Voilà, on y est, la Ligue 1 reprend ! Depuis la reprise on a eu beau se passionner pour la Coupe de France et vie trépidante et émouvante des amateurs de Locminé ou de Chantilly, ou pour la Coupe de la Ligue et les commentaires de Kader Boudaoud, et sa perpétuelle laryngite, rien ne vaut notre bonne vieille Ligue 1, ses 1-1 hargneux, ses hors-jeux d'un millimètres et discutés pendant des heures et ses sempiternelles "surprises". Du moins, pas avant le reprise de la Ligue des Champions et le début de l'Euro...
Cette année s'annonce passionnante, mais étrangement la raison qui explique ce regain d'intérêt pour le marathon national nous ferait presque penser aux époques marquées, en France, par la domination presque exclusive d'un club sur les autres, une équipe qui aurait déjà engrangé trois ou quatre titres et qui compterait une dizaine de points d'avance à la trêve, devant un peloton déjà résigné à disputer les places d'honneurs. On a connu ça ponctuellement, et rarement avec les mêmes : Lille dans les années 40, Reims dans les 50's, Nantes et Sainté durant la décennie suivante, les Verts dans les 70's, puis Bordeaux et Nantes dix ans plus tard, Marseille à la jointure des deux dernières décennies du XXe siècle, et enfin Lyon, qui n'a laissé que trois championnats à ses congénères dans les années 2000.
Et pourtant, vous le savez, on est très loin du compte.
Le PSG, puisque c'est lui dont il s'agit, n'a plus été champion depuis l'an de grâce 1994, à l'époque ou Mamadou Sakho n'était encore qu'un bambin à la coiffure sage, et le Qatar qu'un arrondissement méconnu mais déjà bien portant de l'Arabie Saoudite. Ces dernières saisons, hormis la précédente, terminée à la quatrième place alors que le club parisien avait, déjà, sans doute les moyens de faire mieux s'il n'avait pas raté son mois de mai, il avait brillé, selon ses habitudes en temps de crise, plus dans les pages des faits-divers que dans la rubrique sportive, se qualifiant chaque années paires pour sa Ligue Europa chérie par l'entremise des Coupes nationales, qui lui ont permi l'exploit de talonner Lyon au nombre de titres durant la dernière décennie...
De plus, malgré sa place de leader, il est loin de présenter les mêmes garanties techniques et tactiques que les rouleaux compresseurs évoqués un peu plus haut, et les trois petits points d'avance qu'il compte ce matin sur Montpellier semblent bien fragiles. Il paraîtdonc logiquement ubuesque de comparer le PSG à ses illustres et supposés prédécesseurs...
Malgré ça, on a le sentiment que le challenge de toute la Ligue 1 va être de gêner aux entournures le terriblement ambitieux projet de QSI, le propriétaire qatari du club parisien, aux moyens encore jamais vu dans notre pays. Jamais un club n'avait autant dépensé durant une saison en transferts, ni payé 42 millions d'euros pour débaucher un joueur... et ce n'est peut-être pas fini. "Peut-être", parce que pour l'instant, hormis la venue très opportune de Maxwell, à un poste, latéral gauche, où la qualité, plus que la quantité (Tiéné, Armand, Ceara...), semblaient manquer, pas sûr que la star rêvée par Leonardo et son patron, Nasser El Khelaïfi, débarque durant le mois de janvier, après les échecs enregistrés pour Beckham et de Pato, et celui, probable, sur Tévez.
En attendant, il suffit de lire les déclarations ce week-end d'Alain Casanova, l'entraîneur de Toulouse et adversaire, ce soir, du club parisien ("En football, tout ne s'achète pas. Il y a des choses très importantes : le travail, la sueur, la mentalité, le collectif. Après, la qualité individuelle règle pas mal de problèmes, on l'a vu au match aller contre eux, mais j'aime beaucoup le jeu collectif"), qui font écho à celles de Christian Gourcuff à l'entame de la saison, démontre que le club parisien n'en a pas fini avec ces challenges, contre des équipes remontées comme jamais à l'heure de disputer le match de leur saison. Ce n'est pas nouveau, mais ça n'avait jamais atteint ce niveau, même à la grande époque Ginola-Weah-Valdo...
En dehors de cette course à l’échalote, on surveillera bien sûr la reprise du dauphin actuel du leader, Montpellier, qui devra faire sans le complément parfait d'Olivier Giroud, Younès Belhanda, parti à la CAN avec le Maroc. A priori, même si Giroud n'a jamais marqué en l'absence du meneur de jeu héraultais, le MHSC semble avoir les moyens de perpétuer ses bonnes performances en 2012. Le jeune Rémy Cabella (21 ans), appelé a priori à lui succéder durant ce mois de janvier, est mieux qu'un remplaçant, on l'a vu briller avec les Espoirs mais aussi avec Arles-Avignon l'an passé - si si, je vous assure -, où il avait été prêté, même si lui aussi a succombé à la mode pour le moins déplorable du renard mort en guise de coupe de cheveu. J'ai de sérieux doutes sur l'avenir du monde à regarder la jeunesse se perdre dans de telles tentatives capillaires. Heureusement, ils ne jouent qu'au foot...
Evidemment, il faudra surveiller le comportement des autres prétendants au podium, voire au titre, au nom un peu plus souvent associés à ces challenges que leur voisin languedocien : Marseille, un peu décroché et privé de Diawara et des Ayew mais portés par un duo Amalfitano-Valbuena en état de grâce, et avec peut-être un bon Brandao, sait-on jamais ; Lyon et sa défense privée de ses quatre (!) défenseurs centraux et de ses deux défenseurs droits, mais avec des Bastos et Lisandro stratosphériques, et Lille qui a montré une nouvelle fois ses limites à Gerland cette semaine (2-1), à savoir sa difficulté à contourner un bloc défensif solide et plus mature tactiquement, à l'image de sa saison en Ligue des Champions. Mais ces trois équipes ont largement les moyens de bousculer la présumée hiérarchie... On tentera aussi de voir si nos inquiétudes concernant des équipes comme Sochaux, Auxerre, Nice et bien sûr Nancy, en ce qui concerne la maintien, sont légitimes. Bonne nouvelle pour ces équipes, auxquelles on pourrait rajouter Valenciennes : il n'y aura que trois relégués, comme d'habitude, et l'AC Ajaccio, malgré une bonne fin d'années 2011, semble déjà avoir pris une petite option sur une des trois places pour la prochaine Ligue 2.
On en reparle lundi, et n'hésitez pas à donner votre avis sur cet article !
Cette année s'annonce passionnante, mais étrangement la raison qui explique ce regain d'intérêt pour le marathon national nous ferait presque penser aux époques marquées, en France, par la domination presque exclusive d'un club sur les autres, une équipe qui aurait déjà engrangé trois ou quatre titres et qui compterait une dizaine de points d'avance à la trêve, devant un peloton déjà résigné à disputer les places d'honneurs. On a connu ça ponctuellement, et rarement avec les mêmes : Lille dans les années 40, Reims dans les 50's, Nantes et Sainté durant la décennie suivante, les Verts dans les 70's, puis Bordeaux et Nantes dix ans plus tard, Marseille à la jointure des deux dernières décennies du XXe siècle, et enfin Lyon, qui n'a laissé que trois championnats à ses congénères dans les années 2000.
Et pourtant, vous le savez, on est très loin du compte.
Le PSG, puisque c'est lui dont il s'agit, n'a plus été champion depuis l'an de grâce 1994, à l'époque ou Mamadou Sakho n'était encore qu'un bambin à la coiffure sage, et le Qatar qu'un arrondissement méconnu mais déjà bien portant de l'Arabie Saoudite. Ces dernières saisons, hormis la précédente, terminée à la quatrième place alors que le club parisien avait, déjà, sans doute les moyens de faire mieux s'il n'avait pas raté son mois de mai, il avait brillé, selon ses habitudes en temps de crise, plus dans les pages des faits-divers que dans la rubrique sportive, se qualifiant chaque années paires pour sa Ligue Europa chérie par l'entremise des Coupes nationales, qui lui ont permi l'exploit de talonner Lyon au nombre de titres durant la dernière décennie...
De plus, malgré sa place de leader, il est loin de présenter les mêmes garanties techniques et tactiques que les rouleaux compresseurs évoqués un peu plus haut, et les trois petits points d'avance qu'il compte ce matin sur Montpellier semblent bien fragiles. Il paraîtdonc logiquement ubuesque de comparer le PSG à ses illustres et supposés prédécesseurs...
Malgré ça, on a le sentiment que le challenge de toute la Ligue 1 va être de gêner aux entournures le terriblement ambitieux projet de QSI, le propriétaire qatari du club parisien, aux moyens encore jamais vu dans notre pays. Jamais un club n'avait autant dépensé durant une saison en transferts, ni payé 42 millions d'euros pour débaucher un joueur... et ce n'est peut-être pas fini. "Peut-être", parce que pour l'instant, hormis la venue très opportune de Maxwell, à un poste, latéral gauche, où la qualité, plus que la quantité (Tiéné, Armand, Ceara...), semblaient manquer, pas sûr que la star rêvée par Leonardo et son patron, Nasser El Khelaïfi, débarque durant le mois de janvier, après les échecs enregistrés pour Beckham et de Pato, et celui, probable, sur Tévez.
En attendant, il suffit de lire les déclarations ce week-end d'Alain Casanova, l'entraîneur de Toulouse et adversaire, ce soir, du club parisien ("En football, tout ne s'achète pas. Il y a des choses très importantes : le travail, la sueur, la mentalité, le collectif. Après, la qualité individuelle règle pas mal de problèmes, on l'a vu au match aller contre eux, mais j'aime beaucoup le jeu collectif"), qui font écho à celles de Christian Gourcuff à l'entame de la saison, démontre que le club parisien n'en a pas fini avec ces challenges, contre des équipes remontées comme jamais à l'heure de disputer le match de leur saison. Ce n'est pas nouveau, mais ça n'avait jamais atteint ce niveau, même à la grande époque Ginola-Weah-Valdo...
En dehors de cette course à l’échalote, on surveillera bien sûr la reprise du dauphin actuel du leader, Montpellier, qui devra faire sans le complément parfait d'Olivier Giroud, Younès Belhanda, parti à la CAN avec le Maroc. A priori, même si Giroud n'a jamais marqué en l'absence du meneur de jeu héraultais, le MHSC semble avoir les moyens de perpétuer ses bonnes performances en 2012. Le jeune Rémy Cabella (21 ans), appelé a priori à lui succéder durant ce mois de janvier, est mieux qu'un remplaçant, on l'a vu briller avec les Espoirs mais aussi avec Arles-Avignon l'an passé - si si, je vous assure -, où il avait été prêté, même si lui aussi a succombé à la mode pour le moins déplorable du renard mort en guise de coupe de cheveu. J'ai de sérieux doutes sur l'avenir du monde à regarder la jeunesse se perdre dans de telles tentatives capillaires. Heureusement, ils ne jouent qu'au foot...
Evidemment, il faudra surveiller le comportement des autres prétendants au podium, voire au titre, au nom un peu plus souvent associés à ces challenges que leur voisin languedocien : Marseille, un peu décroché et privé de Diawara et des Ayew mais portés par un duo Amalfitano-Valbuena en état de grâce, et avec peut-être un bon Brandao, sait-on jamais ; Lyon et sa défense privée de ses quatre (!) défenseurs centraux et de ses deux défenseurs droits, mais avec des Bastos et Lisandro stratosphériques, et Lille qui a montré une nouvelle fois ses limites à Gerland cette semaine (2-1), à savoir sa difficulté à contourner un bloc défensif solide et plus mature tactiquement, à l'image de sa saison en Ligue des Champions. Mais ces trois équipes ont largement les moyens de bousculer la présumée hiérarchie... On tentera aussi de voir si nos inquiétudes concernant des équipes comme Sochaux, Auxerre, Nice et bien sûr Nancy, en ce qui concerne la maintien, sont légitimes. Bonne nouvelle pour ces équipes, auxquelles on pourrait rajouter Valenciennes : il n'y aura que trois relégués, comme d'habitude, et l'AC Ajaccio, malgré une bonne fin d'années 2011, semble déjà avoir pris une petite option sur une des trois places pour la prochaine Ligue 2.
On en reparle lundi, et n'hésitez pas à donner votre avis sur cet article !










