samedi 30 novembre 2013

L'inaltérable Ryan Giggs

Salut à tous,

Ryan Giggs a eu 40 ans hier. Quarante ans ! C'est pas dur, c'est un des rares footballeurs en activité plus âgés que votre serviteur, c'est dire. Revenons sur un cas atypique au plus haut niveau... et encore compétitif.

L'ailier devenu patron

Si Giggs me touche autant, c'est déjà parce qu'il a commencé à jouer un peu après que je commence à m'intéresser au football. Moi c'était à l'automne 1990, lui début 1991, à 17 ans. Et c'était à Manchester United, évidemment, son seul et unique club, pour qui il a joué la bagatelle de 953 matches, série en cours. Il a traversé les époques, connu Eric Cantona puis David Beckham et Ronaldo avant Rooney, l'arrêt Bosman et même le rachat - insupportable pour une partie des supporters historiques de United - du club par un milliardaire américain, qui n'a pourtant pas franchement changé le visage et le quotidien d'un ManU qui côtoyait déjà les sommets avant lui sans dépenser plus qu'il ne gagnait. Il a un peu reculé sur le terrain, mouvement logique pour un joueur de son âge, à l'image d'un Matthaus terminant
sa carrière au poste de libero. Lui est cependant resté au milieu, se recentrant dans l'axe. Ancien ailier virevoltant, il aurait pu terminer latéral, par exemple. Mais les duels du milieu de terrain lui auraient trop manqué, et son sens du jeu lui permet de rester compétitif à un bon niveau.

A part ses tempes et sa barbe grisonnantes, quand on le voit évoluer sur le terrain, on n'a pas vraiment le sentiment qu'il n'a débuté à United qu'un peu plus de trois ans après l'arrivée de son mentor, Alex Ferguson. Il aurait pu se lasser après les 13 championnats, les quatre Cups, les quatre League Cups ou les deux Ligues des Champions glanés, mais non, il court toujours comme un lapin. Bon, âgé le lapin, mais quand même... A chaque saison, on se dit que ce sera sûrement la dernière... mais non, il est toujours là, battant l'été dernier son vieux compère Paul Scholes, jeune retraité qui s'était arrêté une première fois en 2011 avant de vite revenir en janvier 2012, à 37 ans.

Pourtant, il n'est pas le recordman en Angleterre : depuis 1992, trois joueurs ont fait mieux que lui. Il rejoindra Teddy Sheringham dans 271 jours (la saison prochaine, quoi) et Gordon Strachan dans 81 jours. Quant à Kevin Phillips, l'attaquant de Crystal Palace... bah il joue toujours, à 40 ans et 89 jours. Ailleurs, Alessandro Del Piero joue toujours, en Australie, à 39 ans, tout comme Javier Zanetti (40 ans), à l'Inter Milan. On se souviendra également de Dino Zoff qui gagnait une Coupe du Monde à 42 ans, en 1982, et plus loin encore de Sir Stanley Matthews, qui jouait encore en première division, avec Stoke City, en 1965, à l'âge de 50 ans. Pas mal pour un ailier, huit ans après avoir arrêté sa carrière internationale...

A propos de ces joueurs attachés à leurs couleurs comme des huitres à leur bouchot qu'ils sont des exemples, que c'est incroyable de toujours rester dans le même club à l'heure des mercatos animés et des sommes folles dépensés. C'est en partie vrai, mais il ne faut pas oublier un détail : il est quand même plus "facile" de souhaiter rester jouer dans un immense club comme United pour ces deux là, le Real pour Raul ou Casillas, la Juve pour Del Piero ou Milan pour Maldini que lorsque vous avez été formé à Valenciennes ou Southampton, avec tout le respect qu'on doit à ces clubs. Rudy Mater, lui, il a du courage. Giggs, de la persévérance et un physique et un professionnalisme sans faille.

Un Manchester anglophone

Lors de sa première saison à Manchester, en 1990-91, il côtoiera des joueurs littéralement d'un autre temps comme Jim Leighton, le mythique gardien de la sélection écossaise (82-98 !), le colossal Steve Bruce, qui marquera 19 buts cette saison là de son poste de stoppeur, dont 10 penalties, Viv Anderson, officiellement le premier joueur noir à jouer en sélection anglaise, de 1978 à 1988, l'immense Bryan Robson, 90 sélections de 1980 à 1991 et qui s'arrêtera à 39 ans et 355 jours, et bien sur l'ailier écossais Brian McClair ou le buteur gallois Mark Hughes, ces deux là inscrivant chacun 21 buts toutes compétitions confondues. Une véritable équipe britannique, avec un seul non anglophone dans son effectif (l'ailier droit russe Kanchelskis, 22 ans et un seul match joué cette saison là), rude au mal, agressive, avec des dents en moins et une technique assez rudimentaire, à part pour quelques uns, dont Giggs, et qui terminera cinquième du championnat derrière Arsenal, Liverpool, Crystal Palace et ... son voisin City, qui n'a donc pas toujours été ridicule vis à vis de United avant l'arrivée des Emirati.

Il débute le 2 mars 1991, entrant en jeu à la 35e minute d'un match contre Everton, à la place de Dennis Irwin. Un match perdu 0-2... on le revoit ensuite deux mois plus tard, le 4 mai, titulaire lors du derby contre City, justement, remporté (1-0) par United... sur un but de Giggs, à la 22e minute, d'une déviation au premier poteau sur un centre dévié de McClair. Y a pire pour un tel symbole du club de marquer son premier but contre le voisin honni, et lors de son deuxième match seulement... Les images font tellement vieilles qu'on a du mal à imaginer que le buteur de ce match évolue encore sous les mêmes couleurs... L'année suivante, celle qui voit l'arrivée de Peter Schmeichel en provenance de Bröndby - le fils du mythique gardien danois, Kasper, 27 ans, évolue en League One, à Leicester -, il joue 51 matches, à 18 ans, et marque 7 buts. La légende est lancée.


Il est l'aîné de cette génération de gamins lancés par Ferguson au début des années 1990 : Giggs débutait donc en 1991, Gary Neville, Nicky Butt et David Beckham en 1992, tandis que Cantona explosait en rouge, et Paul Scholes en 1994. Si Butt n'a pas confirmé son talent après avoir quitté le club en 2004, avec un passage à Newcastle avant de terminer en Chine, en 2011, Neville a lui aussi effectué toute sa carrière à MU, jusqu'en 2011, tandis que Beckham en terminait l'été dernier, sur un titre à Paris. Tous avaient entre 35 et 38 ans. L'air du nord anglais doit avoir du bon...

Bientôt 1000 matches avec ManU ?

Giggs, qui est également l'adjoint de David Moyes depuis cet été, c'est donc 1018 matches, sélection inclue, dont 953 avec Manchester, 666 en championnat, 159 en Coupe d'Europe (dont 148 en C1), 74 en Cup et 40 en League Cup, sans parler de ses... 14 Community Shields (9 succès). Il en est également à 182 buts, dont 114 en championnat, 30 au niveau européen, tous en Ligue des Champions, 12 en Cup et autant en League Cup, et 13 en 65 sélections. Dans ce domaine, il a eu des pics à 18 en 1994, ou 16 en 2003. Depuis, il n'a plus dépassé 9, mais en a quand même marqué 5 l'année passée...

Voyons un peu les duels avec les clubs français... la dernière fois, c'était en mars 2011, contre Marseille (victoire 2-1). Puis il faut remonter à un huitième de finale à Lyon, en 2008 (match nul 1-1, et qualification). La saison précédente, il y eut le fameux épisode du coup-franc qu'il marqua à Lille, en février 2007, toujours en huitièmes de finale (0-1), et que les Nordistes ne digérèrent pas vu qu'il n'avait pas attendu le coup de sifflet de l'arbitre pour frapper... en octobre 2005, un match nul (0-0), encore contre Lille, en phase de poule, à Old Trafford, puis un autre match nul, à Lyon, en septembre 2004 (2-2). Vous noterez qu'à chaque fois, Giggs ne joue qu'un des deux matches seulement... ce ne fut pas le cas contre Nantes, lors du double affrontement lors de la deuxième phase de poule 2001-02 (1-1, 5-1). Lors de la même saison, ManU avait affronté Lille au premier tour, et Giggs avait participé au match aller, victorieux (1-0) sur un but de Beckham. Il y eut aussi le double affrontement contre Bordeaux, en mars 2000, avec à la clé deux succès des Anglais (2-0, 2-1) avec un but de

Giggs à l'aller, à Old Trafford. Seule défaite de Giggs contre un club français ? A Marseille, en octobre 1999 (1-0). Bilan du Gallois contre les Français : 11 matches, 6 succès, 4 nuls, 1 défaite, et deux buts marqués.

Un lien entre deux époques

Le drame de Giggs est celui que vécu le Finlandais Jari Litmanen ou le Libérien George Weah, par exemple : celui d'évoluer dans une sélection trop juste pour se qualifier pour une grande compétition internationale, ce qui explique, par exemple, son si petit nombre de sélections (65), diluées entre 1991 et 2007, soit quatre par an en moyenne... le Pays de Galles qui n'a participé qu'à une seule Coupe du Monde, en 1958, avec d'ailleurs un quart de finale à la clé, et aucun championnat d'Europe. En sélection, Giggs a accumulé 22 succès, 16 nuls et 27 défaites. Un bilan un peu différent que celui qui est le sien en club. Il n'a ainsi perdu que 31 fois en 148 matches de Ligue des Champions...

Ce qu'il faut comprendre avec Giggs, c'est le lien qu'il crée entre deux époques différentes, et pas seulement par rapport à l'arrêt Bosman et à l'afflux de joueurs étrangers dans les effectifs anglais. Manchester a fait parti de ces grands clubs qui se sont métamorphosés dans les années 90, notamment en profitant pleinement de cette nouvelle donne, en 1996. Lorsque Giggs a débuté, on l'a vu, Manchester n'était qu'un bon club anglais, au passé glorieux mais ancien, qui n'avait plus été champion depuis 1967, gagnait certes la Coupe des Coupes en 1991 mais n'avait gagné qu'une seule Ligue des Champions, en 1968. Dans les années 70 et 80, une demi-douzaine de clubs le dominaient sur le plan domestique, notamment Liverpool, Nottingham Forrest ou Leeds, et le club avait même fréquenté l'étage inférieur en 1974-75. Depuis que Giggs est arrivé, Manchester a plus été champion (13 fois) que non champion (10) et n'a jamais quitté le podium (6 fois 2e), hormis lors de sa première année, riche de deux matches...

Bref, longue vie à Ryan Giggs... Je vous laisse, à plus tard !

jeudi 21 novembre 2013

La défaite des experts

Salut à tous,

Alors, on l'a fait ou pas ? Elle n'est pas là la qualification ? Félicitations à tous les croquemorts de l'Equipe de France, tous les Cassandres qui s'efforcent, depuis 36 heures, de retomber sur leurs pattes, en affirmant le plus sérieusement du monde que ce qu'ils ont dit tout le WE, et depuis plus de trois ans même, à propos de ces Bleus, était vérifié, qu'ils l'assumaient, mais qu'ils étaient heureux quand même. Que cette victoire pleine de volonté et de courage leur donnait raison, que c'était dans la tête des joueurs que ça se passait. Pendant plus de trois ans, ils ont poussé le peuple à détester leur équipe nationale, et aujourd'hui ils osent se présenter en amoureux de cette dernière ? Mais ils n'ont pas le droit de l'ouvrir. Ils devraient utiliser leur droit de silence, pour se faire oublier. Mais depuis mardi soir, on n'a jamais autant vu Pascal Praud à la télé. Comme quoi, que ce que vous disiez soit exact ou non, l'important c'est de dire quelque chose et de l'assumer, n'est-ce pas ? Admettre qu'on a eu tort, c'est quasiment signer son arrêt de mort médiatique. Et Praud aime trop passer à la télé pour ça.

Certains Français aiment leur équipe

Laissons ces tristes personnes dans leurs tours d'ivoire, voulez-vous. On a une qualification à savourer, une communion à faire fructifier. Dire que l’Équipe de France s'est réconciliée avec son public serait erroné : certes, les 80 000 spectateurs du Stade de France, dont votre serviteur, n'étaient pas là pour cracher leur haine, au contraire, ils étaient venus pour jouer
le rôle que tout spectateur de foot devrait avoir, celui de soutien, de 12e homme. Ils voulaient aller au Mondial, ils voulaient aussi montrer qu'ils ne faisaient pas partie des 80 % des gens qui souhaitaient - je dis bien souhaitaient - que la France n'aille pas au Brésil, qu'elle ne le méritait pas. Imaginez-vous un supporter de l'Angleterre souhaiter que son pays échoue ? En France, c'est possible. Non, ceux qui étaient là - et qui avaient acheté leur billet avant la match aller, il faut le reconnaître, et qui souhaitaient peut-être aussi que l'argent investi ne serve pas à rien - ont démontré qu'il restait encore des gens, en France, qui savent se comporter en supporter quand leur équipe en a besoin. C'est ça, un supporter. Ce n'est pas un consommateur, un opportuniste, qui lui tourne le dos dès que les vents deviennent contraires. Ce ne sont pas des Footix.
Ne soyons pas naïfs : à la première défaite, par exemple en mars contre les Pays-Bas, seul match amical programmé pour l'instant, les mêmes discours reviendront : la victoire contre l'Ukraine était chanceuse, cette équipe ne mérite pas d'aller au Brésil, on va être ridicule - si on tombe sur trois équipes du niveau des Pays-Bas, sûrement, mais ce ne sera pas le cas - et surtout, surtout, c'est la faute de Knysna. Dans 20 ans, on continuera de parler de Knysna sans savoir vraiment ce que ce terme étrange veut dire, mais ça fait vendre du papier, donc autant l'utiliser jusqu'à l'usure. Entretenir ce mythe, c'est garder sous le coude un argument comme quoi chaque défaite, chaque match moyen, est du à l'attitude des joueurs, leur manque d'envie, d'amour du maillot. Des arguments aux relents poujadistes et démagogiques,voire xénophobes, malgré le fait que la France ait été sauvée par des joueurs comme Sakho, Benzema, Pogba...

Sakho ce héros

Mais peu importe, au fond. Cette équipe a prouvé qu'elle avait de la qualité, même si rien n'est réglé. Une chose est sûre selon moi : il faudrait être aveugle pour penser qu'elle n'a pas trouvé une assise, un axe défensif extrêmement solide et performant, et je ne parle pas seulement de la charnière. Cette dernière est celle que j'ai trouvé la meilleure depuis très longtemps. Comment peut-on encore penser qu'un Koscielny vaut un Varane ? Ce dernier, qui n'était pas au top physiquement, a pourtant une nouvelle fois rendu une copie d'une très grande qualité, propre et sans la moindre erreur. Varane a-t-il seulement été mauvais une fois en Bleu ? Et combien de fois a-t-il été en difficulté au Real Madrid ? Avant ses blessures, il avait mis sur le banc des phénomènes comme Carvalho ou Pepe, excusez du peu. Et à gauche, comment a-t-on pu croire à la renaissance d'Abidal ? Pour qu'il y ait renaissance, il aurait fallu qu'il y ait naissance, mais le Monégasque n'a jamais été une référence au poste de défenseur central, notamment en Bleu. Alors à 34 ans, après deux ans d'absence pour maladie... ce qui rendait son retour en Bleu sympathique le dessert plus aujourd'hui qu'autre chose. Les belles histoires trouvent souvent leurs limites quand le niveau s'élève sérieusement.

A son poste, difficile de trouver mieux en France que Mamadou Sakho, je suis désolé. Et dire qu'il n'était plus apparu en Bleu depuis juin dernier, hormis sa mi-temps en octobre conte l'Australie... son statut de remplaçant au PSG - situation à la fois regrettable, au vu de son image de titi parisien formé au club, et logique, vue la concurrence - mais aussi, durant les premières semaines, à Liverpool, ont bien failli lui couter cher. Lui qui était titulaire indiscutable pour Deschamps avant cet été compliqué ne pouvait que reprendre sa place. L'avenir, c'est lui, on le savait depuis des années, durant lesquelles on avait tâtonné dans son secteur, même si Blanc avait tenté d'installer pendant deux ans la charnière Rami-Mexès. Mais quel défenseur, en France, rassemble autant de qualité de combattant, de puissance, de force ? Ce n'est pas un monstre technique, soit, même s'il ne me semble pas l'avoir vu rater une relance mardi soir, même les plus compliquées. Mais Desailly en était-il un ? Le grand Marcel aussi ne prenait pas de risque dans la relance, puisqu'il avait Blanc à ses côtés qui s'en chargeait. Mais c'était un monstre défensif qui ne laissait respirer aucun adversaire. Et Desailly s'est révélé plus tard au haut niveau que Sakho. Hormis le pied fort, ils ont beaucoup de points communs, selon moi.

Un trident redoutable

Il est également facile de bien défendre quand vous avez devant vous trois joueurs complémentaires, qui allient puissance défensive, pour deux d'entre eux, et potentiel offensif redoutable, pour les trois. L'abattage hallucinant de Matuidi, la puissance et la vista de Pogba, la technique et la science tactique de Cabaye forment presque le joueur parfait à eux trois. Comment a-t-on pu passer à côté de ce triumvirat ? Les autres joueurs de ce secteur reverront-ils un jour le ciel se découvrir pour eux, si ce n'est sur blessure ou suspension ?
Rappelons que ces trois là étaient suspendus pour le match en Géorgie... étrangement, Sissoko et Guilavogui n'avaient pas apporté la même stabilité, le même sens de la perforation. Ils y seraient peut-être parvenus s'ils avaient évolué avec un troisième joueur dans leur secteur, ce qui leur aurait permit de jouer plus haut et d'apporter des solutions offensives. Le 4-3-3 avait rarement marché avant mardi soir, mais désormais il apparaît comme le système idéal. Tout dépend aussi des joueurs qui l'animent...

C'est drôle parce que vendredi, avant le match, tous les "experts" étaient satisfaits de l'équipe alignée par Deschamps, avec Nasri devant Pogba et Matuidi, c'était pour eux un bon choix, puisque Valbuena était hors de forme, et surtout ça démontrait que Deschamps voulait attaquer, ne pas se contenter de défendre. Par la suite, la défaite venue, on a entendu les mêmes experts affirmer que Deschamps s'était planté dans les grandes largeurs, que cette défaite était la sienne... le jour où on verra un journaliste se dédire, là on pourra parler de véritable démocratie médiatique. La Presse n'a pas de contre-pouvoir pour la forcer à savoir se remettre en question quand elle s'est plantée, comme elle l'exige à propos des gens qu'elle ne cesse de juger, c'est le problème.

Benzema est enfin Benzema

Pour moi, le problème du milieu droit reste posé. J'ai vu toutes les notes positives que Valbuena a reçu, et elles ne sont pas imméritées. Mais elles auront quand même étonné beaucoup de spectateurs présents au stade, et qui ont râlé quand ils ont vu Valbuena continuellement se recentrer, dézonner, et ainsi ne pas offrir de solution à Debuchy, sur le plan offensif mais aussi défensif, puisque ce dernier a souvent du gérer Konoplyanka tout seul, ce qui lui a valu un carton et une sortie prématurée, pour éviter son expulsion. Sur ce match là, ça a marché, mais pas sûr que ça marchera à chaque fois, permettez moi d'en douter. Valbuena n'a pas réglé le problème du milieu droit parce qu'il n'a pas joué milieu droit. En revanche, quel excellent tireur de coups de pied arrêtés ! Il faut toujours un bon tireur dans une équipe, et avec lui et Ribéry, on est pas mal. Manque juste un gaucher... comme d'habitude.

Devant, Benzema a prouvé qu'il avait retrouvé la confiance qui le rend, selon moi, supérieur à un Olivier Giroud qui semble limité techniquement pour le haut niveau, selon moi, mais qui demeure une bonne solution de rechange en cours de match. Tant que Benzema, qui a des automatismes avec Ribéry, marque et se montre décisif, on ne peut pas le mettre sur le banc, même si ça ne fera pas plaisir aux amateurs de joueurs qui font joli - et Français de souche. De toutes façons, l’Équipe de France a besoin d'avoir des cadres qui assurent le job. Ribéry, qui est moins passé dans son couloir que d'habitude mais qui a fait expulser deux Ukrainiens, et a provoqué deux buts mardi soir, le fait régulièrement depuis deux ans. Si Benzema le fait aussi, on peut voir venir.

A plus tard !

mardi 19 novembre 2013

Battre l'Ukraine, mode d'emploi

Salut à tous,

Après ce match aller qui a mal tourné pour des Bleus pourtant plus présents dans le combat et l'envie que les médias veulent bien nous faire croire, mais qui ont craqué sur deux erreurs de défense et quelques détails, quelles sont leurs chances aujourd'hui, à quelques heures d'un match retour qui décidera de beaucoup de choses, que ce soit sportivement ou médiatiquement ? Si l'on s'en tient aux statistiques, aucunes : jamais une équipe menée de deux buts dans un barrage européen n'a réussi à remonter cet écart. Ça tombe bien, avant le traquenard de Kiev, jamais l'Ukraine n'avait battu la France... comme quoi, les trucs arrivent, parfois.

Des défenseurs qui doivent défendre

Quelles sont les solutions qui se présentent à elles, qui ne possède toujours pas de certitudes à une demi douzaine de postes ni sur le plan tactique ? La clé de tout, ce ne sera pas l'envie - qui était déjà là vendredi, et qui sera là ce soir, sinon on ne comprends plus rien - mais l'efficacité, et pas seulement dans les deux surfaces de réparation, même si c'est là que la France a failli vendredi, notamment dans la sienne. On savait que la charnière Koscielny-Abidal ne présentait pas toutes les garanties, on en a eu confirmation : le Gunner, qui n'est pas un défenseur né, a toujours du mal dès que le haut niveau se présente, et n'en est pas à son premier penalty provoqué, tandis qu'Abidal n'était déjà pas ce qui se faisait de mieux dans l'axe avant ses deux ans d'absence pour maladie, alors maintenant... sans parler de son âge. Même chose pour Debuchy, qui présente les lacunes classiques de l'ancien milieu
reconverti latéral, même si ça date maintenant : formidable centreur, il peine dans les duels, comme Evra. C'est le syndrome Van der Wiel, qui brille plus depuis que Paris a le ballon et qu'il peut quasiment évoluer ailier, tandis que Motta et les défenseurs font le boulot dans son dos. Debuchy et Evra n'ont pas cette chance, ils ont beaucoup plus de boulot défensif, surtout à l'extérieur, et ça se voit.

Si Sakho remplace Abidal et Varane, Koscielny, on peut penser que la France y gagnera dans le combat, au moins, même si on peut avoir des doutes sur le physique du Madrilène. On ne pourra pas suspecter Sakho de rechigner à la tâche défensive, il est en pleine forme avec Liverpool, et ça pourrait permettre à Evra de monter plus sereinement, et ainsi offrir plus de soutien à Ribéry, qui en a manqué à Kiev, puisque Evra devait s'occuper de Yarmolenko. Une chose est sûre, Deschamps va devoir se faire violence et prendre des risques, mais pas trop, sachant que les Ukrainiens n'attendront qu'une seule chose, comme à l'aller après l'ouverture du score : des espaces en contre, et on a vu qu'ils savaient y faire. Pas besoin de marquer très vite, du moment qu'on marque : si on en mets deux dans le premier quart d'heure, les Ukrainiens auront tout le temps pour mettre le but qui nous obligera à en mettre deux de plus... ce qu'il faut, c'est ne pas confondre audace avec témérité. Ne pas se jeter comme des dingues, à la fois tactiquement - ce qui offrirait des contres, donc - mais aussi dans l'engagement : il ne faudrait pas qu'on se retrouve prématurément à dix parce qu'un de nos joueurs aurait confondu le ballon avec la cheville d'un adversaire. Ne pas écouter la démagogie de Dugarry, qui souhaite voir des Bleus se jeter à la gorge des Ukrainiens : c'est une pratique interdite dans à peu près tous les sports, même de combat.

Un milieu qui se projette

Au milieu, la France n'a pas failli à Kiev, même si elle a semblé bousculée par l'engagement parfois excessif des hommes de Fomenko. On a compris pourquoi ces derniers prenaient tant de cartons... en cela, on nous a changé l'Ukraine romantique de Blokhine ou Shevchenko... Peut-être faudrait-il aligner trois milieux axiaux, comme le PSG, sans véritable meneur, avec Cabaye à la place de Nasri devant Pogba et Matuidi, de façon à ce que ces trois là puissent se projeter un peu plus, comme ils le font en club. A seulement deux défensifs, Pogba et Matuidi ne peuvent se permettre de prendre trop de risques sans que l'autre ne se retrouve isolé. Avec un joueur supplémentaire, Pogba et Matuidi, qui jouent relayeurs en club, ainsi que Cabaye, pourraient porter le surnombre dans la surface, ou au moins à ses abords, par la qualité de leurs frappes de balle. Après tout, c'est ce que font tous les milieux modernes : ils défendent, ils relancent, et ils marquent aussi, ils se projettent dans la surface. Comment voulez vous qu'un avant-centre, aussi doué soit-il, puisse s'en sortir seul dans une surface si personne vient le soutenir en phase offensive ?

Enfin, l'attaque. Ribéry a été parfaitement pris par deux, voire trois joueurs, vendredi. Il doit faire mieux, par exemple en se recentrant ou en permutant avec son partenaire évoluant à droite, mais il doit aussi avoir plus de soutien, de la part d'Evra, de Matuidi, de l'éventuel meneur, que sais-je. Le mouvement offensif ne doit pas être brouillon, mais il ne doit pas non plus être figé. A Paris, Cavani est ailier droit pour la forme, il ne cesse de revenir dans l'axe, tandis que Zlatan recule pour distribuer. A Barcelone, Messi joue-t-il vraiment
attaquant de pointe ? Bien sûr que non, il doit faire face au jeu pour briller, donc il part de loin, tandis que ses deux ailiers, Pedro, Sanchez ou Neymar, offrent des solutions dans l'axe ou étirent la défense en restant sur le côté. Ce qu'il faut, c'est semer la panique dans la lourde défense ukrainienne. Centrer ? Inutile, ils sont immenses et de toutes façons on ne sait pas centrer, malgré Debuchy. Il faut jouer au sol, redoubler de passes, écarter cette défense pour ensuite repasser par l'axe. Et être efficace devant le but.

Rater un Mondial, ça arrive

Ce qui pose problème, sur le plan mental, c'est que les Ukrainiens sont invaincus depuis 12 matches, et prennent très peu de buts. Hormis leurs deux ailiers ils manquent de génie, mais Zozulia, devant, a démontré qu'il ne fallait pas dénigrer sa vivacité. Et Edmar n'est pas un Brésilien de naissance par hasard. Bref, qualifier, comme l'Equipe ce matin, d'"humiliation" cette défaite de l'aller est définitivement la preuve que peu de gens s'y connaissent vraiment en football dans ce pays, y compris dans les rangs de ceux qui pensent tout savoir, à savoir les journalistes. Perdre contre la Chine, comme en 2010 avant le Mondial (0-1), oui c'est une humiliation, en Ukraine sur un coup de dé, non. Il s'agit des barrages, épreuve où normalement toutes les équipes se tiennent et ont brillé dans leurs qualifications, sinon elles ne seraient pas là. L'Ukraine qui a fourni à peu près tous ses grands joueurs à l'URSS, et qui possède des clubs qui, eux, gagnent des Coupes d'Europe. Croire que la France est suffisamment un pays de football pour regarder tous les autres de haut, hormis les très grands, c'est oublier les longues périodes de disette qui ont fait le lien entre les générations Kopa, Platini et Zidane.

Il faudra avoir la chance qu'on n'a pas eu vendredi, mais ça implique qu'on en ait pas et qu'on se fasse sortir. Rater une Coupe du Monde, c'est terrible, certains joueurs de l’Équipe de France n'ont même jamais vécu ça. Mais ça fait partie du jeu, de l'Histoire des Bleus, ça arrive. Et, même si je sais que je parle dans le vide, ça ne servira à rien de dresser un procès à ces joueurs qui n'auront eu qu'un tort : d'être tombé dans le groupe de l'Espagne, et de ne pas être une génération immense. Rien à voir avec les casques sur les oreilles, le manque de sourire, les coupes de cheveux moches ou leurs origines ethniques ou sociales. Ils ne sont pas mieux payés, plus méchants ou pédants ou détestables que ceux de 98, simplement ils gagnaient, eux. C'est le seul critère sur lequel ils doivent être jugés, tout en se disant que la défaite fait partie du jeu.

Allez je vous laisse, et allez les Bleus !

jeudi 14 novembre 2013

Des éliminations utiles

Salut à tous,

Dans quelques jours, à égale distance entre les deux matches de barrage entre l'Ukraine et la France, qualificatifs pour la prochaine Coupe du Monde brésilienne, on "fêtera" les 20 ans de France-Bulgarie. J'imagine déjà les petits fours, l'ovation faite au Stade de France à un Emil Kostadinov devenu chauve, une séance d'applaudissements à la 93e minute en hommage à son but... je ne plaisante qu'à moitié.

Kostadinov... pas si grave

Que ce serait-il passé si le tir fatidique du plus célèbre bulgare avec Stoïchkov et Sylvie Vartan avait ne serait-ce que percuté la barre - ce qu'il a fait d'ailleurs, avant de rentrer quand même, avec des poteaux carrés il ne serait pas rentré... on est vraiment maudit - ou raté le cadre ? Ou bien, en remontant le temps, si quelqu'un avait su l'intercepter avant, ou Penev, ou encore si Ginola avait su garder le ballon ? Et si Laurent Blanc n'avait pas été battu de la tête par Kostadinov sur l'égalisation sur corner ? Ou si Reynald Pédros, présent sur la ligne mais trop court sur ce ballon, avait fait 5 centimètres de plus ? Ou porté une crête façon Hamsik ? Ou si, simplement, on avait continué d'attaquer après la - belle - ouverture du score de Cantona, au lieu de vouloir gérer ce petit but face à une de nos bêtes noires historiques ? On n'a qu'à choisir...



On parle souvent d'un chambardement après ce qu'il faut bien appeler un naufrage, un changement total de joueurs, après celui de sélectionneur, Gérard Houiller, qui se rattrapera bien de ce ratage intégral à Liverpool et Lyon, et qui laissait sa place à son adjoint, Aimé Jacquet, qui n'était pas non plus un choix par défaut puisqu'il s'agissait quand même de l'entraîneur du grand Bordeaux des années 80. Forcément, la presse, connue pour son tempérament modéré et ses analyses pondérées, avait réclamé que tout le monde parte, etc. Faire table rase. Pourtant, ce n'était pas comme si on n'était pas habitué à ne pas disputer une Coupe du Monde... depuis la guerre, on en avait raté 6 sur 12, donc une sur deux... avec les qualifs pour l'Euro, systématiquement ratées entre 1960 et 1992 (!), le rapport est même négatif... la déception était intensifiée par la surprise de voir l'élimination d'une équipe qui maîtrisait son destin avant de recevoir deux fois, Israël puis la Bulgarie, avec pour objectif de prendre un petit point sur ces deux matches. Franchement, comment pouvait-elle se rater ? Et pourtant elle l'a fait, s'inclinant à chaque fois dans les arrêts de jeu (2-3 et 1-2), scenarii encore plus cruels. Un autre scenario, plus calme, plus clément, mais avec quand même l'élimination à la fin, n'aurait pas autant remué le monde du football : on aurait enregistré une nouvelle élimination, c'est tout. Pour la France, c'était une habitude. Depuis, on n'a plus raté un grand tournoi. Était-ce un mal pour un bien ?

Les mêmes en 98

Je le disais, on a parlé d'un chambardement mais sept joueurs présents sur la feuille de match ce 17 novembre 2013 allaient être champions du Monde quatre ans et demi plus tard, et d'Europe deux ans après (Petit, Deschamps, Desailly, Blanc, Lizarazu, Djorkaeff et Lama). Pourtant, après la Bulgarie, on ne voulait plus les voir, juré craché. Blanc était coupable sur le premier but
et sur le second en se faisant déborder par Kostadinov, sur lequel Petit était absent, Deschamps était insipide et Lama avait pris deux buts, imparables certes, mais quand même, virons le aussi. Les trois autres étaient de jeunes internationaux, laissons leur leur chance.

Lors du match suivant, le fameux amical à Naples contre l'Italie, les Bleus s'imposent (0-1) sur un but de Djorkaeff sur une passe de Ginola, l'honnis après son centre "assassin" contre les Bulgares. Où sont les autres ? Lama et Desailly sont là, Deschamps aussi, ainsi que Cantona ou Roche. Mais Jacquet innove, et fait appel à plusieurs jeunes inexpérimentés, qu'on croit être les successeurs de ces ratés qui ont manqué le Mondial, ceux qui parviendront à faire se relever le football français, par ailleurs empêtré dans l'affaire VA-OM. Pourtant, que sont devenus les Gnako, Cyprien ou Martins, qui ont débuté en Bleu ce jour là ? Ils ne sont pas devenus champions du Monde en tous cas, ça c'est sur, pas plus que Le Guen ou Guérin, ni Di Méco. On dit souvent que ce France-Bulgarie a permis de purger un peu cette équipe et de repartir de zéro, c'est en partie vrai. Mais au final, c'est grâce à plusieurs de ces joueurs là que la France a atteint le sommet mondial.

Pas de cassure

Tout comme maintenant, la France pourrait - je dis bien pourrait - se qualifier pour le Brésil avec Evra, Ribéry, Abidal... ces hontes de la France qui ne sont pas descendus du bus à Knysna. Comme quoi, les déclarations de mort internationales après les grands échecs des Bleus, réclamées par une presse toujours assoiffée de sang et amatrice de chutes de tête pour

avoir de quoi écrire, restent souvent lettres mortes. Sept joueurs éliminés par la Bulgarie toujours présents en Bleus quatre ans et demi plus tard ? Un taux de renouvellement somme toute assez habituel. Il n'y a pas eu de cassure nette, même si on a peu vu Deschamps (4 m.) en 94. Faute de successeurs potables, on est vite revenus aux valeurs sûres... un peu comme maintenant. Bien évidemment, si la France tombe contre l'Ukraine, comme elle en a l'habitude lors de ces matches piégeux, tout ça sera la faute de ceux qui auront permis le retour de ces fâcheux, à savoir Le Graet et ses deux sélectionneurs, Blanc et Deschamps. En revanche, si on passe... Ainsi va l'avis pusillanime des médias.

France-Bulgarie a été la première expérience de ce genre pour le football français. Et encore, ils n'ont pas eu à gérer l'effet Tweeter, qui permet à n'importe qui de déclarer n'importe quoi sur n'importe quel sujet, avis personnels se muant en opinion, ce qu'ont vécus les Bleus qui ont éliminé l'Irlande en barrage sur la main d'Henry et ceux qui sont restés dans le bus. On a l'impression qu'il n'y a pas eu d'élimination honteuse avant, ni de qualification honteuse d'ailleurs. Est-ce que la série en cours des Bleus, toujours présents en tournoi depuis 1996, est due aux conséquences de France-Bulgarie ? Pas dans le choix des joueurs en tous cas, puisque si la génération Cantona-Papin a disparu ensuite, c'est surtout à cause de l'âge, Papin résistant jusqu'en 1995 par exemple. C'était une équipe jeune, comme maintenant, ses cadres ne dépassant pas les 30 ans. Mais les tout justes trentenaires, comme Papin ou Sauzée, n'ont pas enchaîné ensuite. Que les jeunes succèdent aux vieux, c'est la logique de toutes les équipes du monde depuis le début du sport.
Mais il aurait été difficile de sélectionner Henry et Trézéguet en 1993...

Faire table rase après un échec, c'est un fantasme de journaliste : aucune équipe ne pourrait survivre à une telle saignée. La France serait-elle en barrage si elle avait continué avec l'équipe battue en amical en Norvège après le Mondial 2010 (2-1), celle qui ne comptait aucun mondialiste ? Où sont les Ruffier, Cissokho, M'Vila, N'Zogbia, Hoarau, pour les titulaires, les Lassana Diarra, Ben Arfa ou Briand chez les remplaçants ? Sans parler de Rami, Mexès, Sissoko, Rémy ou Ménez, qui sont loin d'avoir crevé l'écran en Bleu ces derniers mois. Qu'aurait-on fait sans Ribéry ? Sans Lloris ? On s'apprêterait peut-être à jouer deux matches amicaux avec un nouveau sélectionneur, qui sait. Oui, les Bleus se sont renouvelés, mais pas plus que d'habitude. Comme en 93, quoi.

Je vous laisse, à plus tard !

mercredi 30 octobre 2013

Une soirée dans le Chaudron

Salut à tous,

Grand moment pour votre serviteur blogueur dimanche soir : sa première visite à un stade et un public mythique, Geoffroy-Guichard. Et, ce qui ne gâchait rien, il s'agissait d'une des plus belles affiches françaises qui soit, Saint-Étienne-PSG. Soit deux des plus beaux palmarès du foot français, ainsi que l'affrontement entre deux équipes ambitieuses pour les premières places du championnat, c'est peu de le dire. Enfin, il s'agissait de voir si les Verts allaient continuer à être la bête noire du PSG d'Ibrahimovic, qui n'avait jamais battu les Ligériens en trois rencontres l'an passé, ne marquant qu'une fois, sur penalty, et récoltant un rouge lors de la visite des Verts au Parc des Princes, il y a un an (1-2).

Un stade mythique, un

Mais l'essentiel était ailleurs. Dans mon éternel désir de voir un maximum de stades dans ma vie, les plus mythiques possibles, je réservais déjà à Geoffroy-Guichard une place à part. Avec tout le respect que je dois aux enceintes bordelaises (deux fois), montpelliéraines, nantaises, et même martégales, audoniennes, vannetaises et
carquefoliennes, aucune d'entre elles ne porte sur elle des oripeaux historiques et mythiques aussi chatoyants que ceux du Chaudron stéphanois. Oui, il y a eu de grands matches à Bordeaux et à Nantes, à Paris aussi, bien sûr, mais peut-on autant citer pour eux des adversaires estoqués à coups de retournements de situation homériques tels que le Dynamo Kiev (0-2, 3-0 a.p.), Hajduk Split (1-4, 5-1 a.p.) dans les années 70, et même le grand Bayern Munich (0-2, 3-0) quelques années plus tôt, à part si on est supporter des clubs concernés ? Oui, il y a eu le Real Madrid au Parc des Princes en 1993, il y a eu la Juve de Platini qui a failli se faire retourner au Parc Lescure, avant de manquer de se faire sortir dix ans ans plus tard à la Beaujoire... mais en nombre, le Chaudron les surpasse tous.

Mais pas que là dessus. Tant qu'on n'y a pas vécu un match, si possible un grand match, une affiche, difficile d'imaginer à quel point ce stade, qui est pourtant encore ouvert dans deux de ses coins et qui, en raison des travaux pour l'Euro 2016, est en partie fermé au niveau de sa tribune présidentielle, peut être oppressant, voire irrespirable pour l'adversaire. Au vu de ma soirée de dimanche, en haut de cette tribune Henri Point, en face de la présidentielle, difficile d'imaginer des équipes adverses venir se balader ici tranquillement, ne pas subir une pression folle, du public mais surtout de joueurs habillés de vert sur-motivés par l'ambiance et le soutien de 30 à 40 000 supporters déchainés, qui déversent sur les vingt-cinq acteurs des vagues de chants et de cris qui se répercutent entre de hauts murs escarpés ? Que peut-il arriver à cette équipe stéphanoise, quand son peuple hurle, que ce bruit efface tout et que les adversaires ne peuvent pas s'entendre penser, avant qu'un Fabien Lemoine ne vienne leur découper le pied s'ils ne lâchent pas assez rapidement le ballon ? Et comment ces Verts peuvent-ils avoir déjà perdu sept points à domicile en six rencontres, sans parler de leur incroyable défaite à domicile contre Esbjerg, en tour préliminaire de la Ligue Europa (0-1), avec une arme pareille à leur disposition ?

Un public de connaisseurs

Le club stéphanois semble avoir trouvé un moyen simple mais efficace pour échauffer ses supporters avant le match : les faire poireauter une heure sous leur tribune avant de les faire enfin monter dix petites minutes avant le début du match. En revanche, les faire grimper la cinquantaine de marches pour parvenir en haut de la tribune aurait tendance à les essouffler légèrement. Peu importe, le spectacle qui s'offre alors à la vue du bizut est époustouflant : un stade escarpé, aux tribunes populaires hautes, uniformément vertes et chantant puissamment et à gorge déployée des chants parfaitement rodés et entraînants.
Je n'en ai jamais vu, mais je me suis cru durant deux heures dans un stade anglais à l'ancienne, avec des limites de jeu extrêmement proches des premiers supporters. Quand aux deux kops stéphanois, ils m'ont fait penser au mur de Dortmund, cette tribune de 25 000 places unique au monde.

Le Parc des Princes mis à part - le seul stade fermé de France, où chaque son est multiplié par mille... problème, il n'y a plus de vrais supporters dans cette enceinte - nulle part je n'ai vu une telle ambiance, un tel climat, un tel mélange de soutien indéfectible, d’enthousiasme bon enfant et de pression hostile à l'adversaire. A un détail près, non des moindres : lors de la présentation de l'équipe parisienne, tous les joueurs ont été sifflés comme il se doit. Tous, sauf deux : Zoumana Camara et Blaise Matuidi, deux anciens stéphanois qui, eux, ont été applaudis. Pour info, le premier nommé a quitté le club en 2007... ça s'appelle un public de connaisseurs, un vrai public de foot, comme on n'en voit qu'en Espagne, en Grande-Bretagne ou en Allemagne, voire même aux Pays-Bas.


Tout pour réussir


  
Durant le match, les chants ne s’interrompront qu'à deux occasions, hors mi-temps : lors des deux buts stéphanois, qui laisseront place à des moments de délires collectifs intenses. J'ai assisté à des grands matches au Parc des Princes, notamment celui contre Liverpool en demi-finales de la Coupe des Coupes 1997 (3-0), ou contre Arsenal en 1994 (1-1), c'était du même niveau. Ah si, lors de l'expulsion pas si sévère que ça de Lemoine (lui même l'a admis le lendemain, à froid), aussi. La fin fut évidemment plus tendue, mais même lorsque Cavani réduisit le score, l'ambiance ne baissa en aucune façon.

Je ne sais pas comment ça se passe lors d'un match dit "normal" - cela existe-t-il seulement là-bas ? Pas sûr. Ça devait être moins chaud en Ligue 2, c'est sûr, ou en Coupe de la Ligue. Mais quand même, quelle perle ! Les stars étrangères du PSG, qui viennent du championnat italien où, certes, figurent quelques monuments comme San Siro ou l'Olimpico de Rome, mais où les stades sont souvent vétustes et rarement adaptés au seul football, ont dû apprécier d'évoluer dans un stade aussi chaud, aussi fervent. Ça a dû rappeler à Cavani, par exemple, certains derbys uruguayens ou argentins. On dénigre souvent le football français, parfois à raison, mais Saint-Étienne et son stade font partie indiscutablement de ses grandes fiertés. Reste à fournir à cette équipe un mental plus élevé, une exigence supérieure et quelques moyens supplémentaires et il y a tout, là-bas, pour qu'une grande équipe européenne y subsiste. Avec ou sans impôts...

A plus tard !

mercredi 16 octobre 2013

Sus aux barrages !

Salut à tous,

Après ces deux très bons matches de l’Équipe de France face à deux équipes qui sont certes loin du gratin mondial, mais qui ne sont pas non plus si nulles que ça, il est temps de faire un petit état des lieux avant les barrages qui s'annoncent dans un mois. Et qui font déjà frissonner l'épiderme des quelques supporters que comptent encore cette équipe dans ce pays à la relation si étrange avec le "supportariat".

Des qualifs réussies

D'abord, un constat : avec 17 points sur 24 possibles, la France a réalisé, quoi qu'on en dise, un excellent parcours, surtout quand on sait qu'elle a du se coltiner la meilleure équipe du monde sur les six dernières années, l'Espagne, contre qui elle a même réussi à gratter un point, et sur qui elle ne compte, à la fin du bal, que trois petits points de retard. Soit une victoire, celle obtenue sans briller par la Roja au Stade de France, en début d'année (0-1). Les deux équipes ont donc pris le même nombre de points contre les trois autres adversaires de la poule, à savoir 16 sur 18. Comme parcours chaotique, j'ai déjà vu pire. Dès le tirage au sort, on savait que le destin probable de ces Bleus était de terminer barragiste. C'est ce qui est arrivé, mais le fait qu'elle aurait encore pu coiffer sa grande rivale lors du dernier match, comme c'était le cas hier soir, prouve qu'elle n'a pas raté du tout sa phase qualificative, loin de là.

Elle s'est ratée sur un seul match, celui en Géorgie (0-0). Si elle l'avait emporté, elle aurait échoué à un point de l'Espagne, ce qui ne change pas grand chose, mais quand on se
remémore le dernier France-Espagne, qui aurait tout aussi bien pu se terminer en match nul, on peut se dire que la première place de cette poule ne s'est vraiment pas jouée à grand chose. Et que, au passage, l'Espagne est loin d'avoir maîtrisée son sujet, avec un match nul contre la Finlande, à Gijon (1-1), des victoires compliquées contre le Bélarus (2-1), la Géorgie (0-1, 2-0) et la Finlande (0-2) et les matches accrochés contre la France (1-1, 0-1), qui termine d'ailleurs avec une meilleure attaque (15 contre 14). Comparés aux parcours des Pays-Bas (34 buts) ou de l'Allemagne (36), ça fait pâle figure. Mais on sait depuis longtemps que le talent de l'Espagne, contrairement aux idées reçues, repose autant sur un beau collectif que sur des qualités de pressing et de défense au-dessus de la moyenne, il suffit de regarder ses derniers tournois, où elle s'est souvent contentée de 1-0 minimalistes mais efficaces pour passer les obstacles.

Ribéry se charge de tout

Revenons à la France. Le paradoxe ultime, sachant qu'elle possède logiquement moins de chance de gagner ses barrages que de les perdre, vu son statut de non tête de série, serait qu'elle soit éliminée tout en possédant en son sein le futur Ballon d'Or. Mais l'aura-t-il si la France échoue ? Malgré tout, que serait cette équipe sans Franck Ribéry ? On aurait aussi pu se poser la question durant les années Platini, mais c'est vrai qu'en ce moment on a presque du mal à imaginer la France marquer un but sans un coup de pouce de l'ailier du Bayern. Contre l'Australie (6-0), il marque une fois, donne trois buts et se trouve à l'origine d'un autre, soit cinq sur six. Hier soir, sur trois buts, il ouvre le score d'une façon sublime et donne le troisième but à Benzema. Ce fut également le cas au Bélarus, le mois dernier (2-4), où il marqua deux fois. Lors des deux dernières années civiles, il a signé 10 (deux fois cinq) de ses 18 passes décisives dans le jeu en Bleu, soit le même total que Zidane... qui compte 30 capes de plus (108 contre 78). Dans le même temps, la France a marqué 38 buts, sur lesquels il a été directement impliqué un fois sur deux (9+10)... Il a marqué cinq fois cette année, aucun Bleu n'avait marqué autant depuis Thierry Henry, en 2007...

Seize buts, 18 passes en 78 sélections, pas mal pour le footballeur le plus moqué en France, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le sport : les affaires de prostitutions, certes, mais aussi son visage et ses difficultés en Français. Un racisme anti moche mais aussi de classe, qui ne valorise pas notre pays, déjà à la peine en ce moment au niveau des valeurs d'humanisme. Ce qui est drôle, vu que son énorme popularité, en 2006, valait autant pour ses qualités balle au pied que pour sa fraîcheur, ses blagues potaches, et un constat : c'est un petit gars du peuple. On le célébrait pour ça, on le moque aujourd'hui pour ça. En tous cas, un chose est sûre : on n'ira pas au Brésil sans un grand Ribéry.

La défense tangue

Étrange année 2013, durant laquelle les Bleus ont battu leur record en terme de minutes sans marquer consécutivement (525, soit près de six matches) et qui viennent de marquer 13 buts en trois matches... difficile d'évaluer ses forces et ses faiblesses, hormis l'évidence Ribéry. Elle est inconstante, c'est un fait. Combien de joueurs sont indiscutables dans cette équipe ? Lloris, Matuidi, Ribéry, c'est à peu près tout. Evra, de par son expérience et le
manque de concurrence, l'est en partie, tout comme Debuchy, l'expérience en moins. Les deux latéraux qui ont écarté les faibles prétendants à leur postes sans vraiment le faire exprès, même si le joueur de Newcastle affiche toujours une belle qualité de centre. Mais ce sont d'anciens ailiers qui sont toujours aussi moyens sur le plan défensif. Face aux faibles ailiers australiens ou finlandais, ça passe (et encore, hier on a concédé beaucoup d'occasions venant des côtés) mais dès que le niveau s'élèvera... on pourra trembler. Vous me direz, le Brésil a remporté cinq Coupes du Monde avec des latéraux qui défendent mal, mais c'est le Brésil, il peut se le permettre, pas nous.

Dans l'axe, on a vu hier qu'Abidal, malgré toute la sympathie que son parcours fait naître dans nos petits cœurs, mais aussi son immense expérience, n'était pas vraiment une bonne solution. Heureusement que Koscielny a rattrapé plusieurs coups... le Monégasque a plusieurs fois été battu dans son dos, ce qui est sensé ne pas lui arriver vu sa pointe de vitesse. Mais à 34 ans et après quasiment deux ans sans jouer, celle-ci semble appartenir au passé. Heureusement, on a Varane et Sakho en réserve. Peut-être faudrait-il que Deschamps soit enfin convaincu que l'ancien Parisien est devenu meilleur qu'Abidal. Et que Koscielny, aussi intelligent soit-il, ne vaut pas un demi Varane. La sélection naturelle finira par faire le travail.

Le milieu, point fort des Bleus

Au milieu, on semblait parti pour un duo Pogba-Matuidi mais Cabaye est revenu battre les cartes. Avec un constat : quand le Magpie est là, la qualité de passes des Bleus s'en ressent. Étant entendu que Deschamps semble avoir définitivement adopté le 4-2-3-1 que la majorité des équipes dans le monde appliquent, il va falloir qu'il tranche. Matuidi, par son abatage et son travail au milieu, mais aussi son jeu vers l'avant (ce fut moins le cas hier) semble indiscutable. Pogba, de part son statut à la Juve et son âge, ce qui implique une marge de progression énorme, également. Disons que Cabaye semble être une solution un poil plus offensive, quand la France aura besoin de moins défendre et mieux jouer. Contre l'Australie, par exemple, ce fut parfait. Quand ce sera l'Allemagne en face, c'est moins sûr. En tous cas, c'est le secteur le plus performant, mais ce n'est pas nouveau, c'est plutôt une constante chez l’Équipe de France, qui a gagné une Coupe du Monde grâce à lui.

Avant d'arriver aux attaquants de pointe, voyons ceux chargés de les fournir en ballon. Ribéry semble avoir phagocyté la fonction avec talent, et pour cause : personne d'autre ne parvient à équilibrer le jeu de l'autre côté. Les autres passeurs cette année, à part lui qui en a signé cinq ? Valbuena (2), Nasri et Sissoko (1). Ménez provisoirement (?) out, Payet pour l'instant trop juste, il reste la solution Rémy, qui est pour moi la meilleure (avec Ménez, à son niveau optimal). Le Magpie (encore) présente le double avantage de savoir briller dans le couloir droit mais aussi devant le but, on le voit en Angleterre. On l'a moins vu contre l'Australie, où il a mangé plusieurs belles opportunités. Mais il fut le meilleur buteur des Bleus en 2011, avec trois buts, et avec 4 buts en 20 sélections (9 titularisations), il n'est pas ridicule. Un profil à la Thierry Henry, mais côté droit.

Pour le reste, Valbuena et Nasri ne sont pas convaincants sur un côté, même si ça n'empêche pas les Bleus de gagner. Nasri est potentiellement supérieur, Valbuena est plus combatif mais n'a toujours rien prouvé en club au niveau international, malgré quelques éclairs. Le problème ne se pose donc pas seulement pour le poste d'ailier droit : si un des deux s'était vraiment imposé derrière l'attaquant, on ne se demanderait pas qui ira jouer à droite. Et je ne parle pas des solutions Gourcuff, Grenier ou Martin... la France n'a jamais eu de grande génération sans grand numéro 10. Donc on est encore loin de la queue du Mickey.

Benzema ou Giroud ?

Les buteurs, enfin... Le sujet à la mode. Souvenez vous, il y a deux mois et demi, le problème majeur des Bleus, c'était l'avant-centre. Benzema n'avait plus marqué depuis un an, mais Giroud ne marquait pas non plus. On en venait presque à se demander si Gomis n'était pas la meilleure solution. En France, on a toujours pas compris qu'un buteur ne marquait pas, ou rarement, sans un collectif huilé autour de lui. Malgré la filiation revendiquée par lui-même, Benzema n'est pas Ronaldo, qui faisait des différences énormes tout seul, du moins avant ses blessures de milieu de carrière. Et Giroud, malgré son altruisme et sa combativité, reste un avant-centre à la Hoarau, pas très rapide, grand, costaud, bon de la tête, devant et derrière, mais dont le rendement dépend énormément du nombre de ballons exploitables arrivant dans la surface. Il ne sera jamais un grand technicien, lui qui a été
rejeté par Grenoble à 21 ans, et qui ne s'est révélé en Ligue 1 qu'à 24, alors que Benzema marquait déjà des buts dans l'élite à 19 ans. Des parcours opposés, tout comme leurs profils techniques. Cependant, si Benzema a une meilleure cadence de buts par sélections (0,27 contre 0,21) il est battu au comptage par minutes (1 but toutes les 224 minutes contre 1 toutes les 207 pour Giroud). Bref, sur ce plan là, ça reste serré.

Aujourd'hui, je suis partagé. Giroud est plus efficace en club que Benzema, dont je me demande encore comment il peut être titulaire dans une équipe comme le Real, qui a toujours brillé grâce à des buteurs immenses, les meilleurs à leurs postes. Heureusement que Ronaldo fait le job... aujourd'hui, ils sont un demi douzaine à être de meilleurs avant-centres que lui, sur lesquels le Real lorgne d'ailleurs avidement (Falcao, Rooney, Van Persie, Cavani, Ibrahimovic...). Mais Benzema est tout de même le meilleur buteur en Bleu en activité (17 buts), et le deuxième meilleur buteur français de l'histoire de la Ligue des Champions (33 buts) derrière Henry (50) et devant Trezeguet (29). Giroud est le 33e avec 3 buts en un peu plus d'une saison à ce niveau... reste que sur la forme actuelle, il semble devant. Mais à 27 ans, s'il était le grand buteur que la France attend depuis la retraite d'Henry, ça se saurait, sincèrement. J'espère me tromper.

En tous cas, en deux mois on est passé d'un choix par défaut à un choix cornélien : qui choisir ? Benzema a mis deux buts beaucoup plus difficiles à mettre qu'il n'y parait : en une touche, au premier poteau, sur des centres tendus. Couper au premier poteau : un truc qu'il ne faisait jamais, et qu'il aurait du faire avant au lieu de se comporter comme un avant-centre français ordinaire, à savoir attendre bêtement au deuxième ou aux six mètres qu'un ballon lui arrive dessus. Giroud, lui, a marqué deux jolis buts contre l'Australie, même si le deuxième me semble plus être une volée ratée qu'un véritable piqué volontaire. Mais bon, comme les médias sont fans, ils ont chaussé leurs lunettes déviantes qui leur avait permit d'affirmer que la volée de Zidane, en 2002, n'était pas également une volée ratée. C'est pas grave, c'est beau quand même.

Au final, frottons nous les mains de posséder un des deux meilleurs ailiers du monde dans nos rangs, et des buteurs enfin efficace. Avec une défense un poil plus solide et un milieu toujours talentueux, et maintenant des avant-centres efficaces, elle peut aborder ces barrages avec confiance, même si le tirage peut changer la donne. Éliminer le Portugal de Ronaldo, ça aurait de la gueule... ce serait dommage aussi un peu. Le mieux, ce serait la Grèce, on perdrait pas grand chose. Ouhlàlà je suis vilain !

Vivement les barrages, l'attente va être longue.

A plus tard !

samedi 28 septembre 2013

Sept journées dissequées

Salut à tous,

Premier post de la nouvelle saison de Ligue 1, qui est déjà bien entamée maintenant. Sept journées, ça fait déjà presque 20 % des matches qui ont été joués. Les chiffres que je vais vous fournir ne seront évidemment pas les mêmes dans 5, 10 ou 20 journées, mais ils indiquent en tous cas la tendance de ce début de saison. Et comme dans tout début de saison, il y a des surprises, qui auront plus ou moins de mal à tenir la distance. Mais sept journées, déjà, c'est pas mal.

Des 0-0 à la pelle

D'abord, la moyenne de buts, particulièrement faiblarde (2,21). L'an passé, on en était à 2,54, soit presque un but en moins tous les trois matches. Ça semble négligeable, mais c'est loin d'être le cas, c'est trois buts de moins par journées. Ça signifie surtout une hausse nette des 0-0, quatrième score le plus fréquent (14,3 %), soit une place de mieux que l'an passé et presque le double d'unités (8,7 %) ! Sans les dix 0-0 qu'on a du se fader en 7 journées, soit
une journée entière, on tournerait à 2,58 buts, soit un peu plus que l'an passé... sur les cinq dernières journées, on tourne carrément à deux 0-0 par journée, puisqu'il y en a pas eu lors des deux premières. En sept journées, on a atteint une fois 29 buts et une fois 27, mais on est passé trois fois sous les 20, et pas qu'un peu lors de la troisième journée (15 !). Enfin, comparaison fatale, on tourne à 3,27 en Allemagne - où il y a eu... aucun 0-0 en 54 matches - soit plus d'un but par match par rapport à la France.

Monaco et Paris, leaders solides

Il reste encore deux équipes invaincues - Paris et Monaco - et une équipe sans succès, Sochaux (deux nuls, 5 défaites). Il reste également trois équipes invaincues à l'extérieur (les deux gros cités plus Marseille) mais aussi neuf équipes vierges de succès à l'extérieur, soit près de la moitié ! La palme à Lorient et Valenciennes, qui ont perdu leurs quatre et trois matches hors de leurs bases, en inscrivant... zéro but. La hausse des victoires à domicile (47,1 contre 44,7 l'an passé) n'est pourtant pas gigantesque, la baisses des succès à l'extérieur (22,9 contre 26,8) à peine plus prononcée.

Monaco est un leader solide puisqu'il possède la meilleure défense (3) devant Lille, le PSG, Reims et Rennes (4) et la meilleure attaque (13) devant Lyon (12). A noter que Bordeaux n'a marqué qu'une fois en quatre matches à domicile, contre cinq fois en trois matches à l'extérieur... Revenons à Monaco, qui concentre donc le plus de buts, avec le plus petit nombre de buteurs de Ligue 1, à savoir deux, Falcao (7) et son remplaçant, Rivière (6), dont il ne devait même pas soupçonner l'existence il y a trois mois... personne ne possède moins de buteur que le leader du championnat, même Sochaux et Nantes (3). A titre de comparaison, Guingamp en compte 6 (Yatabaré - 4 - plus les cinq buteurs du matches contre Sochaux, 5-1 !) tout comme les Verts, et le PSG, sept, plus gros chiffre de Ligue 1.

Étonnants Danois !

On note une nette hausse des buts étrangers cette saison (53,3 % contre 46,3). La faute aux buteurs européens, auteurs d'un bon début de saison et qui résistent à l'offensive des buteurs sud-américains, Falcao (7), Cvitanich (4) ou Cavani (3). Et ce grâce non pas aux seuls buts du Suédois Ibrahimovic, plus discret cette saison sur ce plan (2), mais à ceux des voisins danois, auteurs de cinq buts, dont trois pour l'étonnant toulousain Braithwaite. L'an passé, le Danemark avait marqué... deux buts, six l'année d'avant, aucun entre 2009 et 2011 et cinq en 2008-09, et n'est pas passé au-dessus des dix buts en Ligue 1 depuis 1995. Suivent la Belgique, Israël, le Portugal et la Serbie (3). Mais le leader toutes catégories est la Colombie de Falcao mais aussi Montano, avec 9 buts au total, devant la Côte D'Ivoire (7) et le Brésil et le Mali (6). L'Argentine, tenante du titre, est pour l'instant à la traine (5), en compagnie de l'Algérie et donc du Danemark. Par continents, l'Afrique a mis le temps mais est déjà solidement en tête (31) devant l'Europe (25) et l'Amsud (24). Le duel s'annonce serré, comme l'an passé, où l'Europe l'avait emporté de trois buts (109 à 99).

Les jeunes en forme, plus de coup-francs

Avec la crise, les clubs français sont fauchés et, à l'image par exemple de Lyon, sont contraints de s'appuyer sur les jeunes, ce qui explique les bons débuts des moins de 21 ans (8 %), même si la hausse par rapport à l'an passé est faible (7,4). Mais l'an passé les jeunes avaient débuté très timidement avant de finir fort, une tendance qui pourrait se confirmer cette saison. A noter que, contrairement à l'an passé, le PSG compte déjà deux représentants dans ce classement (Rabiot et Lucas). Il était également absent des + de 31 ans, qui ont
marqué autant que les jeunes alors que d'ordinaire ils les dominent aisément, puisque Maxwell et Ibrahimovic sont désormais qualifiés pour figurer parmi les "vieux"...

André-Pierre Gignac s'était fait une spécialité, celle d'ouvreur de score (8 buts sur 13), il remet ça cette saison, puisque ses trois buts ont à chaque fois défloré le tableau d'affichage. Il était accompagné de Cvitanich et Ibrahimovic l'an passé, cette fois il doit faire de la place à Djordjevic, qui a également toujours ouvert le score, et Cvitanich encore une fois.

Bons débuts des tireurs de coup-franc (8, soit 5,3 % contre 4,1 l'an passé), alors que les deux meilleurs de la saison écoulée, Khazri et Ibrahimovic (3) n'ont pas encore trouvé la faille dans ce domaine. Clément Grenier (Lyon) fait figure de favori logique, sachant qu'hormis Atik (Guingamp) et son coéquipier Gourcuff, aucun des autres buteurs dans ce domaine ne présente le profil d'un grand tireur de coup-franc (Saivet, Dja Djedje, Wass, Aliadière et Tiéné). Mais je peux me tromper ! Attention à Wass tout de même.

Ibrahimovic toujours passeur

Les penalties sont forcément plus nombreux, et deux joueurs ont déjà marqué deux fois dans cet exercice, Falcao et Melikson (Valenciennes). Très peu de buts de joueurs que j'appelle "revanchards", seuls Aboubakar, contre Lorient, et S.Camara, contre Nice, ayant marqué contre un de leurs anciens clubs. L'an passé ils représentaient 2,5 % du total, soit deux fois plus que cette année (1,33). Les remplaçants, eux sont en très légère baisse (10 % contre 11,5) avec déjà deux buts de Rivière, mais aussi deux buts de jeunes africains d'Ajaccio (Tallo et Camara) très prometteurs. Sept clubs ne comptent encore aucun but de remplaçant, dont Lyon ou Saint-Étienne. Ils étaient onze avant la dernière journée, riche en buts venant du banc (5).

Chez les passeurs, Ibrahimovic est une nouvelle fois en tête, puisqu'il avait fini co leader avec Valbuena l'an passé, avec 9 unités. Il en est déjà à 4 cette année (même si la Ligue a eu l'étrange idée de lui refuser celle à Nantes, légèrement déviée...) dont deux pour Cavani, avec qui il est sensé ne pas s'entendre. Le Suédois devance celui qui part grand favori de ce classement, selon moi, à savoir Moutinho (3) et 15 autres joueurs à deux passes, dont Saivet, Grenier, Gourcuff, Valbuena, Brüls (Nice), Hamouma et les latéraux Fanni, Kurzawa, Lemaître et I.Cissokho, ce qui permet de ne pas trop désespérer sur notre capacité à produire de bons latéraux en France, enfin. C'est également Paris qui compte le plus de passes décisives, à égalité avec Lyon (8), qui a marqué deux buts de plus. En revanche, Valenciennes n'en compte qu'une seule.

Valenciennes ne doit pas être menée

Trois équipes ont le plus ouvert le score cette saison, Marseille, Nantes, Sainté et Paris (5). Mais seul le PSG n'a jamais perdu en ouvrant le score, tout en concédant un nul (Monaco, 1-1), Marseille et les Verts perdant une fois et Nantes, deux. Lille et Monaco, qui ont ouvert le score quatre fois, l'ont emporté à chaque fois, tout comme Rennes (3 sur 3) et Reims (2 sur 2). A noter que Lorient, Valenciennes et... Lyon n'ont ouvert le score qu'une seule fois, avec la victoire à chaque fois à la clé. Quant à Sochaux, les deux fois où les Lionceaux ont marqué en premier, ils ont perdu à chaque fois... Si vous menez d'entrée, vous avez 71,7 % de l'emporter (69,2 l'an passé). A l'inverse, trois équipes ne comptent aucune défaite après avoir concédé l'ouverture du score, Marseille (1 sur 1) et Monaco et Paris (2 sur 2). Mais neuf équipes, elles, ont toujours perdu quand elles ont été menées en premier, dont Nantes et Rennes (1), Lille et Sainté (2), Bordeaux (3) et surtout Valenciennes (6 sur 6 !). Enfin, seules cinq équipes l'ont emporté après avoir été menées en premier, notamment Lyon, qui l'a fait deux fois sur 5. Monaco, Montpellier, Toulouse et Lorient ont également réussi cet "exploit", qui représente 10 % du total (9,2 l'an passé).

Attendez, ce n'est pas fini... Monaco est également leader dans le dernier quart d'heure, avec 4 points récupérés, devant le PSG (3), Nantes, Marseille et Rennes (2). Dans le bas du tableau, on retrouve Lyon, Bordeaux et les Verts (-1), et Ajaccio, Valenciennes et Sochaux (-2). Six équipes n'ont encore concédé aucun but tardif (Monaco, le PSG, Nantes, Rennes, Lille et Lorient), quatre n'ont pas encore marqué en fin de match (Lorient, à zéro dans les deux cas, Nice, Sainté et Sochaux). Devinez qui sont les plus efficaces dans les quinze dernières minutes ? Rivière (3) et Falcao (2)...

Paris ne maîtrise pas ses matches

Enfin (oui on arrive à la fin) Saint-Étienne est l'équipe qui a mené durant le plus de temps (296 min) devant Lille (264) et Marseille (239). En bas du tableau figurent Montpellier (88), Toulouse (54), Valenciennes (53) et Sochaux (33). Plusieurs fois menés, Monaco (206) et surtout le PSG (166) sont encore loin des meilleurs. Le club parisien qui paie son match contre Ajaccio (1-1 après avoir été mené pendant 80 mn !) et qui peine à rattraper les équipes ayant été menées le moins longtemps, avec 127 min, contre 19 pour Monaco, 33 pour Marseille ou 65 pour Rennes. Lorient, en revanche, ferme la marche (325) derrière VA (272) ou Evian (268). Si on soustrait ces chiffres là aux premiers, c'est Marseille qui compte le meilleur différentiel (+207) devant Monaco (+187) et Sainté (+161). Paris est 9e (+39) alors que Valenciennes (-219) et Lorient (-220) sont derniers.

Allez, un petit dernier : il faut à peu près 10 tirs pour marquer un but, dont quatre cadrés, des chiffres à peu près stables par rapport à l'an passé, même si les tirs cadrés faisaient plus souvent mouche (28,7 %). C'est ce qui fait la différence, puisqu'on tire au but autant que l'an passé (23,5 tirs par match contre 23,7) et on cadre autant (8,6 contre 8,9). A quoi tient une moyenne de buts... là, c'est aux gardiens pour l'instant.

Allez, je vous laisse ! Et n'hésitez pas à réagir !