vendredi 12 avril 2013

Paris sans complexes

Salut à tous,

Deux jours après cette désormais mémorable soirée catalane, la déception demeure, même si la fierté doit toujours habiter les supporters parisiens. Sur ce même blog il y a une semaine, je disais que le pire pour le PSG serait de prendre une fessée au Camp Nou, et de voir sa courbe de résultats se briser par la suite. Est-ce que la cruauté du résultat de mercredi ne serait pas susceptible de faire la même chose, et d'affecter encore plus le moral et la motivation des Parisiens ? On en saura plus ce week-end, après le déplacement du PSG chez la lanterne rouge troyenne, mais en attendant on peut déjà l'affirmer : beaucoup de supporters auraient presque préféré un 3-0. Au moins, les regrets ne seraient pas là.

Une mission impossible

Qui aurait pu imaginer un tel match du PSG, même ce PSG là, à Barcelone ? Dans l’Équipe de mercredi, avant le choc, Luis Fernandez, qui avait pourtant fait douter le Barça à son tour en 1995 en attaquant et bousculant le grand club catalan sur ses propres terres, lui conseillait certes de faire pareil, mais en changeant son système et en blindant son milieu. Et ça, c'est ce que tous les "spécialistes" conseillaient à Ancelotti, qui, du haut de son mini palmarès (quatre Ligues des Champions, dont deux comme joueur et donc deux comme entraîneur), en avait sûrement bien besoin. Déjà que j'avais une excellente opinion sur lui, mais elle ne s'est pas
détériorée depuis dix jours, au contraire. Il n'a pas cédé aux avis alarmistes, et aux appels à la défense absolu, au blindage du milieu. Il a joué la gagne avec son 4-4-2, et ses quatre joueurs offensifs. Après tout, combien d'équipes sont venues à Barcelone avec l'objectif de rester à dix derrières et son reparties avec une valise ? Il a ainsi prouvé que personne, en France, ne pourrait jamais lui donner la leçon sur le plan tactique. Et il a montré une envie de gagner très au-dessus de la moyenne générale. Cette dernière a été si communicative au sein de son groupe de joueur qu'elle a failli payer.

Il faut être réaliste : même avec les investissements pantagruéliques effectués depuis 20 mois, et même avec un Messi intermittent et une charnière centrale catalane en mousse usagée, sortir le Barça sur ces deux matches aurait été un exploit gigantesque, et surtout au match retour, avec ces deux buts encaissés à l'aller qui obligeaient littéralement le PSG à s'imposer au Camp Nou, ce que personne n'a réussi dans un match à enjeu en C1 depuis les calendes grecques, à savoir six ans, et une visite de Liverpool en février 2007, déjà en quart de finale (1-2). Valdes, Puyol, Xavi, Messi, Ronaldinho et Iniesta, qui était rentré en jeu, étaient sur la pelouse, tout comme... Thiago Motta. Depuis, ils n'avaient subit que deux défaites, à chaque fois en phase de poule, et avec un enjeu limité, voire nul. Voilà ce que devait réussir le club parisien : un truc impossible.

Valdès et Messi ont fait la différence

Pourtant, c'est peu dire qu'il est passé près, vraiment tout près. Entre les occasions de Lavezzi et Lucas en première mi-temps, le but de Pastore en seconde mais aussi l'occasion de ce dernier quelques minutes avant l'égalisation de Pedro, le PSG, sur l'ensemble du match, aurait mérité de remporter cette rencontre. Qu'est-ce qui a sauvé le Barça ? Un très bon Valdès en première période, l'entrée de Messi et l'utilisation à plein d'une expérience européenne hors du commun après le but catalan. Pour le reste, quel arrêt Sirigu a-t-il du sortir dans ce match, à part une frappe d'Iniesta trop cadrée sur lui ? Comme à l'aller, le portier italien a été étonnamment désœuvré, nettement moins, en tous cas, que son vis-à-vis catalan. Mais les deux ont quand même pris le même nombre de buts. Sirigu est extrêmement talentueux, mais il reste jeune, et il n'a pas été décisif sur ces deux matches, coûtant même un penalty au Parc des Princes. Il faut également dire que les attaquants barcelonais ont nettement mieux négocié leurs -rares - occasions que leurs homologues parisiens, trop brouillons devant le but. En tous cas, les Parisiens n'ont plus vu le ballon lors des vingt dernières minutes, alors qu'ils avaient l'obligation de marquer un autre but. Sans doute aurait-il fallut le mettre avant que Pedro n'égalise.

L'entrée de Messi, je l'ai dis, à a été déterminante. Combien de fois ai-je lu ou entendu ses
détracteurs - en général des fans de Ronaldo, comme si on ne pouvait pas aimer les deux, un peu comme le duel entre les Stones et les Beatles, il y a 50 ans - dire que si Messi était aussi fort, il le devait uniquement au talent de ses passeurs préférés, Xavi et Iniesta ? Et bien sur ces deux matches, et notamment mercredi, il a prouvé que c'était exactement l'inverse. Par exemple Iniesta, ce joueur immense, fabuleux, a été absolument quelconque les trois fois que je l'ai vu jouer sans Messi devant lui : les deux fois contre Paris, et la fois avec l'Espagne contre la France. Je l'ai vu presque neutre, sans idées, accumulant les passes latérales et ne tentant aucunes de ses accélérations balles au pied qui en font un joueur exceptionnel, qui aurait mérité le Ballon d'Or ces dernières années. Dès que Messi est rentré, on l'a vu tenter des dribbles et faire des misères à la défense parisienne. Même chose pour Xavi, que l'on a rarement vu réussir une de ses transversales dont il a le secret quasi exclusif. Oui, il n'y avait pas d'espaces pour le faire, mais il n'y avait pas Messi non plus.

L'Argentin n'est pas seulement un buteur unique au monde, comme on n'en a plus vu depuis des décennies. Il est aussi un joueur qui, à l'instar de Ronaldo, pèse psychologiquement sur les défenses dès qu'il est présent sur une pelouse. Il hypnotise ses adversaires par sa seule présence, les oblige à se diriger vers lui pour empêcher de nuire. Résultat ? Des espaces pour les autres, qui ne manquent pourtant pas de talent. Sur l'action du but, en plus d'éliminer Verratti et Motta sur un seul dribble, il crée un espace pour Villa et surtout Pedro, qui a tout le temps d'ajuster Sirigu. C'était le deuxième tir cadré du Barça, qui n'en avait cadré aucun avant l'entrée de Messi sur le terrain.

C'est tout ce qu'il a fait sur ce match, comme au match aller où il n'avait rien fait d'autre que de marquer et frapper juste au-dessus avant de sortir. C'est la différence entre lui et les autres, hormis Ronaldo : il ne fait rien pour rien, il ne gâche pas. Et lorsqu'il est là, Barcelone est transformé. Non seulement il offre plus de solutions de passes en attaque que Villa ou Sanchez, non seulement il arrive à se faufiler là où personne ne passe, mais en plus il crée des espaces pour les autres, rien qu'en étant là. En dix minutes, le PSG était mort.

Victoire au milieu

Si l'Argentin ne s'était pas blessé à l'aller, et si le Barça avait aussi pu compter sur une charnière potable - en même temps, n'avoir sous la main que Piqué, Puyol et Mascherano pour la composer, quand on a 12 000 solutions en attaque, c'est aussi la responsabilité de la direction sportive catalane... - il n'y aurait pas eu autant de suspense. Sans doute aurait-il même été absent dès la fin du match aller. Reste que la force du Barça, en plus de Messi, réside dans la qualité de sa possession de balle, de son pressing haut et intenable, sa capacité à étouffer n'importe quel adversaire, ou presque. Mais mercredi, Paris a quasiment pu jouer à sa guise, et pas seulement en contre. Il a pu combiner au milieu, et on a quand même eu la sérieuse impression que Verratti et Motta - qui aura presque fait oublier l'absence de Matuidi, malgré une absence d'un mois - avaient pris le dessus sur Xavi, Iniesta et surtout Busquets, qui a raté son match. Et ça, franchement, ce n'était pas gagné d'avance, c'était même la clé de tout ! Que la défense catalane pourrait souffrir face aux attaquants parisiens, c'était attendu, vu que c'est ce qui était arrivé à l'aller. Mais qu'ils n'aient pas été privés de ballons au retour, ça l'était moins. C'est surtout en cela que la performance parisienne a été magnifique : elle a fait douter le Barça au milieu, son point fort, tout en ne reniant pas ses principes, et en conservant un 4-4-2 audacieux, alors que certains conseillaient à Ancelotti d'aligner Thiago Silva au milieu...

Et on peut alors s'étonner que le PSG ne possède que 7 points d'avance en championnat, avec une qualité individuelle et collective pareille. A chaque fois que le club parisien a joué aussi bien en championnat - si si, ça lui est quand même arrivé - il a écrasé ses adversaires : à Bastia, à Toulouse, à Valenciennes, tous battus 4-0 à domicile, mais aussi Brest (0-3). Mais ces matches commencent à dater. Maintenant qu'il n'a plus que le championnat et la Coupe de France à jouer, on pourrait vite constater une sorte de baisse de la motivation des stars parisiennes qui, soyons réalistes, sont surtout là pour jouer la C1. Le fait que le PSG ait réussi à perdre à Sochaux (3-2) ou à Reims (1-0) montre qu'il est vraiment double, et qu'il devrait sérieusement se méfier de son déplacement troyen ce week-end. Mais une contre performance dans l'Aube gâcherait vraiment beaucoup la belle impression qu'il a laissé contre Barcelone.

A plus tard !

mercredi 3 avril 2013

Paris au niveau

Salut à tous,

Quel match ! L'affiche était belle, mais semblait déséquilibrée sur le papier, forcément. Elle ne pouvait aboutir à un grand match que si les débats, et surtout le score, étaient équilibrés, et le suspense présent jusqu'au bout. De ce point de vue, on a été servi au-delà de nos espérances. Même si ces dernières, notamment les plus folles, envisageaient plutôt une victoire. Mais qui, sérieusement, et à part le perfectionniste Carlo Ancelotti, peut cracher sur un tel score après avoir promis au club parisien les pires tourments, notamment la fameuse branlée attendue par ses (nombreux) détracteurs ?

Comme à Valence... ou presque

C'est tout à l'honneur du technicien italien, qui prouve par là son amour de la victoire, et sa compétitivité extrême, née d'un palmarès de joueur et d'entraîneur auprès duquel peu de ses collègues peuvent se comparer, de se pincer le nez après un match nul à quatre buts qui grève évidemment dans les grandes largeurs les chances parisiennes de voir les demi-finales cette saison. Mais compte-tenu des chances de se qualifier que le PSG semblait posséder,
quand on entendait ou lisait les très nombreux pronostics dans les médias, on peut se dire qu'être encore vivant à la mi-temps de ce double duel, ça ressemble presque à une victoire.

Il faut quand même rappeler que le Barça actuel est le fruit d'une tradition de jeu et de formation qui date de trois décennies, au moins, renforcée par l'expérience et le palmarès, que ce soit en club comme en sélection, de la majorité de ses joueurs, dont les Espagnols, évidemment. Dans le même temps, le PSG actuel est la résultante d'un travail des Qatariens, qui ne cachent pas que le FC Barcelone est leur modèle numéro un, vieux de vingt mois. Réussir à rivaliser, au moins au score et parfois dans le jeu, avec un tel modèle, ce n'est pas rien. Que l'on aime ou pas le club parisien, il faut lui reconnaître d'avoir réussi ce que Chelsea et surtout Manchester City, ses prédécesseurs dans le bal des clubs gonflés par des tonnes d'argent tombés du ciel, n'ont pas réussi à faire aussi rapidement. Pour le club mancunien, ce n'est d'ailleurs toujours pas le cas.

Pour en revenir au match en lui-même, le PSG a réussi le même début de match qu'à Valence, en février dernier (1-2), avec une différence notable, due autant à sa maladresse qu'à la qualité supérieure de l'adversaire, et notamment au poste de gardien : l'efficacité. Le club parisien avait parfaitement profité de la qualité de son bloc défensif, de sa relance, et de la vitesse de ses flèches, notamment Lucas et Lavezzi, et Pastore à la finition, pour déboucher à la pause avec un avantage de deux buts largement mérité. Cette fois, après trente minutes d'une grande qualité, avec les mêmes contres, les mêmes acteurs hormis Pastore, uniquement présent défensivement hier, mais sans le même résultat, les Parisiens retournaient aux vestiaires avec un but de retard, pas scandaleux puisque dans la foulée Messi manquait d'un rien le doublé - une action sur laquelle l'Argentin se blessait à la cuisse - mais cruel, vu le poteau de Lavezzi et les occasions de Pastore et surtout Ibrahimovic, par deux fois.

La défense parisienne au niveau

Défensivement, Dani Alves a fait très mal. Évoluant comme toujours quasiment comme un ailier - un peu comme son collègue Jallet, de l'autre côté - il a donné beaucoup de travail à Maxwell, qui s'en est d'ailleurs plutôt bien sorti. Mais le Brésilien du PSG a longtemps semblé isolé dans son couloir pour défendre, sans doute parce que Pastore, malgré sa bonne volonté, n'est pas un défenseur pur, et parce qu'il a beaucoup défendu dans l'axe, laissant trop d'espaces dans son couloir à Alves. De l'autre côté, Jordi Alba, enquiquiné à la fois par un Lucas détonnant avant la pause, et par Jallet durant tout le match, n'a quasiment jamais eu l'occasion d'attaquer. Pas plus qu'un Iniesta étonnamment discret, pour les mêmes raisons. Quant à Sanchez, sauvé par l'obtention du penalty, et surtout Villa, qu'on n'a tout simplement pas vu, ils ont traversé ce match avec la certitude que Fabregas et Pedro
risquaient fort de jouer le match retour, avec une efficacité et un danger pour la défense parisienne nettement supérieure.

Mais la défense parisienne a été tenue à bout de bras par un Thiago Silva stratosphérique. A propos de lui, on peut vraiment dire que si Barcelone avait réussi à le chiper au PSG l'été dernier, le score aurait été tout autre hier soir. Mais est-ce que le club parisien aurait atteint les quarts de finale sans son capitaine ? Toujours est-il qu'hier aucun Catalan n'a réussi à passer dans sa zone, ni les autres d'ailleurs dès que l'international brésilien venait les nettoyer. Alex a également bien défendu, mais la présence de Silva à ses côtés l'a bien aidé, tout comme les latéraux parisiens. Si Silva avait joué à la place de Piqué, Mascherano, voire Bartra en fin de match, le Barça aurait-il encaissé ces deux buts un peu casquette ? Sans doute pas, tellement la charnière catalane est coupable sur ces deux actions...

On notera également l'immense match de Matuidi, quasiment seul dans l'axe pour défendre en raison des défaillances de Beckham, j'y reviendrais, et encore capable de s'arracher après 93 minutes de combat face au meilleur milieu du monde pour marquer un but. Ce garçon n'a pas fini, je crois, de nous étonner, et est un des meilleurs nouvelles récentes pour le football français, avec l'émergence de Varane au plus haut niveau.

Ancelotti a joué le jeu

La principale satisfaction, pour moi, c'est de voir qu'Ancelotti, malgré les nombreux doutes qui accompagnaient cette décision, a conservé son 4-4-2 et ses quatre joueurs offensifs, alors que tant de ses confrères et autres journalistes lui prédisaient de gros désagréments s'il ne densifiait pas son milieu et ne jouait pas la défense à outrance, comme il est coutume de le faire contre le Barça et l'Espagne, comme on l'a vu avec les Bleus de Deschamps, qui ont sans doute payé leur manque d'ambition tactique (0-1). Alors oui, même si pour cela il faut avoir les armes offensives et la solidité défensive pour le faire, il est possible de bousculer le Barça, et ne pas construire un mur autour de son but pour cela. Il faut pour cela bien défendre, et non pas que défendre, et bousculer sa défense, qui est son (gros) point faible, du gardien aux latéraux, si offensifs et enclins à laisser des espaces dans leurs dos. Paris, un peu comme le Real Madrid de Mourinho en début d'année, a décidé de jouer d'égal à égal contre Barcelone, en ne se recroquevillant pas sur son but, terrorisé par la qualité offensive du club catalan. Et ça lui a réussi, hier. Pas sûr que ça suffise pour passer ce tour, mais de toutes façons il faudra gagner là-bas pour y arriver, et/ou marquer au moins deux buts... donc il faudra prendre des risques.

Verratti, le détonateur

La surprise, évidemment, provenait de la titularisation très risquée de Beckham au milieu, à la place de Verratti. Ancelotti a dis après coup qu'il voulait profiter de la qualité de passe de l'Anglais. On se doute que ce n'était pas pour son jeu de tête... On rajouterait que c'était aussi pour l'expérience due à ses 105 matches de C1, par rapport aux sept du jeune italien, qui pourrait être son fils (20 ans). Déjà, titulariser Beckham à Saint-Étienne, où il avait fait le boulot durant 90 minutes dans un contexte pourtant difficile, ressemblait à une gageure, après cinq années passées aux États-Unis et de nombreuses semaines d'inactivité. Mais Barcelone, personne ne fait mieux au milieu de terrain, et le Spice Boys a logiquement souffert. Quand il a eu le temps de relancer, quasiment assis sur sa défense, il a apporté sa touche technique, avec de plus en plus de déchet cependant au fil du match et de la fatigue s'accumulant. Sur coup de pied arrêté, il a également apporté le danger. Mais son impact défensif a été quasi nul, il fut très souvent en retard, récoltant logiquement un carton qui annonçait sa sortie proche (70e). Ça faisait alors 20 minutes que le PSG ne touchait plus le ballon, incapable au milieu d'attraper le cuir, avec quasiment un homme en moins. L'entrée de Verratti allait tout changer.

Dès son entrée en jeu, le jeune italien allait faire admirer sa qualité de passe longue, qui manquait au PSG depuis la 40e minute et l'éteinte de Beckham, idéale pour lancer Ibrahimovic, Ménez ou Gameiro, également entrés en jeu, mais aussi les latéraux, qui allaient parfaitement apporter le surnombre sur les côtés, notamment sur les deux buts, un pour chacun : Maxwell obtenant le coup-franc débouchant au but de Zlatan, nettement hors-jeu pour le coup, Jallet ouvrant parfaitement pour le tête de ce dernier, qui offrira l'égalisation à Matuidi. Est-ce que la titularisation de Verratti aurait changé le cours de la première mi-temps ? Pas sûr, puisque le PSG a été bon avant la pause, sans lui. Mais il n'aurait sans doute pas fait moins bien que Beckham, d'entrée.

Un retour à double tranchant

Les deux clubs vont donc se retrouver dans pile une semaine, au Camp Nou, dans des configurations tactiques sans doute similaires mais avec des compositions différentes. Matuidi sera suspendu côté parisien, il pourrait être remplacé par Thiago Motta, qui risque cependant de manquer de temps de jeu... pas sûr non plus qu'Ancelotti retente l'expérience Beckham. Mais depuis les départs cet hiver de Rabiot et surtout Sissoko, il manque de solutions dans ce secteur. Un milieu Verrati-Motta me semble pas mal, à moins que la hargne de Chantôme lui offre une titularisation surprise... Côté catalan, il manquera peut-être Messi - une sacrée bonne nouvelle pour Paris, on l'a vu hier avec des Barcelonais en grande difficulté pour trouver des espaces sans ses appels -  et de façon certaine
Mascherano, qui s'ajoute à celle de Puyol. Busquets descendra donc certainement en défense pour épauler un Piqué une nouvelle fois en difficulté hier, ce qui modifiera donc également le milieu, avec peut-être l'entrée dans le onze de Song. Devant, on devrait plus sûrement voir Pedro que Villa, qui a raté ses deux récents matches en France, avec l'Espagne et le Barça. Mais n'oublions pas que ce fut son but au retour contre Milan qui qualifia le Barça (4-0)...

Justement, le FC Barcelone sera moins dans l'urgence que lors du tour précédent, où il devait rattraper deux buts. Là, il sera qualifié au coup d'envoi, et pourra se contenter de ne pas prendre de buts, ce qui n'est pas dans les habitudes de la maison. C'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour Paris. La bonne, c'est que du coup ils ne subiront peut-être pas la même furia qu'avait subit le Milan, qui avait encaissé un but de Messi après seulement 5 minutes de jeu. La mauvaise, c'est que du coup Barcelone sera quand même plus prudent - Niang avait bien failli profiter des espaces créés par la défense catalane au retour, trouvant le poteau juste avant le deuxième but de Messi - et n'offrira donc pas les largesses dont auraient pu raffoler Lucas, Lavezzi ou Ménez. Il va donc falloir provoquer une équipe qui ne se jettera pas à l'attaque, sauf si elle veut vite tuer le suspense, ce qui n'est pas impossible. Mais ça paraît moins facile à faire sans Messi...

L'exemple lyonnais
L'objectif, au-delà de la qualification, qui semble quand même compliquée à obtenir, ce sera de ne pas prendre une raclée. Qui se souvient du bon match nul obtenu par Lyon en huitième de finale aller de la C1, en février 2009 (1-1) ? On se souvient surtout du match retour, lors duquel L'OL, malgré deux buts inscrits, avait sombré défensivement, encaissant même un doublé de Henry (5-2)... une fessée que Lyon avait payé par la suite, ne gagnant que deux de ses sept matches suivant et terminant à la troisième place du championnat... Il faudra donc que le score, quitte à ce que ça tourne mal, reste "convenable" pour le club parisien. Parce que si une élimination resterait honorable car attendue et normale, une fessée le soumettrait une nouvelle fois aux lazzis et aux quolibets de la France du foot et de ses médias, si facilement enclins à le moquer au premier accroc.

On a hâte d'y être en tous cas ! A plus tard !

lundi 11 février 2013

L'importance du premier but


Salut à tous,

Nouveau focus sur la Ligue 1 aujourd'hui, à travers une stat intéressante, je trouve : l'incidence de l'ouverture du score sur le résultat dans notre championnat si serré, même si ça commence à se décanter en tête du classement. Mais l'adage qui dit que tout le monde peut battre tout le monde en Ligue 1 est plus que jamais d'actualité.

93 % de chances de ne pas perdre

Il y a eu 223 ouvertures du score cette saison (240 matches moins 17 0-0, faites le calcul). C'est Marseille qui a le plus souvent ouvert le score (17, soit près de 71 % du temps) devant le PSG (16), Lyon et Saint-Étienne (14). Tout en bas, Bastia n'a ouvert le score que 5 fois, mais réussit l'exploit d'avoir gagné à chaque fois, un 100 % de réussite que personne n'égale en Ligue 1. Mais j'y reviendrais. Les Corses sont devancés par Brest (7). Sur ces 223 premiers buts (36 % du total), l'équipe qui a mené à gagné 154 fois, soit 69 % de réussite. Elle n'a donc pas gagné à 69 reprises (31 %) et se sont même inclinées 16 fois (7,2 %). Un score finalement très faible, puisque ça donne une moyenne de moins d'une fois par journée de championnat. Ce week-end a donc été "prolifique", puisqu'on a eu droit à un retournement de situation, celui de Reims à Nancy (1-2). Six des neuf équipes qui ont ouvert le score l'ont
emporté. Ouvrir le score donne donc plus de deux chances sur trois de s'imposer, et plus de neuf chances sur dix de ne pas perdre : c'est dire l'importance essentielle du premier but en Ligue 1.

Détaillons à présent ces chiffres par équipe. J'ai donc dis que Bastia n'avait marqué le premier but que cinq fois, pire total de Ligue 1, mais avait gagné à chaque fois. Un cas unique, puisqu'au pourcentage les Corses devancent le PSG (93,7 %, 15 sur 16), Rennes (83,3 %, 10 sur 12), et Toulouse (80 %, 8 sur 10). Suivent Lyon et Sainté, qui comptent les mêmes chiffres (78,6 %, 11 sur 14) et Marseille (76,5 %, 13 sur 17), dont le chiffre a baissé ce week-end après avoir été rejoins au score à Evian (1-1). Tout en bas, on retrouve les quatre mêmes clubs de l'est qui trustent les quatre dernières places du classement général, avec des chiffres inquiétants : Evian, qui côtoie Ajaccio (55,6 %), mais surtout Reims (40 %), Troyes (33,3 %) et Nancy (30%, 3 sur 10) ne devraient peut-être pas chercher plus loin la raison de leurs problèmes. D'ailleurs, hormis l'exception corse, la ressemblance entre ce classement et celui de la Ligue 1 est troublante, puisque tous les leaders sont en haut, et les clubs en difficulté, en bas.

Marseille sans réaction

Quand les clubs sont menés, le classement diffère un peu, et même beaucoup pour certain. Nice est l'équipe qui perd le moins après avoir concédé l'ouverture du score, à l'image de son égalisation contre Lorient ce week-end (58,3 %, 7 sur 12). Suivent Lorient et Lyon (50 %), puis Bordeaux (42,8 %) et Ajaccio (41,6 %). Arrive seulement Paris, à égalité avec Lille (40 %), le leader du championnat n'ayant pu éviter la défaite que deux fois lors des cinq matches où il a concédé l'ouverture du score. Mais il y a pire que ces chiffres : les deux derniers au pourcentage se nomment Saint-Étienne (14,3 %, 1 sur 7) et surtout Marseille (0 %) qui a toujours perdu les 7 fois où il a concédé l'ouverture du score ! Chiffre étonnant, pour un classement qui prouve surtout que l'important est d'ouvrir le score, pas forcément de le concéder, puisque ça n'a pas d'incidence réelle sur le classement général... ainsi, Reims et Nancy possèdent des chiffres moyens dans ce domaine (30,8 et 26,6 %).

Mais le classement ayant le moins d'incidence, compte-tenu de la faiblesse de ses chiffres, est bien sûr celui des clubs l'ayant emporté après avoir concédé l'ouverture du score. C'est Lyon qui mène dans ce domaine, avec 22,2 % de réussite, devant Ajaccio (18,2 %) et le duo Montpellier-Rennes (16,6 %). Seulement 10 équipe ont réussi cet "exploit" cette saison, soit l'exacte moitié, avec des clients dans l'autre moitié, celle de ceux qui n'ont jamais retourné un score, à savoir Lille, Marseille, le PSG, Saint-Étienne, Toulouse... A noter que sur les 10 qui y sont parvenues, six l'ont fait deux fois (Lyon, Ajaccio, Montpellier, Rennes, Bastia et Nice). C'est Brest qui a été mené le plus souvent (16 sur 24, soit les deux tiers du temps) devant Bastia (15), Nancy et Sochaux (14) et le trio Evian, Toulouse et Troyes (13). A l'inverse, le PSG est pour l'instant l'équipe qui est le moins souvent menée d'entrée (5, soit 20,8 %), devant Bordeaux, Marseille et Saint-Étienne (7), puis Lyon (9) et Lille (10).

Ibra n'aime pas ouvrir

Par joueurs, à présent. A noter que dans 10 cas, l'ouverture du score a eu lieu par l'entremise d'un csc, soit 4,5 %, un chiffre un peu plus élevé que la moyenne générale (3,5 % de csc). Comme dans d'autres classements  (général, à l'extérieur, sur coup de pied arrêtés, dans le dernier quart d'heure...), c'est Zlatan Ibrahimovic qui mène la barque, mais à égalité avec Nolan Roux, et avec un score finalement assez faible (6, soit 28,6 %), alors que pour son concurrent lillois, c'est presque une spécialité (6 sur 7, 85,7 % !). Ces deux joueurs devancent Ben Basat, Gignac, A.Ayew et Cvitanich (5), puis Gomis, Alessandrini, Brandao, Aubameyang et Kadir (4). Parmi les autres "gros" buteurs cette saison, Erding ne l'a fait que 3 fois sur 9, tout comme Ben Yedder, Lisandro 1 sur 7, Cabella et Pitroipa, 1 sur 6.

Voilà, j'espère vous avoir éclairé ! A plus tard !

vendredi 1 février 2013

Le mercato change tout

Salut à tous,

Nous sommes le 1er février, il est donc temps de faire un bilan de ce mercato d'hiver qui, pour ma part, me semble de plus en plus discutable de par sa faculté à bouleverser des effectifs en pleine saison. Au départ, ce n'était qu'un moyen pour les clubs de faire quelques ajustements, prendre un ou deux joueurs pour faire face à un déséquilibre quelconque, et non pas pour s'acheter un nouvel effectif. Le problème, c'est que les mêmes médias qui critiquent ce mercato d'hiver pour ces bonnes raisons, sont en général les mêmes qui, tous les hivers, se plaignent parce que le mercato est mort et qu'il ne s'y passe rien... faut bien parler de quelque chose n'est-ce pas, quitte à se contredire. En tous cas cette année, difficile de dire la même chose.

La Ligue 1 a changé de visage

La France a vécu une nouvelle vague de départs, principalement vers l'Angleterre mais aussi, et c'est nouveau, vers la Russie, avec M'Vila. la Ligue 1, qui donnait la moitié de ses joueurs en Équipe de France depuis plusieurs années, va de nouveau se retrouver isolée, et déplumée. Nous pouvons décemment craindre le pire pour les prochaines saisons européennes, même si ses résultats n'étaient déjà pas extraordinaires.

A moins de faire comme dans les pays sud-américains ou latino-américains, à savoir compter deux champions par an, celui des matches allers et celui des matches retours, conférant ainsi aux demi-saisons de véritables statuts autonomes et justifiant des mouvements de joueurs importants puisque n'influant en rien sur la compétition en elle-même, il paraît aujourd'hui très regrettable de constater que certaines équipes n'auront tout simplement plus la même tête que lors des matches allers. Malgré le cirque engendré par l'arrivée de David Beckham à Paris hier - j'y reviendrais - , le club parisien a été un des plus sages, même s'il a beaucoup dégraissé : l'Anglais et Lucas ont rejoint la capitale, que pas moins de sept joueurs (!) ont quitté dans le même temps (Rabiot, Bodmer, Nenê, Luyindula, Sissoko, Lugano, Hoarau). Malgré la consistance de son effectif, on peut s'étonner de cette vague de départs qui pourrait l'handicaper au moment d'aborder les trois compétitions dans lesquelles le PSG est toujours engagé.

Paradoxalement, il faut aller ailleurs pour constater les changements les plus importants. Quasiment comparée au Barça, figurant parmi les candidats à l'Europe grâce à la qualité de son jeu et de ses attaquants, Valenciennes, sur le papier mais aussi, déjà, sur le terrain à la vue de ses derniers résultats - une victoire, trois nuls, dont une élimination en Coupe de France à Istres (3-3, 3-4 tab), et quatre défaites - n'est plus que l'ombre de ce qu'elle était il y a quelques semaines, infligeant notamment notamment une déculottée à Marseille (4-1). En plus de la blessure longue durée de son meilleur passeur, Gael Danic, cet hiver a vu quitter le Hainaut un défenseur majeur, Carlos Gil (Corinthians), et son meneur de jeu et buteur, Foued Kadir (Marseille). Les arrivées de Rose (Laval), Melikson (Wisla Cracovie) et Sankharé (Dijon) n'ont pour l'instant pas compensé ces départs essentiels. L'équipe humiliée récemment à Nice (5-0) et battue de façon heureuse par un Lyon très nettement supérieur (0-2) peut inquiéter, elle qui ne compte "que" dix points d'avance sur la zone de relégation. A ce rythme, on en reparle dans deux ou trois mois. En tous cas, on peut déjà dire que le mercato d'hiver a nettement influé sur les performances de cette équipe.

D'autres équipes ont beaucoup perdu cet hiver. Si Ajaccio, qui n'a perdu que Medjani (Monaco) tout en récupérant Zubar (Wolverhampton), Chalmé (Bordeaux) et Oliech (Auxerre), semble encore une fois avoir réussi son mercato, tout comme son voisin bastiais (Marque et Moizini, partis libres, contre Landreau, Faty et Beauvue), Bordeaux a vu partir Gouffran et Jussiê, deux de ses meilleurs éléments offensifs, contre l'arrivée du jeune uruguayen Rolan (19 ans) et le retour de Faubert... Diabaté, à son retour de la CAN, et Saivet vont se sentir un peu seuls en attaque du côté des Girondins.

Et que dire du mercato brestois ? Bien partie pour obtenir son maintien jusque là, l'équipe bretonne s'est vue délestée d'éléments essentiels comme Lorenzi (Mons) et surtout son buteur Ben Basat (9 buts) à Toulouse ! Et qui pour le remplacer ? Deux défenseurs, Kurzawa (Monaco, p.) et Lejeune (Villarreal, p.) et un milieu offensif prêté par Everton, Magaye Gueye. Pas de quoi être rassuré. Evian, lui, a encore recruté du clinquant avec deux joueurs provenant du Dynamo Kiev, Betao et Ninkovic. Si ces deux là évoluent à leurs niveaux présumés, c'est tout bon pour les Savoyards, mais ça ne semble pas encore en prendre le chemin. Pour Lille en revanche, ça sent le dégraissage avant inventaire, le club se situant déjà loin des places européennes, en plus d'être en vente : les départs de Landreau et Debuchy n'ont pas été compensé. Même chose pour Lyon, qui lui a résisté à la tentation de vendre ses meilleurs buteurs, Gomis et Lisandro, mais qui a quand même perdu Monzon et surtout Bastos, deux départs là encore non compensés. Les jeunes c'est bien, encore faut-il qu'ils aient le niveau, surtout quand vous êtes encore en course en Ligue Europa !

Montpellier, lui, n'a perdu qu'un joueur, mais non des moindres (Yanga Mbiwa). Nancy, lui, n'avait plus rien à perdre, et a déjà quasiment réglé son mercato... d'été prochain, en se "débarrassant" de six joueurs (Zenke, Haidara, Helder, Andre Luiz, Mollo et l'aller retour de Ouaddou), ramassant quelques millions par ci par là, contre la seule arrivée de Jebbour, prêté par Rennes. Paradoxalement, cette saignée semble avoir libéré cette équipe, qui ne perd plus et est revenue dans la course au maintien...

L'ogre de cet hiver a finalement été marseillais, comme aux plus belles heures du club olympien, même si le recrutement phocéen semble plus quantitatif que qualitatif, au vu du pedigree des joueurs recrutés (Samba, Sougou, Romao, Kadir). De bons joueurs, pas encore de grands joueurs. Mais l'effectif marseillais avait besoin d'être complété, et il peut désormais aborder sereinement les deux compétitions qu'il lui reste (Championnat et Coupe de France). D'autres clubs semblent s'être renforcés, comme Rennes, qui a certes perdu gros avec M'Vila, mais qui a nettement compensé au milieu avec les arrivées de l'inconnu Konradsen mais surtout d'Alou Diarra (West Ham), en plus d'Ilunga. Des joueurs expérimentés, qui manquaient un peu à l'effectif breton. Reims, lui, a investi dans l'avenir, avec Placide (Le Havre) et De Préville (Istres), ce dernier arrivant pour enfin faire marquer des buts à cette équipe. Pas simple ! Saint-Etienne a également réussi son mercato, avec les arrivées en prêts de Mollo et Bodmer, en plus du... fils de Michael Laudrup, Andreas (Nordsjaelland), tout comme Toulouse, renforcé par les arrivées de Ben Basat, Rabiot et Hermach, contre les départs de Sissoko et Rivière.

On le voit, qu'elles étaient modifiées en bien ou en mal, une grande majorité de ces équipes ont complètement changé de visage. En plus de Valenciennes, on peut imaginer que Toulouse ou Saint-Étienne grimpent au classement, au détriment de Montpellier par exemple. Il est encore trop tôt pour définitivement juger le mercato de chacun, mais une chose est sure : il jouera un rôle, indéniablement.

Beckham, produit d'appel

Beckham, à présent. J'ai beaucoup suivi les chaînes infos et sportive hier, tandis que l'arrivée du "Spice Boy" à Paris se profilait de plus en plus nettement. Il a beaucoup été dit de choses, plus ou moins vraies. Pascal Praud, entre autres, a insisté sur le fait que Beckham ne faisait pas partie des tous meilleurs joueurs de tous les temps, n'ayant pas gagné de Coupe du Monde ou de Ballon d'Or, et n'atteignant pas le niveau de joueurs comme Zidane ou Ronaldo, ses anciens coéquipiers au Real qui n'ont pourtant pas eu à se plaindre de son travail derrière eux en Espagne. Je ne me rappelle pas qu'il ait dit la même chose lorsque Ibrahimovic est arrivé, alors que le Suédois n'a pas non plus gagné de Mondial ou de Ballon d'Or, pas plus que de Ligue des Champions d'ailleurs... Le problème n'est pas la valeur intrinsèque d'un joueur qui restera quand même dans l'Histoire, et pas seulement pour le phénomène de mode qu'il a engendré, mais aussi par sa qualité de passe, sa vision de jeu, son professionnalisme aussi. Ainsi que son palmarès, n'en déplaise à Praud.

Le fait qu'il ne touche pas de salaire au PSG, un cas unique au monde, surtout dans un club qui vise autre chose que le maintien, comme l'Atalanta qui avait fait signer Christian Vieri pour 1000 euros, plus des primes, est compensé par le fait que de toutes façons, Beckham ne sera jamais dans le besoin, grâce à des contrats publicitaires colossaux. Le geste est noble, mais sa portée est relative, à part bien sûr pour les enfants qui bénéficieront de sa générosité. Ça prouve surtout qu'il n'est sans doute pas là pour révolutionner le jeu parisien, s'imposer comme le patron de son milieu de terrain, et d'aligner les buts ou les passes décisives. A bientôt 38 ans, après cinq années passées en MLS, un championnat du niveau de la deuxième division française, à quelques exceptions près, et deux mois sans jouer, Beckham ne nous fera pas croire qu'il possède encore la forme qui lui permettait de compenser une vitesse moyenne par une combativité et une activité à toutes épreuves, à Manchester comme à Madrid.

Il s'agit bien sûr d'un coup marketing, un investissement à court terme pour récupérer un maximum de cash en vente de maillots pour un club parisien qui cherche à se mettre en adéquation avec le fair-play financier exigé par Michel Platini. Les Qataris ont également là trouvé un moyen idéal de se refaire une image après le scandale révélé cette semaine par France Football à propos de l'achat présumé du Mondial 2022, scandale dans lequel le nom du président de l'UEFA a d'ailleurs été prononcé. Amélioration d'image, mais aussi diversion médiatique...

Le problème, c'est que ça se voit beaucoup. Jusque là, le PSG avait recruté certes du clinquant, mais aussi du sportif, solide et efficace. Si les recrutements de Lugano et Sissoko n'ont pas porté leurs fruits, on ne pouvait décemment pas les considérer comme étant uniquement des têtes de gondole. Ils n'étaient pas assez connus pour cela, et possédaient encore un crédit sportif important, notamment l'Uruguayen, capitaine de la sélection uruguayenne et leader de vestiaire hors-norme. Pour Maxwell et Ibrahimovic, tout justes trentenaires, il s'agissait également de joueurs majeurs, en pleine force de l'âge et provenant de clubs prestigieux. Quant à Van der Wiel, Sirigu, Lavezzi ou Verratti, il s'agissait là de véritables investissement sur la durée, susceptibles de rapporter de l'argent en cas de revente. Non, j'ai beau chercher, c'est bien la première fois que les nouveaux propriétaires parisiens se font prendre la main dans le sac du clinquant dénué de logique sportive. La vérité c'est que sur le terrain, même s'il ne possédait pas de tireur de coup-francs de cette qualité, le PSG n'avait pas besoin de Beckham. Pas à cet âge - le plus élevé de Ligue 1 - en tous cas.

Voilà, je vous laisse, à plus tard !

mardi 8 janvier 2013

Ballon troué

Salut à tous,

Ça y est, on connait donc le nom du "nouveau" Ballon d'Or, Lionel Messi. Quelle surprise ! Ah ça, du suspense comme ça, on n'en a pas eu depuis le match truqué entre l'Autriche et la RFA, en 1982. J'imagine le calvaire de Ronaldo et Iniesta, se rendant par obligations à la cérémonie avec la certitude totale d'être déçu, de repartir bredouille, après celle d'être filmé pile au moment ou Messi était nommé Ballon d'Or... en même temps, ils ont eu le temps de se préparer, c'est pas comme aux Césars... les avantages et les inconvénients de l'absence de suspense.

Platini et Cruyff ont-ils été spoliés ?

Pour ma part, je suis extrêmement déçu, pour ne pas dire plus, que France Football ait cédé "son" trophée à la FIFA, un trophée mythique qui a récompensé les meilleurs joueurs européens de l'Histoire, mais aussi quelques joueurs inattendus mais qui auront su se distinguer autant par leurs performances que par leur palmarès sur l'année (Owen, Cannavaro, Belanov, Nedved...). Ce trophée appartenait à tout le monde, suffisait de savoir
briller dans un collectif. Bon, si vous étiez un défenseur ou un gardien, vos chances se réduisaient à quasiment zéro, mais ça ne me choque qu'à moitié : le foot, ce sont les buts, pas leur annihilation. Hormis Cannavaro, un stoppeur exclusif et presque caricatural, les deux autres défenseurs récompensés, les Allemands Beckenbauer et Sammer, étaient d'ailleurs d'anciens milieux, à la relance soignée et à la participation au jeu des plus actives, voire souvent décisive.

Lionel Messi a gagné quatre Ballons d'Or d'affilée, une sacrée perf, mais je suis à peu près sûr que si les nouveaux critères et modes de scrutins avaient toujours été appliqués, d'autres auraient pu gagner ce trophée plus de trois fois, l'ancien record, jusque là détenu par Cruyff, Platini et Van Basten. Les deux premiers nommés, notamment, sont dans ce cas. Le Néerlandais s'est vu devancer, durant sa carrière (64-84), par des joueurs comme Beckenbauer, mais surtout par Blokhine, Simonsen, Keegan... de bons joueurs, mais qui ne sont rien comparés à l'immense Batave. Simplement, sur une année, ils ont fait mieux que lui, que ce soit individuellement mais surtout en équipe : ils étaient les meilleurs joueurs de la meilleure équipe de l'année, tout simplement. Le palmarès, unique critère vraiment objectif qui soit. Il n'y a rien de choquant à admettre que le football reste avant tout un sport collectif, et ces joueurs, si doués soient-ils, restaient dépendants de la qualité de leurs équipes. Pour Platini, qui en a gagné trois d'affilée (83, 84, 85), c'est un peu différent : avant, il était un bon joueur de Nancy puis Saint-Étienne, qui ne faisait plus rien sur le plan européen, et après... il était moins performant, tout simplement. On oublie souvent que le président de l'UEFA a eu une carrière très courte, surtout pour un joueur de cet acabit (72-87, de 17 à 32 ans).

Mais quid de Zidane, par exemple ? Le Français n'en a gagné qu'un seul, une misère, autant que Papin et Kopa, sur une carrière qui a duré 18 ans, dont une bonne moitié (96-06) passée dans les meilleurs clubs du monde, à tout gagner avec ces derniers, comme avec les Bleus. Comment est-ce possible ? Déjà, l'arrivée dans les joueurs éligibles des non-européens a élargi la concurrence : Maradona ou Pelé ont été privé de récompenses qui leur auraient pendu aux nez. Ainsi, durant la grande période de Zidane, les Brésiliens Ronaldo (2), Rivaldo et Ronaldinho lui en ont "piqué" quatre. Y a eu aussi le cas Figo, qui fut élu l'année (2000) ou le Marseillais le méritait peut-être le plus, lui qui avait été immense pendant l'Euro, beaucoup plus que durant la Coupe du Monde 98, durant laquelle il ne fut bon qu'en finale. Mais il avait fait un mauvais geste lors d'un match de Ligue des Champions peu avant le vote, ce qui lui avait sans doute coûté le trophée... l'effet inverse que pour Van Basten, en 1992, qui avait subtilisé le Ballon d'Or à l'ultra favori Stoichkov à la faveur d'un quadruplé contre Göteborg en Ligue des Champions, avant la remise du trophée !

Moins de critères, moins de crédibilité

C'est aussi en cela que la différence est réelle entre l'ancien mode de scrutin et l'actuel, exclusivement tourné vers la performance individuelle. Avant, les critères étaient plusieurs : performance individuelle, bien sûr, mais aussi collective, avec l'importance cruciale du palmarès, peut-être à l'excès, comme pour Cannavaro (mais qui se détachait, en 2006 ?) et l'attitude générale, entre autres. En cela, on voyait aussi l'influence des journalistes, qui élisaient exclusivement le Ballon d'Or. Ces derniers aiment les histoires, les à-côté, on le voit à leur manie depuis plusieurs saisons de plus juger les joueurs sur leurs attitudes, voire leurs looks ou leur propension ou non à sourire, que sur ce en quoi ils sont vraiment célèbres et célébrés : footballeur, et non miss France ou ministre. Que les joueurs et les sélectionneurs
soient associés au vote n'est pas une mauvaise chose, au contraire, c'est quand même eux qui font le jeu. Mais l'abandon quasi total du critère objectif du palmarès, pour un trophée qui était déjà un peu critiqué sur le fait que ressortir un joueur d'un sport collectif était un contre-sens, c'est vraiment dommage. C'est ce qui a fait perdre, à mes yeux du moins, sa véritable crédibilité à ce trophée que je vénérais, jusque là. Je regardais ce que chaque journaliste, un par pays, avait voté, faisant des statistiques géographiques, avec des différences notables d'ailleurs. Et le suspense était rarement absent, même quand d'immenses joueurs se détachaient.

Et l'Espagne alors ?

Ne vous méprenez pas, je serais fou d'affirmer que Messi n'est pas le meilleur joueur du monde, il l'est. Mais qu'Iniesta ou Sergio Ramos, champions d'Europe à nouveau cette année, n'aient pas eu le Ballon d'Or, n'aurait rien changé à ce fait. Quand on y pense, c'est quand même dur, voire scandaleux, pour l'Espagne, peut-être la meilleure équipe nationale européenne de l'Histoire du football, qui n'a pas eu un Ballon d'Or ! Elle n'en a d'ailleurs eu que trois, tous à l'époque où le Real Madrid gagnait tout (Di Stefano, 57 et 59, puis Luis Suarez, Barcelone, en 1960), et qui, déjà, n'avait pas été récompensée d'un Ballon d'Or lorsqu'elle avait gagné l'Euro en 1964, puisque son meilleur joueur, Suarez encore, avait été devancé par l’Écossais de Manchester United, Denis Law... qui n'avait pourtant gagné cette année là. Comme quoi, déjà à l'époque... L'Espagne est maudite, mais en même temps, tant qu'elle gagne des titres collectifs... c'est finalement assez symbolique de son état d'esprit profond, l'équipe avant les individualités.

C'est dommage parce que j'aurais bien voulu savoir combien de Ballons d'Or Messi aurait remporté avec l'ancien mode de scrutin, sous lequel il était si difficile d'être élu, et qui obligeait non seulement à être le meilleur, mais aussi à évoluer dans la meilleure équipe, celle qui a le plus gagné. Histoire de voir à quel niveau il se situe par rapport à Cruyff ou Platini... là il en a quatre, mais j'ai le sentiment, tenace, qu'il les a gagné trop facilement. Si n'étaient ses 91 buts en 2012, ce qui est faramineux, Messi n'a gagné que la Coupe du Roi cette année, je le répète ! J'aurais pour ma part voté pour Sergio Ramos, hallucinant d'aisance à l'Euro et champion d'Espagne avec le Real. Mais on ne m'a pas demandé mon avis, dommage !

Je vous laisse, à plus tard !

mercredi 2 janvier 2013

Les buteurs de 2012

Salut à tous,

On est passé en 2013, je vous souhaite donc à tous, chers lecteurs, une très bonne année et mes meilleurs vœux !

Sur le plan de l'année civile, les comptes sont remis à zéro. Après l'intouchable Lionel Messi et ses 91 buts, record du monde (sauf erreur), d'autres joueurs se sont illustrés depuis un an. Voyons d'abord en détail le classement des buteurs sur l'année. A noter que les divisions inférieures des principaux championnats sont prises en compte, en plus des élites.

Tout d'abord, le classement général :



Derrière Vous-Savez-Qui, son principal concurrent, Cristiano Ronaldo, est logiquement à la peine : malgré une moyenne de 5 buts par mois en moyenne (!), il en a marqué plus de deux de moins que l'Argentin sur chaque mois (28 au total). En troisième position, Zlatan Ibrahimovic a finalement eu raison, d'une courte tête, de son principal adversaire Falcao (Atletico Madrid). Cavani suit à quatre longueurs, devant l'étonnant inconnu bolivien Carlos Saucedo, 33 ans, buteur prolifique au San José Ouro, lui qui n'a touché au football professionnel qu'à l'âge de 26 ans, et qui ne s'est vraiment imposé en sélection que très récemment, avec notamment un triplé contre l'Uruguay, en qualifs pour le prochain mondial, en octobre dernier (4-1).

D'autres inconnus trustent les premières places, comme le Lituanien Rimkevicius (Siaulai) ou le Coréen Lee Dong-gook, 33 ans, éphémère attaquant du Werder et de Middlesborough il y a quelques années. Avec les deux inséparables néerlandais Van Persie et Huntelaar et le co meilleur buteur de la Ligue des Champions Burak Yilmaz (Galatasaray), l'ancien raté Monégasque Dieumerci Mbokani, aujourd'hui intenable à Anderlecht, complète le tableau. Pas de Brésilien, pas d'Allemand, pas d'Italien, pas d'Espagnol... et pas de Français.

C'est une des spécificités françaises : hormis Henry, aucun Français ces dernières années n'a vraiment réussi une grande année prolifique, à part le buteur de Mons, Jérémy Perbet. Voyons un peu le classement français de cette année.



Du clinquant, mais aussi de l'inconnu complet. Il faut dire que pour ce classement on va carrément gratter en DH, pour le dernier d'entre eux, Ludovic Heidelberger, formé à Marseille jusqu'en 2001 et qui évolue actuellement à l'UGA Ardviz ! La première place de Karim Benzema est logique, malgré la difficulté à la fois de s'imposer au Real et dans un des meilleurs championnats du monde, même si quelques buts supplémentaires en sélection lui auraient peut-être permis d'intégrer le classement général, distant de 7 longueurs. La deuxième place revient logiquement à Bafé Gomis, plus constant que jamais, et auteur de 16 buts depuis août, excusez du peu. David Ledy, j'en ai déjà parlé, c'est le buteur strasbourgeois qui a connu la Ligue 2 avant de cartonner en CFA2 la saison dernière (20 buts). D'autres joueurs amateurs figurent dans ce classement, comme l'ancien réserviste messin Stéphane Boulila, Jérémy Bru et Heidelberger, sans parler de Romain Pastorelli, l'attaquant du CA Bastia, aujourd'hui en National. Les attaquants de Ligue 1 sont rares (Gomis et Gouffran), des joueurs comme Gameiro, Rémy ou Gignac n'ayant pas eu des années faciles à gérer. Enfin, notons les bons chiffres de Adamo Coulibaly, qui ne cesse de planter avec Debrecen, en Hongrie.

Suivant s'il vous plait, avec le Brésil.



On peut parler de catastrophe, pour un pays comme celui-ci, qui a fournit parmi les meilleurs attaquants de l'Histoire au football. Hormis Neymar, qui n'a pas vraiment de concurrence à son poste et qui a marqué 31 buts en seulement 43 matches cette année, on a droit à des attaquants évoluant en Arabie Saoudite, aux Emirats Arabes Unis (2), au Qatar (3 !), en Roumanie, en D2 Portugaise, en Lituanie... mais aucun dans un grand championnat européen, et seulement trois au sein de l'élite brésilienne, dont les anciens Luis Fabiano et Fred ! Inutile de dire que le Brésil va devoir cravacher dur et prier pour qu'il n'arrive rien à Neymar pour présenter une sélection correcte dans un an et demi, pour SA Coupe du Monde, qu'il n'a évidemment pas le droit de perdre...

Voyons un peu le grand rival argentin...



Là encore, ça voyage beaucoup, c'est une tradition. Mais cette fois on a des joueurs évoluant en Liga (Messi, Higuain), en Italie (Milito, Palacio), en Angleterre (Agüero), en France (Lisandro, Herrera), etc. Rien dans le Golfe, rien en Lituanie... bref, l'Argentine a beaucoup plus de ressource que son voisin brésilien. Et les Uruguayens ?



Pas mal d'inconnus, mais tant que la Celeste, qui est redevenue depuis quelques années la puissance du football qu'elle n'était plus depuis 1970, peut encore compter sur des phénomènes comme Cavani ou Suarez... heureusement que ces deux là ne sont pas vieux, parce que derrière y a plus de mercenaires de championnats de seconde zone sud-américaine qu'autre chose.

Revenons en Europe, avec les Anglais.



Les cinq divisions professionnels remplissent un espace déserté pour une fois par Lampard, entre autres. Rooney est au rendez-vous, en compagnie du buteur du Celtic Gary Hooper, mais derrière, en dehors de Jermaine Defoe, Ricky Lambert et Theo Walcott, qui commence enfin à évoluer à un très bon niveau... les meilleures équipes anglaises comptent qu'à minima sur les joueurs locaux, ce qui n'arrange pas les affaires de la sélection.

Passons aux champions d'Europe espagnols.



Si aucun ne figure parmi les tous meilleurs, on a quand même du beau monde avec Soldado, Torres, Llorente, Michu, Mata, Negredo... que de la qualité, et à au moins 21 buts. Une variété de profils de buteurs appréciable pour Vicente Del Bosque, qui peut compter sur des attaquants puissants, rapides, techniques, des joueurs de surface ou plus polyvalents... une des clés, sans doute, des succès espagnols depuis cinq ans maintenant.

Au tour des Allemands !



Derrière le toujours efficace et méconnu Stefan Kiessling (Leverkusen) figure Mario Gomez, qui aurait sans doute fait mieux sans sa longue blessure d'après l'Euro. Les jeunes loups Reus, Müller ou Meier sont déjà bien placés, et accompagnés par notamment l'éternel Miroslav Klose, meilleur buteur, rappelons le, de la Coupe du Monde... 2002. Une liste de bonne qualité, avec en plus les bons chiffres de Mesut Özil avec le Real, malgré les critiques.

Et enfin, les Italiens.



Comme pour les Brésiliens, on peut sérieusement s'inquiéter sur la qualité des buteurs italiens de bons niveaux, rien qu'en Serie A. Ils ne sont que cinq, dont l'éternel Di Natale et le nouveau El Shaarawy. Mais ensuite ? Pas grand chose. Pas de Balotelli, pourtant excellent à l'Euro. Pas de Matri, Pazzini, Giovinco, Quagliarella... des joueurs de qualité, mais aucun à 17 buts sur l'année, c'est quand même très moyen. On l'a vu contre la France, l'Italie semble avoir perdu son flair en terme de buteurs.

Voilà, on se revoit dans un an pour les prochains chiffres ! A plus tard !

samedi 29 décembre 2012

Ligue 1 : l'Equipe-Type

Salut à tous,

La trêve en Ligue 1, c'est évidemment le moment idéal de faire des bilans et des équipes types. Voici la mienne, qui sera aussi discutable et subjective que les innombrables qui fourmillent sur internet et ailleurs, sauf sur un point : j'ai utilisé les chiffres, encore une fois. C'est donc une équipe très offensive que je vous présente aujourd'hui, et que je vous détaille dès maintenant.

Gardien : Ali Ahamada (Toulouse)
Forcément, il était difficile de le devancer cette saison, vu son but - décisif, qui plus est - à la dernière minute du match contre Rennes, lors de la sixième journée (2-2). A noter que d'habitude, les gardiens buteurs sont souvent de vieux grognards, comme Wimbée en France, ou Schmeichel en Angleterre. Il faut avoir une sacrée confiance en soi pour décider de quitter son but dans les arrêts de jeu pour aller tenter sa chance dans la surface opposée. Or, Ahamada n'a que 21 ans, et ne dispute que sa troisième saison en professionnel, sa deuxième véritablement dans la peau d'un titulaire. Donc, même s'il a semblé mal gérer cet exploit par la suite, avec quelques matches ratés, il mérite largement cette nomination.

Latéral droit : Jordan Lotiès (Nancy)
Oui oui, j'ai réussi à caser un Nancéien dans mon équipe-type, alors que l'ASNL se traîne à la dernière place du classement. Comme pour les autres joueurs de mon équipe, ce qui fait qu'il y figure, ce sont les chiffres : ses deux buts (contre VA lors de la 16e journée, puis à Lyon lors de la 17e, 1-1 à chaque fois), ses premiers en Ligue 1 et ses premiers en pro depuis mai 2009, ainsi que sa passe décisive pour Mollo à Evian (1-1, 15e j.) en font tout simplement le
troisième joueur nancéien le plus décisif cette saison, derrière Mollo et Bakar. Logique, puisque son entraîneur, Jean Fernandez, pour rassurer son équipe, accumule les joueurs défensifs en défense et au milieu, ce qui limite les choix. Dommage que ces trois actions décisives n'aient rapporté que trois points à son équipe...

Défenseur central : Rod Fanni (Marseille)
Baladé à droite ou dans l'axe, le Martégal ne voit pas pour autant sa courbe de performance baisser. Cette saison, l'ancien international, du moins si on en croit sa longue absence en sélection, depuis août 2010, en est à un but (contre Sochaux, 2-0, 2e journée) et deux passes décisives, toutes récentes, à Bastia (1-2, 17e j.) pour Valbuena, et contre Saint-Etienne lors de la dernière journée (1-0), pour André Ayew. Avec le départ d'Azpilicueta, la faible concurrence d'Abdallah et la méforme de Diawara, Fanni, 31 ans, n'est pas prêt de sortir de l'équipe type olympienne.

Défenseur central : Lamine Koné (Lorient)
Un des inconnus de cette équipe, mais pas un des plus mauvais, et probablement un des plus prometteurs. A 23 ans, le Parisien de naissance, formé à Châteauroux, qu'il a quitté pour le Morbihan en 2010, est tout simplement un des meilleurs défenseurs centraux du championnat, malgré la piteuse 15e place des Merlus chez les défenses. Surtout, son gabarit (1m89, 90 kgs) lui offre des possibilités dans les surfaces adverses, ce qui lui a permis de marquer trois buts, dont deux de la tête, meilleur total pour un défenseur cette saison (contre Nancy, 3-0, 4e j., à Bastia, 2-1, 14e j., contre Sochaux, 2-0, 17e j.) ainsi qu'une passe décisive, contre Montpellier (2-1, 2e j.), pour Alain Traoré à la 92e minute. A noter qu'il est toujours éligible pour jouer en Équipe de France... et si on arrêtait de perdre des talents ? Encore faudrait-il qu'il joue dans une équipe plus cotée...

Latéral gauche : Benoît Trémoulinas (Bordeaux)
Un classique, même si le Réunionnais a du écarter la concurrence de Maxwell (2 b, 2 p), notamment parce que le Parisien évoluait souvent au milieu lorsqu'il fut décisif. C'est moins le cas du Bordelais, même s'il évolue plus haut lorsque son équipe joue à trois axiaux. Même s'il a laissé passer du monde à un poste en Bleu pour lequel il semblait promis à un grand avenir (1 sélection), il reste une valeur sûre du championnat. Avec à la clé un but, à Lyon, et du droit s'il vous plaît (0-2, 7e j.) et trois passes décisives, comme lors des deux saisons précédentes (pour Gouffran contre Ajaccio, 2-2, 6e j., pour Diabaté à Brest, 1-1, 8e j., pour Gouffran encore, contre Marseille, 1-0, 13e j.), ce centreur de grande qualité (22 passes décisives en 5 saisons et demie de Ligue 1) pourrait faire du bien aux Bleus dans ce domaine où il ne brillent plus depuis très longtemps.

Milieu axial : Julien Féret (Rennes)
Forcément, mes axiaux vont être très offensifs, mais c'est aussi le cas de ceux d'Arsenal ou du Barça non ? Un de ceux qui figurent dans toutes les équipes-types actuelles. Féret, après plusieurs bonnes saisons, est en train d'en réaliser une très grande, à 30 ans. Il a déjà marqué autant de buts que l'année dernière (8), son record étant de 9, en Ligue 2 avec Reims, en 2006-07, tout en n'ayant distribué qu'une passe décisive, contre Valenciennes (2-0, 18e j.) pour son compère Jonathan Pitroipa, qui lui avait offert le premier but. Homme fort de l'intenable quatuor rennais (Pitroipa, Féret, Alessandrini et Erding, 27 buts et 10 passes à eux 4), le Breton peut juste regretter d'avoir été souvent oublié ces dernières années en Bleu. Trop lisse et trop discret, sans doute.

Milieu axial : Benjamin Nivet (Troyes)
L'autre relégable de la troupe, avec Lotiès, mais aussi un signe que malgré l'âge (35 ans) on peut encore porter une équipe sur ses épaules, ou presque. Un de ces joueurs méconnus, mais qui connaissent la Ligue 1 sur le bout des ongles (260 matches) et dont le football est un régal visuel. Revenu à Troyes, qu'il avait longuement fréquenté entre janvier 2002 et 2007, en Ligue 1 et en Ligue 2, après un passage de cinq ans à Caen, toujours en alternant entre les deux divisions, l'Auxerrois de formation donne l'impression de n'avoir jamais quitté l'Aube et la Bourgogne, région qu'il représente de plus en plus, lui le Chartrais de naissance. Auteur de 6 buts en 3 passes décisives, il est la seule chance, avec Thuram dans les buts, de l'ESTAC pour espérer se maintenir... Un Jérôme Leroy moins grande gueule et moins baroudeur.

Milieu offensif droit : Rémy Cabella (Montpellier)
On ne peut plus le considérer comme une révélation. Longtemps remplaçant désigné de Belhanda dans l'axe, ou de Camara ou Utaka sur les côtés, l'Ajaccien est devenu indispensable au jeu de Montpellier. Personnellement, je le suis depuis son prêt à Arles-Avignon, lors de l'année passée en Ligue 1 de cet improbable club sudiste, en 2010-11. Au
milieu des Mejia, Pavon, Basinas, Meriem et autres Charisteas, le gamin formé dans l'Hérault, qui n'avait jamais connu l'élite, mettra quelques mois seulement pour s'imposer, avant de signer au total 3 buts en 18 matches. De retour à Montpellier, il participera activement à la conquête du titre, malgré un statut encore incertain, avec 3 buts et une passe en 29 matches, dont 16 titularisations. Cette année, il confirme : 5 buts et 3 passes pour l'homme à la crête fournie et à la voiture orange. Un kéké, d'accord, mais pour l'instant difficile à moquer, et très prometteur. Un Valbuena en mieux, à mon avis.

Milieu offensif gauche : Pierre-Emerick Aubameyang (Saint-Étienne)
Je l'ai mis là parce qu'il méritait, selon moi, de figurer dans l’équipe-type, et parce qu'il s'est montré presque aussi efficace sur ce côté, où sa vitesse fait merveille, que dans l'axe. Le Stéphanois, après des années à végéter dans des prêts ratés à Lille ou Monaco, s'est révélé dans la Loire, et confirme sa très bonne saison dernière (16 buts, 6 passes décisives). Cette année, ses chiffres sont comparables, voire un peu meilleurs, à mi saison du moins (8 buts, 4 passes, quatrième bilan général). Même s'il reste sur six matches blancs, le Gabonais est désormais un candidat logique à un départ dans un plus grand club la saison prochaine. Ce sera une très grosse perte pour l'ASSE, qui a déjà toujours du mal à confirmer au classement (10e) le potentiel qu'on lui soupçonne (dans les 5-6 premiers ?).

Attaquant : Bafétimbi Gomis (Lyon)
Mon chouchou, personnellement, peut-être parce qu'il n'est pas reconnu à sa juste valeur. Le Lyonnais devance le pauvre Jérémy Aliadière (Lorient) d'une seule action décisive (14 à 13), mais sa place n'est pas usurpée. Comme je le dis souvent ici, quelque soit son statut à Saint-Etienne mais surtout à Lyon, depuis 2009, Gomis, qui semble être en plus une crème dans la vie, marque toujours. Il en est désormais à sept saisons consécutives à au moins 10 buts en championnat (11 cette année, 14 la saison dernière) et il a marqué 28 buts en 2012, deux de moins que Benzema, le meilleur Français. Il a également distribué trois passes décisives, notamment la dernière pour Lisandro Lopez, alors qu'il aurait pu marquer, seul face à Ospina (3-0 contre Nice, 19e j.). Je suis heureux de le voir à ce niveau, ainsi qu'en Bleu. Un buteur comme on en a rarement en France, à la fois efficace et collectif.

Attaquant : Zlatan Ibrahimovic (Paris-SG)
Vous vous doutez bien qu'il était difficile de se passer de lui ! Le fait qu'il soit le seul Parisien de l'équipe-type, alors que le PSG possède la meilleure attaque (36 buts) et le plus grand nombre de passes décisives cumulées (26) montre bien à quel point le Suédois écrase la concurrence, que ce soit en Ligue 1 ou dans sa propre formation. Dans le classement des actions décisives, le second parisien est Jérémy Ménez, 29e avec un but et 5 passes décisives... Ibra a ainsi marqué 18 buts, soit l'exacte moitié du total de son équipe, et 12 à l'extérieur (sur 18 !), mais n'a pas oublié ses partenaires, à qui il a offert 5 buts (pour Ménez, Maxwell, Matuidi deux fois et Lavezzi). Le troisième buteur européen en 2012 (50 buts) est parti sur de grandes bases, reste à savoir s'il tiendra longtemps ce rythme.

Voilà, ce n'est pas forcément la meilleure équipe, mais c'est celle qui s'est le plus illustrée dans ce qui demeure l'essentiel dans le foot : les buts, et l'élaboration de ces derniers. C'est aussi une équipe homogène, avec aucun club représenté par plus d'un joueur, preuve de la densité d'un championnat décidément très serré, comme toujours. Il manque quelques beaux joueurs comme Matuidi, Malbranque, Valbuena ou Danic, mais il fallait bien faire des choix... et les miens sont objectifs, puisque chiffrés !

A plus tard, et n'hésitez pas à réagir !