mercredi 15 janvier 2014

2034, odyssée du foot

"Bonsoir et bienvenue au stade Hugo Chavez de Caracas, en direct sur D8, pour suivre le match le plus attendu de l'année, la finale de la Coupe du Monde 2034, entre la France et le Qatar ! Après sept semaines de compétition, durant lesquelles 78 équipes se sont affrontées, voici enfin la rencontre qui sacrera le nouveau champion du monde ! La France qui affronte donc le tenant du titre qatari, et qui est loin de partir favori face à l'armada offensive du Golfe, constituée à 95 % de joueurs nationalisés, notamment le quintuple Ballon d'Or, Kevininho, arrière petit-fils de Pelé et meilleur buteur du championnat du Luxembourg, avec 12 buts, dont 7 penalties, après son transfert record du FC Sochaux-Peugeot, pour la bagatelle de 457 millions de Likes sur Facebook. La monnaie officielle mondiale qui vient de fêter ses 10 ans !

Notre nouveau sélectionneur, Florian Thauvin, le troisième depuis le début de la compétition, qui a succédé il y a une semaine à Stéphane Dalmat, qui avait lui-même pris la place au bout de deux matches à Florian Marange, l'a confirmé : Seif al Islam Ribéry, longtemps incertain pour ses maux de tête après sa nuit passée à Tweeter il y a trois jours, après la demi-finale victorieuse aux tirs aux buts contre le Mali de Mamadou Bagayoko Junior, sera bien présent au poste de numéro 8, c'est-à-dire à la pointe de l'attaque. Rappelons que la dernière fois qu'une équipe de haut niveau a osé prendre le risque d'aligner un attaquant, c'était lors de la finale de la Ligue des Champions 2021 entre le FC
Areva du Havre et le RC Gazprom de Vladivostok, remporté par les Normands, aux tirs aux buts, au stade Instagram de Stockholm. Il s'agissait du vieillissant Bafé Gomis, qui avait pris sa retraite peu après le match et une 13e saison consécutive à au moins 15 buts. Depuis, le système de jeu le plus fréquent est le 5-5-0, ou la 3-7-0 en phase offensive.

Avant que les hymnes ne soient exécutées - nous surveillerons d'ailleurs qui oseras braver l'interdiction de ne pas chanter la Marseillaise à moins de 110 décibels et la main sur le cœur et la lèvre tremblante, ordonnée par notre Président à vie adoré, élu il y a 3 ans par un plébiscite sur Facebook, Abdel-Kevin, vainqueur de Secret Story 24 - revenons sur l'ensemble de cette compétition qui nous a passionné, devant des stades vénézuéliens extrêmement sages, comme la charte de la FIFA-Sepp Blater l'exige depuis la suppression des supporters, en 2022, après l'explosion d'un pétard dans un bar voisin du stade accueillant la finale du Mondial en Russie. En 157 matches, il y a eu 89 buts, soit une hausse de 2 % par rapport à la dernière édition, disputée en Suisse. Sur ces 89 buts, 77 l'ont été sur coups de pied arrêtés, dont 52 sur penalties. On n'a d'ailleurs plus vu de but dans le jeu depuis l'avant dernier match de la troisième phase de poule comptant pour l'obtention de la cinquième place entre le Pays de Galles de Ryan Giggs (60 ans), joueur ayant parcouru le plus de kilomètres dans la compétition, et l'Allemagne de Jürgen Merkel-Hollande, l'immense gardien (2m10), fils des amours secrets entre les anciens chefs d'état François Hollande et Angela Merkel, qui a choisi la nationalité de sa maman et qui a déjà arrêté sept penalties dans la compétition. C'est d'ailleurs lui qui a mis ce fameux dernier but dans le jeu, sur un dégagement poussé par le vent dans le but de son vis-à-vis. Victoire 1-0 des Allemands.

Le meilleur buteur de la compétition se nomme Franck Gourcuff, notre latéral gauche adoré, fils de Yohan Gourcuff et qui l'a nommé ainsi en l'honneur de son grand ami et parrain de son fils, Franck Ribéry, né en 2010. Il a marqué trois buts, dont deux centre-tirs, contre la Norvège (1-0) et les Iles Cook (2-0), et un penalty. Quand au meilleur passeur, il s'agit du défenseur central ouzbèk d'origine brésilienne Filipininho Ouzbekano, fils de Rivaldo, qui avait fait un passage express dans ce pays il y a vingt ans, avec le résultat que l'on sait. Ses longues relances ont déjà fait mouche deux fois, belle performance en 16 matches !

Rien de moins que 87 caméras vont nous permettre de suivre ce match de la meilleure des manières, à commencer par la Go Pro fixée sur chaque gant des deux gardiens, sur quatre spectateurs choisis au hasard et sur le costume du président de la FIFA, Joey Barton, qui devra faire face à un redoutable concurrent pour sa réélection à la fin de l'année, Pascal Praud. Il y aura aussi celle fixée à l'intérieur de l'estomac de Théo Besson, notre défenseur central, régulièrement victime de remontées gastriques en cas de stress. Ce sera intéressant de voir si la toute nouvelle méthode Dukan de relaxation, à base exclusivement de peau de pommes de terre et de Princes de Lu, fera effet comme ça l'a fait pour son père actuel ministre des anciens combattants, Eric. En raison de son stress, Besson a déjà causé quatre penalties contre nous, heureusement notre gardien, Adolphe M'Bala M'Bala, en a stoppé trois. Un véritable mur.

Dans le camp des tenants du titre, nous surveillerons évidemment les tacles du stoppeur Blaise Ibrahimovic, qui a déjà mis fin à la vie de deux joueurs à la carrière de 13 d'entre eux depuis le début de la compétition. On ne peut que regretter la fragilité de certains joueurs qui n'ont toujours pas cédé à l'obligation de consommer de la créatine trois fois par jour décrétée par le secrétaire général de la FIFA-Sepp Blater, Usain Bolt. On voit les conséquences aujourd'hui de ce manque de discernement. Quant à Maxwell Al Khelaïfi, le meilleur buteur de cette formation qatari avec deux penalties, il est retenu par l'After d'investiture du nouveau pape, François V, alias l'évêque de Troyes Jean-Marie Bigard (79 ans). Longue vie à lui.

Voilà, le match commence, et les 22 joueurs commencent à faire tourner le ballon... le ballon tourne, tourne... rendez-vous dans plus de deux heures pour les tirs aux buts".

mardi 14 janvier 2014

Salut les frustrés

Salut à tous,

Je ne vais pas redire ce que j'ai déjà dit il y a un an à la même époque, ici, mais une nouvelle fois le vote du Ballon d'Or a débouché sur un véritable scandale. Ribéry aurait du avoir le Ballon d'Or les mains dans les poches, limite en s'arrêtant de jouer en juin dernier : son palmarès - et celui de ses coéquipiers - aurait du lui suffire. Avant la récupération du trophée par la FIFA, maison des combines à gogo depuis des décennies, avant le recul du critère de la performance collective au profit de celui de la performance individuelle, avant l'ajout du vote des joueurs et des sélectionneurs, tout le monde avait sa chance. Il ne s'agissait pas d'élire le meilleur joueur du monde - même si ça tombait souvent sur lui, logiquement - mais le meilleur joueur sur l'année civile, celui qui avait à la fois le plus gagné de trophées avec ses équipes et le plus brillé individuellement. Un combo parfait qui symbolise ce qu'est et doit être le foot, peut-être plus que les autres sports co, où le collectif est encore plus important : un amalgame de talents individuels.

Ballon d'Or virtuel

A une époque, on est même allé un peu à l'excès dans ce domaine, en élisant forcément le meilleur joueur du vainqueur de la Coupe du Monde ou de l'Euro disputé dans l'année. Cannavaro, par exemple. Mais en même temps, ça signifiait pouvoir récompenser des défenseurs et un gardien, Yachine, ce qui est arrivé très rarement. Maintenant c'est fini, ça n'arrivera plus, c'est une certitude. La Ballon d'Or est devenu un succédané du défunt Soulier d'Or, un concours de buts, une sorte de cirque où celui qui réussira le meilleur numéro emportera la mise. J'ajoute la dimension 2.0 du phénomène : hier, certains experts évoquaient le nombre d'amis sur Facebook des trois candidats pour expliquer pourquoi Ribéry a fini troisième. Aujourd'hui c'est plus un concours de popularité, une élection Tweeter, qu'un véritable scrutin technique. A ce jeu là, Ribéry, moins glamour que Ronaldo en slip, moins médiatisé en tant que joueur d'un championnat moins suivi - à tort - que la Liga, ne pouvait pas gagner. Et ça va durer encore quelques années, le temps que Ronaldo passe les trente ans - l'an prochain - et que Messi confirme que son éclosion très précoce et les traitements qu'il a subit pour sortir du nanisme lors de son adolescence lui coûtera prématurément sa santé. Mais Ribéry a déjà 30 ans, lui. Et ceux qui affirment qu'il n'a qu'à gagner la Coupe du Monde pour les devancer en 2014 se trompent : on a la preuve désormais que gagner tous les trophées ne garantie rien. Et demandez aux Espagnols, jamais récompensés ces dernières années, si gagner des Mondiaux ou des Euros apportent automatiquement le Ballon d'Or...

L’Équipe type des déçus

Bref, Ribéry rejoint la grande famille des frustrés du Ballon d'Or, qui sont forcément nombreux. Des joueurs comme Henry, Beckham ou Raul, voire Maldini, des joueurs immenses, sans parler de ceux dont la non appartenance à l'Europe a privé d'élection, comme Maradona et Pelé, n'ont jamais pu inscrire leurs noms à un palmarès qui n'aurait pas dépareillé pour autant, vu le relatif anonymat de certains vainqueurs (Sivori, Belanov, Simonsen...). J'ai voulu donc constituer une équipe de ceux qui n'ont jamais eu le Ballon d'Or. Autant vous dire qu'au niveau gardiens et défenseurs, il y aura le choix. Pour les attaquants, en revanche... mais il y en a, on l'a vu.

Au poste de gardien, qui derrière le seul lauréat, Lev Yachine, unanimement reconnu comme le meilleur gardien de tous les temps même si personne, aujourd'hui, l'a vraiment vu jouer ? Pas évident, tellement il est difficile de juger les gardiens, et tant le niveau semble homogène. je veux dire, on peut compter les buts, les passes décisives, mais les arrêts, contrairement au hand, on ne les compte pas. Et pour cause, autant au hand les arrêts sont toujours difficiles et décisifs, autant c'est moins le cas au foot, ou tu peux aller du tir écrasé au duel en un-contre-un. On peut citer Buffon, pour son palmarès et sa durée, Dino Zoff aussi. Je dirais Buffon, quand même. Les défenseurs à présent.

Au poste de latéral droit, personne n'a jamais été sacré, ni à gauche d'ailleurs, seul cas de l'histoire, avec les milieux défensifs (si on excepte les Allemands Matthaus ou Sammer, qui jouaient plus haut ou plus bas à ce moment là). Latéral, c'est le poste que aucun jeune joueur ne veut occuper, jusqu'à ce qu'un entraîneur décide de les y placer parce qu'il en faut bien un. C'est toujours soit des défenseurs centraux déplacés (Thuram, Stam...) ou des ailiers reculés (Lizarazu). Du coup, les candidats sont rares. A droite, je vais voter Cafu, l'immense latéral droit brésilien qui a quand même disputé trois finales mondiales consécutives (94,
98, 2002) et remporté deux fois la Coupe du Monde, et joué jusqu'à 38 ans. A gauche, qui d'autre que Roberto Carlos ? Encore un Brésilien vous me direz. Oui, et ce n'est pas fini. Je vous rappelle que depuis l'internationalisation du Ballon d'Or, en 95, et avant l'OPA du duo Messi-Ronaldo qui commence à gonfler tout le monde, en 2008, les Brésiliens avaient remporté 5 trophées sur 13, performance que seul les Allemands des années 70 ont égalé (5 Ballons d'or entre 1970 et 1981). Ce n'est pas moi qui ait inventé le fait que le Brésil est le plus grand fournisseur en grands joueurs de l'Histoire du foot. Et puis Roberto Carlos a été dauphin de son compatriote Ronaldo en 2002.

Dans l'axe, je mettrais évidemment Maldini, puisque je l'ai pas mis à gauche, que sa présence dans cette équipe était obligatoire, et qu'il fut un immense central aussi. Qui avec lui ? Thuram ? Oui j'y ai pensé, mais il a vraiment brillé au niveau international au poste de latéral droit. Après, les meilleurs ont été sacrés, notamment Beckenbauer, l'inventeur du défenseur moderne. Qui alors ? Allez, je vais dire un autre Italien, Franco Baresi, presqu'oublié aujourd'hui mais qui fut dauphin de son compère Van Basten en 1989, et dont le palmarès avec Milan dépasse l'entendement.

Les milieux à présent. Je vais faire un 4-3-3, comme ça y en aura pour tout le monde, des défensifs, des offensifs... Tâche très très difficile. Aussi incroyable que ça puisse paraître, Deschamps n'a jamais été sur un podium. Pourtant, quel palmarès... allez, je le mets en 6. Ensuite, je dirais Xavi, qui aurait du avoir au moins le Ballon d'Or l'an passé pour son Euro parfait. Impossible de ne pas le mettre. Enfin, pour le troisième... allez, je vais tenter Beckham. Il est décrié pour son image publique qui a troublé son image sportive, mais il a été un joueur immense. Et les milieux offensifs jamais titrés ne sont pas nombreux. Schuster, Lampard ? Soyons sérieux. J'ai pensé à Giresse mais le fait qu'il n'ait jamais quitté la France me pose un problème. Allons-y pour Beckham. Pas mal comme milieu quand même non ?

En attaque, ça va être rapide. Étant entendu que Pelé et Maradona sont indiscutables, je mettrais Henry en troisième. Deuxième en 2003, troisième en 2006, mais aussi quatrième en 2001 et 2004, et même neuvième en 2002, sale année pour la France... c'est un des joueurs les plus réguliers de l'Histoire du trophée, si ce n'est le plus régulier. Difficile de dire quelle année il aurait pu l'emporter mais, comme Maldini, il a toujours été dans le coup pour le podium, sans jamais réussir à devenir incontournable pour l'avoir.

Voilà, n'hésitez pas à donner votre avis sur mon équipe ! Vous ne serez forcément pas d'accord avec, alors j'attends vos idées !

A plus tard.

dimanche 5 janvier 2014

Les buteurs en 2013

Salut à tous,

Souvenez vous, il y a un an je publiais un article à propos des meilleurs buteurs en 2012. Rééditons l'expérience pour 2013, en comparant avec l'année précédente et en détaillant par pays.

Ronaldo dépasse Messi

Voici le classement 2013 :



D'abord, notons le coup de force de Ronaldo, qui a su profiter de la saison "pourrie" de son grand rival Messi, plusieurs fois blessé, pour remporter la mise, puisque par rapport à l'an passé il n'a marqué "que" six buts de plus. Messi, lui, a deux fois moins marqué (47 contre 91), mais aussi moins joué (47 matches contre 69 en 2012). Mais sa moyenne a clairement baissé, même si elle reste exceptionnelle sur une année civile (1 par match contre 1,32 l'an passé). Ronaldo (68 buts en 59 matches) le dépasse à la moyenne en 2013 (1,15). Des temps de passage qu'on n'avait plus vu depuis les années 50 ou 60, avec Pelé, Puskas ou G.Müller.

Le scoop, c'est que non seulement Messi doit laisser sa première place à son ennemi juré, mais il doit aussi laisser la deuxième à Ibrahimovic, et que si Luis Suarez (Liverpool) avait joué la Coupe d'Europe cette saison, l'Argentin aurait même pu terminer quatrième ! Le Suédois du PSG qui confirme sa très grande forme, à 32 ans, après avoir marqué 50 fois l'an passé et terminé troisième avec ce total. Et il ne marque pas qu'en Ligue 1, puisqu'il est le deuxième buteur de C1 cette saison (8 buts), et qu'il marque beaucoup avec la Suède (9 buts en 2013). L'Uruguayen, lui, est récompensé de son exceptionnelle deuxième partie d'année, digne de Messi et Ronaldo (24 buts en 23 matches). Quant au cinquième, Cavani, il confirme surtout que le PSG est entré dans une autre ère, en plaçant deux de ses joueurs dans les cinq premiers, ce qui n'a pas du arriver souvent à la Ligue 1 depuis 20 ans !

Grâce à ce classement, on a aussi des nouvelles d'Asamoah Gyan, qu'on avait perdu de vue depuis son passage à Rennes (2008/10), et qui empile les buts depuis un an et demi pour Al Ain, aux Émirats Arabes Unis (68 buts en 52 matches), tout en continuant de briller avec le Ghana (11 buts en 2013). Pour le reste, que des têtes connues, hormis Soriano, qui évolue aux Red Bulls Salzburg. Quant à Saucedo, c'est une récidive puisque le buteur bolivien de San José Oruro (34 ans), qui s'est révélé très tard, figurait à la sixième place en 2012, avec 44 buts... Yilmaz Burak montre également une belle régularité, on attends de le voir enfin dans un grand championnat pour se faire une idée de ses qualités réelles.

D'ailleurs, on notera que six joueurs sont douze ont renouvelé leur abonnement dans ce classement. Et ceux qui en sont sortis sont parfois des cadors, à l'image de Falcao, van Persie et Huntelaar... mais ils n'étaient pas très loin d'y être cette année, ils reviendront sûrement. En tous cas, comme l'an passé, il n'y a ni Brésilien, ni Anglais, ni Allemand, ni Italien... pourtant des pays qui sont historiquement riches en grands buteurs. Pas de Français non plus, mais ça c'est plus logique, les grands buteurs prolifiques ce n'est pas forcément notre culture, à quelques exceptions près. En revanche, les Espagnols, absents l'an passé, effectuent un retour en force, avec trois représentants. Le Brésil aurait pu leur en chiper un, mais Diego Costa a fait son choix...

Thauvin, c'est l'avenir

Regardons les Français, à présent.



A noter que désormais, le site sur lequel je me base, l'excellent footballdatabase.eu, compte les statistiques en matches juniors, -20 ans et Espoirs, ce qui permet à Florian Thauvin, qui a marqué trois buts lors de la Coupe du Monde des -20 ans et six buts avec les Espoirs, de rafler la mise. Il est d'ors et déjà candidat à sa succession en 2014... Il devance un joueur qui, s'il n'était pas passé avec beaucoup de difficultés du National à la Ligue 2 avec le CA Bastia (seulement 3 buts cette saison), aurait pu figurer dans le classement mondial, Romain Pastorelli, 26 buts l'an passé à l'échelon 3. On notera la profusion de buteurs des divisions inférieures, en plus de Julien Jahier, qui plante au Luxembourg, et de Aidara (Estonie)... il y a quand même des têtes connues, comme Benzema, Ribéry, Giroud ou Griezmann, troisième buteur de Liga cette saison. 24 buts pour le Madrilène, c'est quand même très moyen, lui qui avait marqué 30 fois l'an passé. On le voit en tous cas, les buteurs français sont loin des meilleurs mondiaux, puisqu'il manquait 8 buts à Thauvin pour figurer dans le classement général ! Niveau renouvellement, Gomis, deuxième l'an passé (28) disparait du classement, comme Perbet ou Gouffran. Seulement quatre joueurs présents cette saison l'étaient déjà l'an passé, c'est dire si personne n'est vraiment régulier depuis plusieurs années...

Les Anglais et les Italiens en crise, l'Argentine jubile

Passons aux Allemands à présent.



Eux aussi traversent une mini crise au niveau des buteurs, eux qui sont un peu trop dépendants de Miroslav Klose, qui n'est pas là, et de Mario Gomez, d'abord remplaçant au Bayern puis blessé avec la Fiorentina... mais qui est quand même cinquième. L'excellent Thomas Müller doit donc faire le travail, devant celui dont le PSG devra se méfier dans deux mois, Stefan Kiessling. Il y a quand même du beau monde, avec des milieux offensifs de grande qualité comme Reus, Götze ou Schürrle. Notons le faible nombre de joueurs évoluant à l'étranger... un phénomène qui explique aussi la grande qualité de ce championnat.

Les Anglais, à présent.



Là aussi, la crise est sévère. Hormis le pauvre Wayne Rooney, qui ne peut pas tout faire, et Sturridge, seuls représentants de la Premier League, qui connait les autres noms présents dans cette liste ? Neuf joueurs qui évoluent en Conférence, sans parler de ceux qui jouent en Écosse ou aux Pays-Bas... résultat symptomatique, dans un championnat où les règles au niveau des étrangers sont pourtant plus sévères qu'ailleurs pour obtenir un permis de travail, mais où un quart seulement des joueurs sont Anglais, et pas dans les meilleurs clubs ni aux postes clés. La sélection anglaise reste compétitive, mais à certains postes, notamment celui de buteur, les meilleurs ne sont jamais titulaires dans les meilleurs clubs anglais. Ou est Danny Welbeck, titulaire en sélection ? Sur le banc à ManU. Où sont les Shearer, Andy Cole, Darren Bent ? Si les Anglais n'arrivent pas à rivaliser avec les tous meilleurs en sélection, c'est qu'il doit y avoir une raison... sans grand buteur, c'est compliqué. Ils pourraient aller jouer ailleurs, comme les Espagnols ou les Sud-Américains... mais ils préfèrent toucher de très gros salaires en restant sur le banc plutôt que de quitter leur île...

Passons à tout autre chose, l'Argentine.



C'est l'exact opposé de l'Angleterre. Pourquoi les Argentins ont de grands buteurs ? Parce c'est une tradition, mais aussi parce qu'ils partent en Europe marquer des buts et progresser. Messi, Agüero, Palacio ou Higuain offrent une palette aussi vaste que variée de buteurs aux sélectionneurs argentins, qui ne sait que choisir. Notons, pour être honnêtes, qu'une majorité des joueurs présents dans cette liste n'évoluent pas en Europe. Ils sont également dispatchés en Équateur, au Chili, en Chine, dans le Golfe... aucun d'entre eux n'évoluent ou ont évolué cette année en Argentine, dont le championnat est à la fois une rampe de lancement pour les jeunes locaux et une piste d'atterrissage pour les anciens.

Même phénomène pour les Brésiliens.


La différence avec les Argentins, hormis les deux locaux, dont un en Serie B brésilienne, c'est d'abord que les buteurs brésiliens marquent un peu moins, mais surtout qu'ils évoluent dans des championnats très quelconques ! Hormis Charles, qui est monté cette année en Liga avec le Celta Vigo, absolument aucun des meilleurs buteurs brésiliens n'évoluent dans un bon championnat européen ou même sud-américain, si ce n'est le dénommé Ederson, meilleur buteur du championnat brésilien ! L'Autriche, la Chine, les Émirats, le Portugal, le Japon... ça doit faire rêver le sélectionneur brésilien. Oui, y a bien Neymar, absent de ce classement parce qu'il ne marque pas encore assez avec le Barça... mais il n'est pas avant-centre. Le buteur du Brésil à la Coupe des Confédérations se nommait Fred, et il est blessé depuis cet automne. Qui sera le titulaire au Mondial ? Diego Costa aurait été parfait, mais il a étrangement choisi l'Espagne... la course est lancée. Mais c'est LE point faible du pays qui a quand même produit Romario et Ronaldo...

L'Espagne à présent.



Aussi bon soit-il, Diego Costa a peut-être fait une boulette en se mettant le Brésil à dos, parce que son pays d'adoption peut, lui, compter sur une palanquée de grands buteurs, ce qui n'a pas forcément été le cas dans le passé, même récent. La concurrence est sévère. L'Espagne ne pouvait compter que sur Torres et Villa il y a peu ? Elle a désormais à sa disposition Negredo, Soldado, Morata (dont les stats, comme Thauvin, sont gonflées par ses chiffres en -20 ans et en Espoirs, comme Jesé), sans parler donc de Costa, en plus de Pedro ou Fabregas. Notons que si la grande majorité joue en Espagne, trois des meilleurs buteurs espagnols évoluent en Angleterre, un phénomène dont pourraient s'inspirer les buteurs anglais, qui pourraient faire le chemin inverse pour se faire remarquer et briller au plus haut niveau...

Passons à l'Italie.


Là aussi, la crise est aussi étonnante que sévère. Où sont donc passés les grands buteurs italiens, les chasseurs de buts qui marquent 35 buts par saison, les Inzaghi, Vieri, etc ? Graziano Pellé brille aux Pays-Bas, la belle affaire. Balotelli est là, heureusement, mais ce n'est pas une pointe. Les autres évoluent en Série B ou ne marquent pas suffisamment... Ironie du sort, Marco Di Vaio, un des derniers représentants de cette caste de buteurs italiens, brille aux Etats-Unis, à 37 ans... là encore, il y a une place à prendre aux côtés de Balotelli. Même Di Natale commence enfin à faire son âge.

Voilà, sur ce je vous laisse, à plus tard !

vendredi 20 décembre 2013

Leverkusen, à surveiller

Salut à tous,

Quelques jours après le tirage au sort de la Ligue des Champions, penchons nous un peu plus sur le futur adversaire du PSG en huitièmes de finale : le Bayer Leverkusen.

Si facile que ça ?

Évidemment, du haut de leur grande connaissance du football, les experts de tous poils ont décidé qu'il s'agissait d'un tirage favorable - par rapport à City ou Arsenal, certes - et que le PSG était déjà en quarts de finale. Il est vrai que le football français a si peu souffert dans son histoire lors de ses nombreuses confrontations avec celui de son voisin qu'il est en droit de dénigrer ce dernier sans risque, et de le considérer comme négligeable...

En France, si vous n'êtes pas un club anglais, le Barça ou le Real, vous n'êtes rien. La Ligue des Champions a tellement phagocyté l'attention médiatique sur elle même que quiconque n'y brille pas régulièrement n'est que quantité négligeable. Comme pour tout le reste, dans les médias d'aujourd'hui, c'est tout ou rien. Soit vous êtes un cador, soit vous êtes nul. Il n'y a pas de bons clubs européens apparemment, juste des géniaux ou des médiocres. Et la
logique ne saurait être bousculée, surtout quand elle est soutenue par des esprits aussi brillants...

C'est comme ça que personne n'a vu venir Malaga et Dortmund l'an passé, Schalke en 2011, Lyon en 2010, Porto ou Monaco auparavant... autant de clubs de bon niveau capables, sur quelques semaines, de rivaliser avec les tous meilleurs et d'atteindre le dernier carré de la plus grande des compétitions de club au monde. Leverkusen a le profil pour les imiter.

Les "spécialistes" n'ont évidemment retenu que les deux branlées (0-5, 2-4) reçues contre Manchester pour juger l'équipe de Sami Hyypiä. Sans voir qu'en championnat, où Leverkusen est deuxième, à sept points du Bayern mais aussi avec cinq points d'avance sur Dortmund, le Bayer n'a perdu aucun match contre ces deux cadors du football européen, se payant même le luxe d'aller s'imposer récemment chez le second, qui comptait certes nombre d'absents (0-1). Mais la moyenne de points de Leverkusen peut également faire réfléchir : elle est de 2,31 par match. Celle du PSG, dans un championnat plus fermé mais sans doute plus facile, est de 2,39. L'écart n'est donc pas si énorme entre les deux formations.

Une ligne d'attaque redoutable

Penchons nous un peu plus sur le profil de cette équipe, qui semble être à la fois parfait et piégeux pour le PSG. Parfait, parce qu'il s'agit d'une équipe typique du championnat allemand, c'est-à-dire qui marque beaucoup (2 par match en championnat) mais qui encaisse aussi beaucoup de buts, puisqu'elle possède la deuxième pire défense des 16 qualifiés pour les 8es de finale (10 buts, contre 5 au PSG), à égalité avec Manchester City et devant Galatasaray (14). Mais elle possède aussi la deuxième défense d'Allemagne, derrière le Bayern, avec 15 buts en 16 matches. Mais c'est une équipe qui joue, et qui ne se retranchera pas en défense comme la plupart des adversaires des Parisiens. Il y aura donc sans doute de la place pour marquer.

Si le système à deux pointes est toujours en vogue en Allemagne, ce n'est pas le cas des cadors, que ce soit le Bayern, Dortmund, Schalke et donc Leverkusen. Le Bayer évolue en 4-3-3, avec deux ailiers extrêmement performants. Sa ligne d'attaque est peut-être son point fort, même si son milieu, qui compte dans ses rangs deux internationaux allemands, Lars Bender (surveillé de près par Manchester) et Simon Rolfes, son capitaine, très expérimenté (31 ans) et volontiers buteur (5 buts cette saison, dont trois en C1), n'est pas en reste.

En attaque, donc, le buteur se nomme Stefan Kiessling, et ce qualificatif n'est pas un vain mot. Parfois moqué pour sa silhouette dégingandée et sa grande taille (1m91), il a déjà marqué 13 fois cette saison (9 en championnat, 2 en C1 et 2 en coupe). Il fut le meilleur buteur du dernier championnat, avec 25 buts, lui qui était le dauphin de Dzeko en 2009/10, avec 21 buts. Buteur moyen lors de ses premières années dans l'élite, le joueur formé à Nuremberg a marqué 78 buts depuis 2009 rien qu'en championnat, et tourne à une moyenne de 0,56 but par match. Rarement sélectionné, compte tenu de la concurrence (Gomez, Klose...) il est pourtant un joueur complet, mais méconnu, malgré le buzz de son but fantôme accordé à Hoffenheim le 18 octobre dernier (1-2) : en plus de ses buts, il est un excellent passeur. Il compte trois "assists" cette année, 7 l'année dernière et quatre lors des deux saisons précédentes. Pas mal pour une grande tige soit-disant maladroite...

Le danger vient des côtés

S'il marque beaucoup, il n'est pas le seul dans son équipe. Sydney Sam, par exemple, son ailier gauche, a presque marqué autant que lui cette saison (11). Rapide, bon dribbleur, il est lui aussi international (5 sélections) et se montre également excellent passeur (5 en championnat). Le troisième "phénomène" de cette équipe se nomme Heung-min Son, un représentant extrêmement brillant de la colonie asiatique qui peuple les effectifs allemands, avec succès en général. Le jeune ailier (21 ans) n'a jamais joué en Asie, lui qui a été repéré très jeune par Hambourg, où il a débuté en pro, en octobre 2010. Huit matches plus tard, il était en sélection, un attaquant qu'il faudra surveiller lors de la prochaine Coupe du Monde.

Très bon l'an dernier avec Hambourg (12 buts, dont un doublé à Dortmund), il est transféré cet été pour 10 millions d'euros à Leverkusen, où, après un petit temps d'adaptation, il est sur le point de faire oublier André Schürle, parti à Cheslea. Sept fois buteur, notamment à Dortmund encore une fois (0-1), il sera un élément clé de cette confrontation. En effet, et
c'est pour ça que je parlais de piège, une des caractéristiques du PSG cette saison, c'est à la fois de maîtriser le cœur du jeu grâce à ses trois milieux de terrain, mais aussi d'évoluer avec des latéraux extrêmement offensifs, ce qui permet à ses ailiers, notamment Cavani, de pouvoir repiquer dans l'axe pour se comporter comme les véritables avant-centres du PSG, plus qu'Ibrahimovic. Il n'est ainsi pas rare de voir Van der Wiel évoluer plus haut que Verratti, même en phase défensive, histoire de récupérer le ballon le plus rapidement possible.

Hors, si le latéral néerlandais est performant offensivement, il l'est nettement moins défensivement, ce qui explique sa saison dernière assez médiocre, dans un système où le PSG évoluait souvent assez bas pour partir en contre. Si Leverkusen parvient à faire exister ses deux ailiers, et ainsi obliger Van der Wiel et Maxwell - ou Digne - à défendre, et donc à la fois s'exposer défensivement et ne pas apporter offensivement, le PSG sera en danger. J'attends sérieusement de voir Sam ou Son - ils permutent souvent - face au Néerlandais en un contre un. En tous cas il aura plus de travail qu'en Ligue 1 où, en dehors des Verts, peu d'équipes ne présente des ailiers suffisamment percutants pour l'empêcher de régner dans son couloir.

Mais si le PSG parvient à maîtriser le milieu et priver de ballon les deux ailiers du Bayer, il peut espérer faire mal à sa défense, où continue de sévir l'ancien Montpelliérain Emir Spahic, associé au Turc Omer Toprak, qui aime également marquer (deux buts en C1, notamment à Manchester), et passer ce tour. Mais imaginer que c'est gagné d'avance serait synonyme d'élimination à coup presque sûr. Attention donc !

A plus

jeudi 12 décembre 2013

Ligue des Champions, l'écart est grand

Salut à tous,

Après la fin du premier tour de la Ligue des Champions, penchons nous, si vous le voulez bien, sur le taux de qualifications des clubs et des pays en phase de poule. C'est intéressant, vous allez voir, même si les surprises sont rares.

L'Allemagne et l'Angleterre en tête

Cette saison, le rapport est le suivant : l'Allemagne et l'Angleterre font du quatre sur quatre, l'Espagne du trois sur quatre, l'Italie du un sur trois, la France et la Russie du un sur deux, la Grèce et la Turquie du un sur un, le Portugal du zéro sur deux, tandis que les Pays-Bas, la République Tchèque, l’Écosse, la Suisse, l'Ukraine, l'Autriche, le Danemark, la Belgique et la Roumanie ont échoué à qualifier leur unique représentant. Hormis la contre performance des Italiens et des Portugais, on est assez proche de ce qui se passe depuis la création des poules, en 1991, et surtout depuis l'instauration de la formule actuelle en 2003, à savoir cinq pays qui regroupent l'essentiel des participants et des qualifiés, et les autres qui ramassent les miettes. Quand il y en a. Sur 600 participations à une poule (de premier tour) depuis 1991, les cinq meilleurs pays du continent en cumulent 296. Et sur 288 qualifications à un second tour, ils en cumulent 219, soit 76 %... Les cinq se qualifient dans 73 % des cas.

Commençons par les clubs, si vous le voulez bien. Depuis 1991, 12 ont 100 % de réussite, mais 9 d'entre eux n'ont qu'une seule participation à leur actif... le FC Séville et... Nantes, eux, font du deux sur deux. Le seul club à plus de deux se nomme le Real Madrid, qui s'est
qualifié 18 fois sur 18 ! Une performance exceptionnelle, que seul le Bayern (16/17), Chelsea (11/12) et l'Inter Milan (10/11) sont tout près d'égaler. Et l'évolution du football, avec un écart grandissant entre les petits et les grands, ne favorise pas une chute éventuelle du Real. Ainsi, depuis 2003, ils sont deux à avoir fait du 11/11 (Arsenal et le Real), trois du 10/10 (Bayern, Barcelone et Milan AC), Lyon fait du 9/9, tandis que Chelsea (10/11) et Manchester (9/11) trainent un peu, sans plus. Depuis 2003, il n'y a eu que sept clubs à 100 % avec moins de quatre participations, dont Leverkusen (3/3), Monaco et Séville (2/2) ou Malaga et Tottenham (1/1). Aujourd'hui, il vaut mieux donc posséder une solide expérience de la compétition pour espérer y briller, rien qu'au premier tour... les "one shots" sont rares. D'ailleurs, avant Malaga l'an passé et Tottenham en 2010/11, les deux autres datent de 2003/2004 (Celta Vigo et Lokomotiv Moscou)...

Chez les clubs français, hormis la "performance" nantaise, il faut descendre aux 83,33 % de Lyon et aux 80 % de Monaco, qui font mieux notamment que la Juventus (78,57) ou Liverpool (75) ! Quant au PSG (66,7 %), il fait aussi bien que Dortmund, Valence ou Schalke, et mieux que Porto (61,1). Bordeaux est à 50 %, devant Marseille (44,4), Auxerre (33,3) et Lille (20). Lens et Montpellier sont à zéro.

Une lutte à trois

Regardons par pays à présent. La lutte est rude entre l'Angleterre et l'Espagne, cette dernière était devant avant cette année. Mais, en raison de l'élimination de la Real Sociedad, elle a été dépassée au classement général par les Anglais, auteurs de leur sixième 4/4, record d'Europe, et qui sont désormais premiers avec 80,95 % de réussite, contre 80,6 aux Espagnols, qui n'ont fait "que" quatre fois le 4/4... derrière ces deux là, l'Italie n'est pas très loin mais après trois années consécutives à 100 %, a lourdement chuté cette année (1/3), elle qui était à égalité avec l'Angleterre avant cette saison, et qui n'est qu'à 77,42 désormais. Comme quoi, les choses peuvent vite changer en tête, la lutte est féroce. L'Allemagne, qui vient d'enchainer un 7/7 sur les deux dernières saison, meilleur bilan d'Europe sur cette période, suit à la quatrième place avec 69,1 % de réussite. Elle paie notamment des années 2000 moyennes (58,62 %) alors qu'elle possède le meilleur bilan de la présente décennie (84,6), devant l'Italie (81,8), l'Espagne (80) et l'Angleterre (75).

Comme très souvent dès qu'on classe les pays en Ligue des Champions, la France est cinquième, avec 54,5 % de réussite. Un taux en continuelle baisse, elle qui dominait les débats dans les années 90 (80 %) devant l'Italie (78,6), l'Allemagne et l'Espagne (76,9), l'Angleterre ne stagnant qu'à 50 % à l'époque ! Dans les années 2000, le taux était à 50 %, et à 54,55 depuis 2010. Nos chiffres se sont donc stabilisés depuis une dizaine d'années à un qualifié sur deux en moyenne, mais attention quand même, seul le PSG s'est qualifié pour les seconds tours depuis deux saisons, sur cinq qualifiés au total. A ce rythme, on va vite passer sous les 50 %... à moins que Monaco... quant à Lyon et Marseille, malgré leurs difficultés, ils doivent faire partie des locomotives du football français. Six défaites sur six en phase de poule pour le second nommé, voilà qui est vraiment inquiétant. Sur les deux dernières saisons, Lille, Montpellier et Marseille ont cumulé une victoire (à Borisov, pour le LOSC...), deux nuls et 15 défaites !

Et les autres ? Des miettes, vous dis-je. Que ne fut pas mon étonnement de voir le chiffre des Pays-Bas de l'Ajax Amsterdam et du PSV Eindhoven : 27,3 % ! Soit autant que les Tchèques, qui ont certes un diviseur nettement moindre (11 contre 33)... la Pologne réussit l'exploit de faire 50 %... en deux participations. Le Portugal, qu'on annonce souvent meilleur que nous, est en-dessous des 50 % (43,24), beaucoup plus grâce aux chiffres de Porto (61,1) que de Benfica (30 !) d'ailleurs... la Russie n'est pas si mal que ça (29,6) ainsi que la Grèce (27,6). L’Écosse et la Suisse suivent (22,22) devant l'Ukraine (20,8) et la Turquie (20). Saluons la "performance" de la Belgique (5,3 % !) et surtout de la Roumanie, qui est à zéro sur... 12 tentatives. C'est l'autre facette de cette compétition qui brille et chatoie à nos yeux : des pays qui ont offert des vainqueurs à son ancêtre la Coupe des Champions sont aujourd'hui réduits à ramasser les restes que leurs laissent les gros.

Sur ce, je vous laisse !

lundi 9 décembre 2013

Un groupe piégeux

Salut à tous,

A y est, on est fixé, l'attente fut insoutenable mais pas vraiment à la hauteur du soulagement de certains et de la déception d'autres qui auraient espéré des affiches un peu plus affriolantes. On peut comprendre les deux sentiments, qui sont légitimes, mais discutables, comme toujours. Franchement, Danemark, Afrique du Sud et Arabie Saoudite, ça vous aurait dit plus ? Non parce que c'était le groupe de la France en 98. Personne ne viendra me dire après coup que ce groupe était "décevant"...

Le Honduras, pas si méconnu

Suisse, Équateur, Honduras, c'est un mélange de redite - pour la Suisse, que la France a affronté cinq fois entre aout 2003 et juin 2006 - deux succès français, trois nuls -, notamment lors du premier tour du Mondial 2006 (0-0), et 36 fois au total, avec à la clé 15 victoires françaises et 12 défaites, la dernière en 1992 - et de quasi totale découverte. Oh bien sûr, l’Équateur, que la France aura l'honneur et la chance d'affronter au Maracana de Rio le 25 juin - match auquel j'espère vivement vivre sur place, je vous en reparlerais - n'est pas un total inconnu : ce sera la deuxième édition de cette affiche, après le match amical de Grenoble, en mai 2008, juste avant l'Euro, qui avait permis au jeune stéphanois Bafé Gomis,
qui signait sa première sélection, de signer un doublé (2-0) et surtout de griller sur le fil le pauvre Djibrill Cissé, qu'il avait remplacé à la mi-temps, pour la troisième place d'avant-centre à l'Euro. Quant au Honduras, ce sera une première.

Il faut dire que les affrontements avec des ressortissants de la Concacaf peuvent se compter sur les doigts d'une main pour la France. Hormis ce match contre le Canada au premier tour du Mundial 86 (1-0, premier but de Papin en sélection) et de matches amicaux contre les États-Unis, à East Rutherford, en indoor, en 1979 (6-0, triplé de Lacombe) ou le Costa Rica, en 2005 à Fort-de-France (3-2 après avoir été mené 0-2, buts d'Anelka, Cissé et Henry), on notera cet étrange match amical contre une sélection d'Amérique Centrale, joué en 1972 à... Salvador de Bahia, où la France affrontera la Suisse, le 20 juin, et remporté 5-0, avec notamment un triplé signé Hervé Revelli. C'est dire si l'idée d'affronter le Honduras ne doit normalement pas effrayer une sélection française, quelle qu'elle soit.

Mais évidemment, il faut nuancer cet avis définitif basé sur une impression et une analyse simpliste de la situation. Certes, dans l'absolu et sur le papier, le Honduras n'a rien d'un danger. Mais il a réussi l'exploit peu commun pour une autre équipe autre que les États-Unis de finir devant le Mexique en éliminatoire, en allant s'imposer chez ces mêmes Mexicains (1-2), qui font par ailleurs figure d'outsider dans le groupe du Brésil, après avoir battu les Américains en février dernier (1-0). Le Honduras qui peut compter sur plusieurs joueurs qui brillent en Europe, comme le défenseur d'Hull City, en Premier League s'il vous plait, Maynor Figueroa, l'excellent latéral gauche du Celtic Glasgow Emilio Izaguirre (7 passes décisives toutes compétitions confondues cette saison), un autre joueur de Premier League, le milieu de Stoke City, Wilson Palacios, sans parler de Jerry Bengtson, qui joue aux New England Revolutions (9 buts en éliminatoires), l'imposant Carlos Costly, qui évolue en Chine mais qui a joué au Mexique, en Pologne, en Angleterre, en Roumanie ou en Grèce, ou d'Oscar Boniek Garcia, qui brille aux Houston Dynamo. Alors, quand on entends nos "spécialistes", genre Pierre Ménès, dire qu'ils ne connaissent "personne" dans l'équipe type hondurienne, c'est soit de la fainéantise, de la malhonnêteté intellectuelle, soit de l'ignorance ou de l'incompétence. Sûrement un bon mélange de tout ça, ajouté à du mépris pour ces petits pays qui osent se mesurer à nos grandes équipes occidentales... Rappelons que le Honduras était déjà dans le groupe de la Suisse, il y a quatre ans, et avait signé un nul (0-0) conte les Helvètes...

L'Amérique du Sud sera chez elle

Même chose pour l’Équateur. Certes, il vaut mieux tomber sur eux que sur l'Uruguay - qui a tout de même terminé derrière les hommes de Reinaldo Rueda en poule qualificative... - ou l'Argentine, on est d'accord. Certes, descendu de leurs montagnes, à l'image des Boliviens, les Équatoriens ne font pas trembler grand monde, eux qui n'ont pris que trois points à l'extérieur en qualifications, s'inclinant au Pérou, en Colombie ou au Chili, par exemple - tout en l'emportant en amical au Portugal (2-3), en février dernier... -. Certes, si on excepte le vétéran Edison Méndez (34 ans, LDU Quito), ancien du PSV Eindhoven, l'attaquant du Lokomotiv Moscou Felipe Caicedo, l'ailier du Vitesse Arnhem Renato Ibarra et surtout celui de Manchester United, Luis Antonio Valencia, officiellement le joueur le plus rapide du monde avec le ballon, il n'y a pas grand monde dans cette équipe pour faire trembler la France...

Mais je n'ai entendu nulle part cet argument implacable : ce Mondial se déroulera en Amérique du Sud. Et là-bas, les équipes de ce continent seront indiscutablement avantagées. Pour preuve, lors des quatre Coupes du Monde sud-américaines, et même en ajoutant les deux mexicaines et celle aux États-Unis, seules les équipes sud-américaines l'ont emporté, sans exception. L'Argentine l'a emporté chez elle en 78 et au Mexique en 86, l'Uruguay a gagné chez lui en 30 et au Brésil en 1950, et ce dernier l'a emporté en 62 au Chili, en 70 au Mexique et en 94 aux États-Unis. Les Européens ne brillent jamais dès qu'ils franchissent l'Atlantique, c'est comme ça. Des chiffres simples le prouvent : en Europe, les pays locaux glanent 1,14 points par matches, contre 1,02 pour les Sud-Américains. En Amérique du Sud,
le rapport s'inverse : les locaux prennent 1,23 points, contre... 0,95 pour les Européens, qui perdent donc plus de matches qu'ils n'en gagnent là-bas. Sur quatre Mondiaux sud-américains, combien d'Européens ont atteint la finale ? Deux, les Tchécoslovaques en 1962 et les Pays-Bas, en 1978.

Certes, la dernière Coupe du Monde en Amérique du Sud date de 1978... les stades, les joueurs, le jeu est différent, plus mondialisé, moins spécifique à chaque pays, une part importante de joueurs évoluant tous en Europe, leurs styles se mélangeant plus aisément. Mais quand même, ne négligeons pas l'Histoire, qui devrait être un peu plus souvent source d'inspiration pour analyser le présent et l'avenir, et ne pas répéter les mêmes erreurs. La France a disputé deux Mondiaux en Amérique du Sud (30 et 78) et n'a jamais passé le premier tour. Il ne faut pas négliger le fait que les Équatoriens seront forcément avantagés de jouer sur leur continent, leurs supporters viendront plus facilement, l'ambiance brésilienne leur sera plus familière, que ce soit pour ceux qui évoluent encore dans leur championnat ou ça qui y ont joué. Pour nous, ce sera nouveau. Cette remarque peut d'ailleurs également tenir aussi pour les Honduriens.

J'ai d'ailleurs très peur pour les Suisses, qui affronteront le 25 juin le Honduras à Manaus, en pleine Amazonie, dans la pire période de l'année... bon courage à eux. La France n'a pas eu seulement la chance d'échapper à un groupe trop difficile, elle est aussi tombée sur la place dans le groupe qui lui garantit le moins de déplacements, pas loin de leur camp de base et au sud, c'est-à-dire là où il fera le moins chaud. Porto Alegre, Salvador, Rio... de belles villes, de beaux stades... tout paraît parfait. Pourvu que ça dure !

A plus tard !

samedi 30 novembre 2013

L'inaltérable Ryan Giggs

Salut à tous,

Ryan Giggs a eu 40 ans hier. Quarante ans ! C'est pas dur, c'est un des rares footballeurs en activité plus âgés que votre serviteur, c'est dire. Revenons sur un cas atypique au plus haut niveau... et encore compétitif.

L'ailier devenu patron

Si Giggs me touche autant, c'est déjà parce qu'il a commencé à jouer un peu après que je commence à m'intéresser au football. Moi c'était à l'automne 1990, lui début 1991, à 17 ans. Et c'était à Manchester United, évidemment, son seul et unique club, pour qui il a joué la bagatelle de 953 matches, série en cours. Il a traversé les époques, connu Eric Cantona puis David Beckham et Ronaldo avant Rooney, l'arrêt Bosman et même le rachat - insupportable pour une partie des supporters historiques de United - du club par un milliardaire américain, qui n'a pourtant pas franchement changé le visage et le quotidien d'un ManU qui côtoyait déjà les sommets avant lui sans dépenser plus qu'il ne gagnait. Il a un peu reculé sur le terrain, mouvement logique pour un joueur de son âge, à l'image d'un Matthaus terminant
sa carrière au poste de libero. Lui est cependant resté au milieu, se recentrant dans l'axe. Ancien ailier virevoltant, il aurait pu terminer latéral, par exemple. Mais les duels du milieu de terrain lui auraient trop manqué, et son sens du jeu lui permet de rester compétitif à un bon niveau.

A part ses tempes et sa barbe grisonnantes, quand on le voit évoluer sur le terrain, on n'a pas vraiment le sentiment qu'il n'a débuté à United qu'un peu plus de trois ans après l'arrivée de son mentor, Alex Ferguson. Il aurait pu se lasser après les 13 championnats, les quatre Cups, les quatre League Cups ou les deux Ligues des Champions glanés, mais non, il court toujours comme un lapin. Bon, âgé le lapin, mais quand même... A chaque saison, on se dit que ce sera sûrement la dernière... mais non, il est toujours là, battant l'été dernier son vieux compère Paul Scholes, jeune retraité qui s'était arrêté une première fois en 2011 avant de vite revenir en janvier 2012, à 37 ans.

Pourtant, il n'est pas le recordman en Angleterre : depuis 1992, trois joueurs ont fait mieux que lui. Il rejoindra Teddy Sheringham dans 271 jours (la saison prochaine, quoi) et Gordon Strachan dans 81 jours. Quant à Kevin Phillips, l'attaquant de Crystal Palace... bah il joue toujours, à 40 ans et 89 jours. Ailleurs, Alessandro Del Piero joue toujours, en Australie, à 39 ans, tout comme Javier Zanetti (40 ans), à l'Inter Milan. On se souviendra également de Dino Zoff qui gagnait une Coupe du Monde à 42 ans, en 1982, et plus loin encore de Sir Stanley Matthews, qui jouait encore en première division, avec Stoke City, en 1965, à l'âge de 50 ans. Pas mal pour un ailier, huit ans après avoir arrêté sa carrière internationale...

A propos de ces joueurs attachés à leurs couleurs comme des huitres à leur bouchot qu'ils sont des exemples, que c'est incroyable de toujours rester dans le même club à l'heure des mercatos animés et des sommes folles dépensés. C'est en partie vrai, mais il ne faut pas oublier un détail : il est quand même plus "facile" de souhaiter rester jouer dans un immense club comme United pour ces deux là, le Real pour Raul ou Casillas, la Juve pour Del Piero ou Milan pour Maldini que lorsque vous avez été formé à Valenciennes ou Southampton, avec tout le respect qu'on doit à ces clubs. Rudy Mater, lui, il a du courage. Giggs, de la persévérance et un physique et un professionnalisme sans faille.

Un Manchester anglophone

Lors de sa première saison à Manchester, en 1990-91, il côtoiera des joueurs littéralement d'un autre temps comme Jim Leighton, le mythique gardien de la sélection écossaise (82-98 !), le colossal Steve Bruce, qui marquera 19 buts cette saison là de son poste de stoppeur, dont 10 penalties, Viv Anderson, officiellement le premier joueur noir à jouer en sélection anglaise, de 1978 à 1988, l'immense Bryan Robson, 90 sélections de 1980 à 1991 et qui s'arrêtera à 39 ans et 355 jours, et bien sur l'ailier écossais Brian McClair ou le buteur gallois Mark Hughes, ces deux là inscrivant chacun 21 buts toutes compétitions confondues. Une véritable équipe britannique, avec un seul non anglophone dans son effectif (l'ailier droit russe Kanchelskis, 22 ans et un seul match joué cette saison là), rude au mal, agressive, avec des dents en moins et une technique assez rudimentaire, à part pour quelques uns, dont Giggs, et qui terminera cinquième du championnat derrière Arsenal, Liverpool, Crystal Palace et ... son voisin City, qui n'a donc pas toujours été ridicule vis à vis de United avant l'arrivée des Emirati.

Il débute le 2 mars 1991, entrant en jeu à la 35e minute d'un match contre Everton, à la place de Dennis Irwin. Un match perdu 0-2... on le revoit ensuite deux mois plus tard, le 4 mai, titulaire lors du derby contre City, justement, remporté (1-0) par United... sur un but de Giggs, à la 22e minute, d'une déviation au premier poteau sur un centre dévié de McClair. Y a pire pour un tel symbole du club de marquer son premier but contre le voisin honni, et lors de son deuxième match seulement... Les images font tellement vieilles qu'on a du mal à imaginer que le buteur de ce match évolue encore sous les mêmes couleurs... L'année suivante, celle qui voit l'arrivée de Peter Schmeichel en provenance de Bröndby - le fils du mythique gardien danois, Kasper, 27 ans, évolue en League One, à Leicester -, il joue 51 matches, à 18 ans, et marque 7 buts. La légende est lancée.


Il est l'aîné de cette génération de gamins lancés par Ferguson au début des années 1990 : Giggs débutait donc en 1991, Gary Neville, Nicky Butt et David Beckham en 1992, tandis que Cantona explosait en rouge, et Paul Scholes en 1994. Si Butt n'a pas confirmé son talent après avoir quitté le club en 2004, avec un passage à Newcastle avant de terminer en Chine, en 2011, Neville a lui aussi effectué toute sa carrière à MU, jusqu'en 2011, tandis que Beckham en terminait l'été dernier, sur un titre à Paris. Tous avaient entre 35 et 38 ans. L'air du nord anglais doit avoir du bon...

Bientôt 1000 matches avec ManU ?

Giggs, qui est également l'adjoint de David Moyes depuis cet été, c'est donc 1018 matches, sélection inclue, dont 953 avec Manchester, 666 en championnat, 159 en Coupe d'Europe (dont 148 en C1), 74 en Cup et 40 en League Cup, sans parler de ses... 14 Community Shields (9 succès). Il en est également à 182 buts, dont 114 en championnat, 30 au niveau européen, tous en Ligue des Champions, 12 en Cup et autant en League Cup, et 13 en 65 sélections. Dans ce domaine, il a eu des pics à 18 en 1994, ou 16 en 2003. Depuis, il n'a plus dépassé 9, mais en a quand même marqué 5 l'année passée...

Voyons un peu les duels avec les clubs français... la dernière fois, c'était en mars 2011, contre Marseille (victoire 2-1). Puis il faut remonter à un huitième de finale à Lyon, en 2008 (match nul 1-1, et qualification). La saison précédente, il y eut le fameux épisode du coup-franc qu'il marqua à Lille, en février 2007, toujours en huitièmes de finale (0-1), et que les Nordistes ne digérèrent pas vu qu'il n'avait pas attendu le coup de sifflet de l'arbitre pour frapper... en octobre 2005, un match nul (0-0), encore contre Lille, en phase de poule, à Old Trafford, puis un autre match nul, à Lyon, en septembre 2004 (2-2). Vous noterez qu'à chaque fois, Giggs ne joue qu'un des deux matches seulement... ce ne fut pas le cas contre Nantes, lors du double affrontement lors de la deuxième phase de poule 2001-02 (1-1, 5-1). Lors de la même saison, ManU avait affronté Lille au premier tour, et Giggs avait participé au match aller, victorieux (1-0) sur un but de Beckham. Il y eut aussi le double affrontement contre Bordeaux, en mars 2000, avec à la clé deux succès des Anglais (2-0, 2-1) avec un but de

Giggs à l'aller, à Old Trafford. Seule défaite de Giggs contre un club français ? A Marseille, en octobre 1999 (1-0). Bilan du Gallois contre les Français : 11 matches, 6 succès, 4 nuls, 1 défaite, et deux buts marqués.

Un lien entre deux époques

Le drame de Giggs est celui que vécu le Finlandais Jari Litmanen ou le Libérien George Weah, par exemple : celui d'évoluer dans une sélection trop juste pour se qualifier pour une grande compétition internationale, ce qui explique, par exemple, son si petit nombre de sélections (65), diluées entre 1991 et 2007, soit quatre par an en moyenne... le Pays de Galles qui n'a participé qu'à une seule Coupe du Monde, en 1958, avec d'ailleurs un quart de finale à la clé, et aucun championnat d'Europe. En sélection, Giggs a accumulé 22 succès, 16 nuls et 27 défaites. Un bilan un peu différent que celui qui est le sien en club. Il n'a ainsi perdu que 31 fois en 148 matches de Ligue des Champions...

Ce qu'il faut comprendre avec Giggs, c'est le lien qu'il crée entre deux époques différentes, et pas seulement par rapport à l'arrêt Bosman et à l'afflux de joueurs étrangers dans les effectifs anglais. Manchester a fait parti de ces grands clubs qui se sont métamorphosés dans les années 90, notamment en profitant pleinement de cette nouvelle donne, en 1996. Lorsque Giggs a débuté, on l'a vu, Manchester n'était qu'un bon club anglais, au passé glorieux mais ancien, qui n'avait plus été champion depuis 1967, gagnait certes la Coupe des Coupes en 1991 mais n'avait gagné qu'une seule Ligue des Champions, en 1968. Dans les années 70 et 80, une demi-douzaine de clubs le dominaient sur le plan domestique, notamment Liverpool, Nottingham Forrest ou Leeds, et le club avait même fréquenté l'étage inférieur en 1974-75. Depuis que Giggs est arrivé, Manchester a plus été champion (13 fois) que non champion (10) et n'a jamais quitté le podium (6 fois 2e), hormis lors de sa première année, riche de deux matches...

Bref, longue vie à Ryan Giggs... Je vous laisse, à plus tard !