jeudi 14 novembre 2013

Des éliminations utiles

Salut à tous,

Dans quelques jours, à égale distance entre les deux matches de barrage entre l'Ukraine et la France, qualificatifs pour la prochaine Coupe du Monde brésilienne, on "fêtera" les 20 ans de France-Bulgarie. J'imagine déjà les petits fours, l'ovation faite au Stade de France à un Emil Kostadinov devenu chauve, une séance d'applaudissements à la 93e minute en hommage à son but... je ne plaisante qu'à moitié.

Kostadinov... pas si grave

Que ce serait-il passé si le tir fatidique du plus célèbre bulgare avec Stoïchkov et Sylvie Vartan avait ne serait-ce que percuté la barre - ce qu'il a fait d'ailleurs, avant de rentrer quand même, avec des poteaux carrés il ne serait pas rentré... on est vraiment maudit - ou raté le cadre ? Ou bien, en remontant le temps, si quelqu'un avait su l'intercepter avant, ou Penev, ou encore si Ginola avait su garder le ballon ? Et si Laurent Blanc n'avait pas été battu de la tête par Kostadinov sur l'égalisation sur corner ? Ou si Reynald Pédros, présent sur la ligne mais trop court sur ce ballon, avait fait 5 centimètres de plus ? Ou porté une crête façon Hamsik ? Ou si, simplement, on avait continué d'attaquer après la - belle - ouverture du score de Cantona, au lieu de vouloir gérer ce petit but face à une de nos bêtes noires historiques ? On n'a qu'à choisir...



On parle souvent d'un chambardement après ce qu'il faut bien appeler un naufrage, un changement total de joueurs, après celui de sélectionneur, Gérard Houiller, qui se rattrapera bien de ce ratage intégral à Liverpool et Lyon, et qui laissait sa place à son adjoint, Aimé Jacquet, qui n'était pas non plus un choix par défaut puisqu'il s'agissait quand même de l'entraîneur du grand Bordeaux des années 80. Forcément, la presse, connue pour son tempérament modéré et ses analyses pondérées, avait réclamé que tout le monde parte, etc. Faire table rase. Pourtant, ce n'était pas comme si on n'était pas habitué à ne pas disputer une Coupe du Monde... depuis la guerre, on en avait raté 6 sur 12, donc une sur deux... avec les qualifs pour l'Euro, systématiquement ratées entre 1960 et 1992 (!), le rapport est même négatif... la déception était intensifiée par la surprise de voir l'élimination d'une équipe qui maîtrisait son destin avant de recevoir deux fois, Israël puis la Bulgarie, avec pour objectif de prendre un petit point sur ces deux matches. Franchement, comment pouvait-elle se rater ? Et pourtant elle l'a fait, s'inclinant à chaque fois dans les arrêts de jeu (2-3 et 1-2), scenarii encore plus cruels. Un autre scenario, plus calme, plus clément, mais avec quand même l'élimination à la fin, n'aurait pas autant remué le monde du football : on aurait enregistré une nouvelle élimination, c'est tout. Pour la France, c'était une habitude. Depuis, on n'a plus raté un grand tournoi. Était-ce un mal pour un bien ?

Les mêmes en 98

Je le disais, on a parlé d'un chambardement mais sept joueurs présents sur la feuille de match ce 17 novembre 2013 allaient être champions du Monde quatre ans et demi plus tard, et d'Europe deux ans après (Petit, Deschamps, Desailly, Blanc, Lizarazu, Djorkaeff et Lama). Pourtant, après la Bulgarie, on ne voulait plus les voir, juré craché. Blanc était coupable sur le premier but
et sur le second en se faisant déborder par Kostadinov, sur lequel Petit était absent, Deschamps était insipide et Lama avait pris deux buts, imparables certes, mais quand même, virons le aussi. Les trois autres étaient de jeunes internationaux, laissons leur leur chance.

Lors du match suivant, le fameux amical à Naples contre l'Italie, les Bleus s'imposent (0-1) sur un but de Djorkaeff sur une passe de Ginola, l'honnis après son centre "assassin" contre les Bulgares. Où sont les autres ? Lama et Desailly sont là, Deschamps aussi, ainsi que Cantona ou Roche. Mais Jacquet innove, et fait appel à plusieurs jeunes inexpérimentés, qu'on croit être les successeurs de ces ratés qui ont manqué le Mondial, ceux qui parviendront à faire se relever le football français, par ailleurs empêtré dans l'affaire VA-OM. Pourtant, que sont devenus les Gnako, Cyprien ou Martins, qui ont débuté en Bleu ce jour là ? Ils ne sont pas devenus champions du Monde en tous cas, ça c'est sur, pas plus que Le Guen ou Guérin, ni Di Méco. On dit souvent que ce France-Bulgarie a permis de purger un peu cette équipe et de repartir de zéro, c'est en partie vrai. Mais au final, c'est grâce à plusieurs de ces joueurs là que la France a atteint le sommet mondial.

Pas de cassure

Tout comme maintenant, la France pourrait - je dis bien pourrait - se qualifier pour le Brésil avec Evra, Ribéry, Abidal... ces hontes de la France qui ne sont pas descendus du bus à Knysna. Comme quoi, les déclarations de mort internationales après les grands échecs des Bleus, réclamées par une presse toujours assoiffée de sang et amatrice de chutes de tête pour

avoir de quoi écrire, restent souvent lettres mortes. Sept joueurs éliminés par la Bulgarie toujours présents en Bleus quatre ans et demi plus tard ? Un taux de renouvellement somme toute assez habituel. Il n'y a pas eu de cassure nette, même si on a peu vu Deschamps (4 m.) en 94. Faute de successeurs potables, on est vite revenus aux valeurs sûres... un peu comme maintenant. Bien évidemment, si la France tombe contre l'Ukraine, comme elle en a l'habitude lors de ces matches piégeux, tout ça sera la faute de ceux qui auront permis le retour de ces fâcheux, à savoir Le Graet et ses deux sélectionneurs, Blanc et Deschamps. En revanche, si on passe... Ainsi va l'avis pusillanime des médias.

France-Bulgarie a été la première expérience de ce genre pour le football français. Et encore, ils n'ont pas eu à gérer l'effet Tweeter, qui permet à n'importe qui de déclarer n'importe quoi sur n'importe quel sujet, avis personnels se muant en opinion, ce qu'ont vécus les Bleus qui ont éliminé l'Irlande en barrage sur la main d'Henry et ceux qui sont restés dans le bus. On a l'impression qu'il n'y a pas eu d'élimination honteuse avant, ni de qualification honteuse d'ailleurs. Est-ce que la série en cours des Bleus, toujours présents en tournoi depuis 1996, est due aux conséquences de France-Bulgarie ? Pas dans le choix des joueurs en tous cas, puisque si la génération Cantona-Papin a disparu ensuite, c'est surtout à cause de l'âge, Papin résistant jusqu'en 1995 par exemple. C'était une équipe jeune, comme maintenant, ses cadres ne dépassant pas les 30 ans. Mais les tout justes trentenaires, comme Papin ou Sauzée, n'ont pas enchaîné ensuite. Que les jeunes succèdent aux vieux, c'est la logique de toutes les équipes du monde depuis le début du sport.
Mais il aurait été difficile de sélectionner Henry et Trézéguet en 1993...

Faire table rase après un échec, c'est un fantasme de journaliste : aucune équipe ne pourrait survivre à une telle saignée. La France serait-elle en barrage si elle avait continué avec l'équipe battue en amical en Norvège après le Mondial 2010 (2-1), celle qui ne comptait aucun mondialiste ? Où sont les Ruffier, Cissokho, M'Vila, N'Zogbia, Hoarau, pour les titulaires, les Lassana Diarra, Ben Arfa ou Briand chez les remplaçants ? Sans parler de Rami, Mexès, Sissoko, Rémy ou Ménez, qui sont loin d'avoir crevé l'écran en Bleu ces derniers mois. Qu'aurait-on fait sans Ribéry ? Sans Lloris ? On s'apprêterait peut-être à jouer deux matches amicaux avec un nouveau sélectionneur, qui sait. Oui, les Bleus se sont renouvelés, mais pas plus que d'habitude. Comme en 93, quoi.

Je vous laisse, à plus tard !

mercredi 30 octobre 2013

Une soirée dans le Chaudron

Salut à tous,

Grand moment pour votre serviteur blogueur dimanche soir : sa première visite à un stade et un public mythique, Geoffroy-Guichard. Et, ce qui ne gâchait rien, il s'agissait d'une des plus belles affiches françaises qui soit, Saint-Étienne-PSG. Soit deux des plus beaux palmarès du foot français, ainsi que l'affrontement entre deux équipes ambitieuses pour les premières places du championnat, c'est peu de le dire. Enfin, il s'agissait de voir si les Verts allaient continuer à être la bête noire du PSG d'Ibrahimovic, qui n'avait jamais battu les Ligériens en trois rencontres l'an passé, ne marquant qu'une fois, sur penalty, et récoltant un rouge lors de la visite des Verts au Parc des Princes, il y a un an (1-2).

Un stade mythique, un

Mais l'essentiel était ailleurs. Dans mon éternel désir de voir un maximum de stades dans ma vie, les plus mythiques possibles, je réservais déjà à Geoffroy-Guichard une place à part. Avec tout le respect que je dois aux enceintes bordelaises (deux fois), montpelliéraines, nantaises, et même martégales, audoniennes, vannetaises et
carquefoliennes, aucune d'entre elles ne porte sur elle des oripeaux historiques et mythiques aussi chatoyants que ceux du Chaudron stéphanois. Oui, il y a eu de grands matches à Bordeaux et à Nantes, à Paris aussi, bien sûr, mais peut-on autant citer pour eux des adversaires estoqués à coups de retournements de situation homériques tels que le Dynamo Kiev (0-2, 3-0 a.p.), Hajduk Split (1-4, 5-1 a.p.) dans les années 70, et même le grand Bayern Munich (0-2, 3-0) quelques années plus tôt, à part si on est supporter des clubs concernés ? Oui, il y a eu le Real Madrid au Parc des Princes en 1993, il y a eu la Juve de Platini qui a failli se faire retourner au Parc Lescure, avant de manquer de se faire sortir dix ans ans plus tard à la Beaujoire... mais en nombre, le Chaudron les surpasse tous.

Mais pas que là dessus. Tant qu'on n'y a pas vécu un match, si possible un grand match, une affiche, difficile d'imaginer à quel point ce stade, qui est pourtant encore ouvert dans deux de ses coins et qui, en raison des travaux pour l'Euro 2016, est en partie fermé au niveau de sa tribune présidentielle, peut être oppressant, voire irrespirable pour l'adversaire. Au vu de ma soirée de dimanche, en haut de cette tribune Henri Point, en face de la présidentielle, difficile d'imaginer des équipes adverses venir se balader ici tranquillement, ne pas subir une pression folle, du public mais surtout de joueurs habillés de vert sur-motivés par l'ambiance et le soutien de 30 à 40 000 supporters déchainés, qui déversent sur les vingt-cinq acteurs des vagues de chants et de cris qui se répercutent entre de hauts murs escarpés ? Que peut-il arriver à cette équipe stéphanoise, quand son peuple hurle, que ce bruit efface tout et que les adversaires ne peuvent pas s'entendre penser, avant qu'un Fabien Lemoine ne vienne leur découper le pied s'ils ne lâchent pas assez rapidement le ballon ? Et comment ces Verts peuvent-ils avoir déjà perdu sept points à domicile en six rencontres, sans parler de leur incroyable défaite à domicile contre Esbjerg, en tour préliminaire de la Ligue Europa (0-1), avec une arme pareille à leur disposition ?

Un public de connaisseurs

Le club stéphanois semble avoir trouvé un moyen simple mais efficace pour échauffer ses supporters avant le match : les faire poireauter une heure sous leur tribune avant de les faire enfin monter dix petites minutes avant le début du match. En revanche, les faire grimper la cinquantaine de marches pour parvenir en haut de la tribune aurait tendance à les essouffler légèrement. Peu importe, le spectacle qui s'offre alors à la vue du bizut est époustouflant : un stade escarpé, aux tribunes populaires hautes, uniformément vertes et chantant puissamment et à gorge déployée des chants parfaitement rodés et entraînants.
Je n'en ai jamais vu, mais je me suis cru durant deux heures dans un stade anglais à l'ancienne, avec des limites de jeu extrêmement proches des premiers supporters. Quand aux deux kops stéphanois, ils m'ont fait penser au mur de Dortmund, cette tribune de 25 000 places unique au monde.

Le Parc des Princes mis à part - le seul stade fermé de France, où chaque son est multiplié par mille... problème, il n'y a plus de vrais supporters dans cette enceinte - nulle part je n'ai vu une telle ambiance, un tel climat, un tel mélange de soutien indéfectible, d’enthousiasme bon enfant et de pression hostile à l'adversaire. A un détail près, non des moindres : lors de la présentation de l'équipe parisienne, tous les joueurs ont été sifflés comme il se doit. Tous, sauf deux : Zoumana Camara et Blaise Matuidi, deux anciens stéphanois qui, eux, ont été applaudis. Pour info, le premier nommé a quitté le club en 2007... ça s'appelle un public de connaisseurs, un vrai public de foot, comme on n'en voit qu'en Espagne, en Grande-Bretagne ou en Allemagne, voire même aux Pays-Bas.


Tout pour réussir


  
Durant le match, les chants ne s’interrompront qu'à deux occasions, hors mi-temps : lors des deux buts stéphanois, qui laisseront place à des moments de délires collectifs intenses. J'ai assisté à des grands matches au Parc des Princes, notamment celui contre Liverpool en demi-finales de la Coupe des Coupes 1997 (3-0), ou contre Arsenal en 1994 (1-1), c'était du même niveau. Ah si, lors de l'expulsion pas si sévère que ça de Lemoine (lui même l'a admis le lendemain, à froid), aussi. La fin fut évidemment plus tendue, mais même lorsque Cavani réduisit le score, l'ambiance ne baissa en aucune façon.

Je ne sais pas comment ça se passe lors d'un match dit "normal" - cela existe-t-il seulement là-bas ? Pas sûr. Ça devait être moins chaud en Ligue 2, c'est sûr, ou en Coupe de la Ligue. Mais quand même, quelle perle ! Les stars étrangères du PSG, qui viennent du championnat italien où, certes, figurent quelques monuments comme San Siro ou l'Olimpico de Rome, mais où les stades sont souvent vétustes et rarement adaptés au seul football, ont dû apprécier d'évoluer dans un stade aussi chaud, aussi fervent. Ça a dû rappeler à Cavani, par exemple, certains derbys uruguayens ou argentins. On dénigre souvent le football français, parfois à raison, mais Saint-Étienne et son stade font partie indiscutablement de ses grandes fiertés. Reste à fournir à cette équipe un mental plus élevé, une exigence supérieure et quelques moyens supplémentaires et il y a tout, là-bas, pour qu'une grande équipe européenne y subsiste. Avec ou sans impôts...

A plus tard !

mercredi 16 octobre 2013

Sus aux barrages !

Salut à tous,

Après ces deux très bons matches de l’Équipe de France face à deux équipes qui sont certes loin du gratin mondial, mais qui ne sont pas non plus si nulles que ça, il est temps de faire un petit état des lieux avant les barrages qui s'annoncent dans un mois. Et qui font déjà frissonner l'épiderme des quelques supporters que comptent encore cette équipe dans ce pays à la relation si étrange avec le "supportariat".

Des qualifs réussies

D'abord, un constat : avec 17 points sur 24 possibles, la France a réalisé, quoi qu'on en dise, un excellent parcours, surtout quand on sait qu'elle a du se coltiner la meilleure équipe du monde sur les six dernières années, l'Espagne, contre qui elle a même réussi à gratter un point, et sur qui elle ne compte, à la fin du bal, que trois petits points de retard. Soit une victoire, celle obtenue sans briller par la Roja au Stade de France, en début d'année (0-1). Les deux équipes ont donc pris le même nombre de points contre les trois autres adversaires de la poule, à savoir 16 sur 18. Comme parcours chaotique, j'ai déjà vu pire. Dès le tirage au sort, on savait que le destin probable de ces Bleus était de terminer barragiste. C'est ce qui est arrivé, mais le fait qu'elle aurait encore pu coiffer sa grande rivale lors du dernier match, comme c'était le cas hier soir, prouve qu'elle n'a pas raté du tout sa phase qualificative, loin de là.

Elle s'est ratée sur un seul match, celui en Géorgie (0-0). Si elle l'avait emporté, elle aurait échoué à un point de l'Espagne, ce qui ne change pas grand chose, mais quand on se
remémore le dernier France-Espagne, qui aurait tout aussi bien pu se terminer en match nul, on peut se dire que la première place de cette poule ne s'est vraiment pas jouée à grand chose. Et que, au passage, l'Espagne est loin d'avoir maîtrisée son sujet, avec un match nul contre la Finlande, à Gijon (1-1), des victoires compliquées contre le Bélarus (2-1), la Géorgie (0-1, 2-0) et la Finlande (0-2) et les matches accrochés contre la France (1-1, 0-1), qui termine d'ailleurs avec une meilleure attaque (15 contre 14). Comparés aux parcours des Pays-Bas (34 buts) ou de l'Allemagne (36), ça fait pâle figure. Mais on sait depuis longtemps que le talent de l'Espagne, contrairement aux idées reçues, repose autant sur un beau collectif que sur des qualités de pressing et de défense au-dessus de la moyenne, il suffit de regarder ses derniers tournois, où elle s'est souvent contentée de 1-0 minimalistes mais efficaces pour passer les obstacles.

Ribéry se charge de tout

Revenons à la France. Le paradoxe ultime, sachant qu'elle possède logiquement moins de chance de gagner ses barrages que de les perdre, vu son statut de non tête de série, serait qu'elle soit éliminée tout en possédant en son sein le futur Ballon d'Or. Mais l'aura-t-il si la France échoue ? Malgré tout, que serait cette équipe sans Franck Ribéry ? On aurait aussi pu se poser la question durant les années Platini, mais c'est vrai qu'en ce moment on a presque du mal à imaginer la France marquer un but sans un coup de pouce de l'ailier du Bayern. Contre l'Australie (6-0), il marque une fois, donne trois buts et se trouve à l'origine d'un autre, soit cinq sur six. Hier soir, sur trois buts, il ouvre le score d'une façon sublime et donne le troisième but à Benzema. Ce fut également le cas au Bélarus, le mois dernier (2-4), où il marqua deux fois. Lors des deux dernières années civiles, il a signé 10 (deux fois cinq) de ses 18 passes décisives dans le jeu en Bleu, soit le même total que Zidane... qui compte 30 capes de plus (108 contre 78). Dans le même temps, la France a marqué 38 buts, sur lesquels il a été directement impliqué un fois sur deux (9+10)... Il a marqué cinq fois cette année, aucun Bleu n'avait marqué autant depuis Thierry Henry, en 2007...

Seize buts, 18 passes en 78 sélections, pas mal pour le footballeur le plus moqué en France, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le sport : les affaires de prostitutions, certes, mais aussi son visage et ses difficultés en Français. Un racisme anti moche mais aussi de classe, qui ne valorise pas notre pays, déjà à la peine en ce moment au niveau des valeurs d'humanisme. Ce qui est drôle, vu que son énorme popularité, en 2006, valait autant pour ses qualités balle au pied que pour sa fraîcheur, ses blagues potaches, et un constat : c'est un petit gars du peuple. On le célébrait pour ça, on le moque aujourd'hui pour ça. En tous cas, un chose est sûre : on n'ira pas au Brésil sans un grand Ribéry.

La défense tangue

Étrange année 2013, durant laquelle les Bleus ont battu leur record en terme de minutes sans marquer consécutivement (525, soit près de six matches) et qui viennent de marquer 13 buts en trois matches... difficile d'évaluer ses forces et ses faiblesses, hormis l'évidence Ribéry. Elle est inconstante, c'est un fait. Combien de joueurs sont indiscutables dans cette équipe ? Lloris, Matuidi, Ribéry, c'est à peu près tout. Evra, de par son expérience et le
manque de concurrence, l'est en partie, tout comme Debuchy, l'expérience en moins. Les deux latéraux qui ont écarté les faibles prétendants à leur postes sans vraiment le faire exprès, même si le joueur de Newcastle affiche toujours une belle qualité de centre. Mais ce sont d'anciens ailiers qui sont toujours aussi moyens sur le plan défensif. Face aux faibles ailiers australiens ou finlandais, ça passe (et encore, hier on a concédé beaucoup d'occasions venant des côtés) mais dès que le niveau s'élèvera... on pourra trembler. Vous me direz, le Brésil a remporté cinq Coupes du Monde avec des latéraux qui défendent mal, mais c'est le Brésil, il peut se le permettre, pas nous.

Dans l'axe, on a vu hier qu'Abidal, malgré toute la sympathie que son parcours fait naître dans nos petits cœurs, mais aussi son immense expérience, n'était pas vraiment une bonne solution. Heureusement que Koscielny a rattrapé plusieurs coups... le Monégasque a plusieurs fois été battu dans son dos, ce qui est sensé ne pas lui arriver vu sa pointe de vitesse. Mais à 34 ans et après quasiment deux ans sans jouer, celle-ci semble appartenir au passé. Heureusement, on a Varane et Sakho en réserve. Peut-être faudrait-il que Deschamps soit enfin convaincu que l'ancien Parisien est devenu meilleur qu'Abidal. Et que Koscielny, aussi intelligent soit-il, ne vaut pas un demi Varane. La sélection naturelle finira par faire le travail.

Le milieu, point fort des Bleus

Au milieu, on semblait parti pour un duo Pogba-Matuidi mais Cabaye est revenu battre les cartes. Avec un constat : quand le Magpie est là, la qualité de passes des Bleus s'en ressent. Étant entendu que Deschamps semble avoir définitivement adopté le 4-2-3-1 que la majorité des équipes dans le monde appliquent, il va falloir qu'il tranche. Matuidi, par son abatage et son travail au milieu, mais aussi son jeu vers l'avant (ce fut moins le cas hier) semble indiscutable. Pogba, de part son statut à la Juve et son âge, ce qui implique une marge de progression énorme, également. Disons que Cabaye semble être une solution un poil plus offensive, quand la France aura besoin de moins défendre et mieux jouer. Contre l'Australie, par exemple, ce fut parfait. Quand ce sera l'Allemagne en face, c'est moins sûr. En tous cas, c'est le secteur le plus performant, mais ce n'est pas nouveau, c'est plutôt une constante chez l’Équipe de France, qui a gagné une Coupe du Monde grâce à lui.

Avant d'arriver aux attaquants de pointe, voyons ceux chargés de les fournir en ballon. Ribéry semble avoir phagocyté la fonction avec talent, et pour cause : personne d'autre ne parvient à équilibrer le jeu de l'autre côté. Les autres passeurs cette année, à part lui qui en a signé cinq ? Valbuena (2), Nasri et Sissoko (1). Ménez provisoirement (?) out, Payet pour l'instant trop juste, il reste la solution Rémy, qui est pour moi la meilleure (avec Ménez, à son niveau optimal). Le Magpie (encore) présente le double avantage de savoir briller dans le couloir droit mais aussi devant le but, on le voit en Angleterre. On l'a moins vu contre l'Australie, où il a mangé plusieurs belles opportunités. Mais il fut le meilleur buteur des Bleus en 2011, avec trois buts, et avec 4 buts en 20 sélections (9 titularisations), il n'est pas ridicule. Un profil à la Thierry Henry, mais côté droit.

Pour le reste, Valbuena et Nasri ne sont pas convaincants sur un côté, même si ça n'empêche pas les Bleus de gagner. Nasri est potentiellement supérieur, Valbuena est plus combatif mais n'a toujours rien prouvé en club au niveau international, malgré quelques éclairs. Le problème ne se pose donc pas seulement pour le poste d'ailier droit : si un des deux s'était vraiment imposé derrière l'attaquant, on ne se demanderait pas qui ira jouer à droite. Et je ne parle pas des solutions Gourcuff, Grenier ou Martin... la France n'a jamais eu de grande génération sans grand numéro 10. Donc on est encore loin de la queue du Mickey.

Benzema ou Giroud ?

Les buteurs, enfin... Le sujet à la mode. Souvenez vous, il y a deux mois et demi, le problème majeur des Bleus, c'était l'avant-centre. Benzema n'avait plus marqué depuis un an, mais Giroud ne marquait pas non plus. On en venait presque à se demander si Gomis n'était pas la meilleure solution. En France, on a toujours pas compris qu'un buteur ne marquait pas, ou rarement, sans un collectif huilé autour de lui. Malgré la filiation revendiquée par lui-même, Benzema n'est pas Ronaldo, qui faisait des différences énormes tout seul, du moins avant ses blessures de milieu de carrière. Et Giroud, malgré son altruisme et sa combativité, reste un avant-centre à la Hoarau, pas très rapide, grand, costaud, bon de la tête, devant et derrière, mais dont le rendement dépend énormément du nombre de ballons exploitables arrivant dans la surface. Il ne sera jamais un grand technicien, lui qui a été
rejeté par Grenoble à 21 ans, et qui ne s'est révélé en Ligue 1 qu'à 24, alors que Benzema marquait déjà des buts dans l'élite à 19 ans. Des parcours opposés, tout comme leurs profils techniques. Cependant, si Benzema a une meilleure cadence de buts par sélections (0,27 contre 0,21) il est battu au comptage par minutes (1 but toutes les 224 minutes contre 1 toutes les 207 pour Giroud). Bref, sur ce plan là, ça reste serré.

Aujourd'hui, je suis partagé. Giroud est plus efficace en club que Benzema, dont je me demande encore comment il peut être titulaire dans une équipe comme le Real, qui a toujours brillé grâce à des buteurs immenses, les meilleurs à leurs postes. Heureusement que Ronaldo fait le job... aujourd'hui, ils sont un demi douzaine à être de meilleurs avant-centres que lui, sur lesquels le Real lorgne d'ailleurs avidement (Falcao, Rooney, Van Persie, Cavani, Ibrahimovic...). Mais Benzema est tout de même le meilleur buteur en Bleu en activité (17 buts), et le deuxième meilleur buteur français de l'histoire de la Ligue des Champions (33 buts) derrière Henry (50) et devant Trezeguet (29). Giroud est le 33e avec 3 buts en un peu plus d'une saison à ce niveau... reste que sur la forme actuelle, il semble devant. Mais à 27 ans, s'il était le grand buteur que la France attend depuis la retraite d'Henry, ça se saurait, sincèrement. J'espère me tromper.

En tous cas, en deux mois on est passé d'un choix par défaut à un choix cornélien : qui choisir ? Benzema a mis deux buts beaucoup plus difficiles à mettre qu'il n'y parait : en une touche, au premier poteau, sur des centres tendus. Couper au premier poteau : un truc qu'il ne faisait jamais, et qu'il aurait du faire avant au lieu de se comporter comme un avant-centre français ordinaire, à savoir attendre bêtement au deuxième ou aux six mètres qu'un ballon lui arrive dessus. Giroud, lui, a marqué deux jolis buts contre l'Australie, même si le deuxième me semble plus être une volée ratée qu'un véritable piqué volontaire. Mais bon, comme les médias sont fans, ils ont chaussé leurs lunettes déviantes qui leur avait permit d'affirmer que la volée de Zidane, en 2002, n'était pas également une volée ratée. C'est pas grave, c'est beau quand même.

Au final, frottons nous les mains de posséder un des deux meilleurs ailiers du monde dans nos rangs, et des buteurs enfin efficace. Avec une défense un poil plus solide et un milieu toujours talentueux, et maintenant des avant-centres efficaces, elle peut aborder ces barrages avec confiance, même si le tirage peut changer la donne. Éliminer le Portugal de Ronaldo, ça aurait de la gueule... ce serait dommage aussi un peu. Le mieux, ce serait la Grèce, on perdrait pas grand chose. Ouhlàlà je suis vilain !

Vivement les barrages, l'attente va être longue.

A plus tard !

samedi 28 septembre 2013

Sept journées dissequées

Salut à tous,

Premier post de la nouvelle saison de Ligue 1, qui est déjà bien entamée maintenant. Sept journées, ça fait déjà presque 20 % des matches qui ont été joués. Les chiffres que je vais vous fournir ne seront évidemment pas les mêmes dans 5, 10 ou 20 journées, mais ils indiquent en tous cas la tendance de ce début de saison. Et comme dans tout début de saison, il y a des surprises, qui auront plus ou moins de mal à tenir la distance. Mais sept journées, déjà, c'est pas mal.

Des 0-0 à la pelle

D'abord, la moyenne de buts, particulièrement faiblarde (2,21). L'an passé, on en était à 2,54, soit presque un but en moins tous les trois matches. Ça semble négligeable, mais c'est loin d'être le cas, c'est trois buts de moins par journées. Ça signifie surtout une hausse nette des 0-0, quatrième score le plus fréquent (14,3 %), soit une place de mieux que l'an passé et presque le double d'unités (8,7 %) ! Sans les dix 0-0 qu'on a du se fader en 7 journées, soit
une journée entière, on tournerait à 2,58 buts, soit un peu plus que l'an passé... sur les cinq dernières journées, on tourne carrément à deux 0-0 par journée, puisqu'il y en a pas eu lors des deux premières. En sept journées, on a atteint une fois 29 buts et une fois 27, mais on est passé trois fois sous les 20, et pas qu'un peu lors de la troisième journée (15 !). Enfin, comparaison fatale, on tourne à 3,27 en Allemagne - où il y a eu... aucun 0-0 en 54 matches - soit plus d'un but par match par rapport à la France.

Monaco et Paris, leaders solides

Il reste encore deux équipes invaincues - Paris et Monaco - et une équipe sans succès, Sochaux (deux nuls, 5 défaites). Il reste également trois équipes invaincues à l'extérieur (les deux gros cités plus Marseille) mais aussi neuf équipes vierges de succès à l'extérieur, soit près de la moitié ! La palme à Lorient et Valenciennes, qui ont perdu leurs quatre et trois matches hors de leurs bases, en inscrivant... zéro but. La hausse des victoires à domicile (47,1 contre 44,7 l'an passé) n'est pourtant pas gigantesque, la baisses des succès à l'extérieur (22,9 contre 26,8) à peine plus prononcée.

Monaco est un leader solide puisqu'il possède la meilleure défense (3) devant Lille, le PSG, Reims et Rennes (4) et la meilleure attaque (13) devant Lyon (12). A noter que Bordeaux n'a marqué qu'une fois en quatre matches à domicile, contre cinq fois en trois matches à l'extérieur... Revenons à Monaco, qui concentre donc le plus de buts, avec le plus petit nombre de buteurs de Ligue 1, à savoir deux, Falcao (7) et son remplaçant, Rivière (6), dont il ne devait même pas soupçonner l'existence il y a trois mois... personne ne possède moins de buteur que le leader du championnat, même Sochaux et Nantes (3). A titre de comparaison, Guingamp en compte 6 (Yatabaré - 4 - plus les cinq buteurs du matches contre Sochaux, 5-1 !) tout comme les Verts, et le PSG, sept, plus gros chiffre de Ligue 1.

Étonnants Danois !

On note une nette hausse des buts étrangers cette saison (53,3 % contre 46,3). La faute aux buteurs européens, auteurs d'un bon début de saison et qui résistent à l'offensive des buteurs sud-américains, Falcao (7), Cvitanich (4) ou Cavani (3). Et ce grâce non pas aux seuls buts du Suédois Ibrahimovic, plus discret cette saison sur ce plan (2), mais à ceux des voisins danois, auteurs de cinq buts, dont trois pour l'étonnant toulousain Braithwaite. L'an passé, le Danemark avait marqué... deux buts, six l'année d'avant, aucun entre 2009 et 2011 et cinq en 2008-09, et n'est pas passé au-dessus des dix buts en Ligue 1 depuis 1995. Suivent la Belgique, Israël, le Portugal et la Serbie (3). Mais le leader toutes catégories est la Colombie de Falcao mais aussi Montano, avec 9 buts au total, devant la Côte D'Ivoire (7) et le Brésil et le Mali (6). L'Argentine, tenante du titre, est pour l'instant à la traine (5), en compagnie de l'Algérie et donc du Danemark. Par continents, l'Afrique a mis le temps mais est déjà solidement en tête (31) devant l'Europe (25) et l'Amsud (24). Le duel s'annonce serré, comme l'an passé, où l'Europe l'avait emporté de trois buts (109 à 99).

Les jeunes en forme, plus de coup-francs

Avec la crise, les clubs français sont fauchés et, à l'image par exemple de Lyon, sont contraints de s'appuyer sur les jeunes, ce qui explique les bons débuts des moins de 21 ans (8 %), même si la hausse par rapport à l'an passé est faible (7,4). Mais l'an passé les jeunes avaient débuté très timidement avant de finir fort, une tendance qui pourrait se confirmer cette saison. A noter que, contrairement à l'an passé, le PSG compte déjà deux représentants dans ce classement (Rabiot et Lucas). Il était également absent des + de 31 ans, qui ont
marqué autant que les jeunes alors que d'ordinaire ils les dominent aisément, puisque Maxwell et Ibrahimovic sont désormais qualifiés pour figurer parmi les "vieux"...

André-Pierre Gignac s'était fait une spécialité, celle d'ouvreur de score (8 buts sur 13), il remet ça cette saison, puisque ses trois buts ont à chaque fois défloré le tableau d'affichage. Il était accompagné de Cvitanich et Ibrahimovic l'an passé, cette fois il doit faire de la place à Djordjevic, qui a également toujours ouvert le score, et Cvitanich encore une fois.

Bons débuts des tireurs de coup-franc (8, soit 5,3 % contre 4,1 l'an passé), alors que les deux meilleurs de la saison écoulée, Khazri et Ibrahimovic (3) n'ont pas encore trouvé la faille dans ce domaine. Clément Grenier (Lyon) fait figure de favori logique, sachant qu'hormis Atik (Guingamp) et son coéquipier Gourcuff, aucun des autres buteurs dans ce domaine ne présente le profil d'un grand tireur de coup-franc (Saivet, Dja Djedje, Wass, Aliadière et Tiéné). Mais je peux me tromper ! Attention à Wass tout de même.

Ibrahimovic toujours passeur

Les penalties sont forcément plus nombreux, et deux joueurs ont déjà marqué deux fois dans cet exercice, Falcao et Melikson (Valenciennes). Très peu de buts de joueurs que j'appelle "revanchards", seuls Aboubakar, contre Lorient, et S.Camara, contre Nice, ayant marqué contre un de leurs anciens clubs. L'an passé ils représentaient 2,5 % du total, soit deux fois plus que cette année (1,33). Les remplaçants, eux sont en très légère baisse (10 % contre 11,5) avec déjà deux buts de Rivière, mais aussi deux buts de jeunes africains d'Ajaccio (Tallo et Camara) très prometteurs. Sept clubs ne comptent encore aucun but de remplaçant, dont Lyon ou Saint-Étienne. Ils étaient onze avant la dernière journée, riche en buts venant du banc (5).

Chez les passeurs, Ibrahimovic est une nouvelle fois en tête, puisqu'il avait fini co leader avec Valbuena l'an passé, avec 9 unités. Il en est déjà à 4 cette année (même si la Ligue a eu l'étrange idée de lui refuser celle à Nantes, légèrement déviée...) dont deux pour Cavani, avec qui il est sensé ne pas s'entendre. Le Suédois devance celui qui part grand favori de ce classement, selon moi, à savoir Moutinho (3) et 15 autres joueurs à deux passes, dont Saivet, Grenier, Gourcuff, Valbuena, Brüls (Nice), Hamouma et les latéraux Fanni, Kurzawa, Lemaître et I.Cissokho, ce qui permet de ne pas trop désespérer sur notre capacité à produire de bons latéraux en France, enfin. C'est également Paris qui compte le plus de passes décisives, à égalité avec Lyon (8), qui a marqué deux buts de plus. En revanche, Valenciennes n'en compte qu'une seule.

Valenciennes ne doit pas être menée

Trois équipes ont le plus ouvert le score cette saison, Marseille, Nantes, Sainté et Paris (5). Mais seul le PSG n'a jamais perdu en ouvrant le score, tout en concédant un nul (Monaco, 1-1), Marseille et les Verts perdant une fois et Nantes, deux. Lille et Monaco, qui ont ouvert le score quatre fois, l'ont emporté à chaque fois, tout comme Rennes (3 sur 3) et Reims (2 sur 2). A noter que Lorient, Valenciennes et... Lyon n'ont ouvert le score qu'une seule fois, avec la victoire à chaque fois à la clé. Quant à Sochaux, les deux fois où les Lionceaux ont marqué en premier, ils ont perdu à chaque fois... Si vous menez d'entrée, vous avez 71,7 % de l'emporter (69,2 l'an passé). A l'inverse, trois équipes ne comptent aucune défaite après avoir concédé l'ouverture du score, Marseille (1 sur 1) et Monaco et Paris (2 sur 2). Mais neuf équipes, elles, ont toujours perdu quand elles ont été menées en premier, dont Nantes et Rennes (1), Lille et Sainté (2), Bordeaux (3) et surtout Valenciennes (6 sur 6 !). Enfin, seules cinq équipes l'ont emporté après avoir été menées en premier, notamment Lyon, qui l'a fait deux fois sur 5. Monaco, Montpellier, Toulouse et Lorient ont également réussi cet "exploit", qui représente 10 % du total (9,2 l'an passé).

Attendez, ce n'est pas fini... Monaco est également leader dans le dernier quart d'heure, avec 4 points récupérés, devant le PSG (3), Nantes, Marseille et Rennes (2). Dans le bas du tableau, on retrouve Lyon, Bordeaux et les Verts (-1), et Ajaccio, Valenciennes et Sochaux (-2). Six équipes n'ont encore concédé aucun but tardif (Monaco, le PSG, Nantes, Rennes, Lille et Lorient), quatre n'ont pas encore marqué en fin de match (Lorient, à zéro dans les deux cas, Nice, Sainté et Sochaux). Devinez qui sont les plus efficaces dans les quinze dernières minutes ? Rivière (3) et Falcao (2)...

Paris ne maîtrise pas ses matches

Enfin (oui on arrive à la fin) Saint-Étienne est l'équipe qui a mené durant le plus de temps (296 min) devant Lille (264) et Marseille (239). En bas du tableau figurent Montpellier (88), Toulouse (54), Valenciennes (53) et Sochaux (33). Plusieurs fois menés, Monaco (206) et surtout le PSG (166) sont encore loin des meilleurs. Le club parisien qui paie son match contre Ajaccio (1-1 après avoir été mené pendant 80 mn !) et qui peine à rattraper les équipes ayant été menées le moins longtemps, avec 127 min, contre 19 pour Monaco, 33 pour Marseille ou 65 pour Rennes. Lorient, en revanche, ferme la marche (325) derrière VA (272) ou Evian (268). Si on soustrait ces chiffres là aux premiers, c'est Marseille qui compte le meilleur différentiel (+207) devant Monaco (+187) et Sainté (+161). Paris est 9e (+39) alors que Valenciennes (-219) et Lorient (-220) sont derniers.

Allez, un petit dernier : il faut à peu près 10 tirs pour marquer un but, dont quatre cadrés, des chiffres à peu près stables par rapport à l'an passé, même si les tirs cadrés faisaient plus souvent mouche (28,7 %). C'est ce qui fait la différence, puisqu'on tire au but autant que l'an passé (23,5 tirs par match contre 23,7) et on cadre autant (8,6 contre 8,9). A quoi tient une moyenne de buts... là, c'est aux gardiens pour l'instant.

Allez, je vous laisse ! Et n'hésitez pas à réagir !

mardi 6 août 2013

L'été, pas très meurtrier


Salut à tous,

A la fin de la semaine la Ligue 1 reprends, aussi je vous propose de faire un petit bilan des matches amicaux de nos 20 pensionnaires. La coutume consiste à dire que jusqu'ici tout va bien pour toutes les équipes, en attendant les premiers "vrais" résultats, mais même si ceux obtenus en amical comptent effectivement pour du beurre, on peut quand même considérer que certaines équipes ont nettement plus brillé que d'autres durant cette préparation. Sans que ça ne présage de quoi que ce soit, on le verra plus tard.

Lille brille, Marseille patine, Nice humilié

Voici le tableau des matches amicaux de l'été :



C'est donc Lille qui s'est le mieux comporté, et de loin, avec cinq succès en cinq matches. Deux des trois promus suivent, en compagnie de Toulouse, sachant qu'on s'attendait plus aux bons résultats de Monaco, qui n'a de promu que le statut officiel, qu'à ceux de Guingamp, invaincu durant sa préparation, comme quatre autres clubs. Lyon, par exemple, n'a pas perdu, mais a également peu gagné, tandis que Marseille a perdu deux tiers de ses matches. Le PSG a eu du mal à démarrer lors de son stage en Autriche avant de rétablir la balance, et de perdre de justesse contre le Real Madrid (1-0), qui sera ensuite tenu en échec par Lyon deux jours plus tard (2-2). La palme revient à Nice, qui n'a signé qu'un nul et quatre défaites, dont une humiliante au PAOK Salonique (6-0). Le troisième promu, Nantes, a également eu du mal à se mettre en évidence, en ne gagnant aucun match, comme Nice, donc, mais aussi Reims, qui a accumulé les nuls.

Cette tendance est d'ailleurs une habitude lors des matches amicaux estivaux, notamment cette année, puisqu'il y a eu près de 37 % de matches nuls, contre 28,4 lors de toute la saison dernière. Seules trois équipes n'ont signé aucun nul, Lille, Monaco et le PSG, alors que sept d'entre elles en ont récolté au moins trois. Sachant que la moyenne de matches disputés par équipe est de 5,3...

A noter également que la moyenne de buts durant ces matches (2,48) est à peine inférieure à celle de la dernière saison de Ligue 1 (2,54). Non, on ne s'ennuie pas toujours devant un match de préparation. Mais parfois quand même.

Les petits démarrent fort

Voyons à présent ce qui s'était passé l'année dernière.



D'abord, un constat : on avait plus joué d'amicaux que cette année, en moyenne un de plus par équipe (6,2). On avait aussi beaucoup plus marqué (2,58), ce qui présageait déjà la bonne saison qui allait suivre dans ce secteur. La moyenne de "points" pris est également identique, sachant que durant ces matches les clubs de Ligue 1 ne s'affrontent pas forcément entre eux, ils affrontent des petites équipes, des clubs étrangers... Un autre constat : Lille, déjà, avait nettement dominé son sujet, avec juste un nul comme bémol pour empêcher un nouvel été parfait. Paris et Marseille, les deux futurs premiers, n'étaient pas très loin du compte mais confirmaient quand même que les "gros" sont rarement prêts aussi tôt. Aucun des futurs cinq premiers ne figure parmi les six premiers de ce tableau... les Verts, par exemple, avaient été très moyens, tout comme Nice et Lyon. Les futurs relégués ? Ça allait bien, merci. Nancy présentait un excellent bilan, avec deux tiers de succès et une moyenne de deux buts par matches, Brest signait une copie équilibrée, seul Troyes fréquentant, déjà, le bas du tableau. Avec deux succès, quand même... D'autres futurs mal classés avaient également fait illusion durant l'été 2012, comme Sochaux, Ajaccio... quant à Evian, il confirme que les matches amicaux, ce n'est pas son truc.

Lille, le spécialiste

La preuve dans le classement cumulé des deux derniers étés :



Logiquement Lille, à chaque fois vainqueur du classement, remporte la mise. Deux des équipes présentes qu'une fois, les promus et les relégués, suivent, profitant d'un chiffre diviseur inférieur. A noter donc l'excellent comportement de Montpellier, de Sochaux et de Toulouse, ainsi qu'Ajaccio. Comme prévu, les "gros", programmés pour être en forme plus tard dans la saison, sont à la peine... la palme revenant à Lyon, qui joue peu de matches l'été mais qui n'en a quand même gagné qu'un seul en deux sessions. De son côté, Nice a encadré son excellente saison 2012/2013 de deux étés assez médiocres, et signe l'antépénultième bilan cumulé.

Logiquement, le futur classement de la Ligue 1 ne devrait pas du tout ressembler au premier tableau de cet article. Mais ces amicaux confirment qu'ils ne sont que des galops d'entraînement, où les effectifs tournent et durant lesquels certains joueurs alignés ne seront jamais revus en pro durant l'année qui suit. Mais on constate aussi la bonne forme des futures équipes en difficulté, et la mauvaise des futurs cadors, au préparation plus calibrées pour les luttes européennes et le titre, une course de longue haleine. D'où une préparation très très dure et lourde, ce qui joue forcément sur les résultats estivaux. Les adversaires, également, sont d'un autre calibre, avec le Real, Tottenham... C'est une explication, pas une excuse : le Real ou le Barça, eux, ont gagné quasiment tous leurs matches.

On en reparle plus tard ! Bonne reprise !

vendredi 12 juillet 2013

La relève est-elle là ?

Salut à tous,

Demain soir, l’Équipe de France des moins de 20 ans disputera la première finale mondiale de son histoire. Deux ans après la demi-finale de la génération précédente dans la même compétition, et un an après une autre demi-finale lors de l'Euro des moins de 19 ans pour la présente génération, et malgré les résultats moyens des Espoirs - composés logiquement en grande partie des demi-finalistes mondiaux d'il y a deux ans - la France renaît un peu au niveau des résultats de jeunes, et c'est évidemment une excellente nouvelle.

Que sont-ils devenus ?

Le creux générationnel que subit actuellement la "grande" Équipe de France dure depuis 2008, sachant que les précédents qui avaient succédé aux générations Kopa et Platini avaient respectivement duré 15 et 7 ans. On est donc encore loin de se retrouver avec une sélection qui domine le monde, ou au moins fait partie des tous meilleurs. L'important, c'est qu'on arrête de mettre ces mauvais résultats sur le compte du comportement des joueurs, de leur propension ou non à chanter la Marseillaise, ou pire de leurs origines origines ethniques
et/ou sociales, ce que la montée actuelle des idées xénophobes dans notre pays contribue à faire fructifier. Si on est moins bon, c'est que depuis l'Euro gagné en 1996 par les moins de 19 ans menés par Henry et Trézéguet, ainsi que la finale de l'Euro Espoirs en 2002, les résultats de la France en jeunes ne sont pas inexistants, mais très espacés, voire rares. Et donc, lorsqu'ils sont présents, ils ne parviennent pas suffisamment à nourrir les A en futurs grands joueurs.

Lorsqu'une sélection jeune brille, on a tendance à se dire que c'est toute une équipe sur laquelle le sélectionneur des A pourra s'appuyer pour remplir ses objectifs. Sauf qu'après coup, lorsqu'on regarde ce que sont devenus ces jeunes, ils ne sont en général qu'une minorité à être devenus internationaux, et certains d'entre eux, parfois, n'ont même pas réussi leur carrière pro. Regardez la génération 2002, finaliste donc de l'Euro Espoirs contre les Tchèques, sous la direction de Raymond Domenech : elle comptait dans ces rangs des joueurs comme Berson, Di Tommaso, Vercoutre, Chapuis ou Mathis qui sont loin d'avoir tutoyé les sommets durant leur carrière. D'ailleurs cette génération a fourni certes pas mal d'internationaux A, mais aucun qui pourra dire qu'il en fut un des piliers victorieux (Landreau, Réveillère, Boumsong, Mexès, Bréchet, Escudé, Pedretti, Meriem, Govou et Luyindula) et seulement un finaliste du Mondial 2006 (Govou), Boumsong ne quittant pas le banc en Allemagne.

2004, 2005... pétards mouillés

La clé, ce n'est pas briller de temps en temps en jeunes, c'est de briller tout le temps, comme l'Espagne, l'Allemagne, les Pays-Bas ou le Portugal, qui sont présents systématiquement lors des phases finales des compétitions de jeunes, des moins de 17 aux Espoirs, et qui peuvent donc continuellement compter sur des couches de bons joueurs qui se succèdent sans faillir. Un comble pour notre pays, réputé pour sa formation. Nous, sur quelle bonne génération pouvons nous nous appuyer ?

On a beaucoup parlé de la génération 1987, vainqueur de l'Euro 2004 des moins de 17 ans contre l'Espagne (Piqué, Fabregas...), excusez du peu, avec dans ses rangs des futurs cracks comme Ménez, Ben Arfa, Nasri et Benzema, mais aussi des joueurs qui n'ont pas percé comme El Mourabet, Thicot, Yahiaoui ou Akakpo, tous titulaires en finale... les premiers nommés sont aujourd'hui internationaux, mais seul Benzema, et à un degré moindre Nasri et Ménez, ont fait leur trou en Bleu. Et pour l'instant, ils n'ont pas réussi à emmener les Bleus au sommet. Une grande génération, mais seulement quatre internationaux au final : voici le lot de toute sélection de jeunes, promise à un écrémage sévère au feu du professionnalisme.

La France a également remporté la Coupe du Monde des moins de 17 ans en 2005, soit des joueurs qui aujourd'hui s’apprêtent à fêter leurs trente ans l'année prochaine. Qui portait cette belle équipe ? Son meilleur joueur se nommait Florent Sinama-Pongolle, meilleur joueur et buteur (9 !) de la compétition, aujourd'hui attaquant de Rostov, en Russie, et qui n'a jamais confirmé son pourtant indéniable talent, accrochant une seule sélection, en 2008. Son cousin Anthony Le Tallec, son pendant idéal en attaque, n'a pas vraiment fait mieux. Pour le reste, combien d'internationaux dans ce groupe ? Et bien... aucun, à part Sinama Pongolle, donc. Regardez donc le groupe dirigé à l'époque par Jean-François Jodar :


18 Michaël Fabre Drapeau : Italie Bologne FC 15.07.1984 0 0 0 0 0
1 Florent Chaigneau Drapeau : France Stade rennais 21.03.1984 6 0 0 0 0
Défenseurs
2 Kévin Debris Drapeau : France Le Havre AC 10.05.1984 4 0 0 0 0
3 Jérémy Berthod Drapeau : France Olympique lyonnais 24.04.1984 5 1 1 0 0
4 Julio Colombo Drapeau : France Montpellier HSC 22.02.1984 6 0 1 0 0
5 Jacques Faty Drapeau : France Stade rennais 25.02.1984 6 0 0 0 0
13 Stephen Drouin Drapeau : France FC Nantes 27.01.1984 5 1 1 0 0
Milieux de terrain
6 Gaël Maïa Drapeau : France Girondins de Bordeaux 02.04.1984 3 0 0 0 0
8 Hassan Yebda Drapeau : France AJ Auxerre 14.05.1984 5 0 1 0 0
10 Mourad Meghni Drapeau : Italie Bologne FC 16.04.1984 5 1 1 0 0
12 Emerse Faé Drapeau : France FC Nantes 24.01.1984 6 0 0 0 0
14 Laurent Mohellebi Drapeau : France AS Monaco 05.01.1984 4 0 0 0 0
15 Kévin Jacmot Drapeau : France Olympique lyonnais 22.03.1984 5 0 0 0 0
16 Samuel Piètre Drapeau : France US Créteil-Lusitanos 10.02.1984 6 3 0 0 0
Attaquants
7 Anthony Le Tallec Drapeau : France Le Havre AC 03.10.1984 6 3 0 0 0
9 Florent Sinama-Pongolle Drapeau : France Le Havre AC 20.10.1984 6 9 1 0 0
11 Chaouki Ben Saada Drapeau : France SC Bastia 01.07.1984 2 0 0 0 0
17 Luigi Glombard Drapeau : France FC Nantes 21.08.1984 3 0 0 0 0

Quelle déception, quel gâchis ! A quoi bon remporter des Coupes du Monde en jeune pour qu'au final aucun des gamins ne réussisse vraiment ? Non seulement aucun de ces joueurs n'est devenu réellement international, mais aucun ne peut vraiment dire qu'il a réussi sa carrière professionnelle, hormis, peut-être, Berthod, Faty, Yebda, Meghni, Ben Saada et les deux cousins... en grattant bien alors. Aucun n'a vraiment joué dans un grand club. Que d'espoirs portions nous pourtant à l'époque ! Je me souviens avoir veillé une nuit pour suivre la finale. En pleine époque Zidane, on se disait qu'avec cette équipe, l'avenir était assuré. Que pouvait-il nous arriver ? Et pourtant... un vrai pétard mouillé.

2011, 2013, la relève ?

En 2006, la France atteint les demi-finales du championnat d'Europe Espoirs, contre les Pays-Bas de Huntelaar (2-3). La dernière phase finale en date des Bleuets... Dans ses rangs, encore Sinama-Pongolle, Berthod et Le Tallec, mais aussi de futurs internationaux comme Mandanda, Sagna, Faubert, Gourcuff, Mavuba, Toulalan, Briand, Clerc, L.Diarra... et d'autres "ratés" comme J.Gavanon, Badiane ou Bergougnoux. Ce fut la première "couche" qui a construit l’Équipe de France actuelle.

Et puis bien sûr, il y a donc cette Coupe du Monde des moins de 20 ans 2011, dont les Bleuets atteignirent les demi-finales et Lacazette la tête des buteurs avec 5 buts. Il est évidemment un peu tôt pour analyser le parcours des joueurs qui composaient ce groupe, qui comptait alors dans ses rangs des joueurs comme Grenier, G.Fofana, Griezmann, Kolodziejczak, Kakuta, Bakambu... une belle génération, qui a déjà fournit deux jeunes internationaux aux Bleus (Grenier et Lacazette, lors de la dernière tournée en Amérique du Sud) et qui risque d'en fournir d'autres, comme Griezmann ou Fofana, par exemple. Kakuta, désigné meilleur joueur de cette sélection, semble déjà grillé, encore un gâchis...

Et l'actuelle, qui défiera demain l'Uruguay en Turquie ? Elle a indéniablement du talent, sachant qu'elle a quand même du se passer d'un phénomène comme Varane, blessé. Mais elle n'a battu aucun gros lors de ce tournoi, perdant en poule contre l'Espagne (1-2), battant deux fois le Ghana, mais en concédant aussi un nul contre les États-Unis (1-1) et dominant la Turquie chez elle (4-1) et l'Ouzbékistan (4-0), certes sur des scores importants. Dans ce groupe, qui compte déjà deux internationaux en la personne de Varane et Pogba, on pense tout de suite à Thauvin, exceptionnel en demi-finales contre le Ghana, et qui possède à la fois des qualités de dribble exceptionnelles et une belle frappe, mais aussi à Areola, s'il parvient enfin à jouer, à Paris ou ailleurs, à Digne évidemment, qui ne devrait pas tarder à jouer en A, à Kondogbia aussi. Pour des joueurs comme Umtiti ou Veretout, voire Bahebeck, il faudra encore attendre un peu.

Ces deux récentes générations pourraient être le socle d'une future Équipe de France enfin convaincante. Mais il faudra continuer à avoir des résultats en jeunes pour la voir enfin retrouver les sommets. Pas avant l'Euro 2016, a priori...

Je vous laisse !

jeudi 20 juin 2013

Fin de la progression

Salut à tous,

Il y a 10 ans, la France remportait, sur ses terres, la quatrième Coupe des Confédérations de l'Histoire, sa deuxième consécutive, en battant un Cameroun affligé après la mort tragique, en demi-finales, de son milieu défensif Marc-Vivien Foé (1-0). But de Henry, meilleur buteur de la Compétition avec quatre buts. Une époque glorieuse, dont la France a rarement semblé aussi éloignée dans son histoire.

Presque une défaite tous les deux matches

Tandis qu'actuellement l'Espagne et l'Italie, finalistes du dernier Euro et qu'elle toisait de haut il y a une décennie, disputent à sa place la septième édition de l'épreuve gadget - mais révélatrice quand même - de la FIFA, au Brésil, la France est en train de compter ses rares victoires récentes. Sur cette saison 2012-13, le calcul est rapide et cruel : en 11 rencontres, la France a gagné quatre matches, et voici les noms de ses "victimes" : si la présence de l'Italie - sur ses terres, en plus - est plus qu'honorable, celles de la Finlande, du Bélarus et de la Géorgie sont moins... impressionnantes. Surtout que les deux derniers cités ont été battus au Stade de France, sur des scores pas forcément ébouriffants (3-1 à chaque fois) et sans jamais parvenir à marquer le moindre but avant la 45e minute. Des succès à chaque fois convaincants, certes, mais pas non plus marqués du sceau de la classe.

Dans le même temps, la France a perdu cinq fois, ce qui indique donc un bilan général négatif, vous l'aurez compris. Défaites contre le Japon en amical, en octobre (0-1) puis quatre autres en cette année 2013 qui s'annonce d'ors et déjà catastrophique sur le plan des résultats, qualification pour le prochain Mondial ou pas : Allemagne (1-2) et Espagne (0-1) au Stade de France, puis en Uruguay (1-0) et au Brésil (3-0) lors de la récente tournée sud-américaine.

Loin des meilleurs

Là encore, le très reluisant pedigree des vainqueurs - tous champions du monde, voire multi pour trois d'entre eux, même si ça date sérieusement pour la Céleste - de la France depuis février dernier relativise quelque peu ce bilan rachitique. Mais ces dernières années la France, on l'a vu, s'était imposée en Italie, mais aussi en Allemagne (1-2), avait battu deux fois l'Angleterre (1-2 et 1-0), ou le Brésil (1-0), et avait tenu tête à la Roja en Espagne à l'automne dernier (1-1). Pourtant, on parlait là aussi d'équipe en construction, et là aussi on pouvait craindre des défaites cinglantes face à ces équipes qui nous étaient logiquement supérieures, mais à chaque fois on avait fourni des prestations solides, qui avaient démontré que même si on ne disposait plus d'une des meilleures équipes du monde, on possédait encore suffisamment de bons joueurs pour rivaliser ponctuellement avec les meilleurs. Ce n'est manifestement plus trop le cas.

Et alors qu'on pensait que la France, avec ce quart de finale obtenu lors du dernier Euro, première phase de poule réussie depuis 2006, avait enfin entamé la face ascendante du creux générationnel qui la frappe depuis une demi douzaine d'années maintenant, la voilà qui rechute dans des profondeurs très inquiétantes, qui semble voir sa progression récente sérieusement entamée. Oui c'était de gros pays, mais après ces quatre défaites en cinq matches, après ces trois matches consécutifs sans marquer, ces trois défaites d'affilée, une première depuis trois ans - une série inédite sous Domenech, je dis ça comme ça - qui imagine sérieusement la France terminer devant l'Espagne dans son groupe qualificatif ?

Et, dans la mesure où son classement FIFA très faible - 18e, 13e Européen - lui garantit presque à coup sûr une non protection lors des barrages, qui peut l'imaginer battre un des gros morceaux qui se présentera devant elle ? Au vu des actuels deuxièmes, elle serait accompagnée par la Bulgarie, l'Autriche, la Hongrie et l'Albanie pour défier la Croatie - 3e Européen ! - , la Russie, la Grèce ou... l'Angleterre, voire le Portugal si ce dernier est devancé par la Russie, qui compte deux points et deux matches de moins à jouer. Je ne vous cache pas qu'il faudrait un sacré coup de chance - en d'autres termes, la Grèce - pour espérer passer. Sinon, ça s'annonce très très tendu. Pour être tout à fait honnête avec vous, je ne crois plus trop à cette qualification. Il fallait bien que ça arrive, 20 ans après son dernier échec, pour la World Cup 1994 aux États-Unis. Cette défaite contre l'Espagne - évitable, au vu du contenu - fait vraiment très mal.

Toujours pas d'équipe type...

Didier Deschamps, comme Laurent Blanc avant lui, dispose d'un crédit quasi illimité auprès des médias, malgré ces résultats très mauvais, que n'aura jamais eu le pauvre Raymond Domenech, qui a eu le tort de ne pas faire partie de la génération 98. Cette dernière, après lui avoir donné la leçon et réclamé par de lourds sous-entendus de passer au pouvoir afin de démontrer à quel point eux ont raison et les autres tort, se retrouvent face à la réalité des choses : avant c'était la faute de Domenech et maintenant c'est la faute des joueurs ? Non, c'était trop facile. La réalité c'est que, lui comme eux, ne peuvent pas faire de miracles avec une génération de joueurs moyens-bons, sans véritable charisme, qui ne parviennent toujours pas à se comporter comme les patrons dont l’Équipe de France a tant besoin.

Les patrons ne se décrètent pas, et ne se trouvent pas sous le sabot d'un cheval. Il se forge avec l'expérience et le nombre de sélections, un problème pour cette jeune équipe. Elle pourrait compter sur ses anciens en termes de cape, Ribéry (73), Benzema (58) ou Lloris, son capitaine (47) mais ils ont du mal à vraiment endosser ce rôle, et je n'ai jamais été convaincu par le fait de nommer les gardiens capitaines, eux qui sont si loin du jeu. Nasri (35) et Sagna (34) ? Pas vraiment indiscutables en Bleu, même s'ils le sont plus que Gourcuff (31) Mexès (29) ou Rami (26). Cabaye (23) ? Oui, ce serait logique, mais c'est loin d'être le cas. Il a même été moins appelé que Matuidi cette année, et voit la concurrence de Pogba le menacer... Les patrons se trouvent souvent en défense centrale, on y avait presque cru quand Blanc avait fait confiance pendant deux ans à la charnière Rami-Mexès, qui, à défaut de toujours rassurer, avait au moins apporté un peu de stabilité, et donc de sérénité. Depuis ces deux là ont quasi disparu, et ceux qui jouent désormais - Koscielny, Sakho et Varane - sont encore en cours d'apprentissage du niveau international. Et surtout, aucun d'entre eux ne s'est encore imposé. Pas de patron donc dans ce secteur non plus...

Au fond, il faut juste essayer de compter les joueurs de très haut niveau que compte la France. Son gardien ? Oui, peut-être. Pas sûr... En défense, Varane s'en approche mais c'est encore tôt. Au milieu il y a Matuidi, et Pogba, peut-être. Comme Varane, c'est encore tôt. Cabaye ? Terminer 16e de Premier League semble rédhibitoire. En attaque ? Oui pour Ribéry, pas encore pour Valbuena, qui n'a rien démontré en club au plus haut niveau, mais pas pour Benzema. Il n'est plus vraiment titulaire au Real, où il marque moyennement, et est inexistant en Bleu. Le statut c'est bien, les passes décisives aussi. Mais faire moins bien en terme de moyenne de buts par sélection que Steve Marlet ou Patrice Loko... c'est vraiment problématique. La comparaison avec les meilleurs buteurs du monde actuel est très cruelle pour Benzema, qui a du talent mais le cache complètement en Bleu. En tous cas, deux joueurs vraiment avérés au très haut niveau, ça fait très peu. Trop peu !

Un bilan catastrophique

A l'heure actuelle, à la moyenne de points (rapportée à deux par match, comme d'habitude, pour plus de vérité), Didier Deschamps possède le 13e bilan d'un sélectionneur depuis 1964 avec 0,91, devançant Henri Guérin (0,82), Louis Dugauguez (0,78) et Just Fontaine (0), qui ont tous connu la pire décennie des Bleus, les années 60, et loin derrière des sélectionneurs décriés par les médias comme Santini (1,71), Lemerre (1,49) et Domenech (1,34), le sixième de l'histoire. Laurent Blanc est lui quatrième (1,44), preuve que sous son égide, les résultats n'étaient pas fabuleux mais en progrès, au moins. Depuis, le rechute est pire que la chute elle-même, après 2006. En tous cas, pour l'instant, les deux anciens patrons de France 98 font nettement moins bien à eux deux (1,29) que leur si estimé collègue.

Ce qui inquiète dans le bilan de Deschamps depuis un an, en plus du grand nombre de défaites après 11 matches - il a déjà plus perdu que Blanc avec 16 matches de moins - c'est le nombre de buts faméliques inscrits, 11, soit un par match. On passera sur le cas de Benzema qui, ça l'a été assez dit, bénéficie surtout de l'absence de concurrent véritable à son poste, maintenant que les gens se sont enfin rendu compte de la faiblesse de Giroud au niveau international, et des autres candidats au poste (Gomis, Gignac...). Elle a signé cinq matches sur 11 sans marquer, dont les trois derniers, et seulement trois matches à au moins deux buts. Avec une pointe ou deux, un meneur axial ou deux excentrés, deux ou trois milieux défensifs, le problème reste le même : la France se crée pas franchement beaucoup d'occasions, et n'est pas efficace sur ces dernières. Elle marque quasiment que dans le jeu - 9 sur 11 - démontrant à la fois qu'elle a quand même de la qualité avec Ribéry et Valbuena, mais aussi sa traditionnelle mais toujours dramatique aptitude à mal tirer les coups de pied arrêtés, une des armes majeures aujourd'hui dans le foot. Aucun défenseur n'a marqué cette saison en Bleu, et seulement trois fois par des attaquants de pointe. le meilleur buteur - et non passeur, ce dernier est Ribéry (4) - se nomme Valbuena (3).

Les jeunes nous sauveront-ils ?

L'avenir, ce sont ces jeunes, Varane et Pogba, qui doivent l'incarner. Ces deux là sont évidemment trop jeunes pour être considérés comme des cadres, et il est encore tôt pour affirmer qu'ils sauveront la France... combien de jeunes ont été cramés par cette pression ces dernières années ? En tous cas ceux qui ont été alignés ce printemps en Amérique du Sud, notamment Grenier ou Lacazette, ne sont pas vraiment du même acabit. La France aura toujours de la réserve, mais pas forcément de quoi la maintenir dans les dix meilleurs mondiaux. Sur sa dernière tournée, on en était même très loin. Espérons que les Bleus qui s’apprêtent à disputer le Mondial des moins de 20 ans cet été nous apportent enfin un peu d'espoir ! Les Espoirs qui n'ont plus fréquenté la phase finale de l'Euro depuis 2006, et plus connu de finale depuis 2002, avec Landreau, Réveillère, Escudé, Boumsong, Govou, Luyindula, Meriem, Mexès, Pedretti... tous internationaux, aucun d'entre eux n'a vraiment percé en Bleu. Comment voulez vous construire une équipe A de qualité avec de si mauvais résultats en jeunes ?

A plus tard !