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dimanche 8 avril 2012

Le Clasico disséqué

Salut à tous,

Parlons un peu de ce Clasico qui s'annonce. Je sais, je ne suis pas vraiment le seul dans ce cas aujourd'hui et depuis plusieurs jours. Alors, plutôt que de parler de "Dramatico", des égos de certains joueurs ou des prises de bec des autres, contentons nous de nous pencher sur les antécédents de ce match.

D'abord, sur le plan sociologique et géographique, ça ressemble plutôt à Barcelone-Real qu'aux autres "Clasico" dans le monde, dans le sens où il n'y a pas d'honneur régional en jeu, ce n'est pas un derby, même de loin. C'est même justement le problème : deux villes éloignées de 1000 kilomètres, et d'un peu plus culturellement, la capitale contre une des plus grandes villes de France, un des symboles de la Province souhaitant s'émanciper le plus possible de la puissante cité parisienne, qui aurait tous les pouvoirs, paraît-il. Il n'empêche que hormis en Espagne ou en Allemagne, difficile de trouver un pays plus décentralisé que la France, même si évidemment son gouvernement et ses ministères se trouvent tous dans la capitale. Où est-ce le cas ailleurs ? Imagine-t-on un pays où les lieux de pouvoirs nationaux se situeraient ailleurs que dans la Capitale ? Il en faut bien une, de Capitale... enfin bref, passons.

Marseille nettement devant

D'une manière générale, il s'agit du 78e duel entre les deux clubs, toutes compétitions confondues, mais seulement le 66e en Ligue 1, ce qui veut dire qu'ils n'ont passé que 33 saisons ensemble. Normal, puisque le club parisien n'a que 40 ans... Il n'empêche, ce duel est presque autant un classique en Coupe de France (10 matches) qu'en Ligue 1. Je ne vous apprendrais rien si je vous disais que les Olympiens dominent les débats, avec six succès d'avance (32 à 26), un bilan encore plus avantageux en championnat (31 à 18 !). Ça veut dire qu'en Coupes, le PSG n'a perdu qu'une fois en 12 duels, pour 8 succès, ce qui confirme son statut historique d'équipe de coupes.

Dix-huit victoires, 16 nuls et 31 défaites, 72 buts à 91, c'est donc le bilan en championnat entre les deux équipes. Au Parc des Princes, le PSG domine de très peu : 13 succès à 9, 43 buts à 36. Si le club s'était imposé la saison dernière (2-1) il avait lourdement chuté l'année précédente (0-3) et l'année d'avant encore (1-3). D'ailleurs, le club phocéen n'a perdu qu'une seule fois lors de ses six dernières visites Porte d'Auteuil (3 nuls, 2 succès). Avant la victoire de novembre 2010, il fallait remonter à novembre 2004 pour retrouver un succès du PSG dans son antre (2-1). C'était alors sa quatrième d'affilée contre son meilleur ennemi, toutes compétitions confondues...

Chacun son tour

Ce duel est souvent une histoire de cycles. Ainsi, on l'a vu, les derniers duels ont surtout tourné en la faveur des Marseillais, qui n'a perdu que deux fois en 11 matches contre le PSG, tous terrains et compétitions confondues, et 3 fois en 15 matches de championnat. Il y a une petite dizaine d'années, la tendance s'était brièvement inversées, notamment lorsque Ronaldinho brillait à Paris : huit succès consécutifs entre le 26 octobre 2002 et le 10 novembre 2004, dont cinq en championnat. En revanche, lorsque le PSG avait battu Marseille le 4 mai 1999, privant du titre le club phocéen (2-1), il restait sur... neuf ans et 13 matches sans succès contre l'OM en championnat, si on excepte la demi-finale de la Coupe de France 1995 (2-0), contre des Marseillais alors en Ligue 2, et s'appuyant sur des cadors comme Didier Wacouboué, Joël Cantona ou Franco Vignola...

Ce qui est intéressant de constater, c'est l'influence qu'a eu la médiatisation "forcée", instaurée notamment par Canal Plus au début des années 90 histoire de vendre encore mieux son produit, de ce duel. Avant l'été 1990, le PSG recueillait 0,88 points par match contre Marseille (avec la victoire à deux points), contre 0,91 depuis. Sur ce plan là, c'est vrai que l'évolution est mince. Sauf qu'il faut considérer les années 70 comme les débuts du jeune PSG face à un mastodonte comme l'OM, qui, en 1972, venait de gagner deux titres de champion et faisait souvent jeu égal avec le grand Saint-Étienne. Résultat, dans les 70's, Paris n'a pris que 0,71 points par match contre ce qui n'était pas encore son grand rival.

En revanche, les années 80 ont vu l'avènement à un plus haut niveau du club parisien, champion en 1986 et vainqueur de deux Coupes de France, tandis que Marseille tentait de se relever de son passage à l'étage inférieur, entre 1980 et 1984. Résultat, de 1980 à 1990, ce sont les Parisiens qui mènent légèrement les débats (1,08 points par matches), face à un OM qui sera quand même champion deux fois, en 1989 et en 1990. Survient alors la médiatisation évoquée plus haut, la création artificielle de l'antagonisme entre deux clubs qui, jusque là, ne se calculaient pas plus que les autres. Et là, les chiffres s'inversent.

Alors que dans les années 90, Marseille connaîtra à nouveau une période en Ligue 2 (1994/1996) mais aussi deux autres titres de champion (1991, 1992, sans parler de 1993, qui lui avait été retiré suite à l'affaire VA-OM), le PSG, qui lui va être un de 10 meilleurs clubs européens de la décennie, avec une victoire en Coupe des Coupes, une finale l'année suivante ainsi que 5 demi-finales européennes consécutives, est dominé dans les duels (0,95), avec à la clé une seule saison à plus de deux points contre son adversaire, en 1998/1999 (3 points), alors que le club ne jouait que la 9e place... l'année de son deuxième titre, en 1993/1994, le PSG ne prendra qu'un point.

Alors que les résultats de Marseille ne sont pas forcément meilleurs que les siens depuis 20 ans, du moins sur le plan des titres (dans les années 2000, l'OM a pris en moyenne 3,6 points de plus que le PSG, qui en a pris 0,08 de plus durant la décennie précédente), Paris a semble-t-il récupéré un complexe d'infériorité particulièrement tenace face à un adversaire, contre qui il avait perdu ses premiers matches véritablement médiatisés, ce qui l'a manifestement marqué au fer rouge. Depuis, une victoire du PSG dans le Clasico semble presque un exploit pour ses supporters, qui vivent ces rares évènements comme des victoires européennes, ou presque. Chacun d'entre eux se souvient de chacune d'entre elles comme des victoires sur le destin, l'adversité. C'est sans doute aussi le cas pour leurs vis-à-vis sudistes, mais pour d'autres raisons que le seul enjeu sportif...

Pauleta dans son jardin

Autre particularité du Clasico : le PSG domine son adversaire sur un plan, celui du meilleur buteur depuis 1990, Pauleta (6 buts). Étonnant de voir que si les joueurs marseillais (hors csc) ont marqué 12 buts de plus que les Parisiens (55 à 43) sur cette période, leurs meilleurs buteurs se nomment Maurice, Boksic, Niang, Van Buyten et Battles, et émargent à trois buts. Ils devancent quelques joueurs inattendus, comme Boli, Cana ou Heinze (2 buts). Dans le même temps, l'Aigle des Açores domine trois joueurs à trois buts également, Leroy, Ronaldinho et Hoarau. Ce dernier fait partie des trois Parisiens actuels ayant déjà marqué lors d'un Clasico, avec Luyindula (2 buts) et Chantôme (1 but), pas spécialement des titulaires. Côté Olympiens, ils sont cinq, Ayew (2 buts), Amalfitano, Cheyrou, Rémy et Valbuena (1), qui eux jouent plus régulièrement... Ce qui sera sans doute un avantage, ce soir.

A noter également que plusieurs joueurs ont marqué contre leur ex ou futur club, comme les Parisiens Leroy, Fiorèse et Luyindula, qui ont chacun marqué 2 buts contre Marseille, ainsi que Weah, futur et éphémère joueur de l'OM en 2000/2001, et les Marseillais Maurice (3 buts contre le PSG), Cana (2), Fournier, Gravelaine et Pouget (1 but chacun). A noter que Gabriel Heinze, lui, a d'abord brillé contre Marseille (1 but) avant de rendre ses anciens supporters malades, une fois passé chez l'ennemi (2 buts)... C'est le seul dans ce cas.

Ce qui est bien avec les stats, c'est qu'elles auront très probablement évolué dans quelques heures ! A plus tard, donc ! Et n'hésitez pas à réagir !

lundi 26 mars 2012

Montpellier prend le relais

Salut à tous,

Au soir de la dixième journée des matches retours, un constat s'impose avant tous les autres : après une demi-saison satisfaisante, on s'ennuie à nouveau ferme dans les stades de Ligue 1. Dix-huit buts en 10 matches, on n'avait pas fait aussi mal depuis la cinquième journée, certes. Mais on a surtout pas dépassé les 26 buts une seule fois en 2012. Lors de ces matches retours, lors desquels on est passé de 2,6 à 2,47 buts par match, on tourne à 2,32, et même 2,24 lors des cinq dernières journées, avec à la clé douze 1-0, dix 1-1, dix 2-0 et seulement huit 2-1, contre... deux 0-0, aucun depuis trois journées. Un nouvelle preuve à mettre au débit de la victoire à trois points, ou plutôt du nul à un seul point...

Après, l'évènement est évidemment la passation de pouvoir entre le PSG et Montpellier. Les deux équipes comptent le même nombre de points, évidemment (60), mais aussi de buts (53, comme Lille également) mais les Héraultais ont encaissé trois buts de moins (27 contre 30), trois nuls de moins et deux défaites de plus, ce qui fait que la victoire à trois points les arrange. Ils restent également intraitables à domicile (40 points sur 45) alors que le club parisien a désormais perdu 12 points au Parc des Princes. Montpellier domine également lors des matches retours (23 à 20 points), où ils n'ont encaissé que 4 buts... dont deux à Paris (2-2). Bref, contrairement à ce que beaucoup d'observateurs affirment, en général à contrecœur d'ailleurs, le PSG est loin d'avoir titre gagné. Ce ne serait pas la première fois que le club le plus riche ne gagne pas le championnat, notamment en France...

C'est la dixième fois que Montpellier est leader cette saison, la deuxième des matches retours. Premières journées inclues, le MHSC n'a quitté les deux premières places qu'une seule fois, fin septembre (4e). D'ors et déjà, le club héraultais a égalé le troisième meilleur total de son histoire (60 points, comme en 1996), derrière 2010 (69) et 1988 (63, ramené à la victoire à 3 points). Des chiffres qui devraient être assez vite battus, a priori.

Par ailleurs ce match nul (1-1) entre le PSG et Bordeaux n'est pas un évènement en soit : quand on regarde en détail, les Girondins n'ont perdu que deux fois lors de leurs 7 dernières visites au Parc, toutes compétitions confondues, tout en l'emportant quatre fois sur la même période ! Avec Monaco, seule équipe à posséder un bilan positif Porte d'Auteuil, Marseille ou Nancy, il s'agit donc d'une véritable bête noire pour les Parisiens. Par ailleurs, Bordeaux, qui avait déjà obtenu un nul sur le même score à l'aller (1-1) devient la première équipe du championnat à être désormais assurée de finir invaincue contre le PSG en championnat cette saison. Si Nancy ne perd pas contre Paris le week-end prochain, ce sera la deuxième...

Marseille, lui, a mis fin à la pire série de son histoire (7 défaites consécutives, toutes compétitions confondues). Mais en Ligue 1, les Olympiens n'ont plus gagné depuis leur déplacement à Rennes, fin janvier (1-2), soit huit match et trois points pris. Ils en avaient signé 7 entre janvier et mars 2007 (3 points) et surtout... 14 entre mars et septembre 2005 (six points) ! Qui se souvient d'une série aussi catastrophique aujourd'hui ? Dans le même temps, Lyon, qui lui a perdu à Nicosie, a depuis gagné tous ses matches... allez comprendre.

Notons également la belle quatrième place toulousaine, à trois du podium. Cependant, si certains semblent voir du progrès dans le jeu des hommes de Casanova, ça ne se voit pas dans les stats : ils ont la meilleure défense (24), loin devant Brest et Montpellier (27) mais aussi la 13e attaque avec 31 buts, soit autant qu'Ajaccio et moins que Auxerre (33) ou Caen (32), entre autres. D'ailleurs, les meilleurs buteurs toulousains sont deux, ils s'agit d'Umut Bulut et Emmanuel Rivière, qui culminent à 4 buts, devant Capoue, Tabanou et Machado (3). Le TFC est par ailleurs dernier au nombre de passes décisives dans le jeu (10), soit autant que Jérémy Ménez à lui tout seul. Même dans le dernier quart d'heure, ce n'est pas ça : avec 6 buts pour et 6 contre, Toulouse est l'équipe dont les matches sont les moins agités dans leurs conclusions, derrière Brest (4 et 6) et Evian (4 et 7), et ce même si les Toulousains ont récupéré 4 points durant cette période. Bref, pas de quoi piquer de la clientèle au Stade Toulousain, même s'ils sont de nouveau des candidats sérieux à la lutte pour l'Europe, voire la C1.

Bref, venons-en au 18e but personnel d'Olivier Giroud, le premier dans le jeu depuis cinq matches mais aussi le 7e lors du dernier quart d'heure, le meilleur total de la saison. Malgré ce léger fléchissement constaté depuis un mois et demi, le Montpelliérain peut dormir tranquille : il y a cinq journées, il comptait exactement le même nombre de buts d'avance sur ses concurrents (5) que maintenant... depuis, Nene n'a marqué que deux fois, Gameiro une fois, tout comme Aubameyang et Rémy, tandis que Jovial a câlé, tout ce beau monde étant ayant été rejoint ou dépassé par Hazard, qui est passé de 9 à 13 buts, et Gomis, de 9 à 12. Du coup, il paraît très difficile d'imaginer qu'un autre joueur que Giroud puisse atteindre ou dépasser la barre symbolique des 20 buts cette saison, comme l'an passé (Sow 25, Gameiro 22). Il faudrait que Hazard ou Nene marquent 7 fois lors des 9 dernières journées, Gomis 8 fois, Gameiro et Aubameyang 9 fois... ça reste possible, mais ça paraît quand même peu probable. Giroud devrait donc s'imposer très largement dans cette course.

Qu'est-ce que j'ai d'autre en magasin... Rennes, par l'entremise du Valenciennois Danic sur penalty, a encaissé son 4e but de la saison contre un de ses anciens joueurs. Il s'agit du deuxième plus gros score de la saison, derrière Auxerre (5) et devant Caen, Nice et Sochaux (3). Huit équipes (Toulouse, Valenciennes, Nancy, Lorient, Brest et les trois promus) n'ont encore vu aucun de leurs anciens pensionnaires marquer contre eux. A vue de nez, et hormis le TFC, c'est donc plutôt un avantage pour les clubs les plus modestes, dont les rangs sont sans doute moins souvent renouvelés que ceux qui ont ont les moyens de garnir la rubrique des transferts, notamment en joueurs de Ligue 1.

Le Niçois Monzon, auteur de son sixième penalty de la saison, est seul en tête des buteurs défenseurs, devant les deux Lillois Chedjou et Debuchy (5). Bourillon (Lorient) et Lovren (Lyon) ont, eux, ouvert leurs compteurs but. Chez les milieux, en plus du 13e but de Hazard, qui rejoint Nene en tête grâce à son 7e but sur coup de pied arrêté, notons le but d'André Ayew (7 buts), son premier en championnat depuis le 2 décembre dernier, soit six matches sans marquer, avec à la clé aucune victoire olympienne. Avec Loïc Rémy, c'est LE joueur indispensable à cette équipe marseillaise, blessé à l'épaule ou pas.

Pour sa part, Guillaume Hoarau, après 30 mois de galères, semble être reparti comme en 40, ou plutôt comme en 2008/2009 : il a inscrit contre Bordeaux son 5e but de la saison, tous inscrits en 2012, et quatre d'entre eux lors du dernier quart d'heure. A la moyenne de buts par minute, il est premier du championnat devant tout le monde avec un but toutes les 116 minutes (133 pour Giroud, 158 pour Gomis, 171 pour Lisandro...), hormis le jeune Montpelliérain Jonathan Tinhan, qui a marqué un but lors de ses 56 minutes de jeu... Il devance même l'autre phénomène de cette saison, le Savoyard Kevin Bérigaud, qui a marqué 4 buts en 544 minutes (136). Il y a trois ans, lorsqu'il avait explosé, Hoarau marquait toutes les 162 minutes.

Bref, je vous laisse avec ma traditionnelle équipe type des décisifs !



A plus !

lundi 27 février 2012

Lyon-PSG, et les autres

Salut à tous !

Ce week-end on a eu droit au même genre de journée qu'il y a deux semaines, lorsqu'un match avait à lui tout seul sauvé la moyennE de buts par matches. A l'époque, Lille et Bordeaux avaient sacrifié leurs chiffres défensifs et le moral de leurs gardiens de buts pour nous offrir un superbe spectacle (4-5), en inscrivant 9 des 22 buts de la journée. Cette fois, Lyon et le PSG ont fait un tout petit peu moins bien : 8 sur 22, également (4-4).

Guillaume Hoarau, ressuscité après deux années compliquées, en a profité pour quadrupler ses statistiques décisives : d'un but, il est passé à trois plus une passe décisive. Et ce en seulement 269 minutes de jeu, soit un but toutes les 89 minutes, le deuxième meilleur ratio derrière... Kevin Bérigaud (23 ans, Evian-T-G), auteur d'un doublé contre Nancy (2-0), et qui est également passé à trois buts en l'espace de 174 minutes, soit un peu plus d'un but par heures ! Pourtant, c'est loin d'être un buteur à la base : 24 buts en deux saisons de National, six buts l'an dernier en Ligue 2... C'est le syndrome Steve Savidan, qui ne voyait pas ses stats baisser, et même augmenter, malgré le changement de division, qui a également touché Olivier Giroud ou Brice Jovial ces dernières années.

Pour en revenir au Lyon-PSG qui, lui non plus, n'a pas trouvé de nom en o ridicule (capitalo ?), on note également que Bafé Gomis a assuré sa sixième saison consécutive à au moins 10 buts en Ligue 1 (son score lors des trois dernières saisons !), et son 4e but en 6 matches contre le PSG avec Lyon (il n'avait jamais marqué contre le club de la capitale avec les Verts, en 7 tentatives !), que Lisandro Lopez, lui, a marqué pour la première fois pour le même club, ou que Bastos, en plus de marquer un but exceptionnel, a adressé sa 7e passe décisive dans le jeu et rejoint ainsi Olivier Giroud, derrière Jérémy Ménez (8), qui a effectué sa première passe décisive... sur coup de pied arrêté. Par ailleurs, un score à 8 buts ou plus n'est pas si rare cette saison, puisque c'est le cinquième, avec un 6-2, un 5-4, un 5-3 et déjà deux 4-4, le premier étant l’œuvre de Lille (déjà) et Nice, à la fin de l'année dernière... L'an passé, il y en avait eu... un, un 6-3 (Lille-Lorient) !

Sinon, Montpellier a confirmé face à Bordeaux, avec qui il partageait les meilleures stats en 2012, ses chiffres exceptionnels à domicile, puisque le nouveau leader de Ligue 1 avec désormais un point d'avance (je l'avais dit !) n'a perdu que cinq points à la Mosson, sur 39 possibles (1 nul, 1 défaite, contre Paris), que le PSG a abandonné sa première place au classement des défenses à Brest (22), Marseille et Toulouse (23), qui ont à eux trois encaissé un seul but ce week-end, celui lors du match entre les deux premiers nommés, et qu'Auxerre ont Lille ont signé leur 10e match nul cette saison, soit le deuxième pire (ou meilleur) total derrière les 14 de Brest. D'ailleurs, si on revenait à la victoire à deux points (tellement plus équilibrée et logique, qui ne sanctionnerait pas le 4-4 entre Lyon et Paris de l'équivalent d'un tiers de victoire seulement), Montpellier et le PSG seraient à égalité (mais le MHSC serait devant au goal-average). Mais à part les trois places que gagnerait Marseille (9 nuls), le classement n'en serait pas réellement chamboulé, Lille restant 3e, mais avec seulement 3 points de retard, et Auxerre ne gagnant qu'une place.

Il est également intéressant de constater qu'Ajaccio, qui carbure depuis deux mois et notamment l'arrivée d'Eduardo (4 buts) cet hiver, compte désormais autant de points que Dijon, et seulement un de retard sur Caen, Evian et surtout Lorient, que des équipes qui n'ont pour l'instant que rarement été en danger de relégation... Les Corses sont cinquièmes des matches retours (11 points), avec un point pris de moins que le PSG, leur prochain adversaire, et un de plus que Lille, trois de plus que Marseille (qui compte toujours un match en retard) ou Rennes, et six de plus que Lyon !

Deuxième match sans but pour Olivier Giroud, une mésaventure qui lui était déjà arrivé quatre fois avant cela, la dernière fois mi décembre. Mais la pointe héraultaise a tellement d'avance qu'à part quelques triplés de Nene, Gomis, Gameiro ou Aubameyang (qui en a signé un cette semaine en match en retard contre Lorient, ses premiers buts à domicile), il peut encore se permettre de se reposer jusqu'en avril a priori. On a eu droit à pas mal de buts étrangers (50 %, contre 46 en temps normal), dont 5 africains, 5 sud-américains, et un seul européen, celui du... Turc de Rennes, Mevlut Erding. Par ailleurs, quatre des six petits buts à l'extérieur ont été marqués par le PSG, qui a également vu son premier joueur de plus de 31 ans marquer un but (Ceara). Pour une fois, les milieux se sont peu signalés (6 buts), contrairement aux défenseurs (4) et aux internationaux français (4, tous lors de Lyon-PSG !). Nene, lui, a inscrit son 7e penalty, record de la Ligue 1 cette année, le seul de cette journée. Le PSG reste leader au nombre de penalties obtenus ET transformés (8) devant Caen (6). Le Brésilien est également le seul meilleur buteur des matches retours, avec 5 buts, devant Eduardo, Roux et Aubameyang (4).

Lille avait pris la tête des équipes dans le dernier quart d'heure grâce à son succès tardif à Lorient la semaine dernière (0-1), place que le LOSC a perdu ce week-end en concédant le nul in extremis à Rennes (1-1). C'est donc Saint-Étienne le leader (+7) devant le PSG, qui a gagné son 6e point en fin de rencontre. Les Valenciennois Samassa et Cohade ont inscrit leurs troisièmes buts respectifs en fin de match, sur trois et quatre buts au total...

Voilà, sur ce je vous laisse avec mon équipe type décisive habituelle. Il n'y a qu'un Lyonnais et deux Parisiens, mais je rappelle la règle : d'abord le nombre de buts, puis de passes, puis le score de l'équipe du joueur. Mounier, notamment, devance ainsi Briand pour le poste de milieu offensif.



A très vite !

mardi 21 février 2012

Un choc pas si déséquilibré

Salut à tous,

En attendant mon traditionnel post récapitulatif de cette 24e journée, profitons que nos esprits se soient quelque peu refroidis pour revenir sur le sommet de la Ligue 1 qui a mobilisé notre dimanche soir. On peut d'ailleurs s'inquiéter pour Canal +, d'habitude assez prompt pour trouver des noms crétins qui finissent en o à ces "chocs" qui émaillent la Ligue 1, histoire de faire écho avec le Classico (l'Atlantico, l'Olympico...) mais qui cette fois a déclaré forfait devant la difficulté de la tâche. J'imagine déjà la réunion la semaine dernière au sein du service des sports de la chaîne cryptée, le brainstorming intense mené par le spécialiste du genre, Hervé Mathoux (qui ne semble pourtant pas toujours assumer ses "trouvailles"...), et les quelques propositions pathétiques qui en ont découlé, du genre "Opposito", Laurentroberto"... bon les gars on laisse tomber. Pour cette fois.

Tant pis, même sans nom à la con, ce choc a tenu toutes ses promesses, et ce n'est pas peu dire. En effet, il ne fallait pas être grand clerc pour deviner que Montpellier, qui n'est certes pas assis sur le même tas de billet que son adversaire - on l'aura bien compris, vu comment cette information ébouriffante a été répétée 50 fois par jour dans tous les médias, histoire de délester définitivement les Héraultais du moindre début d'une queue de pression dans ce match - mais qui avait gagné tous ses matches en 2012, tout en encaissant aucun but, et qui évolue avec les mêmes joueurs et la même tactique depuis trois ou quatre ans, allait se montrer supérieure collectivement à un PSG qui a subit de nombreux bouleversements, à tous les niveaux, depuis huit mois maintenant, et notamment cet hiver. L'étonnement surjoué des commentateurs de Canal mais aussi de tous les observateurs "objectifs" de cette rencontre ne saura donc que provoquer le mien, d'étonnement. C'est plutôt l'inverse qui m'aurait interloqué, pour tout vous dire.

Pourtant, individuellement, aucune des recrues parisiennes ne déçoit vraiment pour le moment, à l'image des débuts réussis d'Alex, auteur d'un coup-franc superbe, dénigré de façon surréaliste par Christophe Dugarry et consorts, qui n'ont pas hésité à attribuer le mérite de ce but à la qualité du ballon, qui n'a donc été facétieux que sur ce tir, et non sur les centres victorieux d'Hilton et de Giroud, donc... qu'un joueur parisien ose lever le ballon dans les airs dans une action réussie, et son geste sera aussitôt taxé de "chanceux". Une des nombreuses facettes de la différence de traitement subit par le club parisien depuis que ce dernier a décidé de s'arracher de l'anonymat de la Ligue 1 en profitant des énormes moyens économiques de son nouveau propriétaire, ce qu'aucun autre club français n'aurait osé faire dans le même contexte, ça va de soit. Y a qu'à Paris qu'on ose dépenser l'argent qu'on possède, c'est bien connu ! Donnez le à Loulou Nicollin, et vous verrez que les poubelles seront beaucoup mieux ramassées dans l'Hérault, ça ne loupera pas.

C'est vrai, donc, Montpellier a dominé collectivement son adversaire, mais ne s'est pourtant pas créé plus d'occasions que son adversaire, qui a bousculé l'équipe héraultaise durant 25 bonnes minutes après la bonne entame de cette dernière, sous l'impulsion d'un duo Bédimo-Utaka assez épatant, face à un Bisevac qui n'a pas démérité mais qui était un peu esseulé dans le système sans milieu excentré de Carlo Ancelotti, et qui en a profité pour marquer par Alex. Sous l'eau depuis un petit moment, Montpellier a pourtant égalisé dans la foulée, sur une petite faute de main, selon moi, de Sirigu, par ailleurs énorme dans ce match, comme souvent. En deuxième mi-temps, les Parisiens ont souffert par manque d'automatismes, et ont souvent vu leurs ailes une nouvelle fois souvent débordées. Le "sapin de Noël" de l'entraîneur transalpin a des avantages, mais aussi des inconvénients, du moins s'il n'est pas encore bien huilé, face à des équipes dotées de bon techniciens sur les côtés, et notamment des latéraux très actifs. Ménez et Nene plus recentrés, Sissoko et Matuidi qui restent des axiaux, Maxwell, intéressant offensivement mais dont le couloir a vu naître les deux centres décisifs montpelliérains, et Bisevac ont souvent du écoper comme ils ont pu. Sur ce plan là aussi, il reste beaucoup de travail aux Parisiens pour maîtriser leur nouveau système. Ce qui n'a pas empêché l'envoyé spécial de l'Equipe d'oser affirmer que ce n'était pas mieux qu'avec Kombouaré. Ancelotti a dirigé 8 matches à Paris, Tonio, 134.

En attendant, les Parisiens se sont quand même créé de grosses occasions, comme ces deux opportunités énormes dans la surface pour Maxwell puis Pastore, qui ont frappé à côté alors qu'ils étaient dans des positions idéales. Mais, comme à Nice (0-0), ou les Parisiens s'étaient créé là aussi des occasions très importantes mais aussitôt passées à l'As par les médias, qui ont prétendu, avec succès, que le PSG avait été capable de se montrer dangereux pendant 90 minutes, là encore ces frappes qui auraient du être victorieuses n'ont semble-t-il pas été considérées dans l'analyse de ce match : selon les médias, seul Montpellier a été dangereux, et aurait du largement gagner. Ben non, désolé, Paris, avec un peu plus d'efficacité, aurait tout aussi bien pu s'imposer.

En football, il y a l'impression visuelle, influencée ou non par les commentaires du match, mais aussi par la fluidité du jeu supérieure d'une équipe par rapport à l'autre, et puis il y a la réalité. Paris, malgré des manques qui ne sont pas scandaleux compte tenu du fait qu'il s'agit d'une équipe très neuve, à la tactique toute aussi récente, a livré le même genre de match que face à Lyon, il y a quelques mois. Le sextuple champion de France avait longtemps semblé dominer les débats, collectivement notamment, avant de s'incliner sur un exploit de Pastore, puis sur un coup-franc de Nene exploité par Jallet, en toute fin de match (2-0). Mais dites moi quel club, dans le monde, est capable de créer en quelques semaines une grande équipe au jeu fluide, léché et aux automatismes confirmés ? Ça amuse les médias et les pourfendeurs - si nombreux - du PSG de relever des choses pourtant facilement explicables, mais ça ne fait pas pour autant avancer le débat.

S'ils avaient voulu un peu dévier des éléments de langage qui ont fourni toutes les analyses de ce match, on aurait pu relever, tout de même, la force de caractère d'une équipe qui a souvent été en difficulté dans ses matches par manque d'automatismes, on l'a dit, mais qui est beaucoup plus souvent revenue au score qu'elle n'en avait l'habitude depuis 15 ans. En clair, à la "grande" époque parisienne, celle où le PSG était parfois concerné par la lutte pour le maintien ou pour la 9e place, il aurait perdu ce match. Beaucoup de supporters parisiens, qui connaissent trop bien leur club, ont du zapper lorsqu'Utaka a trompé Sirigu, et ainsi rater le but d'Hoarau, sur un nouveau travail exceptionnel de Jérémy Ménez (8e passe décisive dans le jeu), qui devra toujours donner plus de buts que les autres pour que les observateurs daignent reconnaître son côté décisif. Bref, le PSG est revenu dans un contexte difficile, comme face à Bilbao (4-2), Caen (4-2), Evian (3-1)... et ce genre d'état d'esprit pourrait bien lui être utile pour la suite. A condition, bien sûr, de maîtriser un peu plus ses matches, et de moins gâcher face au but.

Paris est aussi la première équipe à marquer un but à Montpellier en 2012. Enfin, grâce notamment à la prestation des plus convaincantes d'Alex mais aussi de Sirigu, Olivier Giroud, qui a été bon par ailleurs, n'a pas marqué ce week-end, comme à l'aller d'ailleurs (0-3). La défense parisienne l'a bien surveillé, ce qui lui a d'ailleurs peut-être coûté sur les buts de Belhanda et Utaka, complètement oubliés sur ces deux centres... Bref, contrairement à ce qu'on pourrait croire si on écoute tout ce qui se dit, tout n'est pas à jeter du côté Parisien. Avec 51 points, le PSG reste un leader des plus acceptables, même si sa position, du fait de la saison exceptionnelle de Montpellier, reste des plus précaires. Si les Parisiens parviennent à conserver cette première place après leur déplacement des plus compliqué à Lyon - on voit mal l'OL s'incliner trois fois d'affilée... - tandis que Montpellier recevra Bordeaux, là sera l'exploit. A Gerland, la meilleure défense du championnat devra faire moins de cadeaux, laisser moins d'espaces sur les côtés... et se montrer plus réaliste devant. Mais Montpellier, on l'a peu dit là aussi, devra dépasser la déception d'être passé tout près d'une victoire qui lui aurait offert la première place, avec l'opportunité d'accentuer son avance lors de la journée suivante, face à des Bordelais qui marchent sur l'eau en ce moment. Bref, on a hâte d'y être !

A plus tard !

jeudi 9 février 2012

Pointes Bleues


Salut à tous,

Longtemps, on a pu considérer que le Talon d'Achille des Bleus était le poste d'avant-centre. Et ce, contrairement à ceux de gardien, pour lequel on a très rarement été démuni en excellent éléments, ou de défenseur central, une spécialité locale. Aujourd'hui, on est à la fois loin et assez proche de ce schéma classique.

C'est vrai, on possède encore une fois un duo de gardien exceptionnel, qui nous protège de certaines mésaventures arrivées lorsque nous tâtonnions entre Barthez, Coupet et Frey, il y a quelques années, par exemple. Avec Mandanda et surtout Lloris, sans parler de Carrasso, on est paré, comme aux plus grandes heures de Barthez (première époque), Bernard Lama, Joel Bats, Jean-Paul Bertrand-Demasnes ou Alex Thépot, dans les années 30 (je vous en toucherais peut-être un bout un de ces quatre).

En revanche, au niveau défenseurs centraux, on est loin de l'époque ou des joueurs comme N'Gotty, par exemple, se voyaient privés d'une honnête carrière internationale par la présence du duo Blanc-Desailly, le meilleur du monde durant les années 90, et de loin. Aujourd'hui, on s'en sort avec un stoppeur impressionnant physiquement mais un peu limité techniquement, et assez désordonné tactiquement, du fait d'une formation primaire dans ce domaine puisqu'il n'a pas fréquenté de centre de formation (Rami) et un ancien surdoué, patron de toutes les équipes de jeune dans les années 90, très vite comparé à Blanc dès ses débuts professionnels, à Auxerre, mais qui a raté dans les grandes largeurs l'essentiel de sa carrière internationale, notamment sous Domenech, avant de trouver enfin la grâce, à 28/29 ans, sous Blanc (Mexès). Une des rares véritables réussites de ce dernier, au passage. Problème, il n'a plus joué en Bleu depuis presque un an à cause de sa blessure au genou au printemps dernier, et ses remplaçants, Abidal, plutôt destiné au couloir gauche mais qui convainc quand même dans l'axe, Kaboul et Sakho se sont montrés intéressants, sans plus. On est encore loin, pour l'instant, des critères du très haut niveau (Vidic, Thiago Silva, Terry...) dans ce domaine. Mais Sakho, notamment, est jeune, et il y a Yanga-Mbiwa qui pousse derrière.

Mais je suis là pour parler des attaquants.

La spécialité française, dans ce domaine, n'est pas le buteur ordinaire, qu'on voit partout dans le monde et notamment en Italie ou en Allemagne, l’égoïste, ultra efficace mais qui peut disparaître parfois d'un match, parfois limité techniquement... mais quand tu regardes sa carrière, il a rarement marqué moins de 20 buts par saison. On a eu Fontaine, Papin, mais aussi Trezeguet, qui a plus souvent été remplaçant que titulaire en Bleu, tout en marquant 34 buts, un toutes les 121 minutes ! Celui qui l'a relégué sur le banc alors qu'ils ont été formé ensemble à Monaco, Thierry Henry, en a planté 51, soit un toutes les 177 minutes ! Regardez Benzema, notre avant-centre titulaire en Bleu : il est également titulaire au Real, où ses stats sont honnêtes pour la pointe de cet immense club qui a possédé les plus grands attaquants de la Terre. Sauf qu'au classement des buteurs, Messi et Ronaldo sont suivis par... Higuain, son remplaçant (14 buts, contre 10 pour Benzema). Toutes compétitions confondues, l'Argentin marque toutes les 92 minutes, 113 pour Benzema. Mais ce dernier est plus présent dans le jeu, plus passeur aussi. C'est classique : en France (et chez Mourinho aussi, apparemment), on préfère avoir un avant-centre un peu moins efficace, mais plus impliqué dans le jeu, plus passeur. C'est ce qui nous a permis de passer pour des loseurs pendant des décennies, privés que nous étions de Hrubesch, de Völler, de Rossi... nous, on avait Rocheteau, on avait Lacombe (buteur en club, remiseur en sélection...), on avait Stopyra... des attaquants actifs, romantiques, mais inefficaces, du moins en sélection.

Malgré tout, on a connu deux de nos trois grandes époques sans attaquant de très haut niveau : si on avait Fontaine en 58, on n'avait personne dans les années 80 (Platini se chargeait de tout, et Papin débutait à peine) et des phénomènes encore tendres dans les années 90 (Trezeguet, Henry), un buteur éteint (Guivarc'h), un avant-centre qui n'en était pas un, sauf pour Jacquet (Dugarry), et un Papin trop vieux. Comme quoi, on peut tout de même gagner de grandes compétitions sans buteur véritable, regardez l'Italie en 2006. Mais l'Espagne, qui a souvent eu un peu le même problème que nous (elle a quand même eu Raul ou Butragueno, qui n'étaient cependant pas des pointes classiques), s'est mise à gagner des titres à partir du moment où elle a possédé des avant-centres efficaces (Villa, Torres), qui concrétisaient enfin son jeu qui a toujours été limpide et technique.

Qu'est-ce qu'on a, aujourd'hui ? On a donc Benzema, enfin titulaire au Real mais qui, en 2011, n'a marqué que deux fois en Bleu, soit un but tous les quatre matches... le meilleur buteur en sélection a été Rémy (3), pas encore vraiment titulaire, mais pas loin quand même. Ce qui a motivé ce post, c'est que hormis le Madrilène, nos trois candidats au poste d'avant-centre (un devrait rester sur le carreau pour l'Euro) évoluent en France, et possède des caractéristiques complètement différentes.

Loïc Rémy, donc, ressemble beaucoup à un autre attaquant antillais, qui possède un double prénom, qui est habilité à jouer sur un côté (le gauche, pour sa part) et qui lui ressemble physiquement, Thierry Henry. Très rapide, il diffère de "Titi" sur un point, le jeu de tête, qu'il a excellent : cette saison, il a marqué 9 de ses 20 buts de la sorte, dont les six premiers ! Étonnant pour une flèche, évoluant souvent côté droit... Pour moi il serait parfait sur cette aile, en concurrence avec Jérémy Ménez (qui peu jouer à gauche), dans un système en 4-2-3-1.

Passons à Kevin Gameiro, qui réalise son meilleur début de saison (11 buts en championnat), mais qui est moins efficace depuis trois mois. Le Parisien semblait avoir plusieurs longueurs d'avance sur la concurrence, derrière Benzema, mais ses difficultés à marquer au Parc des Princes (3 buts) et en Coupe d'Europe (1 but en 232 minutes, à Differdange...) font douter de ses capacités à passer le cap du niveau international. Comme on pouvait le craindre, ses aptitudes, notamment la vitesse, sont plus adaptées à des équipes évoluant en bloc et en contre, comme l'était Lorient la saison dernière, qu'à celles ayant la possession de balle, comme Paris ou l’Équipe de France. Malgré tout, ses stats parlent pour lui (deux fois meilleur buteur français ces deux dernières saisons, 17 et 22 buts...).

Même chose pour Olivier Giroud, qui lui fait plus penser à Guillaume Hoarau, qui lui a laissé passer sa chance en Bleu, malheureusement. Le Montpelliérain est grand, puissant, efficace (15 buts), mais à l'inverse de Rémy, il marque peu de la tête (1 seul but) et pas mal du droit pour un gaucher (4). Mais, selon moi, il y a encore un doute à son propos. On disait la même chose d'Hoarau durant sa première saison, qui avait été très efficace (17 buts) : on l'avait comparé à Crouch, à Ibrahimovic... des avant-centres grands, mais pas dégueux avec leurs pieds. Puis il a été blessé, a baissé de rythme, et ne joue plus aujourd'hui à Paris. Ce qui est étonnant, c'est le crédit que l'on donne à Giroud depuis un an et demi, crédit qu'on n'a pas donné à un attaquant comme Moussa Sow, par exemple. Mais s'il semble plus fort techniquement que Hoarau, lors de ses deux bouts de sélection, Giroud a surtout montré qu'il pouvait être aussi pataud et lent que l'avait été le Parisien. A voir, donc !

Bref, on a le choix. Benzema, par son statut au Real plus que par ses stats en Bleu, 13 buts en 42 sélections, un but toutes les 183 minutes, reste intouchable. Derrière, on peut considérer que Rémy l'est aussi, et Giroud a pris de l'avance sur Gameiro, notamment par son profil de buteur/remiseur. Mais ça reste friable et inexpérimenté, puisque seul le Marseillais connaît la Ligue des Champions, et aucun des trois n'a encore évolué à l'étranger. Hors, depuis l'arrêt Bosman, plus l'Equipe de France est riche en joueurs à l'étranger, plus elle est forte, et inversement. Ça risque donc d'être un peu juste pour l'Euro, surtout qu'on ne semble pas avoir de Platini au milieu pour compenser... souhaitons que je me trompe !

A plus tard !