueurs sont indiscutables dans cette équipe ? Lloris, Matuidi, Ribéry, c'est à peu près tout. Evra, de par son expérience et le
manque de concurrence, l'est en partie, tout comme Debuchy, l'expérience en moins. Les deux latéraux qui ont écarté les faibles prétendants à leur postes sans vraiment le faire exprès, même si le joueur de Newcastle affiche toujours une belle qualité de centre. Mais ce sont d'anciens ailiers qui sont toujours aussi moyens sur le plan défensif. Face aux faibles ailiers australiens ou finlandais, ça passe (et encore, hier on a concédé beaucoup d'occasions venant des côtés) mais dès que le niveau s'élèvera... on pourra trembler. Vous me direz, le Brésil a remporté cinq Coupes du Monde avec des latéraux qui défendent mal, mais c'est le Brésil, il peut se le permettre, pas nous.

Dans l'axe, on a vu hier qu'Abidal, malgré toute la sympathie que son parcours fait naître dans nos petits cœurs, mais aussi son immense expérience, n'était pas vraiment une bonne solution. Heureusement que Koscielny a rattrapé plusieurs coups... le Monégasque a plusieurs fois été battu dans son dos, ce qui est sensé ne pas lui arriver vu sa pointe de vitesse. Mais à 34 ans et après quasiment deux ans sans jouer, celle-ci semble appartenir au passé. Heureusement, on a Varane et Sakho en réserve. Peut-être faudrait-il que Deschamps soit enfin convaincu que l'ancien Parisien est devenu meilleur qu'Abidal. Et que Koscielny, aussi intelligent soit-il, ne vaut pas un demi Varane. La sélection naturelle finira par faire le travail.

Le milieu, point fort des Bleus

Au milieu, on semblait parti pour un duo Pogba-Matuidi mais Cabaye est revenu battre les cartes. Avec un constat : quand le Magpie est là, la qualité de passes des Bleus s'en ressent. Étant entendu que Deschamps semble avoir définitivement adopté le 4-2-3-1 que la majorité des équipes dans le monde appliquent, il va falloir qu'il tranche. Matuidi, par son abatage et son travail au milieu, mais aussi son jeu vers l'avant (ce fut moins le cas hier) semble indiscutable. Pogba, de part son statut à la Juve et son âge, ce qui implique une marge de progression énorme, également. Disons que Cabaye semble être une solution un poil plus offensive, quand la France aura besoin de moins défendre et mieux jouer. Contre l'Australie, par exemple, ce fut parfait. Quand ce sera l'Allemagne en face, c'est moins sûr. En tous cas, c'est le secteur le plus performant, mais ce n'est pas nouveau, c'est plutôt une constante chez l’Équipe de France, qui a gagné une Coupe du Monde grâce à lui.

Avant d'arriver aux attaquants de pointe, voyons ceux chargés de les fournir en ballon. Ribéry semble avoir phagocyté la fonction avec talent, et pour cause : personne d'autre ne parvient à équilibrer le jeu de l'autre côté. Les autres passeurs cette année, à part lui qui en a signé cinq ? Valbuena (2), Nasri et Sissoko (1). Ménez provisoirement (?) out, Payet pour l'instant trop juste, il reste la solution Rémy, qui est pour moi la meilleure (avec Ménez, à son niveau optimal). Le Magpie (encore) présente le double avantage de savoir briller dans le couloir droit mais aussi devant le but, on le voit en Angleterre. On l'a moins vu contre l'Australie, où il a mangé plusieurs belles opportunités. Mais il fut le meilleur buteur des Bleus en 2011, avec trois buts, et avec 4 buts en 20 sélections (9 titularisations), il n'est pas ridicule. Un profil à la Thierry Henry, mais côté droit.

Pour le reste, Valbuena et Nasri ne sont pas convaincants sur un côté, même si ça n'empêche pas les Bleus de gagner. Nasri est potentiellement supérieur, Valbuena est plus combatif mais n'a toujours rien prouvé en club au niveau international, malgré quelques éclairs. Le problème ne se pose donc pas seulement pour le poste d'ailier droit : si un des deux s'était vraiment imposé derrière l'attaquant, on ne se demanderait pas qui ira jouer à droite. Et je ne parle pas des solutions Gourcuff, Grenier ou Martin... la France n'a jamais eu de grande génération sans grand numéro 10. Donc on est encore loin de la queue du Mickey.

Benzema ou Giroud ?

Les buteurs, enfin... Le sujet à la mode. Souvenez vous, il y a deux mois et demi, le problème majeur des Bleus, c'était l'avant-centre. Benzema n'avait plus marqué depuis un an, mais Giroud ne marquait pas non plus. On en venait presque à se demander si Gomis n'était pas la meilleure solution. En France, on a toujours pas compris qu'un buteur ne marquait pas, ou rarement, sans un collectif huilé autour de lui. Malgré la filiation revendiquée par lui-même, Benzema n'est pas Ronaldo, qui faisait des différences énormes tout seul, du moins avant ses blessures de milieu de carrière. Et Giroud, malgré son altruisme et sa combativité, reste un avant-centre à la Hoarau, pas très rapide, grand, costaud, bon de la tête, devant et derrière, mais dont le rendement dépend énormément du nombre de ballons exploitables arrivant dans la surface. Il ne sera jamais un grand technicien, lui qui a été
rejeté par Grenoble à 21 ans, et qui ne s'est révélé en Ligue 1 qu'à 24, alors que Benzema marquait déjà des buts dans l'élite à 19 ans. Des parcours opposés, tout comme leurs profils techniques. Cependant, si Benzema a une meilleure cadence de buts par sélections (0,27 contre 0,21) il est battu au comptage par minutes (1 but toutes les 224 minutes contre 1 toutes les 207 pour Giroud). Bref, sur ce plan là, ça reste serré.

Aujourd'hui, je suis partagé. Giroud est plus efficace en club que Benzema, dont je me demande encore comment il peut être titulaire dans une équipe comme le Real, qui a toujours brillé grâce à des buteurs immenses, les meilleurs à leurs postes. Heureusement que Ronaldo fait le job... aujourd'hui, ils sont un demi douzaine à être de meilleurs avant-centres que lui, sur lesquels le Real lorgne d'ailleurs avidement (Falcao, Rooney, Van Persie, Cavani, Ibrahimovic...). Mais Benzema est tout de même le meilleur buteur en Bleu en activité (17 buts), et le deuxième meilleur buteur français de l'histoire de la Ligue des Champions (33 buts) derrière Henry (50) et devant Trezeguet (29). Giroud est le 33e avec 3 buts en un peu plus d'une saison à ce niveau... reste que sur la forme actuelle, il semble devant. Mais à 27 ans, s'il était le grand buteur que la France attend depuis la retraite d'Henry, ça se saurait, sincèrement. J'espère me tromper.

En tous cas, en deux mois on est passé d'un choix par défaut à un choix cornélien : qui choisir ? Benzema a mis deux buts beaucoup plus difficiles à mettre qu'il n'y parait : en une touche, au premier poteau, sur des centres tendus. Couper au premier poteau : un truc qu'il ne faisait jamais, et qu'il aurait du faire avant au lieu de se comporter comme un avant-centre français ordinaire, à savoir attendre bêtement au deuxième ou aux six mètres qu'un ballon lui arrive dessus. Giroud, lui, a marqué deux jolis buts contre l'Australie, même si le deuxième me semble plus être une volée ratée qu'un véritable piqué volontaire. Mais bon, comme les médias sont fans, ils ont chaussé leurs lunettes déviantes qui leur avait permit d'affirmer que la volée de Zidane, en 2002, n'était pas également une volée ratée. C'est pas grave, c'est beau quand même.

Au final, frottons nous les mains de posséder un des deux meilleurs ailiers du monde dans nos rangs, et des buteurs enfin efficace. Avec une défense un poil plus solide et un milieu toujours talentueux, et maintenant des avant-centres efficaces, elle peut aborder ces barrages avec confiance, même si le tirage peut changer la donne. Éliminer le Portugal de Ronaldo, ça aurait de la gueule... ce serait dommage aussi un peu. Le mieux, ce serait la Grèce, on perdrait pas grand chose. Ouhlàlà je suis vilain !

Vivement les barrages, l'attente va être longue.

A plus tard !

mardi 16 octobre 2012

Mater le Matador

Salut à tous !

Le grand rendez-vous s'approche... ce soir, on saura si on a ne serait-ce qu'une petite chance d'accrocher la première place de cette poule, ou si on devra se contenter, comme c'est fort probable, d'une place en barrages, au mieux. Après tout, les barrages n'ont rien de honteux, surtout quand vous avez la meilleure équipe du monde dans votre poule, sachant qu'une équipe comme le Portugal, par exemple, s'est fait une spécialité de cet exercice (participation en 2009 et 2011) particulièrement stressant, mais qui ne fournit pas pour autant des "sous-qualifiés". On a juste été traumatisé de la seule expérience française dans ce domaine, en 2009 pour la Coupe du Monde, et par les conséquences de la main de Thierry Henry contre l'Irlande (0-1, 1-1 a.p.)...

Un choc pas décisif

Au fond, je crois que les Bleus devraient prendre ce match sous cet angle : pas de pression. Ce qu'il faudrait éviter, c'est une défaite trop importante, mais perdre en Espagne, face à une équipe qui gagne tous ses matches de qualification depuis quatre ans, n'a absolument rien d'infamant. Ce que l’Équipe de France doit surtout penser à assurer, c'est la deuxième place, sachant qu'il y a un autre moyen d'éviter les barrages, c'est d'être le meilleur deuxième, 
comme la Suède l'année dernière. Pour l'instant, elle est dans les temps, puisqu'elle a battu ses deux premiers adversaires (Finlande, Bélarus). Si elle gagne tous ses autres matches, même en perdant deux fois contre l'Espagne, elle aura de bonnes chances d'accrocher ce strapontin. Je ne dis pas qu'elle doit lâcher ses matches contre la Roja, autant essayer d'accrocher des points qui feraient office de bonus au décompte final, autant que ce soit possible. Simplement, il faudra se dire, en cas d'"échec", que tout cela n'est pas bien grave, puisque l'essentiel est ailleurs : faire le plein contre la Géorgie, la Finlande et le Bélarus. Du moment qu'on ne perd pas par plus de deux buts d'écart, ce qui déclencherait une énième tempête médiatique contre cette équipe que ses suiveurs persistent à étrangement juger par rapport à des standards qui ne sont plus les siens, à savoir ceux d'il y a dix ans. Quand la France était à la place de l'Espagne, en tête du classement FIFA.

Essayons à présent de trouver des points d'optimisme dans ce match qui paraît tellement injouable pour cette équipe qui, en plus de manquer cruellement d'expérience et de certitudes, doit en plus gérer plusieurs blessures qui seraient contraignantes même face à des équipes moins redoutables que l'Espagne (Mavuba, Diaby et Yanga-Mbiwa, suspendu). Le milieu de terrain, notamment, ressemble à un champs de ruines. Non pas que Matuidi, Capoue ou Gonalons manquent de qualité individuelle, mais ils sont en revanche, au moins pour les deux premiers, très en retard sur le plan de l'expérience internationale (14 sélections et 23 matches de Ligue des Champions à eux trois, dont 21 pour le Lyonnais et 0 pour le Toulousain). Du coup, Cabaye, qui devrait être présent, ferait presque figure de vieux briscard avec ses 18 sélections et ses 10 matches de C1... face au point fort de la meilleure équipe du monde, répétons le, tout cela est vraiment très inquiétant. Inutile de rappeler le pedigree et le palmarès du quatuor Busquets-Xabi Alonso-Xavi-Iniesta, sans parler de Fabregas...

La France, bête noire de l'Espagne

Des motifs d'espoir, donc. Autant vous dire tout de suite qu'ils sont peu nombreux. Jamais l'Espagne n'a perdu dans le second stade madrilène, Vicente Calderon, antre de l'Atletico. A domicile, la Roja n'a perdu que deux fois en 12 réceptions de la France, la dernière fois il y a 21 ans presque jour pour jour, lors des éliminatoires de l'Euro 1992, grâce notamment à un c
iseau de légende de Luis Fernandez (1-2). Depuis, la France a disputé deux matches amicaux en Espagne, avec deux défaites à la clé, même durant sa meilleure période, en mars 2001 (2-1), mais aussi en février 2008 (1-0). Au total, toutes compétitions et lieux confondus, la Roja mène légèrement (14 succès à 11, 6 nuls). Bon ok, ce ne sont toujours pas des motifs d'espoir...

Je viens de parler de matches amicaux. En revanche, en matches officiels, la balance est TRÈS nettement à l'avantage des Bleus, qui mènent 5 succès à... un. Oui oui, vous avez bien
lu, la défaite française en quart de finale du dernier Euro (2-0) était la première de l'Histoire de la France contre l'Espagne en match de compétition ! A nombre de match équivalent ou supérieur, elle fait moins bien contre nous que l’Écosse, la Bulgarie, le Danemark, l'Irlande, Israël, la Norvège ou même l'Autriche... En plus des deux seuls matches de qualification qui les ont opposés jusque là, et évoqué plus haut, il y a également eu 4 matches en Championnat d'Europe (deux succès, un nul et donc une défaite) et un lors du Mondial 2006 (1 victoire, 3-1). Ça n'assure rien aux Bleus, mais ça leur confère tout de même un statut de bête noire, même si la défaite en Ukraine ternit un peu le bilan...

J'ai d'ailleurs parlé d'un bilan global négatif des Bleus contre son voisin ibérique, mais il est en notre faveur depuis la guerre (10 succès, 6 nuls, 8 défaites). Et encore, on a perdu nos deux derniers duels contre l'Espagne...

L'Espagne peut perdre aussi

La Roja est invaincue depuis 15 matches, mais elle peut perdre des matches, y compris dans des matches pas forcément à enjeu, mais qu'il aurait quand même fallu gagner pour la Roja : en Angleterre, en amical en novembre dernier (1-0) ; en Italie, toujours en amical, en août 2011 (2-1) ; deux autres matches amicaux en 2010, et pas qu'un peu, au Portugal (4-0) et en Argentine (4-1) ou contre la Suisse, au premier tour du Mondial 2010 (0-1). En dehors de cette dernière rencontre, ce fut toujours contre des grandes nations de football, et en amical. Mais ça fait tout de même 5 défaites en deux ans et demi, soit une tous les six mois en moyenne. Et ça fait presque un an que l'Espagne n'a plus perdu... pourquoi pas maintenant ?

Enfin, hormis contre une Italie réduite trop vite à dix, en finale de l'Euro (4-0) ou contre des adversaires de seconde zone (Bélarus, 4-0, Arabie Saoudite, 5-0, Irlande, 4-0, Corée du Sud, 4-1, Venezuela, 5-0), l'Espagne gagne rarement par plus de deux buts d'écart, au moins en 2012. Elle a aussi souffert en Géorgie (0-1), à Porto Rico (1-2), contre l'Italie au premier tour de l'Euro (1-1), contre contre la Croatie (1-0) et le Portugal (0-0, 4-2 tab), la Serbie (2-0) et même la Chine (1-0). De quoi donner des idées, quand même.

Rappelons que la France a perdu bêtement à l'Euro contre l'Espagne, grâce aux bons offices de Laurent Blanc qui a fait n'importe quoi tactiquement, en isolant ses deux pépites offensives, Benzema et Ribéry, avec un Debuchy milieu droit, entre autres, et sur deux buts de Xabi Alonso, après un bon début de match de sa part. Autant dire qu'avec un peu plus d'intelligence tactique et de rigueur au marquage, il y avait la place au moins d'accrocher le nul. Avec un bloc bien regroupé, qui ne laisse pas d'espaces, et avec un peu d'habileté devant, même si c'est un de nos points faibles, on peut espérer les embêter. Je le répète, la France n'a rien à perdre dans ce match.

On en reparle plus tard, après ce match !

samedi 16 juin 2012

La France en deux éclairs

Bonjour à tous,

Je reviendrais dans un autre post sur la mort, très triste et surtout très brutale, de Thierry Roland. En attendant, revenons un peu sur cet Euro qui entame sa dernière ligne droite avant les quarts de finale, déjà. Et puis, comme il y a 4 jours, je reviendrais également sur le match très abouti des Bleus.

Une avalanche de buts

En quelques lignes...

- En 8 matches, et 26 buts (soit 3,25 buts par matches !) on est passé de 2,5 buts à 2,88, un record depuis 1976 ! Depuis le début de cet Euro, il n'y a pas eu de 0-0, deux 1-0 et cinq 1-1 (31,25 %), mais aussi trois 2-1 et deux 3-2. Il n'y a eu que quatre équipes qui n'ont pas réussi à marquer un but lors d'un de leurs matches : les Pays-Bas contre le Danemark (0-1), le Portugal contre l'Allemagne (0-1), l'Irlande contre l'Espagne (0-4) et l'Ukraine contre la France, hier (0-2). La moyenne risque forcément de baisser lors des matches à élimination direct, mais on a déjà pris pas mal d'avance pour battre les deux derniers Euros, qui émargeaient à 2,48. Il faudrait tourner à moins de 2 par matches sur le reste de la compétition pour qu'on n'y parvienne pas...

- On a trois meilleurs buteurs, là aussi c'est pas banal, avec Gomez, Mandzukic et Dzagoev (3 buts). On a eu droit à six doublés, autre record à ce stade de la compétition. Le nombre de buts de la tête est très important (14, soit plus de 31 %), au détriment des buts du gauche (9, soit 20 %), malgré les efforts des Français dans ce domaine hier. Même Van Persie a marqué du droit... Le club le plus représenté, grâce aux performances de Mandzukic, est étonnamment Wolfsburg (4 buts), devant le Bayern, le CSKA Moscou de Dzagoev et Manchester City (3). Arsenal, Barcelone ou Chelsea sont à deux, la Juve, Liverpool, Manchester United, Milan, le Real ou... le PSG, seul club français représenté grâce au but de Jérémy Ménez, à un. Par pays, l'Angleterre a récemment pris le large (14) devant l'Allemagne (9) et la Russie (5). L'Espagne, mal représentée pour l'instant par Barcelone et le Real (Benzema et Ronaldo à zéro but), puisque ses buteurs jouent tous en Angleterre, sauf Fabregas, suit avec 4 buts, devant l'Italie (3).

- On a également trois meilleurs passeurs, Schweinsteiger, Silva et Benzema (2). Le taux de buts sur passe dans le jeu reste de très bon niveau (60 %). Quatre équipes, l'Allemagne, la France, la République Tchèque et la Pologne, tournent à 100 % dans ce domaine.

- L'Allemagne est la seule équipe qui a remporté ses deux matches, et elle n'est pas qualifiée pour autant, ce qui montre à quel point le plateau est équilibré, hormis pour la Suède et l'Irlande, déjà éliminées avec deux défaites. Les Pays-Bas ont le même bilan mais ne sont pas éliminés, eux... six équipes comptent 4 points, et quatre, 3 points, ce qui veut dire qu'il y aura des surprises, et des déçus chez les équipes qui se croient bien placées. Comme la France, par exemple !

- Enfin, l'anomalie continue dans la répartition des buts par quarts d'heure. Le dernier d'entre eux, qui d'habitude concerne entre 22 et 25 % du total, est en berne : six buts seulement, soit 13 % seulement, le deuxième plus mauvais total devant le premier quart d'heure de la première mi-temps (5). Celui de la deuxième mi-temps est en revanche en pleine forme : 13 buts, soit 28 %, ont été marqués entre la 46e et la 60e minute, dont les deux de la France hier, ainsi que 2 des 5 buts d'Angleterre-Suède. Preuve que les équipes reviennent requinquées et motivées des vestiaires... sauf les défenseurs.

Des ailes françaises fortes

Pour la France, à présent... Elle a vraiment sorti un bon match. Si Jérémy Ménez ou Yohan Cabaye avaient connu un petit peu plus de réussite, elle aurait écrasé une équipe ukrainienne qui ne fut que deux ou trois fois dangereuse, notamment par Shevchenko, le seul à bouger devant, et habile à profiter de l'immobilisme d'Adil Rami, une nouvelle fois inquiétant hier, et pris le large à la différence de buts sur l'Angleterre. Cette dernière devra faire aussi bien contre l'Ukraine pour chiper la première place aux Bleus, si ces derniers battent la Suède. Et comme le deuxième de ce groupe risque fort de devoir affronter l'Espagne en quarts de finale... Il faudrait mieux assurer le coup, avec une victoire large par exemple.

Chez les satisfactions, on a Gaël Clichy, qui a montré qu'il était désormais un candidat sérieux à le succession de Patrck Evra. On peut dire ce qu'on veut, mais avoir en magasin les deux latéraux gauches titulaires des deux clubs de Manchester, larges leaders en Angleterre, ce n'est pas rien. Clichy convainc plus mais Evra est semble-t-il plus sûr... ne vous inquiétez pas, ne soyez pas impatients, le temps fera son œuvre...

Gros match également des milieux, à commencer par Diarra, qui a parfaitement profité de la blessure de M'Vila pour prendre une place qu'il aura du mal à céder. Puissant, bien placé et même bon relanceur, il protège bien la défense et oriente bien le jeu. On y croyait plus mais il est revenu... Cabaye, lui, confirme ses grosses qualités de combattant et de footballeur, avec ce but plein de sang-froid. Un futur patron.

Blanc a légèrement changé son système, et il m'a semble-t-il écouté - mais peu de chances qu'il lise ce blog, c'était sûrement de la télépathie -, en plaçant un joueur en soutien de Benzema. En fait, il a fait exactement ce que j'ai dit : enlever Malouda, mettre Nasri vraiment derrière l'attaquant madrilène et placer Ménez, Ben Arfa ou Valbuena côté droit, ce qui donne un 4-2-3-1 plus équilibré. Il a choisi le Parisien, et bien lui en a pris. S'il a raté une grosse occasion en première mi-temps et s'est vu refuser logiquement un but, il a surtout sorti un match énorme d'activité, avec beaucoup de dribbles réussis, des différences réalisées avec aisance, des kilomètres parcourus, et ce but plein de sang-froid comme il en a mis quelques uns cette saison avec le PSG. Revenir en France et acquérir un maximum de temps de jeu et de confiance lui a fait un bien fou : il est moins fouillis, plus efficace et toujours aussi spectaculaire. Comme il fait la gueule, même quand il marque, les gens ne l'aiment pas, mais c'était aussi le cas de Thierry Henry finalement... tant qu'il sera efficace, ça compensera un peu. Puisque les gens veulent vraiment juger les sportifs à leur propension à sourire plutôt qu'à gagner des matches ou des trophées...

Devant, Benzema, bien soutenu, a moins dézonné, même si ses deux passes décisives, dont la deuxième est remarquable quoiqu'un peu chanceuse, proviennent justement d'un dézonnage. C'était ça l'avantage de mettre un joueur de plus dans sa zone : quand il quittait cette dernière, celle-ci n'était plus vide, ce qui maintenait la pression sur la défense ukrainienne. Cabaye en a pleinement profité, tout comme Nasri, moins présent que ses compères mais utile quand même.

Et que dire de Ribéry ? Qu'attendait donc le Bavarois pour retrouver ses jambes, et redevenir cet ailier inarrêtable qu'il n'avait jamais cessé d'être outre Rhin, mais qui avait quasiment épuisé le contingent de ses rares défenseurs en Bleu ? Même moi, qui n'ai jamais cessé de le défendre quand ça allait mal pour lui, commençait à réclamer que Ménez lui succède dans son couloir ? Le fantôme qui a traversé plus de deux saisons en Bleu (aucun but, 1 passe, en 15 sélections en 2010 et 2011) était devenu un poids pour les Bleus, qui s'en est sorti sans lui. Mais depuis le début de la préparation, il est juste incroyable. Sur ces cinq matches, et hormis hier, paradoxalement, il a toujours été décisif, signant trois buts et deux passes décisives. Surtout, il a fait des différences dans son couloir que peu d'ailiers français ont du réussir dans l'histoire des Bleus. Bref, les deux latéraux ukrainiens ont dégusté.

C'est le problème de ces attaquants excentrés, qui tentent beaucoup de dribbles, qui sont critiqués quand ça rate mais qui sont adulés quand ça marche. Pour ma part, je considère que ces joueurs là sont indispensables à un collectif, parce que sur dix tentatives, si deux réussissent, ça peut faire but à chaque fois. Et même s'ils n'y arrivent pas sur un match, ça réussira peut-être sur le suivant. Il faut un collectif fort, et il faut des individualités fortes. Barcelone en est le parfait exemple : un collectif, et un génie du dribble et du but. Ménez et Ribéry resteront toujours loin de Messi, mais ils en sont quand même des cousins de jeu. Les deux sont en forme et passent plus souvent que d'habitude, pourquoi s'en priver ? Et même s'ils ne passent plus, il faut être patient avec eux, parce qu'on sait qu'ils ont le talent pour rebondir.

Voilà maintenant un seul nul suffit contre la Suède pour passer (ce qui nous qualifierait avec 5 points, alors qu'il pourrait y avoir un éliminé à 6 points dans le groupe de l'Allemagne !). Mais comme je l'ai dit, ce serait dommage d'abandonner la première place à l'Angleterre, et se fader l'Espagne en quarts de finale...

Allez, à plus tard !

mardi 29 mai 2012

Une liste composite

Bonjour à tous,

C'est la dernière ligne droite avant l'Euro. Sauf blessure, on sait qui seront les 23 garçons qui tenteront de faire passer un premier tour à la France pour la première fois depuis 2006, et la finale mondiale obtenue par les Bleus. A noter que sur les 23 joueurs retenus à l'époque par Raymond Domenech, seuls Alou Diarra, Franck Ribéry et Florent Malouda sont toujours là. On aurait pu aussi avoir Landreau, Saha, Givet, Trezeguet, Chimbonda, Silvestre, Henry, Wiltord, Boumsong, Govou et surtout Abidal, qui jouent toujours...

Roulement des listes

Par rapport au dernier Mondial, en Afrique du Sud, il reste 10 joueurs, dont les trois gardiens (Lloris, Mandanda, Carrasso, Réveillère, Evra, Clichy, Diarra, Ribéry, Malouda, Valbuena). Soit 50 % des joueurs de champs renouvelés ! Un turn over énorme, dû notamment aux défections de Sagna, Abidal et Diaby, à la "placardisation" de Toulalan, Cissé ou Gallas, aux retraites internationales de Henry ou Anelka (qui lui était de toutes façons touché par la catégorie précédente) et à la baisse de niveau de Planus, Gourcuff, Govou, Gignac et Squillaci. Cette liste ne date que de deux ans, mais on a l'impression qu'elle en fait 5 fois plus... qui se souvient que Squillaci ou Gignac étaient à la Coupe du Monde ?

Entre 2008 et 2010, le taux de renouvellement était à peine supérieur, avec seulement 11 joueurs choisis pour les deux compétitions. C'est dire si, depuis la fin de l'ère Zidane, les sélectionneurs, Domenech et Blanc, tâtonnent, par obligation plus qu'autre chose. Forcément, quand personne ne s'impose à chaque poste à cause d'un creux générationnel classique, ça mouline pas mal. Regardez les sélections entre 1987 et 1991, ou avant, entre 1960 et 1980, et vous comprendrez.

Quinze clubs concernés, la Ligue 1 en force

Revenons à notre liste de ce matin. D'abord, elle est relativement jeune (26,74 ans), plus jeune que ses devancières. Seulement six trentenaires y prennent place, avec un "doyen" pas très vieux (Réveillère, 32), un très jeune (M'Vila, 21) et 15 joueurs âgés de 24 à 27 ans. Un groupe très homogène, donc.

Comptons ensuite par clubs : 3 Marseillais, 2 joueurs de City, Lyon, Newcastle et du PSG, et 12 joueurs provenant d'un seul club. Soit 15 équipes représentées, seulement 10 à l'étranger, 1,53 joueur par club. On ne pourra donc pas compter sur les automatismes de joueurs évoluant dans le même club, comme à la grande époque marseillaise, par exemple, même si on peut quand même évoquer la complicité entre Ben Arfa et Benzema, formés à Lyon en même temps, et bien sûr le quatuor champion d'Europe des moins de 17 ans en 2004, avec ces derniers plus Ménez et Nasri. En même temps ça ne veut pas forcément dire grand chose, vu qu'en 2010 seulement 11 clubs étaient représentés, dont Lyon, Arsenal et Bordeaux, qui comptaient 4 représentants chacun, alors que le champion de l'époque, Marseille, n'en comptait que deux. Soit moins que cette année, malgré la 10e place de l'OM en championnat... Il y avait également 11 clubs en 2008, 12 en 2006, 13 en 2004 et 2000, 15 en 2002 et 1998... comme quoi ça n'a pas une grande incidence, au final. Quand même, c'est la première fois depuis 2002 qu'aucun club n'émarge à plus de 3 représentants, et ce n'est que la troisième fois que ça arrive avec 1998 !

Quelques petits chiffres sur l'histoire des listes françaises pour les grands tournois. Il y en a eu 18 depuis la Guerre, dont 9 consécutives depuis 1996, série en cours. Surprise, le club le plus représenté est Bordeaux (34) devant Monaco (30) et Lyon (29, dont 21 à partir de 2002), ces trois là devançant Marseille (27) et le PSG (20). Puis vient le premier club étranger, Arsenal (19), juste devant Reims (18) et Chelsea (17). Saint-Étienne et Nantes, qui se sont tiré la bourre à l'époque où la France se qualifiait rarement, les années 60 et 70, suivent avec 16 et 15 joueurs, et ne devancent Auxerre que d'un cheveu (14). Mathieu Debuchy est le premier Lillois appelé depuis 1958, Mexès le premier joueur du Milan depuis 1998 et Giroud le premier Montpelliérain depuis 1996. Quant à Manchester City, Rennes et le FC Valence, il s'agit de leur première citation dans une liste française !

Sept ça suffit ?

Analysons à présent cette liste. Il est effectivement étonnant de constater qu'il y a plus de gardiens que d'attaquants véritables, mais Blanc n'a jamais caché qu'il préférait évoluer à une seule pointe, et qu'une troisième (Gomis ? Cissé ?) n'aurait pas été très utile. Ensuite, Ménez peut rendre service à ce poste, et puis surtout il est moins grave de se retrouver sans attaquant que sans gardien. Et puis les oranges ne se couperont pas toutes seules...

Le cas épineux concerne évidemment la défense. Une liste de 7 joueurs défensifs n'est pas forcément gênante en soit, si les latéraux ou certains milieux peuvent dépanner dans l'axe. Par exemple, ils n'étaient que 6 en 2000 à être spécifiquement des défenseurs, latéraux inclus. Mais Thuram, supposé latéral droit, était également un central exceptionnel, et puis Karembeu et Petit, classés au milieu, avaient aussi des références en défense, notamment le second, qui avait débuté à ce poste et terminé la finale de la Coupe du Monde 1998 dans l'axe, après l'expulsion de Desailly, ce qui ne l'avait pas empêché de marquer en contre dans les arrêts de jeu... Dans la liste actuelle, qui peut revendiquer une telle polyvalence ? Aucun des latéraux n'a la moindre expérience dans l'axe, sans parler des qualités physiques requises.

On cite Alou Diarra, qui peut dépanner dans l'axe. Ah bon ? Je ne me souviens pas l'avoir beaucoup vu évoluer à ce poste dans sa carrière... à moins qu'il s'agisse de considérer qu'un grand noir soit forcément un bon défenseur central, ce qui relève alors du racisme... après tout, Vieira ou Diaby sont également grands et noirs, avec des rôles plutôt défensifs, et personne n'auraient pensé les placer dans l'axe... Et même si c'était le cas, ça fait un peu juste. Imaginons qu'on se retrouve qualifié en quart contre l'Espagne ou l'Italie avec une charnière Koscielny-Diarra, qu'auraient-on à espérer d'un tel match ? L'inexpérience internationale associée à l'inexpérience du poste... L'absence d'Abidal est vraiment problématique, mais elle existe, et elle nous met dans l'obligation presque absolue de ne pas perdre nos titulaires dans l'axe, qui en plus sont loin de présenter les meilleures garanties. Avec les suspensions, sans parler des éventuelles blessures, ça tiendrait presque de la gageure.

Embouteillage au milieu

Du coup, avec une défense déplumée et une attaque réduite à deux unités, ça laisse donc la place à 11 milieux, rien que ça ! Oui parce que je ne mets pas les milieux offensifs chez les attaquants, je ne suis pas un sélectionneur obligé de faire croire qu'il est offensif et mettant dans la même case tous les joueurs offensifs. M'Vila, Cabaye, Diarra, Matuidi et sans doute Malouda se disputeront les deux places de milieux défensifs, et Martin, Nasri, Valbuena, Ben Arfa, Ménez et Ribéry les trois plus offensives, chargées de fournir Benzema en bons ballons. Faudra que ce dernier les mettent dedans, pas comme depuis 2 ans, mais c'est un autre sujet.

Certains considèrent qu'il faut associer Benzema et Giroud. L'association séduit, les deux joueurs semblent complémentaires sur le papier, mais aucune grande nation au monde ne joue plus avec deux attaquants, et si Blanc a pris deux pointes, ce n'est pas pour les faire jouer toutes les deux, quitte à se priver de solutions dans ce domaine. Je l'ai dit, la seule autre alternative à ces deux joueurs se nomme Ménez... S'il cède à la pression médiatique, comme il l'a fait pour Gourcuff, il lui faudra alors associer aux deux attaquants deux milieux excentrés, sans doute Ribéry et puis... qui ? Nasri évolue à gauche à City, Ménez peut évoluer des deux côtés, Valbuena est meilleur à droite, tout comme Ben Arfa. En revanche, ça condamnerait Martin à jouer les utilités, soit sur le banc soit en milieu axial, dans un système très offensif avec une seule pointe défensive. Blanc faisait ça à Bordeaux, mais c'était en Ligue 1. Et Diarra était un monstre, à l'époque.

Mais s'il reste sur son idée, il aura toujours le même dilemme sur les côtés, mais avec un joueur axial en plus à choisir. Admettons que M'Vila et Cabaye soient déjà des titulaires. Ca pourrait être Nasri ou Martin, les deux possédant des caractéristiques similaires, même si le premier a plus d'expérience et est plus offensif. En tous cas, la France évoluerais alors dans un système hybride, entre le 4-3-3 et le 4-2-3-1, qu'elle connait bien puisque Blanc l'aligne régulièrement depuis deux ans. Les journalistes, qui ont besoin de cases bien définies pour réfléchir, n'ont toujours pas réussi à l'analyser, mais c'est pourtant simple : au milieu, il y a une pointe basse (M'Vila), un joueur un peu plus offensif (Cabaye) et un encore plus offensif (Nasri ou Martin). Soit un triangle, mais renversé, en quelques sortes.

En tous cas, quand on regarde cette liste, on ne peut se dire qu'une chose : la victoire serait un miracle. les absences de Sagna, Kaboul, Abidal, Diaby et Rémy pèsent très lourd, en expérience et en qualité, sans parler de Sakho... A aucun poste, même celui d'avant-centre, on ne peut considérer qu'on possède le meilleur joueur d'Europe. Passer le premier tour serait déjà très bien... mais la France reste dans une période creuse, il va falloir attendre encore un peu avant de la revoir tutoyer les sommets. Pourquoi pas 2016 ?

A plus tard !

mercredi 9 mai 2012

Première salve bleue

Salut à tous,

Ce soir, à 18h, Laurent Blanc lance l'Euro des Bleus. On ne saura pas forcément qui ira à l'Euro, même si la plupart des joueurs nommés ce soir, qui évolueont tous à l'étranger, sont quasi sûrs d'y être, mais on saura qui n'ira pas. Et c'est bien le principe d'une sélection : ça sélectionne, ce qui signifie la mise de côté de joueurs qui n'auront, parfois, pas plus démérité que ceux choisis, mais qui n'ont pas été retenus pour des détails qui ne sont pas connus du grand public, comme la dynamique de groupe, ou les convictions techniques du sélectionneur. une chose est sûre, des joueurs seront déçus, mais leurs supporters également, et la liste de Blanc fera débat.

Une douzaine de joueurs


Combien de joueurs seront nommés ce soir ? Une douzaine, a priori. Même Blanc, d'après son interview d'aujourd'hui dans l'Equipe, ne sait pas - ou ne veut pas le dire - s'il s'agira d'une liste définitive ou de joueurs qui postuleront, ensuite, à la liste définitive. Mais a priori, 12 joueurs, ça correspond à peu près à la moitié de la liste finale (23 joueurs), ce qui correspond surtout à la proportion de joueurs sélectionnés en Bleu depuis plusieurs annés, à savoir la moitié. Si réservistes il y a, il ne seront pas nombreux, et ils seront surtout présents si Blanc sélectionne plus de 12 joueurs, genre 14.

Par poste, il y a déjà quelques certitudes qui s'annoncent : il n'y aura pas de gardiens, puisqu'aucun d'entre eux n'évolue à l'étranger, ce qui est dommageable d'ailleurs. Même si on n'est pas pressé de voir des talents quitter la Ligue 1, il serait intéressant de voir Lloris ou Mandanda tenter de s'imposer dans un grand club européen, au plus haut niveau. Ont-ils vraiment beaucoup à envier à De Gea (Manchester) ou Courtois (Atletico), sans parler de Valdes (Barcelone) ?

Incertitude en défense, désert au milieu
Cette liste devrait donc concerner que des joueurs de champ, et notamment de défenseurs. Hormis Sakho (PSG), pas sûr d'y être, Debuchy (Lille), en passe de s'imposer comme titulaire côté droit, et Réveillère (Lyon), son suppléant, qui peut rendre service à gauche, et sachant que Blanc ne semble pas enclin à donner sa chance à Jallet (PSG) et que Sagna (Arsenal) est blessé, tous les autres défenseurs devraient être concernés par la liste d'aujourd'hui. Les deux titulaires de l'axe, déjà. Y en a un qui tire la langue (Rami), l'autre qui souffre du contrecoup physique de son retour de blessure (Mexès) mais ils seront tous deux à l'Euro, et sans doute titulaires, sauf catastrophe lors du premier match contre l'Angleterre.

Derrière ces deux là, en revanche, le flou est de mise. On attendait Sakho, mais il est au placard à Paris, de façon inexplicable, vu que la défense parisienne n'est pas vraiment meilleure sans lui... Sinon, il y a Koscielny (Arsenal), qui a un vécu très mince avec les Bleus, qui est très bon dans le placement et la relance, beaucoup moins dans l'impact physique, et qui ne fait pas vraiment partie d'une défense sereine et efficace ; et Kaboul (Tottenham), son opposé absolu, puissant et physique, même s'il ne manque pas de vitesse. Tout dépend aussi du nombre de défenseurs qu'il prendra, surtout en l'absence d'Abidal, qui couvrait le côté gauche et l'axe, un profil rare chez les Bleus, hormis Sakho. Dans l'interview, Blanc insiste sur la notion de groupe, ce qui exclu la surprise Varane (Real). Je le vois quand même prendre Sakho, et Kaboul, qui peut dépanner à droite.

A gauche, avec l'absence très problématique d'Abidal, le débat se situera entre Evra, Clichy et Mathieu, qui jouent en ce moment mais qui n'ont pas réussi à s'imposer en Bleu, même si le premier a été capitaine, on s'en souvient. Le joueur de City est très performant en ce moment mais il a rarement brillé en Bleu, et Mathieu a très peu joué, mais sa polyvalence (milieu gauche ?) peut l'aider. A mon avis les trois seront appelés, mais un des trois quittera le groupe avant le 29 mai.

Au milieu, comme Blanc le dit, personne n'émerge. M'Vila a souvent déçu en Bleu, a stagné avec Rennes, mais le sélectionneur est un fan. Alou Diarra est quelconque avec Marseille, mais son profil, unique en l'absence de Diaby, le rend pourtant indipensable. Cabaye est bon avec Newcastle, et sa qualité technique lui garantie presque une place de titulaire, malgré son manque d'expérience internationale (10 sélections, 10 matches de C1). Tout dépend également si Blanc évolue à deux ou trois au milieu, avec un ou deux meneurs... Ce soir en tout, cas, l'ancien Lillois devrait être le seul appelé, puisque Lassana Diarra (Real Madrid) est hors du coup, avec Malouda, qui ne joue gère plus avec Chelsea mais qui est un cadre et qui peut rendre service à son nouveau poste de milieu relayeur.

Ben Arfa, seule surprise offensive ?
Chez les milieux offensifs, Nasri, peut convaincant en Bleu comme à Chelsea, et Ribéry, aussi performant avec le Bayern qu'insipide avec les Bleus, seront appelés de façon certaine. La question est de savoir si Ben Arfa est appelé. L'ailier de Newcastle, longtemps blessé, a mis du temps à s'imposer dans l'équipe type d'Alan Pardew, mais ses récentes performances sont flatteuses, et son profil est rare chez les Bleus. Surtout, sa présence dans la liste de cet après-midi ne serait pas bon signe pour les Marseillais Valbuena et Amalfitano, quelconques avec Marseille. Je suis plus confiant pour Ménez, intenable avec Paris depuis le début de l'année, meilleur passeur du championnat dans le jeu (11) et très bon lors de son entrée en Allemagne. Surtout, il peut jouer des deux côtés, ce qui peut être utile... On en saura plus dans une semaine pour Gourcuff et Martin, qui sont des opposés : l'un a un passé en Bleu et rejoue enfin dans un club du haut de tableau, l'autre est performant en Bleu et joue régulièrement avec Sochaux, qui joue le maintien. Si Nasri et Ben Arfa sont là ce soir, en plus de Ménez et Valbuena, qui peut jouer dans l'axe, l'un des deux restera probablement à la maison, même s'ils peuvent être appelés à évoluer plus bas.

Enfin en attaque, peu de suspense. Benzema sera appelé ce soir et, à part Cissé, c'est le seul à évoluer à l'étranger, mais l'attaquant de QPR, efficace, comme toujours, part pourtant de loin. Le suspense, qui concerne moins Giroud et Rémy que Gomis, sachant que Gameiro ou Hoarau ne jouent plus à Paris, dépend du nombre de milieux offensifs appelés... Blanc évoluera avec une seule pointe, dond il est inutile de prendre plus de trois pointes.

Je résume donc la liste qui, selon moi, sera rendue publique ce soir : Rami, Mexès, Kaboul, Koscielny (?), Evra, Clichy, Mathieu, Cabaye, Malouda, Nasri, Ribéry, Ben Arfa, Benzema. Douze ou treize, quoi. Bref, on en reparlera.

A plus tard !

samedi 17 mars 2012

Les jeunes et les autres

Salut à tous,

Bonne nouvelle pour les amateurs de chiffres, j'ai fait une nouvelle petite stat intéressante. Curieux de savoir sur quel genre de joueurs les différentes équipes du championnat se reposaient suivant leurs moyens et leurs ambitions, j'ai fait une petite pyramide des âges, d'abord générale, et ensuite en différenciant les joueurs appartenant aux dix premières équipes, puis à aux autres. Voici le résultat :



A première vue, il n'y pas de grandes différences. Effectivement, quelque soit le classement de chaque équipe, il semble y avoir en Ligue 1 une grande concentration de joueurs âgés de 21 à 27 ans, et notamment de 22 à 25. C'est assez jeune : cela montre que les équipes de Ligue 1 ont du mal à attirer, et surtout conserver, leurs joueurs dès qu'ils passent les 25-26 ans. C'est précisément l'âge qu'avaient Adil Rami ou Yohan Cabaye lorsqu'ils ont quitté Lille pour rejoindre l'Espagne et l'Angleterre. C'est le parcours le plus classique : formation, révélation puis confirmation en France, avant un départ pour l'étranger. Ce qui est dommage, c'est qu'il est souvent convenu que le meilleur âge d'un footballeur se situe justement entre 27 et 31 ans, période dont profitent en général les clubs étrangers. Quels joueurs appartenant à cette catégorie d'âge disposent d'un statut d'international actuel en Bleu, tout en évoluant en Ligue 1 ? Valbuena (27 ans), Alou Diarra (29), Hoarau (27) et Réveillère (31). Hormis le premier nommé, ces joueurs semblent assez loin de l'équipe-type actuellement.

Autre phénomène intéressant, qui confirme cette théorie : après un sérieux creux chez les 29-30 ans, les trentenaires "reviennent", en tous cas connaissent une hausse, sans qu'ils parviennent cependant à concurrencer leurs congénères les plus jeunes. Logique : une carrière professionnelle de footballeur durant en moyenne 7 ans, et la Ligue 1 étant avant tout un championnat formateur, il est normal que les joueurs de 20 ans et quelques soient plus nombreux que les trentenaires, qui restent cependant utiles et en nombre suffisamment important pour encadrer ces mêmes jeunes. C'est ainsi qu'on note que les joueurs de 20 ans sont un peu plus nombreux (23) que les joueurs de 30 ans (21). Mais ceux de 31 et 32 ans, eux, sont beaucoup plus nombreux, à hauteur des joueurs de 29 ans. Quant aux plus de 32 ans, après 33 ans ils deviennent quasiment des étrangetés (14 au total)...

Les différences entre les clubs du bas et du haut du tableau (à noter que ces pyramides ne seront sans doute plus tout à fait les mêmes lundi matin, le classement du ventre mou étant évidemment voué à bouger sensiblement à chaque journée, mais il s'agit de tendances, pas de vérités absolues) sont visibles sur deux points : les joueurs de 23 ans, et les trentenaires.

Avant cela, on constate à l’œil nu que les équipes du bas du tableau utilisent plus de joueurs, une impression confirmée par les chiffres : 244 contre 214, soit 1,5 joueur en plus par équipe. Vu comme ça, ça ne semble pas énorme, mais en tous cas ça montre un phénomène récurrent, c'est que quand ça va mal, on essaie beaucoup de choses, on fait tourner son équipe... Ainsi, Montpellier a utilisé 20 joueurs de champs, Lille 21, contre 27 à Brest ou Lorient, 25 à Dijon ou Nancy, 26 à Nice.

On fait aussi jouer des jeunes, pour cette raison mais aussi par manque de moyens, et ça se voit nettement sur les pyramides : les joueurs de 23 ans sont plus de deux fois plus nombreux dans le bas du tableau (28) que dans le haut, où il y a un véritable creux (13). Étrange d'ailleurs, dans la mesure où les joueurs de 22 ans, eux, sont les plus nombreux chez les cadors (24)... Les clubs cassés de 11 à 20 ont également pléthore de joueurs de 27 ans (24 à 13). Une explication possible : au moment du traditionnel départ hors de France évoqué plus haut, ceux qui n'ont peut-être pas assez de talent, où n'ont pas su le montrer, restent dans leurs clubs, ou partent dans des clubs français de niveau égal. Alors que pour les joueurs de 25-26 ans qui évoluent dans de plus gros clubs, il est plus facile, voire logique, de partir à l'étranger. Je reprends l'exemple de Rami et Cabaye : s'ils avaient évolué à Sochaux ou Brest, seraient-ils partis aussi facilement dans de grands championnats ? Vu que leur club était champion de France, la logique de leur progression les emmenait là-bas. En revanche, regardez Marvin Martin : à 24 ans, s'il était parti, il serait probablement allé dans un grand club français, Paris, Lyon ou Marseille, pas à l'étranger. Mais la prochaine étape de sa carrière, surtout si Sochaux descend, le mènera dans ces clubs... ou ailleurs, vu son statut d'international.

Enfin, le dernier phénomène concerne les "plus de 31 ans", comme j'aime à les appeler, et qui marquent un peu plus de 8% des buts en Ligue 1, soit à peine plus que les joueurs de moins de 21 ans (8%), alors qu'ils sont nettement plus nombreux (53 à 43). L'explication de ce décalage se situe peut-être dans le fait qu'ils évoluent majoritairement dans des clubs de la deuxième partie de tableau, qui marquent donc moins en moyenne. Si les 32 ans sont comparables, la différence se situe après : onze 33 ans à 2, quatre 34 ans à un dans l'autre sens mais trois 35 ans à zéro. En revanche, il y a trois 36 ans dans le haut du tableau à zéro, autant de 37 ans (1 chacun), et le seul joueur de 38 ans, Thierry Debès, évolue à Ajaccio. Mais attention, parce que le joueur de 37 appartenant au "haut du tableau" se nomme Jérôme Leroy, et est licencié à Evian-Thonon-Gaillard, 10e du classement... Il pourrait rapidement changer de pyramide.

La différence se situe donc surtout chez les joueurs de 33 ans. Pourquoi un tel écart, de un à cinq, alors qu'on constate souvent que ce sont ces mêmes joueurs qui font la loi dans les très clubs européens comme Milan, Chelsea voire Barcelone ? Parce qu'il ne s'agit pas des mêmes joueurs ! D'abord, les "gros" clubs français, hormis le PSG, n'ont pas vraiment les moyens d'avoir dans leurs rangs des grands joueurs du calibre de Lampard, Drogba, Xavi ou van Bommel. Et puis, il y a aussi un choix de ces clubs, qui sont avant tout Français : dans notre pays, et notamment pour les sportifs, passer l'âge de 31 ans équivaut à basculer dans la catégorie des décatis, des inutiles, des perdus d'avance, ce qui est loin d'être le cas en Italie ou en Angleterre. Pourquoi ? Parce que miser sur un joueur de cet âge équivaut à certainement perdre de l'argent sur une revente qui risque d'être nulle, ou très faible, alors que dans ces championnats, la notion d'économie et de budget équilibré est quasi nulle.

Dans ce domaine, seul le PSG, qui n'a plus peur de perdre de l'argent, a pris ce risque : en misant sur Lugano (31 ans, 3,5 millions d'euros), Motta (29 ans, 11,5), Alex (29 ans, 5) et Maxwell (30 ans, 3,5), il a privilégié l'expérience, au détriment de la sûreté économique. Pas sûr que le club parisien récupère beaucoup des 23,5 millions dépensés pour ces quatre joueurs lorsqu'ils partiront, à 32 ou 33 ans... s'ils restent aussi longtemps. Mais c'est comme ça aussi que ça se passe, à Milan ou ailleurs. Un exemple extrême : Pippo Inzaghi, est arrivé à Milan en 2001 pour la bagatelle de 41 millions d'euros, un de moins que Pastore. Plus de 10 ans plus tard, il repartira sûrement gratuitement de Lombardie, en retraite ou ailleurs. Lyon avait fait ça pour Anderson, acheté par Lyon 16,5 millions et parti pour zéro quatre ans plus tard. Mais personne n'avait dit à l'époque que c'était de l'argent perdu, vu tout ce que le Brésilien avait apporté au club lyonnais...

Bref, j'ai digressé. Toujours est-il qu'il s'agit d'une explication comme une autre pour expliquer l'absence de joueurs d'expérience dans les gros clubs, alors que les petits sont souvent un point de chute idéal pour des joueurs en fin de carrière, parfois de retour de l'étranger (Zebina, Brest). Chez nos fameux joueurs de 33 ans, on note aussi la présence de bons joueurs de clubs qui ont réalisé une carrière sans éclat mais très honorable, en Ligue 1 et en Ligue 2, comme Ducourtioux (Valenciennes), Maire (Ajaccio), Proment et Deroin (Caen), Audard et le Lan (Lorient), Grégorini (Nancy), et Edouard Cissé (Auxerre). Certains d'entre eux, on le voit, ont aussi un passé dans des clubs plus huppé, qui ont plus de mal à leur faire confiance après 31 ans, notamment les deux derniers nommés, qui sont passés par Marseille. En tous cas, quasiment tous ces joueurs, à la fois expérimentés mais encore assez jeunes pour être performants sur la durée, sont des titulaires indiscutables dans ces clubs pour qui une telle expérience est vitale. Le fait qu'il n'y en ait aucun à Sochaux, par exemple, est assez parlant, je trouve.

Dans le haut du tableau, qui sont les deux joueurs de 33 ans ? Dalmat, qui ne joue plus à Rennes d'un commun accord avec son club, et Souleymane Diawara (Marseille), qui lui est un cadre dans son club. C'est le seul de son âge dans un gros club français. Étonnant non ?

A plus tard, et n'hésitez pas à réagir à ce post !

jeudi 1 mars 2012

La France prend du galon

Salut à tous !

Et beh dites moi, c'était un bien bon petit match ça non ? Comme beaucoup, je me suis trompé sur le potentiel de cette équipe, mais aussi sur celui de on hôte, qui était certes privé de plusieurs cadres, dont Schweinsteiger et Lahm, qui auraient évidemment apporté un peu plus de chair et de muscle à cette équipe. Mais je vais y revenir.

Chez les Bleus aussi, il manquait du monde, à l'image de Benzema et Rémy, ses deux meilleurs buteurs. Mais on oublie trop souvent un joueur comme Diaby, que Blanc continue de considérer, à juste titre à mon avis, comme un titulaire potentiel dans une équipe qui, avec deux petits formats dans l'axe du milieu de terrain (Cabaye, M'Vila) manque parfois un peu de puissance dans ce secteur, qu'un Diarra ne parvient plus à optimiser. Si l'ancien Lillois s'est montré à la hauteur face à Khedira et consort, ça a été plus difficile pour le Rennais, décidément plus à l'aise, à mon avis,  dans un milieu à trois, et qui a perdu beaucoup de ballons face au pressing allemand, ce qui lui a coûté un remplacement prématuré. Son remplaçant, Malouda, s'est montré beaucoup plus utile dans le même rôle, et pas seulement parce qu'il a marqué un but (heureux !) : le Londonien a profité que les Allemands faiblissaient dans ce secteur pour jouer beaucoup plus vers l'avant, ce qui a aidé les Bleus à dominer de la tête et des épaules une très belle deuxième mi-temps.

Dans le détail, commençons par les (rares) déceptions, hormis l'équipement français, qui évoquait plus celui de l’Allemagne (!) qu'autre chose (durant la première minute, la France a attaqué, et j'ai cru qu'on prenait l'eau d'entrée...), mais aussi M'Vila, qui a donc peut-être perdu des points précieux, non pas dans l'optique de la liste pour l'Euro, mais pour le onze de départ. Abidal a fait parler le métier mais a vraiment souffert face à Reus, le génial ailier de Moenchengladbach, qui s'est un peu éteint après la pause. le but allemand vient également de son côté.

Évidemment, la presse ne va pas se priver d'éreinter un Franck Ribéry qui est tombé sur un grand Boateng, bien épaulé par Hummels, qui ont cependant souffert lorsque le Bavarois a laissé sa place à un Jérémy Ménez décidément beaucoup plus à l'aise lorsqu'il évolue côté gauche, et qu'il a ainsi le jeu face à lui au moment de faire la dernière passe. Si son compère marseillais Valbuena, très bon par ailleurs, avait su concrétiser un des deux caviars qu'il lui a servi, son bilan aurait été parfait... Pour en revenir à Ribéry, il a montré quelques belles choses en début de match, mais ça n'a malheureusement pas duré. On parlait de match idéal pour lui parce qu'il évolue en Allemagne. Cette idée saugrenue s'est retournée contre lui : les défenseurs allemands chargé de sa surveillance ont surtout montré qu'ils le connaissaient parfaitement, ce qui les a aidé à le maîtriser. Qui sait si, sans sa blessure, il n'aurait pas profité des espaces qui se créaient après la pause ? On ne le saura jamais, ce qui n'empêchera pas les moralistes de continuer de le juger autant pour ses prestations en demi teintes en bleu que pour ses pratiques sexuelles hors terrain, et son passif de Knysna... un regard biaisé, que seul lui, malheureusement, est en mesure de faire évoluer.

Problème pour le Boulonnais, la concurrence s'accentue de plus en plus dans son secteur. Loïc Rémy, absent hier, reste un recours plus qu'intéressant au poste d'ailier droit-buteur qu'il maîtrise parfaitement. Nasri a été plutôt convaincant hier, pour une fois, et reste un candidat sérieux pour le poste de meneur de jeu que seul Mathieu Valbuena, actuellement, pourrait lui contester, surtout si Rémy récupère sa place à droite. Côté gauche, la prestation fournie par Jérémy Ménez, meilleur passeur dans le jeu du championnat, met encore plus de pression sur Ribéry. Encore autre chose : Giroud, énorme hier, est un titulaire en puissance, ce qui pourrait laisser imaginer un système différent, en 4-4-2, soit à plat, soit en losange, un choix risqué que Blanc appréciait à Bordeaux quand l'opposition n'était pas insurmontable. Pour le haut niveau international en revanche, c'est plus risqué. Dans le 4-4-2 à plat, les places sur les côtés seraient très chères. Nasri peut jouer à gauche, en plus de Ménez et Ribéry, sachant que Malouda peut toujours rendre service. A droite, Rémy, Valbuena et également Ménez, voire Ribéry sont candidats. On va attendre avant de considérer Amalfitano comme une solution crédible. En attendant, on peut être (agréablement) étonné d'avoir un tel choix à des postes où on ne l'a pas toujours eu, justement. Pour le sélectionneur, ça va être l'heure des choix, forcément douloureux.

Dans les satisfactions, on peut évidemment dire que si Lloris a semblé être porté par son brassard, notamment en première mi-temps face à Klose, si Mexès a confirmé qu'il était bien le chef de défense qui transfigurait l'équipe, et notamment Rami, soudain beaucoup plus consistant, pour ma part j'ai été époustouflé par la performance de Mathieu Debuchy. Après un tel match de sa part, marqué par un couloir impeccablement bouclé face au pauvre Schürle, mais surtout par une passe décisive et demie, il serait pour le moins étonnant de voir Sagna ou Réveillère, qui n'ont jamais été capables d'adresser le moindre bon centre durant leur carrière internationale, lui chiper sa place dans le onze de départ. On le connaissait comme une machine à centrer du côté de Lille, mais ce n'était pas évident de le voir apporter les mêmes qualités en Bleu, même s'il ne faudrait pas, pour l'Allemagne, que Lahm laisse sa place trop longtemps à un Aogo dépassé par les évènements, et qui n'est pas vraiment un remplaçant crédible...

Et puis évidemment, j'ai déjà évoqué Giroud, et le casse-tête qu'il va proposer à Blanc. Sa puissance physique, son jeu de corps et de tête, mais aussi son efficacité - même s'il se rate bel et bien sur le but de Malouda -, ce sont les qualités qu'il recherchait avec Hoarau, qu'il possédait avec Chamakh à Bordeaux, et qu'il trouve enfin avec Giroud. Alors, un ou deux attaquants ? Benzema, par son statut plus que par son efficacité en bleu, semble intouchable devant. Donc soit il l'associe avec le Montpelliérain, soit ce dernier devient un super remplaçant, capable éventuellement de changer le cours d'un match. Cette solution me parait la plus plausible, tant j'imagine mal Blanc prendre de tels risques lorsque le niveau s'élèvera.

En face, on n'a pas reconnu cette équipe d'Allemagne qu'on annonçait redoutable, et qui s'était baladée en éliminatoires, puisqu'elle avait gagné tous ses matches... Elle l'a été pendant le premier quart d'heure, où ses feux-follets, notamment Özil et Reus, ont semé la panique au sein de la défense française, heureusement bien tenue par Mexès et Debuchy, mais aussi Lloris. Mais la Mannschaft a semblé très friable, trop jeune, inexpérimentée, et a même parfois semblé baisser les bras après le deuxième but, ce qui ne lui ressemble pas vraiment. Elle a quand même réussi à marquer un but étonnant, alors que la France maîtrisait totalement son sujet, et que Cacau, sur le service de Müller, a marqué... d'un contrôle raté devant le but vide. Elle aurait été sûrement meilleure avec Lahm à la place d'un Aogo transparent (Badstuber ne serait--il pas une meilleure solution ?), un Schweinsteiger au milieu et un Götze autrement plus intéressant que Schürle et surtout Kroos. Ce dernier me fait penser au Gourcuff d'aujourd'hui : élégant, raffiné, mais incapable de la moindre accélération, de la moindre pointe de génie malgré des débuts presque aussi prometteuses que pour l'ancien Rennais.

Bref, maintenant on va pouvoir spéculer bien comme il faut sur une liste qui ne tombera pas avant trois mois ! On peut s'étonner du manque de matches amicaux avant cette échéance, ce qui avait déjà été le cas en 2010... pas l'idéal pour faire des essais et/ou travailler les automatismes avant un tel évènement. Mais la Ligue des Champions et les championnats monopolisent un calendrier complètement boursouflé. Dommage, on en redemande, on a envie de revoir cette équipe, ce qui était moins le cas après les bouillies servies en amical contre les Etats-Unis (1-0) et la Belgique (0-0), en novembre dernier !

A très vite !