vendredi 12 juillet 2013

La relève est-elle là ?

Salut à tous,

Demain soir, l’Équipe de France des moins de 20 ans disputera la première finale mondiale de son histoire. Deux ans après la demi-finale de la génération précédente dans la même compétition, et un an après une autre demi-finale lors de l'Euro des moins de 19 ans pour la présente génération, et malgré les résultats moyens des Espoirs - composés logiquement en grande partie des demi-finalistes mondiaux d'il y a deux ans - la France renaît un peu au niveau des résultats de jeunes, et c'est évidemment une excellente nouvelle.

Que sont-ils devenus ?

Le creux générationnel que subit actuellement la "grande" Équipe de France dure depuis 2008, sachant que les précédents qui avaient succédé aux générations Kopa et Platini avaient respectivement duré 15 et 7 ans. On est donc encore loin de se retrouver avec une sélection qui domine le monde, ou au moins fait partie des tous meilleurs. L'important, c'est qu'on arrête de mettre ces mauvais résultats sur le compte du comportement des joueurs, de leur propension ou non à chanter la Marseillaise, ou pire de leurs origines origines ethniques
et/ou sociales, ce que la montée actuelle des idées xénophobes dans notre pays contribue à faire fructifier. Si on est moins bon, c'est que depuis l'Euro gagné en 1996 par les moins de 19 ans menés par Henry et Trézéguet, ainsi que la finale de l'Euro Espoirs en 2002, les résultats de la France en jeunes ne sont pas inexistants, mais très espacés, voire rares. Et donc, lorsqu'ils sont présents, ils ne parviennent pas suffisamment à nourrir les A en futurs grands joueurs.

Lorsqu'une sélection jeune brille, on a tendance à se dire que c'est toute une équipe sur laquelle le sélectionneur des A pourra s'appuyer pour remplir ses objectifs. Sauf qu'après coup, lorsqu'on regarde ce que sont devenus ces jeunes, ils ne sont en général qu'une minorité à être devenus internationaux, et certains d'entre eux, parfois, n'ont même pas réussi leur carrière pro. Regardez la génération 2002, finaliste donc de l'Euro Espoirs contre les Tchèques, sous la direction de Raymond Domenech : elle comptait dans ces rangs des joueurs comme Berson, Di Tommaso, Vercoutre, Chapuis ou Mathis qui sont loin d'avoir tutoyé les sommets durant leur carrière. D'ailleurs cette génération a fourni certes pas mal d'internationaux A, mais aucun qui pourra dire qu'il en fut un des piliers victorieux (Landreau, Réveillère, Boumsong, Mexès, Bréchet, Escudé, Pedretti, Meriem, Govou et Luyindula) et seulement un finaliste du Mondial 2006 (Govou), Boumsong ne quittant pas le banc en Allemagne.

2004, 2005... pétards mouillés

La clé, ce n'est pas briller de temps en temps en jeunes, c'est de briller tout le temps, comme l'Espagne, l'Allemagne, les Pays-Bas ou le Portugal, qui sont présents systématiquement lors des phases finales des compétitions de jeunes, des moins de 17 aux Espoirs, et qui peuvent donc continuellement compter sur des couches de bons joueurs qui se succèdent sans faillir. Un comble pour notre pays, réputé pour sa formation. Nous, sur quelle bonne génération pouvons nous nous appuyer ?

On a beaucoup parlé de la génération 1987, vainqueur de l'Euro 2004 des moins de 17 ans contre l'Espagne (Piqué, Fabregas...), excusez du peu, avec dans ses rangs des futurs cracks comme Ménez, Ben Arfa, Nasri et Benzema, mais aussi des joueurs qui n'ont pas percé comme El Mourabet, Thicot, Yahiaoui ou Akakpo, tous titulaires en finale... les premiers nommés sont aujourd'hui internationaux, mais seul Benzema, et à un degré moindre Nasri et Ménez, ont fait leur trou en Bleu. Et pour l'instant, ils n'ont pas réussi à emmener les Bleus au sommet. Une grande génération, mais seulement quatre internationaux au final : voici le lot de toute sélection de jeunes, promise à un écrémage sévère au feu du professionnalisme.

La France a également remporté la Coupe du Monde des moins de 17 ans en 2005, soit des joueurs qui aujourd'hui s’apprêtent à fêter leurs trente ans l'année prochaine. Qui portait cette belle équipe ? Son meilleur joueur se nommait Florent Sinama-Pongolle, meilleur joueur et buteur (9 !) de la compétition, aujourd'hui attaquant de Rostov, en Russie, et qui n'a jamais confirmé son pourtant indéniable talent, accrochant une seule sélection, en 2008. Son cousin Anthony Le Tallec, son pendant idéal en attaque, n'a pas vraiment fait mieux. Pour le reste, combien d'internationaux dans ce groupe ? Et bien... aucun, à part Sinama Pongolle, donc. Regardez donc le groupe dirigé à l'époque par Jean-François Jodar :


18 Michaël Fabre Drapeau : Italie Bologne FC 15.07.1984 0 0 0 0 0
1 Florent Chaigneau Drapeau : France Stade rennais 21.03.1984 6 0 0 0 0
Défenseurs
2 Kévin Debris Drapeau : France Le Havre AC 10.05.1984 4 0 0 0 0
3 Jérémy Berthod Drapeau : France Olympique lyonnais 24.04.1984 5 1 1 0 0
4 Julio Colombo Drapeau : France Montpellier HSC 22.02.1984 6 0 1 0 0
5 Jacques Faty Drapeau : France Stade rennais 25.02.1984 6 0 0 0 0
13 Stephen Drouin Drapeau : France FC Nantes 27.01.1984 5 1 1 0 0
Milieux de terrain
6 Gaël Maïa Drapeau : France Girondins de Bordeaux 02.04.1984 3 0 0 0 0
8 Hassan Yebda Drapeau : France AJ Auxerre 14.05.1984 5 0 1 0 0
10 Mourad Meghni Drapeau : Italie Bologne FC 16.04.1984 5 1 1 0 0
12 Emerse Faé Drapeau : France FC Nantes 24.01.1984 6 0 0 0 0
14 Laurent Mohellebi Drapeau : France AS Monaco 05.01.1984 4 0 0 0 0
15 Kévin Jacmot Drapeau : France Olympique lyonnais 22.03.1984 5 0 0 0 0
16 Samuel Piètre Drapeau : France US Créteil-Lusitanos 10.02.1984 6 3 0 0 0
Attaquants
7 Anthony Le Tallec Drapeau : France Le Havre AC 03.10.1984 6 3 0 0 0
9 Florent Sinama-Pongolle Drapeau : France Le Havre AC 20.10.1984 6 9 1 0 0
11 Chaouki Ben Saada Drapeau : France SC Bastia 01.07.1984 2 0 0 0 0
17 Luigi Glombard Drapeau : France FC Nantes 21.08.1984 3 0 0 0 0

Quelle déception, quel gâchis ! A quoi bon remporter des Coupes du Monde en jeune pour qu'au final aucun des gamins ne réussisse vraiment ? Non seulement aucun de ces joueurs n'est devenu réellement international, mais aucun ne peut vraiment dire qu'il a réussi sa carrière professionnelle, hormis, peut-être, Berthod, Faty, Yebda, Meghni, Ben Saada et les deux cousins... en grattant bien alors. Aucun n'a vraiment joué dans un grand club. Que d'espoirs portions nous pourtant à l'époque ! Je me souviens avoir veillé une nuit pour suivre la finale. En pleine époque Zidane, on se disait qu'avec cette équipe, l'avenir était assuré. Que pouvait-il nous arriver ? Et pourtant... un vrai pétard mouillé.

2011, 2013, la relève ?

En 2006, la France atteint les demi-finales du championnat d'Europe Espoirs, contre les Pays-Bas de Huntelaar (2-3). La dernière phase finale en date des Bleuets... Dans ses rangs, encore Sinama-Pongolle, Berthod et Le Tallec, mais aussi de futurs internationaux comme Mandanda, Sagna, Faubert, Gourcuff, Mavuba, Toulalan, Briand, Clerc, L.Diarra... et d'autres "ratés" comme J.Gavanon, Badiane ou Bergougnoux. Ce fut la première "couche" qui a construit l’Équipe de France actuelle.

Et puis bien sûr, il y a donc cette Coupe du Monde des moins de 20 ans 2011, dont les Bleuets atteignirent les demi-finales et Lacazette la tête des buteurs avec 5 buts. Il est évidemment un peu tôt pour analyser le parcours des joueurs qui composaient ce groupe, qui comptait alors dans ses rangs des joueurs comme Grenier, G.Fofana, Griezmann, Kolodziejczak, Kakuta, Bakambu... une belle génération, qui a déjà fournit deux jeunes internationaux aux Bleus (Grenier et Lacazette, lors de la dernière tournée en Amérique du Sud) et qui risque d'en fournir d'autres, comme Griezmann ou Fofana, par exemple. Kakuta, désigné meilleur joueur de cette sélection, semble déjà grillé, encore un gâchis...

Et l'actuelle, qui défiera demain l'Uruguay en Turquie ? Elle a indéniablement du talent, sachant qu'elle a quand même du se passer d'un phénomène comme Varane, blessé. Mais elle n'a battu aucun gros lors de ce tournoi, perdant en poule contre l'Espagne (1-2), battant deux fois le Ghana, mais en concédant aussi un nul contre les États-Unis (1-1) et dominant la Turquie chez elle (4-1) et l'Ouzbékistan (4-0), certes sur des scores importants. Dans ce groupe, qui compte déjà deux internationaux en la personne de Varane et Pogba, on pense tout de suite à Thauvin, exceptionnel en demi-finales contre le Ghana, et qui possède à la fois des qualités de dribble exceptionnelles et une belle frappe, mais aussi à Areola, s'il parvient enfin à jouer, à Paris ou ailleurs, à Digne évidemment, qui ne devrait pas tarder à jouer en A, à Kondogbia aussi. Pour des joueurs comme Umtiti ou Veretout, voire Bahebeck, il faudra encore attendre un peu.

Ces deux récentes générations pourraient être le socle d'une future Équipe de France enfin convaincante. Mais il faudra continuer à avoir des résultats en jeunes pour la voir enfin retrouver les sommets. Pas avant l'Euro 2016, a priori...

Je vous laisse !

jeudi 20 juin 2013

Fin de la progression

Salut à tous,

Il y a 10 ans, la France remportait, sur ses terres, la quatrième Coupe des Confédérations de l'Histoire, sa deuxième consécutive, en battant un Cameroun affligé après la mort tragique, en demi-finales, de son milieu défensif Marc-Vivien Foé (1-0). But de Henry, meilleur buteur de la Compétition avec quatre buts. Une époque glorieuse, dont la France a rarement semblé aussi éloignée dans son histoire.

Presque une défaite tous les deux matches

Tandis qu'actuellement l'Espagne et l'Italie, finalistes du dernier Euro et qu'elle toisait de haut il y a une décennie, disputent à sa place la septième édition de l'épreuve gadget - mais révélatrice quand même - de la FIFA, au Brésil, la France est en train de compter ses rares victoires récentes. Sur cette saison 2012-13, le calcul est rapide et cruel : en 11 rencontres, la France a gagné quatre matches, et voici les noms de ses "victimes" : si la présence de l'Italie - sur ses terres, en plus - est plus qu'honorable, celles de la Finlande, du Bélarus et de la Géorgie sont moins... impressionnantes. Surtout que les deux derniers cités ont été battus au Stade de France, sur des scores pas forcément ébouriffants (3-1 à chaque fois) et sans jamais parvenir à marquer le moindre but avant la 45e minute. Des succès à chaque fois convaincants, certes, mais pas non plus marqués du sceau de la classe.

Dans le même temps, la France a perdu cinq fois, ce qui indique donc un bilan général négatif, vous l'aurez compris. Défaites contre le Japon en amical, en octobre (0-1) puis quatre autres en cette année 2013 qui s'annonce d'ors et déjà catastrophique sur le plan des résultats, qualification pour le prochain Mondial ou pas : Allemagne (1-2) et Espagne (0-1) au Stade de France, puis en Uruguay (1-0) et au Brésil (3-0) lors de la récente tournée sud-américaine.

Loin des meilleurs

Là encore, le très reluisant pedigree des vainqueurs - tous champions du monde, voire multi pour trois d'entre eux, même si ça date sérieusement pour la Céleste - de la France depuis février dernier relativise quelque peu ce bilan rachitique. Mais ces dernières années la France, on l'a vu, s'était imposée en Italie, mais aussi en Allemagne (1-2), avait battu deux fois l'Angleterre (1-2 et 1-0), ou le Brésil (1-0), et avait tenu tête à la Roja en Espagne à l'automne dernier (1-1). Pourtant, on parlait là aussi d'équipe en construction, et là aussi on pouvait craindre des défaites cinglantes face à ces équipes qui nous étaient logiquement supérieures, mais à chaque fois on avait fourni des prestations solides, qui avaient démontré que même si on ne disposait plus d'une des meilleures équipes du monde, on possédait encore suffisamment de bons joueurs pour rivaliser ponctuellement avec les meilleurs. Ce n'est manifestement plus trop le cas.

Et alors qu'on pensait que la France, avec ce quart de finale obtenu lors du dernier Euro, première phase de poule réussie depuis 2006, avait enfin entamé la face ascendante du creux générationnel qui la frappe depuis une demi douzaine d'années maintenant, la voilà qui rechute dans des profondeurs très inquiétantes, qui semble voir sa progression récente sérieusement entamée. Oui c'était de gros pays, mais après ces quatre défaites en cinq matches, après ces trois matches consécutifs sans marquer, ces trois défaites d'affilée, une première depuis trois ans - une série inédite sous Domenech, je dis ça comme ça - qui imagine sérieusement la France terminer devant l'Espagne dans son groupe qualificatif ?

Et, dans la mesure où son classement FIFA très faible - 18e, 13e Européen - lui garantit presque à coup sûr une non protection lors des barrages, qui peut l'imaginer battre un des gros morceaux qui se présentera devant elle ? Au vu des actuels deuxièmes, elle serait accompagnée par la Bulgarie, l'Autriche, la Hongrie et l'Albanie pour défier la Croatie - 3e Européen ! - , la Russie, la Grèce ou... l'Angleterre, voire le Portugal si ce dernier est devancé par la Russie, qui compte deux points et deux matches de moins à jouer. Je ne vous cache pas qu'il faudrait un sacré coup de chance - en d'autres termes, la Grèce - pour espérer passer. Sinon, ça s'annonce très très tendu. Pour être tout à fait honnête avec vous, je ne crois plus trop à cette qualification. Il fallait bien que ça arrive, 20 ans après son dernier échec, pour la World Cup 1994 aux États-Unis. Cette défaite contre l'Espagne - évitable, au vu du contenu - fait vraiment très mal.

Toujours pas d'équipe type...

Didier Deschamps, comme Laurent Blanc avant lui, dispose d'un crédit quasi illimité auprès des médias, malgré ces résultats très mauvais, que n'aura jamais eu le pauvre Raymond Domenech, qui a eu le tort de ne pas faire partie de la génération 98. Cette dernière, après lui avoir donné la leçon et réclamé par de lourds sous-entendus de passer au pouvoir afin de démontrer à quel point eux ont raison et les autres tort, se retrouvent face à la réalité des choses : avant c'était la faute de Domenech et maintenant c'est la faute des joueurs ? Non, c'était trop facile. La réalité c'est que, lui comme eux, ne peuvent pas faire de miracles avec une génération de joueurs moyens-bons, sans véritable charisme, qui ne parviennent toujours pas à se comporter comme les patrons dont l’Équipe de France a tant besoin.

Les patrons ne se décrètent pas, et ne se trouvent pas sous le sabot d'un cheval. Il se forge avec l'expérience et le nombre de sélections, un problème pour cette jeune équipe. Elle pourrait compter sur ses anciens en termes de cape, Ribéry (73), Benzema (58) ou Lloris, son capitaine (47) mais ils ont du mal à vraiment endosser ce rôle, et je n'ai jamais été convaincu par le fait de nommer les gardiens capitaines, eux qui sont si loin du jeu. Nasri (35) et Sagna (34) ? Pas vraiment indiscutables en Bleu, même s'ils le sont plus que Gourcuff (31) Mexès (29) ou Rami (26). Cabaye (23) ? Oui, ce serait logique, mais c'est loin d'être le cas. Il a même été moins appelé que Matuidi cette année, et voit la concurrence de Pogba le menacer... Les patrons se trouvent souvent en défense centrale, on y avait presque cru quand Blanc avait fait confiance pendant deux ans à la charnière Rami-Mexès, qui, à défaut de toujours rassurer, avait au moins apporté un peu de stabilité, et donc de sérénité. Depuis ces deux là ont quasi disparu, et ceux qui jouent désormais - Koscielny, Sakho et Varane - sont encore en cours d'apprentissage du niveau international. Et surtout, aucun d'entre eux ne s'est encore imposé. Pas de patron donc dans ce secteur non plus...

Au fond, il faut juste essayer de compter les joueurs de très haut niveau que compte la France. Son gardien ? Oui, peut-être. Pas sûr... En défense, Varane s'en approche mais c'est encore tôt. Au milieu il y a Matuidi, et Pogba, peut-être. Comme Varane, c'est encore tôt. Cabaye ? Terminer 16e de Premier League semble rédhibitoire. En attaque ? Oui pour Ribéry, pas encore pour Valbuena, qui n'a rien démontré en club au plus haut niveau, mais pas pour Benzema. Il n'est plus vraiment titulaire au Real, où il marque moyennement, et est inexistant en Bleu. Le statut c'est bien, les passes décisives aussi. Mais faire moins bien en terme de moyenne de buts par sélection que Steve Marlet ou Patrice Loko... c'est vraiment problématique. La comparaison avec les meilleurs buteurs du monde actuel est très cruelle pour Benzema, qui a du talent mais le cache complètement en Bleu. En tous cas, deux joueurs vraiment avérés au très haut niveau, ça fait très peu. Trop peu !

Un bilan catastrophique

A l'heure actuelle, à la moyenne de points (rapportée à deux par match, comme d'habitude, pour plus de vérité), Didier Deschamps possède le 13e bilan d'un sélectionneur depuis 1964 avec 0,91, devançant Henri Guérin (0,82), Louis Dugauguez (0,78) et Just Fontaine (0), qui ont tous connu la pire décennie des Bleus, les années 60, et loin derrière des sélectionneurs décriés par les médias comme Santini (1,71), Lemerre (1,49) et Domenech (1,34), le sixième de l'histoire. Laurent Blanc est lui quatrième (1,44), preuve que sous son égide, les résultats n'étaient pas fabuleux mais en progrès, au moins. Depuis, le rechute est pire que la chute elle-même, après 2006. En tous cas, pour l'instant, les deux anciens patrons de France 98 font nettement moins bien à eux deux (1,29) que leur si estimé collègue.

Ce qui inquiète dans le bilan de Deschamps depuis un an, en plus du grand nombre de défaites après 11 matches - il a déjà plus perdu que Blanc avec 16 matches de moins - c'est le nombre de buts faméliques inscrits, 11, soit un par match. On passera sur le cas de Benzema qui, ça l'a été assez dit, bénéficie surtout de l'absence de concurrent véritable à son poste, maintenant que les gens se sont enfin rendu compte de la faiblesse de Giroud au niveau international, et des autres candidats au poste (Gomis, Gignac...). Elle a signé cinq matches sur 11 sans marquer, dont les trois derniers, et seulement trois matches à au moins deux buts. Avec une pointe ou deux, un meneur axial ou deux excentrés, deux ou trois milieux défensifs, le problème reste le même : la France se crée pas franchement beaucoup d'occasions, et n'est pas efficace sur ces dernières. Elle marque quasiment que dans le jeu - 9 sur 11 - démontrant à la fois qu'elle a quand même de la qualité avec Ribéry et Valbuena, mais aussi sa traditionnelle mais toujours dramatique aptitude à mal tirer les coups de pied arrêtés, une des armes majeures aujourd'hui dans le foot. Aucun défenseur n'a marqué cette saison en Bleu, et seulement trois fois par des attaquants de pointe. le meilleur buteur - et non passeur, ce dernier est Ribéry (4) - se nomme Valbuena (3).

Les jeunes nous sauveront-ils ?

L'avenir, ce sont ces jeunes, Varane et Pogba, qui doivent l'incarner. Ces deux là sont évidemment trop jeunes pour être considérés comme des cadres, et il est encore tôt pour affirmer qu'ils sauveront la France... combien de jeunes ont été cramés par cette pression ces dernières années ? En tous cas ceux qui ont été alignés ce printemps en Amérique du Sud, notamment Grenier ou Lacazette, ne sont pas vraiment du même acabit. La France aura toujours de la réserve, mais pas forcément de quoi la maintenir dans les dix meilleurs mondiaux. Sur sa dernière tournée, on en était même très loin. Espérons que les Bleus qui s’apprêtent à disputer le Mondial des moins de 20 ans cet été nous apportent enfin un peu d'espoir ! Les Espoirs qui n'ont plus fréquenté la phase finale de l'Euro depuis 2006, et plus connu de finale depuis 2002, avec Landreau, Réveillère, Escudé, Boumsong, Govou, Luyindula, Meriem, Mexès, Pedretti... tous internationaux, aucun d'entre eux n'a vraiment percé en Bleu. Comment voulez vous construire une équipe A de qualité avec de si mauvais résultats en jeunes ?

A plus tard !

lundi 6 mai 2013

Les enjeux de la Ligue 1

Salut à tous,

Mine de rien, le championnat touche vraiment à sa fin, et il est temps de faire un point sur les enjeux des trois prochaines journées. Comme d'habitude, on a droit à trois ou quatre courses poursuites, et à peu près les trois quarts qui sont encore concernés par un enjeu.

Le PSG y pense trop

Pour le titre d'abord. Avec les deux points perdus hier par le PSG - qui semble être devenu la cible des arbitres depuis deux ou trois journées, pour preuve hier ces huit fautes, sanctionnées par 4 cartons et un rouge qui fut un summum de ridicule arbitral - le suspense a repris un peu de couleurs. Le club parisien compte sept points d'avance sur Marseille, et même un de plus avec ses 34 (!) buts d'avance, et finalement le problème reste le même : il lui faut une victoire. S'il ne gagne pas à Lyon, ce qui est évidemment une possibilité vu la grosse forme actuelle de l'OL, il a les moyens de le faire contre Brest ou à Lorient. Il peut aussi se contenter de signer deux nuls sur ces trois matches... il n'y a pas encore le feu donc, mais on constate une fois de plus que, un peu comme au tennis, le plus dur, c'est de conclure.

Pour la qualification directe à la Ligue des Champions, le suspense est également relatif. Même si le calendrier marseillais n'est pas aisé sur le papier - Toulouse et Reims au Vélodrome, un déplacement à Saint-Étienne entre les deux -, il pourrait le devenir sachant

que le TFC est déjà en vacances et que Reims pourrait l'être lors de la dernière journée vu que son maintien est en très bonne voie.  Surtout, les quatre points d'avance qu'ils comptent sur Lyon - qui, lui aussi, possède un gros avantage de 15 buts sur l'OM - pourraient se révéler suffisant, vu la solidité actuelle des hommes d'Elie Baup. Il faudra bien ça, quand on observe la forme actuelle de l'OL, qui reste sur trois victoires et un nul, et qui recevra également deux fois, le PSG et des Rennais démobilisés lors de la dernière journée, après un déplacement houleux à Nice. Là encore, un calendrier pas facile, mais qui pourrait tout de même rapporter six ou sept points aux Lyonnais s'ils conservent leur forme actuelle.

La marche trop haute ?

Nice et Saint-Étienne sont toujours dans la course pour la troisième place, même si la litanie de nuls des Verts, due notamment au manque de réussite actuel de son duo Brandao-Aubameyang après un début de printemps faste, a plombé leur deuxième partie de saison marquée par une étonnante invincibilité (8 succès, 8 nuls). Sur les matches retours, l'ASSE ne compte qu'un point d'avance sur Nice, qui a perdu 5 matches... mais en a gagné 10, deuxième meilleur total derrière le PSG (11). L'OGCN pointe à trois points de l'OL, qu'il reçoit dans deux journées, et les Verts un de plus, même si ils ont l'avantage de la deuxième meilleure différence de buts du championnat (+28, contre +22 à Lyon et +13 pour Nice). En revanche, Nice, qui n'est que 8e à l'extérieur, se déplace encore deux fois sur trois, mais chez des équipes du bas du tableau (Evian et Ajaccio) en plus de la réception de Lyon. Là encore, Saint-Étienne est le moins bien loti, avec deux déplacements compliqués (Lorient et Lille) et la réception de Marseille. Avec un tel calendrier, ils semblent même sous la menace lilloise, qui compte deux points et 12 buts de moins, et deux matches à domicile sur trois, contre Reims et... Saint-Étienne, un duel qui pourrait coûter très cher, et un déplacement à Montpellier.

Justement, de Montpellier, 7e avec six points de retard sur le 6e lillois, à Valenciennes, 12e avec 42 points, huit d'avance sur la zone rouge, on compte six équipes (les deux citées plus Lorient, Bordeaux, Toulouse et Rennes) qui sont déjà quasiment en vacances, voire complètement. Et à partir de Bastia, 13e, on compte les huit équipes concernées par la lutte pour le maintien. Les Corses, qui trainent certes une des pires différences de but du championnat (-19) sont les mieux placés, avec leurs 40 points, six de plus qu'Evian, le premier relégable. Reims et Ajaccio également, avec leurs cinq points d'avance. Pour ces trois clubs là, a priori un succès ou deux ou trois nuls devraient suffire. Pour les cinq autres, en revanche...

Huit équipes qui tremblent

Seizième, Sochaux compte trois points de plus, et un calendrier qui leur réserve deux déplacements chez des équipes du bas de tableau (Brest et Bastia) et la réception de Toulousains démobilisés, ce qui ne les a pas empêché de punir Lille ce week-end (4-2). Le FCSM qui n'a perdu qu'un seul de ces sept derniers matches (à Nice, 3-0) pour deux succès et 4 nuls. Il faudra poursuivre ce rythme pour ce maintenir, par exemple avec 4 points. Pour Nancy, sévèrement battu par Lyon (0-3), et qui revient littéralement de l'enfer, on peut espérer que cette défaite ne cassera pas son rythme qui classe l'ASNL à la 9e place des matches retours ! L'ASNL qui ira à Bordeaux et Brest, et recevra Bastia, un calendrier à sa portée. Pour Evian, toujours en course en Coupe de France, un paramètre à ne pas négliger sur le plan de la fatigue, mais aussi des conséquences morales d'une élimination ou d'une victoire, son parcours réserve deux réceptions consécutives et pas simple (Nice et Valenciennes) et un dernier déplacement à Bordeaux. Le potentiel offensif des Savoyards (39 buts, deuxième attaque des 7 derniers derrière Troyes, 40) peut aussi se révéler décisif, surtout à domicile (25 buts). Mais ils ont un point de retard...

Pour les deux derniers, les tendances sont complètement opposées. Après une saison passée à chercher à mettre en adéquation sa qualité de jeu unanimement reconnue et ses résultats, Troyes a réussi à quitter la dernière place. Également en course en Coupe de France, l'ESTAC a gagné deux de ses trois derniers matches, et ne compte plus "que" quatre points de retard sur Nancy. En trois journées ça paraît compliqué à rattraper, surtout quand on n'a gagné qu'un match à l'extérieur et qu'on se déplace deux fois sur trois, à Ajaccio et Valenciennes, et qu'on reçoit Bordeaux qui, on l'a vu, affronte trois des quatre derniers d'ici la fin de la saison, avec donc un rôle d'arbitre. Quant à Brest, qui, il y a deux mois, comptait cinq points d'avance sur la zone rouge et 9 sur Troyes avant de perdre ses sept derniers matches et de pointer à deux points des Aubois... c'est quasi terminé, et ça pourrait bien l'être le week-end prochain. Et ce, malgré deux réceptions d'équipes mal classées (Sochaux et Brest) et un déplacement à Paris...

Voilà, sur ce on en reparle très vite !

vendredi 12 avril 2013

Paris sans complexes

Salut à tous,

Deux jours après cette désormais mémorable soirée catalane, la déception demeure, même si la fierté doit toujours habiter les supporters parisiens. Sur ce même blog il y a une semaine, je disais que le pire pour le PSG serait de prendre une fessée au Camp Nou, et de voir sa courbe de résultats se briser par la suite. Est-ce que la cruauté du résultat de mercredi ne serait pas susceptible de faire la même chose, et d'affecter encore plus le moral et la motivation des Parisiens ? On en saura plus ce week-end, après le déplacement du PSG chez la lanterne rouge troyenne, mais en attendant on peut déjà l'affirmer : beaucoup de supporters auraient presque préféré un 3-0. Au moins, les regrets ne seraient pas là.

Une mission impossible

Qui aurait pu imaginer un tel match du PSG, même ce PSG là, à Barcelone ? Dans l’Équipe de mercredi, avant le choc, Luis Fernandez, qui avait pourtant fait douter le Barça à son tour en 1995 en attaquant et bousculant le grand club catalan sur ses propres terres, lui conseillait certes de faire pareil, mais en changeant son système et en blindant son milieu. Et ça, c'est ce que tous les "spécialistes" conseillaient à Ancelotti, qui, du haut de son mini palmarès (quatre Ligues des Champions, dont deux comme joueur et donc deux comme entraîneur), en avait sûrement bien besoin. Déjà que j'avais une excellente opinion sur lui, mais elle ne s'est pas
détériorée depuis dix jours, au contraire. Il n'a pas cédé aux avis alarmistes, et aux appels à la défense absolu, au blindage du milieu. Il a joué la gagne avec son 4-4-2, et ses quatre joueurs offensifs. Après tout, combien d'équipes sont venues à Barcelone avec l'objectif de rester à dix derrières et son reparties avec une valise ? Il a ainsi prouvé que personne, en France, ne pourrait jamais lui donner la leçon sur le plan tactique. Et il a montré une envie de gagner très au-dessus de la moyenne générale. Cette dernière a été si communicative au sein de son groupe de joueur qu'elle a failli payer.

Il faut être réaliste : même avec les investissements pantagruéliques effectués depuis 20 mois, et même avec un Messi intermittent et une charnière centrale catalane en mousse usagée, sortir le Barça sur ces deux matches aurait été un exploit gigantesque, et surtout au match retour, avec ces deux buts encaissés à l'aller qui obligeaient littéralement le PSG à s'imposer au Camp Nou, ce que personne n'a réussi dans un match à enjeu en C1 depuis les calendes grecques, à savoir six ans, et une visite de Liverpool en février 2007, déjà en quart de finale (1-2). Valdes, Puyol, Xavi, Messi, Ronaldinho et Iniesta, qui était rentré en jeu, étaient sur la pelouse, tout comme... Thiago Motta. Depuis, ils n'avaient subit que deux défaites, à chaque fois en phase de poule, et avec un enjeu limité, voire nul. Voilà ce que devait réussir le club parisien : un truc impossible.

Valdès et Messi ont fait la différence

Pourtant, c'est peu dire qu'il est passé près, vraiment tout près. Entre les occasions de Lavezzi et Lucas en première mi-temps, le but de Pastore en seconde mais aussi l'occasion de ce dernier quelques minutes avant l'égalisation de Pedro, le PSG, sur l'ensemble du match, aurait mérité de remporter cette rencontre. Qu'est-ce qui a sauvé le Barça ? Un très bon Valdès en première période, l'entrée de Messi et l'utilisation à plein d'une expérience européenne hors du commun après le but catalan. Pour le reste, quel arrêt Sirigu a-t-il du sortir dans ce match, à part une frappe d'Iniesta trop cadrée sur lui ? Comme à l'aller, le portier italien a été étonnamment désœuvré, nettement moins, en tous cas, que son vis-à-vis catalan. Mais les deux ont quand même pris le même nombre de buts. Sirigu est extrêmement talentueux, mais il reste jeune, et il n'a pas été décisif sur ces deux matches, coûtant même un penalty au Parc des Princes. Il faut également dire que les attaquants barcelonais ont nettement mieux négocié leurs -rares - occasions que leurs homologues parisiens, trop brouillons devant le but. En tous cas, les Parisiens n'ont plus vu le ballon lors des vingt dernières minutes, alors qu'ils avaient l'obligation de marquer un autre but. Sans doute aurait-il fallut le mettre avant que Pedro n'égalise.

L'entrée de Messi, je l'ai dis, à a été déterminante. Combien de fois ai-je lu ou entendu ses
détracteurs - en général des fans de Ronaldo, comme si on ne pouvait pas aimer les deux, un peu comme le duel entre les Stones et les Beatles, il y a 50 ans - dire que si Messi était aussi fort, il le devait uniquement au talent de ses passeurs préférés, Xavi et Iniesta ? Et bien sur ces deux matches, et notamment mercredi, il a prouvé que c'était exactement l'inverse. Par exemple Iniesta, ce joueur immense, fabuleux, a été absolument quelconque les trois fois que je l'ai vu jouer sans Messi devant lui : les deux fois contre Paris, et la fois avec l'Espagne contre la France. Je l'ai vu presque neutre, sans idées, accumulant les passes latérales et ne tentant aucunes de ses accélérations balles au pied qui en font un joueur exceptionnel, qui aurait mérité le Ballon d'Or ces dernières années. Dès que Messi est rentré, on l'a vu tenter des dribbles et faire des misères à la défense parisienne. Même chose pour Xavi, que l'on a rarement vu réussir une de ses transversales dont il a le secret quasi exclusif. Oui, il n'y avait pas d'espaces pour le faire, mais il n'y avait pas Messi non plus.

L'Argentin n'est pas seulement un buteur unique au monde, comme on n'en a plus vu depuis des décennies. Il est aussi un joueur qui, à l'instar de Ronaldo, pèse psychologiquement sur les défenses dès qu'il est présent sur une pelouse. Il hypnotise ses adversaires par sa seule présence, les oblige à se diriger vers lui pour empêcher de nuire. Résultat ? Des espaces pour les autres, qui ne manquent pourtant pas de talent. Sur l'action du but, en plus d'éliminer Verratti et Motta sur un seul dribble, il crée un espace pour Villa et surtout Pedro, qui a tout le temps d'ajuster Sirigu. C'était le deuxième tir cadré du Barça, qui n'en avait cadré aucun avant l'entrée de Messi sur le terrain.

C'est tout ce qu'il a fait sur ce match, comme au match aller où il n'avait rien fait d'autre que de marquer et frapper juste au-dessus avant de sortir. C'est la différence entre lui et les autres, hormis Ronaldo : il ne fait rien pour rien, il ne gâche pas. Et lorsqu'il est là, Barcelone est transformé. Non seulement il offre plus de solutions de passes en attaque que Villa ou Sanchez, non seulement il arrive à se faufiler là où personne ne passe, mais en plus il crée des espaces pour les autres, rien qu'en étant là. En dix minutes, le PSG était mort.

Victoire au milieu

Si l'Argentin ne s'était pas blessé à l'aller, et si le Barça avait aussi pu compter sur une charnière potable - en même temps, n'avoir sous la main que Piqué, Puyol et Mascherano pour la composer, quand on a 12 000 solutions en attaque, c'est aussi la responsabilité de la direction sportive catalane... - il n'y aurait pas eu autant de suspense. Sans doute aurait-il même été absent dès la fin du match aller. Reste que la force du Barça, en plus de Messi, réside dans la qualité de sa possession de balle, de son pressing haut et intenable, sa capacité à étouffer n'importe quel adversaire, ou presque. Mais mercredi, Paris a quasiment pu jouer à sa guise, et pas seulement en contre. Il a pu combiner au milieu, et on a quand même eu la sérieuse impression que Verratti et Motta - qui aura presque fait oublier l'absence de Matuidi, malgré une absence d'un mois - avaient pris le dessus sur Xavi, Iniesta et surtout Busquets, qui a raté son match. Et ça, franchement, ce n'était pas gagné d'avance, c'était même la clé de tout ! Que la défense catalane pourrait souffrir face aux attaquants parisiens, c'était attendu, vu que c'est ce qui était arrivé à l'aller. Mais qu'ils n'aient pas été privés de ballons au retour, ça l'était moins. C'est surtout en cela que la performance parisienne a été magnifique : elle a fait douter le Barça au milieu, son point fort, tout en ne reniant pas ses principes, et en conservant un 4-4-2 audacieux, alors que certains conseillaient à Ancelotti d'aligner Thiago Silva au milieu...

Et on peut alors s'étonner que le PSG ne possède que 7 points d'avance en championnat, avec une qualité individuelle et collective pareille. A chaque fois que le club parisien a joué aussi bien en championnat - si si, ça lui est quand même arrivé - il a écrasé ses adversaires : à Bastia, à Toulouse, à Valenciennes, tous battus 4-0 à domicile, mais aussi Brest (0-3). Mais ces matches commencent à dater. Maintenant qu'il n'a plus que le championnat et la Coupe de France à jouer, on pourrait vite constater une sorte de baisse de la motivation des stars parisiennes qui, soyons réalistes, sont surtout là pour jouer la C1. Le fait que le PSG ait réussi à perdre à Sochaux (3-2) ou à Reims (1-0) montre qu'il est vraiment double, et qu'il devrait sérieusement se méfier de son déplacement troyen ce week-end. Mais une contre performance dans l'Aube gâcherait vraiment beaucoup la belle impression qu'il a laissé contre Barcelone.

A plus tard !

mercredi 3 avril 2013

Paris au niveau

Salut à tous,

Quel match ! L'affiche était belle, mais semblait déséquilibrée sur le papier, forcément. Elle ne pouvait aboutir à un grand match que si les débats, et surtout le score, étaient équilibrés, et le suspense présent jusqu'au bout. De ce point de vue, on a été servi au-delà de nos espérances. Même si ces dernières, notamment les plus folles, envisageaient plutôt une victoire. Mais qui, sérieusement, et à part le perfectionniste Carlo Ancelotti, peut cracher sur un tel score après avoir promis au club parisien les pires tourments, notamment la fameuse branlée attendue par ses (nombreux) détracteurs ?

Comme à Valence... ou presque

C'est tout à l'honneur du technicien italien, qui prouve par là son amour de la victoire, et sa compétitivité extrême, née d'un palmarès de joueur et d'entraîneur auprès duquel peu de ses collègues peuvent se comparer, de se pincer le nez après un match nul à quatre buts qui grève évidemment dans les grandes largeurs les chances parisiennes de voir les demi-finales cette saison. Mais compte-tenu des chances de se qualifier que le PSG semblait posséder,
quand on entendait ou lisait les très nombreux pronostics dans les médias, on peut se dire qu'être encore vivant à la mi-temps de ce double duel, ça ressemble presque à une victoire.

Il faut quand même rappeler que le Barça actuel est le fruit d'une tradition de jeu et de formation qui date de trois décennies, au moins, renforcée par l'expérience et le palmarès, que ce soit en club comme en sélection, de la majorité de ses joueurs, dont les Espagnols, évidemment. Dans le même temps, le PSG actuel est la résultante d'un travail des Qatariens, qui ne cachent pas que le FC Barcelone est leur modèle numéro un, vieux de vingt mois. Réussir à rivaliser, au moins au score et parfois dans le jeu, avec un tel modèle, ce n'est pas rien. Que l'on aime ou pas le club parisien, il faut lui reconnaître d'avoir réussi ce que Chelsea et surtout Manchester City, ses prédécesseurs dans le bal des clubs gonflés par des tonnes d'argent tombés du ciel, n'ont pas réussi à faire aussi rapidement. Pour le club mancunien, ce n'est d'ailleurs toujours pas le cas.

Pour en revenir au match en lui-même, le PSG a réussi le même début de match qu'à Valence, en février dernier (1-2), avec une différence notable, due autant à sa maladresse qu'à la qualité supérieure de l'adversaire, et notamment au poste de gardien : l'efficacité. Le club parisien avait parfaitement profité de la qualité de son bloc défensif, de sa relance, et de la vitesse de ses flèches, notamment Lucas et Lavezzi, et Pastore à la finition, pour déboucher à la pause avec un avantage de deux buts largement mérité. Cette fois, après trente minutes d'une grande qualité, avec les mêmes contres, les mêmes acteurs hormis Pastore, uniquement présent défensivement hier, mais sans le même résultat, les Parisiens retournaient aux vestiaires avec un but de retard, pas scandaleux puisque dans la foulée Messi manquait d'un rien le doublé - une action sur laquelle l'Argentin se blessait à la cuisse - mais cruel, vu le poteau de Lavezzi et les occasions de Pastore et surtout Ibrahimovic, par deux fois.

La défense parisienne au niveau

Défensivement, Dani Alves a fait très mal. Évoluant comme toujours quasiment comme un ailier - un peu comme son collègue Jallet, de l'autre côté - il a donné beaucoup de travail à Maxwell, qui s'en est d'ailleurs plutôt bien sorti. Mais le Brésilien du PSG a longtemps semblé isolé dans son couloir pour défendre, sans doute parce que Pastore, malgré sa bonne volonté, n'est pas un défenseur pur, et parce qu'il a beaucoup défendu dans l'axe, laissant trop d'espaces dans son couloir à Alves. De l'autre côté, Jordi Alba, enquiquiné à la fois par un Lucas détonnant avant la pause, et par Jallet durant tout le match, n'a quasiment jamais eu l'occasion d'attaquer. Pas plus qu'un Iniesta étonnamment discret, pour les mêmes raisons. Quant à Sanchez, sauvé par l'obtention du penalty, et surtout Villa, qu'on n'a tout simplement pas vu, ils ont traversé ce match avec la certitude que Fabregas et Pedro
risquaient fort de jouer le match retour, avec une efficacité et un danger pour la défense parisienne nettement supérieure.

Mais la défense parisienne a été tenue à bout de bras par un Thiago Silva stratosphérique. A propos de lui, on peut vraiment dire que si Barcelone avait réussi à le chiper au PSG l'été dernier, le score aurait été tout autre hier soir. Mais est-ce que le club parisien aurait atteint les quarts de finale sans son capitaine ? Toujours est-il qu'hier aucun Catalan n'a réussi à passer dans sa zone, ni les autres d'ailleurs dès que l'international brésilien venait les nettoyer. Alex a également bien défendu, mais la présence de Silva à ses côtés l'a bien aidé, tout comme les latéraux parisiens. Si Silva avait joué à la place de Piqué, Mascherano, voire Bartra en fin de match, le Barça aurait-il encaissé ces deux buts un peu casquette ? Sans doute pas, tellement la charnière catalane est coupable sur ces deux actions...

On notera également l'immense match de Matuidi, quasiment seul dans l'axe pour défendre en raison des défaillances de Beckham, j'y reviendrais, et encore capable de s'arracher après 93 minutes de combat face au meilleur milieu du monde pour marquer un but. Ce garçon n'a pas fini, je crois, de nous étonner, et est un des meilleurs nouvelles récentes pour le football français, avec l'émergence de Varane au plus haut niveau.

Ancelotti a joué le jeu

La principale satisfaction, pour moi, c'est de voir qu'Ancelotti, malgré les nombreux doutes qui accompagnaient cette décision, a conservé son 4-4-2 et ses quatre joueurs offensifs, alors que tant de ses confrères et autres journalistes lui prédisaient de gros désagréments s'il ne densifiait pas son milieu et ne jouait pas la défense à outrance, comme il est coutume de le faire contre le Barça et l'Espagne, comme on l'a vu avec les Bleus de Deschamps, qui ont sans doute payé leur manque d'ambition tactique (0-1). Alors oui, même si pour cela il faut avoir les armes offensives et la solidité défensive pour le faire, il est possible de bousculer le Barça, et ne pas construire un mur autour de son but pour cela. Il faut pour cela bien défendre, et non pas que défendre, et bousculer sa défense, qui est son (gros) point faible, du gardien aux latéraux, si offensifs et enclins à laisser des espaces dans leurs dos. Paris, un peu comme le Real Madrid de Mourinho en début d'année, a décidé de jouer d'égal à égal contre Barcelone, en ne se recroquevillant pas sur son but, terrorisé par la qualité offensive du club catalan. Et ça lui a réussi, hier. Pas sûr que ça suffise pour passer ce tour, mais de toutes façons il faudra gagner là-bas pour y arriver, et/ou marquer au moins deux buts... donc il faudra prendre des risques.

Verratti, le détonateur

La surprise, évidemment, provenait de la titularisation très risquée de Beckham au milieu, à la place de Verratti. Ancelotti a dis après coup qu'il voulait profiter de la qualité de passe de l'Anglais. On se doute que ce n'était pas pour son jeu de tête... On rajouterait que c'était aussi pour l'expérience due à ses 105 matches de C1, par rapport aux sept du jeune italien, qui pourrait être son fils (20 ans). Déjà, titulariser Beckham à Saint-Étienne, où il avait fait le boulot durant 90 minutes dans un contexte pourtant difficile, ressemblait à une gageure, après cinq années passées aux États-Unis et de nombreuses semaines d'inactivité. Mais Barcelone, personne ne fait mieux au milieu de terrain, et le Spice Boys a logiquement souffert. Quand il a eu le temps de relancer, quasiment assis sur sa défense, il a apporté sa touche technique, avec de plus en plus de déchet cependant au fil du match et de la fatigue s'accumulant. Sur coup de pied arrêté, il a également apporté le danger. Mais son impact défensif a été quasi nul, il fut très souvent en retard, récoltant logiquement un carton qui annonçait sa sortie proche (70e). Ça faisait alors 20 minutes que le PSG ne touchait plus le ballon, incapable au milieu d'attraper le cuir, avec quasiment un homme en moins. L'entrée de Verratti allait tout changer.

Dès son entrée en jeu, le jeune italien allait faire admirer sa qualité de passe longue, qui manquait au PSG depuis la 40e minute et l'éteinte de Beckham, idéale pour lancer Ibrahimovic, Ménez ou Gameiro, également entrés en jeu, mais aussi les latéraux, qui allaient parfaitement apporter le surnombre sur les côtés, notamment sur les deux buts, un pour chacun : Maxwell obtenant le coup-franc débouchant au but de Zlatan, nettement hors-jeu pour le coup, Jallet ouvrant parfaitement pour le tête de ce dernier, qui offrira l'égalisation à Matuidi. Est-ce que la titularisation de Verratti aurait changé le cours de la première mi-temps ? Pas sûr, puisque le PSG a été bon avant la pause, sans lui. Mais il n'aurait sans doute pas fait moins bien que Beckham, d'entrée.

Un retour à double tranchant

Les deux clubs vont donc se retrouver dans pile une semaine, au Camp Nou, dans des configurations tactiques sans doute similaires mais avec des compositions différentes. Matuidi sera suspendu côté parisien, il pourrait être remplacé par Thiago Motta, qui risque cependant de manquer de temps de jeu... pas sûr non plus qu'Ancelotti retente l'expérience Beckham. Mais depuis les départs cet hiver de Rabiot et surtout Sissoko, il manque de solutions dans ce secteur. Un milieu Verrati-Motta me semble pas mal, à moins que la hargne de Chantôme lui offre une titularisation surprise... Côté catalan, il manquera peut-être Messi - une sacrée bonne nouvelle pour Paris, on l'a vu hier avec des Barcelonais en grande difficulté pour trouver des espaces sans ses appels -  et de façon certaine
Mascherano, qui s'ajoute à celle de Puyol. Busquets descendra donc certainement en défense pour épauler un Piqué une nouvelle fois en difficulté hier, ce qui modifiera donc également le milieu, avec peut-être l'entrée dans le onze de Song. Devant, on devrait plus sûrement voir Pedro que Villa, qui a raté ses deux récents matches en France, avec l'Espagne et le Barça. Mais n'oublions pas que ce fut son but au retour contre Milan qui qualifia le Barça (4-0)...

Justement, le FC Barcelone sera moins dans l'urgence que lors du tour précédent, où il devait rattraper deux buts. Là, il sera qualifié au coup d'envoi, et pourra se contenter de ne pas prendre de buts, ce qui n'est pas dans les habitudes de la maison. C'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour Paris. La bonne, c'est que du coup ils ne subiront peut-être pas la même furia qu'avait subit le Milan, qui avait encaissé un but de Messi après seulement 5 minutes de jeu. La mauvaise, c'est que du coup Barcelone sera quand même plus prudent - Niang avait bien failli profiter des espaces créés par la défense catalane au retour, trouvant le poteau juste avant le deuxième but de Messi - et n'offrira donc pas les largesses dont auraient pu raffoler Lucas, Lavezzi ou Ménez. Il va donc falloir provoquer une équipe qui ne se jettera pas à l'attaque, sauf si elle veut vite tuer le suspense, ce qui n'est pas impossible. Mais ça paraît moins facile à faire sans Messi...

L'exemple lyonnais
L'objectif, au-delà de la qualification, qui semble quand même compliquée à obtenir, ce sera de ne pas prendre une raclée. Qui se souvient du bon match nul obtenu par Lyon en huitième de finale aller de la C1, en février 2009 (1-1) ? On se souvient surtout du match retour, lors duquel L'OL, malgré deux buts inscrits, avait sombré défensivement, encaissant même un doublé de Henry (5-2)... une fessée que Lyon avait payé par la suite, ne gagnant que deux de ses sept matches suivant et terminant à la troisième place du championnat... Il faudra donc que le score, quitte à ce que ça tourne mal, reste "convenable" pour le club parisien. Parce que si une élimination resterait honorable car attendue et normale, une fessée le soumettrait une nouvelle fois aux lazzis et aux quolibets de la France du foot et de ses médias, si facilement enclins à le moquer au premier accroc.

On a hâte d'y être en tous cas ! A plus tard !

lundi 11 février 2013

L'importance du premier but


Salut à tous,

Nouveau focus sur la Ligue 1 aujourd'hui, à travers une stat intéressante, je trouve : l'incidence de l'ouverture du score sur le résultat dans notre championnat si serré, même si ça commence à se décanter en tête du classement. Mais l'adage qui dit que tout le monde peut battre tout le monde en Ligue 1 est plus que jamais d'actualité.

93 % de chances de ne pas perdre

Il y a eu 223 ouvertures du score cette saison (240 matches moins 17 0-0, faites le calcul). C'est Marseille qui a le plus souvent ouvert le score (17, soit près de 71 % du temps) devant le PSG (16), Lyon et Saint-Étienne (14). Tout en bas, Bastia n'a ouvert le score que 5 fois, mais réussit l'exploit d'avoir gagné à chaque fois, un 100 % de réussite que personne n'égale en Ligue 1. Mais j'y reviendrais. Les Corses sont devancés par Brest (7). Sur ces 223 premiers buts (36 % du total), l'équipe qui a mené à gagné 154 fois, soit 69 % de réussite. Elle n'a donc pas gagné à 69 reprises (31 %) et se sont même inclinées 16 fois (7,2 %). Un score finalement très faible, puisque ça donne une moyenne de moins d'une fois par journée de championnat. Ce week-end a donc été "prolifique", puisqu'on a eu droit à un retournement de situation, celui de Reims à Nancy (1-2). Six des neuf équipes qui ont ouvert le score l'ont
emporté. Ouvrir le score donne donc plus de deux chances sur trois de s'imposer, et plus de neuf chances sur dix de ne pas perdre : c'est dire l'importance essentielle du premier but en Ligue 1.

Détaillons à présent ces chiffres par équipe. J'ai donc dis que Bastia n'avait marqué le premier but que cinq fois, pire total de Ligue 1, mais avait gagné à chaque fois. Un cas unique, puisqu'au pourcentage les Corses devancent le PSG (93,7 %, 15 sur 16), Rennes (83,3 %, 10 sur 12), et Toulouse (80 %, 8 sur 10). Suivent Lyon et Sainté, qui comptent les mêmes chiffres (78,6 %, 11 sur 14) et Marseille (76,5 %, 13 sur 17), dont le chiffre a baissé ce week-end après avoir été rejoins au score à Evian (1-1). Tout en bas, on retrouve les quatre mêmes clubs de l'est qui trustent les quatre dernières places du classement général, avec des chiffres inquiétants : Evian, qui côtoie Ajaccio (55,6 %), mais surtout Reims (40 %), Troyes (33,3 %) et Nancy (30%, 3 sur 10) ne devraient peut-être pas chercher plus loin la raison de leurs problèmes. D'ailleurs, hormis l'exception corse, la ressemblance entre ce classement et celui de la Ligue 1 est troublante, puisque tous les leaders sont en haut, et les clubs en difficulté, en bas.

Marseille sans réaction

Quand les clubs sont menés, le classement diffère un peu, et même beaucoup pour certain. Nice est l'équipe qui perd le moins après avoir concédé l'ouverture du score, à l'image de son égalisation contre Lorient ce week-end (58,3 %, 7 sur 12). Suivent Lorient et Lyon (50 %), puis Bordeaux (42,8 %) et Ajaccio (41,6 %). Arrive seulement Paris, à égalité avec Lille (40 %), le leader du championnat n'ayant pu éviter la défaite que deux fois lors des cinq matches où il a concédé l'ouverture du score. Mais il y a pire que ces chiffres : les deux derniers au pourcentage se nomment Saint-Étienne (14,3 %, 1 sur 7) et surtout Marseille (0 %) qui a toujours perdu les 7 fois où il a concédé l'ouverture du score ! Chiffre étonnant, pour un classement qui prouve surtout que l'important est d'ouvrir le score, pas forcément de le concéder, puisque ça n'a pas d'incidence réelle sur le classement général... ainsi, Reims et Nancy possèdent des chiffres moyens dans ce domaine (30,8 et 26,6 %).

Mais le classement ayant le moins d'incidence, compte-tenu de la faiblesse de ses chiffres, est bien sûr celui des clubs l'ayant emporté après avoir concédé l'ouverture du score. C'est Lyon qui mène dans ce domaine, avec 22,2 % de réussite, devant Ajaccio (18,2 %) et le duo Montpellier-Rennes (16,6 %). Seulement 10 équipe ont réussi cet "exploit" cette saison, soit l'exacte moitié, avec des clients dans l'autre moitié, celle de ceux qui n'ont jamais retourné un score, à savoir Lille, Marseille, le PSG, Saint-Étienne, Toulouse... A noter que sur les 10 qui y sont parvenues, six l'ont fait deux fois (Lyon, Ajaccio, Montpellier, Rennes, Bastia et Nice). C'est Brest qui a été mené le plus souvent (16 sur 24, soit les deux tiers du temps) devant Bastia (15), Nancy et Sochaux (14) et le trio Evian, Toulouse et Troyes (13). A l'inverse, le PSG est pour l'instant l'équipe qui est le moins souvent menée d'entrée (5, soit 20,8 %), devant Bordeaux, Marseille et Saint-Étienne (7), puis Lyon (9) et Lille (10).

Ibra n'aime pas ouvrir

Par joueurs, à présent. A noter que dans 10 cas, l'ouverture du score a eu lieu par l'entremise d'un csc, soit 4,5 %, un chiffre un peu plus élevé que la moyenne générale (3,5 % de csc). Comme dans d'autres classements  (général, à l'extérieur, sur coup de pied arrêtés, dans le dernier quart d'heure...), c'est Zlatan Ibrahimovic qui mène la barque, mais à égalité avec Nolan Roux, et avec un score finalement assez faible (6, soit 28,6 %), alors que pour son concurrent lillois, c'est presque une spécialité (6 sur 7, 85,7 % !). Ces deux joueurs devancent Ben Basat, Gignac, A.Ayew et Cvitanich (5), puis Gomis, Alessandrini, Brandao, Aubameyang et Kadir (4). Parmi les autres "gros" buteurs cette saison, Erding ne l'a fait que 3 fois sur 9, tout comme Ben Yedder, Lisandro 1 sur 7, Cabella et Pitroipa, 1 sur 6.

Voilà, j'espère vous avoir éclairé ! A plus tard !

vendredi 1 février 2013

Le mercato change tout

Salut à tous,

Nous sommes le 1er février, il est donc temps de faire un bilan de ce mercato d'hiver qui, pour ma part, me semble de plus en plus discutable de par sa faculté à bouleverser des effectifs en pleine saison. Au départ, ce n'était qu'un moyen pour les clubs de faire quelques ajustements, prendre un ou deux joueurs pour faire face à un déséquilibre quelconque, et non pas pour s'acheter un nouvel effectif. Le problème, c'est que les mêmes médias qui critiquent ce mercato d'hiver pour ces bonnes raisons, sont en général les mêmes qui, tous les hivers, se plaignent parce que le mercato est mort et qu'il ne s'y passe rien... faut bien parler de quelque chose n'est-ce pas, quitte à se contredire. En tous cas cette année, difficile de dire la même chose.

La Ligue 1 a changé de visage

La France a vécu une nouvelle vague de départs, principalement vers l'Angleterre mais aussi, et c'est nouveau, vers la Russie, avec M'Vila. la Ligue 1, qui donnait la moitié de ses joueurs en Équipe de France depuis plusieurs années, va de nouveau se retrouver isolée, et déplumée. Nous pouvons décemment craindre le pire pour les prochaines saisons européennes, même si ses résultats n'étaient déjà pas extraordinaires.

A moins de faire comme dans les pays sud-américains ou latino-américains, à savoir compter deux champions par an, celui des matches allers et celui des matches retours, conférant ainsi aux demi-saisons de véritables statuts autonomes et justifiant des mouvements de joueurs importants puisque n'influant en rien sur la compétition en elle-même, il paraît aujourd'hui très regrettable de constater que certaines équipes n'auront tout simplement plus la même tête que lors des matches allers. Malgré le cirque engendré par l'arrivée de David Beckham à Paris hier - j'y reviendrais - , le club parisien a été un des plus sages, même s'il a beaucoup dégraissé : l'Anglais et Lucas ont rejoint la capitale, que pas moins de sept joueurs (!) ont quitté dans le même temps (Rabiot, Bodmer, Nenê, Luyindula, Sissoko, Lugano, Hoarau). Malgré la consistance de son effectif, on peut s'étonner de cette vague de départs qui pourrait l'handicaper au moment d'aborder les trois compétitions dans lesquelles le PSG est toujours engagé.

Paradoxalement, il faut aller ailleurs pour constater les changements les plus importants. Quasiment comparée au Barça, figurant parmi les candidats à l'Europe grâce à la qualité de son jeu et de ses attaquants, Valenciennes, sur le papier mais aussi, déjà, sur le terrain à la vue de ses derniers résultats - une victoire, trois nuls, dont une élimination en Coupe de France à Istres (3-3, 3-4 tab), et quatre défaites - n'est plus que l'ombre de ce qu'elle était il y a quelques semaines, infligeant notamment notamment une déculottée à Marseille (4-1). En plus de la blessure longue durée de son meilleur passeur, Gael Danic, cet hiver a vu quitter le Hainaut un défenseur majeur, Carlos Gil (Corinthians), et son meneur de jeu et buteur, Foued Kadir (Marseille). Les arrivées de Rose (Laval), Melikson (Wisla Cracovie) et Sankharé (Dijon) n'ont pour l'instant pas compensé ces départs essentiels. L'équipe humiliée récemment à Nice (5-0) et battue de façon heureuse par un Lyon très nettement supérieur (0-2) peut inquiéter, elle qui ne compte "que" dix points d'avance sur la zone de relégation. A ce rythme, on en reparle dans deux ou trois mois. En tous cas, on peut déjà dire que le mercato d'hiver a nettement influé sur les performances de cette équipe.

D'autres équipes ont beaucoup perdu cet hiver. Si Ajaccio, qui n'a perdu que Medjani (Monaco) tout en récupérant Zubar (Wolverhampton), Chalmé (Bordeaux) et Oliech (Auxerre), semble encore une fois avoir réussi son mercato, tout comme son voisin bastiais (Marque et Moizini, partis libres, contre Landreau, Faty et Beauvue), Bordeaux a vu partir Gouffran et Jussiê, deux de ses meilleurs éléments offensifs, contre l'arrivée du jeune uruguayen Rolan (19 ans) et le retour de Faubert... Diabaté, à son retour de la CAN, et Saivet vont se sentir un peu seuls en attaque du côté des Girondins.

Et que dire du mercato brestois ? Bien partie pour obtenir son maintien jusque là, l'équipe bretonne s'est vue délestée d'éléments essentiels comme Lorenzi (Mons) et surtout son buteur Ben Basat (9 buts) à Toulouse ! Et qui pour le remplacer ? Deux défenseurs, Kurzawa (Monaco, p.) et Lejeune (Villarreal, p.) et un milieu offensif prêté par Everton, Magaye Gueye. Pas de quoi être rassuré. Evian, lui, a encore recruté du clinquant avec deux joueurs provenant du Dynamo Kiev, Betao et Ninkovic. Si ces deux là évoluent à leurs niveaux présumés, c'est tout bon pour les Savoyards, mais ça ne semble pas encore en prendre le chemin. Pour Lille en revanche, ça sent le dégraissage avant inventaire, le club se situant déjà loin des places européennes, en plus d'être en vente : les départs de Landreau et Debuchy n'ont pas été compensé. Même chose pour Lyon, qui lui a résisté à la tentation de vendre ses meilleurs buteurs, Gomis et Lisandro, mais qui a quand même perdu Monzon et surtout Bastos, deux départs là encore non compensés. Les jeunes c'est bien, encore faut-il qu'ils aient le niveau, surtout quand vous êtes encore en course en Ligue Europa !

Montpellier, lui, n'a perdu qu'un joueur, mais non des moindres (Yanga Mbiwa). Nancy, lui, n'avait plus rien à perdre, et a déjà quasiment réglé son mercato... d'été prochain, en se "débarrassant" de six joueurs (Zenke, Haidara, Helder, Andre Luiz, Mollo et l'aller retour de Ouaddou), ramassant quelques millions par ci par là, contre la seule arrivée de Jebbour, prêté par Rennes. Paradoxalement, cette saignée semble avoir libéré cette équipe, qui ne perd plus et est revenue dans la course au maintien...

L'ogre de cet hiver a finalement été marseillais, comme aux plus belles heures du club olympien, même si le recrutement phocéen semble plus quantitatif que qualitatif, au vu du pedigree des joueurs recrutés (Samba, Sougou, Romao, Kadir). De bons joueurs, pas encore de grands joueurs. Mais l'effectif marseillais avait besoin d'être complété, et il peut désormais aborder sereinement les deux compétitions qu'il lui reste (Championnat et Coupe de France). D'autres clubs semblent s'être renforcés, comme Rennes, qui a certes perdu gros avec M'Vila, mais qui a nettement compensé au milieu avec les arrivées de l'inconnu Konradsen mais surtout d'Alou Diarra (West Ham), en plus d'Ilunga. Des joueurs expérimentés, qui manquaient un peu à l'effectif breton. Reims, lui, a investi dans l'avenir, avec Placide (Le Havre) et De Préville (Istres), ce dernier arrivant pour enfin faire marquer des buts à cette équipe. Pas simple ! Saint-Etienne a également réussi son mercato, avec les arrivées en prêts de Mollo et Bodmer, en plus du... fils de Michael Laudrup, Andreas (Nordsjaelland), tout comme Toulouse, renforcé par les arrivées de Ben Basat, Rabiot et Hermach, contre les départs de Sissoko et Rivière.

On le voit, qu'elles étaient modifiées en bien ou en mal, une grande majorité de ces équipes ont complètement changé de visage. En plus de Valenciennes, on peut imaginer que Toulouse ou Saint-Étienne grimpent au classement, au détriment de Montpellier par exemple. Il est encore trop tôt pour définitivement juger le mercato de chacun, mais une chose est sure : il jouera un rôle, indéniablement.

Beckham, produit d'appel

Beckham, à présent. J'ai beaucoup suivi les chaînes infos et sportive hier, tandis que l'arrivée du "Spice Boy" à Paris se profilait de plus en plus nettement. Il a beaucoup été dit de choses, plus ou moins vraies. Pascal Praud, entre autres, a insisté sur le fait que Beckham ne faisait pas partie des tous meilleurs joueurs de tous les temps, n'ayant pas gagné de Coupe du Monde ou de Ballon d'Or, et n'atteignant pas le niveau de joueurs comme Zidane ou Ronaldo, ses anciens coéquipiers au Real qui n'ont pourtant pas eu à se plaindre de son travail derrière eux en Espagne. Je ne me rappelle pas qu'il ait dit la même chose lorsque Ibrahimovic est arrivé, alors que le Suédois n'a pas non plus gagné de Mondial ou de Ballon d'Or, pas plus que de Ligue des Champions d'ailleurs... Le problème n'est pas la valeur intrinsèque d'un joueur qui restera quand même dans l'Histoire, et pas seulement pour le phénomène de mode qu'il a engendré, mais aussi par sa qualité de passe, sa vision de jeu, son professionnalisme aussi. Ainsi que son palmarès, n'en déplaise à Praud.

Le fait qu'il ne touche pas de salaire au PSG, un cas unique au monde, surtout dans un club qui vise autre chose que le maintien, comme l'Atalanta qui avait fait signer Christian Vieri pour 1000 euros, plus des primes, est compensé par le fait que de toutes façons, Beckham ne sera jamais dans le besoin, grâce à des contrats publicitaires colossaux. Le geste est noble, mais sa portée est relative, à part bien sûr pour les enfants qui bénéficieront de sa générosité. Ça prouve surtout qu'il n'est sans doute pas là pour révolutionner le jeu parisien, s'imposer comme le patron de son milieu de terrain, et d'aligner les buts ou les passes décisives. A bientôt 38 ans, après cinq années passées en MLS, un championnat du niveau de la deuxième division française, à quelques exceptions près, et deux mois sans jouer, Beckham ne nous fera pas croire qu'il possède encore la forme qui lui permettait de compenser une vitesse moyenne par une combativité et une activité à toutes épreuves, à Manchester comme à Madrid.

Il s'agit bien sûr d'un coup marketing, un investissement à court terme pour récupérer un maximum de cash en vente de maillots pour un club parisien qui cherche à se mettre en adéquation avec le fair-play financier exigé par Michel Platini. Les Qataris ont également là trouvé un moyen idéal de se refaire une image après le scandale révélé cette semaine par France Football à propos de l'achat présumé du Mondial 2022, scandale dans lequel le nom du président de l'UEFA a d'ailleurs été prononcé. Amélioration d'image, mais aussi diversion médiatique...

Le problème, c'est que ça se voit beaucoup. Jusque là, le PSG avait recruté certes du clinquant, mais aussi du sportif, solide et efficace. Si les recrutements de Lugano et Sissoko n'ont pas porté leurs fruits, on ne pouvait décemment pas les considérer comme étant uniquement des têtes de gondole. Ils n'étaient pas assez connus pour cela, et possédaient encore un crédit sportif important, notamment l'Uruguayen, capitaine de la sélection uruguayenne et leader de vestiaire hors-norme. Pour Maxwell et Ibrahimovic, tout justes trentenaires, il s'agissait également de joueurs majeurs, en pleine force de l'âge et provenant de clubs prestigieux. Quant à Van der Wiel, Sirigu, Lavezzi ou Verratti, il s'agissait là de véritables investissement sur la durée, susceptibles de rapporter de l'argent en cas de revente. Non, j'ai beau chercher, c'est bien la première fois que les nouveaux propriétaires parisiens se font prendre la main dans le sac du clinquant dénué de logique sportive. La vérité c'est que sur le terrain, même s'il ne possédait pas de tireur de coup-francs de cette qualité, le PSG n'avait pas besoin de Beckham. Pas à cet âge - le plus élevé de Ligue 1 - en tous cas.

Voilà, je vous laisse, à plus tard !