lundi 9 avril 2012

Un Classique d'ennui

Salut !

Bon ça y est, ils sont allés se coucher chez Canal ? On peut parler d'autre chose ? Difficile de ne pas comprendre les amateurs de foot non concernés par le Clasico quand ce genre de couverture médiatique légèrement exagérée les énerve. Parler pendant des heures entières d'un match, et laisser à peu près une minute trente aux autres, c'est pousser un peu l'évènementiel Canal un peu loin. Surtout que, comme souvent, ce n'était pas vraiment le match de l'année. Trop physique, trop d'enjeu et pas beaucoup de jeu... c'est surtout en cela que ce match mérite son titre de Clasico au fond : on coupe rarement à ce cocktail amère.

Montpellier ne lâche rien

Malgré tout, Paris a renoué avec le succès, et reste au contact de Montpellier, qui continue son parcours exceptionnel, que personne, pas même eux, n'auraient pu prévoir. Enfin... au contact oui, sauf si Montpellier ramène quelque chose de Marseille cette semaine lors du stupide match en retard décidé par la Ligue, qui s'est d'ailleurs bizarrement tiré une balle dans le pied, puisqu'en voulant - en vain - avantager l'OM pour sa confrontation avec le Bayern, il le désavantage en vue de la finale de la Coupe de la Ligue, son autre vitrine. Oui parce que pendant que Marseille cherchera à glaner un premier succès en 11 matches face au leader du championnat, Lyon n'aura juste qu'une demi finale de Coupe de France contre le Gazélec Ajaccio à gérer, riche de ses six matches sans défaites (5 victoires), toutes compétitions confondues...

Toujours est-il que le MHSC peut creuser un écart peut-être définitif dès mercredi. Montpellier qui réussit un parcours exceptionnel à domicile, avec seulement 5 points de perdus sur sa pelouse, contre 12 pour le PSG, 10 pour Lyon et 16 pour Lille. En Europe, seuls Manchester City et Barcelone, qui n'ont perdu que deux points sur leurs pelouses, et Benfica (3), font mieux que les Héraultais. Ils sont également les meilleurs en 2012 avec 26 points en 11 matches, 3 de plus que le PSG et 5 de plus que... Nancy, qui ont joué un match supplémentaire. Lille est à 6 points, et Lyon à 8.

Lille décroche

La mauvaise affaire est évidemment lilloise. Le LOSC qui, en s'inclinant pour la troisième fois à l'extérieur cette saison, laisse le meilleur score dans ce domaine au PSG (2) mais aussi la première place au classement des équipes en déplacement au même club parisien, à la différence de buts, et se retrouve donc rejeté à 7 points des deux leaders. Tout n'est pas encore perdu, surtout que Lille doit encore recevoir le PSG à la fin du mois, mais il va falloir que le champion de France ne laisse plus de points en route. Surtout que, dans le même temps, Lyon, on l'a vu, carbure et n'est plus qu'à trois points derrière. De son côté, Brest, qui n'avait plus gagné depuis 5 matches, a remporté ses deux dernières rencontres contre Marseille et Lille, donc, ce qui n'est pas banal. Et, si Omar Daf a inscrit son premier but en pro à l'âge de 35 ans, Brest, toujours la plus mauvaise attaque de Ligue 1 (27), avait déjà marqué 3 buts en un match cette saison, c'était contre Lorient (3-1), le 29 octobre dernier...

Bordeaux, quant à lui, a réussi l'exploit de s'incliner chez la plus mauvaise équipe à domicile, Caen (1-0), qui compte désormais un point de plus que Sochaux dans ce domaine. Les Girondins qui n'ont gagné qu'une fois en 12 visites à Caen.

Maïga et Leroy brillent, Saint-Étienne s'éteint

Sur les 26 buts du week-end, un bon chiffre pour ces matches retours (2,47), on constate une grosse performance des buteurs étrangers (17, soit 65,4 %, contre 47,6 en temps normal) et notamment des Africains (12 !) et les Sud-Américains (4). Le seul but européen a été marqué par Erding (Rennes), à Evian. Les plus de 31 ans ont également brillé (4 buts), avec notamment le 6e but personnel d'Hadji (Rennes) et le 4e de Leroy (Evian), ainsi que les Bleus (Payet, Ménez et... Sinama Pongolle, et oui) et les tireurs de penalty (4 buts, dont deux pour Lisandro, tous du droit). Cette saison, moins d'un tiers des penaltys sont marqués du gauche.

L'Argentin de Lyon qui est désormais sur les talons de Giroud à la moyenne de buts par minutes (un but toutes les 143 minutes, contre 138 pour Giroud). A noter également la bonne performance de Modibo Maïga (183), qui devance Hazard (185), Nene (187), Gameiro (188) ou Rémy (191). Parmi les 10 meilleurs joueurs ayant joué au moins 1000 minutes et inscrit trois buts au moins, l'attaquant Sochalien est le seul à totaliser moins de 1300 minutes de jeu. Dommage pour Sochaux qu'il ait raté la première partie de sa saison pour cause de bouderies !

Revenons à Jérôme Leroy, qui est un véritable spécialiste des buts contre ses anciens clubs. Il faut dire qu'ils sont très nombreux (7, rien qu'en France, 4 cette saison en Ligue 1). Il a marqué ses 4 buts uniquement contre ses anciens employeurs, 1 contre le PSG, 2 contre Marseille et 1 contre Rennes, ce week-end. Seul Sochaux a échappé à ses foudres... Rennes qui est l'équipe qui a pris le plus de buts de ses anciens joueurs, comme Auxerre (5). A noter également les 3es but d'Erding et Samassa en sortant du banc, sur 5 et 4 buts au total. L'attaquant valenciennois qui a également marqué tous ses buts dans le dernier quart d'heure.

De son côté, Saint-Etienne, rejoint ce week-end par Ajaccio dans le dernier quart d'heure (1-1), vient d'y perdre 4 points en quatre journées. Leaders de ce classement au soir de la 27e journée, l'ASSE est désormais 6e, avec +4 points. Le PSG et Montpellier (+6) sont en tête, devant Rennes, qui a récupéré 2 points à ETG grâce à ses remplaçants Pitroipa et Erding (+5). Normal, puisque les Savoyards sont derniers, avec -7 points...

Voilà, sur ce je vous laisse avec mon équipe type décisive !



A plus tard !

dimanche 8 avril 2012

Le Clasico disséqué

Salut à tous,

Parlons un peu de ce Clasico qui s'annonce. Je sais, je ne suis pas vraiment le seul dans ce cas aujourd'hui et depuis plusieurs jours. Alors, plutôt que de parler de "Dramatico", des égos de certains joueurs ou des prises de bec des autres, contentons nous de nous pencher sur les antécédents de ce match.

D'abord, sur le plan sociologique et géographique, ça ressemble plutôt à Barcelone-Real qu'aux autres "Clasico" dans le monde, dans le sens où il n'y a pas d'honneur régional en jeu, ce n'est pas un derby, même de loin. C'est même justement le problème : deux villes éloignées de 1000 kilomètres, et d'un peu plus culturellement, la capitale contre une des plus grandes villes de France, un des symboles de la Province souhaitant s'émanciper le plus possible de la puissante cité parisienne, qui aurait tous les pouvoirs, paraît-il. Il n'empêche que hormis en Espagne ou en Allemagne, difficile de trouver un pays plus décentralisé que la France, même si évidemment son gouvernement et ses ministères se trouvent tous dans la capitale. Où est-ce le cas ailleurs ? Imagine-t-on un pays où les lieux de pouvoirs nationaux se situeraient ailleurs que dans la Capitale ? Il en faut bien une, de Capitale... enfin bref, passons.

Marseille nettement devant

D'une manière générale, il s'agit du 78e duel entre les deux clubs, toutes compétitions confondues, mais seulement le 66e en Ligue 1, ce qui veut dire qu'ils n'ont passé que 33 saisons ensemble. Normal, puisque le club parisien n'a que 40 ans... Il n'empêche, ce duel est presque autant un classique en Coupe de France (10 matches) qu'en Ligue 1. Je ne vous apprendrais rien si je vous disais que les Olympiens dominent les débats, avec six succès d'avance (32 à 26), un bilan encore plus avantageux en championnat (31 à 18 !). Ça veut dire qu'en Coupes, le PSG n'a perdu qu'une fois en 12 duels, pour 8 succès, ce qui confirme son statut historique d'équipe de coupes.

Dix-huit victoires, 16 nuls et 31 défaites, 72 buts à 91, c'est donc le bilan en championnat entre les deux équipes. Au Parc des Princes, le PSG domine de très peu : 13 succès à 9, 43 buts à 36. Si le club s'était imposé la saison dernière (2-1) il avait lourdement chuté l'année précédente (0-3) et l'année d'avant encore (1-3). D'ailleurs, le club phocéen n'a perdu qu'une seule fois lors de ses six dernières visites Porte d'Auteuil (3 nuls, 2 succès). Avant la victoire de novembre 2010, il fallait remonter à novembre 2004 pour retrouver un succès du PSG dans son antre (2-1). C'était alors sa quatrième d'affilée contre son meilleur ennemi, toutes compétitions confondues...

Chacun son tour

Ce duel est souvent une histoire de cycles. Ainsi, on l'a vu, les derniers duels ont surtout tourné en la faveur des Marseillais, qui n'a perdu que deux fois en 11 matches contre le PSG, tous terrains et compétitions confondues, et 3 fois en 15 matches de championnat. Il y a une petite dizaine d'années, la tendance s'était brièvement inversées, notamment lorsque Ronaldinho brillait à Paris : huit succès consécutifs entre le 26 octobre 2002 et le 10 novembre 2004, dont cinq en championnat. En revanche, lorsque le PSG avait battu Marseille le 4 mai 1999, privant du titre le club phocéen (2-1), il restait sur... neuf ans et 13 matches sans succès contre l'OM en championnat, si on excepte la demi-finale de la Coupe de France 1995 (2-0), contre des Marseillais alors en Ligue 2, et s'appuyant sur des cadors comme Didier Wacouboué, Joël Cantona ou Franco Vignola...

Ce qui est intéressant de constater, c'est l'influence qu'a eu la médiatisation "forcée", instaurée notamment par Canal Plus au début des années 90 histoire de vendre encore mieux son produit, de ce duel. Avant l'été 1990, le PSG recueillait 0,88 points par match contre Marseille (avec la victoire à deux points), contre 0,91 depuis. Sur ce plan là, c'est vrai que l'évolution est mince. Sauf qu'il faut considérer les années 70 comme les débuts du jeune PSG face à un mastodonte comme l'OM, qui, en 1972, venait de gagner deux titres de champion et faisait souvent jeu égal avec le grand Saint-Étienne. Résultat, dans les 70's, Paris n'a pris que 0,71 points par match contre ce qui n'était pas encore son grand rival.

En revanche, les années 80 ont vu l'avènement à un plus haut niveau du club parisien, champion en 1986 et vainqueur de deux Coupes de France, tandis que Marseille tentait de se relever de son passage à l'étage inférieur, entre 1980 et 1984. Résultat, de 1980 à 1990, ce sont les Parisiens qui mènent légèrement les débats (1,08 points par matches), face à un OM qui sera quand même champion deux fois, en 1989 et en 1990. Survient alors la médiatisation évoquée plus haut, la création artificielle de l'antagonisme entre deux clubs qui, jusque là, ne se calculaient pas plus que les autres. Et là, les chiffres s'inversent.

Alors que dans les années 90, Marseille connaîtra à nouveau une période en Ligue 2 (1994/1996) mais aussi deux autres titres de champion (1991, 1992, sans parler de 1993, qui lui avait été retiré suite à l'affaire VA-OM), le PSG, qui lui va être un de 10 meilleurs clubs européens de la décennie, avec une victoire en Coupe des Coupes, une finale l'année suivante ainsi que 5 demi-finales européennes consécutives, est dominé dans les duels (0,95), avec à la clé une seule saison à plus de deux points contre son adversaire, en 1998/1999 (3 points), alors que le club ne jouait que la 9e place... l'année de son deuxième titre, en 1993/1994, le PSG ne prendra qu'un point.

Alors que les résultats de Marseille ne sont pas forcément meilleurs que les siens depuis 20 ans, du moins sur le plan des titres (dans les années 2000, l'OM a pris en moyenne 3,6 points de plus que le PSG, qui en a pris 0,08 de plus durant la décennie précédente), Paris a semble-t-il récupéré un complexe d'infériorité particulièrement tenace face à un adversaire, contre qui il avait perdu ses premiers matches véritablement médiatisés, ce qui l'a manifestement marqué au fer rouge. Depuis, une victoire du PSG dans le Clasico semble presque un exploit pour ses supporters, qui vivent ces rares évènements comme des victoires européennes, ou presque. Chacun d'entre eux se souvient de chacune d'entre elles comme des victoires sur le destin, l'adversité. C'est sans doute aussi le cas pour leurs vis-à-vis sudistes, mais pour d'autres raisons que le seul enjeu sportif...

Pauleta dans son jardin

Autre particularité du Clasico : le PSG domine son adversaire sur un plan, celui du meilleur buteur depuis 1990, Pauleta (6 buts). Étonnant de voir que si les joueurs marseillais (hors csc) ont marqué 12 buts de plus que les Parisiens (55 à 43) sur cette période, leurs meilleurs buteurs se nomment Maurice, Boksic, Niang, Van Buyten et Battles, et émargent à trois buts. Ils devancent quelques joueurs inattendus, comme Boli, Cana ou Heinze (2 buts). Dans le même temps, l'Aigle des Açores domine trois joueurs à trois buts également, Leroy, Ronaldinho et Hoarau. Ce dernier fait partie des trois Parisiens actuels ayant déjà marqué lors d'un Clasico, avec Luyindula (2 buts) et Chantôme (1 but), pas spécialement des titulaires. Côté Olympiens, ils sont cinq, Ayew (2 buts), Amalfitano, Cheyrou, Rémy et Valbuena (1), qui eux jouent plus régulièrement... Ce qui sera sans doute un avantage, ce soir.

A noter également que plusieurs joueurs ont marqué contre leur ex ou futur club, comme les Parisiens Leroy, Fiorèse et Luyindula, qui ont chacun marqué 2 buts contre Marseille, ainsi que Weah, futur et éphémère joueur de l'OM en 2000/2001, et les Marseillais Maurice (3 buts contre le PSG), Cana (2), Fournier, Gravelaine et Pouget (1 but chacun). A noter que Gabriel Heinze, lui, a d'abord brillé contre Marseille (1 but) avant de rendre ses anciens supporters malades, une fois passé chez l'ennemi (2 buts)... C'est le seul dans ce cas.

Ce qui est bien avec les stats, c'est qu'elles auront très probablement évolué dans quelques heures ! A plus tard, donc ! Et n'hésitez pas à réagir !

vendredi 6 avril 2012

Résultats à crédit

Salut à tous,

Ce qui s'est passé hier, mais aussi cette semaine et ce qui va peut-être se passer à la fin du mois, pourrait être historique. Pas besoin de vérifier, à mon avis, pour affirmer que quatre clubs d'un même pays squattant les deux finales européennes, c'est du jamais vu. Sur une compétition, oui, mais sur deux, non.

En effet, Barcelone et le Real n'iront certes pas en pantoufle pour aller affronter Chelsea et le Bayern, mais ça reste quand même dans leurs cordes, et ça nous promet un super Clasico, un vrai de vrai celui-là, avec les grandes oreilles au bout. Et en Ligue Europa, il suffira que Bilbao sorte le Sporting Lisbonne pour que les Basques rejoignent en finale le vainqueur du duel Atletico Madrid-Valence. Même si ce duel ibérique paraît équilibré, ce serait dommage que l'Athletic, qui a éliminé en chemin le PSG, Manchester United et Schalke, n'aille pas au bout de son rêve. Surtout avec une génération pareille (Muniain, Susaeta, Llorente, Ander, Javi Martinez...). Étrange que cette équipe ne soit que 11e en Liga...

Étrange, mais surtout très parlant sur le niveau de la Liga cette saison. Cinq clubs sur huit en demi-finales européennes, il fallait le faire. Malaga, qui est richissime cette année suite à l'arrivée des Qataris à sa tête, est certes quatrième, mais à... 25 points du deuxième, Barcelone. L'an dernier, trois clubs portugais figuraient en demi-finales de la Ligue Europa, et deux en finale, mais sans le Sporting. Cela montre également la vigueur du football lusitanien, qui vient, dois-je le rappeler, de passer devant le nôtre au classement UEFA, nous coûtant ainsi un tour préliminaire supplémentaire en Ligue des Champions. Deux bons tiers de la Superliga survivraient à peine dans notre Ligue 2, mais le tiers supérieur jouerait le titre en Ligue 1, sans problème. C'est ce qui s'appelle un championnat vertical, à opposer au nôtre, nettement plus horizontal.

Mais ces deux footballs sont aussi en crise. Une bonne moitié des clubs espagnols seraient relégués en deuxième division, voire seraient liquidés administrativement, s'ils évoluaient en France. Même chose pour le football portugais, qui vit une autre crise, plus inattendue : ils ont construit de très beaux stades pour l'Euro 2004, mais malgré les résultats de leurs clubs, ils sont très loin de les remplir. Lors de la dernière journée, Academica, qui recevait le quatrième du championnat, le Maritimo Funchal - qui devance d'un point le Sporting - a rempli son stade à... 12 % (3501 spectateurs). Même le choc Benfica-Braga, qui décidait de la place de leader, n'a rempli le légendaire Stadio da Luz qu'à 76 % (49078). Nacional Madeira contre Rio Ave ? 30 %. Gil Vicente contre Setubal ? 31 %. Guimaraes contre Paços Ferreira ? 33 %. Porto contre Olhanense ? 63 %. Seul Leiria, face au Sporting, a fait quasiment le plein (95 %). Résultat, ces stades vides sont des gouffres financiers pour des clubs déjà affaiblis par la crise qui frappe le pays, comme son voisin.

C'est d'ailleurs le paradoxe de voir ces footballs si fringants au niveau européens, provenir de pays qui font partie des plus touchés, pour l'instant, par la crise actuelle. Pourtant, la Grèce, elle, voit son football payer fortement l'effondrement de son économie, puisque de nombreux clubs sont en cessation de paiement, et sont exclus des championnats. Si l'Espagne et le Portugal ne sont pas encore au niveau grec, cela pourrait le devenir. Les clubs de ces pays, et notamment les Espagnols, vivent très largement au-dessus de leurs moyens, dépensent sans compter l'argent qu'ils n'ont pas, même quand ils n'ont pas l’État (!) pour éponger les dettes (comme pour le Real) ou un investisseur du proche-orient (Malaga), et payent les joueurs quand ils le peuvent. Forcément, ça ne durera pas. Si le fair-play financier instauré par Platini ne fonctionne pas, la logique économique finira logiquement par les rattraper. En début de saison les joueurs avaient déjà refusé de jouer la première journée en Espagne, comme en Italie, pour cause de salaires non payés... ils vont faire quoi l'année prochaine ? Faire des défilés ? Voter à gauche ?

C'est pour ça que dire que ces championnats sont florissants et supérieurs aux autres parce qu'ils ont les résultats que l'ont sait en Coupe d'Europe. Oui, ponctuellement, personne ne leurs résistent actuellement. Rappelons que le Sporting a sorti Manchester City, symbole des nouveaux riches européens actuels (1-0, 3-2), qui lui ne craint pas grand chose tant que son Emir éponge derrière, un peu comme pour le PSG et son Cheikh. Mais tout cela repose sur du sable, et tout pourrait s'effondrer dans les prochaines années. Et pas que en Espagne ou au Portugal, également en Italie ou en Angleterre. Au profit de qui ? Peut-être de la France, plus sûrement de l'Allemagne, qui est très solide financièrement et structurellement. Et qui aime le foot, elle.

A plus tard !

mercredi 4 avril 2012

Sur une pente glissante

Salut à tous,

Voilà... c'est fini. Hormis pour Karim Benzema, Franck Ribéry, Lassana Diarra et Florent Malouda, encore concernés par les derniers tours de la Ligue des Champions, le football français en a terminé avec cette saison 2011/2012 de Coupes d'Europe. Et cette année encore, il y a beaucoup à en dire.

Premier constat, tout d'abord : en 2013, le troisième de Ligue 1 devra se fader un tour supplémentaire, fin juillet début août, pour accéder au barrage de la Ligue des Champions, puis aux poules de cette dernière. Vivement les déplacements en Slovénie ou en Norvège, avant même le début de la Ligue 1... et c'est le Portugal qui, le plus logiquement du monde, récupère cette cinquième place. Ce dernier profite non seulement des excellents résultats du FC Porto, tenant certes déchu de la Ligue Europa, mais aussi de Benfica, du Sporting et de Braga, ces dernières saisons.

Il y a une différence notable entre le football professionnel portugais et le nôtre : ils ont des clubs leaders très forts, et ils ne traitent pas à la légère l'Europa League. Tout l'inverse du football français, donc. Nos "tops clubs" ont plutôt failli en Ligue des Champions, et les autres, engagés en C3, n'ont pas passé la phase de poule, une première depuis l'instauration de cette dernière, en 2004. Aucun club en 1/16es de finale, ça n'était jamais arrivé depuis la fusion avec la Coupe des Coupes, en 1999.

Alors certes, Marseille a atteint les quarts de finale de la Ligue des Champions. Mais, même si le club phocéen n'a pas eu la tâche facile, puisqu'il a du affronter Arsenal, Dortmund, l'Olympiakos, puis l'Inter et le Bayern, son parcours est typique de celui que doit emprunter un club français pour aller loin, aujourd'hui : chaotique. Avec quatre succès, un nul pour cinq défaites, l'OM fait un peu moins bien que Lyon, vainqueur 4 fois pour 3 défaites et 3 nuls, et finalement presque pareil que Lille (1 v., 3 n., 2 d.), dernier de sa poule. A quoi tient une qualification en poule ? Dans son groupe, Marseille a pris 10 points, en s'inclinant deux fois à domicile (au total trois, en cinq matches au Vélodrome). Dans le groupe A, Manchester City a été éliminé avec le même total, tandis qu'avec dix points également, l'Inter terminait premier. En Ligue Europa, le PSG était également éliminé avec dix points, pour un but en trop encaissé à Salzburg (2-0).

L'indice UEFA est finalement le fruit d'un calcul assez simple, voire simpliste, mais très parlant : on additionne les points pris par les clubs d'un pays sur une saison, et on divise par le nombre de clubs. On prend ensuite les cinq derniers chiffres, on les additionne, et ça donne l'indice UEFA. Ça veut dire que ça ne sert à rien d'avoir un ou deux bons clubs, si les autres ne prennent aucun point, puisque c'est une moyenne. Ainsi, se qualifier pour un tour supplémentaire en gagnant puis en perdant, comme l'a fait Marseille contre l'Inter (1-0, 1-2) est admirable, mais a autant de valeur mathématique que de se faire éliminer de la même manière, comme l'a fait Lyon contre Nicosie (1-0, 0-1, 3-4 tab). Et vu que les Phocéens ont pris aucun point contre le Bayern au tour suivant, le résultat est exactement le même que s'ils avaient été éliminés par l'Inter sur des scores inversés. C'est une opération blanche.

C'est un peu le problème des clubs français, ils ne maîtrisent que rarement leurs qualifications. Sur les cinq dernières années, tout tour et toute coupe confondues, les clubs français se sont qualifiés 29 fois lors d'un affrontement aller-retour. Ils n'ont remporté les deux matches du duel que 12 fois (41,38 %), et une seule fois après la phase de poule de la Ligue des Champions, grâce à Bordeaux, contre l'Olympiakos en 2009/2010 (1-0, 2-1), sur trois qualifications seulement. Le reste, c'était le plus souvent durant les tours préliminaires, et/ou en Ligue Europa.

Comment Lyon n'a pas pu gagner ses deux matches contre Nicosie ? Et le PSG, en poule contre le Slovan Bratislava  (0-0, 1-0) ? Et Rennes, pas un contre le Celtic Glasgow (1-1, 1-3) ? Le club breton qui a remporté 4 matches contre 3 défaites en Ligue Europa, mais uniquement lors des deux tours de barrage qui l'ont opposé au Metallurg Rustavi (2-5, 2-0) puis l'Etoile Rouge de Belgrade (2-1, 4-0). Peu importe au fond, ce sont des points, mais ça symbolise la limite de compétence des clubs français moyens en Coupe d'Europe. Surtout quand ils alignent des réservistes à ce niveau... d'autres gros clubs étrangers font la même chose, mais quand City fait tourner, ça n'a pas vraiment le même impact sur ses performances que pour Rennes... City n'est plus en course, certes, mais depuis moins longtemps, et a eu le temps de rapporter un peu plus de points à son pays.

D'une manière générale, les clubs français ne flambent pas en ce début de décennie, avec 1,01 points par match (avec la victoire à deux points). Dans les années 2000, durant lesquelles on se plaignait déjà de la baisse de niveau des clubs français, ces derniers tournaient tout de même à 1,13, et à 1,24 dans les années 90, la meilleure décennie de leur histoire (si on excepte la saison 1959-60, 1,25), marquée par deux victoires en Coupes d'Europe, juste avant l'avènement de l'arrêt Bosman, en 1996. On fait même moins bien que durant les années 80 (1,09) et à peine mieux que dans les années 70 (0,97) et 60 (0,91). Voilà à peu près où se situent les résultats des clubs français en Coupe d'Europe : trente ans en arrière. Ce qui ne veut pas dire uniquement que la Ligue 1 a le même niveau qu'en 1980, mais aussi qu'aujourd'hui, les clubs français ne jouent pas ces matches de la même manière : ils calculent plus, et font plus tourner, ce qui nuit à leurs performances, du moins en C3. En 1980, un match européen était toujours un évènement pour un club français, quelqu'il soit. Aujourd'hui, c'est une plaie. C'est fatiguant. Difficile de les aborder de façon conquérante avec un état d'esprit pareil.

Par ailleurs, en Ligue des Champions, les clubs français ont terminé avec un bilan positif qu'une seule fois depuis cinq ans, en 2009/2010 (1,29), avec la demi-finale de Lyon. Sur ces cinq dernières années, la France est toujours cinquième au nombre de points pris (107) mais présente un bilan légèrement négatif (43 succès à 44, pour 21 nuls, 139 buts à 136), sans les tours préliminaires. Dans le même temps, le Portugal, qui a joué 35 matches de moins que nous dans la compétition, se débrouille un peu mieux (32 succès, 12 nuls, 29 défaites), malgré une différence de buts bizarrement désastreuse (86 contre 102). Mais on l'a dit, ce sont les points, et uniquement les points, qui comptent...

Bref, autre indice que le football français n'est pas au mieux de sa forme cette saison, c'est le nombre de buts marqués par les joueurs français, tous clubs confondus. Si Benzema, qui n'en a pas encore fini, a brillé (7 buts) tout comme Bafé Gomis (6, dont 4 à Zagreb, 7-1), ils sont bien les seuls. Le suivant s'appelle Djibrill Cissé (3 buts avec la Lazio), ce dernier devançant dix joueurs à deux buts, dont les Parisiens Ménez et Bodmer, le Lyonnais Briand, le Rennais Feret, le Marseillais Rémy, ainsi que Ribéry (Bayern), Boumsong (Panathinaikos), Modesto (Olympiakos), Rami (Valence) et... Stéphane Da Cruz (UN Käerjeng, Luxembourg, ex Sochaux). Derrière ce beau monde, avec un but, Gameiro et Hoarau (PSG), Kembo (Rennes), Lacazette (Lyon) ou Valbuena (Marseille) n'ont pas vraiment brillé. D'ailleurs, avec 52 buts et avant les derniers tours européens, la France a très peu marqué, comparé aux 68 buts de la saison passée, les 79 de l'année précédente ou les 81 auparavant. Il faut remonter à la saison 2007/08 pour constater un total comparable (54). A moins que Benzema ne marque 15 buts durant les derniers matches du Real dans la compétition...

Voilà le tableau, qui n'est pas brillant. Que faire pour changer ça ? Il y a deux ou trois ans, on se réjouissait que ce soit toujours les mêmes (Bordeaux, Marseille et Lyon) qui se qualifiaient pour la Ligue des Champions, parce que c'était le meilleur moyen pour eux d'amasser des pépettes, et donc de devenir de plus en plus performants, ce qui allait forcément tirer le football français vers le haut. Oui parce qu'en France, on ne mesure la compétitivité d'un club que sur le plan financier, malgré des exemples contraires qui foisonnent dans notre football, notamment cette saison avec le PSG qui ne maîtrise plus son sujet en Ligue 1...

On a vu le résultat : aucun des trois n'est à l'heure actuelle en position de se qualifier pour la prochaine C1, même si Lyon n'est pas loin. Comme quoi, les raisons qui font que dans les autres pays, ce soit toujours les mêmes clubs qui se succèdent à eux-mêmes tiennent à d'autres choses que l'argent, comme la ferveur populaire, le merchandising, la taille et la qualité des stades ou la culture de la gagne, qui n'a pas fait long feu après la période dorée de la fin des années 90 et du début des années 2000, en France. Il y a aussi des finances pas du tout maîtrisées chez la plupart de nos voisins européens, hormis l'Allemagne : si le fair-play financier cher à Michel Platini produit des effets, le football français pourrait mécaniquement en profiter, même de façon légère. Sinon... je crois qu'il va falloir se montrer patient, très patient.


A plus tard !

lundi 2 avril 2012

Lille peut y croire

Salut à tous,

Même quand il fait 20 degrés, même quand il fait grand soleil, même quand il n'y a pas de finale de Coupe de la Ligue, la Ligue 1 parvient à nous fournir des journées tronquées, avec des matches reportés. Et donc pourquoi, puisque rien ne l'exigeait ? Pour aider Marseille à préparer son match retour à Munich, en Ligue des Champions... vu le résultat du match aller (0-2), et l'absence quasi totale de suspense dans cette confrontation, peut-être la Ligue aurait-elle du attendre avant d'accéder à la requête des Phocéens. Parce que là, même s'ils se sont reposés un max, ça ne leur suffira peut-être pas à l'emporter par deux buts d'écarts, cette semaine en Allemagne...

Surtout, aucun des sept autres qualifiés n'a eu l'idée saugrenue de demander la même chose à leur ligue. Résultat, au lieu d'avoir eu l'occasion de se changer les idées en championnat, même contre Montpellier, les Marseillais vont devoir enchaîner, en l'espace de 11 jours, quatre matches face au Bayern, donc, puis le PSG et Montpellier en championnat, et Lyon en finale de la Coupe de la Ligue. Ah non mais vraiment... c'est bien joué.

BREF, du coup on se retrouve avec un classement illisible, des statistiques imprécises et des vérités bancales, qu'il faudra constamment étayer de précisions lourdingues, histoire de ne pas trop dire n'importe quoi. Ainsi, Montpellier est toujours leader, forcément puisque Paris a perdu. Mais avec combien de points d'avance ? Zéro, comme actuellement, ou un ou trois, comme ça l'est potentiellement ? Et combien d'avance sur Lille, qui vient de gagner ses trois derniers matches et qui est revenu à quatre points des leaders ? Tout dépendra, aussi, du degré de fatigue des Marseillais, qui viendront d'enchaîner le Bayern et le PSG avant d'affronter le leader héraultais... ah non mais vraiment, c'est bien joué.

En dehors de ces turpitudes calendaires, on a encore eu droit à une journée faiblarde en buts (21 en 9 matches), une habitude en 2012. On notera que la pire équipe à l'extérieur avant cette journée, Nice, l'a emporté à Saint-Étienne (2-3), laissant la lanterne rouge à Valenciennes, vaincu 11 fois sur 16 hors de ses bases, contre une victoire. De son côté, Brest a beau avoir marqué son 6e but (!) à l'extérieur, en 15 matches, le club finistérien n'a toujours pas gagné en déplacement, comme Auxerre. Mauvaise attaque, certes, mais bonne défense : 14 buts hors de ses bases, seul Lille fait mieux en Ligue 1.

Profitant du seul but parisien à Nancy et des délires de la Ligue, privant Montpellier de son match, Lille a pris seul la tête des attaques (54), grâce notamment à ses chiffres à domicile (35). La meilleure attaque a donc pris le dessus sur la meilleure défense, Toulouse (26), qui est surtout solide à domicile (8, comme Montpellier et Valenciennes, les seuls à moins de 11 buts). Nancy, vainqueur méritoire du PSG (2-1), qui n'avait plus perdu en Ligue 1 depuis son déplacement à Marseille, le 27 novembre dernier (3-0) est la meilleure équipe de Ligue 1 sur les 5 dernières journées (13 points), devant Lille, Sochaux, Toulouse, Lyon (10 points)... et peut-être Montpellier (7 points).

Le club parisien a donc vu sa série en championnat se terminer après 14 matches sans défaites. Il s'agit de sa deuxième défaite contre Nancy, qui est donc la deuxième équipe après Bordeaux qui sera invaincue contre le PSG cette saison. Avant Marseille, la semaine prochaine ? En tous cas il s'agit de la deuxième défaite à l'extérieur des Parisiens, le meilleur total de Ligue 1 avec Lille. A noter que s'il s'agit du 7e match d'affilée avec un moins un but marqué pour le PSG, c'est également son 7e match consécutif avec un moins un but encaissé. Sur les matches retours, la défense parisienne, pourtant renforcée (chamboulée ?) cet hiver, tourne à 1,36 but encaissé par match (15 buts), contre 0,89 avant la trêve et le départ de Kombouaré. En revanche, l'attaque (2,09) tourne beaucoup mieux que durant la phase aller (1,63). Au final, la moyenne de points s'en ressent (1,82 contre 2,10).

Toujours est-il que Lille est revenu à quatre points, un total dérisoire à huit journées de la fin. Rappelons qu'en 2008/2009, le PSG, quatrième à deux journées de la fin et donc européen, comptait cinq points d'avance sur le LOSC, sixième. En fin de saison, Lille avait rattrapé son retard et devancé pour un but (!) le club parisien, finalement privé d'Europe... Contrairement au PSG, pour qui le mois de mai est en général le plus faible de l'année, le LOSC est un véritable spécialiste des finish en fanfare.

Passons aux buteurs, et notamment à Eden Hazard, désormais dauphin de Giroud avec 14 buts, et meilleur buteur des matches retours (7), qui a inscrit son cinquième but en cinq matches, dont trois sur penalty et un sur coup-franc. Au total, l'attaquant belge de Lille a marqué 8 de ses 14 buts sur coup de pieds arrêtés, dont 6 penaltys. Des statistiques à rapprocher de celles de Nene (13 buts, 7 penaltys). Mais n'oublions pas non plus Bruno Grougi (Brest), qui est désormais le meilleur buteur sur coup-franc (3), lui qui a marqué 6 de ses 7 buts sur coups de pied arrêtés...

Bonne performance également d'Anthony Mounier (Nice), qui réussit la performance, en tant que milieu offensif excentré de 1m74, d'être le meilleur buteur niçois (7), et de loin (Mouloungui et Dja Djedje suivent à 4 buts), si on excepte les 6 penaltys de Monzon, bien sûr, et ce en ayant marqué 4 fois de la tête, et jamais sur penalty ou coup-franc. Il est le deuxième meilleur buteur du crâne en Ligue 1, derrière Rémy (6), et devant notamment Maïga et Privat (3), les attaquants sochaliens qui ont également brillé dans ce domaine contre Brest (2-1). En revanche, le Niçois n'avait encore jamais marqué à l'extérieur.

Bonne performance des moins de 21 ans, auteurs de trois buts (Hazard, B.Dja Djedje et Aurier). Trois joueurs étrangers, qui n'évolueront jamais en Bleu... dommage. D'ailleurs, ils sont 7 sur 25 jeunes ayant marqué au moins une fois dans ce cas, quantité non négligeable. Les centres de formations de Ligue 1 ont heureusement fourni quelques futurs perles aux Bleus, comme Kakuta et Lacazette (4) et pourquoi pas Bulot, André ou Bakambu (3). En revanche, seul Marchal (Sainté) a marqué chez les plus de 31 ans.

Grosse performance encore des milieux, qui ont marqué plus la moitié des buts ce week-end (11). Cette saison ils en sont à 41, 81 %, contre 37,44 l'an passé, et surtout contre les 44,58 % de buts d'attaquants ! Il faut dire qu'hormis Giroud (18), aucun de ces derniers ne brille vraiment au niveau des totaux, à 8 journées de la fin, avec un maximum de 12 pour Gomis, et 11 pour Gameiro et Aubameyang... si on n'avait pas fait de Gomis et surtout Gameiro des remplaçants en 2012, qui sait...

Si les buts ont été moyennement nombreux, ça n'a pas empêché de jolis retournement de situations. Ainsi, Sochaux a été la quatrième équipe, après Bordeaux (contre Nancy) et Lorient (contre VA), lors de la 4e journée, et Rennes (contre Evian), lors de la 15e, à passer de la défaite de la victoire lors du dernier quart d'heure, contre Brest (2-1), y glanant ainsi 3 points très précieux. Nice était également mené à Saint-Étienne, avant de s'imposer en fin de rencontre (2-3). Nancy, de son côté, était dernier de ce classement avant de crucifier à une minute de la fin... la meilleure équipe du dernier quart d'heure, le PSG.

Voilà, sur ce je vous laisse avec mon équipe type décisive habituelle !



A plus tard !

samedi 31 mars 2012

La Ligue 2, un hall de gare

Salut à tous,

Descendons d'un cran, histoire de jeter un œil à l'étage inférieur, en Ligue 2, histoire de voir un peu ce qui s'y passe. Étrange championnat que cette compétition qui aujourd'hui est plus un hall de gare qu'autre chose : les clubs y passent dans un sens, puis dans l'autre. Ainsi, Grenoble, après être monté en Ligue 1 en 2008 à la surprise générale, est redescendu en 2010 avant d'enchaîner une deuxième descente l'été dernier. Même chose pour Strasbourg, descendu en Ligue 2 en 2009, puis en National en 2010 avant d'être d'être rétrogradé en CFA 2, ou de Istres, qui a connu un délicat passage éclair en Ligue 1 en 2004/2005, puis dans la foulée deux saisons en National de 2007 à 2009 avant de remonter... et de jouer la montée cette année !

Aujourd'hui, aucune des trois équipes reléguées, Lens (11e), Arles-Avignon (13e) et Monaco (14e) n'est en position de monter. Elles seraient même plutôt menacées par la relégation, elles aussi... De leurs côtés, Le Mans et Boulogne, qui sont toutes deux descendu en Ligue 2 en 2010, sont relégables aujourd'hui. Bref, l'époque où la logique faisait des clubs relégués les grands favoris pour la remontée est révolue. Ainsi, depuis 10 ans, seuls Caen (2010), Lens (2009), Nantes (2008), Strasbourg et Metz (2007), Le Mans (2005) et Metz encore (2003) sont remontés immédiatement après leur descente, soit un taux de remontée de 23 %, moins d'une chance sur quatre. Un chiffre encore élevé, mais qui devrait baisser cette année a priori.

Dans le même temps, des équipes passent par la Ligue 2 dans le sens inverse, c'est-à-dire du National à la Ligue 1 en moins de deux ou trois saisons, à l'image de ce que va très probablement faire Bastia, pourtant promu cette année. Evian-T-G l'a fait l'an dernier, Arles-Avignon l'année d'avant, Boulogne également en 2009 ou Valenciennes en 2006. Alors qu'à une époque, on avait l'impression de voir toujours les mêmes équipes en Ligue 2, avec des remontées ainsi que des redescentes plus fréquentes, aujourd'hui elle change de visage quasi tous les ans. La Ligue 1, d'ailleurs, en est également bouleversées : au hasard, en 2004/2005, Nancy (1er), Dijon (4e), Montpellier (8e), Brest (9e) et Lorient (14e) évoluaient en Ligue 2, quand Monaco (3e), Lens (7e), Strasbourg (11e), Metz (16e), Nantes (17e), Bastia (19e) et Istres (20e), soit plus du tiers du championnat, les narguaient d'une division !

Passons à cette saison avec, on l'a donc vu, des relégués à la peine, même si Monaco est actuellement en train de profiter de son recrutement luxueux de cet hiver pour redresser la barre, et sans doute assurer un maintien qui était loin d'être acquis il y a deux mois. Croyez-moi si vous voulez, mais Kagelmacher, Wolf et surtout Nabil Dirar (auteur de 4 buts en Europe League avec Bruges cette année !), Nacer Barazite (qui lui en avait marqué 11 avec l'Austria Vienne !) et Ibrahima Touré (déjà 6 buts en 9 matches), sans parler de Hansson, Giuly ou Vahirua, n'ont rien à faire en Ligue 2. Ainsi, Monaco est deuxième des matches retours, derrière Bastia... à ce rythme, on devrait revoir l'ASM en 2013.

Par ailleurs, on a droit aux prototypes habituels ces dernières années en matière d'équipes candidates à la montée. Un promu ambitieux (Bastia, 13 points d'avance sur Troyes, qui joue lundi à Nantes), un glorieux ancien (Reims, un peu comme Valenciennes ou Saint-Étienne il y a quelques années), un habitué malheureux du haut de tableau de la Ligue 2 (Sedan), un favori logique (Nantes) et quelques équipes qu'on n'aurait jamais pensé pouvoir se mêler à cette lutte, à commencer par Clermont (3e), mais aussi Troyes (4e), Tours (6e), Châteauroux (7e) et même Istres (8e). Trois d'entre eux ont déjà connu la Ligue 1, mais ça commence à dater, et la prescription est de mise. Istres et Troyes, qui sont dans ce cas, sont entre temps passés en National, par exemple...

Bastia domine donc les débats, grâce à une force impressionnante à domicile, Furiani demeurant toujours aussi intimidant, mais aussi un recrutement très intelligent. Pour un promu, débaucher gratuitement Maoulida et Rothen, c'était vraiment bien joué. Les Corses possèdent la meilleure attaque (50 buts) et la meilleure défense (25e), celle-ci ne comportant pourtant pas des clients connus à l'étage supérieur. Mais en Ligue 2, Moizini, Sans ou Harek, c'est costaud. Et au milieu, Rothen, bien épaulé par Cahuzac ou Choplin, se régale pour lancer ses flèches, Maoulida, Khazri et Diallo, déjà signé par Rennes pour l'année prochaine. Les deux autres promus se comportent diversement : si Guingamp est bien au chaud à la 10e place, Amiens, dernier avec 10 points de retard sur Angers, 17e, est déjà condamné, ou presque. L'année dernière en National, sept et quatre points séparaient ces trois équipes... sauf qu'Amiens était devant Guingamp. Aujourd'hui, les écarts sont de 21 et 14 !

Reims, et son meilleur buteur Kamel Ghilas (13 buts), et Clermont suivent, mais ils sont tous les deux à la peine en 2012 (8e et 13e des matches retours avec 16 et 11 points en 11 matches) et ne comptent plus qu'une poignée de points d'avance sur Troyes, qui sera sur le podium en cas de victoire à la Beaujoire, lundi, et sur Sedan, Tours, etc. On n'est pas à l'abri d'une arrivée au finish, comme l'an dernier avec la promotion d'Ajaccio (64 points) et surtout Dijon (62), qui avait in extremis grillé Le Mans pour... 4 buts ! Des totaux de points extrêmement faibles, qui montraient à quel point la lutte avait terrible. De toutes façons on aura une surprise : à moins que Nantes et Monaco, qui compte quand même 11 points de retard sur le podium à 8 journées de la fin, et à un degré moindre Sedan, qui vise tous les ans la montée, grillent Reims et Clermont, on aura forcément un ou deux clubs inattendus en Ligue 1 l'année prochaine. Vous me direz, elle a l'habitude : des clubs historiques comme Nantes, Lens, Monaco ou Strasbourg manquent à l'appel, ce qui profitent à des clubs étonnants comme Dijon, Evian, Ajaccio... voire même Lorient, qui ne connaissait pas la Ligue 1 il y a une douzaine d'années.

Et la Ligue 2 n'est pas au bout de ses surprises, puisqu'elle pourrait bien voir des monuments du football français comme Sochaux, Auxerre ou Nice fréquenter ses rangs l'année prochaine. Le mouvement perpétuel entre les deux divisions n'a pas fini de chambouler les statuts du football français...

A plus tard !