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jeudi 25 octobre 2012

La France pas au niveau

Salut à tous !

C'était déjà la fin des matches allers en Ligue des Champions hier, et c'est donc l'occasion de pouvoir dessiner quelques tendances, après que chaque équipes se soient déjà affrontées une fois dans chaque poule.

Bilan catastrophique pour la France

D'abord, un constat : ce n'est pas cette année que la France améliorera son indice UEFA. D'habitude, le bilan français en C1 est moyen pendant les poules, puis s'effondre lors des derniers tours (8 victoires, 10 défaites l'année dernière, 8 succès, 11 défaites l'année d'avant...). Cette fois, elle ne va probablement pas attendre les huitièmes de finale pour voir ses chiffres baisser. Avec deux victoires (celle du PSG), un nul et déjà six défaites (en neuf matches !), la France est tout simplement, à la moyenne, une des pires nations de la compétition, derrière la Croatie et ses trois défaites, fournies par le Dinamo Zagreb, la Turquie (un nul, deux défaites pour Galatasaray), la Belgique (même bilan que les Turcs pour Anderlecht) ou le Danemark (idem pour Nordsjaelland). La Russie n'est également pas au mieux, mais quand même un peu mieux (deux victoires, quatre défaites). Chez les pays représentés par au moins trois clubs, comme c'est notre cas (mais pour combien de temps ?), personne ne fait pire. L'Espagne se balade, malgré la défaite du Real hier (dix victoires, deux défaites), l'Allemagne également (six succès, deux nuls et une seule défaite), tandis que l'Angleterre (6/2/4) et le Portugal (4/1/4) patinent, mais gardent quand même un bilan positif ou équilibré. Seule la France est en négatif, et très nettement.

Alors oui le niveau de la Ligue des Champions est élevé, mais il l'est pour tout le monde. Perdre contre le Bayern ou Arsenal, ça arrive à tout le monde. Mais perdre contre le BATE Borisov ou Olympiakos, et à domicile en plus... c'est vraiment très dommageable. Si Lille et Montpellier avaient gagné ces deux matches nettement à leurs portées, le bilan français serait équilibré. Ces deux équipes étaient-elles armées pour disputer cette compétition ? On pouvait quand même le penser pour le LOSC, même si le tirage au sort ne l'avait pas épargné. On savait en revanche que ce serait très dur pour Montpellier, qui a fournit trois très bons matches, peut-être les meilleurs de sa saison par ailleurs très difficile en Ligue 1, mais récolté qu'un seul point. La faute à un manque criant - et logique - d'expérience et de rigueur défensive, son point fort l'année dernière...

Lille et Montpellier ont-ils le niveau ?

Je n'ai pas le souvenir d'une année où deux des trois représentants français seraient déjà quasiment éliminés après trois journées, très franchement. Est-ce que Lyon et Marseille, habitués des dernières éditions de la Ligue des Champions et huitièmes de finaliste l'année dernière, voire même quart de finaliste pour Marseille, auraient fait mieux que Lille et Montpellier ? Rien n'est moins sûr, mais on peut quand même le penser. En dehors d'une indéniable expérience européenne et internationale, ils auraient été tous deux mieux protégés lors du tirage au sort, d'un chapeau au moins. Les deux auraient probablement figuré dans le deuxième chapeau, avec donc un statut de seconde tête de série, quand Lille était dans le troisième et le champion de France, dans le quatrième ! Forcément, ça aide, même si ça ne garantit rien.

Je ne vais pas revenir sur l'idée que le turn-over en tête de la Ligue 1 nuit à notre indice UEFA, la démonstration me semble assez concluante, au moins sur cette saison. Lille et Montpellier peuvent encore se rattraper, et peut-être accrocher, chacune, une place en Ligue Europa au printemps prochain, en terminant troisièmes de leurs poules. Mais même si Montpellier bat l'Olympiakos à Athènes, et même si Lille bat Borisov au Bélarus, il faudra encore espérer qu'ils battent des équipes comme Schalke, Arsenal, Valence ou le Bayern pour véritablement rétablir le bilan Français en C1 cette saison. Aujourd'hui, mais on le savait déjà au moment du tirage, c'est une tâche qui paraît difficile, mais à la portée de représentants de la Ligue 1, normalement. Mais, compte tenu des performances lilloises et héraultaises... ce serait un exploit (1 point sur 12 contre ces 4 clubs pour nos deux représentants).

Et le PSG dans tout ça ? Il était dans le même chapeau que Lille mais a bénéficié d'un meilleur tirage, il faut le dire. Porto et Kiev, c'est autre chose que le Bayern et Valence. Mais, malgré sa courte défaite au Portugal (Porto a réussi son meilleur démarrage depuis 1996 en C1, avec trois succès en trois matches), il a fait le job. Convaincant contre Kiev (4-1), il a assuré l'essentiel hier en Croatie (0-2), face à une équipe d'une infinie faiblesse, qui a perdu ses trois matches cette saison malgré son statut de leader de son championnat, qui en avait pris sept il y a presque un an contre Lyon, et contre qui le PSG n'aura pas d'autre choix que de l'emporter lors du match retour à Paris. Avec 9 points, et si Kiev ne bat pas Porto, ce qui est concevable, la qualification parisienne sera quasiment assurée. Une bonne nouvelle, mais qui ne rattrapera pas  le bilan français. Surtout que derrière il faudra aller à Kiev et recevoir Porto... pas simple.

L'Allemagne, futur meilleur championnat d'Europe ?

Je l'ai dit un peu plus haut, les clubs allemands sont impressionnants dans cette édition, avec un bilan quasi inverse du notre (six succès, une seule défaite, celle du Bayern à Borisov). Ce n'est qu'une tendance sur trois matches, mais que Dortmund et Schalke, des seconds couteaux du championnat allemand cette saison puisqu'ils pointent respectivement à 12 et 7 points du Bayern, aient battu à la régulière le Real Madrid et Arsenal sur sa pelouse, hier soir, démontre que la Bundesliga n'est sans doute plus ce championnat sympathique où les stades sont pleins, riches en but et en frappes lointaines, mais qui n'existe pas au niveau européen en dehors des bonnes années du Bayern, si l'on excepte la demi-finale de Schalke il y a deux saisons, la finale de Leverkusen il y a 10 ans ou la victoire de Dortmund il y a 15 ans. Un bilan européen comparable au notre, en fait... mais sans le Bayern.

Il faut quand même noter que le championnat allemand est le seul en Europe, et notamment dans les principales ligues du continent, à ne pas être endetté. Les clubs allemands sont bien gérés, sont sains, et reposent sur un triptyque simple : résultats, recettes au guichet, merchandising. On l'a vu, le premier fonctionnait moyennement, mais les deux autres carburent à plein régime, et depuis longtemps. Des stades pleins, remplis et satisfaits par un excellent spectacle, un amour du football qui permet aux ventes de maillot de foisonner... et hormis Schalke, aucun club n'appartient à un milliardaire quelconque. Les clubs allemands appartiennent à eux-mêmes, et perdurent d'eux-même. C'est ce qui me fait penser qu'en cette période de crise, qui frappe tous ses voisins, et notamment l'Espagne et l'Italie, le football allemand de clubs, au moins, est sans doute celui qui dominera l'Europe dans les années à venir.

Pourquoi pas ? Les joueurs parlent souvent de l'ambiance quand ils partent jouer en Angleterre, mais celles en Allemagne sont au moins comparable. Quel plaisir ça doit être de jouer dans le stade de Dortmund, et son mur de 25 000 places ! De plus, un à un, et hormis le Real et Barcelone, qui vivent dans une bulle malgré des dettes astronomiques, les grands clubs italiens et espagnols souffrent d'une crise terrible, et risquent fort de ne plus être compétitifs au niveau européen. L'Italie, cette saison, ne compte que deux clubs, qui n'ont gagné qu'un match cette saison et signé quatre nuls, pour une défaite. Bref, elle fait moins bien que l'Ukraine (3/1/2) et aussi bien que l’Écosse ou la Roumanie (1/1/1). La Juve s'est montrée incapable de gagner à Nordsjaelland, qui a même mené au score... le Milan AC, lui, a été logiquement battu, hier, par Malaga (1-0), autre grand malade qui réussit, certes, d'excellents débuts dans la compétition (trois victoires), mais qu'on imagine mal dominer le football européen lors des prochaines saisons, du moins tant que le club aura du mal à payer ses joueurs... Si Platini parvient à appliquer son fair-play financier, tous ces clubs vivant sur de l'argent qu'ils n'ont pas vont disparaître du plateau, laissant la place aux clubs sains... dont les Allemands, et la plupart des clubs français et Anglais.

Voilà, maintenant il reste autant de matches à jouer que durant ces matches allers, et ces tendances seront peut-être nettement bousculées, qui sait ? On en reparlera en temps voulu.

A plus tard, et n'hésitez pas à réagir !

vendredi 21 septembre 2012

Semaine contrastée

Bonjour à tous,

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on vient de vivre une semaine européenne pour le moins instructive, bien qu'assez traditionnelle finalement. Quoique.

Historiquement, les clubs français prennent plus de "points" en Europa League qu'en Ligue des Champions. Pas énormément plus, mais si en général ils ont un bilan légèrement positif en fin de saison - ce qui n'est pas toujours le cas, comme l'année dernière (16 victoires, 16 défaites) ou l'année d'avant (17 victoires, 18 défaites), ce n'est pas grâce à nos résultats en C1. Ainsi, l'année dernière, Marseille, Lyon et Lille avaient accumulé 9 succès et 10 défaites en C1, contre 7 succès et 6 défaites en C3. Même chose l'année d'avant : 9 succès et 12 défaites en C1, 8 succès et 6 défaites en C3. Et cette année, c'est pour l'instant flagrant : 2 victoires, 3 défaites en C1, 4 succès à 0 en C3 (tour préliminaire inclus). Ce ne sont pas des différences énormes, mais bien réelles, et récurrentes depuis plusieurs années. Un écart qui s'explique évidemment par la différence de niveau entre les deux compétitions, mais aussi par le manque de véritables clubs leaders en Ligue 1, véritablement dominateurs en championnat et compétitifs face aux meilleurs clubs européens. Ce n'est pas nouveau, la Ligue 1 est un championnat homogène, où le suspense est souvent présent et les écarts rares. La seule fois qu'un club français a semblé capable de rivaliser avec les meilleurs ces dernières années, c'est quand Lyon écrasait le championnat... mais il était tout seul.

Malgré tout, nombreuses étaient les critiques - justifiées - adressées aux clubs français engagés en C3, pour leur manque d'investissement et d'intérêt dans une compétition certes fatigante, mais pour laquelle ils s'étaient battus l'année précédente. Paradoxalement, ce sont les clubs qui auraient préféré se qualifier en C1 plutôt qu'en C3 l'année passée, notamment Lyon et Marseille mais aussi, à un degré moindre, Bordeaux, qui ont semblé montrer un appétit supérieur pour les joutes sous-médiatisées et pourtant souvent féroces de l'Europa League. On aurait pu craindre que ces clubs, calibrés jusqu'à encore aujourd'hui, malgré leurs difficultés financières et l'affaiblissement présumé de leurs effectifs, pour la Ligue des Champions, de par leur histoire dans la compétition notamment, ne jouent pas le jeu, peu motivés par une compétition qui rapporte tellement moins que la C1, et qui est si peu valorisante sur le plan médiatique. Si Bordeaux avait mis 4-0 à Bruges en C1 - affiche crédible a priori - plutôt qu'en C3, ça aurait eu un tout autre retentissement. Équivalent, peut-être, à celui du large succès du PSG contre Kiev (4-1). Mais non, non seulement ils ont joué le jeu, alignant leurs équipes types ou presque, contrairement à leurs prédécesseurs qui préféraient donner du temps de jeu à leurs remplaçants face à des clubs portugais ou russes qui n'en demandaient pas tant, mais en plus ils ont fait le boulot, signant de très bons résultats.

Du coup, au lieu de légèrement rattraper les résultats français en C1, comme souvent, nos résultats en C3 les compensent carrément beaucoup. Sur cette semaine, on passe d'un bilan très moyen, voire mauvais en C1, à un bilan honorable de 3 succès, 1 nul et 2 défaites sur la semaine. Pas la panacée, mais c'est mieux que rien.

En fait, c'est plutôt la C1 qui gâche la C3. Que Montpellier s'incline face à Arsenal, c'était prévisible, même si on peut considérer que le Champion de France, au vu de sa prestation et de son nombre d'occasions nettes, méritait largement mieux que cette défaite (1-2). On savait cette défense londonienne prenable, même si elle est pour l'instant solide en championnat (1 but en 4 matches). Jenkinson et Gibbs sont jeunes et peu connus, et les joueurs qui composent sa charnière (Mertesacker, Koscielny, Djourou, Vermaelen...) sont de bons joueurs européens, mais loin d'être des cadors. Les petits gabarits montpelliérains en ont profité, notamment l'excellent Cabella, qui rappelle vraiment beaucoup Valbuena, en moins truqueur... mais ça n'a pas suffit, par manque d'expérience et de lucidité. Un constat classique à ce niveau pour un bizut, mais cruel quand même.

Que Paris batte Kiev, c'était attendu, même si ce n'était pas du tout cuit face à une équipe qui, sur le papier, est plutôt séduisante. Paradoxalement, alors qu'on l'attends plutôt sur son potentiel offensif exceptionnel, et malgré l'importance de l'écart au tableau d'affichage, c'est bel et bien par la qualité de son bloc défensif que le club parisien a fait la différence, et ce dans les deux surfaces. Défensivement, le PSG a étouffé son adversaire, livrant le pauvre Ideye Brown à lui-même, et ne concédant quasiment aucune occasion, si ce n'est sur ce but un peu casquette comme seul le PSG semble capable d'en prendre, encore. La charnière Alex-Thiago Silva a été aussi solide que prévu, bien protégée il est vrai par le gros travail des trois milieux défensifs, Chantôme, Matuidi et l'exceptionnel Verratti, dont on n'a pas fini d'entendre parler. On pouvait s'étonner du montant du transfert élevé pour un jeune joueur inconnu n'ayant jamais évolué en Serie A (11 millions). On pouvait aussi s'étonner de voir qu'il avait été présélectionné pour l'Euro avec l'Italie ! Mais quand on le voit jouer, on comprends tout, et notamment pourquoi son ancien club, Pescara, est monté au printemps dernier, et pourquoi il est en grande difficulté cette saison en Serie A...

Mais si le PSG a fait la différence, c'est aussi grâce à ses défenseurs, en plus de l'excellent match de Pastore et Ménez, qui n'ont pourtant été décisif qu'un minimum (le penalty pour Ménez, le dernier but pour l'Argentin). Les deux stoppeurs brésiliens ont marqué sur coup de pied arrêtés, et du pied, pas de la tête, et Jallet a été exceptionnel dans son couloir. La concurrence avec Van der Wiel va être féroce. Mais selon moi, il n'y a pas photo. Le latéral néerlandais a pour lui son transfert (6 millions), son salaire et sa carrière internationale (1 finale de Coupe du Monde). Mais il reste aussi sur un Euro d'une indigente faiblesse. J'ai du mal à l'imaginer passer devant un Jallet qui marche sur l'eau, et qui est surtout le capitaine du club ! En revanche, pour Sakho, pourtant très bon depuis la reprise... il va lui falloir se battre pour écarter un des deux Brésiliens ! Son avantage ? Son âge, par rapport à Alex notamment (22 contre 30).

Bref, ces deux résultats étaient plutôt attendus. Mais celui de Lille, en revanche... on marche sur la tête. Certes, les clubs français ont l'habitude, depuis 10-15 ans, d'avoir des résultats moyens en C1. Mais je n'ai pas le souvenir d'une équipe française humiliée de la sorte sur sa pelouse face au club présumé le plus faible de sa poule (1-3). Le LOSC avait déjà manqué le coche l'an passé, en ne parvenant pas à battre Trabzonspor au Stadium Nord, ce qui lui aurait permit de se qualifier pour les huitièmes (0-0). Comme quoi, le changement de stade n'a pas changé grand chose, je dirais même au contraire, vu le bilan du club dans sa nouvelle enceinte si ardemment réclamée (1 succès, 1 nul, 2 défaites). Avec la perte de Hazard et malgré l'arrivée de Kalou, le LOSC a beaucoup perdu en percussion offensive, mais ce n'est pas de la faute du trio offensif lillois si les Lillois prennent des buts aussi idiots en ce moment, comme à Troyes en championnat (1-1), et contre Borisov, si ? Des cadres comme Debuchy ou même Mavuba, pourtant excellent en sélection, marchent à côté de leurs pompes en ce moment. En tous cas, en un match, Lille a perdu une grande partie de ses chances de se qualifier. Comment les imaginer prendre au moins 4 points contre Valence et le Bayern, et gagner à Borisov, dans leur état de forme actuel et vu leur historique dans la compétition ? Perdre contre le "petit" dans une poule resserrée, c'est presque toujours rédhibitoire.  Le LOSC va même devoir se surpasser pour accrocher la troisième place, qui lui semblait assurée. C'est vraiment du gâchis...

Heureusement, donc, les anciens habitués de la petite musique du mardi et mercredi ont respecté leurs statuts en Ligue Europa. Bordeaux n'a pas tremblé face à une équipe brugeoise que j'attendais quand même à un autre niveau, notamment sur le plan de la gnac (4-0). J'ai regardé le match, et je n'ai pas vu une seule occasion belge ! Bordeaux était bon, mais pas à ce point. Tant mieux pour les Girondins, qui peuvent réaliser de belles choses dans une poule à leur portée (Newcastle, Maritimo). Même chose pour Lyon, qui a eu du mal à concrétiser sa domination avant de faire la différence d'un coup, puis de trembler en fin de match contre le Sparta Prague (2-1). Si les Israeliens du Kiryat Shmona ne semblent pas très dangereux, ils ont quand même ramené un nul de Bilbao (1-1), ce que le PSG n'avait pas su faire l'an passer... Lyon est favori de ce groupe, mais attention à la chute de tension. La minceur de son effectif, notamment, me fait un peu peur.

Enfin, Marseille a eu très peur à Fenerbahce (2-2). Dominateur mais mené de deux buts, l'OM a su une nouvelle fois faire parler son excellent état d'esprit actuel pour s'en sortir. André Ayew est dénigré, mais c'est encore celui qui sauve perpétuellement son club, notamment en Coupe d'Europe, comme avec son doublé contre Eskisehispor en tour préliminaire (3-0), contre l'Inter (1-0) ou Dortmund deux fois l'année dernière. C'est selon moi un des derniers joueurs de niveau international du club phocéen, avec Mandanda, Valbuena, Rémy et N'Koulou, et son départ, très probable en fin de saison, fera du mal aux Phocéens. En tous cas, Marseille peut voir venir dans sa poule (Moenchengladbach, Limassol).

Voilà, espérons que la prochaine fois, les résultats français seront tous bons ! A plus tard !

vendredi 31 août 2012

Des tirages jouables

Salut à tous,

A présent que le tirage au sort de la Ligue des Champions a été effectué, que l'on connaît enfin les affiches qui vont rythmer nos mardi et mercredi soirs durant les trois prochains mois, regardons un peu en détail ce tableau prestigieux afin de le connaître encore plus en profondeur.

Comme d'habitude, il donne le vertige. Il ne manque pour ainsi dire personne... hormis chez les Français : Lyon et Marseille, qui semblaient programmés, il y a seulement une ou deux saisons, à être présents tous les ans en C1, de par leur régularité sportive et leur puissance financière, et à être tous les ans les représentants de la Ligue 1 en Ligue des Champions, ne
sont pas présent. Et à force d'être là, notamment l'OL, ils avaient amassé suffisamment de points UEFA pour être protégés lors des tirages au sort, et suffisamment d'expérience pour se qualifier quasiment chaque saison. Mais cette fois c'est terminé, les cartes ont été rabattues. En dehors de Lille, qui était déjà présent l'année dernière, les deux autres représentants français font presque figure de petits nouveaux sans expérience, surtout l'un des deux d'ailleurs.

En terme de points UEFA, seuls les surprenants danois de Nordsjaelland font pire que Montpellier, le champion de France, qui n'a disputé que deux matches européens depuis novembre 2000, et une double défaite contre le Deportivo La Corogne en Coupe UEFA (1-3, 0-2). Pour les autres clubs, la mauvaise affaire allait pourtant être de tomber sur ce qui était tout de même le champion de France, comme ça l'était de tomber sur Malaga ou Dortmund, les autres faux-amis du chapeau 4. C'est le charme des points UEFA des clubs par rapport à ceux des pays.

Le cas du PSG est évidemment particulier. Absent de la Ligue des Champions depuis 8 ans, durant lesquels il a disputé quatre saisons de Ligue Europa (1 quart de finale, deux huitièmes), il en a profité pour accumuler des points qui lui ont permis de conserver une certaine tenue au niveau européen, et d'éviter le dernier chapeau, contrairement à des gros morceaux comme Dortmund ou le Celtic Glasgow, par exemple. Mais son changement de statut financier et son recrutement en faisait un des principaux pièges du chapeau 3, avec l'Ajax, la Juventus (!) et Lille bien sûr, sans parler de l'Olympiakos, Anderlecht, le Spartak Moscou ou Galatasaray, les autres résidents d'un chapeau 3 finalement très relevé.

Au moment du tirage de son nom, le PSG pouvait tomber dans deux groupes : le D, l'inévitable groupe de la mort dans lequel figuraient déjà le Real Madrid et Manchester City, ce qui aurait donné aux ambitions européennes du club un très sérieux plomb dans l'aile ; et le A, avec Porto et le Dynamo Kiev, un groupe piège mais quand même moins effrayant sur le papier que le précédent. Et Steve McManaman a eu pitié du club parisien, déjà affligé d'un début de championnat compliqué, en l'envoyant dans ce groupe ou deux de ses vieilles connaissances l'attendaient. Le PSG avait en effet déjà affronté Porto lors de sa dernière expérience, terminée en phase de poule mais avec un bilan bizarrement positif face aux
Portugais (2-0, 0-0), et un but improbable de Coridon au Parc des Princes, et Kiev lors de sa fameuse campagne de 1994-95, terminée en demi-finales face au Milan AC après avoir éliminé le Barça (1-1, 2-1) et battu deux fois le club ukrainien (2-1, 1-0) dans une poule où il avait remporté tous ses matches, notamment contre le Bayern (2-0, 1-0)... une autre époque. A noter que Sylvain Armand, toujours au PSG cette saison, avait participé à la campagne de l'automne 2004...

Pour le LOSC, dernier l'an dernier d'une poule très abordable (Inter, Moscou, Trabzonspor), il ne pourra que se sublimer dans celle que l'UEFA lui a réservé, et qui n'est pas piquée des hannetons : Bayern, Valence, BATE Borisov. Bizarrement, je trouve qu'il y a la place de passer. Le Bayern semble au-dessus, mais pas Valence, comme toujours en grandes difficultés financières, et bien sûr Borisov, contre qui il faudra faire le plein pour espérer quoique ce soit. Deux succès contre les Biélorusses, qu'on sait sous-estimés mais quand même, un nul contre le Bayern, une victoire contre Valence, et ça devrait passer.

Pour Montpellier, ça aurait pu être pire, mais ça reste coton. Arsenal, Schalke et l'Olympiakos ne sont pas, ou plus, des mastodontes du football européen, a priori aucun d'entre eux ne devraient soulever la Coupe en fin de saison, mais ça reste de bons morceaux pour un club comme Montpellier, qui ne pourra que se sublimer dans de telles affiches. A noter quand même que les retrouvailles avec Olivier Giroud (Arsenal) seront particulièrement savoureuses... s'il joue, ce qui n'est pas gagné au vu de ses débuts à Londres.

Pour le reste, Milan, dépecé cet été par le PSG notamment, se retrouve dans un groupe particulièrement piégeux avec le Zénit, Anderlecht et Malaga. Moi je dis que ça sent la surprise... les Russes, notamment, me semblent très dangereux. Et si Malaga arrive à stopper la saignée financière qui le marque depuis le début de l'été, ils peuvent également surprendre. Le groupe D, on l'a dit, est très relevé. A noter que si l'argent peut faire beaucoup de choses, il ne peut pas - ou plus - intercéder dans les tirages au sort, puisque ça fait deux fois de suite que City se retrouve dans la poule la plus relevée, après Naples, Villarreal et le Bayern... le club anglais avait terminé troisième derrière les Allemands et les Italiens, avec... 10 points, ce qui dans 95 % des cas assurent une qualification... les hommes de Mancini auront plus fort à faire avec encore le Real, l'Ajax et Dortmund, qui avait raté son retour en C1 l'an passé. Privé de Kagawa, le Borussia peut quand même surprendre, grâce à son excellente qualité de jeu. Pour l'expérience, en revanche...

Dans le groupe E, Chelsea, le tenant qui semble marcher sur l'eau en ce début de saison, grâce aux bons offices d'un Eden Hazard cependant décevant l'an passé en C1 avec Lille, et la Juventus devront se méfier du Shaktar Donetsk, jamais facile à manier avec sa troupe de Brésiliens venus de nulle part. Pour Nordsjaelland, en revanche, les seuls problèmes qu'ils devraient poser seront aux commentateurs de leurs matches, mais bon, on ne sait jamais... dans le groupe G, Barcelone se retrouve dans une poule évidemment à sa portée, mais les matches contre Benfica, mais aussi le Celtic et le Spartak Moscou, ne seront pas si évidents. Je vous l'ai dit, que le plateau était relevé...

Remarquez, Manchester United n'a vraiment pas à se plaindre, avec Braga, Galatasaray et Cluj. En même temps, le club mancunien n'était pas sorti d'une poule composée de Bâle, Benfica et l'Otelul Galati... avec donc des Portugais et des Roumains, encore ! Mais un grand club ne réitère jamais les mêmes erreurs...

Dans le détail, ça donne quoi ? Quatre Anglais et autant d'Espagnols, trois Français, Allemands et Portugais, ces derniers n'ayant jamais eu autant de participants à ce stade dans leur histoire, une récompense particulièrement méritée. En revanche, la grosse surprise vient de l'Italie, qui ne place que deux clubs, Milan et la Juve, et se retrouve au niveau des Russes et des Ukrainiens, en raison de l'élimination en barrages de l'Udinese, et de la perte de son quatrième qualifié, aux dépends des Allemands. Attention ne rigolons pas trop, parce que ça pourrait aussi vite nous arriver, un cran en-dessous... à noter quand même que, comme l'an passé, les Pays-Bas ne seront représentés que par l'Ajax... Alkmaar, Twente et surtout le PSv n'auraient pourtant pas fait tâche.

Dix-sept pays sont représentés, contre 18 l'année dernière, l’Écosse et le Danemark remplaçant la Suisse, la République Tchèque et Chypre, et 18 l'année précédente. Treize pays (Allemagne, Angleterre, Croatie, Espagne, France, Grèce, Italie, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Russie, Turquie et Ukraine) n'auront raté aucun des trois derniers tirages au sort. Le renouvellement est donc relatif, et on peut parler d'une première division européenne composée d'une bonne dizaine de championnats. Les autres passent, repassent... quand ils le peuvent. A noter que l'Angleterre a toujours eu quatre qualifiés depuis la saison 2004/2005 !

Voilà, maintenant vivement le début des hostilités ! On va se régaler, comme toujours. Rappelons que depuis l'instauration des poules, en 1991, on tourne à 2,63 buts par matches, avec une moyenne à 2,8 sur les deux dernières saisons...

A plus tard !