mercredi 31 octobre 2012

Dissection des buts de Ligue 1

Salut à tous,

Revenons, si vous le voulez bien, sur le championnat, qui vient d'entamer son deuxième quart, en jouant sa dixième journée, amputée de deux matches, déjà, alors qu'en général les premiers matches reportés - inévitables dans l'est en général, alors que les matches reportés en Allemagne sont extrêmement rares... - arrivent plutôt en novembre. Ça nous promet un hiver particulièrement perturbé, et un classement souvent illisible... actuellement, le haut et le bas de ce dernier sont faussés par les matches en moins de Lyon et Marseille, qui pourraient être devant Toulouse, et rejoindre Paris pour le second, et d'Evian et Sochaux, en bas. Espérons que pour l'Euro 2016, les réfections ou constructions de stade prévoiront des structures pour résister au froid... sinon autant arrêter de jouer l'hiver.

Je voulais en fait faire un focus sur les 258 buts (2,63 par match) marqués depuis le début de la saison, en 98 rencontres. Enlevons les 9 buts csc - soit près d'un par journée ! - et on arrive à 249. Divisons ces derniers en différentes tranches, pour y voir un peu plus clair.

- 122 buts du droit (49 %), 72 du gauche (29 %), 55 de la tête (22 %). A noter que chez les milieux de terrain, les gauchers sont quasi à égalité avec les droitiers (45 contre 41, et seulement 9 buts de la tête), et chez les défenseurs c'est évidemment de la tête qu'ils brillent (4 du droit, 5 du gauche, 15 de la tête !).

- 113 buts étrangers, soit 45,4 %. Sur ce total, on en compte 55 pour l'Afrique, soit près de 49 % des buts étrangers, plus d'un but sur cinq au total. Les buteurs étrangers marquent un peu plus du droit (54 %), moins du gauche (26,5 %) et autant de la tête que la moyenne (22 %). Malgré la nette domination africaine (l'Amsud et l'Europe se disputent la deuxième place avec 30 et 27 buts), les pays les plus représentés sont le Brésil (17), et l'Argentine et la Suède (10).

- 104 buts à l'extérieur, soit 41,8 %. Le meilleur dans ce domaine est Zlatan, qui a marqué 7 de ses 10 buts hors du Parc des Princes, en seulement 4 matches (sur 9 buts parisiens), devant le quatuor Eduardo (ACA), Khelifa (ETG), Belhanda (Montpellier) et Rivière (TFC), 3 buts. A l'extérieur, les buts du droit augmentent nettement (60,6 %), au détriment des buts du gauche (25 %) et surtout ceux de la tête (14,4 %). Les défenseurs ont marqué 9 des 104 buts à l'extérieur, soit 8,6 %, contre 9,6 % au total.

- 13 buts seulement des moins de 21 ans (5,2 %), dont 2 pour Thauvin (Bastia), J.Ayew (Marseille), Regattin (TFC) et Aboubakar (VA). Huit clubs seulement sont représentés dans ce classement, dont Toulouse (3), Bastia, Marseille et Valenciennes (2). Paris, Lyon, Saint-Étienne, Bordeaux ou Lorient, qui figurent dans la première partie du tableau, ne comptent aucun représentant jeune buteur. Les jeunes marquent un peu plus du droit que la moyenne (53,8 %) mais autant du gauche que de la tête (23,1 %).

- 28 buts des plus de 31 ans (11,2 %), une belle perf. Eduardo, Maoulida (Bastia), Barbosa (ETG) et Brandao (ASSE) mènent la dansent avec 3 buts. A noter qu'on compte quatre joueurs bastiais dans le classement, avec Ilan, Rothen et Marchal, qui comptent 1 but. Troyes, autre promu, a également deux joueurs classés, à deux buts chacun (Nivet et Marcos). Les "vieux" marquent peu du droit (42,9 %), un peu plus du gauche (32,1 %) et de la tête (25 %). Sans doute parce qu'ils sont souvent plus présents en défense qu'en attaque...

- Les milieux marquent beaucoup dans notre championnat (38,15 %), même s'ils restent loin des attaquants (52,2 %), contrairement à l'année dernière. Comme je l'ai dit, et en toute logique, les milieux marquent surtout des pieds, et très peu de la tête. Le meilleur est Alain Traoré (Lorient, 4 buts). Six des neuf meilleurs milieux (à 3 buts ou plus) sont gauchers (Traoré, Obraniak, Barbosa, Bastos, Bauthéac et Diego).

- Les défenseurs marquent peu cette année (9,6 %), avec trois joueurs à deux buts (Baysse, Chedjou et Pejcinovic). Douze des 21 défenseurs buteurs n'ont marqué que de la tête, et on ne compte que six véritables latéraux dans le lot.

- Les internationaux français (sélectionnés au moins une fois en Bleu) ont marqué 29 buts, soit 11,6 % du total, avec en tête Gomis et Gignac (5 buts), devant Payet et Gameiro (3). On compte autant de Parisiens que de Marseillais (3), mais aussi deux Lillois, Lyonnais et Toulousains. On y voit aussi des anciens comme Meriem (Nice, 2 buts), Rothen (Bastia, 1) ou Giuly (Lorient, 1). Les internationaux marquent beaucoup du droit (58,6 %) moins du reste (20,7 % du gauche et de la tête).

- Je l'ai déjà dit ici, on compte beaucoup de coup-francs cette saison (11, soit 4,4 %), soit presqu'autant que de penalties (13, soit 5,2 %). Alain Traoré est le seul à plus d'un coup franc marqué (2), et Belhanda à plus d'un penalty marqué (2). Je l'ai déjà dit aussi, mais les coup-francs sont toujours plus marqués du gauche (6 contre 5) et les penalties, du droit (11 contre 2). Les deux clubs à compter plus d'un penalty marqué sont Brest et Montpellier (2). Neuf clubs sur 20 n'en ont pas encore marqué, dont Marseille, Lille ou Bordeaux. En cumulant les coup-francs et les penalties, les plus habiles sont Traoré, Belhanda, ainsi qu'Ibrahimovic et Danic, qui figurent dans les deux classements.

- 7 buts de "revanchards", c'est-à-dire les joueurs qui marquent contre leurs anciens clubs, soit 2,8 %. Modeste, Obraniak, Gourcuff, Camara, Bauthéac, Erding et Danic sont les sept joueurs concernés par ce classement, et Nice est la cible la plus fréquente (2), devant Lille, Lorient, Rennes, Saint-Étienne et Sochaux. A noter que ces sept joueurs n'ont marqué qu'un but du droit, 3 du gauche et 3 de la tête.

- Chez les buteurs sortis du banc, le Rémois Courtet mène la danse (3 buts sur 4), devant Maoulida, Sunu, Bastos, Regattin et Aboubakar (2). Cinq clubs n'ont pas encore vu un de leurs remplaçants marquer, dont le PSG et Marseille. En revanche, Toulouse bénéficie à fond du coaching de Casanova (5 buts), devant Bastia, Lorient, Reims et Saint-Étienne (3).

- Enfin, chez les buteurs du droit, Ibrahimovic mène avec 7 buts (sur 10), devant Khelifa, Gomis et Aubameyang (4). Chez les gauchers, Traoré est logiquement en tête (4), devant Bastos, Courtet et... Ibrahimovic (3) qui n'a donc pas encore marqué de la tête ! Chez ces derniers, ce sont deux petits formats, Maoulida et Ben Yedder, qui mènent la danse (3) devant 7 joueurs (Saivet, Baysse, Chedjou, Gignac, Erding, Brandao et Privat (2). Sur les 44 buteurs de la tête, 13 d'entre eux sont des défenseurs, contre 10 milieux et donc 21 attaquants.

Voilà, en espérant vous avoir éclairé et pas trop assommé de chiffres ! A plus tard !

jeudi 25 octobre 2012

La France pas au niveau

Salut à tous !

C'était déjà la fin des matches allers en Ligue des Champions hier, et c'est donc l'occasion de pouvoir dessiner quelques tendances, après que chaque équipes se soient déjà affrontées une fois dans chaque poule.

Bilan catastrophique pour la France

D'abord, un constat : ce n'est pas cette année que la France améliorera son indice UEFA. D'habitude, le bilan français en C1 est moyen pendant les poules, puis s'effondre lors des derniers tours (8 victoires, 10 défaites l'année dernière, 8 succès, 11 défaites l'année d'avant...). Cette fois, elle ne va probablement pas attendre les huitièmes de finale pour voir ses chiffres baisser. Avec deux victoires (celle du PSG), un nul et déjà six défaites (en neuf matches !), la France est tout simplement, à la moyenne, une des pires nations de la compétition, derrière la Croatie et ses trois défaites, fournies par le Dinamo Zagreb, la Turquie (un nul, deux défaites pour Galatasaray), la Belgique (même bilan que les Turcs pour Anderlecht) ou le Danemark (idem pour Nordsjaelland). La Russie n'est également pas au mieux, mais quand même un peu mieux (deux victoires, quatre défaites). Chez les pays représentés par au moins trois clubs, comme c'est notre cas (mais pour combien de temps ?), personne ne fait pire. L'Espagne se balade, malgré la défaite du Real hier (dix victoires, deux défaites), l'Allemagne également (six succès, deux nuls et une seule défaite), tandis que l'Angleterre (6/2/4) et le Portugal (4/1/4) patinent, mais gardent quand même un bilan positif ou équilibré. Seule la France est en négatif, et très nettement.

Alors oui le niveau de la Ligue des Champions est élevé, mais il l'est pour tout le monde. Perdre contre le Bayern ou Arsenal, ça arrive à tout le monde. Mais perdre contre le BATE Borisov ou Olympiakos, et à domicile en plus... c'est vraiment très dommageable. Si Lille et Montpellier avaient gagné ces deux matches nettement à leurs portées, le bilan français serait équilibré. Ces deux équipes étaient-elles armées pour disputer cette compétition ? On pouvait quand même le penser pour le LOSC, même si le tirage au sort ne l'avait pas épargné. On savait en revanche que ce serait très dur pour Montpellier, qui a fournit trois très bons matches, peut-être les meilleurs de sa saison par ailleurs très difficile en Ligue 1, mais récolté qu'un seul point. La faute à un manque criant - et logique - d'expérience et de rigueur défensive, son point fort l'année dernière...

Lille et Montpellier ont-ils le niveau ?

Je n'ai pas le souvenir d'une année où deux des trois représentants français seraient déjà quasiment éliminés après trois journées, très franchement. Est-ce que Lyon et Marseille, habitués des dernières éditions de la Ligue des Champions et huitièmes de finaliste l'année dernière, voire même quart de finaliste pour Marseille, auraient fait mieux que Lille et Montpellier ? Rien n'est moins sûr, mais on peut quand même le penser. En dehors d'une indéniable expérience européenne et internationale, ils auraient été tous deux mieux protégés lors du tirage au sort, d'un chapeau au moins. Les deux auraient probablement figuré dans le deuxième chapeau, avec donc un statut de seconde tête de série, quand Lille était dans le troisième et le champion de France, dans le quatrième ! Forcément, ça aide, même si ça ne garantit rien.

Je ne vais pas revenir sur l'idée que le turn-over en tête de la Ligue 1 nuit à notre indice UEFA, la démonstration me semble assez concluante, au moins sur cette saison. Lille et Montpellier peuvent encore se rattraper, et peut-être accrocher, chacune, une place en Ligue Europa au printemps prochain, en terminant troisièmes de leurs poules. Mais même si Montpellier bat l'Olympiakos à Athènes, et même si Lille bat Borisov au Bélarus, il faudra encore espérer qu'ils battent des équipes comme Schalke, Arsenal, Valence ou le Bayern pour véritablement rétablir le bilan Français en C1 cette saison. Aujourd'hui, mais on le savait déjà au moment du tirage, c'est une tâche qui paraît difficile, mais à la portée de représentants de la Ligue 1, normalement. Mais, compte tenu des performances lilloises et héraultaises... ce serait un exploit (1 point sur 12 contre ces 4 clubs pour nos deux représentants).

Et le PSG dans tout ça ? Il était dans le même chapeau que Lille mais a bénéficié d'un meilleur tirage, il faut le dire. Porto et Kiev, c'est autre chose que le Bayern et Valence. Mais, malgré sa courte défaite au Portugal (Porto a réussi son meilleur démarrage depuis 1996 en C1, avec trois succès en trois matches), il a fait le job. Convaincant contre Kiev (4-1), il a assuré l'essentiel hier en Croatie (0-2), face à une équipe d'une infinie faiblesse, qui a perdu ses trois matches cette saison malgré son statut de leader de son championnat, qui en avait pris sept il y a presque un an contre Lyon, et contre qui le PSG n'aura pas d'autre choix que de l'emporter lors du match retour à Paris. Avec 9 points, et si Kiev ne bat pas Porto, ce qui est concevable, la qualification parisienne sera quasiment assurée. Une bonne nouvelle, mais qui ne rattrapera pas  le bilan français. Surtout que derrière il faudra aller à Kiev et recevoir Porto... pas simple.

L'Allemagne, futur meilleur championnat d'Europe ?

Je l'ai dit un peu plus haut, les clubs allemands sont impressionnants dans cette édition, avec un bilan quasi inverse du notre (six succès, une seule défaite, celle du Bayern à Borisov). Ce n'est qu'une tendance sur trois matches, mais que Dortmund et Schalke, des seconds couteaux du championnat allemand cette saison puisqu'ils pointent respectivement à 12 et 7 points du Bayern, aient battu à la régulière le Real Madrid et Arsenal sur sa pelouse, hier soir, démontre que la Bundesliga n'est sans doute plus ce championnat sympathique où les stades sont pleins, riches en but et en frappes lointaines, mais qui n'existe pas au niveau européen en dehors des bonnes années du Bayern, si l'on excepte la demi-finale de Schalke il y a deux saisons, la finale de Leverkusen il y a 10 ans ou la victoire de Dortmund il y a 15 ans. Un bilan européen comparable au notre, en fait... mais sans le Bayern.

Il faut quand même noter que le championnat allemand est le seul en Europe, et notamment dans les principales ligues du continent, à ne pas être endetté. Les clubs allemands sont bien gérés, sont sains, et reposent sur un triptyque simple : résultats, recettes au guichet, merchandising. On l'a vu, le premier fonctionnait moyennement, mais les deux autres carburent à plein régime, et depuis longtemps. Des stades pleins, remplis et satisfaits par un excellent spectacle, un amour du football qui permet aux ventes de maillot de foisonner... et hormis Schalke, aucun club n'appartient à un milliardaire quelconque. Les clubs allemands appartiennent à eux-mêmes, et perdurent d'eux-même. C'est ce qui me fait penser qu'en cette période de crise, qui frappe tous ses voisins, et notamment l'Espagne et l'Italie, le football allemand de clubs, au moins, est sans doute celui qui dominera l'Europe dans les années à venir.

Pourquoi pas ? Les joueurs parlent souvent de l'ambiance quand ils partent jouer en Angleterre, mais celles en Allemagne sont au moins comparable. Quel plaisir ça doit être de jouer dans le stade de Dortmund, et son mur de 25 000 places ! De plus, un à un, et hormis le Real et Barcelone, qui vivent dans une bulle malgré des dettes astronomiques, les grands clubs italiens et espagnols souffrent d'une crise terrible, et risquent fort de ne plus être compétitifs au niveau européen. L'Italie, cette saison, ne compte que deux clubs, qui n'ont gagné qu'un match cette saison et signé quatre nuls, pour une défaite. Bref, elle fait moins bien que l'Ukraine (3/1/2) et aussi bien que l’Écosse ou la Roumanie (1/1/1). La Juve s'est montrée incapable de gagner à Nordsjaelland, qui a même mené au score... le Milan AC, lui, a été logiquement battu, hier, par Malaga (1-0), autre grand malade qui réussit, certes, d'excellents débuts dans la compétition (trois victoires), mais qu'on imagine mal dominer le football européen lors des prochaines saisons, du moins tant que le club aura du mal à payer ses joueurs... Si Platini parvient à appliquer son fair-play financier, tous ces clubs vivant sur de l'argent qu'ils n'ont pas vont disparaître du plateau, laissant la place aux clubs sains... dont les Allemands, et la plupart des clubs français et Anglais.

Voilà, maintenant il reste autant de matches à jouer que durant ces matches allers, et ces tendances seront peut-être nettement bousculées, qui sait ? On en reparlera en temps voulu.

A plus tard, et n'hésitez pas à réagir !

mercredi 17 octobre 2012

Les Bleus ne l'ont pas volé !

Salut à tous !

Alors, ça fait du bien hein ? Je ne vais pas m'enflammer façon Pascal Praud sur iTélé, qui affirmait ce soir que c'est le premier bon match des Bleus depuis 2006 (on se demande comment on a pu disputer trois tournois depuis, et ce qu'étaient dans ce cas les victoires en Ukraine, en Bosnie, Allemagne ou en Angleterre ces dernières années, sinon des matches références, déjà, le plus souvent sans lendemain), mais c'est le genre de match qui donnent le sourire. Parce qu'ils montrent une chose : quand les joueurs le veulent, qu'ils croient en eux, qu'ils lâchent les chevaux, ils peuvent rivaliser avec les meilleurs, au moins ponctuellement. Sur la durée, c'est encore douteux. Rien ne vaut la régularité. Et un match, même un bon, ne reste qu'un match. Mais c'est un bon début.

Des débuts difficiles

Après une demi heure de jeu, difficile d'imaginer pourtant que les titres et les commentaires d'après-match allaient être aussi dithyrambiques. Baladée comme une vulgaire CFA face à une Ligue 1, la France n'a tout simplement pas vu le ballon durant le premier tiers du match, encaissant un premier but logique, quoiqu'un peut idiot. On peut regretter le manque de marquage de Sakho, mais le jeu appelle la faute, ça va très très vite et le défenseur est masqué sur cette action. Surtout, il a par ailleurs sorti une série d'interventions
remarquables qui ont montré qu'actuellement, peu de défenseurs centraux français sont à son niveau actuellement. Il faudra juste se montrer plus attentif...

En attendant, la France souffrait, comme prévu. La sortie sur blessure de Silva n'a pas changé grand chose, son remplaçant, Cazorla, causant énormément de problèmes à Debuchy dans son couloir, Ménez jouant trop haut. Le problème Jordi Alba est insoluble : quand vous mettez deux joueurs bas face à lui, comme à l'Euro, il passe, et quand vous lui mettez un joueur dans le dos pour le forcer à défendre, il s'en fiche...

Devant, chaque (rare) récupération était quasi immédiatement suivie d'une
perte de balle par précipitation, mais aussi grâce au très gros pressing haut des Espagnols, leur grande force, au-delà de la technique individuelle et collective. Ce but de Ramos a fait quand même penser à l'Espagne-France de l'Euro. Surtout quand, avant la mi-temps, Koscielny, dépassé par Pedro, concédait un penalty, comme à l'Euro. Mais si Xabi Alonso avait marqué, cette fois Lloris a sorti un grand arrêt devant un Fabregas hors sujet, même si son penalty n'est pas mal tiré. Mais Lloris est immense. Immense !

Entre temps, les Bleus avaient montré qu'ils pouvaient profiter de la relative faiblesse de la défense espagnole, privée de Piqué et Puyol dans l'axe, en inscrivant un but valable, par Ménez, mais refusé pour un hors-jeu inexistant. Sur ce cas précis, la vidéo aurait fait merveille... A la mi-temps, l'Espagne menait malgré tout 8 tirs à 1, mais la sensation que la France pouvait croire en ses chances était réelle.

Un deuxième acte exceptionnel

La reprise a été difficile, les Espagnols souhaitant faire courir un maximum les Français, et ils l'ont fait. La défense bleue a souffert, mais a tenu le choc. Et eut alors lieu un autre tournant du match, après le penalty arrêté par Lloris : la sortie de Arbeloa, à la place du très local Juanfran (50e). Le joueur de l'Atletico, contrairement à son prédécesseur du Real, est un véritable latéral, nettement plus porté vers l'avant. Il n'a pas vraiment mieux attaqué mais il était positionné plus haut, ce qui a profité à Ribéry, déjà très accrocheur avant la pause, mais qui ne parvenait pas forcément à se débarrasser d'Arbeloa, un vrai défenseur. Plus libre, Ribéry a pu alors démontrer tout son talent, et ça a participé à changer le match. Et c'est Juanfran qui perd le ballon sur l'égalisation, en tentant un grand pont inconscient sur Evra au milieu du terrain...

Il y eut également la sortie de Gonalons, trop juste pour ce niveau, et l'entrée en jeu de Valbuena, la France passant alors en 4-2-3-1. Un vrai choix tactique, offensif, le Marseillais se jetant allègrement dans les pieds de Xavi et Xabi Alonso pour les gêner dans leurs relances, et conservant intelligemment le ballon. Matuidi a également sorti une deuxième mi-temps exceptionnelle, et ça va être compliqué de le sortir de l'équipe après une telle performance. Bref, après ce quart d'heure difficile, la France est tout simplement devenue la maîtresse du ballon durant la dernière demi-heure, rien que ça. Le monde à l'envers ! Rarement on avait vu l'Espagne à ce point gênée et contrée, qui plus est sur sa pelouse. On avait vu la Croatie ou l'Italie y parvenir à l'Euro. La France s'ajoute désormais à cette liste.

Usée, l'Espagne ?

Il faut ajouter tout de même une chose : l'Espagne, qui possède plus de trentenaires que nous (seul Evra était dans ce cas dans nos rangs, contre Casillas, Xabi Alonso et Xavi), avait
disputé un match au Bélarus il y a quatre jours, avec son équipe type, à 3000 kilomètres de là, tandis que la France faisait tourner son équipe type à domicile, contre le Japon. Même avec la défaite à encaisser, ça reste quand même un exercice nettement plus reposant que pour les Espagnols. Ça ressemble à un détail, mais si les Bleus ont fourni une grande dernière demi-heure, c'est aussi parce que la Roja a semblé manquer de souffle, de carburant. Elle  voulu gérer, et aurait du le faire. Quand on voit qu'une équipe de cette expérience a réussi à prendre un but à la dernière minute des arrêts de jeu suite à un contre consécutif à un corner... c'est à peine croyable ! On n'a pas le souvenir d'un tel but concédé par la défense des Bleus de 98... on craignait d'ailleurs plutôt un but encaissé en contre par notre gardien dans ce match, pas l'inverse.

Enfin, que dire de Giroud, si souvent critiqué sur ce blog ? Qu'il a montré qu'il avait de réelles qualités de buteur, quand il est en confiance. Mais selon moi, ce rôle de remplaçant est idéal pour lui. Son manque de vitesse aurait posé des problèmes dans ce match. Mais quand la France a dominé, sa taille et sa présence a servi, on l'a vu.

Maintenant, quelques remarques :

- La France reste la bête noire de l'Espagne en match de compétition officielle (5 succès, 2 nuls, 1 défaite) ; 

- Avec 54 sélections, Benzema rejoint Papin. En revanche, au niveau des buts, le rapport est de 1 à 2 (15 contre 30)... le Madrilène, très volontaire mais une nouvelle fois plus passeur que buteur ce soir, n'a plus marqué depuis 9 matches en Bleu, la plus longue disette de sa carrière.

- Cinq joueurs ayant participé à ce match (Sissoko, Gonalons, Koscielny, Matuidi et Sakho) comptaient moins de 10 sélections, et cinq autres (Debuchy, Giroud, Valbuena, Cabaye et Ménez) moins de 20, avant ce match. Une sacrée perf, quand même !

- Si Giroud a inscrit son deuxième but en 12 sélections, Franck Ribéry, lui, a adressé sa 5e passe décisive de l'année en Bleu (comme Benzema), ce qui porte son total à 13. Seuls, Henry (23), Kopa et Wiltord (20), Platini (19) et Zidane (18) ont fait mieux, et Djorkaeff, Pires et Tigana ont fait aussi bien.

Voilà, je vous laisse savourer ! A plus tard !

mardi 16 octobre 2012

Mater le Matador

Salut à tous !

Le grand rendez-vous s'approche... ce soir, on saura si on a ne serait-ce qu'une petite chance d'accrocher la première place de cette poule, ou si on devra se contenter, comme c'est fort probable, d'une place en barrages, au mieux. Après tout, les barrages n'ont rien de honteux, surtout quand vous avez la meilleure équipe du monde dans votre poule, sachant qu'une équipe comme le Portugal, par exemple, s'est fait une spécialité de cet exercice (participation en 2009 et 2011) particulièrement stressant, mais qui ne fournit pas pour autant des "sous-qualifiés". On a juste été traumatisé de la seule expérience française dans ce domaine, en 2009 pour la Coupe du Monde, et par les conséquences de la main de Thierry Henry contre l'Irlande (0-1, 1-1 a.p.)...

Un choc pas décisif

Au fond, je crois que les Bleus devraient prendre ce match sous cet angle : pas de pression. Ce qu'il faudrait éviter, c'est une défaite trop importante, mais perdre en Espagne, face à une équipe qui gagne tous ses matches de qualification depuis quatre ans, n'a absolument rien d'infamant. Ce que l’Équipe de France doit surtout penser à assurer, c'est la deuxième place, sachant qu'il y a un autre moyen d'éviter les barrages, c'est d'être le meilleur deuxième, 
comme la Suède l'année dernière. Pour l'instant, elle est dans les temps, puisqu'elle a battu ses deux premiers adversaires (Finlande, Bélarus). Si elle gagne tous ses autres matches, même en perdant deux fois contre l'Espagne, elle aura de bonnes chances d'accrocher ce strapontin. Je ne dis pas qu'elle doit lâcher ses matches contre la Roja, autant essayer d'accrocher des points qui feraient office de bonus au décompte final, autant que ce soit possible. Simplement, il faudra se dire, en cas d'"échec", que tout cela n'est pas bien grave, puisque l'essentiel est ailleurs : faire le plein contre la Géorgie, la Finlande et le Bélarus. Du moment qu'on ne perd pas par plus de deux buts d'écart, ce qui déclencherait une énième tempête médiatique contre cette équipe que ses suiveurs persistent à étrangement juger par rapport à des standards qui ne sont plus les siens, à savoir ceux d'il y a dix ans. Quand la France était à la place de l'Espagne, en tête du classement FIFA.

Essayons à présent de trouver des points d'optimisme dans ce match qui paraît tellement injouable pour cette équipe qui, en plus de manquer cruellement d'expérience et de certitudes, doit en plus gérer plusieurs blessures qui seraient contraignantes même face à des équipes moins redoutables que l'Espagne (Mavuba, Diaby et Yanga-Mbiwa, suspendu). Le milieu de terrain, notamment, ressemble à un champs de ruines. Non pas que Matuidi, Capoue ou Gonalons manquent de qualité individuelle, mais ils sont en revanche, au moins pour les deux premiers, très en retard sur le plan de l'expérience internationale (14 sélections et 23 matches de Ligue des Champions à eux trois, dont 21 pour le Lyonnais et 0 pour le Toulousain). Du coup, Cabaye, qui devrait être présent, ferait presque figure de vieux briscard avec ses 18 sélections et ses 10 matches de C1... face au point fort de la meilleure équipe du monde, répétons le, tout cela est vraiment très inquiétant. Inutile de rappeler le pedigree et le palmarès du quatuor Busquets-Xabi Alonso-Xavi-Iniesta, sans parler de Fabregas...

La France, bête noire de l'Espagne

Des motifs d'espoir, donc. Autant vous dire tout de suite qu'ils sont peu nombreux. Jamais l'Espagne n'a perdu dans le second stade madrilène, Vicente Calderon, antre de l'Atletico. A domicile, la Roja n'a perdu que deux fois en 12 réceptions de la France, la dernière fois il y a 21 ans presque jour pour jour, lors des éliminatoires de l'Euro 1992, grâce notamment à un c
iseau de légende de Luis Fernandez (1-2). Depuis, la France a disputé deux matches amicaux en Espagne, avec deux défaites à la clé, même durant sa meilleure période, en mars 2001 (2-1), mais aussi en février 2008 (1-0). Au total, toutes compétitions et lieux confondus, la Roja mène légèrement (14 succès à 11, 6 nuls). Bon ok, ce ne sont toujours pas des motifs d'espoir...

Je viens de parler de matches amicaux. En revanche, en matches officiels, la balance est TRÈS nettement à l'avantage des Bleus, qui mènent 5 succès à... un. Oui oui, vous avez bien
lu, la défaite française en quart de finale du dernier Euro (2-0) était la première de l'Histoire de la France contre l'Espagne en match de compétition ! A nombre de match équivalent ou supérieur, elle fait moins bien contre nous que l’Écosse, la Bulgarie, le Danemark, l'Irlande, Israël, la Norvège ou même l'Autriche... En plus des deux seuls matches de qualification qui les ont opposés jusque là, et évoqué plus haut, il y a également eu 4 matches en Championnat d'Europe (deux succès, un nul et donc une défaite) et un lors du Mondial 2006 (1 victoire, 3-1). Ça n'assure rien aux Bleus, mais ça leur confère tout de même un statut de bête noire, même si la défaite en Ukraine ternit un peu le bilan...

J'ai d'ailleurs parlé d'un bilan global négatif des Bleus contre son voisin ibérique, mais il est en notre faveur depuis la guerre (10 succès, 6 nuls, 8 défaites). Et encore, on a perdu nos deux derniers duels contre l'Espagne...

L'Espagne peut perdre aussi

La Roja est invaincue depuis 15 matches, mais elle peut perdre des matches, y compris dans des matches pas forcément à enjeu, mais qu'il aurait quand même fallu gagner pour la Roja : en Angleterre, en amical en novembre dernier (1-0) ; en Italie, toujours en amical, en août 2011 (2-1) ; deux autres matches amicaux en 2010, et pas qu'un peu, au Portugal (4-0) et en Argentine (4-1) ou contre la Suisse, au premier tour du Mondial 2010 (0-1). En dehors de cette dernière rencontre, ce fut toujours contre des grandes nations de football, et en amical. Mais ça fait tout de même 5 défaites en deux ans et demi, soit une tous les six mois en moyenne. Et ça fait presque un an que l'Espagne n'a plus perdu... pourquoi pas maintenant ?

Enfin, hormis contre une Italie réduite trop vite à dix, en finale de l'Euro (4-0) ou contre des adversaires de seconde zone (Bélarus, 4-0, Arabie Saoudite, 5-0, Irlande, 4-0, Corée du Sud, 4-1, Venezuela, 5-0), l'Espagne gagne rarement par plus de deux buts d'écart, au moins en 2012. Elle a aussi souffert en Géorgie (0-1), à Porto Rico (1-2), contre l'Italie au premier tour de l'Euro (1-1), contre contre la Croatie (1-0) et le Portugal (0-0, 4-2 tab), la Serbie (2-0) et même la Chine (1-0). De quoi donner des idées, quand même.

Rappelons que la France a perdu bêtement à l'Euro contre l'Espagne, grâce aux bons offices de Laurent Blanc qui a fait n'importe quoi tactiquement, en isolant ses deux pépites offensives, Benzema et Ribéry, avec un Debuchy milieu droit, entre autres, et sur deux buts de Xabi Alonso, après un bon début de match de sa part. Autant dire qu'avec un peu plus d'intelligence tactique et de rigueur au marquage, il y avait la place au moins d'accrocher le nul. Avec un bloc bien regroupé, qui ne laisse pas d'espaces, et avec un peu d'habileté devant, même si c'est un de nos points faibles, on peut espérer les embêter. Je le répète, la France n'a rien à perdre dans ce match.

On en reparle plus tard, après ce match !

dimanche 14 octobre 2012

Les échecs de la Ligue 1

Salut à tous,

Ce matin, je suis devant la rediffusion de Colombie-Paraguay, match qualificatif pour la Coupe du Monde 2014 (à laquelle j'ai l'espoir de pouvoir aller y assister, je vous tiens au courant dès que les premiers billets sont en vente...), qui se terminera sur un logique 2-0, par un nouveau doublé de l'exceptionnel buteur Radamel Falcao. Dans l'équipe battue, dernière de la poule d'Amérique du Sud et qui aura du mal à se qualifier le Mondial, pour la première fois depuis 1994, figure tout de même un petit gaucher, très technique, dont le nom me dit bel et bien quelque chose : Marcela Estigarribia. Une raison pour laquelle l'actuel joueur de la Sampdoria, passé par la Juventus la saison passée (14 matches, 9 titularisations, 1 but en Serie A avec le champion d'Italie), ne m'est pas inconnu : il a évolué très récemment au Mans, en Ligue 1.

Entre août 2008, date de son arrivée du Cerro Porteno à même pas 21 ans, et janvier 2010, date de son prêt de deux ans à Newell's Old Boys, en Argentine, le petit ailier paraguayen n'a pas réussi à percer dans une équipe mancelle qui comptait encore dans ses rangs des clients comme Gervinho, Basa, Corchia, Helstad, Le Tallec ou Coutadeur, du moins lors de la
première de ses deux saisons. Aligné 7 fois en championnat, dont trois fois en tant que titulaire, Estigarribia n'est pris au sérieux ni par Yves Bertucci, ni Daniel Jeandupeux, qui prend la relève début février 2009, alors que Le Mans est... treizième. Le MUC terminera 16e, à trois points de la zone rouge... Lors de sa deuxième saison, il ne joue que 5 matches (1 titularisation) dans une équipe délestée durant l'intersaison de Gervinho et Coutadeur, dirigée par Paulo Duarte puis Arnaud Cormier, et qui descendra en fin de saison. Le Paraguayen, lui, part en Argentine, où il jouera beaucoup en 18 mois (52 matches), tout en s'imposant en sélection.

En 2011, il dispute la finale de la Copa America contre l'Uruguay (0-3). A son retour au Mans, le club est en Ligue 2, et il est transféré fin août à la Juventus, où il joue plus qu'il ne l'avait jamais fait dans la Sarthe. Aujourd'hui, c'est un pilier de la Sampdoria. Un bon technicien, un dribbleur, qui marque peu (4 buts depuis son arrivée au Mans, il y a 4 ans et demi !) mais qui s'est tout de même imposé dans un des meilleurs championnats du monde, et qui, on peut le penser, aurait pu faire beaucoup de bien à une équipe du Mans en manque de talent, au moins durant l'année de sa descente en Ligue 2. Alors, pourquoi un tel échec ?

Les erreurs de jugement ne sont pas spécifiquement françaises, mais que des clubs comme Le Mans, qui ont pourtant réussi à le détecter dans un petit championnat, qui ont donc décelé chez lui des qualités intéressantes, ne s'appuient pas sur ces mêmes qualités alors que ce genre de talent est rare dans notre championnat, est très typique de la mentalité française. Il suffit de voir comme le procès contre Jérémy Ménez se développe depuis son match pourtant intéressant contre le Japon (0-1). Les joueurs qui provoquent, qui percutent, prennent des risques, des joueurs qui attirent pourtant les foules, sont dénigrés en France, pays du sacro-saint bloc-équipe et de la passe assurée. Quand ces joueurs passent, ils sont considérés comme des génies. Quand ils ont moins de réussite, ils sont dénigrés.

Il y a aussi le fait qu'il est difficile, en France, de s'exprimer pour un attaquant, même de haut niveau, même si les bons débuts d'Ibrahimovic en Ligue 1 viennent en partie contredire cet état de fait. Mais regardez, par exemple, la saison de Fernando Morientes avec Monaco, en 2003-04 : 10 buts en 28 matches de Ligue 1, 9 buts en 12 matches de C1. Morientes n'était pas un joueur qui ne marquait que dans les grands évènements, il marquait tout le temps (124 buts en 334 matches de Liga, en étant souvent remplaçant au Real...), mais la
Ligue 1, son jeu fermé, physique, son manque d'espace, lui permettait moins de s'exprimer que la Ligue des Champions, plus talentueuse mais surtout plus ouverte tactiquement.

Le cas d'Estigarribia me fait penser à beaucoup d'autres joueurs, sur lesquels les clubs de Ligue 1 se sont plantés, et qui sont allés démontrer leurs qualités dans des championnats plus propices aux joueurs offensifs, au spectacle, au beau jeu, et qui en plus gagnent des trophées européens. Regardez le destin de Papiss Cissé, qui ne marquait qu'en Ligue 2 avec Metz, et qui depuis son départ de Lorraine, n'arrête pas de planter, que ce soit à Fribourg, en Allemagne (39 buts en 30 mois) mais aussi à Newcastle (13 buts en 14 matches entre janvier et juin) même s'il a plus de mal cette saison (0 but). Depuis janvier 2010 et son départ de Metz, Cissé a marqué 63 buts, toutes compétitions confondues...

Je ne reviendrais pas sur le cas de Luis Fabiano, ignoré par Rennes dans sa jeunesse avant de devenir un des meilleurs buteurs de l'Histoire de la Liga, tellement il est accablant. Mais que dire par exemple de celui de Fredy Guarin, milieu de terrain colombien très technique et doté d'une frappe de balle hors du commun ? Parfois titulaire, parfois remplaçant avec Saint-Étienne (41 matches entre 2006 et 2008, 1 but), il est ensuite allé s'imposer au FC Porto, remportant trois championnats (116 matches en 3 saisons et demie) avant de partir à l'Inter Milan, au début de l'année. Après six mois quelconques (6 matches), Guarin joue désormais régulièrement avec le champion d'Europe 2010, notamment en Europa League. Comment un tel joueur n'a-t-il pas pu réussir dans notre championnat ? Toujours pareil : on préfère les fastidieux aux talentueux, les gestionnaires aux audacieux. Et les espaces sont inexistants.

Et Ibisevic ? Certes, il était jeune lors de son passage à Paris puis Dijon (20-21 ans), en provenance de la réserve des Chicago Fire... Certes, le voir réclamer une place de titulaire au public du Parc des princes avec un statut aussi bancale sembla étrange. mais après coup, à côté de quel talent est encore passé à côté la Ligue 1, qui en manque pourtant tant ? Depuis
son arrivée en Bundesliga en 2006 (Aix-la-Chapelle, Hoffenheim, Stuttgart) il a marqué 71 buts, toutes compétitions confondues, plus 13 buts en sélection serbe. Pourquoi les Allemands parviennent-ils à faire briller des attaquants qui semblent si quelconques en France ? Sans doute parce qu'ils aiment les buts et les attaquants, et qu'ils aiment les mettre dans de bonnes conditions. En Allemagne, la priorité d'un attaquant n'est pas de défendre, mais de marquer des buts.

Et enfin, pourquoi n'y a-t-il jamais de joueurs asiatiques en Ligue 1 ? Et quand c'est le cas, leurs gabarits, souvent médiocres, ne collent que rarement à la politique du muscle et de la puissance toujours en vogue en Ligue 1, malgré les exemples récents de Verratti, par exemple. En regardant France-Japon, le public français a du se rendre compte qu'il existait d'excellents footballeurs en Asie. Regardez le nombre de Japonais ou de Coréens en Allemagne, mais aussi en Angleterre ! Jetons un œil au classement des meilleurs buteurs de Bundesliga : deuxième, Heung-min Son, attaquant de Hambourg (4 buts) ; 7e, Takashi Inui, révélation japonaise de Francfort (3 buts). Cette année, avec le départ de Nam (Valenciennes) ou Matsui, il n'y a plus de joueurs asiatiques en France. Dommage, leurs qualités techniques, collectives, leur discipline et - surtout - leur faible coût seraient un sacré atout pour la Ligue 1. Parlez en à Dortmund, qui a acquis le buteur au stade de France, Kagawa, en deuxième division japonaise pour 350 000 euros, et l'a revendu à MU pour 15 millions ! De quoi acheter plein d'autres très bons joueurs asiatiques... Si seulement ça pouvait donner des idées aux recruteurs français... mais aussi aux entraîneurs, au moment de choisir leurs équipes.

Allez, à plus tard.

mercredi 10 octobre 2012

La Ligue 1 tient bon !

Salut à tous,

Nouveau petit bilan de la Ligue 1, après huit journées, soit un peu plus d'un cinquième du championnat, déjà. Un championnat toujours aussi passionnant, et qui n'est toujours pas écrasé par le PSG, malgré les multiples craintes exprimées dans tous les médias sportifs depuis trois mois, voire plus. La Ligue 1 tient bon, comme à son habitude. Le football, tellement aléatoire et incertain, est le sport qui se prête le moins à la véracité des prévisions et autre prédictions de toutes sortes, et ça se vérifie encore une fois, même si, là aussi, il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions dans ce sens.

OM-PSG, un vrai sommet

Marseille a tenu le choc à domicile face à son dauphin, ce qui est tout de même assez paradoxal pour un leader, mais compréhensible au vu des mercatos respectifs des deux clubs, et de leur puissance financière. Le PSG a été bousculé, comme toujours à Marseille, ce qu'a eu bien du mal à comprendre et admettre Christophe Dugarry, qui a craché sa haine du club de la capitale comme rarement durant sa carrière de consultant. Si certains avaient des doutes sur ses goûts footballistiques, ils sont désormais fixés. Même ceux qui aiment le moins
le club parisien auront du mal à affirmer que Dugarry est, disons... pro parisien, après une performance pareille. Ce qu'il n'est pas sensé être non plus, d'ailleurs.

Peu importe, au fond. Le PSG a donc été bousculé, mais a ramené finalement un point qui le maintient à la fois à distance raisonnable de Marseille, et avec une petite avance sur ses poursuivants, qui ont tous été tenu en échec (Lyon, Bordeaux, Lorient, Toulouse...). Du coup, Reims, prochain adversaire des Parisiens, grimpe à la cinquième place, ce qui annonce un duel des plus sympathiques. En attendant, on peut aussi dire, avec raison, qu'en raison de la stagnation de leurs adversaires directs, Marseille comme Paris ont raté une belle occasion de faire le trou.

Beaucoup de buts, beaucoup d'invaincus

Ce week-end on a eu droit à une très belle journée, riche de 33 buts, meilleur total de la saison, ce qui porte la moyenne à 2,59, soit la même que lors de la phase aller de la dernière saison à peu près. Espérons que cette fois les attaquants tiennent la distance et ne baissent pas de pieds lors de la phase retour, comme l'an dernier (2,4 au final).

On compte encore trois équipes invaincues après 8 journées (PSG, Lorient et Bordeaux, qui ont accumulé 14 nuls à eux trois, dont lors de leurs trois confrontations), un évènement rarissime. L'an dernier, il n'y en avait aucun, sept équipes comptant 1 défaite, dont les trois leaders (PSG, Lyon et Toulouse), Montpellier, futur champion, en comptant déjà deux. L'année d'avant, ils étaient deux (Lille, futur champion, et Rennes) à être invaincus, ce qui était déjà très rare. La dernière fois que l'on comptait 3 clubs sans défaite, c'était en 2001-02 (les deux leaders, Auxerre et Lille, et le PSG). Les trois clubs allaient respectivement terminer aux 3e, 5e et 4e place, à bonne distance de Lyon, qui signait son premier titre et qui comptait deux défaites à la 8e journée... comme quoi, c'est symbolique mais assez peu significatif finalement, et certainement pas décisif.

On compte également 8 équipes encore invaincues à domicile (dont Ajaccio, 14e) et deux qui n'ont pas encore gagné chez elles (Montpellier et Troyes), tandis que 5 équipes n'ont pas encore gagné à l'extérieur (Nice, Reims, Nancy, Troyes et Brest) et 4 équipes invaincues hors de leurs bases, Lyon s'ajoutant aux trois équipes évoquées plus haut.

Chez les attaques, trois équipes mènent le bal, le PSG, Lorient et Saint-Étienne (14) devant Valenciennes et Lyon (13). Les Verts, Reims et Lyon mènent à domicile (9) tandis que le PSG domine à l'extérieur (8). De son côté, Nancy n'a encore marqué que deux buts, dont un à domicile. A l'extérieur, Sochaux n'a également marqué qu'une seule fois. Chez les défenses, le PSG est encore en tête malgré son week-end mouvementé en Provence (5 buts) devant Bordeaux, Reims et Saint-Étienne, encore (6). La meilleure défense à domicile est corse (Ajaccio, 0) et la plus mauvaise l'est aussi (Bastia, 10) ! Valenciennes n'a cédé qu'une fois chez lui, et le PSG, deux. A l'extérieur, six équipes ne comptent que 3 buts encaissés, tandis que Troyes a déjà craqué 12 fois. Au total, Bastia est la plus mauvaise défense (20) devant Troyes (18) et Nancy (14).

Le phénomène Zlatan

Vous l'avez sans doute lu, vu ou entendu, Zlatan Ibrahimovic mène la danse en tête des buteurs (9 buts), avec 4 doublés à la clé, et ce en 7 matches, soit un but toutes les 70 minutes. A noter qu'il n'en compte aucun de la tête, malgré sa taille, alors que l'attaquant toulousain Wissam Ben Yedder, son étonnant poursuivant au classement, haut d'1m70, en compte 3 sur 6 (meilleur total avec Maoulida, qui lui en est à 3 sur 3...). Même quand il marque sur corner, c'est du pied... Comme quoi, ce n'est pas forcément la taille qui compte. Le club parisien, malgré l'avantage de la taille de son avant-centre, joue très peu dans les airs mais principalement au sol. On n'a pas trop l'habitude, en France, d'avoir des attaquants grands ET bons avec leurs pieds... mais ça arrive plus souvent qu'on ne le pense. Un autre grand attaquant parisien, Guillaume Hoarau (1m91), n'a marqué que 9 de ses 37 buts en Ligue 1 de la tête. Même chose pour Giroud l'an passé (1m92, 1 seul sur 21). En fait, c'est juste un poncif. On oublie aussi trop souvent l'impayable nullité des centres aériens en Ligue 1, une véritable plaie, que l'on constate jusqu'en Équipe de France, où on ne marque JAMAIS de la tête... sauf à Toulouse et Bastia, apparemment. On a marqué 45 buts de la tête en Ligue 1, dont 11 pour les défenseurs et... un d'un gardien.

Ibrahimovic qui a également marqué 6 de ses 9 buts à l'extérieur (2 à Lille, 2 à Bastia et 2 à Marseille). Il devance l'Evianais Khelifa, auteur d'un triplé étonnant à Montpellier (2-3). Il a également marqué le 10e coup-franc cette saison, déjà. Étonnant chiffre, puisqu'on en avait compté seulement 28 l'année dernière, soit 0,73 par journée, contre 1,25 cette saison, et surtout que ça en fait autant que de penalties (96 l'année dernière, soit plus 3,4 fois plus). Il y aura très certainement plus de penalties que de coup-francs en fin de saison, mais en attendant on peut savourer cette augmentation, même temporelle, de la réussite dans cette exercice, autre secteur où la Ligue 1 est d'ordinaire complètement nulle, comme les centres. A noter que, comme toujours, les tireurs de coup-francs sont souvent gauchers (6 sur 10) et ceux sur penalties, droitiers (9 sur 10).

La dernière fois, je vous avait parlé des buts européens qui se comportaient bien, et qui avaient même une petite avance sur les Sud-Américains. Mais depuis, les derniers se sont réveillés, et ont repris l'avantage, très loin derrière l'Afrique, évidemment (47). En deux journées, les Brésiliens ont marqué 5 fois, tous ce week-end d'ailleurs, les Argentins, trois
fois, sans parler des buts du Chilien Estrada et du Colombien Sanchez. Dans le même temps, les Européens ne marquaient "que" 4 fois, également tous ce week-end. Les Gauchos ont ainsi bénéficié du réveil des Niçois Cvitanich (2) et Civelli (1), tandis que ce week-end, les Brésiliens Brandao et Marcos Dos Santos (2 buts chacun) ont assuré la première place du Brésil (14), devant leur grand rival argentin (9, à égalité avec la Suède d'Ibrahimovic). Ca fait donc désormais quatre buts d'avance pour les Sud-Américains, mais les Européens tiennent malgré tout bien le choc. Et si Ibrahimovic (9), Erding et Ben Basat (3 chacun) continuent de briller, ils peuvent continuer d'espérer...

Les vieux ont la vie dure !

Dans la guerre des âges, l'avantage est toujours nettement en faveur des plus de 31 ans, qui marquent trois fois plus (22) que les moins de 21 ans (7), ce qui semble logique mais ne l'est pas vraiment, en fait. L'an passé, par exemple, les jeunes, porté par Eden Hazard (20 buts), avaient plus marqué (79) que les vieux (72), et ce n'était pas vraiment une rareté. Le vieillissement des buteurs de Ligue 1 est évident sur ce début de saison, ce qui peut inquiéter pour le renouvellement prochain du championnat. Surtout quand on voit l'identité des jeunes buteurs, hormis Jordan Ayew (2 buts) (Sidibé, Lille, Eysseric, Nice, Ahamada et Regattin, Toulouse, Bahebeck, Troyes). De bons jeunes, mais qui ne semblent pas vraiment promis à un avenir de niveau international, à vue de nez. Chez les vieux, même chose, d'ailleurs, avec de bons joueurs de championnat, mais seulement trois anciens internationaux français (Meriem, 2, Rothen et Giuly, 1), derrière Maoulida et Barbosa (3 buts).

On peut également noter le très faible nombre de buts de joueurs contre leurs anciennes équipes, qui ne sont que trois (Gourcuff à Rennes, lors de la première journée, Modeste contre Nice lors de la 7e et Erding contre Sochaux ce week-end). Les remplaçants, en revanche, se débrouillent bien, avec 24 buts dont 3 pour le Rémois Courtet, et deux pour Maoulida et Bastos. Bastia, Reims, Saint-Etienne et Toulouse ont les meilleurs bancs (3 buts chacun). Le PSG et Marseille, eux, n'en comptent aucun, étonnant pour les Parisiens qui possèdent pourtant un banc de grand standing, quelque soit le onze de départ...

Voilà, avant de terminer, notons que le meilleur passeur du championnat est Sagbo (Evian, 4), devant Nene, Cohade et Danic (3), que Nancy n'a encore enregistré aucune passe décisive dans le jeu, contre 11 pour le PSG et Saint-Étienne, que Marseille est toujours le meilleur dans le dernier quart d'heure (+6) devant Bastia et Brest (+5) et surtout Montpellier, qui a encore perdu un point ce week-end contre Evian et qui est bon dernier (-5), que Bordeaux a été menée pour la première fois de la saison ce week-end à Brest, et que c'est Valenciennes qui a été le plus longtemps en tête depuis le début de la saison (338 minutes, devant le PSG, 302), contre seulement 9 minutes pour Nancy, 28 pour Troyes et 27 pour Bastia, qui a pourtant gagné trois matches, et enfin que Reims n'a été mené que durant 13 minutes, contre 31 pour Bordeaux, 393 pour Bastia et 376 pour Nancy.

Voilà ! A plus tard !

dimanche 30 septembre 2012

Champion de France, mode d'emploi

Salut à tous !

Désolé de m'immiscer en plein milieu de cette trépidante septième journée de Ligue 1, qui s'achève ce soir avec les matches de Bordeaux, Marseille et Lyon qui devraient nous permettre d'y voir plus clair à propos du podium à une semaine du Clasico, penchons nous un peu sur ces étranges entités, rares mais qui passent très régulièrement une fois par an, les Champions de France.

Aucun Champion à plus de 10 titres

On en compte 75 pour l'instant depuis 1932 (je compte le titre retiré à Marseille en 1993 pour plus de commodités), avec l'intermède de la Guerre (1939-1945), répartis en 19 clubs, de Saint-Étienne (10) à l'Olympique Lillois, Auxerre, Roubaix-Tourcoing, Lens, le Racing, Strasbourg et le dernier en date, Montpellier (1), soit une moyenne de moins de 4 par équipe (3,94). Pour info, la moyenne en Bundesliga est de 4,08 (en seulement 39 saisons !), de 4,91 en Angleterre (23 champions différents !), de 6,75 en Italie et de... 9 en Espagne ! Il faut dire que le Real et le Barça ont remporté 53 des 81 titres espagnols, et que seulement sept autres équipes ont osé leur piquer leur jouet, la dernière fois en 2004 (Valence)... Bref, une nouvelle
preuve de la difficulté de nos grands clubs d'affirmer sur de très longues périodes leurs dominations, dans un espèce de relais permanent, qui participe au suspense mais nuit aussi à leur compétitivité en Europe.

Ce qui m'intéresse, c'est ce qui différencie un bon champion d'un champion moyen, ou d'un champion médiocre, par défaut en quelque sorte. On peut toujours gloser sur la qualité mythique du jeu nantais, de la solidité plus froide des Verts des années 70, etc... mais le moyen le plus objectif, selon moi, ce sont les chiffres.

Six victoires sur dix

Pour cela, il faut une nouvelle fois comparer les époques, qui sont très différentes, et découper tout cela en décennies. En moyenne, un champion de France remporte environ 60 % de ses matches, chiffres qui atteignait quasiment les 64 % dans les années 30, mais pas forcément parce qu'il y était marqué énormément de buts (2,5 pour les champions d'avant-guerre), puisqu'on tombait à 59,48 dans les années 50, où les champions étaient également très efficace, malgré une baisse significative (2,23). Surtout, encore aujourd'hui, ce chiffre de 60 % ne bouge pas, puisque c'est la moyenne des deux premiers champions de notre décennie actuelle, ainsi que la précédente, alors que les buts sont nettement moins nombreux, y compris pour les champions (1,74 dans les années 2000, 1,79 pour Lille et Montpellier).

La révolution, qui eut lieu dans les années 60, décennie funèbre qui vit la disparition des cinq attaquants et l'apparition du libéro et du Catenaccio, concerne les matches nuls et les défaites. De 1932 à 1957, et hormis à de rares occasions (Sochaux 1938, Marseille 1948, Bordeaux 1950, Lille 1954), le champion comptait presque toujours plus de défaites que de nuls. Ainsi, le premier d'entre eux, l'Olympique Lillois, ancêtre du LOSC avant sa fusion avec Fives, n'en avait signé aucun en 18 matches ! D'une manière générale, les champions des années 30 ne comptaient que 15,46 % de nuls contre 20,6 % de défaites. Pour ceux des 40's, les chiffres se rapprochèrent (19 contre 20,1) ainsi que dans les années 50 (19,5 contre 21), mais toujours avec un avantage pour les défaites. Un phénomène aisément explicable, dont j'ai, je crois, déjà parlé ici : plus y a de buts, et moins y a de matches nuls, forcément, même si la victoire à trois points n'a absolument rien changé à long terme dans ce domaine.

Il faut attendre les années 60, et ses premières véritables mesures tactiques en faveur d'un football moins romantique, plus fermé, pour voir, comme par hasard, le rapport s'inverser. Même si la chute des buts pour le champion est relative (de 2,23 à 2,13), elle l'est nettement pour le reste du championnat, qui passe de 3.3 buts par matches dans les années 50 à 2,96
lors de la décennie suivante. Ça parait peu comme ça, mais c'est quand même la première décennie ou l'on passe sous la barre des trois buts par match, et ce lors de 4 saisons... Bref, dans le même temps, le rapport s'inverse : dans les années 60, les nuls concerneront 20,3 %, contre 18,13 pour les défaites. Et cet écart deviendra un gouffre dans les années 70 (23,7 contre 16), les années 80 (26,84 % contre 14,2), et ainsi de suite (24,73/15,7 dans les années 90, 22,6 contre 16,7 dans les années 2000, 26,3 contre 13,16 dans les années 2010).

Des Champions moins offensifs, mais moins solides aussi

Au niveau des buts, un champion marque en moyenne 2 buts par match, et en encaisse un. Des chiffres quasi ronds qui sont cependant variables suivant les époques, là encore. On l'a vu, les champions des années 30 et 40 carburaient au super (2,52 puis 2,42), ainsi que ceux des années 50 (2,23) et même 60 (2,13). Même si on reste au-dessus de la barre des 2 buts, la chute de la moyenne est cependant régulière et nette. La bascule se situe dans les années 1970 (1,98) et surtout les années 80 (1,75), que l'on peut véritablement considérer comme la décennie dans laquelle se révèle vraiment le football moderne. Ainsi, on peut considérer que les tactiques employées aujourd'hui n'ont que très peu évolué depuis 30 ans, alors que beaucoup d'équipes évoluaient encore à 4 attaquants dans les années 70, une aberration aujourd'hui.

Les années 90 verront la chute se briser, mais très légèrement (1,78) avant une nouvelle rechute dans les années 2000 (1,75). Depuis deux saisons dans la présente décennie, on assiste à une légère amélioration (1,79), mais rien de révolutionnaire... Sauf si le futur champion marque deux buts par matches, ce qui n'est plus arrivé depuis Monaco en 2000, et avant cela depuis Nantes en 1983 (!), on passera cette saison sous la barre des deux buts par match pour les champions depuis 1932. Triste, mais inévitable !

Au niveau des buts encaissés, la chute est forcément réelle, là aussi. La moyenne historique est de 1,006 (!) mais elle était de 1,32 dans les années 30 (2 par match pour Sète en 1934, une moyenne de relégable aujourd'hui !), de 1,31 dans les années 40, 1,18 dans les années 50 et de 1,093 dans les années 60. Sochaux 1938 est le premier champion à prendre moins d'un but par match (0,87), puis vint Lille 1954 (0,65, personne n'a fait mieux jusqu'au PSG 1994, 0,58 !) avant les cinq derniers champions des années 60. Dans les années 70, on tourne à 0,99 buts encaissés, puis 0,79 dans les années 80, 0,83 dans les années 90, 0,86 dans les années 2000 et 0,92 pour Lille et Montpellier. Une légère remontée appréciable... il n'empêche que le dernier champion à compter plus d'un but encaissé par match date de
2003 (Lyon) et avant lui Nantes (2001). Ça fera donc bientôt dix ans que ce n'est plus arrivé, mais on avait fait mieux entre Strasbourg 1979 et Bordeaux 1999 (21 saisons d'affilée !).

Saint-Étienne, le plus fort

Bref, revenons à notre question initiale, qui a initié ce post : qu'est-ce qu'un bon champion ? Sur une saison à 20 clubs et donc 38 matches, ça donne une moyenne générale de 23 victoires, 8 nuls et 7 nuls environ, 76 buts pour et 38 contre. Les plus proches de ce rapport (60/23/17) ces dernières années ont été Marseille 2010 (60,5/23,7/15,8) et... Bordeaux 84 (60,5/21/18,4). Le principe d'une moyenne est d'être une synthèse, pas une généralité, ni une majorité.

Pour les records, le champion ayant le plus gagné de matches est le premier d'entre eux, Lille (77,8 %). On n'est d'ailleurs passé au-dessus des 70 % que quatre fois, avec donc Lille 1933, Sochaux 1935 (73,3) et les Verts 35 ans plus tard (70,6 en 1969, 73,53 en 1970). Depuis, les plus gros chiffres atteints sont pour Nantes 1980 (68,4) et, récemment, de 64,7 % pour Bordeaux 1999 et 65,8 pour Lyon 2006 et Montpellier, l'année dernière. A l'inverse, les pires chiffres sont à chercher dans notre époque moderne, puisque, même si le plus bas chiffre date de 1976 (Saint-Étienne, 47,4 !), on est passé sous les 60 % à 14 reprises depuis 1986, soit plus d'une fois sur deux. Ainsi, le LOSC 2011 plafonne à 55,3 %, le Lyon 2003 à 50, Nantes 1995 à 55,3, et Monaco 1988 et Marseille 1989 à 52,6.

Chez les matches nuls, si récemment Lille 2011, Lyon 2005 et Bordeaux 1987 ont fait fort (34,2 %), , ils ne font pas mieux que Saint-Étienne 1976 (39,5) et surtout Nantes 1995 (42,1), qui, il faut le dire, n'avait perdu qu'une seule fois, autre record. En revanche, et hormis le LOSC en 1954 (38,24), de 1932 à 1964 (32,35, Nantes 1965), personne ne dépassera les 27 %, le record le plus bas, on l'a vu, étant pour l'Olympique Lillois lors de la première saison de l'Histoire (0 %). Suivent quatre équipes à 11,7 % (Reims 1949, 1953 et 1958, Nice 1952), puis Roubaix-Tourcoing 1947, Monaco 1961 et Nantes 1980 (13,16) et quatre équipes à 13,33, toutes avant guerre (Sochaux 1935, le Racing 1936, Marseille 1937 et Sète 1939). Ces dernières années, les chiffres les plus faibles sont pour Montpellier, l'année dernière, et Lyon 2004 et 2008 (18,4), devancés par Lyon 2002 et Bordeaux 1999 (17,65). A la jointure des années 1990 et 2000, Auxerre 1996 (15,79), Lens 1998 (14,71) et Monaco 2000 et Nantes 2001 (14,71) firent également très fort.

Chez les défaites, seulement trois équipes ont atteint les dix : Nice 1951 et Reims 1962 (11),
et Auxerre 1996 (10). Le Gym qui faisait encore plus fort que Reims, sacré en 38 journée (28,95 %), puisqu'il totalisait 32,35 % de défaites en 34 journées. Pour Auxerre, ça signifiait également 26,32 de défaites, un rapport énorme de plus d'une défaite toutes les quatre journées, contre une sur six en moyenne... L'AJA qui postule donc pour le titre de plus mauvais champion de l'Histoire. Pour trancher cette question, le mieux c'est quand même la moyenne de points non ? Promis après j'arrête...

Avec la victoire à deux points, la moyenne moyenne d'un champion de France est de 1,43 points par matches. Et ce, avec une pointe haute à 1,45 dans les années 1980 (1,44 dans les années 2000, 1,47 dans les années 2010), et une basse à 1,38 dans les années 50, décennie où le pourcentage de victoires passe sous les 60 % pour la première fois (ce sera également le cas dans les années 80 et 90) et le taux de défaites à 21, un record. Ces dernières années, Montpellier, Lyon 2007 et 2005 (1,5), Lyon 2006 (1,55) ont atteint ou dépassé les 1,5, et ce pour la première fois depuis Nantes 1995 (1,53) et le PSG 1994 (1,55). Mais le record absolu se nomme Saint-Étienne, version 1970 (1,64), juste après une autre année exceptionnelle des Verts (1,56). Durant deux saisons, l'ASSE ne perd que 8 matches, en gagne 49 (sur 68 !), inscrit 158 buts (2,32) et n'en encaisse que 56 (0,82). Durant la saison 1969-70, les Verts gagnent 25 matches sur 34, n'en perdent que 3, inscrivent 88 buts (2,59) et en encaisse 30. Allez, on le tient notre meilleur champion, même si les résultats des clubs français en Coupe d'Europe étaient des plus médiocres... si l'on compare avec une période où les clubs français brillaient, alors Nantes et le PSG, au milieu des années 90, remportent la mise, sachant que Marseille, durant sa grande période européenne, de 1989 à 1993, n'a jamais dépassé les 1,45 points par matches...

Le plus mauvais ? Il y a des cas, c'est sûr... le pire chiffre est pour Nice en 1951 (1,21), avec ses 18 succès en 34 matches, ses 5 nuls et ses 11 défaites ! Ajoutez-y ses 73 buts pour et surtout ses 46 buts encaissés... seulement huit équipes ont signé moins de 1,3 points par matches, dont sept sur huit avant 1966, une avant la guerre (Marseille 1937), trois dans les années 50 (Nice 1951 et 1956, Reims 1955), trois dans les années 60 (Reims 1962, Saint-Étienne 1964 et Nantes 1965) et enfin... Lyon, en 2003 (1,29) !

Bon j'ai dis que je m'arrêtais mais... allez, encore une stat intéressante, le classement par équipes ! Si on regarde les clubs qui ont gagné au moins deux titres, celle qui recueille la meilleure moyenne de points est Sochaux, lors de ses deux titres d'avant-guerre (1,53), devant le PSG, deux titres également, mais nettement plus récents (1,51). Suivent Nantes (8 titres, 1,473), Bordeaux (6 titres, 1,468), Saint-Étienne (10 titres, 1,45), Lyon (7 titres, 1,44), Marseille (10 titres, 1,42), Monaco (7 titres, 1,405), Reims (6 titres, 1,396), le LOSC (3 titres, 1,39), Sète (2 titres, 1,36) et enfin Nice (2 titres, 1,33). Les "anciens" champions, hormis Sochaux, sont donc à la peine à la moyenne de points, à une époque où les joueurs restaient souvent toute leur carrière dans leur club, où les transferts étaient donc rares et donc, les effectifs plus équilibrés, les meilleurs joueurs n'allant pas systématiquement dans les meilleurs clubs, comme aujourd'hui.

Voilà, merci de m'avoir lu jusqu'au bout ! A plus tard !