jeudi 15 mars 2012

Le cas Gomez

Salut à tous,

Avant de commencer, réjouissons-nous de la qualification honnêtement miraculeuse des Marseillais à San Siro. Face à un Inter Milan qui n'est plus que l'ombre de l'équipe qui avait mis au pas l'Europe, et notamment le grand Barça il y a deux ans, Marseille a vu se confirmer la réussite qu'il avait eu au match aller, au Vélodrôme. Mandanda a sorti deux arrêts de mammouths avant la pause, avant que l'étrange alignement de la charnière milanaise offre à Brandao - et au gardien marseillais - son heure de gloire européenne, quelques années après son échec face à la barre du même but, contre le Milan AC à l'époque. Lucio rate son intervention aérienne, son compère Samuel stationne bizarrement trois mètres derrière, le temps qu'il revienne sur Brandao, ce dernier réalise le contrôle de sa vie, après que le ballon, dégagé par Mandanda, lui ai rebondit sur la clavicule avant de lui tomber dans les pieds, et marque un joli but dans sa conclusion. Une belle performance sur le papier, mais rien qui ne montre que Marseille n'est pas, avec Nicosie, l'équipe que les six autres qualifiés rêvent secrètement de tomber dessus lors du prochain tirage au sort.

Si l'OM tombe sur le Bayern Munich, il pourra certes se féliciter d'avoir évité des murs comme le Real et le Barça, sachant que Chelsea, Arsenal ou Benfica sont également prenables cette année. Mais il lui faudra gérer un problème aussi redoutable que sous-estimé de ce côté-ci du Rhin : Mario Gomez. La charnière marseillaise, qui a été surnotée dans l'Equipe alors que ses vis-à-vis, Milito et Pazzini, se sont montrés décisifs, devra se montrer encore plus solide face à un attaquant de ce calibre.

L'avant-centre du Bayern fait partie de la catégorie des attaquants facilement raillés en France : grands, costauds, patauds, lents, et qui a l'étrange idée de n'être préoccupé que par sa tâche, marquer des buts. Pour cela, il reste dans la surface, décrochant très peu, jouant parfaitement en pivot et cadrant quasi systématiquement. Problème, s'il ne marque pas, il donne l'impression de ne servir à rien, et se prend donc des mauvaises notes assez facilement. Comme avec la Mannschaft contre la France, par exemple (1-2). Heureusement pour lui, il marque beaucoup.

Je l'ai déjà dit ici, en France on préfère des attaquants plus romantiques, façon Rocheteau, qu'on voit beaucoup, qui dribble, court partout, et qui signe de bonnes saisons quand il dépasse les vingt buts. Soit le total sous lequel Mario Gomez rate ses saisons. Rocheteau, le genre d'attaquant idéal pour les équipes qui ne gagnent rien. Je n'ai rien contre l'Ange Vert, qui était un des meilleurs attaquants de la planète sans doute, mais lors de la seule compétition que l’Équipe de France version Platini a gagné, l'Euro 84, il n'était pas là. Mais ça n'aurait rien changé, vu que Platoche faisait tout cet été là. J'avais aussi cité Benzema, préféré à Higuain alors que ce dernier, compte tenu de son temps de jeu, marque beaucoup plus que l'avant-centre des Bleus, par ailleurs peu efficace avec ces derniers (5 buts depuis deux ans en sélection). Mais en France, on préfère les belles histoires, les joueurs avec des failles, inconstants, humains. Faut savoir ce qu'on veut, dans la vie.

L’Allemagne, de son côté, avant de voir son palmarès commencer à prendre la poussière à partir de 1996, a empilé les trophées dans son armoire grâce à des buteurs comme Hahn, Seeler, Müller, Völler, Hrubesch, Rummenigge, Klinsmann... des buteurs froids, efficaces, cliniques et, hormis pour ce dernier, pas très jolis à voir jouer. D'ailleurs, si l'Allemagne ne gagne plus de compétitions depuis presque 16 ans, c'est peut-être parce que ses buteurs font un peu moins partie des meilleurs de la planète.

Je ne dis pas que Gomez est celui qui remettra le palmarès allemand à jour, vu qu'il a par exemple raté sa Coupe du Monde 2010. Mais il renouvelle la tradition teutonne des buteurs ultra efficaces, auteur de buts qui donnent l'impression d'être faciles. Sauf que si les attaquants français possédaient la moitié de son sens du placement et de son flair, ils marqueraient beaucoup plus qu'ils ne le font depuis cinq ans.

Mario Gomez va avoir 27 ans cet été, aux alentours de la finale de l'Euro, et il possède déjà des stats dont rêveront peut-être durant toute sa carrière des joueurs comme Gignac, Hoarau voire Benzema, qui compte 59 buts de retard avec trois ans de moins. Surtout si les courbes de leurs efficacités respectives se confirment...

Bref, donc à bientôt 27 ans, Gomez a déjà marqué 195 buts en professionnel, 122 en Bundesliga, dont quatre saisons à 19 buts ou plus, 19 buts en 34 matches de C1, 19 en 26 de Coupe d'Allemagne et déjà 21 buts en 51 sélection (29 titularisations). En Équipe d'Allemagne, il tourne à un but toutes les 127 minutes, contre 183 pour Benzema, soit plus d'une mi-temps supplémentaire pour marquer un but pour le Madrilène.

Cette saison, Gomez en est à 11 buts en C1, soit un de moins que Messi... il en est à un but toutes les 64 minutes (60 pour l'Argentin !). Alors c'est sûr, des buts après une série de dribbles, et conclus sur un petit piqué du gauche, il n'en met pas beaucoup. En fait, il n'en met pas du tout. Par contre, au niveau présence devant le but, efficacité, placement, patience, il se pose là. Notamment mardi soir, il fut parfait sur les trois centres de Ribéry, un au centre du but, un au premier poteau, un en retrait... toujours le bon geste, le cadre est au rendez-vous et le gardien impuissant. Un quadruplé qui fait de l'Allemand d'origine espagnole le troisième joueur de l'Histoire, avec Messi et Inzaghi, à avoir réussi à marquer au moins trois buts lors de trois matches différents de Ligue des Champions. Là aussi, on touche à l'exception.

Alors oui, dans une attaque bien huilée, avec des passeurs d'exception comme le sont Robben, Ribéry, Müller voire Kroos, ça semble facile de marquer 30 buts dans une saison (il en déjà à 34 rien qu'en club cette année...). Mais c'est comme gagner une course de F1 avec la meilleure voiture, encore faut-il savoir la conduire. Gomez reçoit beaucoup de ballons, oui, mais il en gâche peu. Et savoir qu'on a en attaque un avant-centre capable de transformer le moindre ballon qui traîne dans la surface en but, ça donne pas mal confiance à une équipe. En tout cas plus qu'un attaquant qui dézone, qui court partout... sauf devant le but, là où il reste, selon moi, le plus utile. On ne demande pas à un défenseur d'attaquer si ? En tous cas pas systématiquement ! Alors pourquoi demander aux attaquants de passer leur temps à défendre, à déborder, à faire le nombre au milieu ? Sans doute parce qu'ils passent de plus en plus pour des éléments optionnels dans une équipe, les premiers à sortir en cours de match, notamment pour tenir un score. Et quand il faut le forcer, rares sont les techniciens à les empiler, en général ils se succèdent sur la pelouse.

En six décennies, on est passé de cinq à quatre attaquants, puis trois, deux, un seul, et aujourd'hui on voit apparaître les premiers systèmes sans attaquants, comme celui d'Ancelotti avec le PSG, contre Toulouse en janvier (3-1). Par contre, des systèmes à un seul défenseur, on n'est pas près d'en voir.

Bref, c'est bon de savoir que les buteurs, les vrais, ne sont pas morts, notamment dans le pays qui a produit les meilleurs de l'Histoire, Brésil excepté. Même si, on est d'accord, pas grand monde ne paierait un billet juste pour voir jouer Mario Gomez.

A plus tard !

lundi 12 mars 2012

La poursuite continue

Salut à tous,

Place à la huitième édition de notre bilan hebdomadaire de la Ligue 1. A onze journées de la fin, des écarts très importants se créent, tandis que d'autres zones sont, comme souvent, particulièrement serrées, et donc sans doute sujettes à un suspense qui ne devrait cesser que lorsque la 38e journée aura expiré.

Ainsi, Paris et Montpellier ne se quittent plus en tête du championnat, à des années lumières, désormais, du reste de la troupe. Avec leur large succès contre Caen (3-0), qui conforte leur statut de meilleure équipe à domicile puisqu'ils n'ont perdu que cinq points à la Mosson, les Héraultais comptent ainsi plus de points d'avance sur le LOSC, troisième (10), que ce dernier, leader l'an passé à la même époque, sur le cinquième d'alors, le PSG (7) ! De plus, les deux leaders sont les meilleurs au nombre de points (58 et 57) depuis Lyon, en 2006/2007 (61 points), qui comptait treize points d'avance sur... Lens. Une autre époque.

De son côté, le PSG, vainqueur à Dijon (1-2), qui n'avait plus été relégable depuis début novembre, a profité de la défaite de Lille à Lyon sur le même score pour s'emparer de la première place à l'extérieur. Seul Rennes compte autant de succès à l'extérieur que les Parisiens (7), seul Montpellier a marqué autant (22) et personne n'a perdu aussi peu hors de ses bases (1).

Chez les buteurs, Olivier Giroud a mis un terme à une période sans but longue d'un mois avec Montpellier, en inscrivant son premier penalty, le troisième seulement pour Montpellier, puisque Belhanda avait transformé les deux premiers. Quant à Souleymane Camara, il a inscrit son cinquième but sur six en temps que remplaçant, le meilleur total de la saison, tandis que Aït-Fana, qui avait ouvert le score, a marqué son premier but depuis avril... 2010.

Six des douze meilleurs buteurs du championnat ont profité d'une journée un peu plus riche en but que d'habitude en 2012 (26) pour marquer. Oliech augmente le total de la meilleure saison de sa carrière (9), puisqu'il n'avait jamais dépassé le chiffre de 4 depuis son arrivée en France, en janvier 2006, tout comme Aubameyang (11), et évidemment Giroud, pour sa deuxième saison au sein de l'élite (17), quand Gouffran est à un but de son record en Ligue 1 (10 avec Caen, en 2007/2008). Les buteurs africains, d'ordinaire dominateurs, ont cassé la baraque ce week-end : ils ont signé 9 des 13 buts étrangers du week-end. Ils ont ainsi marqué 163 buts, soit plus de 24 % du total. Les Sud-Américains suivent avec... 76 buts. A noter qu'aucun brésilien n'a scoré ce week-end, une rareté. 

Les étrangers ont donc marqué 50 % des buts du week-end, tout comme les joueurs à l'extérieur. Gameiro et Aubameyang ont ainsi marqué leurs huitièmes buts en déplacement (sur 11 et 9 buts), rejoignant en tête de la spécialité Giroud. Ces trois joueurs comptent... quatre buts d'avance sur leurs poursuivants, notamment Oliech, Gouffran, Hazard, Gomis ou... Debuchy.

L'attaquant belge du LOSC, avec 11 buts, qui compte désormais deux nouveaux dauphins chez les moins de 21 ans, Lacazette et Aboubakar (4 buts chacun). Six équipes n'ont encore vu aucun de leurs jeunes marquer le moindre but cette saison, notamment le PSG, Bordeaux ou Montpellier, pourtant réputé pour sa formation ! Comme quoi les jeunes montpelliérains possèdent quand même une petite expérience de la Ligue 1.

Après leur bonne performance de la dernière journée (7 buts), les défenseurs ont encore brillé (5), avec les premiers buts de Paulle (Dijon) et Tiéné (PSG), mais aussi les troisièmes buts des défenseurs d'Evian Mongongu et Cambon, et le quatrième de Chedjou (Lille), qui est seulement devancé par son coéquipier Debuchy et Monzon (Nice, 5). Mais, des six défenseurs buteurs, un seul l'a emporté ce week-end, à savoir Tiéné.

On peut noter également la neuvième passe décisive dans le jeu de Jérémy Ménez, le leader de la spécialité devant Bastos et Giroud (7). Difficile à imaginer, de la part d'un joueur dont on reproche le jeu personnel et sa propension à ne pas donner ses ballons... pareil pour la soit-disant carence du PSG à ne pas briller dans le jeu : personne n'a adressé autant de passes décisives (32) que le club parisien, pas même Lyon et Montpellier (25), malgré le statut de meilleure attaque des Héraultais. Le PSG qui est le club qui a le plus marqué sur passe décisive dans le jeu (65,31 %) devant les Verts (63,64) et Nancy (62,5). Saint-Étienne qui est plus que jamais l'équipe la plus habile dans le dernier quart d'heure, avec neuf points récupérés, après les deux à Valenciennes ce week-end. Le PSG (+6) est l'équipe qui y marque le plus (17) et Evian le moins (3), quand Marseille et Brest sont les plus hermétiques durant la fin des matches (5), même si les Olympiens y ont perdu leur dernier match, à Ajaccio (1-0).

Voici à présent mon équipe type.



A plus tard !

vendredi 9 mars 2012

Lyon, le bout de la route ?

Salut à tous,

Depuis plusieurs jours, les spécialistes du foot, qui sont presque aussi nombreux que ses protagonistes, voire beaucoup plus nombreux si on compte les blogs tels que celui-ci, cherchent à savoir UNE chose primordial : est-ce la fin du grand Lyon ?

J'en ai déjà parlé sur ce blog, à plusieurs reprises même : contrairement à ses voisins européens, à part, à un degré moindre, l'Angleterre, le football français marche par cycles. Notamment sa façade professionnelle : on a certes des clubs qui ont été plus longtemps et surtout plus souvent devant les autres, tels que Marseille, Bordeaux ou Monaco, voire Nantes. Mais les autres, comme le PSG, Saint-Étienne, Reims ou Lyon, ont eu une ou deux périodes fastes, d'environ 20 ans en général, avant de reculer dans la hiérarchie, rentrer dans le rang. Les Verts, par exemple, ont strictement brillé entre 1957 et 1982, glanant durant cette période de pile 25 ans dix titres, six Coupes de France et une finale de Coupe des Champions.

A l'aune de cette tradition tout particulièrement locale, on ne pouvait que prévoir que Lyon allait baisser de rythme. Lyon a progressé de façon exponentielle dans les années 2000, puis a tapé le plafond en Ligue des Champions, notamment contre le PSV Eindhoven ou Milan, avant de régresser. A partir de l'arrivée de Jean-Michel Aulas en 1987, et après une remontée (1989) et une décennie passée à vivoter entre la deuxième (1995, dommage la Ligue des Champions était réservée à ces derniers...) et la 14e place (1993), le club rhodanien a remporté trois titres d'affilée avec les dents, remportant à chaque fois la mise de justesse, souvent lors de la dernière journée. Qui se souvient de ce match décisif contre Lens, alors leader, lors de la dernière journée de 2002, pour le premier titre, et remportée (3-1) par des Lyonnais qui rentraient ainsi dans l'histoire, tout en plongeant leur hôte dans le début des difficultés qui l'ont envoyé là où il est aujourd'hui, à savoir en Ligue 2 ? Deux saisons plus tard, l'OL comptait 10 points de retard sur Monaco et trois sur le PSG, au soir de la 20e journée. Il finira champion avec respectivement quatre et trois longueurs d'avance sur ces derniers, le premier, notamment, payant son manque de banc et son parcours en Ligue des Champions, conclu en finale contre le Porto de Mourinho (0-3)...

A partir de 2004 en revanche, les écarts vont se creuser : 12 points sur Lille en 2005, 15 sur Bordeaux en 2006, 17 sur Marseille en 2007, mais seulement 4 en 2008 sur les Girondins. Entre temps, selon moi, la cassure entre la courbe ascendante des Lyonnais et le début de la courbe descendante sur laquelle ils tentent de ne pas glisser aujourd'hui est survenue au milieu de la saison 2006/2007.

A la trêve, le Lyon de Gérard Houiller s'est baladé : 50 points de pris sur 57 possibles, soit 15 de plus que son poursuivant Lensois, et une différence de buts de +28 ! L'OL a gagné 16 matches sur 19, pour deux nuls et une défaite... à ce moment-là, on a l'impression qu'une division entière sépare Lyon, qui fait partie intégrante du top 10 européen, de ses adversaires, et on ne doute pas une seule seconde que le club de Jean-Michel Aulas a signé pour une décennie de succès sans interruption. Le PSG est 16e à 31 points, Marseille 6e à 20 points, Bordeaux 8e à 21, Lille 5e à 19. La logique serait que Lyon finisse champion, ce dont personne ne doute, en inscrivant 100 points, un record.

La suite allait pourtant démentir ce scenario idéal. Certes, Lyon finissait bien champion en mai 2007, mais avec 17 points "seulement" d'avance sur Marseille, qui a donc récupéré trois points dans l'affaire. Ce dernier n'a ramassé que 31 points lors des matches retours, soit une chute de 38 %, et n'a finit que quatrième derrière l'OM (34), Toulouse (33) et Rennes (32). Surtout, il a perdu quatre matches, n'en a gagné que huit, et subit quelques trous d'airs, notamment à Troyes (1-0), en huitièmes de finale de la Ligue des Champions contre la Roma (0-0, 0-2) ou en finale de la Coupe de la Ligue contre Bordeaux (0-1), qui lui succèdera deux ans plus tard au palmarès, interrompant son règne de la Ligue 1.

Une demi saison très moyenne, surtout comparée à celle qui l'avait précédée, mais qui n'empêchera pas les Lyonnais de remporter un dernier (?) titre la saison suivante, mais, on l'a vu, avec un tout petit écart. En moins d'une année, l'OL avait perdu l'avance considérable qu'il semblait avoir sur le reste de ses congénères de Ligue 1. Que s'est-il passé entre temps ?

Sans doute s'est-il cru arrivé trop vite durant cet hiver 2006/2007, et les deux premières défaites de l'année, dès la reprise à Toulouse (2-0) et contre Bordeaux (1-2), avant un match nul délicat contre Nice (1-1) puis la fameuse défaite à Troyes (1-0) ont fait plonger son moral de façon beaucoup plus considérable qu'imaginé. Pourtant, avec des cadors comme Abidal, Cris, Tiago, Juninho, Malouda, Wiltord, Govou, et le jeune Benzema épaulant un Fred alors efficace dans ses rangs, Lyon semblait armé pour ne pas craquer à la première mauvaise nouvelle. Mais dès l'été suivant, Wiltord, Malouda, Abidal et Tiago faisaient leurs valises, et leurs remplaçants, Cleber Anderson, Grosso, Bodmer ou Keita n'allaient pas apporter avec eux les mêmes garanties en terme de maîtrise technique et d'expérience, même si l'international italien, champion du monde un an plus tôt, n'en était pas dépourvu, loin de là. Durant l'hiver, Boumsong, Delgado ou Crosas n'allaient pas non plus transfigurer l'effectif rhodanien, désormais dirigé par Alain Perrin, qui allait pourtant remporter le seul doublé de l'histoire du club, avant d'être inexplicablement écarté. Autre énorme erreur historique, à mon avis.

Avec Puel, sans que ça ait forcément un rapport, le début de la page blanche débutait, et pour une raison simple : l'affaiblissement, visible à l’œil nu, de l'effectif des Gones, déjà bien entamé en 2006, avec le départ de Diarra, et en 2005 avec celui d'Essien. Durant l'été 2008, Piquionne, Mensah, Ederson, Makoun, Pjanic ou Lloris remplaçaient Squillaci, Coupet, Müller, Ben Arfa ou Baros. Hormis au poste de gardien, l'avantage ne saute pas aux yeux, avec le recul. En 2009, Gomis, Cissokho, Bastos, Lisandro, puis Lovren en hiver, succédaient à Grosso, Piquionne, Keita, Benzema ou Juninho. En 2010, Diakhaté, Gourcuff et Briand remplacent Govou, Bodmer, Boumsong ou Makoun... et enfin, l'été dernier, Fofana, Dabo et Koné récupèrent la place de Pjanic, Diakhaté, Toulalan et Delgado...

Surtout, sur cette saison, qui succède à une autre qui avait vu l'OL accrocher dans la douleur une place sur le podium, à la faveur du traditionnel fléchissement du PSG au mois de mai, certains joueurs remplaçants l'an passé, comme Grenier, Lacazette et surtout Briand, voire Gomis, sont devenus titulaires ou ont au moins gagné beaucoup de temps de jeu, à la faveur de départs pas vraiment remplacés pour cause de caisses vides. Quant à Gourcuff, il est un départ à lui tout seul.

Lyon possède une attaque toujours très convenable, notamment pour la Ligue 1, à l'image de son match contre le PSG, mais qui n'a pas suffit pour perforer la défense de l'APOEL Nicosie... en revanche, sa défense, condition indispensable à la réussite au plus haut niveau, est une catastrophe. Cris n'est même plus l'ombre de lui-même, Koné n'est pas au niveau malgré une bonne volonté évidente, Lovren est blessé et un peu juste pour le très haut niveau, et Mensah, 29 ans et titulaire en sélection ghanéenne, est au placard pour des raisons que seul le vestiaire pourrait expliquer, et encore... et sur les côtés, si Réveillère fait le job, c'est loin d'être le cas de Cissokho, Dabo, sans parler de Kolodzieczak... quant à Fofana, son pari sera à juger dans une ou deux saisons, pas avant.

Au final, on le voit, l'effectif lyonnais est passé d'une collection d'internationaux actifs, de haut niveau, à un patchwork de jeunes espoirs certes prometteurs, et de bons joueurs de Ligue 1, voire européens, mais, hormis Lloris et Kallström, aucun d'entre eux n'est titulaire dans une bonne sélection mondiale. En 2005/2006, ils étaient dix (Coupet, Abidal, Müller, Tiago, Juninho, Malouda, Wiltord, Carew, Fred et Govou). Et je ne parle pas de M.Diarra, Caçapa, Essien, Ben Arfa, Benzema, Nilmar... cette équipe mettrait quatre buts d'écart à celle d'aujourd'hui, et en jouant du pied gauche.

Après, rien n'obligeait Lyon de se faire éliminer par l'APOEL Nicosie, qui est sans doute meilleure que toutes les équipes chypriotes ayant jamais disputé cette compétition, mais qui reste un club qui n'est même pas leader de son championnat (!) et qui dépense dix millions d'euros par années en budget... Après avoir tenu en échec l'Ajax et ratatiné le Dinamo Zagreb, il y avait mieux à faire. Mais cette saison, on a l'impression que les joueurs ont de plus en plus conscience de leurs limites, ce qui joue sur leur mental. Dix défaites en championnat, sur 26 journées, c'est évidemment mieux qu'une évaluation de début de saison dans l’Équipe, c'est un constat implacable.

Reste que si Lisandro, Bastos ou Gomis retrouvent leur niveau vu contre Paris (4-4), l'OL a largement les moyens de finir dans les cinq premiers, de remporter la Coupe de la Ligue contre Marseille et briller en Coupe de France. Ponctuellement, ça peut toujours marcher. Sur la durée, il faudra renforcer singulièrement cet effectif, notamment en défense, la douzième de Ligue 1 cette saison...

A plus tard !

mercredi 7 mars 2012

Pour un point de plus

Salut à tous !

Hier, à propos de la Ligue des Champions, j'évoquais la différence entre la victoire à deux points et celle à trois points, notamment pour établir des statistiques. Cette nouveauté, instaurée en 1994 en France et depuis généralisée à tous les championnats du monde, et dans tous les tournois internationaux, sans exception, l'avait été instaurée avec un objectif pour le moins louable : augmenter le nombre de buts, en incitant les équipes à attaquer pour gagner. Ben oui, pour gagner il faut marquer au moins un but. Les décideurs de l'époque avaient oublié un détail : en général, on marque certes plus de buts pour gagner que pour faire de matches nuls, mais ces derniers ne sont pas tous des 0-0.

Le meilleur exemple, c'est cette saison. Il y a eu 82 matches nuls en Ligue 1 (un peu plus de 31 % du total), qui ont généré 166 buts, rien que ça, dont deux 4-4 et 16 2-2. Ce qui fait une moyenne de 2,02 buts par match lors de ces matches nuls, soit un score assez faible par rapport à la moyenne générale (2,49). Mais si on enlève les 21 0-0, on passe à 2,72, soit autant que pour les matches ayant vu une victoire ! Alors certes, il paraît difficile d'éviter les 0-0, mais récompenser d'un point supplémentaire les nuls à partir de 2-2, par exemple, ça permettrait d'encourager réellement l'offensive : les équipes chercheraient coûte que coûte à marquer au moins deux buts, histoire de gagner ou, au moins, de s'assurer deux points en cas de match nul. Je l'ai déjà dit, mais les quatre équipes ayant réussi un 4-4 cette saison auraient du recevoir un peu plus d'un point, par rapport à une équipe qui se contente de gagner sur le score de 1-0.

Pourquoi les décideurs de l'époque se sont plantés ? Parce qu'ils ont fait un mauvais calcul. Ils ont confondu le match nul avec le 0-0, oubliant tous ces nuls générant des buts. Surtout, les deux scores les plus répandus en Ligue 1, par exemple, sont le 1-0 (17,69 %) et le 1-1 (16,54 %), puis le 2-0 (15 %), le 2-1 (13,46 %) et même le 3-1 (8,46 %). Tous ces scores devancent donc le 0-0 (8%), qui reste anecdotique, contrairement à ce que la légende dit à propos de la Ligue 1, puisque ça fait un peu moins d'un par journée de championnat. Pour prouver l'inanité de la victoire à trois points, faisons un calcul simple : on l'a vu, si on enlève les 21 0-0, la moyenne de buts par match passe à 2,72 (une moyenne qui resterait inférieure à celle de l'Allemagne, par exemple...). Enlevons ensuite les 43 1-1, autre score qui fait baisser la moyenne dès lors que celle-ci dépasse les 2 : on passe à 2,87.

Et maintenant, si on enlève les 46 1-0 ? On passe à 2,81. Et si on rajoute les 39 2-0 à la charrette ? Alors là, on dépasse carrément les 2,99... Ce ne sont donc pas les 0-0 qui plombent le plus la moyenne de buts par matches, ni même les 1-1, ce sont les 1-0 et les 2-0, qui certes apportent un but de plus à eux deux (la belle affaire !), mais qui sont TELLEMENT plus nombreux que, du coup, ce sont eux les plus nocifs. Ils ont tout simplement encouragé les entraîneurs et leurs équipes à se contenter de scores minimums, et à fermer boutique dès qu'ils sont parvenus à marquer, en attendant un éventuel exploit individuel en contre pour faire le break.

Alors certes, on l'a vu, et le graphique qui suit le montre, plus y a de matches nuls, et moins y a de buts, en raison du trop grand nombre de 0-0, chose qu'on pourrait faire évoluer, selon moi, avec un bonus pour les nuls à plus de deux buts. Mais ce graphique montre aussi que la victoire à trois points n'influe absolument pas sur le nombre de nuls. En fait, c'est plutôt les buts qui influent sur le nombre de matches nuls... Rappelons d'abord un fait : quand il y a un nul, un point disparaît dans la nature. Ainsi, si un championnat ne comportait que des nuls, on finirait à 760 points au total, soit deux par matches. S'il n'y avait que des succès, en revanche, on aurait droit à 1140 points (dans un championnat à 20 clubs, s'entend). Du coup, plus il y a de matches nuls, et moins la moyenne de point par match est importante, logique. Le premier graphique montre donc le nombre de points par match, par saison. On constate que l'amplitude est assez large : on passe de 2,65 en 2005, à 2,75 en 1998, avec une moyenne générale de 2.71 (avant cette saison). On voit surtout qu'entre 1994 et 2004, la mayonnaise semble prendre (2,38 buts par matches, et 2,72 points) avant que ces deux chiffres ne chutent (2,26 buts et 2,69 points). On sent que les protagonistes (entraîneurs, joueurs...) ont bien compris que ça ne changeait pas grand chose, et qu'il était même plus valorisant d'assurer un petit 1-0 plutôt que de risquer un match nul en attaquant plus que de raison...

J'avais également évoqué le fait que la victoire à trois points avantageaient les équipes qui faisaient peu de nuls, et qui donc à la fois gagnaient et perdaient beaucoup. Ainsi, Lyon, qui n'a fait que quatre fois match nul cette saison, le plus petit total de la Ligue 1, compterait autant de points de retard sur Lille, troisième avec... 11 nuls), avec deux points par matches. Un écart qui, vous l'avouerez, semble quand même beaucoup plus compliqué à remonter avec deux points par match (il lui faudrait au moins quatre journées) qu'avec trois (trois journées). Les écarts seraient pourtant moins importants, puisque Brest et ses 15 matches nuls, record d'Europe, ne serait qu'à six points de la quatrième place, et à cinq de la zone rouge... contre 13 et 4 !

Bref, comme je l'ai dit, tout ça paraît anecdotique. Mais pour faire des stats, et voir ainsi quelles sont les forces en présence, et les rapports véritables entre chaque équipe, la victoire à deux points est autrement plus crédible, en plus d'être un cas typique de fausse bonne idée.

A plus tard !

mardi 6 mars 2012

La Ligue des presque Champions

Salut à tous,

La Ligue des Champions reprend cette semaine, et dès ce soir nous connaîtrons les premiers pour les quarts de finale, déjà. Benfica ou Zenit St-Petersburg ? Arsenal ou Milan ? Dors et déjà, la première affiche citée prouve une chose : contrairement à ce que l'on dit, la Ligue des Champions n'est pas forcément réservée aux mêmes clubs, qui s'affronteraient en vase clos, excluant le reste de leurs congénères, contraints et forcés de se mesurer à l'étage d'en dessous, en Ligue Europa. Pour preuve, cette année les grands favoris de cette dernière viennent tous deux de Manchester, City et United.

Contrairement à beaucoup, je ne suis pas vraiment nostalgique de l'ancienne mouture de la C1. Certes, je ne suis pas spécialement pour le fait de qualifier des clubs qui ne sont pas champions de leurs pays, où alors il serait bon de changer le nom de la compétition. En Basket on parle d'Euroligue, c'est parfait, ça ne parle pas de champions, ça suggère simplement un championnat des meilleurs clubs européens. Mais la Ligue des Champions qui ne regroupe pas que des champions, ça m'intrigue presque autant que le Dakar qui passe par le Chili, vous voyez. A moins qu'à propos de ces "champions", on élargit sa signification à l'idée qu'ils sont des champions parce qu'ils sont très très forts. Il n'empêche, le troisième ou le quatrième de certains championnats, voire le deuxième, n'ont rien à faire dans cette compétition, à part écarter les petits pays du gâteau.

Bref, en revanche la phase de poule me plait bien. Ça sélectionne beaucoup plus efficacement, ça donne plus de matches intéressants, mais ça n'empêche pas certaines surprises quand même. Demandez aux Lyonnais ce que ça fait de devoir affronter des Chypriotes à ce stade de la compétition... pour perturber, ça doit bien perturber. Ressentir la même sensation que si on recevait Luzenac en Coupe de France, alors qu'on devrait plutôt flipper de se prendre sa traditionnelle fessée du mois de mars contre un grand club, ça change pas mal la donne au moment de se mettre dans les meilleures conditions mentales. mais ça risque fort de changer au prochain tour.

Avant d'aller plus loin, et sachant que je vais parler chiffres pour illustrer un peu l'histoire de cette compétition, je vous informe que depuis toujours, en statistiques, j'utilise la victoire à deux points. Cette dernière est beaucoup plus équilibrée que sa cousine à trois points, qui en lâche dans la nature dès qu'il y a match nul, et qui permet à une équipe comptant un succès et deux défaites d'avoir autant de points qu'une équipe ayant signé trois nuls. Elle permet surtout de récompenser trois fois plus une équipe qui gagne petitement 1-0 que celle ayant cherché à attaquer et gagner, et qui signe un 4-4, par exemple. Je ne vois pas où est la justice là-dedans. Enfin, la victoire à trois points n'a absolument pas influé sur le taux de buts par matches, au contraire : le pullulement des 1-0 a été accentué dans le foot. Ça a conforté la dictature de la victoire, quitte à gagner sur un coup de pied arrêté avant de fermer boutique, au détriment du spectacle. Bref, elle a fait de Pablo Correa ou d'Alain Casanova des stars.

La Ligue des Champions à poules existe depuis 1991, et est donc sur le point d'achever sa 21e saison. Il y a eu trois phases : la première ne comportait que des champions, qui ressortaient de deux tours préliminaires (fatals à Marseille en 1991, contre Sion...) pour se voir repartir en deux poules, qui qualifiaient soit pour la finale, soit pour des demi-finales. Puis il y a eu la période boursouflée, avec deux tours de poule, à l'image de la Coupe du Monde entre 1974 et 1982. Aujourd'hui il faut 15 matches pour gagner la C1, il en fallait 19 à l'époque, soit l'équivalent d'un demi championnat... et enfin celle que l'on connait aujourd'hui, beaucoup plus équilibrée. Inutile de dire que les clubs ayant brillé durant la seconde période sont avantagés, même si elle fut assez brève, aux alentours de l'an 2000.

Hors tours préliminaires, et en comptant cette saison, les deux clubs ayant pris le plus de points depuis 1991 se nomment Barcelone et Manchester United (244) et le Real Madrid (224). United ayant été sorti prématurément à l'automne dernier par le FC Bâle (!), Barcelone, vainqueur à Leverkusen à l'aller (1-3), s'est emparé de la première place à la différence de buts (+172 contre +146) et devrait creuser un écart important durant les prochains tours... suivent le Bayern (195), Milan (181) et Arsenal (160). Et le premier Français, me direz vous ? Non, il n'est pas 145e, comme on pourrait le croire si on considère la Ligue 1 comme l'équivalent de la L2 Bulgare. Il s'agit de Lyon, qui est dixième (125 points), tout simplement, coincé entre Porto (140) et Chelsea (138), d'un côté, et l'Inter (122), Liverpool (101) et le FC Valence (100) de l'autre. Pas mal non ? Douze saisons d'affilée de Ligue des Champions,  et neuf huitièmes de finale consécutifs, même sans victoire, même avec une seule demi-finale dans l'affaire, ça paie plus qu'une victoire et pas grand chose derrière, n'est-ce pas amis marseillais, dont le club favori est certes le deuxième français le mieux classé (25e avec 55 points), mais qui côtoie Galatasaray, Rosenborg, Benfica ou le Spartak Moscou. Suivent le PSG (35e) et Bordeaux (36e), puis Nantes et Lille (49e et 50e). Il faut ensuite descendre à la 60e place pour trouver Auxerre et ses 15 points, entre Sturm Graz et Boavista...

Dans le même temps, les Espagnols, on l'a vu, sont deux dans les trois premiers, mais derrière Valence, 13e, il faut descendre 31 places plus bas pour trouver le 4e espagnol, l'Atletico Madrid. Ce n'est pas nouveau, la Ligue 1 est le championnat le plus compact et le plus indécis d'Europe. Les Italiens sont quatre dans les 20 premiers, les Anglais trois et l'Allemagne, un seul.

Par pays, sans surprise l'Espagne est en tête (728 points) devant l'Angleterre (696) et l'Italie (620). L'Allemagne (449) est devant la France, cinquième (375), qui elle-même devance le Portugal (239), les Pays-Bas (212) puis, loin derrière, la Grèce (153). Vous vous dites que le nombre de clubs qualifiés fausse ce classement, mais c'est le même à la moyenne de points par matches, donc... à part l'Ukraine, qui passe devant la Grèce. Cette saison confirme par ailleurs la chute de l'Angleterre, qui a déjà perdu 7 de ses 26 matches, contre 11 succès, quand l'Espagne en a certes perdu 8 (merci Villarreal et ses six défaites en poule...) mais qui en a gagné 14. Pour l'instant, la France est conforme à ses chiffres habituels, avec une légère avance (8 succès, 6 défaites). Mais évidemment, ça se gâtera quand Lyon et Marseille tomberont... s'ils tombent.

Enfin, chez les buteurs, Raul est toujours en tête avec ses 71 buts, et peut voir venir puisque ses poursuivants, van Nistelrooy (56), Henry (50), Shevchenko (48) et même Inzaghi, pourtant toujours Milanais (47) sont très loin et plus vraiment concernés par cette compétition. Le buteur espagnol a toujours marqué au moins deux buts par saison en Ligue des Champions entre 1997 et 2011, avec une pointe à 9 en 2003 et à 10 en 2000... Du coup, Lionel Messi, déjà sixième (à 24 ans !) avec 43 buts, peut espérer rapidement s'installer dans les cinq premiers. Le buteur catalan, qui dispute sa septième saison dans l'élite européenne, tourne à plus de six buts par saison en moyenne, et en est déjà à sept cette année... si on enlève ses deux premières saisons, où il n'avait marqué qu'une fois à chaque fois, on monte à 8,2 buts en moyenne. Et celle-ci n'est pas terminée...

Chez les Français, derrière Henry, le meilleur est Trezeguet (13e, 29 buts). Suivent ensuite Benzema (25e, 23 buts), Anelka (29e, 20 buts), puis... Papin (46e). Ce dernier fut le premier meilleur buteur historique de la compétition, puisque ses 16 buts se répartissent en quatre saisons, les quatre premières... Chez les joueurs français susceptibles de briller encore en C1, on note les bons chiffres de Bafé Gomis et Ribéry (9 buts chacun), Malouda (8), Gourcuff (6) ou Nasri (5).

Bref, l'avantage des chiffres, c'est qu'ils bougent tout le temps ! On pourra faire un vrai bilan à la fin de la saison. Mais mettons une petite pièce sur le Real et le Milan pour la victoire finale, sachant que personne ne fait de doublés en Ligue des Champions.

A plus tard !

lundi 5 mars 2012

Paris prend le relais


Salut à tous !

Et voilà que la 26e journée s'achève, déjà ! On est maintenant pleinement rentré dans le dernier tiers d'un championnat que, franchement, je n'ai pas vraiment vu passer. J'ai toujours l'impression d'être en début de saison, alors que chaque équipe - hormis Evian-T-G. et Marseille, qui vont remettre le calendrier à jour dès demain - n'ont plus que 36 points à prendre. Du coup, Sochaux, le dernier (21 points) peut encore espérer rattraper le leader parisien (55)... mais ça pourrait ne pas durer très longtemps.

Vous l'avez constaté, le PSG a repris la place de leader qu'il avait laissé à Montpellier la semaine passée. Le point qui les sépare toujours, mais dans l'autre sens, reste anecdotique, surtout comparé à l'écart créé avec le reste de la troupe : tous battus ou contraints au match nul ce WE, Lille pointe à 7 longueurs des Héraultais, Sainté à 11, Lyon à 14 et Marseille à 15. Du coup, c'est Rennes, désormais quatrième, qui en profite, tout comme Toulouse, sixième avec autant de points que les Bretons. Si on considère que Paris et Montpellier sont bien partis pour figurer sur le podium en fin de saison, la troisième place est donc encore incertaine.

Dans le bas du tableau aussi, Nancy et Nice s'étant imposés contre Lyon et Bordeaux, les écarts se creusent, et c'est Auxerre (-3 points) et surtout Sochaux (-5) qui en pâtissent très sérieusement. Si c'est deux grands clubs formateurs historiques plongent en fin de saison, on ne pourra que s'inquiéter à propos du modèle français, et de l'avenir de ces clubs qui basent leur réussite sur les jeunes, et la revente de ces derniers. Mais les deux cas sont cependant très différents : c'est une situation qui perdure pour Sochaux, les Lionceaux souffrant souvent beaucoup entre chaque génération dorée, voire visitant la Ligue 2 durant deux ou trois saisons à chaque fois, tandis que l'AJA, elle, et comme Nantes auparavant, paie précisément l'abandon de la politique de formation, il y a quelques années maintenant, et qui avait fait littéralement sa gloire, avec un titre de champion, plusieurs coupes de France et une demi-finale de Ligue des Champions en 1997... une autre époque. Mais attention tout de même à ces deux équipes qui ont tout de même les joueurs nécessaires pour réagir, notamment sur le plan technique.

A noter qu'Evian-T-G. et Nice ont signé leurs premières victoires à l'extérieur, et laissent ainsi Brest et Auxerre à leur statut de dernières équipes encore vierges de tout succès en dehors de leurs bases. En revanche, il n'y a plus d'équipe invaincue à domicile depuis la victoire du PSG à Brest (0-1), en début d'année. Par ailleurs, Rennes a remporté son 7e succès à l'extérieur, à Lorient (0-2), personne n'a fait mieux en Ligue 1, pas même Paris et Lille (6), ou Montpellier et Sainté (5). Mais dans le même temps, les Bretons se sont inclinés six fois à l'extérieur, soit plus que Lille, le PSG (1) et Montpellier (3) réunis...

Les Parisiens qui restent sur trois matches à 10 buts inscrits et 7 encaissés, soit une moyenne de presque six buts par matches au total. Du coup, ils reviennent à un but de la meilleure attaque, Montpellier (49) mais en comptent désormais quatre de retard sur Brest, la meilleure défense (22), devant Toulouse (23) et Marseille (24). L'OM qui vient donc d'affronter les deux meilleures lignes défensives de France, avec un bilan de 0 but marqué en 180 minutes...

Sur les matches retours, les Héraultais restent leaders avec 17 points sur 21 possibles, devant Paris (15) et Bordeaux et Saint-Étienne (13), quand dans le même temps Lille en prenait 11, Marseille 8 (sur 18) et Lyon... 5. Pourtant, les Lyonnais ont marqué 10 fois, soit autant que Montpellier ou les Verts, mais ont encaissé 13 buts, le pire bilan en 2012, avec Lorient...

De leurs côtés, les buteurs ont une nouvelle fois fourni une copie médiocre (23 buts), autant du droit que du gauche (9), et plus de la moitié par des joueurs étrangers (12), dont six Africains, une constante depuis l'arrêt Bosman. Malgré le gros score parisien (4-1), il y a eu plus de buts à l'extérieur (12) qu'à domicile (11), beaucoup de buts de défenseurs, qui ont autant marqué que les milieux (7 chacun), un but sur coup-franc (Hazard, qui n'a pas fait exprès, comme souvent pour les buts sur coup-francs en Ligue 1...), et deux penaltys, dont un pour le spécialiste niçois Monzon (5) et l'autre pour Hazard, qui a donc marqué six buts sur coup de pieds arrêtés (4 p. et 2 cf) sur 11. Ça fait un de moins que Nene, qui a pour une fois marqué dans le jeu ce week-end. Le Belge est également le meilleur buteur du droit (9) devant Gameiro (8), tandis que le Brésilien a rejoint Giroud en tête chez les gauchers (11). Il est également toujours le meilleur buteur des matches retours (6).

A noter que les bancs ont également été productifs ce week-end, puisque quatre remplaçants ont marqué... notamment le jeune Tinhan (Montpellier) et Guie Guie (Nice), auteurs de leurs premiers buts en Ligue 1. Mais le dernier nommé n'est pas un remplaçant ordinaire, puisqu'il est entré à la 10e minute...

Le dernier quart d'heure a encore été agité, surtout quand seulement sept buts sont inscrits en première mi-temps, dont trois au Parc des Princes et deux à Bordeaux... Montpellier, Auxerre et Sochaux en ont profité pour gagner un point, et donc Lille, Valenciennes et Dijon pour en perdre deux. Les Bourguignons qui sont désormais derniers de ce classement (-6 points), à égalité avec Nancy, avec notamment 15 buts encaissés, record de la Ligue 1 cette saison !

Voilà, sur ce je vous laisse avec mon équipe décisive !




A plus tard !

jeudi 1 mars 2012

La France prend du galon

Salut à tous !

Et beh dites moi, c'était un bien bon petit match ça non ? Comme beaucoup, je me suis trompé sur le potentiel de cette équipe, mais aussi sur celui de on hôte, qui était certes privé de plusieurs cadres, dont Schweinsteiger et Lahm, qui auraient évidemment apporté un peu plus de chair et de muscle à cette équipe. Mais je vais y revenir.

Chez les Bleus aussi, il manquait du monde, à l'image de Benzema et Rémy, ses deux meilleurs buteurs. Mais on oublie trop souvent un joueur comme Diaby, que Blanc continue de considérer, à juste titre à mon avis, comme un titulaire potentiel dans une équipe qui, avec deux petits formats dans l'axe du milieu de terrain (Cabaye, M'Vila) manque parfois un peu de puissance dans ce secteur, qu'un Diarra ne parvient plus à optimiser. Si l'ancien Lillois s'est montré à la hauteur face à Khedira et consort, ça a été plus difficile pour le Rennais, décidément plus à l'aise, à mon avis,  dans un milieu à trois, et qui a perdu beaucoup de ballons face au pressing allemand, ce qui lui a coûté un remplacement prématuré. Son remplaçant, Malouda, s'est montré beaucoup plus utile dans le même rôle, et pas seulement parce qu'il a marqué un but (heureux !) : le Londonien a profité que les Allemands faiblissaient dans ce secteur pour jouer beaucoup plus vers l'avant, ce qui a aidé les Bleus à dominer de la tête et des épaules une très belle deuxième mi-temps.

Dans le détail, commençons par les (rares) déceptions, hormis l'équipement français, qui évoquait plus celui de l’Allemagne (!) qu'autre chose (durant la première minute, la France a attaqué, et j'ai cru qu'on prenait l'eau d'entrée...), mais aussi M'Vila, qui a donc peut-être perdu des points précieux, non pas dans l'optique de la liste pour l'Euro, mais pour le onze de départ. Abidal a fait parler le métier mais a vraiment souffert face à Reus, le génial ailier de Moenchengladbach, qui s'est un peu éteint après la pause. le but allemand vient également de son côté.

Évidemment, la presse ne va pas se priver d'éreinter un Franck Ribéry qui est tombé sur un grand Boateng, bien épaulé par Hummels, qui ont cependant souffert lorsque le Bavarois a laissé sa place à un Jérémy Ménez décidément beaucoup plus à l'aise lorsqu'il évolue côté gauche, et qu'il a ainsi le jeu face à lui au moment de faire la dernière passe. Si son compère marseillais Valbuena, très bon par ailleurs, avait su concrétiser un des deux caviars qu'il lui a servi, son bilan aurait été parfait... Pour en revenir à Ribéry, il a montré quelques belles choses en début de match, mais ça n'a malheureusement pas duré. On parlait de match idéal pour lui parce qu'il évolue en Allemagne. Cette idée saugrenue s'est retournée contre lui : les défenseurs allemands chargé de sa surveillance ont surtout montré qu'ils le connaissaient parfaitement, ce qui les a aidé à le maîtriser. Qui sait si, sans sa blessure, il n'aurait pas profité des espaces qui se créaient après la pause ? On ne le saura jamais, ce qui n'empêchera pas les moralistes de continuer de le juger autant pour ses prestations en demi teintes en bleu que pour ses pratiques sexuelles hors terrain, et son passif de Knysna... un regard biaisé, que seul lui, malheureusement, est en mesure de faire évoluer.

Problème pour le Boulonnais, la concurrence s'accentue de plus en plus dans son secteur. Loïc Rémy, absent hier, reste un recours plus qu'intéressant au poste d'ailier droit-buteur qu'il maîtrise parfaitement. Nasri a été plutôt convaincant hier, pour une fois, et reste un candidat sérieux pour le poste de meneur de jeu que seul Mathieu Valbuena, actuellement, pourrait lui contester, surtout si Rémy récupère sa place à droite. Côté gauche, la prestation fournie par Jérémy Ménez, meilleur passeur dans le jeu du championnat, met encore plus de pression sur Ribéry. Encore autre chose : Giroud, énorme hier, est un titulaire en puissance, ce qui pourrait laisser imaginer un système différent, en 4-4-2, soit à plat, soit en losange, un choix risqué que Blanc appréciait à Bordeaux quand l'opposition n'était pas insurmontable. Pour le haut niveau international en revanche, c'est plus risqué. Dans le 4-4-2 à plat, les places sur les côtés seraient très chères. Nasri peut jouer à gauche, en plus de Ménez et Ribéry, sachant que Malouda peut toujours rendre service. A droite, Rémy, Valbuena et également Ménez, voire Ribéry sont candidats. On va attendre avant de considérer Amalfitano comme une solution crédible. En attendant, on peut être (agréablement) étonné d'avoir un tel choix à des postes où on ne l'a pas toujours eu, justement. Pour le sélectionneur, ça va être l'heure des choix, forcément douloureux.

Dans les satisfactions, on peut évidemment dire que si Lloris a semblé être porté par son brassard, notamment en première mi-temps face à Klose, si Mexès a confirmé qu'il était bien le chef de défense qui transfigurait l'équipe, et notamment Rami, soudain beaucoup plus consistant, pour ma part j'ai été époustouflé par la performance de Mathieu Debuchy. Après un tel match de sa part, marqué par un couloir impeccablement bouclé face au pauvre Schürle, mais surtout par une passe décisive et demie, il serait pour le moins étonnant de voir Sagna ou Réveillère, qui n'ont jamais été capables d'adresser le moindre bon centre durant leur carrière internationale, lui chiper sa place dans le onze de départ. On le connaissait comme une machine à centrer du côté de Lille, mais ce n'était pas évident de le voir apporter les mêmes qualités en Bleu, même s'il ne faudrait pas, pour l'Allemagne, que Lahm laisse sa place trop longtemps à un Aogo dépassé par les évènements, et qui n'est pas vraiment un remplaçant crédible...

Et puis évidemment, j'ai déjà évoqué Giroud, et le casse-tête qu'il va proposer à Blanc. Sa puissance physique, son jeu de corps et de tête, mais aussi son efficacité - même s'il se rate bel et bien sur le but de Malouda -, ce sont les qualités qu'il recherchait avec Hoarau, qu'il possédait avec Chamakh à Bordeaux, et qu'il trouve enfin avec Giroud. Alors, un ou deux attaquants ? Benzema, par son statut plus que par son efficacité en bleu, semble intouchable devant. Donc soit il l'associe avec le Montpelliérain, soit ce dernier devient un super remplaçant, capable éventuellement de changer le cours d'un match. Cette solution me parait la plus plausible, tant j'imagine mal Blanc prendre de tels risques lorsque le niveau s'élèvera.

En face, on n'a pas reconnu cette équipe d'Allemagne qu'on annonçait redoutable, et qui s'était baladée en éliminatoires, puisqu'elle avait gagné tous ses matches... Elle l'a été pendant le premier quart d'heure, où ses feux-follets, notamment Özil et Reus, ont semé la panique au sein de la défense française, heureusement bien tenue par Mexès et Debuchy, mais aussi Lloris. Mais la Mannschaft a semblé très friable, trop jeune, inexpérimentée, et a même parfois semblé baisser les bras après le deuxième but, ce qui ne lui ressemble pas vraiment. Elle a quand même réussi à marquer un but étonnant, alors que la France maîtrisait totalement son sujet, et que Cacau, sur le service de Müller, a marqué... d'un contrôle raté devant le but vide. Elle aurait été sûrement meilleure avec Lahm à la place d'un Aogo transparent (Badstuber ne serait--il pas une meilleure solution ?), un Schweinsteiger au milieu et un Götze autrement plus intéressant que Schürle et surtout Kroos. Ce dernier me fait penser au Gourcuff d'aujourd'hui : élégant, raffiné, mais incapable de la moindre accélération, de la moindre pointe de génie malgré des débuts presque aussi prometteuses que pour l'ancien Rennais.

Bref, maintenant on va pouvoir spéculer bien comme il faut sur une liste qui ne tombera pas avant trois mois ! On peut s'étonner du manque de matches amicaux avant cette échéance, ce qui avait déjà été le cas en 2010... pas l'idéal pour faire des essais et/ou travailler les automatismes avant un tel évènement. Mais la Ligue des Champions et les championnats monopolisent un calendrier complètement boursouflé. Dommage, on en redemande, on a envie de revoir cette équipe, ce qui était moins le cas après les bouillies servies en amical contre les Etats-Unis (1-0) et la Belgique (0-0), en novembre dernier !

A très vite !