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mercredi 16 octobre 2013

Sus aux barrages !

Salut à tous,

Après ces deux très bons matches de l’Équipe de France face à deux équipes qui sont certes loin du gratin mondial, mais qui ne sont pas non plus si nulles que ça, il est temps de faire un petit état des lieux avant les barrages qui s'annoncent dans un mois. Et qui font déjà frissonner l'épiderme des quelques supporters que comptent encore cette équipe dans ce pays à la relation si étrange avec le "supportariat".

Des qualifs réussies

D'abord, un constat : avec 17 points sur 24 possibles, la France a réalisé, quoi qu'on en dise, un excellent parcours, surtout quand on sait qu'elle a du se coltiner la meilleure équipe du monde sur les six dernières années, l'Espagne, contre qui elle a même réussi à gratter un point, et sur qui elle ne compte, à la fin du bal, que trois petits points de retard. Soit une victoire, celle obtenue sans briller par la Roja au Stade de France, en début d'année (0-1). Les deux équipes ont donc pris le même nombre de points contre les trois autres adversaires de la poule, à savoir 16 sur 18. Comme parcours chaotique, j'ai déjà vu pire. Dès le tirage au sort, on savait que le destin probable de ces Bleus était de terminer barragiste. C'est ce qui est arrivé, mais le fait qu'elle aurait encore pu coiffer sa grande rivale lors du dernier match, comme c'était le cas hier soir, prouve qu'elle n'a pas raté du tout sa phase qualificative, loin de là.

Elle s'est ratée sur un seul match, celui en Géorgie (0-0). Si elle l'avait emporté, elle aurait échoué à un point de l'Espagne, ce qui ne change pas grand chose, mais quand on se
remémore le dernier France-Espagne, qui aurait tout aussi bien pu se terminer en match nul, on peut se dire que la première place de cette poule ne s'est vraiment pas jouée à grand chose. Et que, au passage, l'Espagne est loin d'avoir maîtrisée son sujet, avec un match nul contre la Finlande, à Gijon (1-1), des victoires compliquées contre le Bélarus (2-1), la Géorgie (0-1, 2-0) et la Finlande (0-2) et les matches accrochés contre la France (1-1, 0-1), qui termine d'ailleurs avec une meilleure attaque (15 contre 14). Comparés aux parcours des Pays-Bas (34 buts) ou de l'Allemagne (36), ça fait pâle figure. Mais on sait depuis longtemps que le talent de l'Espagne, contrairement aux idées reçues, repose autant sur un beau collectif que sur des qualités de pressing et de défense au-dessus de la moyenne, il suffit de regarder ses derniers tournois, où elle s'est souvent contentée de 1-0 minimalistes mais efficaces pour passer les obstacles.

Ribéry se charge de tout

Revenons à la France. Le paradoxe ultime, sachant qu'elle possède logiquement moins de chance de gagner ses barrages que de les perdre, vu son statut de non tête de série, serait qu'elle soit éliminée tout en possédant en son sein le futur Ballon d'Or. Mais l'aura-t-il si la France échoue ? Malgré tout, que serait cette équipe sans Franck Ribéry ? On aurait aussi pu se poser la question durant les années Platini, mais c'est vrai qu'en ce moment on a presque du mal à imaginer la France marquer un but sans un coup de pouce de l'ailier du Bayern. Contre l'Australie (6-0), il marque une fois, donne trois buts et se trouve à l'origine d'un autre, soit cinq sur six. Hier soir, sur trois buts, il ouvre le score d'une façon sublime et donne le troisième but à Benzema. Ce fut également le cas au Bélarus, le mois dernier (2-4), où il marqua deux fois. Lors des deux dernières années civiles, il a signé 10 (deux fois cinq) de ses 18 passes décisives dans le jeu en Bleu, soit le même total que Zidane... qui compte 30 capes de plus (108 contre 78). Dans le même temps, la France a marqué 38 buts, sur lesquels il a été directement impliqué un fois sur deux (9+10)... Il a marqué cinq fois cette année, aucun Bleu n'avait marqué autant depuis Thierry Henry, en 2007...

Seize buts, 18 passes en 78 sélections, pas mal pour le footballeur le plus moqué en France, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le sport : les affaires de prostitutions, certes, mais aussi son visage et ses difficultés en Français. Un racisme anti moche mais aussi de classe, qui ne valorise pas notre pays, déjà à la peine en ce moment au niveau des valeurs d'humanisme. Ce qui est drôle, vu que son énorme popularité, en 2006, valait autant pour ses qualités balle au pied que pour sa fraîcheur, ses blagues potaches, et un constat : c'est un petit gars du peuple. On le célébrait pour ça, on le moque aujourd'hui pour ça. En tous cas, un chose est sûre : on n'ira pas au Brésil sans un grand Ribéry.

La défense tangue

Étrange année 2013, durant laquelle les Bleus ont battu leur record en terme de minutes sans marquer consécutivement (525, soit près de six matches) et qui viennent de marquer 13 buts en trois matches... difficile d'évaluer ses forces et ses faiblesses, hormis l'évidence Ribéry. Elle est inconstante, c'est un fait. Combien de joueurs sont indiscutables dans cette équipe ? Lloris, Matuidi, Ribéry, c'est à peu près tout. Evra, de par son expérience et le
manque de concurrence, l'est en partie, tout comme Debuchy, l'expérience en moins. Les deux latéraux qui ont écarté les faibles prétendants à leur postes sans vraiment le faire exprès, même si le joueur de Newcastle affiche toujours une belle qualité de centre. Mais ce sont d'anciens ailiers qui sont toujours aussi moyens sur le plan défensif. Face aux faibles ailiers australiens ou finlandais, ça passe (et encore, hier on a concédé beaucoup d'occasions venant des côtés) mais dès que le niveau s'élèvera... on pourra trembler. Vous me direz, le Brésil a remporté cinq Coupes du Monde avec des latéraux qui défendent mal, mais c'est le Brésil, il peut se le permettre, pas nous.

Dans l'axe, on a vu hier qu'Abidal, malgré toute la sympathie que son parcours fait naître dans nos petits cœurs, mais aussi son immense expérience, n'était pas vraiment une bonne solution. Heureusement que Koscielny a rattrapé plusieurs coups... le Monégasque a plusieurs fois été battu dans son dos, ce qui est sensé ne pas lui arriver vu sa pointe de vitesse. Mais à 34 ans et après quasiment deux ans sans jouer, celle-ci semble appartenir au passé. Heureusement, on a Varane et Sakho en réserve. Peut-être faudrait-il que Deschamps soit enfin convaincu que l'ancien Parisien est devenu meilleur qu'Abidal. Et que Koscielny, aussi intelligent soit-il, ne vaut pas un demi Varane. La sélection naturelle finira par faire le travail.

Le milieu, point fort des Bleus

Au milieu, on semblait parti pour un duo Pogba-Matuidi mais Cabaye est revenu battre les cartes. Avec un constat : quand le Magpie est là, la qualité de passes des Bleus s'en ressent. Étant entendu que Deschamps semble avoir définitivement adopté le 4-2-3-1 que la majorité des équipes dans le monde appliquent, il va falloir qu'il tranche. Matuidi, par son abatage et son travail au milieu, mais aussi son jeu vers l'avant (ce fut moins le cas hier) semble indiscutable. Pogba, de part son statut à la Juve et son âge, ce qui implique une marge de progression énorme, également. Disons que Cabaye semble être une solution un poil plus offensive, quand la France aura besoin de moins défendre et mieux jouer. Contre l'Australie, par exemple, ce fut parfait. Quand ce sera l'Allemagne en face, c'est moins sûr. En tous cas, c'est le secteur le plus performant, mais ce n'est pas nouveau, c'est plutôt une constante chez l’Équipe de France, qui a gagné une Coupe du Monde grâce à lui.

Avant d'arriver aux attaquants de pointe, voyons ceux chargés de les fournir en ballon. Ribéry semble avoir phagocyté la fonction avec talent, et pour cause : personne d'autre ne parvient à équilibrer le jeu de l'autre côté. Les autres passeurs cette année, à part lui qui en a signé cinq ? Valbuena (2), Nasri et Sissoko (1). Ménez provisoirement (?) out, Payet pour l'instant trop juste, il reste la solution Rémy, qui est pour moi la meilleure (avec Ménez, à son niveau optimal). Le Magpie (encore) présente le double avantage de savoir briller dans le couloir droit mais aussi devant le but, on le voit en Angleterre. On l'a moins vu contre l'Australie, où il a mangé plusieurs belles opportunités. Mais il fut le meilleur buteur des Bleus en 2011, avec trois buts, et avec 4 buts en 20 sélections (9 titularisations), il n'est pas ridicule. Un profil à la Thierry Henry, mais côté droit.

Pour le reste, Valbuena et Nasri ne sont pas convaincants sur un côté, même si ça n'empêche pas les Bleus de gagner. Nasri est potentiellement supérieur, Valbuena est plus combatif mais n'a toujours rien prouvé en club au niveau international, malgré quelques éclairs. Le problème ne se pose donc pas seulement pour le poste d'ailier droit : si un des deux s'était vraiment imposé derrière l'attaquant, on ne se demanderait pas qui ira jouer à droite. Et je ne parle pas des solutions Gourcuff, Grenier ou Martin... la France n'a jamais eu de grande génération sans grand numéro 10. Donc on est encore loin de la queue du Mickey.

Benzema ou Giroud ?

Les buteurs, enfin... Le sujet à la mode. Souvenez vous, il y a deux mois et demi, le problème majeur des Bleus, c'était l'avant-centre. Benzema n'avait plus marqué depuis un an, mais Giroud ne marquait pas non plus. On en venait presque à se demander si Gomis n'était pas la meilleure solution. En France, on a toujours pas compris qu'un buteur ne marquait pas, ou rarement, sans un collectif huilé autour de lui. Malgré la filiation revendiquée par lui-même, Benzema n'est pas Ronaldo, qui faisait des différences énormes tout seul, du moins avant ses blessures de milieu de carrière. Et Giroud, malgré son altruisme et sa combativité, reste un avant-centre à la Hoarau, pas très rapide, grand, costaud, bon de la tête, devant et derrière, mais dont le rendement dépend énormément du nombre de ballons exploitables arrivant dans la surface. Il ne sera jamais un grand technicien, lui qui a été
rejeté par Grenoble à 21 ans, et qui ne s'est révélé en Ligue 1 qu'à 24, alors que Benzema marquait déjà des buts dans l'élite à 19 ans. Des parcours opposés, tout comme leurs profils techniques. Cependant, si Benzema a une meilleure cadence de buts par sélections (0,27 contre 0,21) il est battu au comptage par minutes (1 but toutes les 224 minutes contre 1 toutes les 207 pour Giroud). Bref, sur ce plan là, ça reste serré.

Aujourd'hui, je suis partagé. Giroud est plus efficace en club que Benzema, dont je me demande encore comment il peut être titulaire dans une équipe comme le Real, qui a toujours brillé grâce à des buteurs immenses, les meilleurs à leurs postes. Heureusement que Ronaldo fait le job... aujourd'hui, ils sont un demi douzaine à être de meilleurs avant-centres que lui, sur lesquels le Real lorgne d'ailleurs avidement (Falcao, Rooney, Van Persie, Cavani, Ibrahimovic...). Mais Benzema est tout de même le meilleur buteur en Bleu en activité (17 buts), et le deuxième meilleur buteur français de l'histoire de la Ligue des Champions (33 buts) derrière Henry (50) et devant Trezeguet (29). Giroud est le 33e avec 3 buts en un peu plus d'une saison à ce niveau... reste que sur la forme actuelle, il semble devant. Mais à 27 ans, s'il était le grand buteur que la France attend depuis la retraite d'Henry, ça se saurait, sincèrement. J'espère me tromper.

En tous cas, en deux mois on est passé d'un choix par défaut à un choix cornélien : qui choisir ? Benzema a mis deux buts beaucoup plus difficiles à mettre qu'il n'y parait : en une touche, au premier poteau, sur des centres tendus. Couper au premier poteau : un truc qu'il ne faisait jamais, et qu'il aurait du faire avant au lieu de se comporter comme un avant-centre français ordinaire, à savoir attendre bêtement au deuxième ou aux six mètres qu'un ballon lui arrive dessus. Giroud, lui, a marqué deux jolis buts contre l'Australie, même si le deuxième me semble plus être une volée ratée qu'un véritable piqué volontaire. Mais bon, comme les médias sont fans, ils ont chaussé leurs lunettes déviantes qui leur avait permit d'affirmer que la volée de Zidane, en 2002, n'était pas également une volée ratée. C'est pas grave, c'est beau quand même.

Au final, frottons nous les mains de posséder un des deux meilleurs ailiers du monde dans nos rangs, et des buteurs enfin efficace. Avec une défense un poil plus solide et un milieu toujours talentueux, et maintenant des avant-centres efficaces, elle peut aborder ces barrages avec confiance, même si le tirage peut changer la donne. Éliminer le Portugal de Ronaldo, ça aurait de la gueule... ce serait dommage aussi un peu. Le mieux, ce serait la Grèce, on perdrait pas grand chose. Ouhlàlà je suis vilain !

Vivement les barrages, l'attente va être longue.

A plus tard !

mardi 15 mai 2012

26, v'là la liste

Salut à tous,

Voilà, on s'est rapproché encore un peu plus de la liste que tout le monde attends, de ceux qui seront choisis par le Président pour représenter la France lors des prochaines échéances du pays. Non, pas la liste des ministres dévoilée demain, mais celle que Laurent Blanc délivrera définitivement le 29 mai prochain. A trois noms près, si on excepte les éventuelles blessures (Sydney Govou se tient prêt, comme d'habitude), on l'a sous les yeux.

Voici les 26 joueurs appelés, par poste et par positionnement sur le terrain, de droite à gauche :

Lloris, Mandanda, Carrasso,

Debuchy, Réveillère, Rami, Mexès, Koscielny, Yanga-Mbiwa, Clichy, Evra,

Cabaye, Diarra, M'Vila, Matuidi, Malouda,

Ben Arfa, Valbuena, Gourcuff, Martin, Nasri, Ménez, Ribéry,

Rémy, Giroud, Benzema.

Belle équipe hein ? Sur le papier, comme ça, elle a l'air équilibrée. Onze joueurs "étrangers" pour 15 "locaux", soit une proportion de joueurs de Ligue 1 un peu supérieure à la moyenne depuis plusieurs années, mais elle devrait baisser dans deux semaines. Le plus étonnant, c'est que c'est Marseille qui compte le plus de sélectionnés dans cette liste (4) devant Lyon (3), soit deux équipes qui ont quand même très nettement moins brillé que Montpellier et le PSG, qui, avec deux représentants seulement, côtoient tout de même des équipes comme City et Newcastle, devant Lille (1 !). Comme quoi, la notion de groupe et le statut des joueurs sont prépondérants par rapport au prestations sportives des joueurs... Un joueur comme Mavuba, par exemple, peut s'estimer lésé par les choix de Blanc. Sincèrement, on peut s'inquiéter que l'actuel 10e de Ligue 1, derrière Evian-T-G, soit le socle de la sélection française pour le prochain Euro non ? Sur les 15 joueurs de Ligue 1 appelés, seuls 5 se sont qualifiés pour la prochaine C1.

Embouteillage au milieu

Bref, a priori, la défense est au complet, et ne nécessitera pas de retouche, à moins que Blanc ne prenne le risque de partir avec 7 défenseurs pour prendre un joueur offensif supplémentaire. Mais ça, c'est dans les cas où vous avez des défenseurs polyvalents, comme l'étaient Kaboul (droite et centre) et Abidal (gauche et centre), ou alors des milieux qui peuvent descendre d'un cran, comme Lassana Diarra. Mais ces trois là ne sont pas dans la liste, pour raisons diverses, et à part Matuidi, qui peut rendre service au poste de latéral gauche, tout comme Réveillère, et même si la surprise du chef Yanga Mbiwa a souvent rendu service sur les côtés en début de carrière, on a surtout affaire à des spécialistes. Il y a donc de grandes chances qu'on reste avec ces 8 là, ce qui permet de doubler les 4 postes. Et avec la déveine qui touche nos défenseurs actuellement, autant assurer le coup. Quitte à prendre un jeune nouveau, appelé à peu jouer de toutes façons, j'aurais plutôt pris un Varane, qui a moins joué mais quand il a joué, c'était parfois de la Ligue des Champions. Et affronter tous les jours à l'entraînement Ronaldo, Benzema ou Özil, ça forme vite à mon avis.

Les trois "perdants" devraient donc se situer au milieu, sachant qu'en pointe on ne frôle pas vraiment l'embouteillage, on y reviendra. Le choix - difficile, forcément - est aussi dépendant d'un critère, tactique celui-là : si Blanc joue en 4-5-1 avec une pointe défensive en deux relayeurs, pas de meneur de jeu, le choix sera donc à faire entre les offensifs centraux que sont Martin, Gourcuff et Nasri, sachant que ce dernier a une longueur d'avance par son statut en club, son club lui-même, et son passé récent en Bleu. Tout le monde l'a oublié, mais c'est lui qui qualifie la France en transformant son penalty contre la Bosnie, à un quart d'heure de la fin (1-1). Et surtout, il peut évoluer sur un côté. Les deux autres peuvent aussi évoluer plus bas que derrière l'attaquant de pointe, mais il y a embouteillage dans ce domaine.

Donc, si Blanc écarte le 4-2-3-1, et si on inclue Martin et Gourcuff, ça fait 7 candidats aux trois postes du milieu. Diarra, M'Vila et Matuidi pour la pointe défensive, et Matuidi, Cabaye, Malouda, Martin et Gourcuff pour les deux postes de relayeur. Diarra, malgré sa saison très compliquée à Marseille, a l'avantage d'être le seul à avoir un physique atypique dans cette liste, celui de costaud, bon de la tête. Chez les autres, seuls Gourcuff (1m85), Malouda (1m81) et M'Vila (1m82) dépassent les 1m75, et ces derniers ne sont pas vraiment des monstres physiques. Seule l'absence de concurrence garantit donc presque sa place à Diarra. Cabaye, lui, peut se reposer sur une saison très réussie à Newcastle, et de bonnes performances en Bleu durant ses 10 petites sélections. M'Vila, Malouda et Gourcuff, voire Martin, sont plus installés en Équipe de France, mais aucun, hormis le Rennais, ne peut se targuer d'un statut d'indiscutable. Il va falloir en virer deux ou trois dans cette liste... sauf si Blanc enlève un milieu offensif.

Rémy or not Rémy ?

Sur les ailes, les postes sont doublés. Ménez, qui peut évoluer à droite, semble le remplaçant naturel de Ribéry, voire mieux si le Munichois continue de décevoir à l'Euro. Ben Arfa, l'autre surprise de la liste, peut évoluer sur les deux ailes, mais a le plus souvent évolué à droite ou dans l'axe à Newcastle, et se retrouve en concurrence avec Valbuena et Rémy dans le couloir droit. Je ne crois pas trop à un retour du dernier nommé, blessé au moins trois semaines voire un mois - l'Euro débute dans 26 jours - ce qui libère une place. Du coup, les ailes sont au complet, et pas vraiment bondées. Même chose pour l'attaque, avec Benzema et Giroud, si on considère Rémy comme forfait quasi certain malheureusement. Malheureusement parce que pour moi le Marseillais était un indiscutable de cette équipe, à droite au moins, ne serait-ce que par son statut de meilleur buteur des Bleus en 2011 (3 buts). Toujours est-il que je trouve qu'on est un peu juste en pointe, puisqu'aucun des autres joueurs offensifs n'a de repères à ce poste tellement spécifique. Un peu Ménez, à la rigueur... mais vraiment en tirant les cheveux très fort. Un Djibrill Cissé aurait pu faire l'affaire, mais il est plus que jamais tricard, et ce pour des raisons de plus en plus obscures... à moins que Blanc ne l'appelle, lui ou un autre, en cas de forfait de Rémy, ce qui devra donc libérer une place supplémentaire au milieu...

Voilà, donc en gros je parierais sur deux départs au milieu, en plus de celui de Rémy, qui sera trop juste, au mieux, à moins d'un miracle. Si Rémy est apte, je ne vois qu'un duel entre Ben Arfa et Valbuena pour le remplacer dans l'hélicoptère du retour... ce qui serait cruel pour ces deux joueurs qui n'ont pas démérité cette saison. Pour les deux du milieu, je pense que Martin n'y sera pas, en raison du classement de son club et son manque d'expérience, même si son profil de tireur de coups de pied émérite aurait été utile... pour l'autre, ça se jouera entre Matuidi et Malouda à mon avis. Sur la forme sportive et le temps de jeu, ainsi que les progrès affiché en fin de saison, sans parler de la petite blessure ressentie ce week-end par le Londonien, j'aurais voté Matuidi, sans sourciller. Mais je crois que Blanc, déjà privé d'Abidal et Sagna, ne voudra pas se priver d'un autre de ses cadres, de son expérience surtout. Ce qui ferait un autre Parisien sur le flanc, après Gameiro, Hoarau et Sakho, sans parler de Jallet. Un seul Parisien dans le groupe (Ménez), soit moins que Marseille ou Lyon, et autant que Rennes, je crois que ce serait assez injuste compte tenu de ce que le PSG a montré cette saison, même s'il ne remportera pas le titre, tout comme Lille d'ailleurs. L'instabilité du groupe parisien, chamboulé deux fois cette année par les transferts, ne l'aura pas aidé. Ce sera surtout cruel pour Sakho et Matuidi, qui ne sont pas passés loin quand même.

Voici donc, selon moi, le liste que Blanc annoncera dans deux semaines :
Lloris, Mandanda, Carrasso,

Debuchy, Réveillère, Rami, Mexès, Koscielny, Yanga-Mbiwa, Clichy, Evra,

Cabaye, Diarra, M'Vila, Malouda,

Ben Arfa, Valbuena, Gourcuff, Nasri, Ménez, Ribéry,

Giroud, Benzema.

Voilà, sur ce je vous laisse ! A plus tard ! Et n'hésitez pas à réagir !

dimanche 15 avril 2012

Le triplé pour Marseille

Salut à tous !

Alors, cette finale, vous avez kiffé ? Évidemment, si vous étiez supporters d'une des deux équipes, vous n'êtes pas concernés par l'avis général, qui est que ce fut une des pires démonstration de pousse-ballon sans ambition, sans la moindre maîtrise technique et avec le rythme d'une émission de Public Sénat, qu'on ait vu en France. Et pourtant, y a des précédents... Non, si vous étiez supporters, vous n'avez pas pu vous ennuyer, vous avez stressé, vibré... je ne sais pas quand vous avez vibré, à part sur la tête d'Amalfitano sur le poteau et le but à la 105e minute de Brandao, sans parler des fautes de Français de Xavier Gravelaine, mais ça a du vous arriver quand même. Je suspecte quand même quelques Lyonnais d'avoir baillé et de s'être lamenté devant la production "nicosienne" de leur équipe.

Étonnant d'ailleurs que cette purge conclue une édition qui a vu, à partir de l'entrée en campagne des clubs de Ligue 1, une moyenne de 3,24 buts par match (81 en 28) ! D'ailleurs, d'habitude, on marque beaucoup plus en Coupe de la Ligue (2,69 depuis 1994) qu'en Ligue 1, par exemple, où on dépasse rarement les 2,4, hormis cette saison. Voilà en tous cas qui dénote avec l'idée que les matches de Coupe de la Ligue ont aucun intérêt et sont ennuyeux... enfin, à part hier soir...

Marseille, une passion tardive

Voilà donc un premier trophée qui tombe. Au palmarès, l'OM rejoint Bordeaux et le PSG avec trois victoires, mais il est le premier à les remporter trois fois d'affilée. Seul Strasbourg suit derrière avec deux succès, dans un palmarès assez disparate finalement (11 vainqueurs différents en 18 éditions). Ce qui est intéressant avec cette compétition, du moins sur le plan du statisticien, c'est qu'en raison de son jeune âge, elle n'est pas faussée par des chiffres et des clubs improbables venus des années 30 ou 50, comme la Coupe de France. Dans le classement général, on n'y compte quasiment que des clubs "actuels", même si on y voit quand même quelques incongruités comme Gueugnon (vainqueur en 2000), Saint-Brieuc, Wasquehal, Sète ou Épinal. Quant à Cannes ou Strasbourg, ils ont, eux, quitté le monde professionnel il y a peu, et ne fréquentent déjà plus une compétition réservée, je le rappelle, aux clubs professionnels.

Si l'on compte les points (la victoire à deux) depuis la création de l'épreuve en 1995, et en excluant les tours qui ne concernaient pas la Ligue 1, le PSG mène la danse avec 64 points, devant Bordeaux (61), Monaco (58), Lyon (50) et Lens (49). Marseille, qui a donc rejoint les deux premiers nommés au nombre de victoires finales, est 7e avec 46 points. Pourquoi ? Parce qu'avant de se trouver une passion subite pour une compétition qu'il combattait, jusque là, en compagnie de ses confrères, les clubs puissants, le club phocéen avait tout simplement des résultats beaucoup plus médiocres que les Parisiens ou les Girondins, qui, même quand ils gagnaient, atteignaient régulièrement les tours finaux.

Ainsi, jusqu'à son fameux triplé, série en cours, Marseille n'avait atteint ou dépassé les quarts de finale que 4 fois (96, 98, 2003 et 2008) en 15 éditions, tout en ne faisant jamais
mieux que demi-finaliste. Dans le même temps, le PSG le faisait 7 fois, avec donc trois succès plus une finale à la clé, tout en atteignant également les demi-finales en 2011 ; pour Bordeaux, c'était tout ou rien entre 94 et 2005, puisque les Girondins faisaient soit au mieux huitième de finaliste, soit finaliste (97, 98) soit vainqueur (2002) avant de signer trois autres finales, dont deux succès (2007, 2009). Enfin, Lyon ne fait pas beaucoup mieux que Marseille avant 2009 (5 quarts de finale) mais en l'emportant quand même en 2001, et en atteignant la finale en 1996. Ceci explique cela, donc. Marseille en est à 12 succès consécutifs en Coupe de la Ligue, sur 22 au total, c'est-à-dire qu'il a pris 24 de ses 46 points durant les trois dernières années !

On peut aussi regarder le classement à la moyenne de points par matches. Là, le PSG et Bordeaux sont à égalité en tête, avec 1,33 points par match, devant Monaco (1,26), Lyon (1,25) et Marseille (1,24), qui a donc effectué un rapproché spectaculaire ces trois dernières années. A noter les très mauvais chiffres de Montpellier (1,03), Saint-Étienne (1), Rennes (0,97), Toulouse (0,92), Nantes, nettement plus à l'aise en Coupe de France durant la même période (0,87) et surtout Lille (0, 81, 9 victoires et 14 défaites) ! Ainsi, le LOSC n'a atteint que quatre fois les quarts de finale, son meilleur "score", dont trois fois lors des trois dernières années, les Nordistes bénéficiant de la nouvelle formule de l'épreuve, qui protège les clubs européens en les exemptant du premier tour...

Pauleta plane encore

Les buteurs, maintenant. Depuis 1994, on retrouve à peu près les mêmes attaquants qui ont brillé en Ligue 1 depuis 20 ans, comme le recordman, Pauleta (15), qui a bénéficié du fait qu'il ait joué dans les deux meilleurs clubs historiques de la compétition, Bordeaux (5 buts) et le PSG (10), son dauphin, Guivarc'h (13), puis Anderson (12), Luyindula (10), et Giuly (9). Sans parler de Caveglia, Maurice, Rémy, meilleur buteur de cette édition avec 4 buts (devant Jovial et Mounier, 3), et Wiltord, qui en sont à 8, Nonda (7), Drobnjak, Ljuboja, Maoulida, Moreira, Niang, Pagis, Piquionne, Pujol, Simone (6), etc. On y voit aussi d'autres joueurs moins connus ou moins habiles en Ligue 1, comme Compan, Fauré, Nouma (8), Brandao, Isabey (7) ou Becanovic, Pedretti, Samson, Vairelles (6)... Ça s'explique notamment parce que les clubs font souvent tourner leurs équipes dans la compétition, et que les clubs de Ligue 2 y ont aussi leur mot à dire, ce qui offre à des joueurs comme Fauré, Samson ou Compan, des expositions plus importantes. Ainsi, à 5 buts, on voit les noms de Darbelet ou Di Rocco apparaitre.

En revanche, les bons buteurs actuels sont moins présents. Si Rémy, on l'a vu, en est déjà à 8, Niang en a mis 6, ainsi que Pujol, Gomis en à 5, tout comme Djibrill Cissé et Gervinho, De Melo et Frau à 4, Giroud et Hazard à 3, ainsi que Lisandro, Diané, Gignac, Jovial et Montano, Nene, N.Roux, Erding, A.Ayew, Oliech, Aubameyang, Sow et Gameiro à 2, etc. Sans parler de Bastos (1) et Kembo, S.Camara, Hoarau, Maïga ou Sagbo (0). Logique : d'abord, ils ne sont pas en fin de carrière et peuvent donc encore marquer d'autres buts ; ensuite, ils tournent de plus en plus souvent et jouent moins, donc.

Voilà, je vous laisse et je vous retrouve pour le bilan de la 32e journée, qui se terminera mercredi ! A plus tard, donc !

mercredi 28 mars 2012

Marseille peut le faire

Salut à tous,

Ce soir, Marseille fait face au plus grand défi de sa saison, et ce dans les pires conditions possibles. Le club phocéen ne gagne plus depuis plus deux mois et huit matches consécutifs, toutes compétitions confondues, depuis la victoire contre l'Inter Milan, au match aller du tour précédent en fait, et doit faire avec la suspension de son gardien et capitaine, Steve Mandanda, ainsi que la blessure de son meilleur défenseur, Souleymane Diawara, et peut-être de son meilleur attaquant, Loïc Rémy. Manquerait plus que son meilleur milieu, Benoît Cheyrou, se blesse en allant promener son chien, et ce serait la totale. En tous cas, face à un Bayern très au-dessus du lot en ce moment, tout ces pépins semblent rédhibitoires pour une qualification éventuelle, sachant que même au complet, l'équipe provençale n'aurait pas été favorite face à ce qui est pourtant son double allemand. Ou du moins son modèle.

Et pourtant, selon moi, il y a des raisons d'espérer. Pour la qualification, je ne sais pas, parce qu'à domicile le Bayern est difficilement prenable, et capable de dominer n'importe qui, parfois dans des proportions sidérantes. Mais pour ce soir en tous cas, y a moyen de faire un résultat qui n'assurera pas forcément à l'OM une place en demi-finale, mais pourra peut-être le requinquer, le relancer dans sa course à l'Europe en championnat.

D'abord, Marseille est également très solide à domicile : cette saison, sont venus perdre au Vélodrome Dortmund, et pas qu'un peu (3-0), le même club qui domine le Bayern de cinq points en championnat, s'il vous plait ; le PSG (3-0), Lille (2-0) et l'Inter Milan, on l'a vu (1-0). C'est vrai, en phase de poule de la Ligue des Champions, Arsenal et l'Olympiakos étaient venus s'imposer au Vélodrome (0-1), mais quand même, ça prouve que dans les très grands matches, face à des adversaires extrêmement redoutables, Marseille est capable de s'imposer. Rappelons que durant les 15 dernières années, Chelsea est venu perdre deux fois boulevard Michelet (1-0), en février 2000 et en décembre 2010 ; Manchester United est venu y concéder un nul en février 2011 (0-0) après y avoir perdu en octobre 1999 (1-0). Alors bien sûr, là encore il y a aussi eu des échecs, comme les deux visites de Liverpool (0-4, 1-2) et celles du Milan AC en septembre 2009 (1-2) et du Real Madrid deux mois plus tard (1-3), mais l'essentiel est dit : Marseille sait gagner face aux gros. Surtout que, malgré sa grande forme actuelle et ses ambitions continentales, le Bayern n'est pas le Milan ou le Real. Ce n'était pas un bon tirage, mais ce n'était pas le pire.

Dortmund, on l'a vu, est venu perdre largement à Marseille, et le champion d'Allemagne ressemble beaucoup à son dauphin bavarois : une force offensive extrêmement impressionnante, façon teutonne, mais aussi une défense qui, si on ne peut pas la considérer comme poreuse, n'est pas impassable. Comparée à l'attaque du Bayern, constituée de deux des meilleurs ailiers du monde, Robben et Ribéry, et un des meilleurs attaquants mondiaux, Gomez, eux-mêmes assistés par des clients comme Müller, Kroos ou Schweinsteiger, s'il est remis, la défense ferait presque peine à voir. D'abord, Daniel van Buyten, qui aurait pu tout autant que Ribéry effectuer un retour triomphal dans la cité phocéenne, est blessé. Ensuite, la charnière actuelle, composée certes de deux internationaux allemands, Boateng et Badstuber, ne présente pas les meilleures garanties. On a vu lors du dernier Allemagne-France (1-2) que le second, remarquable gaucher relanceur, n'est pas forcément le meilleur défenseur du monde, notamment lorsqu'on joue vite dans son dos. Le premier nommé, lui, est régulièrement aligné sur le côté droit, a souvent des moments d'absence et des manques tactiques à ce poste, sans parler du manque d'automatismes avec son partenaire. Rappelons cependant que malgré cela le Bayern n'a pris que 6 buts lors de ses 13 derniers matches... peut-être parce qu'il possède aussi un des tous meilleurs gardiens de la planète, et le plus cher de l'Histoire aussi (25 millions d'euros), Manuel Neuer. Lui, il va falloir le battre.

Sur les côtés, si Lahm reste impressionnant sur son aile (gauche, en général, même si je le trouve meilleur à droite), il l'est surtout par sa percussion et ses qualités offensives. Même chose pour Rafinha, côté droit. Le Brésilien est une vieille connaissance du football européen... pas forcément un client au niveau du reste de ses coéquipiers. Remis en confiance par son but à Nice (1-1), Ayew peut lui faire des misères.

Surtout, le club bavarois n'est pas non plus fabuleux à l'extérieur. En Bundesliga, il est troisième à ce classement spécifique, à sept points de Dortmund et à un de Moenchengladbach. Il a déjà perdu quatre fois en déplacement, contre deux pour le leader actuel du championnat, encaissant 13 buts en autant de rencontres, contre 9 en 14 matches pour Dortmund, et 8 en 13 pour l'autre Borussia, la grosse surprise de la saison. Le Bayern s'est certes incliné à Leverkusen (2-0) et à Moenchengladbach (3-1), mais aussi, en première partie de saison, à Hanovre (2-1) et Mayence (3-2), tout au mieux des candidats à la Ligue Europa. Il s'est également incliné en Ligue des Champions à Manchester City (2-0) après avoir gagné à Villarreal, qui a perdu tous ses matches (0-2) et ramené un nul de Naples (1-1), et a surtout perdu au tour précédent à Bâle (1-0), qui n'était pourtant pas un foudre de guerre, vu la raclée que le club suisse a pris au retour (6-0). Bref, bien bloqué, le Bayern, peu sécurisé derrière, peut perdre à peu près n'importe où. Il n'est pas complètement le rouleau compresseur qu'on présente partout, même s'il y ressemble un peu ces derniers temps.

En fait, cette opposition me rappelle celle entre l'Allemagne et la France, en février dernier. Tous les observateurs, moi le premier, redoutaient une débâcle tricolore, les Bleus manquant trop, selon nous, de sûreté défensive et d'efficacité offensive pour faire douter sur sa pelouse une des meilleures équipes du monde, impressionnante lors des éliminatoires de l'Euro (10 matches, 10 victoires, +27 de différence de but) dans un groupe pas si facile (Turquie, Belgique, Autriche...). Et pourtant, les Bleus, privés de Rémy et Benzema, l'ont emporté tout à fait logiquement. Aurait-ce été la même chose lors d'un match officiel, avec un enjeu au bout ? Certes, les Allemands ont plus de mal que nous pour se mobiliser lors d'un match amical, notre grande spécialité, mais un Allemagne-France est toujours disputé.

On saura ce soir si j'avais raison d'y croire ! Le Bayern reste favori de cette confrontation, du moins celle de ce soir, mais il est prenable, c'est une certitude.

A plus tard !

mardi 27 mars 2012

Amateurs et demi


Salut à tous !

Je ne sais pas si vous allez me croire, mais figurez-vous qu'il n'y a pas que la Ligue 1, la Ligue des Champions et le challenge Téléfoot dans la vie. Rasseyez-vous, prenez un petit café, remettez vous de vos émotions, ça va aller. Moi, la première fois que j'ai vu ça, ça m'a fait le même effet.

En effet, sous ces strass et ces paillettes voletant à foison devant nos yeux émerveillés, existent des compétitions étranges, composées de noms de ville inconnues ou oubliées, comme Besançon, Luzenac ou Strasbourg. Ces compétitions se nomment le National (je ne vois pas ce qu'il a de plus national que la Ligue 1 et encore moins que la Coupe de France, mais passons), la CFA (oui, comme la monnaie dans certaines de nos anciennes colonies africaines), ou la CFA 2. Comme souvent au cinéma, la suite est moins bonne que l'original. Tout cela n'étant que la partie immergée d'une immense nébuleuse nommée le Football Amateur. Sans ce dernier, point de salut, pas de professionnels, pas de Canal Football Club, et donc pas de Grande Surface. A la réflexion...

Plus sérieusement, si on regarde le classement des meilleurs buteurs français en 2012, sur l'excellent site footballdatabase.eu, on constate qu'autour des cadors attendus, Benzema (12 buts), Gomis (9) et Giroud et Rémy (8), s'insèrent des noms complètement méconnus, issus de ces compétitions inférieures hiérarchiquement, mais plus propices pour que le talent de ces joueurs brille, car forcément moins relevé. Je ne vous ferais pas l'injure de vous préciser qu'il est plus aisé de marquer des buts en Liga qu'en CFA 2, même avec Higuain dans les pattes.

Ce qui est intéressant de voir, c'est le parcours de ces joueurs qui circulent sous le tapis rutilant du football professionnel, sans parfois jamais réussir à y faire son trou. Ainsi, Nicolas Belvito, 25 ans. Cet attaquant, aux faux-airs de Mickaël Madar (cheveux bruns mi longs, 1m89...), brille actuellement avec Besançon (11 buts). Formé à Bourg-Peronnas, il passe ensuite par Corte avant de continuer sa carrière dans la région lyonnaise, dont il est originaire (St-Priest, Lyon-Duchère). Il tente ensuite sa chance durant deux saisons en Ligue 2, à Dijon, où il ne parviendra pas à convaincre (9 matches, 2 titularisations, 1 but, plus deux en Coupe de France, à Hayange, battu 8-0). En janvier 2011, il rejoint Strasbourg, tombé en National l'été précédent, et qui lutte en milieu de tableau. En 10 matches, il ne marquera pas un but, ne permettant pas au Racing d'arracher in extremis la montée qui aurait peut-être pu le sauver de la CFA 2 où il nage aujourd'hui.

En attendant, Belvito part à l'ouest en aout dernier, direction Cherbourg, qui vient de monter au 3e niveau français. Si le promu se comporte honorablement en début de saison, son attaquant, pourtant régulièrement aligné en pointe, ne brille pas : aucun but avant la 8e journée, puis trois d'affilée, puis un nouveau en novembre, plus un doublé à Chauray, en Coupe de France (2-3). Mais c'est finalement mars qui le verra enfin briller à ce niveau : deux triplés à l'extérieur, à Rouen (3-3) puis au Paris FC (1-3), avant un penalty ce week-end, contre Epinal (1-0). Ce n'est sans doute pas l'attaquant du siècle, mais l'exemple même du bon joueur régional capable de briller occasionnellement à un niveau national correct, si on le met en confiance.

Tout l'inverse, en somme, de David Lédy. Lui en est carrément à 13 buts en 2012, ce qui fait de lui le meilleur attaquant français sur l'année civile. Sauf que lui n'a jamais quitté son club formateur, Strasbourg, ce qui fait finalement son bonheur. Il a débuté en pro avec le Racing en 2008-2009, en Ligue 2, se montrant moyennement efficace durant deux saisons (3 buts en 16 titularisations). Passé en National avec son club, le natif d'Altkirch, qui verra Belvito débarquer durant l'hiver, voit logiquement ses chiffres gonfler : 11 buts, c'est pas mal.

Du coup, forcément, quand le Racing descend de deux étages d'un coup l'été dernier, Lédy ne peut que se régaler : il en est à 16 buts en 17 matches, avec notamment trois triplés entre janvier et mars, plus six buts en Coupe. Là encore, il va falloir attendre avant de connaître son seuil de compétence, sachant qu'il n'a que 24 ans. Mais il peut à mon avis espérer briller à nouveau en Ligue 2 d'ici quelques années, avec Strasbourg, actuellement deuxième derrière l'équipe C d'Auxerre... ou ailleurs.

Ah tenez, voici un joueur au nom plus évocateur : Steven Papin, 24 ans, ancien attaquant de Auch ou de Saint-Malo, et très efficace de Plabennec, en CFA (16 buts). Aucun lien, a priori. Seuls quelques initiés mosellans doivent se rappeler de Stéphane Boulila, 37 ans, attaquant formé à Noisy-le-Sec, passé par les réserves de Guingamp, Nantes et Metz, avec qui il disputera deux bouts de matches de Ligue 1 en 96 et en 99, connaissant la Ligue 2 avec Le Mans (3 buts), le National avec le Racing de Paris et Angers (15 buts en 2 saisons) avant de finir sa longue carrière à Aubervilliers, avec qui il vient de marquer 27 buts en presque deux saisons, en CFA.

On devrait aussi bientôt découvrir Damien Mayenga en National, voire au-dessus. A 24 ans, il empile les buts avec Luçon, en CFA (11 buts), après ses 15 buts de l'année passée avec St-Pryvé, au même niveau. Même chose pour le jeune Julio Tavares, 23 ans, attaquant de Bourg-Peronnas (CFA), et auteur cette saison de 11 buts, plus un en Coupe à... Marseille, il y a quelques semaines (3-1). Il vient de marquer 33 buts en trois saisons de CFA, rien d'exceptionnel mais de quoi viser un peu plus haut dans quelques années.

Et enfin, il faut parler de Jérémy Perbet, 27 ans. Ça fait deux ans maintenant que le natif du Puy-en-Velay nargue les internationaux français (39 buts en 2011, déjà 9 cette année) en collectionnant les buts avec Mons, petit club belge promu cette saison. Formé à Clermont, passé par Moulins (avec qui il marquera 23 buts en National en 2005/2006), puis Strasbourg, il passe une première fois la frontière avec Charleroi (13 matches, 6 buts), avant de repasser par Angers, pour définitivement rejoindre la Belgique en 2008. Malgré la relégation, il brille avec Tubize (13 buts) avant de filer à Lokeren, où il fera banquette pendant un an et demi. En janvier 2011 il rejoint Mons, et inscrit 14 buts en autant de match de D2 Belge.

Lui et son club montent, mais son débit de buts ne faiblit pas, ou presque : Perbet, avec 22 buts en 29 matches, plus 12 buts en 10 matches de Coupe depuis 18 mois, est le meilleur buteur du championnat belge, et de loin. Son avenir ? Il rêve de Marseille, et l'OM pourrait lui offrir sa chance, comme il l'avait fait il y a 25 ans, avec un autre Français de Belgique, un peu plus jeune, certes (23 ans) et déjà international : Jean-Pierre Papin. Il ne fera pas pire que Gignac... Plus sûrement, on peut l'imaginer taquiner l'Europe avec Anderlecht, le Standard ou le FC Bruges, voire un bon club de Ligue 1, pourquoi pas ?

Après tout, Olivier Giroud, après avoir été anonymement formé à Grenoble, est passé par le National et Istres (14 buts) avant de mettre deux saisons de Ligue 2 pour intégrer la Ligue 1, à 23 ans. Un mauvais choix de carrière, une blessure, une mauvaise saison... et il intégrait durablement le football amateur et ses légions d'attaquants, souvent rejetés par le foot pro, ou émergeant du véritable foot amateur. A quoi ça tient ?

A plus tard !

mardi 28 février 2012

Un petit creux

Salut à tous !

Après la Ligue 1, la Coupe de France, la Coupe de la Ligue, la Ligue des Champions et la chasse gratuite aux arbitres, c'est au tour de l’Équipe de France de reprendre en cette année 2012, demain à Brême, contre l'Allemagne. Il y a mieux pour se mettre en confiance avant un Euro qui s'annonce particulièrement coton pour les Bleus, même s'ils ne sont pas tombés dans une poule insurmontable, surtout par un sociétaire du quatrième chapeau... en même temps, ce genre de match est à double tranchant : si on le perd très logiquement, comme celui face à l'Espagne il y a deux ans (0-2), ça nous enfoncera dans les grandes largeurs, et cela validera les gros doutes qui persistent sur cette équipe qui ne semble pas vraiment avoir progressé sous la magistrature Blanc. En revanche, si exploit il y a, ça peut être tout bénèfs pour une génération en manque de match repère, que n'ont finalement pas été les succès en Bosnie (0-2), en Angleterre (1-2) ou contre le Brésil (1-0). Cette fois, il y a peu de chance que Joachim Low aligne une équipe B, comme le fit un Fabio Capello accablé par les blessures, ou que son équipe se retrouve à dix au bout de 40 minutes. Ou alors, toute cette chance que l'on aura eu en match amical aura été un bien beau gâchis !

Malgré le statut de quasi saint dont le sélectionneur aura pu bénéficier depuis sa nomination, et sous l’œil bienveillant de ses amis commentateurs du foot (Dugarry, Lizarazu, Ménez...), pour l'instant les progrès annoncés ici ou là sont difficilement observables à l’œil nu. A l'heure actuelle, et sur le plus pur plan des résultats, Blanc a fait aussi bien que Domenech : il a qualifié les Bleus dans un poule à sa portée avec une très grande difficulté, empruntant le traditionnel trou de souris que seul Jacques Santini et Michel Platini, depuis 20 ans, ont su éviter, en 2003 et 1991. La France ne se qualifie quasiment jamais facilement, même celle d'il y a dix ans, qui trônait au sommet du monde, mais à qui il fallut un but à la dernière seconde contre l'Islande (3-2) ainsi qu'une cagade d'un gardien russe dans un autre match pour qu'elle se qualifie pour l'Euro 2000, qu'elle allait remporter... ça vaut bien une petite mimine durant une prolongation face à l'Irlande ou un penalty à un quart d'heure de la fin contre la Bosnie (1-1)...

Je ne suis pas là pour accabler Blanc, qui fait ce qu'il peut avec ce qu'il a, comme son prédécesseur, qui, lui, ne parait pourtant pas autorisé à utiliser cette excuse, en raison, surtout, d'une communication mal maîtrisée, crime suprême. Il y a simplement de nombreux indicateurs qui prouvent que la France traverse depuis cinq ans un de ses traditionnels creux générationnels dont les sélectionneurs sont rarement responsables, qui la privaient, d'ordinaire, des grandes compétitions, et qui faisaient passer le temps entre quelques grandes équipes. Il y eu ainsi les années 60, qui succédaient à la belle période de la fin des années 50, marquée par une troisième place au Mondial 1958. Durant cette décennie dramatique, la France ne disputa qu'un seul tournoi, la World Cup 66, qu'elle quitta au premier tour (dans un groupe qui comptait tout de même le pays organisateur et futur vainqueur anglais, le Mexique et l'Uruguay), et ne remporta que 19 matches, contre 34 défaites ! Les joueurs marquants de l'époque ? Combin, Herbin, Gondet... des méga stars.

Puis vint la fin des années 70, marquée par la génération Platini, qui remporta un Euro (1984), disputa deux demi-finales de Mundial (1982, 1986) mais rata par ailleurs l'Euro 1980 et ne passa pas le premier tour en 1978 (toujours dans un groupe ardu, avec encore le pays organisateur et futur vainqueur, l'Argentine, la Hongrie et l’Italie !). Place ensuite au deuxième gros creux générationnel de notre histoire, de 1987 à 1993, ou des joueurs comme Ferreri, Passi ou Vercruysse tentèrent en vain d'endosser le costume du patron, ce qui priva des joueurs comme Stopyra, Micciche, Fargeon, Touré et les jeunes Papin et Cantona de bons ballons. Durant ces six ans, la France remporta 28 rencontres pour 12 défaites "seulement"... mais rata les Coupes du Monde 1990 et 1994, et l'Euro 1988. Seule éclaircie dans ce grand brassage de joueurs tous plus improbables les uns que les autres (dans le désordre et en en oubliant pas mal, Kastendeuch, Rohr, Poullain, Zénier, Pardo, Dib, Xuereb...), la qualif pour l'Euro 92, obtenue avec Platini aux commandes et Papin et Canto aux avant-postes, et après un parcours sans faute, puisque les Bleus battaient deux fois l'Espagne et la Tchécoslovaquie... mais échouaient en Suède, avec deux nuls et une défaite contre le Danemark... autre futur vainqueur. Décidément, il fait bon éliminer la France durant un premier tour. Avis aux amateurs !

Et puis voilà Jacquet, Zidane ou Djorkaeff, qui rejoignaient avec succès Deschamps, Blanc ou Petit, déjà présents lors du fameux France-Bulgarie de novembre 1993. Inutile de rappeler les états de service de ces joueurs, mais depuis leur départ, il n'est pas illogique de constater une baisse de niveau quasi mécanique. Mais la France semble être arrivée tout près du niveau d'autres grands pays de football qui, même durant leurs creux, sont quand même là dans les tournois internationaux. Là est réellement le progrès. Rappelons que ces dernières années, l'Italie a raté l'Euro 1984, tout comme les Pays-Bas, qui ont également manqué le Mondial 2002, et l'Angleterre l'Euro 2008 et la Coupe du Monde 1994. Seuls la France, l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne n'ont rien manqué depuis 1996. Par ailleurs, depuis 20 ans, la France a connu plusieurs grandes périodes d'invincibilité, notamment celles de Jacquet (30 matches entre 1994 et 1996), de Santini (21 entre 2003 et 2004), de Domenech, oui oui (17 entre 2004 et 2005) et l'actuelle, d'également 17 rencontres, qui dure depuis l'Afrique du Sud. Choses assez rares avant 1980, il faut bien l'avouer.

Sur ces dernières années, marquées, est-ce vraiment un hasard, par une forte hausse des joueurs provenant de la Ligue 1, ce qu'on constate tout de même c'est que la dernière fois qu'un joueur français a inscrit plus de cinq buts durant une année en Bleu, c'était Thierry Henry en 2006 (8), et qu'on reste sur deux années avec un meilleur buteur rachitique (3 buts pour Benzema en 2010, et Rémy en 2011) ; que si elle a été invaincue en 2011, elle a perdu plus de matches (16) entre 2006 et 2010 qu'entre 1993 et 2005 (15) ; et que la France n'a plus dépassé les 1,5 buts par matches depuis cette même année 2006 (durant laquelle on a atteint la finale mondiale, rappelons le). Surtout, elle a perdu ses invincibilités contre l'Italie (qui durait depuis 1978) et la Norvège (1968) et connu ses premières défaites contre la Chine, le Mexique, l’Afrique du Sud ou le Belarus...

On va voir si cette équipe, limitée selon moi dans l'axe, malgré le retour de Mexès, quelconque sur les côtés de sa défense, sans idées au milieu et inefficace en attaque, surtout en l'absence de Rémy et Benzema, ses deux derniers meilleurs buteurs, est capable de soutenir la comparaison avec une Allemagne redevenue redoutable après avoir connu son propre creux générationnel entre 1996 et 2002 (elle n'a d'ailleurs plus rien gagné depuis l'Euro anglais, il y a 16 ans, et qui possède une jeunesse dont on peut être envieux (Götze, Reus, Müller, Özil...). A double tranchant, je vous ai dit...

On en reparle après le match ! A plus !

jeudi 9 février 2012

Pointes Bleues


Salut à tous,

Longtemps, on a pu considérer que le Talon d'Achille des Bleus était le poste d'avant-centre. Et ce, contrairement à ceux de gardien, pour lequel on a très rarement été démuni en excellent éléments, ou de défenseur central, une spécialité locale. Aujourd'hui, on est à la fois loin et assez proche de ce schéma classique.

C'est vrai, on possède encore une fois un duo de gardien exceptionnel, qui nous protège de certaines mésaventures arrivées lorsque nous tâtonnions entre Barthez, Coupet et Frey, il y a quelques années, par exemple. Avec Mandanda et surtout Lloris, sans parler de Carrasso, on est paré, comme aux plus grandes heures de Barthez (première époque), Bernard Lama, Joel Bats, Jean-Paul Bertrand-Demasnes ou Alex Thépot, dans les années 30 (je vous en toucherais peut-être un bout un de ces quatre).

En revanche, au niveau défenseurs centraux, on est loin de l'époque ou des joueurs comme N'Gotty, par exemple, se voyaient privés d'une honnête carrière internationale par la présence du duo Blanc-Desailly, le meilleur du monde durant les années 90, et de loin. Aujourd'hui, on s'en sort avec un stoppeur impressionnant physiquement mais un peu limité techniquement, et assez désordonné tactiquement, du fait d'une formation primaire dans ce domaine puisqu'il n'a pas fréquenté de centre de formation (Rami) et un ancien surdoué, patron de toutes les équipes de jeune dans les années 90, très vite comparé à Blanc dès ses débuts professionnels, à Auxerre, mais qui a raté dans les grandes largeurs l'essentiel de sa carrière internationale, notamment sous Domenech, avant de trouver enfin la grâce, à 28/29 ans, sous Blanc (Mexès). Une des rares véritables réussites de ce dernier, au passage. Problème, il n'a plus joué en Bleu depuis presque un an à cause de sa blessure au genou au printemps dernier, et ses remplaçants, Abidal, plutôt destiné au couloir gauche mais qui convainc quand même dans l'axe, Kaboul et Sakho se sont montrés intéressants, sans plus. On est encore loin, pour l'instant, des critères du très haut niveau (Vidic, Thiago Silva, Terry...) dans ce domaine. Mais Sakho, notamment, est jeune, et il y a Yanga-Mbiwa qui pousse derrière.

Mais je suis là pour parler des attaquants.

La spécialité française, dans ce domaine, n'est pas le buteur ordinaire, qu'on voit partout dans le monde et notamment en Italie ou en Allemagne, l’égoïste, ultra efficace mais qui peut disparaître parfois d'un match, parfois limité techniquement... mais quand tu regardes sa carrière, il a rarement marqué moins de 20 buts par saison. On a eu Fontaine, Papin, mais aussi Trezeguet, qui a plus souvent été remplaçant que titulaire en Bleu, tout en marquant 34 buts, un toutes les 121 minutes ! Celui qui l'a relégué sur le banc alors qu'ils ont été formé ensemble à Monaco, Thierry Henry, en a planté 51, soit un toutes les 177 minutes ! Regardez Benzema, notre avant-centre titulaire en Bleu : il est également titulaire au Real, où ses stats sont honnêtes pour la pointe de cet immense club qui a possédé les plus grands attaquants de la Terre. Sauf qu'au classement des buteurs, Messi et Ronaldo sont suivis par... Higuain, son remplaçant (14 buts, contre 10 pour Benzema). Toutes compétitions confondues, l'Argentin marque toutes les 92 minutes, 113 pour Benzema. Mais ce dernier est plus présent dans le jeu, plus passeur aussi. C'est classique : en France (et chez Mourinho aussi, apparemment), on préfère avoir un avant-centre un peu moins efficace, mais plus impliqué dans le jeu, plus passeur. C'est ce qui nous a permis de passer pour des loseurs pendant des décennies, privés que nous étions de Hrubesch, de Völler, de Rossi... nous, on avait Rocheteau, on avait Lacombe (buteur en club, remiseur en sélection...), on avait Stopyra... des attaquants actifs, romantiques, mais inefficaces, du moins en sélection.

Malgré tout, on a connu deux de nos trois grandes époques sans attaquant de très haut niveau : si on avait Fontaine en 58, on n'avait personne dans les années 80 (Platini se chargeait de tout, et Papin débutait à peine) et des phénomènes encore tendres dans les années 90 (Trezeguet, Henry), un buteur éteint (Guivarc'h), un avant-centre qui n'en était pas un, sauf pour Jacquet (Dugarry), et un Papin trop vieux. Comme quoi, on peut tout de même gagner de grandes compétitions sans buteur véritable, regardez l'Italie en 2006. Mais l'Espagne, qui a souvent eu un peu le même problème que nous (elle a quand même eu Raul ou Butragueno, qui n'étaient cependant pas des pointes classiques), s'est mise à gagner des titres à partir du moment où elle a possédé des avant-centres efficaces (Villa, Torres), qui concrétisaient enfin son jeu qui a toujours été limpide et technique.

Qu'est-ce qu'on a, aujourd'hui ? On a donc Benzema, enfin titulaire au Real mais qui, en 2011, n'a marqué que deux fois en Bleu, soit un but tous les quatre matches... le meilleur buteur en sélection a été Rémy (3), pas encore vraiment titulaire, mais pas loin quand même. Ce qui a motivé ce post, c'est que hormis le Madrilène, nos trois candidats au poste d'avant-centre (un devrait rester sur le carreau pour l'Euro) évoluent en France, et possède des caractéristiques complètement différentes.

Loïc Rémy, donc, ressemble beaucoup à un autre attaquant antillais, qui possède un double prénom, qui est habilité à jouer sur un côté (le gauche, pour sa part) et qui lui ressemble physiquement, Thierry Henry. Très rapide, il diffère de "Titi" sur un point, le jeu de tête, qu'il a excellent : cette saison, il a marqué 9 de ses 20 buts de la sorte, dont les six premiers ! Étonnant pour une flèche, évoluant souvent côté droit... Pour moi il serait parfait sur cette aile, en concurrence avec Jérémy Ménez (qui peu jouer à gauche), dans un système en 4-2-3-1.

Passons à Kevin Gameiro, qui réalise son meilleur début de saison (11 buts en championnat), mais qui est moins efficace depuis trois mois. Le Parisien semblait avoir plusieurs longueurs d'avance sur la concurrence, derrière Benzema, mais ses difficultés à marquer au Parc des Princes (3 buts) et en Coupe d'Europe (1 but en 232 minutes, à Differdange...) font douter de ses capacités à passer le cap du niveau international. Comme on pouvait le craindre, ses aptitudes, notamment la vitesse, sont plus adaptées à des équipes évoluant en bloc et en contre, comme l'était Lorient la saison dernière, qu'à celles ayant la possession de balle, comme Paris ou l’Équipe de France. Malgré tout, ses stats parlent pour lui (deux fois meilleur buteur français ces deux dernières saisons, 17 et 22 buts...).

Même chose pour Olivier Giroud, qui lui fait plus penser à Guillaume Hoarau, qui lui a laissé passer sa chance en Bleu, malheureusement. Le Montpelliérain est grand, puissant, efficace (15 buts), mais à l'inverse de Rémy, il marque peu de la tête (1 seul but) et pas mal du droit pour un gaucher (4). Mais, selon moi, il y a encore un doute à son propos. On disait la même chose d'Hoarau durant sa première saison, qui avait été très efficace (17 buts) : on l'avait comparé à Crouch, à Ibrahimovic... des avant-centres grands, mais pas dégueux avec leurs pieds. Puis il a été blessé, a baissé de rythme, et ne joue plus aujourd'hui à Paris. Ce qui est étonnant, c'est le crédit que l'on donne à Giroud depuis un an et demi, crédit qu'on n'a pas donné à un attaquant comme Moussa Sow, par exemple. Mais s'il semble plus fort techniquement que Hoarau, lors de ses deux bouts de sélection, Giroud a surtout montré qu'il pouvait être aussi pataud et lent que l'avait été le Parisien. A voir, donc !

Bref, on a le choix. Benzema, par son statut au Real plus que par ses stats en Bleu, 13 buts en 42 sélections, un but toutes les 183 minutes, reste intouchable. Derrière, on peut considérer que Rémy l'est aussi, et Giroud a pris de l'avance sur Gameiro, notamment par son profil de buteur/remiseur. Mais ça reste friable et inexpérimenté, puisque seul le Marseillais connaît la Ligue des Champions, et aucun des trois n'a encore évolué à l'étranger. Hors, depuis l'arrêt Bosman, plus l'Equipe de France est riche en joueurs à l'étranger, plus elle est forte, et inversement. Ça risque donc d'être un peu juste pour l'Euro, surtout qu'on ne semble pas avoir de Platini au milieu pour compenser... souhaitons que je me trompe !

A plus tard !

lundi 16 janvier 2012

Reprise, reprise !

Salut à tous,

Voici donc comme promis mon premier retour sur la Ligue 1 sur ce blog. Une 20e journée qui a plutôt conforté les leaders, du moins lorsqu'ils ne s'affrontaient pas entre eux. Là, fatalement, ça a fait de la casse, évidemment pas irréversible mais qui demande une réaction assez rapide.

Lille et Lyon, auteur d'un match dantesque cette semaine en Coupe de la Ligue (2-1), sont les perdants de cette journée. En même temps, ils n'ont pas grand chose à craindre : lors de celle d'avant, c'était Montpellier le grand perdant... c'est chacun son tour. Le problème, pour les Gones, c'est qu'il s'agit déjà de leur 7e défaite de la saison en championnat. A titre indicatif, ils en avaient perdu 8 durant toute la saison passée, 6 l'année d'avant, et 7 durant les deux saisons précédentes. A moins que les hommes de Rémy Garde parviennent à ne pas encaisser plus d'une défaite d'ici à la fin de l'exercice, ils signeront leur plus mauvais score dans ce domaine depuis les 10 défaites de la saison 1999/2000. Heureusement, l'OL conserve une place dans le haut du tableau grâce à la victoire à trois points, et à leur très faible nombre de matches nuls : 2, personne n'a fait mieux cette année. Les Lyonnais n'ont pas fini à moins de 5 nuls sur toute une saison depuis 15 ans.

De son côté, à Marseille (2-0), le LOSC a tout simplement enregistré sa première défaite à l'extérieur en championnat, sur un doublé de Loïc Rémy. L'attaquant phocéen a déjà marqué autant de buts, toutes compétitions confondues (18), que durant toute la saison dernière. Le sosie de Thierry Henry a également marqué son 6e but sur 9 de la tête, c'est le meilleur cette saison, devant un spécialiste comme Olivier Giroud, qui n'en a mis qu'un seul... l'attaquant montpelliérain qui marque surtout du gauche (9), évidemment, mais aussi du droit (4), à l'image de ce week-end, contre Lyon. L'ancien Tourangeau a aussi prouvé qu'il pouvait marquer sans Belhanda...

Au-delà de l'anecdote "Ancelotti réussi ses débuts" rabâchée en boucle dans les médias (Kombouaré aurait aussi réussi ses adieux, s'il avait pu les faire), Paris a bien démarré l'année en dominant Toulouse, qui l'accompagnait en tête du classement des défenses, ce qui ne s'est pas vraiment vu (3-1), avec un nouveau système à trois milieux défensifs, et trois joueurs offensifs, mais sans pointe. Ce qui était drôle dans les différents compte-rendus, c'est que dans certains c'était Nene le plus en pointe, puisqu'il en fallait un, et dans d'autres c'était Ménez... difficile de faire une infographie dans un journal sans avant-centre. En même temps on a appris à en faire sans ailiers et avec quatre, voire cinq défenseurs, y a un début à tout... Depuis les années 60 les systèmes de jeu n'ont jamais cessé de se ratatiner sur leur but, passant de 5 attaquants et 2, puis 3 défenseurs, avant que les chiffres ne s'inversent dans les années 60, 70 et 80, la disparition de l'attaquant unique était sans doute inévitable... Lille, porté aux nues pour son jeu offensif, avait déjà tenté l'expérience cette semaine à Lyon, avec un résultat moins concluant. 

Paris chipe par la même occasion la deuxième place des attaques au champion de France (34 contre 33), derrière Montpellier, toujours intouchable (40), et conserve la meilleure défense, mais cette fois en compagnie de Marseille (18)... les deux clubs qui sont, sur les cinq derniers matches, les plus performants (13 points sur 15), devant un trio à 10 points, composé de Saint-Etienne, Bordeaux et... Ajaccio, qui a donc pris plus de points durant les quatre dernières journées que lors des 16 précédentes...

Rennes a également bien repris en s'imposant à Caen (0-2), performance qui ne semble pas hors de portée de grand monde en ce moment... le club breton qui est le seul à suivre le rythme du PSG à l'extérieur (18 points chacun), mais avec deux matches de plus. Dijon est également bien revenu des fêtes, en disposant d'Evian (3-1). Voilà un promu qui fait plaisir : du jeu, un entraîneur qui riches d'idées novatrices mais pas sans ambition, une défense centrale apocalyptique, quelque soit sa composition, et qui promet encore de belles soirées à ses spectateurs, et des joueurs offensifs qui sont plus que des révélations : ce sont des miracles. Entre le meneur de jeu qui ne voulait pas être pro, qui évoluait y a 3 ans en cinquième division et qui ressemble étonnamment à Ben Stiller (Corgnet, 8 buts), et Brice Jovial, attaquant guadeloupéen passé anonymement par le Racing, Cannes, Charleroi, Namur, Moissy-Cramayel, Beauvais puis Le Havre (13 buts en Ligue 2 l'an passé), et également auteur de 8 buts, voilà un beau duo de caïds inattendus qui renouvellent avantageusement le cheptel offensif de la Ligue 1. Allez parier sur un truc pareil en début de saison... 

Enfin, je ne peux que m'inquiéter pour Evian T-G, qui avait réussi un très bon début de saison avec Casoni, et un recrutement plus que malin, avec quelques internationaux Danois notamment (Andersen et surtout Wass, avant Kahlenberg cet hiver)... mais qui a peut-être tout cassé en virant Casoni pour introniser Pablo Correa. J'ai vraiment de gros doute sur la pertinence de cette décision, du moins sur le plan sportif, bien sûr. J'en ai moins sur les dégâts que le technicien uruguayen, qui fait partie des plus gros fossoyeurs du beau jeu en Ligue 1, avec le Toulousain Casanova, après des années à blinder tout ce qui bouge à Nancy, pourrait faire à un collectif qui paraissait bien rôdé.

Au classement, ce qui est intéressant c'est de constater la formation d'un grupetto, derrière les deux locomotives devant (PSG, 43 points, Montpellier, 40), entre Lille, battu (36 points), et Saint-Etienne (33 points). Entre les deux, Lyon et Rennes (35) et Marseille (34). Ensuite, Toulouse est un peu lâché avec ses 31 points, mais en compte tout de même 5 d'avance sur Bordeaux, 6 sur Lorient et 7 sur Brest. Enfin, d'Evian (12e avec 22 points) à Ajaccio, dernier avec quatre unités de moins, c'est l'usine à gaz... ça risque de pas mal bouger durant les prochaines semaines.

Au classement des buteurs, Giroud a donc conforté sa première place avec ce 14e but. Son dauphin, Gameiro, qui risque de vivre une deuxième partie de saison compliquée, malgré le meilleur démarrage d'année de sa carrière (9 buts), a été rejoint par son coéquipier Nene et par Loïc Rémy. Derrière, grâce à son but - inutile - à Ajaccio (2-1), Oliech (Auxerre) en est désormais à 8 buts, soit le double de son total lors des deux dernières saisons, son record aussi jusque là... A noter aussi l'étonnante saison de Jirès Kembo (Rennes), qui en est à 8 buts en... 930 minutes. Soit un but toutes les 116 minutes, mieux que Giroud (122) ou Lisandro (132).

Pour les passeurs, je vous préviens tout de suite : je ne compte pas les passes décisives sur coup de pieds arrêtés. J'ai rien contre, mais je trouve juste intéressant de voir les joueurs plus habiles dans le jeu à donner de bons ballons, que ceux capables de tirer un bon corner ou un coup-franc, pas embêtés qu'ils sont par le rythme du match ou par des adversaires. Pour moi, ce n'est juste pas la même chose. Dommage pour Valbuena, qui n'en a fait que 3 dans le jeu, sur 10...

Donc dans le jeu, Jérémy Ménez (PSG), parait-il incapable de lâcher un ballon, a signé sa sixième passe décisive, soit le meilleur total de la Ligue 1, devant Bastos, Giroud et... Civelli (5). Forcément, le défenseur argentin de Nice les a fait sur coup de pieds arrêtés, mais ce n'était pas lui qui les tirait... 

D'une manière générale, on a marqué 25 buts, ce qui n'a donc pas affecté la moyenne de buts par matches, qui était - et est toujours - de 2,55. Quinze d'entre eux l'ont été du droit, soit 60 %, un peu plus que la moyenne (55 %), 5 du gauche et 5 de la tête. Malgré la CAN, les Africains (129 buts cette saison, devant les Sud-Américains - 57 - et les Européens - 46), ont une nouvelle fois brillé sur les terrains de Ligue 1, puisqu'ils ont marqué six fois, autant que les Sud-Américains, dont 4 pour les Brésiliens, qui ont reçu cet hiver le renfort de l'Ajaccien Eduardo, prêté par Lens, et qui a marqué dès sa première apparition contre Auxerre.

On a peu marqué à l'extérieur (8 sur 25, contre près de 41 % en temps normal), à l'image d'une journée à 8 succès à domicile contre 1. La Ligue 1 n'a également marqué aucun but sur coup-franc, ce qui n'est pas étonnant vu qu'elle pointe dans ce domaine à 3,82 %. Plus étonnante, l'absence de pénaltys, spécialités où elle brille déjà plus (presque 10 %). Grâce au but tardif de son (très) jeune défenseur Kurt Zouma, son deuxième personnel à 17 ans et 3 mois (!), Saint-Etienne est devenue la meilleure équipe dans le dernier quart d'heure avec 5 points glanés, devant Lorient et Toulouse (4). Il faut dire que l'ASSE faisait face au dernier de ce classement (-5 points)... Il n'y a eut que 5 buts en fin de match - dont deux entre Nancy et Lorient (2-2), soit 20 %, un peu moins que d'habitude, environ 23-24 %.

Pour finir, je vais tenter une petite équipe type, qui devrait revenir à chaque journées... je n'ai pas vu tous les matches, aussi vais-je me contenter de me baser sur les chiffres, les gestes décisifs. Je n'ai pas mis de gardien, j'en mettrais quand ils arrêteront des penaltys par exemple.


Voilà, j'espère avoir été assez complet et exhaustif... A plus tard !