mardi 22 décembre 2015

Bilan de la Ligue 1 à la trêve

Salut à tous !

Comme tous les ans, nous nous retrouvons pour un bilan de demi saison de la Ligue 1. Et dieu sait que cette année, il y a des choses à dire, et pas des banales.

Paris seul au monde

D'abord, ce fameux record, que Laurent Blanc essaie de banaliser tout en s'en étant servi pour motiver ses joueurs lors du dernier match de l'année à Caen, remporté (0-3). 51 points pris après 19 journées, ça interpelle quelque peu. Lyon, au fait de sa gloire, en 2006-07, juste avant que sa domination ne s'étiole quelque peu, en avait remporté 50, mais il avait subit une défaite, à Rennes (1-0), en plus de ses deux nuls, avant de "s'écrouler", terminant champion mais quatrième des matches retours avec seulement 31 unités. L'OL
avait également marqué 39 fois (48 pour Paris) et encaissé 11 buts (contre 9). C'était à l'époque un record qu'on imaginait difficile à égaler, sauf par lui-même, dans un championnat aussi serré et difficile.

Neuf ans plus tard, c'est donc chose faite. 16 victoires, 3 nuls et un rythme qui permettrait au PSG d'atteindre un score de 102 points difficile à concevoir, vu que le maximum autorisé est de 114... ça sous-entend que le club parisien, lors de ces matches allers, a perdu un peu plus d'un point en moyenne tous les dix matches ! Il a également remporté près de la moitié de ses rencontres (9) par au moins trois buts d'écart, contre seulement cinq sur l'ensemble de la saison dernière ! Des chiffres effarants, surtout quand on mesure l'écart qui sépare les Parisiens du reste de la meute... Il y a un an, Lyon était deuxième derrière... Marseille, avec 39 points, et devant le PSG, crédité de 38 points. Il y a deux ans, Monaco talonnait le PSG avec 41 points. Cette saison, l'ASM, avec 32 points, est le plus mauvais deuxième à la trêve depuis... le Paris-SG, dauphin du futur champion lillois fin 2010, avec 31 points, à égalité avec Rennes et Lyon. En revanche, un tel écart après 19 journées (19 points), c'est du jamais vu, il efface des tablettes les 15 points d'avance de Lyon sur Lens fin 2006, encore. En revanche, il échoue à un but de la meilleure différence de buts à la trêve, propriété d'un autre club parisien, le Racing, en 1959-60 (+40). Un goal average qui se répercute sur celui des autres : aucune autre équipe ne dépasse +9 (Nice), alors que trois équipes, les trois relégables, dépassent les -10 et une atteint -25 (Troyes), Caen est quatrième avec -1 et les Verts sixièmes avec 0, et seulement 7 équipes ont un bilan de buts positif, contre 10 avec un bilan négatif. N'en jetez plus !

Pour Troyes, la relégation parait inévitable : seule équipe de l'histoire à atteindre la trêve sans victoire, l'ESTAC compte 13 points de retard sur le maintien. Personne n'a pu rattraper un tel retard en Ligue 1. Avec 10 buts marqués, les Aubois, également pire défense de Ligue 1 (35), échouent à une longueur du record à mi championnat qui est de 9 (Lille en 1993 et Metz en 2010)...

Évidemment, cette domination sans partage offre au PSG une pléthore de premières places dans divers classements : meilleure attaque (48), à domicile (27) comme à l'extérieur (21), meilleure défense (9), à l'extérieur (3 en 11 matches !) mais pas à domicile (6), puisque Angers (4) et Lille (5) le devancent. Le PSG, malgré seulement 8 rencontres disputées au Parc des Princes, est la meilleure équipe chez elle (22 points), devant Saint-Étienne (20 points en 10 matches) et Bastia et Bordeaux (18/10). Il l'est encore plus à l'extérieur, avec 29 points en 11 matches, devant Monaco (19/10), Rennes (17/10) et Nice et Angers (16/10 et 9). Lors des matches retours, le PSG recevra donc 11 fois sur 19...

Zlatan toujours là

Autre secteur ou Paris domine, ce sont les classements individuels. Avec 15 buts, Zlatan Ibrahimovic, après l'intermède Lacazette la saison passée qui l'avait longtemps vu blessé, a repris la main sur le classement des buteurs, nettement devant le duo Moukandjo (Lorient)-Batshuayi (Marseille), auteurs de 11 réalisations. Son compère Cavani est quatrième avec 10 buts, ce qui lui garantit déjà une huitième saison d'affilée avec au moins 10 buts au compteur en championnat. Avec ce total, le Suédois (34 ans) égale son score à la trêve en 2013-14, qui l'avait finalement vu marquer 26 fois, mais reste derrière la performance de sa première saison (18, 30 au final). Cependant, rapporté à son temps de jeu, il signe pour l'instant sa meilleure saison, puisqu'il réussit à marquer toutes les 75 minutes en moyenne, contre environ 100 (99, puis 106 et 105) lors de ses trois premières années parisiennes ! De son côté, il s'agit de sa 10e saison d'affilée avec au moins... 14 buts inscrits en championnat. Par ailleurs, il confirme que malgré sa taille (1m95), il se sert avant tout de ses pieds, et surtout du droit : ce dernier a frappé 14 fois sur 15, dont 5 penalties et un seul en dehors de la surface, pour un but de la tête, et aucun du gauche. Seulement deux d'entre eux ont servi à ouvrir le score, trois ont été inscrits dans le dernier quart d'heure, et six ont été marqués à l'extérieur, meilleur total.

Derrière ce quatuor, la concurrence tire la langue. Les premiers poursuivants, les deux niçois Germain et Ben Arfa, sont à trois longueurs (7), devant six joueurs, les révélations Delort (Caen), Larbi (Gazelec), et Ninga (Montpellier), les habitués Lacazette, en net retrait par rapport à l'an passé, et Braithwaite (Toulouse), le Danois n'étant plus qu'à une longueur de son record toulousain (7) et à trois de son total en carrière, et enfin la "surprise" Di Maria (PSG), qui a déjà égalé son record de buts en une saison, signé deux fois avec le Real Madrid, en 2011 et 2013... l'Argentin, meilleur passeur du championnat dans le jeu (7, devant Ibrahimovic, 6, et Dirar, 5) est d'ordinaire plus doué pour servir que pour recevoir.

Les buts des -21 ont légèrement baissé (14 % contre 15,8 l'an passé) mais restent toujours largement devant ceux des plus de 31 (9,6), pourtant emmenés par le meilleur buteur du championnat. Mais derrière Ibra, quatre joueurs comptent seulement trois buts, Danic (Bastia), Plasil (Bordeaux), Féret (Caen) et Camara (Montpellier)... seuls 17 joueurs de plus 31 ans ont marqué en Ligue 1, contre 37 de moins de 21 ! Ces derniers sont menés par le Lillois Benzia (4), et 7 joueurs à 3 buts, dont Crivelli, N'Koudou, Siebatcheu... attention aux petits nouveaux Romain (Bastia), Ounas (Bordeaux), Koziello (Nice) ou Dembelé (Rennes), tous buteurs deux fois, et qui promettent beaucoup. On en reparle dans quelques années...

Autre signe de la baisse de niveau et d'expérience de la Ligue 1, le nombre de buts de joueurs ayant joué en Bleu au moins une fois (7,5 %, contre 9,6 l'an passé). Heureusement que Ben Arfa, Cabella ou Diarra sont revenus en Ligue 1 pour gonfler ce chiffre... toujours aussi peu de coup-francs inscrits (13, soit 2,9 %...), un chiffre également en baisse (3,2 en 2014-15). Celui des "revanchards", ces joueurs qui marquent contre leurs anciens clubs, est lui légèrement en hausse (3,2 contre 2,97). La palme à Beauvue (OL) et Sio (Rennes), qui l'ont fait deux fois, et à Bastia, Monaco, Nantes et Reims, qui ont subit également deux fois les foudres d'anciens de leurs ouailles... Côté remplaçants, le meilleur d'entre eux est le Rennais Grosicki (4) devant l'éternel Souleymane Camara, qui côtoie Lucas (PSG) et Siebatcheu (Reims), qui comptent trois buts. C'est le PSG qui compte là encore le meilleur banc (8) devant Reims et Rennes (5). Trois équipes n'ont pas encore vu leurs remplaçants marquer, Angers, Guingamp et Nantes, 3 des 6 plus mauvaises attaques de Ligue 1. Enfin, le meilleur "gaucher" est Di Maria (6) devant Alessandrini (Marseille) et Ben Arfa, 5, et Fekir et... Cavani, 4. Côté buts de la tête, c'est logiquement l'angevin Ndoye qui mène (4), en compagnie de Moukandjo, devant un spécialiste, Privat (Guingamp, 19 buts de la tête sur 31 en Ligue 1) et Germain, qui fait honneur à son père Bruno, illustre buteur à répétition de la tête il y a une vingtaine d'années...

L'Europe confirme son renouveau

Si le nombre de buts étrangers a légèrement baissé (49,77 % contre 53,8 l'an passé), les rapports de force demeurent les mêmes, du moins à propos des continents. Derrière la surpuissante Afrique, toujours intouchable (106 sur 217 buts étrangers), l'Europe confirme son léger redressement, aperçu l'an passé et reste devant l'Amérique du Sud (64 contre 45), avec même un écart plus grand, puisque la saison dernière elle n'avait devancé cette dernière que de 8 petites unités (138 contre 130)... la renaissance de Zlatan, plus les buts belges, portugais, danois ou polonais ont permit cette avance, tandis que la baisse de régime du Brésil, en tête, certes, mais à égalité avec le Cameroun (18), et de l'Argentine (14) ont confirmé que les footballeurs sud-américains sont de moins en moins nombreux en Ligue 1. Neuf des 14 buts argentins ont été marqués par des Parisiens, ainsi que 10 des 12 buts uruguayens... seuls les Brésiliens sont un peu plus répartis (5 buts du PSG sur 18).

Chez les passeurs, derrière Di Maria, Ibra et Dirar, on trouve quelques belles surprises avec le jeune bordelais Crivelli, accompagné du soit-disant individualiste Batshuayi et du Niçois Séri (4). Au classement combiné buts+passes, Ibrahimovic est évidemment en tête (15+6), devant le buteur marseillais (11+4), Moukandjo (11+2) et Di Maria (6+7) et enfin Cavani (10+2). Au pourcentage par équipe, c'est Nantes, plus mauvaise attaque (14) du championnat derrière Troyes (10) qui mène, avec 84,6 % de buts marqués sur passe décisive dans le jeu, devant ses voisins de l'ouest Rennes (79,2) et Guingamp (76,5). Lyon (56,5) et Paris (56,2) sont très loin, mais devant Troyes (40), le dernier, qui suit Angers (47), spécialiste des coups de pied arrêtés.

Dans un championnat où on ne gagne plus que 38,9 % de ses matches à domicile (47,6 l'an passé), contre 29,4 % de succès à l'extérieur, où une seule équipe n'a pas encore perdu chez elle, vous savez qui, et où la moitié des équipes n'ont pas gagné plus de trois fois dans leur stade, il n'est pas étonnant de constater l'importance des buts inscrits à l'extérieur (44,10 % !). Une moyenne de buts assez nettement en baisse par rapport à l'an passé (2,36 contre 2,49). On a ainsi déjà eu droit à cinq journées sous les 20 buts, dont les deux premières, la dernière, ainsi que la 16e, qui est descendu à 13 unités (!), contre seulement deux cas à la même époque il y a un an, et seulement quatre sur toute la saison ! Encore une fois, ce ne sont pas vraiment les 0-0 qui font la différence, puisque la hausse de ces derniers est très relative (9,47 % contre 8,94 l'an passé). Ni même les 1-0, en légère baisse cette saison (20 % contre 21,3). Mais les 2-1 étaient nettement plus nombreux (15,5 % contre 13,7), tout comme les 3-1 (7,1 contre 4,21), par exemple. D'une manière générale, la Ligue 1, qui aime à se compter, sans raison valable, dans les "cinq grands championnats", reste à la traîne de ses voisins dans ce domaine : on tourne à 2,54 en Italie, 2,56 en Espagne, 2,66 en Angleterre, et 2,82 en Allemagne. Ça fait rêver, mais on a l'habitude.

Divers chiffres...

Enfin, notons que le PSG a ouvert le score 15 fois, l'emportant à 14 reprises dans ce contexte, seul Caen, qui l'a emporté lors de ses 9 ouvertures du score, faisant mieux. La deuxième équipe ayant le plus ouvert le score est... Toulouse, qui a pourtant réussi l'exploit de ne s'imposer que deux fois... seul Troyes, qui a marqué deux fois le premier sans l'emporter, fait pire. Paris a concédé trois fois le premier but, avec deux succès et un nul au final. Huit équipes ne se sont jamais imposées après l'ouverture du score adverse, dont les Verts, Lyon ou Marseille. Logique, dans un championnat où on ne l'emporte que dans 10,5 % des cas après avoir pris le premier but... en revanche quand on ouvre le score on l'emporte dans plus de 65 % des cas ! Par ailleurs, Lyon est la meilleure équipe du dernier quart d'heure avec 5 points récupérés, devant Caen et Guingamp (3), quand Toulouse ferme la marche avec 11 points égarés, qui lui permettraient de fréquenter la 7e place s'ils étaient toujours là... malgré deux points perdus en fin de match (contre Bordeaux, 2-2), c'est Paris qui a malgré tout marqué le plus dans le dernier quart d'heure (12), devant Lyon (9) et Lorient et Bordeaux (8). Le LOSC, lui, n'a jamais craqué en fin de match (0 but) mais n'a marqué que 3 fois... seuls le Gazelec et Toulouse font pire (1).

Lors de cette première partie de saison, le leader incontesté a mené durant 892 minutes, soit presque 47 minutes par matches. Personne ne fait évidemment mieux, y compris Nice, son dauphin dans ce domaine (33,8), tandis que Troyes ferme la marche avec 63 minutes en tête... le PSG qui n'a été mené que durant 49 minutes, contre 232 à Angers et 280 à Monaco. A noter les "performances" de Marseille, 14e de ce classement avec 467 minutes (24,6) et surtout Lyon, 18e avec 520 minutes (27,4), soit presque un tiers du temps ! Seuls le Gazelec (525) et Troyes (728) font pire...

Revenons enfin sur une stat qui a défrayé la chronique cette saison : les penalties ratés. Après cette 19e journée où les 2 penalties tirés ont été stoppés, on tourne à 62,5 % de réussite. Un chiffre rachitique, à comparer aux deux précédentes saisons, l'an passé (79 %) et 2014 (73,3), qui n'étaient déjà pas fameuses. Si cinq équipes ont réussi toutes leurs tentatives (mais une seule en a tiré plus d'un, Lorient, 5), trois les ont toutes ratés, Bordeaux (1), Guingamp (2) et surtout Rennes (4 !). Les Bretons qui n'avaient déjà pas brillé l'an passé (1 sur 3) ni même il y a deux ans (2 sur 4)... au bout d'un moment, ce n'est plus un hasard.

Je vous laisse digérer tout ça ! A plus tard !

vendredi 20 novembre 2015

Le bilan des Bleus 2015

Salut à tous !

Je sais que la mode ces derniers jours, suite aux terribles évènements de Paris de vendredi dernier, c'est de dire que les résultats de foot sont pas très importants, et c'est vrai que c'est dérisoire. Mais le dérisoire nous est souvent indispensable. Parlons un peu de foot, histoire de parler d'autre chose.

Une saison courte et mitigée

Ce mardi s'est donc terminée, dans une étrange mais réjouissante ambiance de fraternité entre deux vieux ennemis historiques que sont la France et l'Angleterre, la saison 2015 des Bleus. Leur saison la plus "courte" en terme de matches joués (10) depuis 1997 (8). C'est vrai que c'est une habitude de jouer moins de matches durant les années impaires, dépourvues de tournois estivaux auxquels notre sélection est abonnée sans discontinuer depuis le ratage de France-Bulgarie en 1993. Mais ils en ont quand même moins fait qu'en 2013 (12), 2011 (13), etc.

Une saison ramassée, donc, mais également dépourvue de matches nuls, pour la première fois depuis 2003. Sauf qu'il y a 12 ans, la bande de Thierry Henry, 11 fois buteur à l'époque, et un an seulement après le désastre asiatique, avait gagné 13 fois pour une seule défaite...
cette année, le bilan est nettement moins bon, alors que la France a signé sa meilleure série de victoires sous la magistrature Deschamps (5). Avec 6 succès pour 4 défaites, les Bleus obtiennent une moyenne très... moyenne, puisque depuis 1904 ils en sont à 1,1675 points par matches... mais sur les 25 dernières années, où là la moyenne est de 1,44, il s'agit malgré tout de sa 5e plus mauvaise moyenne. Ça confirme surtout à quel point les matches amicaux ne réussissent pas à Didier Deschamps : sur les 28 matches amicaux qu'il a dirigé, il n'a rapporté que 1,25 points, contre 1,4 sur ses 15 matches de compétitions. Vivement que la compétition commence, donc...

Didier Deschamps qui, à la moyenne de points par matches (victoire à deux points, of course), dans la galerie des sélectionneurs depuis 1964, figure toujours en milieu de tableau, à la huitième place, juste derrière Michel Hidalgo (1,307 contre 1,302) et nettement devant Gérard Houiller (1,25). Il est évidemment loin du leader sans doute éternel, Jacques Santini (1,71...), mais aussi Aimé Jacquet (1,58), son prédécesseur Laurent Blanc (1,44), et même le prédécesseur de ce dernier, le si haïs Raymond Domenech (1,34). Blanc a pourtant du travailler dans les mêmes conditions, même si lui n'a pas eu à tenter de motiver ses joueurs pour des matches amicaux, et sans l'aide d'une génération Varane-Pogba-Griezmann si prometteuse. Et Domenech, on se le rappelle même si personne ne lui donne ce crédit, a du assumer une des tâches les plus difficiles possibles, c'est-à-dire gérer la fin de la génération Thuram-Zidane, rien que ça. Mais étrangement, Deschamps passe entre les gouttes médiatiques. Espérons que le retour des matches à enjeu révèlent réellement le niveau de son équipe.

Une défense qui inquiète, Giroud prend la relève

Questions buts marqués, la France a certes fait beaucoup moins bien que l'excellente saison passée (2,27), mais, avec 1,7 buts par match, reste dans les eaux hautes de la moyenne sur les dix saisons précédentes (1,53). Elle n'a d'ailleurs terminé que deux matches sans marquer, en Albanie et en Angleterre. Question buts encaissés, en revanche, c'est la douche froide : avec 1,2 buts par matches, elle fait presque deux fois moins bien que depuis 2005 (0,69) ! L'an passé, la France n'avait encaissé que 7 buts en 15 matches (0,47)... elle n'a signé que 4 "clean sheets", et encaissé trois buts contre le Brésil et quatre contre son voisin belge... la faute notamment à des ailes défensives pas encore sécurisées, et une charnière souvent changée à cause des blessures, puisque Raphaël Varane, qui a joué les dix matches, a été associé à Koscielny (5 fois), Sakho (3) et Mangala (2). Pour l'instant, aucun ne semble indispensable.

Question buteurs, Olivier Giroud (4 buts) réussit l'exploit de terminer meilleur buteur des Bleus... malgré son statut de remplaçant de Karim Benzema, qui lui n'a pas confirmé son excellente année 2014 (7 buts), en marquant 2 buts seulement... mais en 4 matches, contre 10 pour son concurrent londonien (5 titularisations). Au final, ce dernier l'emporte légèrement au temps (1 but toutes les 118 minutes pour Giroud, 136 pour Benzema). Matuidi et Valbuena ont également marqué deux fois, Varane, Cabaye, Payet, Lacazette, Griezmann, Fekir et Gignac, une fois. Chez les passeurs, Anthony Martial, s'il n'a pas encore réussi à marquer en Bleu, réussit une entrée spectaculaire en Équipe de France puisqu'il remporte haut la main le titre de meilleur passeur grâce à ses trois offrandes, la première pour Benzema contre l'Arménie (4-0), et les deux autres pour Giroud, face au Danemark (1-2) et l'Allemagne (2-0). Et ce en seulement six sélections, dont trois titularisations...

Au nombre de matches, trois joueurs ont disputé les 10 rencontres françaises en 2015, Giroud, Griezmann et Varane, mais seul ce dernier les a débutées ET disputées dans leur intégralité. Le Gunner, pour sa part, a été 5 fois remplaçant, et le Madrilène, deux fois. Derrière, Matuidi et Sagna sont à 9 matches, Schneiderlin et Valbuena à 8, Lloris et Sissoko à 7... Deschamps a fait débuter 5 joueurs en Bleu, Martial se taillant la part du lion (6), devant Fekir (5), Coman, Ntep et Zouma (2). L'an passé, avec 5 matches de plus, il en avait fait débuter autant, Griezmann (14) en tête. Notons quand même les incroyables retours de Lassana Diarra, cinq ans après son dernier match en Bleu, de Hatem Ben Arfa, qui lui a attendu un peu plus de trois ans, et enfin d'André-Pierre Gignac, qui lui avait quasiment signé la fin de sa carrière internationale en allant signer dans le méconnu et sous-coté championnat mexicain durant l'été... faire du neuf avec du vieux, c'est de l'expérience en plus, et ça ne peut pas faire de mal à cette équipe encore en devenir, et pour qui l'Euro risque d'arriver un peu trop tôt.

Lyon, et la Premier League

Par ailleurs, la nette domination des clubs étrangers représentés en Bleu se poursuit, ce qui ne doit pas plaire à Frédéric Thiriez, qui avait pour objectif il y a quelques années de placer 50 % de joueurs de Ligue 1 en Équipe de France. Ce qui était d'ailleurs le cas au début de la décennie d'ailleurs, en 2010 (51 %), 2011 (52) et 2012 (54). Mais dès la saison suivante, les chiffres de la Ligue 1 ont nettement chuté (33 %), une tendance qui s'est confirmée depuis deux ans (30 % en 2014 et 2015). Mauvais signe pour le championnat de France, certes, mais très bon pour notre sélection qui, rappelons le, a gagné une Coupe du Monde une année ou seulement 31,3 % de ses joueurs évoluaient en France, un chiffre qui n'a cessé de baisser jusqu'à frôler les 20 % en 2001 et 2002, avant de remonter aux alentours de 50 % à la fin de la dernière décennie... tandis que ses résultats baissaient furieusement. L'expérience que nos joueurs acquièrent à l'étranger, dans des championnats de bien meilleur niveau et où la pression est toute autre, est indispensable à la qualité de notre sélection, il faut s'y faire : la Ligue 1 est en deuxième division européenne. Par pays, la Premier League est largement en tête (65), devant l'Espagne (25). Depuis l'arrêt Bosman, en 1995, 30,5 % des joueurs sélectionnés évoluaient en Angleterre, contre 39 pour la Ligue 1...

Et pourtant, c'est bien un club français qui l'emporte, Lyon (18). Le dauphin du PSG, qui lui a vu sa fréquentation en Bleu nettement baisser (10 contre 33 en 2014, meilleur total), après les départs de Cabaye et Digne, Kurzawa disparaissant des listes, et se résumer à la seule présence de Blaise Matuidi, a ainsi vu quasiment tous ses titulaires français fréquenter Clairefontaine en 2015 : Valbuena (8, dont 4 pour Lyon), Fekir et Lacazette (5), Jallet (3) et même Gonalons (1). Suivent six clubs étrangers, l’inoxydable Arsenal (16), le Real (14), Manchester United (12), juste devant son voisin citizen (11), et enfin l'Atletico et la Juve, accompagnés par le PSG, donc (10). Marseille, pour sa part, est à 9. A noter les premiers sélectionnés pour le Crystal Palace de Cabaye (5), le retour du Nice de Ben Arfa en Bleu, 5 ans après la sélection de Loïc Rémy, et les débuts étranges dans ce classement du premier club non européen de l'Histoire de l’Équipe de France, les Mexicains des Tigres UANL, représentés par Gignac.

2015 a également vu la série des Bleus contre les Anglais (4 succès deux nuls), entamée en 1999 avec le fameux doublé d'Anelka à Wembley (0-2), se terminer dans le même lieu... ou presque. Plus grave, ils ont subit leur première défaite contre l'Albanie (1-0), après 4 succès et un nul. En revanche, ils on mis fin à la série de 5 matches sans succès contre l'Espagne (1-0), après un nul et quatre défaites. Par ailleurs, ils n'ont plus perdu contre le Portugal depuis 1975, soit dix succès consécutifs...

Vivement l'Euro à présent. Souhaitons qu'il se déroule dans des conditions parfaites, sportivement et surtout sécuritairement. Et si on pouvait le gagner, ça ferait une belle cerise sur le gâteau.

A plus tard !

lundi 1 juin 2015

Le bilan chiffré de la Ligue 1

Salut à tous,

Allez, alors que la saison vient de se terminer avant un interminable tunnel de deux mois, avant de remettre tous les compteurs à zéro, il est temps d'effectuer un bilan détaillé et chiffré de la Ligue 1 2014-15.

Paris en approche au palmarès

Le PSG remporte donc son cinquième titre de champion de France, son troisième d'affilée. Le club parisien est certes encore en retard sur les meilleurs - Saint-Étienne, 10 titres, Marseille, 9, Nantes, 8... - mais son histoire est évidemment beaucoup plus récentes que celle de ses glorieux prédécesseurs. Depuis 1974, date de sa montée au sein de l'élite - qu'il n'a plus quitté depuis, personne n'est plus ancien en Ligue 1 - le Paris-SG n'est pourtant devancé, en terme de titres de champion, que par Lyon et son septennat victorieux, lors de la dernière décennie. Dans le même temps, Nantes, Monaco, Bordeaux et Marseille font aussi
bien que les Parisiens, qui n'ont donc pas à rougir de leur jeune mais déjà très fourni palmarès, par ailleurs riche de 9 Coupes de France - le recordman marseillais en est à 10 - et 5 Coupes de la Ligue, record de la compétition... personne ne fait aussi bien depuis 41 ans.

Avec 83 points et autant de buts inscrits, le PSG fait un peu moins bien que l'an passé, lors duquel il avait battu le record de points pris, que ce soit à 3 points ou rapporté à deux, sachant que seuls les Verts de 1970, qui évoluaient dans un championnat à 18 clubs, les devançaient à la moyenne de points (1,65 points contre 1,63). Il avait également battu le record du nombre de victoires (27, 24 cette saison), même s'il avait été battu par trois équipes au pourcentage de succès (71 %). Enfin, les 84 buts inscrits étaient le meilleur chiffre depuis Marseille, en 1971 (94), et personne n'avait signé une meilleure différence de buts (+ 61) depuis Reims 1960 (+ 63). Bref, des chiffres assez difficiles à battre, même si 89 points est un score régulièrement dépassé en Liga, par exemple, ou cette saison le Barça (94) et le Real (92) font mieux... Mais le PSG, avec ses 83 points, comme lors de son premier titre de la décennie, reste au-dessus de la moyenne des dix derniers champions de Ligue 1 (81,1).

Son titre, le PSG l'a construit en 2015, où il a pris 45 points, soit six de mieux que Monaco (8 buts encaissés seulement en 2015), 9 de plus que Lyon et 17 de plus que Marseille, qui était pourtant champion d'automne (41) avec 2 points d'avance sur Lyon et 3 sur Paris. Le PSG a notamment beaucoup plus marqué après la trêve (51) qu'avant (32 !), gagné plus de matches (14 contre 10) mais aussi encaissé plus de buts (23 contre 13)... à son rythme des matches retours sur toute la saison (2,37 contre 2 lors des matches allers), le club entraîné par Laurent Blanc aurait été le premier à atteindre les 90 points en Ligue 1.

Une défense gruyère

Le PSG qui a pourtant perdu autant de matches que la saison dernière (3), il faut donc chercher vers les matches nuls pour expliquer le nombre de points en baisse. Trois matches nuls en plus, six points en moins, ça colle. Mais pourquoi plus de nuls, sachant que le PSG en a réalisé plus (11) que la moyenne générale, qui est d'ailleurs exceptionnellement basse cette saison (8,8, 10,8 l'an passé) ? Le chiffre qui fait tâche pour le champion c'est cette défense (36 buts encaissé, quatrième bilan, à 10 unités de Monaco) qui lui a couté, notamment en première partie de saison, de perdre de nombreux points après avoir ouvert le score (73 % de succès, 83,3 l'an passé, Marseille est à 86,3 et la moyenne générale à 72,5). Paris est, avec Monaco, l'équipe qui a le plus ouvert le score (26) mais pas celle qui l'a le plus emporté dans ce cas (Monaco, 20, contre 19 pour Paris). Le PSG, qui a encaissé 13 buts de
plus que l'an passé, a réalisé 13 "clean sheet" cette saison, contre 19 l'an passé ! C'est pourtant dans ce secteur que le club parisien avait le plus recruté l'été dernier, et pas pour des clopinettes...

Dans les attaques, Marseille suit le PSG à 7 unités (76), devant Lyon (72) et les surprenants Caennais (54), qui devancent Monaco et les Verts (51). Nantes, plus mauvaise attaque du championnat, égale le pire score de son histoire (29) qui datait de 2006/07, date de sa première descente en Ligue 2... les deux promus relégués, Lens et Metz, font mieux que les Canaris (32 et 31). Niveau défenses, Saint-Étienne suit Monaco à 4 longueurs (30), devant son voisin Lyonnais (33), le PSG (36) et Montpellier (39), Marseille et ses 42 buts, comme Rennes, et Lille, pointant à la 7e place. En revanche, la pire défense, Reims (66), ne descend pas, ce qui est très rare, pas plus que la 19e, Toulouse (64). Les trois de devant, en revanche, Metz et Lens (61) et l'ETG (62), eux, n'y coupent pas.

Malgré tout, le PSG est demeuré la seule équipe invaincue à domicile, une première depuis Bordeaux en 2008/09, et avec 49 points sur ses terres, réalise le meilleur bilan d'une équipe chez elle depuis Montpellier en 2011/12 (50). Il devance Lyon (45) et le trio ASSE, Marseille et Bordeaux (41). C'est Lens et ses 19 points qui ferment la marche à "domicile", puisqu'ils ont l'excuse d'avoir évolué toute la saison à Amiens. Les Parisiens sont cependant battus à l'extérieur par Monaco (38 pts contre 34), l'ASM ayant pris plus de points en déplacement qu'en recevant (33), seule équipe dans ce cas. Lyon est troisième (30), devant Marseille et les Verts (28). A l'extérieur, le bonnet d'âne est pour Metz (8 points, seulement 5 buts marqués).

Deuxième du championnat, Lyon peut mesurer son exceptionnelle performance par un chiffre : 31. C'est le nombre de buts marqués par ses joueurs de moins de 21 ans cette saison (Fekir, Njie, Tolisso...). Seul Monaco (Martial, Silva, Carrasco...) a suivit la cadence (27), Lille suivant loin derrière (18) devant Marseille (14). Le PSG, meilleur club des plus de 31 ans (23), n'en est qu'à 6 chez les jeunes, dont 4 pour Rabiot et 2 pour Marquinhos.

L'avènement de Lacazette

Chez les buteurs justement, on a assisté à un putch d'Alexandre Lacazette, qui glane là son premier titre avec ses 27 buts, dont 24 du droit. A 24 ans - il les a fêté après la clôture du championnat, le 28 mai -, le premier Lyonnais à être sacré meilleur buteur depuis Karim Benzema en 2008 est aussi le plus jeune depuis André-Pierre Gignac, sacré à 23 ans avec Toulouse en 2009. Après les deux saisons de domination d'Ibrahimovic, il s'agit du premier français à l'emporter depuis Olivier Giroud, co meilleur buteur avec Montpellier en 2012 avec le Parisien Nenê (21 buts). Meilleur buteur à l'extérieur (13), Lacazette, qui bat le record d'un attaquant lyonnais, établit en 1969 par André Guy (25), est enfin le premier buteur "formé au club" depuis Benzema, toujours en 2008, preuve de l'immense qualité de la
formation lyonnaise depuis un moment.

Le buteur rhodanien, qui a évidemment établit son record personnel après ses 15 buts de l'an passé, devance le Marseillais Gignac (21) qui, en neuf saisons au sein de l'élite, ne parvient à atteindre la vingtaine que pour la deuxième fois, après son titre toulousain de 2009, mais qui dépasse la douzaine pour la troisième fois d'affilée avec son club de cœur. Il faut noter que si on retirait les penalties du total des joueurs - il en a mis deux, contre 8 pour Lacazette et Ibrahimovic - il serait à égalité avec le Lyonnais. Le Suédois du PSG qui doit donc céder son double titre, avant tout en raison de ses absences, pour blessure ou autre : il compte 9 matches et 937 minutes de jeu de moins que son jeune adversaire, avec qui il partage d'ailleurs la même moyenne de buts par minutes (un but toutes les 105 minutes). Chez les buteurs à au moins 1000 minutes jouées, personne ne fait mieux, le Stéphanois Gradel (129) devançant ensuite Diabaté (Bordeaux, 134,4), Cavani (146,1) et Gignac (147).

Les révélations Gradel, Beauvue et Batshuayi

A noter la belle perf des surprenants Gradel, meilleur buteur en 2015 (13), et Beauvue (Guingamp), 17 buts chacun, ainsi que Rolan (Bordeaux, 15). Duhamel, qui a d'abord joué pour Caen (6 buts) puis Evian (4) s'est donc montré plus efficace face au but que pour son choix de carrière, ce qui est pas mal pour une première saison dans l'élite, à 30 ans. Il faut également saluer le fameux quintuplé du Niçois Carlos Eduardo sur la pelouse de Guingamp, fin octobre (2-7). Ce jour là, le joueur prêté par Porto a inscrit la moitié de son total final...

Gignac et Gradel qui remportent le titre de meilleurs "ouvreurs de score", avec 9 unités chacun, devant Lacazette (8) et Beauvue (7). Lucas est le premier Parisien (6), devant Cavani et Ibra (5). A noter que Lens et Metz ont ouvert 6 fois le score chacun... de son côté, Jordan Ayew est le meilleur "revanchard" de la saison, avec ses 3 buts marqués contre son ancien club, Marseille. Suivant Mandanne, Gignac, Bodmer et Rabiot, pour son doublé contre Toulouse, à qui il avait été prêté il y a deux ans... le TFC qui a concentré le plus de buts d'anciens joueurs (5), devant Marseille et Rennes (3). Lyon et le PSG sont à 1, ainsi que Monaco ou l'ASSE.

Le Marseillais Batshuayi, lui, est le meilleur remplaçant de la saison (6 buts sur 9 sorti du banc) devant Moukandjo (Reims, 4). Ces deux clubs remportent logiquement la mise (14 et 12) devant Caen et Monaco (9). Le PSG n'a eut que 5 buts venus du banc, et Lyon, 4. Mauvaise note à Guingamp (1)... le meilleur gaucher est Fekir (10), devant Silva (Monaco) et Mounier (Montpellier, 8), et le meilleur buteur de la tête est Gignac (7), qui devance le
spécialiste Beauvue (6) et le meilleur défenseur buteur de Ligue 1 (6 buts), le Rémois Mandi (5). Enfin, en 2015, Gradel, auteur de 13 de ses 17 buts après les fêtes, et une CAN dont il fut vainqueur avec la Côte D'Ivoire (!), devance le trio Beauvue, Cavani et Ibrahimovic, 11 buts chacun. Suivent Rolan et Lacazette (10), qui a donc faiblit après la trêve.

Les Argentins en tête

Déjà vainqueur en 2013 après plus d'une décennie de domination brésilienne, l'Argentine, grâce à une grosse dernière journée (4 buts), s'adjuge un nouveau titre de pays le plus représenté au classement des buteurs de Ligue 1, elle qui est déjà le pays le plus prolifique dans l'histoire du championnat de France (2331 buts), devant le Brésil, 1506). Ce dernier est également le deuxième cette saison, à une petite unité des Gauchos (39 contre 38). Le troisième est l'Uruguay (33), mais pourtant l'Amérique du Sud n'est, comme l'an passé, que troisième avec 130 buts, derrière l'implacable Afrique (209) et l'Europe, qui confirme son renouveau (138). Les étrangers qui ont un peu moins marqué cette saison (53,8 contre 55,5 en 2013-14). A noter cette année les premiers but en Ligue 1 du Mozambique (Mexer, 4), ainsi que du Bélarus (Krivets) et Madagascar (Nomenjanahary, 1).

Avec ses 5 passes décisives dans le jeu, Lacazette est le joueur le plus décisif cette saison (27+5) devant Ibrahimovic (19+6) et Gignac (21+2). Les meilleurs passeurs qui succèdent à Zlatan (14 l'an passé) sont son coéquipier Pastore et le Marseillais Payet (11 chacun). Ils devancent Hamouma (ASSE, 8) et Njie (Lyon) et Pléa (Nice, 7). Étrangement, c'est Toulouse qui signe le meilleur pourcentage de buts marqués sur une passe décisive dans le jeu (69 %) devant Lyon (68,1) et Bordeaux (67,4). Paris est à 61,2 et Marseille 18e, à 50,7, sachant que Nantes, bon dernier, est à 38,5 et que la moyenne générale est de 58,2. Nantes n'a signé que 10 passes décisives, dont 2 pour Gakpé et Bammou...

En bref

Pour finir, on l'a déjà évoqué tout à l'heure, en Ligue 1 quand vous ouvrez le score, vous avez 72,5 % de chances de l'emporter, et 81,15 % de chances de ne pas perdre, puisque seulement 11,85 % des équipes ayant concédé l'ouverture du score ont réussi à l'emporter. Dans ce domaine, le champion l'a fait 5 fois (sur 9), Lyon 3 fois sur 11 et Bordeaux 4 fois sur 16. Huit équipes ne l'ont fait qu'une seule fois, dont Evian (22 buts encaissés d'entrée), Toulouse (23) et Lens (24), tandis que Monaco est la seule équipe à n'avoir jamais gagné dans ces conditions (8) ! Les Verts et Metz, eux, n'ont jamais perdu après avoir ouvert le score, mais les premiers nommés, qui l'ont fait 23 fois, ont plus de mérites que les Lorrains (6)... le PSG s'est fait surprendre une fois, à Bastia (4-2), en 26 ouvertures de score. A noter que Nice a perdu 5 fois (sur 14) dans ces conditions, record de la saison.

Par ailleurs, Reims est élue meilleure équipe dans le dernier quart d'heure, avec 10 points de récupérés, devant Lyon (9) et Caen (7). Marseille et Monaco en ont glané 2, et le PSG perdu 2, sachant que la palme revient à Montpellier et Lorient (-6). Au nombre de buts, c'est Lyon (22) qui l'emporte, devant Caen et Marseille (17), sachant que Nantes et Lille n'en ont mis que 5, tandis que ces mêmes Nantais et Saint-Étienne n'en ont encaissé que 5, contre 17 pour Metz. C'est également Lacazette le meilleur dans le dernier quart d'heure (10) devant Beauvue (7).

Le PSG qui, grâce à une fin de saison où il a souvent ouvert le score rapidement tout en le conservant, est l'équipe qui a le plus longtemps mené au score, avec près de 43 minutes par matches, devant Marseille (32,3) et Monaco (31,08). Les Parisiens qui n'ont été mené que durant 9 minutes par matches, contre 10,9 pour Monaco encore, et 13,2 pour l'ASSE.

Allez, derniers chiffres : comme d'habitude, les 1-0 ont été le score le plus fréquent (21,3 %), en nette augmentation (18,1 l'an passé). Ils devancent les 2-1 (15,5) et les 2-0 (13,7). L'an passé, ces deux derniers scores avaient été à égalité (15,5), juste derrière les 1-0. Le 0-0, lui, a légèrement progressé (8,9 contre 8,2). Mais les scores à 5 buts ou plus (12,9) ont largement augmenté (8,9 l'an passé). Ce qui explique d'ailleurs la légère hausse du nombre de buts (2,49 contre 2,45), sachant que cette saison on a atteint ou dépassé 7 fois les 30 buts - dont six fois en 2015 - contre 3 en 2013-14. Mais on reste éternellement à la traîne de la Premier League (2,57), de la Liga (2,66), de la Serie A (2,69) et bien sûr de la Bundesliga, pourtant en nette régression (2,75). Il y a des traditions auxquelles on ne touche pas.

Je vous laisse, à plus tard !

jeudi 12 mars 2015

Un match de légende

Salut à tous,

Alors vous avez passé une bonne soirée hier ? Moi non perso. Enfin pas avant cette tête hallucinante de puissance et de précision de David Luiz en lucarne, à la 86e minute. Voire même celle toute en finesse de Thiago Silva, à la 114e. Jusque là, ce match avait été une souffrance totale, une véritable plaie ouverte. Un long médicament très amer. Mais la guérison fut euphorique.

Chelsea domine l'entame

D'abord il y a eu cet entame, où les Blues parvenaient sans trop de peine, hormis lors de cette première minute durant laquelle Verratti trouvait quasiment Cavani seul dans les six mètres avant l'intervention de Terry, à contenir une équipe parisienne étouffée par le pressing londonien. Chelsea, comme à l'aller, tripotait bien le ballon, Hazard trouvait plus d'espaces face à Marquinhos que face à Van der Wiel à l'aller, mais au final ne se créait aucune occasion. Même si tout le monde affirme que cette équipe a trouvé son avant-centre avec Diego Costa - on reviendra plus tard sur cet individu qui ferait passer Luis Suarez pour
l'Abbé Pierre - et on parle souvent de l'absence d'Ibra dans les gros matches européens - deux buts contre le Barça avec Paris - mais l'Hispano-Brésilien a été tellement maladroit qu'il a presque fait passer Cavani pour un pianiste. Il a été dévoré par ses ex compatriotes de l'axe parisien et a donc souvent du dézonner à gauche pour pouvoir respirer un peu...

Après une demi-heure de domination stérile, tandis que Paris peinait à ressortir le ballon, je me faisais beaucoup de soucis : ça ne ressemblait en rien au match homérique que le club de la Capitale était sensé lancer pour espérer réaliser l'exploit d'une victoire ou d'un nul à buts à Stamford Bridge, cette citadelle si imperméable d'ordinaire. Et c'est durant cet instant de doute que le destin allait à la fois détruire quasiment tout espoir chez les supporters parisiens et transformer cette équipe en commando insubmersible. Pourtant, ce tacle de Zlatan Ibrahimovic était certes viril - on était en Angleterre oui ou zut ? - et spectaculaire, mais aussi effectué les pieds collés au sol, retenus même par le Suédois, qui ne cherchait évidemment pas à faire mal à Oscar, qui gambadait gaiement sur la pelouse - à défaut de bien jouer au football - vingt secondes plus tard, le temps que l'inopportun M. Kuipers ne l'expulse. Difficile de ne pas imaginer que cet arbitre pourtant extrêmement expérimenté n'a pas été influencé par les propos de la veille de José Mourinho sur la pseudo violence parisienne à l'aller (20 fautes de chaque côté pourtant) ni par les cris d'horreurs des joueurs en Bleu. Bref un fait de jeu qui allait changer la phase du match. En bien pour Paris, finalement, même si c'est vraiment passé de justesse, du moins dans le scenario.

Meilleur à dix qu'à onze

A partir de l'expulsion de son leader d'attaque, qu'on ne voyait pas trop mais qui est quand même précieux pour conserver le ballon le temps que le bloc remonte, Paris allait avoir la possession, 51-49. A 10 contre 11. A Stamford Bridge. Alors oui, c'était le PSG qui devait faire le jeu pour marquer et espérer passer ce tour, mais quand même... et pourtant il allait bel et bien dominer cette équipe de Chelsea finalement consternante dans le jeu durant cette double confrontation. Combien de fois Sirigu a du s'employer en 210 minutes face au probable futur champion d'Angleterre ? Face au co meilleur buteur (Costa, 17) et au meilleur passeur (Fabregas, 15 !) de Premier League ? Quasi jamais. Hormis sur le coup-franc de Willian et un tir excentré de Ramires, le gardien italien n'a pu se mesurer au colosse belge qui opérait dans les cages adverses, et pour cause : il n'a rien eu à faire. Sur les trois buts anglais, au total, il ne pouvait rien faire.

Le paradoxe c'est que jusqu'à l'expulsion d'Ibra, Verratti et Pastore était surveillés comme le lait sur le feu par le milieu londonien. Mourinho n'est pas fou, et en maître de la destruction de jeu qu'il est, il a bien vu que le véritable maître à jouer du PSG cette saison, c'est bien Verratti. Et le préposé à la déstabilisation de défenses, surtout en l'absence de Lucas, c'était Pastore. Il lui suffisait donc de neutraliser ces deux éléments, et l'attaque parisienne serait privée de ballons, malgré les efforts isolés de Matuidi. Et ça a marché pendant 30 minutes, et il n'y avait pas de raisons que ça ne dure pas. C'est finalement durant cette demi-heure que Fabregas a vraiment été utile durant ces deux matches un tiers : à contrarier l'axe Verratti-Pastore. Ensuite, l'Espagnol a disparu de la circulation.

Cahill éteint tout espoir

Chelsea, à 11 contre 10, s'est-il relâché ? Ça ne ressemble tellement pas à une équipe anglaise, encore moins quand elle est dirigée par Mourinho. Et pourtant, Paris a su trouver des espaces qu'il ne trouvait pas vraiment jusque là. Verratti et Pastore se sont enfin réveillés, et on pu par exemple créer cette occasion incroyable pour Cavani, à l'heure de jeu. Fidèle à lui-même cette saison, l'Uruguayen a douté et mal choisi : un attaquant sur de ses pieds et de son talent aurait enroulé autour de Courtois, vu qu'il avait eu le temps de se mettre sur son pied droit. Mais il a préféré utiliser ce dernier pour crocheter le Belge et ainsi s'excentrer exagérément. Ensuite, c'est son premier pied gauche - il en a deux je crois - qui a fait le reste, avec ce tir pas assez précis détourné par le poteau et qui filait devant le but vide, où un Zlatan encore présent aurait pu terminer le boulot, peut-être. A 10 contre 11, Paris venait de se créer la plus grosse occasion du match, mais venait de la gâcher, comme souvent cette saison. Et Cavani était impliqué, comme souvent.

Paris dominait par séquences, subissait par d'autres mais se montrait toujours plus menaçant que son adversaire, qui allait pourtant, comme à l'aller faire la différence sur quasiment sa seule occasion - si on peut appeler ça une occasion. Passeur décisif à l'aller d'une talonnade aérienne improbable, Gary Cahill profitait cette fois d'une volée complètement foirée de Diego Costa suite au corner obtenu suite à l'occasion de Ramires pour fusiller Sirigu d'une volée sublime et surpuissante. On est alors à la 81e minute, l'espoir, déjà mince, est désormais plus qu'infime, et on se dit alors que dix minutes plus tôt, le même Costa aurait du être expulsé par l'arbitre pour un attentat de boucher sur Thiago Silva, par derrière. Mais il n'avait obtenu qu'un jaune surréaliste. Alors oui y avait sûrement une faute de Cavani sur Costa en première mi-temps dans la surface, après le rouge de Zlatan, mais là on pouvait vraiment se dire que rien, mais vraiment rien, n'allait être épargné à cette courageuse équipe parisienne...

David Luiz, le surhomme

Et pourtant. Chelsea, qui avait bénéficié d'un but inscrit par un joueur né en région parisienne et supporter déclaré du PSG, Demba Ba, pour passer l'année dernière, allait cette fois se faire crucifier par... un de ses ex joueurs. Combien de fois est-ce arrivé à Mourinho ? Et combien de fois Chelsea s'est-il fait surprendre en C1 cette saison sur coup de pied arrêté ? Jamais jusqu'à hier soir. Mais là, sur cet amour de corner délivré par un Lavezzi qui venait de remplacer un Verratti déjà averti et nerveux, David Luiz, à la lutte avec Ivanovic, un des
meilleurs joueurs de tête de la planète et buteur à l'aller de cette façon, allait placer un des plus puissants coup de tête que j'ai jamais vu, en pleine lucarne d'un Courtois enfin humain, puisque impuissant sur ce coup de fusil. On jouait la 86e minute et une prolongation inespérée, presqu'une victoire compte-tenu du contexte, se présentait à l'horizon.

Encore une fois, à 10 contre 11, une prolongation est tout sauf un cadeau, surtout quand vous venez de jouer une heure en infériorité numérique et que votre entraîneur, Laurent Blanc, tarde à effectuer son troisième changement, qui surviendra à la... 118e minute (Pastore/Van der Wiel), lorsqu'il fallut conserver la qualification. Parce que oui, malgré le contexte négatif, l'extrême fatigue et ce penalty encore une fois généreux, puisque Thiago Silva, dans ce duel avec Zouma, ne touche quasiment pas le ballon, même s'il tend bizarrement le bras vers ce dernier, et transformé tranquillement par Hazard alors que beaucoup, dans sa situation, auraient allumé pour assurer le coup, Paris a encore su changer son destin, littéralement.

Prolongation dantesque

Pourtant, ils étaient cuits, durant la première prolongation du moins. Les Parisiens n'arrivaient plus à toucher le ballon, les Anglais le faisaient tourner et se créaient des situations, à défaut d'occasions. Ils reprenaient l'avantage, et ne semblaient cette fois plus capables de le perdre. Un deuxième but du PSG alors que ce dernier cherchait son souffle, subissant l'absence de Verratti pour ressortir proprement le ballon et les approximations de Lavezzi et Cavani devant, pour le conserver quand ils y parvenaient. Bref, comme dans un mauvais film, tout était contre le héros. Mais il allait s'en sortir quand même, miraculeusement, incroyablement.

Qui n'a pas réveillé son voisin hier soir, si celui-ci ne regardait pas le match évidemment, au moment où la parabole créée par cette tête somptueuse, sereine, chirurgicale, de Thiago Silva, lobait l'immense Thibault Courtois et qualifiait ces 10 incroyables bonshommes ? Qui n'est pas devenu fou à ce moment là ? Est-ce qu'un autre sport peut générer chez nous de telles émotions, un tel scenario ? Un match comme ça, c'est comme une pièce de Shakespeare, un épisode de Breaking Bad, une chanson de Gainsbourg. Un être tortueux, indécis, sublime de qualité et d'intelligence, et un dénouement souvent indétectable jusque là. Un match qu'on enregistrait du temps des magnétoscopes et qu'on gardait quelque part dans un carton ou sur étagère, pour le regarder les soirs pluvieux de ruptures. Une cassette vite usée jusqu'à la corde, mais qu'on chérissait quand même.

Ce n'était qu'un huitième de finale, on aurait aimé qu'ils fassent la même chose l'an passé à l'étage supérieur, histoire de voir les demi-finales. Mais il fallait peut-être cette élimination en 2014 pour générer cet esprit de revanche et ce refus de mourir chez ces mêmes joueurs, un an plus tard.

Un seul joueur a été heureux les deux fois, c'est David Luiz, qualifié l'an passé avec les Blues et cette année avec Paris. Même s'il a des manques tactiques, même si ce n'est pas le marqueur individuel le plus rigoureux qui soit, on l'a vu le week-end dernier contre Lens et lors du dernier Mondial, c'est ce qu'on appelle un gagneur. Un joueur dont l'âme de battant participe à compenser tout ces défauts qui font qu'au fond ce n'est pas vraiment un défenseur. Mais quel battant ! Quel joueur !

A plus tard !

mercredi 17 décembre 2014

Chapeau Titi !

Salut à tous,

Cette fin d'année 2014 est l'occasion de rendre hommage à un des cinq meilleurs joueurs français de tous les temps, j'ai nommé Thierry Henry, qui vient de prendre sa retraite, à 37 ans.

J'y vais un peu fort ? On a eu quatre joueurs sacré Ballons d'Or, et sa régularité au classement de ce dernier, à une époque où il n'avait pas encore été racheté et faussé par la FIFA, et donc qu'il avait encore un peu de valeur (quatrième en 2000, 2004 et 2005, sixième en 2002, deuxième en 2003, troisième en 2006, neuf fois classé au final...) lui confère quasiment un Ballon d'Or d'honneur, comme pour un joueur comme Maldini. Toujours classé, jamais vainqueur : il a toujours fait partie des meilleurs, mais n'a jamais été le meilleur sur une saison. Ça s'appelle la régularité au plus haut niveau, et c'est le plus dur à glaner en sport, comme ailleurs. Ceux qui l'ont devancé se nomment Figo, Zidane, Ronaldo (le vrai), Shevchenko, Ronaldinho... Le gros regret, c'est 2003 : être seulement devancé par Nedved, largement en plus (190 points contre 128)... onze ans après, ça fait mal. 2006 aussi : si la France avait gagné sa séance de tirs aux buts en finale du Mondial, Cannavaro et Buffon l'auraient-ils devancé ? La gloire ne tient à rien.

Confirmer les espoirs

Difficile d'imaginer que le gamin hirsute qui allait briller dès ses débuts avec Monaco, il y a un peu plus de 20 ans (premier match - et titularisation -  fin aout 1994 contre Nice grâce à Arsène Wenger, premier but contre Lens fin avril 1995, 8 matches et 3 buts pour sa première saison pro...) allait confirmer les attentes mises en lui à un moment où la France cherchait de nouveaux talents pour se remettre du cauchemar bulgare, et alors que Papin et Cantona étaient sur le point de passer le relais. Combien de mômes ultra talentueux ne se sont jamais remis de débuts en fanfare, de la surmédiatisation qui s'en est à chaque fois suivi, et qui n'ont jamais confirmé, gâchant des talents trop précoces ? Je pourrais vous en citer des dizaines. Lui n'a pas eu non plus en chemin linéaire. Mais ses rares échecs ont été vite oubliés et compensés par des retours encore plus impressionnants.

Lorsqu'il quitte Monaco six mois après la conquête du Mondial 98 pour la Juve, il semble monter dans une fusée qui doit l'emmener au sommet. Son seul échec en club (3 buts en 16 matches de Série A), où ses entraîneurs se nomment pourtant Marcello Lippi puis Carlo Ancelotti, qui le remplace en février, excusez du peu, qui l'oblige à répondre à l'appel de son mentor, Arsène Wenger, qui l'attire à Arsenal. Vous connaissez la suite.

Une pluie de records

En huit années à Londres, il devient le meilleur buteur de l'histoire du club (228 buts, soit 28,5 par saison...), quatre fois meilleur buteur du championnat, troisième meilleur buteur de Premier League depuis 1992... Collectivement, il ne remporte "que" deux titres (2002 et 2004), deux Community Shields, trois FA Cups et dispute la finale de la Ligue des Champions en 2006. Tournoi qu'il remportera trois ans plus tard avec Barcelone, contre Manchester United (2-0), et dont il est le meilleur buteur français de l'Histoire (51 buts).

Enfin à New York, il va s'éclater, moins marquer (35 buts en trois saisons quand même) mais toujours beaucoup passer (26 passes), lui qui n'aura jamais su se défaire de ses oripeaux d'ailier qui ont marqué son début de carrière. D'ailleurs, dans mon esprit, il a toujours plus été un "ailier fort", comme on les appelle au Basket, qu'un véritable avant-centre. Même recentré, il a toujours préféré, comme Zidane, évoluer légèrement à gauche, d'où il pouvait rentrer et armer ses fameuses frappes enroulées. Son jeu de tête était médiocre, et il ne marquait presque jamais des buts de renard dans la surface. C'était sa qualité, mais aussi son défaut : il n'avait pas le flair d'un renard des surfaces, comme souvent les joueurs de côté.

Il est également, vous le savez, le meilleur buteur des Bleus (51 buts), lui qui a été cinq fois leur meilleur scoreur annuel (2002, 2003 et de 2006 à 2008). Avec 123 sélections, seul Lilian Thuram (142) compte plus de capes que lui, et il a remporté un Euro et un Mondial, palmarès très rare en France. Bref, il figurerait certainement dans l'équipe type historique des Bleus, tout comme dans celle des années 2000 au niveau mondial.

Un cadre, pas un leader

Évidemment, les gens lui reprochaient ce qu'ils pouvaient lui reprocher, à savoir pas grand chose. Son manque de sourire après ses buts, la belle affaire, son boulard, maladie pourtant très répandue chez les sportifs (ou les artistes...) de haut niveau, et sa main contre l'Irlande en 2009, en barrages pour la Coupe du Monde 2010. Un geste qui avait permis aux Bleus d'aller en Afrique du Sud, ce qui était finalement tout sauf un cadeau. Bref un mauvais geste réflexe, qui aura presque plus marqué sa carrière, du moins en France, que tous les beaux gestes proférés en 917 matches officiels (411 buts)... Il pourra rétorquer, avec raison, qu'il a fait ça pour la France... pour son but de la main au Mexique, en 1986 contre l'Angleterre, quart de finale du Mondial s'il vous plait, Maradona est adulé en Argentine.

Et il y a eu ce Mondial 2010. A 32 ans, il a terminé la saison sur la gente avec Barcelone, qu'il va quitter pour Ney York avant même la fin de la compétition. Domenech ne veut pas l'emmener en Afrique du Sud, il insiste en lui disant qu'il s’assoirait volontiers sur le banc. Qui peut refuser un tel joker offensif ? Il n'entra en jeu que deux fois sur trois, n'influant en rien sur les matches contre l'Uruguay (0-0) et l'Afrique du Sud (1-2). Et il ne descendra pas du bus, mais qui l'a fait ? La Coupe du Monde de trop, lui qui en a gagné une et a marqué 6 fois en 17 matches dans la compétition. D'ailleurs, s'il a souvent été présent dans les grands tournois (28 matches, 6 participations), il y a moins brillé qu'en club (12 buts tout de même).

Mais il a toujours su se vendre, y compris auprès des médias qui l'ont toujours préféré à son ex partenaire en Espoirs et à Monaco, David Trezeguet. Pourtant, ce dernier a de nettement meilleurs stats que lui en sélection : 1 buts toutes les 121 minutes (contre 177 pour Henry) et 0,48 buts par match (0,41 pour Henry). Alors oui, Henry était plus complet, et il a aligné 24 passes décisives en Bleu (5 pour Trezegol). Mais Henry n'a marqué qu'un but après un quart de final dans un gros tournoi, celui en demi-finales de l'Euro 2000 contre le Portugal (2-1 a.p.). Le but vainqueur en finale, lui, fut l’œuvre de Trezeguet, et pas dégueu en plus si je me souviens bien... Pourtant, le meilleur buteur étranger de l'Histoire de la Juventus n'a été que 59 % du temps titulaire en Bleu, contre 86 % pour Henry...

Évidemment, ces deux joueurs auraient pu évoluer ensemble, dans un 4-4-2 en losange par exemple, même si ce système est relativement rare au haut niveau. Ils étaient complices sur le terrain lorsqu'ils ont gagné la Ligue 1 en 1997, l'année où ils remportent le tournoi de Toulon avec les Espoirs, après avoir gagné l'Euro des moins de 19 ans un an plus tôt contre l'Espagne... Mais il voulait être le seul en attaque, et comme souvent avec les grands buteurs, il ne supportait pas la concurrence. Demandez à Messi ou Ibra... En même temps difficile de rêver mieux comme joker offensif que Trezeguet...

Aujourd'hui les Bleus ne sont pas en manque de bon buteur international, avec Benzema, qui peut encore le rattraper s'il se presse un peu (25 buts)... mais le Madrilène ne joue pas non plus avec Zidane (qui a adressé à Henry non pas une mais deux passes décisives), Pirès, Djorkaeff... Henry est aussi tombé exactement à la bonne période, contrairement à Papin ou Cantona par exemple, qui ont fait le lien entre les générations Platini et Zidane. Ça ne fait pas tout, mais ça compte aussi, la chance, pour réussir au très haut niveau. Lui n'aura pas réussi à faire la transition avec une nouvelle grande génération, il n'aura pas su être un grand leader en Bleu comme d'autres avant lui, on l'a vu en 2008 et 2010. Mais il fut le buteur des années Zidane, et ça il fallait déjà le faire.

A plus tard !

vendredi 12 décembre 2014

Des poules fructueuses

Salut à tous,

Il est temps pour nous de faire un petit bilan de cette première phase de Ligue des Champions qui s'est achevée cette semaine.

Toujours les mêmes

D'abord, notons la bonne première phase des clubs français, qui réalisent un deux sur deux. La Ligue 1 n'avait plus eu deux représentants en huitièmes depuis 2011-12, à une époque pas si lointaine où c'était presque une formalité. Sauf que depuis, seul le PSG avait réussi à se qualifier, tandis que Montpellier et Lille, en 2012-13, puis Marseille, la saison passée, ne passaient pas le cut. En tous cas, grâce à cette bonne performance, le football français possède sur la décennie actuelle un meilleur taux de qualification (61,5 %) que sur toute son histoire en Ligue des Champions, depuis 1991 (58,8). Une paille, oui, mais une petite bonne nouvelle ne fait pas de mal de temps en temps. Mais nous restons quand même très loin depuis 2010 de l'Allemagne (88,2), l'Espagne (79), l'Italie (76,9) et l'Angleterre (75)... comme d'habitude, on est cinquième.

Les Allemands qui n'ont plus vu un de leur club éliminé en poules depuis trois ans... comme l'an passé ils signent un très impressionnant 4 sur 4, sachant qu'ils avaient également fait un 3 sur 3 en 2012-13, et que cette saison, hormis la France, aucun pays à plus d'un club n'a réalisé un sans faute. L'Espagne (Athletic Bilbao out) et l'Angleterre (Liverpool) ont fait 3 sur 4, et l'Italie (AS Rome) a fait un sur deux. Sans parler du Portugal, qui nous devance au classement UEFA depuis peu, et qui n'a qu'un qualifié sur trois (Porto, les deux clubs lisboètes restant à quai) et de la Russie, qui nous menace directement au même classement, et qui a fini avec deux éliminés sur deux (Zenith et CSKA Moscou). Deux autres bonnes nouvelles pour nos clubs... Chez les 11 pays représentés par un seul club, seuls l'Ukraine (Shakhtor) et la Suisse (FC Bâle) ont connu la réussite. C'est notamment le 4e échec sur 4 pour le Bélarus, le 6e sur 7 pour la Suède, le 22e sur 30 pour la Grèce, le 25e sur 34 pour les Pays-Bas, qui n'ont plus qualifié de clubs pour les huitièmes depuis 2006-07 (!), le 19e sur 25 pour la Turquie et le 19e sur... 20 pour la Belgique ! La nouvelle version de la C1 est décidément létale au possible pour les non représentants du fameux club des cinq "grands" championnats... Historiquement, seuls six pays tournent à plus de 50 % de réussite, les cinq cités plus haut plus la Pologne (1 sur 2, dans les années 90...)... Le Portugal tourne ainsi à 42,5 %, mais seulement 25 dans les années 2010...

Par club, Arsenal et le Real ont signé leur 12e qualification sur 12 depuis la mise en place de l'actuelle formule, en 2003, le Bayern et le Barça en sont eux à 11 sur 11, et le... Bayer Leverkusen à 4 sur 4 et Monaco à 3 sur 3. Chelsea en est désormais à 11 sur 12, tandis que le PSG, lui en est à 3 sur 4. Depuis l'instauration des poules en 1991, seul le Real (et une dizaine de clubs à une ou deux participations) a réalisé un 100 % (19 sur 19), le Bayern suivant avec 94,4 %, Chelsea à 92,3, Arsenal à 88,2 et le Barça à 85. Quand on parle d'une compétition d'habitués, on est dans le vrai.

Regardons par rapport à la saison passée. Onze clubs sur 16 (68,7 %) ont renouvelé leur ticket, dont les trois espagnols, les quatre allemands (!) et les trois Anglais, en plus du PSG ! On retrouve donc non seulement les mêmes pays en huitièmes, mais également les mêmes clubs... seul l'ambitieux club parisien parvient donc pour l'instant à se faire une petite place parmi ce qu'ont doit bien finir par appeler des sociétaires... sept clubs, soit près de la moitié, ont sont à leur troisième qualification d'affilée (Real, Bayern, Arsenal, Barcelone, PSG, Schalke et Dortmund) et quatre en sont à quatre (les quatre premiers nommés). Le taux de nouveauté en est donc réduit à sa portion congrue, et ce n'est pas fini.

Messi et Ronaldo seuls au monde

Pour l'instant la moyenne de buts est quasi la même que la saison passée (2,91 contre 2,9) mais elle baissera sûrement un peu avec les matches couperets, une tendance quasi immuable dans les grandes compétitions. Tout cela restant nettement au-dessus de la moyenne depuis 1991 (2,67), sachant qu'il faut remonter à 2009-10 pour trouver une moyenne annuelle inférieure (2,56). Les trois grands pays actuels (Allemagne, Espagne et Angleterre) tournent d'ailleurs à respectivement 1,91, 2,08 et 1,191 buts par matches cette saison, la France nettement moins (14 buts en 12 matches, merci Monaco)...

Chez les buteurs, on a assisté à l'inévitable dépassement de l'historique Raul, et ses 71 buts datant pour les derniers de 2010-11, par le duo Messi-Ronaldo, dont on savait qu'il porterait le futur record à des niveaux stratosphériques. L'Argentin (27 ans) a encore un peu de temps devant lui pour améliorer son score de 75 buts (pourquoi pas les 100 ?) tandis que son compère portugais, qui fêtera ses 30 ans dans moins de deux mois, en aura peut-être un peu moins. Mais les deux hommes, qui carburent à respectivement 9,1 et 8,6 buts sur les huit dernières saisons, ne sont à mon avis pas près de voir un jour leur score être menacé. Par Neymar peut-être ? Je ne vois pas d'autre jeune joueur actuel capable de dépasser les 80 buts en carrière dans la compétition. Mais il va devoir accélérer la cadence assez vite.

Cette saison, Messi a repris la main devant Ronaldo (8 buts contre 5), ce dernier ayant signé des chiffres hallucinants sur les deux dernières saisons (12 et surtout 17 buts l'an passé) quand l'Argentin gérait tant bien que mal son avance (deux fois huit buts). Tout cela faisant évidemment rêver les joueurs français, dont le meilleur représentant se nomme pour la quatrième année consécutive Benzema (5 buts), lui qui est le deuxième buteur tricolore de l'histoire de la compétition (41 buts) derrière Henry (50), qui est donc loin d'être à l'abri. Record pour un Français en C1 ? Trezeguet avec la Juve, en 2001-02 (8 buts). Encore un score que Benzema peut battre cette année, surtout avec ce Real Madrid... Toujours est-il que les joueurs français marquent encore très peu en C1 (5,5 % du total cette année, contre 7,7 depuis 1991). C'est un peu mieux que l'an passé (4,3) mais on ne passe plus les 6 % depuis trois ans, alors que ça n'était plus arrivé depuis 1999-00... sur les 14 buts marqués par les deux clubs français, un seul a été marqué par un français, Matuidi contre le Barça (3-2).

Mais les deux phénomènes du foot mondial sont pour l'instant devancés cette saison par Luiz Adriano, le buteur brésilien du Shakhtor qui a signé 8 de ses 9 buts lors de la double confrontation de son club contre le malheureux Bate Borisov... dont un historique quintuplé à l'aller (0-7), le deuxième seulement depuis 1991 après celui de Messi contre Leverkusen en mars 2012 (7-1). Une anomalie qui ne devrait pas perdurer... attention aux autres joueurs à cinq buts (Agüero, Cavani, Mandzukic, J.Martinez). Du beau monde. A noter les deux buts des anciens, Drogba et Ibrahimovic, qui en sont à 44 et 42 buts dans la compétition, tandis que Thomas Müller, déjà 24 buts (3 cette année) en C1 à 25 ans, est déjà bien placé.

Voilà, attendons maintenant de voir ce qui attends nos deux représentants en huitièmes... notons que Paris, qui signe un meilleur parcours (13 points) que Monaco (11) termine pourtant deuxième derrière un Barça qui a du s'employer sérieusement pour devancer les Parisiens, tandis que les Monégasques, qui n'étaient pas tête de série, profitent de l'absence d'un vrai gros dans son groupe et deux hold-up contre Leverkusen pour terminer premiers... les aléas des tirages au sort. Ca s'annonce vraiment très difficile désormais pour les double champions de France, qui vont forcément devoir sortir un exploit pour atteindre les quarts de finale pour la troisième fois consécutive...

A plus tard !

lundi 6 octobre 2014

Le PSG hors-sujet

Salut à tous,

Ça ne vous a pas échappé, si vous lisez ce post c'est que le foot vous intéresse, la Ligue 1 en particulier, donc vous avez remarqué qu'après neuf journées, soit quasiment un quart du championnat, le PSG n'est non seulement pas leader du championnat, comme prévu - mais il ne l'était pas non plus à la 18e journée de la saison 2012-13, qu'il allait pourtant remporter - mais il en est même très loin : sept points de retard, c'est un véritable gouffre, accentué artificiellement certes par la victoire à trois points - sans ce bonus idiot, l'écart serait de trois points - mais bien réel. En fait, le club parisien, pourtant troisième et invaincu, a autant de points de retard sur Marseille que d'avance sur les deux promus, Caen et Lens, 17e et 18e du championnat. Ca vous donne une idée du retard à rattraper... il va lui falloir récupérer un point à Marseille tous les quatre matches à peu près. Pas simple, vis à vis d'Olympiens qui jouent excellemment bien, qui ont de la réussite, à l'image de leur succès in extremis obtenu à Caen ce week-end (1-2), et qui, surtout, ne jouent pas de Coupe d'Europe.

Alors, qu'est-ce qui cloche chez le joujou de QSI ? Le retour tardif des Mondialistes est une excuse qui se tient, quand on sait combien les années qui suivent un grand tournoi sont compliquées à gérer pour les gros clubs en général. Thiago Silva et Lavezzi, qui étaient au Brésil, sont blessés, tandis queCabaye et Matuidi sont manifestement sur les rotules, malgré le match héroïque de ce dernier face au Barça. Les blessés : ça c'est une excuse, puisqu'elle concerne également Ibrahimovic et désormais Marquinhos, peut-être le meilleur Parisien depuis le début de la semaine. On a vu contre Monaco que Camara pouvait être une bonne roue de secours occasionnelle, mais pas pour faire de la route, et surtout pas quand le niveau de cette dernière devient difficile. Faire sans Thiago Silva et Ibrahimovic, c'est comme si tu privais le Real de Ramos et Ronaldo, ou le Barça de Mascherano et Messi. Sans les patrons défensifs et offensifs, sans des meneurs d'homme de cette trempe, ton équipe en prend forcément un coup, c'est évident.

Bien sûr, en Ligue 1 ça ne devrait pas se voir. Essayons de voir par les chiffres ce qui cloche cette saison au PSG.

Extinction des feux à l'heure de jeu

D'abord, un comble, une aberration : le PSG est la seule équipe de Ligue 1 avec Lille et Bastia à ne pas avoir marqué de but dans le dernier quart d'heure ! Rennes, Caen et Evian en ont déjà marqué 5, mais le PSG, aucun. Un quart d'heure où le PSG a déjà perdu quatre points, personne n'a fait pire, seul Montpellier faisant autant. Logique, d'ailleurs, puisque le club parisien n'a encore vu aucun de ses remplaçants marquer cette saison ! Seuls les Verts sont dans le même cas... quand on voit les joueurs présents régulièrement sur le banc, ça pose question. Le PSG, qui a autant ouvert le score que Marseille cette saison - sept fois, meilleur total de Ligue 1 - et qui n'a concédé le premier but qu'une seule fois, à Toulouse (1-1), ne l'a pourtant remporté que trois fois, soit 42,8 % du total. Dans ce domaine, là encore, seul Bastia fait pire (33,3 %).

L'an passé, les remplaçants du PSG avaient marqué 7 buts en sortant du banc, deuxième total de Ligue 1 derrière... l'ASSE (8). Paris avait récupéré 6 points dans le dernier quart d'heure, seul Monaco (10) avait fait mieux. Mais personne n'avait marqué autant que lui (21) ni si peu encaissé de buts (3, déjà 2 cette saison !). D'ailleurs, deux des trois meilleurs buteurs de Ligue 1 durant les 15 derniers minutes étaient Cavani et Ibrahimovic (6)... Le PSG avait ouvert le score 30 fois (sur 38), l'emportant 25 fois, soit 83,3 % des cas, cinquième chiffre de Ligue 1. Bref, on voit où se situe le problème : une attaque qui ne sait plus enfoncer le clou en fin de match, comme elle savait le faire depuis deux ans, et une défense qui est certes la troisième de Ligue 1 (6 buts) mais qui ne parvient pas à demeurer hermétique pour compenser les manques de l'attaque.

Le problème Cavani

Cette dernière pose vraiment question. Ibrahimovic a été phénoménal quand il a été là, sauf contre Lyon. Lucas a déjà ouvert trois fois le score - pour deux succès - et confirme ses progrès. Cavani aussi a marqué trois fois, mais pour lui c'est faible, surtout qu'il a quand même beaucoup joué là où il pense, ainsi que les médias, être le meilleur. L'Uruguayen, qui a tout de même marqué 29 fois depuis son arrivée, dont 25 l'an passé, est exaspérant de nullité dès qu'il rejoint l'axe. Il est à l'évidence tout sauf une pointe, il n'arrive pas à se démarquer, est mal placé sur les centres... alors que dès qu'il joue en faux ailier avec le grand suédois, il est tout de suite plus efficace, à défaut d'être consistant dans le jeu. Je me demande encore comment les médias peuvent sérieusement affirmer qu'il joue ailier dans cette équipe. Il joue autant ailier que Neymar à Barcelone, qui lui marque but sur but. Quand Ibrahimovic est sur le terrain, il ne cesse de dézonner et de revenir en retrait, exactement comme Messi à Barcelone, ce qui permet aux "ailiers" - en fait, deux buteurs - de venir plonger dans la surface pour profiter des espaces créés par l'absence de la star dans la surface. Vous trouvez que Cavani joue souvent ailier vous ? Regardez ses matches, et vous verrez. De toutes façons, les ailiers n'existent plus depuis belle lurette et la retraite de Pascal Vahirua...

Obnubilés par la C1

Le match exceptionnel sorti contre Barcelone pose donc la question : est-ce que le PSG n'est-il définitivement pas lancé dans un seul objectif, pourtant tellement aléatoire, la Ligue des Champions ? En recrutant moult joueurs qui, en temps ordinaire, n'auraient jamais imaginer un jour aller jouer à Guingamp ou Evian, pour qui la Ligue 1 n'aurait normalement jamais du être une option de carrière, le PSG ne s'est-il pas, à force de dominer le championnat et d'échouer à une cheveu deux fois aux portes du dernier carré de C1, coupé de sa base, en quelques sortes, de la Ligue 1 en d'autre termes ? Ce phénomène qui frappe d'ordinaire les clubs de Ligue 1 vise à vis des coupes nationales, frapperait-il un PSG dont les principaux joueurs ne rêvent que d'une chose depuis qu'ils se sont imposés dans d'immenses clubs étrangers, avant de rejoindre les bords de Seine, à savoir soulever la Coupe aux grandes oreilles ? Est-ce qu'il n'est pas impossible désormais pour eux de s'investir autant pour un match à Evian ou Rennes que pour affronter Barcelone ?

Vous me direz qu'ils n'avaient pas été fabuleux à Amsterdam, où le scenario avait été le même qu'en Ligue 1, à savoir une ouverture du score parisienne suivie d'une deuxième mi-temps difficile physiquement et une égalisation. C'est le danger qui va guetter le PSG lors de ses deux matches contre Nicosie, qui ont tout de matches terriblement piégeux : sous-estimer l'adversaire, comme il le fait en Ligue 1. Les deux éliminations au nombre de buts marqués à l'extérieur, contre Barcelone en 2013 puis Chelsea l'an dernier, ont été vécu, à juste titre, de façon tellement cruelle par ce groupe qu'il ne pense qu'a une chose : retourner en quarts et effacer ces échecs. Au risque d'oublier que pour parvenir à ce stade, il faut déjà se qualifier, et si possible en terminant premier de sa poule. Et aussi d'oublier qu'il faut déjà se qualifier pour la C1, en ne négligeant pas le championnat...

Je vous laisse, et n'hésitez pas à commenter !