mardi 8 janvier 2013

Ballon troué

Salut à tous,

Ça y est, on connait donc le nom du "nouveau" Ballon d'Or, Lionel Messi. Quelle surprise ! Ah ça, du suspense comme ça, on n'en a pas eu depuis le match truqué entre l'Autriche et la RFA, en 1982. J'imagine le calvaire de Ronaldo et Iniesta, se rendant par obligations à la cérémonie avec la certitude totale d'être déçu, de repartir bredouille, après celle d'être filmé pile au moment ou Messi était nommé Ballon d'Or... en même temps, ils ont eu le temps de se préparer, c'est pas comme aux Césars... les avantages et les inconvénients de l'absence de suspense.

Platini et Cruyff ont-ils été spoliés ?

Pour ma part, je suis extrêmement déçu, pour ne pas dire plus, que France Football ait cédé "son" trophée à la FIFA, un trophée mythique qui a récompensé les meilleurs joueurs européens de l'Histoire, mais aussi quelques joueurs inattendus mais qui auront su se distinguer autant par leurs performances que par leur palmarès sur l'année (Owen, Cannavaro, Belanov, Nedved...). Ce trophée appartenait à tout le monde, suffisait de savoir
briller dans un collectif. Bon, si vous étiez un défenseur ou un gardien, vos chances se réduisaient à quasiment zéro, mais ça ne me choque qu'à moitié : le foot, ce sont les buts, pas leur annihilation. Hormis Cannavaro, un stoppeur exclusif et presque caricatural, les deux autres défenseurs récompensés, les Allemands Beckenbauer et Sammer, étaient d'ailleurs d'anciens milieux, à la relance soignée et à la participation au jeu des plus actives, voire souvent décisive.

Lionel Messi a gagné quatre Ballons d'Or d'affilée, une sacrée perf, mais je suis à peu près sûr que si les nouveaux critères et modes de scrutins avaient toujours été appliqués, d'autres auraient pu gagner ce trophée plus de trois fois, l'ancien record, jusque là détenu par Cruyff, Platini et Van Basten. Les deux premiers nommés, notamment, sont dans ce cas. Le Néerlandais s'est vu devancer, durant sa carrière (64-84), par des joueurs comme Beckenbauer, mais surtout par Blokhine, Simonsen, Keegan... de bons joueurs, mais qui ne sont rien comparés à l'immense Batave. Simplement, sur une année, ils ont fait mieux que lui, que ce soit individuellement mais surtout en équipe : ils étaient les meilleurs joueurs de la meilleure équipe de l'année, tout simplement. Le palmarès, unique critère vraiment objectif qui soit. Il n'y a rien de choquant à admettre que le football reste avant tout un sport collectif, et ces joueurs, si doués soient-ils, restaient dépendants de la qualité de leurs équipes. Pour Platini, qui en a gagné trois d'affilée (83, 84, 85), c'est un peu différent : avant, il était un bon joueur de Nancy puis Saint-Étienne, qui ne faisait plus rien sur le plan européen, et après... il était moins performant, tout simplement. On oublie souvent que le président de l'UEFA a eu une carrière très courte, surtout pour un joueur de cet acabit (72-87, de 17 à 32 ans).

Mais quid de Zidane, par exemple ? Le Français n'en a gagné qu'un seul, une misère, autant que Papin et Kopa, sur une carrière qui a duré 18 ans, dont une bonne moitié (96-06) passée dans les meilleurs clubs du monde, à tout gagner avec ces derniers, comme avec les Bleus. Comment est-ce possible ? Déjà, l'arrivée dans les joueurs éligibles des non-européens a élargi la concurrence : Maradona ou Pelé ont été privé de récompenses qui leur auraient pendu aux nez. Ainsi, durant la grande période de Zidane, les Brésiliens Ronaldo (2), Rivaldo et Ronaldinho lui en ont "piqué" quatre. Y a eu aussi le cas Figo, qui fut élu l'année (2000) ou le Marseillais le méritait peut-être le plus, lui qui avait été immense pendant l'Euro, beaucoup plus que durant la Coupe du Monde 98, durant laquelle il ne fut bon qu'en finale. Mais il avait fait un mauvais geste lors d'un match de Ligue des Champions peu avant le vote, ce qui lui avait sans doute coûté le trophée... l'effet inverse que pour Van Basten, en 1992, qui avait subtilisé le Ballon d'Or à l'ultra favori Stoichkov à la faveur d'un quadruplé contre Göteborg en Ligue des Champions, avant la remise du trophée !

Moins de critères, moins de crédibilité

C'est aussi en cela que la différence est réelle entre l'ancien mode de scrutin et l'actuel, exclusivement tourné vers la performance individuelle. Avant, les critères étaient plusieurs : performance individuelle, bien sûr, mais aussi collective, avec l'importance cruciale du palmarès, peut-être à l'excès, comme pour Cannavaro (mais qui se détachait, en 2006 ?) et l'attitude générale, entre autres. En cela, on voyait aussi l'influence des journalistes, qui élisaient exclusivement le Ballon d'Or. Ces derniers aiment les histoires, les à-côté, on le voit à leur manie depuis plusieurs saisons de plus juger les joueurs sur leurs attitudes, voire leurs looks ou leur propension ou non à sourire, que sur ce en quoi ils sont vraiment célèbres et célébrés : footballeur, et non miss France ou ministre. Que les joueurs et les sélectionneurs
soient associés au vote n'est pas une mauvaise chose, au contraire, c'est quand même eux qui font le jeu. Mais l'abandon quasi total du critère objectif du palmarès, pour un trophée qui était déjà un peu critiqué sur le fait que ressortir un joueur d'un sport collectif était un contre-sens, c'est vraiment dommage. C'est ce qui a fait perdre, à mes yeux du moins, sa véritable crédibilité à ce trophée que je vénérais, jusque là. Je regardais ce que chaque journaliste, un par pays, avait voté, faisant des statistiques géographiques, avec des différences notables d'ailleurs. Et le suspense était rarement absent, même quand d'immenses joueurs se détachaient.

Et l'Espagne alors ?

Ne vous méprenez pas, je serais fou d'affirmer que Messi n'est pas le meilleur joueur du monde, il l'est. Mais qu'Iniesta ou Sergio Ramos, champions d'Europe à nouveau cette année, n'aient pas eu le Ballon d'Or, n'aurait rien changé à ce fait. Quand on y pense, c'est quand même dur, voire scandaleux, pour l'Espagne, peut-être la meilleure équipe nationale européenne de l'Histoire du football, qui n'a pas eu un Ballon d'Or ! Elle n'en a d'ailleurs eu que trois, tous à l'époque où le Real Madrid gagnait tout (Di Stefano, 57 et 59, puis Luis Suarez, Barcelone, en 1960), et qui, déjà, n'avait pas été récompensée d'un Ballon d'Or lorsqu'elle avait gagné l'Euro en 1964, puisque son meilleur joueur, Suarez encore, avait été devancé par l’Écossais de Manchester United, Denis Law... qui n'avait pourtant gagné cette année là. Comme quoi, déjà à l'époque... L'Espagne est maudite, mais en même temps, tant qu'elle gagne des titres collectifs... c'est finalement assez symbolique de son état d'esprit profond, l'équipe avant les individualités.

C'est dommage parce que j'aurais bien voulu savoir combien de Ballons d'Or Messi aurait remporté avec l'ancien mode de scrutin, sous lequel il était si difficile d'être élu, et qui obligeait non seulement à être le meilleur, mais aussi à évoluer dans la meilleure équipe, celle qui a le plus gagné. Histoire de voir à quel niveau il se situe par rapport à Cruyff ou Platini... là il en a quatre, mais j'ai le sentiment, tenace, qu'il les a gagné trop facilement. Si n'étaient ses 91 buts en 2012, ce qui est faramineux, Messi n'a gagné que la Coupe du Roi cette année, je le répète ! J'aurais pour ma part voté pour Sergio Ramos, hallucinant d'aisance à l'Euro et champion d'Espagne avec le Real. Mais on ne m'a pas demandé mon avis, dommage !

Je vous laisse, à plus tard !

mercredi 2 janvier 2013

Les buteurs de 2012

Salut à tous,

On est passé en 2013, je vous souhaite donc à tous, chers lecteurs, une très bonne année et mes meilleurs vœux !

Sur le plan de l'année civile, les comptes sont remis à zéro. Après l'intouchable Lionel Messi et ses 91 buts, record du monde (sauf erreur), d'autres joueurs se sont illustrés depuis un an. Voyons d'abord en détail le classement des buteurs sur l'année. A noter que les divisions inférieures des principaux championnats sont prises en compte, en plus des élites.

Tout d'abord, le classement général :



Derrière Vous-Savez-Qui, son principal concurrent, Cristiano Ronaldo, est logiquement à la peine : malgré une moyenne de 5 buts par mois en moyenne (!), il en a marqué plus de deux de moins que l'Argentin sur chaque mois (28 au total). En troisième position, Zlatan Ibrahimovic a finalement eu raison, d'une courte tête, de son principal adversaire Falcao (Atletico Madrid). Cavani suit à quatre longueurs, devant l'étonnant inconnu bolivien Carlos Saucedo, 33 ans, buteur prolifique au San José Ouro, lui qui n'a touché au football professionnel qu'à l'âge de 26 ans, et qui ne s'est vraiment imposé en sélection que très récemment, avec notamment un triplé contre l'Uruguay, en qualifs pour le prochain mondial, en octobre dernier (4-1).

D'autres inconnus trustent les premières places, comme le Lituanien Rimkevicius (Siaulai) ou le Coréen Lee Dong-gook, 33 ans, éphémère attaquant du Werder et de Middlesborough il y a quelques années. Avec les deux inséparables néerlandais Van Persie et Huntelaar et le co meilleur buteur de la Ligue des Champions Burak Yilmaz (Galatasaray), l'ancien raté Monégasque Dieumerci Mbokani, aujourd'hui intenable à Anderlecht, complète le tableau. Pas de Brésilien, pas d'Allemand, pas d'Italien, pas d'Espagnol... et pas de Français.

C'est une des spécificités françaises : hormis Henry, aucun Français ces dernières années n'a vraiment réussi une grande année prolifique, à part le buteur de Mons, Jérémy Perbet. Voyons un peu le classement français de cette année.



Du clinquant, mais aussi de l'inconnu complet. Il faut dire que pour ce classement on va carrément gratter en DH, pour le dernier d'entre eux, Ludovic Heidelberger, formé à Marseille jusqu'en 2001 et qui évolue actuellement à l'UGA Ardviz ! La première place de Karim Benzema est logique, malgré la difficulté à la fois de s'imposer au Real et dans un des meilleurs championnats du monde, même si quelques buts supplémentaires en sélection lui auraient peut-être permis d'intégrer le classement général, distant de 7 longueurs. La deuxième place revient logiquement à Bafé Gomis, plus constant que jamais, et auteur de 16 buts depuis août, excusez du peu. David Ledy, j'en ai déjà parlé, c'est le buteur strasbourgeois qui a connu la Ligue 2 avant de cartonner en CFA2 la saison dernière (20 buts). D'autres joueurs amateurs figurent dans ce classement, comme l'ancien réserviste messin Stéphane Boulila, Jérémy Bru et Heidelberger, sans parler de Romain Pastorelli, l'attaquant du CA Bastia, aujourd'hui en National. Les attaquants de Ligue 1 sont rares (Gomis et Gouffran), des joueurs comme Gameiro, Rémy ou Gignac n'ayant pas eu des années faciles à gérer. Enfin, notons les bons chiffres de Adamo Coulibaly, qui ne cesse de planter avec Debrecen, en Hongrie.

Suivant s'il vous plait, avec le Brésil.



On peut parler de catastrophe, pour un pays comme celui-ci, qui a fournit parmi les meilleurs attaquants de l'Histoire au football. Hormis Neymar, qui n'a pas vraiment de concurrence à son poste et qui a marqué 31 buts en seulement 43 matches cette année, on a droit à des attaquants évoluant en Arabie Saoudite, aux Emirats Arabes Unis (2), au Qatar (3 !), en Roumanie, en D2 Portugaise, en Lituanie... mais aucun dans un grand championnat européen, et seulement trois au sein de l'élite brésilienne, dont les anciens Luis Fabiano et Fred ! Inutile de dire que le Brésil va devoir cravacher dur et prier pour qu'il n'arrive rien à Neymar pour présenter une sélection correcte dans un an et demi, pour SA Coupe du Monde, qu'il n'a évidemment pas le droit de perdre...

Voyons un peu le grand rival argentin...



Là encore, ça voyage beaucoup, c'est une tradition. Mais cette fois on a des joueurs évoluant en Liga (Messi, Higuain), en Italie (Milito, Palacio), en Angleterre (Agüero), en France (Lisandro, Herrera), etc. Rien dans le Golfe, rien en Lituanie... bref, l'Argentine a beaucoup plus de ressource que son voisin brésilien. Et les Uruguayens ?



Pas mal d'inconnus, mais tant que la Celeste, qui est redevenue depuis quelques années la puissance du football qu'elle n'était plus depuis 1970, peut encore compter sur des phénomènes comme Cavani ou Suarez... heureusement que ces deux là ne sont pas vieux, parce que derrière y a plus de mercenaires de championnats de seconde zone sud-américaine qu'autre chose.

Revenons en Europe, avec les Anglais.



Les cinq divisions professionnels remplissent un espace déserté pour une fois par Lampard, entre autres. Rooney est au rendez-vous, en compagnie du buteur du Celtic Gary Hooper, mais derrière, en dehors de Jermaine Defoe, Ricky Lambert et Theo Walcott, qui commence enfin à évoluer à un très bon niveau... les meilleures équipes anglaises comptent qu'à minima sur les joueurs locaux, ce qui n'arrange pas les affaires de la sélection.

Passons aux champions d'Europe espagnols.



Si aucun ne figure parmi les tous meilleurs, on a quand même du beau monde avec Soldado, Torres, Llorente, Michu, Mata, Negredo... que de la qualité, et à au moins 21 buts. Une variété de profils de buteurs appréciable pour Vicente Del Bosque, qui peut compter sur des attaquants puissants, rapides, techniques, des joueurs de surface ou plus polyvalents... une des clés, sans doute, des succès espagnols depuis cinq ans maintenant.

Au tour des Allemands !



Derrière le toujours efficace et méconnu Stefan Kiessling (Leverkusen) figure Mario Gomez, qui aurait sans doute fait mieux sans sa longue blessure d'après l'Euro. Les jeunes loups Reus, Müller ou Meier sont déjà bien placés, et accompagnés par notamment l'éternel Miroslav Klose, meilleur buteur, rappelons le, de la Coupe du Monde... 2002. Une liste de bonne qualité, avec en plus les bons chiffres de Mesut Özil avec le Real, malgré les critiques.

Et enfin, les Italiens.



Comme pour les Brésiliens, on peut sérieusement s'inquiéter sur la qualité des buteurs italiens de bons niveaux, rien qu'en Serie A. Ils ne sont que cinq, dont l'éternel Di Natale et le nouveau El Shaarawy. Mais ensuite ? Pas grand chose. Pas de Balotelli, pourtant excellent à l'Euro. Pas de Matri, Pazzini, Giovinco, Quagliarella... des joueurs de qualité, mais aucun à 17 buts sur l'année, c'est quand même très moyen. On l'a vu contre la France, l'Italie semble avoir perdu son flair en terme de buteurs.

Voilà, on se revoit dans un an pour les prochains chiffres ! A plus tard !

samedi 29 décembre 2012

Ligue 1 : l'Equipe-Type

Salut à tous,

La trêve en Ligue 1, c'est évidemment le moment idéal de faire des bilans et des équipes types. Voici la mienne, qui sera aussi discutable et subjective que les innombrables qui fourmillent sur internet et ailleurs, sauf sur un point : j'ai utilisé les chiffres, encore une fois. C'est donc une équipe très offensive que je vous présente aujourd'hui, et que je vous détaille dès maintenant.

Gardien : Ali Ahamada (Toulouse)
Forcément, il était difficile de le devancer cette saison, vu son but - décisif, qui plus est - à la dernière minute du match contre Rennes, lors de la sixième journée (2-2). A noter que d'habitude, les gardiens buteurs sont souvent de vieux grognards, comme Wimbée en France, ou Schmeichel en Angleterre. Il faut avoir une sacrée confiance en soi pour décider de quitter son but dans les arrêts de jeu pour aller tenter sa chance dans la surface opposée. Or, Ahamada n'a que 21 ans, et ne dispute que sa troisième saison en professionnel, sa deuxième véritablement dans la peau d'un titulaire. Donc, même s'il a semblé mal gérer cet exploit par la suite, avec quelques matches ratés, il mérite largement cette nomination.

Latéral droit : Jordan Lotiès (Nancy)
Oui oui, j'ai réussi à caser un Nancéien dans mon équipe-type, alors que l'ASNL se traîne à la dernière place du classement. Comme pour les autres joueurs de mon équipe, ce qui fait qu'il y figure, ce sont les chiffres : ses deux buts (contre VA lors de la 16e journée, puis à Lyon lors de la 17e, 1-1 à chaque fois), ses premiers en Ligue 1 et ses premiers en pro depuis mai 2009, ainsi que sa passe décisive pour Mollo à Evian (1-1, 15e j.) en font tout simplement le
troisième joueur nancéien le plus décisif cette saison, derrière Mollo et Bakar. Logique, puisque son entraîneur, Jean Fernandez, pour rassurer son équipe, accumule les joueurs défensifs en défense et au milieu, ce qui limite les choix. Dommage que ces trois actions décisives n'aient rapporté que trois points à son équipe...

Défenseur central : Rod Fanni (Marseille)
Baladé à droite ou dans l'axe, le Martégal ne voit pas pour autant sa courbe de performance baisser. Cette saison, l'ancien international, du moins si on en croit sa longue absence en sélection, depuis août 2010, en est à un but (contre Sochaux, 2-0, 2e journée) et deux passes décisives, toutes récentes, à Bastia (1-2, 17e j.) pour Valbuena, et contre Saint-Etienne lors de la dernière journée (1-0), pour André Ayew. Avec le départ d'Azpilicueta, la faible concurrence d'Abdallah et la méforme de Diawara, Fanni, 31 ans, n'est pas prêt de sortir de l'équipe type olympienne.

Défenseur central : Lamine Koné (Lorient)
Un des inconnus de cette équipe, mais pas un des plus mauvais, et probablement un des plus prometteurs. A 23 ans, le Parisien de naissance, formé à Châteauroux, qu'il a quitté pour le Morbihan en 2010, est tout simplement un des meilleurs défenseurs centraux du championnat, malgré la piteuse 15e place des Merlus chez les défenses. Surtout, son gabarit (1m89, 90 kgs) lui offre des possibilités dans les surfaces adverses, ce qui lui a permis de marquer trois buts, dont deux de la tête, meilleur total pour un défenseur cette saison (contre Nancy, 3-0, 4e j., à Bastia, 2-1, 14e j., contre Sochaux, 2-0, 17e j.) ainsi qu'une passe décisive, contre Montpellier (2-1, 2e j.), pour Alain Traoré à la 92e minute. A noter qu'il est toujours éligible pour jouer en Équipe de France... et si on arrêtait de perdre des talents ? Encore faudrait-il qu'il joue dans une équipe plus cotée...

Latéral gauche : Benoît Trémoulinas (Bordeaux)
Un classique, même si le Réunionnais a du écarter la concurrence de Maxwell (2 b, 2 p), notamment parce que le Parisien évoluait souvent au milieu lorsqu'il fut décisif. C'est moins le cas du Bordelais, même s'il évolue plus haut lorsque son équipe joue à trois axiaux. Même s'il a laissé passer du monde à un poste en Bleu pour lequel il semblait promis à un grand avenir (1 sélection), il reste une valeur sûre du championnat. Avec à la clé un but, à Lyon, et du droit s'il vous plaît (0-2, 7e j.) et trois passes décisives, comme lors des deux saisons précédentes (pour Gouffran contre Ajaccio, 2-2, 6e j., pour Diabaté à Brest, 1-1, 8e j., pour Gouffran encore, contre Marseille, 1-0, 13e j.), ce centreur de grande qualité (22 passes décisives en 5 saisons et demie de Ligue 1) pourrait faire du bien aux Bleus dans ce domaine où il ne brillent plus depuis très longtemps.

Milieu axial : Julien Féret (Rennes)
Forcément, mes axiaux vont être très offensifs, mais c'est aussi le cas de ceux d'Arsenal ou du Barça non ? Un de ceux qui figurent dans toutes les équipes-types actuelles. Féret, après plusieurs bonnes saisons, est en train d'en réaliser une très grande, à 30 ans. Il a déjà marqué autant de buts que l'année dernière (8), son record étant de 9, en Ligue 2 avec Reims, en 2006-07, tout en n'ayant distribué qu'une passe décisive, contre Valenciennes (2-0, 18e j.) pour son compère Jonathan Pitroipa, qui lui avait offert le premier but. Homme fort de l'intenable quatuor rennais (Pitroipa, Féret, Alessandrini et Erding, 27 buts et 10 passes à eux 4), le Breton peut juste regretter d'avoir été souvent oublié ces dernières années en Bleu. Trop lisse et trop discret, sans doute.

Milieu axial : Benjamin Nivet (Troyes)
L'autre relégable de la troupe, avec Lotiès, mais aussi un signe que malgré l'âge (35 ans) on peut encore porter une équipe sur ses épaules, ou presque. Un de ces joueurs méconnus, mais qui connaissent la Ligue 1 sur le bout des ongles (260 matches) et dont le football est un régal visuel. Revenu à Troyes, qu'il avait longuement fréquenté entre janvier 2002 et 2007, en Ligue 1 et en Ligue 2, après un passage de cinq ans à Caen, toujours en alternant entre les deux divisions, l'Auxerrois de formation donne l'impression de n'avoir jamais quitté l'Aube et la Bourgogne, région qu'il représente de plus en plus, lui le Chartrais de naissance. Auteur de 6 buts en 3 passes décisives, il est la seule chance, avec Thuram dans les buts, de l'ESTAC pour espérer se maintenir... Un Jérôme Leroy moins grande gueule et moins baroudeur.

Milieu offensif droit : Rémy Cabella (Montpellier)
On ne peut plus le considérer comme une révélation. Longtemps remplaçant désigné de Belhanda dans l'axe, ou de Camara ou Utaka sur les côtés, l'Ajaccien est devenu indispensable au jeu de Montpellier. Personnellement, je le suis depuis son prêt à Arles-Avignon, lors de l'année passée en Ligue 1 de cet improbable club sudiste, en 2010-11. Au
milieu des Mejia, Pavon, Basinas, Meriem et autres Charisteas, le gamin formé dans l'Hérault, qui n'avait jamais connu l'élite, mettra quelques mois seulement pour s'imposer, avant de signer au total 3 buts en 18 matches. De retour à Montpellier, il participera activement à la conquête du titre, malgré un statut encore incertain, avec 3 buts et une passe en 29 matches, dont 16 titularisations. Cette année, il confirme : 5 buts et 3 passes pour l'homme à la crête fournie et à la voiture orange. Un kéké, d'accord, mais pour l'instant difficile à moquer, et très prometteur. Un Valbuena en mieux, à mon avis.

Milieu offensif gauche : Pierre-Emerick Aubameyang (Saint-Étienne)
Je l'ai mis là parce qu'il méritait, selon moi, de figurer dans l’équipe-type, et parce qu'il s'est montré presque aussi efficace sur ce côté, où sa vitesse fait merveille, que dans l'axe. Le Stéphanois, après des années à végéter dans des prêts ratés à Lille ou Monaco, s'est révélé dans la Loire, et confirme sa très bonne saison dernière (16 buts, 6 passes décisives). Cette année, ses chiffres sont comparables, voire un peu meilleurs, à mi saison du moins (8 buts, 4 passes, quatrième bilan général). Même s'il reste sur six matches blancs, le Gabonais est désormais un candidat logique à un départ dans un plus grand club la saison prochaine. Ce sera une très grosse perte pour l'ASSE, qui a déjà toujours du mal à confirmer au classement (10e) le potentiel qu'on lui soupçonne (dans les 5-6 premiers ?).

Attaquant : Bafétimbi Gomis (Lyon)
Mon chouchou, personnellement, peut-être parce qu'il n'est pas reconnu à sa juste valeur. Le Lyonnais devance le pauvre Jérémy Aliadière (Lorient) d'une seule action décisive (14 à 13), mais sa place n'est pas usurpée. Comme je le dis souvent ici, quelque soit son statut à Saint-Etienne mais surtout à Lyon, depuis 2009, Gomis, qui semble être en plus une crème dans la vie, marque toujours. Il en est désormais à sept saisons consécutives à au moins 10 buts en championnat (11 cette année, 14 la saison dernière) et il a marqué 28 buts en 2012, deux de moins que Benzema, le meilleur Français. Il a également distribué trois passes décisives, notamment la dernière pour Lisandro Lopez, alors qu'il aurait pu marquer, seul face à Ospina (3-0 contre Nice, 19e j.). Je suis heureux de le voir à ce niveau, ainsi qu'en Bleu. Un buteur comme on en a rarement en France, à la fois efficace et collectif.

Attaquant : Zlatan Ibrahimovic (Paris-SG)
Vous vous doutez bien qu'il était difficile de se passer de lui ! Le fait qu'il soit le seul Parisien de l'équipe-type, alors que le PSG possède la meilleure attaque (36 buts) et le plus grand nombre de passes décisives cumulées (26) montre bien à quel point le Suédois écrase la concurrence, que ce soit en Ligue 1 ou dans sa propre formation. Dans le classement des actions décisives, le second parisien est Jérémy Ménez, 29e avec un but et 5 passes décisives... Ibra a ainsi marqué 18 buts, soit l'exacte moitié du total de son équipe, et 12 à l'extérieur (sur 18 !), mais n'a pas oublié ses partenaires, à qui il a offert 5 buts (pour Ménez, Maxwell, Matuidi deux fois et Lavezzi). Le troisième buteur européen en 2012 (50 buts) est parti sur de grandes bases, reste à savoir s'il tiendra longtemps ce rythme.

Voilà, ce n'est pas forcément la meilleure équipe, mais c'est celle qui s'est le plus illustrée dans ce qui demeure l'essentiel dans le foot : les buts, et l'élaboration de ces derniers. C'est aussi une équipe homogène, avec aucun club représenté par plus d'un joueur, preuve de la densité d'un championnat décidément très serré, comme toujours. Il manque quelques beaux joueurs comme Matuidi, Malbranque, Valbuena ou Danic, mais il fallait bien faire des choix... et les miens sont objectifs, puisque chiffrés !

A plus tard, et n'hésitez pas à réagir !

jeudi 20 décembre 2012

Onze ans après

Salut à tous,

Avant de commencer, laissez-moi vous montrer quelque chose :



Ceci est le classement des buteurs de moins de 21 ans lors de la saison 2001-02 de Ligue 1. Comme vous pouvez le constater, beaucoup de noms connus, voire très connus, sautent assez vite aux yeux, et d'autres nettement moins. Rien de plus logique, vous verrez que chez les jeunes actuels, beaucoup réussiront à confirmer, et d'autres disparaîtront aussi vite qu'ils seront apparus, on en reparle dans 10 ans. C'est la loi du genre, en sport comme au cinéma ou dans la chanson, ou même n'importe quel milieu professionnel.

Avant de se pencher sur le destin de ces anciens espoirs, comparons avec le classement actuel des moins de 21 ans, ceux qui n'avaient donc à l'époque pas plus de 10 ans.



La Ligue 1 manque de jeunes talents

En dehors de la présence d'un gardien, l'autre principale différence est la très nette chute du pourcentage de buts marqués par les jeunes lors de la saison actuelle par rapport à il y a 11 ans : elle va du triple au simple (de 12,06 % à 3,86), et même un peu plus. Quasiment un but sur 8 étaient marqué par un jeune en 2001-02, aujourd'hui c'est un sur 25, soit un par journée en moyenne. Il faut dire que la présence d'un déjà phénoménal Djibril Cissé, qui n'avait pas tout à fait 20 ans au départ de la saison et qui allait marquer 22 buts, a pu jouer, puisqu'il allait marquer à lui seul plus d'un quart du total des jeunes (83). Regardons la saison passée, qui était comparable puisque le meilleur jeune se nommait Eden Hazard, et avait marqué 20 buts, contre 6 pour son suivant, Aboubakar : le taux était de 8,5 %. L'importance d'un jeune leader est donc importante, mais c'est aussi un peu l'arbre cachant la forêt. Même sans Cissé, les jeunes d'il y a 11 ans marquaient plus quand même.

Difficile de savoir pourquoi. Ce qu'on constate en regardant les classements, c'est que les jeunes provenant des "gros clubs" étaient plus présents : on y voit 4 Auxerrois, 2 Lensois (dauphins de Lyon cette année là), 3 Parisiens, 3 Monégasques... en revanche, les Lyonnais, champions, brillaient par leur absence. mais ça n'allait pas durer, c'était avant la génération des Benzema ou Ben Arfa. Cette année, parmi les rares jeunes buteurs, hormis le Marseillais J.Ayew ou le Lillois Sidibé, pas de Lyonnais, pas de Parisiens, pas de Montpelliérains, pas de Bordelais... c'est aussi ça, le rôle des clubs les plus riches : fournir en bons jeunes le football français, soit pour eux-mêmes et la sélection nationale, soit pour les clubs qui les suivent, et qui accueillent souvent les jeunes qui n'ont pas percé dans leurs prestigieux clubs formateurs, ou la concurrence est plus rude. Là, les plus gros clubs ne semblent pas franchement capables de remplir cette mission, alors qu'ils sont tous dotés de très bons centres de formation... d'ailleurs, parmi les 10 jeunes qui ont marqué cette année, trois seulement ont été formés par un gros club : Ayew (Marseille), Eysseric (Monaco) et Bahebeck (PSG).

Une très belle génération 2002

Penchons nous donc à présent sur ces jeunes qui sont a priori tous trentenaires, ou quasiment, et pour qui on peut donc légitimement jeter un oeil sur des carrières évidemment très variées, même si elles se ressemblent souvent. Ainsi, parmi les 23 lauréats, je compte 5
internationaux français : Cissé, Kapo, Mexès (trois Auxerrois, la dernière grande génération formée à l'AJA), Givet et Bernard Mendy. Le fait qu'aucun d'entre eux ne se soient réellement imposés en Équipe de France alors qu'ils faisaient partie des plus gros espoirs de leur génération démontre aussi ma théorie du creux générationnel qui a suivi le départ des grands anciens en 2006 : ce n'était pas QUE de la faute de Domenech, à qui on avait demandé d'intégrer les jeunes en 2004, avant de lui réclamer ensuite le retour des anciens au bout de quelques mois seulement. Problème, en 2006, la relève n'était toujours pas là. Malgré tout, Cissé a accumulé 41 sélections, et Mexès, 29. Pas mal, mais insuffisant compte tenu de leurs statuts en équipes de France de jeunes.

Regardons les autres. On note quelques noms très prestigieux, qui ont réussi de très belles carrières à l'étranger, carrières qui ne sont d'ailleurs pas terminées : Essien, Adebayor, Arteta... sans parler de El Hadji Diouf, qui est un cas un peu à part. On note aussi la présence de Souleymane Camara, encore à Monaco et qui marque toujours à Montpellier, après avoir longtemps végété à deux ou trois buts par saison dans divers clubs, mais c'est le seul à encore figurer dans un club actuel de Ligue 1. C'est étrange, vu que la plupart d'entre eux jouent encore. Le Ahamada de 2001-02 n'est pas le même que le gardien toulousain. Mais beaucoup évoluent à l'étranger, même en Belgique pour W.Dalmat, ou en Ligue 2 pour Adama Coulibaly, Kapo et Mathis.

Il y a aussi le cas de Pascal Feindouno, qui conservera longtemps un très bon niveau en Ligue 1, à Bordeaux puis à Saint-Étienne. Sont choix de partir au Qatar en 2009 lui sera cependant fatal, malgré une pige à Monaco, 5 matches qui lui permettront de faire partie de ceux qui seront descendus avec le club de la Principauté. Mais après un passage honnête mais bref à Sion, il se traîne désormais en D2 turque, à Elazigspor. En ayant marqué qu'une fois en 10 matches, un but en coupe, contre un club amateur.

Ceux qui ont échoué

D'autres sont libres, comme Bartholomew Ogbèche, l'ancien Nigerian formé au PSG, et qui a ensuite joué en Espagne notamment, en Liga même, mais dans un anonymat certain (Alavès, Valladolid, Cadix...). Il a aussi joué aux Emirats et récemment en Grèce, à Kavala. Après une dernière saison à Middlesborough, en Championship, il est libre depuis cet été. Pour Fodé Mansaré, le dribbleur fou de Montpellier puis Toulouse, l'attente est encore plus longue : il est sans club depuis l'été 2011, date de la fin de son contrat au TFC. Dommage, le Guinéen était un beau joueur, quand il voulait. Mais 18 mois d'inactivité... n'est pas Malbranque qui veut.

Enfin, il y a ceux qui ont disparu. Vous vous rappelez de Patrick Beneforti ? Un ailier gauche fin, une belle patte, un joueur doté d'un bel avenir. Dans l'Entraîneur 2005, on pouvait encore le recruter et en être très content. Mais le Bastiais de naissance et de formation n'a pas duré : après une année blanche à l'Udinese en 2002-03, Beneforti a commencé à fréquenter la Ligue 2 (Châteauroux, Istres) puis le National et le CFA avec le Gazelec puis le CA Bastia. Aujourd'hui il joue à... Furiani, le quartier, pas le stade, en ligue corse.

Et Abdoulaye Cissé ? L'attaquant brukinabé de Montpellier n'avait pas 18 ans au démarrage de la saison, durant laquelle il allait marquer 2 fois. Après avoir connu la Ligue 2 avec le club héraultais, il va ensuite rejoindre le Qatar, un petit passage en Arabie Saoudite avant de rejoindre l’Égypte (Masry, Zamalek) en 2010, où il joue toujours.

Et Bamogo ? Lui a donné l'impression de confirmer après ses 2 buts avec Montpellier, là encore, puisque 2 ans plus tard il en marquait 16, et signait dans la foulée à Marseille, où il ne parvenait pas à s'imposer, dans des effectifs à l'époque pourtant assez ordinaires (Fiorèse,
Koke, Luyindula, Marlet, Mido...). Un prêt à Nantes, un autre au Celta Vigo, puis un départ à Nice pù il aura toutes les peines du monde à marquer des buts (13 en quatre saisons, dont 12 lors des deux premières...). Il part ensuite en Grèce, en Championship, avant de découvrir le championnat bulgare cette année... no comment.  Il n'a réussi à accumuler que 6 sélections avec le Burkina Faso.

Ahamada ? A priori aucun lien avec le portier toulousain. Attaquant polyvalent prometteur à Nantes, il marque même un but contre le Bayern, à Munich, en Ligue des Champions, en mars 2002 (2-1), après un autre but prestigieux, la saison précédente à Porto, en Coupe UEFA cette fois (3-1). Deux buts, pour deux défaites, dommage. En janvier 2005 il effectue ce qu'on peut appeler un choix étrange de carrière, même s'il se traîne à Nantes, il part à Beira Mar, au Portugal. Il échoue, réapparaît en Ligue 2, à Châteauroux, qui a toujours eu le chic de recycler ce qui n'était pas recyclable, puis aux Émirats (même remarque), et puis le Brestois de naissance part en Bretagne... aujourd'hui il joue à Carquefou, en CFA.

Makhtar N'Diaye ? Il est pas loin, il joue à la Vitréenne, en CFA 2. Le Rennais de formation avait auparavant connu la Ligue 2 avec Sedan, puis... les Glasgow Rangers, où il ne joue que trois matches, avant quatre ans sans nouvelles... et Vitré, donc. Eduardo Costa ? Après Bordeaux, il joue à Marseille, où il ne casse pas la baraque, sinon quelques tibias. Il part ensuite à l'Espanyol Barcelone pendant deux saisons, puis au Gremio, Sao Paulo, avant un retour en France... enfin, à Monaco, assez furtif (15 matches), entre 2009 et 2011. Depuis il joue (peu) à Vasco. Pas mal, sans plus.

Sébastien Carole ? Alors lui, il faut être fort pour le remettre. Le milieu offensif monégasque avait marqué son seul but en Ligue 1 contre Nantes, pour une défaite à domicile (1-2). Suivent West Ham, en Championship, Châteauroux évidemment, puis un départ définitif pour l'Angleterre en 2005, où depuis il évolue surtout au troisième, voire au quatrième niveau, comme actuellement à Bury, près de Manchester. En Angleterre, le Martiniquais a marqué 5 buts en 131 matches, et ce en 13 saisons. La galère ? Connaît pas.

Vous l'avez vu, footballeur, ce n'est pas une sinécure, ça vous garantie une variété de carrières très large. Il n'empêche que ceux qui ont VRAIMENT brillé avant leurs 21 ans (Cissé, Benzema, Trezeguet, Giuly...) ont pour la plupart réussi. Mais pas tous : Ouédec, Maurice ou Bakayoko ont tous réussi à marquer plus de 12 buts lors d'une saison avant leurs 21 ans, sans réussir à vraiment confirmer.

A plus tard !

jeudi 13 décembre 2012

Le Messi en chiffres

Salut,


Ce matin, offrons nous un petit post stats sur le record de Lionel Messi, et ses 88 buts sur une année civile... on repassera sur l'éventuelle "polémique" à propos de ce joueur zambien qui en aurait marqué 107 en 1972. Je dois avoir un grand-oncle qui en a marqué 157 en championnat du dimanche matin du Nord-Pas-de-Calais en 1923, ma lettre à la FIFA est déjà postée.

Des records à la pelle
Ce week-end, Lionel Messi a dépassé Gerd Müller, le mythique avant-centre du Bayern Munich. Le petit Argentin a évolué cette année dans deux équipes qui marquaient beaucoup : 3,5 buts par matches pour le Barça, 3,25 pour l'Argentine. Contrairement à ce qui se dit souvent, Messi n'est donc pas l'unique arme offensive de ces équipes, puisqu'il a marqué 45,8 % des buts catalans, et 46 % des buts Argentins. L'Argentin a d'ailleurs distribué 18 passes décisives sur l'année civile, rien qu'en club...

Titulaire de trois Ballons d'Or, et sans doute bientôt d'un quatrième, Messi est également devenu le meilleur buteur de l'Histoire du Barça, avec 285 buts en 353 matches, toutes compétitions confondues mais aussi en Liga (192/229) et en Ligue des Champions (56/74), dont il est le deuxième meilleur scoreur de l'Histoire. Il est le joueur ayant marqué le plus de buts lors des Clasicos contre le Real Madrid (17/20), et le Catalan ayant inscrit le plus de triplés (21, dont 15 en Liga), avec notamment deux d'affilée contre Valence puis Saragosse en 2009/2010). Il est également déjà le quatrième buteur de la sélection argentine, derrière Batistuta (56), Crespo (35) et Maradona (34), qui ne le devance que de trois buts.

Une irrésistible progression
Avec 88 buts en 67 matches officiels, Messi boucle sa première année civile à plus d'un but par match. En 2011, il tournait à 0,84 et à 0,94 en 2010. En revanche, c'est la deuxième saison où il tourne à plus d'un but par match, puisqu'il avait inscrit 82 buts en 69 rencontres en 2011/12. Müller, lui, a réussi cinq fois cette performance en 14 saisons au Bayern Munich. C'est en revanche la deuxième année civile où Messi marque plus de buts qu'il ne joue de match en championnat (56 en 36 rencontres!) après... 2010 (42/36), après une année 2011 plus « faible » (31/35). En Ligue des Champions, il en est à trois années consécutives à au moins un but par match (12/12 en 2010 et 2011, 13/12 en 2012). Il est d'ailleurs le quadruple meilleur buteur de la compétition, un autre record.

Sa compétition favorite depuis le début de sa carrière en terme de moyenne de buts est le championnat (0,84) devant la Ligue des Champions (0,76), si l'on excepte la Super Coupe d'Espagne (10 buts en 9 matches) et la Coupe du Monde des Clubs (4/4). En revanche, il ne semble pas passionné par la Copa del Rey (34 matches, 22 buts), mais il n'est pas le seul. En sélection, il est également loin de ses canons habituels (76 sélections, 31 buts), mais a nettement haussé le rythme en 2012 (12 buts en 9 matches), après plusieurs années à tourner à 0,28.

Il est intéressant de constater sa hausse quasi continue de buts depuis ses débuts. Après une première année blanche, en 2004 (7 matches, 0 but), il ne marque que 3 buts en 21 rencontres en 2005. Il passe à 0,36 en 2006, puis à 0,56 en 2007. Après un fléchissement en 2008 (0,46), il remonte en 2009, année du premier de ses quatre Ballons d'Or consécutif (0,64). On l'a vu, c'est vraiment en 2010 qu'il explose (0,94), il gère en 2011 (0,84) avant de franchir un nouveau palier en 2012 (1,31). Une progression qui laisse présager une suite de carrière phénoménale, lui qui n'a que 25 ans...

Ajoutons enfin qu'en 2012/2013, Messi tourne à un but toutes les 56 minutes, un toutes les 70, toutes compétitions confondues !

Un buteur par rafales
Passons en détail ces 88 buts historiques. La première partie de l'année a été un peu plus prolifique (1,37) que la seconde (1,23). Les meilleurs mois de l'Argentin ont été mai et juin, durant lesquels il a tourné à deux buts par match (8/4 puis 4/2), devant mars (1,86). Les rares mois où il n'a pas réussi à marquer un but par match ont été janvier (0,875) et septembre (0,71). Au final, et si on enlève les 9 semaines de trêve estivale (du 9 juin au 15 août) et les 2,5 qui nous séparent de la fin de l'année, il a donc marqué 88 buts en 40,5 semaines, soit une moyenne de 2,17, plus de 0,3 par jour. Il a pourtant passé 22 matches sans marquer, soit quasiment un tiers du total ! Mais dans le même temps, Messi a signé 20 doublés, 7 triplés, 2 quadruplés et un quintuplé, le 7 mars dernier contre Leverkusen, en 8es de finale de la Ligue des Champions (7-1). Lors des 45 matches où il a marqué au moins une fois, il ne s'est pas arrêté là dans deux cas sur trois (30, soit 67 %) !

Notre gaucher s'est montré plus polyvalent que le grand Pelé, quelque peu jaloux de la place prise à ses côtés au panthéon des plus grands joueurs du monde, veut le reconnaître. Certes, la « pulga » (1m69) n'a marqué que trois fois de la tête, une gageure vue sa taille. En revanche, il a marqué 8 buts du droit, 9 % du total, mais un chiffre des plus honorables. Mais il faut dire que Messi a inscrit la bagatelle de 13 penaltys et surtout 7 coup-francs, évidemment marqués de son meilleur pied, soit 22,7 %. La meilleure preuve que Messi est un joueur complet, c'est son statut, puisqu'il n'est pas une pure pointe...

vendredi 7 décembre 2012

Des poules bien garnies

Bonjour à tous,

A y est, il est temps de tirer le bilan de cette 22e année de phase de poule de Ligue des Champions. Comme vous avez pu le constater, il y a quelques surprises. Revenons tout d'abord sur le bilan très médiocre des clubs français.

Des Français à la peine

Si le PSG obtient le meilleur bilan des 32 équipes en course, j'y reviendrais, Lille (3 points) et Montpellier (2), qui ont accumulé à eux deux 9 défaites en 12 matches, terminent aux 29e et 30e rangs, juste devant les deux cancres de la classe, le Dinamo Zagreb et Nordsjaelland, un point chacun et 36 buts encaissés à eux deux. D'accord, ils n'avaient pas des groupes faciles - en tant que résident du chapeau 4, Montpellier aurait quand même pu tomber sur nettement pire -, mais nos deux représentants terminent derniers de leurs poules derrière des clubs comme le Bate Borisov et l'Olympiakos, qui ont gagné trois de leurs quatre matches contre les Français. C'est ça, qui est très inquiétant.

Du coup, la France termine avec un bilan négatif, une nouvelle fois, avec 6 succès, 2 nuls et 10 défaites. Dans le même temps et avec le même nombre de clubs, l'Allemagne a signé 11 succès, 6 nuls et une seule défaite, avec trois qualifiés sur trois, tous premiers de leur poule ! Le Portugal qui, comme la France, qualifie un seul club sur trois, fait également mieux, avec 7 succès, 3 nuls et 8 défaites. Ne pas qualifier ses trois clubs soit, mais perdre plus de la moitié de ses matches, c'est vraiment moche. Avant les huitièmes, la France a déjà concédé autant de défaites que sur toute la saison dernière. Il n'y a qu'en 2010-2011 (11), en 2003-2004 (11) et en 2000-2001 (13) qu'on a perdu plus de 10 matches en une saison de C1. Mais on avait joué respectivement 22, 29 et 30 matches ces saisons là, contre 18 cette année ! Il faudrait vraiment un superbe parcours du PSG pour rattraper ce bilan catastrophique, c'est dire si cette option reste hypothétique...

Un renouvellement européen ?


Notre unique club français qui devra donc affronter dans les tours finaux trois Allemands, on l'a vu, mais aussi quatre Espagnols (sur 4), deux Italiens (sur 2), deux Anglais (sur 4), et un Portugais (sur 2), un Ukrainien (sur 2), un Écossais et un Turc, qui étaient les seuls représentants de leurs pays. L'année dernière, il y avait deux Français en huitièmes (Lyon et Marseille), qui côtoyaient trois Italiens (Milan, Naples et l'Inter), deux Espagnols (Real et Barça), deux Allemands (Bayern et Leverkusen), deux Anglais (Chelsea et Arsenal), deux Russes (CSKA et Zenit), un Portugais (Benfica), un Suisse (Bâle) et un Chypriote (APOEL). Cinq clubs seulement ont renouvelé leur billet (Milan, Real, Barça, Bayern et Arsenal), soit un taux de 31,2 %, une très nette chute puisque l'an dernier, 9 clubs sur 16 avaient réalisé le doublé entre 2010-11 et 2011-12. Si un seul club est bizut à ce niveau (Malaga), le PSG n'avait plus  passé le premier tour depuis 2001, le Celtic depuis 2008, Dortmund depuis 2003 et Galatasaray depuis 2002 ! Soit presque un tiers du plateau final absent à ce niveau depuis cinq ans, et un quart depuis dix ans... On peut appeler ça un renouvellement, oui.

En huitièmes, le club parisien aura le choix entre un club à éviter à tous prix (le Real Madrid), Milan, Arsenal, Valence, le Shakhtar Donetsk, le Celtic Glasgow ou Galatasaray. On voit d'un coup d’œil ce qui ressemble à un bon tirage d'un mauvais, et je mets les Ukrainiens, qui n'en ont que le nom car c'est une véritable équipe brésilienne, sur le plan offensif surtout, dans les mauvais. Disons allez, dans les moyens durs, avec Valence. Ça fait donc cinq tirages foireux sur sept, le PSG peut commencer à prier...

Le gros bilan du PSG

Pourtant, il pourrait s'appuyer sur sa campagne dans une poule certes à sa portée, mais où il fallait quand même aller s'imposer à Kiev, ce qui n'est pas donné à tout le monde, ou battre Porto, ce qui n'est également pas une sinécure. D'ailleurs, le manque de reconnaissance de ce joli parcours par les médias ne cesse de m'étonner. Manifestement, il leur paraît normal que le PSG ait signé le meilleur parcours du plateau, avec 15 points pris sur 18, la troisième
attaque (14) et la meilleure défense (3), mais combien de clubs français ont pu se targuer d'un tel bilan, surtout en sortant du chapeau 3, je le rappelle ? Pas sûr qu'il aurait pu réussir un tel parcours s'il était tombé dans le groupe du Real Madrid, comme ça a failli être le cas, mais quand même ! L'année dernière, le meilleur total d'un club français était de 10 points, pour Marseille, qui s'était qualifié aux dépends de l'Olympiakos et Dortmund. Bordeaux en avait glané 16 en 2009-2010, et terminé premier de sa poule devant le Bayern et la Juventus, remarquable performance. Lyon en avait signé autant en 2005-2006 et terminé devant le Real, comme l'année suivante, mais avec 14 points. Voilà, c'est tout ce que j'ai trouvé comme précédent français depuis l'instauration du premier tour à 8 poules, en 1999.

Au classement, le PSG devance deux clubs allemands, Dortmund (14 points) et le Bayern (13), qui lui devance Valence, Barcelone et Porto à la différence de buts. Suivent la Juve, Malaga, Schalke et Manchester United (12), et le Real (11). Les plus "mauvais qualifiés" sont Donetsk, Arsenal, le Celtic et Galatasaray (10) et surtout le Milan AC, qui passe avec 8 points, et qui se classe seulement 19e sur 32. Il y a donc trois clubs qui font mieux que les Lombards mais qui sont éliminés, Chelsea (10), un tenant du titre qui confirme à quel point son succès au printemps dernier était miraculeux, et même un peu scandaleux au niveau du jeu, Cluj (10) et l'Olympiakos (9).

Les Anglais confirment leur baisse

On l'a vu, les clubs anglais n'ont pas brillé, avec deux éliminés, et pas des moindres (Chelsea et City). Le second nommé a certes particulièrement raté sa campagne, avec 3 petits points, mais a pour circonstance légèrement atténuante le fait qu'à chaque fois, il tombe dans le groupe de la mort. Mais si l'année dernière, il avait eu le malheur d'être éliminé avec 10 points, soit le maximum qu'on puisse avoir pour être éliminé, cette année il a foiré sur toute la ligne, puisque des clubs à sa portée comme Dortmund et l'Ajax font mieux que lui...

Par pays, c'est l'Espagne qui a pris le plus de points (49 en 24 matches) devant l'Allemagne (39 en 18) et l'Angleterre (35 en 24). Cette dernière n'a gagné que 10 matches et en a perdu 9, une très mauvaise performance selon ses canons habituels. Elle a marqué 42 buts mais en a encaissé 35, dont 11 pour City et 10 pour Chelsea, là encore un chiffre inquiétant. La saison dernière, avec un club en moins, elle en avait encaissé 36 mais en 33 matches, et n'avait perdu que 7 matches sur toute la saison. A noter également la mauvaise saison des deux clubs russes, tous deux éliminés avec 10 points, 3 succès pour 8 défaites, et qui font moins bien que leurs voisins et rivaux ukrainiens (1 qualifié sur 2, 15 points, 4 succès, 5 défaites).

Indice majeur de la baisse de niveau des clubs anglais, le fait que depuis deux saisons, elle est dominée par l'Espagne, alors qu'Albion a dominé tous les classements par points cumulés depuis 2006, date à laquelle elle avait succédé à... l'Espagne, qui elle-même avait pris la place
de l'Angleterre, et ainsi de suite. La dernière fois qu'un autre pays que ces deux là avait dominé ce classement, c'était en 1999, et il s'agissait de l'Allemagne. Cette année, les trois clubs portugais, malgré deux éliminés, se classent quatrièmes (24 points), devant les deux clubs italiens, qui sont passés tous les deux mais avec les pires difficultés du monde (20 points en 12 matches). La France est donc 6e avec ses 20 points également, mais avec trois clubs et une différence de buts négative (-4). Sa place habituelle est plutôt la cinquième, ce qui fut le cas lors des deux saisons précédentes, elle qui fut quatrième en 2009-2010. Il s'agit donc de son plus mauvais classement depuis 2009 (6e). Elle est donc à la lutte avec le Portugal (1 club) et l'Italie (2) pour les 4e et 5e place pour cette saison, qui est loin d'être terminée...

La surprise Burak Yilmaz

Passons aux buteurs à présent. Si la présence en tête de Ronaldo n'est pas une surprise, celle à ses côtés avec 6 buts du Turc de Galatasaray Burak Yilmaz, 27 ans, l'est un peu plus. Surtout que le champion de Turquie n'a inscrit que 7 buts dans sa poule ! Pourtant, si on regarde un peu le pedigree du garçon, on constate que s'il n'avait encore jamais brillé au niveau européen (aucun but en trois matches avec Trabzonspor l'année dernière dans la poule de Lille), il est extrêmement efficace en championnat depuis trois saisons (62 buts en 76 matches !), et qu'il en est à 36 buts sur l'année civile, soit autant que Huntelaar ou Van Persie par exemple.

Les deux hommes en devance trois autres à 5 buts, Messi, tenant des quatre derniers titres en la matière (!), Alan (Braga) et Oscar (Chelsea). Huntelaar (Schalke), Jonas et Soldado (Valence), Lewandowski (Dortmund) et Willian (Donetsk) en sont à 4. On constate donc la présence de 4 Brésiliens dans les 10 premiers ! Le premier Français, sans surprise, se nomme Benzema (3), devant Ménez (2) et Charbonnier, Giroud, Hoarau, Matuidi, Mexès, Ribéry et Sidibé, le jeune latéral lillois, unique buteur français de son équipe. Ce qui fait 13 buts, le pire chiffre depuis 1999 (6). La saison n'est certes pas finie, mais le score de l'année dernière était de 24 et celui de l'année d'avant, de 37, par exemple...

Enfin, notons la très grosse différence de buts qui a marqué ce premier tour (2,96), une moyenne inconnue dans les cinq grands championnats. Depuis 1991 et l'instauration de poules en C1, la moyenne générale est de 2,65, et les scores des années précédentes étaient de 2,76 l'année dernière, 2,84 en 2011, 2,56 en 2010 ou 2,64 en 2009 et 2008. Il s'agit tout simplement d'un record, même si l'arrivée des matches couperets pourraient bien faire baisser ce chiffre, comme souvent. On a ainsi marqué quasiment autant de buts uniquement durant ce premier tour (284) que durant toute la saison 2005-2006 (285, soit 2,28 par matches) !

Voilà, sur ce je vous laisse, à plus tard !

lundi 26 novembre 2012

Les buts étrangers en Europe


Salut à tous,

Comme vous le savez, j'apprécie particulièrement de découper le football en tranches grâce aux chiffres, le seul moyen totalement objectif, a priori, pour décortiquer quelque chose, et notamment un sport. Un chiffre n'a pas de club préféré, pas d'a priori, pas de fatigue oculaire, pas d'"impression visuelle"... le chiffre ne dit pas tout, mais il ne peut pas se tromper. C'est mathématique. Seul celui qui les manipule peut le faire.

Ce soir, je voudrais revenir sur la saison dernière, à travers un prisme qui, selon moi, en dis beaucoup sur le niveau, la culture et le visage de chacun des cinq grands championnats : le nombre et la nature des buts marqués par les étrangers dans leur compétition respective. Vous allez voir, c'est extrêmement parlant.

L'Afrique reine en France, ignorée en Italie

Parlons d'abord de la Ligue 1, qui se démarque par rapport à celui de ses voisins sur un point sur lequel je reviens souvent ici : l'importance des buts africains qui le caractérise, phénomène qui est complètement absent dans les quatre autres championnats. L'Afrique est
devancée par l'Europe en Allemagne et en Angleterre, et par l'Amérique du Sud et l'Europe dans les pays latins, l'Espagne et l'Italie. L'Amérique du Sud, deuxième en France, est troisième dans les pays anglo-saxons cités plus haut, et première chez les latins. Ceci présenté, on assiste déjà à la singularité de la Ligue 1 : l'an passé, il y avait 11 pays africains dans les 15 pays les plus représentés dans son classement des buteurs, contre 3 sur 17 en Allemagne, 4 sur 15 en Angleterre et en Espagne, et un seul dans les 23 premiers en Italie. En revanche, s'il n'y avait qu'un seul européen dans les 12 premiers en Ligue 1, il y en avait 11 sur 17 en Allemagne et 13 sur 20 en Angleterre. Il y avait également deux sud-américains dans les 20 premiers en France, 2 sur 19 en Allemagne, 1 sur 18 en Angleterre, contre 7 sur 12 en Espagne et 5 sur 7 en Italie !

Un petit crochet sur le taux de buts étrangers dans ces 5 pays : la France fermait la marche avec 47,8 %, derrière les deux latins, l'Espagne (50,6) et l'Italie (51,5), quand l'Allemagne (58,6) et l'Angleterre (64,9) voient une nette majorité de buteurs étrangers briller sur leurs pelouses. Difficile d'expliquer ce phénomène, une meilleure santé financière peut-être, mais c'est comme ça. En tous cas là encore, on note une fracture entre les meilleurs championnats du nord et ceux du sud, la France, malgré son originalité et ses racines latines, semblant plutôt emprunter le chemin de ceux du nord pour l'instant.

L'Argentine, évidemment

Si on additionne les buts étrangers de ces cinq grands championnats, l'Argentine l'emporte très largement : 363 buts, contre 199 pour le Brésil, son dauphin, qui devance les Pays-Bas (112) et... la France (103). Cette dernière réussit donc l'exploit d'être extrêmement bien classée alors qu'elle n'est logiquement pas représentée dans son propre championnat, comme l'Espagne, 11e avec 59 buts, l'Allemagne, 34e avec 23 buts, l'Italie, 38e avec 22 buts, et l'Angleterre, 70e avec... 4 buts, tous inscrits par le Lillois Joe Cole en Ligue 1 ! La France qui est 14e en Allemagne (13 buts), 7e en Angleterre (38), 4e en Espagne (38 également) et 9e en Italie (14). Dans le même temps, les Argentins sont 2e en France (45), comme cette saison d'ailleurs, seulement 45e en Allemagne avec 1 petit but, 2e en Angleterre (47) et largement première dans les deux championnats latins, avec 122 en Espagne (Messi oblige...) et... 148 en Italie ! La filiation entre l'Italie et l'Argentine, qui parle déjà dans les patronymes argentins, est très forte depuis un petit moment. Tout comme avec l'Uruguay.

Dans ce classement général, on notera que le Sénégal fait mieux contre le Portugal de
Ronaldo (90 contre 89 buts), les Lions étant très présents en France (28) mais aussi en Angleterre (33), alors que le Portugal ne brille quasiment qu'en Espagne (69). On note aussi les contre-performances de pays habituellement habitués à être pillés par les grands championnats, la Serbie (35), la République Tchèque (26), la Roumanie (21), la Bulgarie (16) ou la Russie qui, avec 10 petits buts, est coincée entre le Kenya (11) et la Slovénie (9). En revanche, belles performances de pays moins attendus comme l'Autriche, très présente en Allemagne évidemment (36 sur 41), le Japon, également brillante outre Rhin (24 sur 30), le Mexique (29) ou Israel (24), nouvelles cibles des recruteurs européens.

L'Allemagne européenne, l'Italie argentine

Allons par pays à présent. On a vu la Ligue 1, passons à l'Allemagne. Quatre pays européens monopolisent les quatre premières places (Pays-Bas, 51, Pologne, 38, Autriche, 36, Croatie, 35). Soit un recrutement très local, a priori. Les Européens avaient d'ailleurs marqué 330 des 513 buts européens, soit plus de 64 %, le plus gros taux des cinq championnats, devant l'Angleterre (62). La Bundesliga qui n'hésite pas à s'ouvrir pourtant au football asiatique, avec le Japon, 7e pays le plus représenté (24), la Corée du Sud (18e avec 10 buts) et l'Iran (3 buts). Si le Brésil est en difficulté à la 8e place (il est 21e en Angleterre, mais premier en France, 3e en Espagne et en Italie), l'Argentine, je l'ai dit, est quasi inexistante (1 but). En revanche, le Pérou de Pizarro, lui, est très bien placé (5e avec 28 buts), une autre tradition allemande.

Du côté anglais, là aussi les Européens sont très présents, mais doivent quand même laisser la 2e place à l'Argentine (47, comme les Pays-Bas) et au Nigeria, 5e (41). La surprise provient du vainqueur en Angleterre : l'Irlande (52 buts), qui est totalement absente des quatre autres championnats ! C'est d'ailleurs une autre caractéristique du football anglais, qui ne date d'ailleurs pas d'hier et qui a bien résisté à la folle mondialisation qui a frappé l'Angleterre, comme ses voisins : les quatre autres sujets du Royaume y marquent leurs seuls buts, à l'image de l'Irlande, donc, mais aussi l’Écosse (4e avec 46 buts), le Pays de Galles (5e avec 41) et l'Irlande du Nord (5). Ces quatre pays n'ont marqué qu'en Angleterre, un cas quasi unique, avec les 16 buts de l'Islande, également en Angleterre, ou les 22 buts gabonais et les 18 Burkinabé en Ligue 1 A noter également que les Italiens y signent leur meilleur total (13 sur 22), tout comme les Espagnols (35 sur 59) et même la France (38 sur 103, comme en Espagne). Signe que la Premier League est peut-être au-dessus des autres, c'est la seule où les ressortissants des quatre autres grands championnats y brillent, hormis l'Allemagne (3).

Passons à l'Espagne. Logiquement, les chiffres stratosphérique de Messi (50) et Ronaldo (46), uniques en Europe, influent sur le classement des pays, dominés par l'Argentine (122) et le Portugal (69). La France de Benzema y signe son meilleur classement (4e avec 38 buts), derrière le Brésil (55). Parmi les 5 pays sud-américains présents dans les 7 premiers, notons l'étonnante 6e place du Venezuela, qui marque autant que la Colombie de Falcao (26) ! Les Mexicains y sont également très présents (17 buts). Enfin, la Liga est le championnat où le moins de pays étrangers sont représentés : 30 l'an dernier, contre 38 en France, 39 en Angleterre, 52 en Allemagne et 53 en Angleterre. Les 531 buts étrangers marqués en Liga sont donc concentrés chez les trois premiers (246, soit 46,3 %, contre 31 en Ligue 1, 24,4 en Allemagne, 21 en Angleterre et... 49 en Italie).

La Serie A qui ressemble donc pas mal à la Liga, avec cependant une plus grande importance des buts argentins, on l'a vu (148), qui domine nettement son dauphin et voisin, l'Uruguay (50), et le Brésil (47). Un trio sud-américain, donc, qui ne laissait que 30 buts au quatrième, la Suède d'Ibrahimovic, qui brillait au Milan AC l'an dernier (28 buts). Le Chili (25 buts, 5e) et la Colombie (18 buts, 7e) complètent le quintet des 5 sud-américains dans les 7 premiers, comme en Espagne. Bon classement également du Monténégro (22 buts, 6e). Le niveau très très faible des buts africains choque un peu (19 buts, dont 11 pour le Ghana. On sait que les supporters racistes y ont une grande influence, notamment à la Lazio, ceci explique peut-être cela.

Voilà, j'espère vous avoir un peu éclairé ! Dites moi ce que vous en pensez !

A plus tard !