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vendredi 12 juillet 2013

La relève est-elle là ?

Salut à tous,

Demain soir, l’Équipe de France des moins de 20 ans disputera la première finale mondiale de son histoire. Deux ans après la demi-finale de la génération précédente dans la même compétition, et un an après une autre demi-finale lors de l'Euro des moins de 19 ans pour la présente génération, et malgré les résultats moyens des Espoirs - composés logiquement en grande partie des demi-finalistes mondiaux d'il y a deux ans - la France renaît un peu au niveau des résultats de jeunes, et c'est évidemment une excellente nouvelle.

Que sont-ils devenus ?

Le creux générationnel que subit actuellement la "grande" Équipe de France dure depuis 2008, sachant que les précédents qui avaient succédé aux générations Kopa et Platini avaient respectivement duré 15 et 7 ans. On est donc encore loin de se retrouver avec une sélection qui domine le monde, ou au moins fait partie des tous meilleurs. L'important, c'est qu'on arrête de mettre ces mauvais résultats sur le compte du comportement des joueurs, de leur propension ou non à chanter la Marseillaise, ou pire de leurs origines origines ethniques
et/ou sociales, ce que la montée actuelle des idées xénophobes dans notre pays contribue à faire fructifier. Si on est moins bon, c'est que depuis l'Euro gagné en 1996 par les moins de 19 ans menés par Henry et Trézéguet, ainsi que la finale de l'Euro Espoirs en 2002, les résultats de la France en jeunes ne sont pas inexistants, mais très espacés, voire rares. Et donc, lorsqu'ils sont présents, ils ne parviennent pas suffisamment à nourrir les A en futurs grands joueurs.

Lorsqu'une sélection jeune brille, on a tendance à se dire que c'est toute une équipe sur laquelle le sélectionneur des A pourra s'appuyer pour remplir ses objectifs. Sauf qu'après coup, lorsqu'on regarde ce que sont devenus ces jeunes, ils ne sont en général qu'une minorité à être devenus internationaux, et certains d'entre eux, parfois, n'ont même pas réussi leur carrière pro. Regardez la génération 2002, finaliste donc de l'Euro Espoirs contre les Tchèques, sous la direction de Raymond Domenech : elle comptait dans ces rangs des joueurs comme Berson, Di Tommaso, Vercoutre, Chapuis ou Mathis qui sont loin d'avoir tutoyé les sommets durant leur carrière. D'ailleurs cette génération a fourni certes pas mal d'internationaux A, mais aucun qui pourra dire qu'il en fut un des piliers victorieux (Landreau, Réveillère, Boumsong, Mexès, Bréchet, Escudé, Pedretti, Meriem, Govou et Luyindula) et seulement un finaliste du Mondial 2006 (Govou), Boumsong ne quittant pas le banc en Allemagne.

2004, 2005... pétards mouillés

La clé, ce n'est pas briller de temps en temps en jeunes, c'est de briller tout le temps, comme l'Espagne, l'Allemagne, les Pays-Bas ou le Portugal, qui sont présents systématiquement lors des phases finales des compétitions de jeunes, des moins de 17 aux Espoirs, et qui peuvent donc continuellement compter sur des couches de bons joueurs qui se succèdent sans faillir. Un comble pour notre pays, réputé pour sa formation. Nous, sur quelle bonne génération pouvons nous nous appuyer ?

On a beaucoup parlé de la génération 1987, vainqueur de l'Euro 2004 des moins de 17 ans contre l'Espagne (Piqué, Fabregas...), excusez du peu, avec dans ses rangs des futurs cracks comme Ménez, Ben Arfa, Nasri et Benzema, mais aussi des joueurs qui n'ont pas percé comme El Mourabet, Thicot, Yahiaoui ou Akakpo, tous titulaires en finale... les premiers nommés sont aujourd'hui internationaux, mais seul Benzema, et à un degré moindre Nasri et Ménez, ont fait leur trou en Bleu. Et pour l'instant, ils n'ont pas réussi à emmener les Bleus au sommet. Une grande génération, mais seulement quatre internationaux au final : voici le lot de toute sélection de jeunes, promise à un écrémage sévère au feu du professionnalisme.

La France a également remporté la Coupe du Monde des moins de 17 ans en 2005, soit des joueurs qui aujourd'hui s’apprêtent à fêter leurs trente ans l'année prochaine. Qui portait cette belle équipe ? Son meilleur joueur se nommait Florent Sinama-Pongolle, meilleur joueur et buteur (9 !) de la compétition, aujourd'hui attaquant de Rostov, en Russie, et qui n'a jamais confirmé son pourtant indéniable talent, accrochant une seule sélection, en 2008. Son cousin Anthony Le Tallec, son pendant idéal en attaque, n'a pas vraiment fait mieux. Pour le reste, combien d'internationaux dans ce groupe ? Et bien... aucun, à part Sinama Pongolle, donc. Regardez donc le groupe dirigé à l'époque par Jean-François Jodar :


18 Michaël Fabre Drapeau : Italie Bologne FC 15.07.1984 0 0 0 0 0
1 Florent Chaigneau Drapeau : France Stade rennais 21.03.1984 6 0 0 0 0
Défenseurs
2 Kévin Debris Drapeau : France Le Havre AC 10.05.1984 4 0 0 0 0
3 Jérémy Berthod Drapeau : France Olympique lyonnais 24.04.1984 5 1 1 0 0
4 Julio Colombo Drapeau : France Montpellier HSC 22.02.1984 6 0 1 0 0
5 Jacques Faty Drapeau : France Stade rennais 25.02.1984 6 0 0 0 0
13 Stephen Drouin Drapeau : France FC Nantes 27.01.1984 5 1 1 0 0
Milieux de terrain
6 Gaël Maïa Drapeau : France Girondins de Bordeaux 02.04.1984 3 0 0 0 0
8 Hassan Yebda Drapeau : France AJ Auxerre 14.05.1984 5 0 1 0 0
10 Mourad Meghni Drapeau : Italie Bologne FC 16.04.1984 5 1 1 0 0
12 Emerse Faé Drapeau : France FC Nantes 24.01.1984 6 0 0 0 0
14 Laurent Mohellebi Drapeau : France AS Monaco 05.01.1984 4 0 0 0 0
15 Kévin Jacmot Drapeau : France Olympique lyonnais 22.03.1984 5 0 0 0 0
16 Samuel Piètre Drapeau : France US Créteil-Lusitanos 10.02.1984 6 3 0 0 0
Attaquants
7 Anthony Le Tallec Drapeau : France Le Havre AC 03.10.1984 6 3 0 0 0
9 Florent Sinama-Pongolle Drapeau : France Le Havre AC 20.10.1984 6 9 1 0 0
11 Chaouki Ben Saada Drapeau : France SC Bastia 01.07.1984 2 0 0 0 0
17 Luigi Glombard Drapeau : France FC Nantes 21.08.1984 3 0 0 0 0

Quelle déception, quel gâchis ! A quoi bon remporter des Coupes du Monde en jeune pour qu'au final aucun des gamins ne réussisse vraiment ? Non seulement aucun de ces joueurs n'est devenu réellement international, mais aucun ne peut vraiment dire qu'il a réussi sa carrière professionnelle, hormis, peut-être, Berthod, Faty, Yebda, Meghni, Ben Saada et les deux cousins... en grattant bien alors. Aucun n'a vraiment joué dans un grand club. Que d'espoirs portions nous pourtant à l'époque ! Je me souviens avoir veillé une nuit pour suivre la finale. En pleine époque Zidane, on se disait qu'avec cette équipe, l'avenir était assuré. Que pouvait-il nous arriver ? Et pourtant... un vrai pétard mouillé.

2011, 2013, la relève ?

En 2006, la France atteint les demi-finales du championnat d'Europe Espoirs, contre les Pays-Bas de Huntelaar (2-3). La dernière phase finale en date des Bleuets... Dans ses rangs, encore Sinama-Pongolle, Berthod et Le Tallec, mais aussi de futurs internationaux comme Mandanda, Sagna, Faubert, Gourcuff, Mavuba, Toulalan, Briand, Clerc, L.Diarra... et d'autres "ratés" comme J.Gavanon, Badiane ou Bergougnoux. Ce fut la première "couche" qui a construit l’Équipe de France actuelle.

Et puis bien sûr, il y a donc cette Coupe du Monde des moins de 20 ans 2011, dont les Bleuets atteignirent les demi-finales et Lacazette la tête des buteurs avec 5 buts. Il est évidemment un peu tôt pour analyser le parcours des joueurs qui composaient ce groupe, qui comptait alors dans ses rangs des joueurs comme Grenier, G.Fofana, Griezmann, Kolodziejczak, Kakuta, Bakambu... une belle génération, qui a déjà fournit deux jeunes internationaux aux Bleus (Grenier et Lacazette, lors de la dernière tournée en Amérique du Sud) et qui risque d'en fournir d'autres, comme Griezmann ou Fofana, par exemple. Kakuta, désigné meilleur joueur de cette sélection, semble déjà grillé, encore un gâchis...

Et l'actuelle, qui défiera demain l'Uruguay en Turquie ? Elle a indéniablement du talent, sachant qu'elle a quand même du se passer d'un phénomène comme Varane, blessé. Mais elle n'a battu aucun gros lors de ce tournoi, perdant en poule contre l'Espagne (1-2), battant deux fois le Ghana, mais en concédant aussi un nul contre les États-Unis (1-1) et dominant la Turquie chez elle (4-1) et l'Ouzbékistan (4-0), certes sur des scores importants. Dans ce groupe, qui compte déjà deux internationaux en la personne de Varane et Pogba, on pense tout de suite à Thauvin, exceptionnel en demi-finales contre le Ghana, et qui possède à la fois des qualités de dribble exceptionnelles et une belle frappe, mais aussi à Areola, s'il parvient enfin à jouer, à Paris ou ailleurs, à Digne évidemment, qui ne devrait pas tarder à jouer en A, à Kondogbia aussi. Pour des joueurs comme Umtiti ou Veretout, voire Bahebeck, il faudra encore attendre un peu.

Ces deux récentes générations pourraient être le socle d'une future Équipe de France enfin convaincante. Mais il faudra continuer à avoir des résultats en jeunes pour la voir enfin retrouver les sommets. Pas avant l'Euro 2016, a priori...

Je vous laisse !

jeudi 20 décembre 2012

Onze ans après

Salut à tous,

Avant de commencer, laissez-moi vous montrer quelque chose :



Ceci est le classement des buteurs de moins de 21 ans lors de la saison 2001-02 de Ligue 1. Comme vous pouvez le constater, beaucoup de noms connus, voire très connus, sautent assez vite aux yeux, et d'autres nettement moins. Rien de plus logique, vous verrez que chez les jeunes actuels, beaucoup réussiront à confirmer, et d'autres disparaîtront aussi vite qu'ils seront apparus, on en reparle dans 10 ans. C'est la loi du genre, en sport comme au cinéma ou dans la chanson, ou même n'importe quel milieu professionnel.

Avant de se pencher sur le destin de ces anciens espoirs, comparons avec le classement actuel des moins de 21 ans, ceux qui n'avaient donc à l'époque pas plus de 10 ans.



La Ligue 1 manque de jeunes talents

En dehors de la présence d'un gardien, l'autre principale différence est la très nette chute du pourcentage de buts marqués par les jeunes lors de la saison actuelle par rapport à il y a 11 ans : elle va du triple au simple (de 12,06 % à 3,86), et même un peu plus. Quasiment un but sur 8 étaient marqué par un jeune en 2001-02, aujourd'hui c'est un sur 25, soit un par journée en moyenne. Il faut dire que la présence d'un déjà phénoménal Djibril Cissé, qui n'avait pas tout à fait 20 ans au départ de la saison et qui allait marquer 22 buts, a pu jouer, puisqu'il allait marquer à lui seul plus d'un quart du total des jeunes (83). Regardons la saison passée, qui était comparable puisque le meilleur jeune se nommait Eden Hazard, et avait marqué 20 buts, contre 6 pour son suivant, Aboubakar : le taux était de 8,5 %. L'importance d'un jeune leader est donc importante, mais c'est aussi un peu l'arbre cachant la forêt. Même sans Cissé, les jeunes d'il y a 11 ans marquaient plus quand même.

Difficile de savoir pourquoi. Ce qu'on constate en regardant les classements, c'est que les jeunes provenant des "gros clubs" étaient plus présents : on y voit 4 Auxerrois, 2 Lensois (dauphins de Lyon cette année là), 3 Parisiens, 3 Monégasques... en revanche, les Lyonnais, champions, brillaient par leur absence. mais ça n'allait pas durer, c'était avant la génération des Benzema ou Ben Arfa. Cette année, parmi les rares jeunes buteurs, hormis le Marseillais J.Ayew ou le Lillois Sidibé, pas de Lyonnais, pas de Parisiens, pas de Montpelliérains, pas de Bordelais... c'est aussi ça, le rôle des clubs les plus riches : fournir en bons jeunes le football français, soit pour eux-mêmes et la sélection nationale, soit pour les clubs qui les suivent, et qui accueillent souvent les jeunes qui n'ont pas percé dans leurs prestigieux clubs formateurs, ou la concurrence est plus rude. Là, les plus gros clubs ne semblent pas franchement capables de remplir cette mission, alors qu'ils sont tous dotés de très bons centres de formation... d'ailleurs, parmi les 10 jeunes qui ont marqué cette année, trois seulement ont été formés par un gros club : Ayew (Marseille), Eysseric (Monaco) et Bahebeck (PSG).

Une très belle génération 2002

Penchons nous donc à présent sur ces jeunes qui sont a priori tous trentenaires, ou quasiment, et pour qui on peut donc légitimement jeter un oeil sur des carrières évidemment très variées, même si elles se ressemblent souvent. Ainsi, parmi les 23 lauréats, je compte 5
internationaux français : Cissé, Kapo, Mexès (trois Auxerrois, la dernière grande génération formée à l'AJA), Givet et Bernard Mendy. Le fait qu'aucun d'entre eux ne se soient réellement imposés en Équipe de France alors qu'ils faisaient partie des plus gros espoirs de leur génération démontre aussi ma théorie du creux générationnel qui a suivi le départ des grands anciens en 2006 : ce n'était pas QUE de la faute de Domenech, à qui on avait demandé d'intégrer les jeunes en 2004, avant de lui réclamer ensuite le retour des anciens au bout de quelques mois seulement. Problème, en 2006, la relève n'était toujours pas là. Malgré tout, Cissé a accumulé 41 sélections, et Mexès, 29. Pas mal, mais insuffisant compte tenu de leurs statuts en équipes de France de jeunes.

Regardons les autres. On note quelques noms très prestigieux, qui ont réussi de très belles carrières à l'étranger, carrières qui ne sont d'ailleurs pas terminées : Essien, Adebayor, Arteta... sans parler de El Hadji Diouf, qui est un cas un peu à part. On note aussi la présence de Souleymane Camara, encore à Monaco et qui marque toujours à Montpellier, après avoir longtemps végété à deux ou trois buts par saison dans divers clubs, mais c'est le seul à encore figurer dans un club actuel de Ligue 1. C'est étrange, vu que la plupart d'entre eux jouent encore. Le Ahamada de 2001-02 n'est pas le même que le gardien toulousain. Mais beaucoup évoluent à l'étranger, même en Belgique pour W.Dalmat, ou en Ligue 2 pour Adama Coulibaly, Kapo et Mathis.

Il y a aussi le cas de Pascal Feindouno, qui conservera longtemps un très bon niveau en Ligue 1, à Bordeaux puis à Saint-Étienne. Sont choix de partir au Qatar en 2009 lui sera cependant fatal, malgré une pige à Monaco, 5 matches qui lui permettront de faire partie de ceux qui seront descendus avec le club de la Principauté. Mais après un passage honnête mais bref à Sion, il se traîne désormais en D2 turque, à Elazigspor. En ayant marqué qu'une fois en 10 matches, un but en coupe, contre un club amateur.

Ceux qui ont échoué

D'autres sont libres, comme Bartholomew Ogbèche, l'ancien Nigerian formé au PSG, et qui a ensuite joué en Espagne notamment, en Liga même, mais dans un anonymat certain (Alavès, Valladolid, Cadix...). Il a aussi joué aux Emirats et récemment en Grèce, à Kavala. Après une dernière saison à Middlesborough, en Championship, il est libre depuis cet été. Pour Fodé Mansaré, le dribbleur fou de Montpellier puis Toulouse, l'attente est encore plus longue : il est sans club depuis l'été 2011, date de la fin de son contrat au TFC. Dommage, le Guinéen était un beau joueur, quand il voulait. Mais 18 mois d'inactivité... n'est pas Malbranque qui veut.

Enfin, il y a ceux qui ont disparu. Vous vous rappelez de Patrick Beneforti ? Un ailier gauche fin, une belle patte, un joueur doté d'un bel avenir. Dans l'Entraîneur 2005, on pouvait encore le recruter et en être très content. Mais le Bastiais de naissance et de formation n'a pas duré : après une année blanche à l'Udinese en 2002-03, Beneforti a commencé à fréquenter la Ligue 2 (Châteauroux, Istres) puis le National et le CFA avec le Gazelec puis le CA Bastia. Aujourd'hui il joue à... Furiani, le quartier, pas le stade, en ligue corse.

Et Abdoulaye Cissé ? L'attaquant brukinabé de Montpellier n'avait pas 18 ans au démarrage de la saison, durant laquelle il allait marquer 2 fois. Après avoir connu la Ligue 2 avec le club héraultais, il va ensuite rejoindre le Qatar, un petit passage en Arabie Saoudite avant de rejoindre l’Égypte (Masry, Zamalek) en 2010, où il joue toujours.

Et Bamogo ? Lui a donné l'impression de confirmer après ses 2 buts avec Montpellier, là encore, puisque 2 ans plus tard il en marquait 16, et signait dans la foulée à Marseille, où il ne parvenait pas à s'imposer, dans des effectifs à l'époque pourtant assez ordinaires (Fiorèse,
Koke, Luyindula, Marlet, Mido...). Un prêt à Nantes, un autre au Celta Vigo, puis un départ à Nice pù il aura toutes les peines du monde à marquer des buts (13 en quatre saisons, dont 12 lors des deux premières...). Il part ensuite en Grèce, en Championship, avant de découvrir le championnat bulgare cette année... no comment.  Il n'a réussi à accumuler que 6 sélections avec le Burkina Faso.

Ahamada ? A priori aucun lien avec le portier toulousain. Attaquant polyvalent prometteur à Nantes, il marque même un but contre le Bayern, à Munich, en Ligue des Champions, en mars 2002 (2-1), après un autre but prestigieux, la saison précédente à Porto, en Coupe UEFA cette fois (3-1). Deux buts, pour deux défaites, dommage. En janvier 2005 il effectue ce qu'on peut appeler un choix étrange de carrière, même s'il se traîne à Nantes, il part à Beira Mar, au Portugal. Il échoue, réapparaît en Ligue 2, à Châteauroux, qui a toujours eu le chic de recycler ce qui n'était pas recyclable, puis aux Émirats (même remarque), et puis le Brestois de naissance part en Bretagne... aujourd'hui il joue à Carquefou, en CFA.

Makhtar N'Diaye ? Il est pas loin, il joue à la Vitréenne, en CFA 2. Le Rennais de formation avait auparavant connu la Ligue 2 avec Sedan, puis... les Glasgow Rangers, où il ne joue que trois matches, avant quatre ans sans nouvelles... et Vitré, donc. Eduardo Costa ? Après Bordeaux, il joue à Marseille, où il ne casse pas la baraque, sinon quelques tibias. Il part ensuite à l'Espanyol Barcelone pendant deux saisons, puis au Gremio, Sao Paulo, avant un retour en France... enfin, à Monaco, assez furtif (15 matches), entre 2009 et 2011. Depuis il joue (peu) à Vasco. Pas mal, sans plus.

Sébastien Carole ? Alors lui, il faut être fort pour le remettre. Le milieu offensif monégasque avait marqué son seul but en Ligue 1 contre Nantes, pour une défaite à domicile (1-2). Suivent West Ham, en Championship, Châteauroux évidemment, puis un départ définitif pour l'Angleterre en 2005, où depuis il évolue surtout au troisième, voire au quatrième niveau, comme actuellement à Bury, près de Manchester. En Angleterre, le Martiniquais a marqué 5 buts en 131 matches, et ce en 13 saisons. La galère ? Connaît pas.

Vous l'avez vu, footballeur, ce n'est pas une sinécure, ça vous garantie une variété de carrières très large. Il n'empêche que ceux qui ont VRAIMENT brillé avant leurs 21 ans (Cissé, Benzema, Trezeguet, Giuly...) ont pour la plupart réussi. Mais pas tous : Ouédec, Maurice ou Bakayoko ont tous réussi à marquer plus de 12 buts lors d'une saison avant leurs 21 ans, sans réussir à vraiment confirmer.

A plus tard !

mercredi 20 juin 2012

Bleus, Suède, dans les choux

Salut à tous,

Fin du premier tour, on a un jour de battement, de quoi parler de l’Équipe de France aujourd'hui, avant de faire un bilan de ce premier tour finalement assez contrasté, on le verra. On jettera aussi un coup d’œil sur les quarts de finale, qui réserve quelques affiches étonnantes, et d'autres plus classiques.

Sérieux coup d'arrêt

Les Bleus se sont vautrés hier, du moins sur le plan du score. L'objectif était d'assurer le nul, voire une défaite par un seul but d'écart, pour être sûr de se qualifier. Avec cette défaite 2-0, il aurait suffit que l'Ukraine inverse la tendance contre l'Angleterre pour éliminer les Bleus. Cette éventualité parait peu probable, mais les Ukrainiens ont également pas mal bousculé les Anglais, qui s'en sont bien tirés hier. En fait, ils ont juste été réalistes, contrairement aux Bleus.

Si on se fiait, hier, aux commentaires apocalyptiques du duo Balbir-Larqué, notamment de ce dernier, le premier se contentant de suivre comme il l'a toujours fait, la France a été baladée, dominée dans tous les domaines, et n'a jamais été dangereuse puisqu'elle n'a pas réussi la moindre passe. Ça, c'était la vision obligatoire de ce match, si on n'aime pas regarder les matches sans commentaires. Moi ça m'embête de me priver de l'ambiance... mais si j'avais pu (boulot oblige), j'aurais bien coupé quand même. Ces commentaires affligeants étaient tout simplement insupportables.

Oui la France a raté son match, le score est implacable. Elle n'y a pas mis l'engagement indispensable pour ce genre de rencontres, face à des Suédois qui avaient l'avantage - indéniable - de n'avoir plus rien à perdre, puisqu'ils étaient éliminés. En France, on comprends aisément qu'une équipe lâche un match quand elle est déjà éliminée, vu que c'est systématiquement le scenario qui est reconnu le plus plausible dans ces cas là. Perso, je n'y croyais pas une seconde. La mentalité Anglo Saxonne ou Scandinave est tout autre : la Suède devait sauver l'honneur, et elle a tout fait pour. Elle a réussi.

La Suède, pas qu'un pays de biscottes

Avant de détailler ce match, et mettre en pièce l'argumentaire catastrophiste qui va dominer les analyses de ce match et les prédictions à propos du prochain dans les médias durant les prochains jours, rappelons une chose : la Suède, ce n'est pas l'Estonie. Si on n'avait pas perdu contre elle depuis presque 43 ans, on ne les avait pas affronté non plus depuis 4 ans, et une victoire chez elle (2-3) sur des buts de Benzema et un doublé de Govou... Entre temps, les éliminatoires pour cet Euro étaient passés par là. Et tandis que la France remportait certes son groupe avec 6 succès, 3 nuls, 1 défaite et 15 petits buts marqués - seule la Grèce a fait pire offensivement (14) -, la Suède, elle, évita les barrages en temps que meilleure deuxième, après avoir terminé derrière les Pays-Bas, qu'elle avait d'ailleurs battu en octobre (3-2). Et avec quel bilan ? Huit succès, deux défaites - dont une aux Pays-Bas (4-1) - et... 31 buts inscrits, la troisième meilleure attaque des éliminatoires ! Bref ils ont un meilleur bilan que nous, notamment offensif, et dans une poule plus difficile (Pays-Bas, Hongrie, Finlande...). Du coup, les pronostics laudateurs à propos d'une victoire facile contre une équipe démobilisée montraient surtout une méconnaissance totale du football de la part de nos médias sportifs... mais ce n'est pas un scoop.

Ce qui est embêtant, c'est de terminer deuxième, devoir affronter l'Espagne, et surtout voire notre invincibilité s'arrêter aussi nette, aussi brutalement, en plein milieu d'un grand tournoi. On perd un jour de repos, mais on en gagne un en vue d'une éventuelle demi-finale... La confiance des Bleus, patiemment acquise durant presque deux ans, va-t-elle complètement disparaître ? Samedi, on saura.

Ce match, à présent. Oui on a été bougé dans les duels, mais les Suédois, conscients de leur infériorité technique - hormis Zlatan, S.Larsson et Kallström - nous ont laissé le ballon pour mieux nous contrer, et profiter des espaces fournis par notre défense, notamment Rami, décidément peu à l'aise dans cet Euro. Et nous nous sommes retrouvés dans la configuration que l'on déteste : devoir faire le jeu, trouver des espaces dans une défense regroupée. Chose qu'on a jamais réussi à faire depuis deux ans, malgré les efforts louables de Blanc pour y parvenir. On n'a pas les joueurs pour, c'est tout. Dans cette configuration, la vitesse de Ribéry, qui a quand même encore réussi de beaux mouvements hier, ne sert à rien, puisqu'il n'y a pas d'espaces. Celle de Benzema non plus, d'ailleurs, mais lui est hors sujet depuis deux semaines, j'y reviendrais. Les meilleurs résultats des Bleus depuis 2 ans - Angleterre, Allemagne, Brésil, Bosnie... - l'ont été quand l'adversaire avait le ballon, et nous l'opportunité de faire parler notre milieu et la vitesse de nos attaquants. Le symbole, c'est la Bosnie : on l'a battue chez elle (0-2) mais on a galéré à domicile, quand ce fut notre tour de faire le jeu (1-1).

La France a dominé

Restent les chiffres, encensés quand ça nous arrange, critiqués, relativisés quand ça nous arrange moins. Livrons les alors de façon brut de décoffrage : 57 % de domination pour la France - normal, puisque la Suède jouait en contre - 24 tirs à 12, 10 cadrés à 7. Pas mal pour une équipe qui, d'après ce qu'on entendait hier, était "baladée", "transparente", catastrophique quoi... du coup, quel exploit d'avoir réussi à tirer 24 fois, cadrer 10 fois et posséder le ballon durant 57 % du temps tout en ratant apparemment toutes nos passes... non, faut le faire, il faut le reconnaître.

Mais la Suède sans Ibrahimovic, ce n'est pas vraiment la même équipe. Hier, j'essayais de passer en revue les grands avant-centres du monde, en en cherchant un meilleur que lui, en vain. Quel dommage de le voir éliminé... Si on enlève Messi et Ronaldo, qui ne sont pas des pointes, je n'en trouvais pas, tout simplement. Il y a bien Falcao, mais on attends encore sa réussite dans un très grand club. Drogba ? 34 ans, 5 buts en Premier League cette saison... Huntelaar, Gomez ? De formidables buteurs, mais tellement moins complets que Zlatan... Benzema ? Ah, Benzema...

Benzema, échec en vue ?

Cette semaine, la France sera la seule équipe qualifiée pour les quarts avec la République Tchèque dont aucun attaquant de pointe n'aura marqué de buts. Cabaye, Ménez et Nasri sont pour l'instant nos buteurs. Mais la République Tchèque ne possède a priori pas dans ses rangs l'avant-centre titulaire du Real Madrid, plutôt celui de Galatasaray, Milan Baros (8 buts cette saison). Karim Benzema est évidemment notre meilleur attaquant, mais pour sa deuxième grande compétition après l'Euro 2008, et à 25 ans, il n'a toujours pas marqué dans un grand tournoi. En Bleu, ses statistiques (15 buts en 48 matches) sont comparables à celles de Rocheteau (1 match de plus), qui ne fut pas à proprement parler un des grands buteurs historiques des Bleus. A la moyenne, Revelli, Cantona, Trezeguet, Henry, Kopa, Djorkaeff ou Lacombe, entre autres, font mieux, voire nettement mieux, que le Madrilène. Derrière lui, Stopyra, Zidane, Wiltord, Loko, Marlet, Six, Cissé, Govou... Mais surtout, vous vous souvenez, vous, d'un but important de Benzema en Bleu ? Je veux dire, un but décisif pour une qualification, ou dans un match à enjeu ? Moi pas.

Contre l'Espagne, samedi, on ne s'en sortira pas sans un grand Benzema. Surtout, sans un Benzema qui joue en pointe, en attaque, là où on l'attends quand la France attaque, déborde, centre, cherche un appui devant. Je ne suis pas un pro Giroud, loin de là, mais j'en vient parfois à penser qu'il serait plus utile que l'attaquant du Real. Moins fort techniquement, moins expérimenté, il aurait l'avantage de rester en pointe, de nettement moins décrocher. Hier, dès son entrée en jeu, il s'est créé une occasion sur corner, qu'il a d'ailleurs raté... sa présence devant le but serait peut-être plus utile que les décrochages incessants de Benzema, qui a encore fait gonfler ses stats hier en frappant de loin. Il a signé à lui tout seul le tiers des tirs des Bleus (8), cadrant 4 fois, preuve qu'il peut être dangereux, on le sait déjà. Mais il le serait plus devant le but qu'à 30 mètres, surtout avec des passeurs de la qualité de Ribéry, Ménez ou Nasri, le grand ami de Larqué.

Le défi espagnol

Contre l'Espagne, j'ai bien peur que la seule chance des Bleus passe par une tactique à la Chelsea, qui aura réussi l'exploit en quelques matches de C1 d'adosser son nom à un style de jeu qu'elle n'a pourtant pas inventé, et qui date de 50 ans, à l'époque de l'invention du Catenaccio par Helenio Herrera, le cynique et mythique entraîneur de l'Inter. Il faudra bien défendre - sans Mexès, suspendu, avec Koscielny, on pourrait avoir peur mais certains diront que c'est un mal pour un bien, je n'en suis pas certain - notamment au milieu, où tout le jeu espagnol se fait. Il faudra contrer Xavi, Iniesta et les relances de Xabi Alonso. M'Vila a été insuffisant hier, pas assez fort à l'impact, pourquoi ne pas essayer Matuidi ? C'est un défensif pur, une teigne, qui ne lâche aucun ballon, et qui est frais, en plus. Convaincre Carlo Ancelotti de le garder titulaire à Paris n'était pas le plus mince des exploits... Avec Diarra et Cabaye, il pourrait former un duo plutôt complémentaire et efficace contre le jeu espagnol.

Et devant, il faudra être rapide, précis et efficace. Ménez fera, je l'espère, son retour, Ribéry est redevenu intouchable et Benzema a beaucoup plus un profil de contreur que Giroud. Mais s'il se plante encore, et que la France s'arrête là, son Euro aura été un échec total, et son statut de grande star internationale écornée. Si le Real recrute encore du beau monde en attaque, il pourra se faire du soucis.

A demain, pour le bilan du premier tour !

vendredi 15 juin 2012

Les Bleus doivent passer une vitesse

Salut à tous,

Je sais pas si vous vous rendez-compte, mais ce soir on achève déjà les 2/3 du premier tour ! Ça passe à une vitesse... plus que quatre jours, et on connaîtra la teneur des quarts de finale alors qu'on a vraiment l'impression que cet Euro débute à peine.

En tous cas on se régale. Après deux jours à six buts ou plus, on en est désormais à 2,79 buts par matches, ce qui, si ça se confirmait, serait un record depuis 1976. Mais on le sait, les tours éliminatoires sont toujours moins riches en but, contrairement aux matches de poule, ce qui devrait raboter un peu cette bonne moyenne. Du coup, autant prendre de l'avance en attendant.

Le chantier des coups de pieds arrêtés

Passons un peu à nos Bleus, qui vont disputer leur deuxième match de poule ce soir. Après leur 1-1 contre l'Angleterre - un score qui a déjà été vu 5 fois depuis le début de l'Euro, soit plus du tiers - , les Français sont dans l'obligation de ne pas perdre, voire de s'imposer, s'ils veulent avoir leur destin en main au moment d'affronter la Suède, lors du dernier match. Oui parce qu'avec 2 points, ils auraient probablement des points de retard sur deux équipes, et ils pourraient donc être éliminés, même avec 5 points. Un succès ce soir ne serait pas décisif, mais il serait très utile, et surtout rassurant.

Par rapport au match contre les Anglais, et surtout face à des Ukrainiens qui évolueront devant leur public et avec une confiance folle - ils ont battu une Suède qui avait été autrement plus convaincante en qualifications que la France, notamment sur le plan offensif... - les Bleus vont avoir des progrès à faire, même s'ils n'ont pas fourni un mauvais premier match. D'abord, ils vont devoir une nouvelle fois s'améliorer sur les coups de pieds arrêtés, défensifs et offensifs. Mais ça fait 10 ans, voire 25, qu'on traîne cette tare, c'est pas en 3 jours qu'on l'aura réglé. Ce n'est pas seulement un problème de tireurs de qualité, on en a dans l'effectif (notamment Nasri ou Ribéry, et Valbuena et Martin chez les remplaçants), mais surtout d'état d'esprit, de sens du combat, du placement, et aussi le fait d'y croire. Mais bien défendre ou marquer sur corner, même à l’époque de Deschamps-Zidane, et même sous Platini, ça n'a jamais été notre point fort, ce n'est pas notre culture, c'est comme ça. Et si Platoche a marqué 12 coup-francs sous le maillot bleu, Zidane, étiqueté spécialiste du genre, en a mis... deux.

Une charnière bancale

Après, dans le jeu même, Rami ne m'a pas rassuré, mais ce n'est pas nouveau. Même quand Mexès était passé au travers durant les matches amicaux, je pensais qu'il serait au niveau lorsque la compétition pointerait son nez. Rami, en revanche... j'ai toujours trouvé que son absence de formation tactique est trop visible lorsque le niveau s'élève. Son physique est irréprochable, son enthousiasme et sa motivation aussi, mais il s'éparpille trop, il a des absences, et ses relances longues sont souvent peu efficaces. Bref, j'y ai jamais cru. Au final, on ne peut pas gagner une grande compétition sans une charnière de très haut niveau. Là, on en est loin.

Je n'ai à rien à dire sur les latéraux, qui ont fourni un gros matches contre les Anglais, même si il faudra peut-être qu'Evra fasse moins de fautes, face aux grands gabarits ukrainiens, ni sur le milieu, même s'il devra réussir à changer de rythme quand c'est utile, et aussi ne pas subir celui de l'adversaire. J'ai bien aimé Diarra, qui permet de bien protéger la défense, plus que M'Vila en tous cas. Même l'Espagne, connue pour la qualité de ses "petits", se repose sur un grand costaud au milieu, avec Busquets, il n'y a pas de honte à mettre un baryton au milieu des soprano pour équilibrer l'ensemble, l'enrichir. Sans déménageurs de pianos, pas de pianistes. Mais chaque sélectionneur a ses préférés, et M'Vila reviendra sans doute, espérons le pour apporter plus de vitesse au jeu de passes des Français.

Benzema au diapason de ses collègues ?

Devant, j'en ai déjà parlé, Benzema devra plus se comporter comme un numéro 9 que comme un 9 et demi. Dans cet Euro, on a déjà eu droit à six doublés, un record à cet instant de la compétition, dont 5 de la part d'attaquants. Gomez et Mandzukic ont marqué 3 fois, Bentner, Shevchenko et Torres, 2, et Di Natale, Van Persie, Ibrahimovic ou Lewandowski, les autres buteurs attendus, ont déjà ouvert leur compteur. Seul son coéquipier madrilène Ronaldo le suit dans la nullité offensive... Tous ces buts ont tous été marqués dans la surface, et souvent de près. On comprends l'envie de Benzema de toucher le ballon, d'essayer de partir de loin, mais les vrais buteurs, surtout ceux qui évoluent en 4-3-3, sont ceux qui demeurent dans la surface, qui pèsent sur la défense, et servent de point d'appuis pour leurs partenaires. Benzema qui descend aux 40 mètres pour toucher le ballon, tenter une frappe lointaine, ça ne sert à rien, sinon à gonfler artificiellement ses stats de frappes et de ballons touchés.

Je rajoute que ce 4-3-3 "à la Lyonnaise" (invention de l'OLphile Vincent Duluc, qui croit que Jean-Michel Aulas a inventé le concept, et non Guy Roux) est quasiment le seul à l’œuvre dans cet Euro, ou quasiment tout le monde joue en 4-2-3-1, hormis l'Italie et sa défense à 3, et l'Irlande et ses deux pointes, aussi utiles qu'Iker Casillas pour la Roja d'ailleurs. Je ne dis pas que Blanc doit faire comme tout le monde, être différent peut permettre de surprendre parfois, mais si les autres sélectionneurs adjoignent un soutien à  leur buteur, c'est qu'il y a sûrement une raison. Sans doute pour que ce dernier se sente moins seul... Pas sûr que Torres aurait mis un doublé, hier, sans le soutien énorme de Silva, par exemple. Avoir un soutien permettrait aussi à Benzema de revenir toucher des ballons sans que l'axe offensif soit complètement déplumé...

Nasri vraiment dans l'axe ?

Alors, qui serait ce soutien ? On pense évidemment à Nasri, qui a le profil et l'expérience, mais qui ne s'est jamais imposé à ce poste en Bleu, où il a déjà eu sa chance. Un Nasri pas en forme, c'est inutile, oui. Mais il a été bon contre l'Angleterre, et c'est finalement dans cette position axiale, qu'il recherche constamment même s'il évolue sur un côté, qu'il a marqué et brillé. Manifestement, la consigne de Blanc c'est : Nasri débute à droite mais revient vers l'intérieur, laissant le couloir à Debuchy, qui semble capable de l'animer tout seul. Ça aurait pu fonctionner si Benzema n'avait pas oublié d'occuper la pointe quand de bons centres auraient pu arriver, notamment venant de la machine à centrer lilloise...

Si on revenait à un 4-2-3-1 avec Nasri dans l'axe et Ribéry à gauche, derrière Benzema, pourquoi ne pas enlever Malouda, qui a semblé fatigué contre l'Angleterre, et mettre un Ménez, un Ben Arfa ou un Valbuena à droite ? On a un véritable excédent de talents dans ce secteur, pourquoi ne pas l'utiliser, au moins pour en faire souffler certains ? Le troisième match sera décisif, il va donc falloir que certains respirent à un moment ou à un autre. Surtout que l'éventuel quart de finale, contre l'Espagne, l'Italie ou la Croatie, arrivera vite après (4 ou 5 jours). Vu la qualité de ces trois équipes, on souhaite d'ailleurs bien du plaisir aux Bleus...

Bref, il va falloir faire mieux, comme toujours d'ailleurs, pour une équipe qui reste en reconstruction. On a déjà battu l'Ukraine en amical, chez elle, et de quelle manière (1-4). Mais on avait aussi battue l'Angleterre à Wembley (1-2), mais elle était affaiblie et ce n'était qu'un match amical. A Donetsk, déjà, on l'avait emporté sur des buts de Gameiro, Kaboul et un doublé de Martin... les deux premiers ne sont plus là, et le troisième débutera probablement sur le banc. Pas de quoi donc s'emballer à propos de ce match qui date d'un an, et face à une équipe qui a également bien évolué depuis. Bref, les compteurs sont à zéro. Espérons quand même que nous conserverons notre invincibilité face à cette équipe, qui court sur 6 matches...

Allez les Bleus, et à plus tard !

mardi 12 juin 2012

La France sans tête

Salut à tous,

On va faire un post en deux temps : d'abord je vais revenir en stats sur les premiers matches de chaque groupe, qui se sont achevés hier. Ensuite, je reviendrais sur la performance des Bleus contre l'Angleterre. Ça vous va ? En même temps c'est moi qui décide ici.

Les équipes de l'est en forme

Rassurez vous, pour ceux qui n'aiment pas les chiffres, ça va aller vite, du moins je l'espère.

- La moyenne de buts (2,5) est à la fois satisfaisante et moyenne : elle correspond à celle constatée depuis la création de l'Euro, en 1960 (2,47). Du fait de l'homogénéité des groupes, et donc de l'absence à la fois du Brésil, de l'Argentine mais aussi de petites équipes, on marque en général moins de buts qu'en Coupe du Monde (2,57 sur les 10 dernières). C'est aussi à peu près la même qu'il y a 4 et 8 ans (2,48), nettement moins qu'en 2000 (2,74) mais nettement mieux qu'en 1996 (2,06). Moyen, quoi. Notons quand même que c'est également la même moyenne que celle de la Ligue 1 cette saison (2,52)... Mais attendons, on n'en est qu'au début.

- D'ailleurs, le score le plus répandu est - déjà - le 1-1 (3) devant le 1-0 (2).

- Seulement trois équipes ont marqué plus d'un but lors de leur entrée en matière : le Russie, la Croatie et l'Ukraine, avec à chaque fois le doublé d'un joueur (Dzagoev, Mandzukic, Shevchenko). De là à penser que jouer à l'est avantage certaines équipes... on va attendre de voir la suite avant de se prononcer. Mais seule la République Tchèque s'est inclinée parmi les ressortissants de l'est... contre la Russie.

- Sur les 20 buts déjà inscrits, il y a eu énormément de buts de la tête (8), presque autant que du droit (10) tandis que les buts du gauche se font rares (2). Il y a eu 7 buts de milieux et 2 de défenseurs. Et le championnat russe est bien représenté (4 buts), avec la Bundesliga et la Premier League, également 4 buts. A noter les 2 buts pour la Serie A et le championnat ukrainien et l'unique but pour la Liga (Fabregas). On attends toujours un but pour la Ligue 1.

- Par ailleurs, il y a eu déjà 12 passes décisives dans le jeu (60 %), ce qui montre une certaine qualité de jeu.

- Pour l'instant les équipes marquent très peu en fin de match, comme c'est souvent le cas d'ordinaire. Il y a eu certes 2 buts de plus en deuxième mi-temps qu'en première (11 contre 9) mais le quart d'heure le plus chargé est celui qui a suivi la mi-temps (6) et non celui qui termine le match (2). Le deuxième quart d'heure (16-30) est également riche en buts (5).

Les Anglais en mode Chelsea

Voilà, maintenant passons à la France, et cette entrée en matière compliquée. Pour la première fois depuis bien longtemps, elle était favorite de ce "crunch" - je sais que j'ai choqué certains supporters de rugby avec ce terme emprunté lors de mon post précédent, alors maintenant je mets des guillemets - mais personne n'avait imaginé que ce serait facile. Beaucoup avaient déjà deviné comment ça se passerait : le ballon pour les Français, qui allaient le tripoter à outrance face à des Anglais attentistes, et seulement offensif sur les coups de pieds arrêtés et les contre. Bref, une Angleterre façon Chelsea, sur lequel vous connaissez mon opinion, très sévère. C'est très exactement ce qui s'est passé, ce qui est plutôt rare en football.

Face à une défense d'un tout autre niveau que celle de l'Estonie, et qui était particulièrement bien protégée par une deuxième ligne de 4 parfaitement coulissante, la France a fait ce qu'elle a pu avec les armes qu'elle avait. A savoir un Ribéry véritablement retrouvé - on a eu chaud, un mois de plus et on le perdait - et un Nasri enfin saignant. Les deux ont d'ailleurs construit le but français, qui lui n'est pas banal : les frappes victorieuses de ce style, de 20 mètres, sont si rares en Équipe de France que j'ai grand peine à m'en souvenir d'une seule récente La France était construite pour jouer dans les petits espaces, déborder, dribbler, permuter, et elle marque un but de loin. Là, le football retrouve sa nature primesautière.

En revanche, le but qu'elle encaisse, sur un coup de pieds arrêté, est un grand classique. Diarra est battu sur le duel, ce qui arrive à tout le monde mais qui est dommageable quand même. Que Lloris n'essaie pas au moins d'intervenir des deux poings, alors que Lescott se retrouve dans ses 6 mètres lorsqu'il marque de la tête, est encore plus embêtant. A ce niveau comme à ceux d'en dessous, un gardien doit au moins être maître de son rectangle, sinon il ne s'en sort pas. Surtout face aux Anglais...

Benzema en mode Anelka

Ce match a été un des plus pauvres en rythme de la compétition, pour l'instant. Rien à voir avec le 1-1 d'avant-hier entre l'Espagne et l'Italie, par exemple. La faute à la chaleur et au manque d'expérience des Bleus, qui n'ont pas réussi à bouger un bloc resserré, par exemple en changeant de rythme, en écartant le jeu et en centrant. L'autre solution, la frappe de loin, a fonctionné mais pas suffisamment. En même temps, à quoi ça aurait servi de centrer ? Benzema n'était JAMAIS dans la surface lorsque Ribéry ou les latéraux français étaient en position de centrer. Lorsque Debuchy, en deuxième mi-temps, chipe un ballon dans les pieds d'un défenseur anglais et est en position idéale pour donner un but, où était Benzema ? Personne n'avait suivi le pressing du défenseur lillois ! De quoi enrager, franchement. Ça ne donne pas envie d'aller presser les défenseurs... C'était vraiment une occasion énorme.

Avec le placement de Benzema, on en revient au début sur Anelka en Afrique du Sud, il y a 2 ans. Lui aussi dézonnait, mais à lui on le lui avait sévèrement reproché. Même Domenech le lui avait reproché, ce qui lui avait valu les fameuses insultes que l'Équipe avait cru bon d'afficher sur sa une, à la vue de toute la population, même mineure... alors qu'elles étaient manifestement erronées, d'ailleurs. On attends toujours le mea culpa des décideurs de l'époque.

Si encore la France avait évolué en 4-2-3-1, Benzema aurait pu dézonner, puisqu'il aurait eu un attaquant de soutien ou un meneur pour le suppléer dans l'axe. Mais dans un 4-3-3 de ce style, s'il recule, qui occupe la pointe ? Malgré toutes ses réclamations et ses statistiques honnêtes, Benzema ne sera jamais un grand buteur. Ses stats au Real sont bonnes, mais quand on est avant-centre d'un Real qui marque plus de 100 fois, 21 buts, c'est pas fabuleux non plus. Oui, Ronaldo en a marqué la moitié, mais il en restait quand même pas mal... Et ses 15 buts en 46 sélections sont encore une fois honnêtes, mais pas fabuleux non plus.

Anelka, lui, n'avait jamais caché qu'il n'aimait pas rester seul en pointe, qu'il était plus un attaquant de soutien et qu'il avait donc besoin de soutenir quelqu'un. Jamais il n'a affirmé qu'il était un buteur, et ses stats en sélection le confirment (14 buts en 69 matches). En revanche, Benzema a toujours réclamé de jouer dans l'axe, et que son idole était Ronaldo. Or, hormis avant ses blessures, lorsqu'il pouvait éliminer toute une défense à lui tout seul, le Brésilien revenait rarement participer au jeu, et lorsqu'un ballon arrivait dans la surface, il était toujours là, à la réception. Il pesait, quoi.

La défense rassure

En 4-3-3, avec des centreurs de la qualité de Ribéry, Debuchy et même Evra, sur le match d'hier, il aurait mieux fallu faire jouer Giroud que Benzema, je dois le dire. Lui aurait sans doute plus été à la réception des centres de ses coéquipiers, il aurait été un bon appui, un relais pour ses partenaires. Mais le Montpelliérain n'est pas entré en jeu, contrairement à Martin et Ben Arfa... deux passeurs supplémentaires, mais pour qui ? Depuis 2 ans, la France a surtout brillé à l'extérieur, quand elle n'avait pas à faire le jeu, comme en Bosnie (0-2), en Angleterre (1-2) ou en Allemagne (1-2). Hier, elle a encore échoué à imposer le sien, faute d'une pointe au niveau.

La défense, en revanche, a signé un gros match, bien aidée par celui de Diarra, énorme à la récupération. Dans la minute précédant le but, il récupère trois ou quatre ballons de relance anglais... Si Rami a été hésitant, Mexès a rassuré. Toujours bien placé, voire même rapide, le Milanais a montré, comme je le disais hier, que dans les gros matches il était là, et que ses matches amicaux ratés étaient sans doute le résultat d'une préparation difficile à avaler après une saison compliquée en Lombardie.

Chez les Anglais ? Pas grand chose à dire. Ils ont tiré 3 fois, cadré une fois (sur le but), contre 19 tirs français, dont 15 cadrés ! Ils ont démontré que Rooney était difficilement remplaçable, même si Welbeck n'a pas démérité. Sur les côtés, Milner a tout raté, alors que Oxlade-Chamberlain a impressionné. Mais la patte de Gerrard, qui ne cours plus, reste d'une qualité rare. Bref, une équipe assez ordinaire, quand même. mais qui garde toutes ses chances de qualification, comme nous... celui qui se ratera lors du prochain match sera dans une situation compliquée.

Allez, à plus tard !

mardi 29 mai 2012

Une liste composite

Bonjour à tous,

C'est la dernière ligne droite avant l'Euro. Sauf blessure, on sait qui seront les 23 garçons qui tenteront de faire passer un premier tour à la France pour la première fois depuis 2006, et la finale mondiale obtenue par les Bleus. A noter que sur les 23 joueurs retenus à l'époque par Raymond Domenech, seuls Alou Diarra, Franck Ribéry et Florent Malouda sont toujours là. On aurait pu aussi avoir Landreau, Saha, Givet, Trezeguet, Chimbonda, Silvestre, Henry, Wiltord, Boumsong, Govou et surtout Abidal, qui jouent toujours...

Roulement des listes

Par rapport au dernier Mondial, en Afrique du Sud, il reste 10 joueurs, dont les trois gardiens (Lloris, Mandanda, Carrasso, Réveillère, Evra, Clichy, Diarra, Ribéry, Malouda, Valbuena). Soit 50 % des joueurs de champs renouvelés ! Un turn over énorme, dû notamment aux défections de Sagna, Abidal et Diaby, à la "placardisation" de Toulalan, Cissé ou Gallas, aux retraites internationales de Henry ou Anelka (qui lui était de toutes façons touché par la catégorie précédente) et à la baisse de niveau de Planus, Gourcuff, Govou, Gignac et Squillaci. Cette liste ne date que de deux ans, mais on a l'impression qu'elle en fait 5 fois plus... qui se souvient que Squillaci ou Gignac étaient à la Coupe du Monde ?

Entre 2008 et 2010, le taux de renouvellement était à peine supérieur, avec seulement 11 joueurs choisis pour les deux compétitions. C'est dire si, depuis la fin de l'ère Zidane, les sélectionneurs, Domenech et Blanc, tâtonnent, par obligation plus qu'autre chose. Forcément, quand personne ne s'impose à chaque poste à cause d'un creux générationnel classique, ça mouline pas mal. Regardez les sélections entre 1987 et 1991, ou avant, entre 1960 et 1980, et vous comprendrez.

Quinze clubs concernés, la Ligue 1 en force

Revenons à notre liste de ce matin. D'abord, elle est relativement jeune (26,74 ans), plus jeune que ses devancières. Seulement six trentenaires y prennent place, avec un "doyen" pas très vieux (Réveillère, 32), un très jeune (M'Vila, 21) et 15 joueurs âgés de 24 à 27 ans. Un groupe très homogène, donc.

Comptons ensuite par clubs : 3 Marseillais, 2 joueurs de City, Lyon, Newcastle et du PSG, et 12 joueurs provenant d'un seul club. Soit 15 équipes représentées, seulement 10 à l'étranger, 1,53 joueur par club. On ne pourra donc pas compter sur les automatismes de joueurs évoluant dans le même club, comme à la grande époque marseillaise, par exemple, même si on peut quand même évoquer la complicité entre Ben Arfa et Benzema, formés à Lyon en même temps, et bien sûr le quatuor champion d'Europe des moins de 17 ans en 2004, avec ces derniers plus Ménez et Nasri. En même temps ça ne veut pas forcément dire grand chose, vu qu'en 2010 seulement 11 clubs étaient représentés, dont Lyon, Arsenal et Bordeaux, qui comptaient 4 représentants chacun, alors que le champion de l'époque, Marseille, n'en comptait que deux. Soit moins que cette année, malgré la 10e place de l'OM en championnat... Il y avait également 11 clubs en 2008, 12 en 2006, 13 en 2004 et 2000, 15 en 2002 et 1998... comme quoi ça n'a pas une grande incidence, au final. Quand même, c'est la première fois depuis 2002 qu'aucun club n'émarge à plus de 3 représentants, et ce n'est que la troisième fois que ça arrive avec 1998 !

Quelques petits chiffres sur l'histoire des listes françaises pour les grands tournois. Il y en a eu 18 depuis la Guerre, dont 9 consécutives depuis 1996, série en cours. Surprise, le club le plus représenté est Bordeaux (34) devant Monaco (30) et Lyon (29, dont 21 à partir de 2002), ces trois là devançant Marseille (27) et le PSG (20). Puis vient le premier club étranger, Arsenal (19), juste devant Reims (18) et Chelsea (17). Saint-Étienne et Nantes, qui se sont tiré la bourre à l'époque où la France se qualifiait rarement, les années 60 et 70, suivent avec 16 et 15 joueurs, et ne devancent Auxerre que d'un cheveu (14). Mathieu Debuchy est le premier Lillois appelé depuis 1958, Mexès le premier joueur du Milan depuis 1998 et Giroud le premier Montpelliérain depuis 1996. Quant à Manchester City, Rennes et le FC Valence, il s'agit de leur première citation dans une liste française !

Sept ça suffit ?

Analysons à présent cette liste. Il est effectivement étonnant de constater qu'il y a plus de gardiens que d'attaquants véritables, mais Blanc n'a jamais caché qu'il préférait évoluer à une seule pointe, et qu'une troisième (Gomis ? Cissé ?) n'aurait pas été très utile. Ensuite, Ménez peut rendre service à ce poste, et puis surtout il est moins grave de se retrouver sans attaquant que sans gardien. Et puis les oranges ne se couperont pas toutes seules...

Le cas épineux concerne évidemment la défense. Une liste de 7 joueurs défensifs n'est pas forcément gênante en soit, si les latéraux ou certains milieux peuvent dépanner dans l'axe. Par exemple, ils n'étaient que 6 en 2000 à être spécifiquement des défenseurs, latéraux inclus. Mais Thuram, supposé latéral droit, était également un central exceptionnel, et puis Karembeu et Petit, classés au milieu, avaient aussi des références en défense, notamment le second, qui avait débuté à ce poste et terminé la finale de la Coupe du Monde 1998 dans l'axe, après l'expulsion de Desailly, ce qui ne l'avait pas empêché de marquer en contre dans les arrêts de jeu... Dans la liste actuelle, qui peut revendiquer une telle polyvalence ? Aucun des latéraux n'a la moindre expérience dans l'axe, sans parler des qualités physiques requises.

On cite Alou Diarra, qui peut dépanner dans l'axe. Ah bon ? Je ne me souviens pas l'avoir beaucoup vu évoluer à ce poste dans sa carrière... à moins qu'il s'agisse de considérer qu'un grand noir soit forcément un bon défenseur central, ce qui relève alors du racisme... après tout, Vieira ou Diaby sont également grands et noirs, avec des rôles plutôt défensifs, et personne n'auraient pensé les placer dans l'axe... Et même si c'était le cas, ça fait un peu juste. Imaginons qu'on se retrouve qualifié en quart contre l'Espagne ou l'Italie avec une charnière Koscielny-Diarra, qu'auraient-on à espérer d'un tel match ? L'inexpérience internationale associée à l'inexpérience du poste... L'absence d'Abidal est vraiment problématique, mais elle existe, et elle nous met dans l'obligation presque absolue de ne pas perdre nos titulaires dans l'axe, qui en plus sont loin de présenter les meilleures garanties. Avec les suspensions, sans parler des éventuelles blessures, ça tiendrait presque de la gageure.

Embouteillage au milieu

Du coup, avec une défense déplumée et une attaque réduite à deux unités, ça laisse donc la place à 11 milieux, rien que ça ! Oui parce que je ne mets pas les milieux offensifs chez les attaquants, je ne suis pas un sélectionneur obligé de faire croire qu'il est offensif et mettant dans la même case tous les joueurs offensifs. M'Vila, Cabaye, Diarra, Matuidi et sans doute Malouda se disputeront les deux places de milieux défensifs, et Martin, Nasri, Valbuena, Ben Arfa, Ménez et Ribéry les trois plus offensives, chargées de fournir Benzema en bons ballons. Faudra que ce dernier les mettent dedans, pas comme depuis 2 ans, mais c'est un autre sujet.

Certains considèrent qu'il faut associer Benzema et Giroud. L'association séduit, les deux joueurs semblent complémentaires sur le papier, mais aucune grande nation au monde ne joue plus avec deux attaquants, et si Blanc a pris deux pointes, ce n'est pas pour les faire jouer toutes les deux, quitte à se priver de solutions dans ce domaine. Je l'ai dit, la seule autre alternative à ces deux joueurs se nomme Ménez... S'il cède à la pression médiatique, comme il l'a fait pour Gourcuff, il lui faudra alors associer aux deux attaquants deux milieux excentrés, sans doute Ribéry et puis... qui ? Nasri évolue à gauche à City, Ménez peut évoluer des deux côtés, Valbuena est meilleur à droite, tout comme Ben Arfa. En revanche, ça condamnerait Martin à jouer les utilités, soit sur le banc soit en milieu axial, dans un système très offensif avec une seule pointe défensive. Blanc faisait ça à Bordeaux, mais c'était en Ligue 1. Et Diarra était un monstre, à l'époque.

Mais s'il reste sur son idée, il aura toujours le même dilemme sur les côtés, mais avec un joueur axial en plus à choisir. Admettons que M'Vila et Cabaye soient déjà des titulaires. Ca pourrait être Nasri ou Martin, les deux possédant des caractéristiques similaires, même si le premier a plus d'expérience et est plus offensif. En tous cas, la France évoluerais alors dans un système hybride, entre le 4-3-3 et le 4-2-3-1, qu'elle connait bien puisque Blanc l'aligne régulièrement depuis deux ans. Les journalistes, qui ont besoin de cases bien définies pour réfléchir, n'ont toujours pas réussi à l'analyser, mais c'est pourtant simple : au milieu, il y a une pointe basse (M'Vila), un joueur un peu plus offensif (Cabaye) et un encore plus offensif (Nasri ou Martin). Soit un triangle, mais renversé, en quelques sortes.

En tous cas, quand on regarde cette liste, on ne peut se dire qu'une chose : la victoire serait un miracle. les absences de Sagna, Kaboul, Abidal, Diaby et Rémy pèsent très lourd, en expérience et en qualité, sans parler de Sakho... A aucun poste, même celui d'avant-centre, on ne peut considérer qu'on possède le meilleur joueur d'Europe. Passer le premier tour serait déjà très bien... mais la France reste dans une période creuse, il va falloir attendre encore un peu avant de la revoir tutoyer les sommets. Pourquoi pas 2016 ?

A plus tard !