mercredi 16 mai 2012

Mon Equipe Type à moi

Salut à tous,

Lloris (Lyon) - Debuchy (Lille), Nkoulou (Marseille), Hilton (Montpellier), Bédimo (Montpellier) - Belhanda (Montpellier), Mavuba (Lille), Capoue (Toulouse), Hazard (Lille) - Giroud (Montpellier), Nene (PSG). Telle est l'équipe type que les joueurs de Ligue 1 ont désigné pour cette saison 2011-2012. Comme pour toutes listes - c'est la mode en ce moment - elle est un interminable sujet de discussion. Enfin, pas tant que ça en fait. Il y a plus de débats sur l'étrange sélection de Diarra et Gourcuff que sur cette équipe type. Comme tout bon fan de football, j'y apporterais quand même quelques retouches.

D'abord, une chose : je sais que c'est plus simple pour classer les votes et que cette équipe voit le jour, mais pourquoi un 4-4-2 ? Sachant qu'hormis Lorient, aucune équipe en France n'ose aligner deux véritables pointes, pour peur de... je sais pas quoi, d'ailleurs, c'est juste une tradition locale : pas trop d'attaquants, sinon danger. Imaginez, si à cause de cette prise de risque échevelée on prenait un but, il faudrait qu'on en marque un aussi ? Avec un autre attaquant ? Non mais depuis quand il faut des attaquants pour marquer des buts ? Ah bon, ok.

Bref, le 4-2-3-1 et le 4-5-1 - voire les improbables 5-4-1 ou 5-3-2, auxquels je ne m'y ferais jamais - sont beaucoup plus fréquents dans nos contrées. Un système à une seule pointe est donc beaucoup plus représentatif de ce qui se passe chaque week-end en Ligue 1. En même temps, l'attaquant associé à l'indiscutable Giroud est Nene, qui n'est pas vraiment une pointe. Mais il évolue quand même très haut avec Ancelotti, quasiment attaquant, puisqu'il n'y a plus de pointe au PSG. Ce qui ne lui empêche pas de s'être déjà assuré le titre de meilleure attaque de Ligue 1...

Pourquoi si peu de Parisiens ?

Dans mon équipe, je mettrais quand même Nene, qui a marqué autant de buts que Giroud. Mais les joueurs de Ligue 1 appelés à voter ne pouvaient pas le savoir, ça : on leur a demandé avant les dernières journées, qui ont notamment vu le Brésilien marquer 4 fois et deux passes décisives, ce qui aurait sans doute permit à Nene de s'inscrire dans la course au meilleur joueur, en compagnie de Belhanda, Hazard et Giroud. Ou à la place du premier nommé, qui est un excellent joueur mais qui n'a pas non plus des stats comparables aux trois autres (12 buts, 4 passes). Des joueurs comme Pastore (12 buts, 6 passes) ou Ménez (7 buts, 12 passes) font mieux que le nouveau chouchou des médias, avec Giroud et Hazard. Mais manifestement les bons chiffres des joueurs offensifs parisiens ne comptent pas quand ils ont coûté trop cher... étrange conception du sport, mais une conception tellement française en même temps...

A titre indicatif, l'an passé l'equipe UNFP était la suivante : S.Mandanda (Marseille) - Réveillère (Lyon), Rami (Lille), Sakho (PSG), Taiwo (Marseille) - M'Vila (Rennes) - Gervinho (Lille), Hazard (Lille), Nene (PSG) - Gameiro (Lorient), Sow (Lille). Il y avait donc deux Parisiens, le PSG ayant terminé 4e, contre 1 seul cette année... je suis désolé, mais y a un truc qui cloche.

Bref, dans mon équipe, qui sera quand même assez proche de celle formée par l'UNFP, j'y injecterais un peu plus de Parisiens. Un de plus, en fait. Ce n'est pas être trop parisien, si ? Qu'il y ait plus de Parisiens que de Marseillais et de Lyonnais, et autant que de Lillois, ce n'est pas non plus scandaleux, si ? En gros, je garderais la défense, qui ne me choque pas. A noter quand même que Hilton a été préféré à son compère de l'axe montpelliérain Yanga Mbiwa, pourtant sélectionné en Bleu. Ça veut dire que si le Brésilien avait été sélectionnable (ce qui doit être le cas d'ailleurs, vu qu'il n'a jamais joué avec la Seleçao et qu'il vit en France depuis plus de 8 ans, et en Europe depuis 11), il aurait été appelé par Laurent Blanc ? Peu probable, malgré son expérience indéniable. A la réflexion, je mettrais quand même Yanga Mbiwa à la place du Brésilien, qui est revenu à un bon niveau, mais quand même.

Ménez à la place de Capoue

Au milieu, j'enlèverais Capoue pour mettre un joueur plus offensif, dans un 4-5-1 avec une pointe défensive et deux relayeurs. Le milieu toulousain a fait une bonne saison, mais pas non plus exceptionnelle. Il est aussi passé par des phases un peu irrégulières, et sa nonchalance naturelle le dessert. Et puis la saison finalement moyenne de Toulouse, actuellement 8e, qui a une nouvelle fait fuir son public avec son jeu minimaliste à l'extrême, sa meilleure défense et sa 15 e attaque, ne joue pas non plus en sa faveur. Bref, Capoue ne m'a pas sauté aux yeux au point de le voir dans mon équipe type. Mavuba, en revanche... depuis deux saisons, il ne ferait presque une Makelele version Real. C'est-à-dire être presque le seul à abattre le boulot défensif au milieu à Lille, une équipe très offensive malgré le même système de jeu que Toulouse (!), et malgré l'aide de Balmont et Pedretti, tout en assurant une relance de qualité. Bref, Mavuba aurait mérité d'être appelé cette saison en Bleu, et bien sûr à l'Euro. Qui l'a dominé cette saison en Ligue 1 à son poste ? Matuidi a sorti une grosse saison. Mais Diarra ? M'Vila ? Sérieusement ? En tous cas pour moi il sera ma pointe défensive au milieu.

Comme annoncé, j'ajouterais un autre Parisien dans cette équipe, à la place du Toulousain, et ce serait Jérémy Ménez. Perso, j'ai toujours été un fan de ce joueur, parce que j'aime les dribbleurs, les joueurs qui prennent des risques, qui passent les lignes. Ce sont ces joueurs qui font venir les spectateurs au stade, pas les professionnels de la passe latérale qui pullulent en Ligue 1. Et il a démontré une régularité qui m'a moi même étonné. Les joueurs de ce type qui deviennent réguliers dans la performance sont les grands joueurs de leurs temps, sachant que la régularité n'est en général pas leur point fort. Il n'y a rien de plus difficile que de réussir des dribbles régulièrement. Et ses stats (voir plus haut) auraient du lui garantir une place dans cette équipe.

Voilà donc mon équipe à moi :

Lloris (Lyon) - Debuchy (Lille), Nkoulou (Marseille), Yanga Mbiwa (Montpellier), Bédimo (Montpellier) - Mavuba (Lille) - Ménez (PSG), Belhanda (Montpellier), Hazard (Lille), Nene (PSG) - Giroud (Montpellier). C'est pas mieux comme ça ? Franchement ? J'aurais pu mettre Pastore à la place de Belhanda... mais c'est ma concession à la campagne de presse qui encense actuellement l'excellent meneur marocain. Et puis il a sans doute été plus régulier, et peut-être plus influent dans le jeu que l'Argentin. On en parlera dans quelques années, les deux joueurs ayant le même age. Où en seront-ils à ce moment là ? La réponse serait assez instructive.

A plus tard !

mardi 15 mai 2012

26, v'là la liste

Salut à tous,

Voilà, on s'est rapproché encore un peu plus de la liste que tout le monde attends, de ceux qui seront choisis par le Président pour représenter la France lors des prochaines échéances du pays. Non, pas la liste des ministres dévoilée demain, mais celle que Laurent Blanc délivrera définitivement le 29 mai prochain. A trois noms près, si on excepte les éventuelles blessures (Sydney Govou se tient prêt, comme d'habitude), on l'a sous les yeux.

Voici les 26 joueurs appelés, par poste et par positionnement sur le terrain, de droite à gauche :

Lloris, Mandanda, Carrasso,

Debuchy, Réveillère, Rami, Mexès, Koscielny, Yanga-Mbiwa, Clichy, Evra,

Cabaye, Diarra, M'Vila, Matuidi, Malouda,

Ben Arfa, Valbuena, Gourcuff, Martin, Nasri, Ménez, Ribéry,

Rémy, Giroud, Benzema.

Belle équipe hein ? Sur le papier, comme ça, elle a l'air équilibrée. Onze joueurs "étrangers" pour 15 "locaux", soit une proportion de joueurs de Ligue 1 un peu supérieure à la moyenne depuis plusieurs années, mais elle devrait baisser dans deux semaines. Le plus étonnant, c'est que c'est Marseille qui compte le plus de sélectionnés dans cette liste (4) devant Lyon (3), soit deux équipes qui ont quand même très nettement moins brillé que Montpellier et le PSG, qui, avec deux représentants seulement, côtoient tout de même des équipes comme City et Newcastle, devant Lille (1 !). Comme quoi, la notion de groupe et le statut des joueurs sont prépondérants par rapport au prestations sportives des joueurs... Un joueur comme Mavuba, par exemple, peut s'estimer lésé par les choix de Blanc. Sincèrement, on peut s'inquiéter que l'actuel 10e de Ligue 1, derrière Evian-T-G, soit le socle de la sélection française pour le prochain Euro non ? Sur les 15 joueurs de Ligue 1 appelés, seuls 5 se sont qualifiés pour la prochaine C1.

Embouteillage au milieu

Bref, a priori, la défense est au complet, et ne nécessitera pas de retouche, à moins que Blanc ne prenne le risque de partir avec 7 défenseurs pour prendre un joueur offensif supplémentaire. Mais ça, c'est dans les cas où vous avez des défenseurs polyvalents, comme l'étaient Kaboul (droite et centre) et Abidal (gauche et centre), ou alors des milieux qui peuvent descendre d'un cran, comme Lassana Diarra. Mais ces trois là ne sont pas dans la liste, pour raisons diverses, et à part Matuidi, qui peut rendre service au poste de latéral gauche, tout comme Réveillère, et même si la surprise du chef Yanga Mbiwa a souvent rendu service sur les côtés en début de carrière, on a surtout affaire à des spécialistes. Il y a donc de grandes chances qu'on reste avec ces 8 là, ce qui permet de doubler les 4 postes. Et avec la déveine qui touche nos défenseurs actuellement, autant assurer le coup. Quitte à prendre un jeune nouveau, appelé à peu jouer de toutes façons, j'aurais plutôt pris un Varane, qui a moins joué mais quand il a joué, c'était parfois de la Ligue des Champions. Et affronter tous les jours à l'entraînement Ronaldo, Benzema ou Özil, ça forme vite à mon avis.

Les trois "perdants" devraient donc se situer au milieu, sachant qu'en pointe on ne frôle pas vraiment l'embouteillage, on y reviendra. Le choix - difficile, forcément - est aussi dépendant d'un critère, tactique celui-là : si Blanc joue en 4-5-1 avec une pointe défensive en deux relayeurs, pas de meneur de jeu, le choix sera donc à faire entre les offensifs centraux que sont Martin, Gourcuff et Nasri, sachant que ce dernier a une longueur d'avance par son statut en club, son club lui-même, et son passé récent en Bleu. Tout le monde l'a oublié, mais c'est lui qui qualifie la France en transformant son penalty contre la Bosnie, à un quart d'heure de la fin (1-1). Et surtout, il peut évoluer sur un côté. Les deux autres peuvent aussi évoluer plus bas que derrière l'attaquant de pointe, mais il y a embouteillage dans ce domaine.

Donc, si Blanc écarte le 4-2-3-1, et si on inclue Martin et Gourcuff, ça fait 7 candidats aux trois postes du milieu. Diarra, M'Vila et Matuidi pour la pointe défensive, et Matuidi, Cabaye, Malouda, Martin et Gourcuff pour les deux postes de relayeur. Diarra, malgré sa saison très compliquée à Marseille, a l'avantage d'être le seul à avoir un physique atypique dans cette liste, celui de costaud, bon de la tête. Chez les autres, seuls Gourcuff (1m85), Malouda (1m81) et M'Vila (1m82) dépassent les 1m75, et ces derniers ne sont pas vraiment des monstres physiques. Seule l'absence de concurrence garantit donc presque sa place à Diarra. Cabaye, lui, peut se reposer sur une saison très réussie à Newcastle, et de bonnes performances en Bleu durant ses 10 petites sélections. M'Vila, Malouda et Gourcuff, voire Martin, sont plus installés en Équipe de France, mais aucun, hormis le Rennais, ne peut se targuer d'un statut d'indiscutable. Il va falloir en virer deux ou trois dans cette liste... sauf si Blanc enlève un milieu offensif.

Rémy or not Rémy ?

Sur les ailes, les postes sont doublés. Ménez, qui peut évoluer à droite, semble le remplaçant naturel de Ribéry, voire mieux si le Munichois continue de décevoir à l'Euro. Ben Arfa, l'autre surprise de la liste, peut évoluer sur les deux ailes, mais a le plus souvent évolué à droite ou dans l'axe à Newcastle, et se retrouve en concurrence avec Valbuena et Rémy dans le couloir droit. Je ne crois pas trop à un retour du dernier nommé, blessé au moins trois semaines voire un mois - l'Euro débute dans 26 jours - ce qui libère une place. Du coup, les ailes sont au complet, et pas vraiment bondées. Même chose pour l'attaque, avec Benzema et Giroud, si on considère Rémy comme forfait quasi certain malheureusement. Malheureusement parce que pour moi le Marseillais était un indiscutable de cette équipe, à droite au moins, ne serait-ce que par son statut de meilleur buteur des Bleus en 2011 (3 buts). Toujours est-il que je trouve qu'on est un peu juste en pointe, puisqu'aucun des autres joueurs offensifs n'a de repères à ce poste tellement spécifique. Un peu Ménez, à la rigueur... mais vraiment en tirant les cheveux très fort. Un Djibrill Cissé aurait pu faire l'affaire, mais il est plus que jamais tricard, et ce pour des raisons de plus en plus obscures... à moins que Blanc ne l'appelle, lui ou un autre, en cas de forfait de Rémy, ce qui devra donc libérer une place supplémentaire au milieu...

Voilà, donc en gros je parierais sur deux départs au milieu, en plus de celui de Rémy, qui sera trop juste, au mieux, à moins d'un miracle. Si Rémy est apte, je ne vois qu'un duel entre Ben Arfa et Valbuena pour le remplacer dans l'hélicoptère du retour... ce qui serait cruel pour ces deux joueurs qui n'ont pas démérité cette saison. Pour les deux du milieu, je pense que Martin n'y sera pas, en raison du classement de son club et son manque d'expérience, même si son profil de tireur de coups de pied émérite aurait été utile... pour l'autre, ça se jouera entre Matuidi et Malouda à mon avis. Sur la forme sportive et le temps de jeu, ainsi que les progrès affiché en fin de saison, sans parler de la petite blessure ressentie ce week-end par le Londonien, j'aurais voté Matuidi, sans sourciller. Mais je crois que Blanc, déjà privé d'Abidal et Sagna, ne voudra pas se priver d'un autre de ses cadres, de son expérience surtout. Ce qui ferait un autre Parisien sur le flanc, après Gameiro, Hoarau et Sakho, sans parler de Jallet. Un seul Parisien dans le groupe (Ménez), soit moins que Marseille ou Lyon, et autant que Rennes, je crois que ce serait assez injuste compte tenu de ce que le PSG a montré cette saison, même s'il ne remportera pas le titre, tout comme Lille d'ailleurs. L'instabilité du groupe parisien, chamboulé deux fois cette année par les transferts, ne l'aura pas aidé. Ce sera surtout cruel pour Sakho et Matuidi, qui ne sont pas passés loin quand même.

Voici donc, selon moi, le liste que Blanc annoncera dans deux semaines :
Lloris, Mandanda, Carrasso,

Debuchy, Réveillère, Rami, Mexès, Koscielny, Yanga-Mbiwa, Clichy, Evra,

Cabaye, Diarra, M'Vila, Malouda,

Ben Arfa, Valbuena, Gourcuff, Nasri, Ménez, Ribéry,

Giroud, Benzema.

Voilà, sur ce je vous laisse ! A plus tard ! Et n'hésitez pas à réagir !

mercredi 9 mai 2012

Première salve bleue

Salut à tous,

Ce soir, à 18h, Laurent Blanc lance l'Euro des Bleus. On ne saura pas forcément qui ira à l'Euro, même si la plupart des joueurs nommés ce soir, qui évolueont tous à l'étranger, sont quasi sûrs d'y être, mais on saura qui n'ira pas. Et c'est bien le principe d'une sélection : ça sélectionne, ce qui signifie la mise de côté de joueurs qui n'auront, parfois, pas plus démérité que ceux choisis, mais qui n'ont pas été retenus pour des détails qui ne sont pas connus du grand public, comme la dynamique de groupe, ou les convictions techniques du sélectionneur. une chose est sûre, des joueurs seront déçus, mais leurs supporters également, et la liste de Blanc fera débat.

Une douzaine de joueurs


Combien de joueurs seront nommés ce soir ? Une douzaine, a priori. Même Blanc, d'après son interview d'aujourd'hui dans l'Equipe, ne sait pas - ou ne veut pas le dire - s'il s'agira d'une liste définitive ou de joueurs qui postuleront, ensuite, à la liste définitive. Mais a priori, 12 joueurs, ça correspond à peu près à la moitié de la liste finale (23 joueurs), ce qui correspond surtout à la proportion de joueurs sélectionnés en Bleu depuis plusieurs annés, à savoir la moitié. Si réservistes il y a, il ne seront pas nombreux, et ils seront surtout présents si Blanc sélectionne plus de 12 joueurs, genre 14.

Par poste, il y a déjà quelques certitudes qui s'annoncent : il n'y aura pas de gardiens, puisqu'aucun d'entre eux n'évolue à l'étranger, ce qui est dommageable d'ailleurs. Même si on n'est pas pressé de voir des talents quitter la Ligue 1, il serait intéressant de voir Lloris ou Mandanda tenter de s'imposer dans un grand club européen, au plus haut niveau. Ont-ils vraiment beaucoup à envier à De Gea (Manchester) ou Courtois (Atletico), sans parler de Valdes (Barcelone) ?

Incertitude en défense, désert au milieu
Cette liste devrait donc concerner que des joueurs de champ, et notamment de défenseurs. Hormis Sakho (PSG), pas sûr d'y être, Debuchy (Lille), en passe de s'imposer comme titulaire côté droit, et Réveillère (Lyon), son suppléant, qui peut rendre service à gauche, et sachant que Blanc ne semble pas enclin à donner sa chance à Jallet (PSG) et que Sagna (Arsenal) est blessé, tous les autres défenseurs devraient être concernés par la liste d'aujourd'hui. Les deux titulaires de l'axe, déjà. Y en a un qui tire la langue (Rami), l'autre qui souffre du contrecoup physique de son retour de blessure (Mexès) mais ils seront tous deux à l'Euro, et sans doute titulaires, sauf catastrophe lors du premier match contre l'Angleterre.

Derrière ces deux là, en revanche, le flou est de mise. On attendait Sakho, mais il est au placard à Paris, de façon inexplicable, vu que la défense parisienne n'est pas vraiment meilleure sans lui... Sinon, il y a Koscielny (Arsenal), qui a un vécu très mince avec les Bleus, qui est très bon dans le placement et la relance, beaucoup moins dans l'impact physique, et qui ne fait pas vraiment partie d'une défense sereine et efficace ; et Kaboul (Tottenham), son opposé absolu, puissant et physique, même s'il ne manque pas de vitesse. Tout dépend aussi du nombre de défenseurs qu'il prendra, surtout en l'absence d'Abidal, qui couvrait le côté gauche et l'axe, un profil rare chez les Bleus, hormis Sakho. Dans l'interview, Blanc insiste sur la notion de groupe, ce qui exclu la surprise Varane (Real). Je le vois quand même prendre Sakho, et Kaboul, qui peut dépanner à droite.

A gauche, avec l'absence très problématique d'Abidal, le débat se situera entre Evra, Clichy et Mathieu, qui jouent en ce moment mais qui n'ont pas réussi à s'imposer en Bleu, même si le premier a été capitaine, on s'en souvient. Le joueur de City est très performant en ce moment mais il a rarement brillé en Bleu, et Mathieu a très peu joué, mais sa polyvalence (milieu gauche ?) peut l'aider. A mon avis les trois seront appelés, mais un des trois quittera le groupe avant le 29 mai.

Au milieu, comme Blanc le dit, personne n'émerge. M'Vila a souvent déçu en Bleu, a stagné avec Rennes, mais le sélectionneur est un fan. Alou Diarra est quelconque avec Marseille, mais son profil, unique en l'absence de Diaby, le rend pourtant indipensable. Cabaye est bon avec Newcastle, et sa qualité technique lui garantie presque une place de titulaire, malgré son manque d'expérience internationale (10 sélections, 10 matches de C1). Tout dépend également si Blanc évolue à deux ou trois au milieu, avec un ou deux meneurs... Ce soir en tout, cas, l'ancien Lillois devrait être le seul appelé, puisque Lassana Diarra (Real Madrid) est hors du coup, avec Malouda, qui ne joue gère plus avec Chelsea mais qui est un cadre et qui peut rendre service à son nouveau poste de milieu relayeur.

Ben Arfa, seule surprise offensive ?
Chez les milieux offensifs, Nasri, peut convaincant en Bleu comme à Chelsea, et Ribéry, aussi performant avec le Bayern qu'insipide avec les Bleus, seront appelés de façon certaine. La question est de savoir si Ben Arfa est appelé. L'ailier de Newcastle, longtemps blessé, a mis du temps à s'imposer dans l'équipe type d'Alan Pardew, mais ses récentes performances sont flatteuses, et son profil est rare chez les Bleus. Surtout, sa présence dans la liste de cet après-midi ne serait pas bon signe pour les Marseillais Valbuena et Amalfitano, quelconques avec Marseille. Je suis plus confiant pour Ménez, intenable avec Paris depuis le début de l'année, meilleur passeur du championnat dans le jeu (11) et très bon lors de son entrée en Allemagne. Surtout, il peut jouer des deux côtés, ce qui peut être utile... On en saura plus dans une semaine pour Gourcuff et Martin, qui sont des opposés : l'un a un passé en Bleu et rejoue enfin dans un club du haut de tableau, l'autre est performant en Bleu et joue régulièrement avec Sochaux, qui joue le maintien. Si Nasri et Ben Arfa sont là ce soir, en plus de Ménez et Valbuena, qui peut jouer dans l'axe, l'un des deux restera probablement à la maison, même s'ils peuvent être appelés à évoluer plus bas.

Enfin en attaque, peu de suspense. Benzema sera appelé ce soir et, à part Cissé, c'est le seul à évoluer à l'étranger, mais l'attaquant de QPR, efficace, comme toujours, part pourtant de loin. Le suspense, qui concerne moins Giroud et Rémy que Gomis, sachant que Gameiro ou Hoarau ne jouent plus à Paris, dépend du nombre de milieux offensifs appelés... Blanc évoluera avec une seule pointe, dond il est inutile de prendre plus de trois pointes.

Je résume donc la liste qui, selon moi, sera rendue publique ce soir : Rami, Mexès, Kaboul, Koscielny (?), Evra, Clichy, Mathieu, Cabaye, Malouda, Nasri, Ribéry, Ben Arfa, Benzema. Douze ou treize, quoi. Bref, on en reparlera.

A plus tard !

vendredi 4 mai 2012

Qui veut de l'Euro ?

Salut à tous,

Avant la fin de ce championnat si palpitant, notamment en tête, revenons un peu sur cet Euro qui se rapproche sérieusement. Mine de rien, le match d'ouverture, Pologne-Grèce, aura lieu dans pile cinq semaines maintenant, le 8 juin prochain.

L'Euro ne passionne pas

A l'image de son affiche inaugurale, la compétition organisée conjointement par la Pologne et l'Ukraine est loin de déchaîner les passions. En temps normal, six mois avant on est abreuvé de publicités pour inciter les européens de venir supporter leurs équipes favorites, et accessoirement de visiter les deux pays, si possible. Je ne veux pas manquer de respect à ces deux nations, mais l'idée de passer une partie du mois de juin là-bas ne doit pas faire rêver grand monde. Et pourtant, elles ont une histoire, une culture, sans doutes des traditions qui devraient attirer du monde. Mais rappelons que l'on parle de supporters de foot, là, pas d'habitants de Saint-Germain-des-Prés. Et puis, la comparaison avec les JOs de Londres et la prochaine Coupe du Monde au Brésil, en 2014 est pour le moins difficile. De toutes façons, ces nations n'ont même pas essayé d'attirer les gens, malgré quelques affiches récentes en faveur de la Pologne. Pour l'Ukraine, en revanche, nada. Difficile dans ces conditions d'imaginer un délire populaire durant ces trois semaines de compétition. Les stades seront-ils pleins ? Le contraire serait triste mais au fond, peu importe : ce qui compte, c'est la compétition. Et celle-ci est plus ouverte que prévu.

L'Espagne a gagné les deux dernières compétitions, ce n'est un secret pour personne. Ce n'est que la troisième fois dans l'histoire, après la France en 98 et 2000, et la RFA, en 1972 et 1974, qu'une nation gagne l'Euro et la Coupe du Monde à la suite, quel que soit l'ordre, depuis 52 ans que le championnat d'Europe existe. En revanche, trois fois, ce n'est jamais arrivé, et je n'imagine pas que ça arrive. Pas uniquement parce que l'histoire se répète souvent, mais simplement le fait que malgré le statut de favori que ces deux résultats lui confèrent, mais aussi parce que je pense qu'elle pourrait bien tomber sur un os cette année. Sans doute pas au premier tour, même si son groupe (Italie, Irlande, Croatie) sera sans doute plus ardu que prévu, mais probablement vers les demi-finales, même si son quart de finale, contre la France, l'Angleterre, l'Ukraine ou la sous-estimée Suède, ne sera pas gagné d'avance. Au niveau du dernier carré, soit la Pologne, soit l'Allemagne, le Portugal ou les Pays-Bas, suivant le classement du groupe "de la mort", le B, pourraient bien faire trébucher le tenant du titre. D'ailleurs, c'est sans doute parmi ces trois dernières équipes que je désignerais volontiers mon favori.

Aura-t-on droit à une surprise ?

On peut toujours avoir droit à une surprise. Le Danemark en 1992, la Grèce en 2004, ont été plus qu'inattendus, ils ont interloqué. Surtout que, comme souvent lorsque des surprises surviennent, quelle que soit la compétition, les résultats n'ont pas suivi ensuite. Les Danois ne se qualifièrent pas pour la Coupe du Monde 1994, avant un huitième de finale contre le Brésil, en 1998 (3-2), et un quart de finale à l'Euro 2004 contre les Tchèques (3-0). De leur côté, depuis leur exploit portugais, marqué par un jeu défensif à la limite de la caricature et d'une réussite hallucinante sur coups de pied arrêtés, les Grecs ont disputé deux grandes compétitions. Bilan : 1 succès, 5 défaites, et donc aucune sortie de poule victorieuse.

Les surprises restent donc possible, et par définition elles sont difficilement prévisibles. Je nommerais malgré tout la Pologne, qui évoluera à domicile, dans une poule pas insurmontable (Russie, République Tchèque et... Grèce), et qui pourra compter, pour une fois, sur des attaquants de grande qualité, notamment Blaszczykowski et Lewandowski (Dortmund). Je citerais aussi la Suède d'Ibrahimovic, ce qui ne serait pas une bonne nouvelle pour nous puisqu'elle évoluera dans notre groupe, sauf si c'est l'Angleterre qui saute, bien sûr... Troisième attaque des éliminatoires avec 31 buts, après les Pays-Bas (37) et l'Allemagne (34), la Suède a finit deuxième de son groupe en gagnant tous ses matches... sauf ceux contre les Néerlandais (2 défaites) ! Alors certes, la Hongrie, la Finlande, la Moldavie et saint-Marin n'était pas les meilleurs opposants qui soient, mais étaient-ils tellement moins forts que la Bosnie, la Roumanie, la Biélorussie, l'Albanie et le Luxembourg, nos adversaires, contre qui on a marqué 15 fois en 10 matches ? Reste que si Ibrahimovic est un génie du football, il semble un petit peu seul quand même, du moins médiatiquement.

Les Pays-Bas et l'Allemagne favoris

Pour moi, si on évite les surprises, les favoris de l'Euro sont les Pays-Bas et l'Allemagne. Ces deux pays progressent très régulièrement depuis plusieurs années, se reposent sur des jeunes de plus en plus expérimentés, notamment en Ligue des Champions, et sont passé tout près du bol de sangria lors des dernières compétitions : finale mondiale en 2010, trois demi-finales et deux quarts de finale lors des cinq derniers Euros pour les Oranges, trois demi-finales et une finale lors des trois derniers Mondiaux, et une finale européenne en 2008 pour les Allemands. En gros, en dehors du quart de finale des Néerlandais en 2008, les deux équipes n'ont plus quitté le dernier carré depuis 2006. Ça va forcément payer, à un moment ou à un autre, ou alors l'injustice serait sévère.

Ajoutons-y le Portugal de Cristiano Ronaldo. Ce dernier, comme Messi, est condamné à gagner au moins une grande compétition internationale dans sa carrière, voire deux ou trois, pour définitivement asseoir son statut de légende du football. Hormis Platini, qui n'a finalement gagné que l'Euro 84 avec la France, Cruyff (deux finales) ou le Hongrois Puskas, toutes les autres grandes légendes ont en gagné deux ou plus, que ce soit Maradona, Pelé ou Beckenbauer. C'était tout près en 2004, lorsque Ronaldo, 19 ans, n'avait pas réussi à offrir à son pays, qui évoluait à domicile et contre la Grèce, qui n'avait encore jamais gagné le moindre match dans un tournoi, le premier trophée de sa carrière, malgré ses deux buts, dont un en demi-finale contre les Pays-Bas (2-1). Deux ans plus tard, lors du Mondial allemand, l'aventure se terminait en demi-finales contre la France (1-0). D'une manière générale, l'attaquant du Real Madrid brille peu lors des grands tournois (19 matches, 5 buts), un peu comme son ennemi barcelonais. A 27 ans, il serait temps de mettre les choses au clair dans ce domaine. Mais au terme d'une saison une nouvelle fois harassante (60 matches, 64 buts), celui qui devrait normalement être la grande attraction du tournoi pourrait bien une nouvelle fois décevoir, et le Portugal avec. S'il se met enfin au niveau, en revanche, cela pourrait marcher pour les Lusitaniens.

Et l'Espagne ? Elle s'est qualifié aisément, mais semble moins forte que prévu. par exemple, ce sera son troisième choix, Llorente, qui évoluera au poste d'avant-centre, au lieu de Villa, blessé, et Torres, qui revient bien mais peut-être un peu tard. Iniesta et Xavi seront toujours là, mais ils risquent d'être éreintés, notamment le second, 32 ans, qui tire la langue, même s'il n'avait jamais autant marqué dans sa carrière (14 buts). Silva sera là également, mais il manque toujours un milieu droit à cette équipe, ce qui ne l'a pas empêchée de gagner les deux derniers tournois. La défense semble être encore plus le point faible de cette équipe qu'avant. Puyol semble un peu cramé, les latéraux sont quelconques et seul Casillas reste au top. Bref, l'Espagne est toujours un favori, mais un troisième succès de sa part serait, selon moi, une surprise.

Les Bleus sans pression

Et la France ? Soyons réaliste, malgré son bon résultat en Allemagne (1-2), elle reste, au mieux, un outsider, donc une surprise possible. Qui sait ? Si Benzema, comme Ronaldo, devient enfin aussi efficace en Bleu (un but toutes les quatre heures en 2011 !) qu'avec le Real, tout comme Ribéry (Bayern), si la charnière Rami-Mexès, qui n'a pas encore eu l'occasion d'être mise à l'épreuve du très haut niveau international, tient le choc, si un patron (Cabaye ?) se révèle au milieu et que Lloris tient la baraque, on pourrait bien renouer avec un quart de finale, contre l'Espagne ou l'Italie, voire une demi-finale, après deux échecs successifs au premier tour. Pour tout vous dire, cette équipe me fait un peu penser à celle qui avait atteint les demi-finales en 1996, une équipe en reconstruction après le traumatisme de France-Bulgarie 1993. Les résultats nous en diront plus.

Voilà, et si je tentais un premier pronostic sur les quatre groupes ? Groupe A : Russie, Pologne ; Groupe B : Pays-Bas, Allemagne (élimination portugaise...) ; Groupe C : Espagne et Irlande (l'Italie saute) ; Groupe D : Suède, France (Angleterre out). Ce qui nous donnerait des quarts de finale Russie-Allemagne, Espagne-Suède, Pays-Bas-Pologne et Irlande-France, ce qui serait cocasse ; après, pour les demi-finales, ça devient compliqué à prévoir. Mais vous l'avez vu, les pronostics sont assez casse-gueule, surtout quand c'est moi qui les fait !

Allez, à plus tard !

lundi 30 avril 2012

Pourquoi Montpellier ?

Et pourquoi pas, me rétorquerez-vous, et vous n'auriez pas tort non plus.

Oui, pourquoi Montpellier ? Non parce qu'il ne faut pas me raconter de blagues, cinq points à quatre journées de la fin, même si les Héraultais doivent encore aller à Rennes et recevoir Lille, c'est un écart qui n'est pas rattrapable. S'ils ont gagné à Toulouse, ils gagneront ailleurs. Pour moi, c'est plié, terminé, et ce n'est pas un mince exploit.

Alors, pourquoi Montpellier ? Essayons de sortir du simple "ils ont gagné plus que les autres, donc ils sont les plus forts", simpliste et symptomatique du journalisme d'aujourd'hui. Juger sur l'instant, analyser la surface, c'est le mieux qu'on puisse lire depuis notamment que le net domine désormais toute autre sorte de média, et les influencie en profondeur. Il faut faire court, simple, clair, et ne pas chercher à creuser ni chercher à comparer avec des précédents éventuels. Sinon, ça ennuie les gens. Dommage.

Une affaire française

Pourquoi Montpellier ? Comparons donc avec les précédents du même style. Depuis 15-20 ans, le championnat français s'est fait la spécialité de couronner des clubs improbables, et que rien n'avait préparé à un tel honneur. Difficile, aujourd'hui, d'imaginer un Hanovre, un Levante, un Parme ou un Aston Villa accrocher un titre à l'étranger, même si Wolfsburg, en 2009, fut une belle exception. Aujourd'hui, les Loups sont huitièmes, après avoir passé une bonne partie de la saison dans le bas du tableau... c'est aussi souvent le lot de ces clubs qui gagnent le titre presque par hasard, et qui n'ont pas vraiment les moyens ni la culture pour enchaîner derrière...

Donc en France, on aime ça, produire ces exceptions, ces incongruités, devant les présumés "gros". Ca colle parfaitement avec l'amour qu'on a en France depuis plus de deux siècles de faire rouler des têtes puissantes dans la sciure. On n'a pas trop aimé Hinault, Prost, Anquetil, Noah, Saint-Étienne, qui écrasaient les autres, on leur a préféré des Fignons (quoique), des Poulidors, des Alesi, des Leconte, des Nantes, ces losers magnifiques qui gagnaient de temps en temps, voire une fois ou deux, ce qui leur construisait une légende de revanchards et de battants magnifiques, du genre "vous voyez il est nul, mais il ne s'est jamais découragé, et il a été récompensé".

Qui sont ces prédécesseurs à Montpellier ? Ils furent sacrés lors de l'intermède entre la domination Marseillaise, conclue en 1993, et l'avènement de Lyon, en 2002. Durant ces 8 années, six équipes différentes furent sacrées, Nantes et Monaco remportant deux titres, mais jamais consécutivement, un peu comme maintenant, que Lyon a relâché sa domination. C'était la foire à celui qui était le moins nul, le plus opportuniste, celui qui terminait le mieux sa saison. Imaginez tout de même que la Ligue 1 a sacré en 2001 un FC Nantes qui alignait une attaque Vahirua-Moldovan, soutenue par des Da Rocha, Ziani, Carrière, Monterrubio... Dans les buts, Landreau, en défense, Armand, Gillet, Fabbri, Laspalles, au milieu, Berson ou Savinaud... tous de bons joueurs de Ligue 1, mais combien d'internationaux à plus de 10 sélections ? Cherchez pas, il y en avait un, Moldovan. Pour le reste, certains jouent encore, mais, hormis Landreau, aucun n'a réalisé la carrière qu'on attends d'un champion de France. Mais ils avaient dominé Lyon de 4 points, avant que ce dernier ne remporte ses 7 titres consécutifs. Lille était troisième, déjà, Paris 9e, Marseille 15e.

Durant cette période, rétrospectivement (parce que l'analyse en profondeur était déjà minimale à l'époque), on a l'impression que n'importe qui pouvait être champion. Et effectivement, n'importe qui l'était, ou presque. On a vu Nantes, qu'on peut cependant difficilement mettre dans la case des bizarrerie, puisqu'en 2001 les Canaris remportaient leur 8e titre de champion... mais c'était peut-être le plus mauvais champion nantais de l'histoire. En revanche, les titres d'Auxerre (96) et Lens (98) sont toujours aussi étonnant. Surtout quand on sait où ils en sont aujourd'hui, et ce qu'ils ont fait après ce titre...

Auxerre et Lens, presque normal

A l'époque, voir Auxerre remporter le titre était beaucoup moins étonnant que Montpellier aujourd'hui. Certes, c'était le premier titre de championnat de l'AJA, qui avait dominé en plus un PSG qui remportait cette année là la Coupe des Coupes, et qui alignait peut-être la meilleure équipe de son histoire (Raï, Loko, Dely Valdes, Djorkaeff en attaque). Un Auxerre qui réussissait l'exploit d'être champion en alignant dix défaites, un record absolu en Ligue 1, surtout dans un championnat à 18 clubs ! Soit une défaite tous les trois matches et demi... Dans ce domaine, les 4 poursuivants de l'AJA (le PSG, Monaco, Metz et Lens) avaient tous fait mieux, avec la palme pour Lens (7). Mais Auxerre, profitant déjà de la victoire à 3 points, n'avait fait que 6 matches nul, et gagné 22 fois...

Ce qui n'était pas étonnant dans cette affaire, c'est qu'Auxerre, en 1995/1996, était déjà une place forte du football français. Seize ans après son arrivée dans l'élite, l'AJA avait déjà remporté une Coupe de France, très récente (1994) et en gagnait une autre cette année là (1996) et elle avait surtout aligné 40 matches européens au moment du titre, au printemps 1996, dont une demi-finale de C3 en 1993. Sans parler des internationaux, confirmés eux, en tous cas qui ont aligné plus de 10 sélections, qui garnissaient son effectif (Blanc, Silvestre, West, Saïb, Lamouchi, Diomède, Guivarc'h, Laslandes...). Pas une équipe géniale, mais une équipe solide, très expérimentée et intelligente. Ce titre, après des années de construction minutieuse, était donc arrivé presque naturellement pour ce club, qui n'a cependant quasiment plus eu de génération équivalente, même si celle de Mexès, Boumsong et Cissé fut également prometteuse. Mais ce fut la dernière, et elle ne fut pas championne.

L'autre, c'est Lens, donc. Des Lensois qui, cette année là, dominaient... Metz, d'un cheveu (5 buts). Aujourd'hui, ces deux clubs illuminent le bas du tableau de Ligue 2 de leur nullité abyssale. A noter que si la victoire à 2 points avait été appliquée, c'était Metz qui était champion, les Lorrains ayant perdu 2 matches de mois que les Nordistes. Dur dur !

Comment Lens avait pu être champion cette année-là ? Comme en 1996, et cette année aussi, en profitant d'abord de l'échec des gros : Monaco, Marseille et Bordeaux 3e, 4e et 5e, mais à 9, 11 et 12 points ; le PSG 8e et Nantes, 11e. Ensuite, malgré peu d'internationaux confirmés (Smicer, Vairelles, Oruma, Drobnjak...), un effectif solide. Surtout, Lens avait un public exceptionnel et des infrastructures peut-être parmi les meilleures en France, déjà. Certes, tout cela est toujours là, alors que le Racing a du mal à assurer son maintien en Ligue 2... Mais Lens, hormis la saison précédente (13e) avait terminé 5e les deux années d'avant, et fréquentait l'Europe, à défaut d'y briller (8 matches entre 1995 et 1997). Bref, ils faisaient partie du peloton de clubs habitués du haut de tableau, alors pourquoi pas eux ? C'était la mode, à l'époque.

Montpellier, par hasard ?

Et là, pourquoi Montpellier ? Et oui, j'y reviens, parce que ça me dépasse. Lille, l'an dernier, n'était pas une surprise, même si c'était son premier titre depuis les années 40. Le LOSC a construit un projet cohérent depuis sa remontée en 2000, en améliorant ses infrastructures, en garantissant la continuité du staff, en investissant intelligemment sur de jeunes espoirs français et étrangers. Et ça payait, avant même le titre de 2011, avec 24 matches de Ligue des Champions et 42 de C3 ! Un client, quoi.

A Montpellier, rien de tout ça. Un public assez classique, chaud car méridional et jeune, mais pas plus qu'à Nice, dans un stade qui n'a rien d'exceptionnel. Deux petits matches européens disputés en 13 ans, à savoir le tour préliminaire de Ligue Europa perdu en août 2010 contre les terribles Hongrois de Gyor (0-1, 0-1, 3-4 tab). Une quatorzième place l'an dernier qui ne présageait en rien que la 5e de l'année précédente, pour la remontée du club, allait déboucher sur un tel succès cette saison. Et les internationaux ? Estrada (Chili), Belhanda (Maroc) et Utaka (Nigeria) sont les seuls à dépasser les 10 sélections pour leur pays. Et les Français ? Giroud devrait les atteindre relativement facilement, et Yanga Mbiwa, s'il confirme ce qu'on pense de lui, également. Mais pour l'instant, le premier est une promesse, le second un espoir, qui attends toujours sa première sélection.

Ceux qui tentent d'expliquer le succès de Montpellier cette année parlent de la continuité technique du club. Si René Girard n'est pourtant là que depuis 3 ans, depuis la remontée, ce qui n'est pas mal dans le football moderne mais qui n'a rien d'extraordinaire. Son centre de formation, peut-être le meilleur de France avec Rennes et Sochaux ? Ben justement, pourquoi Montpellier et pas les Bretons, qui ont des moyens plus conséquents, ou les Lionceaux, qui jouaient l'Europe en début de saison après leur belle 5e place l'année dernière ? Eux aussi construisent patiemment, changent rarement d'entraîneur, du moins quand ça gagne (Antonetti est là depuis 3 ans également), mais les deux sont encore loin d'un titre. Si on m'avait dit en début de saison qu'un de ces trois clubs allait créer une énorme surprise en remportant le titre grâce à des jeunes époustouflants et quelques grognards intelligents, je n'aurais pas parlé de Montpellier, sorry. J'aurais plus vu Rennes ou Sochaux, justement, même si le départ de Gillot pouvait faire craindre le pire pour les Lionceaux.

Alors, pourquoi Montpellier, plutôt qu'un autre ? Je ne sais pas, il n'y a pas de raisons objectives pour expliquer ça, sinon que seul le football français, décentralisé, régionaliste, ouvert à la performance de tous, est le seul à faire ça en Europe, voire dans le monde. C'est son charme, indéniable. C'est aussi sa faiblesse : le manque de régularité des gros à son sommet, et donc en Coupe d'Europe, lui coûte régulièrement des points UEFA. La période où Auxerre et Lens ont été champion est aussi celle de l'arrêt Bosman, qui a aussitôt vu le football français baisser. La grosse période lyonnaise a vu ses résultats s'améliorer, du moins en C1, puisque Lyon, grâce à son expérience et à l'argent accumulé dans la compétition, atteignait régulièrement les quarts de finale. Des résultats qui ont de nouveau chuté cette saison, maintenant que les champions de Ligue 1 différents se succèdent depuis quatre ans. Lille, cette année en Ligue des Champions ? Éliminé au premier tour, derrière l'Inter, le CSKA et Trabzonspor, malgré son expérience dans la compétition. Je ne doute pas qu'ils feront mieux l'année prochaine...

Ce titre, là encore, c'est surtout l'échec des gros. Du PSG, bien sûr, incapable de gagner à Nice, Auxerre, Nancy ou contre Bordeaux, malgré une volonté toujours renouvelée d'attaquer et de faire du jeu. Mais sa défense, pourtant renforcée cet hiver, a failli, plus que son attaque, contrairement à ce qu'on pourrait croire en lisant la presse depuis quatre mois. Mais aussi de Lyon, sans parler de Bordeaux ou Marseille... Seul Lille confirme ses performances de l'an passé. Et le LOSC semble carrément capable de passer le PSG, et même de chatouiller Montpellier. Mais les Héraultais seront champions, et ce sera mérité, nul doute à cela. Pourquoi ? Là vraiment, je sèche. Ils n'étaient pas programmés pour ça, du tout. Espérons qu'ils confirmeront, que ce ne soit pas le coup d'une année, juste comme ça, avant une 12e place l'année suivante et une descente dans les cinq ans... si c'est ça, je ne vois pas l'intérêt. La continuité, c'est ce qui manque au football français, sa versatilité, son défaut majeur, même s'il est profondément sympathique.

A plus tard !

samedi 28 avril 2012

Avant Quevilly...

Salut à tous,

Au milieu de cette 34e journée une nouvelle fois tronquée, et qui pourrait bien voir Montpellier acquérir un avantage sans doute définitif sur le PSG après sa victoire à Toulouse (0-1), et avant le déplacement très difficile du club parisien à Lille, demain soir, Lyon va devoir affronter le plus grand défi de sa saison : battre Quevilly lors de la finale de la Coupe de France, ce soir à Saint-Denis.

Pas simple pour Lyon ?

Oui, c'est bien un match très compliqué qui s'annonce pour le club lyonnais, qui avait, selon moi, sans doute une tâche plus aisée contre l'APOEL Nicosie, en Ligue des Champions, ou contre Marseille en finale de la Coupe de la Ligue. Leurs cousins olympiens restaient sur douze matches sans victoires (et en ont ajouté trois de plus depuis leur victoire au Stade de France...) et devaient être un adversaire plus prévisible pour les Lyonnais que les amateurs normands, moins surprenant.

Surtout, les clubs provenant de divisions inférieurs, et parvenant en finale, phénomène assez fréquent en France, ce qui rend discutable le qualificatif de "surprise" dans ce domaine, ne se font jamais écharper  contre l'ogre à qui ils ont disputé la Coupe. Même les plus petits clubs, comme les Calaisiens, qui évoluaient un cran plus bas que Quevilly lorsqu'ils s'inclinèrent sur un penalty litigieux contre Nantes, en 2000 (2-1), après avoir ouvert le score, ont fait nettement mieux que résister. Voyons un peu comment se sont déroulé ces duels nettement déséquilibrés, sur le papier, et qui ont toujours vu le gros en baver... voire s'incliner. On va aussi s'intéresser à la suite des évènements pour ces équipes qui ont souvent payé chèrement leurs exploits.

Guingamp seule exception

En 2009, la dernière fois que deux clubs de Ligue 1 ne s'affrontaient pas en finale, Guingamp, 13e de Ligue 2, avait remporté le derby breton contre Rennes, un spécialiste des défaites contre des représentants des divisions inférieures, sur un doublé de l'actuel attaquant brésilien d'Ajaccio, Eduardo, et ce après avoir concédé l'ouverture du score de Bocanegra, à un peu plus de 20 minutes de la fin (2-1). Dans cette équipe, il y avait un certain Bakaray Koné, qui pourrait jouer ce soir avec Lyon. Trois mois plus tard, Guingamp se faisait atomiser deux fois par Hambourg lors du tour préliminaire de la Ligue Europe (1-5, 3-1) et descendaient en National à la fin de la saison. Ils sont actuellement bien au chaud au milieu du tableau de la Ligue 2 (12e).

En 2005, c'était Sedan, également pensionnaire de Ligue 2 (6e) qui défiait un spécialiste de la compétition, le Auxerre d'un Guy Roux qui s'apprêtait à passer la main. Benjani avait ouvert le score, mais le sous-côté Stéphane Noro égalisait sur une de ses spéciales, une frappe lointaine de 30 mètres en lucarne, à 25 minutes de la fin. Il fallut donc que Guy Roux fasse entrer Bonaventure Kalou, qui venait de jouer avec sa sélection la veille en Libye, pour débloquer la situation durant les arrêts de jeu (2-1). Après être monté en Ligue 1 l'année suivante, Sedan redescendait de suite, pour ne plus quitter la Ligue 2, jouant régulièrement la montée, en vain (4e en 2008, 5e l'année dernière et cette année).

L'année précédente, c'était le PSG, recordman des victoires dans la compétition depuis 30 ans (8 succès) et dauphin de Lyon en championnat que défiait Châteauroux, autre pensionnaire de Ligue 2 (11e). Là encore, le succès du club parisien fut très serré : le seul but de la tête de Pauleta, sur un corner de Fiorèse à la 65e minute, fut suffisant pour dominer les partenaires de Teddy Bertin, Jimmy Algérino ou Sébastien Roudet.  Qualifié malgré tout pour le tour préliminaire de la Coupe UEFA, les Berrichons n'allaient pas faire le poids contre Bruges (1-2, 4-0). Depuis sa 5e place en 2005, Châteauroux navigue entre la 7e et la 16e place en Ligue 2.

En 2001, Strasbourg, dernier de Ligue 1, et Amiens, deuxième de National, et qui allaient donc se retrouver l'année suivante en Ligue 2, livraient une des pires finales de l'histoire de la compétition, après deux heures sans but et une victoire aux tirs aux buts des Alsaciens (5-4). L'année suivante, Strasbourg remontait (2e), après avoir été dominé de peu par les Belges du Standard en Coupe UEFA (2-0, 2-2), et les Picards terminaient 12e. Aujourd'hui, le Racing évolue en CFA2 (2e derrière la deuxième réserve d'Auxerre), et Amiens a officialisé hier sa redescende en National, un an après sa remontée, après une large défaite à Nantes (5-0).

On a déjà évoqué l'épopée de Calais, qui lui évoluait au 4e rang national au moment d'affronter Nantes, qui allaient remporter le titre de champion l'année suivante. Sixième du groupe B de CFA cette saison là, les Nordistes allaient ensuite monter en National en 2001, ne remporter que 19 points et donc descendre en CFA, puis en CFA 2. Revenus en CFA en 2003, ils sont actuellement en CFA 2. Aucun des héros de l'époque n'a vraiment eu sa chance à un niveau supérieur, et son charismatique entraîneur, Ladislas Lozano, n'a pas réussi à percer dans le monde professionnel, après des passages au Wydad Casablanca, à Créteil, Reims - qu'il fit remonter en Ligue 2 en 2004, devant Brest et Dijon ! - ou au Qatar.

Nîmes, le précurseur

Enfin, évoquons l'épisode de Nîmes, en 1996. Pensionnaire du National (16e, et relégué !), avec dans ses rangs le futur Auxerrois et actuel Montpelliérain Cyril Jeunechamp, le vieux Christian Pérez et le futur attaquant de Rostock et Fribourg, Abder Ramdane, le club gardois ouvrait le score par belbey, servit par Ramdane à la 28e (0-1). Auxerre allait buter pendant 25 minutes sur la défense nîmoise avant que Laurent Blanc ne profite d'un cafouillage sur corner pour égaliser (1-1). A deux minutes de la fin, Laslandes crucifiait Philippe Sence, ancien gardien remplaçant de Bordeaux (2-1). Auxerre étant champion, Nîmes, qui évoluait au 4e échelon, allait disputer le premier tour de la défunte Coupe des Coupes, passer un tour contre le Honved Budapest (3-1, 2-1) avant de s'incliner au tour suivant contre les Suédois de Solna, malgré une victoire au match retour (3-1, 0-1) ! Aujourd'hui, Nîmes, après plusieurs allers et retours entre la Ligue 2 et le National, est en passe de remonter en Ligue 2, après sa descente de l'été dernier...

Voilà, on le voit, depuis vingt ans, les apparitions des clubs de niveau inférieurs sont relativement fréquentes, et jamais ridicules, puisqu'ils ne se sont jamais inclinés de plus d'un but d'écart, quand ils ont perdu (1 succès et un nul, également). Et je ne compte pas le succès de Gueugnon contre le PSG en 2000, en finale de la Coupe de la Ligue (2-0)...

Du coup, je pense qu'on peut être optimistes pour Quevilly, qui, s'il respectait la tradition, devrait embêter les Lyonnais jusqu'au bout. On l'espère en tous cas, pour le suspense !

A plus tard !

jeudi 26 avril 2012

Quand le Bayern veut quelque chose...

Salut à tous,

Vous savez quoi ? Je n'ai jamais été bon en pronostics. Au point que je me demande parfois si ma nullité dans ce domaine n'influe pas sur le résultat de certains matches. En tous cas, je me suis bien planté sur ces demi-finales. En même temps je n'en ai pas beaucoup vu qui avaient fait un autre pronostic... et comme j'avais prévu que le Bayern serait capable de bousculer le Real, je ne m'en sors pas si mal finalement...

Le Bayern a joué

Surtout, les deux confrontations se sont décidées sur absolument rien. Vous me direz, c'est souvent le cas quand le niveau est très élevé. Il n'empêche, prévoir que Messi et Ronaldo rateraient un tir au but chacun, que le Barça toucherait du bois une demi-douzaine de fois, que Chelsea marqueraient sur ses trois tirs cadrés... et que le Bayern serait à égalité avec le Real sur les deux matches, dont un de deux heures en Espagne, fallait y penser. Comme quoi, en cette fin de saison, le Bayern a clairement lâché la bride en championnat, en faisant souffler ses hommes forts, dans un seul objectif : disputer la finale de la Ligue des Champions sur sa pelouse, comme il l'avait annoncé. Compte tenu de la concurrence et de la versatilité de ce sport, on peut considérer que réaliser cet objectif, c'est vraiment très, très costaud. Comme quoi, le mental allemand, ce n'est pas qu'une légende.

J'ai savouré un plaisir immense hier : le Bayern a prouvé qu'en jouant, en ne misant pas tout sur une défense de fer et des contre-attaques, en ayant des ambitions autres que de ne sortir de sa surface de réparation qu'un seul joueur après l'autre, on peut bousculer, et même faire douter, un des deux meilleurs clubs du monde, un ogre qui avait massacré tout le monde sur sa pelouse dans la compétition. Le Bayern a montré qu'avec des moyens moindres que ceux de Chelsea, avec des joueurs offensifs pourtant au moins aussi brillants, il pouvait montrer 100 fois plus que le club londonien, qui avait biaisé le match contre Barcelone mardi soir en refusant tout jeu, jusqu'à la caricature. Pas sûr que le Bayern aurait été puni contre Barcelone, comme Chelsea avait peur de l'être. Par contre, Chelsea serait sûrement passé avec la même tactique et la même réussite contre le Real. Mais je l'ai dit, jouer de cette manière à ce niveau, face à des adversaires certes très forts mais qui n'ont pas forcément de plus gros moyens que vous, c'est vraiment mesquin.

Real, Barça, même combat

Pour les deux ogres espagnols, la chute est terrible. Sans doute ont-ils payé la tension extrême qui les accompagnait jusqu'au week-end dernier dans la quête du championnat, et de la gestion du Clasico de ce week-end. Si le Barça avait fait tourner quelques joueurs contre le Real, ce n'était pas le cas de Messi, qui exige de jouer tous les matches, comme Ronaldo d'ailleurs. On a vu qu'à un moment donné, même eux ne peuvent enchaîner indéfiniment des matches sans souffler sans le payer à un moment où à un autre. Comme quoi, ces extra-terrestres ont conservé quelques traces d'humanité en eux.

Le Real, lui, n'avait pas fait tourner au Camp Nou, et on a vu hier la différence avec un Bayern qui, on l'a vu, avait géré son effectif en championnat en faisant notamment souffler Ribéry, Robben ou Gomez, les trois buteurs des demi-finales contre Madrid. Même avant d'être battu à Dortmund, dans le match décisif pour le titre (1-0), Heynckes avait déjà commencé son turn-over, notamment avec le Français, remplaçant trois fois lors des quatre dernières journées. Pourtant, c'était l'équipe type qui s'était inclinée dans la Ruhr.

Même chose à Chelsea, qui n'a plus grand chose à jouer en championnat, hormis la qualification européenne, qui pourrait être réglée en cas de succès en finale contre le Bayern... sixième, Chelsea peut encore aller chercher Arsenal, quatrième à quatre points. D'ici à la finale, le 19 mai prochain, les Londoniens n'ont pas un calendrier forcément insurmontable : QPR, Newcastle, Liverpool deux fois - dont une en finale de la Cup - et Blackburn. Cinq matches en 29 jours, un seul contre un club européen, parfait pour faire tourner un effectif qui reste conséquent. Au Camp Nou, Essien, Torres, Bosingwa, Kalou, Malouda et Sturridge garnissaient le banc des Blues... de quoi faire baver d'envie les recruteurs du PSG...

Le Bayern favori ?

En finale, le Bayern est mon grand favori (oui, je tente quand même un pronostic, parce que c'est le jeu malgré tout). D'abord parce qu'il évoluera dans son stade, où peu d'équipes parviennent à s'en sortir en général. En Ligue des Champions, en tous cas, tout le monde s'y est incliné. Ensuite, parce que Chelsea comptera trois absents majeurs, suspendus, Terry, Ivanovic et Ramires. Soit les deux meilleurs défenseurs du club - et je ne parle pas de David Luiz, qui est blessé -, et Ramires, son meilleur joueur offensif avec Drogba, du moins sur la double confrontation avec les Catalans. Côté Bayern, il manquera également deux défenseurs, Badstuber, qui sera lui-aussi suspendu, et Van Buyten, blessé. A priori, les Allemands s'en sortent donc mieux que les Anglais. Et ils peuvent compter sur un compartiment offensif - Ribéry, Robben, Gomez, Kroos, Müller, voire Schweinsteiger - plus conséquent, et qui sert à autre chose qu'à presser les défenseurs adverses, voire de se transformer en défenseurs supplémentaires. Le jour où Robben concèdera un penalty, Neuer marquera des buts.

Et surtout, le Bayern est mon favori parce qu'il a montré autre chose que Chelsea lors de ces demi-finales, et mon petit cœur pur aime à penser que, dans la vie, les bonnes intentions sont toujours récompensées, même s'il est régulièrement déçu dans ce domaine. Même si Chelsea va sans doute rééditer sa tactique minimaliste qui lui a tant réussi contre Barcelone, je pense que le Bayern peut s'en sortir. Tout simplement parce que Chelsea ne peut pas toujours avoir une telle chance sur une période aussi longue. Et puis parce que le Bayern sera sans doute plus frais que Barcelone, puisqu'il fera sûrement tourner un maximum son effectif durant les deux dernières journées de Bundesliga, où il n'a plus rien à jouer, puisqu'il est déjà assuré de la deuxième place. Comme seul match à enjeu en un petit mois, les Bavarois n'auront que la finale de la Coupe d'Allemagne, contre Dortmund, une semaine avant le match contre Chelsea. Dans le même temps, les Anglais joueront deux matches supplémentaires, tous à enjeu. La fraîcheur pourrait donc bien jouer un rôle majeur dans cette confrontation qui aurait pourtant du, à la base, désigner le puissant club anglais comme favori.

Voilà, on verra dans moins d'un mois si je ne me couvre pas définitivement de ridicule en terme de pronostics ! A plus tard !